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Voyage nocturne en locomotive Lison

Jacques est mécanicien et conduit la locomotive nommée la Lison avec Séverine à son bord. Il fait preuve d'une grande vigilance et maîtrise tout au long du voyage, devant gérer les différentes rampes et tunnels sur le trajet entre Paris et Le Havre.

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Voyage nocturne en locomotive Lison

Jacques est mécanicien et conduit la locomotive nommée la Lison avec Séverine à son bord. Il fait preuve d'une grande vigilance et maîtrise tout au long du voyage, devant gérer les différentes rampes et tunnels sur le trajet entre Paris et Le Havre.

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Jacques est mécanicien et conduit la locomotive qu'il a

affectueusement nommée la Lison. Il est accompagné de


Séverine, qui a tenu à faire le voyage ainsi.

La nuit tombait, Jacques redoublait de prudence. Il avait


rarement senti la Lison si obéissante ; il la possédait, la
chevauchait à sa guise, avec l'absolue volonté du maître ; et,
pourtant, il ne se relâchait pas de sa sévérité, la traitait en
bête domptée, dont il faut se méfier toujours. Là, derrière son
dos, dans le train lancé à grande vitesse, il voyait une figure
fine, s'abandonnant à lui, confiante, souriante. Il en avait un
léger frisson, il serrait d'une poigne plus rude le volant du
changement de marche, il perçait les ténèbres croissantes d'un
regard fixe, en quête de feux rouges. Après les
embranchements d'Asnières et de Colombes, il avait respiré un
peu. Jusqu'à Mantes, tout allait bien, la voie était un véritable
palier, où le train roulait à l'aise. Après Mantes, il dut pousser
la Lison, pour qu'elle montât une rampe assez forte, presque
d'une demi-lieue. Puis, sans la ralentir, il la lança sur la pente
douce du tunnel de Rolleboise, deux kilomètres et demi de
tunnel, qu'elle franchit en trois minutes à peine. Il n'y avait plus
qu'un autre tunnel, celui du Roule, près de Gaillon, avant la
gare de Sotteville, une gare redoutée, que la complication des
voies, les continuelles manœuvres, l'encombrement constant,
rendent très périlleuse. Toutes les forces de son être étaient
dans ses yeux qui veillaient, dans sa main qui conduisait ; et
la Lison, sifflante et fumante, traversa Sotteville à toute
vapeur, ne s'arrêta qu'à Rouen, d'où elle repartit, calmée un
peu, montant avec plus de lenteur la rampe qui va jusqu'à
Malaunay.
La lune s'était levée, très claire, d'une lumière blanche, qui
permettait à Jacques de distinguer les moindres buissons, et
jusqu'aux pierres des chemins, dans leur fuite rapide. Comme,
à la sortie du tunnel de Malaunay, il jetait à droite un coup
d'œil, inquiet de l'ombre portée d'un grand arbre, barrant la voie
[...].
Et Jacques, ayant poussé la Lison pour lui faire franchir la
rampe de Motteville, la laissa souffler un peu le long du plateau
de Bolbec, puis la lança enfin, de Saint-Romain à Harfleur, sur
la plus forte pente de la ligne, trois lieues que les machines
dévorent d'un galop de bêtes folles, sentant l'écurie. Et il était
brisé de fatigue, au Havre, lorsque, sous la marquise, pleine du
vacarme et de la fumée de l'arrivée, Séverine, avant de
remonter chez elle, accourut lui dire, de son air gai et tendre :
— Merci, à demain.
La bête humaine d’Émile Zola, 1890

Questions
Pour faire ce travail, vous pouvez utiliser différentes couleurs
afin de souligner les passages demandés.
1. Soulignez les indications de lieu. Combien en
trouvez-vous ?
2. Soulignez les indications de temps.
3. Soulignez les passages qui indiquent le travail
du mécanicien conduisant la locomotive. Y en
a-t-il beaucoup ?
4. En quoi consiste essentiellement le travail du
mécanicien ?
5. Soulignez les termes qui semblent montrer
que la Lison est vivante.
6. Comment appelle-t-on la figure de style qui
semble donner vie à un objet ?
7. En vous appuyant sur le texte, dites à quel
animal la Lison semble être assimilé.
Évaluation
À ce moment, le train passait, dans sa violence d’orage,
comme s’il eût tout balayé devant lui. La maison en trembla,
enveloppée d’un coup de vent. Ce train-là, qui allait au Havre,
était très chargé, car il y avait une fête pour le lendemain
dimanche, le lancement d’un navire. Malgré la vitesse, par les
vitres éclairées des portières, on avait eu la vision des
compartiments pleins, les files de têtes rangées, serrées,
chacune avec son profil. Elles se succédaient, disparaissaient.
Que de monde ! encore la foule, la foule sans fin, au milieu du
roulement des wagons, du sifflement des machines, du
tintement du télégraphe, de la sonnerie des cloches ! C’était
comme un grand corps, un être géant couché en travers de la
terre, la tête à Paris, les vertèbres tout le long de la ligne, les
membres s’élargissant avec les embranchements, les pieds et
les mains au Havre et dans les autres villes d’arrivées. Et ça
passait, ça passait, mécanique, triomphal, allant à l’avenir
avec une rectitude mécanique, dans l’ignorance volontaire de
ce qu’il restait de l’homme, aux deux bords, cachés et toujours
vivaces, l’éternelle passion et l’éternel crime.
La bête humaine d’Émile Zola, 1890

Questions
1. Recopiez la phrase puis soulignez les mots
qui donnent l'impression que le train est un
être vivant. (3 points)
2. Comment appelle-t-on la figure de style qui
semble donner vie à un objet ? (1 point)
3. Relevez un verbe qui est répété plusieurs fois
et dites combien exactement. (1 point)
4. Comment l'auteur souligne-t-il la vitesse de
ce train ? Relevez au moins deux exemples.
(1 point)
5. Comment exprime-t-il la violence du train ?
Donnez au moins deux exemples. (1 point)
6. Relevez les termes en rapport avec le bruit. (2
points)
7. Quelle impression se dégage de ce train ?
Répondez en vous appuyant sur vos réponses
précédentes. (1 point)
8. Où va ce train ? Pour quelle raison ? (1 point)
9. Quelle phrase montre que l'auteur voit ce
train comme un signe inquiétant du progrès ?
En lisant attentivement cette phrase, dites
pourquoi. (2 points)
10. Écrivez une suite de dix lignes maximum.
(7 points)

Barème pour la suite


 Le texte est écrit proprement et lisiblement.
(1 point)
 Le texte est correctement orthographié. (2
points)
 Le texte est correctement ponctué. (1 point)
 La suite imaginée est cohérente (elle parle du
train, conserve les temps du passé, préserve
un ton similaire...) (1 point)
 La suite est originale, bien écrite, avec un
vocabulaire riche et varié, etc. (2 points)

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