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Caractéristiques du Style Épique

Le document décrit deux combats épiques entre chevaliers. Les combats sont violents et intenses, les chevaliers s'affrontent à l'aide d'armes comme les lances et les épées. Bien que violents, les combats suivent des étapes stéréotypées propres au genre épique.

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Caractéristiques du Style Épique

Le document décrit deux combats épiques entre chevaliers. Les combats sont violents et intenses, les chevaliers s'affrontent à l'aide d'armes comme les lances et les épées. Bien que violents, les combats suivent des étapes stéréotypées propres au genre épique.

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TEXTES et IMAGES « Le chevalier : un héros qui combat »

Objectifs :
- Découvrir les caractéristiques du style épique ;
- Comprendre que Chrétien de Troyes s’appuie sur des modèles littéraires mais qu’il les modifie.

1)Lecture de deux extraits


A/ Combat entre Bernier et Raoul (Raoul de Cambrai).
Le comte Roland ne se ménage pas. Il frappe de son épieu tant que dure la
hampe ; après quinze coups il l’a brisée et détruite. Il tire Durendal, sa bonne épée,
toute nue. Il éperonne, et va frapper Chernuble. Il lui brise le heaume où luisent des
escarboucles, tranche la coiffe avec le cuir du crâne, tranche la face entre les yeux, et le
haubert blanc aux mailles menues et tout le corps jusqu’à l’enfourchure. A travers la
selle, qui est incrustée d’or, l’épée atteint le cheval et s’enfonce. Il lui tranche l’échine
sans chercher le joint, il abat le tout mort dans le pré, sur l’herbe drue.

Vocabulaire :
Epieu : lance très large
La hampe : long manche de la lance
Eperonner : taper des éperons sur le flanc du cheval pour le faire avancer plus rapidement
Escarboucles : ornementations sur le heaume
La coiffe : cagoule de mailles que l’on met sous le heaume, c’est une partie du haubert.
Haubert : cotte de mailles
Mailles menues : mailles fines de très bonne qualité ; plus la maille est petite, plus les maillons
sont serrés.

B/ Combat entre Bernier et Raoul (Raoul de Cambrai).


Quand Bernier comprit que sa prière ne valait rien contre Raoul le belliqueux,
il éperonna avec ardeur son coursier tandis que Raoul galopait vers lui. Ils se portèrent
des coups vigoureux sur le devant des écus, qu’ils transpercèrent sous les boucles.
Bernier, qui avait pour lui son bon droit, le frappa et fit pénétrer son solide épieu à
l’étendard déployé dans le corps de Raoul, qui ne pouvait plus avancer.
Mais Raoul attaqua Bernier avec une telle rage que ni l’écu ni le haubert ne purent le
protéger : il l’aurait tué, je vous l’assure, si Dieu et son bon droit n’avaient si bien aidé
Bernier que le fer ne fit que lui frôler le côté. Plein de rage, Bernier fit volte-face et
frappa un coup qui passa au travers du heaume brillant de Raoul, faisant sauter les fleurs
ornementales et les pierres précieuses. Il déchira la coiffe du bon haubert solide et
l’épée pénétra jusqu’au cerveau. Ainsi Raoul, la tête la première, tomba du cheval.

Vocabulaire :
Le belliqueux : qui aime la guerre, le combat.
Coursier : cheval de bataille à l’allure rapide
Faire volte-face : faire demi-tour
Boucles : - soit ce sont les attaches du bouclier , soit c’est la bocle, la partie métallique qui se
situe au milieu du bouclier et qui protège la main
2) Combat ente Perceval et Anguingerron

Les voilà qui s’élancent l’un contre l’autre. Ils avaient chacun, bien en main, une grosse lance

de frêne munie d’un fer tranchant et leurs chevaux étaient rapides. C’étaient de puissants

chevaliers, animés l’un pour l’autre d’une haine mortelle. Ils se heurtent, faisant craquer le bois

de leurs écus, qu’ils brisent ainsi que leurs lances. Ils échangent de violents coups sur leurs

écus et leurs hauberts aux fines mailles, aussi longtemps que leurs chevaux peuvent les porter.

De colère, de rage, et de toute la force de leurs bras, ils mettent en pièce et font voler en

éclats le bois de leurs lances. Seul Anguinguerron fut jeté au sol. Il était blessé et souffrait

beaucoup de son bras et de son côté. Le jeune homme met alors pied à terre, incapable qu’il est

de l’attaquer en restant lui-même à cheval. Le voilà donc descendu. Il tire l’épée et affronte

son adversaire. La bataille dura longtemps et les coups échangés furent des plus violents,

jusqu’au moment où Anguinguerron s’affale. Alors le jeune homme se précipita furieusement

sur lui, si bien que l’autre cria grâce, mais il lui répondit qu’il n’était absolument pas question de

faire grâce. Et pourtant lui revient en mémoire le noble seigneur qui lui avait appris de ne pas

tuer volontairement un chevalier, dès lors qu’il l’avait surmonté et vaincu.

« Ne sois pas cruel, mon ami, s’écrie Anguinguerron, au point de me refuser ta grâce. S’il y a un

seigneur à qui tu es redevable de quelque bien ou qui t’a rendu quelque service dont il n’a pas eu

encore la récompense, envoie-moi à lui. Je me présenterai de ta part, je lui dirai comment tu

m’as surpassé au combat et je me constituerai prisonnier auprès de lui pour faire tout ce que

bon lui semblera.

– Maudit soit qui vous en demandera davantage ! Sais-tu bien où tu vas aller ? A ce château. Et

tu diras à la belle qui est mon amie que plus jamais de ta vie tu ne lui causeras de tort : puis tu

te livreras à sa merci entièrement et sans aucune réserve ».

1) Entourez les armes utilisées et repérez également les étapes du combat.


2) Soulignez en vert les outils grammaticaux qui permettent d’insister sur l’intensité.
3) Soulignez en jaune les outils lexicaux qui expriment la violence et la démesure de leur combat.
4) Pourquoi Perceval descend-il de son cheval ?
5) Pourquoi Perceval ne tue-t-il pas son adversaire ?
6) Comment la soumission d’Anguinguerron est-elle montrée dans ses paroles ?
Le combat épique : un combat violent stéréotypé.

▪ Dans la littérature le combat épique est ............................................. : les étapes du combat sont
attendues (attaque à la ........................................, attaque à .......................... d’abord à .......................... puis
à .............................................).

▪ Le récit épique se caractérise par ........................................ (de la violence et de la force des combattants),
c’est ce qu’on appelle une .............................................. Il n’y pas de souci de vraisemblance.

▪ Il y a d’autres procédés épiques :


- La ............................................ de verbes notamment pour insister sur l’acharnement.
- L’............................................ C’est une figure qui consiste à accumuler des mots ou des groupes de
mots de même nature pour créer une insistance. Ici il s’agit d’une accumulation de verbes qui crée
une impression de rapidité et qui accentue la violence du combat.

▪ Dans le texte de Chrétien de Troyes, on retrouve toutes les caractéristiques du combat épique et du ton
épique. Mais on note qu’il y a moins de .........................................., moins d’.............................................. de
la part des combattants. Le Conte du Graal n’est pas une ...................................................
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TEXTES et IMAGES « Le chevalier : un héros qui combat »

Objectifs :
- Découvrir les caractéristiques du style épique ;
- Comprendre que Chrétien de Troyes s’appuie sur des modèles littéraires
mais qu’il les modifie

2) Lecture de deux extraits

Combat entre Bernier et Raoul (Raoul de Cambrai).

Le comte Roland ne se ménage pas. Il frappe de son épieu


tant que dure la hampe ; après quinze coups il l’a brisée et détruite.
Il tire Durendal, sa bonne épée, toute nue. Il éperonne, et va frapper
Chernuble. Il lui brise le heaume où luisent des escarboucles,
tranche la coiffe avec le cuir du crâne, tranche la face entre les yeux,
et le haubert blanc aux mailles menues et tout le corps jusqu’à
l’enfourchure. A travers la selle, qui est incrustée d’or, l’épée atteint
le cheval et s’enfonce. Il lui tranche l’échine sans chercher le joint, il
abat le tout mort dans le pré, sur l’herbe drue.
Vocabulaire :
Epieu : lance très large
La hampe : long manche de la lance
Eperonner : taper des éperons sur le flanc du cheval pour le faire avancer plus rapidement
Escarboucles : ornementations sur le heaume
La coiffe : cagoule de mailles que l’on met sous le heaume, c’est une partie du haubert.
Haubert : cotte de mailles
Mailles menues : mailles fines de très bonne qualité ; plus la maille est petite, plus les maillons
sont serrés.
Combat entre Bernier et Raoul (Raoul de Cambrai).

Quand Bernier comprit que sa prière ne valait rien contre Raoul le


belliqueux, il éperonna avec ardeur son coursier tandis que Raoul galopait
vers lui. Ils se portèrent des coups vigoureux sur le devant des écus, qu’ils
transpercèrent sous les boucles. Bernier, qui avait pour lui son bon droit, le
frappa et fit pénétrer son solide épieu à l’étendard déployé dans le corps de
Raoul, qui ne pouvait plus avancer.
Mais Raoul attaqua Bernier avec une telle rage que ni l’écu ni le haubert ne
purent le protéger : il l’aurait tué, je vous l’assure, si Dieu et son bon droit
n’avaient si bien aidé Bernier que le fer ne fit que lui frôler le côté. Plein de
rage, Bernier fit volte-face et frappa un coup qui passa au travers du heaume
brillant de Raoul, faisant sauter les fleurs ornementales et les pierres
précieuses. Il déchira la coiffe du bon haubert solide et l’épée pénétra
jusqu’au cerveau. Ainsi Raoul, la tête la première, tomba du cheval.
Vocabulaire :
Le belliqueux : qui aime la guerre, le combat.
Coursier : cheval de bataille à l’allure rapide
Faire volte-face : faire demi-tour
Boucles : - soit ce sont les attaches du bouclier, soit c’est la bocle, la partie métallique qui se
situe au milieu du bouclier et qui protège la main
Questions à l’oral

Deux combats médiévaux


1. Faites la liste des armes offensives des chevaliers.
2. Faites la liste des armes défensives.
3. Relevez les étapes de ce combat. Que remarquez-vous ?

Deux combats violents


1. Soulignez les indices de la violence.
2. Cette violence vous paraît-elle excessive ?
3. Comment appelle-t-on cette figure de style ?
4. Ces combats vous paraissent-ils vraisemblables ?
Deux combats médiévaux
1. Faites la liste des armes offensives des chevaliers = épieu (lance) et épée
2. Faites la liste des armes défensives = écus, haubert
3. Relevez les étapes de ce combat. Que remarquez-vous ?
= il semble y avoir deux étapes :
➢ attaque à la lance
➢ puis la lance se brise et attaque à l’épée .

Deux combats violents


1. Soulignez les indices de la violence.
2. Cette violence vous paraît-elle excessive ? = oui
3. Comment appelle-t-on cette figure de style ? = il s’agit d’une hyperbole
4. Ces combats vous paraissent-ils vraisemblables ?
= les combats présentés dans ces deux textes sont peu vraisemblables.
Nous allons observer les outils grammaticaux et lexicaux qui marquent
cette exagération.

Outils grammaticaux Outils lexicaux


Mots qui permettent d’insister sur Mots ou expression dont le sens exprime la démesure
l’intensité

Le comte Roland ne se ménage pas. Il frappe de son épieu tant que


dure la hampe ; après quinze coups il l’a brisée et détruite. Il tire
Durendal, sa bonne épée, toute nue. Il éperonne, et va frapper
Chernuble. Il lui brise le heaume où luisent des escarboucles,
tranche la coiffe avec le cuir du crâne, tranche la face entre les yeux,
et le haubert blanc aux mailles menues et tout le corps jusqu’à
l’enfourchure. A travers la selle, qui est incrustée d’or, l’épée atteint
le cheval et s’enfonce. Il lui tranche l’échine sans chercher le joint, il
abat le tout mort dans le pré, sur l’herbe drue.
Le comte Roland ne se ménage pas. Il frappe de son épieu tant que
dure la hampe ; après quinze coups il l’a brisée et détruite. Il tire
Durendal, sa bonne épée, toute nue. Il éperonne, et va frapper
Chernuble. Il lui brise le heaume où luisent des escarboucles,
tranche la coiffe avec le cuir du crâne, tranche la face entre les yeux,
et le haubert blanc aux mailles menues et tout le corps jusqu’à
l’enfourchure. A travers la selle, qui est incrustée d’or, l’épée atteint
le cheval et s’enfonce. Il lui tranche l’échine sans chercher le joint, il
abat le tout mort dans le pré, sur l’herbe drue.

Outils grammaticaux Outils lexicaux


Mots qui permettent d’insister sur Mots ou expression dont le sens exprime la démesure
l’intensité
Frappe….tant que Briser le heaume
Trancher la coiffe avec le cuir du crâne
Trancher la face
Trancher l’échine
Abattre le tout mort
Outils grammaticaux Outils lexicaux
Mots qui permettent d’insister sur Mots ou expression dont le sens exprime la démesure
l’intensité

Quand Bernier comprit que sa prière ne valait rien contre Raoul le belliqueux,
il éperonna avec ardeur son coursier tandis que Raoul galopait vers lui. Ils se portèrent
des coups vigoureux sur le devant des écus, qu’ils transpercèrent sous les boucles.
Bernier, qui avait pour lui son bon droit, le frappa et fit pénétrer son solide épieu à
l’étendard déployé dans le corps de Raoul, qui ne pouvait plus avancer.
Mais Raoul attaqua Bernier avec une telle rage que ni l’écu ni le haubert ne purent le
protéger : il l’aurait tué, je vous l’assure, si Dieu et son bon droit n’avaient si bien aidé
Bernier que le fer ne fit que lui frôler le côté. Plein de rage, Bernier fit volte-face et
frappa un coup qui passa au travers du heaume brillant de Raoul, faisant sauter les fleurs
ornementales et les pierres précieuses. Il déchira la coiffe du bon haubert solide et
l’épée pénétra jusqu’au cerveau. Ainsi Raoul, la tête la première, tomba du cheval.

Outils grammaticaux Outils lexicaux


Mots qui permettent d’insister sur Mots ou expression dont le sens exprime la démesure
l’intensité
Quand Bernier comprit que sa prière ne valait rien contre Raoul le
belliqueux, il éperonna avec ardeur son coursier tandis que Raoul galopait
vers lui. Ils se portèrent des coups vigoureux sur le devant des écus, qu’ils
transpercèrent sous les boucles. Bernier, qui avait pour lui son bon droit, le
frappa et fit pénétrer son solide épieu à l’étendard déployé dans le corps de
Raoul, qui ne pouvait plus avancer.
Mais Raoul attaqua Bernier avec une telle rage que ni l’écu ni le haubert ne
purent le protéger : il l’aurait tué, je vous l’assure, si Dieu et son bon droit
n’avaient si bien aidé Bernier que le fer ne fit que lui frôler le côté. Plein de
rage, Bernier fit volte-face et frappa un coup qui passa au travers du heaume
brillant de Raoul, faisant sauter les fleurs ornementales et les pierres
précieuses. Il déchira la coiffe du bon haubert solide et l’épée pénétra
jusqu’au cerveau. Ainsi Raoul, la tête la première, tomba du cheval.

Une telle rage que Eperonner avec ardeur


Si bien ….que Se porter des coups vigoureux
Plein de rage Frapper un coup qui passe au travers du heaume
Déchirer la coiffe du bon haubert
L’épée pénétra jusqu’au cerveau
A recopier sur le cahier
Traces à l’écrit :
- Il semble y avoir deux étapes : attaque à la lance, puis la lance se
brise et attaque à l’épée.
- C’est un combat exagérément violent : Les chevaliers font preuve
d’une force surnaturelle, d’une violence inouïe.
- C’est une figure qui consiste à exagérer les choses décrites. Cette
figure de style s’appelle l’hyperbole. Elle est complexe car elle
concerne le vocabulaire (termes excessifs) et la construction des
phrases (si….que, tant….que).
2) Etude du combat ente Perceval et Anguingerron

Perceval, après avoir quitté le seigneur qui l’a fait chevalier, arrive au château de
Blanchefleur, la dame de son cœur. Le château est assiégé, Perceval se propose de le défendre.
Il sort affronter Anguinguerron, vassal du chevalier qui assiège la forteresse.

Les voilà qui s’élancent l’un contre l’autre. Ils avaient chacun, bien en main, une
grosse lance de frêne munie d’un fer tranchant et leurs chevaux étaient rapides.
C’étaient de puissants chevaliers, animés l’un pour l’autre d’une haine mortelle. Ils
se heurtent, faisant craquer le bois de leurs écus, qu’ils brisent ainsi que leurs
lances. Ils échangent de violents coups sur leurs écus et leurs hauberts aux fines
mailles, aussi longtemps que leurs chevaux peuvent les porter. De colère, de rage,
et de toute la force de leurs bras, ils mettent en pièce et font voler en éclats le
bois de leurs lances. Seul Anguinguerron fut jeté au sol. Il était blessé et
souffrait beaucoup de son bras et de son côté. Le jeune homme met alors pied à
terre, incapable qu’il est de l’attaquer en restant lui-même à cheval. Le voilà donc
descendu. Il tire l’épée et affronte son adversaire. La bataille dura longtemps et
les coups échangés furent des plus violents, jusqu’au moment où Anguinguerron
s’affale. Alors le jeune homme se précipita furieusement sur lui, si bien que l’autre
cria grâce, mais il lui répondit qu’il n’était absolument pas question de faire grâce.
Et pourtant lui revient en mémoire le noble seigneur qui lui avait appris de ne pas
tuer volontairement un chevalier, dès lors qu’il l’avait surmonté et vaincu.
« Ne sois pas cruel, mon ami, s’écrie Anguinguerron, au point de me refuser ta
grâce. S’il y a un seigneur à qui tu es redevable de quelque bien ou qui t’a rendu
quelque service dont il n’a pas eu encore la récompense, envoie-moi à lui. Je me
présenterai de ta part, je lui dirai comment tu m’as surpassé au combat et je me
constituerai prisonnier auprès de lui pour faire tout ce que bon lui semblera.
– Maudit soit qui vous en demandera davantage ! Sais-tu bien où tu vas aller ? A
ce château. Et tu diras à la belle qui est mon amie que plus jamais de ta vie tu ne
lui causeras de tort : puis tu te livreras à sa merci entièrement et sans aucune
réserve ».

7) Entourez les armes utilisées et repérez également les étapes du combat.


8) Soulignez en vert les outils grammaticaux qui permettent d’insister sur l’intensité.
9) Soulignez en jaune les outils lexicaux qui expriment la violence et la démesure de leur combat.
10) Pourquoi Perceval descend-il de son cheval ?
11) Pourquoi Perceval ne tue-t-il pas son adversaire ?
12) Comment la soumission d’Anguinguerron est-elle montrée dans ses paroles ?
(1e étape) Les voilà qui s’élancent l’un contre l’autre. Ils avaient chacun, bien en
main, une grosse lance de frêne munie d’un fer tranchant et leurs chevaux étaient
rapides. C’étaient de puissants chevaliers, animés l’un pour l’autre d’une haine
mortelle. Ils se heurtent, faisant craquer le bois de leurs écus, qu’ils brisent ainsi
que leurs lances. Ils échangent de violents coups sur leurs écus et leurs hauberts
aux fines mailles, aussi longtemps que leurs chevaux peuvent les porter. De colère,
de rage, et de toute la force de leurs bras, ils mettent en pièce et font voler en
éclats le bois de leurs lances. Seul Anguinguerron fut jeté au sol. Il était blessé
et souffrait beaucoup de son bras et de son côté. (2e étape) Le jeune homme met
alors pied à terre, incapable qu’il est de l’attaquer en restant lui-même à cheval.
Le voilà donc descendu. Il tire l’épée et affronte son adversaire. La bataille dura
longtemps et les coups échangés furent des plus violents, jusqu’au moment où
Anguinguerron s’affale. Alors le jeune homme se précipita furieusement sur lui,
si bien que l’autre cria grâce, mais il lui répondit qu’il n’était absolument pas
question de faire grâce. Et pourtant lui revient en mémoire le noble seigneur qui
lui avait appris de ne pas tuer volontairement un chevalier, dès lors qu’il l’avait
surmonté et vaincu.
« Ne sois pas cruel, mon ami, s’écrie Anguinguerron, au point de me refuser ta
grâce. S’il y a un seigneur à qui tu es redevable de quelque bien ou qui t’a rendu
quelque service dont il n’a pas eu encore la récompense, envoie-moi à lui. Je me
présenterai de ta part, je lui dirai comment tu m’as surpassé au combat et je me
constituerai prisonnier auprès de lui pour faire tout ce que bon lui semblera.
– Maudit soit qui vous en demandera davantage ! Sais-tu bien où tu vas aller ? A
ce château. Et tu diras à la belle qui est mon amie que plus jamais de ta vie tu ne
lui causeras de tort : puis tu te livreras à sa merci entièrement et sans aucune
réserve ».

Chrétien de Troyes, Perceval le Gallois.


Perceval respecte les règles de combat et suit un code d’honneur :

- Un chevalier doit se battre à égalité avec son adversaire : il se bat à cheval


si l’autre est à cheval, il doit descendre si son adversaire est tombé. Ainsi, le
jeune homme met pied à terre, car son ennemi est tombé.

- Il doit laisser la vie sauve si son adversaire lui demande merci (= pitié,
grâce).

Mais c’est bien Perceval le vainqueur même si ce n’est pas un combat à mort.
Son adversaire va se constituer « prisonnier » auprès d’Arthur.
Le combat épique : un combat violent stéréotypé.

▪ Dans la littérature le combat épique est ............................................. : les étapes du combat sont
attendues (attaque à la ........................................, attaque à .......................... d’abord à .......................... puis
à .............................................).

▪ Le récit épique se caractérise par ........................................ (de la violence et de la force des combattants),
c’est ce qu’on appelle une .............................................. Il n’y pas de souci de vraisemblance.

▪ Il y a d’autres procédés épiques :


- La ............................................ de verbes notamment pour insister sur l’acharnement.
- L’............................................ C’est une figure qui consiste à accumuler des mots ou des groupes de
mots de même nature pour créer une insistance. Ici il s’agit d’une accumulation de verbes qui crée
une impression de rapidité et qui accentue la violence du combat.

▪ Dans le texte de Chrétien de Troyes, on retrouve toutes les caractéristiques du combat épique et du ton
épique. Mais on note qu’il y a moins de .........................................., moins d’.............................................. de
la part des combattants. Le Conte du Graal n’est pas une ...................................................

Le combat épique : un combat violent stéréotypé.

▪ Dans la littérature le combat épique est stéréotypé : les étapes du combat sont attendues (attaque à la
lance, attaque à l’épée, d’abord à cheval puis à terre).

▪ Le récit épique se caractérise par l’exagération (de la violence et de la force des combattants), c’est ce
qu’on appelle une hyperbole. Il n’y pas de souci de vraisemblance.

▪ Il y a d’autres procédés épiques :


- La répétition de verbes notamment pour insister sur l’acharnement.
- L’accumulation. C’est une figure qui consiste à accumuler des mots ou des groupes de mots de
même nature pour créer une insistance. Ici il s’agit d’une accumulation de verbes qui crée une
impression de rapidité et qui accentue la violence du combat.

▪ Dans le texte de Chrétien de Troyes, on retrouve toutes les caractéristiques du combat épique et du ton
épique. Mais on note qu’il y a moins de sauvagerie, moins d’acharnement de la part des combattants. Le
Conte du Graal n’est pas une chanson de geste.

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