Économie de la Corée du Nord : défis et enjeux
Économie de la Corée du Nord : défis et enjeux
Joseph H. Chung, Ph.D.1 et Florian Gauthier2 avec les commentaires d’Éric Boulanger
Cette chronique est tirée d’une conférence et d’une table ronde qui se sont tenues le 13
mars 2015 à l’UQAM dans le cadre des activités de l’Observatoire de l’Asie de l’Est :
Chine, Japon, Corée du Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM).
Le texte principal, écrit par Joseph H. Chung et Florian Gauthier, est suivi du
commentaire d’Éric Boulanger.
Introduction
Un des phénomènes les plus intrigants qu'on retrouve sur la péninsule coréenne est
l'énorme écart du niveau de développement économique entre le Sud et le Nord
(tableau 1). En effet, en 2012, le produit intérieur brut (PIB), à parité de pouvoir d’achat
(PPA), de la Corée du Sud était de 1,6 trillion de dollars É.U. contre à peine 40 milliards
pour la Corée du Nord. Le PIB de la Corée du Sud est donc 40 fois plus élevé que celui
de son voisin alors que son PIB par habitant est de 32 800 de dollars (PPA) contre à
peine 1 800 pour le Nord ; le PIB par habitant est donc 19 fois plus élevé au Sud.
D'autre part, la valeur des exportations sud-coréenne était de 553 milliards de dollars
contre à peine 5 milliards pour le Nord, soit, 111 fois plus grande au Sud. De même, la
valeur des importations au Sud était de 514 milliards contre 4,3 milliards au Nord, soit
119 fois plus élevée au Sud.
Il y a donc un écart drastique entre la Sud et le Nord sur le plan de l'économie, mais ce
ne fut pas toujours le cas. En effet, le PIB par habitant de la Corée du Nord était
supérieur à celui de la Corée du Sud à partir de 1955 jusqu'à 1972. Le PIB par habitant
de la Corée du Nord était de 854 dollars en 1960 (en dollar constant de 1990) et a atteint
environ 2000 dollars en 1972. Pendant cette période, le PIB par habitant du Sud était
légèrement inférieur, cependant, à partir de 1973, le PIB de la Corée du Sud a distancé
de plus en plus celui du Nord pour atteindre 19 614 dollars en 2011contre 1 112 au Nord.
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Tableau 1. Indices comparatifs des deux économies
Indices Corée du Sud Corée du Nord
1. PIB (PPA) 2011(milliards $É.-U) 1 6000 40
2. PIB par habitant (PPA) 2012 (milliards $É.-U.) 32 800 1 800
3. Secteurs de l'économie 2012 (%)
Primaire 2,7 23,3
Secondaire 39,8 42,9
Tertiaire 57,5 33,8
4. Budget du gouvernement 2012 (milliards $É.-U.)
Revenu 276 3,2
Dépenses 260 3,2
4. Commerce international 2012 (milliards $É.-U.)
Exportations 552 4,7
Importations 413 4,3
Source : Banque de la Corée et centres de recherche économique en Corée
La question qui se pose tout naturellement est pourquoi une telle différence entre les
deux parties de la péninsule coréenne. Pourtant, les habitants du Nord et ceux du Sud
ont une origine commune, ils parlent la même langue et partagent les mêmes traditions
et la même culture, et ce jusqu’à la division de la péninsule en deux pays après la
Deuxième Guerre mondiale. Ce que ce texte veut discuter et expliquer, ce sont les
facteurs déterminants de cette disparité. En vérité, il est plutôt difficile d'analyser d'une
manière rigoureuse ces facteurs en l'absence des données sur la société nord-coréenne.
Tout ce qu'on peut faire est donc de l'essayer. Les données utilisées dans cet ouvrage
proviennent de diverses sources dont la CIA et la Banque de la Corée.
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1. Facteurs du sous-développement de l'économie nord-coréenne
La doctrine Juche
Au cours de la consolidation du pouvoir dans les années 1950 et 1960, Kim Il-sung a
purgé toutes les factions sauf celle des partisans composée de patriotes qui ont battu
avec Kim Il-sung contre l'armée japonaise. Il y a eu un complot en 1956, mené par les
factions soviétique et chinoise contre Kim Il-sung mais Kim a réussi à expulser ses
adversaires du PTC avec succès3. Ceci a eu pour résultat de contrarier la Chine et les
Soviétiques et, enfin, d'isoler Kim Il-sung. Il s'est déroulé un autre incident qui a eu
pour résultat de l'isoler davantage. Il s'agissait de la chicane idéologique tripartite
impliquant l'authenticité du marxisme-léninisme. Khrouchtchev accusait Mao Zedong
d’être un révisionniste en ne respectant pas le leadership collectif qui est l'élément
central du « marxisme authentique », alors que Mao, à son tour, condamnait
Khrouchtchev et son rapprochement avec le capitalisme américain et surtout, son recul
devant la menace armée de John F. Kennedy lors de la crise cubaine au début des
années 1960.
3 Le leader de la faction russe, A. I. Hegay fut expulsé en 1951 du parti sous le prétexte qu'il n'avait pas réussi à
réparer une réservoir d'eau bombardée par les avions américaines. Le leader de la faction de Yenan (Chinoise), Mu
Chong fut également expulsé pour avoir échoué ses responsabilités en tant de commandant de l'armée nord-coréenne
lors de la guerre de Corée de 1950-1953. Enfin, le leader de la faction de la Corée du Sud, Park Hon-young et d'autres,
furent exécutés sous le prétexte d'avoir été espions pour la Corée du Sud
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Étant isolé complètement, Kim Il-sung devait trouver tout seul des moyens de maintenir
son régime sans compter sur les relations internationales. Voilà, donc, l'idée de Juche
formalisée dans les années 1960. Au sens étroit du mot, le Juche signifie l'indépendance
politique, l'indépendance culturelle, l'autosuffisance économique et l'autosuffisance
militaire. Les idées d'indépendance et d'autosuffisance peuvent être attrayantes pour les
nationalistes, mais la question importante est de savoir comment le régime va nourrir,
habiller et loger la population. Autrement dit, la question était de savoir si le Juche et le
développement économique étaient compatible l'un à l'autre ? C'était sans doute le défi
auquel s'affrontait Kim Il-sung. Une chose certaine était qu'il devait compter
uniquement sur la population nationale pour la construction d'un pays et développer
l'économie de ce dernier. Pour ceci, il fallait une population docile, unie, obéissante et
agir, comme une seule personne, à la commande du leader absolu.
Or, pour que Kim Il-sung devienne leader absolu, il fallait que population l'accepte
comme un être doté de pouvoir surhumains. C'est-à-dire qu'il devait être conçu comme
un quasi-dieu. C'est comme ça que le processus de déification de lui-même et de son
hériter, Kim Jong-il, a commencé. Chose étonnante est que le processus de la déification
a apporté des résultats au-delà de toute attente. La population semble avoir accepté que
Kim Il-sung comme un homme qui peut faire tout et qui sait tout. Bref, Kim Il-sung
était regardé comme un homme omnipotent et omniscient. Dans le cas de son fils, Jong-
il, le processus de déification était encore plus dramatique. On a tout fabriqué une
mythologie d'après laquelle lors de sa naissance dans une cabane sur le Mont sacré
Paiktu, deux hirondelles chantaient de joie, deux arcs-en-ciel se montraient pour
célébrer la naissance et une grande étoile brillaient pour annoncer la naissance. Il est
difficile de savoir dans quelle mesure la population nord-coréenne a cru à cette
mythologie, mais une chose est certaine est que Kim Jong-il après avoir pris la position
du directeur d'un organisme de propagande et de discipline au sein du Parti communiste
du peuple a affecté une importante partie du budget national pour le processus de
déification de la famille Kim. Pour la déification de sa famille, Kim Jong-il a mobilisé
la littérature, la musique, le cinéma, le théâtre et les sports d'une part et, d'autre part il a
utilisé le système d'éducation comme moyens d'endoctrinement du juchéisme.
La doctrine de Juche, appuyée par le processus de déification, est devenue plus qu'une
doctrine politique et économique. Au fait, elle est devenue un culte personnel de la
famille Kim4 Ce culte comporte deux éléments. Strictement parlant, le Juche est une
doctrine de l'indépendance et de l'autosuffisance, mais, en réalité, elle est bien plus que
ça. Au fait, elle est devenue un culte personnel en vertu de laquelle Kim Il-sung décide
la nature et la portée de l'indépendance et de l'autosuffisance. Autrement dit, la doctrine
Juche est devenu le kimilsungisme et en même temps kimjongilisme, mis ensemble, le
4 Il y a dix principes déterminant les comportement de la population envers Kim Il-sung: (1) unifier la Corée selon
l'idéologie du Grand leader ; (2) honorer le Grand Leader ; (3) l'autorité du Grand Leader est absolue ; (4) l'idéologie
du Grand Leader est la foi (crédo) de la population; (5) il faut obéir le Grand Leader sans conditions ; (6) il faut
unifier l'idéologie du parti communiste de la Corée du Nord selon l'idéologie du Grand Leader ; (7) il faut adopter les
méthodes de travail qu'enseigne le Grand Leader ; (8) il faut valoriser la vie politique telle que définie par le Grand
Leader ; (9) il faut renforcer les organismes selon les directives du Grand-Leader ; (10) il faut léguer aux postérités
les grands accomplissements du Grand Leader.
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kimilsungisme-kimjongilisme5. En termes économiques, la famille Kim remplaçait le
mécanisme du marché ; elle décidait quoi produire, pour qui produire et comment
produire. Cette doctrine a sans doute assuré une stabilité sociale et l'obéissance absolue
du peuple. Par contre, elle a été un des facteurs définitifs qui ont empêché – retardé du
moins – le développement de l'économie de la Corée du Nord, car dans une situation où
un homme ou une famille décide tout pour la vie collective, il est difficile d'exercer des
initiatives créatrices et productives des individus et des entreprises qui sont la force
motrice du développement économique.
La structure de l'économie
L'économie militaire fut établie en 1970 afin d'accommoder les besoins de la force
armée. L'économie militaire produit, avant tout, des équipements militaires tels que, par
exemple, les tanks, les navires de guerre, les avions, les munitions et bien d'autres
produits dont ont besoin les forces armées. Mais, elle produit également des uniformes,
des gants, des chaussures et d'autres produits dont ont besoin le personnel des forces
armées. Dans les années 1990, il y avait 130 usines de munitions, 30 usines d’armes et
100 usines de produits civils et militaires (Lee et Yoon, 2004). La main-d'œuvre
affectée à cette économie est d'un million soldats-travailleurs. Il importe de noter que
l'économie militaire n'est pas très bien intégrée à celle d'État, ce qui rend difficile
d'appliquer une politique économique efficace et cohérente. Qui plus est, il y a des
conflits d'intérêts entre le secteur de l'économie d'État mené par le PTC et celui de
l'économie militaire, ce qui est un facteur additionnel de l'incohérence et de l'inefficacité
de la politique économique nationale. Les exportations de produits du secteur de
l'économie militaire font partie significative des exportations nationales de la Corée du
Nord, mais le succès de ces exportations est limité à cause, entre autres, du coût de
production élevé due à une mauvaise localisation des usines. Par exemple, les usines de
production des équipements militaires sont souvent localisées près de camps militaires,
loin de centres urbains, ce qui fait augmenter les coûts de transport (Lee et Yoon, 2004)
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manière dont le régime gère le secteur de l'économie privée. Plusieurs facteurs
expliquent l'émergence du secteur de l'économie privée. Le premier facteur est
l'incapacité de l'économie d'État d'offrir les bien essentiels dont ont besoins le peuple.
La rareté de biens de consommation est telle que le système de distribution du
gouvernement ne fonctionnait plus. Le deuxième facteur est les initiatives prises par les
fermiers et par les petits marchands de produire ou de d'acquérir des biens agricoles et
des biens de consommation. Il y avait des produits agricoles dont du riz et de pomme de
terres produits dans les jardins privés ou dans les espaces vides des usines ; il y avait
aussi des biens récupérés dans des usines fermées et abandonnées ; il y avait des biens
apportés de la Chine par les marchands chinois itinérants (Toloraya, 2007)6 ; il y avait
des biens qui faisaient partie de biens d'aide économiques des étrangers. Le troisième
facteur était l'attitude d'une certaine flexibilité du gouvernement central à l'égard du
développement du marché privé. En effet, en 1984, le gouvernement a permis, à titre
d'expérimentation, le marché privé sous la surveillance soutenue. La politique
concernant le marché privé fut appliquée d'une façon plus positive et ouverte lors de la
reforme économique de 2002.
La planification économique
La planification économique du régime Kim n'a pas été non plus un grand secours au
développement de l'économie nord-coréenne (Country Studies US: North Korea, 1993).
Le processus de la planification avait débuté même avant la guerre de Corée de 1950-
1953. Le premier plan a été exécuté pendant les deux années avant la guerre qui avait
pour but de préparer, grâce à l'aide de Moscou, l'invasion de la Corée du Sud. Alors, le
premier plan d'après-guerre était pour la période, 1954-1956 et son but était de
reconstruire les infrastructures sociales et industrielles qui avaient été détruites par la
guerre. Le plan de reconstruction était relativement réussi grâce à l'aide de la Russie. Il
convient de noter que, déjà, le développement des industries lourdes était choisi comme
la base de l'économie nationale, une décision qui allait coûter cher. Une autre
caractéristique de ce plan biennal était la création et le développement des fermes
collectives sous forme de coopératives.
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socialisation des fermes et des entreprises et, vers la fin de 1960, ce processus fut
presque complété. Cette période fut également marquée par le mouvement « Chollima »
dont le but était la production massive des biens. C'était un mouvement populaire qui
s'était inspiré du mouvement du grand bond en avant en Chine. Le résultat réel du
mouvement Chollima a été aussi discutable que le mouvement du grand bond sur la
quantité et surtout sur la qualité des produits. Cependant, ce mouvement avait une
signification historique dans le sens qu'il a mobilisé la population totale pour une cause
nationale et qu'il a fait former, chez la population, une prise de conscience collective de
la capacité d'accomplir, en tant que collectivité, quelque chose d'important. C'était à
cette période-là que le gouvernement a établi le système en vertu duquel les unités de
production étaient compensées pour avoir atteint la quantité cible de production, ce qui
a produit un surplus de produit dans une région et une rareté de produits dans une autre
région.
L'économie nord-coréenne a connu une croissance remarquable jusqu'à la fin des 1960.
En effet, le PIB a augmenté de 30 % dans la période 1954-1956 et de 21 % dans celle
1957-1960. À vrai dire, le PIB de la Corée du Nord a augmenté, comme nous avons
indiqué ci-haut, plus vite que le PIB de la Corée du Sud. Le plan suivant était un plan de
sept ans, 1961-67 et l'accent fut mis sur les industries lourdes de défense nationale.
Cette politique est devenue plus tard la politique « Sungun Jungtchi », de Kim Jong-il
donnant la « priorité au militaire ». La priorité de la défense nationale s'imposait, d'une
part, à cause de la menace de général Park Chung-hee, président de la Corée du Sud et,
d'autre part, de la guerre du Viêtnam qui, aux yeux de Kim Il-sung, représentait le
danger de l'intervention militaire américaine en Corée du Nord. Devant une telle
situation, Kim Il-sung devait concentrer les investissements des ressources en industries
militaires qui n'avaient que très peu de retombée sur le reste de l'économie. Le résultat
inévitable était le ralentissement de la croissance de l'économie. Ce qui a aggravé
davantage le ralentissement de la croissance de l'économie était une chute de l'aide
économique chinoise à cause de friction entre la Chine et le Soviet. Le résultat décevant
sur le plan de la croissance a motivé Kim Il-sung de prolonger la période de plan jusqu'à
1970 sans pour autant récolter des résultats escomptés (Country Studies, US,1993)
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champs agricoles terrasse de deux cent milles hectares et l'expansion du territoire de
cent milles hectares à l'aide de remplissage de côte littorale. De plus, ce pan a permis
d'investir en conservation des eaux potables et restauration des forêts.
En dépit d'une série de plans effectués depuis 1954, l'économie nord-coréenne n'a pas
pu soutenir le taux de croissance après les années 1970; elle a continué à souffrir du
manque de biens industriels et surtout de biens d consommation. Autrement dit, il faut
reconnaître l'échec de la planification centrale. Alors, pour cette raison, le gouvernement
a décidé en 1984 de tolérer le marché informel des biens de consommation. Cependant,
en voyant l'expansion possible du marché privé puisse permettre la pénétration de la
démocratie et du marché libre et, en conséquence, mettre en danger l'intégrité du régime
même, le gouvernement a aussitôt refermé le marché privé naissant. Il est probablement
opportun de noter ici que Kim Il-sung détestait la démocratie et le marché libre; il
pensait qu'un tel régime invite la corruption. C'est cette perception du son père qui a
induit Kim Jong-il à attendre huit ans de plus, avant d'adopter en 2002 une politique
bien plus positive de marché privé. Il est à noter que pour des raisons quelconques, il n'y
avait pas de plans entre 1984 et 1987.
Le plan a repris pour le période 1987-1993. Ce plan n'a pas été très utile non plus pour
le développement économique. Ce qui est arrivé sont de l'investissement massif dans
des hôtels, dans des théâtres, dans des statues de Kim Il-sung et en des routes afin de
réaliser la Fête Internationale de la Jeunesse et des Étudiants en 1989. Il est difficile de
savoir, dans quelle mesure, cette Festivité a fait monter le prestige international de la
Corée et de Kim Il-sung, mais, une chose certaine est que l'économie nord-coréenne ne
s'est pas améliorée. Alors, la Corée du Nord a essayé à remédier à la situation par un
plan de 4 ans, 1989-1992. Pour une fois, le plan a mis la priorité aux industries légères
afin de produits des biens de consommations. Mais il n'était pas si facile de changer jour
et lendemain la structure industrielle qui avait été dominée jusqu'à là par les industries
lourdes.
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D'une part, il a lancé la stratégie « Sungun Jungtchi » en 1995 qui avait pour fonction,
de mobiliser un million de soldats-ouvriers pour des travaux publics, de renforcer les
capacités militaires jugées nécessaire devant la modernisation de la force armée de la
Corée du Sud et de consolider son pouvoir. Les soldats-ouvriers ont été affectés à la
construction des infrastructures militaires et civiles et de logements (Koh, 2004). Il est
difficile de savoir la mesure quantitative de leur contribution à l'économie. Un autre but
de la stratégie « Sungun-Jungtchi » était d'exporter les produits militaires. En dépit de
cette stratégie, l'économie nord-coréenne n'a pas repris son développement. De plus,
d'après une étude (Suh, 2002) la stratégie a imposé un fardeau lourd sur l'économie
nord-coréenne.
2. Les réformes
La réforme de 2002
Alors, en 2002, Kim Jong-il a pris une décision audacieuse ; il a effectué une réforme
radicale, à savoir, la privatisation, quoique limitée, de l'économie nationale. La réforme
s'est déclarée le 1er juillet 2002, c'est qu'on appelle les mesures 7.1. La réforme a
comporté plusieurs aspects. En premier lieu, le rationnement des biens de nécessité a été
aboli, ce qui voulait dire la fin du fonctionnement du réseau de distribution officielle.
De toute manière, la fermeture du système de rationnement s'imposait, car, il n'y avait
plus des biens à rationner. En deuxième lieu, les entreprises privées ont été permises
d'entreprendre des activités économiques, surtout dans les industries des produits de
consommation tels que des nourritures, des vêtements, des chaussures et d'autres biens
de nécessité. En troisième lieu, le gouvernement a permis aux entreprises d'augmenter
les prix des biens et les salaires des travailleurs. La hausse des prix avait pour objectif
de renforcer les incitations des entreprises à investir davantage, alors que, celle de
salaire avait pour fonction de donner aux consommateurs un plus grand pouvoir d'achat.
En quatrième lieu, l'usage de devises étrangères par les entreprises a été permit
également en vue de faciliter le commerce international. En cinquième lieu, les
entreprises ont été encouragées à améliorer l'efficacité gestionnaire par une comptabilité
et la gestion plus autonome sans intervention de l'État (Lee et Yoon, 2004).
La réforme de 2002 fut, sans doute une décision courageuse de la part de Kim Jong-il,
car elle pouvait bien menacer l'intégrité politique du régime totalitaire.
Malheureusement, les résultats de la réforme étaient en dessous de l'attente. La hausse
des prix a provoqué l'inflation, ce qui a alourdi le fardeau budgétaire du gouvernement.
Ce dernier a émis les obligations gouvernementales sans intérêt ayant pour but
d'atténuer l'inflation et ramasser les épargnes de la population.
D'après Lee et Yoon (2004), la réforme n'était pas, à vrai dire, une véritable réforme;
elle était tout simplement la manifestation de la réalité qui s'était développée depuis les
années 1980. Quoiqu'il en soit, le Chosun-shinbo (le 22 décembre 2003)7 a jugé le
réforme comme un succès, car elle s'est traduite par une l'accroissement de la
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production des biens. Il est difficile de vérifier le bienfondé de cette affirmation. De plus,
d'après le quotidien, le reforme a produit une nouvelle façon de penser chez la
population; la reforme a démontré qu'une certaine forme de socialisme ouvert n'est pas
impossible; il s'agit bien d'un socialisme où une sorte de marché libre peut exister dans
un cadre politique et administrative socialiste. C'est une observation qui a une certaine
crédibilité. Grâce à la reforme de 2002, l'idée du marché libre a continué à inspirer la
population nord-coréenne jusqu'à aujourd'hui en dépit des interventions du
gouvernement afin de limiter un tel développement. C’est ainsi que 60 % de biens de
consommation chez les citoyens de Pyongyang étaient procurés du marché privé (Ahn,
2002). Une leçon collective qu'a apprise la Corée du Nord était l'importance du rôle du
marché privé dans la dynamique du développement économique (Chun, 2004)
La réforme de 2009
Kim Jong-il a tenté une autre réforme, cette fois-ci, une reforme monétaire et du taux de
change en 2009 (CIA World Factbook, 2013). La réforme monétaire de 2009 a eu pour
objectif de combattre l'inflation qui avait persisté depuis des années d'une part, et,
d'autre part, d'accélérer la production des biens. D'abord, afin d'accélérer la production
des biens, le gouvernement a augmenté le salaire des ouvriers et les prix des biens de
base. Ainsi, le salaire mensuel des ouvriers qui variaient de 3000 wons à 6000 wons
avant 2009 a sauté à 250 000 wons à 350 000 wons, soit un accroissement de 53 fois à
83 fois. En ce qui trait au prix d'un kilo du riz, il a augmenté de 300 wons jusqu'à
40 000 wons dans certaines régions lointaines (Courrier international, 2010). Une telle
hausse drastique des prix et des salaires est tout simplement impensable dans une
économie normale. En tout cas, dans les pays de Kim Jong-il, c'est fait. Cette partie de
la réforme était pour l'augmentation de la production des biens. Mais, il est difficile de
vérifier s'il y a eu vraiment un accroissement important de la production des biens.
Le résultat de la hausse des prix er des salaires des ouvriers était l'inflation annuelle de
plus de 2 % Afin de combattre l'inflation, Kim Jong-il a imposé une réforme de billets
nord-coréens. Il a annoncé une directive relative à la nouvelle valeur de won et la
modalité de changer les anciens billets pour les nouvelles. Ainsi, la valeur du won a
augment de 100 % ; c'est-à-dire que 100 wons avant le 30 novembre 2009 est s'est
valorisé à un won (Amitié France-Corée, 2009 ; CIA World Factbook, 2013). Ce qui
est encore plus insensé était la directive de changer les billets dans une semaine
seulement. Pour le montant qui n'aura pas été échange, il fallait le placer dans
institutions financières selon une modalité donnée. Est-ce que cette réforme a réussi à
combattre l'inflation ? Il est difficile, sans doute, de répondre à cette question.
Cependant, il est plus que probable qu'elle ait affaibli le pouvoir d'achat des
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consommateurs et en conséquent, freiné la production des biens.
S'il y a une conclusion tirée de notre discussion ci-dessus, c'est sûrement l'échec du
régime de la famille Kim sur le plan du développement économique. Il est donc
nécessaire de résumer les facteurs déterminants de cet échec pour que Kim Jong-un, le
nouveau jeune leader, puisse en prendre en considération dans sa nouvelle politique
économique. On peut identifier une foule de facteurs. La triple structure de l'économie
nationale, le manque de la continuité, de cohérence de coordination du système de
planification, la stratégie « Sungun Jungtchi », les sanctions de l'ONU et finalement
l'état de guerre qui existe encore sur la péninsule. Cependant, le facteur qui intègre tous
ces facteurs partiels est le juchéisme dont l'objectif primaire est la perpétuation de la
dynastie Kim. Il convient de noter que les succès du juchéisme dépendait, dans une
large mesure, de l'isolement de l'économie et de la socialisation de cette dernière. Plus
l'économie est ouverte, plus grand serait le danger d'affaiblir le régime. Plus le marché
devient un marché privé, plus grande serait la probabilité de l'effondrement du régime.
Par contre, il faut souligner un fait indéniable, à savoir, qu'il y a un rapport intime entre
le développement économique d'une part et, d'autre part l'isolement de l'économie et le
rôle du marché privé. Des expériences antérieures en matière du développement
économique démontrent que plus l'économie est fermée et plus le marché socialisé
empêche la mise en valeur des initiatives et la créativité des individus, plus grande serait
le danger du sous-développement. La dynastie Kim devait marcher sur une corde raide
d'équilibre entre le développement économique et la survie du régime. Autrement dit, la
dynastie Kim devait marcher sur la corde raide du compromis juste entre l'ouverture de
l'économie et le rôle du marché privé d'une part et, d'autre part, le développement
économique. Qualifions la recherche de cet équilibre et de ce compromis comme le
« modèle de survie » de la dynastie Kim.
Le modèle de survie va nous aider à mieux comprendre ce qui se passé dans le royaume
Kim sur le plan du développement économique. Au fait, l'adoption de la triple structure
de l'économie nationale et la stratégie « Sungun Jungtchi » était motivée par le désir de
sauver le régime juchéiste en renforçant l'économie militaire devant le menace de la
Corée du Sud, risquant fort une mauvaise affectation des ressources rares dont disposait
le Corée du Nord. De même, le manque de cohérence et de coordination du système de
planification économique était attribuable à la stratégie de la survie du régime. Il est vrai
qu'en 1984 et 2002 le gouvernement a toléré le marché privé et la distribution aux
magasins privés non pas pour un développement soutenu de l'économie, mais plutôt
pour calmer la population qui souffrait de la crise de faim. Une fois la crise calmée, le
régime a restauré le régime de centres de distribution publics. La reforme monétaire de
2009 avait pour objectif de soulager la pression budgétaire et non pour le
développement de l'économie. En un mot, il y a lieu d'avancer l'hypothèse que l'échec
du développement économique soit attribuable au juchéisme. Et si ceci est le cas et si
Kim Jung-un veut vraiment développer son économie, il faudra sortir du piège du
juchéisme, développer des rapports productifs avec des pays étrangers et mettre en
valeur la créativité et la productivité des individus.
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4. Les perspectives d'avenir
Kim Jong-il est parti pour toujours de la scène politique et sone fils Kim Jong-il a hérité
le royaume qui a ruiné l'économie et qui n'a pas réussi à nourrir convenablement son
peuple. La question intéressante est de savoir si le nouveau leader veut et peut
développer l'économie nord-coréenne. Supposons qu'il veut développer l'économie. Il y
a lieu de croire qu'il le veut, car, si non, la survie du juchéisme. Donc il est devant un
dilemme ; il a les choix suivants : soit préserver le juchéisme en sacrifiant le
développement de l'économie, soit promouvoir le dernier en sacrifiant le premier, ou
soit trouver un compromis entre le juchéisme et le développement économique. Un tel
compromis peut être le modèle vietnamien « Doi Moi »8. Quelle serait son choix ? La
probabilité de choisir le premier choix paraît relativement faible, car la préservation du
juchéisme nécessite la déification, ce qui n'est pas possible dans son cas, à cause de la
courte période de sa préparation pour la succession du pouvoir d'une part et, d'autre part,
de l'accès facile chez les jeunes nord- Coréens à l'information sur le niveau de vie
enviable en Corée du Sud et même en Chine. Ces jeunes ne seront pas facilement
endoctrinés. Il faut ajouter également, que la population en général et les jeunes en
particulier peuvent révolter, voir même aventurer un coup d'État et chasser le jeune Kim.
Si ceci est une supposition valable, Kim Jung-un va opter pour le développement de
l'économie, sans pour autant abandonner complètement le juchéisme de son père et son
grand-père. Il faut se rappeler que le juchéisme demeure, aux yeux d'une bonne partie de
la population nord-coréenne, le symbole de stabilité et la légitimité de la dynastie Kim
Il convient de noter ici que grâce à la formation de Kim Jung-un en Europe et à son
jeune âge, le monde a espéré de voir une plus grande ouverture de la Corée du Nord
vers le monde externe. Au fait, il y a déjà quelques signes témoignant certains
changements en Corée du Nord. Par exemple, Kim Jong-un a, dans son discours de
nouvelle an de 2015, consacré presque la totalité de son discours aux problèmes
économiques, sans oublier toutefois de souligner l'impératif du renforcement des
capacités de défense nationale. En effet, il a clairement indiqué qu'il va poursuivre la
politique, « Byungjin », à savoir le progrès simultané du développement de l'économie
et le renforcement des capacités militaires dont les armes nucléaires9.
Un autre indice de la volonté possible de Kim Jung-un d'ouvrir son pays vers le monde
externe est une série de constructions des infrastructures et des équipements ayant pour
but possible d'attirer les étrangers et de plaire aux nord-coréens. Par exemple, la
construction d'un immense centre de ski, la prolifération du marché privé,
l'accroissement rapide des voitures étrangères (Le Monde, 2015), l'usage des cartes de
crédits, une mobilité interrégionale plus libre de la population peuvent être un signe de
la tolérance pour le développement des marchés privés et de l'invitation des touristes
8 Par ailleurs, Kim Jong-il aurait souvent dit qu'il préférait le modèle viêtnamien, « Doi Moi » qui signifie
« rénovation ». Il s'agit d'une transformation progressive du régime de dictature en régime plus démocratique. Il s'agit
aussi d'un régime où l'idéologie communiste et le marché privé capitaliste coexistent, les propriétés privées et
l'autonomie quasi-totale de la gestion corporative sont permises.
9 Il est possible que la possession des bombes nucléaires ait pour résultat diminuer les dépendes militaires et, par
12
étrangers. En outre, il y a des indications que Kim Jung-un permette aux gouvernements
régionaux et locaux une autonomie, quoi que limitée, il va de soi. Par exemple, d'après
un rapport (Tudor, 2015) la ville Chongjin, un port située sur la côte littoral de la Mer de
l'Est, qui est une des zones économiques spécialisées se permet d'importer une grande
quantité de vêtements japonais dont les pantalons « jeans » et tolère des comportements
plus spontanés des citoyens. Par exemple, les femmes imitent le style de coiffure de la
« first lady », épouse de Kim Jung-un. La préoccupation des jeunes est de devenir plus
belle ou plus beau, ce qui peut signifier qu'ils ne sentent plus d'être victime de
l'oppression du surveillant politique. Toujours d'après le même auteur, la production des
appartements par les soldats-ouvriers s'accélère et les transactions entre les individus se
multiplient même en absence des courtiers en immeubles. Un autre indice de l'ouverture
est la prolifération de téléphones mobiles. En 2009, il y en avait deux millions10. Ceci
aurait sans doute accéléré les échanges des idées et des informations concernant le
retard de la Corée du Nord en développement de l'économie nord-coréenne.
Supposons que Kim Jung-un est disposé à abolir le juchéisme ou à en modifier pour que
les relations économiques externes deviennent plus ouvertes et que le marché privé se
développement avec moins des interventions du gouvernement. Même si tout ceci est
vrai, une question fondamentale se pose. Est-ce que la Corée du Nord est capable
d'assurer des conditions nécessaires du développement de l'économie. Alors, quelles
sont ces conditions nécessaires ? Les conditions nécessaires se classifient en trois
catégories suivantes: l'offre des facteurs de production, la disponibilité d'un
environnement institutionnel favorisant des activités économiques créatrices et
productives, et la gestion efficace du développement de l'économie. Les facteurs de
production comprennent la main d’œuvre, les capitaux physiques, les capitaux
monétaires et les technologies. D'abord, la main d’œuvre. La population nord-coréenne
est de 23 millions habitants et elle a reçu une éducation générale de sorte qu'il n'y aura
pas de difficultés de former la main d’œuvre requise. Il y a lieu de croire que, comme
dans bien d'autres pays socialiste, le nombre de techniciens et d'ingénieurs est
relativement adéquat. Par contre, ce qu'il faudra en Corée du Nord est la formation des
experts en matière de sciences sociales et la gestion corporative dont les comptables et
les économistes, les sociologues, politologues et les gestionnaires corporatifs. Ajoutons
aussi l'importance de la formation en économie capitaliste et en régime du marché libre.
D'après le bpi france (2014), l'Organisme Non-Gouvernemental (ONG) singapourien,
Chosen Exchange, est en train de former les Nord-Coréens au capitalisme et au régime
du marché libre.
10 Les téléphones mobiles ont été installés en Corée du Nord par une entreprisse égyptienne, ORACOM
13
existent sont d'une mauvaise qualité. Ce qui est urgent de développer ou de réparer sont
les chemins de fer et de routes. Comme nous verrons ci- bas, la Russie semble bien
disposée à investir une somme importante en chemin de fer nord-coréens. Il faudra
également investir beaucoup plus dans les ports, les aéroports, surtout dans des centrales
électriques. En ce qui concerne les technologies, il n'y a pas doute que les technologies
militaires aient atteint un niveau très élevé. Cependant, les technologies dont a besoins
Kim Jong-un sont plutôt les technologies de niveau d'intensité moyen en main- d'œuvre
ou en capital. Il n'est pas certain que ces technologies soient disponibles, si non, elles
peuvent être relativement facilement importées de la Corée du Sud ou de la Chine.
La perspective de l'influx des investissements étrangers n'est pas sans espoir. Déjà, la
Corée du Nord fait partie de deux projets du développement de la région Nord- Est de la
Chine. Il y a d'abord, le projet du développement intégré « Chunjintu » qui couvre les
provinces Jiling et Liaoning et la partie extrême nord-est de la Corée du Nord le long du
Fleuve Tumen. Ce projet a débuté en 2009. Grace à ce projet, la région des villes de
côte littoral de la Mer de l'Est, surtout les villes Rajin et Sonbong (Rason) sont en train
de se développer. Ces deux villes sont désignées comme « zones économiques
14
spéciales » et joueront un rôle central du développement de la région. Le projet est d'une
importance capital, car il aura pour effet de revitaliser l'économie de la région qui avait
été une des régions les moins développés en Chine. De plus, la le projet permet à la
Chine d'avoir l'accès direct à la Mer de l'Est et, par conséquent au Japon. L'autre grand
projet chinois est celui du développement de la région de la Baie Bohai comprenant les
villes côtières de la Mer Jaune dont Dallan, Dandong, Yinkou et Zinzhou. Ces
mégaprojets du développement régional impliquent un investissement de 10 milliards
de dollars.
11 Au fait, Singapour a été le modèle de la ZES Sinuiju dés 1991. En outre, la Corée du Nord a maintenu des rapports
soutenus avec Singapour, car ce dernier a réussi dans le développement de l'économie sous un régime mono-leader,
lequel régime est ce que la Corée voudrait soutenir (Soo-Suk Ko, 2015).
15
dollars pour divers projets dont la réparation et la modernisation de chemin de fer de
3500 km, soit la moitié de chemins de fer nationaux de 7000 km. La Russie va investir
également dans les mines dont la mine de « terres rares » qui sont essentielles pour la
production d'iPhones. La Russie va construire une route de 175 km pour accéder aux
mines. Les investissements russes comprennent également la construction de la centrale
électrique thermique Kangdong. Les principales entreprises russes sont le Rusal
(production d'aluminium), la Mostvik (compagnie de construction), et la Sibal
(exploitation des ressource naturelle). Il paraît que le commerce avec la Russie atteindra
un milliard de dollars en 2020 ; en ce moment, le commerce avec la Russie est nul.
Ce qui se dégage de constats ci-dessus est que les grand projets du développement de la
région Nord-est et de celle du Nord-Ouest de la Chine ainsi que le retour de la Russie en
Corée du Nord avec des investissements massifs donnent une chance à Kim Jong-un de
faire quelques choses valable pour l'économie de son pays. Ce n'est pas tout. Il y a aussi
le complexe industriel Gaesung (CIG) juste au nord de la zone démilitarisée où 60 000
travailleurs nord-coréens qui ont déjà enrichie, de 1,2 milliards de dollars, le coffre-fort
du jeune leader Kim. Deux centaines d'entreprises sud-coréennes produisent des biens
de consommation ainsi que des biens capitaux valant plusieurs centaines de millions de
dollars. La perspective de son avenir est d'autant plus brillante que, si l'ALE Chine-
Corée se réalise, les produits de CIG seront exportés en Chine sans payer les droits
douaniers. Il y a donc trois pôles de croissance: le pôle Nord- Est, le pôle Nord-Ouest et
le pôle Sud. Il y a également comme nous l'avons vu ci-haut, une série des zones
économiques spécialisées. Par conséquent, si l'on peut intégrer ces trois pôles dans un
modèle tripolaire, la Corée pourrait réaliser, pour une fois, ce que la population désire, à
savoir, manger, s'habiller et se loger d'une manière convenable. Bref, il y des indices
permettant un certain optimisme pour le développement de l'économie nord-coréenne
(Frank, 2005, 2013)
Conclusion
Il est vrai que le pays de la dynastie Kim a une réputation horrible. La Corée du Nord
est un pays du culte personnel du leader, un pays hostile, un pays qui fait chantage
nucléaire, un pays qui viole les droits de la personne, un pays qui exportent des armes
de destruction massive. Si tous ceci est vrai, il est également vrai que la Corée offre une
nouvelle frontière du développement économique dans la région. En effet, le
développement de l'économie nord-coréenne offre aux chaebols coréens des
opportunités intéressantes de participer au développement de l'économie nord-coréenne.
Il convient de savoir que les chaebols sont en train de perdre leur part du marché en
Chine à cause de rattrapage rapide technologique par les Chinois. Les chaebols coréens
ont les capitaux et les technologies moyennes appropriées pour le développement de
l'économie de Corée du Nord. Cette dernière offre des avantages d'être proche et de
l'absence de la barrière de langue. La Corée du Nord est encore plus attrayante pour les
PME sud-coréens qui, grâce aux expériences au Complexe Industriel de Gaesung (CIG),
savent comment s'adapter au système des affaires en Corée du Nord. Même les PME
canadiennes et québécoises pourraient se joindre aux PME sud-coréennes dans
l'investissement en Corée du Nord.
16
Il semble donc clair que la Corée du Nord se dote des potentiels immenses. Mais, pour
que ces potentiels se traduisent en développent économique, il faudra satisfaire les
conditions suivantes. En premier lieu, il faut avant tout faire en sorte que les talents de
la population soient mis en valeur. Sans les initiatives, la créativité et le goût de prendre
le risque, le développement économique est simplement impossible, ce que le juchéisme
a prouvé. En deuxième lieu, il faut adopter les normes globales et les principes des
relations commerciales et économiques et des investissements internationaux. En
troisième lieu, il faut établir un environnement des affaires qui minimise les risques des
investissements en installant les facilités de communication, en assurant la disponibilité
de l'électricité, en offrant les espaces pour les recherche et développement, en
établissant un équilibre entre les fardeaux fiscaux sur les investissement étrangers et la
retombée locale des ces derniers. En quatrième lieu, il faut construire les infrastructures
industrielles dont les routes, les chemins de fer, les ports et l'aéroport. En cinquième lieu,
il faut réorienter tout le système d'éducation en vue de produire une main d’œuvre
capable de réaliser le développement économique. En sixième lieu, il faut que les
relations intercoréennes s'améliorent pour que les échanges commerciaux se reprennent
et que les entreprises sud-coréennes puissent investir plus facilement en Corée du Nord.
Enfin, toutes ces mesures ne seront pas formées et appliquées à moins que le régime ne
change substantiellement. Il se peut qu'une forme d'autoritarisme politique et
bureaucratique soit utile, mais, il faut, en même temps, développer un marché libre et
minimiser les interventions de l'État. Certes, il y a de signes que Kim Jong-un ait le goût
de continuer le juchéisme de son père et de son grand-père. Mais, il faut qu'il sache qu'il
est le moment où il doit choisir; il ne peut pas maintenir le juchéisme et en même temps
le développement de son économie. Il est à espérer qu'il prenne la bonne décision.
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avril.
18
Commentaire n° 1 : La Corée du Nord : réformes et ouverture
Depuis les grandes réformes économiques initiées par Deng Xiaoping en Chine à la fin
des années 1970, les régimes communistes qui ont réussi, à l’instar de ce pays, leurs
propres réformes visant à passer à une économie mixte, ont été en mesure de se
maintenir au pouvoir. Ils sont peu nombreux à avoir réussi une transition post
communiste en raison principalement du fait que ces réformes devaient répondre à un
crise socioéconomique majeure mettant en péril la légitimité, voire la survie du régime –
le désastre de la Révolution culturelle en Chine ou les famines des années 1980 au
Viêtnam sont deux exemples probants –, mais une fois ces réformes bien ancrées, la
croissance économique explosait et les autorités communistes pouvaient alors réclamer
une nouvelle légitimité fondée sur des politiques publiques en mesure d’assurer à long
terme la prospérité économique de la nation. Dans tous les cas, ces réformes ne
répondaient pas à l’émergence d’une société civile autonome – une chose impossible à
l’intérieur d’un système socioéconomique dominé par la planification centralisée – mais
à l’incertitude des autorités communistes quant à leur emprise des appareils de l’État et
de la société.
Au début des années 1990, avec la fin de la guerre froide, on pensait que la Corée du
Nord allait suivre le chemin tracé par la Chine et entreprendre le passage à une
économie mixte, d’autant plus que l’effondrement et la disparition de son principal
partenaire économique, l’URSS, a profondément désarticulé la structure économique
nationale et a eu des effets très néfastes sur la croissance à long terme (Feron, 2014).
Pyongyang – toujours très méfiante des nouvelles expériences économiques
irrespectueuses des fondements militaires de son économie stalinienne – refusait ce type
de réformes qui auraient exigé l’abandon de l’idéologie du « Juche ». Pourtant, Kim Il-
sung et Kim Jung-il ont visité la Chine à l’invitation de Deng Xiaoping qui avait bien
l’intention d’initier la Corée du Nord au nouveau modèle économique chinois qui se
mettait en place, notamment en leur offrant une tournée de la zone économique spéciale
(ZES) de Shenzhen, le point de départ de l’expérience capitaliste chinoise (Abrahamian
et al., 2014 : 8-9). Pyongyang a bien fait des changements cosmétiques à sa politique
commerciale en s’inspirant de l’expérience chinoise notamment en créant la ZES de
Rason en 1991 – qui n’a jamais véritablement levée – mais en fait, pour Kim Il-sung et
son fils Kim Jung-il, il ne faisait aucun doute que le Parti communiste chinois (PCC)
courrait à sa perte en ouvrant le pays aux investissements étrangers et en abandonnant la
planification centralisée à la faveur du libre marché (Reilly, 2014 : 915) et, d’ailleurs, la
légitimité du régime n’était pas en péril en raison des efforts de Kim Il-sung d’établir
sur des bases institutionnelles solides l’idéologie du Juche et d’assurer sa pérennité avec
la « sacralisation » de la famille Kim.
Si la fin de la guerre froide n’a pas eu d’effets notables sur la politique économique de
la Corée du Nord, les dures années de famine, de 1994 à 1998, faisant près d’un million
de morts, auraient dû être un signal d’alarme indiquant que les choses allaient mal et
19
que des réformes devenaient inévitables, d’autant que la « marche laborieuse » –
l’euphémisme utilisé par la presse officielle pour faire référence aux années de famine –
n’a pas épargnée, du moins en partie, l’élite communiste qui a certainement souffert de
la baisse drastique des approvisionnements en nourriture. Les réformes ne sont pas
venues – du moins pas immédiatement – et en réponse à l’inaptitude de l’État à
affronter la crise, une économie de marché a « spontanément » émergé, en tout premier
lieu dans les campagnes où les familles mettaient en ventes des biens personnels pour se
procurer de la nourriture ; puis ce comportement proche de « l’entreprenariat » s’est
diffusé à d’autres unités socioéconomiques dans les villes, dans le Parti des travailleurs,
voire dans l’armée, dans une lutte constante pour leur survie. Depuis le désastre induit
par la réforme monétaire de 2009, plusieurs petits commerces ont vu le jour comme des
salons de coiffure, des restaurants, magasins de vente au détail. Des compagnies de
transport et de construction « privées » auraient également vu le jour (Reilly, 2014 :
914). Des chercheurs chinois ont souligné la vitalité des marchés locaux en pleine
expansion ; ceux-ci se divisent en quatre catégories : les marchés offrant un large
éventail de produits, les marchés « parallèles », le marché noir des devises et un marché
résidentiel informel (cité dans Reilly, 2014 : 912). Ces marchés sont particulièrement
florissant le long de la frontière avec la Chine où des sociétés d’État nord-coréennes
(dans leurs capacités officielles ou non – quelques fois ces sociétés d’État ne sont que
des façades pour des intérêts « privés ») et des entreprises « privées » illégales font
beaucoup d’affaires avec, principalement, des firmes chinoises, mais également russes,
japonaises et sud-coréennes. Il y aurait possiblement, selon Haggard et Noland (2012 : 4)
– dans le cas du commerce avec la Chine – une « privatisation graduelle des échanges »,
notamment en utilisant des sociétés d’État comme façade.
La réforme du début des années 2000 n’a été que de la poudre aux yeux (malgré les
voyages de Kim Jung-il en Chine en 2000, 2001, 2004 et 2006 et ses appels répétés à
s’inspirer de l’expérience chinoise) ; tout au plus un effort d’ajustement de la
planification centralisée aux impératifs de l’économie de marché et dès 2005, les forces
« anti-réformistes » démantelaient les quelques mesures « libérales » mises en place par
le régime. La réforme de la monnaie en 2009, dont la violence de sa mise en application
a causé une courte mais intense mini crise économique, avait comme objectifs,
premièrement, de ruiner les « nouveaux entrepreneurs » en limitant la quantité d’ancien
wons qui pouvait être échanger contre de nouveaux wons, le régime soulignant ainsi
que l’économie de marché ne pouvait s’étendre au point de créer un contrepouvoir
économique. Deuxièmement, elle avait comme objectif de hausser le pouvoir d’achat de
la société en général et à cet égard, elle a eu des effets positifs, du moins en ce qui a trait
aux habitants de la capitale, mais au prix d’une lutte sévère contre l’inflation (Szalontai
20
et Choi, 2013 : 286 ; Lankov, 2013 ; Haggard et Noland, 2010, 2012).
Par la force des choses, une économie de marché cherche à prendre de l’expansion, mais
si cette expansion est étroitement limitée par les autorités politiques comme c’est le cas
présentement – elle ne peut donc pas relancer sur des bases « privées » la production
industrielle que ce soit pour des biens de consommation légers ou pour fournir en
équipements et en machineries le secteur agricole ou celui des transports, comme ce fut
le cas en Chine – elle demeure confiné à l’échange de biens de consommation dont elle
peut cependant hausser le volume par le truchement du commerce avec l’étranger,
notamment avec la Chine et la Corée du Sud.
21
Yanbian. Certaine villes frontières sont devenues des postes commerciaux florissants
comme Dandong, ville de plus de 750 000 habitants située le long de la rivière Yalou et
par laquelle transite près de 70 % du commerce sino-nord-coréen.
Le processus d’institutionnalisation se poursuit, d’une part, dans le cadre d’un effort non
négligeable de coopération entre les gouvernements locaux et provinciaux de la Chine et
de la Corée du Nord pour faciliter les échanges, protéger les droits de propriété des
investisseurs ou bien encore pour mettre en place une certaine forme de régulation de la
concurrence. D’autre part, les activités des firmes nord-coréennes et leurs interactions
avec les firmes étrangères, notamment chinoises, favorisent en concertation avec la
coopération intergouvernementale, une forme « d’isomorphisme institutionnel » dans
lequel les institutions économiques chinoises sont reproduites en Corée du Nord malgré
l’absence d’une politique nationale de libéralisation économique à l’image de la
politique Doi Moi au Viêtnam (Reilly, 2014 : 903 ; Szalontai et Choi, 2013 : 285-6,
Haggard et Noland, 2012). On peut parler d’une forme de « libéralisme local » dans la
mesure où des relations transnationales se poursuivent malgré les tensions géopolitiques
et sécuritaires13. Ce libéralisme local est une option utilisée, selon nous, par Kim Jung-
un pour contourner les limites imposées à ses actions par l’idéologie du Juche et de la
doctrine Songun.
Les annonces successives faites par le gouvernement depuis 2013 d’ouvrir au total 22
ZES s’insèrent dans cette logique de concentrer les forces du marché dans des régions
spécifiques sans mettre en place une libéralisation globale de l’économie « à la
chinoise ». Ces ZES possèdent une législation particulière différente de celle encadrant
les activités du complexe industriel Kaesong ou dans la zone touristique du Mont
Kumgang et elles sont sous la juridiction du ministère de l’Économie extérieure, ce qui
n’est pas le cas pour les deux zones précédentes. Ces ZES sont habituellement petites –
quelques kilomètres carrés – et sont ouvertes en principe aux investissements étrangers
(une firmes étrangères peut demander le statut de ZES) et favorisent un domaine
économique en particulier (industries, agriculture, haute-technologie, tourisme, etc.). La
régulation de ces nouvelles ZES permet avant tout des initiatives locales, de bas en haut,
de concert avec les autorités et les entreprises locales, même s’il y a des exceptions, par
exemple, pour établir des industries considérées comme stratégiques par Pyongyang ou
bien encore lorsque la famille Kim a une certaine préférence « affective » pour une
région comme celle de la zone touristique spéciale de Wonsan qui est un lieu de
villégiature apprécié de la famille (Abrahamian et al. 2014).
Ces ZES sont cependant toujours sujettes aux aléas des luttes politiques comme
l’indique l’exécution de l’oncle de Kim Jung-un, Jang Song-thaek, proche des intérêts
13 Le libéralisme local peut se définir comme étant « la volonté d’acteurs gouvernementaux locaux – selon les
possibilités offertes à l’intérieur des paramètres de la politique étrangère – de poursuivre des formes de collaboration
et de coopération transnationales dans des domaines non sécuritaires comme l’économie et les affaires sociales et
culturelles » (traduction libre) (Li, 2014 : 276).
22
économiques chinois et fervent défenseur des ZES. Son décès a d’ailleurs entrainé une
baisse momentanée des échanges entre la Corée du Nord et la Chine (Abrahamian et al.,
2014 : 20) Si on ne peut s’entendre sur les raisons qui ont entrainé son exécution, il
semble qu’il y ait des dissensions de nature économique entre ceux en faveur du passage
à une économie mixte à la chinoise et ceux qui refusent une réforme globale de
l’économie et qui favorisent le maintien d’une économie planifiée, de la doctrine
Songun et tolèrent la présence d’une petite économie de marché afin de subvenir
essentiellement aux besoins fondamentaux de la population sans en faire un moteur de
la croissance économique nationale. Selon le professeur Moon Chung-in (2014), Jang
serait l’un de ceux-ci, alors que Kim Jung-un serait par contre un « véritable
réformateur » – la réforme de l’agriculture qui a réduit l’unité de production à la famille
et les modifications apportées au modèle de gestion des sociétés d’État qui a été
décentralisé sont deux exemples de sa volonté de changer les choses (The Guardian,
2015b) – ayant condamné Jang pour son mépris de sa politique économique et peut-être
pour s’être construit un petit royaume économique en contrôlant le commerce extérieur
du pays avec la Chine qui faisait de l’ombre à celui de Kim Jung-un alors qu’il est bien
connu que l’économie de marché est également tolérée parce que les fonctionnaires de
l’État et les cadres du Parti des travailleurs extorquent aux agents privés et aux
agriculteurs un pourcentage de la valeur des transactions, ce que l’hebdomadaire The
Economist (2015) qualifie de « racket » ou d’escroquerie en retour d’une certaine forme
de protection.
Si tel est le cas, Kim pourrait bien être en faveur d’une libéralisation graduelle de
l’économie et probablement qu’il s’y affaire présentement, mais à l’intérieur des limites
institutionnelles très rigides du Juche (Lee, 2015), l’amenant ainsi à favoriser les
initiatives locales en mesure d’amener une redéfinition de l’orthodoxie économique
imposée par Kim Il-sung – les isomorphismes institutionnels d’inspiration chinoises
dont nous avons parlé – au détriment d’une politique économique nationale réformiste
et autoritaire. Sa pensée serait ainsi en rupture avec celle de son père et de son grand-
père, lesquels voyaient dans libéralisation de l’économie, un rejet du marxisme-
léninisme et le début de la fin de l’expérience communiste. Peut-être qu’en définitive, la
sacralisation de la famille Kim pousse le troisième de ce nom à entreprendre des
réformes sans crainte pour la pérennité de son pouvoir absolu et de la dynastie
communiste nord-coréenne.
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