UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES
RAPPORT DE RECHERCHE PRÉSENTÉ À
L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES
COMME EXIGENCE PARTIELLE
DE LA MAÎTRISE EN ÉCONOMIE ET GESTION DES PME
PAR
FRANCINE CLERMONT
LA GESTION DES APPROVISIONNEMENTS AU SEIN
DE PME MANUFACTURIÈRES QUÉBÉCOISES
LE 22 DÉCEMBRE 1992
Université du Québec à Trois-Rivières
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TABLE DES MATIÈRES
Page
RÉSUMÉ i
REMERCIEMENTS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iii
LISTE DES TABLEAUX. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IV
LISTE DES FIGURES ..................................... viii
INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
CHAPITRES
1. LE CADRE CONCEPTUEL. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
A. La recension de la documentation ................. . . . . . 3
1. L'importance stratégique de la gestion des
approvisionnements . . ...... . ............ ......... 4
1.1 La gestion opérationnelle des
approvisionnements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Le processus d'achat. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.1 L'anticipation et la reconnaissance
du besoin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.2 La détermination des caractéristiques du produit
ou service désiré .......................... 9
1.2.3 La spécification des caractéristiques et quantité
des produits ou services désirés. . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.4 La recherche de fournisseurs potentiels ... . . . . . . 10
1.2.5 La cueillette et l'analyse des propositions
des fournisseurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.6 L'évaluation et le choix d'un fournisseur. . . . . . . . 13
1.2.7 L'émission de la commande d'achat. . . . . . . . . . . . 17
1.2.8 La rétroaction sur la performance du produit
et du fournisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2. La gestion stratégique des approvisionnements. . . . . . . . . . 18
2.1 Les relations avec les fournisseurs .............. 20
2.2 L'importance de l'information générée
par la fonction approvisionnement. . . . . . . . . . . . . . 24
3. Le champ d'action, les caractéristiques organisationelles
et environnementales des entreprises plus sujettes
à gérer stratégiquement leurs approvisionnements ....... 29
4. L'incidence de la gestion des approvisionnements
sur la performance financière des entreprises ........... 31
B. Le modèle théorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
C. Les définitions conceptuelles ....... ......... ......... . 36
1. Les concepts .................................... 36
1.1 La stratégie de l'entreprise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2. Les variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.1 Les activités opérationnelles
(variable indépendante) ....... . .............. 37
2.2 Les activités stratégiques
(variable indépendante) ....... ...... ... .... .. 37
2.3 Le champ d'action, les caractéristiques
organisationnelles et environnementales
(variables modératrices) ...................... 38
2.4 La performance financière
(variable dépendante) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
II. LES OBJECTIFS ET HYPOTHÈSES DE RECHERCHE . . . . . . . . . . 40
A. Les objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
B. Les hypothèses. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
III. LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ................ 45
A. L'identification des informations nécessaires à la
réalisation de l'enquête (définitions opérationnelles) 45
1. Le profil de l'entreprise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2. Le profil du répondant . ............ . .............. 46
3. Le champ d'action, les caractéristiques organisation-
nelles et environnementales de l'entreprise . . . . . . . . . . . . . 47
4. La gestion opérationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
5. La gestion stratégique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
5.1 Les relations avec les fournisseurs .. . . . ......... 52
5.2 L'information générée par la fonction
approvisionnement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
6. La performance financière. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
B. L'identification des sources d'information . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
C. Le choix du type d'étude .... .. .... . . . . .. ... . .. .. ..... 55
D. Le choix des instruments de mesure. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
E. Identification de l'univers idéal, du cadre d'échantillonnage,
de l'univers étudié, de la méthode d'échantillonnage, et
de la taille de l'échantillon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
1. L'univers idéal .................................. 56
2. Le cadre d'échantillonnage ......................... 56
3. L'univers étudié ................................. 57
4. La méthode d'échantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
5. La taille de l'échantillon .... ...... .. ........ ..... .. 58
6. La collecte des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
IV. PRÉSENTATION DES RÉSULTATS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
A. Description des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
1. Les entreprises 59
2. Les répondants 62
3. Le secteur d'activités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
4. La gestion des approvisionnements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.1 La complexité du marché amont. . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.2 Le processus d'achat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
4.3 Le choix des fournisseurs .................... 70
4.4 Les relations avec les fournisseurs . . . . . . . . . . . . . . 73
4.5 L'importance des approvisionnements
dans l'entreprise ........................... 75
4.6 Les informations en provenance des fournisseurs .. 75
5. La performance des entreprises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
B. Analyse et interprétation des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
CONCLUSION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
Les limites de la recherche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
Les avenues de recherche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
BIBLIOGRAPHIE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
ANNEXE l . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
1
RÉSUMÉ
Les objectifs de la présente recheche sont de décrire le comportement des PME
manufacturières envers la gestion de leurs approvisionnements, de tenter
d'identifier les entreprises les plus enclines à les gérer stratégiquement en terme de
champ d'action, de caractéristiques organisationnelles et environnementales ainsi
que vérifier si ce type de gestion a une influence sur la performance financière des
entreprises. Afin d'atteindre les objectifs de recherche, nous avons développé un
questionnaire à partir des besoins d'information. Ce questionnaire a été expédié par
la poste dans 367 PME manufacturières de la région Mauricie-Bois Franc, ayant
entre 20 et 250 employés. Cet échantillon a été obtenu à partir du répertoire des
produits fabriqués du Québec publié par le Centre de Recherches Industrielles du
Québec. Des questionnaires expédiés, 125 ont été retournés et 115 ont été retenus
pour fin d'analyse. Les répondants sont les responsables des approvisionnements
dans l'entreprise. (Les résultats obtenus nous permettent de conclure que le
comportement des entreprises de notre échantillon ne semble pas différer du
modèle normatif de gestion des approvisionnements développé à partir de la réalité
des grandes entreprises.) Certaines variables étudiées influencent, à tout le moins,
la perception qu'ont les entreprises de leur gestion des approvisionnements.
Effectivement, les entreprises qui perçoivent leur marché amont comme étant
complexe, perçoivent également la variable approvisionnement comme étant
stratégique. De même, les entreprises qui oeuvrent dans un secteur d'activité
11
complexe ont plus tendance à entretenir de bonnes relations avec leurs fournisseurs.
Finalement, les entreprises qui diversifient leurs sources d'approvisionnement
considèrent que cette stratégie a un impact sur le coût de leurs matières premières,
donc sur leur performance financière.
iü
REMERCIEMENTS
Une telle recherche n'aurait pas été possible sans la participation et le
support de plusieurs personnes que je tiens à remercier.
Particulièrement, mon directeur de recherche François Bergeron qui a mis
beaucoup d'énergie dans ce projet et qui m'a constamment encouragée. Aussi, René
Gélinas et Jacques Vallerand qui, au cours de cette étude, m'ont apporté de
judicieux conseils.
J'aimerais aussi remercier les gens d'entreprises que j'ai mis à contribution
régulièrement. Sylvain Gagnon, Bertrand Goudreau, Gilles Parent et Michel Picard
sont ces personnes qui m' ont aidée soit à trouver des informations ou à vérifier des
éléments relatifs au domaine de d'étude.
Finalement, c'est à mon conjoint, Jean Lorrain, à qui je dois d'avoir persévéré
dans cette réalisation. Il a su m'apporter un support constant et je lui en suis très
reconnaissante.
lV
LISTE DES TABLEAUX
Tableaux
1. Sources d'informations sur les fournisseurs ......... . 11
2. Vérification de la situation de fournisseurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3. Entretien des relations avec les fournisseurs . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4. Informations disponibles en provenance des fournisseurs. . . . . . . 27
5. Définitions opérationnelles du champ d'action. . . . . . . . . . . . . . . 48
6. Définitions opérationnelles: facteur interne ................. 50
7. Indice Z .. ....... .... ..... . .......... . ...... ..... . .. 54
8. PME: Définition suggérée (secteur de la fabrication) .......... 56
9. Secteurs d'activités ................................... 60
v
10. Nombre d'employés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
11. Chiffre d'affaires ..... . ...... . .. .. ...... . .. . .... .. ... . 61
12. Dernier diplôme obtenu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
13. Complexité du secteur d'activité . ..... . . ... ...... . ... . ... 64
14. Pourcentage des achats sur les ventes 65
15. Importance du produit. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
16. Complexité du marché amont ... .. .. .. . . . .. .. .. . . . . . . . . . 67
17. Processus d' achat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
18. Sources d'informations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
19. Critères de choix des fournisseurs 72
20. Relations avec les fournisseurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
VI
21. Informations sur les produits et le secteur d'activité. . . . . . . . . . . 76
22. Informations sur l'industrie de l'acheteur et l'économie. . . . . . . . 77
23. Informations sur la concurrence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
24. Performance des entreprises. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
25. Situation par rapport à la concurrence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
26. Processus d'achat et nombre d'employés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
27. Analyse de régression simple et multiple entre le processus
d'achat, le nombre d'employés et le chiffre d'affaires. . . . . . . . . . 84
28. Processus d'achat et chiffre d'affaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
29. Responsable des approvisionnements et chiffre d'affaires. . . . . . . 86
30. Responsable des approvisionnements et processus d'achat. . . . . . 88
31. Niveau de scolarité et processus d'achat ... . ..... .. . . . . . . . . 89
Vil
32. Perfectionnement en approvisionnement et processus d'achat . . . 90
33. Ratio achats/ventes et utilité perçue de la gestion
des approvisionnements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
34. Caractéristiques organisationnelles et environnementales
et utilité de la gestion des approvisionnements ... . ...... . ... 93
35. Analyse de variance entre le secteur d'activité et le
marché amont en comparaison avec l'utilité perçue de
la gestion des approvisionnements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
36. Analyse de variance entre le secteur d'activité, le marché amont,
le ratio achats/ventes et la présence du processus d'achat. . . . . . 98
37. Analyse de variance entre le secteur d'activité, le marché amont,
la ratio achats/ventes et les relations avec les fournisseurs . ... . 100
vüi
LISTE DES FIGURES
Figures
1. Modèle théorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
INTRODUCTION
Plusieurs recherches (Adams, 1976; Robinson et Littlejohn, 1981; Wieters et
Ostrom, 1977) ont révélé l'importance d'une interaction effective des entreprises
avec leur environnement externe comme facteur de survie et de réussite. Adams
(1976) croit que cette condition devient plus essentielle au fur et à mesure qu'une
entreprise croît, se développe et se différencie et que la compétition pour certaines
ressources s'accroit. Concernant ce sujet, Seashore et Yuchtman (1967) affirment
que l'efficacité d'une organisation est dans une large mesure déterminée par son
habileté à exploiter son environnement dans l'acquisition des ressources pour
soutenir son fonctionnement. Il semble qu'à cet égard, des fonctions d'acquisition,
de transformation et de disposition, ce soit la fonction acquisition qui soit la plus
critique. En effet, l'entreprise doit non seulement acquérir des intrants pour créer
des biens et services mais aussi de l'information sur les marchés, les clients, les
compétiteurs et les autres éléments de l'environnement. L'obtention de cette
information est une partie du rôle de la fonction acquisition (Dollinger, 1986).
Longtemps considéré comme un service secondaire et comme principal
responsable des dépenses de l'organisation, l'approvisionnement est devenu, avec
l'évolution des contextes économiques et technologiques, les changements des
conditions du marché telles que la rareté de plusieurs matières et l'agressivité de
la concurrence (Kraljic, 1983), une variable stratégique qui est déterminante de la
capacité concurrentielle de l'entreprise (Bruel, 1986).
2
Si une gestion stratégique des approvisionnements a soulevé quelques
intérêts au niveau de la recherche, ce sujet a majoritairement été étudié en regard
de la gestion de grandes entreprises. Il n'en demeure pas moins que la PME subit
les mêmes contraintes de marché que la grande entreprise, qu'elle est de par sa
nature plus dépendante de son environnement (Dollinger, 1986) et a moins
d'influence sur celui-ci que la grande entreprise (Child, 1972). Il est donc aussi
important, sinon plus, qu'elle s'attarde à une gestion stratégique de cette fonction,
qui exploitée de façon appropriée, pourrait être une source d'amélioration des
performances de l'entreprise.
CHAPITRE l
LE CADRE CONCEPTUEL
A. La recension de la documentation
La documentation disponible sur le sujet de la gestion des
approvisionnements est quasi totalement reliée à la réalité des grandes entreprises.
Etant donné le peu de documentation référant directement à la petite et moyenne
entreprise, cette documentation semble tout de même utile pour cerner un cadre de
recherche au niveau de la PME. Effectivement, en terme d'importance économique
et stratégique, les concepts traités s'appliquent autant à la réalité d'une petite que
d'une grande entreprise, et il en va de même en ce qui a trait aux autres concepts
décrits ultérieurement dans ce cadre. Ce qui est le plus susceptible d'être différent
réfère aux activités opérationnelles. Fondamentalement cette documentation est
utilisable, mais il faut cependant tenir compte, au niveau du questionnement
empirique, d'ajustements relatifs au degré de formalisation moindre des activités
au sein d'une PME comparativement à une grande entreprise.
À ce stade-ci, il convient de faire une distinction entre les termes
approvisionnements et achats. La fonction approvisionnement regroupe un
ensemble d'activités : la manutention, la conservation, le conditionnement, le
transport des matières, la liquidation rationnelle des surplus d'actifs ainsi que
l'acquisition. Cette dernière référe aux achats, à la location, à la sous-traitance et
à la fabrication interne (Nollet, Kelada, Diorio, 1986). Pour les fins de la présente
4
étude nous utiliserons en général le terme approvisionnement pour désigner les
activités de cette fonction.
1. L'importance stratégique de la gestion des approvisionnements
Une gestion spécifique des approvisionnements est souvent perçue comme
étant facultative à cause des faibles coûts salariaux qu'elle implique et du peu de
visibilité qu'elle a sur les résultats de l'entreprise. Cependant si on s'attarde à
analyser les rôles de cette fonction, on peut facilement en faire ressortir l'importance
économique et stratégique.
La gestion des approvisionnements vise à mettre à la disposition de
l'organisation les biens et services dont celle-ci a besoin, selon le niveau de qualité
exigé, en quantité ou volume requis, dans le délai ou temps fixé, à l'endroit voulu,
et le tout au moindre coût possible (Nollet et al., 1986). Pour ce faire les
responsables de cette fonction tentent de réduire les prix, d'augmenter le taux de
rotation des stocks, de minimiser les coûts de manutention, d'assurer un
approvisionnement continu sans pénurie, d'assurer une qualité régulière ainsi
qu'établir et maintenir de bonnes relations avec les fournisseurs actuels et potentiels
(Raedels, 1983).
À ce niveau de l'évaluation des rôles de cette fonction, on peut percevoir que
la gestion des achats n'a pas seulement une importance liée à la gestion
5
opérationnelle où elle doit satisfaire les besoins des requérants dans l'entreprise.
La manière dont elle réalisera ses activités se reflètera sur la performance générale
de l'entreprise. Effectivement, une entreprise manufacturière dépense en moyenne
59% de ses revenus en approvisionnement de biens et services; ce pourcentage
s'élève à 63%, si on y inclut les achats d'équipements (Leenders et al., 1985). Une
étude citée par Pressuti (1988) et réalisée par l'Université de la Caroline du Nord
en 1987 sur les entreprises manufacturières américaines, révèle même que dans
certains cas ce taux s'élève à 75%.
On peut donc dire que l'efficacité des approvisionnements en termes de
réduction de coûts a un impact direct sur les profits d'une entreprise. Par exemple,
si une entreprise a une marge de profit de 10% de ses revenus et que ses dépenses
en approvisionnements représentent 60% de ses revenus, une économie de 10% sur
ces dépenses équivaut en moyenne à 6% de ses revenus, ce qui augmenterait ses
profits de 60% (Nollet, Kelada, Diorio, 1986).
À l'égard de l'importance économique démontrée, on peut conclure à l'instar
de Finley (1984), que l'indicateur le plus direct de la capacité d'une entreprise à
survivre est son accès aux ressources nécessaires à son fonctionnement et à leur
acquisition. Un meilleur accès aux ressources, en terme de prix, de disponibilité et
de livraison doit réduire les coûts. Ces éléments sont d'autant plus importants dans
une petite entreprise qui ne peut se permettre de perdre son capital financier dans
6
des pratiques d'approvisionnement négligées (pressuti, 1988). Dobler, Lee et Burt
(1984) font d'ailleurs ressortir, dans une étude réalisée auprès de petites entreprises,
que les coûts d'achat peuvent varier de 10% à 15% dépendant de la manière dont
les approvisionnements sont gérés.
Aussi, il ne faut pas négliger cette fonction relativement à l'information
qu'elle peut produire. En continuel contact avec les intervenants externes de
l'entreprise, ses responsables peuvent être une source de renseignements très
importante sur les produits existants sur le marché, les nouveautés pouvant
améliorer le rendement ou faciliter la tâche des demandeurs internes et ils sont au
faît du marché en ce qui concerne les produits et services susceptibles d'être utilisés
par leur organisation.
En ce qui a trait aux objectifs stratégiques dans l'entreprise, on ne peut non
plus négliger l'impact que la gestion des approvisionnements aura sur la possibilité
de les réaliser (Cavinato, 1984). Les objectifs financiers seront réalisés au travers de
la capacité concurrentielle qui dépend en grande partie des coûts reliés aux intrants
utilisés pour la fabrication. Les objectifs de produits, ainsi que les champs
d'activités futures de l'entreprise, seront influencés par la qualité et la disponibilité
des intrants de même que la fiabilité des sources d'approvisionnement. Ces
variables sont dépendantes des efforts fournis par l'entreprise dans sa recherche
d'information sur l'environnement, sa recherche de fournisseurs, de nouvelles
matières et sources d'approvisionnement et de sa qualité de gestion.
7
Ces éléments concernant la gestion des approvisionnements font ressortir les
deux types d'activités qui font partie de cette fonction, le premier consistant en une
gestion opérationnelle, le second en une gestion stratégique. Ces deux activités sont
conséquentes et complémentaires, quoique différentiées de par leur nature en ce qui
a trait à l'importance économique et stratégique.
1.1 La gestion opérationnelle des approvisionnements
La gestion opérationnelle des approvisionnements réfère aux activités
fonctionnelles qu'une entreprise doit réaliser afin d'acquérir les biens et services
nécessaires à son fonctionnement. C'est au travers de ces activités que l'entreprise
pourra augmenter sa performance financière en ayant une gestion efficiente de ses
approvisionnements.
1.2 Le processus d'achat
Les différentes activités sont regroupées selon un processus général d'achat
qui rencontre, à quelques différences près, la théorie initialement développée par
Robinson, Faris et Wind (1967) et endossé subséquemment par divers auteurs (Leigh
et Rethans, 1984; Nollet, Kelada et Diorio, 1986; Bouchard et Pelletier, 1985; Dayan,
1985; Anderson, Chu, Weitz, 1987; Ghingold, 1986; Leenders, Fearon et England,
1985). Si tous semblent s'entendre sur la présence des étapes identifiées, et ce, dans
un contexte général, le degré de leur présence selon le type d'achat à réaliser est un
sujet de discussion (Ghingold, 1986; Anderson, Chu, Weitz, 1987). Cet état de fait
8
selon Moriarty (1980) est dû au peu de vérifications empiriques des théories et de
leur implication dans la gestion.
Les étapes du processus précédemment mentionnées sont les suivantes :
1.2.1 L'anticipation et la reconnaissance du besoin;
1.2.2 La détermination des caractéristiques du produit ou service désiré;
1.2.3 La spécification des caractéristiques et quantité des produits ou
services désirés;
1.2.4 La recherche de fournisseurs potentiels;
1.2.5 La cueillette et l'analyse des propositions des fournisseurs;
1.2.6 L'évaluation et le choix d'un fournisseur;
1.2.7 L'émission de la commande d'achat;
1.2.8 La rétroaction sur la performance du produit et du fournisseur .
En regard de la recension de la documentation réalisée précédemment, ces
huit phases seront effectuées lors de l'acquisition de produits ou services.
Cependant elle seront plus ou moins présentes selon le type et l'importance du
produit ou du service à acquérir. Aussi, au niveau des différentes phases, on
remarquera une implication plus ou moins grande du service des approvision-
nements qui travaillera alors en coordination avec d'autres services de l'entreprise.
9
Une étude réalisée par Jackson (1990) auprès de 333 entreprises démontre à
ce niveau le degré d'interaction du service achat avec les autres services de
l'entreprise soit 40% avec le service de l'ingénierie, 34,8% avec la production et
34,2% avec le service des ventes.
Pour une meilleure compréhension du lecteur, les différentes phases du
processus d'achat sont décrites.
1.2.1 L'anticipation et la reconnaissance du besoin
Dès que quelqu'un dans l'organisation croit percevoir un besoin susceptible
d'être satisfait par un fournisseur extérieur, la situation d'achat existe virtuellement.
Il peut être présent dans n'importe quel service de l'entreprise et, lorsqu'il est réel,
il se précise rapidement et on peut le satisfaire en acquérant un produit ou un
service correspondant au besoin exprimé; il se concrétise alors par une demande de
réquisition au service des approvisionnements (Bouchard et Pelletier, 1985; Dayan
1985).
1.2.2 La détermination des caractéristiques du produit ou service désiré
Il s'agit en fait de déterminer précisément comment satisfaire le besoin. Le
service de la production et, dans certains cas le service d'ingénierie, peuvent jouer
un rôle actif dans la définition des caractéristiques essentielles de certains éléments
de l'équipement de base, tels la convenance à l'usage, la durabilité, la fiabilité, etc...
Cette étape permet au fournisseur potentiel de vérifier dans quelle mesure il a la
10
capacité de satisfaire le besoin identifié.
1.2.3 La spécification des caractéristiques et quantité des produits ou services désirés
Cette étape correspond à la concrétisation du besoin et à la cueillette
d'informations en vue d'une première évaluation. La description précise et détaillée
du besoin doit être communiquée aux personnes intéressées (Bouchard et Pelletier,
1985). Les éléments qu'on pourra retrouver concernant les spécifications normatives
et qualitatives sont la marque de commerce, les spécifications physiques, les
spécifications de performance, etc ...
1.2.4 La recherche de fournisseurs potentiels
Une fois que l'organisation a déterminé la nature du produit le plus
susceptible de répondre à ses attentes, elle choisit habituellement, parmi un groupe
de fournisseurs, ceux qu'elle juge les plus aptes à répondre à ses besoins. Ce choix
peut s'effectuer grâce à un processus d'évaluation dont la nature et l'étendue
varient en fonction du type d'organisation et des situations particulières d' achat
(Bouchard et Pelletier, 1985). Souvent les acheteurs utilisent des sources
d'informations leur permettant de mieux connaître les fournisseurs autrement qu'en
se fondant sur leur mémoire ou leur intuition. Bruel (1986) énumère les principales
sources d'informations que l'on retrouve au tableau 1.
11
Tableau 1
Sources d'informations sur les fournisseurs
Les catalogues: Les catalogues fournissent des descriptions détaillés des produits,
les codes fournisseurs, les spécifications et tolérances des dits produits, ainsi que
des renseignements relatifs aux pièces de rechange. En ce qui concerne les
fournitures standards, ils comportent des prix, précisent les conditions de paiement
et les ristournes proposées. Enfin, ils fournissent souvent les coordonnées des
interlocuteurs à contacter.
La publicité : Elle permet, lorsqu'elle est descriptive, d'informer les
approvisionneurs sur les nouveautés.
La presse professionnelle : Elle comporte toujours des articles sur de nouvelles
applications ou de nouveaux produits.
Les annuaires professionnels : Ils enregistrent de façon exhaustive des mises à jour
de l'ensemble des entreprises appartenant à un secteur économique et ils
fournissent ainsi un certain nombre de renseignements généraux.
Les représentants: Il s'agit là d'un moyen privilégié de contact avec un fournisseur
potentiel.
Source : Bruel, 1986
12
Tableau 1
Sources d'informations sur les fournisseurs (suite)
Les visites d'entreprises : Assez fréquemment, une visite aux fournisseurs se
justifiera. Ce sera d'ailleurs l'occasion de mieux apprécier la capacité de production
de l'entreprise, la qualité de ses processus de production et la compétence de ses
équipes techniques.
Les avis de collègues: Lorsque certains renseignements ne peuvent être obtenus par
des sources classiques, et dans la situation où l'on n'a jamais travaillé avec un
fournisseur, il peut être opportun d'en parler à des confrères dans la mesure où il
n'y a pas de situation concurrentielle directe avec eux.
Les fichiers fournisseurs; Le fichier fournisseur, pour être utilisable, doit comporter
trois parties différentes ; la première étant le profil du fournisseur (financier,
technique, et administratif); la seconde, les évaluations du fournisseur et finalement
un dossier suivi.
Les échantillons; Assimilés à une source d'information, des échantillons peuvent
être fournis par les fournisseurs afin d'être testés et de permettre une appréciation
de la qualité.
Source ; Bruel, 1986
13
1.2.5 La cueillette et l'analyse des propositions des fournisseurs
Lorsque l'information nécessaire est connue, la recherche d'information et
l'analyse des propositions sont faites simultanément, surtout quand il s'agit de
l'achat de produits courants.
1.2.6 L'évaluation et le choix d'un fournisseur
L'acheteur, ou le service des approvisionnements, doit analyser chacune des
propositions des fournisseurs et déterminer celles qui sont acceptables. Le
processus d'évaluation des offres ainsi sélectionnées donne lieu à la négociation
dont l'avantage est de permettre l'analyse de tout facteur jugé pertinent à la
satisfaction des besoins de l'organisation.
L'entreprise qui acquiert un produit important doit vérifier si le fournisseur
est en mesure de le lui livrer comme convenu. Elle doit évaluer les fournisseurs
potentiels en fonction de leur compétence technique, de leur situation financière, de
leur service et de leur compétence administrative (Bouchard et Pelletier, 1985).
Nollet, Kelada et Diorio (1986) proposent certains facteurs pour évaluer des
fournisseurs potentiels (Tableau 2).
14
Tableau 2
Vérification de la situation de fournisseurs potentiels
Capacité économique et financière: Solvabilité
Liquidité
Politique de crédit
Situation financière
Actifs
Relations avec
- Banque
- Clients
- Créditeurs
- Débiteurs
Capacité administrative: Planification et contrôle
Organisation
Procédures
Système de contrôle et d'assurance
de la qualité
Programme de motivation et de formation
Capacité technique: Capacité de production
Equipement et outillage
Source: Nollet, Diorio et Kelada (1986).
15
Les méthodes d'évaluation des fournisseurs potentiels varient en fonction de
la situation d'achat, de sa complexité et de l'importance des approvisionnements.
Par exemple, lorsque l'entreprise doit se procurer un produit nécessaire à la bonne
marche de son processus de fabrication, une évaluation très minutieuse s'impose.
Par contre, pour un produit courant, une simple vérification dans la documentation
du service des approvisionnements peut suffire.
En ce qui a trait au choix des fournisseurs, Wieters et Ostrom (1977)
suggèrent qu'une PME devrait développer une méthode d'évaluation simple, peu
coûteuse et flexible pour s'assurer qu'elle sélectionnera des fournisseurs qUI
pourront lui procurer un avantage compétitif. Une bonne évaluation des
fournisseurs permet de s'assurer la qualité requise pour les produits intrants. Cet
élément est particulièrement important car la qualité d'un produit fini est le plus
souvent déterminée par la qualité des produits qui le composent (Broom et
Longenecker, 1961).
Selon d'autres auteurs (Bouchard et Pelletier (1985), Wieters et Ostrom (1977),
le choix du fournisseur devrait s'effectuer selon les critères spécifiques suivants tout
en tenant compte de la situation du fournisseur telle qu'indiquée au tableau 2 de
la page 14.
- le prix net du produit;
- la qualité offerte;
- les promesses de livraison;
16
- l'assistance technique disponible;
- le service;
- les coûts de transport;
- la qualité disponible;
- l'attitude du fournisseur;
- la réputation générale du fournisseur.
D'autres critères ont été identifiés par divers auteurs (Bruel, 1986; Gobeil et
Jobidon, 1987; Barre, 1976; Zenz, 1981) en plus de ceux précédemment cités.
1. Le respect des procédures : copie de factures, retour des accusés de
réception, etc...
2. L' impression personnelle : de très petites entreprises réussissent à
créer une bonne impression. Bien qu'avec des ressources limitées,
elles présentent une image qui leur est favorable auprès de l'acheteur.
Cette image se fonde sur une appréciation souvent subjective de la
valeur du partenaire d'affaires.
3. L'habilité dans la vente: cette habilité peut laisser croire à un service
compétent après la vente.
17
4. La localisation géographique.
5. Le volume antérieur d'échanges: un fournisseur qui collabore depuis
plusieurs années mérite une attention spéciale. Au cours de ces
années, il a su offrir un service adéquat et faire preuve de perspicacité
pour satisfaire les besoins de l'acheteur.
6. Le service de formation : pour certains articles requérant une
formation technique, cet élément peut se révéler plus important que
tout autre.
7. La capacité de production : le fournisseur doit posséder les
installations techniques et immobilières requises pour garantir un
certain volume de production. La capacité de production est un
critère de sélection préalable au choix du fournisseur mais doit faire
l'objet d'un suivi, même pendant l'exécution du contrat.
1.2.7 L'émission de la commande d'achat
Une fois le fournisseur choisi, les services financiers allouent les crédits
nécessaires à l'achat et l'acheteur confirme la commande au fournisseur. Après la
signature du contrat et la livraison de la commande, le service achat doit continuer
l'évaluation du fournisseur. On procédera alors à la phase finale du processus, soit
la rétroaction sur la performance du produit et du fournisseur.
18
1.2.8 La rétroaction sur la performance du produit et du fournisseur
La rétroaction consiste à assurer un suivi sur les facteurs qui ont servi à
l'évaluation de la proposition du fournisseur. Les capacités techniques,
économiques, financières et administratives devraient aussi faire l'objet d'un suivi
périodique par le biais de fichiers fournisseurs. Wieters et Ostrom (1977), ainsi que
Leenders, Fearon et England (1985), qualifient un bon fournisseur comme celui qui
fournit la qualité spécifiée et livre à temps tel que promis, qui a un prix acceptable,
qui réagit adéquatement à des besoins imprévus tels qu'une augmentation ou une
diminution du volume d'affaires, des changements de spécifications, des problèmes
de service ou toutes autres requêtes légitimes. De même, un bon fournisseur prend
l'initiative en suggérant de meilleures façons de servir son client et tente de
développer des produits.
2. La gestion stratégique des approvisionnements
Une gestion stratégique des approvisionnements signifie que les stratégies de
la fonction approvisionnement sont in tégrées totalement à la stratégie globale de
l'entreprise et cons titue une partie des efforts réalisés à l'implantation de la
planification stratégique. La fonction approvisionnement adopte des techniques et
des pratiques d'achat qui renforcent la position concurrentielle de l'entreprise (Reck
et Long, 1988).
19
Selon Mike Voelker (1991), la contribution de la fonction approvisionnement
à la stratégie de l'entreprise ne tient pas seulement aux dollars économisés. Une
gestion straté-gique des approvisionnements ainsi que le développement de
fournisseurs et de partenariats stratégiques avec eux, sont autant d'éléments de
contribution du service approvisionnement à la stratégie de l'entreprise. Bien que
les éléments mentionnés précédemment ne soient pas quantifiables en bénéfices à
court terme, ils résultent à long terme en une amélioration de la position
concurrentielle de l'entreprise en assurant une stabilité d'approvisionnement, une
stabilité dans le service et une fiabilité des produits, ce qui peut permettre
d'augmenter les bénéfices à long terme.
Reck et Long (1988) font ressortir qu'une gestion stratégique des
approvisionnements implique, entre autres, que les fournisseurs soient considérés
comme une ressource importante sélectionnée attentivement et continuellement
motivée; que les marchés, les produits et les fournisseurs soient continuellement
contrôlés et analysés; et que la performance de la fonction approvisionnement soit
mesurée en terme de contribution au succès de l'entreprise. Les activités du
gestionnaire des approvisionnements sont majoritairement axées vers
l'identification, l'analyse et l'interprétation des tendances politiques et économiques,
des développements technologiques et des actions des fournisseurs et ce, afin de
prendre avantage des opportunités en devançant les compétiteurs.
20
Ce qui ressort principalement des informations précédentes est que la
fonction approvisionnement peut être une source d'information importante en terme
de contribution à la stratégie de l'entreprise et aussi que le développement de
relations suivies avec des fournisseurs aideront à l'acquisition de l'information en
plus d'assurer à l'entreprise une qualité générale au niveau de la gestion des
intrants qui se traduit par un avantage au niveau de ses approvisionnements.
Ces deux derniers éléments sont détaillés subséquemment afin de vérifier
leur impact potentiel spécifique sur la stratégie de l'entreprise.
2.1 Les relations avec les fournisseurs
Les relations avec les fournisseurs sont une partie importante du travail du
service approvisionnement et ce, d'autant plus pour les PME qui sont les premières
a être touchées en période de rareté de matériaux. En effet, durant ces périodes
elles ont un pouvoir très limité face à leurs fournisseurs, quant à la continuation des
livraisons et quant à l'identification des substituts possibles. Aussi, les prix sont
souvent plus élevés à cause des pressions de la demande. Ces éléments placent la
PME en situation de faiblesse vis-à-vis des grandes entreprises qui ont plus de
pouvoir pour négocier avec leurs fournisseurs et sont souvent intégrées
verticalement pour l'accès aux matériaux vitaux (Chandran, De Salvia et Young,
1977). Les PME doivent donc palier à cette situation en encourageant des relations
21
constructives avec leurs fournisseurs. Selon une étude de Rothfeld (1974), en
période de rareté, les fournisseurs feront affaires avec des approvisionneurs
respectueux, bien informés, confiants et qui établissent des relations stables et à long
terme. Une autre recherche de Dubinsky et Ingram (1982) indique que les
fournisseurs dans ces conditions recherchent les approvisionneurs sympathiques,
qui connaissent bien leurs produits, qui planifient attentivement leurs
approvisionnements et qui facilitent le processus de vente. Ils ne seront pas portés
à transiger avec des acheteurs de prix, des marchandeurs ou coupeurs de prix.
S'il s'avère important d'avoir de bonnes relations avec les fournisseurs en
période de rareté de matières, ce mode de fonctionnement peut aussi être très utile
dans une situation économique difficile. Une étude de Churchill et Lewis (1984)
concernant le comportement de 1 057 PME durant la récession de 1982, fait ressortir
que 71% des entreprises qui ont pris des mesures pour alléger l'impact des
conditions économiques difficiles, l'ont fait dans 79% des cas en faisant des
approvisionnements sur commandes restreintes plutôt que de maintenir des stocks
importants: dans 73% des cas, elles ont demandé des délais de livraison plus courts
et dans 60% des cas, des délais de paiement plus longs. Tous ces points de
négociation se transigent plus facilement si les relations avec les fournisseurs sont
bonnes.
22
Bien que ces périodes difficiles soient plus évidentes en ce qui à trait à
l'entretien de bonnes relations avec les fournisseurs, il est tout aussi important de
le faire lorsque les conditions économiques sont meilleures car les fournisseurs
peuvent donner de l'information inestimable sur les produits, sur l'industrie et les
prévisions économiques, sur le secteur, sur le marché et les compétiteurs (Dollinger,
1986).
Leenders, Fearon et England (1980) proposent un guide pour assurer que de
solides relations soient maintenues avec les fournisseurs (Tableau 3).
Tableau 3
Entretien des relations avec les fournisseurs
Le traitement des représentants
1. Les recevoir sans délais.
2. Ecouter leur présentation.
3. Discuter des transactions.
4. Etre franc et sincère.
5. Répondre aux questions d'éthiques.
6. Assurer une compréhension complète.
23
Tableau 3
Entretien des relations avec les fournisseurs (suite)
Le traitement des compagnies
1. Ne pas demander de soumission si on n'a pas l'intention de la
considérer sérieusement.
2. Garder les spécifications claires et justes.
3. Garder la compétition ouverte et loyale.
4. Garder confidentielles les soumissions.
5. Ne pas prendre avantage des erreurs des vendeurs.
6. Ne pas encourager la refonte de soumissions, s'il y a lieu et s'assurer que
tous les soumissionnaires ont la même possibilité.
7. Coopérer pour résoudre les difficultés des vendeurs.
8. Négocier rapidement et équitablement les refus de marchandises.
9. Rejeter les soumissions avec courtoisie sans divulguer d'informations
confidentielles.
10. Répondre aux lettres rapidement.
11. Etudier les échantillons, tests et rapports rapidement, complètement et
honnêtement.
12. Soumettre des horaires de livraison et en assurer le suivi.
13. Éviter d'entraîner le vendeur dans des obligations autres que celles
nécessitées par les transactions.
24
2.2 L'importance de l'information générée par la fonction approvisionnement
Une connaissance opportune et exacte de l'environnement semble être un
élément majeur de succès ou d'échec dans la PME en croissance. En effet, selon une
étude de Pearce, David et Chapman (1982), l'examen de l'environnement est un
moyen de regarder le monde à l'extérieur de l'entreprise pour qu'elle puisse
anticiper les nouvelles opportunités et les dangers imminents assez tôt pour en
profiter ou les contrer efficacement. En effet, plusieurs importantes raisons de
faillites telles une planification déficiente, des prix non réalistes, le sur-
investissement et un contrôle inadéquat des coûts peuvent être retracées dans
l'inattention du propriétaire dirigeant envers ce qui se passe à l'extérieur de son
entreprise.
Cette approche de la planification n'est toutefois pas partagée par tous les
chercheurs; en effet, Sheenan (1975), Kallman et Shapiro (1980) concluent que la
planification n'est pas garante du succès d'une entreprise. Il n' en demeure pas
moins que plusieurs études énumérées dans Glueck et Jauch (1984) supportent la
notion que la probabilité de succès est plus grande pour les entreprises engagées
dans un processus de planification stratégique. L'élément le plus critique de cette
planification a été cité par Robinson et Littlejohn (1981) comme étant l'utilisation
appropriée des informations en provenance de l'extérieur de l'entreprise.
25
Concernant ce sujet, Howell, Stephenson et Frazier (1982) dégagent la
difficulté pour les PME d'utiliser des sources d'informations extérieures facilement
accessibles telles les statistiques publiées par les agences gouvernementales. En
effet, l'information qu'on y retrouve est trop générale pour une entreprise qui veut,
par exemple, mesurer les activités de ses compétiteurs. Une recherche de Specht
(1987) vient appuyer cette affirmation en révélant que la PME qui perçoit son
environnement comme étant complexe et en changement, préfère les sources
d'informations personnelles qui impliquent des contacts directs avec les clients, les
fournisseurs ou les autres qui ont un impact direct sur l'efficacité de l'organisation
plutôt que des sources impersonnelles qui se rapportent à diverses sources
d'informations écrites. Une autre étude réalisée par Young et Welsch (1983) vient
confirmer les études précédentes. Cette recherche avait pour objet de vérifier selon
différents types de problèmes rencontrés quelles étaient les sources d'informations
privilégiées entre des sources personnelles, écrites, institutionnelles et électroniques.
Les résultats obtenus proviennent de 193 PME et semblent indiquer que les
propriétaires dirigeants privilégient les sources personnelles d'informations pour
résoudre la majorité des problèmes rencontrés.
Même si ces recherches semblent avancer l'idée que la planification
stratégique est importante pour la PME, il n'en demeure pas moins que les
contraintes de temps et d'argent ne lui permet pas d'engager des ressources dans
26
une recherche sophistiquée sur l'environnement. Une stratégie simple et peu
coûteuse consiste donc à parler aux clients et aux fournisseurs. Johnson et Kuehn
(1987) ont vérifié auprès de 132 PME si elles utilisaient cette stratégie pour obtenir
de l'information sur leur environnement. Il s'est avéré qu'effectivement les clients
et les fournisseurs étaient utilisés le plus fréquemment, soit à des taux de 65% et
56% respectivement.
L'ensemble de ces recherches semble corroborer, selon les thèmes
complémentaires qu'elles abordent, que la planification stratégique est un facteur
important de réussite pour la PME, que l'utilisation de l'information extérieure
contribue à cette stratégie et que les sources d'informations privilégiées sont les
contacts personnels, en particulier au niveau des clients et des fournisseurs.
En ce qui concerne la recherche en cours, nous nous attardons plus
spécifiquement aux informations en provenance des fournisseurs qui peuvent aider
l'entreprise à mieux planifier ses activités et orienter ses objectifs. Dollinger (1986)
identifie certaines de ces informations pouvant provenir des fournisseurs (Tableau
4).
27
Tableau 4
Informations disponibles en provenance des fournisseurs
A. Informations sur les produits
1. Les produits les plus en demande: demande croissante, demande
décroissante.
2. Planification de nouveaux produits, extension de lignes, nouvelles lignes.
3. Produits courants éliminés, substituts offerts.
B. Informations sur l'industrie et les prévisions économiques
1. Prévision pour l'industrie dans une économie forte, faible.
2. Changements dans l'environnement de l'industrie.
3. Vulnérabilité de l'industrie aux produits substituts.
4. Changements technologiques anticipés, impact sur la productivité.
C. Informations sur le secteur
1. Tendance des prix.
2. Pénurie et rareté de produits.
D. Informations sur la concurrence
1. À qui le vendeur fournit, quels produits.
2. Ses plus gros clients, dans quelle mesure.
3. Quels clients augmentent leurs commandes, les diminuent.
4. Les forces et faiblesses des concurrents.
28
La recherche de ces informations fait partie du rôle que le service
approvisionnement doit jouer dans l'entreprise en plus de gérer ses
approvisionnements en conformité avec la stratégie de l'entreprise. Au cours d'une
entrevue accordée à Avery (1991), Bruce P. Aubin, vice-président senior aux
opérations techniques de Air Canada mentionne que dans cette entreprise le service
approvisionnement fournit à la planification corporative de l'information sur les
tendances du marché et les variations de prix des ressources matérielles. Le service
approvisionnement doit prévoir et anticiper la disponibilité et le prix, ce qui est
particulièrement important au niveau de l'essence dans leur cas. Dans le cas
d'entreprises plus petites, une entreprise fabriquant des pièces de plastique ' par
injection (Reck et Long, 1988) pour l'industrie automobile et informatique donne la
responsabilité au personnel de la fonction approvisionnement d'analyser et de
prévoir la rareté des matériaux et l'escalade des prix et d'en prévenir les autres
fonctions de l'entreprise afin que les plans stratégiques puissent être modifiés en
conséquence. Dans une autre entreprise de plus grande envergure, le personnel de
la fonction approvisionnement supporte les nouvelles opportunités apportées par
le marketing de par leurs connaissances des tendances du marché amont et des
fluctuations de coûts pouvant influencer ces projets. Cavinato (1984) mentionne que
le service approvisionnement est la librairie centrale concernant les informations sur
le marché amont.
29
3. Le champ d'action, les caractéristiques organisationnelles et environnementales
des entreprises plus sujettes à gérer stratégiquement leurs approvisionnements
Une gestion stratégique des approvisionnements pourrait être plus ou moins
présente dans l'entreprise selon l'influence de certains éléments, tels le champ
d'action et certaines caractéristiques organisationnelles et environnementales.
Dans un premier temps, le champ d'action doit certes être pris en
considération, celui-ci étant par définition une option fondamentale et une
composante structurelle de la stratégie d'une entreprise. Effectivement, le champ
d'action correspond aux produits qu'elle offre, à la clientèle qu'elle vise, aux
territoires où est localisée cette clientèle et enfin à sa technologie de production
(Chicha, 1987). Ces diverses pierres angulaires sont autant d'éléments qui
influencent les variables stratégiques d'une entreprise.
L'approvisionnement est une des variables stratégiques parmi d'autres dans
l' entreprise. On ne peut donc passer sous silence l'influence possible du champ
d'action sur sa gestion, même si dans l'état actuel de la recherche on ne peut
déterminer dans quelle mesure et de quelle façon se répercutera cette influence.
En ce qui a trait à certaines caractéristiques organisationnelles et
environnementales, Gronhaug (1976), Ammer (1974), Porter (1979) et Kraljic (1983)
30
relèvent certaines particularités des entreprises à ce niveau qui pourraient influencer
l'attention qu'elles accorderont à la gestion des approvisionnements.
Selon Kraljic (1983), deux facteurs peuvent influencer une gestion stratégique
des approvisionnements : le premier étant l'importance stratégique des
approvisionnements en terme de valeur ajoutée par ligne de produit mesuré par le
pourcentage de matières premières dans les coûts totaux et leur impact sur la
rentabilité; le second étant la complexité du marché d'approvisionnement mesurée
par la rareté des fournitures, l'avancement de la technologie ou la possibilité de
substituts, les barrières à l'entrée, les conditions de monopole ou d'oligopole et les
coûts et complexité de fabrication. Le second facteur est repris par Porter (1979) qui
spécifie plus en détail le pouvoir et la complexité du marché amont. Il décrit ces
concepts en s'appuyant sur divers points tels la domination par un petit groupe
d'entreprises plus concentré que l'industrie dans laquelle elles vendent. Leur
produit étant unique ou du moins différencié, il n' y a pas ou peu de produits
substituts existants et de plus, l'industrie n'est pas un client important pour le
marché amont. Toujours en regard de ce facteur, Gronhaug (1976) l'explique en
terme de dépendance et d'indépendance vis-à-vis un produit en alléguant que le
degré de dépendance varie d'une organisation à l'autre selon son environnement
et son secteur d'activité.
31
En ce qui a trait au premier facteur, Arnrner (1974) fait ressortir qu'une
entreprise qui dépense 50% de ses revenus en approvisionnements portera plus
attention à la gestion de ceux-ci et si elle dépense 60% et plus de ses revenus à cette
activité, elle gérera les approvisionnements de manière plus stratégique car elle
considérera que la performance de cette fonction est réellement vitale pour le succès
de l'entreprise. Arnrner soulève aussi le fait que la taille de l'entreprise influence
cette propension à gérer ses approvisionnements. Plus l'entreprise est grande, plus
elle aura du personnel qualifié pour cette activité. Cependant il sera plus isolé des
décisions stratégiques que dans une entreprise plus petite.
La précédente recension de la documentation fait ressortir les principales
caractéristiques organisationnelles et environnementales influençant la gestion des
approvisionnements comme étant le pourcentage des approvisionnements sur les
ventes, la complexité du marché fournisseur, le secteur d'activité de l'entreprise et
sa taille.
4. L'incidence de la gestion des approvisionnements sur la performance financière
des entreprises
À partir des informations recensées précédemment, il ressort qu'une
entreprise qui gère ses approvisionnements de manière efficiente devrait avoir de
meilleurs résultats financiers. Une recherche de Dollinger faite en 1982 vient
confirmer en partie cette allégation. L'étude a été réalisée à partir de 81 PME
32
américaines provenant de quatre secteurs, soit deux manufacturiers et deux de
détail, dans les domaines du textile et de l'alimentation. Ces entreprises existaient
depuis en moyenne 30 ans, avaient en moyenne 47 employés et étaient contrôlées
et gérées par un propriétaire dirigeant détenant la majorité des parts (51 % et plus).
La recherche consistait à évaluer l'incidence des contacts extérieurs, en terme de
temps, sur la performance financière des entreprises. Les résultats sont similaires
pour les quatre secteurs, sauf que pour les entreprises de détail les activités
d'approvisionnement sont faites par le propriétaire dirigeant alors que dans le
secteur manufacturier, ce sont d'autres personnes qui occupent cette fonction. On
retrouve une forte corrélation positive entre le temps passé en activité
d'approvisionnement (Le. : le nombre total d'heures de contact avec les
fournisseurs) et la performance fmancière.
Bien que la recension de la documentation révèle que l'obtention de
l'information sur l'environnement est un apport considérable pour la stratégie de
l'entreprise, il n'en demeure pas moins que les rôles opérationnels de la fonction
approvisionnement semblent aussi avoir une importance non négligeable envers cet
apport stratégique. Cette étude ne vient pas confirmer totalement cet élément. En
effet, on ne peut pas déterminer si ce sont les activités d'approvisionnement comme
telles ou la recherche et l'utilisation de l'information, ou les deux, qui ont une
incidence sur la performance financière de l'entreprise, étant donné que seul le
temps passé en contact avec des fournisseurs a été analysé.
33
Une autre étude citée par Pressutti (1988) et réalisée par l'Université de
Caroline du Nord mentionne que dépendant de la façon dont la fonction
approvisionnement est gérée, les coûts d'approvisionnement peuvent varier de 10%
à 15%, ce qui aura certes un impact sur la performance des entreprises.
Lors d'une entrevue faite par Avery (1991), David W. Kerr, président de
Noranda inc., mentionne que ce qu'il attend principalement de son département
d'approvisionnement est de contribuer à l'amélioration de leur rentabilité, car le
seul moyen d'être plus profitable que leurs compétiteurs est d'avoir des coûts plus
bas. Pour se faire, la responsabilité des approvisionnements est d'aider leurs
fournisseurs à développer des avantages compétitifs afin qu'ils puissent les
approvisionner au meilleur coût et de ne pas engager l'entreprise dans des ententes
qui placeraient une pression indue sur la gestion financière. Bruce P. Aubin (Avery,
1991), vice-président de Air Canada, considère que les approvisionnements ont un
impact sur la performance financière de toute entreprise. J. G. Spence (Avery,
1991), président de ICI Canada inc., considère que les approvisionnements sont
vitaux pour le succès de leurs opérations, ceci étant d'autant plus visible en période
de récession. De nombreuses entreprises, telles Sunoco inc., General Motors,
Imperial Tobacco, Allen-Bradley Canada ltée. (Avery, 1991), considèrent que leurs
départements d'approvisionnement les aident à améliorer leurs rentabilités en
réduisant les coûts, en substituant certains produits, en modifiant des spécifications
34
de leurs produits et en leur apportant des bénéfices à long terme en acquérant des
produits de qualité éprouvée.
Il semble donc qu'il y ait une relation certaine entre la gestion des
approvisionnements et la performance financière des entreprises.
En fonction des informations recueillies au cours de l'élaboration du cadre
conceptuel, nous tenterons de délimiter plus précisément quel impact les éléments
mentionnés peuvent avoir sur la performance financière d'entreprises de plus petite
envergure.
B. Le modèle théorique
À partir de la recension de la documentation, le modèle théorique pouvant
s'appliquer en regard de cette recherche a été développé (Figure 1). Ce modèle
explique que le champ d'action d'une entreprise (Chicha, 1987) et que la présence
de certaines caractéristiques organisationnelles et environnementales, soit un
pourcentage élevé des revenus consacrés aux approvisionnements, la complexité du
marché et la taille des entreprises (Gronhaug, 1976; Ammer, 1974; Kraljic, 1983;
Porter, 1979), rendraient les entreprises plus sujettes à une gestion stratégique de
leurs approvisionnements, ces éléments étant les variables modératrices du modèle.
35
La gestion stratégique des approvisionnements comporte des activités
opérationnelles et des activités stratégiques qui sont évidemment conséquentes et
complémentaires, donc indissociables les unes des autres. Ces éléments sont les
variables indépendantes du modèle. L'utilisation de ce type de gestion aura une
influence sur l'amélioration de la performance financière de l'entreprise (Dollinger,
1986; Pressutti, 1988) (Figure 1).
FIGURE 1 MODÈLE THÉORIQUE
CARACTÉRISTIQUES ORGANISATIONNELLES
ET ENVIRONNEMENTALES
- .,. des achats/revenus
- complexité du marché
- dimension des entreprises
Gestion stratégique des approvisionnements
AqIVITÉS ACI1VITÉS STRATÉGIQUES
OPERATIONNELLES
Relation avec
les
fournisseurs
Huit
phases
d'achat
... ------------.
Recherche et utilisation .de
l'information sur les prodUIts,
l'industrie, le marché, les dients et
les compétiteurs
1 J
1Performance financière de l'entreprise
36
C. Les définitions conceptuelles
1. Les concepts
Divers concepts ont été étudiés au cours de l'élaboration du cadre conceptuel.
Il convient ici de délimiter plus spécifiquement certains d'entre eux qui n'ont pas
fait l'objet de définition ou qui ont été définis très largement.
1.1 La stratégie de l'entreprise
Une multitude de définitions de la stratégie ont été relevées par Chicha
(1987). Cependant, la plupart de ces définitions l'ont été en regard de la grande
entreprise. La définition retenue est celle de Chicha (1987) qui, à partir de ses
définitions, en a élaboré une plus spécifiquement applicable à la PME.
" La stratégie est un ensemble cohérent de choix à portée structurelle quant
aux buts et objectifs de l'organisation et aux moyens pour y parvenir, compte tenu
des ressources qu'elle peut y affecter et de sa situation par rapport à un
environnement en évolution. "
À la lumière de cette définition, on peut cerner plus précisément ce que serait
une gestion stratégique des approvisionnements.
Une gestion stratégique des approvisionnements est un moyen pour
37
l'entreprise d'atteindre ses objectifs économiques et commerciaux par l'acquisition
des matières et des services qui lui permet de réaliser des produits compétitifs dans
les meilleurs délais (Nollet, Kelada et Diorio, 1986).
Une gestion stratégique des approvisionnements fournit à l'entreprise de
l'information sur son environnement pouvant être utilisée pour concevoir et établir
sa position stratégique (Dollinger 1986).
2. Les variables
On retrouve dans le modèle élaboré des variables indépendantes, des
variables dépendantes et des variables modératrices. Chacune d'entre elles peuvent
être définies pour une meilleure compréhension de l'orientation de la présente
étude.
2.1 Les activités opérationnelles (variable indépendante)
Les activités opérationnelles d'un service des approvisionnements sont ici
définies par le processus d'achat en huit phases qui a longuement été élaboré au
niveau de la recension de la documentation.
2.2 Les activités stratégiques (variable indépendante)
Pour les fins de cette étude, nous retenons principalement deux éléments:
soit les relations avec les fournisseurs et l'information générée par la fonction
approvisionnement.
38
Les relations avec les fournisseurs pouvent être définies comme suit : les
fournisseurs sont considérés comme une ressource importante pour l'entreprise.
Les responsables des approvisionnements développent des partenariats avec eux
(Reck et Long, 1988) et encouragent des relations d'affaires constructives et
mutuellement profitables.
L'information générée par les approvisionnements peut porter sur les
tendances au niveau des prix, des produits, de l'industrie, du marché, des clients
et des compétiteurs.
2.3 Le champ d'action, les caractéristiques organisationnelles et environnementales
(variables modératrices)
La recension de la documentation fait état de ces variables comme étant des
éléments à considérer dans l'identification des entreprises plus sujettes à avoir une
gestion stratégique de leurs approvisionnements.
Le champ d'action a été défini comme suit par Chicha (1987) : "Le champ
d'action d'une entreprise correspond aux produits qu'elle offre, à la clientèle qu'elle
vise, aux territoires où est localisée cette clientèle, et enfin à sa technologie de
production."
Les caractéristiques organisationnelles sont des caractéristiques propres et
39
internes à l'entreprise. On considère ici la taille d'une entreprise en regard du
nombre d'employés, de ses dépenses, de ses revenus et du pourcentage de ceux-ci
consacrés aux approvisionnements. De plus, leur impact sur la valeur ajoutée aux
produits et sur la rentabilité totale de l'entreprise est aussi considéré (Kraljic, 1983;
Ammer, 1974).
Les caractéristiques environnementales ici utilisées sont la complexité du
marché amont défini par Kraljic (1983) comme étant la rareté des fournitures,
l'avancement de la technologie, la possibilité de substituts, les barrières à l'entrée,
les conditions de monopole ou d'oligopole, de même que les coûts et la complexité
de fabrication. Porter (1979) ajoute à cette définition le faible pouvoir de
négociation du client.
2.4 La performance financière (variable dépendante)
La performance financière d'une entreprise doit tenir compte du fonds de
roulement, des bénéfices non répartis, des ventes, des bénéfices avant intérêts et
impôts, des actifs totaux ou de la valeur nette comptable en comparaison avec la
valeur totale de son passif (Altman, 1983).
D'une façon générale, une entreprise ayant une croissance régulière de ses
ventes, une bonne situation au niveau de ses liquidités et témoignant d'une bonne
rentabilité sera considérée comme ayant une bonne performance financière.
CHAPITRE II
LES OBJECTIFS ET HYPOTHÈSES DE RECHERCHE
A. Les objectifs
Les objectifs de cette recherche sont de décrire le comportement des PME
manufacturières envers la gestion de leurs approvisionnements et de tenter
d'identifier les entreprises les plus enclines à gérer stratégiquement leurs
approvisionnements en termes de champ d'action, de caractéristiques
organisationnelles et environnementales et de vérifier si ce type de gestion des
approvisionnements a une influence sur la performance financière des entreprises.
B. Les hypothèses
En fonction de la méthodologie utilisée et des concepts qui sont traités dans
le cadre de cette recherche, nous croyons que les éléments qui ressortent sont les
suivants.
Au sein des plus petites entreprises, il est à prévoir que le propriétaire
dirigeant cumulera aussi les fonctions d'acheteur. Le fait d'avoir un responsable
des approvisionnements autre que le propriétaire dirigeant nous porte à penser que
dans ces entreprises la gestion des approvisionnements fera l'objet d'un processus
plus complet.
41
En ce qui concerne les répondants, on peut aussi croire qu'un niveau de
scolarité élevé aurait tendance à formaliser les procédures en général et qu'une
formation spécifique en gestion des opérations ou en approvisionnement
renforcerait cet état de fait au niveau de la gestion des approvisionnements.
Bref, nous pensons que plus la taille de l'entreprise sera grande et que plus
les gens dans l'entreprise auront une formation ou une expérience spécifique, plus
les entreprises auront la possibilité d'avoir une gestion des approvisionnements
organisée. Cet énoncé reflète la théorie avancée par Arnrner (1974).
Cependant, si ces éléments ont une certaine influence, ils ne sont pas
suffisants pour assurer des résultats probants. D'autres variables propres à
l'entreprise telles les caractéristiques organisationnelles et environnementales
définiront non seulement une gestion organisée, mais aussi une gestion stratégique
des approvisionnements.
Effectivement, si notre recherche est conforme avec la théorie, on pourrait
penser que les entreprises qui dépensent plus de 50% de leurs revenus en
approvisionnements, qui négocient dans un marché amont complexe et qui oeuvrent
dans un secteur d'activité marqué par l'agressivité de la concurrence, par une faible
rentabilité et dont la clientèle n'est pas fidèle, que ces entreprises percevront la
gestion de leurs approvisionnements comme une variable stratégique pour le succès
42
de leur entreprise (porter 1979, Kraljic 1983, Chicha 1987).
Ces entreprises auront possiblement un processus d'achat semblable à celui
décrit dans le cadre conceptuel qui sera plus ou moins formalisé selon les facteurs
cités précédemment. Au travers de ce processus, ces entreprises entretiendront des
relations avec leurs fournisseurs. Ces relations, si elles sont bonnes, permettront
d'aller chercher des informations utiles à l'entreprise pour orienter sa stratégie et
en périodes plus difficiles de négocier des ententes facilitant la gestion, telles des
approvisionnements sûrs en cas de rareté, des expéditions par plus petits lots, de
meilleurs termes de paiements et ainsi de suite (Dollinger 1986; Dubinsky et Ingram
1982; Churchill et Lewis 1984). Nous croyons qu'une certaine relation pourra être
établie entre la performance financière des entreprises ayant les mêmes
caractéristiques organisationnelles et environnementales que celles précédemment
citées et une gestion stratégique de leurs approvisionnements. Relation en ce sens
que les entreprises d'un groupe gérant stratégiquement leurs approvisionnements
auront de meilleures performances financières que les entreprises du même groupe
n'ayant pas cette même gestion.
Il apparait aussi que les entreprises n'ayant pas les caractéristiques
organisationnelles et environnementales précitées n'auront possiblement pas le
même intérêt envers la gestion de leurs approvisionnements vu . l'importance
43
moindre que cet élément revêt concernant leurs champs d'action et caractéristiques
propres. Nous ne croyons donc pas qu'il y aura relation, de par ces faits mêmes,
avec la performance financière.
On peut donc résumer comme suit les hypothèses de recherche:
1ère hypothèse : Les entreprises de plus grande taille auront une gestion
plus formalisée de leurs approvisionnements que les entreprises de plus
petite taille (Ammer, 1974).
2e hypothèse: Les entreprises qui ont un ratio achat\ vente plus grand ou
égal a 50%, qui négocient dans un marché amont complexe et qui oeuvrent
dans un secteur d'activité marqué par l'agressivité de la concurrence, par une
faible rentabilité et dont la clientèle n'est pas fidèle, percevront les
approvisionnements comme étant une variable stratégique pour le succès de
leur entreprise (Porter, 1979; Kraljic, 1983; Chicha, 1987).
3e hypothèse : Les entreprises ayant les caractéristiques énoncées à
l'hypothèse 2 auront un processus d'achat semblable à celui décrit dans le
cadre conceptuel (Ammer, 1974; Gronhaug, 1976; Porter 1979; Kraljic, 1983).
44
4e hypothèse : Les entreprises ayant les caractéristiques énoncées à
l'hypothèse 2 entretiendront de bonnes relations avec leurs fournisseurs.
Se hypothèse : Les entreprises entretenant de bonnes relations avec leurs
fournisseurs obtiendront d'eux des informations utiles à l'entreprise et des
conditions d'affaires plus favorables que celles qui ont de moins bonnes
relations (Dollinger, 1986; Dubinsky et Ingram, 1982; Churchill et Lewis,
1984).
6e hypothèse : Une corrélation positive pourra être établie entre la
performance financière des entreprises et une gestion stratégique de leurs
approvisionnements (Dollinger, 1986; Pressutti, 1988).
CHAPITRE III
LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
A. L'identification des informations nécessaires à la réalisation de l'enquête
(définitions opérationnelles)
Les informations demandées dans le questionnaire envoyé aux entreprises
sont ici identifiées et détaillées.
L'information requise est divisée en six grandes sections:
1. le profil de l'entreprise;
2. le profil du répondant;
3. le champ d'action, les caractéristiques organisationnelles et
environnementales de l'entreprise;
4. les activités opérationnelles;
5. les activités stratégiques;
6. la performance financière.
1. Le profil de l'entreprise
À ce niveau, des informations sont demandées dans le but de pouvoir
identifier la composition de l'échantillon et éventuellement de çomparer les résultats
obtenus par secteur d'activité, âge et dimension de l'entreprise.
46
Le profil de l'entreprise servira donc à identifier son statut juridique, sa
classification dans l'industrie, son âge et sa dimension.
2. Le profil du répondant
Le profil du répondant doit permettre d'identifier le statut du répondant
dans l'entreprise et ses responsabilités afin de déterminer si le questionnaire a été
rempli par la bonne personne. Deux types de répondants devront répondre au
questionnaire soit le propriétaire dirigeant en ce qui a trait aux informations de
natures générales et stratégiques de l'entreprise ainsi que le responsable des
approvisionnements importants pour l'entreprise afin de répondre aux questions
reliées plus spécifiquement à la gestion des approvisionnements. Il est fort probable
que dans certaines entreprises le propriétaire dirigeant cumulera cette fonction
d'acheteur. Dans ce dernier cas, il sera d'autant plus aisé d'intégrer les
informations demandées à la réalité de l'entreprise. Certaines autres informations
seront utiles pour comparer éventuellement les résultats telles le niveau de scolarité
et l'expérience des répondants.
Cette partie du questionnaire devra donc enquêter sur la fonction occupée
par le répondant dans l'entreprise, la date d'entrée sur ce poste et les principales
responsabilités y étant reliées. En ce qui a trait à l'expérience, deux volets seront
évalués. Dans un premier temps, l'expérience à d'autres fonctions que celle occupée
47
actuellement et les responsabilités afférentes à ces postes. Cette question a pour but
de vérifier la connaissance du répondant des diverses facettes de l'entreprise. Le
deuxième volet enquêtera sur l'expérience antérieure dans ce type de fonction.
Cette information a pour but de vérifier s'il y a des différences de fonctionnement
entre les gens d'expérience et ceux qui en ont moins. En ce qui a trait à la scolarité,
les informations seront au niveau du nombre d'années de scolarité complétées, le
dernier diplôme obtenu, le champ de spécialisation ainsi que les autres formations
suivies. Ces informations ont pour objectif de vérifier s'il peut y avoir une relation
avec la présence et la forme du processus d'achat, et aussi de faciliter la
classification de l'échantillon.
3. Le champ d'action, les caractéristiques organisationnelles et environnementales
de l'entreprise
Le champ d'action de l'entreprise représente les produits qu'elle offre, la
clientèle visée, les territoires desservis et sa technologie de production. Des
informations sont requises à ce niveau tant pour classifier l'échantillon que pour
vérifier s'il existe une relation entre la propension d'une entreprise à gérer ses
approvisionnements de façon stratégique et son champ d'action.
Les informations spécifiques à ce niveau devront référer aux principaux
produits offerts, si la clientèle est industrielle, institutionnelle et où est le
consommateur dans le territoire desservi: local, régional, provincial, national ou
international (Tableau 5).
48
Tableau 5
Définitions opérationnelles du champ d'action
Clientèle
Industrielle: Achète le produit pour le transformer, l'intégrer tel quel ou le
consommer dans leur processus de fabrication. (Établissements
industriels).
Institutionnelle : Les utilisateurs finaux des produits tels hôtels, bureaux,
gouvernements, hôpitaux, magasins, écoles, etc...
Particuliers : L'individu est celui qui consomme le produit en le choisissant
et l'achetant soit directement ou indirectement par
l'intermédiaire d'un distributeur, magasin, etc ... On peut cibler
cette clientèle en fonction de l'âge, du sexe, du revenu, etc. ..
Territoire
Local: Municipalité où se trouve l'entreprise.
Régional: Région délimitée ex. : Mauricie-Bois Franc
Provincial : Plusieurs régions à l'intérieur de la province.
National: Plusieurs provinces à l'intérieur du pays.
International: Plusieurs pays.
49
Les caractéristiques organisationnelles ont trait au pourcentage (%) des
dépenses d'achat sur les ventes de l'entreprise. Cette information est demandée
dans le but de vérifier s'il existe une relation entre la propension à gérer
stratégiquement les approvisionnements et le fait de dépenser plus de 50% de ses
revenus en achat comme le fait ressortir une étude de Ammer (1974).
Si précédemment nous demandons une information de nature générale à
toutes les opérations d'approvisionnement, il ne serait pas pertinent de continuer
dans ce sens et d'analyser tous les produits et services à acquérir pour l'entreprise.
Effectivement, de nombreux approvisionnements ne nécessitent pas d'attention
particulière de par leur nature; ils ont peu d'importance en regard de la rentabilité
(ex: papeterie) ou ne font pas l'objet d'un approvisionnement régulier (ex:
remplacement de pièces d'équipement).
C'est pourquoi l'information recherchée se limite aux principaux produits à
acquérir qui ont une grande importance pour le fonctionnement de l'entreprise. De
préférence, il est même indiqué, dans la mesure du possible, d'identifier qu'un seul
et ce, pour faciliter l'analyse des résultats.
Kraljic (1983) détermine un facteur interne d'importance stratégique au
niveau des approvisionnements, ce facteur étant déterminé par la valeur ajoutée par
50
produit (i.e. : le pourcentage du coût de ces matières dans les coûts totaux du
produit fini et leur impact sur la rentabilité). Nous enquêterons donc sur ce ou ces
produits d'importance et sur le ou les éléments du facteur cité par Kraljic (1983) qui
sont déterminants pour l'entreprise. Une définition opérationnelle de chaque
facteur sera énoncée dans le questionnaire pour orienter convenablement le
répondant (Tableau 6).
Tableau 6
Définitions opérationnelles: facteur interne
Impact sur la rentabilité Le fait de payer ce produit moins cher ou plus
de l'entreprise: cher se reflète sur la rentabilité.
% de ce produit dans les coûts: Le % que ce produit occupe par rapport à la
valeur totale du produit fini en terme de coûts et
en comparaison avec les autres coûts reliés au
produit fini.
Valeur ajoutée : La valeur qu'ajoute ce produit à celle du produit
fini en terme de prix.
51
La caractéristique environnementale qui est susceptible d'influencer
l'entreprise dans la gestion de ses approvisionnements a été relevée par Kraljic
(1983) et Porter (1979) comme étant la complexité du marché d'approvisionnement.
Le questionnement se fait en fonction de connaître si le produit acquis est en
condition de rareté, s'il est l'objet de changements technologiques fréquents, s'il est
complexe et coûteux à fabriquer, s'il y a un, peu ou beaucoup de fournisseurs pour
ce produit, si le pouvoir de négociation est faible avec eux, si le secteur d'activité
où oeuvre l'entreprise est un secteur intéressant en terme de volume pour
l'industrie fabricant ces produits et finalement s'il existe des produits substituts.
En ce qui a trait à la complexité du secteur d'activité dans lequel oeuvre
l'entreprise, il est pris en considération par le nombre de concurrents, l'agressivité
de la concurrence, la fidélité de la clientèle et la rentabilité générale du secteur.
4. La gestion opérationnelle
Cette partie réfère à l'information requise en ce qui a trait aux activités
d'acquisition de biens ou de services. Les informations demandées sont en
référence avec le processus d'achat défini au niveau du cadre conceptuel.
Il convient ici de définir expressément chacune des phases du processus
d'achat et de convenir avec le répondant que ces phases puissent exister avec un
52
caractère moins formel que celui exprimé et non nécessairement dans la même
séquence, puisque certaines activités pouvant être regroupées ou réalisées
simultanément.
5. La gestion stratégique
La gestion stratégique des approvisionnements comporte plusieurs activités
mais nous enquêtons plus spécifiquement sur les relations avec les fournisseurs et
l'information générée par la fonction achat, telle que décrit dans le cadre conceptuel.
5.1 Les relations avec les fournisseurs
Afin d'établir quels types de relations sont établies avec les fournisseurs,
divers éléments font l'objet de questions dont : la durée moyenne des relations
d'affaires avec les fournisseurs, les services offerts par les fournisseurs, qui ne le
sont pas ou de façon moindre, aux concurrents, les pratiques de l'entreprise
concernant l'accueil des représentants, les spécifications des produits, la
confidentialité des soumissions, l'attitude lors d'erreurs des vendeurs (ex: la
facturation) ou du refus de marchandise, pour résoudre certaines difficultés du
vendeur avec l'entreprise (ex: les comptes à payer) ainsi que l'attitude générale
envers les fournisseurs.
5.2 L'information générée par la fonction approvisionnement
Comme il a été mentionné dans le cadre conceptuel, des informations utiles
53
à l'entreprise peuvent être générées par les approvisionnements. Nous cherchons
donc à déterminer quelles sont ces informations et leur utilité pour l'entreprise.
À ce niveau, l'enquête porte principalement sur : les produits des
fournisseurs tels les produits les plus en demande, la planification de nouveaux
produits, les nouvelles lignes de produits, les produits courants discontinués et les
substituts offerts; les tendances du marché telles l'évolution des prix, les conditions
de rareté, l'évolution des produits; l'information sur l'industrie et l'économie telle
les prévisions selon le contexte économique, les changements dans l'environnement
pouvant affecter l'industrie de l'entreprise cliente, la vulnérabilité de l'industrie
cliente aux produits substituts, les effets des changements technologiques à venir;
l'information sur la concurrence telle à qui le fournisseur vend quels produits, qui
sont ses plus gros clients et leur volume d'achat, quels clients augmentent ou
diminuent leurs commandes, leurs forces et faiblesses, leurs stratégies.
Il appert que cette enquête sera aussi réalisée en fonction de l'importance que
l'entreprise attache à la connaissance de ces informations.
6. La performance financière
La performance financière peut être établie de nombreuses manières. Ici, il
s'agit de comparer la performance des entreprises de l'échantillon entre elles et avec
leurs concurrents.
54
Une question d'ordre générale sera posée sur la rentabilité de l'entreprise, la
croissance de ses ventes et sa situation de liquidité. On vérifiera aussi la
performance comparée avec la concurrence et ce, en termes de part de marché, de
compétitivité des prix, de coût des matières, de localisation, d'âge des équipements
et de compétence du personnel.
Afin d'avoir un facteur quantitatif comparable, nous utiliserons l'indice Z
pour l'entreprise privée. Cet indice est utilisé comme indicatif de la santé
financière. On retrouve cet indice au tableau 7.
Tableau 7
Indice Z
Fonds de roulement\ Total des actifs (pondération 0,717)
Bénéfices non répartis \ Total des actifs (pondération 0,847)
Bénéfices avant intérêts et impôts (pondération 3,107)
Valeur nette comptable \ Total des passifs (pondération 0,42)
Ventes\Total des actifs (pondération 0,998)
Un indice Z supérieur à 1,81 indique une bonne santé financière; il y a des
problèmes s'il est inférieur à 1,23.
Source : Altman, 1983
55
B. L'identification des sources d'information
La personne la plus apte à valider l'information et à y répondre est le
responsable des approvisionnements, ce poste étant souvent occupé par le
propriétaire dirigeant de PME.
C. Le choix du type d'étude
La présente étude est descriptive en coupe instantanée. Descriptive parce
qu'elle a pour principale fonction de décrire la situation de la gestion des
approvisionnements au sein des PME manufacturière. En coupe instantanée, car il
n'y a qu'un seul relevé d'information. C'est donc une description à un moment
précis dans le temps (Perrien, Chéron et Zins, 1985).
D. Le choix des instruments de mesure
À partir des définitions des variables et des besoins en information, un
questionnaire a été élaboré. Cet instrument semble le mieux adapté à la recherche
descriptive réalisée. Comme peu de recherches ont été faites sur le sujet, en regard
de la PME, il n'y a pas, dans la littérature, d'instrument de mesure développé
spécifiquement pour répondre aux objectifs la présente recherche. Ce questionnaire
est joint en annexe 1.
56
E. Identification de l'univers idéal, du cadre d'échantillonnage, de l'univers étudié,
de la méthode d'échantillonnage, et de la taille de l'échantillon
1. L'univers idéal
L'univers idéal est constitué de toutes les PME manufacturières québécoises.
Selon le rapport du ministre délégué à la petite entreprise (1987),une PME se définit
selon les éléments suivants :
Tableau 8
PME: Définition suggérée (secteur de la fabrication)
N ombres d'employés Montant des actifs
5-49 $200,000 à moins de petite
1,5 million
50-199 $1.5 million à moins de moyenne
6 millions
2. Le cadre d'échantillonnage
Le cadre d'échantillonnage est le répertoire des produits fabriqués au Québec,
publié par le Centre de Recherches Industrielles du Québec. Ce répertoire
57
comprend la liste des manufacturiers du Québec par secteurs, par produits et aussi
par ordre alphabétique. Bien que l'inscription des entreprises y soit volontaire, ce
répertoire est assez complet. En effet, il ne divulgue pas d'informations
confidentielles, il est un instrument de promotion pour les manufacturiers québécois
et l'inscription y est gratuite.
On y retrouve les noms, adresse et numéros de téléphone des entreprises, des
noms de personnes ressources au sein de l'entreprise, le nombre d'employés et les
produits fabriqués.
3. L'univers étudié
L'univers étudié est celui des PME manufacturières québécoises tel que défini
dans l'univers idéal. Cependant, en raison de contraintes financières et temporelles
ainsi que des besoins d'informations précédemment cités, seulement les entreprises
de la région Mauricie-Bois Franc de 20 employés et plus ont été retenues.
4. La méthode d'échantillonnage
L' échantillon a été obtenu par le Centre de Recherches Industrielles du
Québec selon les spécifications suivantes : entreprises manufacturières de la région
Mauricie-Bois Franc ayant plus de 20 employés et moins de 250.
58
5. La taille de l'échantillon
L'échantillon obtenu au départ à été de 367 PME manufacturières. Sur ce
nombre, 125 questionnaires nous ont été retournés et 115 ont été retenus pour fin
d'analyse. Ce nombre semble suffisant pour assurer une bonne représentativité de
la population étudiée et pour nous permettre d'effectuer une plus vaste gamme de
traitements statistiques.
6. La collecte des données
Les informations ont été recueillies par la voie d'un questionnaire expédié
par la poste. Le taux de réponses a été de 32,7%. Ce questionnaire a été pré-testé
une première fois auprès de trois PME et une seconde fois après corrections auprès
de deux PME et d'une grande entreprise, cette dernière vérification étant pour
s'assurer de l'exactitude des termes et obtenir un avis d'un responsable
d'approvisionnements d'expérience.
CHAPITRE IV
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS
Dans cette partie, on retrouve la description des divers résultats obtenus lors
de l'enquête postale faite auprès des entreprises. À la suite, la vérification des
hypothèses ainsi que l'analyse et l'interprétation des résultats sont réalisées en
tenant compte des éléments provenant du cadre conceptuel.
A. Description des résultats
1. Les entreprises
Au total, 115 questionnaires ont été retenus pour fin d'analyse. Les
entreprises proviennent de divers secteurs d'activités: 12,2% du secteur du meuble,
12,2% du secteur des métaux, 10,4% du secteur textile et vêtements, 9,6% du secteur
des scieries, 7% du secteur des produits chimiques, 7,8% du secteur du papier, de
l'imprimerie et de l'édition, 6,1 % du secteur de la machinerie et 34,7% d'industries
manufacturières diverses (Tableau 9).
60
Tableau 9
Secteurs d'activités
% Nb
Machinerie 6,1 7
Produits chimiques 7,0 8
Papier, imprimerie 7,8 9
Edition
Scieries 9,6 11
Textile et vêtements 10,4 12
Meubles 12,2 14
Métaux 12,2 14
Diverses 34,7 40
100,0 115
La forme juridique la plus fréquente est la corporation, soit pour 92,9% des
entreprises. La moyenne d'âge des entreprises est de 23 ans.
Au chapitre des employés, 80,7% des entreprises ont 100 employés et moins.
La plus forte fréquence se retrouve au niveau des entreprises ayant entre 20 et 50
employés, soit 64 répondants pour 56,1% des répondants (Tableau 10).
61
Tableau 10
Nombre d'employés
% Nb
Moins de 20 1,8 2
20-50 56,1 64
51-100 22,8 26
101-150 10,5 12
151-200 7,0 8
251 et + ~ 2
100,0 114
L'ordre du chiffre d'affaires est de plus de 5 millions pour 49,6% de
l'échantillon, soit 56 entreprises (Tableau 11).
Tableau 11
Chiffre d'affaires
% Nb
Moins de 1 million 4,4 5
1-1,99 millions 11,5 13
2-3,99 millions 27,4 31
4-4,99 millions 7,1 8
5 millions et + 49,6 56
100,0 113
62
En ce qui concerne le champ d'action des entreprises, on remarque que la
majeure partie d'entre elles (60%) ont une clientèle industrielle et une clientèle
individuelle dans 49,6% des cas. La clientèle institutionnelle, quant à elle, est
présente dans 29,2% des entreprises. Cette question permettait plus d'une réponse,
c'est pourquoi on retrouve un total de pourcentage supérieur à 100.
Le même type de question fait référence aux territoires desservis. À ce
niveau, 45,1 % des entreprises sont exportatrices, 57,5% d'entre elles oeuvrent sur le
territoire national, 61,9% sur le territoire provincial, 31 % régional et 22,1% local.
2. Les répondants
Sur 115 répondants, 23,7% sont soit propriétaire ou président de leur entre-
prise, 22,8% sont directeurs des achats, 10,5% occupent un poste d'acheteur, 12,3%
un poste de commis-comptable et 30,7% occupent divers postes dans l'entreprise.
Les répondants, dans une proportion de 86,8%, ont plus de deux ans
d'ancienneté dans l'entreprise.
Au niveau des principales responsabilités, 23,1 % des répondants s' occupent
seulement d'achats et 43,5% ont comme responsabilités principale les achats mais
ont aussi d'autres activités. De plus, 33,4% des répondants ont comme
responsabilités principales des activités autres que les achats.
63
En terme de scolarité, 80,5% des répondants ont plus de 12 ans de scolarité,
la scolarité moyenne étant de 14 ans, 91 % ont au minimum un diplôme d'études
secondaires et 36,9% détiennent un diplôme universitaire (Tableau 12).
Tableau 12
Dernier diplôme obtenu
% Nb
Secondaire 26,1 29
Collège professionnel 17,1 19
Collège général 10,8 12
Certificat 12,6 14
Baccalauréat 19,8 22
Maîtrise ou doctorat 4,5 5
Autres ~ 10
100,0 111
On retrouve 45,6% des répondants qui ont suivi des cours de
perfectionnement en approvisionnement.
64
3. Le secteur d'activités
La question 18 du questionnaire fait ressortir la complexité du secteur
d'activité en évaluant la perception des répondants face à la concurrence, la fidélité
la clientèle, la rentabilité, l'investissement requis et la rapidité d'évolution
technologique (Tableau 13).
Tableau 13
Complexité du secteur d'activité
TOTALEMENT PLUTOT PLUTOT TOTALEMENT
EN EN EN EN
ACCORD ACCORD DÉSACCORD DÉSACCORD
% % % %
- Concurrence
agressive 76,3 20,2 2,6 0,9
- Grand nombre de
concurrents 35,1 42,1 16,7 6,1
- Clientèle fidèle 15,9 58,4 23,9 1,8
- Rentabilité élevée 6,4 27,5 47,7 18,3
- Investissement élevé 64,3 24,1 8,9 2,7
- Évolution techno-
logique rapide 38,1 39,8 20,4 1,7
65
Si on regarde les résultats obtenus, la plupart des entreprises oeuvrent dans
des secteurs d'activités complexes et ce, surtout au niveau de la concurrence, de la
faiblesse de la rentabilité, de l'investissement requis et de la rapidité de l'évolution
technologique (Tableau 13).
4. La gestion des approvisionnements
Concernant les approvisionnements, 47,5% des entreprises ont un
pourcentage d'achat sur leurs ventes supérieur à 45% (Tableau 14).
Tableau 14
Pourcentage des achats sur les ventes
% Nb
25% et moins 18,8 19
26 - 35% 18,8 19
36 - 45% 14,9 15
46 - 55% 21,8 22
56 - 100% 25,7 26
100,0 101
Une classification différente des résultats fait ressortir que 36 entreprises, ou
35,6%, ont un ratio achat sur vente plus grand que 50%.
66
4.1 La complexité du marché amont
Nous avons demandé aux répondants d'indiquer comment se comportait le
marché amont pour un produit ayant une grande importance dans leur entreprise.
Afin de vérifier cette information, trois questions référaient à l'importance du
produit (Tableau 15).
Tableau 15
Importance du produit
TOTALEMENT PLUTOT PL UTOT TOTALEMENT
EN EN EN EN
ACCORD ACCORD DÉSACCORD DÉSACCORD
% % % %
Par rapport aux
coûts totaux 67,0 29,3 3,7 0,0
Influence la
rentabilité 69,9 21 ,2 8,0 0,9
Valeur ajoutée 63,1 26,1 9,0 1,8
67
À la lumière des résultats obtenus, on peut effectivement soutenir que le
produit identifié est aussi important tant en termes de coûts, de rentabilité que de
valeur ajoutée.
La partie suivante évalue la complexité du marché amont pour ce produit.
Tableau 16
Complexité du marché amont
TOTALEMENT PL UTOT PL UTOT TOTALEMENT
EN EN EN EN
ACCORD ACCORD DÉSACCORD DÉSACCORD
% % % %
- Pénurie fréquente 1,8 16,8 42,5 38,9
- Changements techno-
logiques fréquents 3,6 23,5 36,0 36,9
- Complexe à
fabriquer 29,1 29,1 28,2 13,6
- Coûteux à
fabriquer 30,6 34,3 28,6 6,5
6B
Tableau 16
Complexité du marché amont (suite)
TOTALEMENT PLUTOT PLUTOT TOTALEMEJ."'JT
EN EN EN EN
ACCORD ACCORD DÉSACCORD DÉSACCORD
% % % %
- Peu de
fournisseurs . 22,7 18,2 36,4 22,7
- Faible pouvoir
de négociation 22,7 33,S 30,0 13,6
- Produits substituts 2,7 IB,O 20,7 5B,6
- Le secteur d'activité
de l'acheteur est un
un client important 55,S 27,B 13,9 2,B
Le tableau 16 décrit le pourcentage des répondants qui ont répondu à chaque
élément. A ce stade-ci, il est difficile d'évaluer si le marché achat est complexe pour
la majeure partie des entreprises. Des analyses subséquentes devront être réalisées
afin de déterminer quelle proportion des entreprises oeuvrent dans un marché
amont complexe.
69
4.2 Le processus d'achat
Un processus d'achat en huit phases ressortant de la recension de la
documentation, nous avons enquêté afin de savoir si un tel processus était utilisé
au sein des entreprises (Tableau 17).
Tableau 17
Processus d'achat
TOUJOURS SOUVENT PARFOIS JAMAIS
% % % %
- Identification du besoin 63,6 20,6 11,2 4,6
- Détermination du
produit 69,1 22,7 7,3 0,9
- Détermination des
spécifications 78,2 16,3 5,5 0,0
- Recherche de
fournisseurs 62,4 24,7 10,1 2,8
- Demande de
propositions 45,0 27,5 20,2 7,3
- Analyse des propositions 52,3 24,3 15,3 8,1
- Emission de la
commande 80,9 12,7 2,7 3,5
- Evaluation après
réception 48,6 30,6 17,1 3,5
70
Les résultats obtenus à ce niveau nous permettent de dire qu'il existe un
processus d'achat au sein de la majeure partie des entreprises enquêtées. Deux
éléments ressortent particulièrement, soit la détermination des spécifications qui est
présente dans 78,2% des entreprises et l'émission du bon de commande dans 80,9%
des cas.
La question 25 du questionnaire, référant à la diversification des sources
d'approvisionnement, fait ressortir que la majeure partie des entreprises, soit 83,4%
utilisent plusieurs sources d'approvisionnement pour un produit d'importance.
Les entreprises demandent dans 91,3% des cas des soumissions lors de
l'acquisition de produits importants.
4.3 Le choix des fournisseurs
Deux questions du questionnaire traitent du choix des fournisseurs. La
première demande quelles sont les principales sources d'informations utilisées pour
choisir les fournisseurs. Il ressort très clairement, au niveau du tableau 18, que les
deux principales sources utilisées sont le fichier fournisseur de l'entreprise et les
échantillons de produits dans respectivement 73,9% et 57,9% des cas.
71
Tableau 18
Sources d'informations
TOUJOURS SOUVENT PARFOIS JAMAIS
% % % %
- Catalogues de
fournisseurs 9,7 42,5 31,0 16,8
- Professionnelles 5,4 21,4 44,6 28,6
- Publicité
descriptive 0,9 21,4 50,9 26,8
- Annuaires
professionnelles 4,5 12,6 43,3 39,6
- Visites d'entre-
prise 5,4 21,4 52,7 20,5
- Echantillons 14,0 43,9 34,2 7,9
- A vis de collègues 1,8 38,4 52,7 7,1
- Fichier
fournisseurs 31,3 44,6 15,2 8,9
Dans une proportion légèrement moindre, soit 52,2%, les répondants utilisent
régulièrement les catalogues de fournisseurs. La source d'information la moins
privilégiée est les annuaires professionnelles (ex. c.R.I.Q.) qui ne sont jamais utilisés
dans 39,6% des cas.
72
La deuxième question a trait aux critères de choix des fournisseurs. Les
critères qui ressortent comme étant toujours utilisés, dans une majeure partie des
entreprises, sont la qualité du produit, 82,3%; le prix, 78,1 %; les délais de livraison
71,1 % et le service, 63,7%. Les critères qui ressortent comme étant les moins
souvent utilisés sont la possibilité que le fournisseur devienne un concurrent et la
proximité géographique (Tableau 19).
Tableau 19
Critères de choix des fournisseurs
TOUJOURS SOUVENT PARFOIS JAMAIS
% % % %
- Capacité économique 27,2 38,6 24,6 9,6
- Capacité administrative 16,7 41,2 36,0 6,1
- Capacité technique 37,7 43,9 14,0 4,4
- Qualité du produit 82,3 17,7 0,0 0,0
- Délais de livraison 71,1 27,2 1,7 0,0
- Qualité de livraison 44,7 41,2 10,6 3,5
- Service 63,7 34,S 1,8 0,0
- Prix 78,1 19,3 2,6 0,0
- Proximité géographique 12,5 36,6 40,2 10,7
73
Tableau 19
Critères de choix des fournisseurs (suite)
TOUJOURS SOUVENT PARFOIS JAMAIS
% % % %
- Réputation 21,2 53,1 23,0 2,7
- Flexibilité 23,2 48,2 25,0 3,6
- Intérêt envers
l'entreprise 22,8 55,3 17,5 4,4
- Attitude du vendeur 26,3 42,1 26,3 5,3
- Connaissances du
vendeur 32,5 50,0 13,1 4,4
- Possibilité de
concurrence 16,1 9,7 31,3 42,9
4.4 Les relations avec les fournisseurs
À la question visant à savoir si les entreprises achètent à juste prix, c'est-à-
dire un prix convenable pour l'acheteur et le fournisseur, 91,2% d'entre elles
considèrent acheter à juste prix la majeure partie du temps.
Les fournisseurs donnent souvent des services exclusifs à 24,8% des
entreprises et parfois à 65,5% d'entre elles. En terme de relations avec les
fournisseurs, le tableau 20 décrit le comportement des entreprises à ce niveau.
74
Tableau 20
Relations avec les fournisseurs
TOUJOURS SOUVENT PARFOIS JAMAIS
% % % %
- Spécifications claires 50,4 46,0 3,6 0,0
- Compétition ouverte 58,0 38,4 3,6 0,0
- Soumissions confidentielles 70,8 18,6 9,7 0,9
- Prendre avantage des erreurs 5,3 9,7 37,2 47,8
- Rejet des soumissions avec
courtoisie 16,8 16,8 27,1 39,3
- Refus de marchandises
bien négociés 34,9 36,7 25,6 2,8
- Reçois les représentants
sans délais 31,9 57,5 10,6 0,0
- Attitude franche et amicale 77,0 22,1 0,9 0,0
Ce qui ressort principalement, c'est que les responsables des achats adoptent
toujours, dans 77% des cas, une attitude amicale et franche et les soumissions sont
toujours gardées confidentielles dans 70,8% des cas.
75
Peu d'entreprises (16,8%) prennent toujours le temps de signifier les rejets de
soumission par téléphone ou par lettre.
4.5 L'importance des approvisionnements dans l'entreprise
En ce qui concerne l'importance des achats, 74,3% des entreprises considèrent
la gestion des approvisionnements comme étant une possibilité de rentabilité
supplémentaire; 62,8% considèrent que c'est une variable stratégique pour le succès
de l'entreprise; 35,4% répondent que c'est une source d'information importante et
3,5% considèrent que c'est une activité secondaire.
4.6 Les informations en provenance des fournisseurs
Dans cette partie, nous cherchons à savoir si les entreprises obtiennent des
informations de leurs fournisseurs et si ces informations sont importantes pour
l'entreprise.
La première série de questions du questionnaire concerne les produits et le
secteur d'activité des fournisseurs. Le tableau 21 illustre le type d'information reçue
et l'importance lui étant accordée.
76
Tableau 21
Informations sur les produits et le secteur d'activité
NE RECOIT TOUJOURS IMPORTANTE PEU JAMAIS
PAS L'IN- IMPORTANTE IMPOR- IMPORTANTE
FORMATION TANTE
% % % % %
- Produits des
plus demandés 15,0 31,0 33,6 16,9 3,5
- Planification de
nouveaux produits 11,6 22,3 46,4 16,1 3,6
- Produits
discontinués 20,4 27,4 23,0 23,9 5,3
- Substituts offerts 11,6 33,9 34,8 15,2 4,5
- Tendance des
prix 5,3 53,1 32,7 8,0 0,9
- Pénurie possible 8,0 51 ,3 26,5 12,4 1,8
La majeure partie des entreprises reçoivent de l'information concernant les
produits et le secteur d'activité du fournisseur . Les informations qui ressortent
comme étant les plus importantes sont la tendance des prix et la pénurie possible
de produits. Le tableau 22 concerne les informations sur l'industrie de l'acheteur
et l'économie en général.
77
Tableau 22
Informations sur
l'ndustrie de l'acheteur et l'économie
NE RECOIT TOUJOURS IMPORTANTE PEU JAMAIS
PAS L'IN- IMPORTANTE IMPOR- IMPORTANTE
FORMATION TANTE
% % % % %
- Prévision pour
l'industrie 13,4 31,3 33,9 18,8 2,6
- Changements dans
l'environnement af-
fectant l'industrie 17,7 29,2 34,S 17,7 0,9
- Vulnérabilité aux
produits substituts 19,5 20,4 30,1 23,0 7,0
- Effets / changements
technologiques 6,2 33,6 38,1 16,8 5,3
Les informations qui ressortent comme ayant le plus d'importance sont les
prévisions pour l'industrie et l' effet de changements technologiques à venir sur
l'industrie.
La dernière partie concerne les informations sur la concurrence (Tableau 23).
78
Tableau 23
Informations sur la concurrence
NE RECOIT TOUJOURS IMPORTANTE PEU JAMAIS
PAS L'IN- IMPORTANTE IMPOR- IMPORTANTE
FORMATION TANTE
% % % % %
- Prévision pour
l'industrie 13,4 31,3 33,9 18,8 2,6
- A qui le fournis-
seur vend 16,8 20,4 26,5 27,4 8,7
- Produits fournis
aux concurrents 19,5 18,6 23,9 28,3 9,7
- Volume d'achat des
gros clients 27,4 13,3 17,7 31,9 9,7
- Augmentation ou
diminution de
commandes des
concurrents 23,9 14,2 16,8 30,1 15,0
- Forces et faiblesses
des concurrents 25,7 15,0 22,1 27,4 9,8
- Stratégies des
concurrents 28,3 15,9 20,4 26,5 8,9
79
Si on ne peut vraiment faire ressortir quel élément d'information est
important au niveau de la concurrence pour la majeure partie des entreprises, on
remarque toutefois que ce type d'informations semble plus difficile à obtenir si on
compare le pourcentage des entreprises qui ne reçoivent pas d'informations sur la
concurrence avec les autres types d'informations.
5. La performance des entreprises
Le tableau 24 montre la performance des entreprises depuis les trois dernières
années quant aux ventes et aux finances. Il est à noter que ces questionnaires ont
été expédiés en pleine récession économique, soit au premier trimestre de 1992.
Tableau 24
Performance des entreprises
AUGMENTATION STABILITE DIMINUTION
% % %
- Pénétration du marché 51,4 39,6 9,0
- Ventes 43,2 35,1 21,7
- Fonds de roulement 40,4 41,3 18,3
- Liquidité 36,1 36,1 27,8
- Bénéfices 28,4 31,2 40,4
80
Il ressort que 51,4% des entreprises ont vu leur part de marché augmenter
au cours des trois dernières années et 43,2% ont vu leurs ventes augmenter. Par
contre, dans 40,4% des cas, les bénéfices ont diminués.
Le tableau 25 montre la performance des entreprises par rapport à leurs
concurrents.
Tableau 25
Situation par rapport à la concurrence
INFERIEURE SEMBLABLE SUPERIEURE
- Part de marché 13,8 48,6 37,6
- Compétitivité 7,3 76,4 16,3
- Coûts des matières
premières 14,8 76,9 8,3
- Technologie 4,6 50,9 44,4
- Localisation 13,9 69,4 16,7
- Coût de la main-d'oeuvre 13,0 63,0 24,0
- Compétence de la
main-d'oeuvre 1,8 65,2 33,0
81
En majeure partie, les entreprises se situent au même niveau que la
concurrence. C'est en ce qui a trait à la part de marché et à la technologie qu'on
retrouve le plus d'entreprises ayant une situation supérieure à leurs concurrents,
soit 37,6% et 44,4% respectivement.
B. Analyse et interprétation des résultats
Certaines hypothèses de recherches ont été formulées précédemment. Cette
partie fera donc référence à la vérification des hypothèses et à l'interprétation qu'on
peut en faire.
La première hypothèse réfère à une gestion plus formalisée des
approvisionnements au sein des entreprises de plus grande taille. Afin de pouvoir
la vérifier, nous avons tenu compte du chiffre d'affaires et du nombre d'employés
en comparaison avec la présence d'un processus d' achat complet décrit dans le
cadre conceptuel.
Les résultats qui en ressortent au niveau du nombre d'employés ne nous
permettent pas de vérifier l'hypothèse. Effectivement, au tableau 26, on retrouve
un processus d'achat complet, ou assez complet, au sein de la majeure partie des
entreprises, soit 70,9% et ce, peu importe le nombre d'employés. Si on retrouve le
82
processus le plus complet dans le groupe 20-50 employés, dans 74% des cas ou 62
entreprises, on peut difficilement généraliser pour le groupe des 101-150 employés
où on retrouve 83% des entreprises de cette catégorie qui ont un processus d'achat
complet mais où l'échantillon est de seulement 12 entreprises.
Tableau 26
Processus d'achat et nombre d'employés
IMCOMPLET ASSEZ COMPLET
EMPLOYÉS 1 2 2
Moins de 20 0 1 1
20-50 3 13 46
51-100 2 7 16
101-150 0 2 10
151-200 0 3 4
251 et plus .il 1 1
Total 5 27 78
En ce qui concerne le chiffre d'affaires, que l'on retrouve au tableau 27, il
semblerait que ce soit les entreprises ayant entre 2 et 3,99 millions de chiffre
83
d'affaires qui aient, proportionnellement, un processus d'achat plus complet soit
86% en comparaison avec les entreprises de 5 millions et plus qui ont dans 65% des
cas un processus d'achat complet. Nos résultats ne vérifient donc pas l'hypothèse
émise à partir de Ammer (1974) comme quoi plus la taille des entreprises est
grande, plus la gestion des approvisionnements sera formalisée.
De plus le tableau 27, qui illustre l'analyse de régression linéaire simple et
multiple réalisée sur la question 22 (soit le processus d'achat) et les questions 4 et
5 individuelles et regroupées (le nombre d'employés et le chiffre d'affaires) ne
permet pas de vérifier cette hypothèse. Effectivement, les coefficients de
détermination R2 sont trop faibles pour vérifier l'influence de la variation de la taille
des entreprises sur la présence d'un processus d'achat complet.
De même le tableau 28, décrivant le lien entre le chiffre d'affaires et la
présence d'un processus d'achat, ne révèle pas d'évidence à ce niveau.
84
Tableau 27
Analyse de régression simple et multiple entre le processus
d'achat, le nombre d'employés et le chiffre d'affaires
R2 R2 R2
Nombre Chiffre Nombre d'employés
d'employés d'affaires et chiffre d'affaires
Processus d'achat
22,1 (Besoin) 0,00804 0,00598 0,02329
22,2 (Produit) 0,00001 0,00874 0,01068
22,3 (Spec) 0,00201 0,00257 0,00761
22,4 (Recherche) 0,00075 0,00985 0,01520
22,5 (proposition) 0,00000 0,00097 0,00119
22,6 (Analyse) 0,00106 0,01830 0,01885
22,7 (Commande) 0,00003 0,01903 0,02338
22,8 (Évaluation) 0,00267 0,00003 0,00296
Regroupé 0,00109 0,01250 0,01970
85
Tableau 28
Processus d'achat et chiffre d'affaires
IMCOMPLET ASSEZ COMPLET
Chiffres d'affaires 1 2 3
De 1 million 0 1 3
1-1,99 millions 0 5 7
2-3,99 millions 1 3 26
4-4,99 millions 0 3 5
5 millions et plus 4 B 2Q
Total 5 27 77
La première hypothèse renfermait certaines sous-hypothèses quant à la
responsabilité des approvisionnements. Nous disions que dans les entreprises plus
petites le propriétaire dirigeant aurait souvent cette responsabilité et que dans les
plus grandes entreprises cette responsabilité incomberait le plus souvent à une
personne spécialisée au niveau des approvisionnements. Les résultats obtenus au
tableau 29 tendent à confirmer cette hypothèse. On retrouve effectivement au sein
des entreprises de 5 millions et moins, 37% des entreprises parmi lesquelles la
responsabilité des approvisionnements relève des propriétaires ou présidents
d'entreprise, alors que pour les entreprises de 5 millions et plus, cette proportion
86
revient à Il %. De même, c'est au sein des entreprises de 5 millions et plus que l'on
retrouve une proportion de 50% de personnel spécialiste en approvisionnement. Au
niveau des entreprises de moins de 5 millions, cette proportion diminue à 16%
(Tableau 28).
Tableau 29
Responsable des approvisionnements et chiffre d'affaires
- de 1 1-1,99 2-3,99 4-4,99 5 millions
million millions millions millions et plus
Propriétaire 2 5 11 3 6
Directeur général 0 1 2 0 5
Directeur
administratif 0 4 1 0 3
Acheteur 0 0 2 3 7
Commis-comptable 2 2 5 1 4
Directeur de
l'usine 0 1 3 0 4
Contrôleur 1 0 3 0 5
VP, Production JL 0 1 JL 1
Total 5 13 31 8 56
87
On peut donc penser que c'est vraiment lorsque l'entreprise peut se
permettre d'engager une ou plusieurs ressources en approvisionnement que le
propriétaire délèguera cette fonction. De même, le fait qu'il s'en occupe
personnellement jusqu'à ce moment démontre l'importance accordée à cette
fonction.
On retrouve aussi un processus d'achat généralement complet dans
l'entreprise, peu importe qui s'en occupe (Tableau 30). Cette proportion est de 80%
lorsque c'est le propriétaire dirigeant, 72% dans le cas d'un responsable des
approvisionnements, 83% si c'est un service d'approvisionnement et 66% lorsque
les approvisionnements sont décentralisés et que des personnes de différents
services effectuent leurs approvisionnements respectifs. Cette dernière situation fait
ressortir une plus faible proportion qui peut s'expliquer de par le fait que les
approvisionnements ne sont pas la tâche première des gens de divers services.
Cependant, on peut dire que ce pourcentage est très important surtout si on tient
compte d'un processus assez complet, ce qui le ramène à 90%.
88
Tableau 30
Responsable des approvisionnements et processus d'achat
Propriétaire Responsable Services Personne Autres
dirigeant des achats des achats différente
Processus d'achat
Incomplet 0 3 0 2 0
Assez 4 13 1 5 5
Complet 16 42 -2 14 1
Total 20 58 6 21 6
De même, une sous-hypothèse selon laquelle un niveau de scolarité et de
perfectionnement plus élevé auraient un impact sur la présence d'un processus
d'achat complet ne peut être vérifiée. Dans notre échantillon, on retrouve un
processus d'achat complet dans 71,6% des cas, peu importe le niveau de scolarité et
il semble que les détenteurs qui ont un niveau collégial ou un certificat universitaire
soient ceux qui soient le plus enclin à une gestion formalisée. Cependant, ces résultats
doivent être interprétés avec prudence considérant le faible nombre de répondants
par catégories (Tableau 31).
89
Tableau 31
Niveau de scolarité et processus d'achat
IMCOMPLET ASSEZ COMPLET
Secondaire 0 8 21
Collège professionnel 1 6 12
Collège général 1 1 11
Certificat 1 1 11
Baccalauréat 1 6 15
Maîtrise ou Doctorat 0 2 3
Autres 1 3 .2
Total 5 26 78
En ce qui a trait au perfectionnement spécifique en approvisionnement, on
retrouve, au tableau 32, une proportion moindre de répondants qui ont suivi un
perfectionnement lorsque le processus d'achat est complet, soit 62%, comparativement
à 78% dans le cas contraire. Le perfectionnement ne semble donc pas avoir d'impact
au niveau de la présence d'un processus d'achat complet.
90
Tableau 32
Perfectionnement en approvisionnement et processus d'achat
IMCOMPLET ASSEZ COMPLET
Perfectionnement
Oui 2 17 31
Non 3 10 46
Total 5 27 78
La deuxième hypothèse renferme plusieurs éléments étant analysés séparément.
Cette hypothèse fait ressortir que les entreprises ayant un ratio d'achats sur ventes,
autour ou plus grand que 50%, perçoivent les approvisionnements comme étant une
variable stratégique pour le succès de leur entreprise. Au sein de notre échantillon,
48 entreprises ont un ratio plus grand que 45%. De ces entreprises, 77% perçoivent
la gestion des approvisionnements comme une possibilité de rentabilité
supplémentaire, 78% la perçoivent comme étant une variable stratégique pour le
succès de l'entreprise et 2,8% comme une activité secondaire. Ces résultats
démontrent que la gestion des approvisionnements joue effectivement un rôle tant au
niveau de la rentabilité qu'en terme de stratégie et ce, pour la majeure partie des
91
entreprises ayant un ratio achats/ventes supérieur à 45%. Cependant, cette situation
décrite au tableau 33, ne semble pas être spécifique aux seules entreprises ayant ce
niveau de ratio.
Tableau 33
Ratio achats/ventes et utilité perçue de la gestion des approvisionnement
Ratio achats/ventes Variable Rentabilité Source Activité
stratégique supplémentaire secondaire
d'informa tion
25% et moins 42,1 % 63,2% 31,6% 5,3%
26% - 35 % 57,9% 73,7% 31,6% 10,5%
36% - 45 % 66,7% 73,3% 46,7% 0,0%
46% - 55 % 81 ,8% 81,8% 36,4% 4,5%
56% - 100 % 65,4% 73,1 % 30,8% 0,0%
92
La deuxième hypothèse mentionne également que les entreprises négociant
dans un marché d'achat complexe et oeuvrant dans un secteur d'activité difficile,
tant au niveau de la concurrence, de la clientèle que de la rentabilité, perçoivent la
gestion des approvisionnements comme étant une variable stratégique. Les résultats
du tableau 34 décrivent que 77 entreprises oeuvrent dans un secteur d'activité
difficile. De ces entreprises, 68,8% considèrent la gestion des approvisionnements
comme une possibilité de rentabilité supplémentaire, 63,6% comme une variable
stratégique pour le succès de l'entreprise et 3,9% comme une activité secondaire.
En ce qui a trait à la complexité du marché achat, 31 entreprises négocient
sur un marché complexe. De ces entreprises, 77,4% d'entre elles considèrent la
gestion des approvisionnements comme une possibilité de rentabilité
supplémentaire, 74,2% comme une variable stratégique pour le succès de
l'entreprise et 3,2% comme une activité secondaire.
93
Tableau 34
Caractéristiques organisationnelles et environnementales et
utilité de la gestion des approvisionnements
Variable Rentabilité Activités
stratégique supplémentaire secondaires
Ratio achats/ventes
> 45% (48 entreprises) 78,0% 77,0% 2,8%
Secteur d'activité diffi-
cile (77 entreprises) 63,6% 68,8% 3,9%
Marché achat complexe
(31 entreprises) 74,2% 77,4% 3,2%
L'analyse de variance effectuée sur la question 30 (utilité de la gestion des
approvisionnements), la question 21 (secteur d'activité) et la question 18 (marché
amont) semble confirmer en partie ces conclusions. Effectivement, les résultats
94
que l'on retrouve au tableau 35 font ressortir le fait que les gens qui perçoivent leur
marché amont comme étant complexe perçoivent également la variable
approvisionnement comme étant une variable stratégique. Cette affirmation est
faite dans les limites du pouvoir explicatif du modèle où le R2 (coefficient de
détermination) est à 14% avec un seuil de signification de 0,008. La question 30.2,
variable stratégique, contribue à 92% du R2 de 14%. Il semble que le volume
d'achat, question 21.11, soit lié à la perception de la gestion des approvisionnements
comme étant une variable stratégique et une possibilité de rentabilité
supplémentaire, ces deux éléments expliquant à 67% le R2 de 13,6%. On retrouve
les mêmes commentaires en ce qui concerne la complexité de fabrication du produit
à acquérir, question 21.6, où le R2 est de 11,5% et est significatif à 0,028.
L'analyse de variance ne permet pas de confirmer l'hypothèse concernant la
complexité du secteur d'activité, ni en ce qui concerne le ratio achats sur ventes.
Les résultats obtenus semblent confirmer, en partie seulement, cette deuxième
hypothèse qui découle des informations retenues de Porter (1979); Kraljic (1983) et
Chicha (1987).
95
Tableau 35
Analyse de variance entre le secteur d'activité et le marché amont en
comparaison avec l'utilité perçue de la gestion des approvisionnements
Utilité perçue de la gestion des
approvisionnement (question 30)
R2
Secteur d'activité (18)
18.1 Concurrence 0,007
18.2 Nombre de concurrents 0,065
18.3 Fidélité, clientèle 0,035
18.4 Rentabilité 0,031
18.5 Investissement 0,029
18.6 Technologie, évolution 0,070
Regroupés 0,049
96
Tableau 35
Analyse de variance entre le secteur d'activité et le marché amont en
comparaison avec l'utilité perçue de la gestion des approvisionnements
(suite)
R2
Marché amont (21)
21.1 % important 0,072
21.2 Prix vs rentabilité 0,006
21.3 Valeur ajoutée 0,079
21.4 Pénurie 0,057
21.5 Changements technologique 0,041
21.6 Complexité, fabrication 0,115
21.7 Coûteux de fabrication 0,073
21.8 Peu de fournisseurs 0,091
21.9 Faible pouvoir de négociation 0,099
21.10 Substitut possible 0,029
21.11 Client important 0,136
Regroupés 0,136
97
La troisième hypothèse émet que les entreprises ayant un ratio achats/ventes
autour de 50%, négociant dans un marché d'achat complexe et oeuvrant dans un
secteur d'activité difficile, sont des entreprises plus propices à avoir une gestion des
approvisionnements organisée donc suivant le processus d'achat décrit au niveau
du cadre conceptuel.
Les résultats obtenus sont que les entreprises ayant un ratio achats/ventes
plus grand que 45% suivent, dans 83,3% des cas, ce processus d'achat, celles
oeuvrant dans un secteur d'activité difficile le suivent dans 94,7% des cas et celles
négociant dans un marché amont complexe à 93,6%.
L'analyse de variance réalisée au niveau de cette hypothèse, et décrite au
tableau 36, ne permet pas de la confirmer. Effectivement le R2 regoupé est trop
faible pour conclure. Bien qu'on retrouve à la question 18.2 (la présence d'un grand
nombre de concurrents) un R2 de 11,7% et de même pour la question 18.6 (une
technologie qui évolue rapidement) un R2 de 13,3%, les seuils de signification de ces
deux éléments, soit respectivement 0,221 et 0,132, sont trop élevés pour permettre
d'affirmer qu'ils ont un impact sur la présence du processus d'achat.
98
Tableau 36
Analyse de variance entre le secteur d'activité, le marché amont,
le ratio achats/ventes et la présence du processus d'achat
La présence du processus d'achat
(question 22, regroupés)
R2
Secteur d'activité (18)
18.1 Concurrence 0,028
18.2 Nombre de concurrents 0,117
18.3 Fidélité, clientèle 0,070
18.4 Rentabilité 0,013
18.5 Investissement 0,053
18.6 Technologie, évolution 0,133
Regroupés 0,082
La quatrième hypothèse fait référence aux relations avec les fournisseurs.
Selon cette hypothèse, les caractéristiques organisationnelles et environnementales
énoncées à l'hypothèse 1 et 2 seraient plus propices au maintien de bonnes relations
99
avec les fournisseurs. On retrouve à ce niveau que 83,3% des entreprises ayant un
ratio achats/ventes plus grand que 45% entretiennent de bonnes relations avec leurs
fournisseurs. De même, 85,7% des entreprises oeuvrant dans un secteur d'activité
difficile et 90,3% des entreprises négociant dans un marché amont complexe ont
aussi cette attitude envers leurs fournisseurs.
L'analyse de variance permet de vérifier en partie cette hypothèse en ce qui
a trait au secteur d'activité. Compte tenu des particularités du secteur d'activité de
l'entreprise, il semblerait que cela influence les relations avec les fournisseurs. On
retrouve effectivement un R2 de 34% significatif à 0,009. Ce sont les questions 29.1,
soit le fait d'avoir des spécifications claires, et 29.7, la réception des représentants
sans délais qui semblent avoir le plus d'influence. En ce qui a trait au marché
amont et au ratio achats/ventes, on ne peut conclure car les R2 sont trop faibles
(Tableau 37).
100
Tableau 37
Analyse de variance entre le secteur d'activité, le marché amont,
le ratio achats/ventes et les relations avec les fournisseurs
Relations avec les fournisseurs
(question 29)
R2
Secteur d'activité (18)
18.1 Concurrence 0,295
18.2 Nombre de concurrents 0,275
18.3 Fidélité, clientèle 0,182
18.4 Rentabilité 0,179
18.5 Inves tissement 0,227
18.6 Technologie, évolution 0,175
Regroupés 0,337
La cinquième hypothèse tient compte des bonnes relations entretenues avec
les fournisseurs comme facteur aidant à l'obtention d'informations utiles à
l'entreprise et des conditions d'affaires plus favorables.
101
Les résultats obtenus au moyen de tableaux croisés font ressortir que 85,5%
des entreprises, entretenant de bonnes relations avec leurs fournisseurs, obtiennent
des informations utiles. De même, 75,8% de ces entreprises obtiennent des
conditions d'affaires plus favorables que leur concurrents.
L'analyse de variance réalisée entre la question 29 (les relations avec les
fournisseurs), la question 28 (conditions d'affaires plus favorables) et la question 31
(les informations utiles) ne permet pas de confirmer les résultats à ce niveau.
Cependant, on peut expliquer que les fournisseurs ne sont pas enclins à divulguer
des informations sur leurs autres clients même s'ils entretiennent de bonnes
relations avec une entreprise. Cette information est possiblement perçue comme
étant confidentielle par les fournisseurs.
La dernière hypothèse réfère à la relation qui peut être établie entre la
performance financière et la gestion des approvisionnements. Cette hypothèse, qui
découle des affirmations de Dollinger (1986) et de Pressutti (1988), est en partie
confirmée. Effectivement, ceux qui diversifient leurs sources d'approvisionnements
pour un produit important perçoivent que cette stratégie a un impact positif sur la
situation de leur entreprise par rapport à la concurrence et ce, plus particulièrement
en ce qui concerne le coût de leurs matières premières. L'analyse de variance à ce
102
niveau fait ressortir un R2 de 25,7% significatif à 0,014.
Malheureusement, nous n'avons pu analyser plus en profondeur cette
hypothèse car une partie du questionnaire y référant demandait des données
confidentielles. Peu de répondants y ont donné suite.
CONCLUSION
L'objectif de cette recheche était de décrire le comportement de PME
manufacturières envers la gestion de leurs approvisionnements et de tenter
d'identifier les entreprises les plus sujettes à gérer stratégiquement leurs
approvisionnements en terme de champ d'action, de caractéristiques
organisationnelles et environnementales, et de vérifier si ce type de gestion des
approvisionnements a une influence sur la performance financière des entreprises.
Cette recherche nous a permis de vérifier une partie de la réalité des PME
manufacturières de divers secteurs d'activités en ce qui concerne la gestion de leurs
approvisionnements.
Le comportement des entreprises de notre échantillon ne semble pas différer
du modèle normatif développé à partir de la réalité de grandes entreprises et qui
a fait l'objet de citations au niveau du cadre conceptuel. De plus, si on évalue une
gestion stratégique des approvisionnements en fonction des éléments décrits au
niveau du cadre tant par Raedels (1983) que Nollet et al. (1986) et Dollinger (1986),
les entreprises tendent à gérer leurs approvisionnements selon ces considérations.
Effectivement, il semble que la majeure partie des entreprises de notre
104
échantillon soient attentives à la gestion de leurs approvisionnements. Elles
utilisent un processus d'achat semblable à celui décrit par Robinson, Faris et Wind
(1967) et endossé subséquemment par divers auteurs cités au niveau du cadre
conceptuel. Lors de l'acquisition de produits importants, elles s'assurent d'obtenir
les meilleures conditions et diversifient leurs sources afin de s'assurer un
approvisionnement continu, ces éléments étant décrits par Nollet et al. (1986) et
Raedels (1983) comme partie intégrante de la gestion des approvisionnements. Le
choix de leurs fournisseurs est dicté par les critères décrits par Bouchard et Pelletier
(1985) et Wieters et Ostrom (1977) portant principalement sur la qualité du produit,
le prix, les délais de livraison et le service. Elles maintiennent de bonnes relations
avec leurs fournisseurs, ce comportement étant considéré comme étant conséquent
avec une saine gestion des approvisionnements par Raedels (1983), Voelker (1991),
Reck et Long (1988), Rothfeld (1974), Dubinsky et Ingram (1982) et Leenders, Fearon
et England (1985). Elles obtiennent plusieurs informations en provenance de leurs
fournisseurs qu'elles considèrent importantes. On ne peut cependant affirmer
qu'elles privilégient ce type d'informations plus personnalisées à l'instar d'autres
types d'informations impersonnelles telles qu'il ressortait des études de Specht
(1987) et Young et Welsh (1983).
Au cours des analyses effectuées précédemment, nous avons tenté de
105
rechercher certaines explications concernant le degré de présence des
comportements d'approvisionnements cités. La taille de l'entreprise s'est révélée
n'être d'aucune influence sur l'utilisation du processus d'achat. Ce fait tend donc
à renforcer la conclusion déjà émise à ce niveau.
Certaines hypothèses ont été émises pour vérifier quelles entreprises sont les
plus sujettes à percevoir et à gérer leurs approvisionnements comme une activité
stratégique. Nous avons analysé ces éléments en fonction de certaines
caractéristiques organisationnelles et environnementales telles que citées par Chicha
(1987), Gronhaug (1976), Ammer (1974), Kraljic (1983) et Porter (1979). Les
principales conclusions qui ressortent à ce niveau sont que les entreprises qui
perçoivent leur marché amont comme étant complexe perçoivent également la
variable approvisionnement comme étant stratégique. La présence du processus
d'achat n'est influencée par aucune des caractéristiques organisationnelles ou
environnementales étudiées. Les entreprises qui oeuvrent dans un secteur d'activité
complexe ont plus tendance à entretenir de bonnes relations avec leurs fournisseurs.
Finalement, les entreprises qui diversifient leurs sources
d'approvisionnements considèrent que cette stratégie a un impact sur le coût de
leurs matières premières, donc, directement sur leur performance financière.
106
Les limites de la recherche
Les limites de la présente recherche sont liées dans un premier temps à
l'utilisation d'un questionnaire expédié par la poste. Effectivement, le degré de
formalisation de certains éléments, tels le processus d'achat, sont difficilement
évaluables par questionnaire. Nous croyons donc que l'absence de différence à ce
niveau en fonction de la taille de l'entreprise peut être causée par la façon de
recueillir les données.
Aussi, le fait que peu d'entreprises de notre échantillon considèrent les
approvisionnements comme étant une activité secondaire nous porte à croire que
seules les entreprises considérant la gestion des approvisionnements comme étant
une activité importante ont répondu au questionnaire; ce qui peut avoir pour effet
de biaiser les résultats de cette recherche.
Le questionnaire utilisé a été spécifiquement monté pour les fins de la
présente recherche. Cette première utilisation fait ressortir que certaines
améliorations pourraient lui être apportées, telle la formulation des questions, les
échelles de mesure, l'ajout ou retrait de thèmes d'enquête, etc ...
Finalement, les analyses de variance réalisées conduisaient à des R2
107
relativement faibles. D'autres variables seraient donc à analyser pour expliquer une
plus grande part de la variance.
Les avenues de recherche
Au cours de cette recherche, nous avons tenu compte de certaines variables
pour expliquer le comportement de PME au niveau de leurs approvisionnements.
D'autres variables pourraient faire l'objet d'étude afin d'expliquer ce comportement.
On peut penser, au niveau de l'entreprise, d'évaluer son comportement en
fonction de ses objectifs, de son stade de développement (Churchill et Lewis, 1984),
de son niveau d'adhésion aux principes de qualité totale, de juste-à-temps, de
planification des besoins en matières premières et aussi, en fonction du propriétaire
dirigeant, de ses intérêts envers les approvisionnements, sa personnalité, son style
de gestion; de même, au niveau du responsable des approvisionnements, sa
personnalité, son comportement en tant qu'acheteur et ses objectifs personnels.
Il serait aussi intéressant d'évaluer le niveau de la fonction
approvisionnement dans l'organigramme de l'entreprise ainsi que ses relations avec
les autres sous-systèmes de l'organisation.
108
Bref, peu de recherches ayant été réalisées dans ce domaine au niveau de la
PME, ces diverses avenues peuvent être exploitées en plus d'approfondir les
données de la présente étude.
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116
ANNEXE 1
~
Etude sur la gestion des achats dans les
PME manufacturières
QUESTIONNAIRE
Département d'administration et d'économique
Université du Québec à Trois-Rivières
Directives
Ce questionnaire a été conçu pour être rempli facilement et rapidement car la plupart
des questions nécessitent des réponses à cocher ou des réponses factuelles ( ex. âge
de l'entreprise). Veuillez faire attention aux points suivants:
- Lire attentivement chacune des questions pour bien
comprendre le sens de celle-ci;
- Lire attentivement les choix de réponses;
- Répondre à toutes les questions et le plus honnêtement
possible;
- Indiquer de façon claire toutes les modifications à vos
réponses.
Veuillez, s'il vous plaît, après avoir rempli le questionnaire l'insérer dans
l'enveloppe pré-adressée ci-jointe et nous le retourner. Je vous remercie de votre
collaboration.
Note: Dans le présent questionnaire, le générique masculin est utilisé dans le but d'alléger le texte
1. Dans quel secteur de l'industrie votre entreprise se classe-t-elle ?
1 Aliments et produits analogues
2 Industrie du tabac
3 Industrie des textiles
4 Vêtement$ et autres produits faits d'étoffe et de tissus
5 Scieries et produits du bois à l'exclusion des meubles
6 Meubles et articles d'ameublement
7 Papiers et produits connexes
8 Imprimerie, édition et industrie connexes
9 Industrie chimique et produits connexes
10 Raffmage du pétrole et industries connexes
11 Produits du caoutchouc
12 Cuir et produits divers en cuir
13 Produits en pierre, produits de l'argile et du verre
14 Industries métalliques
15 Machines électriques, matériel et fournitures
16 Matériel de transport
17 Instruments professionnels scientifiques et instruments de commande, appareils
photographiques et optiques, montres et horloges
18 Industrie de la machinerie
19 Industries manufacturières diverses, veuillez préciser
2. Quel est le statut juridique de votre entreprise ?
Corporation (Cie)
2 Société
3 Coopérative
4 Autres, veuillez préciser
3. Depuis combien de temps votre entreprise· est-elle en opération ?
_ _ _ _ _ _ _ années
4. En temps normal, quel est le nombre d'employés?
_ _ _ _ _ _ employés
5. De quel ordre est votre chiffre d'affaires?
1 Moins de 1 million 2 Entre 1 et 1.99 millions
3 Entre 2 et 3.99 millions 4 Entre 4 et 4.99 millions
5 5 millions et plus
6. Quel est le titre du poste que vous occupez présentement dans l'entreprise?
7. Depuis combien de temps occupez-vous ce poste ?
années mois
8. Depuis combien d'années êtes-vous au service de cette entreprise ?
- - - années
9. Combien d'années d'expérience de travail aviez-vous avant d'être à l'emploi
de cette entreprise ?
- - - années
10. Quelles sont vos principales responsabilités ?
Il. Quels sont les autres postes que vous avez occupés antérieurement dans
l'entreprise ?
Poste Responsabilités Durée
12. Quel est le nombre d'années de scolarité que vous avez complétées?
___ années
13. Quel est le dernier diplôme que vous avez obtenu ?
1 Diplôme d'études secondaires
2 Diplôme d'études collégiales professionnelles
3 Diplôme d'études collégiales générales
4 Certificat de premier cycle universitaire
5 Baccalauréat
6 Maîtrise ou doctorat
7 Autres, veuillez préciser
14. Avez-vous déjà suivi des cours ou des séminaires concernant la gestion des
achats ?
1 Oui 2 Non
Si oui, combien de cours
combien de séminaires _____
15. Quel est le principal produit fabriqué par votre entreprise ?
16. Quel type de clientèle avez-vous? (plus qu'un choix est possible)
1 Industrielle (Elle achète votre produit pour le transformer, le consommer ou
l'intégrer tel quel dans son processus de fabrication)
2 Institutionnelle (Exemples: hôtels, gouvernements, hôpitaux, écoles, ... )
3 Individuelle (Le consommateur est votre client. Il achète soit direCtement ou
indirectement par l'intermédiaire d'un distributeur ou d'un
magasin de détail. Il est le dernier utilisateur de votre produit)
17. Le territoire que vous desservez est de quel type? (plus qu'un choix est possible)
1 Local (La municipalité où se trouve votre entreprise)
2 Régional (La région où se trouve votre entreprise)
3 Provincial (Plusieurs régions à l'intérieur du Québec)
4 National (Autres provinces)
5 International (Autres pays)
18. Pourriez-vous nous indiquer votre opinion sur certaines caractéristiques de
votre secteur d'activité (votre entreprise et les autres entreprises ayant les
mêmes activités que la vôtre) ?
On vous demande d'indiquer votre degré d'accord ou de désaccord selon le choix de -
réponses suivants:
Totalement en accord Plutôt en accord Plutôt en désaccord Totalement en désaccord
1 2 3 4
Totalement Totalement
en accord en désaccord
18.1 La [Link] agressive 1 2 3 4
18.2 Il Ya un grand nombre de concurrents 2 3 4
18.3 La clientèle est fidèle 1 2 3 4
18.4 La rentabilité est élevée 1 2 3 4
18.5 L'investissement requis pour démarrer
une entreprise dans votre secteur d'acti-
vité est élevé 1 2 3 4
18.6 La technologie requise évolue rapidement 1 2 3 4
19. Qui est responsable des achats dans votre entreprise ?
1 Le propriétaire dirigeant
2 Un responsable des achats
3 Un service des achats
4 Plusieurs personnes différentes
5 Autres, veuillez préciser
20. Quel est le total des achats de votre entreprise en pourcentage de vos revenus
( [total des achats / ventes] x 100)?
%
21. Quel est le principal produit que vous devez acheter et qui a une grande
importance dans les opérations de votre entreprise ?
Pour ce produit on vous demande d'indiquer votre degré d'accord ou de désaccord avec les
énoncés ci-dessous (21.1 à 21.11) selon le choix de réponses suivants:
Totalement en accord Plutôt en accord Plutôt en désaccord Totalement en désaccord
1 2 3 4
Totalement Totalement
en accord en désaccord
21.1 Le pourcentage (%) d'achat de ce produit
comparé aux coûts totaux est important
( [Achat du produit Z / coûts totaux] x 100) 1 2 3 4
21.2 Le fait de payer ce produit plus cher ou
moins cher se reflète sur la rentabilité de
l'entreprise 1 2 3 4
21.3 Ce produit ajoute une grande valeur, en
terme de prix, à votre produit fmi 1 2 3 4
21.4 TI Ya souvent une pénurie ou un manque
de ce produit sur le marché 1 2 3 4
21.5 Ce produit fait souvent l'objet de change-
ments technologiques 1 2 3 4
21.6 Ce produit est complexe à fabriquer 1 2 3 4
21.7 Ce produit est coûteux à fabriquer 1 2 3 4
21.8 Il y a peu de fournisseurs pour ce produit 1 2 3 4
21.9 Le pouvoir de négociation avec les four-
nisseurs est faible 1 2 3 4
21.10 TI existe des produits de remplacement
(substitut) pour ce produit 1 2 3
21.11 Votre entreprise et les autres entreprises
de votre secteur d'activités êtes des clients
importants (volume, quantité) pour l'indus-
trie qui fabrique ce produit 1 2 3 4
22. Pour ce même produit (question 21), veuillez nous indiquer si dans votre
entreprise les activités suivantes sont réalisées lors de l'achat de ce produit
important? (Ces activités peuvent être présentes même si elles ne sont pas
formelles et peuvent être réalisées simultanément ou dans des séquences
différelltes)
22. 1 Un besoin est identitïé et une demande de
produit ou de service est faite au responsa-
ble des achats toujours souvent parfois jamais
22.2 On détennine le produit ou service apte à
satisfaire le besoin toujours souvent parfois jamais
22.3 On détennine les spécifications et les quan-
tités requises toujours souvent parfois jamais
22.4 On recherche des fournisseurs ayant le poten-
tiel de répondre aux besoins toujours souvent parfois jamais
22.5 On demande des propositions aux
fournisseurs toujours souvent parfois jamais
22.6 On analyse les propositions des fournisseurs
et on choisit un fournisseur toujours souvent parfois jamais
22.7 On émet la commande d'achat (confirmation
de prix, quantités, ... ) toujours souvent parfois jamais
22.8 On évalue le produit (ou le service) et le fournis-
seur après réception et utilisation du produit toujours souvent parfois jamais
23. Quelles sont les sources d'informations que vous utilisez pour mieux
connaître vos fournisseurs ?
23.1 Les catalogues de fournisseurs toujours souvent parfois jamais
23.2 La publicité descriptive toujours souvent parfois jamais
23.3 Les revues professionnelles
(exemple: Purchasing) toujours souvent parfois jamais
23.4 Les annuaires professionnelles
(exemples: CRIQ, SCOIT) toujours souvent parfois jamais
23.5 Les visites d'entreprises toujours souvent parfois jamais
23.6 Les échantillons toujours souvent parfois jamais
23.7 Les avis de collègues toujours souvent parfois jamais
23.8 Les fichiers de fournisseurs de votre
entreprise toujours souvent parfois jamais
24. Lorsque vous choisissez un fournisseur pour un produit important dans votre
entreprise, tenez-vous compte des éléments suivants ?
24.1 La capacité économique et tinancière
(exemple: solvabilité) toujours souvent parfois jamais
24.2 La capacité administrative
(exemple: la qualité générale de gestion) toujours souvent parfois jamais
24.3 La capacité technique (exemples: la capacité
de production, les équipements) toujours souvent parfois jamais
24.4 La qualité du produit toujours souvent parfois jamais
24.5 Les délais de livraison toujours souvent parfois jamais
24.6 La qualité dans les livraisons (emballage et
transport) toujours souvent parfois jamais
24.7 Le service toujours souvent parfois jamais
24.8 Le prix toujours souvent parfois jamais
24.9 La proximité géographique toujours souvent parfois jamais
24.10 La réputation toujours souvent parfois jamais
24.11 La flexibilité face aux changements toujours souvent parfois jamais
24.12 L'intérêt manifesté envers votre entreprise toujours souvent parfois jamais
24.13 L'attitude du vendeur toujours souvent parfois jamais
24.14 La connaissance du vendeur de ses
produits toujours souvent parfois jamais
24.15 La possibilité qu'il devienne un concurrent
direct toujours souvent parfois jamais
24.16 Autres éléments, veuillez préciser
toujours souvent parfois jamais
toujours souvent parfois jamais
25. Disposez-vous de plus d'une source d'approvisionnement pour tout article
d'importance majeure?
1 Toujours 2 Souvent
3 Parfois 4 Jamais
26. Demandez-vous des soumiSSIons sur vos achats lorsque vous n'êtes pas
certain du prix à payer?
Toujours 2 Souvent
3 Parfois 4 Jamais
27. Vos achats sont-ils faits à juste prix? (Le juste prix est le prix le plus bas
qu'un acheteur peut payer sans causer de tort au fournisseur)
Toujours 2 Souvent
3 Parfois 4 Jamais
28. Certains de vos fournisseurs vous offrent-ils des services qu'ils n'offrent
pas à vos concurrents ?
1 Toujours 2 Souvent
3 Parfois 4 Jamais
29. Concernant les relations avec vos fournisseurs, dans quelle mesure les
affirmations suivantes correspondent-elles à la réalité de votre entreprise ?
29.1 Nos spécifications sont claires et justes toujours souvent parfois jamais
29.2 Nous gardons la compétition ouverte et
loyale toujours souvent parfois jamais
29.3 Les soumissions sont gardées confidentielles toujours souvent parfois jamais
29.4 Nous prenons avantage des erreurs des
vendeurs toujours souvent parfois jamais
29.5 Nous rejetons les soumissions soit par lettre,
par appel téléphonique, ... toujours souvent parfois jamais
29.6 Nous négocions rapidement et équitablement
les refus de marchandise toujours souvent parfois jamais
29.7 Nous recevons les représentants sans délais toujours souvent parfois jamais
29.8 Nous adoptons une attitude amicale et
franche toujours souvent parfois jamais
30. Comment la gestion des achats est-elle considérée dans votre entreprise ?
(plus qu'un choix est possible)
1 Une possibilité de rentabilité supplémentaire
2 Une variable stratégique pour le succès de l'entreprise
3 Une source d'information importante
4 Une activité secondaire
5 Autres, veuillez préciser
31. Obtenez-vous des informations de vos fournisseurs concernant les sujets
suivants ?
Si non, veuillez cocher non.
Si oui, veuillez cocher selon que ces informations sont
soit toujours, souvent, parfois ou jamais importantes
pour votre entreprise se 1011 la notation suivante:
1 Tolljolirs imporhuites
2 Souvent importantes
3 Parfois importantes
4 Jamais ünportantes
Informations sur les produits du fournisseur
Toujours Jamais
importantes importantes
31.1 Les produits les plus en demande 1 2 3 4 Non
31.2 La planification de nouveaux produits,
extension de lignes, nouvelles lignes, ... 1 2 3 4 Non
31.3 Les produits courants discontinués 1 2 3 4 Non
31.4 Les substituts offerts 1 2 3 4 Non
Informations sur le secteur du fournisseur
31.5 La tendance des prix 1 2 3 4 Non
31.6 La pénurie ou rareté possible de produits 1 2 3 4 Non
Informations sur votre industrie et l'économie
31.7 Prévision pour l'industrie selon le
contexte économique 1 2 3 4 Non
31.8 Changements dans l'environnement qui
peuvent affecter votre industrie 2 3 4 Non
31.9 Vulnérabilité de votre industrie aux
produits substituts 1 2 3 4 Non
31.10 Les effets des changements technologiques
à venir sur votre industrie 1 2 3 4 Non
Informations sur vos concurrents
31.11 À qui le fournisseur vend 2 3 4 Non
31.12 Quels produits il fournit à vos concurrents 1 2 3 4 Non
31.13 Qui sont ses plus gros clients et leurs
volume d'achat 1 2 3 4 Non
Toujours Jamais
importantes importantes
31.14 Quels clients augmentent leurs commandes
ou les diminuent 2 3 4 Non
31.15 Les forces et faiblesses de vos concurrents 1 2 3 4 Non
31.16 Les stratégies de vos concurrents 1 2 3 4 Non
32. Depuis les trois (3) dernières années, comment votre entreprise se comporte-
t-elle concernant les éléments suivants ?
32.1 Pénétration du marché augmentation stabilité diminution
32.2 Ventes augmentation stabilité diminution
32.3 Fonds de roulement augmentation stabilité diminution
32.4 Liquidités augmentation stabilité diminution
32.5 Bénéfices augmentation stabilité diminution
33. Quelle est )a situation de votre entreprise par rapport à )a concurrence pour
les facteurs suivants ?
33.1 Part de marché inférieure semblable supérieure
33.2 Compétitivité des prix inférieure semblable supérieure
33. 3 Coût des matières premières inférieure semblable supérieure
33.4 Technologie inférieure semblable supérieure
33.5 Localisation inférieure semblable supérieure
33.6 Coût de la main-d'oeuvre inférieure semhlable supérieure
33.7 Compétence de la main-d'oeuvre inférieure semblable supérieure
34. Quels sont les ratios financiers de votre entreprise ou à tout le moins un
ordre de grandeur de ces derniers ?
Fonds de roulement
34.1 =
Total des actifs
Bénéfices non répartis _
34.2
Total des actifs
Bénéfices avant intérets et impôts _
34.3
Total des actifs
Valeur nette (avoir des actionnaires)
34.4 =
Valeur du passif
Ventes
34.5 =
Total des actifs
Commentaires
JE VOUS REMERCIE DE VOTRE PRÉCIEUSE COLLABORATION