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Méthodes de Valorisation des Stocks

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Les méthodes de valorisation des stocks

La gestion des stocks est un poste très sensible. En effet, la comptabilisation d’un stock peut
avoir une influence considérable, non seulement sur la valeur de l’actif de l’entreprise
analysée mais aussi sur son résultat.

En effet, lorsque l’on calcule le résultat comptable d’une société, le changement de valeur du
poste d’inventaire est pris en compte : lorsque le montant du stock augmente, on l’ajoute au
bénéfice comptable, lorsqu’il diminue, on le soustrait du bénéfice comptable.

En principe, quatre méthodes sont admises en comptabilité pour valoriser un inventaire.

1. le coût unitaire moyen pondéré (CUMP) après chaque entrée :

La méthode du coût unitaire moyen pondéré (CUMP) consiste à calculer un coût moyen
pondéré en divisant le total des coûts d’acquisition par le total des quantités acquises. Il s’agit
d’une technique comptable de valorisation des stocks reconnue fiscalement.

Le calcul du coût unitaire moyen pondéré peut être effectué :

 soit à l’occasion de chaque entrée en stock (notamment dans le cas des inventaires
permanents),
 soit à chaque fin de période (notamment dans le cas des inventaires intermittents, qui
correspond souvent à la durée moyenne de stockage.

La méthode du coût unitaire moyen pondéré (CUMP) est généralement utilisée pour la
valorisation de stock de matières non périssables et pouvant être stockées sur une longue
période. En pratique, le coût unitaire moyen pondéré est calculé automatiquement par
l’application de gestion des stocks utilisée par l’entreprise.

Calcul du coût unitaire moyen pondéré à chaque entrée en stock :

l’entreprise peut mettre à jour le coût unitaire moyen pondéré d’un produit à l’occasion
de chaque nouvelle entrée en stock. A chaque nouvelle entrée, le coût moyen est ajusté pour
tenir compte de la nouvelle entrée de produits à un prix donné.

Le coût unitaire moyen pondéré calculé automatiquement à chaque nouvelle entrée en stock
est obtenu de la manière suivante :

CUMP = (Valeur du stock précédent à l’ancien CUMP + Coût d’acquisition de la nouvelle entrée) /
Total des quantités en stock

Exemple de calcul du coût unitaire moyen pondéré à chaque entrée en stock

Une entreprise a en stock 200 articles identiques ayant un coût d’acquisition unitaire hors
taxes de 5 DH. L’entreprise enregistre une nouvelle entrée de 100 articles en stock pour un
coût d’acquisition unitaire hors taxes de 8 DH.
Suite à cette nouvelle entrée en stock, le coût unitaire moyen pondéré de l’article est mis à
jour, il s’élève désormais à 6 DH. Ce résultat est obtenu avec le calcul suivant : ((200 * 5) +
(100 * 8)) / (200 + 100) = 6 DH.

2. le coût unitaire moyen pondéré (CUMP) en fin de période :

Cette méthode calcule le prix des articles en stock en moyennant leur prix d’achat, sans tenir
compte des sorties de la période. Elle est rarement utilisée, mais sa gestion est plus simple
pour l’entreprise puisqu’elle ne doit pas individualiser les lots en stock.

Ainsi, une société achète 100 pièces d’un article à 3 DH la pièce et ensuite 300 pièces à 4 DH
et 100 pièces à 4,50 DH. Elle vend 200 pièces de cet article. Au cours de l’année, son
inventaire variera de la façon suivante :

Pour notre société « modèle », nous évaluerions la valeur du stock comme ceci :

(100 X 3) + (300 X 4) + (100 X 4,50) / 500 = 3,9 par pièce.

Valeur du stock fin de période : 3,9 X 300 = 1 170

3. la méthode FIFO (First In, First Out ou premier entré, premier sorti)

Cette méthode consiste à valoriser les sorties de stock au prix des premières unité entrées
jusqu’à épuisement du lot correspondant, avant de passer au lot suivant..

Ainsi, une société achète 100 pièces d’un article à 3 DH la pièce et ensuite 300 pièces à 4 DH
et 100 pièces à 4,50 DH. Elle vend 200 pièces de cet article. Au cours de l’année, son
inventaire variera de la façon suivante :

+ 100 pièces à 3 DH

valeur du stock : 100 X 3 = 300

+ 300 pièces à 4 DH

valeur du stock : (100 X 3) + (300 X 4) = 1 500

+ 100 pièces à 4,50 DH

valeur du stock : (100 X 3) + (300 X 4) + (100 X 4,50) = 1 950

- 200 pièces vendues

valeur du stock : (100 X 3) + (300 X 4) + (100 X 4,50) – (100 X 3) – (100 X 4) = 1 250

En réalité, FIFO travaille comme une bonne ménagère qui gère son réfrigérateur : elle place
ce qu’elle vient d’acheter à l’arrière du réfrigérateur afin de finir les denrées alimentaires plus
ancienne avant qu’elles ne soient périmées.

Les principaux inconvénients de cette méthode sont de deux ordres.


D’une part d’ordre opérationnel pour la société : elle nécessite une identification, une gestion
différenciée et la connaissance du coût unitaire de chaque lot. Et est donc assez lourde en
terme de gestion.

D’autre part d’ordre financier : en période de forte inflation, elle surévalue le résultat
d’exploitation, entraînant un risque de versement de dividendes non réels et le paiement
d’impôts excessifs. Les coûts sont sous-estimés et l’enregistrement de l’inflation en retard
entraîne une constatation tardive de la dégradation du résultat.

4. la méthode LIFO (Last In, First Out ou dernier entré, premier sorti)

Cette méthode consiste à valoriser les sorties de stock au prix des dernières unités entrées
jusqu’à épuisement du lot correspondant, avant de passer au lot suivant..

Reprenons exactement la même société que ci-dessus qui, pour rappel, achète 100 pièces d’un
article à 3 DH la pièce et ensuite 300 pièces à 4 DH et 100 pièces à 4,50 DH. Elle vend 200
pièces de cet article. Au cours de l’année, son inventaire variera de la façon suivante :

+ 100 pièces à 3 DH

valeur du stock : 100 X 3 = 300

+ 300 pièces à 4 DH

valeur du stock : (100 X 3) + (300 X 4) = 1 500

+ 100 pièces à 4,50 DH

valeur du stock : (100 X 3) + (300 X 4) + (100 X 4,50) = 1 950

- 200 pièces vendues

valeur du stock : (100 X 3) + (300 X 4) + (100 X 4,50) – (100 X 4,50) – (100 X 4) = 1 100

L’intérêt de cette approche est qu’elle permet, surtout en période d’inflation, de répondre au
principe de prudence dans la présentation des comptes : le stock final est sous-évalué et
permet une baisse du résultat. Néanmoins, dans des secteurs où l’obsolescence peut être très
rapide comme dans les « hight tech », cette méthode pourrait ne pas être adéquate.

Elle présente aussi l’inconvénient, comme la méthode FIFO, de nécessiter une identification
individuelle et une gestion différenciée et la connaissance du coût unitaire de chaque lot.

Conclusion :

Comme vous pouvez le constater, en fonction de la méthode de valorisation utilisée, la valeur


finale du stock peut être tout-à-fait différente. En résumé, pour un même inventaire, nous
avons obtenus les montants suivants :

CUMP fin période : 1 170


FIFO : 1 250

LIFO : 1 100

Il est donc très important de bien comprendre la méthode utilisée par la direction et son
impact qui est non seulement important en ce qui concerne la valeur du stock reprise à l’actif
du bilan mais aussi en ce qui concerne le résultat d’exploitation de la société analysée.

En effet, schématiquement, on calcule le bénéfice d’exploitation d’une société sur base de la


formule suivante :

Total des ventes – total des achats + valeur de l’inventaire en fin d’exercice – valeur de
l’inventaire en début d’exercice

Ainsi, en fonction de la méthode de valorisation choisie pour les stocks, le résultat de


l’entreprise peut être tout-à-fait différent.

Ce qui nous amène à attirer l’attention sur un éventuel changement de règle d’évaluation au
sein d’une entreprise : une société qui choisit, d’une année à l’autre, de passer de la méthode
LIFO à la méthode FIFO ne le fait-elle pas simplement pour améliorer artificiellement son
résultat comptable ?

Une bonne approche pour vérifier la pertinence de la règle choisie par la direction serait de
vérifier que la méthode choisie par l’entreprise correspond à celle des autres entreprises d’un
même secteur. Ainsi si toutes les sociétés d’un même secteur travaillent en FIFO, pourquoi
telle entreprise en particulier utiliserait-elle le LIFO ou le FIFO ?

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