Prévention des IST chez les requérants d'asile
Prévention des IST chez les requérants d'asile
Travail de Bachelor
Nous attestons avoir réalisé seules le présent travail sans avoir plagié ou utilisé
des sources autres que celles citées dans la bibliographie».
2
Résumé
Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont en recrudescence en
Suisse et à Genève en particulier. Force est de constater qu’il y a une haute
prévalence chez les requérants d’asile selon leur lieu de provenance, raison pour
laquelle nous avons choisi de traiter de la relation soignant-soigné et de la prévention
des IST auprès de cette population.
Notre étude a pour objectif de montrer que les perceptions, les représentations,
les croyances des requérants d’asile et des soignants peuvent être une barrière aux
discours de prévention des IST. Le but secondaire est de permettre aux différents
acteurs (infirmières du PSM, des autres unités hospitalière et à domiciles, les
conseillères en santé sexuelle et reproduction) d’avoir le point de vue des requérants
d’asile sur leur travail de prévention et d’éducation afin d’accroître leurs compétences
spécifiques.
Pour y arriver, nous avons opté pour une méthode qualitative. Nous avons
mené des entretiens semi-dirigés auprès des soignants et des requérants d’asile
après avoir préétabli un cadre théorique.
Mots clés:
3
Ce n’est qu’en étant conscient du caractère relatif de ses propres valeurs et
comportements, de même que du nombre infini des possibilités en terme de pratique
social et d’opinion individuel, que l’on peut acquérir des compétences
transculturelles.
4
Remerciements
Nous désirons exprimer nos remerciements à Emmanuelle Sorg, notre enseignante
et directrice de mémoire qui nous a coachées tout au long de ce travail. Elle nous a
encouragées et nous a laissées rédiger librement notre mémoire, ce qui est une
marque de confiance de sa part à notre égard.
Nous souhaitons également remercier Patricia Decaillet qui a accepté d’être notre
jury pour ce travail de bachelor.
Nous tenons aussi à remercier Gilles Hourton, Isabelle Villommet et Leaticia Baillot
pour leur aide lors de nos entretiens exploratoires. Ils nous ont orientées dans nos
recherches de la littérature et nous ont aidées à cibler la thématique de notre étude.
Un ‟ grand merci” aux infirmières du foyer d’Anières qui nous ont mis en contact
avec les requérants interviewés et qui ont mis des locaux à notre disposition pour la
réalisation de nos entretiens avec ces derniers.
Une pensée toute spéciale est destinée à Marie-Claude Pissetaz et Dominique Bart
qui au-delà de la relecture et de la correction, nous ont confortées et stimulées dans
la réalisation de ce travail.
En somme, nous disons ‟ merci” à nos proches qui nous ont soutenues et ont cru en
nous tout au long de nos études.
5
TABLE DES MATIERES
1. Introduction ........................................................................................................ 9
2. Méthodologie .................................................................................................... 29
6
4. Analyse des thèmes des soignantes.............................................................. 54
6. Discussion ........................................................................................................ 83
7
6.1 Réflexion ultime ............................................................................................ 83
7. Conclusion ....................................................................................................... 88
9. Bibliographie .................................................................................................... 92
8
1. Introduction
Pour notre Mémoire de Fin d’Etude (MEF), nous avons choisi de traiter de la
prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) par les infirmières
auprès des requérants d’asile à Genève.
En effet, les IST sont un problème de santé publique de part les répercussions
psychologiques, les complications et les coûts qu’elles génèrent. Elles sont en
augmentation en Suisse et plus particulièrement à Genève, à tel point que les
médias s’en préoccupent et se demandent « si c’est grâce au dépistage précoce ou
si c’est à cause de l’efficacité du traitement (trithérapies) qui dédramatise le fléau et
incite les gens à ne plus se protéger ». (Tribune de Genève du 7-8 Juin 2013 n° 131-
23).
Tout au long de ce travail, vous verrez que nous nous sommes intéressées à la
population migrante et en particulier aux requérants d’asile. Au quotidien, ils doivent
faire face aux difficultés (obstacles linguistiques, difficultés de compréhension du
fonctionnement du pays d’accueil, difficultés d’ordre administratif et
socioéconomique). Nous avons voulu démontrer que tous ces facteurs pouvaient
avoir une influence négative sur leur santé sexuelle et par conséquent sur leur
adhésion au message de prévention. De plus, en allant à la rencontre des soignants
travaillant spécifiquement avec cette population, nous voulions savoir s’ils prenaient
en compte ces différents facteurs. Faut-il avoir des compétences spécifiques pour
faire de la prévention auprès des requérants d’asile?
Par ailleurs, dans un souci d’unicité dans la relation de soin, nous avons
également donné la parole aux requérants d’asile afin qu’ils puissent s’exprimer sur
le message qui leur est délivré par les soignants: est-il adapté? Répond-t-il à leur
attente?
9
études, la population noire était prédisposée à l’hépatite B. A ces explications,
n’étant pas nous même informées, d’un seul regard, la question que nous nous
sommes posée était la suivante: qu’est-il mis en place pour informer cette population
de la complication majeure de l’hépatite B à savoir le cancer du foie?
Etant nous même noires, immigrantes venant d’un pays à haute prévalence
pour le VIH, 5.5 % de la population en 2004 (Ministère de la santé publique
Cameroun, 2004) nous nous sommes senties concernées et avons fortement eu
envie de découvrir ce qui se faisait à Genève au niveau de la prévention des IST.
Dès le début de la formation, il nous a été appris que la prise en soins relève de
deux concepts important: la rencontre et l’accompagnement. Aller à la rencontre
d’une personne qui vient au devant de nous avec une expérience de maladie ou
dans le cadre de la prévention c’est, selon Florence Nightingale, bien l’accueillir. Et
pour ce faire, la communication et la compréhension sont primordiales.
De plus, sachant qu’en Suisse, on trouve 188 nationalités, nous avons pris
conscience durant nos stages que ni nous et ni aucune autre soignante ne pouvait
faire d’impasse sur la question de l’interculturalité. De ce fait, quelles habilités
infirmières sont nécessaires pour une communication adaptée dans une rencontre
interculturelle? Quelles sont ses ressources et ses limites à cette adaptation?
10
1.3 Emergence du sujet et premiers questionnements
Le choix du sujet nous est venu à l’esprit l’année dernière lors du module Santé
publique/Santé communautaire. Le problème de l’hépatite B dans la population noire
a attisé notre curiosité, nous avons également réalisé un travail de validation du
module sur la tuberculose, ce qui prouve notre intérêt marqué pour la santé des
immigrés.
Par la suite, l’idée faisant son chemin, nous avons mené une petite enquête
auprès de notre entourage et lors d’une discussion avec une compatriote, à la
question de savoir si elle avait songé à faire le test du sida, elle nous répondit: «je ne
suis pas une prostituée».
Pour ce travail, la difficulté pour nous a été de s’assurer que notre thématique
était pertinente dans le cadre des soins infirmiers. Pour ce faire, nous avons
énormément discuté avec certains enseignants qui nous ont aidées à la précision et
permis d’aborder d’autres angles de réflexion. A savoir cette mnémotechnique ou
plan de Laswell afin de définir de quoi nous allions réellement parler. C’est une
méthode qui permet de réfléchir à l’avance à la situation afin d’anticiper les
différentes actions: dans ce lexique, Le
11
C correspond au Comment
Q correspond au Quoi
Q correspond au Quel
C correspond au Combien
O correspond au Où
Q correspond au Qui
P correspond au Pourquoi
Q= Quand se manifeste-t-il?
Exemple: lors d’une consultation? Lors de l’entretien (foyer d’asile, service migrant,
médecin traitant)?
C= Combien?
En effet, au fil des lectures et de l’entretien, nous nous sommes rendu compte
que la population immigrante était vaste avec différents profils. En plus des questions
précédemment posées, une autre nous semblait pertinente: Existe-t-il des outils dans
la pratique qui permettent aux infirmières de prodiguer des soins culturellement
adaptés?
12
Par la suite, nous avons réalisé un autre entretien avec le responsable du
Programme Santé Migrant (PSM)1, ce qui nous a aidé à restreindre la population
cible aux requérants d’asile de Genève.
Nous avons peaufiné le sujet et voici ce qui en est ressorti: Comment est
transmis par les infirmières2 et perçu par les requérants d’asile le discours de
prévention des Infections Sexuellement Transmissibles?
L’objectif primaire de notre étude est de montrer que les perceptions, les
représentations, les croyances des requérants d’asile et des soignants
peuvent être une barrière aux discours de prévention des IST.
1
Cf page 37
2
L’infirmière doit s’entendre au féminin comme au masculin
13
Les hypothèses émises en lien avec notre questionnement sont:
Parler de sexualité est perçu comme tabou chez les professionnels et par les
requérants d’asile eux-mêmes.
Selon l’Office Fédéral des Migrations (ODM), 1,8 millions de migrants vivent en
Suisse, où une personne active sur quatre est d’origine étrangère. Actuellement avec
les différents conflits à travers le monde (Mali, Syrie, Egypte, Israel, Palestine), le
nombre de demandes d’asile en Suisse ne cesse de croître soit 7830 demandes
d’asile déposées au troisième trimestre 2012 donc 550 demandes de plus qu’au
second trimestre. (ODM, 2012).
14
Selon Delieutraz (2008), l’étranger est: «quelqu’un qui est d’une nation, qui
appartient à un autre pays. Un étranger est un individu qui ne possède pas la
nationalité du pays où il se trouve. Il s’agit d’une notion juridique dont le critère
principal n’a aucun lien avec un déplacement (l’on peut être étranger même si l’on
est né dans le pays où l’on se trouve)» (p.32). Autrement dit, «l’étranger, au sens
grec, est bien celui qui n’était pas là depuis le début» (Laacter, 2006, p. 5).
Pour s’établir en Suisse, il faut avoir une autorisation de séjour et de ce fait, des
démarches administratives sont nécessaires et selon la demande et les situations,
différents permis peuvent être obtenus à savoir:
Nous nous limitons à ne citer que les permis qui sont liés à l’asile.
Le permis N: celui-ci est accordé aux personnes qui ont déposé une demande
d’asile et qui sont en attente d’une réponse. Durant cette procédure, elles ont
le droit de résidence en Suisse et sont habilitées à exercer une activité
lucrative après 3 mois. Elles ont également droit à une assurance maladie et
sont assurées par le réseau de soins d’asile (HPR).
Le permis F: est attribué aux étrangers admis provisoirement, car une décision
de renvoi a été prononcée mais que l’exécution du renvoi est soit illicite
(violation du droit international public) soit inexigible de par la mise en danger
concrète de l’étranger ou encore matériellement impossible selon l’ODM à
cause des motifs techniques d’exécution. A titre provisoire, ils sont autorisés
à travailler et sont couverts par l’assurance-maladie (LAMal).
Les Non Entrée en Matière (NEM): sont des personnes qui ont fait l’objet
d’une procédure de demande d’asile en Suisse et qui s’est soldée par un
refus. Devant quitter le territoire Suisse, elles ont tout de même droit à l’aide
d’urgence (10frs + logement) et à l’assurance maladie (LAMal).
Les clandestins ou sans papiers: n’ont pas le droit de travailler. Toutefois, ils
ont accès aux soins par la Consultation Ambulatoire Mobile de Soins
Communautaires (CAMSCO).
La migration n’est pas née d’aujourd’hui. Elle date de la nuit des temps. Des
personnes quittent leur pays d’origine, en vue d’une meilleure situation pour diverses
raisons à savoir: guerres, religions, réalités socio-économiques et politiques.
15
Indépendamment de la confédération, chaque canton est responsable de
mettre sur pied sa politique de santé publique en matière de prévention et de
promotion de la santé. Quelle est la politique de Genève? Et qu’en est-il de son
efficacité? Étant donné qu’en 2009 en Suisse, 646 nouvelles personnes ont été
dépistées positives au VIH soit 578 cas dus à des rapports sexuels non protégés
(PNVI 2011-2017).
Nous croyons fermement qu’il est difficile de parler d’égalité de chances lorsque
les requérants d’asile sont la plupart du temps dans un environnement précaire et
qu’ils ont vécu des violences et subit des traumatismes.
Lorsque les autorités statuent de ne pas entrer en matière, les demandeurs d’asile
deviennent des NEM. Ils sont priés de quitter le territoire suisse et de retourner dans
leur pays d’origine. Toutefois certains choisissent de rester en Suisse et de vivre
dans la clandestinité. L’autre possibilité est de renvoyer le demandeur dans son
premier pays européen d’accueil selon l’accord de Dublin3.
3
Les cas Dublin sont les requérants ayant fait une demande d’asile en Suisse mais celle-ci ne sera pas traitée
car ils ont déjà été enregistrés dans un autre état Dublin.
Les pays ayant signé l’accord Dublin sont: la Belgique, l’Espagne, la France, le Luxembourg, la Suède, le
Danemark, la Norvège, l’Allemagne, le Pays-Bas, l’Autriche, l’Italie, la Finlande, la Grèce, l’Islande, la Suisse, le
Royaume-Uni.
16
Toutefois, lorsque les autorités sont favorables à la demande, elles délivrent un
permis B renouvelable chaque année durant 5 ans.
Bien que la Suisse selon l’ODM soit l’un des pays en tête de liste des pays
européens accueillant le plus grand nombre de requérants d’asile, il nous semble
important de noter qu’avec le durcissement de la politique au cours des dix dernières
années, l’asile n’a été accordé en moyenne qu’à 15% des requérants.
4
3 Sri Lanka 1'262 1'415 939
4
Ces cases sont vides parce qu’il manque des données
17
12 Tunisie 2'574 2'239
15 Maroc 931
Il nous semble que face à cette politique migratoire restrictive menée par la Suisse,
les demandes d’asile n’ont pas régressé
D’autre part, il existe une interaction entre le VIH et les IST, car celles-ci
permettent une propagation rapide du VIH. (p.14)
20
Lieux Hôpital Cantonal PSM Groupe médical Consultation Checkpoint Genève Centre médical du Centre
d’Onex Santé Jeune Léman médical de
(Homosexuels)
Meyrin
(16-20 ans)
Adresse 4, Rue Gabrielle 89, Rue de Lyon Route de Loëx 3 Boulevard de la Rue du Grand-Pré 9 Rue Alfred-Vincent 17 Promenade
Perret-Gentil 1205 Cluse 87 des Artisans 24
1203 Geneve 1213 Onex 1202 Geneve 1201 Genève
Genève 1217 Meyrin
1205 Genève
Contact Rdv téléphonique Rdv téléphonique Sans rdv Rdv téléphonique Sans rdv Sans rdv Sans rdv
Horaires Lundi au vendredi Lundi 9h30-16h Lundi au vendredi Lundi au vendredi Lundi et mercredi 16h-20h Lundi au vendredi 8h- Lundi au
9h30-17h30 8h30-18h30 9h-12h, 14h-17h 18h vendredi 7h30-
Jeudi et vendredi Vendredi 12h-16h
18h
9h30-18h
Prix 55.- / 25.- jusqu’a Gratuit 30.- / 10.- pour les ˂18 ans 26.- Test VIH: 50.- / 30.- pour 40.- 50.-
18 ans mineurs (consultation les moins de 26 ans IST:
gynécologique facturation via les caisse-
confidentielle) maladies
Anonymat oui Oui sur demande Oui Non Oui pour le VIH, Non pour Oui Oui
les IST
Conseil oui Oui, possibilité Non sur demande Oui Oui Non sur demande Non sur
d’avoir un demande
traducteur formé
IST Sur rdv Non Sur rdv Sur rdv Vaccination hépatites A et Sur rdv Sur rdv
B, dépistage IST et
traitement
Délai pour 30 min. (entretien 20 min 7 à 10 jours 3 jours à 1 semaine 30 min. pour le VIH / Dans 48 heures 3 jours
Résultat avec l’infirmière, la semaine pour les IST ouvrables
test VIH et remise
du résultat)
Source: http://www.infotestvih.ch/mobile/?page_id=363 (infotestvih mobile)
13
1.8.1 Les différentes Infections sexuellement Transmissibles à Genève
Dans cette déclaration complémentaire, doit apparaître des informations sur les
tests effectués, les spécificités à l’agent pathogène (mode d’infection) et le stade de
la maladie. Toutefois, selon le PNIV (2010), ce système de surveillance ne permet
pas d’évaluer avec fiabilité la prévalence et l’incidence des différentes IST du fait que
la qualité des données déclarées est limitée en raison de déclarations
complémentaires manquantes ou incomplètes. (p.34)
Les IST que nous allons citer ci-dessous sont déterminantes pour la santé
publique selon l’OFSP car malgré les mesures mises en place, elles sont en
progression.
Chlamydia trachomatis
14
Chlamydia trachomatis, 2001-2010
4000
3000
2000
1000
0
4)
1)
3)
3)
3)
6)
5)
1)
6)
5)
61
11
45
15
40
99
18
86
18
57
(2
(3
(3
(4
(4
(4
(5
(5
(6
(6
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
Année de déclaration (total nombre de cas)
Nombre de cas de Chlamydia trachomatis de 2001 à 2010, par sexe
La répartition des cas par sexe et classe d’âge à Genève met en évidence que les
femmes, en particulier celles de 20 à 24 ans sont les plus touchées soit 70% des
femmes.
Contrairement à la chlamydia, ce sont les hommes qui sont le plus touchés: 37%
d’hétérosexuel, 25% d’homosexuel pour une classe d’âge de 20 à 24 ans. (OFSP).
C’est une infection soumise à la déclaration obligatoire en Suisse.
23
Syphilis – Treponema pallidum
L’infection peut être traitée par antibiothérapie si elle est dépistée précocement.
Sa déclaration est également obligatoire en Suisse.
Hépatite B
L’infection est induite par le virus de l’hépatite B (VHB) et peut conduire à une
cirrhose hépatique ou à un cancer de foie. Sa transmission se fait par contact avec
les liquides corporels à savoir: liquide sanguin et sécrétions génitales lors de
rapports sexuels non protégés mais aussi de par l’utilisation des objets souillés
(seringue, aiguille pour tatouage) et la dyade mère-enfant lors de l’accouchement.
Elle touche surtout les hommes âgés de plus de 45 ans et est à déclaration
obligatoire.
L’Herpes génital
Selon le PNVI (2010), 80% des personnes infectées par le HSV-2 restent
asymptomatiques. Cependant, chez la femme enceinte, une primo-infection dans les
12 premières semaines de grossesse peut provoquer une fausse couche. La
transmission se fait principalement par contact des muqueuses, avec une peau et
des selles infectées. Cette infection fait partie des IST à déclaration obligatoire à
Genève.
La présence de petites verrues sur les organes génitaux et même sur l’anus,
dans le rectum et la bouche sont des signes de cette infection. Souvent
asymptomatique, les HPV 16 et 18 sont responsables de dysplasie et du cancer du
col de l’utérus chez les femmes. Les modes de transmission sont : contact des
muqueuses avec une peau infectée, les relations sexuelles non protégées (anale et
vaginale) et la transmission verticale mère-enfant.
Un vaccin à titre préventif est recommandé pour toutes les jeunes filles de 11 à 26
ans.
Cette infection peut être guérie par un traitement antiparasitaire. Toutefois, pour
un traitement efficace, le partenaire doit aussi être soigné. Elle peut provoquer chez
la femme enceinte une fausse couche ou un poids réduit du nouveau-né à la
naissance.
La transmission se fait par contact avec des sécrétions génitales et d’autres liquides
infectieux.
Fréquente chez les homosexuels, elle est rare dans la population générale.
C’est la bactérie chlamydia trachomatis L1-L3 qui est responsable de cette infection.
Cela se manifeste au début par une inflammation indolore du site de contamination,
puis par un gonflement des ganglions lymphatiques induisant des douleurs et fièvre,
saignements, des écoulements purulents, constipation et ou abcès et ulcères anaux.
25
Lorsqu’elle n’est pas traitée, elle engendre des lésions dans l’anus nécessitant une
intervention chirurgicale.
L’infection se soigne par antibiothérapie et la transmission est faite par contact des
muqueuses (génitales, anales et orales).
Lorsqu’une personne est infectée par le VIH, elle voit son système immunitaire
être détruit par le virus, réduisant petit à petit ses défenses immunitaires.
Le lien entre le VIH et les autres IST est la transmission par des rapports
sexuels non protégés ou l’échange de seringues et d’aiguilles pour les
consommateurs de drogues. Il nous semble important de noter que les risques de
transmissions du VIH diffèrent selon les pratiques sexuelles. Selon le PNVI (2010),
les rapports anaux non protégés représentent la pratique la plus risquée au regard
d’une infection au VIH pour les deux partenaires. En ce qui concerne les rapports
bucco-génitaux, il y a risque d’infection au VIH si du liquide biologique ou des
sécrétions génitales (sperme, sang menstruel) pénètrent dans la bouche du
partenaire ou sont avalés. Toutefois, les autres IST se transmettent plus facilement
que le VIH qui peut non seulement être transmis au contact d’objets souillés mais
aussi dans la dyade mère-enfant lors de l’accouchement et l’allaitement maternelle.
26
Selon Wassilew & al, (2013), 620 infections ont été nouvellement diagnostiquées en
2012. Concernant les autres IST, environ 20000 personnes sont infectées de
manière chronique par l’hépatite B soit 0,3% de la population et toutes les autres IST
sont en augmentation.
Au niveau économique, les coûts des traitements sont élevés. Pour le VIH par
exemple, le PNVI (2010) affirme que le traitement d’une personne infectée coûte
jusqu’à un million de francs suisse (25000 CHF par année durant une espérance de
vie moyenne de 40 ans). (p.7).
VIH Coûts
Recherche 15 millions
Prévention 41 à 62 millions en 1998
59 millions en 2010
Traitement 168 millions en 1998
Assurance-maladie LAMal 200 millions en 2010
Entreprises (coûts directs causés par 443 millions
l’arrêt de travail et décès prématuré)
Source : PNVI (2010)
Pour mieux cerner le sujet, nous avons fait des recherches généralisées et
spécifiques avec des mots clés sur différents moteurs de recherche tels que :
HONSELECT pour la traduction des mots clés en anglais et CINHAL pour la
recherche des articles en soins infirmiers et la sauvegarde de ces derniers par la
création d’un compte.
- Communication
- Interculturel
- Prévention
- Perception
27
- Speech
- Immigrants
- Transcultural care
- Nurse-patient relations
Nous avons aussi visionné le DVD documentaire «Quand comprendre peut guérir»
réalisé par artefakt wort+bild sur mandat de l’office fédéral de la santé publique.
28
2. Méthodologie
Dès la rentrée scolaire 2012-2013, nous avons commencé par remplir les
différents documents qui nous permettraient d’obtenir une autorisation d’interviewer
les populations cibles de notre étude.
Ceci fait, nous avons cherché la liste des foyers de requérants d’asile de Genève et
avons téléphoné à ces institutions pour premièrement avoir un responsable de soins
et ensuite pouvoir avoir un premier rendez-vous.
Nous avions pris soin d’apporter à boire et à grignoter durant l’entretien pour
créer une ambiance chaleureuse. Au début de l’entretien, celui-ci se déroulant dans
une salle d’entretien infirmier du foyer d’Anières, nous avons dès les premières
questions observé une gêne de la part de Fatou7 due au fait qu’elle était installée
face fenêtre et pouvait être vue par tous les résidents du foyer qui passaient par là.
Ayant constaté cela, nous lui avons fait changer de place et la suite de l’entretien
s’est déroulée sans encombres.
De plus, par la démonstration concrète des outils utilisés dans leur pratique tels
que les dépliants, les images, le roman photo, cela nous montrait un aspect palpable
de leur pratique quotidienne.
6
N correspond au nombre de personnes interviewées. Il y en a quatre en tout: 2 soignants et 2 requérants
d’asile.
7
Fatou est un nom fictif pour la requérante d’asile
30
2.1.3 Ethique et confidentialité des données
Avant de réaliser les différents entretiens, nous avions pris soins de remettre à
chaque participant, une lettre d’information (art 18a, devoir d’informer lors de la
récolte de données personnelles), le questionnaire et un formulaire de consentement
libre et éclairé en lien avec la Loi Fédérale sur la protection des données. Nous leur
avons ainsi assuré la confidentialité, l’anonymat lors de la retranscription et de
l’utilisation des données dans l’analyse du travail et pour finir, la destruction du
dictaphone à la fin du travail.
Nous avons utilisé une méthode qualitative pour notre recherche et selon
Fortin, (2010) «les méthodes de recherche qualitatives se fondent sur des croyances
et sur une approche holistique des êtres humains, qui orientent la démarche de la
recherche» (p. 269). En effet, le but de notre étude étant de découvrir, comprendre
et approfondir les perceptions et les expériences des participants afin de répondre à
nos questions de recherche.
31
Une interaction verbale animée de façon souple par le chercheur. Celui-ci
se laissera guider par le flux de l’entrevue dans le but d’aborder, sur un
mode qui ressemble à celui de la conversation, les thèmes généraux sur
lesquels il souhaite entendre le répondant, permettant ainsi de dégager
une compréhension riche du phénomène à l’étude. (Fortin, 2010, p. 429).
Question 1
Pouvez-vous de manière Permet de mettre la personne en
synthétique nous relater votre confiance, de se sentir valorisée
parcours professionnel? et de s’ouvrir plus facilement sur
le sujet.
Permet de savoir si la personne
est qualifiée pour répondre à nos
questions et si ce n’est pas le cas,
s’adresser à quelqu’un d’autre.
Question 2
Comment entrez-vous en contact Visualiser les réseaux mis en
avec les requérants d’asile pour place pour les requérants et la
faire de la prévention des IST? prise en soins.
Se présentent-ils spontanément? Connaître leur rôle propre et leur
rôle prescrit.
Comment vous organisez vous?
Question 3
Recevez-vous des personnes Savoir concrètement comment
pour l’éducation à la santé? elles travaillent.
Si oui à quelle fréquence? Connaître les stratégies qu’elles
utilisent pour entrer en contact.
Comment sont organisées ces
consultations pour toucher les Découvrir la spécificité de leur
populations concernées? prise en soins.
Question 4
Sachant que les requérants Comprendre comment elles
32
d’asile ne sont pas toujours de s’adaptent à la différence de
langue francophone, qu’ils sont de culture.
cultures diversifiées, pouvez-vous
Au niveau de la communication,
nous expliquer votre démarche de
identifier leurs habilités et les
transmission du message de
stratégies mis en place pour se
prévention?
faire comprendre.
Transmettez-vous le message de
manière identique selon que la
personne est asiatique, africaine,
européenne ou américaine?
Question 5
Utilisez-vous des outils tels que: Déterminer si les outils utilisés ont
des protocoles, des brochures ou un impact sur le discours de
des traducteurs? prévention.
Vérifier qu’ils soient adaptés à la
population cible.
Question 6
D’après votre expérience Leur permettre de s’auto-évaluer
professionnelle, comment est
Comparer leurs points de vue
perçu selon vous votre message
avec celui des requérants d’asile.
de prévention?
Mettre en évidence la perception
Avez-vous le sentiment de
qu’elles ont de leur travail.
répondre aux attentes des
usagers?
Existe-t-il une variabilité dans les
perceptions des personnes en
fonction de leurs origines?
Si oui quelles variabilités?
Question 7
Qu’elles sont les différentes IST Recenser les différentes IST
que vous rencontrez? existantes.
Comment réagissez-vous si lors Identifier la prise en soins au
d’un entretien ou discussion avec niveau de la prévention primaire,
un requérant, celui-ci vous secondaire et tertiaire.
informe ou vous découvrez qu’il
est déjà porteur d’une IST?
33
Question 8
Statistiquement parlant, parmi les Nous aider à choisir notre
requérants d’asile, quelle est la population cible.
population (nationalité, âge et
S’informer sur son accessibilité.
genre) auprès de laquelle vous
faîtes le plus de prévention des
IST?
Question 9
D’après votre expérience, parler Mettre en évidence les stratégies
de sexualité est-il un sujet tabou qu’elles adaptent pour parvenir à
chez ces personnes requérantes parler de sexualité.
d’asile?
Connaître ces stratégies et
Comment se manifeste ce tabou? habiletés pour pouvoir les utiliser
lors de nos entretiens avec les
Quels sont les comportements
requérants et lorsque nous seront
des personnes?
des professionnelles.
Et comment prenez-vous en
compte le fait que le thème est
perçu comme tabou?
Question 10
En tant que futures Mettre en évidence les
professionnelles, nous avons peur compétences nécessaires pour la
de ne pas avoir suffisamment de prise en soins des requérants
savoir-être relationnel pour un d’asile.
accompagnement de cette
Identifier leur degré
population à une prise de
d’investissement dans cette prise
conscience si besoin. Pensez-
en soins.
vous qu’il faille avoir des
compétences particulières?
Y a-t-il «une manière de faire» ou
une «manière d’être» qui vous
semble adéquate?
Si oui laquelle?
Question 11
Souhaitez-vous ajouter quelque Leur permettre de rajouter des
chose d’important que nous éléments leur semblant important.
n’avions pas abordé?
Clore l’entretien.
34
Questions pour les requérants But recherché
d’asiles
Question 3
Comment avez-vous perçu le Comprendre la perception et
message de prévention? l’interprétation qu’ils ont du
Répondait-il à vos attentes? si oui message de prévention.
lesquelles?
Identifier leurs différents besoins.
Savoir s’ils sont satisfaits de ce
qui est mis en place ou fait
actuellement.
35
Question 4
Parlez-vous de sexualité avec Savoir s’il existe une relation de
l’infirmière, quelle relation avez- confiance entre eux et l’infirmière
vous avec elle ? ou la conseillère en santé
sexuelle.
Question 5
Parler de sexualité est-il un sujet Savoir si parler de sexualité
tabou pour vous? si oui pour représente une gêne, une honte
quelles raisons? pour eux.
Mettre en évidence les motifs ou
les facteurs qui les empêcheraient
d’en parler.
Question 6
Est-ce que le langage et les outils Vérifier si les outils utilisés sont
(pictogramme, roman photo et adaptés.
brochure) utilisés par les
Identifier l’outil qui leur correspond
infirmières vous ont aidé à
le mieux.
comprendre le message de
prévention? Evaluer la compréhension du
discours de prévention et mettre
l’accent sur la barrière
linguistique.
Question 7
Selon vous, quelles sont les Cerner les raisons qui favorisent
facteurs qui influencent votre un comportement sexuel à risque.
comportement sexuel?
Question 8
Est-ce que l’accès à l’information Identifier si les différents moyens
(internet, télévision) et message d’information ont un impact positif
de prévention de l’infirmière sur le comportement sexuel.
influencent votre comportement
Identifier le moyen qui leur
sexuel?
correspond.
Question 9
Selon vous, qu’est-ce qui vous Mettre en évidence l’approche qui
correspond le mieux: parler de permet au mieux de les
36
sexualité de manière collective ou sensibiliser.
de manière individuelle?
Question 10
Souhaitez-vous rajouter quelques Leur permettre de rajouter des
choses? éléments leur semblant important.
Permet de clore l’entretien
Le planning familial s’occupe des adultes et des adolescents sans distinctions d’âge,
de genre, de nationalité, d’état civil et de confession religieuse.
Les conseillers (ères) en santé sexuelle et reproductive y sont les principaux acteurs.
37
2.1.6 Présentation du Programme Santé Migrant
Leurs rôles essentiels sont de pratiquer les soins de premier recours, évaluer les
problèmes de santé primaire et orienter les patients vers un médecin.
Prendre des rendez-vous pour la mise à jour des vaccins et participer à des
actions de promotion et de prévention de santé.
38
3. Cadre théorique
Pour ce qui est du cadre théorique de notre travail, en plus d’autres auteurs,
nous allons principalement nous appuyer sur la théorie des soins infirmiers de
Madeleine M. Leininger que nous trouvons essentielle pour répondre à notre
questionnement de départ en sachant que «L’infirmière qui base sa pratique
professionnelle sur la conception de Leininger vise des soins infirmiers culturellement
cohérents avec les valeurs et les croyances de la personne, de la famille, du groupe
ou de la communauté, dans le but de promouvoir, de préserver, et de maintenir son
bien-être» (Pepin, Kérouac & Ducharme, 2010, p.104).
Dans notre pratique actuelle, est-il aisé de procurer des soins culturellement
congruents?
Bien qu’ayant des outils (anamnèse, démarche de soins) adaptés à cette démarche,
n’y a-t-il pas trop d’obstacles pour y arriver?
39
délimitation et l’exclusion en allant vers l’autre ou en s’efforçant de le comprendre.»
(Dagmar Domenig, 2009, p. 26).
Source : http://1.bp.blogspot.com/-thgronWksCk/ThuxKo82VGI/AAAAAAAAAi4/ZLihfVYm01Y/s1600/pic.jpg
40
3.2 Rôle infirmier dérivé du modèle de Leininger
La discipline infirmière se base sur les concepts tels que les méta-paradigmes
et les paradigmes.
Pour ce qui est des méta-paradigmes, l’infirmière dans son rôle est en relation
avec la personne, son environnement, son état de santé et le soin qu’elle prodigue.
Florence Nightingale est la pionnière de l’interaction personne-environnement ainsi
que de la recherche dans les soins infirmiers.
Leur but étant la santé et la qualité de vie de la personne, que ce soit dans son
environnement immédiat ou élargi (Pepin et al, 2010, p. 8), elles prennent en
considération tous ces facteurs et se retrouvent parfois dans le paradigme de la
catégorisation à savoir, faire pour la personne:
« Les soins infirmiers sont définis comme étant un processus facilitant les
transitions en vue d’optimiser le sentiment de bien-être quels que soient l’âge des
personnes, leur culture, leur situation de vie et de santé ou l’environnement des
soins. » (Pepin et al, 2010, p. 8). Leininger souligne que pour ce qui est de la santé,
« les croyances, valeurs et façons d’agir reconnues culturellement doivent être
utilisées afin de préserver et de maintenir le bien-être d’une personne ou d’un groupe
8
Lydia est un nom fictif pour la sage-femme conseillère en santé sexuelle et reproductive
41
pour permettre l’exécution des activités quotidiennes. » (Citée par Pepin et al, 2010,
p. 81).
Dans la pratique, l’exemple notoire est celui de Lena9 qui utilise la croyance de
la personne sans entrer en confrontation avec elle pour faire passer son message de
prévention « C’est Dieu qui donne la maladie, Dieu me protège…moi j’essaye de dire
voilà Dieu vous protège et vous donne l’information». Par cette illustration, Lena est
dans le paradigme de l’intégration et de la transformation. Elle reconnaît que la
personne est un être biopsychosocial, culturel et spirituel en interaction avec son
environnement. De plus, elle fait avec la personne et est avec elle dans la mesure où
elle l’accompagne dans le changement de comportement.
9
Lena est un nom fictif pour l’infirmière interviewée
42
3.3 Définition des mots clés
A ce stade du travail, il nous semble indispensable de définir ces mots clés pour être
dans une compréhension commune des thèmes.
Droit d’asile:
La communication:
La perception: vient du mot latin perceptio, signifie une fonction par laquelle
l’esprit se représente les objets; acte par lequel s’exerce cette fonction; son
résultat. (Rey-Debove & Rey, 2007, p. 1855).
43
Influencée par des facteurs culturels, la perception décrit le mécanisme
individuel de réception d’informations. Elle est fonction d’actes perceptifs chez
l’individu et non d’une attitude d’ouverture passive. Ces actes perceptifs sont
ceux de l’appareil biologique (les sens) et de la personne (culture,
personnalité, expériences antérieures). (Barrette Christian & al, 1993, p. 26)
La culture: issue du latin cultura, lui-même dérivé du verbe colere, le terme est
décrit par Edward Tylor dans son ouvrage publié en 1871 comme un tout
complexe qui inclut la connaissance, la croyance, l’art, la morale, la loi, la
coutume et toutes les autres aptitudes et habitudes acquises par l’homme en
tant que membre de la société. (Cité par Ferréol & Jucquois, 2003, p. 81).
Barrette Christian & al, (1993), définissent la culture comme l’ensemble des
éléments appris en société par les membres d’une société. Ces éléments sont
des actions, des pensées (des raisonnements, croyances, sentiments,
sensations) et des perceptions. (p. 21).
Les croyances: sont définies comme l’action, le fait de croire une chose vraie,
vraisemblable ou possible. (Rey-Debove & Rey., 2007, p. 593).
44
une perspective de sauvegarde d’une relative identité culturelle des
partenaires en relation.» (Cité par Tison, 2007, p. 33)
Migration: selon Rey-Debove & Rey (2007), la migration vient «du latin
migratios, déplacement des populations qui passent d’un pays dans un autre
pour s’y établir» (p. 1597).
Promotion de la santé: Pepin & al, (2010), la considère comme: «le but
premier des soins infirmiers. Selon elles, c’est le maintien, le renforcement et
le développement de la santé de la famille et de ses membres.
L’apprentissage de comportements de santé et l’activation des processus
45
menant au développement d’un potentiel de santé sont au centre de cette
conception» (p. 64).
Requérant d’asile: selon L’Office Fédéral de la Migration (2010), «c’est une
personne qui a déposé une demande d’asile en Suisse et qui fait l’objet d’une
procédure d’asile.»
Santé: selon Akoun & Ansart, (1999), la santé vient du latin sanitas «santé (du
corps et de l’esprit)» (p. 469).
L’Organisation Mondiale de la Santé, la définit comme «Un état de complet
bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une
absence de maladie ou d’infirmité.»
Selon Rey-Debove & Rey (2007), la santé est un «bon état physiologique d’un
être vivant, fonctionnement régulier et harmonieux de l’organisme pendant
une période assez longue (indépendamment des anomalies ou des
traumatismes qui n’affectent pas les fonctions vitales» (p. 2307).
46
Les soins de santé primaire se proposent d’être [pour la population] un moyen
de répondre à ses besoins de santé les plus courants et les plus habituels, en
tenant compte de ses modes et de ses conditions de vie, et en l’intéressant
directement à l’élaboration et à la mise en place d’une politique de santé
appropriée et adaptée à la forme et à la fréquence et à la manifestation de ses
problèmes dans ce domaine. (Pepin & al, 2010, p. 36)
Thèmes Sous-thème
Relation soignant-soigné: adaptation de -Rôle propre
l’infirmière
-Informer, discuter, nommer les
problèmes, donner des explications,
annoncer des résultats
-Avoir une pratique réflexive, ne pas
généraliser ni trop culturaliser
-Faire une anamnèse, se positionner
observer, écouter, créer des liens,
noter les ressemblances, respecter
les différences, trouver la juste
distance thérapeutique, l’expérience
-Utiliser de l’humour pour détendre
l’atmosphère
-Evaluation des risques, ne pas
abuser du pouvoir soignant
-Le temps comme cadre donné
-Rôle prescrit
Temps pour la gestion
administrative, Education à la santé
sexuelle
47
Culture et Soins transculturels -Formation spécifique des
interprètes à la question de la
sexualité
- Avoir un vocabulaire adéquat,
comment aborder la sexualité
- Nommer les choses, créer des
liens
- Dépasser le tabou, la gêne,
nommer le malaise
- Aider à détendre l’atmosphère
- Respecter la confidentialité
Les facteurs sociaux qui influencent les -Le niveau d’éducation
comportements
-La religion
-La situation socio-économique
-Les représentations du corps et de
la santé
-Lieu de provenance zone urbaine
/zone rurale
-Le vécu (guerre, violence sexuelle)
Les collaborateurs et les différents -Collaborateurs
réseaux de préventions
les médecins de premier recours
les infirmières de foyers
les infirmières de la CAMSCO
-Réseau de prévention
Aspasie
le Planning Familial
le Groupe Sida Genève,
le Quai 9
la Consultation Santé Jeune.
Prise en soins après infection au VIH ou -Prévention primaire
IST
accueillir, conseiller et donner les
préservatifs
Discuter, informer, évaluer les
risques et faire une anamnèse.
48
-Prévention secondaire
traiter la personne
évaluer la compréhension et la
compliance au traitement
traiter le partenaire
-Prévention tertiaire
un travail rétrospectif
protéger les autres
-Outils de prévention
Roman photo
images
Attentes et besoins des usagers
49
Thèmes et sous-thèmes de l’entretien avec la conseillère sexuelle
Thèmes Sous-thèmes
Relation soignant-soigné: adaptation -Rôle propre
de l’infirmière
-Accueillir, écouter, orienter, présenter le
planning familial, répondre aux
questions, rechercher l’information,
faciliter les démarches, organiser les
rendez-vous, collaborer.
-Informer sur les plaisirs et les risques de
la sexualité, présenter les méthodes de
contraception et anticiper, comprendre
pourquoi c’est difficile de se protéger.
-Maintenir les liens, Ne pas lever les
résistances, prise en compte de l’histoire
de vie, établir la confiance.
-Adopter une pratique réflexive,
adaptation de son langage, expliquer
avec des mots simples, sans jugement,
ne pas être indécente, respecter la
pudeur selon la culture
-Rôle prescrit
50
Les facteurs socio-économiques qui -Prise de risque
influencent les comportements
-Représentation du préservatif (ne se
met pas quand on s’aime, ne se met pas
dans une relation stable)
-Lors d’un fort désir d’enfant
-Se fonde sur l’allure propre du
partenaire
-Confiance en son partenaire
-Situation socio-économique
-le niveau d’éducation
-les traumatismes, deuils à faire,
tristesse
Culture et Soins transculturels -Compétences infirmières
-être authentique
-Importance d’avoir des repères qui
viennent avec l’expérience
-Acquisition du métier petit à petit avec
expérience et intérêt
-Avoir un savoir-faire par la
connaissance et un savoir-être.
-Nécessité de faire des formations
continues
-On ne peut pas tout savoir sur toutes les
cultures
--Modèle culturel et configuration
relationnelle
-Poser simplement la question (et chez
vous, comment on fait?)
-Toujours demander aux gens où ils en
sont et ne pas les fermer dans nos
représentations
-Genre homme/femme
- Partir de ce que la personne sait
-On a à faire à un être humain
-Poser les questions individuellement
51
Prévention primaire, secondaire et -Il ne suffit pas de dire pour que l’autre
collective fasse
-Information sur les différents
préservatifs
-Notion de répétition
-Etre attentive aux prises de risques et
aux IST
-Anticiper
-Poser des questions simples
-Se fait dans les églises, les
communautés africaines à Camarada
dans les cours de français
-Manque de suivi
-La barrière de la langue
-Pour la prise de rendez-vous,
dépendance à autrui
-La pauvreté
-Outils de prévention
Brochures
Dépliants
Attentes des usagers -Pas clairement formulées et donc
difficile à comprendre
52
Thèmes et sous-thèmes de l’entretien avec les requérants
Thèmes Sous-thème
Prévention -L’approche collective permet d’accéder
aux idées des autres
-Consultation au planning familial pour
accompagnement et suivi de grossesse
par la suite, prévention sur les IST
-Se questionne sur les modes de
transmission du VIH
-Projections vidéo sur les IST et
participation dans des réunions de
certaines associations dans le pays
d’origine
Représentations et croyances -C’est l’homme qui est infidèle et qui par
conséquent apporte le sida dans le
domicile familial
-Avoir des relations sexuelles avec un
homme sans préservatif est synonyme
de sida et de grossesse
-Sida égale mort car pas de traitement
-Transmission du sida par des objets tels
que la cuillère, l’assiette et le coupe
ongle
-Méfiance envers le préservatif car selon
les rumeurs dans le pays d’origine: les
préservatifs sont imprégnés de sida
-N’aime pas les préservatifs et verbalise
ne pas pouvoir les utiliser
-La lecture des dépliants et des romans
photos permettent aux requérants de
comprendre: que leurs croyances sont
fausses et d’avoir quelques informations
sur le mode de transmission des IST
Sexualité et tabou -Se sent libre de parler de sexualité de
par sa curiosité et son envie de
comprendre
-Difficulté de faire confiance à son
53
partenaire
-N’est pas un tabou, au contraire il faut
en parler
Attentes et intérêts -Connaître son statut lui permet
d’adapter son comportement
-Intérêt pour le thème, curiosité, envie de
connaître et d’apprendre
-Adaptation du langage et disponibilité
des soignants
Les soignantes que nous avons interviewées ont insisté sur la relation d’aide aux
soignés. A travers différentes anecdotes qu’elles nous ont racontées, nous avons
remarqué qu’elles insistaient sur leur rôle propre tout en se positionnant: Lena dit:
«Moi c’est mon travail, je suis infirmière, je suis là pour donner des explications».
Dans le même ordre d’idée, Lydia affirme: «mon métier c’est d’accueillir, mon but
c’est de montrer que ça m’intéresse et puis qu’elle peut en parler si elle a envie, un
de nos rôle c’est d’orienter la personne là où il faut et de faciliter les soins vraiment,»
A la lecture globale des entretiens, nous nous sommes aperçues qu’elles
respectaient les six étapes de la relation d’aide cité par Phaneuf (2011, p. 190) à
savoir:
Dans ce sens, Lena nous a dit qu’il était important de détendre l’atmosphère,
de créer le lien et pour le faire, elle utilise de l’humour et n’hésite pas à s’intéresser à
la personne en posant de simples questions telle que: «comment dit-on bonjour ou
au revoir dans votre langue?»
Lydia quant à elle, pense qu’il faut poser simplement les questions et partir de
ce que les personnes savent «je demande comment ça se passe chez vous
bêtement, qu’est-ce qu’on vous dit, qu’est-ce que vous savez?». Toutefois, comme le
stipule Bioy, Bourgeois & Nègre, (2003) «Il ne suffit pas d’adresser une phrase à un
patient pour s’inscrire dans une relation d’aide […] Pour pouvoir parler de relation
54
d’aide, il faut que le soignant se place dans l’écoute de la réponse, dans une
disponibilité à l’autre et à ses expressions» (p. 24).
Nous l’avons notifié lorsque Lena disait faire un travail de rétrospection avec le
patient infecté pour qu’il prenne conscience de comment il a pu s’infecter et comment
il pense se protéger dans le futur. Ce que Phaneuf (2011) affirme comme étant: «un
lien de collaboration favorisant l’acceptation du client à s’investir dans son évolution
vers un mieux-être» (p. 190).
Lydia dans la même idée, vérifie auprès des soignés qu’elle rencontre, la
perception qu’ils ont des risques pris: «notre rôle si ça n’existe absolument pas c’est
qu’à même de titiller un petit peu toujours en maintenant le lien sans faire peur, sans
lever les résistances»
Lydia, rajoute que le fort désir d’enfant, la situation que vivent les femmes et le
contexte migratoire sont un obstacle à la prévention dans la mesure où:
Parce que quand une femme a un très fort désir d’enfant, les histoires des
IST peut-être ça passe un peu au-delà et puis c’est encore moins dans le
champ de la conscience et puis il y a la situation que vit la femme, on sait
que les femmes qui sont très précarisées, tout ce qui est contraception,
parce que finalement la protection contre les IST c’est aussi de la
contraception, pour qu’une femme puisse se protéger, protéger sa santé
sexuelle, euh…s’affirmer dans sa vie sexuelle, mais surtout se protéger, il
faut qu’elle soit capable de gérer sa vie, c'est-à-dire qu’elle ait une
capacité sociale à maitriser sa vie hein! et toutes les femmes qui sont
super fragilisées soit… et Dieu sait dans un contexte migratoire, bah il y a
encore plus de chance que ça arrive, soit parce qu’elles sont traumatisées
de ce qui s’est passé dans leur pays, soit parce qu’elles sont super tristes,
parce qu’il y a des deuils à faire, la famille est là-bas et elles sont là, soit
parce qu’elles sont dans un manque affectif terrible, soit parce qu’elles ont
des préoccupations de trouver le logement, le travail, de trouver un
homme et tout ça. Tout ça, ça fait que franchement elles sont occupées à
autres choses que de la prévention.
55
Reconnaître la difficulté et le besoin d’aide du client:
Tout ceci nous permet de prendre conscience que l’infirmière dans le processus
d’aide est amenée à avoir certaines habilités telles que l’empathie et l’écoute. Cette
écoute active permet aux soignantes de cerner son problème afin d’y répondre de
manière adaptée.
Dans ce sens, Lena discute avec eux, les incite à poser des questions, à
dépasser le tabou. Dans cette phase de la relation, le soignant est une ressource
primordiale car par son action, il encourage la personne à se percevoir autrement et
à garder courage. «Je pars à l’étranger rejoindre mon copain, il ne veut pas mettre
de préservatif, il veut des enfants, je sais que je vais être enceinte, j’ai déjà eu des
interruptions de grossesse […] la femme bon, elle s’y est prise trois jours en avance,
je veux dire il y a vraiment le souci de prendre soins de sa santé donc j’ai pu en
faisant tout plein de micmac obtenir une ordonnance pour qu’elle puisse commencer
sa pilule»
Il en est ressorti des entretiens que Lena et Lydia avaient une pratique réflexive
dans la mesure où, étant confrontée à différentes cultures, Lena s’est posée la
question de savoir s’il fallait parler différemment à un Africain, un Sri-lankais. Petit à
petit cette remise en question lui a permis d’évoluer et d’arriver à la conclusion que la
question culturelle n’avait pas lieu d’exister mais seule la question individuelle était
importante.
Quant à Lydia, c’est par exemple l’échange avec ses collègues qui lui permet
d’avoir un regard rétrospectif pour pouvoir faire autrement la prochaine fois: «Chaque
fois qu’on a l’impression qu’avec quelqu’un ça s’est pas bien passé, on en parle
peut-être à une collègue en disant….t’aurais pu faire si, t’aurais pu faire ça et puis
petit à petit, les choses viennent.»
Et Lydia rajoute dans le même ordre d’idée que «je ne m’exprime pas de la
même manière si je vois une femme dont je soupçonne qu’elle sache peut-être
même pas lire, ni écrire, parce que des signes me font percevoir ça ou si je
m’adresse à une universitaire qui est doctorante en je ne sais pas quoi. Donc on
adapte toujours aux gens, donc c’est très important déjà de se sentir à l’aise avec les
messages, avec ce qu’on doit dire, donc ça suppose connaître très bien sa matière. »
4.1.3 La communication
Pour Phaneuf (2011), «Communiquer est un art et, comme dans tous les arts,
pour le maîtriser, posséder quelques outils et habiletés est un gage de succès.» (p.
102). En effet, la communication est primordiale dans la relation soignant-soigné car
nos comportements et attitudes positives ou négatives l’influencent significativement.
Elle ajoute que «ces comportements et ces attitudes de réceptivité sont la base de
toute communication et représentent une condition essentielle pour la création de
nos relations avec le client» (p. 104).
57
peine et les gens ne sont pas bêtes, ils ne reviennent pas. Ils ne vont pas forcément
vous le dire mais être soi-même et puis mûrir ce qu’il y a à mûrir.»
Cependant, les aprioris ne sont pas que négatifs car ils stimulent les soignants
et les poussent à aller à la rencontre de l’autre. Selon nous, cette rencontre permet
de confirmer ou infirmer leurs aprioris. Pour ce faire, les soignants se doivent d’être
dans: «une attitude d’accueil, sans jugement ni expression d’un a priori: on découvre
le patient au-delà de ses symptômes, on l’accompagne, on prend soin de lui dans sa
différence et avec son système de valeur qui peut être différent de celui du
soignant.» (Bioy et al, 2003, p. 32-33).
Dans cette démarche relationnelle, Lydia pense que les aprioris et les
jugements insérés dans la société est présent en nous de manière inconsciente,
permet à tout un chacun d’avancer: «on avance parce qu’on a tous des aprioris, on a
tous des jugements dans plusieurs domaines. Par notre attitude, on est déjà à l’aise
parce qu’on a appris, […] Donc on a déjà un positionnement qui fait je pense qu’on
va en parler de manière simple mais pour ça, ça suppose que moi-même j’ai pas à
l’intérieur le jugement.»
Afin de surmonter les difficultés linguistiques, nous avons constaté que les
soignants utilisent couramment dans leur pratique les images et les pictogrammes.
58
En effet, ils se sont aperçus que les illustrations étaient plus parlantes pour les
requérants d’asile moins instruits:
Pour moi c’est plus important de vérifier avec chaque personne quelles sont
ses connaissances sur la sexualité, est ce qu’elle est à l’aise par exemple
quand je parle, j’ai des images, des supports visuels donc là c’est qu’à même
assez explicite ce qui se passe, en même temps ça reste soft. Donc chez
des gens qui ont peut-être moins fait d’étude, il ya encore des
représentations du corps, ils ne savent pas comment ça fonctionne et puis ça
je trouve que c’est aussi l’occasion de parler de virus. J’ai ces images qui
sont assez parlantes pour eux. J’ai l’impression que c’est assez parlant…
Donc vraiment, la spécificité qu’on a développé ici c’est de beaucoup utiliser
des images. De là a découlé les romands photos. (Lena)
Il est d’autant plus remarquable que Fatou11, lors de l’entretien prend l’exemple
d’une anecdote développée dans le roman photo pour premièrement nous montrer
qu’elle a compris le message de prévention qui y est véhiculé et que deuxièmement,
ce message aura une influence sur son comportement à venir. Elle souligne: «Moi je
pense que là je ne peux pas faire ça pour cela je vois que c’est difficile pour moi pour
faire ça maintenant […] parce que dans le livre, la fille là, elle a buvé beaucoup c’est
pourquoi l’homme lui a dit je n’ai pas le capot, le préservatif, la fille elle dit ah, on
continue, moi aussi je n’en a pas. Parce que elle a buvé, même moi je pense que ça
n’ira pas.»
Selon Jirwe, Gerrish & Emami (2010), «la différence du niveau d’éducation peut
avoir tendance à catégoriser les patients et la perspective individuelle est perdue» (p.
441).Pour y remédier, Lydia et Lena vérifient au préalable le niveau de connaissance
de chaque personne. «Donc ça dépend de l’éducation qu’on a eue, du vécu qu’on a
eu, comment ils sont arrivés jusque là, qu’est ce qu’ils ont entendu? Donc il vaut
mieux vérifier» «Moi je prétends que…euh…ce n’est pas forcément la culture qui fait
la différence mais aussi le niveau d’éducation en tout cas c’est clair, je vais
10
C’est une campagne de la stratégie nationale de prévention du VIH menée par l’OFSP. (PNVI, 2010, p. 155)
11
Fatou est un nom fictif pour la requérante d’asile
59
m’assurer de ce qu’elle connaît et de ce qu’elle ne connaît pas en matière de
contraception».
4.2.2 La religion
La religion dans la relation soignant-soigné peut être source d’incompréhension
lorsque celle-ci diffère de la nôtre et que les interdits nous semble contraire à nos
valeurs de soignant. «La religion de certaines personnes suppose des valeurs, des
croyances, des comportements, des interdits et des rituels qui déroutent souvent les
infirmières, nuisent à la relation soignante-soigné ou entre parfois même carrément
en conflit avec les soins et les traitements.» (Phaneuf, 2011, p. 169)
Selon Lena, la religion est une barrière qui rend difficile la question de la
sexualité. De ce fait, elle dit devoir prendre un peu plus de temps pour casser cette
barrière: «Je dirais des fois il y a des Somaliens quand ils sont très croyants
musulmans, plus souvent c’est là aussi où c’est plus difficile au début. Plus j’ai les
personnes qui sont croyants…euh… plus on passe un petit peu plus de temps des
fois à casser cette barrière qui fait qu’on peut quand même parler de la sexualité.»
Il arrive ainsi que pour certaines personnes très croyantes, elle doive ruser et
aller jusqu’à utiliser cette croyance pour passer son message : « c’est Dieu qui
donne la maladie, Dieu me protège…moi j’essaye de dire voilà Dieu vous protège et
vous donne l’information » Par cette citation nous voyons comment l’infirmière
s’adapte et accepte que d’autres personnes puissent avoir des représentations
différentes du corps et de la maladie. Une étude réalisée au Canada par Omoradion,
Gbadebo & Ishak (2007) sur les comportements sexuels à risque chez les jeunes
Africains a démontré que chez les jeunes Chrétiens, la religion limitait la discussion
sur les questions sexuelles et ils disaient ne pas discuter de sexe avec les
prestataires de la santé par peur d’être jugés. (p. 454).
En somme, nous pensons que les habilités et les subtilités des soignants, en
plus du respect des valeurs et des croyances des soignés, permet de surmonter
cette difficulté qu’est la religion. Cet investissement de la part des soignants a pour
but d’inciter et de soutenir les soignés en général et les requérants d’asile en
particulier à adopter des comportements favorable à la santé.
Cet état de précarité affecte non seulement leur santé, mais la relègue au
second plan. Stanojevic et Veïse, (2007) soulignent également que: «La résolution
des difficultés d’ordre administratif, économique et social est prioritaire par rapport à
la nécessité de prendre soins de sa santé.» (p. 21). Dans le même ordre d’idée,
Bourdillon (2007) rajoute: «La compréhension et l’adaptation au fonctionnement de la
société d’accueil, génèrent une accumulation de difficultés d’ordre administratif,
économique et social, dont la résolution prime souvent le besoin de « prendre-soin »
de soi.» (p. 315).
De par cette citation, nous nous rendons compte que les soignantes
interviewées ont pris conscience de la complexité de la situation des requérants
d’asile. Elles font preuve de sensibilité à la problématique de ces personnes
vulnérables, sensibilité qui leur permettra de se sentir écoutées, et par conséquent,
les rendra attentifs aux messages de prévention.
J’ai beaucoup de gens qui me disent non non je n’ai pas pris de risques,
dans ce cas là, mais qui insistent pour faire le test. Là, je sonde un peu,
62
j’explique que pour moi c’est important qu’ils me disent, que j’aie un peu
une idée de…qu’on puisse évaluer ensemble le risque que le test puisse
montrer un résultat positif parce que voilà quoi…en un quart d’heure il faut
être prêt. Donc c’est mon rôle aussi de m’assurer que la personne est
prête à entendre un résultat ce jour là.[…] souvent, c’est que les gens
avant le test, disent non non qu’ils n’ont pas pris de risques, et puis en fait
quand on rediscute après le test, ils disent ah…en fait, je vous avais pas
dit, j’avais vraiment peur parce que en fait j’ai pris tel et tel risque.
Ah ben il est toujours très propre, il est vraiment on voit, très élégant, très
propre, ou bien on me dit non,non mais je ne l’ai jamais vu avec une autre
femme […] moi je vois avec elle qu’est-ce qui fait que la protection contre
les IST est difficile pour elle hein! Et ce qu’on trouve le plus souvent eh
ben il n’y a pas de miracle, c’est la configuration relationnelle dans
laquelle elle est, ce qu’elle vit avec la personne qui explique que la
protection est difficile. ça suppose qu’on négocie avec le partenaire, et
souvent de quelle background, valeur éducative et culturelle on vient.
(Lydia)
Par ailleurs, Lena précise que l’usage des préservatifs n’est pas si évident pour
certains hommes, ce qui pourrait expliquer la prise de risque:
Vous savez il ya beaucoup d’hommes qui disent que quand ils mettent, ça
redescend, ou ils ont trop bu, vous savez sur le moment il ya la passion et
puis c’est là qu’ils commencent à dire, ouais c’est vrai que de fois euh…
effectivement, c’est vrai que c’est moins agréable, et là on peut parler. ils
ont fixé négativement sur ce préservatif ou ils ont des mauvaises
premières expériences. Je crois que c’est vraiment des focalisations
négatives et puis ils voient un préservatif et au moment de le mettre déjà
ils perdent leur érection. S’ils sont très amoureux, c’est un facteur de
stress en plus, la peur de décevoir.
Quant-à Lydia, elle nous relate que certains couples d’africains pensent que le
préservatif ne s’utilise pas lorsqu’on s’aime. Certaines femmes latino-américaines, se
le représentent comme quelque chose qu’on utilise parce qu’on est une fille légère
ou une prostituée.
63
4.3 Prévention primaire, secondaire et collective
Dans cette optique, les soins infirmiers ont pour but de promouvoir et
d’accroître la santé, en soutenant les capacités et en mobilisant les ressources des
requérants d’asile. Cette stimulation aura pour effet de les responsabiliser et donc de
les rendre acteurs de leur santé. Il a également pour but de développer le sentiment
positif chez le requérant en tenant compte de ses affects. Toutefois, il est important
de noter, comme le confirme si bien Lydia, que la prévention est complexe dans la
mesure où les requérants d’asile doivent se battre au quotidien pour leur survie et
par conséquent, les priorités sont ailleurs à savoir: régulariser leur situation, trouver
un logement adéquat, se nourrir.
Le PNVI (2010) soutient que l’information des partenaires est essentielle et que
les personnes infectées doivent elles-mêmes informer leur partenaire fixe pour qu’ils
puissent se faire traiter rapidement et éviter ainsi la réinfection. Pour ce qui est des
partenaires occasionnels et fixes, une institution12 peut se proposer de les informer
de manière anonyme. (p. 61-62).
Le but est de casser la chaîne de transmission des IST, sachant que lorsque la
personne est traitée précocement, elle est moins infectieuse voire plus du tout:
«disons ce qu’on va faire c’est aborder la question, de traiter les partenaires, la
question du traitement de la personne, de s’assurer qu’elle ait bien compris comment
on prend et la question de la protection. Déjà se protéger pendant toute la durée des
symptômes et puis surtout insister sur comment éviter de se retrouver avec une
autre IST.» (Lena)
12
Les personnes atteintes du VIH ont la responsabilité juridique d’informer les partenaires sexuels. En cas de
difficulté, une institution dans le cadre de l’aide au patient lors de l’information sur la séropositivité au VIH
peut les informer.
65
d’autres IST: « quand c’est pas le VIH, justement là on parle du coup aussi de
l’importance qu’il s’infecte avec une IST, c’est une plus grande porte d’entrée pour le
VIH. Ce qui fait que les gens aussi comprennent un peu mieux l’importance de traiter
et puis d’expliquer ben, les risques de stérilité pour l’homme et la femme.» (Lena)
Comme mentionné ci-dessus, il n’est toujours pas facile pour la personne atteinte
d’informer la famille ou les partenaires. Lydia nous relate les paroles d’une de ses
patientes, qui affirme: « ma famille j’habite avec eux, ils ne le savent toujours pas
mais je ne peux pas leur dire mais ça va.»
Source : http://www.scienceshumaines.com/pics_bdd/paragraphe_visuel/12420306550_205_p50.jpg
66
4.3.4 Outils de prévention
Concernant les dépliants mis à disposition des migrants, Lena trouve que soit, il
y a pas assez de pictogrammes soit disant que c’est choquant pour les migrants, soit
les pictogrammes illustratifs ne sont pas adaptés car représentatifs d’une population
Européenne (codes):
Donc on a fait ces supports parce que les dépliants pour les migrants, des
fois ils ne mettent pas des pictogrammes parce qu’ils disent que ça peut
choquer les gens mais appelons un chat, un chat. Moi je lutte contre ce
genre de pictogrammes parce que là c’est censé être des travailleurs sur
le chantier, pour moi c’est typiquement pas très culturel, c’est des
manières de représenter qui justement sont très différents d’un pays à
l’autre. Je trouve qu’on doit faire attention avec ces genres de dessins
simplifiés.
Par rapport aux brochures […] Des fiches qu’on peut distribuer mais qui
ne vont pas expliquer dans les détails. On a des fois des petits papillons
où aller faire le test HIV […] Pour beaucoup de gens, ils n’arrivent pas à
comprendre comment on peut avoir un virus dans le corps et ça ne se voit
pas. Ça a un côté un peu magique, Donc d’expliquer avec ces images,
puis d’expliquer que ça c’est microscopique que ces globules blancs, on
ne peut pas les voir avec les yeux, puis qu’on en a des millions, que le
virus peut en tuer 200-300 et que ça ne change rien, j’ai l’impression que
c’est assez parlant.(Lydia)
67
4.3.5 Manque de suivi
Le manque de suivi dans la prévention ne peut être imputé aux soignants. C’est
la conséquence de la migration et de ses facteurs socio-économiques qui font que,
les requérants d’asile relèguent leur santé au second plan. Pour ce qui est de la
situation économique par exemple, Lydia déclare: « la barrière de l’argent où elles
n’ont pas d’assurance, mais maintenant il y a tout un système à organiser, si les
soins sont vraiment accessibles…euh…mais malgré ça là c’est vrai dès qu’elle a un
rendez-vous, un deuxième, elle se demande combien ça coûte, est-ce qu’elle va
avoir de l’aide de l’assistante sociale ou pas? […] Les horaires de l’hôpital, et qui
rentrent en concurrence avec les horaires de ménage qu’elles font et puis avec la
difficulté des fois à dire à la patronne ben là j’ai rendez-vous de tel jour à tel jour pour
un contrôle gynécologique.»
La barrière de la langue n’est pas en reste car elle représente un frein à la prise
de rendez-vous et induit une rupture à la continuité des soins. « Les gens ne font pas
forcément de suivi parce qu’elle ne pas… à cause de la langue, ou elle a appelé et
elle n’a pas réussi à atteindre les gens, elle a perdu le papier […] Après la langue,
prendre rendez-vous ça suppose avoir le bon numéro, pouvoir s’exprimer, donc des
fois elles attendent que ce soit une copine qui puisse le faire pour elle.» (Lydia).
Consciente de tous ces obstacles, Lydia s’adapte et prend volontiers l’initiative de les
contacter ou de fixer des rendez-vous pour eux: «Mais je dirais que au niveau du
suivi, on voit bien que c’est plus compliqué. Personnellement je fais facilement ce
travail de prendre des rendez-vous, de suivre, de rappeler les gens pour voir s’ils ont
fait, mais une fois quoi! mais de m’y intéresser un peu.»
68
Sachant que: « l’individu est porteur de sa culture mais aussi de son histoire,
son identité et de sa personnalité» (Demorgan, cité par Tison, 2007, p.34), le choc
culturel décrit par Cohen-Emerique en 1992, est un élément important dans la
rencontre interculturelle. Elle permet au soignant et au soigné de prendre conscience
non seulement de sa propre identité culturelle, mais aussi de ses particularités, ses
ressemblances et ses différences. Carmel Camilleri affirme qu’ « on parle
d’interculturel lorsqu’apparaît la préoccupation de réguler les relations entre ces
porteurs de cultures au minimum pour réduire les effets fâcheux de la rencontre, au
mieux pour les faire profiter de ses avantages supposés» (cité par Tison, 2007, p.
33).
Pour les soigner, aller à la rencontre de l’autre vivant une expérience de maladie ou
de santé, c’est avoir un échange, une interaction avec un individu différent
culturellement de par la non-familiarité, l’étrangeté et l’imprévisibilité de ce type
d’interaction, d’où le sentiment de menace identitaire ressenti par les soignants
comme le décrit si bien Ting-Toomey, (cité par Tison, 2007, p. 54).
Selon nous, la menace identitaire conduit parfois les soignants à adopter des
contre-attitudes tels que stigmatisation, jugement et stéréotypes. De ce fait, Le
Breton pense que: « l’interculturel est un savoir-être à partir duquel on découvre la
bonne manière d’utiliser le savoir et l’on invente le savoir-faire adéquat» (cité par
Tison, 2007, p. 33).
Pour Lydia, «"le savoir-être" c’est très compliqué et ça, ça commence dans la
salle d’attente au moment où on voit les gens on leur dit déjà bonjour». Ceci implique
donc que les soignants sont emmenés soit par la formation, soit par l’expérience à
développer des compétences interculturelles pour s’adapter aux incompréhensions.
Tison (2007), souligne: « l’adaptation demande une capacité à négocier, à lâcher
prise, à remodeler nos idées, nos actes, à assouplir, à quitter ou à prendre. C’est un
processus de changement qui n’est pas toujours simple.» (p. 34).
Et à Lydia de poursuivre:
Mais ça me semble assez clair, c’est important de mettre les gens dans
des cases, ça aide un peu, mais disons que l’important ici c’est vrai que
comme on a la chance de voir les gens individuellement et donc
simplement on leur pose la question et puis on construit …euh…autour de
leurs réponses […] il faut toujours demander aux gens où ils en sont et
pas partir du principe que parce qu’ils viennent de là comme ça…parce
que là j’enferme les gens dans ma représentation à moi et franchement,
chaque être humain est unique au-delà des cultures.
Le pouvoir est une attitude qui peut s’installer très rapidement dans une relation
soignant-soigné. Il est accentué par le port de la blouse et peut être un frein à la
création d’une alliance thérapeutique. Par conséquent, pour Lena, d’éviter de
prendre du pouvoir sur les personnes vulnérables, débute par l’absence de blouse
blanche: « je trouve important en tout cas là où je travaille c’est de pas mettre trop de
différence, de pouvoir sur les gens surtout ceux qui sont dans le domaine de l’asile
en tant que représentant hein…médecin, infirmier de toute façon pour eux on est
tous un peu pareil, on est docteur, alors moi je ne porte pas la blouse […] Mais je
trouve que c’est se mettre au même niveau, tout en ayant un cadre clair».
De plus, Lena est ouverte aux différences culturelles et réalise qu’il y a diverses
représentations du corps et par conséquent de la maladie: « et puis de dire, des fois,
être conscient des fois il y a des représentations du corps qui sont différentes […]
Donc de pouvoir un petit peu accepter que il ya une manière différente de voir, que la
santé peut être perçu différemment […] Tout c’est une question de respect, respecter
les différences et puis voilà…noter les ressemblances et puis expliquer les choses.»
71
4.4.2 Genre homme/femme
Nous sommes d’autant plus surprises lorsqu’elle explique qu’il y a des femmes
qui se fient complètement à leur partenaire. C’est naturel pour elle de ne pas se
poser de questions ou encore, elles n’osent pas simplement le faire: «on n’a pas
utilisé le préservatif parce que lui, il en n’a pas parlé alors je me suis dit qu’il savait
ce qu’il faisait par exemple hein! Ou bien elles vont me dire ben je ne sais pas s’il a
mis ou pas, j’ai pas regardé, j’ai pas vu, j’ai pas demandé, ou bien oui oui j’ai essayé
de lui parler et lui il m’a dit, bon enfin bon qu’est-ce que tu crois? Je ne vais rien y
mettre à l’intérieur, j’assure.»
Dans un souci d’égalité, nous nous sommes intéressées au vécu des hommes
concernant la sexualité. Il ressort de nos entretiens qu’il n’est pas aisé pour eux de
parler de sexualité avec une femme en dépit de la profession et de son
professionnalisme.
Lena déclare:
Moi j’ai 80% d’hommes, donc moi je me suis demandée si ces hommes ne
seront pas gênés de parler avec une femme […] par exemple un couple
de requérants d’asile et qu’en plus il y a la traductrice, je veux dire il y a
quand même un homme qui se retrouve avec trois femmes, selon la
culture, on sent qu’il y a un peu de gêne, il y a quand même des cultures
où on ne parle pas de ça en couple avec une conseillère et en plus ou
même s’il n’y a pas de traductrice.
13
Transformation d’une culture par intégration et reformulation d’éléments étrangers.
72
homme, en train de discuter sexualité avec une femme et tout c’est vrai
que c’est un peu compliqué, mais il y a un peu de gêne de qu’à même, il y
a un peu de gêne, tu te sens un peu gêné puis ça passe, ça passe
puisqu’on parle d’un truc bien précis.
Pour conclure, nous pensons que notre rôle est de vérifier auprès de chaque
personne les raisons qui la poussent à ne pas en faire usage, et de l’accompagner
au mieux à la pratique du safer sexe.14
14
Sexe à moindre risque : pas de pénétration sans préservatif, pas de sperme ni de sang dans la bouche,
consultation du médecin en cas de démangeaison, d’écoulement ou de douleurs dans la région génitale. (PNVI,
2010, p. 157).
73
coordination est aussi assurée par les infirmières et sont des fonctions vitales à un
meilleur fonctionnement du système de santé.
Suite à nos recherches pour ce travail, nous avons découvert que pour les
requérants d’asile, les infirmières étaient en première ligne pour coordonner les soins
selon leurs attentes et leurs besoins afin de les mettre en contact avec les différents
réseaux. En effet, selon Ratcliff et al (2011), « les primo-arrivants ne maîtrisent pas
encore la langue du pays d’accueil, vivent sans grand réseau social et à cela se
rajoutent une méconnaissance du réseau de soins, tout cela rendant difficile l’accès
aux soins. » (p. 26).
Aspasie: est une association de solidarité, créée à Genève en 1982 par des
personnes prostituées et leurs alliés. Dans une attitude de non jugement elle
défend les droits des personnes qui exercent le travail du sexe, offre accueil,
information, prévention et soutien.
74
Première Ligne (quai 9): est une association de réduction des risques liés à la
consommation de substances psycho-actives, créée en septembre 2004, à Genève.
En continuité du travail mené par le Groupe sida Genève depuis 1991 dans la
prévention relative à la consommation de drogues, cette association a pour but
général la promotion du concept de réduction des risques et d’actions de prévention
permettant aux consommateurs de drogues illégales d’améliorer leurs conditions de
vie, aux niveaux social et de la santé.
Le Groupe sida Genève: Fondé en 1987, le Groupe sida Genève est une
association privée de lutte contre le sida dont le mandat comprend la prévention de
nouvelles infections, le soutien aux personnes touchées, la lutte contre les
discriminations et la diffusion d'informations sur le VIH/sida.
75
5. Analyse des thèmes des requérants
La sexualité est définie par le Larousse (2012) comme étant un ensemble des
phénomènes sexuels ou liés au sexe, que l'on peut observer dans le monde vivant.
C’est un sujet sensible et pas évident à aborder selon les situations de soins. S’il ne
fait pas partie de notre conscience professionnelle, nous nous censurons nous-
mêmes, nous disant qu’il peut être considéré par la personne soignée comme du
voyeurisme. De plus, nous pensons que parler de sexualité selon les générations et
en dehors du cadre amical et genre peut être perçu comme tabou.
Nous nous demandons si le tabou de la sexualité est un mythe car nous nous
sommes rendu compte à la lecture de nos entretiens que ni les requérants, ni les
soignants ne le considèrent comme tel. En effet, Mouslim15affirme: «Non c’est pas
tabou, c’est pas tabou, parler de sexualité, tout le monde sait ce que c’est la
sexualité ha ha ha donc c’est pas un tabou au contraire il faut en parler, pour pas
que certains fassent les erreurs que d’autres ont commis quoi». Et Fatou de rajouter:
«Non, je suis libre, je peux parler, je peux connaître, j’ai la curiosité seulement de
connaître».
Lena quant à elle, pense que c’est aux soignants d’aborder en premier le thème
de la sexualité et que cette ouverture donne et laisse l’opportunité aux requérants
d’en parler et de poser toutes leurs questions:
Et puis je me suis vraiment rendu compte que en fait les gens, j’ai plutôt le
sentiment qu’ils ont envie que enfin on puisse parler. Parce que quand on
est pris dans cette culture, qu’il ya des lieux ou on ne peut pas parler, tout
le monde a des questions […] et c’est très dur pour les personnes de
parler elles en premier des questions qu’elles ont. Donc le fait de nommer
par exemple de parler de pratique anale, moi je parle de vagin, de pénis et
j’ai l’impression que plutôt ça aide. Parce que après les personnes se
disent ok ici moi, je peux poser mes questions […] ce que je vois et peut
être qui peut être tabou est que c’est rare que les questions viennent
d’elles-mêmes.
15
Mouslim est un nom fictif pour le requérant d’asile
76
Beaucoup avaient vu des films pornographiques et avaient un peu de
peine à savoir est ce que la femme blanche elle aime tout ça, ils y en
avaient qui disaient ah mais si on parle de rapport anal est ce que les
femmes blanches aiment ça, elles veulent faire ça? Et puis après
c’était…à un moment donné il m’a demandé mais d’une manière très polie
si moi je faisais ça par exemple, la fellation? et je trouvais que c’était pas
quelque chose, de la drague, c’était vraiment une curiosité de savoir
comment ça se fait, si tout le monde le fait? Alors voilà moi après j’ai
répondu que je n’étais pas là pour parler de mes pratiques…(rire).
Cependant, Lena nous confie que, malgré son début de parcours professionnel
dans une association de solidarité pour les travailleuses de sexe (Aspasie), elle s’est
posé la question de comment aborder la sexualité car c’est un sujet qui peut mettre
mal à l’aise et provoquer de la gêne.
Lors de notre rencontre avec les soignantes interviewées, nous avons pris
conscience que les interprètes et/ou les médiateurs culturels sont de précieux
collaborateurs surtout lorsqu’ils sont formés. En plus de leur formation à la Croix-
Rouge Suisse, ils sont formés par le Programme Santé Migrant sur la manière
d’aborder la sexualité.
Quand l’interprète est mal à l’aise, ça ne passe pas non plus. Alors moi j’ai
des interprètes qui quand on traite ça, ils disent aux gens: si tu fais ce qui
se passe sous le pantalon, c’est dangereux. Je dis non, c’est pas ce que
j’ai dit vous devez nommer, après il dit non on ne peut pas, c’est un
interprète Peul qui disait ça que dans notre culture on en parle pas. Je dis
mais vous, vous êtes là pour faire le lien, je veux dire peut-être dans votre
culture on en parle pas mais ici ils sont en Suisse et ici, on va dire que
l’homosexualité c’est quelque chose qui est permis, qui est normal, ici on
peut parler de sexualité, et si le client ne souhaite pas, on le fait pas. S’il le
souhaite, il doit savoir qu’il peut. (Lena)
Elle insiste également sur la nécessité d’une formation spécifique afin que
ceux-ci aient un vocabulaire adéquat et sachent aborder la sexualité. «Pour certains
interprètes c’était difficile de traduire certains propos en lien à la sexualité, ils
disaient ben voilà, dans notre culture, on parle comme ça. Alors on a formé en fait
spécialement certains interprètes […] je travaille en priorité avec des interprètes
qu’on a formé d’une part sur la question sida pour qu’ils aient déjà le vocabulaire
adéquat, et puis on a beaucoup parlé sur cette question de comment aborder la
sexualité»
L’exemple notoire est celui de Fatou qui doute de la fiabilité des préservatifs
suite aux rumeurs entendues sur ceux-ci dans son pays d’origine depuis qu’elle était
enfant. Elle affirme:
79
Un jour là où chez nous dans nos pays, on disait qu’il y a des préservatifs
qu’on peut utiliser qui a le sida. J’étais un enfant, même j’ai entendu on
disait ça, parce que quand tu regardes dans les théâtres, les télévisions,
que tu entends la radio, le théâtre […] Depuis que j’étais enfant, j’ai appris
ça dans ma tête, c’est pourquoi je n’aime pas ça c’est pourquoi j’ai pensé
que ah! Peut-être tu peux utiliser des préservatifs qui a le sida mais je ne
sais pas, je ne peux pas utiliser ça […] j’ai entendu à la radio que le sida
n’a pas de médicament, tu vas mourir.
Face à ces deux croyances qui nous interpellent, nous notons qu’il peut y avoir
des malentendus et de l’incompréhension lors d’une rencontre entre le soignant et le
soigné avec pour but la transmission du message de prévention. De ce fait, le rôle de
la soignante sera de s’informer sur les croyances des soignés et d’être attentive par
l’observation aux signaux non-verbaux du langage. « C’est par le dialogue et
l’observation que nous arrivons à connaître les croyances des clients et de leurs
proches, donc par une relation signifiante.» (Phaneuf, 2010, p. 167).
Billon (2003) souligne que « les valeurs en matière de santé individuelle sont
des normes fondamentales qui conditionnent les attitudes et les comportements
conditionnés autant par les perceptions individuelles que par les représentations
sociales. » Cependant, elle réitère que « les représentations sociales de la santé ou
de la maladie d’un individu reflèteraient ainsi autant sa situation socioéconomique, sa
position sociale, ses valeurs et les idéologies dominantes de son milieu social, mais
ne suffisent pas à expliquer les comportements individuels de santé et encore moins
la modification des comportements de santé. » (p. 32).
Il est donc utile d’examiner leur motif de consultation aux services préventifs car
les notions de santé, de promotion et de prévention reposent sur des conceptions
européennes lesquelles ne coïncident pas nécessairement avec celles des
immigrantes. (Vissandjée et al, 1999, p. 35-41)
80
5.3 Attentes et intérêts des requérants d’asile
De surcroît, selon elles, ces derniers « se fient souvent plus à ce que disent les
copines, la voisine que ce que disent les professionnels». (Lydia)
J’ai entendu ça, quand tu parles avec des amies, il y a une maladie
sexuelle qu’on appelle le sida, si tu fais…si tu couches avec un homme
sans préservatif, tu vas avoir la maladie du sida, tu vas prendre la
grossesse là mais on ne connaît pas ça parce que on dit comme ça mais
tu ne connais comment ça se fait. Tu n’es pas trop connaître est-ce que
quand je fais une seule fois, je vais attraper la maladie? je ne connais pas.
Est-ce que ça fait quand je fais plusieurs fois?» (Fatou)
Quant à leur intérêt pour les IST, Fatou nous a clairement expliqué qu’elle était
motivée par sa curiosité et son envie d’appendre. Les informations concernant les
IST véhiculées dans le roman photo (sous le signe de la passion, 2009) lui ont
permis de comprendre les modes de transmission des IST,
Quand j’ai lu le livre là, j’ai lu dans le livre, il y a écrit que la cuillère,
l’assiette non! j’ai lu ça et la prise de sang dans le livre, on a écrit que il n’y
a pas de problème c’est parce que nous ne connaissons pas la fille qui est
là, peut-être que elle n’a pas allé à l’école, elle m’a dit ça, moi aussi j’étais
un enfant, j’ai l’ai comprend comme ça mais il y a…maintenant j’ai compris
un peu quand je lisais le livre là. (Fatou nous explique que la lecture du
roman photo lui a permis de comprendre que la cuillère, l’assiette et la
prise de sang ne transmettent pas le sida.)
81
Les différentes étapes de dépistage lorsque l’on a eu des relations sexuelles à
risque:
Oui il faut qu’il y ait un test, il faut que, alors j’ai lu là-bas que le test après
trois mois, alors tu retournes, j’ai lu dans le livre le test après trois mois tu
retournes encore, c’est pourquoi j’ai pensé que si tu as un copain ou bien
fiancé, tu veux faire un mariage avec lui, ce que j’ai pensé là-bas il faut
que nous allions à l’hôpital faire le test la première fois, alors tu attends les
trois mois là encore, vous retournez là-bas vous regardez comment alors
là ça sera bon. […] il faut pas avoir la confiance à quelqu’un.
Moi je pense que là je ne peux pas faire ça pour cela je vois que c’est
difficile pour moi pour faire ça maintenant. Maintenant je vois que ce n’est
pas facile, je ne peux pas comprendre ça, ou bien même si tu vas me dire
parce que moi je ne bois pas ou je vais dire suis soûle, je suis buvée,
j’avais bu beaucoup c’est pourquoi j’ai eu le problème non! parce que
dans le livre, la fille là, elle a buvé beaucoup c’est pourquoi l’homme lui a
dit je n’ai pas le capot, le préservatif, la fille elle dit ah, on continue, moi
aussi je n’en a pas. Parce que elle a buvé, même moi je pense que ça
n’ira pas.
82
6. Discussion
6.1 Réflexion ultime
Dès le début de notre étude, nous nous sommes fixées des objectifs et avons
émis des hypothèses de travail.
Pour les requérants, les explications à base d’images les aident à mieux
comprendre comment les virus, les champignons et les bactéries se propagent dans
l’organisme.
Nous pensions que parler de sexualité était perçu comme tabou chez les
professionnels et par les requérants d’asile eux-mêmes mais, nous nous sommes
rendu compte que le tabou était beaucoup plus présent chez les soignants et en
particulier chez les médiateurs culturels et les interprètes. Effectivement, ces
83
derniers utilisent l’excuse de la culture pour camoufler leur gêne. Ils disent par
exemple dans notre culture, on ne parle pas de ça d’où l’importance qu’ils soient
formés à la question de la sexualité et qu’ils comprennent qu’ils sont dans une
société dont les fondements sont basés sur la liberté d’expression tant que l’autre est
respecté.
Nous pensions également qu’il n’y avait pas de variabilité de perception des
requérants d’asile en fonction de leurs origines ou de leur provenance ce qui s’est
avéré inexact. Les entretiens et la littérature nous ont révélé que selon la religion,
certaines personnes en particulier les jeunes avaient des pratiques à risques. Ne
pouvant avoir des rapports sexuels avant le mariage, ces derniers se livrent à la
pratique anale sans protection, se disant qu’il n’y a aucun danger car ils ne sont pas
en contact avec les sécrétions vaginales. Ils ignorent que c’est la pratique la plus
dangereuse car le risque de transmission des IST est assez élevé même sans
éjaculation.
D’autre part, nous avons constaté que lorsque le requérant vient de la ville ou
de la campagne, il y a des variabilités des perceptions dans le comportement et au
message de prévention. En effet lorsqu’ils viennent de la campagne, il est beaucoup
plus difficile pour eux de s’ouvrir rapidement et de parler facilement de leur sexualité.
Toutefois, quand ils sont mis en confiance, les soignants s’aperçoivent qu’ils ont
beaucoup de questions et finalement parler de sexualité pour eux n’est pas tabou.
Nous pensions dès le début de notre étude que les pictogrammes, les
brochures et les romans photos étaient stigmatisant et n’étaient pas suffisamment
adaptés à la population cible. Il n’en est rien selon les dires des requérants
interviewés. Les romans photos sont conçus à partir des anecdotes vécues au
quotidien par les requérants. Les brochures sont traduites dans plusieurs langues
étrangères. Quant aux pictogrammes, ils ne sont pas suffisamment adaptés car
certaines illustrations ne sont pas déchiffrables par tous.
84
D’autre part, nous sommes en désaccord avec Lydia lorsqu’elle affirme qu’au
planning familial, elles ne sont pas en première ligne en matière de prévention des
IST. Cela nous surprend énormément dans la mesure où elles reçoivent beaucoup
de jeunes filles et des couples pour parler de la contraception, la pilule d’urgence et
des interruptions volontaires de grossesse. Pour nous, toutes ces consultations sont
des moments privilégiés pour sensibiliser ces personnes à la question des IST.
Au terme de cette analyse, il est évident que les soignants doivent avoir un
savoir faire et un savoir être transculturel pour accompagner cette population à un
changement de comportement. De celles que nous avons interviewées, il en ressort
que de part des connaissances théoriques, elles avaient un savoir faire et, elles ont
acquis un savoir être grâce à l’expérience sur le terrain et à la formation continue.
Je dis que là tu n’as pas à prendre beaucoup des idées qui viennent avec,
chacun a ses idées, c’est ce que je disais quand j’étais un enfant, je
prends ceci, je prends ceci parce que j’ai entendu ça alors quand je
n’entends pas ça, je ne peux pas comprendre […] alors quand il y a
beaucoup de personnes, il y en a des questions des gens qu’on pose là,
tu comprends. Les réponses que l’infirmière donne, c’est pas que je suis
seule, je pose mes questions seule.
Quant à Mouslim, l’approche individuelle permet d’être en tête à tête avec l’infirmière
et de poser ses questions.
Pour ce qui est de la nôtre, son apport est de permettre aux différents acteurs
du terrain d’avoir le point de vue des requérants d’asile sur leur travail de prévention
et d’éducation sexuelle afin d’accroître leurs compétences spécifiques.
Pour ce qui est de la population cible, ce fut difficile pour nous de la préciser car
la population migrante est vaste avec différents profils. Ce n’est que lors de
l’entretien exploratoire que nous avons identifié la population qui répondait à nos
critères d’enquêtes.
Pour notre phase empirique, nous avons mené des entretiens semi-dirigés
ayant au préalable établi un questionnaire que nous avons remis aux personnes
interviewées avant la rencontre. Cette démarche a pour effet d’orienter la recherche
et par conséquent d’induire des biais car l’interviewé est limité dans ses réponses.
86
A propos de nos entretiens réalisés auprès des requérants d’asile, malgré
l’adaptation de notre questionnaire pour une meilleure compréhension de leur part,
nous trouvons que les réponses de Mouslim par exemple, étaient brèves et
succinctes. Quant à Fatou, nous nous sommes principalement heurtées à la difficulté
de la langue et comme vous avez pu le constater, nous avons décidé de laisser ses
propos tels quels.
87
7. Conclusion
Nous avons le sentiment après l’accomplissement de ce mémoire de fin d’étude
d’être dans la continuité de Florence Nightingale. En tant que futures praticiennes,
partir d’une problématique de terrain, chercher des informations, les analyser et
aboutir à des résultats dans le but de faire progresser les soins infirmiers est notre
contribution à l’évolution de notre discipline.
88
8. Bilans personnels selon rôle KFH
Nicole
Au terme de ce travail de mémoire de fin d’étude, un bilan personnel s’impose.
Nous avons décidé de le faire selon les 7 rôles KFH qui sont des compétences en
soins infirmiers obtenues tout au long de ces quatre années d’étude. De plus,
l’autoévaluation est une des compétences qui nous a toujours été demandée durant
la formation. Je développerai ici les compétences essentielles acquises lors de la
réalisation de ce MFE.
Réaliser ce travail à deux nous a mis dans une situation de partage d’idées.
Nos idées ne convergeant pas toujours dans le même sens, j’ai développé des
compétences de communicatrice pour pouvoir défendre mes idées sans forcement
entrer dans le conflit. J’ai ainsi appris à faire des concessions, pour arriver à une
prise de décision partagée.
Le choix de notre thèse de MFE est une preuve de mon engagement en faveur
de la santé et de la qualité de vie. Il démontre l’intérêt que nous avons pour nos
89
futurs patients et leurs proches. Il m’a permis d’acquérir des compétences de
promoteur de la santé.
Tout au long de ce travail, nous nous sommes positionnées en tant que futures
professionnelles. Nous avons démontré notre capacité d’analyse, notre ouverture
d’esprit, d’acceptation de la critique pour progresser. Nous avons également
démontré que nous pouvions travailler de manière responsable et autonome
cependant, je reste convaincue que j’ai encore beaucoup à apprendre et me réjouis
de me retrouver sur le terrain.
90
Lucie
Nous voici arrivées au terme de ce travail de bachelor et c’est maintenant que
je prends conscience de tout le chemin parcouru. La réalisation de ce mémoire de fin
d’étude m’a permis de développer plusieurs compétences en lien avec les différents
rôles KFH infirmiers.
Le travail a été mené en binôme et malgré que cela fasse quatre ans que nous
travaillons toujours ensemble, nous avons néanmoins vécu des moments difficiles. A
plusieurs reprises, nous n’étions pas d’accord à propos de certaines idées et sur la
manière de les transposer sur du papier. J’avoue que grâce à cette recherche, j’ai
appris à être plus conciliante afin d’éviter d’éventuels conflits. A mon sens, c’est une
qualité qui me sera bien utile dans ma pratique et qui s’insère dans mon rôle de
communicateur.
Pour finir, je dirais que mon choix de traiter de la prévention des IST auprès des
requérants d’asile est une preuve de mon engagement en faveur de la santé afin de
promouvoir le bien-être des patients et des collectivités. Mon souhait serait que ce
travail de bachelor participe au développement des approches de promotion de la
santé et de prévention de la maladie.
91
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96
10. Annexes
97
Annexe I: Demande d’autorisation pour enquête dans votre institution
Monsieur, Madame,
Veuillez cher Monsieur, chère Madame, recevoir nos salutations les plus distinguées.
98
Annexe: Formulaires de consentement libre et éclairé
Lieu et Date :
99
Attestation des étudiantes: J’atteste par ma signature avoir expliqué à ce-tte
participant-e la nature, le but et la portée de ce travail de bachelor. Je déclare
satisfaire à toutes les obligations en relation avec cette enquête. Si je devais prendre
connaissance,
Makamwe Nicole
Kemken Lucie
Lieu et Date :
100
Annexe: Information pour les personnes participant au mémoire de fin
d’étude
Madame, Monsieur,
Nous vous sollicitons pour participer à notre travail de bachelor portant sur :
comment est transmis le message de prévention des IST par les infirmières et
comment est perçu ce message par les requérants d’asiles, en raison de votre
connaissance et expérience de cette thématique.
Ce travail a pour but dans un premier temps de comprendre le rôle infirmier dans la
prévention auprès des requérants et dans un deuxième temps, de comprendre la
perception qu’en ont ces derniers.
Contexte du travail :
Description de l’enquête :
Nous vous proposons un entretien individuel, qui durera environ une heure, à un
moment et un lieu fixés avec vous, à votre convenance. Cet entretien sera
enregistré puis retranscrit afin de nous assurer de ne pas déformer vos propos. Les
données enregistrées seront effacées une fois le travail de bachelor validé.
Droits et confidentialité :
101
Votre participation à cette enquête est volontaire et vous pourrez à tout moment
retirer votre consentement sans avoir à vous justifier. Vous avez le droit de poser
toutes les questions que vous souhaitez, et pourrez encore le faire ultérieurement.
Le fait de participer à cette enquête ne changera rien des liens professionnels avec
votre employeur.
Adresse de contact :
Emmanuelle Sorg
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