La vie du Bouddha
Le prince Siddhārta Gautama (dit le Sage, l’Éveillé, le Bouddha) n’est ni un
prophète ni un envoyé d’un quelconque dieu. Il naquit au Népal au VIe s av. J.-C.,
mena une vie d’ascète et fut d’abord bodhisattva, c’est-à-dire futur bouddha. Il tint
tête à Mâra, le démon, assis 4 jours sous un figuier, les jambes croisées dans la
fameuse position que nous connaissons. Il atteignit ainsi l’Éveil et réussit à se
libérer de toute souffrance. Dès lors, il parcourut le continent asiatique, enseignant
la loi du Karma, loi universelle selon laquelle toute action, bonne ou mauvaise, est
punie ou récompensée dans la réincarnation de l’âme.
Le bouddhisme s’inscrit dans un mouvement de réaction au brahmanisme,
notamment en s’opposant au système des castes. Il s’appuie par ailleurs sur une
démarche strictement individuelle, une voie de libération.
© Ninja SS - Adobe Stock - Moine bouddhiste
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Le bouddhisme thaïlandais
Proportionnellement, il doit y avoir plus de temples en Thaïlande que d’églises à
Rome. C’est dire comme le bouddhisme est présent dans la vie quotidienne des
Thaïlandais, même si on observe chez les jeunes urbains une relative désaffection
pour la religion, due à la fois au développement de la société de consommation et
aux dérives de certains membres du clergé (cas d’enrichissement personnel
notamment). Il n’est effectivement pas rare de voir un moine dégainer de sa besace
le dernier smartphone en vogue ; on en a même vu frimer au volant d’une voiture
tuning...
Les temples sont des lieux ouverts et conviviaux. Les moines, surtout dans les
villages, interviennent dans les affaires courantes et sont sollicités pour donner leur
avis. Les Thaïlandais ont aménagé leur bouddhisme en y incluant des traditions
hindouistes et animistes, où démons, esprits et superstition se mêlent.
Les Thaïlandais doivent mener, au moins une fois au cours de leur existence et pour
une période variable, une vie de moine en revêtant la robe safran. Certains
travaillent bénévolement à la construction ou à la réfection des temples. Tous
apportent aux statues du Bouddha de nombreuses offrandes et subviennent aux
besoins quotidiens des moines.
Le temple bouddhique
Le temple bouddhique thaïlandais, le wat, regroupe un ensemble de bâtiments
religieux, souvent d'époques et/ou de styles variés. Centre de la vie socio-
culturelle, le wat remplit de nombreuses fonctions : lieu de culte, d'enseignement,
de réunion, d'échanges...
Le bot
Sanctuaire principal du wat, le bot ou ubosot est une salle de plan rectangulaire à
nef unique avec des bas-côtés. Consacrée à la psalmodie des textes sacrés et aux
ordinations monastiques, elle est délimitée par 8 bornes (bais simâs), plus ou moins
hautes et ouvragées, que personne ne doit dépasser lors d’une cérémonie. Considéré
comme sacré, ce périmètre est soustrait à toute juridiction laïque.
Le vihara
Gande salle où moines et fidèles se rassemblent pour écouter les enseignements.
Elle renferme des représentations du Bouddha ainsi que les objets sacrés du temple.
La salle est rectangulaire, avec des toits en pente sur plusieurs niveaux, décorés
de chofas (« pointe du toit »).
Le sala
C'est l'un des 1ers bâtiments que l'on rencontre en arrivant dans un monastère. Les
fidèles y circulent pour leur propre méditation, pour assister aux offices, ou encore
pour y écouter des sermons. Mais on peut aussi y prendre ses repas, parler et même
dormir !
Le bot, le vihara et le sala forment, avec le réfectoire des moines, les bâtiments
communautaires principaux. Les moines vivent autour, dans de petites huttes
appelées kutis, ou dans des bâtiments quand la place vient à manquer. C'est là qu'ils
passent le plus clair de leur temps à méditer, recevoir des visiteurs, se reposer...
Les autres bâtiments
Le bot, le vihara et le sala forment, avec le réfectoire des moines, les bâtiments
communautaires principaux.
D'autres bâtiments composent un temple, dont le chedî, une tour-reliquaire
contenant des reliques du Bouddha, d'un saint homme, ou d'un personnage royal.
Le chedî est souvent à l'origine de la construction d'un wat. Sa forme de dôme, ou
de cloche, est surmontée d'un empilement de parasols.
On peut aussi y trouver un clocher qui sert à rythmer la journée des moines,
des hos trais (ou bibliothèques) et un crématorium.
Savoir-vivre et coutumes
Un certain savoir-vivre est utile et quelques coutumes sont à respecter.
- Retirer ses chaussures : dans tous les temples, la plupart des guesthouses,
certaines boutiques et chez les particuliers. Certains musées doivent même se
visiter en chaussettes ! Optez par conséquent pour des chaussures rapides à lacer et
délacer...
- Interdiction de fumer dans les lieux publics (halls d'hôtel, restos, bars). Ces
mêmes lieux ferment aussi désormais à minuit ou 1 h du matin (sauf autorisation
spéciale), dernier carat.
- Le roi et la famille royale : ils sont très respectés. Si l'hymne national retentit en
pleine rue, si le portrait royal apparaît au cinéma avant le film, il faut se lever.
Gardez-vous de critiquer ouvertement la monarchie thaïe. On n’abordera même pas
le sujet royal, c’est préférable, car on ne sait jamais où l’on met les pieds. Et pas de
commentaire, SVP, sur la vie dissolue de l’actuel monarque avant son accession au
trône…
On évitera aussi de marcher sur une pièce de monnaie (ou un billet) portant le royal
profil. Et, de façon plus globale, mieux vaut éviter de débattre sur la politique ou la
religion.
- Dans les temples bouddhiques : il faut enlever ses chaussures et, lorsqu'on
s'assied, s'arranger pour ne pas mettre ses pieds face au Bouddha : c'est sacrilège.
Le mieux est d’adopter la position des locaux, jambes repliées sous les fesses.
Ensuite, il faut s'y présenter en tenue décente : c’est-à-dire épaules, ventre et
cuisses couvertes. Si une femme veut offrir quelque chose à un moine, elle doit
d'abord le donner à un homme qui le lui remettra.