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Construction Rurale Finale

Ce document est un cours sur les constructions rurales, abordant des concepts fondamentaux et des principes de développement rural. Il traite des facteurs à considérer lors de l'implantation d'activités, des techniques de construction, et de l'aménagement du territoire pour optimiser l'exploitation agricole. L'objectif est de former des agents de développement capables de créer des infrastructures adaptées et durables dans les milieux ruraux.

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Construction Rurale Finale

Ce document est un cours sur les constructions rurales, abordant des concepts fondamentaux et des principes de développement rural. Il traite des facteurs à considérer lors de l'implantation d'activités, des techniques de construction, et de l'aménagement du territoire pour optimiser l'exploitation agricole. L'objectif est de former des agents de développement capables de créer des infrastructures adaptées et durables dans les milieux ruraux.

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CONSTRUCTIONS

RURALES
TROISIEME GRADUAT DEVELLOPPEMENT
RURAL/PLANIFICATION

David SUKA MBENZA


Ir. Agronome Phytotechnicien
Expert en cartographie, Télédétection & Aménagements
Agricoles

E-mail : davsukambenza@[Link]

Tél. +243820283130
CONTENU DU COURS

Introduction ............................................................................................................................. 2

CHAPITRE 1. DEFINITIONS DES QUELQUES CONCEPTS ET PRINCIPES

GENERAUX DE CONSTRUCTIONS RURALES .............................................................. 4

CHAPITRE 2. FACTEURS A CONSIDERER PEDANT L’IMPLANTATION DES

ACTIVITES: .............................................................................................................................. 8

CHAPITRE 3. CHANTIER DE CONSTRUCTION RURALE..........................................11

CHAPITRE 4. ROUTES RURALES ...................................................................................27

CHAPITRE 5. AMENAGEMENTS HYDROLIQUES .....................................................33

CHAPITRE 6. TECHNIQUES DE DEFENSE ET RESTAURATION DES SOLS

(TDRS).....................................................................................................................................47

1|P age
Ir. A0. David SUKA MBENZA, Expert en Cartographie, Télédétection spatiale et Aménagements
agricoles Note de cours de constructions rurales
Introduction

Le développement d’un pays doit passer par un aménagement préalable du


territoire obligatoirement. C’est de bonne utilisation et de l’organisation rationnelle de
l’espace que dépend le développement d’un pays.

On désigne sous le terme « de construction rurale », l’ensemble de


bâtiments, d’installations et d’aménagements que nécessite l’exploitation normale
d’une ferme : maison d’habitation, l’étable, fumière, porcherie, poulailler, hangar,
silos, routes, ateliers, …

La construction rurale peut être définie comme une branche du génie rural chargée
de l’exécution des travaux techniques, en vue de l’aménagement rural, pour son
exploitation et sa mise en valeur.

Il existe entre les constructions urbaines et les constructions rurales une


grande différence due à la valeur foncière et par suite à la valeur locative des
immeubles. Là où le mètre carré de terre est d’un prix insignifiant, on ne cherchera
pas à élever les constructions en superposant les étages mais plutôt à les entendre.
Dans chaque région, il doit y exister un rapport entre les cultures et les bâtiments ;
les constructions rurales doivent toujours être établies avec les matériaux locaux. Les
matériaux à prendre sur place dépendront de la constitution géologique de la localité,
de sa flore ; on ne devra faire supporter le transport qu’à des éléments de grande
nécessité (importance).

Les fonctions de la construction rurale:

 Equiper le milieu rural en outils de travail,


 Assurer l’aménagement du milieu rural,
 Créer des infrastructures de base (routes, ouvrages d’arts, digues, canaux
d’évacuation d’eau, bâtiments, etc.).

Les conditions de l’action dans le champ de l’aménagement du territoire sont :

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Ir. A0. David SUKA MBENZA, Expert en Cartographie, Télédétection spatiale et Aménagements
agricoles Note de cours de constructions rurales
 La prise en compte de l’ensemble des dynamiques
 La recherche de formules innovantes
 La connaissance d’expériences différentes

3 éléments essentiels pour toute politique d’AT :

 La satisfaction des besoins humains par la mise en valeur de la main d’œuvre


et les ressources locales ;
 L’installation d’équipements appropriés ;
 L’organisation du travail dans le cadre d’unités spéciales plus ou moins
vastes.

Objectif du cours :

Permettre aux étudiants futurs agents de développement, de maitriser les techniques


de l’aménagement du territoire: d’équiper le milieu rural en outils de travail,
d’aménager le milieu rural et de créer des infrastructures de base (routes, ouvrages
d’arts, digues, canaux d’évacuation d’eau, bâtiments, etc.).

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Ir. A0. David SUKA MBENZA, Expert en Cartographie, Télédétection spatiale et Aménagements
agricoles Note de cours de constructions rurales
CHAPITRE 1. DEFINITIONS DES QUELQUES CONCEPTS ET
PRINCIPES GENERAUX DE CONSTRUCTIONS RURALES

1.1. DEFINITIONS DES QUELQUES CONCEPTS

Milieu rural : c’est un milieu caractérisé par: l’agriculture, l’instruction est faible, les
moyens de communication sont inexistants, les systèmes de production, de santé,
d’éducation et de formation sont faibles.

Territoire : est une étendue de la surface terrestre sur laquelle vit un groupe humain,
une collectivité ou une communauté.
Aménagement du territoire : c’est l’ensemble des différentes interventions qui
consistent à la transcription dans l’espace, de la vision qu’on s’est fait du
développement actuel et du développement futur de la société.

Le développement : c’est l’ensemble de transformations économiques,


technologiques, spatiales, sociales, institutionnelles et politiques.

Le mot terroir désigne l'ensemble des terres d'un village, d'une ferme, ou
éventuellement d'une zone agraire.

1.2. PRINCIPES GENERAUX DE CONSTRUCTIONS RURALES.

1.2.1. Considérations d’ordre économique:

La surface couverte par le bâtiment doit être la plus grande possible, au moindre prix
et de prix de revient au m2 le plus bas possible. La construction des locaux doit être
simplifiée, à ce qui concerne l’ossature générale, elle restera peu spécialisée, ce qui
permet éventuellement de transformations faciles et économiques ;
Pour les bâtiments destinés aux petits élevages (aviculture par exemple), on donnera
la préférence aux constructions démontables et mobiles.

1.2.2. Considérations hygiéniques et techniques:

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Il convient de respecter un certain nombre de règles d’hygiène qui permettent de
maintenir une ambiance grule favorable à un bon état d’entretien et de sauté des
occupants. Cette ambiance grules a pour composante : la température, l’humidité, la
pureté de l’atmosphère.
Par ailleurs, elle (ambiance) est sous la dépendance des facteurs climat, orientation
des locaux, matériaux de construction, ventilation, structure des murs, sol et
topographie, portes et ouvertures. Tous ces aménagements amènent aux principes
d’organisation d’une concession.

1.2.3. Plan d’aménagement rural


Le plan d’aménagement rural se réalise sur base d’un dossier technique comprenant
les éléments suivants :

 L’histoire du territoire ;
 Le contexte du territoire (géographie) ;
 Le profil biophysique du territoire (forêt, savane,…) ;
 Le potentiel et les contraintes du milieu biophysique ;
 Le profil socioéconomique ;
 L’utilisation du sol.

Ce travail doit se faire en principe sur base d’une carte ; d’où l’importance de la
cartographie dans l’aménagement du territoire.

1.2.4. Organisation d’une concession:

Il n’y a pas de plan type pour une concession moderne. Mais d’une façon générale,
une concession est un ensemble organisé où chaque activité a sa place.

a) Détermination de nombre de bâtiments ou cases à construire:

Dans un premier temps, il convient de déterminer les besoins en construction et


équipement. Pour cela, il faut se poser des questions pour savoir ce qui est
nécessaire (combien de chambres) ?, quel bâtiment, faut-il des coins de toilette ?,
que prévoir pour recevoir les étrangers ?...). Il ne faut pas oublier la cour intérieure

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que l’on peut considérer comme la pièce à ciel ouvert où se déroule la plus grande
partie de la vie familiale.

Après cela, il convient de déterminer la disposition de ces constructions les unes par
rapport aux autres.

b) Bien disposer les constructions les unes par rapport aux autres:

Cette disposition doit tenir compte de mode de vie traditionnelle et des nécessités
actuelles.

1) Disposition des bâtiments ou cases de logement:

Les cases - chambres doivent être espacées les unes par rapport aux autres pour
une bonne circulation de l’air. On doit se demander comment disposer le logement
de chaque membre de famille selon son sexe, son âge et son statut.

2) Place de grainier:

Il convient de le disposer de manière à y accéder facilement.

3) Emplacement de puits et de latrine:

Le puits doit être situé plus haut sur la pente que les latrines (à plus de 25 m) pour
éviter la pollution de l’eau.

4) Situation des aires de séchage:

Une grande partie de la cour intérieure est souvent utilisée pour sécher les produits
vivriers. Il vaut mieux aménager les aires de séchage propres et sans poussière,
hors de passage de gens, de portée des animaux domestiques et du lieu où les
enfants s’amusent.

5) Emplacement des abris pour animaux:

Pour plus d’hygiène, les animaux ne doivent pas habiter les mêmes bâtiments que
les hommes. Il convient d’avoir des abris séparés pour les volailles, moutons et
autres. Ces abris doivent être construits en dehors de logement de la maison. Pour
les gros bétails, l’étable doit être disposée de telle façon que le vent n’apporte pas

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des mauvaises odeurs dans l’habitation, ne doit être assez éloignée pour ne pas
attirer les mouches.

6) Plantation d’arbres:

Les arbres sont nécessaires parce qu’ils fournissent de l’ombre et parfois des fruits.
Par ailleurs, lorsqu’il y a des arbres autour de la maison d’habitation, ils empêchent le
soleil de chauffer le mur de case, ce qui contribue à maintenir la fraîcheur dans la
maison.

- Apport des améliorations:

Il s’agit d’avoir une habitation assez fraîche et bien solide: 3

a) Habitation fraîche:

1) Bien orienter les constructions:

L’orientation doit diminuer l’exposition des murs au soleil et doit augmenter la


ventilation. Pour empêcher les rayons solaires de taper constamment sur les murs,
une construction rectangulaire doit être orientée d’Est à Ouest et avoir un toit
débordant ; ainsi de matin et l’après-midi, les rayons solaires tapent sur les murs de
la largeur et à midi, ils atteignent peu ceux la longueur.

2) Bien ventiler:

Pour une bonne ventilation:

- Orienter par rapport aux vents dominants des saisons chaudes en


général dans le sens Sud – Nord ;
- Espacer les constructions ; c’est pourquoi il faut une cour intérieure ;
- Avoir des ouvertures larges (fenêtres, portes) faisant face.

b) Construction solide:

Pour avoir des bâtiments solides, il faut construire avec des matériaux résistants,
lesquels seuls ne suffisent pas ; pour ce faire :

- Faire des fondations solides


- Réaliser des bons enduits (crépissage).

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CHAPITRE 2. FACTEURS A CONSIDERER PEDANT
L’IMPLANTATION DES ACTIVITES:
2.1. FACTEURS A CONSIDERER :

1) Accessibilité (Accès):

Les bâtiments doivent être d’accès très facile. Les différents bâtiments dans la
concession seront reliés entre eux par des pistes ou des allées à bon état
d’entretien. Eviter les endroits humides ou proches de marigots qui débordent en
saison de pluie ou transforment les abords en bourbiers.

2) Réduction de déplacement:

L’expérience a montré que lorsque les différents locaux sont très éloignés les uns
des autres, leur entretien est souvent difficile et laisse à désirer. Dans les grandes
exploitations (ranche ou exploitation d’élevage), il convient d’entretenir une piste pour
voiture et pour personnel de gardiennage dans le voisinage.

3) La sécurité:

Elle doit être assurée pour l’homme, pour le bétail et pour les cultures. Eviter des
angles vifs dans la construction, les portes et ouvertures trop étroites et trop basses,
la mangeoire placée trop bas. Le sol doit être l’objet des soins particuliers : Pas de
caniveau à ciel ouvert, pas de revêtement glissant. Il faut veiller à la solidité de
l’ensemble de la charpente et de murs et au bon arrimage (fixation) de la toiture.

Eviter le risque d’incendie : toutes les matières inflammables (paille, fourrage,


essence, …) seront stockées dans les locaux isolés. Ceux-ci seront construits sous
le vent dominant et éloigné de cuisine et de feu découvert. Prévoir les moyens de
lutte anti incendie.

4) La surveillance:

Les possibilités de surveillance sont fonctions de facilité d’accès et le respect des


normes de construction.

5) Prévention éventuelles:

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Le terrain d’implantation doit être choisi de manière à pouvoir permettre ces
agrandissements. Il faut donc construire sur des terrains dégagés et éviter la
proximité d’obstacles naturels : cours d’eaux, roches, arbres, …

2.2. ETUDE D’UNE IMPLANTATION

Elle porte sur :

La configuration du terrain (topographie) :

On doit choisir un terrain sans accident, dégagé autant que possible sur sol
perméable pour éviter le bourbier mais pas trop meuble pour assurer la solidité de
fondation. L’orientation permet de protéger le bâtiment contre une insolation trop
grande, contre les pluies et les vents dominants.

Calcul de la pente

La pente est l’expression de la dénivellation entre deux points d’un parcours. On


l’exprime en mètres pour 100 mètres ou en %.

Pente = dénivellation x 100/distance horizontale

Exemple. Nous suivons un parcours de 150 mètres et que nous nous retrouvons trois
mètres plus bas que le point de départ, nous calculons la pente comme suit:

Pente : 3 mètres /150 mètres = 0,02 mètre/mètre = 0,02 x 100 = 2%

Adduction d’eau :

Le problème de l’eau est essentiel. En Afrique on utilise le plus souvent un puits ou


un forage ; l’implantation de bâtiment est réalisée en fonction de leur situation; de
façon à éviter le déplacement ou les longues canalisations coûteuses.

Toute fois on doit se poser des questions avant de modifier l'économie en eau d'un
terroir, d'un bassin versant :

 L'eau est-elle rare ou abondante? calme ou violente? capricieuse ou


pondérée?
 Quels sont les flux qu'on observe à l'endroit où l'on veut intervenir et dans son
environnement?

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 Quelles sont les règles et les lois qui président à l'utilisation de l'eau du terroir
par les habitants?
 Quels types d'agriculture pratique-t-on sur le terroir? Etc.

Installation électrique :

Souvent en Afrique, dans les campagnes, l’électricité est fournie par un groupe
électrogène autonome. Celui-ci sera placé au voisinage des bâtiments d’habitat et
d’élevage. D’où encore, l’intérêt de ne pas construire à l’ordre dispersé pour éviter
des longues lignes et les pertes de voltage qui en découlent.

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CHAPITRE 3. CHANTIER DE CONSTRUCTION RURALE

Un chantier est un emplacement sur lequel on doit assurer l’exécution des


travaux successifs de courte durée à un rythme accéléré : Bâtiment, digue, pont ect.
L’organisation d’un chantier doit être rationnelle car elle conditionne la réalisation de
la construction envisagée de la manière la plus économique.

Une étude préalable détermine:

- L’importance des installations de première urgence


- L’approvisionnement en matériaux ainsi que les surfaces nécessaires à
leur stockage et à leur emploi ;
- Les divers postes de travail avec un effectif de manœuvres, d’ouvriers
spécialisés, les outillages qu’ils requièrent.
3.1. INSTALLATION DU CHANTIER:

Conformément au plan de construction envisagé, on étudiera l’installation du


chantier en effectuant les démarches suivantes:

1) Visite du terrain:

Cette visite consiste :

- Pour relever les différences de niveau du terrain ;


- Pour examiner les voies de communication : accès pour véhicule et piéton,
possibilité pour approvisionnement en eau, sable, caillasse et autres éléments
de construction.

2) Schéma: sur le plan topographique,

- On portera les limites du chantier


- L’emplacement exact de la future construction, l’accès.
- On doit faire figurer sur la surface de terrain disponible, les aires de stockage
des matériaux : fer, bois ; et l’aire d’attente des matériaux oeuvrés (coffrage,
ferraillage).
- On étudiera les tracés de circulation de façon à faciliter l’accès au dépôt, aux
ateliers.

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Après avoir porté sur le plan les emplacements et la répartition des différentes
installations précitées, on portera des modifications aux ménagements envisagés
pour tenir compte des directives ci – après :

- Une baraque (local en planches) réservée à la direction des travaux, doit être
implantée à l’entrée.
- Une baraque de dépôt d’outils et des équipements divers sera située de
préférence à la suite ; il en est de même de la baraque destinée au dépôt de
sacs de ciment
- Un dépôt de bois doit être proche des établies et de l’emplacement où l’on
prépare les éléments de coffrage et de charpente
- Un emplacement de fer rond doit se trouver à proximité des établies de
ferraillage et de l’aire d’attente d’où les armatures pourront être facilement
transportées vers le lieu d’emploi.

3.2. APPROVISIONNEMENT DU CHANTIER:

Pour permettre la livraison des matériaux, des outillages à pied d’œuvre, il


est conseillé de créer si nécessaire dès le début du chantier des parcelles ou
ponceaux provisoires pour éviter le transport irrationnel (portage) pour réduire le
déblai.

Suivant l’importance du chantier, on décidera si les commandes des matériaux


doivent être livrées en une seule ou plusieurs fois (possibilité de stockage).

3.2.1. Les personnels du chantier

On doit étudier les premiers besoins en main d’oeuvre spécialisée : Ferrailleur,


maçon, gardien, magasinier central, chef d’équipe. On prendra soin de se renseigner
sur le code de travail en vigueur pour l’embauche et le licenciement de personnel de
chantier, la prévention des accidents de travail.

3.2.2. Les demandes

On peut être amené à rédiger des demandes à adresser aux autorités : ouverture
d’une voie d’accès, prélèvement de sable, des matériaux de carrière, adduction
d’eau éventuelle.

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3.2.3. Documents de chantier:

- Plan topographique de l’ouvrage avec des détails


- Graphique de l’état prévisionnel de l’avancement des travaux ou planning de
construction.
- Graphique de réalisation des travaux
- journal des travaux : registre dans lequel on transcrit quotidiennement les
diverses opérations exécutées pour chaque catégorie de travaux : main
d’œuvre utilisée, moyen et matériau employés ainsi que toutes les
observations faites pour les meilleurs avancements des travaux (contrôle,
rappel des commandes non délivrées, …).
- Dossiers pour les correspondances reçues et expédiées : ce sont des
documents tenus par le chef de chantier généralement auxquels s’ajoutent les
documents tenus par le bureau de la comptabilité lorsque l’ouvrage est
important.
- Le texte de protection des travailleurs.

3.2.4. Ouverture de chantier:

Dès que le chantier commence à fonctionner, il peut être clos ou non (mais
dans les agglomérations, les clôtures sont en général obligatoires). Les premiers
travaux consistent à monter les baraques, à délimiter les dépôts selon le schéma de
l’installation.

3.2.5. Le chef de chantier:

La réussite dans l’exécution d’une construction dépendra en grande partie de :

- la compétence du chef de chantier ;


- l’impulsion qu’il donnera au chantier ;
- l’activité dans laquelle il maintiendra son organisation technico – économique
et ;
- la façon dont il aura utilisé l’exploitation.

3.3. PHASE DE CONSTRUCTION

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3.3.1. Piquetage et profilement:

Pour cette opération, il n’y a rien à signaler. Rappelons seulement que sans
appareil d’arpentage (théodolite), on peut tracer un angle droit sur le sol. A l’aide
d’une corde o b et o d, il suffit de mesurer sur une longueur égale à 5m ; sinon on
déplace d vers d’où inversement). C’est l’application du théorème bien connu du
carré de l’hypoténuse.

3.3.2. Mise en état du sol:

Un terrain à mettre en valeur ou en état de culture peut présenter différents


aspects : Il est soit occupé par des arbres ou arbustes , soit couvert de broussailles
et des tiges fines ou quelques fois remplis des souches et des racines, et voire
même ces différentes couvertures végétales ou autres peuvent se combiner.

Dans chaque cas, il est nécessaire d’utiliser un matériel particulier notamment pour
défricher, c'est-à-dire pour débarrasser le sol de la végétation qui la couvre ou
l’épierrer.

Les travaux de mise en état du sol exigent ensuite à remuer la terre pour la
niveler et la nettoyer. Afin, les travaux d’assainissement peuvent être rendus
nécessaires dans certains sols pour lesquels le niveau d’eau est trop proche de la
surface du sol.

3.4. MATERIELS UTILISES POUR LA MISE EN ETAT DU SOL:

a. Matériels courants pour les travaux légers de défrichement et de


terrassement:

On trouve généralement la bêche, la pelle, la pioche et pic, la machette et la


brouette.

N.B : Pic a une pointe très aigue que la pioche mais l’une et l’autre partie est utilisée
pour cogner le matériau. La bêche sert à creuser, la pelle sert à évacuer, elle a une
lame incurvée où évasée pour déplacer le matériau tandis que le coin sert à
désagréger le matériau compact.

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b. Matériels lourds de défrichement et de terrassement:

Les matériels lourds employés pour les travaux de défrichement, d’épierrage,


de terrassement ou d’assainissement sont mis en action par des tracteurs ou des
ensemble moteurs qui doivent disposer d’une puissance de traction élevée et avoir la
possibilité de se déplacer dans des terrains marécageux, tourmentés (chenillard).

1) Tracteur de chantier en chenille:

Le tracteur à chenille a une grande résistance dans les travaux de


défrichement et de terrassement. Il est l’engin porteur indiqué pour certains outils
(lame, pelle, …) ou l’engin de traction pour les autres.

Les éléments essentiels qui constituent un chenillard sont:

- Le châssis,
- Le moteur,
- L’embrayage,
- La boîte de vitesse,
- Les organes de direction,
- Les chenilles et les éléments divers (barre de traction, crochet, pare-choc).

2) Tracteur à pneumatique ou à roue:

Il présente une adhérence au sol d’une infériorité notable par rapport au


tracteur à chenille. Les éléments essentiels d’un tracteur pneumatique sont à grande
partie les mêmes que ceux des tracteurs à chenille. Les éléments qui les
différencient sont la direction et l’attelage.

a) Matériels de défrichement proprement dit:

Ces matériels varient suivant les caractéristiques de la végétation à détruire.


Divers engins sont utilisés pour les travaux de défrichement des arbres et arbustes.
Certains sont très spécialisés étant donné qu’ils s’adaptent à des conditions précises
de sol et de végétation.

1) Le Bulldozer:

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C’est l’engin le plus utilisé. Il comporte une lame refoulant droite ou
légèrement courbée, disposée à l’avant d’un tracteur à chenille ou à roue,
perpendiculairement à l’axe longitudinal de la machine. 8

2) Le Bulldozer d’abattage:

L’inconvénient du bulldozer étant son point d’attaque trop bas ; on a cherché


la solution d’attaquer les arbres plus hauts. A cette fin, plusieurs types de matériels
sont employés parmi lesquels des modèles de bulldozer ayant une barre de poussée
placée au-dessus et à l’avant de la lame permettant d’attaquer les arbres à des
hauteurs variables tandis que la lame reste au niveau des racines.

b) Dessouchement:

Il arrive souvent qu’un secteur boisé ait été exploité avant d’être défriché.
Alors, il y a lieu d’enlever simplement les souches. On peut utiliser pour cela :

 Une déssoucheuse poussée : placée à l’avant du châssis d’un tracteur à


chenille ; outil très robuste, possèdent des dents qui peuvent accrocher la
souche en profondeur.
 Une déssoucheuse tractée: montée à l’arrière d’un tracteur, elle comporte
une seule dent dont la profondeur est réglable.
 Déssoucheuse rotative: des divers modèles pouvant être commandés par la
prise de force d’un tracteur et procédant par carottage.

c) Nettoyage du terrain:

Après abattage de la végétation arbustive, il convient de nettoyer le terrain.


Ce travail est souvent exécuté par les mêmes matériels qui exécutent l’abattage ; le
bulldozer ; mais en végétation dense, il est parfois plus avantageux de procéder à
l’abattage avec bulldozer d’abattage, puis au déblayage de terrain avec un râteau –
débroussailleur encore appelé râteau défricheur. Ce dernier diffère de bulldozer
parce qu’il se présente comme un bouclier à clair–voie comportant des dents
verticales. Ce bouclier est monté à la place de la lame de bulldozer.

d) Les matériels de terrassement:

1) Le bulldozer : cfr le défrichement

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2) Le grader à lame et motorgrader

Le grader à lame ou niveleuse est un engin remorqué par le tracteur tandis que le
motorgrader est auto–moteur.

La lame peut pivoter et prendre les positions plus diverses, particulièrement toutes
les inclinaisons par rapport au plan horizontal et par rapport à l’axe du châssis. Elle
peut même être dressée verticalement sur le côté de la machine.

e) Les matériels affectés au transport de terre:

1) La remorque ou Wagon - remorque:

Est un véhicule de transport, généralement en pneu, est remorqué par un


tracteur. La remorque comprend une benne culbutable, des portes de vidange, …

2) Le dumper:

Il désigne simplement soit un camion à benne de grande capacité qui peut


atteindre une quinzaine de m3 et qui comporte un dispositif de basculement vers
l’arrière ou le côté, soit un véhicule de capacité moyenne qui se situe entre
l’ensemble constitué par un tracteur agricole et une remorque et un gros camion, soit
enfin le petit modèle passe – partout dont la capacité ne peut atteindre que 2 à
3,5m3.

f) Matériels d’excavation et de transport :

Les scrapers:

Les appareils appelés « Scrapers ou racleurs » sont capables de procéder à


l’excavation de la matière qu’il rassemble ; puis il transporte cette matière dans leur
benne pour la déverser ensuite à l’endroit choisi.

 L’élévateur – chargeur ;
 La pelleteuse – chargeuse ou « Tractor – Schorel » ;

On peut distinguer 3 catégories :

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Avec godet à mouvement vertical : pour excaver, on fait avancer le tracteur, le godet
abaissé. Il faut des nombreuses manœuvres avant et arrière pour charger et
décharger.

3.5. MATERIAUX DE CONSTRUCTION:

Le matériau est le produit avec lequel on fabrique le matériel.

3.5.1. Matériaux terreux:

Comme matériaux terreux, on distingue : les pierres, les sables, les fillers

[Link]. Les pierres:

1) Terminologie (classement):

 Le classement se fait en fonction de diamètre de la manière suivante :


 Moellon Φ > 10 cm (bloc de grande diamètre : 20 – 40 cm)
 Cailloux 3 < Φ < 10 cm
 Graviers 2 < Φ < 2,5 cm
 Gravillons 6 < Φ < 25 mm
 Garnis 5 ≤ Φ ≤ 6 mm

2) Extraction:

Les pierres sont extraites dans les carrières à l’aide d’outils de carrière ou
des explosifs généralement.

3) Caractéristiques d’une bonne pierre:

Une bonne pierre doit être pleine, avoir un grès fin, se tailler facilement, offrir
une surface assez dure pour que le mortier puisse assurer une bonne liaison, résister
à l’écrasement et au choc. On reconnaît en général qu’une pierre est bonne
lorsqu’elle n’absorbe pas beaucoup d’eau et qu’elle rend un son clair lorsqu’on la
frappe avec un outil en fer (quantité d’eau max : 12 litres/m3). Les pierres sont
également caractérisées par leur densité apparente et leur rupture à la compression.

4) Utilisation:

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Les pierres sont utilisées pour le soubassement : béton de gravillon, pierres
cassées ou moellons ; en élévation ou murs de soutènement ou porteurs.

5) Avantages des pierres:

Résistance aux intempéries, les insectes ne s’y attaquent


qu’exceptionnellement ; un matériau très décoratif : on n’a pas besoin de la peindre,
les marbres sont utilisés pour la finition de maison (carreaux, …)

6) Inconvénient des pierres:

La pierre est un matériau difficile à utiliser : il faut l’extraire de carrière (travail


pénible). C’est un matériau lourd à transporter : pour la rendre utilisable, il faut
souvent la tailler (travail lent, fatiguant quand on dispose d’outils rudimentaire). Pour
mieux construire en pierre, il faut l’intervention de spécialiste.

3.5.2. Le sable:

Le sable est un matériau inerte provenant de l’érosion de roche ou de leur


broyage et utilisé particulièrement en construction dans la confection de mortier et de
béton.

1) Classification:

Elle se fait selon:

- Leur provenance : sable de rivière, sable de dune ou industrielle (quand il est


le produit de concassage et de broyage des pierres naturelles dures) ;
- Leur dimension : sable gros : passant au tamis de 5 mm retenu par celui de 2
mm ; sable moyen : passant au tamis de 2 mm, retenu par celui de 0,5 mm ;
sable fin passant au tamis de 0,5mm.

2) Caractéristiques (qualités):

Le sable sale donne un béton qui manque d’adhérence et qui se fissure.


Aussi doit - on utiliser pour le mortier et le béton un sable exempt des matières
terreuses ou d’impuretés, matières organiques et sels. Pour cela, il doit être tamisé et
éventuellement lavé. Un sable est utilisable lorsque, brassé avec de l’eau dans un
récipient, celle-ci n’est pas altérée ; frotter entre les doigts, il produit un petit bruit sec.
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On donnera la préférence au sable de rivière (lavé naturellement, occasionne peu de
dépenses) ; il faudra se réserver d’utiliser un sable exclusivement constitué des
grains ronds ou fortement micacés (réduisent considérablement la cohésion du
mortier ou du béton étant donné qu’un bon sable est formé des grains présentant
des aspérités pour un bon accrochage au ciment.

3.5.3. Les liants:

Ce sont des produits qui servent à unir énergiquement les divers éléments
des matériaux terreux ou pierreux. Les principaux liants sont la chaux et le ciment.

1) La chaux:

On distingue :

- La chaux vive : produite par la calcination des pierres calcaires ;


- La chaux éteinte ou grasse : chaux vive foisonnée à la suite de l’addition de
l’eau. Elle est souvent employée comme liant pour le mortier et béton de terre
;
- La chaux hydraulique : se compose de chaux et de l’argile combinés
ensemble. Elle donne une patte durcissant à l’humidité et même dans l’eau.
2) Les ciments:

C’est le type de liants le plus employé dans les constructions. D’une manière
générale, les ciments sont des silicates double d’Aluminium et de Calcium qui,
mélangés avec l’eau en proportion convenable, forment une patte plastique qui se
solidifie au bout d’un temps et durcit. L’industrie présente une gamme de ciment
répondant aux différents besoins de constructeur. Les ciments sont caractérisés par
leur rapidité de prise et surtout la résistance à la compression exprimée en bar (1bar
= 1,02 Kg/cm2) à 7 jours et à 28 jours.

Ainsi distingue- t- on :

- Les ciments à prise rapide (ciment prompt) : utilisé pour les travaux de contact
avec l’eau. Ces ciments sont moins résistants que les autres et acquièrent une
résistance de l’ordre de 80 bars à 28 jours. Ce sont des comment naturels;

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- Les ciments artificiels à prise lente : les plus courants sont les ciments
portland (CPA : Ciment Portland Artificiel) qu’on peut subdiviser en :
 Ciment ordinaire
 Ciment à haute résistance
 Ciment à haute résistance initiale :
 Super ciment

Il existe aussi d’autres types de ciments appelés ciments fondus ou alumineux qui
sont d’un emploi particulier.

3) Qualités d’un bon ciment:

Les ciments non avariés cèdent sous la pression des doigts, sa couleur est
gris – uniforme. Il ne doit pas durcir rapidement ni augmenter le volume pendant le
durcissement. Un test simple permet de vérifier l’augmentation de volume en plaçant
dans des verres minces où on laisse durcir le ciment, si le volume augmente, le verre
se brise.

4) Stockage de ciment:

Le ciment doit être préservé de l’humidité et être éventé afin qu’il ne s’altère
et ne forme des grumeaux. Il doit être conservé dans un endroit sec, il est préférable
de conserver dans un magasin dont le plancher sera surélevé de façon à lai sser un
espace libre largement aéré.

5) Autres liants: (Argile et Altérites)

Les argiles se tassent bien, elles contiennent une proportion convenable


d’eau. Par temps sec, elles se contractent et se fissurent

Mortier :

Mélange de chaux ou de ciment et de sable, utilisé en construction pour lier et


recouvrir les pierres ou briques.

3.5.4. Les fers:

Les métaux ferreux sont très largement utilisés dans le bâtiment, armature
armée, ossature de couverture, cadre de porte et fenêtres, coffrage.

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1) Fer à béton:

Le fer est utilisé pour augmenter la résistance du béton (le fer et le béton ont
sensiblement un même coefficient de dilatation) sans subir une altération dans le
béton. Le fer rond se présente généralement sous forme lisse et crénelleux, quelque
fois en rouleau pour le fer de petit diamètre. On les utilise comme armature
(squelette) de pilier, de poutre, des semelles.

Le tableau donne les différentes catégories des fers ronds.

3.5.5. Le bois

C’est un matériau d’utilisation courante dans le bâtiment, ou bien il fait partie


des éléments de construction sous forme de charpente, plancher, porte, fenêtre,
plafond, escalier, …Dans ce cas, il doit être de bonne qualité, ou bien, il est utilisé
pendant la durée de chantier : coffrage, échafaudage,... Pour ce dernier cas, il peut
être de qualité moindre. On a intérêt de toutes les façons du bois suffisamment sec
sinon il se déforme après la mise en place.
Classification : la classification se fait selon leur dimension (épaisseur et
largeur).

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1) Qualités de bois:
On refuse les bois d’inégale dureté ou présentant des vides circulaires, des
fentes, ceux dont les fibres décrivent les hélices (difficiles à travailler) ou afin les bois
attaqué par des vers ou par l’humidité. Le bois de bonne qualité donne des copeaux
souples, dans le cas contraire ils proviennent d’arbres trop vieux. Une goutte d’eau
versée sur une surface fraîchement polie au rabot ne doit pas pénétrer dans les
veines du bois.
2) Conservation de bois avant utilisation:
Il convient de le mettre dans un endroit sec et le protéger par une couche
d’huile de vidange, de goudron ou de 2 couches de peinture à huile pour les pieux et
les poteaux, brûler les bouts qui vont entrer en terre.

3.5.6. L’eau:

Elle est utilisée pour le gâchage de mortier ou de béton. Elle doit être aussi
pure que possible. L’eau courante est préférable à une eau stagnante. Toutefois,
c’est la quantité qui importe dans le gâchage et non la qualité.

3.5.7. Les briques:

On distingue:

1) Briques cuites:

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Obtenues après moulage et cuisson d’une patte composée d’argile et de
sable. Une bonne brique doit être parfaitement moulée, à arrête vive et sans
ébréchure. Est à rejeter la brique mal cuite ou brûlée, celle dont le grain n’est pas
serré et homogène dans la cassure. La cuisson a lieu dans un four constitué par
empilage des briques en plein air sous forme de meule (fabrication locale) ou dans
un four spécialement construit pour cette fin (four tunnel). La température est
progressivement portée jusqu’à 1200°C, ce qui a pour effet d’évacuer l’eau de
constitution de la patte et de former des silicates dont la présence empêcher le
délayage de la brique au contact de l’eau.

Utilisation:

Brique pleine : Pilier, pavement, renfort et Brique creuse : mur extérieur non
porteur, cloison, paroi de fosse septique.

2) Les agglomérés:
 Les Agglomérés de ciment:
Etre creux ou pleins. Ils sont fabriqués mécaniquement à l’aide d’une moule
à parpaings sur le chantier ou bien à l’usine.
Dosage courant : 50Kg de ciment + 120 litres de gravillon + 90litres de sable.
Utilisation : Murs porteurs, murs à simple ou double cloison, murs de clôture,
construction de fosse, cuve ou bassin. Le séchage se fait sous abri bien ventilé. On
laisse sécher le parpaing pendant un mois environ.

 Agglomérés à béton de terre améliorée:

On utilise les proportions ci – après : terre latéritique tout venant 0,5m3 ;


argile : 0,5m3 ; sable : 0,2m3 ; ciment : 50Kg. Le pourcentage de ciment variera en
fonction de pourcentage d’argile contenu dans le matériau utilisé. Il peut varier de 3 à
12%. Le mélange des agrégats se fait à sec puis on y ajoute le ciment et le sable qui
ont été mélangés à part. Le malaxage se fait jusqu’à l’obtention d’un matériau
homogène auquel on ajoute de l’eau. 1m3 de mélange permet de fabriquer : 83
agglomérés de 40×20×15cm ; 120 de 40×20×10cm.

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Utilisation:
Au plutôt un mois après leur fabrication, le séchage se faisant sous abri.
Comme pour les agglomérés à béton de terre ordinaire (en dobe), les fondations et
les soubassements de construction réalisés avec des agglomérés à terre améliorée
doivent être exécutés en matériaux durs (béton ou pierre). Les murs extérieurs
seront protégés des intempéries par un enduit au mortier de ciment.

3.5.8. La peinture:

1) Définition:
Les peintures sont des produits mixtes comportant un ensemble de
constituants liquides, liant, solvant, diluant, tenant en suspension des pigments
insolubles que l’on applique en couche pour revêtir ou colorer les surfaces.

2) But:
Décorations de surface (mur, pavement, …)
Parfois, comme procédé ou moyen de protection (peinture d’un mur extérieur à béton

3) Classification (type):

On classe les peintures à 2 grandes catégories :

a) Celles qui respirent:


Une peinture qui respire permet le passage de la vapeur d’eau mais non des
gouttes d’eau. Son utilisation est spécialement efficace sur les surfaces intérieures
des murs extérieurs, du sous-sol c'est-à-dire des murs qui restent secs.
Dans cette catégorie, on trouve les peintures à eau (vinyl,). Elles peuvent être
achetées soit en liquide près à l’emploi, en poudre ou en patte. Elles ne contiennent
pas de dissolvant à odeur désagréable et on peut nettoyer facilement à l’eau les
matériels de peinture.
b) Celles qui ne respirent pas:

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Elles bouchent les pores en surface et ne doivent pas être utilisées quand il y
a de l’humidité qui reste dans le béton ou lorsque celle-ci (humidité) peut s’accumuler
derrière la couche de peinture. Une telle eau est la cause de soufflure ou d’écaillage.
Cette catégorie comporte les types de peintures suivants : Peinture à base de
vernis, les enduits transparents, les enduits bitumés, Peinture à base d’huile,
Peinture à base de laque.

3.5.9. Les carreaux à grès seramé:

Le grès est obtenu par un mélange d’argile de fondants alcalins et de


colorant. Les carreaux destinés au revêtement des murs ou de pavement sont
obtenus après cuisson vers 1300°C et recouverts d’un émail visible vers 1200°C.
Dimensions courantes : 10×20cm (50 carreaux/m²) ; 12×24,5cm (32 carreaux/m²) ;
10×10cm (100 carreaux/m²) ; 15×15cm (44 carreaux/m²) ; 25×25cm (16
carreaux/m²).

3.5.10. Matériau de couverture:

On utilise pour la couverture des bâtiments selon l’usage qu’on leur destine
des matériaux très divers. Ainsi, pour beaucoup de bâtiments ruraux, on se sert
encore des produits végétaux (chaume, feuille) mais la tendance est à l’utilisation de
matériaux plus durables :
 Tôles galvanisées (comportant un revêtement de zinc)
 Tôles en amiante – ciment (agglomérées et des fibres d’amiante ciment (12%)
fortement comprimés) : c’est un bon isolant thermique, résistant aux acides et
feu jusqu’à 200°C
 Tôles en aluminium (90% d’Al+Mg ou Mn) : Elles ont un pouvoir réfléchissant
des rayons calorifiques très élevés. Elles fondent vers 660°C et ne propagent
pas d’incendies.

3.5.11. Logement des hommes:

Dimensions minimales des pièces d’habitation.


 Hauteur minimale sous plafond : 2,40 m
 Chambre pour 1 personne : 2× 3m
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 Chambre pour 2 personnes : 3×3 m
 Chambre pour 2 personnes + bébé + Aire de travail : 3×4m
 Chambre pour 2 personnes + bébé: 3× 3m
 Salle à manger pour 6 personnes : 3× 4m
 Cuisine : 2×3m

CHAPITRE 4. ROUTES RURALES

INTRODUCTION

L’exploitation agricole et le dynamisme du milieu rural sont pour beaucoup


une affaire de transport et de communication.

Toutefois, ses méfaits peuvent être notés dans tous les domaines notamment :
- Sur l’environnement
- Sur l’occupation spatiale et l’organisation sociale
- Sur l’agriculture et le foncier
- Sur l’intégration des populations rurales à l’économie locale et nationale
- Sur la politique
- Sur la mobilité des gens et des idées
- Sur l’éducation
- Sur la santé.
4.1. Types de voies de communication

Techniquement on peut distinguer :

1. Le sentier : il contourne les obstacles, franchit les cours d’eau aigue et est
praticable toute l’année

2. La piste : Les ouvrages d’art sont souvent en bois. Praticables généralement


pendant la saison sèche. Une vitesse maximum de 50 km/heure.

3. La piste améliorée : circulable en toutes saisons et ces ouvrages peuvent être


démontables. Charge maximum de 5 tonnes et une vitesse de 50 km/heure. Couche
de roulement en matières sélectionnées.
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4. La route en terre non revêtue : La largeur minimum de la plate-forme est de 7,5
m sans fossés et de 9 m au moins si le stationnement est envisagé. Elle admet une
vitesse de 80-100 km/heure pour les voitures et de 60 à 80 km/heure pour les gros
véhicules. Débit de 300 à 500 véhicules/jour.

5. La route revêtue : chaussée traitée pour un trafic important, lourd et rapide : (l = 6


m ou deux voies pour un débit de 3000 véhicules/jour ; l = 7 m ou deux voi es pour
3500-4000 véhicules/jour ; l = 10,5 m ou 3 voies pour 7500 véhicules/jour).

6. L’autoroute : elle comporte des chaussées séparées par un séparateur. Elle doit
comporter des voies de décélération aux issues et d’accélération aux accès. Débit
est de 1000 à 1500 véhicules/heure/voie.

3. Données de base pour la construction d’une route

L’étude de faisabilité de la route commence par la description générale de la


région. Il s’agit de relever les éléments suivants :
 La situation géographique de la zone et du bassin versant: les latitudes et les
longitudes de la zone, les villages traversés, la surface du bassin versant ;
 Le rang administratif de la zone (province, territoire, secteur, village, etc.) ;
 Etudier les caractéristiques physiques de la région notamment la
géomorphologie (chaîne de montagnes, vallées, végétation, cultures, rivières,
lacs…) ; le climat (température, pluviométrie, humidité, insolation,
hygrométrie), la démographie (nombre et répartition des habitants, densité,
structure, migration, sexe, évolution démographique, etc.) ;
 Le transport et la circulation : déterminer la nature, l’importance et le volume
de circulation sur la route en étude (recenser par catégorie tous les véhicules
qui circulent dans la zone et calculer le débit par jour, étudier les
raccordements aux routes principales, les autres moyens de communication
existant dans la région : voies d’eau, chemin de fer, trafic aérien ; on note
aussi les transporteurs importants, le parc automobile de la zone ainsi que les
liaisons avec d’autres régions ou zones) ;
 L’économie de la zone (relever les activités principales : élevage, agriculture,
mines, pêche, produits forestier, etc.).

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4. Techniques de construction d’une route

Dans l’analyse de l’état d’une route, on note :


 La longueur de la route,
 La praticabilité : on cherche tous les obstacles en lignes (pente, montagnes,
etc.).
 En principe, en terrain peu accidenté, on établit les routes sur les crêtes, cela
évite le tassement et facilite le drainage. En terrain fortement accidenté, les
routes sont établies dans les vallées en franchissant les cours d’eau.
 Il est préférable de construire les routes loin de rivières et de lac pour éviter
les érosions.
 L’examen géologique et mécanique des sols.

1) Tracé en plan : en se servant du plan coté représentant le relief, on peut


concevoir des lignes horizontales ou lignes de niveau ainsi que les lignes de
grande pente perpendiculaire aux précédentes.
2) Le plan coté représente les lignes de niveau obtenues à partir des lignes
topographiques.

3) Profil long : il indique le tracé de la route et détermine le niveau de chaque


point de l’axe de la route par rapport à celui du terrain naturel.
4) Profil à travers : il représente la section transversale de la voie (route) tel
qu’elle est réalisée aux différents points du profil en long.

Les profils fournissent les données suivantes :


Les largeurs et les pentes transversales de la route ;

 Les dimensions des fossés ;


 Les déclivités des talus ;
 L’épaisseur de la couche de la route.

4.2. Constitution du profil à travers d’une route

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4.3. Entretien des routes rurales et des ouvrages d’art

Une bonne route doit avoir les caractéristiques suivantes :

 Une bonne fondation en matériaux bien tassés pour éviter les déformations.
 Elle doit être dépourvue des terres noires végétales et de débris de végétaux.
 Avoir une bonne épaisseur de la couche d’amélioration qui peut être de 10 à
20 cm avant tassement et constituée de cailloux, de sable et de graviers.
 Avoir un bon écoulement d’eau grâce à des fossés de protection de cotes.
 Avoir un bon tassement de matériaux et un bon bombage de revêtement en
fin d’évacuer rapidement les eaux et d’empêcher l’entraînement des particules
des terres.
 Avoir des exutoires suffisants (soignés) pouvant suppléer les fossés latéraux.
 Avoir une bonne protection contre les dégâts d’eau grâce aux ouvrages d’art.
 Posséder des bons ouvrages de franchissement des obstacles.

4.4. Détérioration de la route

En effet, la route se détériore par 2 actions que l’on peut considérer comme normales
:

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 L’usure de la couche de roulement provoquée par le passage des véhicules.
Les véhicules en roulant, rejettent les matériaux de la route sur le coté et le
centre de la route.
 L’eau des pluies qui provoque les nids de poule : Ce sont les trous qu’on voit
sur les routes, dans ces trous, l’eau stagne. Pour évacuer l’eau stagnante, il
faut faire les saignées aux endroits où l’eau stagne.
 Quant aux buses, il convient de les déboucher soigneusement.
 La végétation est aussi à la base de la dégradation des routes

4.5. Ouvrages d’art

Ce sont les ponts, les dalots, les buses, etc.

1. Le pont : sert pour franchir une rivière et peut être en bois, en béton ou en
acier. Les règles à observer dans la construction d’un pont sont les suivantes :

 L’ouvrage doit être perpendiculaire au courant d’eau,


 Il faut installer les fondations sûres,
 Il faut éviter les fortes pentes aux abords du pont,
 Il faut connaître le régime de la rivière à franchir (connaître la hauteur de
crue),
 Il faut éviter le ruissellement aux endroits de franchissement,
 Il faut stabiliser les cotes de la route par enrochement à l’approche de
ponceau.

On distingue généralement trois types de pont :

a) Le pont provisoire : ouvrage pour lequel on cherche à réduire en priorité les


dépenses. Les risques sur les fondations et les débouchés.
b) Le pont semi définitif : on emploie des matériaux périssables à des parties
d’ouvrage non essentiel à la stabilité comme le plâtrage. Les appuis et les
poutres sont en béton ou acier.

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c) Le pont définitif : Les matériaux sont non périssables et faciles à protéger
(cas des métaux). Sécurité rassurée au niveau des fondations et des
débouchés.

2. Les buses et dalots

Lorsqu’on doit franchir les cours d’eau de petites importances, on doit faire
appel à des buses ou des dalots.
2.1. Les buses
Sont des conduites à section circulaire noyées dans les remblais. Les buses
sont souvent en béton ou en métal ; mais les buses en béton sont plus lourdes,
résistantes et inoxydables.

2.3. Les dalots sont des ouvrages à section rectangulaire qui permettent le
passage de l’eau sous la chaussée. Ils sont en béton.

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3. Les fossés : servent pour l’écoulement des eaux

4. Les ouvrages de retenue et de protection de talus.

CHAPITRE 5. AMENAGEMENTS HYDROLIQUES

5.1. Débit des cours d'eau et canaux

Le débit d'eau dans un canal, une rivière ou un tuyau est la quantité d’eau
qui passe dans cette conduite au cours d'un temps déterminé. On le mesure le plus
souvent en litres par seconde (l/s) pour les petits débits et en mètres cubes par
seconde (m3/sec) pour les gros débits, en sachant que 1 m3= 1000 litres.

Le calcul du débit permet donc de voir si la source est suffisante pour satisfaire tous
les besoins en eau des populations de l'endroit.

5.2. Canalisations ouvertes ou fermées

Le débit et la vitesse de l'eau s'apprécient différemment selon que les


canalisations sont ouvertes à l'air libre ou fermées entièrement remplies d'eau. Tant
que la surface de l'eau en mouvement est en contact avec l'air extérieur, la pression
d'eau en un point précis n'influence pas la vitesse du liquide. Par contre, la section
du filet d'eau grandit ou diminue selon le débit.

Lorsque la canalisation est fermée et entièrement remplie, l'eau est soumise à une
certaine pression équivalente à la hauteur d'eau surplombant le point de mesure.

Le débit est alors proportionnel à la pression. Cette pression peut s'exercer tant vers
le bas que vers le haut

5.3. Débit dans un tuyau rempli

Contrairement à ce qui se passe dans les canalisations ouvertes, la section


d'un tuyau rempli d'eau en un point donné est invariable.

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Le seul facteur pouvant faire varier le débit est la vitesse de passage de l'eau. Celle-
ci est influencée par la pression d'eau qui s'exerce soit naturellement (force de
gravité et pression atmosphérique), soit artificiellement (refoulement par une pompe).

Pour mesurer le débit d'un robinet ou d'un tuyau, il suffit de chronométrer le temps
nécessaire pour remplir un récipient dont la contenance est parfaitement connue.

Pour une grosse pompe, on mesurera le temps qu'il faut pour remplir un fût ou une
citerne de contenance connue.

5.4. Le réglage du débit dans un tuyau

Le réglage du débit dans un tuyau de vidange se fait au moyen d'une vanne.


C'est un appareil permettant de faire varier la section à travers laquelle passe l'eau.
La mesure du débit d'un cours d'eau est plus difficile que celle d'une tuyauterie
sous pression : car il n'est pas possible de le déverser dans un récipient. Pour y
aboutir, on doit rechercher deux éléments: la section mouillée et la vitesse de
passage de l'eau à travers cette section.

1. Section mouillée
A un endroit donné, elle est délimitée par la ligne marquant les berges et le
fond, et par la limite entre l'air et l'eau.

 Pour le tuyau : (3,14 x D2)/4


 Pour le cours d’eau : section rectangulaire : Tirant d’eau (hauteur d’eau
dans le canal) x largeurs du canal. Section trapézoïdale : (B + b)/2 x h
(hauteur d’eau dans le canal).
2. Vitesse d'écoulement

Le second élément à mesurer pour pouvoir calculer le débit est la vitesse de


passage de l'eau. Il existe de petits appareils appelés débit-mètres qui permettent
de mesurer cette vitesse. II s'agit d'un moulin et muni d'un compte-tours. On le
place à fleur de courant et on chronomètre le nombre de tours qu'il fait dans un
temps déterminé.

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Un tableau chiffré, fourni en même temps que l'appareil, permet de connaître la
vitesse du courant. Si on ne dispose pas d'un débit-mètre, on peut quand même
tenter d'estimer le débit d'un cours d'eau par la méthode du flotteur

Cette méthode ne permet qu'une approximation car beaucoup d'imprécisions


viennent grever la mesure:
 La sinuosité des cours d'eau,
 L’enherbement des berges,
 La profondeur, les remous sont autant d'éléments qui peuvent modifier la
vitesse du flotteur.

5.5. Précautions à prendre dans l’utilisation de la méthode de flotteur :


 Dégager le fond et les berges de tout ce qui peut ralentir le courant et donc le
flotteur, sur la longueur de flottaison ;
 choisir un parcours assez rectiligne et en pente faible ;
 veiller à ce que le flotteur flotte librement.
 Il doit bien pénétrer la masse d'eau en mouvement et ne peut être freiné ou
arrêté par les aspérités du terrain.
5.6. Echelle limnimétrique

Il s'agit d'une échelle graduée placée à côté d'un endroit dont on connaît la
section. A tout moment, on peut lire la hauteur atteinte par l’eau sur l'échelle
limnimétrique

5.7. Expressions du débit

La mesure du débit d’un cours d’eau n’est valable qu’au moment précis et
durant le temps où on l’effectue ; il faut donc indiquer la date et l’heure de mesure
sur le relevé.

On distingue plusieurs expressions du débit :

 Le débit instantané d'un cours d'eau mesuré à un instant précis ;


 Le débit moyen est la moyenne des débits mesurés au cours d'une période
(un mois, une saison pluvieuse, une année...).
 Le débit de crue est celui qui se constate au moment d'une crue.

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 Le débit à l'étiage correspond à la période de l'année au cours de laquelle le
cours d'eau est à son niveau le plus bas. Ces deux expressions du débit
doivent être établies à partir d'observations portant sur plusieurs années.
5.8. Les questions à poser lorsqu'on veut choisir une pompe
 le type de pompe (à godets, à noeuds, à piston, à rotor,...),
 la puissance développée,
 le débit maximum possible ou capacité,
 la hauteur manométrique (HMT),
 le mode de fonctionnement,
 le niveau de mécanisation,
 la continuité ou la discontinuité du débit engendré,
 le type de moteur ou d'entraînement ainsi que l'énergie actionnant le moteur,
 les facilités d'entretien et de réparation, en particulier, la possibilité de trouver
les pièces de rechange,
 l'origine de la pompe : artisanale ou industrielle, locale, nationale ou
étrangère,
 les coûts d'achat et de fonctionnement.

1.1. Pompes à piston


Les pompes à piston sont constituées d'un corps de pompe cylindrique, d'un
piston allant et venant à l'extérieur de ce corps et d'un ou de plusieurs clapets.

 Les clapets ou valves sont chargés d'empêcher l'eau de redescendre.


 Le piston est muni d'un joint qui assure l'étanchéité entre lui et le cylindre. Il
est actionné par une tringle solidarisée à la source d'énergie par un
appareillage.
 Les pompes à piston sont adaptées pour des pompages de quantités d'eau
relativement faibles à des profondeurs n'excédant pas 20 ou 30 mètres, rdt
faible.

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a) Points sensibles des pompes à piston

Les points sensibles des pompes à piston sont les suivants :


 risques d'encrassement et d'enrayage dus à la charge des eaux. Les grains
de sable ou d'argile s'incrustent dans les cavités et raient le cylindre et les
joints d'étanchéité;
 risques mécaniques. La tringlerie fonctionnant en va et vient constant est
soumise à de nombreux coups et à diverses forces de torsion. Les risques de
bris sont nombreux.

b) Avantages de ce type de pompe


 Simplicité : de telles pompes peuvent même être construites artisanalement.
 Toutes les formes d'énergie peuvent être utilisées pour le fonctionnement des
pompes à piston.

1.2. Pompes à rotor ou centrifuges

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 Les pompes à rotor ou centrifuges sont constituées d'un corps de pompe
cylindrique ou conique et d'un rotor qui y tourne à plus ou moins grande
vitesse.
 L'eau est aspirée en un point du corps de la pompe par les ailettes du rotor et
refoulée en un autre point.
 Les pompes à rotor fournissent un débit continu, contrairement aux pompes à
piston et à enceintes variables.
 Les clapets restent ouverts pendant le fonctionnement de la pompe; ils ne
servent que lorsque le rotor s'arrête pour empêcher le retour de l'eau.
 On distingue aussi les pompes à corps monocellulaire et à corps
multicellulaire. Les premières disposent d'une seule enceinte et d'un seul
rotor, les secondes de deux ou plusieurs enceintes et de rotors
 Le choix entre l'un et l'autre type dépend d'une part de la hauteur de
refoulement, d'autre part de la vitesse de rotation du moteur. Pour des
hauteurs de refoulement de moins de 60 mètres, on utilise presque toujours
des pompes à corps monocellulaires.

a) Débit d’une pompe à rotor


 Le débit d'une pompe à rotor dépend de trois éléments :
 Sa puissance,
 Sa vitesse de rotation exprimée en nombre de tours par minute (T/minute),
 La hauteur de refoulement.
1.3. Béliers
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Les béliers sont des équipements de pompage actionnés par l'énergie cinétique de
l'eau et, en particulier, par l'énergie développée lors des coups de bélier résultant de
la fermeture brusque d'une valve dans un tuyau où l'eau est en mouvement.

 On peut les placer sur des cours d'eau caractérisés par un débit suffisant et
une topographie accentuée, le plus souvent à proximité immédiate de petites
chutes.
 Ce système, assez coûteux à l'installation, fonctionne ensuite sans autres
coûts que celui de l'entretien.
 C'est l'eau elle-même qui actionne le pompage.
 Toutefois, le rendement des béliers est peu élevé : 8 à 10% seulement de
l'eau de la chute se retrouve dans le tuyau de sortie.

1.4. Pompes à membrane


Elles sont constituées d'un corps de pompe comprenant deux parties
séparées par une membrane rattachée à une tringle. Le mouvement de va-et-vient
de la tringle déforme la membrane. Lorsque la tringle est tirée vers l'extérieur, le
volume de l'enceinte variable s'accroît et l'eau est aspirée. Lorsqu'elle s'enfonce,
l'enceinte se rétrécit.

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La valve d'entrée se referme et l'eau est propulsée vers la sortie dont la valve se
referme dès que la tringle s'écarte à nouveau. Le point faible de la pompe à
membrane se trouve dans la qualité et la solidité de la membrane en caoutchouc.

Lorsqu'on décide de s'équiper d'une telle pompe, il faut être sûr de pouvoir trouver
les membranes de rechange. Les pompes à membrane sont toutes de construction
industrielle. Elles sont intéressantes pour de faibles débits et des hauteurs de
pompage réduites. On les emploie souvent pour extraire des eaux usées ou
chargées car leur pièce maîtresse (la membrane) est peu érodable par la charge.

1.5. Pompes à enceinte variable


Les pompes à enceinte variable fonctionnent selon le même principe que les
pompes à membrane: une enceinte s'élargit et se rétrécit au gré du va-et-vient d'une
tringle. L'eau est successivement aspirée et refoulée.

 Deux valves empêchent l'eau de retourner en arrière. Leur principe de


fonctionnement est comparable à celui des soufflets des forgerons
traditionnels.
 Les pompes à enceinte variable sont toutes de construction industrielle.
 Elles conviennent mal à un usage intensif sous forte pression étant donné le
type de matériau souple dont l'enceinte est constituée.

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 Le remplacement éventuel de l'enceinte n'est possible que dans le cas d'une
présence continue des fournisseurs de la marque dans la région.

1.6. Diverses pompes hors pression


 L'eau y est transportée "à l'air libre" sans être soumise à des pressions.
 Les seules forces en jeu sont le poids de l'eau et les forces mécaniques.

1. Puisettes
 De tous temps, les femmes puisent l'eau au moyen de puisettes, de seaux ou
de bidons accrochés à une corde.
 L'utilisation d'un rouleau et d'une manivelle facilite le travail et le rend moins
pénible.
2. Pompes à godets
 Une chaîne ou une roue est munie de godets.
 Les godets sont renversés lorsqu'ils descendent dans le puits ou le réservoir.
 Ils se retournent au bas du système et se remplissent d'eau en remontant.
Celle-ci est déversée en haut dans une gouttière.
 Les pompes artisanale depuis l'antiquité et travaillent en général sur de faibles
hauteurs d'exhaure, pas en cas de motorisation

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3. Pompes à chaîne ou à noeuds
 Les pompes à noeuds sont intéressantes pour soulever manuellement de
petites quantités d'eau.
 Un câble circulaire ou une chaîne est munie de noeuds ou de bouchons,
régulièrement espacés.
 Le diamètre des noeuds ou des bouchons correspond à peu de chose près au
diamètre du tube de remontée dans lequel circule le câble.
 L'extrémité inférieure de ce tube trempe dans la réserve d'eau à pomper.
 La chaîne est actionnée par une roue et une manivelle.
 Lorsque le noeud remonte, il emprisonne un peu d'eau dans le tube.
 Celle-ci s'écoule dans une gouttière placée au sommet du tube de remontée.
 Ces pompes peuvent être construites par des artisans métallurgistes.

5. Pompes à vis d'Archimède


 Une pièce hélicoïdale (vis d'Archimède) tourne dans une rigole arrondie ou un
tube entraînant l'eau avec elle.
 La hauteur de pompage ne dépasse pas quelques mètres mais le débit peut
être important.
 La construction de la vis elle-même exige une grande compétence technique.

2. Emplacement des pompes

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 Les pompes hors pression (godets, vis, noeuds,...) doivent nécessairement
relier le point de prise et le point de lâchage.
 La hauteur de pompage est donc limitée par la longueur de l'équipement.
 Plus cet équipement est long, plus importants sont les problèmes mécaniques
(frottements, grippages, fuites, etc.) et la consommation d'énergie utilisée pour
les contrecarrer.
 Les pompes "hors pression" sont donc surtout intéressantes lorsque le coût de
l'énergie est faible.
 Les pompes sous pression doivent être placées le plus près possible du
niveau de prise et jamais à plus de 6 mètres au-dessus du plan d'eau.
 Certains modèles peuvent être immergés. La hauteur de refoulement dépend
de la puissance et de la hauteur manométrique totale (HMT) déterminée par le
constructeur.

2. Pressions et pertes de charge dans les pompes


Deux types d'éléments interviennent pour caractériser les installations de
pompage sous pression : ce sont la pression et la puissance.

1. Pression et dépression d'eau dans les pompes


 L'élévation de l'eau se fait en deux temps. L'eau est d'abord aspirée dans le
tronçon AB, puis refoulée dans le tronçon CD. C'est pourquoi on parle de
pompes aspirantes refoulantes.
 Dans le tronçon d'aspiration, la pompe crée une dépression comparable à
celle que nous pouvons créer en aspirant avec la bouche dans un tuyau.
 Dans le tronçon de refoulement, il se crée des pressions correspondant à
chaque niveau, au poids de la colonne d'eau se trouvant au-dessus de ce
niveau.
 Le tronçon d'aspiration ne doit jamais dépasser 6 mètres de hauteur. Au-delà
de 6 mètres, la force de gravité s'exerçant sur le volume d'eau contenu dans
le tuyau risque de devenir supérieure à la force d'aspiration.
 Notons que plus la pompe est puissante, plus la hauteur d'aspiration doit être
faible. C'est pourquoi les motopompes très puissantes sont installées
quasiment au niveau de l'eau, au besoin sur des flotteurs.

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 La hauteur du tronçon de refoulement dépend des caractéristiques de
construction de la pompe et de la résistance des tuyauteries et de leurs
raccordements. Ils doivent en effet supporter la pression occasionnée par la
colonne d'eau soulevée.
 Outre la puissance, les constructeurs indiquent généralement la hauteur d'eau
maximale qui peut être refoulée par la pompe. Elle est inscrite en hauteur
manométrique totale (HMT).
 La HMT indique la différence de niveau qui peut exister entre l'entrée de la
pompe et le point le plus élevé de la tuyauterie de refoulement. En pratique, il
est nécessaire de prévoir une marge de sécurité de 10 à 15 %.
 Si on ne respecte pas cette indication, on court les risques suivants :
 La pompe et le moteur surchargés s'échaufferont,
 La surpression à l'intérieur de la pompe et aux raccords peut entraîner leur
éclatement.
 Lorsqu'il s'impose d'élever l'eau à grande hauteur, mieux vaut peut-être utiliser
2 ou plusieurs pompes en paliers successifs, avec des réservoirs
intermédiaires.
 La hauteur géométrique totale (HGT) correspond à la hauteur entre la prise
d'eau et le point le plus élevé du tuyau de refoulement.
 Elle (HGT) est donc la somme des hauteurs d'aspiration et de refoulement.

 Installation des réservoirs et châteaux d’eau


 Notons enfin que le tuyau d'aspiration de la pompe devra toujours être muni
d'une crépine.
 La crépine est un filtre dont les mailles, plus ou moins fines, servent à
empêcher la pénétration de matières pouvant détériorer la pompe.
 Dans les aménagements hydrauliques, il n'est pas toujours possible de
faire correspondre le débit fourni par une pompe et celui qui est demandé par
le consommateur.
 C'est pourquoi on place, entre l'équipement de pompage et le réseau de
distribution de l'eau, des réservoirs ou des châteaux d'eau.

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2. Pertes de charge
Les pertes de charge sont les pertes occasionnées par l'ensemble des défauts de
l'installation de pompage. Ces pertes sont diverses et nous pouvons les caractériser
de la manière ci-après :

 Les frottements dans les tuyauteries


 Les rétrécissements de sections : ils modifient les débits. Ils sont souvent à
l'origine de vibrations dans les tuyaux. Celles-ci peuvent être la cause de
ruptures.
 Les coudes : l'eau qui butte sur la paroi du coude est ralentie. Dans toute la
mesure du possible, on évite de couder fortement les tuyaux de pompage.
 Les coups de bélier : sont des phénomènes fréquents lorsque les
canalisations sont coudées ou équipées de vannes et de robinets.

L'eau en mouvement butte contre le coude ou la vanne et elle a tendance à les


bousculer. Une onde puissante remonte alors vers le haut de la tuyauterie et peut en
provoquer la rupture.
Comment éviter les coups de bélier ?
 en supprimant les coudes. Les changements d'orientation des tuyaux se
font en respectant une courbe large ;
 en évitant les rétrécissements ;
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 en fermant les vannes et robinets de façon progressive ;
 en évitant Les fuites.

Les fuites dans le tube d'aspiration sont fatales puisqu'elles provoquent l'interruption
de la colonne d'eau. Les fuites dans le tube de refoulement sont autant de pertes qui
viennent en déduction du débit de sortie. Il est donc indispensable de resserrer tous
les raccords et de réparer les orifices de fuite. Le rendement de la pompe n'est
jamais de 100 % et même le rendement du moteur.

5.9. Economie de l'exhaure

Le choix des moyens d'exhaure dépend d'éléments techniques et


économiques :

1. Quelle est la surface des parcelles à irriguer, la population à approvisionner, le


troupeau à abreuver... ?
2. Quelle est la méthode d'irrigation ? submersion, ruissellement, goutte à goutte,
aspersion... ? Quels sont les besoins en eau totaux et périodiques ?
3. Quelle est l'importance des ressources en eau disponibles : localisation?,
évolution périodiques?, moyens de transports proposés?, les pertes en cours de
transport ?
4. Si les ressources sont capables de répondre aux besoins : les débits journaliers?
le plan d'irrigation ? la périodicité ou les fréquences d'arrosage? la durée
journalière du travail ? les débits?
5. Les ressources énergétiques disponibles et leurs coûts.
6. Si on décide d'utiliser de la main-d’oeuvre : disponible en temps opportun?
coût ? main-d'oeuvre familiale ou salariée?
7. Les moyens financiers et les solutions techniques possibles.

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CHAPITRE 6. TECHNIQUES DE DEFENSE ET RESTAURATION DES
SOLS (TDRS)
6.1. Généralité
Le sol est d’une nécessité pour l’homme car ce dernier tire sa nourriture de
l’exploitation du sol.

En 1962, le Directeur général de la FAO disait que chaque habitant de la terre


disposait de 5 ha de terre pour se nourrir.

La population mondiale ne fait qu’augmenter : 3 milliards en 1960 ; 4,8 milliards en


1984, 5 milliards en 1987, 6,1 milliards en 2000, 7 milliards en 2014. On peut donc
affirmer que cette disponibilité en terre/ habitant est aujourd’hui moindre par rapport
aux 5 ha de 1962. On estime que chaque année, 10 millions de terres arables sont
perdues pour l’agriculture.

6.2. L’érosion

L'érosion est le déplacement des composants du sol à la surface de la terre sous


l'action de l’eau ou de l'air en mouvement.

1. Sorte d’érosion :
 L'érosion hydrique résulte des mouvements de l'eau à la surface du sol.
 L'érosion éolienne est la conséquence des vents.

Trois mouvements sont essentiels (érosion hydrique) :


 le splash qui est le choc des gouttes de pluie sur le sol,
 le ruissellement qui est le déplacement de l'eau à la surface du sol,
 l'infiltration qui est le déplacement de l'eau à l'intérieur du sol.

2. Etude des facteurs de l’érosion

Deux auteurs américains : WISHMEIER et SMITH, ont donné en 1978 une


équation empirique qui lie la partie de terre aux différents facteurs d’érosion.
 E = [Link].C.P
 E = érosion
 R = Ruissellement
 C = couvert végétal

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 P = pratiques antiérosives
 K = facteur de résistance du sol
 SL = pente

3. Indice des pluies ou d’agressivité climatique R


 R = Eg. Im/100
 Eg : Energie de chute de pluie en tonne métrique/km²/mm
 Im : intensité maximale en mm/heure
 La pluie agit de deux façons :
 Par son énergie cinétique : les gouttes de pluies détachent les particules de
surface du sol et les entraîne en suspension par ruissellement.
 Par sa fréquence : Quand les pluies se succèdent dans un laps de temps très
cours, le sol n’a plus le temps de se ressuyer.

4. Erodabilité du sol (K)

L’érodabilité du sol dépend des propretés physiques et chimiques de celui-ci.

 Le sol argileux résiste à l’érosion aussi longtemps que ses particules ne sont
pas dispersées.
 La pente intervient dans le phénomène d’érosion par son intensité, sa
longueur, et sa forme.
 K = A/R x LS x 2,24
 A : quantité érodée en T/ha/an
 R : Indice de pluie
 LS : Le facteur topographique (pente)
 SL : (0,76 + 0,53S + 0,076 S²).
 L : longueur de la pente en m
 S : pente en %.

5. Principes de lutte contre l'érosion

Les principes de lutte contre l’érosion du sol sont les suivants :


 protéger le sol contre les agressions des pluies;
 garder l'eau là où elle tombe;

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 créer des voies d'infiltration;
 combattre l'érosion à son origine;
 canaliser et contrôler les eaux ruisselantes;
 forcer l'eau ruisselante à déposer sa charge.
6. Formes essentielles d’érosions hydriques

On distingue 4 phases dans le processus d’érosion par l’eau :


a. Erosion par éclaboussement
Cette phase se caractérise par la destruction des agrégats et le déplacement des
petites particules du sol.
b. Erosion en nappe
Elle consiste par l’enlèvement des particules du sol par l’eau du sol qui
s’écoule sur toute la surface. S’il y a une moindre pente, les particules sont
entraînées et transportées par les eaux de ruissellement jusqu’aux cours d’eau.
c. Erosion en rigoles
Elle se produit quand les gouttes d’eau s’organisent en filets qui coulent le
long de la pente et creusent des petits sillons.
d. Erosion en ravine
Quand les eaux ruisselantes ont une énergie suffisante, elles ouvrent dans le
sol des larges crevasses formant des ravins.

6.3. Mesures et travaux de défense et de restauration des sols

La première mesure à prendre est de conserver le couvert végétal ou


reboiser toutes les zones qui présentent les risques d’érosion (le long des routes,
rivières, forte pente, etc.).

 Les arbres doivent être plantés dans les situations suivantes :


 Les berges des ravins et cours d’eau,
 Le terrain trop mouillé à risque de glissement,
 Le terrain difficilement cultivable,
 Le long des routes,
 Sur les crêtes de montagnes,
 Pour le cas de talus à forte pente, il convient d’associer le reboisement avec
les ouvrages de DRS.
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6.4. Les ouvrages de lutte contre les érosions
1. Le clayonnage : c’est un assemblage de pierres et de branches en
forme de claie.
2. Les fascines : ce sont des fagots serrés de branchages fixés à des
poteaux.
3. Le gabion : c’est un panier fait des branches tressées, de grillage de
fer, destinés à retenir les pierres.
4. Les perrés : ce sont de revêtements constitués par l’empilement des
pierres.
5. Les murets ou murettes : ce sont des ouvrages fait des pierres
disposées de telle sorte que l’eau coule dans le sens opposé de la
pente.
6. Les collecteurs exutoires : dans tous les travaux de DRS, il est
nécessaire de collecter les eaux de ruissellement et de les conduire
dans un endroit où elles ne pourront plus nuire.

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Common questions

Alimenté par l’IA

Les principes économiques clés à respecter lors de la construction de bâtiments en milieu rural incluent : s'assurer que la surface couverte par le bâtiment soit la plus grande possible au moindre prix et avec un coût de revient au m² le plus bas possible. De plus, les locaux doivent être construits de manière simplifiée pour permettre des transformations futures faciles et économiques, favorisant ainsi des constructions démontables et mobiles pour les élevages comme l'aviculture .

L'introduction de la végétation, comme les arbres, autour des habitations rurales fournit de l'ombre, réduisant le réchauffement direct des murs, ce qui permet de maintenir la fraîcheur à l'intérieur. Les arbres empêchent également le soleil de surchauffer les murs, contribuant ainsi à un confort thermique amélioré .

Les considérations pour la sécurité dans les constructions rurales incluent assurer la sécurité pour l'homme, le bétail et les cultures, en évitant des angles vifs et en s'assurant que les portes et ouvertures ne soient pas trop étroites. Le sol ne doit pas avoir des problèmes de glissance ou des caniveaux à ciel ouvert, et il est crucial de veiller à la solidité des charpentes et des murs, ainsi qu'à la bonne fixation de la toiture pour éviter les risques d'incendie .

Il est essentiel de bien orienter et ventiler les constructions rurales pour maintenir la fraîcheur des habitations car cela réduit l'exposition des murs au soleil et maximise la ventilation. Orienter les constructions d'Est à Ouest pour minimiser l'impact des rayons solaires et espacer les constructions pour une meilleure circulation de l'air sont des pratiques qui contribuent à maintenir les habitations fraîches .

L'organisation d'un chantier influence l'économie et l'efficacité des constructions rurales car elle conditionne leur réalisation de manière économique. Une étude préalable déterminera l'importance des installations et l'approvisionnement en matériaux en secteur rural, en optimisant les emplacements pour le stockage et les divers postes de travail, ainsi que les effectifs nécessaires. De plus, une bonne organisation réduit le transport irrationnel, diminuant ainsi les coûts et les délais .

Le débit des pompes centrifuges est déterminé par leur puissance, leur vitesse de rotation exprimée en tours par minute, et la hauteur de refoulement. Ces facteurs influencent la capacité de la pompe à déplacer l'eau efficacement, et ils peuvent être ajustés pour répondre aux exigences spécifiques des applications rurales .

Le choix de l'emplacement influence l'efficacité des systèmes de pompage en milieu rural car les pompes hors pression doivent être alignées directement entre le point de prélèvement et le point de décharge, limitant ainsi la hauteur de pompage par la longueur de l'équipement. Une installation proche du niveau de prise évite une consommation excessive d'énergie due aux frottements et grippages .

Un plan d'aménagement rural efficace doit comprendre l'histoire du territoire, son contexte géographique, son profil biophysique, ses potentiels et contraintes, son profil socioéconomique, et l'utilisation du sol. Ces éléments doivent être analysés en utilisant la cartographie pour une planification précise et efficace .

Les avantages des pompes à piston pour l'irrigation rurale incluent leur simplicité, permettant une construction artisanale et l'utilisation de toutes formes d'énergie pour leur fonctionnement. Elles sont particulièrement adaptées à des pompages de quantités d'eau relativement faibles et à des profondeurs ne dépassant pas 20 à 30 mètres .

Il est important d'étudier les voies de communication lors de la préparation d'un chantier pour assurer un accès facile pour les véhicules et piétons, et pour permettre un approvisionnement efficace en éléments de construction tels que l'eau, le sable, et les matériaux. Cela permet de minimiser les interruptions et d'assurer le déroulement fluide des travaux .

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