Séance 1 - Diversification des acteurs
Deux visions du monde :
→ vision classique d’un jeu étatique :
- Population et acteurs en augmentation
- Poids des acteurs non-étatiques sur la scène internationale avec une capacité de
nuisance et d’influence sur le jeu politique des états (ex : les missionnaires de l’Eglise
au XVIIIème siècle)
- Etat, ce n’est pas le seul acteur des relations internationales (RI)
→ vision moderne de l’international :
- Inscription des acteurs non-étatiques dans une stratégie transnationale dépassant les
frontières d’un état
- Relations internationales = jeu entre états (Leviathan de Thomas Hobbes)
→ glissement de l’international vers le mondial= passage d’une vision statocentrée à une
vision avec 7 milliards d’interlocuteurs
- Par un changement dans le droit : introduction du droit humanitaire, un nouveau type
de droit avec la première convention de Genève signée par La Croix Rouge en 1864
- Capacité de dicter le jeu et l’évolution à l’échelle international
- Capacité de conseil et de mettre sur agenda avec leur statut consultatif
- Capacité de pression grandissante
Capacité de l’état à relever le défi =
→ Oui
- Domination pérenne de l’état sur les autres acteurs
- État = acteur incontournable du jeu international
- Nécessité de l’existence de l’état pour l’existence des autres acteurs afin d’être
identifié localement et bénéficier de la fiscalité
→ Non
- Impossibilité de régulation par une inclusion de tous les acteurs de l’espace mondial
Turbulence in world politics de James Roseneau → “sovereignty-free actors”
= acteurs parfaitement adaptés à la mondialisation avec une absence de règles, de normes qui
conduit leurs actions
- Mondialisation = fin des territoires mais pas leur disparition depuis le traité de
Westphalie (1648)
- Incapacité de l’état à contrôler les flux commerciaux, de personnes, de
communication… traversant la frontière malgré l’existence de la DGSI (Direction
Générale de la Sécurité Intérieure)
- Acteurs non “territorialisable” car pas de besoin de la protection étatique (ex : GAFA)
I- Les acteurs transnationaux
1. Définition
→ dédoublement du monde entre les états et les “sovereignty-free actors”
Acteur transnational = tout acteur qui par volonté délibérée ou par destination agit sur la
scène internationale en dépassant le cadre étatique national, échappant au moins
partiellement au contrôle ou à l’action médiatrice des états.
Relation transnationale = toute forme de relations politiques qui se construisent dans l’arène
mondiale par mégarde des frontières.
Flux transnationaux= récurrence des relations transnationales.
Réseaux = “force du lien faible” (Mark Granovetter) : source de cohésion sociale avec des
ponts locaux entre des individus qui autrement resteraient isolés.
- Présence de liens forts et de liens faibles dans les relations internationales
- Réseautage : gain en poids en pouvoir de nuisance et d’influence
- Constitution des réseaux grâce à la digitalisation des comportements sociaux en
sociologie : capacité d’un individu à entretenir des liens forts limité par le nombre de
personnes = 148 personnes (148 personnes < liens faibles)
2. Origine et essor
Facteurs de l’émergence des acteurs transnationaux :
Moyens de communication
Ex : pose de câbles sous-marin par un opérateur national (Alcatel) pour l’état afin de contrôler
les télécommunications mais également par Google.
→ abolition de la distance (ex : transport national avec les grandes liaisons aériennes à partir
des années 80)
Effet d’urbanisation
= condensation de la population vers un centre urbain où les individus sont en contact plus
régulièrement les uns avec les autres et se regroupant sous des associations.
Ex : libéralisation de la parole et montée des associations pour les droits des femmes, des
minorités sexuelles… lors du Printemps Arable avec des mouvements qui ne sont plus
clandestins et une recherche de l’appui d’associations ou organisations internationales pour
porter leur cause à l’échelle mondiale
Triomphe du libéralisme
= ouverture des marchés aux entreprises internationales pour qu’elles investissent à partir des
années 70
Interdépendance
= entre les états et entre les individus
Ex : entre les riches et les pauvres à l’échelle économique
Stratégies de contournement
Ex : paradis fiscaux, économies informelles…
→ permet aussi l’apparition d’acteurs sombres (ex : Daesh)
3. Caractéristiques
= bouleversement des états par les caractéristiques des nouveaux acteurs
Problème d’échelle/de nombre = multiplication des acteurs non-étatiques
→ problème de déplacement des enjeux = vision sécuritaire à cause d’une mondialisation
malheureuse pour “les perdants du jeu internationale” qui n’ont pas su ou pu s’insérer.
Ex : risque d’une montée du populisme, refus de coopérer entre états, Brexit…
Passage d’un monde formalisé à un monde informel
→ monde formalisé = monde régit par des institutions qui ont des règles et des normes.
Aujourd’hui : essentiel des ressources pour le jeu international informel = règles et normes se
font et se défont au rythme du jeu des acteurs non-étatiques
II- Les catégories d’acteurs
1. Les acteurs individuels
= mènent des actions transnationales promues par des individus qui n’obéissent à aucune
stratégie d’entreprise mais dont l’agrégation crée le jeu international
→choix d’allégeance
- Pour avoir un impact plus grand (ex : choix de la population irakienne avec une
interrogation sur la prévalence de l’identité religieuse sur l’identité nationale :
identification irakienne, chiite, sunnite, chrétienne… durant la crise irakienne de 2003
- Conséquence sur le réseautage : constitution en réseau des personnes proche de son
propre choix = fragmentation d’une société en différents groupes communautaires
→ apparition d’une opinion publique internationale
= la population s’informe régulièrement
- Agrégation de personnes qui pensent d’une certaine manière la même chose
- Émergence lorsqu’une cause est portée par plusieurs individus à travers le monde
- Ex : décision de Bush à l’encontre du Conseil de Sécurité de l’ONU d’intervenir en Irak
→ manifestations et marches à travers le monde = mobilisation de la population de
manière transversale pour dénoncer des actions avec une ampleur pérenne →
nuisance à la réputation d’un acteur transnational avec comme arme le “naming et
shaming”
2. Les acteurs collectifs
● les firmes multinationales
Expansion en plusieurs étapes
Etape 1. 1900- Mission d’approvisionnement/d’extraction = pillage du Tiers-Monde
Etape 2. 1950- Délocalisation et décomposition internationale du travail = dumping social
(=positionnement des entreprises là où le coût du travail est le moins élevé pour produire plus
à moindre coût)
Etape 3. 1990- L’avènement des firmes réseaux =
- Se nourrissent de l’informel
- Utilisent des stratégies transnationales grâce à la mondialisation et les technologies
presque accessibles à tous
- Produisent des produits globaux = produit qui a parcouru de nombreux pays pour
arriver dans un point de vente (ex : la Poupée Barbie parcourt dans sa fabrication 20
pays avec la complication des législations différentes pour trouver un interlocuteur en
cas de plainte du consommateur sur le produit)
●les entreprises de communication et TANs
- Transformation du jeu de la communication
- Communication = “agenda setter” de la politique internationale avec le satellite et les
câbles et une capacité d’influence des familles détenant les médias (ex : CNN Effect =
influence des médias qui poussent à l’action de l’état en générant des images qui
génèrent elles-mêmes de l’attention)
● les ONG
= association constituée de façon durable par des individus pour atteindre des objectifs non-
lucratifs
- Il ne s’agit pas d’un acteur transnational, du moins constitutivement parlant
- ONG = explicitement transnational (ex : MSF, Greenpeace, Amnesty…) ou nationales
avec une dimension internationale par la portée de leurs actions
3. La privatisation de l’Etat et de la diplomatie
- Recomposition et réinvention de l’état face aux enjeux de la mondialisation pour faire
face aux défis que les acteurs non-étatiques posent à l’état
- Recul des états dans le domaine de l’économie par la mondialisation des échanges et
la montée des acteurs non-étatiques (ex : capital supérieur des FMN à certains états)
- Investissement dans d’autres secteurs par l’état (ex : secteur culturel)
- État ne gère plus son économie mais les individus composant son territoire avec une
hiérarchie : groupes ethniques, groupes culturels, groupes religieux…
- Encouragement d’une fragmentation culturelle
- Xénophobie car groupe constitué devient exclusif
- Existence d’une diplomatie privée parallèle
- Privatisation de l’économie : enfoncement dans une politique sociale aux
conséquences graves
➔ Stratégies d’autonomie
➔ Stratégie de coopération
➔ Relations triangulaires : états - entrepreneurs transnationaux - entrepreneurs
identitaires
Séance 2 - Inégalités et développement
Inégalité = fait de ne pas être égal en ce qui concerne le statut, les droits et les opportunités
- Concept au cœur des théories de la justice sociale
- Sujet à confusion dans le débat public
- Interprétations différentes
Deux manières d’appréhender les inégalités selon le PNUD
• Inégalité par résultat
• Inégalité par opportunité
Inégalité basée sur le résultat
= lorsque les individus ne possèdent pas le même niveau de richesse matérielle ou de
conditions économiques de vie globale
→ inégalité de niveau de vie = inégalité de revenu, d’éducation, de santé et de nutrition
Inégalité des chances
= nouvelle façon de penser le bien-être humain, sa mesure et les comparaisons
interpersonnelles par l’économiste indien Amartya Sen à partir des années 1970
→ bien-être humain défini et mesuré à l’aune des êtres et des actes valorisés par les personnes
(fonctionnements) et de la liberté de choisir et d’agir (capacités)
- Accent sur la liberté de choisir un type de vie plutôt qu’un autre
- Pas d’objectif d’égalisation des revenus car tous ne convertissent pas les revenus en
bien-être et en liberté de la même manière
- Ex : pauvreté en Afrique = faible accessibilité à l’eau, pas absence d’eau
- Relation fortement dépendante de “circonstances, contingentes, tant personnelles
que sociales” (Sen) qui incluent l’âge, le sexe, les antécédents familiaux et le handicap
de la personne
- Dépendance avec les conditions climatiques, les conditions sociales (soins de santé,
systèmes éducatifs, prévalence de la criminalité, relations intercommunautaires), des
coutumes et des conventions, entre autres facteurs
- Égalité des opportunités réelles de vivre qui donnent aux gens la liberté de mener la
vie de leur choix, pas des moyens de vivre
-
Inégalités horizontales (Stewart, 2002)
= inégalités entre les individus dues aux groupes avec lesquels ils s’identifient (culture, genre,
âge…) et qui pourraient être la cause de préjugés, de discrimination, de marginalisation ou
d’avantage
Inégalités abordées par les théories traditionnelles des RI
- Question de l’inégalité généralement omis par les approches traditionnelles des RI
- Réalisme classique/structural = faible relégué en périphérie par la lutte des plus
puissants
- Pas d’intérêt à intervenir pour (re)distribuer grâce à la libéralisation des relation
commerciales, préoccupation des libéraux pour les institutions internationales qui
permettent aux états de coopérer
Vagues de prise de conscience du problème
- Années 1960 : créations d’institutions internationales (ex : PNUD)
- 1989 : opérationnalisation de ces institutions
- 1990 : création de l’IDH
- 1994 : publication du Rapport sur la sécurité humaine du PNUD
- À partir de 2000 : objectifs du Millénaire pour le développement, Objectifs de
Développement Durable (ODD)
3 constructions des inégalités
● inégalités de revenus
- Plus importantes : Moyen-Orient (rentiers sur le pétrole), Brésil, Inde…
- Augmentation des inégalités mais à des rythmes différents
- Gouvernements de plus en plus pauvres alors que la richesse nationale augmente
- Richesse nationale = capitaux privés
- État sans argent avec une incapacité de redistribution → mouvements sociaux dus à la
frustration de la population et montée du populisme
● inégalités de ressources
- Pays pauvres mais qui détiennent de nombreuses ressources (ex : exportation de
diamants par le Mozambique)
- Naissance des inégalités par cette construction politique lors de la création des états
où les frontières ont été délimité
● inégalités perçues/vécues
- Vision quotidienne de la richesse par les pauvres
- Prise de conscience
- Perception construite de ces inégalités
→ controverse autour de la manière dont on mesure les inégalités
Ex : Banque Mondiale : inégalités sur la base des revenus avec un seuil de pauvreté à
1,25$/jour ; OCDE et UE
→ choix de l’indicateur = choix politique
Difficultés de la mesure des inégalités
- Manque de clarté sur les éléments mesurés : revenu espérance de vie, éducation,
accès à l’eau…
- Données biaisées
- Mise en relief de différentes tendances par le moment de l’analyse
- Confusion entre qui est “riche” et qui est “pauvre”
- Inégalités intra-pays plus significatives que les inégalités entre les pays
Tentatives d’explication
Explication sociologique : perception des niveaux plus élevés d’inégalité des chances des
habitants des zones urbaines
Explication psychologique : effet de l’expérience personnelle de mobilité sociale
intergénérationnelle
Explication économique : inégalité moyenne de chances perçue comme plus faible des pays
qui ont connu une croissance rapide au cours de la dernière décennie
L’insécurité, génératrice d’inégalité ?
- Monde incertain
- Pratique du “wait and see” (ex : incertitudes en cas de destitution de Bachar El Assad)
- Réticente à agir → plus d’inégalités
L’insécurité énergétique
- Regard sur la quantité de pétrole disponible sur le marché et non dans le monde
- Augmentation des prix
L’insécurité alimentaire
= disponibilité limitée ou incertaine d’aliments sains et nutritionnellement suffisants ou la
capacité limitée ou incertaine d’acquérir des aliments nutritifs de manière socialement
acceptable
- Diffère de la faim (=état psychologique, spectre de douleur)
- Fournit des informations sur les contextes économiques et sociaux susceptibles de
provoquer la faim n’évalue pas à quel point la faim s’en suit réellement
Facteurs explicatifs de l’insécurité alimentaire
- Croissance démographique (Thomas Malthus)
- Pauvreté et manque d’opportunité (Sen)
- Facteurs structurels (ex : changements climatiques et conséquences, accaparement
des terres...) (PNUD)
Conséquences de l’insécurité alimentaire
- Violence sociale et banalisation de la violence
- Urbanisation de la faim
Le cycle de la faim
Famille pauvre → malnutrition des femmes → enfant malnutrie → impact sur le
développement physique et mental de l’enfant → problèmes chroniques pendant la jeunesse
perturbant le rythme scolaire → manque d’éducation perturbant la capacité à trouver un
travail → famille pauvre…
L’insécurité de l’eau
- 0,01% d’eau accessible à la consommation
- 844 millions de personnes sans accès à une eau potable = 1/9
- 2,3 milliards de personnes sans accès à un assainissement à l’eau
- ⅓ sans accès à des toilettes (plus de personnes ont un téléphone portable que des
toilettes)
→ une crise du genre
- Femme touchée de manière disproportionnée par la crise de l’eau → responsable de
la collecte de l’eau
- Accès à l’eau potable et à l’assainissement pour le genre féminin =
- Amélioration de la santé
- Amélioration de la capacité à lutter contre les maladies
- Réduction des taux de mortalité infantile et maternelle
- Dignité accrue
- Réduction du stress psychologique
- Réduction des blessures physiques dues au soulèvement constant et au transport de
lourdes charges d’eau
- Réduction des risques de viol, d’agression sexuelle dues à l’éloignement pour se
soulager
→ une crise économique
- Temps perdu à chercher de l’eau ou à rechercher des installations sanitaires = milliards
de dollars en opportunités économiques perdues
- Temps pour la formation, les activités professionnelles et l’école
→ une crise conflictuelle
L’insécurité socio-migratoire
Intégration sociale internationale = matérielle = sécurité humaine, possiblement atteinte par
sept piliers (individuelle, culturelle, politique, économique, sanitaire, environnementale…)
Intégration sociale internationale symbolique = dignité, possiblement atteinte par l’arrêt des
politiques de stigmatisation (ex : politique de naming and shaming)
Le développement
Visions antagonistes
→ vision traditionnelle du développement par la croissance économique calculé sur la base
du PNB
Limites :
- Contre-productivité des réformes économiques imposée aux pays en voie de
développement
- Exigences de conditions des programmes d’ajustement structurel de la FMI et de la
Banque Mondiale
→ émergence d’une vision alternative du développement dans les années 1980 portée par
des mouvements de protestation dans les pays du Sud
- Problème : pas de vision unifiée et cohérente
- Approche radicale : anti-pays du Nord, anti-corporate…
- Approche réformiste : révision des priorités des états et des institution internationales
en matière de développement
- Nb points de convergence
Séance 3 - Démographie et migrations
→ inclusion et exclusion de personnes à partir du moment où des territoires et
frontières sont erigés
Nation = donnée culturelle qui s’étend sur un territoire et à partir de laquelle un état
est crée
- Nation : exclusive
- Redéfinition du territoire par les flux qui transgresse quotidiennement les
espaces et redéfinissent la nation
- “natural economy territory” (Robert Scalapin) = territoires qui émergent à partir
des échanges commerciaux, sociaux… qui ne coïncide pas forcément avec les
frontières étatiques (ex : villes soumises aux économies étrangères)
→ pression démographique
- Estimation : 8 milliards de personnes avant 2025
- Pays en voie de développement : 90% de la croissance (ex : Nigéria)
- Déséquilibres démographiques dans l’espace mondial = grand enjeux politique
et social
Déséquilibres démographiques : transformation du monde selon trois critères =
• L’âge
• La stucture sociale
• L’urbanisation
• L’âge
→ question du marché du travail
→ réponses :
- Accepter les investissements étrangers mais → perte de souveraineté étatique
- Accélérer le processus migratoire
- Accepter les emplois parallèles, économies parallèles (ex : enfants soldats,
membre de Boko Haram...)
- Estimations : vieillissement de la population → baisse de 20% du pouvoir
d’achat en 2050
• La structure sociale
- 3,2 milliards d’individus partie de la “classe moyenne” en 2020
→ changement dans les modes de consommation
→ changements des valeurs
• L’urbanisation
- Développement relativement stable historiquement de l’Europe car urbanisation
progressive et dans des conditions favorables
- Urbanisation brutale = création de conditions de déstabilisation extrêmement
graves
- 1975 : 3 villes de plus de 10 millions d’habitants
- 2018 : 20 villes de plus de 10 millions d’habitants
- Dans un contexte de pauvreté : urbanisation → mobilité
Mobilités internationales
• Les migrations
• Les réfugiés
• Les diasporas
• Les migrations
- 1 milliard d’habitants sur 7,7 milliards en situation de mobilité
- Majorité : pour une migration interne, à l’intérieur de leur propre pays
- Autre : migrations internationales
- Baisse des chiffres de la migration si regard sur ceux qui restent plus de trois
mois
- Distinction entre le migrant économique et le réfugié
Migrant = personne née hors de son pays de résidence (définition de l’OIT)
Migration= “chance” selon le Rapport de la Direction économique et sociale des
Nations Unies en 2000
Réfugié = personne forcée de se déplacer à l’international pour des raisons
économiques politiques, climatiques pour rejoindre un autre pays
• Les réfugiés
Amplification du phénomène des réfugiés → “encampement du monde” (Michel
Agier)
Sociologie des camps
1. Instinct de survie où “l’homme est un loup pour l’homme”
2. Organisation sociale : composée de mini-sociétés qui se construisent avec leur
propre économie parallèle (car elle ne fait pas partie de l’économie de l’état où
le camp est implanté : “shadow economy”), leur propre norme et règle qui
peuvent être différentes de celle de l’état où le camp est implanté (ex : camps
palestiniens depuis 1948 au Liban devenus une solution de facto)
3. Lieu de politisation
4. Un “état dans un état”: sociabilisation politique ce qui pose le problème de
souveraineté et d’ingérence (ex : Turquie)
Choix politiques :
- Destruction des camps
- Reconnaissance ad vitam aeternam (ex : Liban)
- Politique du “wait and see”
• Les diasporas
= phénomène de dispersion d’une partie d’une population au-delà de ses frontières
nationales
- Conservation des attaches avec le pays d’origine, de pratiques ou d’habitudes
propres au pays
- Liens économiques, politiques ou culturels
- Organisations, porte-paroles ou rituels pour maintenir le lien
- Dispersion du fait d’une guerre, d’une révolution, d’une répression, d’un
génocide ou d’un phénomène collectif
- Référence à l’événement déclencheur = composante essentielle de la
construction de l’identité des communautés dispersées
- Redéfinition de l’identité (ex : efforts de la diaspora indienne aux USA vers la
diaspora juive = rapprochement pacifique entre l’Inde et l’Israël ; activité
économique des membres composant la diaspora → établissement des
relations commerciales avec les deux états)
Vrai en jeu politique et social
= changement provenant des dynamiques sociales, qui ne se décrètent pas
politiquement
= changement dans le “tissu social mondial” qui échappe en grande partie au contrôle
des états
Séance 4 - Recomposition culturelle et identitaire
Identité
→ plusieurs sens
1. Caractère de ce qui est identique ou confondu
2. Ce qui fait qu’une chose ou un être vivant est le même qu’un autre ;
possibilité de regrouper plusieurs de ces choses ou êtres vivants sous
un même concept, une même idée (ex : identité nationale)
3. Ce qui permet de différencier, sans confusion possible
4. En psychologie : la conscience que l’on a soi-même et par la
reconnaissance des autres, de ce que l’on est, de son moi = individualité
Question de l’identité sur :
- Acteur : chaque acteur a une identité dont il est conscient, qu’il a choisi ou non
- Système politique : construits de manière identitaire ou de manière complexe
(ex : identité européenne, occidentale…)
- Clivage identitaire : est venu s’imposer dans les RI à partir de 1993 où est
apparu le premier article du “choc des civilisations” (ex : civilisation islamique)
- Place de la culture : plus des lignes idéologiques mais des lignes de partage
et de clivage culturel
- Libertés publiques : identité minoritaire et majoritaire avec la question de
l’intégration des identités multiples
Concept de l’identité
- Double identité (Kant) : identité collective et identité individuelle
- Identité collective : création par chaque cité
- Rôle unificateur
- Dans laquelle réside une identité individuelle
= ensemble de stratégies, de définitions par rapport à l’autre que les individus et les
groupes mettent en place en fonction de :
- Leur désir : avec une réelle envie pour établir une relation
- Leurs intérêts : par le biais d’un choix rationnel
- Des contraintes de situation : intérêt à s’identifier à telle ou telle partie du conflit
afin
- De ne pas subir la répression (ex : en temps de guerre)
Concept de la culture
- Aspect substantiel de l’identité
- Interrogation sur le contenu de l’identité = système de référence pour le définir
- Question de sa définition apparue dans les sciences sociales en 1870
= réaction dans la science occidentale à la colonisation car découverte de cultures
différentes
- Définition énumérative
- Définition sémiotique
- Évolution de la culture = concept social qui n’existe pas en dehors de l’action
des êtres humains
Construction politique de la crise identitaire
- Mise en pratique de la question identitaire et culturelle
- Question de la correspondance entre l’identité proclamée d’un état et des
identités revendiquées par des individus qui en sont ressortissants
Exemple : partition indienne et naissance du Pakistan
→ l’instrumentalisation de l’identité pakistanaise
1. De la naissance d’une entreprise politique séparatiste à la “Two
Nation-State Theory”
- Empire des Indes sous contrôle britannique → naissance d’un mouvement
identitaire politique : la Ligue Musulmane de tous les Indiens
- Identité musulmane = projet politique
- Minorité musulmane mal intégrée dans la société indienne
- Réponse à une offre séparatiste
- Réussite de l’entreprise identitaire s’il y a un problème à la base
- Proposition des britanniques de séparer les collèges électoraux : hindou /
musulmans
- Utilisation politique de l’identité pour diviser la population
- Election remportée par la Ligue Musulmane, parti minoritaire
- Refus de s’allier avec le Parti du Congrès
- Création du Pakistan “Two Nation-State Theory” : 1947
2. Le Pakistan et ses deux ensembles territoriaux
- Pakistan divisé : Pakistan / Bangladesh
- Création du Pakistan → plus grand mouvement migratoire de l’histoire
- Tentative de créer une identité pakistanaise sans intégrité territoriale avec des
langues différentes et une diversification ethnique
3. Violente construction d’une identité pakistanaise : projet
d’islamisation
- Recherche du dénominateur commun : l’islam
- Persistance des différences linguistiques
- Détérioration de la situation
- Développement d’une haine des indiens envers les pakistanais
- Mouvement séparatiste : création du Bangladesh
4. Validation du régime militaire au Pakistan sous Zia-Ul-Haq
- Islam radical au Pakistan
- Réislamisation de la société pakistanaise
- Jeu sur la fibre nationaliste
- Enclenchement d’un discours populiste
- Instrumentalisation de la guerre froide (Inde : alliée de l’URSS)
La “récupération internationale” de l’identité
- failed states : Afghanistan, somalie, Yémen et Syrie
- Pression identitaire exogène : mouvements transnationaux, allégeances
transnationales...
L’ethnicisation du monde
- Invalidation de l’ordre territorial et stato-national du modèle politique
westphalien = appartenance à une culture commune
- Désignation d’un monde plus territorialement ancré
- Identités pas territorialisables
Cause de cette période ethniciste aujourd’hui
- Effondrement des idéologies
- Crise de l’état
- Effondrement des empires
- Prolifération des minorités
- Échec des formules d’intégrations régionales
- Effets d’humiliation et de domination
Ethnicisation du monde irréductible à la nation et au nationalisme
- Aucune synonymie entre identitarisme et nationalisme : deux stratégies
différentes
- Pas de renvoi de l’ethnicisme au nationalisme car cela impliquerait un “contrat
social”
- Pas de visée de l’ethnicisme de la coexistence des cultures mais la création
d’une “cité unique” (ex : Daesh)
- Renvoi de la nation à un territoire qui n’est pas un territoire imaginaire
Identitarisme
- Renvoie à un territoire imaginaire
- Pas de présentation comme un projet d’état mais confusion avec un projet de
contestation
- Pas de relations internationales
- Effacement de toute multilatéralisation (ex : Trump)
Manifestations de l’ethnicisation dans le système international
- Mobilisations primordialistes
- Politique des ghettos : renforcement de l’identitarisme par la politique de
l’exclusion
- Populisme qui va à l’encontre de cette demande identitaire
- Fondamentalisme religieux comme solution
Identité = notion politique et construite
Séance 5 - Résurgence des religions
➔ Interrogation sur le retour du sacré
➔ Des réflexions sur :
- L’acteur (ex : institutions religieuses)
- Le système = (ex : système politique défini par la religion, pays dépendant
d’une identité religieuse = Pakistan)
- Le capital de mobilisation= religion instrumentalisée par les hommes
politiques pour mobiliser les masses (ex : au Pakistan)
- La culture et l’identité= conflits émergeants d’apparence religieux
extrêmement sanglant car religion non négociable → identités culturelles et
religieuses → compromis difficilement atteignable
Querelles sémantiques
1. Le profane, le sacré et le religieux
Emile Durkheim, sociologue français (1858 - 1917)
→ distinction entre l’humain et le sacré dans son livre Les formes élémentaires de la
vie religieuse
Science = ce qui peut être appréhendé par l’esprit humain
Sacré =
- Ce qui dépasse l’esprit humain +
- Les choses que l’homme invente pour recouvrir tous les domaines auxquels
son action et ses connaissances n’ont pas accès +
- Expression de la conscience collective d’une société, dont la religion constitue
le noyau dur
→ importance du sacré en politique comme un “outil de contrôle” des masses dans les
monarchies où le monarque va se proclamer de descendance divine (ex : monarchie
alaouite au Maroc ; calendrier rythmé par fêtes chrétiennes en France = appellation
des Vacances de Pâques plutôt que Vacances de Printemps)
Religieux = une partie du sacré = rites et croyances qui “organisent le sacré”
2. Quelques hypothèses sur le retour du sacré
Durkheim
Sacré : fort dans les périodes d’incertitude, de désordre et de changement
Retour du sacré par :
- La modernité
- La faillite des institutions traditionnelles
- Les inégalités
3. Qu’est-ce qu’un acteur religieux ?
Max Weber, sociologue allemand
Acteur religieux = professionnel de la religion (ex : paster imam, rabbin, moine…) +
tout individu qui volontairement ou involontairement manipule les symboles religieux
et/ou réceptif aux messages religieux
→ paradoxe de l’athéisme : athée = relais involontaire du religieux ?
Les acteurs religieux
1. Repérages statistiques et historiques
→ nombreuses religions mais pas les mêmes extensions sociales et implantations
géographiques
→ pas la même nature de l’insertion dans le jeu international
Le christianisme
• Protestants : ++ pays nordiques (ex : Finlande, Norvège, Suède…), pays anglo-
saxons, anciennes colonies britanniques en Afrique
• Catholiques : ++ toute l’Amérique du Sud, Europe du Sud-Ouest (ex : France,
Espagne, Portugal…)
• Orthodoxes : ++ Biélorussie, les Balkans (ex : Grèce, Serbie…), Russie, ancien
bloc communiste
L’Islam
++ Maghreb, péninsule arabique…
Judaïsme
++ Etats-Unis, France…
L’hindouisme
++ Inde, Népal...
Le bouddhisme
++ Asie...
Les stratégies religieuses
1. Une action politique autonome
→ Chrétienté romaine
- Très institutionnalisée
- Diplomatie du Vatican
- Épiscopats
- Partis politiques
- ONG religieuses
→ Chrétienté réformée
- Peu institutionnalisée
- Centrée sur l’individu et la force de la société
- Lien fort entre mobilisation religieuse et politique
→ Islam
- Islam : religion
- Islamisme : idéologie politique
- Appropriation du pouvoir par l’Islam
- Légitimation du pouvoir par l’Islam
- réticularisation : usage de réseaux
- Mobilisation contestataire
2. Conflits d’apparence religieuse
= idée selon laquelle l’insertion de la religion dans le jeu international se ferait pas le
conflit = la capacité du sacré à organiser la conflictualité mondiale
- Conflictualité d’extraction interne
- Conflictualité de forme binaire
- Conflictualité internationale
3. Les réseaux d’influence religieuse
• Le cas de l’Opus Dei
• Le cas du Tablighî Jemaât
• Le cas de la Ligue Musulmane
Séance 6 : La montée des populismes
Mouvement populistes → à l’origine d’un phénomène non-inhérent à la droite politique
- Recrudescence des phénomènes populistes
- Caractère international
- Populisme réactionnaire
- Généralisation de l’expansion des populismes dans le monde
- FN de Marine Le Pen au second tour des présidentielles 2017 en France
- Phénomène non limité à l’Europe
- Longue tradition populiste en Amérique latine : néofascisme assumé au Brésil
par Bolsonaro
- Longue tradition populiste aux Etats-Unis : élection de Donald Trump
- Emergence en Asie : Philippines
- Russie et Turquie : populisme étatique qui s’exprime dans l’intervention de l’état
qui contraint certains des opposants
I. Qu’est-ce que le populisme ?
1. Querelles de définition
Ernesto Laclau, philosophe et théoricien politique argentin (1935 - 2014)
Populisme= “moins un concept analytique qu’un outil stratégique qui sert à disqualifier
celui qui conteste l’ordre (économique et politique) tel qu’il est”
- Style ou discours politique plus qu’une idéologie
- Étiquette qu’on appose sur tout discours contestataire afin de le discréditer
Dans les débats contemporains
Populisme = sens essentiellement polémique utilisé comme un euphémisme pour
désigner souvent l’extrême droite
Origine du populisme : du côté gauche de l’échiquier politique dite démocratique et
égalitaire
Populismes fondateurs : pas réactionnaires à la fin du XIXème siècle
- Mouvements pour défendre les droits du peuple
- Profond mépris pour les élites
- Discours du peuple, des oubliés, des “perdants” de la mondialisation
- Populisme anti-pluraliste car il considère le peuple comme homogène
- Absence totale de pluralisme politique et sociétale
→ populisme réactionnaire profondément moderne
- Nourrit par l’existence des réseaux sociaux qui permettent d’interpeller et de
disqualifier publiquement un individu ou un groupe
2. Des “situations populistes”
Quatre vagues depuis les premiers mouvements populistes du XIXème siècle
1. → lancée par le mouvement du narodichestvo russe dans les années 1860
- Mouvement russe tourné contre les élites pour réclamer plus de droits et de
reconnaissance
- Suivi par le mouvement agrarien du People’s Tea Party aux Etats-Unis en 1992
= mouvements sociaux et politiques orientés vers le monde rural
- Et le Boulangisme en France à la même époque = mobilisation de la population
ouvrière contre les élites
2. → dans la période de l’entre-deux-guerres
- À la suite de “l’humiliation du peuple allemand” qui ne trouve pas dans la
République de Weimar (=régime politique en place de 1918 à 1933) l’instrument
d’une mobilisation compensatoire
- Populisme mussolinien en Italie
- Population stigmatisée et frustrée
- Populismes latino-américains après la grande crise économique des années
1930
3. → période de la guerre froide
- Aux marges de l’affrontement des deux blocs
- Populisme au Brésil et en Argentine
- En Afrique (Egypte, Guinée, Ghana…) et en Asie (Indonésie, Inde…) avec la
décolonisation
4. → à la fin de la guerre froide, après le printemps de Prague (1968)
- Naissance du populisme de droite
- Suède, Danemark, Norvège…
→ “situations populistes”
= processus évolutif plutôt qu’un concept hermétique et figé dans le temps
→ interrogation du dénominateur commun qui lie ces situations populistes entre elles
3. Un “corpus” commun : techniques de propagandes et gestion des imaginaires
Dénominateurs communs
→ la défense du peuple contre les élites
- Peuple = différentes significations et conceptions du peuple selon la localisation
- Tradition populiste : peuple = les citoyens qui décident
- Tradition nationaliste : peuple = la Nation, le garant de la Nation, ceux qui crée
la Nation, citoyens et mythes crées par l’état ou les citoyens pour générer une
- Adhérence à la Nation
- Tradition fasciste : peuple = culte du chef
→ la défense de la souveraineté contre la mondialisation
→ le rejet du multiculturalisme et de l’universalisme
- Différence d’échelle entre ces traits communs
- Invocation de la souveraineté du peuple contre le formalisme libéral
- Ce qui les conduit à postuler une homogénéité du peuple
- Qui permet en fait d’en exclure ceux dont les intérêts ou la culture sont
supposés en être trop éloignés (élites, minorités, étrangers…)
- Ennemis extérieurs (ex : institutions européennes ou mondiales)
- Ennemis intérieurs (ex : minorités, médias…)
- Populisme eurosceptique dirigé contre l’institution européenne et leur politique
- Politique d’oppression à l’égard de certains journalistes et des opposants
devenant obéissants à la politique de l’oppresseur (ex : Erdogan en Turquie)
- Instrumentalisation des nouvelles technologies (ex : ingérence de Cambridge
Analytica par la manipulation des Big Data pour l’élection de Donald Trump)
Deux hypothèses sur la question du “retour” du populisme
→ populisme fort en temps de crise
- Compréhension des contours spécifiques de la crise qui aura tendance à unifier
à minima les genres et à susciter des pratiques communes
→ populisme = moteur essentiel de la transformation politique
- Génère une remise en cause de la démocratie représentative, voir une
transformation en profondeur de la politique
- Désintermédiation de la politique qui risque de marginaliser les structures de la
- Démocratie représentative, parti et parlements, au profit de forces improvisées
(ex : immédiateté des demandes et des réponses politiques par le tweet)
4. Unité ou pluralité des populismes
- Technique portée par l’air du temps à laquelle consentiraient des acteurs
foncièrement différents ?
- Diversité du phénomène
Quelques cas de populismes contemporains
• Italie
- Actions collectives
- Mouvement devenu national
- Luigi DiMaio (M5S) : institutionnalisation de son identité caricatural et
humoristique du mouvement pour le placer sur l’échiquier politique à gauche
- Matteo Salvini (Ligue) : utilisation de l’identité régional, italien du nord vs italien
du sud, pour créer un mouvement politique d’extrême droite avec un retour aux
traditions (ex : catholicisme)
• Allemagne : AFD
• Grande-Bretagne : UKIP de Nigel Farage
• Etats-Unis : Donald Trump
• Brésil : Jair Bolsonaro
• Philippines
III- L’insertion du populisme dans le jeu politique international
Les mouvements populistes
International = “un horizon commun et un lieu de différenciation” (Allès, 2008)
Quatre stratégies
- Rejet des élites
- Redéfinition des contours du peuple dont les populistes se revendiquent
- Importance qu’accordent les populistes à la place des états dans le jeu
international
- Légitimation des populistes par le déploiement de logiques de protection des
- Institutions politiques contre eux
Séance 7 – Problèmes écologiques,
enjeux fonciers et gestion des biens
communs
Environnement → enjeu mondial par excellence
- Dépassement des frontières
- Caractère transnational
- Réponse commune
- Controverses autour de l’imminence du problème, de la nature du problème et
des solution possibles
- Interrogation sur la priorité de ce sujet et sur l’origine du problème : activité
humaine ou cycle naturel des variations du climat
Comment et pourquoi l’environnement est-il devenu un enjeu mondial ?
Avant les années 60-70
- “politiques vertes” comme opposition à l’industrialisation des sociétés
- Dégradation de l’environnement par les industries
- Sous forme de réflexions philosophiques et éthiques sur la question
- Sacrifice de l’environnement pour le progrès, pour l’évolution
- Approche anthropocentrique = succès et intérêt de l’homme au-dessus de tout
A partir des années 1960-70
- Mouvements environnementaux (ex : indigènes aux USA qui pointent du doigt
le clivage grandissant entre la nature et les hommes)
- Dénonciation de l’utilisation des pesticides et d’autres substances chimiques à
usage agricole : The Silent Spring de Rachel Cason (1962)
- Analyse de l’impact des pesticides sur la santé humaine avec le développement
de cancers : Our synthetic environment de Murray Bookchin (1962)
- Émergence de nouveaux mouvements activistes comme Greenpeace, les Amis
de la Terre… qui dénoncent la pollution, la disparition des réserves pétrolières…
→ concentration des politiques environnementales sur la question des
ressources
- Éveil des consciences sur le fait que les ressources que nous offrent la nature
ne sont pas infinies
- Accélérateur = crise de pétrole de 1973
- Idée de l’entropie = principe de dégradation de l’énergie et du vivant
- Environnement = cycle clos
A partir des années 1980
- Mouvement qui se transforme en partis politiques (ex : le parti allemand Di
Grünen)
- Institutionnalisation du mouvement : émergence d’un leader, organisation d’une
structure, mise en place d’une bureaucratisation à l’intérieur du mouvement
- Émane de mouvements citoyens porteur d’une cause
- Traduction de la tendance de ces mouvements dans les urnes : appétence pour
les causes qui impact le quotidien de la population, l’environnement dans lequel
elle vit
→ Influence de deux rapports sur la manière dont la question environnementale était
considérée à l’échelle mondiale
• Rapport non officiel des Nations-Unies : “Only one earth” (1972)
• Rapport du Club de Rome : “Limits to Growth” (1972)
= prédiction de ressources pétrolières mondiales à sec en 1992
- Nécessiter de limiter la croissance
- Prévalence de cette idée dans les RI
→ enjeux transnationaux par excellence
- Vulnérabilité des états aussi vis-à-vis des activités industrielles qui se déroulent
dans d’autres pays
→ constatation des phénomènes du réchauffement climatique
(Ex : pluies d’acides, destruction de la couche d’ozone…)
1972 - Conférence de Stockholm (UN Conference on Human Enironment)
- Mise en place du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE)
pour une meilleure coordination des activités des états et des OI pour une
meilleure protection de l’environnement
- Récession mondiale à la fin des années 70
- Entrée dans la Guerre Froide
→ disparition de la question des agendas politiques
→ événements alarmants sur la question
1984 - Explosion de l’usine chimique de Bhopal en Inde
- Évaporation de 40 tonnes de pesticides dans l’air entraînant entre 7000 et 25
000 morts)
- Pas de jugement du gérant de l’entreprise car question de la responsabilité
1986 - Explosion nucléaire de Tchernobyl
- Impact international
- Déplacement du nuage radioactif qui traverse les frontières
- Insécurité pour l’humanité
1987 - Rapport Brundtland : “Our common future”
- Introduction de la notion de développement durable (DD)
- Interrogation sur l’écologie du développement durable
- Nécessité de développer un niveau de vie assez conséquent et d’avoir assouvi
certains besoins humains (ex : accès à la nourriture, à l’éducation…) pour
développer un intérêt et investir dans le DD
- Question des limitations des activités industrielles, technologiques...
1992 - Rio Earth Summit (UN Conference on Environment and Development)
- Glissement de la question des émissions de CFC (chlorofluorocarbone) vers un
intérêt pour l’impact de ces gaz à effet de serre
- Questionnement du changement climatique
- Entrée du changement climatique sur l’agenda politique
- Création de la Convention cadre des Nations Unies sur le Changement
Climatique (FCCC)
- Responsabilité en termes de monitoring et évaluation sur la mise en oeuvre de
cette convention attribuée au International Panel On Climate Change (IPCC)
- Pas de contrainte des états d’appliquer les règles et les normes du FCCC
1997 - Kyoto Protocol
- Accord pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5% entre 2008 et
2012
- Accord négocié entre états du nord
- Échec dans l’effort de coopération internationales
- Règles et normes non contraignantes
2009 - Copenhagen Summit
- Fonte sévère des glaces visibles
- Récurrence des catastrophes naturelles
- Difficulté de faire coïncider les intérêts étatiques avec les intérêts collectifs
- Question de la conception du monde comme “l’air de jeu de l’humanité” :
aborder la question de l’environnement pour 7,7 milliards de personnes
- Division des biens communs (ex : eau, air…)
- Tragédie des Communaux = thèse selon laquelle l’intérêt de produire plus de
profit est supérieur à l’idée de partager les ressources naturelles
= lorsqu’un bien est partagé entre plusieurs exploitants, plus les exploitants
augmentent leur propre exploitation, plus la capacité de production du bien de base
diminue
Des politiques vertes : réformisme ou radicalisme ?
Environnement→ domaine de débats idéologiques et politiques = désaccord sur
l’imminence du problème, sa nature et ses solutions qui trouvent leurs origines dans
des fondements philosophiques divergents sur la relation entre l’homme et la nature
→ l’anthropocentrisme opposé à la pensée environnementale
● les Réformistes
= inspirés de la tradition philosophique des utilitaristes = utilisation de la nature en
respectant les ressources et les générations futures*
● les Radicaux
Trois courants :
➢ l’écosocialisme
= dénonciation de la vision du profit et volonté de construire une société socialiste avec
une meilleure harmonie entre la nature et l’homme
➢ l’éco-anarchisme
= domination sur les gens qui amène une domination sur la nature
➢ l’écoféminisme
= domination du patriarcat qui amène une domination sur la nature
● l’écocentrisme ? Ou la thèse de Gaïa
= conception de la terre comme une entité vivante qui agit pour se maintenir envie ;
thèse développée par James Lovelock
Le changement climatique
→ sujet de controverse et de désaccords sur
- La cause du changement climatique
- La signification du changement climatique
- Les solutions à apporter face au changement climatique
Les causes du CC
- Lancement du débat par l’autorité scientifique IPCC
- Jusqu’en 2004-05 : “denial lobby” apportant des preuves pour montrer que les
données de l’IPCC sont erronées, majoritairement basés aux USA et financés
par les grandes compagnies pétrolières des USA
- 2005 : apparition de plusieurs articles dans un journal scientifique va donner
raison à l’IPCC
→ remise en cause de l’expertise scientifique et de la causalité entre l’activité
humaine et le réchauffement climatique
Les conséquences du CC : cyclones avec risques d’inondations et de
développement de maladie par les eaux souillées, sécheresse et désertification
(progression du désert de 2m/min), disparition des îles…
→ logique d’adaptation face à ces risques
- Développement des politiques d’accaparement des terres = pratiques utilisées
aujourd’hui par les pays développés qui n’ont plu suffisamment de terre pour la
culture : achat des terres dans les pays du sud auprès des gouvernements
corrompus qui vont spolier (= dépouiller par violence, fraude ou abus de
pouvoir) les habitants
- Ce phénomène : cause et conséquence du dérèglement climatique
Cause = déforestation accompagnée de la mise en valeur des terres prive la planète
d’une partie de sa capacité de captation naturelle du CO
Conséquence = craintes liées au dérèglement climatique peuvent favoriser, dans une
logique d’adaptation, la captation de la ressource foncière.
Séance 8 – Sécurité et sécurisations
Face au changement climatique, que faire ?
1. Renforcer la coopération internationale : une entreprise périlleuse ?
- Éventualité de l’achat des droits de polluer
- Interrogation sur d’éventuels droits de polluer pour les pays du Sud afin qu’ils
se hissent à un niveau de développement équivalent à celui des pays du Nord
- Scepticisme = transfert d’une partie des savoir-faire en termes de technologie
au pays du Sud pour une autorisation de polluer
- Faire converger les intérêts nationaux et les intérêts collectifs
2. Transformer la dégradation de l’environnement en menace pour la sécurité
Concept de la sécurisation de l’environnement
= processus discursif (contraire d’intuitif) pour la transformation d’un sujet en menace
sécuritaire (ex : VIH, premier sujet sécuritisé dans le monde)
→ société de risque = admettre que l’état n’est plus le seul à prodiguer la sécurité,
sécurité pratique qui se transforme, acteurs porteurs d’expertise
3. Le recours à la géo-ingénierie = ingénierie climatique
= manipulation délibérée de l’environnement de la planète pour contrecarrer le
changement climatique d’origine anthropique
ex :
- extraction du CO² de l’atmosphère par la fertilisation des océans pour favoriser le
développement du phyloplancton qui capte le CO²
→ opération de fertilisation de l’océan via la dispersion de tonnes de sulfate de fer
dans l’Océan Pacifique menée par un homme d’affaires californien en 2012
- Difficulté de contrôle de ces initiatives
- Qui doivent être mieux régulées et plus transparentes
- Pour éviter le risque d’escalade entre états notamment en cas de catastrophes
naturelles
- Dont la survenance alors attribuée à la géo-ingénierie pourrait faire l’objet de
tensions entre pays victime du sinistre et pays recourant à ce type de technique
à grande échelle
→ problème : méconnaissance de l’impact de ces solutions sur les échanges
océano-atmosphériques
→ sources d’inquiétudes : possibilités de recours unilatéraux et d’expérimentations
sauvages
4. Agir malgré l’incertitude
→ principe de précaution = coût de l’inaction plus élevé que le coût de l’action
- Zones d’ombre et incertitudes
- Génère des positions divergentes
- Acteur écouté sera celui qui saura activement écouter les autres, celui qui saura
reconnaître la stratégie jouée des autres joueurs et des failles dans leur
raisonnement et celui qui saura s’approprier les failles de leur propre
argumentaire et jouer sur la stratégie des autres
- Question sur la production de l’expertise (Bruno Latour : expertise existe mais
expertise dans un monde post-scientifique n’est plus réservée aux seuls
scientifiques)
- Crédibilité de l’expertise scientifique
- Nécessité de repenser l’expertise
- Expertise produite par les individus exposés au problème
- Nécessité d’entendre les communautés épistémologiques et de se penser en
réseau
5. Une mauvaise adaptation au changement climatique ?
maladaption = adaptation qui non seulement échoue à réduire la vulnérabilité mais
tend même à l’accroître
- Impact sécuritaire non marginal si les territoires qui tentent de se prémunir des
effets du réchauffement climatique adoptent des politiques et des solutions
inappropriées
- Nécessaire volonté politique avec une prise de conscience et une mobilisation
des acteurs publics
Séance 9 – La mondialisation des normes et du droit
« Whenever law ends, tyranny begins. » John Locke, Second Treatise of
Government
(1690)
- Droit longtemps lié à la souveraineté
- Question du droit intrinsèquement liée à la question étatique
- Acceptation de soumission à l’état, servitude volontaire endossée dans les
textes légaux
- Actions de l’état également soumis au droit
- En France : possibilité de déroger à cet état de droit (ex : en cas d’état d’urgence
où on sort de l’état de droit)
- Débordement du droit des frontières étatiques
- Droit plus seulement lié à un contexte national
- Droit national défié par un certain nombre d’acteurs (ex : firmes, GAFA…) qui
entrent et sortent sur un territoire national
- Question de l’encadrement des entreprises multinationales qui ne sont pas
françaises mais exercent sur le territoire
- Nécessaire adaptation du cadre juridique lorsque le droit national ne suffit plus
pour encadrer les personnes qui sont sur son territoire
Qu’est-ce que le droit ?
D’un point de vue du droit national
Droit fait par le gouvernement et appliqué à toute la société
- S’impose de fait sur une société donnée
- Droit précède toutes les autres normes et règles sociales dans une société
- Droit national > autres normes
Droit obligatoire : coercition en cas de non-respect
- Obligation morale de respecter le droit
- Contrat social : Rousseau établit que toute légitimité politique se fonde sur la
communauté et la volonté générale. Ainsi, si nul n'a le droit d'aliéner au profit
d'un autre sa liberté morale et civique, il est souhaitable que les hommes
concluent entre eux un pacte, un contrat : l'individu renonce à une liberté
absolue et se soumet aux règles dictées par l'intérêt général. En échange, la
communauté garantit la sécurité de chacun et le respect des règles et des droits
ainsi établis.
Droit souvent contraignant
- Hypothèse : tendance des individus à transgresser les lois
- Mesures coercitives
- Crainte de ces mesures → intérêt à respecter le droit
Droit : de « qualité publique »
- S’adresse à tous et toutes
- Mis en place pour régir la vie en communauté, la vie en société d’un point de
vue national
- Pas de disparition du droit national
- Droit national défié par une vision internationale du droit
D’un point de vue du droit international
- Terme entré dans l’usage au courant du XIXème siècle mais son origine
remonte à la Rome Antique : droit romano-canonique
- Origine du droit international comme institution se situe au XVI-XVIIème siècle
en Europe : série de traités qui accompagne le système étatique naissant
- ex :
1555 – Le Paix d’Augsbourg
1648 – La Paix de Westphalie
1713 – La Paix d’Utrecht
- Hugo Grotius : coopération possible entre les états pour éviter les guerres
Droit international différent du droit national
- Droit national : capacité à imposer le droit en ayant recours à des forces
coercitives (ex : punitions, tribunaux, usage de la force…)
- Droit international : absence de cette force de coercition
- Pas de force supra-étatique qui veille à ce que les états respectent leurs
engagements légaux
- Droits internationaux non contraignants : pas de mécanisme pouvant imposer
le respect de ses résolutions
- Résolution suggestive
- Contrainte vient de la collectivité et du consentement = « soft law » (international
law) opposé au « hard law » (domestic law)
UN Compact for Migration à Marrakech
- Outil politique et sécuritaire pour mieux encadrer voir bloquer les migrations
provenant de l’Afrique et du Moyen-Orient
- Politique UE de sécurisation
- Reconnaissance des migrations qui vont constituer un sujet d’avenir
- Adaptation à cette réalité
- Compromis à la fois pour les pays émetteurs et les pays récepteurs
Deux visions sur la nature du droit
- Droit naturel= droit fondé sur un système moral, voir religieux = obligation
morale dans un contrat social
- Droit positif= système de commande, un ordre qui doit être exécuté à partir du
XIXème siècle
- Réveil positiviste : explications par référence à la science et à la raison et non
pas au spiritisme
Les sources du droit international
● conventions internationales
- Multilatéralisme : plusieurs états s’entendent sur un certain nombre de règles et
de normes à appliquer
- Précédées par des traités bilatéraux qui sont plus facile à encadrer car ils
s’appuient sur un certain consentement entre les états qui les ratifient
● coutumes internationales
- Traités qui s’inspirent du droit coutumier qui n’est pas fondé sur l’idée du
consentement
- Qui dérive du fait que les pratiques ont été déjà utilisé pendant des décennies
- A acquis un statut légal de droit
- Ex : l’immunité diplomatique = droit coutumier entré dans les règles car
existence pérenne au préalable : il est considéré que le coût à payer lorsqu’un
procès est mené à un représentant étatique serait plus élevé que de ne rien
faire, volonté que le représentant étatique exerce en toute sécurité dans le pays
● principes généraux du droit
- Acquis un certain statut d’acceptation commune appliquée à priori dans toutes
les sociétés dites civilisées
● décisions juridiques
- Transnationales
- Jurisprudence : hybridation du droit où les juges se basent sur les cas
similaires : Pourquoi le droit international est-il obéi ?
- Intérêt personnel et réciprocité
- Peur du désordre : éviter le chaos, une société internationale anarchique en
encadrant l’agissement, l’interaction des états au niveau international
- Peur de l’isolation
- Peur de la punition
- Identification avec les normes internationales
Le droit international en changement
- Changement de la portée, du but et de la nature du droit international depuis le
début du XXème siècle
- Glissement du droit international vers du droit mondial ou supra-national
- Constat → droit international : droit régit par les états
- Aujourd’hui : ce n’est plus les cas (ex : conflit entre état et GAFA)
- Adaptation du langage juridique
- Glissement dans les lois de guerre vers le droit humanitaire international
- Utilisation de tribunaux nationaux vers un recours aux tribunaux et cour de
justice internationaux
- → « constitutionalisation du droit international » Habermas, (2006)
Le processus de l’internationalisation du droit
- « Internationalisation du droit »
- Pas synonyme de droit international = dynamique
Raisons de cette internationalisation
- Interdépendance entre les états
- Interdépendance entre les systèmes de droit
- Pratiques de globalisation des flux et des risques ainsi que de l’universalisation
des valeurs
- Nécessité pour faire face à des flux qui transgresse les frontières étatiques
- Interrogation sur la pathologie des interdépendances pour les systèmes de droit
ou annonce d’une transition qui préparerait une métamorphose en une nouvelle
conception de l’ordre juridique
L’effritement du modèle normatif traditionnel
La fin d’un monde d’Etats nations, jouissant chacun d’une pleine souveraineté ?
- Modèle qui remonte au droit romano-canonique
- Église ou groupes religieux ont toujours été des acteurs transnationaux
- Église catholique : premier acteur clé avec une identité transnationale
- Idée de territorialisation du droit utopique née dans l’histoire occidental
- Interactions supra et infra étatiques
L’exemple des Droits de l’Homme
- Critique de l’universalisme supposé des DDLH
- Droits bafoués et défiés
- Critique de la part des pays orientaux avec une accusation d’un droit de
l’homme occidentalo-centrés et individualistes
- Droit de l’homme émane d’une philosophie politique occidentale
- Contrat social de Jean-Jacques Rousseau et Hobbes qui se base sur l’individu
- Contrat social ne se base pas sur les individus dans les sociétés africaines,
asiatiques et arabes
- Relève du concept de l’unité : Prophète est parvenu à unifier des tribus
- Contrat social se base sur le collectif
- En Asie, les ong n’attaquent pas l’universalité des DH mais le fait qu’elles ne se
reconnaissent pas dans les valeurs occidentales : question culturelle
- Nécessité d’un changement de paradigme
- DDLH = pas un ensemble de principes statiques et rigides mais un processus
qui permet :
- De penser une interactivité, une influence réciproque
- De sortir de l’impérialisme
- De tendre vers une « humanisation réciproque » d’une culture à une autre
(Delmas-Marty)
- S’inspire de différentes règles de droits de différents états
- Processus collectif qui vise à définir ce que sont les droits de l’homme
- Marge d’appréciation nationale : règle énoncée mais manière dont elle est
appliquée nationalement laissée au bon jugement des états nationaux
- Peut laisser place à l’interprétation à cause de cette marge de manœuvre
- Possibilité d’une institution supra nationale voir international avec la mission de
surveiller la bonne application des lois
- Changement du sujet du droit international (ex : environnement qui touche à la
fois les états mais aussi les individus)
- Sujet et agents ne sont plus étato-centrés : ils s’emparent de la question et
produisent une expertise
- Changement du but d’une loi (traditionnellement d’encadrer les relations
étatiques)
- Changement de l’étendu de l’application de cette loi (plutôt international voir
mondial)
- Contenu et fonction change à mesure que les DDLH se développent
- Droit n’a plus comme fonction principale d’encadrer l’action des états et de punir
- Nécessité de responsabiliser les états, les institutions, les firmes
transnationales, les individus
- Indivisibilité entre l’ensemble des droits (ex : reconnaissance de la diversité
culturelle comme patrimoine commun de l’humanité en 2005)
- Diversité ne signifie pas universalité
- Distinction entre universalité et valeurs
- Confrontation des différents systèmes de croyances
- Dogme doit être contextualisé
- Ex : question du travail des enfants
- Cour Européenne : interdiction du travail des enfants = tout travail physique
devrait être interdit
- Charte Africaine du droit et du bien-être de l’enfant : protection de toute forme
d’exploitation économique
- Texte africain contextualise qui rend compte du contexte local
- En Afrique pas d’école à proximité donc enfants sur les chantiers ce qui fait
partie du processus éducatif
- Formule explicitée plus prudente dans sa formulation
Entre territorialité et extraterritorialité
- Ordre juridique libéré d’ancrage territorial (ex : UE = espace de liberté, de
sécurité et de justice où aucune limite géographique n’est assigné)
- Affrontement de deux visions autour de notre rapport à la terre
- Face à face (Locke : anthropocentrisme)
- Inscription d’un être dans un milieu (Mill: utilitarisme) = le droit doit aussi
s’inscrire dans un milieu avec la question de contextualisation et un regard sur
le contexte dans lequel la loi est appliquée pour voir si l’éco-système est
dérangé
Retour sur la question des frontières
= traduit l’impuissance du droit de répondre aux tensions qui émane de la
mondialisation
Le cas Chevron vs Equateur
Chevron = entreprise américaine a exploité des ressources pétrolières en Equateur et
s’est vu confronté à des plaintes venues de citoyens de l’Equateur pour souillage de
sol, maladies apparues…
- Tribunaux américains : cas difficilement jugé par les Etats-Unis
- Par conséquence de territorialité
- Renvoi du cas en Equateur
- Entreprise pensait que la population de l’Equateur n’aurait pas l’argent pour
emmener l’affaire en procès.
- Procès engagé en Equateur par le gouvernement et amendes pour l’entreprise
- Flou du lien entre les marchés et le droit
Le cas de l’Europe
- « Laboratoire » (Delmas-Marty)
- Observation des conséquences de l’internationalisation du droit, des effets que
cela produit, des succès et échecs
- Supranationalisation
- Europe du marché : Cour de Justice de l’UE qui traite les questions relatives
aux échanges économiques et monétaires
- Europe des DH et : Cour Européenne des Droits de l’Homme
- Institutions qui ne communiquent pas
- Interrogations sur les interconnexions
Séance 10 – Technocratie, expertises scientifiques
et la place du politique