Aubeline Vinay
LE DESSIN DANS L’EXAMEN
PSYCHOLOGIQUE DE L’ENFANT
ET DE L’ADOLESCENT
2e édition
entièrement revue et actualisée
© Dunod, Paris, 2014
ISBN 978-2-10-071034-8
SOMMAIRE
Introduction 7
CHAPITRE 1
Le dessin libre
I Qu’est-ce que dessiner ? 11
II Le dessin : outil de l’examen psychologique
de l’enfant et de l’adolescent 12
1. Les qualités projectives du dessin d’enfant 12
2. La place du dessin en fonction des âges 14
3. Le dessin libre à l’adolescence 19
III La lecture d’un dessin 21
1. Les critères fondamentaux 21
2. Pour une interprétation objective 25
3. Les caractéristiques du dessin libre 27
CHAPITRE 2
Le dessin du bonhomme
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.
I Le bonhomme en tant que miroir de soi 29
1. L’évolution du bonhomme selon les âges 30
2. L’image corporelle et le soi perçu 32
II Les différentes utilisations du dessin
de bonhomme 33
1. Le test du bonhomme 33
2. Le dépistage de troubles neurovisuels 39
4 LE DESSIN DANS L’EXAMEN PSYCHOLOGIQUE DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT
III Le corps amputé et le dessin du bonhomme 41
1. Le dessin du bonhomme en situation de cancer
chez l’enfant ou l’adolescent 41
2. Le handicap moteur 42
3. Le traumatisme crânien 43
4. Le dessin du bonhomme dans les désordres
psychiques 44
CHAPITRE 3
Le dessin de la maison
I La valeur projective de la maison 47
1. La symbolique de la maison 47
2. La localisation spatiale de soi dans le dessin
de la maison 48
II L’évolution du dessin de la maison 49
1. Quelques caractéristiques générales 49
2. L’évolution en fonction des âges 51
3. Des maisons reflets de difficultés psychiques 55
III Le test du dessin de la maison selon Royer 57
1. La méthodologie 58
2. Le protocole d’étude du dessin de la maison 59
3. Quelques éléments pour l’interprétation du dessin
de la maison 59
CHAPITRE 4
Le dessin de famille
I Les différents tests de dessin de famille 67
II Le test du dessin de famille selon Corman (1961) 68
1. La passation 68
2. Les consignes 69
3. L’entretien 70
4. La famille imaginée et la famille réelle 71
SOMMAIRE 5
III L’interprétation selon le principe du processus
d’identification 72
1. Le personnage principal mis en valeur 73
2. Les indices de la dévalorisation 75
3. Le mécanisme de surajout et le déplacement
de personnage 77
4. La représentation des liens entre les personnages 79
5. Les interactions et les distances
entre les personnages 80
6. Les niveaux d’identification 81
IV Le dessin de famille et la problématique
de placement familial 83
1. La double appartenance et le conflit de loyauté 83
2. Le dessin de famille chez l’enfant victime 84
CHAPITRE 5
Le dessin de l’arbre
I L’arbre : objet symbolique de la construction
psychique 87
1. L’étymologie de l’arbre 87
2. L’importance de l’arbre dans les sociétés 89
3. La projection de soi dans le dessin de l’arbre 91
II Le test de l’arbre selon la méthode de Stora 93
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.
1. La technique de passation 94
2. La technique d’interprétation 96
III Le dessin de l’arbre dans l’approche
psychopathologique 99
1. Les déficiences intellectuelles et le dessin de l’arbre 99
2. L’arbre chez l’enfant psychotique 100
3. Les troubles névrotiques chez l’enfant
et le dessin de l’arbre 102
4. Le dessin de l’arbre et les déséquilibres psychiques 104
6 LE DESSIN DANS L’EXAMEN PSYCHOLOGIQUE DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT
CHAPITRE 6
Autres techniques utilisant le dessin
I Avant-propos 107
II Les mandalas 107
III Le collage thérapeutique 109
IV Le travail créatiff 110
Conclusion 113
Bibliographie 117
Index des notions 123
INTRODUCTION
La trace dans l’évolution
de l’Homme
La trace constitue le seul message d’espoir d’un passage,
d’une existence de soi dans le monde et son histoire. Les
traces sont multiples, de l’empreinte sur le sol aux traits
laissés par la peinture ou l’écriture, elles témoignent tou-
jours d’une vie active et/ou d’un effort réflexif. Chaque
trace laissée par l’être humain est engageante en ce sens
qu’elle démontre la capacité de mise en mouvement, les pos-
sibilités gestuelles et d’élaboration de la part de son auteur.
À travers ses traces l’être humain fournit au regard d’autrui
une part de son identité personnelle, une part de qui il est et
de ce qu’il peut donner à voir. Autrement dit, la trace parti-
cipe à la mise en contact avec l’autre, son regard, et donc à
la relation et à la communication. Laisser une trace de soi,
c’est être en mesure d’entrer dans une logique langagière.
La trace prend sens au fur et à mesure que le sujet se déve-
loppe, elle prend sens en raison non seulement de son carac-
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.
tère durable, voire permanent, mais aussi par le retour qui
en est fait lorsqu’elle est repérée par autrui. Le jeune enfant
comprend, avec le maniement des feutres, du stylo ou de la
craie, que son entourage réagit aux traces qu’il laisse sur la
feuille de papier. D’abord traces, puis petit à petit, tracés,
l’enfant va prendre plaisir à recevoir l’attention de l’autre
par ses traits, ses œuvres, ses créations graphiques. Il va lui-
même, dans un mouvement de reproduction de l’attitude
adulte, retirer de la satisfaction à transposer de lui sur du
papier, alors le tracé devient également source d’autosatis-
faction de soi et de toute-puissance sur la matière par trans-
formation et par « domptage » du support qu’il peut plier,
percer, graver, imprégner. La trace peut aussi être comprise
8 LE DESSIN DANS L’EXAMEN PSYCHOLOGIQUE DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT
comme un souvenir sensoriel qui s’ancre dans le corps
enfantin (Anzieu, 2010).
Autant les motivations de l’enfant à laisser trace de lui-même
vont nous informer sur sa personnalité, autant la trace, en
tant qu’objet, devient indicatrice d’une réalité propre à
l’enfant. L’enfant va peu à peu utiliser ses capacités pictu-
rales pour répondre à un besoin de reconnaissance ; besoin
qui peut perdurer à l’adolescence comme à l’âge adulte et se
transformer en une réelle signature de soi pour exister. La
trace reste et montre ce qui n’est plus.
Alors, au-delà de la trace, puis du tracé, le trait devient
dessin. Il s’inscrit dans les activités de plaisir de l’enfant qu’il
prend très au sérieux dans la mesure où à chaque fois, c’est
de lui et de son monde de perceptions qu’il transmet.
Le dessin est entre autres défini comme une projection de
sa propre existence et de celle des autres, ou encore comme
le sentiment que l’enfant a de lui-même et des autres. Si l’on
trouve davantage d’expression par le dessin chez l’enfant,
c’est bien souvent en raison des compétences dont il dispose.
En effet, l’enfant traduit mieux ce qu’il ressent par l’image
que par l’écriture ou le chant ou d’autres techniques expres-
sives qu’il ne maîtrise pas encore. Au moment de l’adoles-
cence, associé à un déclin notable du dessin, le jeune trouve
d’autres moyens pour répondre à son besoin d’existence
par la trace en développant l’écriture poétique, l’expression
artistique ou encore l’accomplissement dans l’activité phy-
sique et sportive. Par le dessin, nous voyons une possibilité
d’accession à un monde intime de l’enfant et de l’adolescent
chargé d’affects et témoignant de sa personnalité.
Pour le clinicien, parler de la trace, écrite et/ou dessinée, c’est
l’appréhender aussi comme support de projection, de médiation
thérapeutique et de transfert, dans sa dimension tout à la fois
expressive, d’échange et symbolique.
C. Marcilhacy, Le Dessin et l’écriture dans l’acte clinique, 2011, p. 1.
Le dessin, qu’il soit libre, spontané ou orienté par une
consigne vers une thématique singulière, est un outil uti-
lisé chez de jeunes enfants vers 3 ans et quelle que soit la
INTRODUCTION 9
problématique investiguée (précocité intellectuelle, autisme
infantile, difficulté relationnelle, etc. ; Emmanuelli et
Suarez-Labat, 2010). Désormais, l’utilisation du dessin
dans l’examen psychologique de l’enfant et de l’adolescent
semble un outil essentiel à la compréhension fine du sujet.
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