Risques toxiques en
plasturgie
Dominique Dupas
Consultation de pathologie professionnelle et
environnementale
CHU Nantes
Appel aux bonnes volontés
RESEP Loire
REseau Sclérose En Plaques
Améliorer la prise en charge globale au plus près
de leur lieu de vie des patients atteints de SEP
Cherche médecin du travail conseiller
Contact : D. Dupas
[Link]@[Link]
Introduction
Plastique =
qui a la puissance de former
qui peut être façonné, modelé avec les doigts
L’argile est une matière plastique
Les matières plastiques sont aussi appelées
résines par analogie aux résines végétales
naturelles macromoléculaires.
Deux grandes familles
Résines thermoplastiques
Enchaînement unidimensionnel de molécules
simples (« spaghetti »)
Mise en œuvre par la chaleur
Ramollissement, fusion, déformation réversibles
Résines thermodurcissables
Réseau tridimensionnel
Mise en œuvre sans (ou avec) énergie apportée
Réticulation irréversible
Résines thermodurcissables
Polyesters insaturés (le polyester stratifié)
Epoxy
Polyuréthanes
Phénoplastes
Aminoplastes
…
Résines thermoplastiques
Polyéthylène, polypropylène ( = polyoléfines)
PVC
Polyacryliques et polyméthacryliques
Polytétrafluoroéthylène (PTFE)
Polystyréniques
Polyesters saturés (PETP, PBTP)
…
+ une 3ème famille…
Elastomères thermoplastiques
Intermédiaires entre caoutchouc et résine
thermoplastique
Propriétés élastomériques mais mise en œuvre
sans vulcanisation
4 familles
À base de polystyrène : SBS
À base de polyesters
À base de polypropylène
À base de polyuréthanes
Les étapes
1 - Fabrication des monomères puis des
résines de base = industrie chimique
2 - Fabrication des produits intermédiaires
= Polymères de base + adjuvants
Granulés de « compound » = Poudre de PVC +
phtalates + sel de Pb + colorant
= ex : Cousin Tessier à Tiffauges
Pâtes « plastisols » = poudre de PVC +
plastifiants + stabilisants
destinées à l’enduction (textiles)
Les étapes (suite)
3 - Fabrication des produits finis = mise en oeuvre
PVC : par exemple bottes en caoutchouc
Polyéthylène : par exemple sacs en plastique
Pas d’étape intermédiaire pour les résines époxy et
le polyester stratifié
Dans ces deux cas, la phase finale de la réticulation ou de
la polycondensation coïncide avec la mise en œuvre de la
résine : sous l’action du catalyseur et de la chaleur, la
résine (poudre ou liquide) se transforme chimiquement en
un objet fini infusible
Principes de la mise en oeuvre
Diffèrent selon la nature du polymère
Thermoplastiques
Macromolécules linéaires capables de devenir mobiles
après chauffage (fusion) d’où la possibilité de recyclage
Thermodurcissables
Réseau tridimensionnel rigide ou souple dont on ne peut
pas modifier la forme par la chaleur : il brûle mais ne
fond pas
Mise en œuvre des thermoplastiques
On fait fondre la matière par chauffage
On la met en forme dans un moule ou une
filière
On refroidit
L’objet peut subir une nouvelle mise en
œuvre ou un broyage pour être recyclé
Mise en œuvre des thermodurcissables :
exemple du polyester stratifié
La réaction chimique est gouvernée par le
catalyseur et l’amorceur
Le début de la réaction est déclenché par le
mélange des produits
La mise en forme est effectuée avant le
début de la réaction
L’objet est démoulé lorsque la réaction est
complète
L’objet ne peut pas être recyclé sauf…
Mise en œuvre
Matières thermoplastiques
Poudres et granulés : extrusion, extrusion-soufflage,
calandrage, moulage par injection
Pâtes (plastisol) : enduction, moulage
Produits semi-finis : thermoformage, soudage
Matières thermodurcissables
soit poudre = moulage par coulée, presse, injection
soit résine liquide avec catalyseur ou durcisseur
= stratification (résine appliquée au rouleau ou au pistolet sur
un moule en couches alternées avec les tissus de verre)
soit préimprégnés (époxy + fibres de carbone)
Mise en œuvre des thermoplastiques
Extrusion
Calandrage
Extrusion soufflage
Thermoformage
Moulage
Injection
cf Précis de matières plastiques
AFNOR - NATHAN
aimablement prêté par F. Leray (LICO)
Extrusion
(utilisée aussi pour la fabrication des
granulés et compounds)
processus continu
transport de la matière par une vis dans un
cylindre
tout en la malaxant et la chauffant
pour la pousser dans une filière qui lui donne la
section voulue
refroidissement
production de profilés en continu
Extrusion
La tête d’extrusion
C’est l’élément monté au bout du cylindre de
l’extrudeuse en aval de la vis
Son rôle est de laisser passer la matière plastifiée
par la filière qui lui donne la section voulue
La filière
C’est l’outil qui donne la forme au flux de la
matière plastifiée afin d’obtenir le profil demandé
Elle est amovible car doit être facilement nettoyée
ou changée
Mise en œuvre des thermoplastiques
Extrusion
Calandrage
Extrusion soufflage
Thermoformage
Moulage
Injection
Calandrage
Technique de fabrication de feuilles, plaques
ou films par laminage d’une matière
thermoplastique entre plusieurs cylindres
parallèles chauffés constituant la machine
appelée calandre
(analogie avec les calandres en blanchisserie)
Mise en œuvre des thermoplastiques
Extrusion
Calandrage
Extrusion soufflage
Thermoformage
Moulage
Injection
Extrusion soufflage
But
fabriquer un corps creux sans utiliser de noyaux
pour faire la forme intérieure
Principe
une machine fabrique un tube chaud appelé
paraison ; cette paraison chaude est placée dans
un moule et on injecte de l’air comprimé dans la
paraison.
l’air fait gonfler la paraison et la plaque sur les
parois du moule.
Mise en œuvre des thermoplastiques
Extrusion
Calandrage
Extrusion soufflage
Thermoformage
Moulage
Injection
Thermoformage (1)
Principe
S’applique aux matériaux semi-ouvrés tels que
plaques et feuilles rigides pour les transformer en
objets à trois dimensions
Permet de donner à une plaque plane la forme de
surfaces non développables
Thermoformage (2)
Technique
fixation de la plaque ou de la feuille sur un cadre
chauffage
formage
emboutissage (poinçon)
aspiration d’air qui plaque la feuille contre l’empreinte
maintien de la déformation jusqu’au
refroidissement
refroidissement
démoulage
Mise en œuvre des thermoplastiques
Extrusion
Calandrage
Extrusion soufflage
Thermoformage
Moulage
Injection
Moulage par rotation
Utilisé pour fabriquer des corps creux
La matière est introduite dans le moule sous
forme de poudre très fine
Le moule est fermé puis chauffé
Pendant que la matière devient fluide, le
moule tourne pour que la matière couvre les
parois
Le moule est refroidi
Mise en œuvre des thermoplastiques
Extrusion
Calandrage
Extrusion soufflage
Thermoformage
Moulage
Injection
Injection
L’organe central de la machine est le moule
contenant l’empreinte en creux de la pièce à
réaliser
La machine permet de remplir la forme avec
la matière sous forme plastique ou fondue
Compression
La matière est introduite dans le moule ouvert ; le moule
se referme et comprime la matière chauffée
Injection
La matière fondue est poussée sous pression dans
l’empreinte
Risques toxiques
Très différents selon les cas
Fabrication de compounds de PVC
risques poussières : plomb, phtalates
Mise en œuvre finale
risques de surchauffe avec décomposition
thermique : émission de vapeurs toxiques
Stratification
émission de styrène
Risques dans la mise en œuvre du PVC :
Plomb (1)
plusieurs cas récents d’imprégnation à partir
de stéarate de plomb
absorption digestive des poussières lors de la
pesée, du mélange, du nettoyage
plombémie liée au comportement
cas dépistés par plombémie systématique
demandée par le médecin du travail
Risques dans la mise en œuvre du
PVC : Plomb (2)
Prise en charge
Épreuve de plomburie provoquée ambulatoire
Traitement chélateur à discuter selon
Importance de l’imprégnation
Possibilité d’exclusion définitive du risque
Intérêt du traitement par voie orale mais
Très cher
Délivrance hospitalière exclusive
Risques dans la mise en œuvre du PVC
: Plomb (3)
Prévention
Substitution par sels de calcium et de zinc
techniquement possible
mais difficultés d’application (cahiers des charges)
EPI
Biométrologie indispensable de principe
Risques dans la mise en œuvre du PVC
: phtalates (1)
Esters dérivés de l’acide phtalique et
d’alcools divers
Utilisés aussi dans les résines époxy
Toxicité : mise au point récente (2004)
EMC 16050 A 10
A.-M. Saillenfait, A. Laudet-Hesbert
INRS ED 5010
B. Hervé-Bazin, A. Laudet-Hesbert
Phtalates : les principaux
Sigle nom N° CAS classement
DEHP Diethylhexyl- 117-81-7 Repro 2
phtalate R60-61
ou DOP Dioctylphtalate
DBP Dibutylphtalate 84-74-2 Repro 2 R61
Repro 3 R62
BBP Butylbenzyl- 85-68-7 Repro 2 R61
phtalate Repro 3 R62
CIRC 3
DiDP Diisodecyle- 26761-40-0 Non classé
phtalate
Phtalates (suite)
Sigle nom N° CAS classement
DiNP Diisononyl- 28553-12-0 Non classé
phtalate
DMP Diméthyl- 1316-11-3
phtalate
DEP Diethylphtalate 84-66-2
DMEP Dimethoxyethyl 117-82-8 Repro 2 R61
phtalate Repro 3 R62
Phtalates (suite)
Sigle nom N° CAS classement
DnPP Di-n- 131-18-0 Repro 2 R60-61
pentylephtalate
DiPP Diisopentyl- 84777-06-0 Repro 2 R60-61
phtalate
DiAP Diisoamyl- 605-50-5 Repro 2 R60-61
phtalate
Risques d’exposition
Lors de la production des compounds
granulés
Mélange PVC poudre + phtalate liquide
( ± autres adjuvants)
Extrusion à 70°
Obtention d’un granulé prêt à être transformé
Exposition aux poussières contenant des
phtalates lors du nettoyage des mélangeurs
(Lors de traitements médicaux)
Métabolisme
Absorbés par voie digestive
Métabolisés par hydrolyse en monoesters
Différences métaboliques entre espèces
monoesters du DEHP éliminés à 80% sous forme
glucuro-conjuguée chez les primates
poursuite de l’oxydation chez le rat
D’où la difficulté de l’extrapolation à l’homme
des résultats de l’expérimentation animale
Toxicité aiguë
Non volatils +++
Toxicité aiguë très faible
Ne sont ni irritants, ni allergisants
Urticaire non immunologique avec le DEHP
Dégradation thermique à partir de 200°
Toxicité à terme : exemple du DEHP
Organe cible : le foie
Risque cancérogène
Chez le rongeur
Prolifération peroxysomale hépatique
Susceptible d’induire une tumeur
(Peroxysomes = vésicules riches en enzymes oxydatives
400 / cellule)
Rien chez les primates (marmouset, homme)
Déclassé du groupe 2B au groupe 3 CIRC en 2000
Toxicité à terme
Toxicité pour la reproduction
Chez le rat mâle
Baisse de la fertilité
Déficience en androgènes
Cryptorchidie
Hypospadias
Activité oestrogénique?
Chez l’homme ??
Effets chez l’enfant?
Jouets à la bouche
Relargage à partir du PVC
Soins intensifs
Effets chez le fœtus?
Toxicité
Phtalates : perturbateurs endocriniens?
En 1999, une directive européenne a interdit
provisoirement dans les jouets et articles de
puériculture en PVC souple susceptibles
d’être portés à la bouche par enfants < 3 ans
les molécules suivantes
DEHP, DBP, BBP, DNOP, DINP, DIDP
Décision prolongée en 2004
Risques dans la mise en œuvre du PVC :
phtalates
(Phthalates in english)
Certains sont classés reprotoxiques 2 et/ou 3
voir DEHP (ou DOP), DBP, BBP, DMEP
Concentrations atmosphériques maximum
lors du nettoyage mais très faibles
Biométrologie :
dosage des monoesters
pertinence?
Risques dans la mise en œuvre du
PVC : autres risques
Retardateurs d’incendie
trioxyde d’antimoine
Dérivés bromés
Colorants
Inorganiques : Ti, Fe, Cr, Mo, Cd
Organiques
Résines époxydiques
Chimie (1)
Obtenues par condensation
Thermodurcissables
Époxy
DGEBA
Non DGEBA
Chimie (2)
Époxy DGEBA
Le monomère est le DGEBA
DiGlycidylic Ether de Bisphénol A
Poids moléculaire = 340
Le plus souvent n<12
Chimie (3)
Époxy non DGEBA
Époxy cycloaliphatiques
Époxy novolaques
Époxy hydantoïnes
Époxy bromées
Époxy acrylates
Époxy vinyl ester
Les durcisseurs d’époxy
Curing agents en anglais
Le plus souvent aminés
Amines aliphatiques
Amines aromatiques
Mais aussi anhydrides
TGIC
Durcisseurs aminés
aliphatiques
éthylène diamine
diéthylènetriamine
triéthylènetétramine
cycliques
MDA méthylène dianiline
encore appelée DDM diaminodiphénylméthane
Isophorone diamine
Effets toxiques aigus des résines
époxy
Irritation cutanée
Résines
Durcisseurs surtout
Eczéma de contact
Les plus sensibilisantes des résines
Atteinte du visage (paupières++)
Durcisseur rarement en cause
Patch test souvent négatif si non DGEBA
Autres effets
Pas d’asthme
Pas de cancer
Résines polyuréthanes
Polyuréthanes
Polyisocyanate + polyol + agent d’expansion
Exemple : SAITEC à Challans
Fabrication de :
Mousses « florales » surtout funéraires
Panneaux d’isolation pour camions frigorifiques
…
Polyuréthanes
Asthme aux isocyanates
Pas de dermatite
Risques liés à la mise en œuvre
des polyesters stratifiés
Dominique Dupas
Christine Lambert
Cécile Grossin
Jean-Paul Lacherez
POLYMERES
POLYMERISATIONS
3 TYPES
POLYMERISATION VRAIE POLYADDITION POLYCONDENSATION
n-(CH2-CH2)- Molécule initiatrice + MONOMERES Combinaison de MONOMERES
POLYETHYLENE POLYURETHANE +élimination H2O ou HCl
POLYESTER
POLYESTERS RETICULES
CH2 CH
Styrène
monomère Peroxyde
(catalyseur)
+ POLYESTER RETICULE
Polyester insaturé
(Diacide + polyol) Octoate de cobalt
(accélérateur)
Mise en œuvre des résines polyester
RESINE : polyester insaturé
En solution dans du STYRENE
CATALYSEURS :
Peroxydes - de méthyléthylcétone
- de benzoyle
ajoutés à la résine(0,5 à 3%)
ACCELERATEURS :
Naphténate ou octoate de cobalt : initient la
décomposition des peroxydes
Adjuvants
CHARGES : talc, silice (amorphe), craie
RENFORTS : fibres (carbone, verre)
PIGMENTS : Sels de Cr, Cd, Mn
SOLVANTS : acétone (Viscosité Gel coat)
STABILISANTS : hydroquinone
AGENTS ANTI-UV : benzotriazoles
PROCÉDÉS de FABRICATION
OUVERTS - moulage par contact
- enroulement filamentaire
- laminage
FERMÉS à hautes température et pression
moins de dégagement
de styrène (« infusion »)
ETAPES DE FABRICATION
GEL-COATAGE :
= pulvérisation résine sur un moule
STRATIFICATION :
= application fibres et résine en couches successives
(imprégnation) suivie d’un ébullage
SÉCHAGE
FINITION
Perçage
Sciage
fraisage
RISQUES TOXIQUES
du catalyseur
des accélérateurs
des charges
des pigments
des solvants
du styrène
TOXICITE des CATALYSEURS
PEROXYDE DE METHYLETHYLCETONE
incendies et explosions
projections oculaires
irritation respiratoire
EPI obligatoires
TOXICITE des AUTRES COMPOSANTS
NAPHTENATE/OCTOATE DE COBALT
action sensibilisante possible mais très rare
CHARGES
irritation respiratoire
irritation cutanée
PIGMENTS
danger du chromate de plomb
LE STYRENE
C6H5-CH=CH2 CH=CH2
N° CAS : 100-42-5
Synonymes : VINYLBENZENE
PHENYLETHYLENE
METABOLISME DU STYRENE
ABSORPTION
respiratoire
cutanée
METABOLISATION :
hépatique,
par les Monooxygénases à Cyt P450
METABOLISME HEPATIQUE
STYRENE
Monoox à FOIE
CP450
STYRENE 7-8 OXYDE
mEH DETOXIFICATION
STYRENE GLYCOL Conjugaison AU
GLUTATHION
Acide MANDELIQUE
AcidePHENYLGLYOXYLIQUE ACIDES
Acide Benzoïque -Acide MERCAPTURIQUES
Hippurique
METABOLISME
O
CH=CH2 CH CH2
CHOH-CH2 OH
Styrène glycol
Styrène 7-8
Styrène
oxyde
CHOH-COOH
Acide mandélique
CO-NH-CH2-COOH
CHOH-COOH COOH
Acide phénylglyoxylique Acide benzoïque Acide hippurique
Elimination du styrène
90% sous forme de métabolites urinaires
3% par voie respiratoire
Très faible quantité sous forme inchangée
(Urines et sueur)
STYRENE : Toxicité aiguë
SNC : de l’asthénie aux troubles de l’équilibre
puis au coma
MUQUEUSES :
irritation respiratoire
et oculaire++
STYRENE : Toxicité à terme
Peau et poumon : irritant mineur
Oeil
Foie
Système nerveux
SIOC
Sang
Cancer
Reproduction
Styrène et dyschromatopsie
TRIEBIG, J Occ Env Med 2001
22 stratifieurs dans une fabrique de bateaux
11 témoins
Test de Lanthony D 15 désaturé le lundi matin
et le jeudi après-midi
avant et après 4 semaines de vacances
10 mois plus tard après réduction de l’exposition
Colour Confusion Index augmenté le jeudi chez
les fortement exposés (>600mg/g créat.)
Styrène et dyschromatopsie
Lomax et al 2004
Revue de la littérature
Effets « subtle » sur discrimination des
nuances
Pas d’effet attendu pour 8h à 20 ppm
Pas de données valides pour considérer la
discrimination colorée comme un test de
neurotoxicité des solvants
STYRENE et FOIE
BRODKIN, Occ Env Med 2001
2 études parallèles
47 ouvriers du polyester stratifié
21 fabriquant des bateaux et réservoirs exposés à la VME
ou au-dessous
groupe témoin
> 25 ppm
Mesure de l’exposition
Styrène atmosphérique : 2 classes
< 25 ppm
> 0.275 mg/l
Styrène sanguin : 2 classes
< 0.275 mg/l
STYRENE et FOIE (suite)
Marqueurs hépatiques :
Transaminases (ALAT , ASAT)
γGT
Phosphatases alcalines
Bilirubine conjuguée
STYRENE et FOIE
BRODKIN, Occ Env Med 2001
Etude 1 Etude 2
Moyenne Témoin < 25 > 25 p Témoin < 25 > 25 p
ajustée n = 14 n = 30 n = 17 n = 26 n = 11 n = 10
ALAT 23.6 22.3 30.2 0.10 19.6 31.1 26.9 0.25
UI/ml
ASAT 22.9 20.0 22.0 0.49 20.4 30.4 30.3 0.004
Ph Alc 53.6 55.3 63.2 0.16 60.1 65.1 65.0 0.74
GGT 24.2 18.8 21.1 0.59 20.1 33.6 25.4 0/20
Bilirubine 0.05 0.11 0.12 < 0.05 0.08 0.13 0.19 < 0.01
mg/l
STYRENE et FOIE (suite)
Résultats contradictoires pour les groupes
pris séparément
D’où études « poolées »
Bilirubine conjuguée pour le groupe le
Phosphatases alcalines plus exposé
Pas d’anomalie significative des γGT et des
transaminases
Aucune modification des marqueurs
si expo < 20 ppm
Styrène et système nerveux
Symptômes subjectifs
Céphalées, sensation ébrieuse
Irritabilité, troubles de la concentration
Effets neurotoxiques objectifs
Détérioration des performances visuo-motrices
et de la mémoire
Ralentissement de la vitesse de conduction nerveuse
Styrène et système nerveux (2)
Rôle de l’enzyme qui métabolise le styrène-7-
8 époxyde en styrène glycol :
époxyde hydrolase microsomale (mEH)
polymorphisme génétique → l’activité de
l’enzyme varie de 1 à 5
Rôle d’autres facteurs :
Durée et intensité de l’exposition
Prise concomitante d’alcool
Styrène et système nerveux (3)
VIAENE, Occ Env Med 2001
Étude rétrospective de la réversibilité des
troubles dans un atelier de bateaux :
3 ans après fin de l’exposition à 155 mg.m3 (36ppm)
90 anciens exposés
27 encore faiblement exposés
groupe témoin (n = 64)
Questionnaire NSC 60 auto-administré
Personnalité, concentration,équilibre
Sommeil, humeur, fatigue…
Styrène et système nerveux (4)
VIAENE, Occ Env Med 2001
Test de performance neuro-comportementale
Coordination main-œil
Temps de réaction
Performance visuo-motrice
Mémorisation
Styrène et système nerveux (5)
VIAENE, Occ Env Med 2001
Résultats
Persistance de quelques symptômes et troubles
neuro-comportementaux trois ans après chez
30% des anciens exposés pendant 8 ans à
155mg.m3 de styrène (36 ppm)
Pas de rôle net de l’enzyme mEH
D’où la proposition d’abaissement de la VME
à 20 ppm
Styrène et SIOC (1)
Syndrome d’Intolérance aux Odeurs Chimiques
Multiple Chemical Sensitivity
Symptômes subjectifs touchant plusieurs
organes
nausées, douleurs abdominales
céphalées, pertes de mémoire, asthénie
dyspnée, oppression thoracique
signes cutanés, ORL, oculaires
Bilan normal
Styrène et SIOC (2)
Souvent traits de personnalité favorisants
Circonstances d’apparition
solvants de peintures, colles, imprimerie,
plasturgie (expo unique ou chronique)
divers (détergents, tabac, parfums…)
Extension aux odeurs domestiques
Handicap sévère pouvant conduire à
l’inaptitude
STYRENE et SANG
Pas d’effet hématologique scientifiquement
démontré aux expositions couramment
rencontrées dans l’industrie
Expérience des médecins de terrain
Styrène et génotoxicité
Nestmann (2005)
Expérimentalement
In vitro en renforçant la métabolisation en SO
SCE et CA
In vivo
styrène non clastogénique à 1500mg/m3/j
Chez l’homme?
Vraisemblablement pas d’effet si < 125mg/m3
STYRENE et CANCER
Plusieurs études épidémiologiques positives (organes
hématopoïétiques) mais comportaient toujours des biais
(coexposition au benzène, faible nombre d’individus)
classé 2B par le CIRC en 1994
« possibly carcinogenic to humans »
Métabolite : styrène 7-8 oxyde, classé 2A
« probably carcinogenic to humans »
Non classé par UE
STYRENE et REPRODUCTION (1)
Avortements spontanés :
les études effectuées n’ont pas montré d’effet certain
du styrène (résultats contradictoires)
Härkönen et al. 1982
Hemminki et al. 1984
Analyse des issues de grossesse :
études de mortinatalité, décès post natals,
malformations majeures et poids de naissance : pas de
différence significative entre les groupes.
Ahlborg et al. 1997
STYRENE et REPRODUCTION (2)
POIDS DE NAISSANCE :
pas de relation dose-réponse entre
exposition au styrène et poids de naissance :
Lemasters et coll.1989
SYSTEME REPRODUCTEUR/FERTILITE
pas de preuve significative d’une relation
entre baisse de la fécondité masculine et
exposition au styrène : Kolstad 2000
STYRENE et REPRODUCTION (3)
Cruzan 2005
Étude sur deux générations de rats 50, 150
et 500 ppm 6h/j pdt 70 j
Exposition par inhalation
Observation…
NOAEL > 500ppm pour les effets sur la
reproduction
STYRENE
EVALUATION EXPOSITION
METROLOGIE ATMOSPHERIQUE
badge test passif
pompe à aspiration continue : + précise
analyse par chromatographie phase gazeuse
VME = 50 ppm (215 mg/m3 )
TLV = 20 ppm
STYRENE
SURVEILLANCE BIOLOGIQUE
STYRENE SANGUIN : bon témoin de
l’intensité de l’exposition, moins bon témoin
de la durée
METABOLITES URINAIRES : intéressants
sur un groupe de travailleurs, car variations
individuelles
STYRENE
INDICES BIOLOGIQUES
D’EXPOSITION
POPULATION GENERALE STYRENE SANGUIN :<600ng/l
IBE STYRENE SANGUIN VEINEUX :
0.55mg/l en FP (0.22mg/l ARP)
ACIDE PHENYLGLYOXYLIQUE urinaire
240mg/g créat. en FP (100 ARP)
ACIDE MANDELIQUE urinaire : 800
mg/[Link]éat. en FP (300 ARP)
Somme AM+PG
Evaluation des taux d’exposition et
d’imprégnation au styrène dans un
atelier de stratification secteur nautique
Mémoire 2002 [Link]-Josso
Sur certains postes, taux d’imprégnation et
d’exposition au styrène > aux VME, malgré
systèmes de ventilation « aux normes »
EPI indispensables
Intérêt des résines à faible teneur en styrène et
des nouveaux procédés de fabrication (infusion)
Grossesse et stratification
Etude systématique des postes où sont
affectées des femmes en âge de procréer
Biométrologie régulière pour tous
Maintien d’une femme enceinte possible si
Taux < 1/10 VLB
Pas d’alternative
Consentement
Chaque cas est particulier
Risques liés à la décomposition
thermique
des matières plastiques
Lors de la mise en œuvre
Surchauffe accidentelle
Lors des incendies
Excellente synthèse
EMC 16-541-C-10 (1993) D. Lafon, R. Garnier
Dégradation thermique lors de la mise en
oeuvre
Polyéthylène, polypropylène
A partir de 200° émission de CO, CO2
Au-delà : aldéhydes et multiples autres molécules
Irritation oculaire et respiratoire, asthme
Plusieurs cas de nodules des cordes vocales chez des
ouvrières affectées au thermodécoupage et
thermosoudage de polyéthylène (AMP, 1996 n°7 p533)
Dégradation thermique lors de la
mise en oeuvre
PVC
À partir de 175-200° émission de CO2 et HCl
En cas de surchauffe au-delà de 500°, HCl+++
Irritation intense
Majorée par inhalation de microparticules de suie sur
lesquelles l’acide est adsorbé
Pas de libération de monomère
Dégradation thermique lors de la
mise en œuvre
PVC suite
Un peu d’anhydride phtalique
Lié à la décomposition des phtalates
Manifestations cliniques
Asthme des « emballeurs de viande » en 1970
Irritation et baisse des débits expiratoires après
surchauffe d’une extrudeuse (Froneberg 1982)
Altération chroniques des débits ventilatoires (Lee 1991)
Tableau 66, alinéa 22
Dégradation thermique lors de la
mise en œuvre
PTFE Polytétrafluoroéthylène (Teflon®)
En deçà de 500°
aérosol microparticulaire mal défini
responsable de la fièvre des polymères (décrite en 1950)
attention aux cigarettes dans la poche!
Au-delà de 500°
dérivés fluorés gazeux
responsables d’OAP
Dégradation thermique lors de la
mise en œuvre
Polyméthacrylate de méthyle
Dès 180° libération massive de monomère
Asthme : tableau n°82
Cas de l’anesthésiste bricoleur (Burgess 1982)
Urticaire (Osnos 1992)
Dégradation thermique lors de la
mise en œuvre
Polyuréthanes
Le plus souvent mise en œuvre à froid
pas de souci
À partir de 150° libération de monomère, acides,
aldéhydes
usinage ou thermodécoupage de résine
risque d’asthme
Au-delà de 500° (incendie)
libération d’HCN
rôle des retardateurs de combustion
Décomposition thermique
Surchauffe PVC
HCl
risque de syndrome de Brooks
phtalates
Surchauffe d’autres thermoplastiques
Aldéhydes
Risque de bronchospasme