ITEM 85 : EPISTAXIS
Epistaxis = écoulement sanglant provenant des cavités nasales : très fréquent, généralement bénin
Muqueuse des fosses nasales = muqueuse pituitaire : fine, au contact direct du squelette, richement vascularisée
Vascularisation artérielle : dépend de la carotide externe et de la carotide interne, avec de nombreuses anastomoses
- Artère sphéno-palatine (= artère principale des fosses nasales) : branche terminale de l’a. maxillaire interne (issue de
la carotide externe) 2 branches : - Artère des cornets (externe) artère du cornet moyen et du cornet inférieur
- Artère de la cloison (interne) artère du cornet supérieur et artères septales
Anatomie
- Artère de la sous-cloison : branche de l’artère faciale (issue de la carotide externe), vascularise la partie antéro-
inférieure de la cloison, s’anastomose avec l’artère de la cloison et les rameaux de l’artère ethmoïdale antérieure
- Artères ethmoïdales = branches de l’artère ophtalmique (issu de la carotide interne) : issue de l’orbite, passe dans les
trous ethmoïdaux, traverse la lame criblée et atteint la partie haute des fosses nasales a. ethmoïdale postérieure
(région olfactive de la muqueuse) et a. ethmoïdale antérieure (portion pré-turbinale de la paroi externe et sinus frontal)
- Tache vasculaire de Kiesselbach = zone d’anastomose des 3 systèmes artériels (ethmoïdale antérieure, sphéno-
palatine et faciale) : située à la partie antérieure du septum nasal principale zone d’épistaxis essentiel
= Ecoulement peu abondant, goutte à goutte par la narine, au début presque toujours unilatéral
Epistaxis
- Rhinoscopie antérieure facile après mouchage: siège du saignement généralement à la tache vasculaire
bénigne - Sans retentissement sur l’état général
- Abondance : évaluée par le caractère bilatérale ou antéropostérieur de l’épistaxis et le retentissement
général (fréquence cardiaque, pression artérielle, sueurs, pâleur)
Epistaxis
- Durée ou répétition d’épistaxis
grave - Pathologie pouvant être décompensée par la perte sanguine : coronaropathie, sténose carotidienne…
- Troubles de la coagulation : prise d’anticoagulant ou antiagrégant…
Diagnostic
- Contexte : âge, atcds (HTA, atcds hémorragiques, pathologies cardiovasculaires, maladies hématologiques,
insuffisance hépatique, maladie de Rendu-Osler), prise de médicament, durée/abondance de l’épisode
- Côté de début de l’épistaxis (rarement bilatéral d’emblée)
- Recherche d’un saignement postérieur par examen du pharynx à l’abaisse-langue
C
- Examen ORL = rhinoscopie et examen laryngé après évacuation des caillots par mouchage : abondance,
poursuite/arrêt de l’épistaxis, siège antérieur ou postérieur, origine localisée ou diffuse
- Possible larmes sanguinolentes (par communication via le canal lacrymo-nasal) : n’est pas un signe de gravité
- DD : hémoptysie (lors d’un effort de toux) ou hématémèse (par la bouche, lors d’un effort de vomissement)
Bio - Si épistaxis abondant : groupe Rh, RAI, NFS, hématocrite, bilan d’hémostase
= Corps étranger, perforation septale, post-opératoire (chirurgie rhino-sinusienne, intubation
nasale), accident (nasal, fracture des os du nez ou du 1/3 moyen de la face)
Traumatique
(fréquente) - Epistaxis et fracture de l’étage antérieur de la base du crâne : fracture fronto-
Cas
basale et rhinorrhée cérébrospinale (épistaxis qui « s’éclaircit »)
particulier
- Epistaxis et exophtalmie pulsatile : fistule carotido-caverneuse
Cause locale
Infectieuse - Rhino-sinusite aiguë (rarement)
= Principalement chez le garçon de 7 à 15 ans
Fibrome
- Epistaxis récidivant et obstruction unilatérale
naso-
Bénigne - Tumeur hypervascularisée arrondie biopsie contre-indiquée
Tumorale pharyngien - PEC : TDM injecté + IRM exérèse chirurgicale après embolisation
Etiologie
- Angiome de la cloison
Maligne - Cancer épidermoïde (fosses nasales, sinus), cancer du cavum, mélanome muqueux
HTA = Peut être la cause de l’épistaxis ou aggraver une autre cause
Perturbation de - Vascularite : purpura rhumatoïde, purpura immuno-allergique et infectieux
Maladie l’hémostase - Thrombopénie/thrombopathie : constitutionnelle (Willebrand…), iatrogène
Cause générale
hémor- primaire (aspirine, AINS, antiagrégant) ou acquise (insuffisance rénale, hémopathie)
ragique Perturbation - Congénitale : hémophilie
ndr
l’hémostase 2 - Acquis : anticoagulant, insuffisance hépatique, CIVD, fibrinolyse
- Maladie de Rendu-Osler : angiomatose hémorragique familiale, autosomique dominante, à
Maladie
expressivité variable télangiectasies
vasculaire - Rupture d’anévrisme carotidien infra-caverneux
Etiologie - Facteurs favorisants : - Grattage, exposition solaire, phénomène vasomoteur
Epistaxis - Facteur endocrinien : épistaxis pubertaire, prémenstruelle, de la grossesse
essentiel - Athérosclérose
Endoscopie des fosses nasales systématiquement recommandée à la recherche d’une autre cause
ère
- 1 mesures systématiques : mouchage énergique (élimine les caillots), tête surélevée et légèrement penchée
en avant, compression bidigitale simple de l’aile du nez pendant 10 minutes
- Localisation de l’hémorragie par endoscope rigide 0° ou 30° avec source de lumière froide : PEC différente si
épistaxis antérieur localisé à la tâche vasculaire ou localisation non déterminée (postérieure, diffuse…)
= Principalement épistaxis bénin du sujet jeune par ectasie vasculaire :
- Compression par un tampon hémostatique possible
Localisation
à la tache = Si épistaxis persistant et localisation antérieure bien déterminée :
vasculaire Cautérisation - Après AL par xylocaïne ± naphazolinée (effet vasoconstricteur)
(antérieure) de la tâche - Méthode chimique : nitrate d’argent en perle ou liquide, acide chromique
nd
vasculaire - Méthode électrique en 2 intention : à la pince bipolaire
Non bilatérale et simultanée : risque de perforation de la cloison nasale
ère
- Escalade thérapeutique : - Tamponnement antérieur en 1 intention
- Tamponnement antéro-postérieur si échec ou récidive
- Coagulation/embolisation de l’a. sphéno-palatine si échec/récidive
- Ligature de l’artère éthmoïdale antérieure si échec ou récidive
- Après tamponnement antérieur : PEC ambulatoire possible avec consultation ORL à 48h
Les tamponnements sont à éviter (hors extrême urgence) en cas de tumeur maligne ou de
fibrome naso-pharyngien : risque d’entraîner des lésions hémorragiques supplémentaires
= Maladie assis, après lavage des fosses nasales si besoin
- Anesthésie locale : xylocaïne 5% + naphazoline (sauf chez l’enfant < 6 ans)
HEMOSTASE LOCALE
- Introduction à la pince d’une mèche grasse de 2-5 cm de large, enfoncée
Tampon- jusqu’à la partie postérieure de la fosse nasale, puis tassée en accordéon
nement d’arrière en avant jusqu’à la narine, contention de l’extrémité antérieure par un
antérieur ruban adhésif sur l’orifice narinaire
bilatéral - Retirée après 24-48h (après correction des facteurs favorisant)
En cas de coagulopathie ou d’angiomatose diffuse (Rendu-Osler) : préférer
TTT
une mèche résorbable (Surgicel®) pour éviter la reprise du saignement à
Localisation l’ablation de la mèche (résorbé en 7 jours)
non - Ballonnet postérieur introduit dégonflé dans la cavité nasale, suivant le
déterminée
Tampon-
plancher nasal, puis gonflé au sérum physiologique à une pression suffisante
(postérieure, nement
pour arrêter le saignement
diffuse…) antéro-
- Ballonnet antérieur gonflé dans le vestibule narinaire pour isoler la fosse nasale
postérieur - Laissé en place pendant < 72h, dégonflé si possible toutes les 6-8 heures et
au ballonnet dégonflé progressivement après 24-48h
= Uniquement par un spécialiste ORL, douloureux (nécessite parfois une AG)
- Introduction par la narine d’une sonde molle, jusqu’au pharynx, où son
extrémité est repérée et tirée par la bouche à l’aide d’une pince, fixation à
Méchage
l’extrémité des 2 long fils reliés à un tampon de gaze serré, introduit par voie
antéro-
buccale, puis sonde retirée par le nez et blocage du tampon dans la choane (aidé
postérieur par un doigt qui le guide derrière le voile et dans le cavum)
- Tamponnement antérieur en maintenant une traction sur le tamponnement
postérieur, et fils des tampons noués devant l’orifice narinaire
Hémostase de l’artère - Coagulation par voie endo-nasale
sphéno-palatine - Embolisation en radiologie interventionnelle (à privilégier)
- Ligature chirurgicale par voie canthale
Hémostase de l’artère
Embolisation contre-indiquée : branche de la carotide interne =
ethmoïdale antérieure
risque d’OACR ou d’AVC
- PEC symptomatique : oxygénothérapie, réhydratation/remplissage/transfusion si besoin
- HTA (persistante après avoir tari l’hémorragie et calmé le patient, par anxiolytique si besoin) :
Mesures
traitement antihypertenseur rapide adapté
associées
- Antibioprophylaxie par Augmentin® en cas de tamponnement non résorbable laissé en place pendant
> 48h, poursuivi pendant 5 jours après déméchage