Quand Penser À Une Maladie Mitochondriale ?: A. Benyamine, S. Coze, F. Riccardi, A. Lachaud, P. Belenotti, J. Serratrice
Quand Penser À Une Maladie Mitochondriale ?: A. Benyamine, S. Coze, F. Riccardi, A. Lachaud, P. Belenotti, J. Serratrice
Les maladies mitochondriales constituent un groupe hétérogène de maladies génétiques liées à des
carences de production d’énergie. Elles présentent une grande hétérogénéité clinique et leur expression
phénotypique associe volontiers des dysfonctions multitissulaires dont certaines réalisent des syndromes
caractéristiques. La démarche diagnostique consiste à reconnaître le phénotype, apporter la preuve de
l’anomalie mitochondriale et identifier l’anomalie génétique. Classiquement étudiées chez l’enfant, les
formes de l’adulte sont de description plus récente. Les principaux signes cliniques chez l’adulte sont
les atteintes musculaires squelettiques, les myopathies oculaires, les cardiopathies mitochondriales, les
atteintes neurologiques, les atteintes endocriniennes, les atteintes multisystémiques dont le chef de file
est le syndrome de Kearns-Sayre. Pour la pratique clinique, il faut connaître les tableaux cliniques les
plus évocateurs. C’est dans ce but que sont présentées ici de façon schématique les associations cliniques
les plus évocatrices. La « dysfonction multitissulaire », élément le plus caractéristique, doit savoir être
recherchée.
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Introduction
Génétique des maladies mitochondriales 3
Hétérogénéité clinique 4
■ Principaux tableaux cliniques évocateurs 5
Les cytopathies mitochondriales constituent un groupe hétéro-
Ptôsis avec ophtalmoplégie chronique 5
gène de maladies génétiques. Ces maladies sont associées à des
Accès récidivants de migraines et de « pseudo-accidents
mutations de gènes nucléaires ou mitochondriaux et peuvent
vasculaires cérébraux » ou « pseudo-“strokes” » 5
suivre tous les modes de transmission. Elles sont liées à des
Épilepsie avec myoclonies 6
carences de production d’énergie et s’expriment principalement
Anémie sidéroblastique 6
sur les tissus énergie-dépendants : les muscles squelettiques ou
Diabète avec surdité bilatérale 6
cardiaque, le système nerveux, le rein et les glandes endocrines. Il
Troubles gastro-intestinaux avec neuropathie et ophtalmoplégie 6
convient donc d’y penser devant tout dysfonctionnement d’un
Insuffisance cardiaque d’origine mitochondriale 6
organe riche en énergie – et surtout de plusieurs. En effet, les
Intolérance à l’exercice 7
mitochondries sont présentes en extrême abondance (plusieurs
Neuropathie sensitive ataxiante avec rétinite pigmentaire
dizaines ou plusieurs millions dans chaque cellule) dans les tissus
chez un sujet jeune 7
les plus énergie-dépendants.
Atrophie optique brutale du sujet jeune 7
Syndrome rénal de Fanconi rénotubulaire ou Toni-Debré-Fanconi
chez l’enfant 8
■
Hypotonies sévères de la petite enfance 8
Mitochondries
Dysfonctions mitochondriales secondaires 8
Origine toxique 8 Organites subcellulaires ovalaires, elles comportent une double
Maladies neurodégénératives 9 membrane (externe et interne séparées par un espace intermem-
Anomalies liées à l’âge 9 branaire) entourant une matrice (Fig. 1). La matrice est le siège de
■ Moyens d’exploration 9 nombreuses fonctions : d’abord de réactions métaboliques comme
Examens d’orientation 9 celles conduisant à l’oxydation des acides gras (bêta oxydation),
Examens de certitude 9 ou des acides carboxyliques dérivant des sucres (cycle de Krebs).
Hiérarchie des examens complémentaires et leur réalisation 10 La voie finale commune est l’acétyl-coenzyme A (Fig. 2).
Mais la fonction primordiale est la génération d’énergie sous deux transporteurs d’électrons : l’ubiquinone (coenzyme Q10 ) et
forme d’adénosine triphosphate (ATP) par la membrane interne le cytochrome C.
grâce à la chaîne de transport d’électrons et au processus de La synthèse d’ATP implique des processus coordonnés (Fig. 3)
phosphorylation oxydative. Cette organisation est dite chaîne dans le transport des électrons : essentiellement les ions H+
respiratoire. libérés dans le cycle de Krebs par le NADH+ et le FADH+ (lors
de l’oxydation de l’acétyl-coenzyme A venu des voies méta-
boliques glucidique et lipidique). Les ions H+ sont transférés
Chaîne respiratoire des mitochondries par le complexe I au coenzyme Q (ou ubiquinone) puis par le
et anomalies complexe III au cytochrome C. Ils sont acheminés le long de la
chaîne au complexe IV qui cède l’oxygène moléculaire aux élec-
C’est dans la chaîne respiratoire placée dans la membrane trons ce qui entraîne la production d’eau (H2 O). En même temps
interne que sont assurées d’une part des réactions d’oxydation les protons sont transitoirement pompés à travers la membrane
aboutissant à une consommation d’oxygène et à la formation interne vers l’espace intermembranaire par les complexes I, III et
d’eau, et d’autre part les réactions de phosphorylation transfor- IV générant une force protomotrice.
mant l’adénosine diphosphate (ADP) intramitochondrial en ATP. Enfin, le complexe V assure le retour des ions H+ dans la matrice
La chaîne respiratoire est organisée en cinq complexes multien- ce qui permet la libération d’énergie utilisée pour la phospho-
zymatiques [1, 2] : rylation de l’ADP en ATP. C’est la phosphorylation oxydative.
• le complexe I (ou NADH-coenzyme CoQ réductase), formé Une protéine de transport spécifique de l’ATP, l’adénine nucléo-
d’environ 46 sous-unités ; tide translocase (ANT), préside à l’échange ADP-ATP contre son
• le complexe II (ou succinate-CoQ réductase), comprenant gradient de concentration. Le couplage entre oxydation et phos-
quatre sous-unités ; phorylation est lié au gradient d’ions H+ créé par la chaîne
• le complexe III (ou ubiquinone-cytochrome C réductase), formé respiratoire et utilisé par le complexe V.
de 11 sous-unités ; Les anomalies du fonctionnement de la chaîne respiratoire sont
• le complexe IV (ou cytochrome C oxydase [COX]), contenant à l’origine :
13 sous-unités ; • d’une part, d’une déperdition d’énergie par défaut de synthèse
• le complexe V (ou ATP-synthase), formé de 16 sous-unités. d’ATP, insuffisamment compensée par l’énergie venue de la gly-
Ce dernier assure la synthèse de l’ATP dans la matrice, à partir de colyse anaérobie ;
l’ADP et du phosphore inorganique. La chaîne respiratoire utilise • d’autre part, d’une insuffisance de détoxification cellulaire ame-
nant à la formation de radicaux libres toxiques pour les
membranes et l’acide désoxyribonucléique (ADN) mitochon-
Espace drial, et l’accumulation de substrats en amont du blocage
intermembranaire Matrice
métabolique à l’origine d’une acidose.
Membrane
interne Gènes mitochondriaux et nucléaires
Un grand nombre de gènes interviennent dans le fonctionne-
ment de la mitochondrie. Ils sont répartis en deux groupes :
Granule • les uns, les plus nombreux, sont des gènes nucléaires codant
ADN pour 1000 à 1500 protéines mitochondriales dont quelques cen-
mitochondrial taines sont directement impliquées dans le fonctionnement de
Ribosome
la chaîne respiratoire. Ces protéines sont synthétisées dans le
mitochondrial
Membrane externe cytoplasme puis importées dans les mitochondries ;
• les autres, peu nombreux mais essentiels, sont les gènes mito-
chondriaux codant pour 13 protéines impliquées dans quatre
Figure 1. Schéma de la morphologie mitochondriale. ADN : acide des cinq complexes de la chaîne respiratoire (à l’exception
désoxyribonucléique. du complexe II). En effet, les mitochondries contiennent leur
Glycolyse Transport
ADP ATP
d’électrons
NADH
NADH NADH FADH2
Cycle β
de Krebs oxydation
FADH NAD+
Pyruvate
Acétyl-CoA
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Quand penser à une maladie mitochondriale ? 5-0457
Complexe Membrane
C1 C4
5 interne
C2 C3
H+
H+
H+ Espace
H+
H+ intermembranaire
Tableau 2.
Cytopathies mitochondriales : principales anomalies biochimiques et génétiques.
Phénotype Déficit complexes chaîne Anomalie génétique Hérédité
respiratoire
Myoglobinurie d’effort Complexes I, IV Délétion ADNmt Autosomique récessive
Pléioplasmique
Myopathies mitochondriales Délétions multiples Sporadiques
tardives ADNmt
Myopathies à l’AZT Déplétions Acquise
ADN mt
MIMAC Complexes I, IV Mut3260, 3303 (ARNtleu ) Maternelle
Pléioplasmique
MERRF Variés surtout Complexes I, IV Mut 8344 ; 8356 (ARNtLys ) Maternelle
MELAS et MIDD Complexe I Mut 3243++, 3271, 3252 (ARNtleu ) Maternelle
ATPase 6 (NARP) 0 Mut 8993 Maternelle
MNGIE Délétion multiples ADNmt Autosomique dominant
Kearns-Sayre Complexes I, II, III, IV Délétions uniques ++ Sporadique +++, autosomique
Duplications uniques dominant ou récessif
Délétions pléioplasmiques
Wolfram Anomalies du génome nucléaire et Autosomique récessif
DIDMOAD mitochondrial
ADNmt : acide désoxyribonucléique mitochondrial ; AZT : zidovudine ou azidothymidine ; MIMAC : maternally-inherited adult onset myopathy and cardiomyopathy ; ARNt :
acide ribonucléique de transfert ; MERRF : myoclonic epilepsy with ragged red fibers ; MELAS : mitochondrial encephalopathy with lactic acidosis and stroke-like episodes ; MIDD :
maternally-inherited diabetes and deafness ; NARP : neuropathy, ataxia, and retinitis pigmentosa ; MNGIE : encéphalopathie myo-neuro-gastro-intestinale ; DIDMOAD : diabetes
insipidus, diabetes mellitus, optic atrophy, and deafness.
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et pouvant être rehaussées par l’injection de gadolinium. L’œdème Kearns-Sayre. L’anomalie génétique en cause est une délétion
cytotoxique peut se traduire par un hypersignal en séquence de l’ADNmt qui peut être de taille variable : le plus souvent
d’IRM de diffusion à la phase aiguë (coefficient apparent de diffu- sur 4977 paires de bases mais parfois plus étendue. L’origine
sion [ADC] diminué). La spectroscopie par résonance magnétique de l’anémie sidéroblastique est double, dépendant de l’anomalie
cérébrale met en évidence un pic de lactates à 1,3 ppm dans 60 mitochondriale et de l’apoptose. L’accumulation de fer dans les
à 65 % des cas. Les lésions peuvent ensuite disparaître en deux mitochondries des érythroblastes est la conséquence d’un défaut
à quatre semaines ou laisser une atrophie séquellaire. Des lésions enzymatique de la synthèse de l’hème. Cette synthèse débute dans
subaiguës peuvent être mises en évidence correspondant à une la mitochondrie, puis après une étape cytoplasmique retourne
nécrose laminaire avec des bandes corticales en hypersignal T1 dans la mitochondrie. L’autre processus est une apoptose qui par
sur l’IRM cérébrale. Parmi les lésions chroniques observées à l’IRM l’activation des caspases atteint les mitochondries avec efflux du
cérébrale, on peut retrouver une atrophie progressive des noyaux cytochrome C.
gris centraux surtout au niveau pariétal et occipital et des calcifi-
cations des putamens unilatérales ou asymétriques. Un tableau de
« pseudo-stroke » aigu associé à des lésions corticales sans occlu-
Diabète avec surdité bilatérale
sion vasculaire et franchissant les territoires vasculaires classiques Cette association, observée dans 0,5 à 1,5 % des diabètes,
doit faire évoquer le diagnostic MELAS [10–12] . est hautement évocatrice [14, 15] . Le diabète est de type varié,
L’évolution se fait vers la démence puis le décès en quelques intolérance au glucose, diabète insulino- ou non insulinodé-
années. L’autopsie montre des zones d’ischémie surtout corticales. pendant chez un adulte : la forme la plus fréquente semble
Au moins dix variations pathogéniques différentes ont été iden- un diabète non insulinodépendant qui après quelques années
tifiées dans l’ADNmt. Cependant, la majorité des patients sont d’hypoglycémiants oraux, nécessite l’administration d’insuline.
porteurs de la variation m.3243A>G du gène de l’ARN de transfert L’origine en serait une déficience des cellules bêta avec altéra-
de la leucine (MTTL1). tion de la phosphorylation mitochondriale. La surdité, bilatérale
et de type neurosensoriel, survient entre 30 et 40 ans. D’autres
Épilepsie avec myoclonies éléments s’associent fréquemment : une dystrophie de la macula,
une faiblesse douloureuse des muscles à la marche. Une cardio-
Le prototype des épilepsies myocloniques progressives de trans- myopathie peut être retrouvée [16–18] . En revanche, la rétinopathie
mission autosomique récessive, débutant entre 6 et 15 ans, est est rare dans ces formes et se manifeste plus par des dystrophies
marqué par l’importance des myoclonies, la lenteur d’évolution et (drusen réticulés) qu’une atrophie rétinienne. Cette association de
l’absence de signes neurologiques associés. L’épilepsie myoclonique symptômes, de transmission maternelle, est liée à la présence de la
d’origine mitochondriale en diffère par beaucoup de points. Cette variation pathogène m.3243A>G du gène de l’ARN de transfert de
pathologie est due à des anomalies de l’ADNmt, avec un mode la leucine (MTTL1). Cette variation est analogue à celle observée
d’hérédité maternelle complexe (cf. supra). Le début est souvent dans le syndrome MELAS. Des variations dans les gènes d’autres
tardif, lorsque le degré de phosphorylation oxydative augmente ARNt ont été décrites (MTTE et MTTK). Des RRF sont présentes sur
avec l’âge : avant 20 ans, il faudrait que le nombre de copies la biopsie musculaire. Le syndrome diabète mitochondrial/surdité
d’ADNmt présentant la variation pathogène atteigne le seuil de bilatérale est dit MIDD (maternally-inherited diabetes and deafness).
95 % pour que la maladie s’exprime cliniquement. Les myoclo- Plus complexe est le syndrome de Wolfram (ou DIDMOAD [dia-
nies, prévalentes, s’associent à des crises épileptiques généralisées betes insipidus, diabetes mellitus, optic atrophy, and deafness]) qui
avec pointes focales ou diffuses sur l’électroencéphalogramme, associe diabète, surdité et atrophie optique [19] . Il s’agit d’un syn-
et à une ataxie cérébelleuse. Divers signes neurologiques appa- drome de transmission autosomique récessive lié à des variations
raissent : tremblement, surdité, atrophie optique, neuropathie pathogènes dans les gènes WFS1 et WFS2. Des syndromes proches
périphérique avec spasticité, évolution démentielle. Une atrophie appelés syndrome de Wolfram-like, de transmission autosomique
cérébrale et cérébelleuse est visible sur le scanner ainsi que des dominante [17] ont été décrits.
calcifications. Une acidose lactique est habituelle. Des RRF sont
souvent présentes sur la biopsie musculaire avec de nombreuses
fibres COX négatives. La biochimie montre des déficits variés, des Troubles gastro-intestinaux avec neuropathie
complexes de la chaîne respiratoire portant surtout sur les com- et ophtalmoplégie
plexes I et IV. L’évolution est sévère. L’autopsie montre une perte
Des troubles gastro-intestinaux complexes aboutissant à une
neuronale et une gliose du cervelet (olive inférieure, pédoncule
cachexie caractérisent cette forme. Ils associent dysphagie,
cérébelleux supérieur, noyau dentelé) avec de nombreuses mito-
nausées et vomissements, gastroparésie, pseudo-obstruction intes-
chondries dans le cervelet. La lésion la plus caractéristique est une
tinale, diarrhée sévère, perte de poids chez un adulte et retard
dégénérescence des cordons postérieurs et des faisceaux spinocé-
de croissance chez l’enfant. Un ptôsis avec ophtalmoplégie ainsi
rébelleux, assez proche de celle de la maladie de Friedreich. La
qu’une neuropathie périphérique complètent ce syndrome. Une
variation pathogène la plus fréquente est la m.8344A>G dans le
acidose lactique est présente six fois sur dix. Des RRF et une perte
gène MTTK de l’ARN de transfert de la lysine.
d’activité en COX sont habituelles sur la biopsie musculaire.
Cette épilepsie myoclonique mitochondriale familiale, isolée
Cette association de symptômes est due à des variations patho-
par Fukuhara [13] , est décrite comme syndrome MERRF (myoclonic
gènes, de transmission autosomique récessive du gène nucléaire,
epilepsy with ragged red fibers).
qui code pour l’enzyme thymidine phosphorylase. Son altéra-
tion altère la synthèse de l’ADNmt (défaut de la réplication
Anémie sidéroblastique et de la réparation) et conduit à des délétions multiples, voire
une déplétion partielle en ADNmt. On parle d’encéphalopathie
Les syndromes myélodysplasiques sont caractérisés par un
myo-neuro-gastro-intestinale (MNGIE [mitochondrial neurogas-
défaut d’hématopoïèse. L’évolution est tantôt chronique sur des
trointestinal encephalopathy]) [20] .
années, tantôt aiguë avec évolution rapide vers une leucémie.
De rares cas très différents, de troubles intestinaux avec diar-
Parmi eux, les anémies réfractaires avec sidéroblastes annulaires
rhée chronique par atrophie villositaire de l’intestin grêle chez
sont dues à l’accumulation de fer dans les mitochondries périnu-
l’enfant, sont en relation avec une mutation directe de l’ADN
cléaires de la moelle osseuse du fait d’une synthèse défectueuse de
mitochondrial.
l’hème avec érythropoïèse inefficace.
Le syndrome de Pearson est une maladie congénitale rare
caractérisée par une anémie sidéroblastique sévère et réfractaire Insuffisance cardiaque d’origine
accompagnée par une neutropénie et une thrombocytopénie,
par une insuffisance pancréatique exocrine, et par une acidose
mitochondriale
lactique permanente chez un nouveau-né. La mort survient Comme le muscle squelettique, le muscle cardiaque est riche en
en général dans la première enfance du fait de la granulopé- mitochondries. Cela explique la survenue de troubles cardiaques
nie. Certains patients survivent et développent un syndrome de et surtout de cardiomyopathies hypertrophiques d’origine
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mitochondriale dans des conditions diverses. Les manifestations affections virales, sporadiques sans caractère familial, avec exa-
cardiaques primitives des maladies mitochondriales sont proba- mens biologiques normaux entre les épisodes. Seul le muscle est
blement sous-diagnostiquées et estimées à 40 % des patients dans anormal avec de nombreuses RRF intensément colorées par la
la série de Finsterer [16] . succinodéshydrogénase (SDH) mais peu par la COX. L’examen
biochimique confirme un déficit marqué de l’activité de la COX.
Atteintes cardiaques par altération de l’ADNmt L’analyse génétique peut mettre en évidence différentes varia-
tions pathogènes (grande délétion, mutations ponctuelles, etc.)
Des troubles de la conduction cardiaque s’intègrent dans des
dans différents gènes codant pour des protéines du complexe de
atteintes multitissulaires comme le syndrome de Kearns-Sayre
la COX.
ou l’atrophie optique de Leber. Plus spécifique est la cardiomyo-
pathie à début adulte d’hérédité maternelle. Dans cette forme,
une cardiomyopathie hypertrophique apparaît chez un adulte. Altérations des gènes codant pour le complexe I
L’insuffisance cardiaque s’associe à un déficit des muscles proxi- Ces patients ressentent des douleurs à l’exercice durant leur
maux. Des RRF sont présentes sur la biopsie musculaire. Le déficit vie mais sans modification clinique ni biologique à l’exception
porte sur les complexes I et IV. Cette cardiomyopathie est due à des d’une élévation de la lactacidémie au repos. Cependant, la biopsie
variations pathogènes du gène de l’ARN de transfert de la leucine musculaire montre des RRF intensément COX positives. La bio-
(MTTL1) : m.3271T>C. La sévérité des troubles cardiaques est pro- chimie montre un déficit isolé du complexe I. L’analyse génétique
portionnelle au degré de mutation. Cette cardiomyopathie est dite met en évidence des variations pathogènes des gènes codant pour
M I My Ca ou MIMAC (maternally-inherited adult onset myopathy les sous-unités du complexe I.
and cardiomyopathy).
Altérations des gènes codant pour le complexe III
Atteintes cardiaques par altération de l’ADN Elles s’observent chez des individus adultes de sexe féminin ou
nucléaire masculin. La maladie débute dans l’enfance par une intolérance à
Dans un second groupe d’atteintes cardiaques, les anomalies l’exercice avec parfois une faiblesse musculaire. Le plus souvent, il
génétiques sont d’origine nucléaire. n’y a pas d’histoire familiale. Une myoglobinurie est rare. La lacta-
Le syndrome de Barth associe chez le jeune garçon une cardio- cidémie est élevée. La biopsie musculaire montre des RRF positives
myopathie précoce, un retard de croissance et une neutropénie. pour la COX. La mutation porte sur le gène MTCYB qui code pour
Ce syndrome, lié à l’X, est dû à des variations pathogènes le cytochrome b, seule protéine du complexe III synthétisée à par-
dans le gène nucléaire TAZ situé en Xq28. Seuls les garçons tir de l’ADNmt. Les autres activités de la chaîne respiratoire sont
sont atteints et les mères sont conductrices. Ce gène code pour parfaitement conservées.
l’acétyl-coenzyme Taz1p, impliquée dans le métabolisme de la
cardiolipine. La cardiolipine, seul phospholipide exclusivement
mitochondrial, est un composant majeur des membranes mito-
Neuropathie sensitive ataxiante avec rétinite
chondriales [21] . La Taz1p défectueuse entraîne un remodelage de pigmentaire chez un sujet jeune
la cardiolipine qui compromet la structure mitochondriale ou la
structure de la chaîne respiratoire. Ce syndrome, rare, a également une sémiologie complexe
Une cardiomyopathie familiale d’hérédité autosomique associant retard de développement, déficit musculaire proximal
récessive sévère peut survenir chez le nourrisson parfois (toutefois sans anomalies sur la biopsie musculaire), une épilepsie
dès la naissance. L’hypertrophie ventriculaire est visible sur et une évolution démentielle. Le syndrome est dit syndrome de
l’échocardiographie. Parfois, une atrophie optique coexiste. La mutation de l’ATPase 6 ou encore NARP (neuropathy, ataxia, and
lactacidémie est élevée. Le décès survient en une ou quelques retinitis pigmentosa) et peut partager des caractéristiques IRM du
années. Un déficit isolé en complexe I est présent. Ce tableau MELAS et du syndrome de Leigh.
clinique peut être causé par des variations pathogènes du gène Ce syndrome est dû à la variation pathogène m.8993T>G du
nucléaire NDUFS2 situé en 1q23. Ce gène code pour une protéine gène MTAP6 qui code pour une sous-unité du complexe V de la
de la grande sous-unité protéique du complexe I qui a une grande chaîne respiratoire (ATP-synthase). Le mode d’hérédité est mito-
importance fonctionnelle au sein de la chaîne respiratoire. chondrial maternel et non nucléaire. D’autre part, du fait des
mécanismes de transmission de l’ADNmt, il existe un effet seuil,
et le degré de sévérité est variable : les signes cliniques appa-
Intolérance à l’exercice raissent chez un individu quand la proportion d’ADNmt porteur
de la variation dépasse 80 % ; la sémiologie complexe d’un syn-
Elle est définie par la survenue à l’effort d’une sémiologie drome de Leigh s’installe quand le taux de mutation devient très
d’intensité variable : myalgies, contractures musculaires, mais élevé, dépassant 90 %. L’IRM cérébrale est un élément détermi-
aussi épisodes récurrents de rhabdomyolyse avec myoglobinu- nant du diagnostic de ce syndrome. Elle met en évidence des
rie. Plus rarement, la sémiologie est fixe avec une faiblesse lésions en hyposignal T1 et hypersignal T2 spin-écho et Flair.
musculaire pouvant évoquer une myopathie. Récemment, des cas Une atteinte bilatérale et symétrique des noyaux gris centraux
d’intolérance à l’exercice, attribuée le plus souvent à un déficit du est souvent retrouvée. Les lésions sont préférentiellement locali-
métabolisme glycolytique ou lipidique, ont été rattachés à une ori- sées au niveau des noyaux gris centraux (par ordre de fréquence :
gine mitochondriale par dysfonction de la chaîne respiratoire. De putamens, noyau caudé et pallidum), du tronc cérébral, de la sub-
plus, l’intolérance à l’exercice est souvent intégrée dans un tableau stance grise périaqueducale, de la substance noire, des noyaux
complexe d’encéphalomyopathie et reste ainsi sous-estimée ou sous-thalamiques et du pont. La diffusion peut être positive en
méconnue. En fait, les différentes altérations génétiques se mani- phase aiguë. Il n’y a pas, classiquement, de rehaussement par le
festent par une intolérance à l’exercice isolée avec myalgies et gadolinium. Les lésions peuvent évoluer vers l’atrophie jusqu’à
myoglobinurie, liée à un déficit des complexes I, III ou IV (le plus une atrophie cérébrale diffuse. La spectroscopie par résonance
fréquent étant le déficit en complexe III). Les patients sont sou- magnétique cérébrale retrouve une augmentation de la choline,
vent difficiles à classer car les examens complémentaires (créatine une diminution du N-acétyl aspartate (NAA) et la présence de
phosphokinase [CPK] sérique, lactacidémie, électromyographie) lactate.
peuvent être normaux. La spectroscopie par résonance magné-
tique musculaire peut montrer une récupération faible de la
phosphocréatine par rapport aux témoins. Atrophie optique brutale du sujet jeune
Altérations des gènes codant pour la COX D’abord considérée comme étant l’apanage de l’homme jeune
(entre 18 et 35 ans) avec un mode d’hérédité lié à l’X, l’atrophie
(complexe IV) optique ou neuropathie optique héréditaire de Leber est actuel-
Elles sont responsables, chez des sujets jeunes, d’épisodes de lement reconnue comme liée à des altérations de l’ADNmt
crampes ou de myoglobinurie déclenchés par l’effort ou par des conduisant à un dysfonctionnement de la chaîne respiratoire
mitochondriale. L’hérédité est donc strictement maternelle et (apnée, polypnée à l’origine d’une fatigue intense), des troubles
peut toucher les individus des deux sexes. La pathologie survient digestifs avec retard de croissance, et des troubles neurologiques
plus tardivement chez la femme. (mouvements choréo-athétosiques, hémiparésie, paralysies ocu-
Le début, souvent aigu, se fait par une perte uni- puis bilatérale laires). L’évolution, par poussées, se termine en quelques années
de l’acuité visuelle par névrite optique rétrobulbaire et évolue vers par la mort. La lactacidémie est élevée. L’IRM cérébrale montre une
une atrophie optique avec cécité totale. L’électrorétinographie atteinte des noyaux gris centraux étendue au tronc cérébral et au
(ERG) est normale, mais le fond d’œil comporte une télangiec- cervelet. L’autopsie montre une nécrose bilatérale du putamen et
tasie avec pseudo-œdème. L’angiographie montre une réduction une spongiose du cervelet, du tronc cérébral et de la moelle épi-
du lit capillaire. Bien que la maladie soit spécifiquement oculaire, nière. Ces lésions, caractéristiques, sont causées par une altération
elle s’associe à une sémiologie neurologique complexe : syndrome de la chaîne respiratoire sur un cerveau en développement quel
extrapyramidal avec dystonie, dysarthrie, rigidité des membres que soit le déficit biochimique. Il existe là encore une grande hété-
inférieurs, nécrose striatale bilatérale sur le scanner, syndrome rogénéité génétique (OMIM#25600) [22] : il peut s’agir de variations
pseudobulbaire, neuropathie périphérique avec parfois troubles pathogènes de l’ADNmt (m.8993T>G ou 8993T>C, MTATP6) ou de
de la conduction cardiaque. L’IRM cérébrale peut montrer des l’ADN nucléaire (SURF1, complexe IV (COX) ou PDH1, complexe
hypersignaux aspécifiques de la substance blanche. En revanche, de la pyruvate déshydrogénase).
les muscles sont cliniquement intacts et ne comportent que très
rarement des RRF.
De nombreuses variations pathogènes de l’ADNmt ont été Atteinte hépatique du syndrome
observées dans cette pathologie. La variation la plus fréquente, de déplétion de l’ADNmt
observée dans la moitié des cas, est la m.11778A>G du gène Elle est caractérisée par une atteinte hépatique sévère dès la nais-
MTND4 qui code pour une protéine importante du complexe I. sance avec infiltration graisseuse du foie et cirrhose. Elle évolue
Parmi les autres variations pathogènes décrites, certaines sont res- vers la mort dans la première année avec acidose, parfois associée
ponsables de formes plus modérées avec récupération de la vision à des signes d’encéphalomyopathie. L’origine est une réduction,
(m.4216, MTND1), ou de formes plus sévères associant des signes quasi totale, du nombre de copies d’ADNmt. Il s’agit de variations
neuropsychiques (m.4160, MTND1). pathogéniques de gènes nucléaires (DGUOK, SCO1, TK2, etc.). La
Un autre tableau d’atrophie optique du sujet jeune, de transmis- transmission est le plus souvent autosomique récessive.
sion autosomique dominante est lié à des variations pathogènes
du gène OPA1 (dynamin-like protein) codant pour une guanosine
triphosphatase. Cette protéine régule de nombreux processus cel- Liste non exhaustive
lulaires dont la stabilité du réseau mitochondrial à l’intérieur de
Cette longue liste de tableaux cliniques évocateurs n’est pas
la cellule. La mitochondrie n’est pas un organite immobile et elle
exhaustive. D’autres éventualités exceptionnelles existent : une
peut se déplacer le long de filaments semblables à des microtu-
hyperpigmentation cutanée avec trichodystrophie chez l’enfant,
bules grâce à des dynamines. L’ensemble de ces éléments constitue
des troubles endocriniens (hypoparathyroïdie, déficit en hormone
un réseau qui peut se fragmenter.
de croissance, hyperaldostéronisme), des tumeurs (paragan-
gliomes, phéochromocytome).
Syndrome rénal de Fanconi rénotubulaire
ou Toni-Debré-Fanconi chez l’enfant
La manifestation rénale la plus fréquente est une tubulo-
Dysfonctions mitochondriales
pathie proximale, forme du syndrome de Toni-Debré-Fanconi, secondaires
souvent modérée avec hyperaminoacidurie mais parfois avec aci-
dose, hypophosphatémie, hypercalciurie, protéinurie. La biopsie Elles sortent du cadre des maladies mitochondriales propre-
rénale montre des altérations peu spécifiques du tubule (atrophie, ment dites. Ces altérations mitochondriales s’observent dans des
dilatation) et souvent des mitochondries géantes. Le syndrome circonstances variées principalement au cours de lésions toxiques,
reste pendant des années le seul signe d’une cytopathie mito- de maladie neurodégénérative et à divers âges de la vie.
chondriale. Tardivement, il se complique de diabète, d’atteintes
nerveuses ou musculaires.
La cause de ce syndrome est un défaut d’ATP essentiel à main-
tenir l’activité de la pompe sodium – potassium – ATPase. Cette
Origine toxique
pompe génère un gradient électrique dans l’épithélium tubulaire Plusieurs médicaments seraient à l’origine de dysfonction
proximal permettant de maintenir une basse concentration de mitochondriale par des mécanismes divers : hépatotoxicité
sodium intracellulaire. La diminution de la réabsorption tubulaire par altération de la bêta oxydation et création d’une micros-
peut abaisser la lactacidémie et augmenter l’excrétion urinaire des téatose (antiépileptiques, tétracycline, amiodarone, perhexiline,
acides organiques. La présence d’une concentration lactique nor- anti-inflammatoires non stéroïdiens), inhibition de la phospho-
male dans le plasma ne doit donc pas faire éliminer l’hypothèse rylation oxydative (amiodarone, perhexiline, tacrine).
d’une cytopathie mitochondriale. Dans ce cas, le dosage de Les traitements antirétroviraux sont parfois en cause :
l’activité enzymatique des complexes de la chaîne respiratoire l’anomalie la plus connue est le traitement antirétroviral par la
ou la présence de RRF à la biopsie permettent le diagnostic. Il zidovudine ou azidothymidine (AZT) qui induit parfois une myo-
existe une hétérogénéité génétique avec plusieurs gènes impliqués pathie mitochondriale réversible. L’AZT est en effet un analogue
(SLC34A1, EHHADH, etc.). de la thymidine qui est alors incorporé dans l’ADN en cours de
D’autres types d’atteintes rénales sont exceptionnellement synthèse et dont il interrompt l’élongation puisqu’il est incapable
signalées : glomérulosclérose segmentaire et focale, syndrome de former une liaison avec le nucléotide suivant. De surcroît, il
néphrotique incurable, néphropathie tubulo-interstitielle avec inhibe, en plus de l’ADN polymérase virale, l’ADN polymérase
polyurie et insuffisance rénale terminale. mitochondriale présente dans la matrice. Ce phénomène est à
l’origine d’une non-réplication de l’ADN mitochondrial [23] . Le
tableau clinique associe, chez des patients séropositifs pour le
Hypotonies sévères de la petite enfance virus de l’immunodéficience humaine (VIH) traités pendant plu-
Hypotonie fatale du nourrisson sieurs mois, des myalgies importantes, une faiblesse musculaire
avec encéphalopathie nécrosante : syndrome proximale, un taux élevé de créatine kinase sérique, un électro-
myogramme myogène. La biopsie musculaire met en évidence des
de Leigh RRF avec déficit en COX. Les RRF sont atrophiques, et s’associent
Ce syndrome mérite une place à part. Chez un nourrisson appa- à des signes inflammatoires. Les signes régressent après arrêt du
raît une hypotonie avec des troubles respiratoires intermittents traitement.
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Quand penser à une maladie mitochondriale ? 5-0457
Maladies neurodégénératives
Des anomalies mitochondriales de rôle pathologique indé-
terminé s’observent au cours d’affections diverses : paraplégies
spastiques récessives (au cours desquelles une ATPase à loca-
lisation mitochondriale peut être à l’origine du défaut d’une
sous-unité de la chaîne respiratoire), maladie de Friedreich (causée
par des variants pathogène du gène FXN qui code pour la frataxine
impliquée dans la régulation du fer mitochondrial), maladie de
Wilson (causée par des variants pathogène du gène ATP7B qui
code pour une protéine de transport du cuivre). Enfin des anoma-
lies mitochondriales diverses au cours des maladies de Parkinson,
de Huntington, de la sclérose latérale amyotrophique et de la
myosite à inclusions ont pu être observées.
sont pas toujours positifs. Ces examens sont pratiqués dans des
centres spécialisés dans les explorations neuromusculaires.
Les études de génétique moléculaire permettent de recher-
cher des variations pathogènes ciblées de l’ADNmt ou de
l’ADN nucléaire (Tableau 4). Avec l’évolution des techniques de
séquençage (performance, rapidité, diminution du coût), la stra-
tégie d’analyse va très certainement évoluer.
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Quand penser à une maladie mitochondriale ? 5-0457
La L-arginine a montré son efficacité en prévention des récidives [11] Pavlakis SG, Phillips PC, DiMauro S, De Vivo DC, Rowland LP.
des pseudo-strokes via son effet antioxydant et vasodilatateur. Mitochondrial myopathy, encephalopathy, lactic acidosis, and stroke-
L’identification de l’anomalie moléculaire en cause pour chaque like episodes: a distinctive clinical syndrome. Ann Neurol 1984;16:
patient, associée à la recherche et au développement de théra- 481–8.
pies ciblées, constitue le seul espoir de traitement curatif pour ces [12] Blakely EL, Yarham JW, Alston CL, Craig K, Poulton J, Brierley
patients. Plusieurs pistes thérapeutiques sont à l’étude, au stade C, et al. Pathogenic mitochondrial tRNA point mutations: nine novel
expérimental et visent notamment à diminuer l’impact d’une mutations affirm their importance as a cause of mitochondrial disease.
variation pathogène de l’ADNmt en induisant une diminution Hum Mutat 2013;34:1260–8.
du taux d’hétéroplasmie mitochondriale [25] . [13] Fukuhara N, Tokiguchi S, Shirakawa K, Tsubaki T. Myoclonus epi-
lepsy associated with ragged-red fibres (mitochondrial abnormalities):
disease entity or a syndrome? Light- and electron-microscopic stu-
Déclaration de liens d’intérêts : les auteurs déclarent ne pas avoir de liens dies of two cases and review of literature. J Neurol Sci 1980;47:
d’intérêts en relation avec cet article. 117–33.
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Service de néphrologie, Hôpital d’Aix-en-Provence, Aix-en-Provence, France.
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Service de médecine interne, Hôpital privé Clairval, Marseille, France.
J. Serratrice.
Service de médecine interne, Hôpital universitaire de Genève, Genève, Suisse.
Toute référence à cet article doit porter la mention : Benyamine A, Coze S, Riccardi F, Lachaud A, Belenotti P, Serratrice J. Quand penser à une maladie
mitochondriale ? EMC - Traité de Médecine Akos 2018;13(2):1-11 [Article 5-0457].