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Droit à la marque au Maroc : enjeux et règles

Ce document traite du droit à la marque au Maroc. Il définit ce qu'est une marque, ses différents types et les conditions pour son enregistrement et sa protection. L'enregistrement d'une marque confère un droit de propriété à son titulaire et interdit l'usage de la marque par des tiers sans autorisation.

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Droit à la marque au Maroc : enjeux et règles

Ce document traite du droit à la marque au Maroc. Il définit ce qu'est une marque, ses différents types et les conditions pour son enregistrement et sa protection. L'enregistrement d'une marque confère un droit de propriété à son titulaire et interdit l'usage de la marque par des tiers sans autorisation.

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Cours droit économique CPGE 2 ECT Protection de l’entreprise

Chapitre 2 : droit à la marque


Introduction :
Le Maroc reste confronté à une contrefaçon très présente sur le territoire, qu’il s’agisse d’une
contrefaçon importée (en majorité) ou fabriquée sur place. Ainsi, il est nécessaire de vérifier
l’existence de droits de propriété industrielle antérieurs sur le territoire et de procéder au
dépôt de titres nationaux ou d’étendre ses droits acquis via les voies internationales. Le Maroc
est aujourd’hui doté d’un arsenal juridique conforme aux standards internationaux les plus
exigeants qui permet de compter sur des titres nationaux de qualité et d’avoir de meilleures
armes pour lutter contre la contrefaçon.
Au Maroc, pour créer une entreprise, le préalable obligatoire est l’obtention du certificat
négatif : c’est un document qui atteste que la dénomination, sigle ou enseigne demandé n’est
pas déjà utilisé et peut être donc inscrit pour l’immatriculation au Registre du Commerce.
Cette dénomination ne confère cependant pas à son titulaire une protection de ses produits et
services commercialisés, d’où la nécessité de songer à les protéger en tant que marque afin
d’éviter toute confusion dans l’esprit du public. La marque doit être distinctive, licite et
disponible. L’OMPIC a le pouvoir de rejeter une marque qui ne serait pas licite ou distinctive
grâce à l’amendement de la loi; le critère de disponibilité reste un élément que le déposant
prendra le soin de vérifier. La procédure d’opposition est effective auprès de l’OMPIC.
Il convient alors de savoir ce que c’et une marque puis préciser ses effets après
l’enregistrement.
I. Définition :

1. La marque :
Art. 133 :
Au sens de la présente loi, la marque de fabrique, de commerce ou de service est un signe
susceptible de représentation graphique servant à distinguer les produits ou services d’une
personne physique ou morale.
Peuvent notamment constituer un tel signe :
a) les dénominations sous toutes les formes telles que : mots, assemblage de mots, noms
patronymiques et géographiques, pseudonymes, lettres, chiffres, sigles;
b) les signes figuratifs tels que : dessins, étiquettes, cachets, lisières, reliefs, hologrammes,
logos, images de synthèse; les formes, notamment celles du produit ou de son
conditionnement ou celles caractérisant un service; les dispositions, combinaisons de couleurs
ou nuances de couleurs.
Art. 134 :
Sont dépourvus de caractère distinctif :
a) les signes ou dénominations qui, dans le langage courant ou professionnel, sont
exclusivement la désignation nécessaire, générique ou usuelle du produit ou du
service;

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b) les signes ou dénominations pouvant servir à designer une caractéristique du produit


ou du service, et notamment l’espèce, la qualité, la quantité, la destination, la valeur, la
provenance géographique ou l’époque de la production du bien ou de la prestation de
service;
c) les signes constitués exclusivement par des formes imposées par la nature ou la
fonction du produit, ou conférant à ce dernier sa valeur substantielle.
NB : selon l’art. 135 ne peut être adoptée comme marque ou élément de marque un signe :
a) qui reproduit l’effigie de sa Majesté le Roi, ou celle d’un membre de la Famille
Royale, les armoiries, drapeaux, insignes ou emblèmes officiels du Royaume ou des
autres pays membres de l’Union de Paris, les sigles ou dénominations de
l’Organisation des Nations Unies et des organisations internationales adoptés par
celles-ci ou ceux qui ont déjà fait l’objet d’accords internationaux en vigueur destinés
à assurer leur protection, les décorations nationales ou étrangères, les monnaies
métalliques ou fiduciaires marocaines ou étrangères, ainsi que toute imitation au point
de vue héraldique.
Les signes visés ci-dessus peuvent toutefois être enregistrés par l’organisme chargé de la
propriété industrielle sous réserve de la production de l’autorisation des autorités
compétentes.
b) qui est contraire à l’ordre public ou aux bonnes mœurs, ou dont l’utilisation est
légalement interdite;
c) qui est de nature à tromper le public notamment sur la nature, la qualité ou la
provenance géographique du produit ou service.
Selon l’art.137, ne peut être adopté comme marque un signe portant atteinte à des droits
antérieurs, et notamment :
a) à une marque antérieure enregistrée ou notoirement connue au sens de l’article 6 bis
de la convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle;
b) à une dénomination ou raison sociale, s’il existe un risque de confusion dans l’esprit
du public;
c) à un nom commercial ou à une enseigne connu sur l’ensemble du territoire national,
s’il existe un risque de confusion dans l’esprit du public;
d) à une appellation d’origine protégée;
e) aux droits protégés par la loi relative à la protection des œuvres littéraires et
artistiques;
f) aux droits résultant d’un dessin ou modèle industriel protégé;
g) au droit de la personnalité d’un tiers, notamment a son nom patronymique, à son
pseudonyme ou à son image;
h) au nom, à l’image ou à la renommée d’une collectivité territoriale

2. Types de la marque:
On distingue plusieurs types de la marque :
 Marque de fabrique ;
 marque de commerce ou

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 marque de service.
 Marque nominale ;
 marque figurative ;
 marque sonore ;
 marque olfactive.

Art. 140 :
La propriété de la marque s’acquiert par l’enregistrement. La marque peut être acquise en
copropriété.
Art. 143 :
Seules les marques régulièrement déposées et enregistrées par l’organisme chargé de la
propriété industrielle bénéficient de la protection accordée par la présente loi à compter de
leur date de dépôt. L’enregistrement d’une marque donne lieu à l’établissement d’un titre de
propriété industrielle appelé “certificat d’enregistrement de marque de fabrique, de commerce
ou de service”.
Art. 144.
Toute personne souhaitant obtenir un certificat d’enregistrement d’une marque doit déposer
auprès de l’organisme chargé de la propriété industrielle un dossier de dépôt de marque de
fabrique, de commerce ou de service dans les conditions prévues par la présente section.
Le dépôt peut être fait par le déposant ou son mandataire. Le dossier de dépôt de marque doit
comporter à la date de son dépôt :

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a. une demande d’enregistrement de marque dont le contenu est fixé par voie
réglementaire, et mentionnant l’énumération claire et complète des produits ou
services pour lesquels l’enregistrement de la marque est demande
conformément à l’arrangement de Nice concernant la classification
internationale des produits et services aux fins de l’enregistrement des
marques;
b. quatre reproductions du modèle de la marque en noir et blanc;
c. quatre reproductions du modèle de la marque en couleurs en cas de
revendication de couleurs;
d. le film permettant la reproduction de la marque;
e. la justification des droits exigibles.
Le dossier de dépôt de la marque ne comportant pas les pièces prévues ci-dessus n’est pas
recevable au moment même du dépôt.
Art. 151 :
Toute personne intéressée peut obtenir sur demande écrite une copie officielle de la marque
sur production du modèle de la marque enregistrée.
II- des effets de l’enregistrement de la marque
1- Confère du droit de propriété :
Art.152 :
L’enregistrement d’une marque produit ses effets à compter de la date de dépôt pour une
période de dix ans indéfiniment renouvelable.
Le renouvellement de l’enregistrement doit être effectué dans les six mois précédant
l’expiration de sa durée de validité. Toutefois, un délai de grâce de six mois courant à
compter de l’expiration de la durée de validité est accords au déposant pour effectuer ledit
renouvellement. Le renouvellement court à compter de l’expiration de la durée de validité de
l’enregistrement. Si la demande de renouvellement porte seulement sur une partie des produits
ou des services couverts par l’enregistrement, l’enregistrement de la marque est renouvelé
uniquement pour les produits ou services en question. L’enregistrement d’une marque peut
être renouvelé s’il ne comporte ni modification du modèle de la marque ni extension à
d’autres produits ou services autres que ceux désignés dans la demande d’enregistrement
initial de la marque. Toute modification du signe ou extension de la liste des produits ou
services désignés doit faire l’objet d’un nouveau dépôt.
Art. 153 :
L’enregistrement de la marque confère à son titulaire un droit de propriété sur cette marque
pour les produits ou services qu’il a désigné.
Art. 154 :
Sont interdits, sauf autorisation du propriétaire :
a) la reproduction, l’usage ou l’apposition d’une marque, même avec l’adjonction de
mots tels que : “formule, façon, système, imitation, genre, méthode”, ainsi que l’usage

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d’une marque reproduite, pour des produits ou services identiques à ceux couverts par
l’enregistrement;
b) la suppression ou la modification d’une marque régulièrement apposée.
Art. 155 :
Sont interdits, sauf autorisation du propriétaire, s’il peut en résulter un risque de confusion
dans l’esprit du public :
a) la reproduction, l’usage ou l’apposition d’une marque, ainsi que l’usage d’une marque
reproduite pour des produits ou services similaires à ceux couverts par
l’enregistrement;
b) l’imitation d’une marque et l’usage d’une marque imitée, pour des produits ou services
identiques ou similaires à ceux couverts par l’enregistrement.

2- De la transmission et de la perte des droits :


Art. 156 :
Les droits attachés à une marque enregistrée sont transmissibles en totalité ou en partie. Ils
peuvent faire l’objet en totalité ou en partie d’une concession de licence d’exploitation
exclusive ou non exclusive, ainsi que d’une mise en gage. Les droits conférés par
l’enregistrement de la marque peuvent être invoqués à l’encontre d’un licencié qui enfreint
l’une des limites de sa licence imposée en vertu de l’alinéa précédent. Sous réserve des
dispositions de l’article 142 ci-dessus, une transmission des droits visée au premier alinéa du
présent article ne porte pas atteinte aux droits acquis par des tiers avant la date de
transmission. Les actes comportant une transmission ou une licence, visés aux deux premiers
alinéas ci-dessus, sont constatés par écrit, sous peine de nullité.
Art. 157 :
Tous les actes transmettant, modifiant ou affectant les droits attachés à une marque
enregistrée doivent, pour être opposables aux tiers, être inscrits sur un registre dit “registre
national des marques” tenu par l’organisme chargé de la propriété industrielle. Toutefois,
avant son inscription un acte est opposable aux tiers qui ont acquis des droits après la date de
cet acte mais qui avaient connaissance de celui-ci lors de l’acquisition de ces droits.
Les actes modifiant la propriété d’une marque enregistrée ou la jouissance des droits qui lui
sont attachés, tel que cession, licence, constitution ou cession d’un droit de gage ou
renonciation à ce dernier, saisie, validation et main levée de saisie, sont inscrits auprès de
l’organisme chargé de la propriété industrielle à la demande de l’une des parties à l’acte. Pour
l’inscription des mentions consécutives à une décision judiciaire devenue définitive, le
secrétariat greffe adresse dans un délai de quinze jours à compter de la date de ladite décision
à l’organisme chargé de la propriété industrielle, en expédition complète et gratuite, les
décisions relatives à l’existence, l’étendue et l’exercice des droits attachés à la protection
prévue par le présent titre.

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Des marques collectives et des marques collectives de certification :


Art. 166 :
La marque est dite collective lorsqu’elle peut être exploitée par toute personne respectant un
règlement d’usage établi par le titulaire de l’enregistrement. La marque collective de
certification est appliquée au produit ou service qui présente notamment, quant à sa nature,
ses propriétés ou ses qualités, des caractères précis dans son règlement.
Dispositions diverses :
Art. 168 :
Ne bénéficient pas de la protection prévue par le présent chapitre les marques collectives et
les marques collectives de certification dont le règlement d’usage est contraire aux bonnes
mœurs ou à l’ordre public.
Art. 171 :
Une marque collective de certification ne peut être déposée que par une personne morale qui
n’est ni fabricant, ni importateur, ni vendeur de produits ou de services.
Du nom commercial
Art. 177 :
On entend par nom commercial l’appellation distinctive ou le signe distinctif sous lequel est
exploitée une entreprise.
Art. 178 :
Ne peut constituer un nom commercial un nom ou une désignation qui, par sa nature ou par
l’usage qui peut en être fait, est contraire aux bonnes mœurs et à l’ordre public ou qui pourrait
tromper les milieux commerciaux ou le public sur la nature de l’entreprise désignée par ce
nom.
Art. 179 :
Le nom commercial, qu’il fasse ou non partie d’une marque, est protégé par les dispositions
de la loi n° 15-95 formant code de commerce contre tout usage ultérieur du nom commercial
par un tiers, que ce soit sous forme de nom commercial ou de marque de fabrique, de
commerce ou de service s’il y a risque de confusion pour le public.
Des indications de provenance et des appellations d’origine
Art. 180 :
On entend par indication de provenance l’expression ou le signe utilisé pour indiquer qu’un
produit ou service provient d’un pays ou d’un groupe de pays, d’une région ou d’un lieu
déterminé.
Art. 181 :
L’appellation d’origine est la dénomination géographique d’un pays, d’une région ou d’une
localité servant à designer un produit qui en est originaire et dont la qualité, la réputation ou

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autres caractéristiques déterminées sont dues exclusivement ou essentiellement au milieu


géographique, comprenant des facteurs naturels et des facteurs humains.
Art. 182 :
Est illicite :
a) l’utilisation directe ou indirecte d’une indication fausse ou fallacieuse concernant la
provenance d’un produit ou d’un service, ou l’identité du producteur, fabricant ou
commerçant;
b) l’utilisation directe ou indirecte d’une appellation d’origine fausse ou fallacieuse, ou
l’imitation d’une appellation d’origine, même si l’origine véritable du produit est indiquée ou
si l’appellation est employée en traduction ou accompagnée d’expressions telles que “genre”
“façon” “imitation”, ou similaires.
De la concurrence déloyale
Art. 184 :
Constitue un acte de concurrence déloyale, tout acte de concurrence contraire aux usages
honnêtes en matière industrielle ou commerciale. Sont notamment interdits :
1) tous faits quelconques de nature à créer une confusion par n’importe quel moyen avec
l’établissement, les produits ou l’activité industrielle ou commerciale d’un concurrent;
2) les allégations fausses dans l’exercice du commerce de nature à discréditer l’établissement,
les produits ou l’activité industrielle ou commerciale d’un concurrent;
3) les indications ou allégations dont l’usage dans l’exercice du commerce est susceptible
d’induire le public en erreur sur la nature, le mode de fabrication, les caractéristiques,
l’aptitude à l’emploi ou la quantité des marchandises.
Art. 185 :
Les faits de concurrence déloyale ne peuvent donner lieu qu’à une action civile en cessation
des actes qui la constituent et en dommages-intérêts.

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