INTRODUCTION
L’eau, ressource vitale pour l’homme, recouvre plus de 70% du globe. Cependant, l’eau potable est
loin d’être présente en abondance : en effet, l’eau douce ne représente que 2% de l’eau de notre
planète. Nous pouvons puiser cette eau indispensable à notre survie grâce à des forages, et celle-ci
nous provient de glaciers, de nappes souterraines ou encore de sources. Le reste provient des
eaux de surface que constituent les lacs et les rivières. Toutes ces sources d’eau douce sont
renouvelables car la pluie et la neige contribuent à les réapprovisionner de près de 200 milliards
de mètres carrées par an, mais il ne faut tout de même pas en abuser car certaines nappes
phréatiques, par exemple, s'assèchent à force d'être exploitées : l'eau douce constitue une denrée de
plus en plus rare et précieuse.
Pour obtenir de l'eau potable, l'eau douce puisée nécessite de subir certains traitements définis par des
normes de potabilité : ainsi, nous devons la débarrasser d’impuretés, de bactéries voire même de traces
de minéraux trop fortes afin qu'elle devienne potable et qu'elle puisse donc être bue sans risque par
l’homme.
En quoi consiste alors le système de traitement collectif des eaux dans les usines et compagnies d’eau
en ce qui concerne la production d'eau potable? Dans notre travail qui suivra nous montrerons les
méthodes de traitement de l’eau.
Situation d’apprentissage
Des élèves de quatrième d’un collège moderne aperçoivent un matin, un véhicule de la SODECI avec
des agents travaillant sur la pompe d’eau installée dans la cours d’eau à proximité de la ville. Ils
s’informent et apprennent que c’est cette eau qui est traitée pour être servie dans les robinets de la
ville. Pour mieux comprendre ce traitement de l’eau avec leurs camarades de classe ils entreprennent
de faire des recherches sur quelques agents de pollution de l’eau, quelques étapes de traitement
physico-chimique de l’eau et de réaliser la floculation, la décantation puis la filtration, sous la
supervision de leur professeur
I- DEFINITIONS
Une eau potable est une eau qui peut être consommée sans danger pour la santé. Cette eau potable
doit répondre à des critères de qualité qui sont fixés par la loi et définis selon des critères du code de la
santé publique, à savoir aux exigences des articles R1321.1 à R1321.5 (cf. annexe) et à celles des
arrêtés d’application correspondants.
L’eau brute, destinée à la consommation humaine, est prélevée dans un cours d’eau ou une nappe
d’eau souterraine. Elle est ensuite acheminée vers une usine de traitement de l'eau où elle subit divers
traitements physiques, chimiques, physico-chimiques et biologiques.
II- LES NORMES DE POTABILITE DE L’EAU
Les normes définissant une eau potable sont variables suivant la législation en vigueur et selon qu'il
s'agit d'une eau industrielle ou destinée à la consommation.
Il existe ainsi près de 63 critères pour une eau propre à la consommation : ces critères, décidés selon le
principe de précaution maximale qui permet de protéger les personnes dont la santé est la plus fragile,
portent sur plusieurs paramètres fixés avec l’aide de l’U.E.
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Voici les principaux paramètres définissant la qualité de l’eau potable :
• Tout d’abord, les paramètres organoleptiques sont liés à la couleur, à la saveur et à l’odeur de
l’eau. En résumé, afin d’obtenir une qualité organoleptique, l’eau doit être agréable à boire, claire,
fraîche et sans odeur. C’est d’ailleurs principalement pour ces aspects que le consommateur apprécie
la qualité d’une eau. Néanmoins, il faut tout de même noter que ce sont des paramètres de confort. En
effet, ces critères n'ont pas de valeur sanitaire directe. Une eau peut être trouble, colorée ou avoir une
odeur particulière et néanmoins être consommable.
• Les paramètres physico-chimiques correspondent aux caractéristiques de l'eau telles que le pH, la
température et la conductivité. Ils concernent donc tout ce qui est relatif à la structure naturelle de
l’eau et délimitent des concentrations maximales pour un certain nombre d’éléments, notamment des
ions comme les chlorures, le potassium et les sulfates.
• De plus, les paramètres microbiologiques permettent de vérifier que l’eau ne contient pas de
germes pathogènes (c’est-à-dire bactéries, virus, parasites…) qui provoqueraient des maladies chez les
consommateurs. C’est le critère le plus important concernant la potabilité de l’eau.
• Les paramètres concernant les substances indésirables concernent des substances dont la
règlementation tolère la présence en faible quantité. On peut citer par exemple la teneur maitrisée en
fluor, en nitrates, en nitrites, en sels minéraux…
• Enfin, il existe des paramètres concernant des substances toxiques telles que les pesticides, les
métaux lourds comme le plomb ou le chrome… Les teneurs tolérées sont extrêmement faibles car ce
sont des poisons mortels pour l’homme.
Pour chacun de ces paramètres, des seuils sont imposés.
Voici quelques exemples :
• le pH doit être supérieur à 6.5 et inférieur à 9.
• Le TH soit la dureté de l’eau, qui correspond à la mesure de la teneur d'une eau en ions calcium et
magnésium, doit être supérieur à 15 degrés français. Autrement dit, une eau ne doit pas posséder
moins de 60 mg/l de calcium ou 36 mg/l de magnésium, sinon elle sera jugée trop douce : pour ne pas
corroder les canalisations, elle devra faire l’objet de minéralisation et/ou de neutralisation pour
retrouver un équilibre calco-carbonique.
• La quantité de résidus secs, après déshydratation (dessiccation) à 180°c, doit être inférieure ou égale
à 1500mg/l.
• La teneur en sulfate doit être inférieure à 250 mg/l.
• la teneur en potassium doit être inférieure à 12 mg/l
• la teneur en fluor, qui doit être inférieure à 1.5 mg/l
• les micropolluants tels que l'arsenic, le cyanure, le chrome, le nickel, le sélénium ainsi que certains
hydrocarbures sont soumis à des normes très sévères à cause de leur toxicité. Leur teneur tolérée est de
l'ordre du millionième du gramme.
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L’eau potable contient donc des matières polluantes, mais les normes de potabilité permettent de
rendre leur concentration suffisamment faible pour qu’elle ne mette pas en danger la santé du
consommateur.
Cependant, la présence de certaines substances peut être jugée nécessaire comme les oligo-éléments
(soit cobalt, cuivre, fer, fluor, iode, manganèse, molybdène et zinc), car ceux-ci sont indispensables à
l’organisme.
Enfin, d’un point de vue pratique, elle ne doit pas corroder les canalisations afin d’arriver "propre" à
la sortie des robinets.
III- AGENTS DE POLLUTION DE L’EAU
1- Différentes sources de pollution des eaux
a- Pollution d’origine domestique et urbaine
Elle englobe les rejets liquides (eaux usées domestiques et urbaines), et les rejets solides des
décharges publiques, qui sont en majorité sauvages et non contrôlées. En effet, les décharges
contiennent des matières organiques biodégradables, qui en présence des eaux météoriques, subissent
un lessivage vers les eaux superficielles, où elles s’infiltrent vers les nappes phréatiques. Pour les eaux
usées qu’elles soient urbaines, domestiques ou des rejets industriels, elles sont directement évacuées
dans les oueds sans aucun traitement préalable.
b- Pollution d’origine agricole
La pollution liée à l’agriculture est causée par l’utilisation anarchique d’engrais, de pesticides et
d’herbicides ou de fongicides. Les méthodes modernes exigent parfois des labourages profonds et
violents, ce qui favorise l’infiltration directe des polluants (NO 3 , NO 2 , SO 4 , PO 4 et Cl) vers la
nappe phréatique.
c- Pollution d’origine industrielle
C’est la plus importante pollution, générée principalement par les industries minières au niveau des
différentes étapes du traitement des minerais métalliques. Ces derniers libèrent une grande variété de
substances métalliques, qui contribuent de façon cruciale à la mise en circulation des ETM et à leur
distribution dans les sols, les sédiments, les nappes d’eaux et les végétaux. En effet, des niveaux élevés
de composés d’azote et de cyanure (ammoniac, nitrate, nitrite) peuvent également être trouvés dans les
eaux des sites miniers, en provenance de la lixiviation en tas et des produits d’abattage par explosifs.
Le drainage des acides et des contaminants de lixiviation est la plus importante source d’impacts sur la
qualité de l’eau liés à l’extraction des minerais métalliques.
2- Les différents types de pollution
L’eau est une ressource indispensable aux activités humaines mais elle constitue également un lieu de
vie privilégié. A cause du cycle de l’eau, les écosystèmes aquatiques (les eaux continentales ou
océaniques) sont susceptibles d’être contaminés par des pollutions accidentelles ou chroniques. En
rejetant des effluents contaminés dans le milieu aquatique, les activités humaines industrielles,
agricoles ou urbaines polluant les eaux. On peut distinguer trois grandes familles de pollution, la
pollution physique, chimique et biologique (Tableau 1).
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Type de pollution Nature Source ou agent causal
Physique:
Rejets d’eau chaude Centrales thermiques
Pollution thermique
Pollution radioactive Radio-isotopes Installations nucléaires
Pollution mécanique Matières en suspension Eaux résiduaires
industrielles
Chimique:
Nitrates, phosphates Agriculture, lessives
Fertilisants
Métaux et métalloïdes Mercure, cadmium, plomb Industries, agriculture,
Aluminium, arsenic pluies acides, combustion
Pesticides Insecticides, herbicides, fongicides Agriculture, industries
Organochlorés PCB, solvants Industries
Composés organiques de Nombreuses molécules Industries
synthèse
Détersifs Agents tensio-actifs Effluents domestiques
Hydrocarbures Pétrole et dérivés Industrie pétrolière,
transports
Biologique:
Glucides, lipides, protéines
Matières fermentescibles Effluents domestiques,
agricoles, agro-alimentaire
Ammoniac, nitrates Elevages et piscicultures
Pollution microbiologique Bactéries, virus, champignons Effluents urbains et
d’élevages
Espèces invasives Espèces végétales, espèces Jardins botaniques,
animales, OGM laboratoires de recherche
IV- LES PRINCIPALES ETAPES DE PRODUCTION D'EAU POTABLE
Selon la qualité de l’eau prélevée, la production d’eau potable nécessite des étapes différentes faisant
appel à quatre types de procédés : physiques, chimiques, physico-chimiques et biologiques.
Une station de production d’eau potable traite généralement les eaux de surface par des filières du type
suivant :
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Les eaux de surfaces sont généralement rendues potables, en utilisant, par exemple, les procédés
suivants :
Dégrillage
Les eaux usées passent par des grilles de plus en plus fines où les matières volumineuses sont retenues.
Il existe deux types de dégrillage : - le dégrillage grossier qui épure l'eau avec des grilles espacées de
quelques millimètres pour retirer les déchets dont le volume est supérieur à 2 ou 3cm.
Tamisage
Le tamisage est le second procédé de pré-traitement mécanique permettant une séparation plus fine que
le dégrillage des déchets contenus dans les eaux brutes. La filtration est réalisée par un entrefer de 6mm
à 0,25mm à l'aide de tôle perforée ou tôle grillagée (aussi appelé maille johnson).
décantation ;
Dans le traitement de l'eau, on utilise la décantation (ou “settling” en anglais). Cette opération permet
de retirer les particules en suspension de l'eau à traiter. En effet, c'est un procédé physique qui consiste
à séparer les particules de densité plus lourde que l'eau du liquide où elles sont présentes. Floculation
La floculation
La floculation est l'étape qui suit la coagulation dans le traitement des eaux usées. Une fois les
particules de déchets agglomérées grâce à la coagulation, on utilise des agents flocculants pour
éliminer les agglomérats.
Filtration sur sable ;
La filtration à sable est un procédé dans lequel l'eau polluée par des limons, du sable et des matières
organiques s'écoule à travers un milieu constitué de particules de faible dimension à une vitesse
relativement lente.
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Ozonation ;
L'ozonation est une technique utilisée depuis des décennies pour éliminer les microorganismes et les
composés organiques dans la production de l'eau potable et le traitement des eaux de piscine ou des
effluents industriels.
Filtration sur charbon actif ;
La filtration au charbon actif constitue un procédé largement utilisé pour assainir et purifier l'eau. Elle
consiste à oxyder et à biodégrader les matières organiques ainsi qu'à absorber ou à débarrasser certains
micropolluants afin d'améliorer la couleur, l'odeur et le goût de l'eau.
Chloration (Désinfection)
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FIGURE 1 (les étapes de traitement de l’eau à l’usine)
V- ANALYSE ET OBSERVATION DES PROCEDES DE TRAITEMENT
1- Le traitement chimique
Ce type de traitement utilise des réactifs chimiques qui agissent directement sur les métaux lourds, les
matières organiques, les germes pathogènes et les caractéristiques de l’eau.
La chaux peut être utilisée pour modifier le pH de l’eau et la rendre plus douce ou plus agressive.
L’oxydation au chlore élimine l’ammoniaque, le fer et évite le développement d’algues. L’oxydation à
l’ozone élimine le fer, le manganèse, les micropolluants et rend les matières organiques plus
biodégradables.
La chloration et l’ozonation utilisent respectivement le chlore et l’ozone comme désinfectants en fin
de filière.
2- Le traitement physico-chimique
Ces procédés couplent l’action chimique d’un réactif à une action physique.
Pour faciliter le dépôt des particules dans le fond du bassin, l’étape de décantation peut être couplée à
deux étapes chimiques permettant d’agglomérer les particules et de les rendre plus lourdes ; la
coagulation et la floculation.
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3- traitement biologique
Le traitement biologique utilise les micro-organismes naturellement présents dans l’eau,
principalement les bactéries. Elles dégradent la matière organique biodégradable, la matière naturelle
ou les micropolluants artificiels en produits plus simples et moins dangereux pour l’homme.
Des filtres introduits dans la filière de traitement permettent, par exemple, de fixer des bactéries qui
vont se développer en surface. Selon la nature du filtre et de sa place dans la filière, les populations
bactériennes retenues et leur activité sont différentes : les filtres à sable, par exemple, favorisent la
croissance de bactéries nitrifiantes qui éliminent l’azote ammoniacal.
CONCLUSION
Pour obtenir le titre « d’eau potable » et ainsi pouvoir être consommée sans risque pour la santé, l'eau
brute puisée dans les rivières, fleuves, lacs et nappes phréatiques ou récoltée grâce à l'eau de pluie doit
subir de nombreux traitements. Ces opérations peuvent se faire à l'échelle d'une agglomération, dans
des usines privées ou publiques, mais aussi dans une simple maison, pour sa consommation
personnelle.
Cette eau, déjà au préalable contrôlée, va passer par trois types de traitements différents afin de
respecter des normes de potabilité précises. Ces opérations, qu’elles soient réalisées de manière
complète en usine de traitement des eaux ou simplifiées pour pouvoir être effectuées chez soi,
produisent des résultats semblables bien que l’on ne réalise pas exactement les mêmes actions. En
effet, le traitement en usine emploie beaucoup plus de traitements physico-chimiques. En revanche les
traitements biologiques sont presque tous conservés à petite échelle comme le prouvent les filtrations
sur lit de sable ou avec charbon actif.