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Le Poison - Baudelaire

Le document présente un poème de Charles Baudelaire intitulé 'Le Poison' qui décrit les effets enivrants du vin et de l'opium mais affirme qu'aucun ne vaut le poison émanant des yeux verts de la personne aimée.

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Objet d'étude 1 : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle

Parcours : Alchimie poétique, la boue et l'or


*

Texte 2 : « Le Poison », de Charles Baudelaire (Les Fleurs du mal, 1857)

Le poison

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge


D’un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d’un portique fabuleux
Dans l’or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes,


Allonge l’illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l’âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle


De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers…
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige


De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort!

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