Atomistique 1
Atomistique 1
Faculté Polydisciplinaire
Safi
Département de Chimie
Filières SMP-SMC
Semestre 1
Cours d’Atomistique
Octobre 2015
Université Cadi Ayyad
Faculté Polydisciplinaire
Safi
Département de Chimie
Plan du cours
Chapitre I: Constituants et caractéristique de l’atome
Chapitre I
Constituants et
caractéristique de l’atome
I- La limite de la diversité de la matière
Expériences
- Certains solides peuvent être broyés et réduits en
poudre très fine.
- Les liquides peuvent être pulvérisés sous forme de
très petites gouttelettes.
- L’odeur d’un parfum se répand dans tout le volume
d’une pièce.
Conclusions
- Il est possible de diviser infiniment la matière.
- La diversité de la matière a une limite.
- La matière est formée d’un agglomérat des particules
appelées atomes.
4
Selon John Dalton (1808) l’atome est la
plus petite entité de la matière, il est sous
forme d’une sphère pleine, indivisible et
indestructible.
5
II- Découverte des particules
fondamentales
Expérience
On établit une forte différence de potentiel entre deux
électrodes métalliques placées aux extrémités d’une
ampoule de verre contenant un gaz et dans laquelle on peut
progressivement réduire la pression.
6
Figure : Expérience des rayons cathodiques
Cathode Anode
Cathode Anode
Conclusion
Le phénomène de fluorescence est dû à l’impact de rayons
invisibles sur le verre, issus de la cathode, appelé rayons
cathodiques.
9
Ils sont déviés par un champs électrique vers le pôle
positif, ce qui indique que les particules constituant ces
rayons sont chargées négativement.
10
II.2- Existence du noyau et des nucléons
Questions :
Quelle est la contrepartie de la charge négative des
électrons puisque la matière est globalement neutre ?
Où il réside la masse de l’atome ?
II.2.1- Expérience de Rutherford
Lord Ernest Rutherford (physicien anglais, 1871-1937,
prix Nobel 1908)
Source des
rayons alpha (α)
12
Figure : Trajectoires des rayons α
13
Observations
La plupart des particules traversent la
feuille d’or sans être déviées.
Certaines particules sont soit déviées, en
traversant, comme si elles étaient
repoussées par un corps de charge positive,
soit renvoyées en arrière.
Conclusion
On met en évidence l’existence d’un noyau
minuscule, dense, positif dans l’atome. Il
présente presque toute la masse de l’atome.
14
Donc un atome est constitué d'un noyau qui est lui-même
composé de deux types de particules protons et de
neutrons appelées nucléons autour lesquels gravitent des
électrons.
15
II.2.2- Caractéristiques du noyau
Les nucléons d’un noyau sont de deux sortes de charge :
- de charge positive, c’est un proton (p)
- de charge neutre, c’est un neutron (n)
17
Conventionnellement, on représente un élément
E par son symbole affecté d'un indice inférieur
égal à Z et d'un indice supérieur égal à A :
A
Z E
Protons Z = 20
Neutrons N = A – Z = 40-20 = 20
18
Les isotopes sont des atomes d’un même
élément dont les noyaux présentent le même
nombre de protons et un nombre différent de
neutrons.
19
Le nombre d’électrons:
Le nombre d’électrons est égal à Z s’il s’agit
d’un atome neutre. S’il s’agit d’un ion, il est égal
à Z augmenté de la valeur absolue de la charge
si celle-ci est négative (il y a plus d’électrons
que de protons) c’est un anion, et diminué de
cette valeur si elle est positive (il y a moins
d’électrons que de protons) donc c’est un cation.
Exemple
20Ca : le nombre d’électrons dans cet ion est donc 20-2 = 18.
2+
20
II.2.3- Masse atomique et Masse moléculaire
22
Par convention une mole de carbone C12 pèse 12 g et elle
correspond à N atomes de carbone et la masse d’un
atome vaut 12 u.m.a donc 12 g = N x 12 u.m.a
23
La masse molaire
24
La masse moléculaire
Exemple
la masse moléculaire de l’eau est :
M(H2O) =(1,008 x 2) + (16,00 x 1) = 18,016
25
Université Cadi Ayyad
Faculté Polydisciplinaire
Safi
Département de Chimie
Chapitre II
Modèles classiques de
Rutherford et de Bohr
Questions:
Comment sont répartis les électrons d’un atome
par rapport au noyau supposé fixe?
27
I- Les modèles classiques de l’atome
28
électron
Noyau
Orbite
- Condition de stabilité Fa = Fc
31
4
5 3
Or ET = Ec + Ep
7
ET = - Ec
32
D’après Rutherford, l’électron se trouve
en mouvement circulaire. Il émet un
rayonnement avec une perte d’énergie, ce
qui provoque :
soit un ralentissement du mouvement,
soit une diminution du rayon.
Dans les deux cas, ce phénomène devrait
provoquer une chute de l’électron sur le
noyau.(figure 3)
Ce qui est contradictoire avec la réalité
de la structure atomique.
33
+ -
34
I.2- Modèle de Bohr
Niels Bohr (physicien danois, 1885-1962, prix Nobel
1922)
36
8
37
Hypothèse sur le moment cinétique orbital
le moment cinétique mvr de l'électron sur une orbite ne
peut prendre que certaines valeurs multiples entieres de
tel que : 9
38
Calcul du rayon de l’atome
Soit donc
On trouve alors
rn = rB n2
rB appelé rayon de Bohr
39
40
Calcul de l’énergie
Énergie totale
Rayon 11
12
41
14
15
42
II- Spectre d’émission de l’atome d’hydrogène
43
Figure 7: Expérience et allure du spectre d’émission
de l'atome d'hydrogène
44
II.2- Formule de Ritz
(Z =1)
Formule de Ritz
45
Pour chaque valeur de n ; on obtient une série de raies :
46
UV Visible IR
E1=-13,6 eV
48
II.3- Interprétation du spectre atomique par la
théorie de Bohr
Absorption Emission
nf Eq nf Eq
ni Ep ni Ep
On a la Relation de Planck
et
16
On pose
50
17
on aura :
En plus on a Z = 1
18
Formule de Ritz
51
Le calcul effectué repose sur l’immobilité du noyau
(fixe), un traitement plus rigoureux doit tenir en compte
le mouvement du système (électron + noyau). A cet
effet, on remplace dans toutes les expressions
précédentes m = me par la masse réduite μ avec
19
52
II.4- Diagramme énergétique de l’atome d’hydrogène
Kλ Lγ Mβ
Kγ Lβ Mα
Kβ Lα
Kα
53
II.5- Insuffisance de la théorie de Bohr
54
Université Cadi Ayyad
Faculté Polydisciplinaire
Safi
Département de Chimie
Chapitre III
Constituants Modèle
ondulatoire
55
I- Introduction
56
II- Dualité ondulatoire et corpuscule de la matière
II.1- Description
1 m : masse de l’électron
v : vitesse de l’électron
λ: longueur d’onde associée
à l’électron
60
III- L’électron en mécanique quantique
III.1- Fonction d’onde
61
III.2- Densité de probabilité de présence
63
III.3-1 Résolution de l’équation de Schrödinger
6
7
On a HΨ(x,y,z) = EΨ(x,y,z)
9
l’équation devient 7 alors :
65
III.3-2 Les nombres quantiques
III.3-2-1- Nombre quantique principal: n (n є N*)
Pour
- l=0 orbitale s : est sphérique
- l=1 orbitale p : de forme d’un haltère
- l=2 orbitale d : de forme de deux haltères
croisés
68
- il définit le nombre de sous-couche
électronique contenue dans une couche.
Exemple
69
III.3-2-3 Nombre quantique magnétique: m ou ml
(-l ≤ m ≤ l)
70
Exemple
0 m=0 s
Pour n =2 on a l = +1
1 m= 0 p
-1
Donc on a 4 orbitales ou cases quantiques ( 1 OA s et 3 OA P)
71
III. 3-2-4- Nombre quantique de spin : s ou ms
(±1/2)
72
Par habitude, l’électron de spin s = +1/2, symbolisé
par une flèche vers le haut () est placée à gauche
et l’électron de spin s = -1/2, symbolisé par une
flèche vers le bas () est placée à droite dans une
case quantique
73
Nombre
Notation Nombre Nbre Cases
Couche n l m d’électron
des O.A d’électron quantiques
par couche
K 1 0 0 1s 2 2 1
0 0 2s 2 1
-1 2px
L 2 8
1 0 2pz 6 3
1 2py
0 0 3s 2 1
-1 3px
1 0 3pz 6 3
1 3py
M 3 -2 3dxy 18
-1 3dyz
2 0 3dz2 10 5
1 3dxz
2 3dx2-y2
x y
z Py z Pz z
Px
y
x y x y x
76
77
z
dxy z dzx dzy z
y
y x y
x x
dx2-y2 z z
dz2
y y
x x
78
Université Cadi Ayyad
Faculté Polydisciplinaire
Safi
Département de Chimie
Chapitre IV
Exemple
1s2
électron 1 : n1 =1, l1 = 0, m1 = 0, s1 = +1/2
électron 2 : n2 =1, l2 = 0, m2 = 0, s2 = -1/2
81
I.3- Règle de Hund
82
I.4- Règle de Klechkowski
l'ordre de remplissage des diverses couches et
sous couches s'effectue par valeurs croissantes de la
somme (n + l ). Si deux ou plusieurs couples (n + l )
conduisent à la même valeur, ils seront classés par ordre
de n croissant.
K(n=1) 1s2
L(n=2) 2s 2p6
M(n=3) 3s 3p 3d10
N(n=4) 4s 4p 4d 4f14
O(n=5) 5s 5p 5d 5f 5g18
P(n=6) 6s 6p 6d 6f 6g
Q(n=7) 7s 7p 7d 7f 7g 84
On retrouve l’ordre énergétique des sous couches
électroniques
1s 2s 2p 3s 3p 4s 3d 4p 5s 4d 5p 6s 4f 5d 6p 7s 5f 6d 7p
En,l
Exemple
85
Configuration électronique de l’azote est donc :
en écriture spectroscopique : 1s22s22p3
en écriture quantique (utilisant les cases quantiques)
1s 2s 2p
86
Exceptions à la règle de klechkowsky:
ns2(n-1)d4 ns1(n-1)d5
Anomalie
On a une stabilisation lorsque la sous-couche (n-1)d est à
moitié remplie
ns2(n-1)d9 ns1(n-1)d10
87
On a une stabilisation lorsque la sous-couche (n-1)d est
totalement remplie
De la même façon
les deux structures suivantes sont instables
ns2(n-2)f6 ns1(n-2)f7
Par rapport à
ns2(n-2)f13 ns1(n-2)f14
Exemples: Le chrome Cr Z = 24
1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d4 Cette structure est instable
88
la structure la plus stable est:
1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s1 3d5
Le cuivre Cu Z = 29
1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d9 est instable
89
II- Configurations électroniques simplifiées
Couche de valence
90
Exemples
9F, Z = 9, la configuration électronique est 1s22s22p5
la couche de valence est donc 2s22p5
92
2He pour 2 < Z < 10
94
Cette classification contribua notablement au
développement de la chimie moderne, elle était géniale pour
les raisons suivantes :
- Mendeleiev n’hésita pas à laisser des cases vides, à
inverser l’ordre de certains éléments en affirmant que leur
masse atomique était incorrecte.
95
III.1- Principe de la classification actuelle
96
III.2- Description de la classification périodique
des éléments
99
100
sulfurides halogènes
terreux (ns2np4) (ns2np5 )
(ns2np1)
alcalins (ns1) carbonides gaz rares
(ns2np2) azotides
(ns2np6 )
alcalino-terreux (ns2np3)
(ns2)
métaux de transition
H He
Li Be (ns2(n-1)dx) B C N O F Ne
Na Mg Al Si P S Cl Ar
K Ca Sc Ti V Cr Mn Fe Co Ni Cu Zn Br Kr
I Xe
Rn
Lanthanides
ns2 (n-2)fx
Bloc f
La Ce
actinides
Ac Th U
ns2 (n-2)fx
Familles des élément de Tableau périodique 101
III.3 Les différents groupes (familles) de tableau périodique
103
IV- Propriétés des éléments
Les propriétés physiques et chimiques d’un
élément sont liées au nombre d’électrons et à
la configuration de la couche de valence.
104
RA RA
dA-A
105
Z R
Z
TP
R
R
107
Ei augmente le long d’une période
Quand Z augmente
Ei diminue le long d’une colonne
Z Ei
Z
TP Ei
Ei
109
Z AE
Z
TP AE
AE
110
TP
Echelle de Mulliken
Mulliken avait défini l’électronégativité comme étant la
moyenne entre l’énergie de première ionisation et
l’affinité électronique de l’élément.
Echelle de Pauling
Dans cette échelle, la différence d’électronégativité
entre deux éléments est évaluée par la formule
suivante :
112
Avec EAB , EAA et EBB sont les énergies des liaisons A-B , A-
A et B-B exprimée en eV.
Métaux
Non Métaux
H He
Li Be Métalloïdes B C N O F Ne
N
Mg Al Si P S Cl Ar
a
K Ca Sc Ti V Cr Mn Fe Co Ni Cu Zn Ga Ge As Se Br Kr
Rb Sr Y Zr Nb Mo Tc Ru Rh Pd Ag Cd In Sn Sb Te I Xe
Cs Ba Lu Hf Ta W Re Os Ir Pt Au Hg Tl Pb Bi Po At Rn
La Ce Pr Nd pm Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu
A C
Ac Th Pa U Np Pu m m
BK Cf ES Fm Md No Lr
114
Université Cadi Ayyad
Faculté Polydisciplinaire
Safi
Département de Chimie
Chapitre V
Radioactivité
I - Radioactivité naturelle (Becquerel 1896)
I-1 Définition
Le signe le plus perceptible de la radioactivité est
l’existence d’un rayonnement émis par les atomes de
certains nucléides et dont l’origine se situe au niveau de
leurs noyaux.
L’émission de ce rayonnement résulte en effet de la
transmutation (transformation) de l’élément initial en
un autre, par suite de modifications spontanées dans la
composition des noyaux dites désintégration
(destruction). Cette désintégration spontanée de noyau
est appelée la radioactivité. Le noyau qui se
désintègre est dit radioactif.
116
117
+
Ou
+
Exemple:
+
118
L’émission β− correspond à l’émission d’un e− par le noyau,
accompagnée de la transformation d’un neutron ( ) en
proton ( ) selon l’équation suivante: (excès de neutrons)
Exemple:
+
(protactinium)
119
L’émission β+ correspond à l’émission d’un e+ par le noyau
(positon), accompagnée de la transformation d’un proton
( ) en neutron ( ) selon l’équation suivante:
excès de protons)
Exemple:
+
+
120
Ils sont constitués par une radiation électromagnétique,
il provient de la transition d’un état excité vers l’état
stable (fondamentale) d’un noyau. Ce rayonnement suit
souvent une désintégration alpha ou bêta
121
Les trois Types de Rayonnements
-
122
II - Radioactivité Artificielle (Irène et Frédéric Joliot-
Curie) (1934)
il s’agit des désintégrations obtenues en laboratoire ou
dans des réacteurs nucléaires. Elle est basé sur deux
processus principales pourtant inverses l’un de l’autre, la
Fission et la Fusion.
II-1 Réaction de Fission
C’est une réaction nucléaire dans la quelle nous avons une
rupture d’un noyau en deux noyaux en libérant une énergie
appelé énergie nucléaire.
Exemple:
+ + +
Exemple:
+
124
II-3 Applications de la radioactivité
Applications en chimie
Ils sont utilisés comme traceurs et ils peuvent d’être utilisé
pour provoquer la réticulation d’un polymère, c’est-à-dire
créer des liaisons supplémentaires entre ses chaînes
carbonées.
Ils sont utilisés dans des domaines variés comme
l’authentification de tableaux, recherche des traces des
explosif….
Applications en médecine
Ils sont utilisés comme traceurs pour obtenir des images
indirectes de certains organes à partir du rayonnement émis.
et en Radiothérapie: Comme les rayonnements radioactifs
sont dangereux pour les cellules, soumettre des cellules
cancéreuses à un rayonnement radioactif va détruire la
tumeur sans trop abîmer les cellules saines avoisinantes.
125
Applications divers
126
Références Bibliographiques
Hoefer J.C.F., Histoire de la chimie, Vol 1, Eds. Didot, Paris – France (2010).
Zumdahl S.S., Chimie Générale, Eds. De Boek Université, Paris – France (1998).
Kotz J.C. et Treichel P.M. Jr, Chimie générale, Eds. De Boek Université, Bruxelles – Belgique (2006).
El Hammioui M., Chimie Générale : Atomistique et Liaison chimique, Université Cadi Ayyad, Marrakech – Maroc (2013).
Arnaud P., Rouquérol F., Chambaud G., Lissillour R., Boucekkine A., Bouchet R., Boulc’h F., Hornebec V., cours de chimie
Petrucci R.H., Harwood W.S., & Herring F.G., General chemistry , Eds. Prentice-Hall Inc., New Jersy – USA (2002).
Silbry R.J. et Alberty R.A., Physical chemistry, Eds. John Wiley & sons, New Jersey – USA (2001).
Gruia M, Polisset M., Chimie générale : Atomistique et liaisons chimique, Eds. Ellipses (2001).
Friedli C. K.W., Chimie générale pour ingénieur, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (2005)
McMurry J.E et Fay R.C., Chemistry, Eds. Prentice-Hall Inc., New Jersey – USA (2001).
Depovere P., Chimie générale, Eds. De Boeck Université, Bruxelles - Belgique (2006).
Rocquefelte X, Filali Y, Blart E et Thobie C., Chimie : Atome, Liaison et Molécule, Licence 1 portails MIPC-BGC, Université de
127
Université Cadi Ayyad
Faculté Polydisciplinaire
Safi
Département de Chimie
E-mail : melhimri2@[Link]
E-mail : [Link]@[Link]