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Endomorphismes Semi-Simples

Cet article traite des endomorphismes semi-simples sur un espace vectoriel. Il définit cette notion et établit plusieurs propriétés et caractérisations des endomorphismes semi-simples, notamment en lien avec la décomposition d'un endomorphisme en somme directe d'endomorphismes sur des sous-espaces stables.

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Endomorphismes Semi-Simples

Cet article traite des endomorphismes semi-simples sur un espace vectoriel. Il définit cette notion et établit plusieurs propriétés et caractérisations des endomorphismes semi-simples, notamment en lien avec la décomposition d'un endomorphisme en somme directe d'endomorphismes sur des sous-espaces stables.

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Enoncé Endomorphismes semi-simples

Endomorphismes semi-simples

Notations et définitions

• K désigne le corps R ou C.

• On dit qu’un endomorphisme g d’un K-espace vectoriel non réduit


à l’élément neutre de dimension finie E est semi-simple si : pour
tout sous-espace vectoriel F de E, stable par g, il existe un supplémentaire
de F dans E qui est stable par g.

• Si P ∈ K[X], P est dit irréductible dans K[X], si, le degré de P est


supérieur ou égal à 1 et les seuls diviseurs de P sont les éléments
de K \ {0} et les polynômes de la forme αP , avec α ∈ K \ {0}.

Pour tout P ∈ K[X], on note deg(P ) le degré de P .

• Si P ∈ K[X], P est dit unitaire si son coefficient dominant est égal


à 1.

Questions préliminaires
On considère l’endomorphisme g de M3,1 (R), canoniquement associé
à la matrice
 
2 1 1
A =  0 2 1 .
0 0 1
On note id l’endomorphisme identité de M3,1 (R).

1. Vérifier que A n’est pas diagonalisable dans M3 (C).

2. En déduire que (g − 2id) ◦ (g − id) 6= 0̃.

3. On pose F = ker(g − 2id).

(a) Vérifier que F est stable par g.


(b) Soit G un supplémentaire de F dans M3,1 (R).
Montrer qu’il existe (x1 , x2 ) ∈ F × G tel que
((g − 2id) ◦ (g − id))(x1 + x2 ) 6= 0E .
En déduire que ((g − 2id) ◦ (g − id))(x2 ) ∈
/ G.

97
Enoncé Endomorphismes semi-simples

4. Conclure que g n’est pas un endomorphisme semi-simple.

Dans tout ce qui suit E est un K-espace vectoriel de dimension un


entier n ≥ 1 et f désigne un élément de LK (E).
Partie I

1. On note Tf = {P ∈ K[X] \ {0} tel que P (f ) = e


0}.

(a) Montrer que {deg P ; P ∈ Tf } admet un plus petit élément


non nul n0 .

(b) Montrer qu’il existe un unique polynôme Uf de Tf , unitaire


et de degré n0 .

(c) Montrer que si P ∈ Tf , alors Uf divise P .

(d) Montrer que s’il existe P ∈ K[X], irréductible, unitaire et


annulateur de f , alors P = Uf .

Dans toute la suite Uf désigne le polynôme unitaire de Tf

de degré n0 .

2. On suppose que Uf est irréductible dans K[X].

Soit F un sous-espace vectoriel de E, stable par f et tel que F 6= E.

Soit x ∈ E \ F . On pose E(x) = {P (f )(x); P ∈ K[X]}.

(a) Montrer que E(x) est un sous-espace vectoriel de E non réduit


à {0E } et stable par f .

(b) i. Soit P ∈ K[X], on pose y = P (f )(x). Montrer que,


si P et Uf ne sont pas premiers entre eux, alors y = 0.
ii. En déduire que E(x) ∩ F = {0E }.

3. En déduire que, s’il existe un polynôme irréductible P de K[X],


tel que P (f ) = e
0, alors f est un endomorphisme semi-simple

de E.

98
Enoncé Endomorphismes semi-simples

Partie II

1. Soient P et Q deux éléments de K[X]. On suppose que Uf = P 2 Q.

On pose F = ker P (f ).

(a) i. Montrer que F est stable par f .


ii. Montrer que, pour tout y ∈ F , (P Q)(f )(y) = 0E .

(b) On suppose qu’il existe G un sous-espace vectoriel de E stable


par f et vérifiant : F ⊕ G = E.
Soit x ∈ G.

i. Montrer que (P Q)(f )(x) ∈ F .


ii. Montrer que (P Q)(f ) = e
0.
iii. Vérifier que P est un polynôme constant non nul.

2. En déduire que si f est un endomorphisme semi-simple alors Uf


est un produit de polynômes irréductibles unitaires deux à deux
distincts.

3. On suppose qu’il existe r ∈ N∗ et P1 , ..., Pr des polynômes irréductibles


Yr
unitaires deux à deux distincts de K[X] tels que Uf = Pi .
i=1
Pour tout i ∈ {1, ..., r}, on note Fi le sous-espace vectoriel ker Pi (f )
Y r
et Qi = Pj .
j=1
j 6= i
Soit F un sous-espace vectoriel de E stable par f .

(a) Soit i ∈ {1, ..., r}.

i. Vérifier que Fi et F ∩ Fi sont stables par Qi (f ).


On pose gi et hi les endomorphismes induits par Qi (f )
respectivement sur Fi et F ∩ Fi .
ii. Montrer que gi et hi sont des isomorphismes.

99
Enoncé Endomorphismes semi-simples

r
M
(b) Montrer que F = (F ∩ Fi ).
i=1
Indication : Montrer que, pour tout y ∈ F , Qi (f )(y) ∈ F ∩Fi .

(c) Soit i ∈ {1, ..., r}. On note fi l’endomorphisme induit par f


sur Fi .

i. Montrer que Pi (fi ) = e


0.
ii. Montrer que fi est un endomorphisme semi-simple de Fi .

4. Montrer que

si Uf est un produit de polynômes irréductibles unitaires deux à


deux distincts de K[X], alors f est un endomorphisme semi-simple
de E.

5. En déduire que f est un endomorphisme semi-simple de E si, et


seulement s’il existe un polynôme P de K[X] annulateur de f avec
Yr
P = Pi où P1 , ..., Pr sont des polynômes irréductibles unitaires
i=1
deux à deux distincts de K[X].

Partie III

1. On suppose que K = C.

Montrer que f est un endomorphisme semi-simple si, et seulement


si, f est diagonalisable.

2. On suppose que K = R.

On note B une base de E et A la matrice de f dans la base B.

Montrer que f est un endomorphisme semi-simple si, et seulement


si, A est diagonalisable dans Mn (C).

100
Corrigé Endomorphismes semi-simples

Corrigé

Préliminaires

1. Les valeurs propres de A dans C sont : 1, une valeur propre simple;

2, une valeur propre double.

On note E2 (A) = ker(A − 2I3 ) le sous-espace propre de A associé


à la valeur propre 2.

On a dim E2 (A) = 3 − rg(A − 2I3 ) = 1, par suite la dimension


de E2 (A) est strictement inférieure à l’ordre de multiplicité de la
valeur propre 2 de A.

D’où :

A n’est pas diagonalisable dans M3 (C).

2. On a, (X − 1)(X − 2) est un polynôme de C[X] à racines simples


dans C. Comme A n’est pas diagonalisable dans M3 (C), alors

(A − 2I3 )(A − I3 ) n’est pas la matrice nulle. On en déduit :

(g − 2id) ◦ (g − id) 6= 0̃.

3. (a) Les endomorphismes g − 2id et g commutent, alors le sous-


espace vectoriel ker(g − 2id) est stable par g.
(b) Il résulte de la deuxième question que (g − 2id) ◦ (g − id) 6= 0̃,
donc il existe z ∈ M3,1 (R) tel que ((g−2id)◦(g−id))(z) 6= 0E .
L
Comme M3,1 (R) = F G, alors il existe un couple
(x1 , x2 ) ∈ F × G tel que z = x1 + x2 .
D’où :
∃(x1 , x2 ) ∈ F × G, tel que ((g − 2id) ◦ (g − id))(x1 + x2 ) 6= 0E .
Puisque x1 ∈ ker(g − 2id) et les deux endomorphismes
(g − 2id) et (g − id) commutent, alors
((g − 2id) ◦ (g − id))(x1 ) = 0.
On obtient donc :

101
Corrigé Endomorphismes semi-simples

((g − 2id) ◦ (g − id))(x1 + x2 ) = ((g − 2id) ◦ (g − id))(x2 ).


Il vient ainsi :

((g − 2id) ◦ (g − id))(x2 ) 6= 0E .

En fait, le polynôme caractéristique de f est


(X − 2)2 (1 − X), le théorème de Cayley-Hamilton donne :
(g − 2id)2 ◦ (g − id) = e
0.
 
Ainsi : (g − 2id) ((g − 2id) ◦ (g − id))(x2 ) = 0E .
On en déduit que :

((g − 2id) ◦ (g − id))(x2 ) ∈ F \ {0E }.

Comme la somme F + G est directe, alors :


((g − 2id) ◦ (g − id))(x2 ) ∈
/ G.

4. Posons F = ker(g − 2id). Soit G un supplémentaire de F dans


M3,1 (R). Il résulte de la question précédente qu’il existe x2 ∈ G
tel que ((g − 2id) ◦ (g − id))(x2 ) ∈
/ G.
On en déduit que G n’est pas stable par g.
Conclusion :
g n’est pas un endomorphisme semi-simple.

Partie I

1. (a) Si P est un polynôme de K[X] de degré 0, alors P (f ) 6= e


0. Ce
qui affirme que tous les éléments de Tf sont des polynômes
de degrés supérieurs ou égaux à 1. Ainsi :
{deg P, P ∈ Tf } ⊂ N∗ .
De plus, le polynôme caractéristique Pf de f est un polynôme
de degré n ≥ 1 annulateur de f , par suite Pf ∈ Tf et donc
deg Pf ∈ {deg P ; P ∈ Tf }.
Finalement :
{deg P ; P ∈ Tf } est un ensemble non vide de N∗ , alors il
admet un plus petit élément n0 de N∗ .

102
Corrigé Endomorphismes semi-simples

(b) On a n0 ∈ {deg P, P ∈ Tf }, donc il existe Q ∈ Tf tel que


deg Q = n0 .
Q
Notons λ le coefficient dominant de Q, et posons Uf = .
λ
Soit V ∈ Tf tel que V est unitaire et deg V = n0 .
Par la division euclidienne de V par Uf ,
il existe deux polynômes S et R de K[X] vérifiant :

V = SUf + R
deg R < n0 .
De plus, V et Uf sont deux polynômes non nuls de même
degrés et unitaires, on obtient ainsi :

S = 1.

De l’égalité V (f ) = S(f ) ◦ Uf (f ) + R(f ) et en remarquant


que V (f ) = Uf (f ) = e0 on obtient alors, R(f ) = e0.
De plus deg R < n0 , donc R est un polynôme annulateur de
f qui n’appartient pas à Tf , par conséquent : R = 0.
On en conclut que :
V = Uf .

(c) Soit P ∈ Tf .
La division euclidienne de P par Uf donne :
il existe deux polynômes Q et R de K[X] vérifiant :

P = QUf + R
deg R < deg Uf .
En termes de polynômes d’endomorphismes
P (f ) = Q(f ) ◦ Uf (f ) + R(f ) et en tenant compte de
P (f ) = Uf (f ) = e
0 on obtient : R(f ) = e
0.
En plus deg R < n0 , donc R est un polynôme annulateur de
f qui n’appartient pas à Tf , par conséquent R = 0.
On en conclut que : Uf divise P .
(d) Soit P ∈ K[X] un polynôme irréductible unitaire tel que
0. Il est clair que P ∈ Tf ; de la question I.1.(c)
P (f ) = e
on peut dire que Uf divise P . Il vient ainsi :

103
Corrigé Endomorphismes semi-simples

il existe Q ∈ K[X] tel que P = QUf . Or, P est irréductible


et deg Uf ≥ 1; on obtient donc Q est un polynôme constant
non nul.
De plus P et Uf sont unitaires, donc Q = 1.
Par conséquent :
P = Uf .

2. (a) Le polynôme nul 0 de K[X] est annulateur de f , il vient de


0(f )(x) = 0E que E(x) est un ensemble non vide.
Soient α ∈ K, y1 et y2 deux éléments de E(x). Il existe
deux polynômes P et Q de K[X] tels que y1 = P (f )(x) et
y2 = Q(f )(x).
La relation αy1 + y2 = (αP + Q)(f )(x) affirme que
αy1 + y2 ∈ E(x).
En plus, x ∈ E(x) et x 6= 0E , donc :
E(x) est un sous-espace vectoriel de E non réduit à {0E }.
Soit z ∈ E(x). Alors il existe P ∈ K[X] tel que z = P (f )(x).
On peut donc écrire f (z) = (f ◦ P (f ))(x).
On pose Q = XP , il vient : f (z) = Q(f )(x).
Ainsi, f (z) ∈ E(x).
On en déduit que :

E(x) est stable parf.

(b) i. Les polynômes P et Uf ne sont pas premiers entre eux,


de plus Uf est irréductible dans K[X], alors il existe
Q ∈ K[X] tel que P = Uf Q.
En plus Uf est un polynôme annulteur de f
il vient ainsi :
 
y = P (f )(x) = (QUf )(f ) (x) = Q(f ) (Uf (f ))(x) = 0E .

On en conclut : y = 0E .

104
Corrigé Endomorphismes semi-simples

ii. Supposons que le sous-espace vectoriel E(x)∩F n’est pas


réduit à {0E }.
Soit y un vecteur non nul de E(x)∩F . Il existe P ∈ K[X]
tel que y = P (f )(x).
D’après I.2.(b)(i), P et Uf sont premiers entre eux.
L’identité de Bezout donne :
il existe U et V deux polynômes de K[X] tels que U Uf +
V P = 1.
En termes de polynômes d’endomorphismes, on peut écrire
:
U (f )(Uf (f )(x))+V (f )(P (f )(x)) = x. En tenant compte
de Uf (f ) = e0 et y = P (f )(x), on obtient : V (f )(y) = x.
Comme y ∈ F et F est stable par f , alors x ∈ F ce qui
contredit le fait que x ∈ E \ F .
On en conclut : E(x) ∩ F = {0E }.

3. S’il existe un polynôme irréductible P ∈ K[X] tel que P (f ) = e


0,
quitte à diviser P par son coefficient dominant, on peut considérer
que P est un polynôme irréductible et unitaire de K[X].

Il résulte de la question I.1.(d) que Uf = P .

Ainsi, Uf est un polyôme irréductible dans K[X].

On suppose que f n’est pas un endomorphisme semi-simple. Alors


il existe un sous-espace vectoriel F de E stable par f tel que tous
les supplémentaires de F dans E ne sont pas stables par f .

On note F l’ensemble des sous-espaces vectoriels de E stables par


f qui n’admettent aucun supplémentaire dans E stable par f .

Comme F ∈ F, alors F 6= ∅.

Pour tout G de F,

du fait que E et {0E } sont deux sous-espaces supplémentaires et


stables par f ; on peut écrire 1 ≤ dim G ≤ n − 1.

105
Corrigé Endomorphismes semi-simples

On pose I = {dim G, G ∈ F}.


On a dim F ∈ I et I ⊂ {1, ..., n − 1}.
On obtient alors I est une partie non vide de N∗ majorée, donc I
admet un plus grand élément p0 .
Soit G0 ∈ F tel que dim G0 = p0 .
L
Soit G1 un sous-espace vectoriel de E tel que G0 G1 = E.
En fait, G0 6= E, alors G1 6= {0E }.
Soit x1 ∈ G1 \ {0E }, on a, d’après 2.(b)(ii), G0 ∩ E(x1 ) = {0E }.
On pose F2 = G0 ⊕ E(x1 ).
L
Soit G2 un sous-espace vectoriel de E tel que F2 G2 = E.
En remplaçant dans l’égalité précédente F2 par G0 ⊕ E(x1 ), on
obtient G0 ⊕ E(x1 ) ⊕ G2 = E, donc
E(x1 )⊕G2 est un supplémentaire de G0 . Comme G0 ∈ F et E(x1 )
est stable par f alors G2 n’est pas stable par f .
Il vient ainsi que F2 n’admet aucun supplémentaire dans E stable
par f .
D’où F2 ∈ F.
dim F2 = dim G0 + dim E(x1 ). En plus G0 est de dimension p0 et
E(x1 ) n’est pas réduit à {0E }. Donc dim F2 > p0 ce qui contredit
p0 = max I.
Conclusion : f est un endomorphisme semi-simple.

Partie II

1. (a) i. Les endomorphismes P (f ) et f commutent, donc le sous-


espace vectoriel F qui est égal à ker P (f ) est stable par
f.
ii. Soit y ∈ F .
En fait on a P (f )(y) = 0E et (P Q)(f )(y) = Q(f )(P (f )(y)),
il vient ainsi (P Q)(f )(y) = 0E .

106
Corrigé Endomorphismes semi-simples

(b) i. On a :
P (f ) (P Q)(f )(x) = ((P 2 Q)(f ))(x) = Uf (f )(x).


Or Uf (f ) = e
0, alors P (f ) (P Q)(f )(x) = 0E .
Ainsi :
le vecteur (P Q)(f )(x) est un élément de ker P (f ) = F .
ii. Soit z un vecteur arbitraire de E.
L
Puisque F G = E, alors il existe (x1 , x2 ) ∈ G × F tel
que z = x1 + x2 .
On peut alors écrire :

(P Q)(f )(z) = (P Q)(f )(x1 ) + (P Q)(f )(x2 ).

Il résulte de la question II.1.(a)(ii) que


(P Q)(f )(x2 ) = 0E , il vient ainsi :

(P Q)(f )(z) = (P Q)(f )(x1 ).

Comme G est stable par f alors G est stable par le


polynôme d’endomorphisme (P Q)(f ). De plus x1 ∈ G
on obtient alors :

(P Q)(f )(x1 ) ∈ G.

D’autre part Uf est un polynôme annulateur de f et


Uf = P 2 Q, alors

0E = Uf (f )(x1 ) = P (f ) (P Q)(f )(x1 ) .
Donc :
(P Q)(f )(x1 ) ∈ F.

On en déduit :

(P Q)(f )(z) ∈ F ∩ G.

D’où, (P Q)(f )(z) = 0E . Ainsi :

(P Q)(f ) = e
0.

107
Corrigé Endomorphismes semi-simples

iii. Si deg P ≥ 1, de l’égalité Uf = P 2 Q et du fait que P Q


est un polynôme non nul on a deg Uf > deg(P Q).
En plus, de la question précédente il résulte que P Q est
un polynôme non nul annulateur de f , par suite P Q ∈ Tf .
P Q ∈ Tf et deg(P Q) < deg Uf contredit le fait que
deg Uf est le plus petit élément de {deg T ; T ∈ Tf }, donc
le polynôme non nul P est un polynôme constant.

2. La décomposition du polynôme unitaire Uf en produit de facteurs


irréductibles dans K[X] donne :
il existe r ∈ N∗ , (α1 , ..., αr ) ∈ (N∗ )r , et P1 , ..., Pr r polynômes
irréductibles et unitaires de K[X] tels que :
r
Y
Uf = Piαi .
i=1

Supposons qu’il existe i0 ∈ {1, ..., r} tel que αi0 ≥ 2.


r
αi −2 Y
En posant Q = Pi0 0 Piαi , on obtient : Uf = Pi20 Q.
i=1
i 6= i0
Observons que f est semi-simple, alors le sous-espace vectoriel
F = ker Pi0 (f ) qui est stable par f admet un supplémentaire G
dans E qui est aussi stable par f .
Il résulte de la question II.1.(b)(iii) que Pi0 est un polynôme con-
stant non nul.
Ce qui contredit le fait que deg Pi0 ≥ 1.
On en conclut que :
pour tout i ∈ {1, ..., r}, αi = 1.
On obtient ainsi le résultat demandé.

3. (a) i. Les sous-espaces vectoriels F et Fi sont stables par f , par


suite F et Fi sont stables par le polynôme d’endomorphisme
Qi (f ). Ainsi :

108
Corrigé Endomorphismes semi-simples

F et F ∩ Fi sont stables par Qi (f ).


ii. Le polynôme Uf annulateur de f s’écrit sous
la forme : Uf = Pi Qi . En plus, il est facile d’observer
que Pi et Qi sont premiers entre eux. Il résulte du lemme
de la décomposition des noyaux que :
L
E = ker(Pi (f )) ker(Qi (f ))
L
= Fi ker(Qi (f )).

De plus, ker gj = Fi ∩ ker(Qi (f )). Ainsi : ker gi = {0E }.


Le noyau de l’endomorphisme gi est réduit à {0E } et Fi
est un espace vectoriel de dimension finie, par suite :
gi est un isomorphisme.
De même, ker hi = ker gi ∩ F = {0E } et la dimension de
F ∩ Fi est finie, par suite :
hi est un isomorphisme.
(b) Le polynôme Uf est un polynôme annulateur de f , en plus
Yr
on a Uf = Pi où P1 , ..., Pr sont deux à deux premiers
i=1
entre eux. Il résulte d’après le lemme de la décomposition
des noyaux que :
r
M
E= ker(Pi (f )).
i=1

En plus on a pour tout i ∈ {1, ..., r}, Fi = ker(Pi (f ), on


obtient :
r
M
E= Fi .
i=1
Soit y ∈ F . Il résulte de l’égalité précédente qu’il existe
r
Y
(y1 , ..., yr ) ∈ Fi tel que :
i=1
y = y1 + ... + yr .
Fixons arbitrairement i dans {1, ..., r}.
∀j ∈ {1, ..., r} \ {i},

109
Corrigé Endomorphismes semi-simples

r
Y 
Qi (f )(yj ) = ( Pk (f )) Pj (f )(yj ) = 0.
| {z }
k=1 =0
k 6= i
k 6= j

D’où, Qi (f )(y) = Qi (f )(yi ). De plus Fi et F sont stables par


Qi (f ), par suite Qi (f )(y) ∈ Fi ∩ F .
Comme hi est un isomorphisme, alors, il existe zi ∈ F ∩ Fi
tel que hi (zi ) = Qi (f )(yi ). (∗)
Compte tenu de yi ∈ Fi et zi ∈ Fi pour tout i ∈ {1, ..., r};
(∗) devient, gi (zi ) = gi (yi ).
En fait, gi est un isomorphisme, alors yi = zi ∈ F ∩ Fi .
On en déduit que :
y = y1 + ... + yr , avec yi ∈ F ∩ Fi , ∀i ∈ {1, ..., r}.
Par conséquent, F ⊂ F ∩ F1 + ... + F ∩ Fr , d’autre part il est
Xr
immédiat que F ∩ F1 + ... + F ∩ Fr ⊂ F , ainsi F = F ∩ Fi .
i=1
Connaissant de plus que F1 , ..., Fr sont en somme directe, on
en déduit :
r
M
F = F ∩ Fi .
i=1

(c) i. On a, ker Pi (f ) = Fi .
On peut alors écrire ∀x ∈ Fi , 0 = Pi (f )(x) = Pi (fi )(x).
Ainsi :
Pi (fi ) = e
0.

ii. En fait Fi n’est pas réduit à l’élément neutre car sinon


Uf
devient un polynôme annulateur de f de degré stricte-
Pi
ment inférieur à n0 . De plus Pi est un polynôme irréductible
de K[X] annulateur de fi , alors, il résulte de la question
I.3 que fi est un endomorphisme semi-simple de Fi .

4. Soit F un sous-espace vectoriel de E stable par f .

110
Corrigé Endomorphismes semi-simples

r
Y
on a, Uf = Pi où P1 , ..., Pr sont des polynômes irréductibles
i=1
unitaires deux à deux distincts.
On pose Fi = ker Pi (f ). D’après la question II.3.(b) on obtient :
Mr
F = F ∩ Fi .
i=1
Fixons arbitrairement i élément de {1, ..., r}.
Le sous-espace vectoriel F ∩ Fi est stable par fi , ce dernier est un
endomorphisme semi-simple de Fi , donc il existe un supplémentaire
Gi de F ∩ Fi dans Fi stable par fi donc par f .
Mr Mr M
Or E = Fj , alors E = ( Gj ) F.
j=1 j=1
r
M
Ainsi, Gi est un supplémentaire de F , qui est stable par f .
i=1
D’où :
f est semi-simple .

5. Il résulte de la question II.2 que :


si f est semi-simple, alors Uf est un produit de polynômes
irréductibles unitaires deux à deux distincts.
Réciproquement
soit P ∈ K[X] tel que P (f ) = e
0 et P est un produit de polynômes
irréductibles unitaires deux à deux distincts.
La question I.1.(c) donne Uf divise P , par suite Uf est un produit
de polynômes irréductibles deux à deux distincts.
On en conclut, d’après la question II.4, que f est semi-simple.

Partie III

111
Corrigé Endomorphismes semi-simples

1. Remarquons que les polynômes irréductibles de C[X] sont les polynômes


de degré 1, et compte tenu de la question II.5 Il vient que les as-
sertions suivantes sont équivalentes :

• l’endomorphisme f est semi-simple;


• il existe un polynôme P de C[X] annulateur de f qui est
un produit de polynômes unitaires irréductibles deux à deux
distincts de C[X];
• il existe un polynôme P de C[X], annulateur de f à racines
simples.

Or la dernière assertion est équivalente à dire que f est diagonal-


isable . On en déduit que :

f est semi-simple si, et seulement si, f est diagonalisable .

2. Si f est semi-simple, alors il existe un polynôme Q de R[X], an-


nulateur de f qui s’écrit sous la forme :
Yr
Q= Qi où Q1 , ..., Qr sont des polynômes irréductibles unitaires
i=1
deux à deux distincts de R[X].

Les polynômes unitaires, irréductibles de R[X] sont les polynômes


de la forme X +λ où λ ∈ R et les polynômes de la forme X 2 +aX +b
avec a, b ∈ R et a2 −4b < 0. Les racines complexes deux à deux dis-
tinctes non réelles de Q si elles existent sont simples et se classent
par couples de racines complexes conjuguées γ1 et γ1 ,...,γs et γs .

Ainsi : Q est un polynôme scindé sur C à racines simples et annu-


lateur de A.

On en déduit que :

A est diagonalisable dans Mn (C).

Réciproquement

si A est diagonalisable dans Mn (C), alors il existe P ∈ C[X],


unitaire et à racines simples dans C tel que P (A) = 0.

112
Corrigé Endomorphismes semi-simples

On note γ1 , ..., γs toutes les racines de P , si elles existent,

vérifiant :

pour tout k ∈ {1, ..., s}, γk n’est pas une racine de P . Dans ce cas
on pose :
s
Y
Q(X) = P (X) (X − γi ).
i=1
Sinon, on pose Q(X) = P (X). Les racines complexes deux à deux
distinctes non réelles de Q si elles existent se classent par couples de
racines complexes conjuguées. Remarquons que si λ est un nombre
complexe non réel, (X − λ)((X − λ) est un polynôme irréductible
de R[X]. De plus toutes les racines de Q dans C sont simples.

Ainsi :

Q est un produit de polynômes irréductibles unitaires deux à deux


distincts de R[X] et est annulateur de A donc de f .

Conclusion:

f est un endomorphisme semi-simple de E.

113

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