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Hydrologie et Bassins Versants

Ce chapitre présente une introduction à l'hydrologie en décrivant le cycle de l'eau et les principaux concepts liés aux bassins versants, notamment leur délimitation, leurs caractéristiques géométriques et physiques.

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skhiri mohamed amine
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Hydrologie et Bassins Versants

Ce chapitre présente une introduction à l'hydrologie en décrivant le cycle de l'eau et les principaux concepts liés aux bassins versants, notamment leur délimitation, leurs caractéristiques géométriques et physiques.

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

Chapitre I Hydrologie

I. Introduction
L’eau obéit dans la nature à un cycle dont l’origine est matérialisée par les précipitations.
L’hydrologie est la science qui étudie ce cycle ainsi que ses paramètres fondamentaux : pluie,
ruissellement, infiltration, évapotranspiration.

L'étude hydrologique consiste à définir les caractéristiques des crues afin de prédéterminer
les débits et les volumes ruisselés des écoulements de surface pour pouvoir dimensionner les
ouvrages hydrauliques, tel que les ponts, les dalots, les buses, les fossés, les canaux, etc. Ces
derniers assureront le drainage des eaux de ruissellement.

II. Bassin Versant

1. Définition
Un bassin versant (BV) en un point ou à une section droite d’un cours d’eau, est défini
comme la totalité de la surface topographique drainée par ce cours d’eau. Il est délimité par
des lignes de partage des eaux (lignes de crête). Il fonctionne comme un collecteur chargé de
recueillir les précipitations et de les transformer en écoulement à l'exutoire pour former un
cours d’eau (Figure II-1).

Figure II-1 Bassin versant.

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

2. Délimitation des bassins versants


Un bassin versant est limité par des lignes de partage des eaux. Ces dernières sont des
crêtes rejoignant la section par deux lignes de pente. Le bassin versant hydrologique est alors
confondu avec le bassin versant topographique (Figure II-2).

Figure II-2 BV hydrologique -BV topographique.


La délimitation des bassins versants est faite suivant les lignes de crêtes; en les joignant et
en respectant les lignes de Talweg, qui sont les lignes d’écoulement des eaux des bassins et
ainsi la surface drainée par l’écoulement principal.

Avant le développement de la micro-informatique et jusqu’à un passé récent, la


délimitation des bassins versants se faisait de manière directe sur un fond topographique ou
des cartes d’Etat-major (Figure II-3). La surface était calculée par planimétrage (à l’aide d’un
planimètre). Actuellement les fonds topographiques sont scannés et la délimitation se fait sur
PC grâce à des logiciels tel que global mapper et Arcgis, ces logiciels permettent également
de calculer les surfaces et périmètres de bassins versants. La Figure 3 montre la délimitation
des bassins versants d’un tronçon de la route locale RL853 dans la région du Sahel sur carte
d’Etat-major (Figure II-3a) et avec le logiciel global mapper (Figure II-3b). La Figure II-4
montre la délimitation du bassin versant d’un pont de franchissement de l’oued Miliaine avec
le logiciel global mapper. La Figure II-5 présente un relief et un réseau hydrographique d’un
BV.

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

(a) Délimitation des BV sur carte d’Etat-Major

(b) Délimitation des BV avec le logiciel global mapper.


Figure II-3 Délimitation des BV d’un tronçon de la RL 853 dans la région du Sahel

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

Figure II-4 Délimitation du BV d’un pont de franchissement de l’oued Miliaine avec


le logiciel global mapper

Figure II-5 Relief et réseau hydrographique d’un BV

Un bassin versant est souvent décomposé en sous bassins élémentaires selon les critères
suivants - Répartition en fonction de l’altitude.

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

- Répartition en fonction de la surface occupée par des glaciers pour les bassins de haute
montagne. (Cette répartition est bien fondée compte tenu de l’influence des glaciers sur les
débits).

- Répartition en fonction de la nature lithologique et notamment de la perméabilité (celle-ci


intervient sur la rapidité de montée des crues et sur la valeur des débits d’étiage qui sont
influencés par les nappes souterraines).

La Figure II-6 montre le bassin versant de l’oued El Kébir (situé au nord-ouest de la ville de
Sousse) décomposé en cinq sous bassins en fonction de la densité de drainage.

Figure II- 6 Division du BV de l’oued El Kébir en sous-BV en fonction de la densité de


drainage.

III. Caractéristiques d’un Bassin Versant


Un bassin versant est caractérisé généralement par :

- La morphologie : la forme géologique du terrain et les pentes des reliefs.

- La nature des terrains : la nappe d'eau et la couverture végétale.

- Le climat de la région : l'humidité, la température, l'intensité des précipitations, leur


durée et leur période de retour.

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

1. Caractéristiques géométriques d’un bassin versant


Chaque bassin versant se caractérise par différents paramètres géométriques : surface,
périmètre, longueur d’écoulement, etc.

a) Surface A :
C’est l’aire de la portion du plan délimitée par la ligne de crête ou le contour du bassin.

b) Périmètre P:
C’est la longueur, de la ligne de contour du bassin.

c) Longueur d’écoulement L :
C’est la distance depuis l’exutoire jusqu’à la ligne de partage des eaux.

d) Pente moyenne Im :
C’est une caractéristique importante qui renseigne sur la topographie du bassin versant.
Elle donne une bonne indication sur le temps de parcours du ruissellement direct et influence
directement le débit de pointe lors d'une averse.

Plusieurs méthodes ont été développées pour estimer la pente moyenne d'un bassin. Toutes
se basent sur une lecture d'une carte topographique réelle ou approximative.

• 1ère méthode :

La pente moyenne « Im » est donnée par la relation suivante :


𝟐

𝑳
𝑰𝒎 =
𝑳
∑ 𝒌
√𝑰𝒌
( )

Avec :

Im : La pente moyenne du bassin (en %)

L : Longueur totale du cours d’eau (en km).

𝑳 = ∑ 𝑳𝒌

Lk : Longueur des différents tronçons du cours d’eau (en km).

Ik : Pente de chaque tronçon du cours d’eau (en %).

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• 2ème méthode :

La pente moyenne « Im » est déterminée à partir de la relation suivante :

(𝐇𝐦𝐚𝐱 − 𝐇𝐦𝐢𝐧 )
𝑰𝒎 =
𝐋

Avec :

Im : Pente moyenne d’un cours d’eau (en m/m)


Hmax : L'altitude du point le plus élevé du bassin tandis (en m).
Hmin : L'altitude du point le plus bas, généralement à l'exutoire (en m).
L : Longueur d’écoulement d’un cours d’eau principal (en m). (Longueur du
talweg)

e) Coefficient de compacité
La forme du bassin versant est définie par le coefficient de compacité Kc de Gravélius, qui
établit une relation entre le périmètre du bassin versant et celui d’un cercle à surface égale.
Ainsi le coefficient a été calculé à partir de la formule suivante :

𝑷
𝑲𝑪 = 𝟎. 𝟐𝟖 ×
√𝑨

Avec :

P : Périmètre du bassin versant (en km).

A : Surface du bassin versant (en km2)

Cet indice renseigne sur la forme du bassin versant et permet de comparer les bassins
versants entre eux, celui-ci sera de plus en plus rond lorsque kc s’approche de 1 (Figure II-7).

Figure II-7 Valeurs de Kc suivant la forme du BV.

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2. Caractéristiques physiques d’un bassin versant

a) Période de retour T :
La récurrence d’une pluie, correspond à la probabilité que survienne une pluie donnée et au
risque qui lui est associée. Généralement, la période de retour T est choisie en fonction de la
superficie des bassins versant ainsi que de l’importance de leurs écoulements. Ainsi, le degré
de protection à assurer résultera d’un nécessaire compromis entre l’aspiration à une protection
absolue pratiquement irréalisable et le souci de limiter tout le coût de l’investissement.

En Tunisie, les périodes de retour adoptées sont les suivants:

• Pour les barrages T = 100 ou 500 ans ou même 1000 ans

• Pour les ponts T = 100 ans (débit centennal)

• Pour les routes et suivant la note circulaire du Ministère de l’Equipement


n°D/2019/40/1054 du 06 Septembre 2019:

▪ Pour les autoroutes, les routes express et les rocades : T = 100 ans quel que
soit la taille du bassin versant.

▪ Pour les routes classées (RN, RR, RL) : la période de retour dépend de la
surface du bassin versant et de l’importance du trafic suivant le Tableau II-1.

Tableau II-1 Choix de la période de retour pour les routes classées.

Surface du BV

Trafic journalier

Moyen Prévisible à l’horizon du A < 10 Km2 10 Km2 ≤ A <100 Km2 A ≥ 100 Km2
projet

(véhicule /jour)

T ≤ 650 30 ans 50 ans 100 ans

650 < T ≤3300 50 ans 50 ans 100 ans

T > 3300 100 ans 100 ans 100 ans

▪ Pour les pistes rurales

- T = 100 ans pour les BV de surface A ≥ 100 km2

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- T = 50 ans pour les BV de surface 10 km2 ≤ A < 100 km2

- T = 30 ans pour les BV de surface A < 10 km2

b) Temps de Concentration tc:


C’est le temps mis par la goutte d’eau la plus éloignée pour arriver à l’exutoire. Il dépend
de la forme, de la pente, de la nature du sol, de la couverture végétale du bassin versant et de
l’évènement pluvieux.

De nombreuses formules permettent de calculer le temps de concentration sur un bassin


versant. A chacune de ces formules sont applicables un domaine de validité, que ce soit pour
la taille des bassins versants étudiés ou pour les résultats obtenus.

Généralement pour les bassins versants de superficie inférieure à 25 km², on utilise les
formules de Ventura ou de Kirpich et pour les bassins versants de superficie supérieure à
25 km², on utilise la formule de Passini.

➢ Formule de Ventura :
La formule de Ventura est exprimée par l’expression suivante :

𝑨
𝒕𝒄 = 𝟕. 𝟔 × √
𝑰

Avec :

tc : temps de concentration (en min).

A : L’aire du bassin versant (en km²).

I : Pente du bassin versant (en m/m).

➢ Formule de Passini :
La formule de Passini est exprimée par l’expression suivante :

𝟑
√𝑨 × 𝑳
𝒕𝒄 = 𝟔. 𝟒𝟖 ×
√𝑰

Avec :

tc : temps de concentration (en min).

A : l’aire du bassin versant (en km²).

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

L : longueur du cours d’eau principal (en km). (Longueur du talweg)

I : pente du bassin versant (en m/m).

➢ La formule de Kirpich :
La formule de Kirpich est exprimée par l’expression suivante :

𝒕𝒄 = 𝟎. 𝟎𝟏𝟗𝟓 × 𝑳𝟎.𝟕𝟕 × 𝑰−𝟎.𝟑𝟖𝟓

Avec :

tc : temps de concentration (en min).

L : longueur du cours d’eau principal (en m). (Longueur du talweg)

I : pente du bassin versant (en m/m).

c) Intensité de pluie i :
L’intensité d’une pluie i (t), est le rapport du volume d’eau tombé pendant une
durée t donnée sur une surface donnée. L'intensité de pluie i (t) est considérée uniforme dans
l’espace et au cours du temps de concentration tc.

Ainsi, une précipitation pluviale est caractérisée par sa durée t et par son intensité i (t) qui
est variable pendant la durée de chute.

L’étude statistique des relevés pluviométriques permet de représenter les intensités


moyennes « i (t) » de durée « t » pour une période de retour « T » :

𝒊(𝒕, 𝑻) = 𝒂(𝑻) × 𝒕𝒄 𝒃(𝑻) ∶ 𝐹𝑜𝑟𝑚𝑢𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑀𝑜𝑛𝑡𝑎𝑛𝑎

Avec :

i (t, T) : intensité maximale de la pluie de durée « t » et de fréquence de dépassement « F »


(en mm/h).

tc : temps de concentration (en h).

a (T), b (T) : Coefficients de Montana {Les coefficients de Montana utilisés, sont les
coefficients locaux de la station météorologique automatique la plus représentative du
territoire d’étude}.

L’intensité de pluie peut être aussi déterminée en fonction des courbes IDF (Intensité-
Durée-Fréquence) relatives à chaque région et aussi en fonction de la période de retour.

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

La Figure II-8 représente les courbes IDF de la région de Gabès.

1000

100
Intensité en mm/h

100 ans
50 ans
20 ans
10 ans
10 5 ans
2 ans

1
1,0 10,0 Durée en min 100,0 1000,0

Figure II-8 Courbe IDF de la Station météorologique de Gabès

d) Le coefficient de ruissellement Cr :
Cr est définie comme étant le rapport du volume d’eau ruisselé sur le volume d’eau total
précipité sur le bassin versant.

𝑽𝒐𝒍𝒖𝒎𝒆 𝒅′ 𝒆𝒂𝒖 𝒓𝒖𝒊𝒔𝒔𝒆𝒍é


𝑪𝒓 =
𝑽𝒐𝒍𝒖𝒎𝒆 𝒅′ 𝒆𝒂𝒖 𝒕𝒐𝒕𝒂𝒍

Ce coefficient, qui traduit l’imperméabilisation naturelle ou artificielle (revêtement des


chaussées et des trottoirs), peut toutefois varier dans une certaine mesure, en fonction de la
pente du sol et de la durée de la précipitation (saturation des terres).

▪ Pour les zones urbaines

Ce coefficient est pratiquement égal, pour un bassin homogène urbanisé, au rapport de la


surface imperméabilisée à la surface totale :

𝑺𝒖𝒓𝒇𝒂𝒄𝒆 𝒊𝒎𝒑𝒆𝒓𝒎é𝒂𝒃𝒍𝒆
𝑪𝒓 ~
𝑺𝒖𝒓𝒇𝒂𝒄𝒆 𝒕𝒐𝒕𝒂𝒍𝒆

Pour des surfaces partielles Aj, on peut prendre les valeurs Cj données dans le Tableau II-2.

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Tableau II-2 Valeurs de Cr élémentaires en zone urbaines

Valeurs de Cj

Parties imperméabilisées 0.9

Voies non goudronnées 0.35

Allées piétonnières (gravier) 0.25

Parcs boisés 0.10

Nous pouvons déterminer ainsi, les valeurs du coefficient de ruissellement équivalent Créq,
par la relation suivante :

∑ 𝑪𝒋 𝑨𝒋
𝑪𝒓é𝒒 =
∑ 𝑨𝒋

▪ Pour les zones rurales

Cr diminue lorsque la superficie du bassin versant augmente. D’autre part, il varie dans le
même sens que la pente du bassin.

Un terrain perméable, une couverture végétale dense abaissent considérablement le


coefficient de ruissellement.

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

Tableau II-3 Valeurs de Cr en zones rurales

Pente Indice de végétation Coefficient de ruissellement

Période de retour Période de retour


(10 ans et 20 ans) (50 ans et 100
ans)

Pente faible Plus de 50% de la surface 0.3 0.4


(Bassins de est couverte de végétation
plaines)
De 30 à 50% de la surface 0.4 0.5
est couverte de végétation
I < 15 %
Moins de 30% de la 0.5 0.6
surface est couverte par la
végétation

Pente forte Plus de 50% de la surface 0.4 0.5


(Bassin de est couverte de végétation
montagne)
De 30 à 50% de la surface 0.5 0.6
est couverte de végétation
I > 15 %
Moins de 30% de la 0.6 0.7
surface est couverte par la
végétation

IV. Estimation des débits de crues


Il existe plusieurs méthodes empiriques de calcul de débit de crues pour un bassin versant.
Le choix de la méthode dépend essentiellement des caractéristiques du bassin versant.

1. La méthode rationnelle
La méthode rationnelle permet de déterminer à l’aide d’une formulation simple les débits
de pointe à l’exutoire d’un bassin versant. Elle est basée sur l’utilisation du temps de
concentration tc . Elle donne d’assez bons résultats pour les petits bassins (superficie
inférieure à 25 km²).

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Le débit de la crue exprimé en (m3/s), est donné par la formule suivante :

𝑸 (𝑻) = 𝟎, 𝟐𝟕𝟖 × 𝑲𝒂 × 𝑪𝒓 × 𝒊 × 𝑨

Avec :

Q (T) : Débit de pointe de période de retour « T » à l’exutoire du bassin (en m3/s).

Ka : Coefficient d’abattement spatial de la pluie.

Cr : Coefficient de ruissellement

i : Intensité de pluie pour une période de retour « T » (en mm/h).

A : Superficie du bassin versant (en km²).

Coefficient d’abattement spatial Ka

Afin de prendre en compte le fait qu’un évènement pluvieux intense ne se produit pas de
manière homogène sur un bassin versant de quelques dizaines de kilomètre carré (km²) , un
coefficient d’abattement Ka. Le Tableau II-4 donne les valeurs du coefficient d’abattement
Ka correspondant aux différentes valeurs de superficies des bassins versants :

Tableau II-4 Valeurs du coefficient d’abattement « Ka »

A [en km²] A < 25 25 < A < 50 50 < A < 100 100 < A < 200

Ka 1 0.95 0.9 0.85

La Figure II-9 donne l’organigramme de la méthode rationnelle.

Caractéristiques du bassin
A
Superficie
Coefficient de
ruissellement C Q= 0.278.Ka.C.i.A
Nature du terrain

Nature de la végétation I Temps de Intensité


L concentratration maximale
i
Pente
Longueur
Paramètres
a, b
Climatologie

Courbes Intensités -Durées -Fréquences

Figure II-9 Organigramme de la méthode rationnelle

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Application :

Calculer le débit traversant le bassin versant non urbanisé de caractéristiques :

A = 50 ha ; I = 0.2 % ; C = 0.3 ; T = 20 ans (a = 827.4 et b = -0.85)

2. Méthode de Caquot
La méthode superficielle ou bien dite le modèle de Caquot est une évolution de la méthode
rationnelle ; un modèle mis au point par Albert Irénée Caquot (compte rendu de l’Académie
des Sciences du 20 octobre 1941).

En faisant intervenir tous les mécanismes de l’écoulement, cette méthode permet de


calculer aux divers points caractéristiques des tronçons, le débit de pointe qui servira à la
détermination ultérieure des dimensions hydrauliques des ouvrages évacuateurs.

C’est une des caractéristiques de la méthode qui oblige, dans le cours de calcul la
détermination des caractéristiques essentielles pour évaluer le temps de concentration.

C’est un modèle déterministe de définition du débit de pointe prenant en considération


l’effet de capacité du réseau, ce qui est important du point de vue des investissements.

Mais à la différence de la méthode rationnelle, il ne s’adresse qu’aux surfaces urbaines


drainées par des réseaux.

Le débit de la crue exprimé en m3/s, est donné par la formule suivante :

𝑸(𝑻) = 𝒎 × 𝑲𝟏⁄𝒖 × 𝑪𝟏⁄𝒖 × 𝑰𝒗⁄𝒖 × 𝑨𝒘⁄𝒖

Avec :

Q (T) : Débit de pointe au cours de la pluie en aval du bassin versant pour une période de
retour T (en m3/s).

m : Coefficient de correction de débit

I : Pente moyenne du bassin versant (en m/m).

C : Coefficient de ruissellement.

A : Superficie du bassin versant (en hectares «ha»).

K, u, v et w : Dépendent des coefficients de Montana a et b.

Avec :

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𝒂 𝟎. 𝟓𝒃
𝒌= ×
𝟔𝟎 𝟔. 𝟔

𝒖 = 𝟏 + 𝟎. 𝟐𝟖𝟕 𝒃 𝒂𝒗𝒆𝒄 (𝟎 < 𝒖 < 𝟏)

𝒗 = −𝟎. 𝟒𝟏 𝒃

𝒘 = 𝟎. 𝟗𝟓 + 𝟎. 𝟓𝟎𝟕 𝒃

𝑴 𝒖′
𝒎=( )
𝟐
𝟎. 𝟖𝟒 𝐛
𝐮′ =
𝐮

Et « M » le coefficient de l’allongement défini par :

𝑳
𝑴=  𝟎. 𝟖
√𝑨

Avec :

L : Le plus long cheminement hydraulique (en m).

A : Superficie du bassin versant (en m²).

Les limites de validité de cette formule sont :

- Superficie : A ≤ 200 ha

- Pente : 0.2 % ≤ I ≤ 5 %

- Coefficient de ruissellement : 0.2 ≤ C ≤ 1

Application :

Calculer le débit traversant le bassin versant urbanisé ayant les caractéristiques suivantes :

A = 20 ha ; L = 1000 m ; I = 0.3 % ; C = 0.7 ; T = 10 ans (a = 420 et b = -0.7)

3. Méthode de Francou-RODIER (1967)

Le débit de la crue exprimé en m3/s, est donné par la formule suivante :

𝑨 𝟏− 𝑲
𝑸 = 𝑸𝟎 × ( ) 𝟏𝟎
𝑨𝟎

Avec :

A : superficie du bassin versant (en km2).

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K : Coefficient en fonction des caractéristiques du bassin et de la période de retour.

Q0 = 106 m3/s.

A0 = 108 km².

Par exemple, l’observation de crue dans la région de Tunis a permis d’établir les valeurs du
coefficient K données dans le Tableau II-5.

Tableau II-5 Constante de la formule de Francou-Rodier dans la région de Tunis

Période de retour 10 20 50 100

K 3.8 3.85 3.98 4.15

Application :

Calculer le débit de l’oued Maztouria (au niveau de la RN19 au pk 50.7) dans la région de
Tataouine ayant les caractéristiques suivantes :

A = 98 km2 ; K = 4.5 (T = 100 ans)

4. Méthode de Ghorbel (1984)


Cette méthode est basée sur l’utilisation de paramètres régionaux relatifs aux débits de
pointes à partir d’études statistiques des débits maximaux observés dans les stations
hydrométriques répartis à travers le réseau hydrographique du pays.

𝑸 = 𝑹𝑻 × 𝑸𝒎𝒐𝒚

Q : Débit maximum (en m3/s).

Qmoy : Débit moyen des débits maximum d’un échantillon (en m3/s).

RT : Valeur régionale représentant le rapport des débits et qui dépend de la période de retour.

Ensuite, Ghorbel a distingué 3 zones à savoir:

Zone I: L’Ichkeul, l'extrême nord et les affluents rive gauche de la Medjerdah.

Zone II: La Medjerdah avec ses affluant rive droite, le Cap Bon et le Zeroud à Khanguet
Zazia

Zone III: Le Miliane, le Merguellil, la branche nord du Zéroud.

L'estimation de Qmoy (en m3/s) et par la suite le calcul du débit de crue Q est effectuée par
zone à l'aide des formules suivantes:

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

a) Oueds appartenant à la dorsale avec une pente I > 5% (tel que Oued Abid, O.
Kébir à Sidi Aouidet, O. Haffouz et O. Oudiane)

𝑸𝒎𝒐𝒚 = 𝟐. 𝟖𝟔 × 𝑨𝟎.𝟖

Avec :

A : Surface du BV (km2).

𝑹𝑻 = 𝟏. 𝟒𝟕 × 𝑻𝟎.𝟒 − 𝟏. 𝟑𝟓

Ainsi, le débit de crue est égal à :

𝑸 = 𝟐. 𝟖𝟔 × 𝑨𝟎.𝟖 × (𝟏. 𝟒𝟕 × 𝑻𝟎.𝟒 − 𝟏. 𝟑𝟓)

b) Autres Oueds des zones I, II et III.

𝟏, 𝟎𝟕𝟓 𝐏𝐥 × ∆𝐇
𝑸𝒎𝒐𝒚 = 𝐀𝟎,𝟖 [ √ − 𝟎, 𝟐𝟑𝟐]
𝑲𝒄 𝐋

Avec :

A : Surface du BV (km2).

ΔH : Différence entre altitude de la médiane et l’altitude de l’exutoire (m).

Pl : Pluviométrie moyenne annuelle sur le BV (m).

L : Longueur de l’Oued (km).

Kc : Indice de compacité.

D'autre part :

- Zone I : RT = 1.33 log T + 0.46

- Zone II : RT = 1.07 T0.4 - 0.71

- Zone III : RT = 1.47 T0.4 - 1.35

Ainsi, le débit de crue est égal à :

𝟏, 𝟎𝟕𝟓 𝐏𝐥 × ∆𝐇
𝑸 = 𝑹𝑻 × 𝐀𝟎,𝟖 [ √ − 𝟎, 𝟐𝟑𝟐]
𝑲𝒄 𝐋

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c) Région du Sud et du Sahel de Sfax

𝑸𝒎𝒐𝒚 = 𝟖𝟓 × 𝐥𝐨𝐠 (𝑨)

RT est déterminé d’après le Tableau II-6 suivant:

Tableau II-6 Valeur de RT pour les régions du Sud et du Sahel de Sfax pour la
formule de Ghorbel

T (ans) 10 20 50 100

Sud 2,2 3,7 6,7 9,2

Sahel de Sfax 2,5 3,5 5,1 6,2

Ainsi, le débit de crue est égal à :

𝑸 = 𝑹𝑻 × 𝟖𝟓 × 𝐥𝐨𝐠 (𝑨)

Application :

Calculer le débit d’Oued Ghezala (Ichkeul) ayant les caractéristiques suivantes :

A = 53 km2 ; Kc = 1.59 ; Hmax = 204 m ; Hmin = 22 m ; L = 18.5 km ; Pl = 680 mm

5. Méthode de Kallel (1979)


Cette formule est établie par suite d’un inventaire de tous les débits spécifiques maximaux
en Tunisie. Ainsi le débit est défini par la formule suivante :

𝐪 = 𝐐𝟎 . 𝐀𝛂 . 𝐓 𝛃

Avec :

Q0 : débit spécifique (en m3/s/ km2)

A : superficie du bassin versant (en km2)

T : période de retour (en ans)

α et β : constantes régionales

Ainsi, le débit maximum en m3/s est égal à :

𝐐 = 𝐪 .𝐀

- Pour la Tunisie du nord : Q = 5,5 . A0,5 . T0,41

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- Pour le noyau de la dorsale tunisienne : Q = 2,6 . A0,8 . T0,41

- Pour la Tunisie centrale : T = 10, 20 ans : Q = 12,3 . A0,5 . T0,41

T = 50, 100 ans : Q = 24,7 . A0,5 . T0,41

- Pour la Tunisie méridionale : Q = 12,35 . A0,5 . T0,41.

Cette formule n’est valable que pour des bassins versants de superficie supérieure à 100
km2.

Application :

Calculer le débit de l’oued El Masri (au niveau du barrage) dans la région de Cap Bon ayant
les caractéristiques suivantes :

A = 40 km2 ; T = 100 ans

6. Méthode de Frigui (1995)


C’est une méthode qui consiste à déterminer les débits spécifique maximums d’une période
de retour T. Ainsi le débit est calculé en m3/s par la formule suivante :

𝑸 = 𝒒𝑻 × 𝑨

Avec :

A : superficie du bassin versant en km2

qT : débit maximum spécifique de période de retour T en m3/s/km2. Il est égal à :

𝑨𝒎
𝒒𝑻 = 𝝀𝑻
(𝑨 + 𝟏)𝒏
Avec :

Am : paramètre caractérisant la nature du débit maximum spécifique


n : coefficient de réduction du module de l'écoulement maximum
Tableau II-7 Valeurs des constantes régionales de Frigui
Régions de la Tunisie Am n
Nord 26.2 0.47
Medjerda 53.5 0.53
Cap-Bon et Meliane 38.4 0.44
Centre et Sud 76.7 0.44

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

λT : coefficient d'ajustement pour la période de retour T considérée


Tableau II-8 Valeurs de λT
Période de retour T
Régions de la Tunisie 10 ans 20 ans 50 ans 100 ans
Nord 0.45 0.58 0.8 1
Medjerda 0.38 0.54 0.78 1
Cap bon et Meliane 0.35 0.50 0.77 1
Centre et Sud 0.33 0.48 0.74 1

Application :

Calculer le débit d’un bassin versant situé au niveau de la route régionale RR174 dans le
gouvernorat de Siliana et ayant les caractéristiques suivantes :

A = 12.7 km2 et T = 50 ans.

7. Méthode de Speed (formule de SOGREAH 1995)


La formule de SOGREAH, a été élaborée dans le cadre du projet national de protection
contre les inondations, par le Groupement : « SERAH/SOGREAH » pour le compte du
Ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du terroir en 1995. Dans cette étude
SOGREAH a développé une méthode d’évaluation des débits de crues, dite régionale, basée
sur l’étude statistique des données d’observation hydrométrique disponible et prenante en
compte les caractéristiques des bassins versants. Cette formule est applicable pour la Tunisie
Centrale, pour le Sahel et pour le Sud et aux bassins versants de superficie variant de 0 à
5000 km2.

Les débits de pointe de crues sont calculés en m3/s par la formule régionalisée suivante :

𝑷𝑻 − 𝑷𝟎
𝑸𝑻 = × 𝑨𝟎.𝟕𝟓
𝟏𝟐
Avec :

A : Superficie du bassin en km2

PT : Pluie journalière de période de retour T en mm

P0 : Seuil de ruissellement en mm

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Chapitre I – Hydrologie Hend Zbidi & Sawssen Ben Said

La détermination de la pluie journalière fréquentielle PT peut se faire soit en utilisant les


valeurs fournies par les cartes régionales, soit en procédant à l’analyse fréquentielle des séries
pluviométriques en utilisant une distribution statistique, celle de Gumbel par exemple.

Les valeurs de P0, P10 et P100 sont fournies par les cartes de synthèse pluviométriques
régionalisées. Par exemple, le tableau II-9 donne les valeurs de P0, P10 et P100 pour la région
de Sidi Bouzid, Djerba et Zarzis.

Tableau II-9 Exemples des valeurs tirées des cartes régionales

P0 P10 P100

Sidi Bouzid 20 80 200

Djerba 40 80 250

Zarzis 40 110 250

L’ajustement des données selon la loi de Gumbel permettra la détermination de la pluie


journalière pour une période de retour T. La variable de Gumbel s’écrit :

𝟏
𝒀𝑻 = −𝑳𝒏 (−𝑳𝒏 (𝟏 − ))
𝑻

Ainsi, la pluie journalière est égale à :

(𝑷𝟏𝟎𝟎 − 𝑷𝟏𝟎 ) × (𝒀𝑻 − 𝒀𝟏𝟎 )


𝑷𝑻 = 𝑷𝟏𝟎 +
𝒀𝟏𝟎𝟎 − 𝒀𝟏𝟎

Application :

Calculer le débit d’un bassin versant dans la région de Sidi Bouzid pour une période de retour
T = 50 ans et dont la superficie A = 15 km2.

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