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Le Crédit Documentaire

Ce document décrit le crédit documentaire, une technique bancaire qui facilite les transactions commerciales internationales en créant un climat de confiance. Il explique les principes fondamentaux du crédit documentaire, les parties impliquées, les étapes du processus et les règles qui le régissent.

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Le Crédit Documentaire

Ce document décrit le crédit documentaire, une technique bancaire qui facilite les transactions commerciales internationales en créant un climat de confiance. Il explique les principes fondamentaux du crédit documentaire, les parties impliquées, les étapes du processus et les règles qui le régissent.

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UH2-C ; FSJES-AIN CHOC ; MEI ; Module : Techniques du Commerce International ; Prof. M.

SEGHIR ; AU :2023/24

LE CREDIT DOCUMENTAIRE
Lorsqu'un vendeur et un acheteur situés dans des pays différents, envisagent de nouer
des transactions commerciales, à priori, un problème fondamental se pose ; celui de la
confiance. A ce niveau, il est donc nécessaire pour éviter ce problème, de mettre au point une
formule de paiement qui permet au vendeur d’être payé et a l'acheteur de recevoir sa
marchandise : il s’agit du crédit documentaire. Cette technique fait intervenir des banques et
facilite les transactions commerciales en créant un climat de confiance entre fournisseurs et
acheteurs.

§1. Principes fondamentaux du crédit documentaire

A. Le cadre réglementaire du crédit documentaire

Compte tenu des difficultés et des risques liés aux opérations internationales, le crédit
documentaire est le moyen de règlement qui offre le maximum de garanties pour
l’importateur et l’exportateur.
Les Règles et Usances Uniformes (RUU) relatives aux crédits documentaires éditées par
la Chambre de Commerce Internationale sont publiées pour la première fois en 1933. Elles
ont été périodiquement actualisées pour tenir compte de l'évolution du commerce
international. La dernière révision, brochure n° 600, entrée en application le 1er juillet 2007
est la sixième publication en la matière.

L'uniformisation de ces Règles constitue un code universel et l'ensemble des banques du


monde entier l’applique. Ces Règles n'ont pas cependant force de loi. Elles sont toujours
mentionnées dans les demandes d'ouverture des crédits documentaires.
Selon les RUU 600, le crédit documentaire (Credoc, lettre de crédit, letter of credit)
« est un arrangement irrévocable, consistant en un engagement définitif de la banque
émettrice d’honorer à condition que la présentation des documents soit conforme ».

Le crédit documentaire est donc une opération bancaire par laquelle une banque dite «
émettrice » s’engage à la demande de son client donneur d’ordre, à régler à un vendeur dit «
bénéficiaire », un certain montant, à un terme convenu, contre remise de documents
conformes prouvant la bonne exécution de la livraison ou des prestations.
En effet, lorsqu'un contrat de vente ou tout autre document analogue stipule que le
paiement sera garanti par un crédit documentaire, l'acheteur demandera à sa banque d'en
ouvrir un en faveur du vendeur. Ce crédit documentaire représente en fait, l'accord de la
banque de mettre à la disposition du vendeur - en lieu et place de l'acheteur - une somme
convenue, à des conditions précises.
Lorsque le vendeur est au bénéfice d'un tel crédit documentaire, il est assuré que le
paiement sera effectué, par une partie indépendante, dès qu'il aura livré la marchandise,
présenté à la banque les documents prescrits et rempli les autres conditions du crédit
documentaire.
De son côté, l'acheteur a la certitude que le montant indiqué dans le crédit documentaire
ne sera mis à disposition que si les conditions qu'il a prescrites sont remplies.

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B. Les parties présentes dans le crédit documentaire


- Le donneur d’ordre ou importateur (applicant) : c’est le destinataire de la marchandise
ou du service qui charge une banque de son choix d’émettre le crédit, s’engageant ainsi en son
lieu et place, conformément à ses instructions, précisant les conditions de réalisation et
notamment la présentation de documents précis à remettre par le bénéficiaire
- Le bénéficiaire ou exportateur (beneficiary) : c’est la partie en faveur de laquelle le crédit
est émis et qui doit, en contrepartie du bénéfice du paiement, satisfaire aux conditions
stipulées dans le crédit. Le bénéficiaire est le fournisseur du bien ou du service.
- La banque émettrice ou banque du donneur d'ordre (issuing bank) : c’est la banque qui
émet le crédit à la demande d’un donneur d’ordre ou pour son propre compte et qui s’engage à
honorer le paiement à vue ou à terme sur présentation conformes aux termes et conditions du
crédit et de l’application des règles et normes de la pratique bancaire internationale.
- La banque notificatrice ou banque du bénéficiaire (advising bank) : c’est la banque qui
notifie le crédit, à la demande de la banque émettrice.
- La banque confirmatrice (confirming bank) : c’est la banque qui ajoute sa confirmation
au crédit, suite à la demande ou à l’autorisation de la banque émettrice. La confirmation étant
l’engagement définitif d’honorer à vue ou à terme ou de négocier suite à une présentation
conforme.
- La banque désignée (nominated bank) : c’est la banque auprès de laquelle le crédit est
réalisable ou toute banque si le crédit est réalisable auprès de toute banque.

SCHEMA D’UN CREDIT DOCUMENTAIRE


2
BANQUE
IMPORTATEUR
7 EMETTRICE
MAROCAIN
MAROCAINE

1 7 6 3

8 BANQUE
EXPORTATEUR
44 ETRANGER 5 NOTIFICATRICE
ETRANGERE
4

Explication du schéma :
1. Contrat commercial entre vendeur et acheteur 2. Demande d'ouverture du crédit
3. Lettre d'ouverture du crédit 4. Notification du crédit
5. Remise des documents après expédition des marchandises
6. Transmission des documents ; 7. Documents délivrés à l'importateur après paiement ou
acceptation paiement transmis à la banque notificatrice après achat de devises auprès de
BANK- AL-MAGHRIB ; 8. Paiement exécuté dès réception des documents ou à l'échéance.

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C. Les différentes étapes d’un crédit documentaire


1. Instructions d’ouverture : L’acheteur transmet à son banquier la demande
d’ouverture du crédit en faveur du vendeur. Celle-ci, rédigée sur un formulaire pré-imprimé
ou sur Internet via un site dédié de la banque de l’acheteur, doit refléter fidèlement les
éléments du contrat commercial signé entre le vendeur et l’acheteur. Elle désigne ainsi la
marchandise, son prix (devise, Incoterms), les modalités d’expédition (moyen de transport,
délai d’expédition, trajet…), les documents exigés du vendeur, le mode de réalisation du prêt
et fournit les coordonnées du bénéficiaire et de sa banque.
2. Ouverture : La banque émettrice émet le crédit et le transmet par Swift directement
au banquier du vendeur ou encore à son correspondant dans le pays du vendeur en lui
demandant éventuellement de « confirmer » le crédit.
3. « Notification » ou « confirmation » du Credoc : La banque notificatrice avise le
bénéficiaire – sans engagement financier de sa part – de l’ouverture d’un crédit documentaire
en sa faveur. Dans un Credoc notifié, le vendeur bénéficie donc de l’engagement de la banque
émettrice. Il peut souhaiter couvrir le risque de défaillance de cette banque et/ou du pays
d’émission (risque politique, économique ou catastrophique) ; dans ce cas, il demande dans le
cadre du contrat commercial, à une banque désignée, d’ajouter sa confirmation. La banque
confirmatrice ajoute donc son propre engagement de paiement : le vendeur bénéficie alors
d’un double engagement : celui de la banque émettrice et celui de la banque confirmatrice.
4. Le bénéficiaire reçoit le texte du crédit documentaire qui constitue à la fois un
instrument de paiement et une garantie de paiement. Il prépare l’expédition en veillant au
respect les délais fixés.
5. Le bénéficiaire obtient du transporteur le document de transport qu’il joint aux autres
documents requis (facture, colisage, certificat d’assurance…) et remet l’intégralité des
documents à la banque confirmatrice en respectant la date de validité du crédit et le délai
imparti de présentation des documents.
6. La banque confirmatrice vérifie les documents puis les transmet à la banque émettrice
et paie le bénéficiaire pour la valeur des documents reconnus conformes (immédiatement si le
Credoc est payable à vue ou à l’échéance si le Credoc est payable à échéance).
7. La banque émettrice reçoit les documents, les vérifie, règle la banque confirmatrice (à
vue ou à l’échéance), débite son client (à vue ou à l’échéance) et lui remet les documents.
8. Le donneur d’ordre reçoit les documents et retire les marchandises à l’aide des
documents et notamment du connaissement.
On comprend ici l’importance de rédiger des documents conformes. De cette conformité
dépend le déroulement idéal de l’opération. Ainsi, l’exportateur se dessaisi de la marchandise
avant même d’être payé mais le crédit documentaire lui assure le règlement dès la
présentation des documents conformes.
De son côté, l’importateur paie avant de retirer la marchandise mais sait que tous les
délais et documents qu’il avait imposés et qui sont nécessaires à la bonne réalisation de
l’importation ont été respectés. L’ajout d’un certificat d’inspection aux documents réclamés
peut même lui assurer de recevoir une marchandise conforme en quantité.
D. Quelques principes importants : Les crédits documentaires sont des opérations
distinctes des ventes ou autres contrats sur lesquels ils se fondent.

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- Le crédit documentaire est par définition un crédit à l'importation car il permet à la


banque émettrice de consentir un crédit garanti par des marchandises reposant sur la
possession matérielle de documents représentatifs de celles-ci.

- Pour les banques, seul le texte du crédit documentaire fait foi. Cela signifie que les
banques considèrent uniquement les documents à l’exclusion des marchandises et
n’assument aucune responsabilité quant à la forme, l’authenticité et la portée légale des
documents. Elles examinent exclusivement, sur la base des documents qui leur sont soumis, si
les conditions du crédit documentaire sont remplies. Elles ne sont pas en mesure de vérifier si
la marchandise livrée correspond effectivement à celle décrite dans le crédit documentaire.
Elles ne sont pas responsables de différences entre la marchandise facturée et celle
effectivement livrée. Ce différend doit être réglé directement entre l'acheteur et le vendeur.

- La banque veille à ne payer que lorsque les conditions du Credoc ont été strictement
observées et s'efforce de défendre les intérêts du vendeur - généralement client de la banque
notificatrice - au cas où les documents ne correspondraient pas aux conditions stipulées.
§2. Les différentes formes de crédits documentaires
Selon les RUU 600, le Credoc peut être : irrévocable, ou irrévocable et confirmé.
1. Crédit documentaire irrévocable non confirmé
Le crédit irrévocable constitue pour la banque émettrice un engagement ferme de payer,
d'accepter les traites tirées ou d'assurer la responsabilité de leur paiement à échéance,
conformément aux stipulations du crédit. Dès le moment ou cet engagement est donné, il n'est
plus possible d'y revenir sans l'accord du bénéficiaire. Toute modification ou annulation
unilatérale d'un crédit irrévocable est de ce fait impossible.
Il est essentiel pour le bénéficiaire de savoir où le crédit est utilisable et payable
notamment lorsque la banque émettrice charge un correspondant de lever et honorer les
documents pour son compte.
Crédit documentaire irrévocable non confirmé

IMPORTATEUR EXPORTATEUR

BANQUE BANQUE
EMETTRICE NOTIFICATRICE
Engagement
44 ferme Pas d’engagement
de paiement de paiement

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En principe, lorsque le crédit est irrévocable, la banque émettrice assume toujours la responsabilité d’effectuer
un paiement, alors que la banque notificatrice n’endosse aucune obligation de paiement. Elle agit uniquement
comme mandataire de la banque émettrice.
2. Crédit documentaire irrévocable et confirmé
Lorsqu'une banque émettrice désigne une autre banque à confirmer son crédit
irrévocable, cette confirmation constitue un engagement ferme de cette banque.
Par un crédit documentaire irrévocable et confirmé, le bénéficiaire reçoit donc deux
engagements de paiement indépendants, celui de la banque émettrice et celui de la banque
confirmatrice. Pour que cette dernière accepte de prendre un tel engagement, certaines
conditions doivent être remplies :

- Le crédit doit clairement formuler l'ordre ou l'autorisation de la banque émettrice au


correspondant d'ajouter sa confirmation, et doit être utilisable et payable aux guichets de la
banque confirmatrice.
- Le texte doit être sans équivoque et surtout ne contenir aucune clause qui, en fait,
permettrait à l'acheteur d’empêcher l'utilisation du crédit par le vendeur (clause d'arrêt).
Le crédit documentaire confirmé offre donc une grande sécurité : il présente en outre
d’autres avantages pour l’exportateur et peut, le cas échéant, être utilisé comme instrument de
crédit, que ce soit en relation avec des opérations de transfert ou avec des préfinancements.
S’il s’agit d’un crédit à terme confirmé, la banque examinera en outre, la possibilité
d’escompter la créance ou d’accorder une avance.
Crédit documentaire irrévocable et confirmé

IMPORTATEUR EXPORTATEUR

BANQUE BANQUE
EMETTRICE NOTIFICATRICE

Engagement ferme Engagement ferme


44
de paiement de paiement
En plus de l'obligation de paiement de la banque émettrice, la banque notificatrice appelée à confirmer le crédit
irrévocable assume une obligation de paiement indépendante et ferme, même si la banque émettrice ne devait pas
être en mesure de fournir la couverture.

§3. Les modes de réalisation du crédit documentaire


Le crédit documentaire peut être réalisable par paiement à vue, par paiement différé ou
encore par acceptation ou par négociation.
- Le paiement à vue : Le paiement est effectué dès la levée des documents conformes.
- Le paiement différé : A la réception des documents conformes, la banque
confirmatrice est engagée à effectuer le paiement au terme prévu dans le crédit documentaire.

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- L’acceptation : En cas de réalisation par acceptation, le bénéficiaire présentera avec


les documents un effet tiré soit sur la banque émettrice, soit sur la banque confirmatrice, soit
encore sur l'acheteur (selon les spécifications contenues dans le crédit), lequel effet sera
accepté par une des deux banques (confirmatrice ou émettrice), pour paiement à l’échéance.
En général, dans un crédit documentaire irrévocable et confirmé, l'effet sera tiré sur la
banque qui a confirmé et accepté par celle-ci.
- La négociation : Lorsqu'un crédit documentaire est réalisable par négociation, la
banque émettrice s'engage à rembourser toute banque qui aurait négocié les documents. Celle-
ci paie le bénéficiaire et demande le remboursement directement à la banque émettrice, même
si le crédit documentaire est confirmé.

§ 4. Les crédits documentaires spéciaux


Outre, les Credoc de base utilisés pour couvrir l'expédition des marchandises. Il existe
diverses formules adaptées à des circonstances particulières.

1. Le crédit Revolving

C’est un crédit documentaire automatiquement renouvelable sans qu'il y ait besoin de


procéder à l’ouverture d’un nouveau crédit. Il est utilisé lorsque, entre l’importateur et
l’exportateur, il y a un flux régulier avec des expéditions périodiques portant sur la même
marchandise dans la même quantité et aux mêmes conditions.
Son renouvellement peut être stipulé soit par rapport à son montant, soit par rapport à
sa durée. Dans le cas d’un crédit renouvelable par rapport à son montant, le montant du
crédit est rétabli après chaque utilisation pour son montant d’origine jusqu’à sa date de
validité. Il est également prévu un montant maximum à ne pas dépasser.
Dans le cas d’un crédit renouvelable par rapport à sa durée, par exemple, un crédit
disponible jusqu’à concurrence de 15 000 dollars par mois pendant une durée de 6 mois, le
crédit est ipso facto disponible pour un montant de 15 000 dollars chaque mois.
Dans ce cas, on dira que ce crédit est revolving 5 fois. La banque émettrice et la banque
confirmatrice sont donc engagées vis-à-vis du bénéficiaire pour 15 000 $ x 6 = 90 000 $.
Si le crédit a été déclaré cumulatif, toute somme non utilisée peut être réutilisée au
cours des périodes suivantes dans la limite de validité.
Si le crédit est dit non cumulatif, toute somme non utilisée durant une période cesse
d’être disponible, c’est-à-dire qu’elle ne pourra être reportée sur une période postérieure.
Un crédit de la valeur intégrale des marchandises à expédier, mais exigeant que des
quantités précises soient expédiées par semaine ou par mois, et autorisant des expéditions
partielles, n’est pas un crédit revolving. C’est un crédit disponible par fractions, tel que
prévu à l’article 31 des RUU 600.

2. Le crédit Transférable

Selon l’article 38 des RUU 600, «un crédit transférable est un crédit en vertu duquel le
bénéficiaire (premier bénéficiaire) peut demander à la banque autorisée à payer, à contracter

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un engagement de paiement différé ou à accepter, ou à négocier (la banque «transférante») ou,


dans le cas d’un crédit librement négociable, la banque spécifiquement habilitée dans le
crédit à titre de banque «transférante», qu’elle permette l’utilisation du crédit en totalité ou en
partie par un ou plusieurs autres bénéficiaires (second(s) bénéficiaire(s))».

Le crédit transférable ne peut être transféré qu'une seule fois. En d’autres termes le ou
les second(s) bénéficiaire(s) ne peut (peuvent) pas le transférer à son tour à un 3 ème
bénéficiaire.
Schéma du déroulement d’un crédit transférable

DONNEUR 1er BENEFICIAIRE FOURNISSEUR


D’ORDRE 2ème BENEFICIAIRE

1 3 4 6
Ordre d’émission Notification Ordre de transfert Notification

1ère BANQUE 2ème BANQUE


1ère BANQUE Emission Transfert
CONFIRMATRICE CONFIRMATRICE
2EMETTRICE 2 5

3. Le crédit adossé ou "Back to back credit" (ou contre-crédit)


En cas d’impossibilité d’ouverture d’un crédit documentaire transférable, un exportateur
pourra solliciter l’ouverture d’un crédit documentaire back to back ou adossé au premier
crédit documentaire au profit de son sous-traitant.
Il s’agit en fait de la combinaison de deux crédits documentaires classiques. Le premier,
dit crédit de base (ou crédit-chef ou crédit initial), permet à la banque notificatrice d’asseoir
son engagement dans l’émission d’un second crédit ordonné par le premier bénéficiaire.
Contrairement au crédit transférable qui constitue un contrat documentaire unique, le
crédit adossé repose sur l’existence de deux crédits juridiquement indépendants, mais adossés
l’un à l’autre. Les deux crédits documentaires concernent la même marchandise mais sont
séparés sur le plan juridique. L’exportateur devient donneur d’ordre pour le crédit adossé.
Cette forme de crédit permet au bénéficiaire d'un crédit documentaire de se faire ouvrir,
pour le montant de ce crédit, un ou plusieurs crédits documentaires en faveur de ses propres
fournisseurs. Ces derniers crédits documentaires sont dits "adossés", ou "Back to Back". Leur
dénouement dépend de celui du premier crédit documentaire.
Il s'agit d'un crédit documentaire émis à la demande de l'ordonnateur, qui est lui-même
bénéficiaire d'un autre crédit documentaire.
Le crédit documentaire dont il est bénéficiaire est présenté à la banque comme garantie
pour l’émission d’un autre crédit documentaire en faveur d’un tiers, d’où l’appellation de
crédit adossé (à un autre crédit) ou back to back. Toutefois, la banque peut accepter ou non
une telle garantie et effectuer ou refuser la formule du crédit back to back.

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Les conditions de réalisation du second Credoc ne débordent pas les clauses du premier.
Si, par exemple, le crédit initial ou crédit-chef est réalisable jusqu'à une date donnée, il est
indispensable que le "back to back credit" soit réalisable avant cette date, de façon à pouvoir
être relayé par le premier. La mise en place de ce type de crédit se fait de la manière suivante :
- Dans un premier temps l’acheteur final ouvre un crédit documentaire en faveur de la
banque de l’intermédiaire ;
- Dès réception de ce crédit, la banque de l’intermédiaire ouvre un crédit documentaire
en faveur du fournisseur. C’est une contre opération parallèle à la première, car il y a émission
de deux crédits documentaires, de deux engagements distincts de la part des deux banques et
deux règlements indépendants. Le bénéfice représente une marge entre l’achat et la vente.
Schéma du déroulement de l’opération d’émission d’un crédit adossé ou back to back

ACHETEUR VENDEUR 2ème DONNEUR FOURNISSEUR


er
1er DONNEUR 1 BENEFICIAIRE D’ORDRE 2ème BENEFICIAIRE
D’ORDRE (1)

1 3 4 6

1ère BANQUE 2ème BANQUE 2ème BANQUE


1ère BANQUE
CONFIRMATRICE EMETTRICE CONFIRMATRICE
EMETTRICE
2 2 5

Crédit de base Crédit adossé

1. le 1er donneur d’ordre demande l’ouverture d’un Credoc en faveur de la banque du


vendeur ;
2. la première banque émettrice émet le premier Credoc en faveur de la banque du vendeur ;
3. la banque du vendeur, 1ère banque notificatrice/confirmatrice, notifie et confirme au
vendeur le crédit reçu ;
4. le vendeur, 1er bénéficiaire après réception du crédit, demande à sa banque d’ouvrir un
Credoc en faveur du fournisseur. La différence entre prix payé à l’acheteur et la somme reçue
du fournisseur représentera sa commission.
5. la banque du vendeur, devient 2ème banque émettrice, émet un nouveau Credoc dont les
termes sont basés sur le premier avec possibilité d’en changer les conditions ;
6. le fournisseur, 2ème bénéficiaire reçoit un Credoc conforme au contrat passé avec le
vendeur.
Remarques : - bénéficiaire du 1er crédit = donneur d’ordre du crédit adossé
- banque notificatrice du 1er crédit = banque émettrice du crédit adossé.
- il se peut que la banque émettrice du crédit adossé soit différente de la
banque notificatrice du crédit de base et ce, selon la qualité des relations bancaires de
l’intermédiaire.
Pour le donneur d’ordre et la banque émettrice du crédit de base, l’existence du crédit
adossé leur est étrangère. C’est la première différence par rapport au crédit transférable qui
lui, doit être autorisé en tant que tel dans les instructions d’ouverture.

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Le bénéficiaire, disposant maintenant d’un crédit documentaire ouvert en sa faveur, ne


peut réaliser celui-ci que s’il arrive à se procurer la marchandise sollicitée. Les fournisseurs de
celle-ci pourraient à leur tour exiger l’ouverture de crédits documentaires en leur faveur, sur
ordre dudit bénéficiaire.
4. Le crédit avec Red clause
A l’origine la clause était portée en rouge pour attirer l’attention sur la particularité de
ce crédit, dans lequel se trouve incorporée une clause spéciale autorisant la banque
notificatrice ou confirmatrice à effectuer une avance au bénéficiaire avant présentation des
documents. Cette clause est insérée à la demande expresse du donneur d’ordre et son libellé
est fonction de ses instructions et des exigences de la banque émettrice. Il est utilisé comme
moyen de financement (préfinancement) en faveur du vendeur avant l’expédition.
Dans le cas où le vendeur n’expédie pas la marchandise, la banque qui a effectuée
l’avance se retourne contre la banque émettrice pour le principal avancé et les intérêts, cette
dernière exerçant un recours contre l’acheteur (donneur d’ordre), qui sera responsable du
remboursement des avances accordées au vendeur. Ce type de Credoc est rarement utilisé.

5. Le crédit avec green clause


Le Credoc avec green clause se différencie du Credoc avec red clause du fait que
l’exportateur doit donc fournir un certificat d’entreposage qui prouve l’existence physique
de la marchandise. Les autres caractéristiques sont les mêmes que pour le red clause.

§5. La lettre de crédit stand-by (stand-by letter of credit (SBLC))


La lettre de crédit stand-by est une variante du crédit documentaire qui est régie par les
RUU 600 (articles 1 et 2). C’est une garantie bancaire de paiement pour le vendeur. Elle
consiste donc en l’engagement irrévocable de la banque émettrice d’indemniser le
vendeur en cas de défaillance de l’acheteur.
Elle est moins couteuse que le Credoc, et n’offre pas la même sécurité. Par exemple,
l’acheteur n’a aucune certitude de recevoir la marchandise commandée ou que les délais
contractuels seront respectés.
Lorsque le contrat est signé, l’acheteur demande à sa banque d’émettre une lettre de
crédit stand-by en faveur du vendeur. L’émission est faite directement par la banque de
l’acheteur et peut être confirmée par une banque du pays du vendeur qui s’engage à payer ce
dernier en cas de non-paiement par l’acheteur.
Pour bénéficier de cette garantie, le vendeur doit prouver par des documents déterminés
lors de l’émission de la lettre, qu’il a bien rempli ses obligations. Il s’agit donc d’une
garantie documentaire.
Elle peut être émise au profit de l’acheteur, dans ce cas, elle constitue une caution
internationale.
La lettre de crédit stand-by peut être émise dans deux cas :

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1er cas : L'acheteur peut être amené à demander au vendeur une garantie de bonne
exécution du contrat. Le vendeur serait alors le donneur d’ordre et l'acheteur le bénéficiaire,
l'inverse de ce qui se passe dans un Credoc. En cas de défaillance du vendeur, le crédit stand-
by permet à l'acheteur d'être remboursé du montant du crédit.
2ème cas : Quand le vendeur procède à des expéditions échelonnées, le Credoc peut ne
pas couvrir ces expéditions. La lettre de crédit stand-by sert alors à couvrir l'expédition en
cours. Au cas où l'acheteur ne peut payer, c'est 1a banque émettrice de la garantie qui paie.

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