BM 51455
BM 51455
DOCUMENTATION
27/09/2008
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 1
L ’analyse vibratoire est un des moyens utilisés pour suivre la santé des
machines tournantes en fonctionnement. Cela s’inscrit dans le cadre d’une
politique de maintenance prévisionnelle de l’outil de production industrielle.
Les objectifs d’une telle démarche sont de :
— réduire le nombre d’arrêts sur casse ;
— fiabiliser l’outil de production ;
— augmenter son taux de disponibilité ;
— mieux gérer le stock de pièces détachées, etc.
À partir des vibrations régulièrement recueillies sur une machine tournante,
l’analyse vibratoire consiste à détecter d’éventuels dysfonctionnements et à
suivre leur évolution dans le but de planifier ou reporter une intervention
mécanique.
Il existe deux technologies permettant de réaliser une surveillance vibratoire :
— par mesure directe du déplacement des parties tournantes (arbres de
machines). Réalisées à l’aide de capteurs à courants de Foucault, ces mesures,
leur interprétation et leurs applications ne sont pas traitées ici. La technologie
mise en œuvre est lourde. Une application courante est la surveillance des machi-
nes à paliers hydrauliques (à coin d’huile). Cette surveillance est presque toujours
réalisée on line c’est-à-dire en temps réel. Les capteurs mesurent en permanence
les déplacements des arbres et autorisent ainsi le déclenchement immédiat
d’alarmes en cas de dysfonctionnement ;
— par mesure de l’accélération subie par les parties fixes de la machine
(carters). Les moyens mis en œuvre sont, dans ce cas, beaucoup plus accessibles
aux petites structures. À l’aide d’un accéléromètre relié à un collecteur de don-
nées, le technicien recueille les vibrations subies par les carters des machines.
Cette technique se prête aussi bien à la surveillance on line qu’à la surveillance
périodique effectuée lors de rondes selon un calendrier préétabli.
L’industrie lourde, généralement utilisatrice de turbomachines, a souvent
recours à l’ensemble des deux technologies afin de réaliser une surveillance
vibratoire performante de son outil de production.
Cependant, si les arbres des machines surveillées sont montés sur roule-
ments (c’est le cas pour la majorité d’entre elles), une surveillance périodique
par mesure sur les parties fixes permet une analyse très fine de l’état des
machines. Les objectifs énoncés plus hauts sont donc atteints dès l’instant où
l’activité est confiée à du personnel compétent et expérimenté. D’autre part, les
coûts de préparation et de mise en œuvre étant très largement inférieurs à
ceux de la technologie utilisant les capteurs à courants de Foucault, la sur-
veillance périodique séduit les PMI. Même si ces dernières ne possèdent pas
les compétences internes, elles n’hésitent plus à sous-traiter la surveillance
vibratoire de leur parc de machines tournantes.
L’objectif de cet article est triple :
— familiariser le lecteur avec l’analyse vibratoire par mesures sur les parties
fixes des machines :
• savoir ce que l’on peut attendre d’une surveillance périodique,
• connaître les moyens nécessaires à sa réalisation dans de bonnes
conditions ;
— permettre une première approche de cette technique :
• connaître le vocabulaire employé,
• savoir adapter les moyens aux objectifs de la surveillance dans son usine,
• reconnaître quelques images caractéristiques des défauts les plus couram-
ment rencontrés,
• diagnostiquer leur gravité ;
— proposer un exemple d’organisation permettant de conduire au mieux la
mission de surveillance :
• insister sur la qualité de la préparation des rondes (prises de mesures),
• instaurer une communication efficace entre les différents acteurs de la
surveillance,
• présenter des documents utiles au bon déroulement d’une surveillance.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
Analyse vibratoire
Suivre la santé des machines
tournantes en fonctionnement
Surveillance Diagnostic
Mesures comparatives Analyse approfondie
Évolution d'indicateurs Fréquences de défauts
Notion de "signature" Forme du signal
Outils : Outils :
niveaux globaux NG spectres RC / zooms
spectres PBC spectres enveloppes
spectres RC cepstres
Figure A –
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 3
Accélération (g)
10
0,1
0,01
0,001
10,9
13
15,4
18,3
21,8
25,9
30,7
36,5
43,5
51,5
61,3
73
86,5
103
122
145
173
205
244
290
345
410
487
580
688
818
970
1,16 x 103
1,37 x 103
1,63 x 103
1,94 x 103
2,3 x 103
2,74 x 103
3,25 x 103
3,87 x 103
4,6 x 103
5,45 x 103
6,5 x 103
7,7 x 103
9,15 x 103
10,9 x 103
Fréquence (Hz)
Danger Référence = signature
Alerte Mesure courante
Le diagnostic du défaut détecté demande souvent une précision — du degré d’importance des machines ;
que ne peuvent donner les indicateurs de surveillance. Le techni- — des objectifs de la surveillance.
cien dispose pour cela des outils suivants : Un logiciel permet de visualiser les mesures et d’effectuer les
— les indicateurs généraux (spectres) ; comparaisons avec les valeurs de référence (la signature) qui per-
— les indicateurs spécifiques. mettent aussi d’établir (figure 1) :
— un seuil d’alerte au-dessus duquel on considère que l’état de
la machine est préoccupant ;
Les spectres sont utilisés autant pour la surveillance que pour — un seuil de danger au-dessus duquel une panne imminente est
le diagnostic. probable.
■ Diagnostic
En cas d’anomalie (dépassement de seuil ou évolution inquié-
1.4 Organisation préconisée tante par rapport à la signature), on établit un itinéraire dit
« itinéraire de diagnostic ». Cet itinéraire contient toutes les infor-
mations utiles sur :
Il est important de bien distinguer l’activité de surveillance de
celle de diagnostic. — les machines surveillées à diagnostiquer ;
— les points de mesure concernés par les défauts précédemment
Les deux ne seront efficaces que si l’on connaît de façon précise détectés ;
la cinématique de la machine surveillée ainsi que son degré — les types d’indicateurs mesurés en chacun des points
d’importance dans le procédé de fabrication. (indicateurs de diagnostic).
■ Surveillance Cet itinéraire est effectué avec le même matériel que celui utilisé
pour la surveillance.
On établit une ronde type appelée « itinéraire de surveillance ».
Elle contient toutes les informations utiles sur : Les résultats des mesures sont visualisés sur PC avec le logiciel
utilisé pour la surveillance. Ils sont utilisés pour le diagnostic des
— les machines surveillées ; défauts. Ce diagnostic permet de statuer sur l’état de la machine et
— les points de mesure pour chaque machine ; de décider ou non une intervention sur celle-ci.
— les types d’indicateurs mesurés en chacun des points
(indicateurs de surveillance).
Les deux derniers points ne peuvent être déterminés sans • Des exemples d’itinéraires de surveillance et de diagnostic
connaître avec précision la cinématique des machines. sont donnés dans le paragraphe 6 « Itinéraires ».
Cet itinéraire est effectué avec le matériel adéquat (collecteur + • Un prédiagnostic est souvent possible à partir des indica-
accéléromètre, cf. paragraphe « Moyens d’étude nécessaires » teurs de surveillance si ceux-ci ont été correctement définis en
[Doc. BM 5 145]) selon une périodicité déterminée qui dépend : fonction de la cinématique de la machine.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
Avant de réaliser les mesures sur les machines, il est indispen- 2.3 Points de mesure
sable de préparer soigneusement son itinéraire en fonction de ses
objectifs. Cela doit aboutir à :
L’implantation de l’accéléromètre sur les machines est, elle
— un choix des machines à surveiller ; aussi, très importante. Chaque campagne de mesures doit être
— la connaissance précise de ces machines ; effectuée en des points précis et toujours les mêmes. En effet, un
— un choix du nombre et de l’emplacement des mesures phénomène mécanique peut donner des images vibratoires sensi-
effectuées sur chaque machine. blement différentes en fonction du point de mesure.
On essaiera toujours de rapprocher le plus possible les points
2.1 Classement « VIS » des machines de mesure des paliers. Cela permet d’obtenir les images les plus
fidèles des défauts mécaniques (bande passante de la chaîne
d’acquisition maximale, amortissement minimisé).
Afin de ne pas surveiller inutilement des machines qui n’ont pas
une importance capitale, les industriels établissent souvent le Pour avoir une image complète des vibrations (en trois
classement suivant : dimensions), il faut prendre les mesures selon trois directions
— machines Vitales : machines non doublées dont la panne perpendiculaires sur chaque palier de la machine surveillée : deux
entraîne l’arrêt de la production. Les frais et les délais de remise en directions radiales (horizontale et verticale) et une direction axiale.
état sont importants. Les pertes de production sont inacceptables ; Exemple : pour l’ensemble présenté figure 2 (moteur + pompe) :
— machines Importantes : machines doublées ou non dont la — le moteur a deux paliers : M1 et M2 ;
panne entraîne une baisse sensible de la production. Les frais et — la pompe a deux paliers : P1 et P2.
délais de remise en état sont importants, les pertes de production
aussi ; Chaque palier est surveillé selon trois directions orthogonales :
— machines Secondaires : machines doublées ou dont une panne — radiale horizontale : M1H M2H P1H P2H
ne remet pas en cause les capacités de production. — radiale verticale : M1V M2V P1V P2V
— axiale : M1A M2A P1A P2A
Complexe (Présence de réducteurs) Surveillance spectrale Surveillance spectrale Surveillance par niveaux globaux
Simple (Une seule ligne d’arbre) Surveillance spectrale Surveillance par niveaux globaux Surveillance par niveaux globaux
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 5
2.4 Aspects pratiques. Pastilles à coller Cet indicateur est, lui aussi, révélateur des phénomènes dits
« basses fréquences » (BF). Ces phénomènes sont les plus énergé-
tiques, donc les plus destructeurs. Ils peuvent aussi être à l’origine
La reproductibilité des mesures d’une campagne sur l’autre étant de desserrages ou de fissures.
un aspect essentiel de la surveillance vibratoire, on s’attachera à la
respecter scrupuleusement. Pour cela, il est nécessaire de coller Une augmentation du balourd, un défaut de lignage, se tradui-
sur les machines des « pastilles filetées » aux emplacements défi- ront par une augmentation anormale de cet indicateur qui est pris
nis ci-dessus (cf. paragraphe « Moyens d’étude nécessaires » en comme référence dans la norme ISO 10816 (cf. [Doc. BM 5 145]).
[Doc. BM 5 145]).
■ Indicateur hautes fréquences (signal de faible énergie)
Afin de faciliter la mise en œuvre, on préférera employer de la
colle à prise rapide. Elle devra offrir de bonnes caractéristiques ● Accélération efficace entre 1 et 10 kHz :
mécaniques (dureté maximale) afin de ne pas trop altérer la bande Acceff [1 000-10 000 Hz] (en g ou mg )
passante de la chaîne d’acquisition.
C’est un indicateur révélateur des phénomènes dits « hautes
Lors des relevés successifs, l’opérateur viendra visser l’accéléro- fréquences » (HF) tels que les défauts de roulement, de denture...
mètre sur ces pastilles. L’emplacement des mesures sera donc tou-
Une élévation anormale de l’accélération sera en général, sur
jours le même : d’où une reproductibilité garantie.
une machine simple, révélatrice d’une dégradation avancée des
roulements.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 6 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
0,8
Bon état
3.2 Spectre PBC
0,08
(pourcentage de bande constant)
Temps
La technique de surveillance des installations à chaîne cinéma-
Figure 4 – Variation du facteur K en fonction du temps tique simple (une seule ligne d’arbre) par comparaison de spectres
PBC est une technique fiable et rapide. Elle constitue un bon crible.
Par contre, contrairement à la surveillance par spectres RC (réso-
lution constante), elle ne donne que rarement des informations
précises sur l’origine des évolutions.
Le spectre PBC se présente sous forme de « bandes » juxtapo-
Veff [10 – 1 000 Hz] (mm/s)
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 7
Accélération (g)
10
Basses fréquences Hautes fréquences
Haute résolution Basse résolution
Largeur de bande
1
0,1
0,01
0,001
10,9
13
15,4
18,3
21,8
25,9
30,7
36,5
43,5
51,5
61,3
73
86,5
103
122
145
173
205
244
290
345
410
487
580
688
818
970
1,16 x 103
1,37 x 103
1,63 x 103
1,94 x 103
2,3 x 103
2,74 x 103
3,25 x 103
3,87 x 103
4,6 x 103
5,45 x 103
6,5 x 103
7,7 x 103
9,15 x 103
10,9 x 103
Fréquence
centrale Fréquence (Hz)
Danger Référence = signature
Alerte Mesure courante
3.3 Synthèse obtenu sera donc une courbe passant par 400 points régulièrement
espacés en fréquence.
On trouvera tableau 2 un récapitulatif des différents indicateurs La bande de fréquences se définit avant de procéder aux mesu-
de surveillance précédemment détaillés. res sur site. On distingue :
— les spectres BF (basses fréquences [0-50 Hz]) ;
— les spectres MF (moyennes fréquences [0-500 Hz]) ;
Tableau 2 – Indicateurs de surveillance — les spectres HF (hautes fréquences [0-10 000 Hz]) ;
Phénomènes — les zoom haute résolution [f1-f2], f1 et f2 définissant la gamme
Indicateur Observations de fréquences analysée.
surveillés
Dcc [10-1 000 Hz] Basses fréquences Pétrochimie, API ■ Définition de l’image
Le pas s’exprime par :
Veff [10-1 000 Hz] Basses fréquences Norme ISO 10816
Acceff [1 000-10 000 Hz] Hautes fréquences Indicateur général Pas = ∆ f /400
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 8 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
100
Accélération (mg )
Accélération efficace en mg
Spectre RC [0 – 500 Hz]
Valeurs d'harmoniques
Fréquence Accélération % trouvé
(Hz) (mg )
1 24,84 28,902
10 2 49,63 5,336 18,5
3 74,51 9,180 31,8
4 98,75 7,546 26,1
5 124,31 9,649 33,4
6 149,26 16,875 58,4
7 173,94 64,406 222,8
8 199,12 15,595 54,0
9 223,48 17,830 61,7
1 10 248,18 13,721 47,5
11 273,19 29,913 103,5
12 297,84 18,967 65,6
13 322,50 5,517 19,1
14 347,97 3,677 12,7
15 372,00 2,399 8,3
16 397,50 1,534 5,3
Valeurs
Échelle desdes
linéaire harmoniques*
fréquences 17 422,03 3,739 12,9
0,1 18 446,89 3,053 10,6
19 471,25 2,150 7,4
20 496,25 2,723 9,4
Échelle
Échelleslogarithmique
logarithmiquedes
desamplitudes
amplitudes Échelle linéaire
Valeurs des fréquences
des harmoniques*
0,01
100 200 300 400 500
Fréquence (Hz)
*harmoniques : fréquences multiples de la fréquence de rotation fr
Exemple : 3e harmonique (ou harmonique de rang 3) ⇒ f = 3 fr
a exemple 1
100
Accélération (mg )
10
0,1
0,01
100 200 300 400 500
Fréquence (Hz)
Ce spectre présente les images caractéristiques de défauts tels que jeux importants ou fissuration (cf. paragraphe 5)
b exemple 2
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 9
Déclenchement d'une
Tableau 3 – Défauts et fréquences caractéristiques alarme intempestive
Fréquences
Défauts (liste non exhaustive)
caractéristiques (1)
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 10 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
A0 A1
t t
Spectre Spectre
A A
fm fm fm fm = 1/Tm
f = 1/T f f = 1/T f
Cepstre
A (dB)
Tm = 1/fm s
Cepstre
Accélération efficace [0 – 8 s]
Accélération (dB)
⇒ Fréquence
3 s => Fréquencede
demodulation
modulation==0,33
0,33Hz
Hz
8
0
0 1 2 3 4 5 6 7
Quéfrence (s) Figure 10 – Utilisation d’un cepstre
pour la surveillance d’un engrenage
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 11
comprise entre 1 et 10 kHz. C’est la gamme dont les valeurs croissent (0)
4.4 Synthèse
On trouvera tableau 4 un récapitulatif des différents outils de 5. Principaux défauts
diagnostic précédemment détaillés.
Le présent paragraphe donne un aperçu des principaux défauts
et de leur manifestation vibratoire que l’on peut rencontrer sur les
machines tournantes classiques.
b spectre enveloppe (gamme HF [2,0 – 8,5 kHz] 5.2 Délignage (ou mauvais alignement)
L’arbre moteur et l’arbre récepteur ne sont pas parfaitement
Figure 11 – Modèle d’utilisation d’un spectre enveloppe alignés.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 12 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
100
Accélération (mg )
10
0,1
0,01
100 200 300 400 500
Fréquence (Hz)
Figure 12 – Mise en évidence d’un défaut
de balourd
100
Accélération (mg)
10
0,1
0,01
100 200 300 400 500
Fréquence (Hz)
Valeurs d'harmoniques
Fréquence Accélération % trouvé
(Hz) (mg )
1 16,59 2,420
2 33,17 4,715 194,8
3 49,75 13,044 538,9
4 66,35 1,980 81,8
Figure 13 – Mise en évidence d’un défaut
de délignage
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 13
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 14 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
1
Accélération (g)
0,1
0,01
0,001
0,0001
2 4 6 8 10
Fréquence (kHz)
On y distingue nettement la fréquence d'engrènement préalablement calculée : fe = 8 175 Hz
1
Accélération (g)
fe
25 Hz 25 Hz 25 Hz 25 Hz 25 Hz 25 Hz 25 Hz
0,1
0,01
0,001
0,0001
8,05 8,1 8,15 8,2
Fréquence (kHz)
Le peigne de raies apparaît. Son pas est de 25 Hz, soit la fréquence de rotation de l'arbre primaire
5.6 Passages d’aubes — mécanique : mauvais calage axial de l’impulseur ou jeu de bec
de volute insuffisant ;
■ Manifestation : — hydraulique : débit trop bas ;
— encrassement des aubes qui peut aussi provoquer du balourd.
Le passage des aubes devant le bec de la volute d’une pompe
provoque un pic à la fréquence f aubes :
Si la machine est en bon état, cette fréquence ne se distingue
f aubes = n · fr en général pas des autres sur un spectre RC. Toutefois, afin de
Ce défaut n’est pas directionnel, il se repère aussi bien en radial statuer de façon certaine sur un tel phénomène, on doit disposer
qu’en axial. d’un élément de comparaison fiable : la signature de la machine.
On peut aussi, lorsque l’on manque d’expérience ou de
■ Origine données sur la machine, se reporter aux abaques données dans
Elle peut être : le paragraphe « Appréciation de la sévérité » en [Doc. BM 5 145].
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 15
100
Accélération (mg)
4e harmonique de fr 100 Hz
Fréquence 99,20 Hz Fréquence 100,00
Fréquence 100,00 Hz
Hz
10 Accélération 14,579 mg Accélération
Accélération 19,657 mg
19,657 m g
0,1
92,5 95 97,5 100 102,5 105 107,5 110
Fréquence (Hz)
100
Accélération (mg)
100 Hz 100 Hz
10
0,1
0,01
1,5 1,6 1,7 1,8 1,9
fenc Fréquence (kHz)
b zoom FFT [1 450 – 2 050 Hz] centré autour de 1 700 Hz (fréquence d'encoche)
Figure 16 – Mise en évidence
de défauts électriques
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 16 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
P et fg étant respectivement le nombre de paire(s) de pôles et la fré- Tableau 5 – Nombre de paire(s) de pôles
quence de glissement (fg ) du moteur (cf. tableau 5) : (moteurs asynchrones)
N champ – N
fg = -----------------------------
- Nchamp 500 750 1 000 1 500 3 000
60
avec Nchamp vitesse du champ tournant du moteur, P 6 4 3 2 1
N vitesse de rotation réelle de son arbre ;
— un pic à la fréquence d’encoche (f enc ) (figure 16b ) éventuel-
lement modulée par 2 fois la fréquence du courant d’alimentation L’analyse de tels spectres (modulation de fr par 2 P fg, modula-
(100 Hz) : tion de f enc par 100 Hz) est en tous points comparable à l’analyse
f enc = nenc × fr d’un défaut d’engrènement à l’aide d’un zoom approprié.
avec nenc nombre d’encoches du moteur surveillé. Exemple : mise en évidence de défauts électriques (figure 16).
Accélération (g)
Code du roulement : 2
0,1
Type de roulement : roulement
à rotule
sur billes
Diamètre extérieur du roulement [D] (mm) : 120
Diamètre intérieur du roulement [d] (mm) : 55 0,01
Nombre de rangées : 2
3 500 10 000
Fréquence défaut bague intérieure (Hz) : 223,48
0,001
Fréquence défaut bague extérieure (Hz) : 144,93
10,9
13
15,4
18,3
21,8
25,9
30,7
36,5
43,5
51,5
61,3
73
86,5
103
122
145
173
205
244
290
345
410
487
580
688
818
970
1,16 x 103
1,37 x 103
1,63 x 103
1,94 x 103
2,3 x 103
2,74 x 103
3,25 x 103
3,87 x 103
4,6 x 103
5,45 x 103
6,5 x 103
7,7 x 103
9,15 x 103
10,9 x 103
Fréquence défaut élément roulant (Hz) : 132,49
Vitesse rotation bague intérieure (Hz) : 30,70
Vitesse rotation cage (Hz) : 12,08
Vitesse rotation élément roulant (Hz) : 66,24 Fréquence (Hz)
a logiciel appliqué au roulement surveillé b 1er temps : spectre PBC 6 % ; accélération efficace [0 – 10 000 Hz]
1
Accélération (g)
8
6
0,1
8
6
2
Fréquence 145,50 Hz
Accélération 820,647 mg
0,01
25 50 75 100 125 150 175 200
Fréquence (Hz)
c 2e temps : spectre enveloppe ; accélération efficace ; gamme fréquentielle de filtre [3,5 – 10,0 kHz] ; gamme fréquentielle d'analyse [0 – 200 Hz]
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 17
■ Origines
Elles peuvent être multiples :
— barre de rotor cassée ;
— entrefer inégal (excentricité statique ou dynamique) ;
— problèmes statoriques (fer qui bouge) ;
— déséquilibre des phases ;
— défaut géométrique du rotor qui peut aussi engendrer du
balourd.
■ Manifestation
Exemple : cas d’un motoréducteur électrique.
Un tel défaut se traduit par une nette augmentation du niveau Pour chacun des 5 points figurant sur le schéma de la figure 18
des fréquences supérieures à 1 000 Hz : on peut définir les mesures rassemblées dans le tableau 6.
— l’ensemble des fréquences supérieures à 1 kHz augmente sur (0)
un PBC ou un spectre RC HF ;
— le facteur K augmente ;
— le facteur de crête FC diminue ; Tableau 6 – Itinéraire de surveillance
— le niveau global Acceff[1 000-10 000 Hz] augmente. d’un motoréducteur électrique
■ Origine Outil de surveillance Objet
Ce peut être :
NG Être relié aux seules normes existantes
— un écaillage de la piste interne (sur l’arbre) ; Veff[10-1000 Hz] (NF E 90-300 et ISO 10816)
— un écaillage sur la piste externe (sur l’alésage) ;
— un défaut localisé sur un élément roulant (bille ou rouleau). NG Être relié aux normes de l’AIP dans la
Dcc [10-1000 Hz] pétrochimie : à utiliser en lieu et place de
Dans tous les cas, il s’agit d’un choc périodique de faible énergie Veff dans l’industrie chimique et pétrolière
qui excite la structure de la machine. Cette structure répond dans
une gamme de fréquences qui lui est propre. Révélateur des dégradations de roulement.
NG À utiliser dans le cas où l’on ne connaît pas
Afin de statuer de façon définitive sur un tel défaut, il est K [1-10 kHz] le degré d’usure des roulements lors de la
conseillé de réaliser une analyse dite d’enveloppe : première campagne de relevés
— 1er temps : on détecte la possibilité d’un tel défaut sur un Révélateur des dégradations de roulement.
indicateur tel qu’un PBC ou un spectre RC HF (figure 17b, p. 17) ; NG À utiliser si l’on est sûr de commencer la
— 2e temps : on paramètre une analyse d’enveloppe (figure 17c, FC [1-10 kHz] surveillance avec des roulements en bon
p. 17), en fonction : état
• des fréquences dont le niveau a augmenté (forme de « bosse Surveiller, sans prendre trop d’espace
de chameau » ou « cloche »). On parle de « gamme fréquentielle mémoire, l’évolution à la fois des phénomè-
PBC 6 %
de filtre » : c’est une gamme HF, Acceff[10-10000 Hz] nes BF (balourd, lignage, problèmes
• des fréquences caractéristiques du (ou des) roulement(s) sus- électriques...) et des phénomènes HF (rou-
pecté(s). On parle de « gamme fréquentielle d’analyse » : c’est une lements)
gamme BF ou MF ; Surveiller l’évolution de l’engrènement et
— 3e temps : analyse du spectre enveloppe obtenu. Spectre RC des phénomènes BF tels que le balourd, les
Acceff[0-500 Hz] jeux, frottements ou fissurations, les
Exemple : mise en évidence d’un défaut de roulement (figure 17, défauts électriques...
p. 17).
Le roulement surveillé présente toutes les caractéristiques d’un
écaillage ou d’une fissuration sur la piste externe. Le défaut va rapide- 6.2 Itinéraires de diagnostic
ment contaminer les billes et, par suite, la piste interne.
Lors de la précédente campagne, on a détecté une anomalie à
l’aide d’un des indicateurs de surveillance. Pour confirmer ou
infirmer les hypothèses émises ainsi que pour diagnostiquer avec
plus de précision le dysfonctionnement, on utilise un itinéraire de
6. Itinéraires diagnostic. Celui-ci met en œuvre des indicateurs plus précis tels
que :
On peut tenter de différencier deux types distincts d’itinéraires : — les spectres RC BF ;
— les itinéraires de surveillance ; — les zooms ;
— les itinéraires de diagnostic. — les cepstres ,
— les spectres enveloppes.
Exemple : sur le motoréducteur de la figure 18, on a détecté :
6.1 Itinéraires de surveillance — une diminution de FC [1-10 kHz] ;
— une augmentation de l’amplitude de la fréquence d’engrène-
Ce sont des itinéraires qui utilisent les outils de surveillance ment sur le FFT[0-500 Hz] ;
classiques : — une augmentation générale des HF entre 5 et 10 kHz sur le
— niveaux globaux ; PBC 6 %.
— PBC ; On établit donc l’itinéraire de diagnostic du tableau 7 pour les points
— spectres RC MF ou HF. concernés par ces évolutions.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 18 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 19
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 20 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique BM 5 145 − 21
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 5 145 − 22 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique