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Le document décrit les principes et outils de l'analyse vibratoire des machines tournantes. Il présente les étapes clés d'une surveillance vibratoire comme la préparation, la réalisation des mesures, l'analyse et le rapport. Le but est de détecter les défauts pour améliorer la disponibilité des équipements.

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Le document décrit les principes et outils de l'analyse vibratoire des machines tournantes. Il présente les étapes clés d'une surveillance vibratoire comme la préparation, la réalisation des mesures, l'analyse et le rapport. Le but est de détecter les défauts pour améliorer la disponibilité des équipements.

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27/09/2008

Analyse vibratoire des machines


tournantes

par David AUGEIX


Ingénieur de l’Institut national des sciences appliquées (INSA Toulouse)

1. Principes fondamentaux ........................................................................ BM 5 145 - 3


1.1 Matériel et prises de mesures .................................................................... — 3
1.2 Indicateurs de surveillance : détection des défauts.................................. — 3
1.3 Indicateurs de diagnostic : recherche de la cause des défauts................ — 3
1.4 Organisation préconisée ............................................................................. — 4
2. Préliminaires à la surveillance ............................................................. — 5
2.1 Classement « VIS » des machines.............................................................. — 5
2.2 Cinématique ................................................................................................. — 5
2.3 Points de mesure ......................................................................................... — 5
2.4 Aspects pratiques. Pastilles à coller .......................................................... — 6
3. Outils de surveillance ............................................................................. — 6
3.1 Niveaux globaux (NG)................................................................................. — 6
3.2 Spectre PBC (pourcentage de bande constant) ........................................ — 7
3.3 Synthèse....................................................................................................... — 8
4. Outils de diagnostic ................................................................................ — 8
4.1 Spectre RC (résolution constante) ou FFT (fast Fourier transform )
et le zoom ..................................................................................................... — 8
4.2 Cepstre.......................................................................................................... — 10
4.3 Analyse d’enveloppe ................................................................................... — 10
4.4 Synthèse....................................................................................................... — 12
5. Principaux défauts................................................................................... — 12
5.1 Balourd (ou défaut d’équilibrage) .............................................................. — 12
5.2 Délignage (ou mauvais alignement) .......................................................... — 12
5.3 Frottement, desserrage, fissuration et jeux............................................... — 14
5.4 Défauts de courroies ................................................................................... — 14
5.5 Défauts de denture d’engrenages .............................................................. — 14
5.6 Passages d’aubes ........................................................................................ — 15
5.7 Cavitation ..................................................................................................... — 16
5.8 Défauts électriques ...................................................................................... — 16
5.9 Roulements .................................................................................................. — 18
6. Itinéraires ................................................................................................... — 18
6.1 Itinéraires de surveillance ........................................................................... — 18
6.2 Itinéraires de diagnostic.............................................................................. — 18
7. Surveillance d’une installation : directives ...................................... — 19
7.1 Préparation des campagnes de relevés..................................................... — 19
7.2 Réalisation des campagnes de relevés...................................................... — 20
7.3 Analyse ......................................................................................................... — 21
7.4 Rédaction d’un rapport d’analyse .............................................................. — 21
7.5 Évolution de l’itinéraire utilisé.................................................................... — 21
7.6 Maîtrise des documents : pistes................................................................. — 21
8. Déroulement d’une prestation : synthèse......................................... — 22
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. BM 5145

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ANALYSE VIBRATOIRE DES MACHINES TOURNANTES _________________________________________________________________________________________

L ’analyse vibratoire est un des moyens utilisés pour suivre la santé des
machines tournantes en fonctionnement. Cela s’inscrit dans le cadre d’une
politique de maintenance prévisionnelle de l’outil de production industrielle.
Les objectifs d’une telle démarche sont de :
— réduire le nombre d’arrêts sur casse ;
— fiabiliser l’outil de production ;
— augmenter son taux de disponibilité ;
— mieux gérer le stock de pièces détachées, etc.
À partir des vibrations régulièrement recueillies sur une machine tournante,
l’analyse vibratoire consiste à détecter d’éventuels dysfonctionnements et à
suivre leur évolution dans le but de planifier ou reporter une intervention
mécanique.
Il existe deux technologies permettant de réaliser une surveillance vibratoire :
— par mesure directe du déplacement des parties tournantes (arbres de
machines). Réalisées à l’aide de capteurs à courants de Foucault, ces mesures,
leur interprétation et leurs applications ne sont pas traitées ici. La technologie
mise en œuvre est lourde. Une application courante est la surveillance des machi-
nes à paliers hydrauliques (à coin d’huile). Cette surveillance est presque toujours
réalisée on line c’est-à-dire en temps réel. Les capteurs mesurent en permanence
les déplacements des arbres et autorisent ainsi le déclenchement immédiat
d’alarmes en cas de dysfonctionnement ;
— par mesure de l’accélération subie par les parties fixes de la machine
(carters). Les moyens mis en œuvre sont, dans ce cas, beaucoup plus accessibles
aux petites structures. À l’aide d’un accéléromètre relié à un collecteur de don-
nées, le technicien recueille les vibrations subies par les carters des machines.
Cette technique se prête aussi bien à la surveillance on line qu’à la surveillance
périodique effectuée lors de rondes selon un calendrier préétabli.
L’industrie lourde, généralement utilisatrice de turbomachines, a souvent
recours à l’ensemble des deux technologies afin de réaliser une surveillance
vibratoire performante de son outil de production.
Cependant, si les arbres des machines surveillées sont montés sur roule-
ments (c’est le cas pour la majorité d’entre elles), une surveillance périodique
par mesure sur les parties fixes permet une analyse très fine de l’état des
machines. Les objectifs énoncés plus hauts sont donc atteints dès l’instant où
l’activité est confiée à du personnel compétent et expérimenté. D’autre part, les
coûts de préparation et de mise en œuvre étant très largement inférieurs à
ceux de la technologie utilisant les capteurs à courants de Foucault, la sur-
veillance périodique séduit les PMI. Même si ces dernières ne possèdent pas
les compétences internes, elles n’hésitent plus à sous-traiter la surveillance
vibratoire de leur parc de machines tournantes.
L’objectif de cet article est triple :
— familiariser le lecteur avec l’analyse vibratoire par mesures sur les parties
fixes des machines :
• savoir ce que l’on peut attendre d’une surveillance périodique,
• connaître les moyens nécessaires à sa réalisation dans de bonnes
conditions ;
— permettre une première approche de cette technique :
• connaître le vocabulaire employé,
• savoir adapter les moyens aux objectifs de la surveillance dans son usine,
• reconnaître quelques images caractéristiques des défauts les plus couram-
ment rencontrés,
• diagnostiquer leur gravité ;
— proposer un exemple d’organisation permettant de conduire au mieux la
mission de surveillance :
• insister sur la qualité de la préparation des rondes (prises de mesures),
• instaurer une communication efficace entre les différents acteurs de la
surveillance,
• présenter des documents utiles au bon déroulement d’une surveillance.

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________________________________________________________________________________________ ANALYSE VIBRATOIRE DES MACHINES TOURNANTES

Analyse vibratoire
Suivre la santé des machines
tournantes en fonctionnement

Surveillance Diagnostic
Mesures comparatives Analyse approfondie
Évolution d'indicateurs Fréquences de défauts
Notion de "signature" Forme du signal
Outils : Outils :
niveaux globaux NG spectres RC / zooms
spectres PBC spectres enveloppes
spectres RC cepstres

Figure A –

Le schéma de la figure A présente, de façon simplifiée, l’analyse vibratoire


réalisée à partir de mesures effectuées sur les parties fixes des machines
surveillées.
On distingue communément deux principales activités :
— la surveillance : le but est de suivre l’évolution d’une machine par
comparaison des relevés successifs de ses vibrations. Une tendance à la hausse
de certains indicateurs par rapport à des valeurs de référence constituant la
signature alerte généralement le technicien sur un dysfonctionnement probable.
Idéalement, la signature est établie à partir d’une première campagne de mesu-
res sur la machine neuve ou révisée ;
— le diagnostic : il met en œuvre des outils mathématiquement plus élaborés.
Il permet de désigner l’élément de la machine défectueux suite à une évolution
anormale des vibrations constatée lors de la surveillance.
Le diagnostic n’est réalisé que lorsque la surveillance a permis de détecter
une anomalie ou une évolution dangereuse du signal vibratoire. La surveillance
peut être confiée à du personnel peu qualifié. Le diagnostic demande de
solides connaissances mécaniques et une formation plus pointue en analyse
du signal.

1. Principes fondamentaux 1.2 Indicateurs de surveillance :


détection des défauts
Ce sont des indicateurs (grandeurs physiques) utilisés régulière-
1.1 Matériel et prises de mesures ment pour surveiller les installations. Leurs évolutions permettent
d’alerter le technicien d’une dégradation du fonctionnement sans
pour autant désigner l’élément défectueux.
Pour de plus amples détails, le lecteur se reportera au para- On distingue :
graphe « Moyens d’étude nécessaires » en [Doc. BM 5 145].
— les indicateurs scalaires ou niveaux globaux (NG) ;
Idéalement, le matériel de mesure enregistre le signal vibratoire — les indicateurs de forme ou spectres.
brut. En fonction des besoins de l’analyse, on définit ensuite des Ces indicateurs constituent, lors d’une première campagne de
indicateurs calculés à partir de ce signal. L’évolution de ces mesures réalisée sur la machine en bon état (ou supposée telle), la
indicateurs renseigne sur l’usure de la machine. signature de la machine. Ils sont présentés en détail dans les para-
graphes suivants.
La mesure et le stockage du signal vibratoire brut ne sont mal-
heureusement pas possibles avec les moyens matériels actuels.
Cela oblige le technicien à prévoir, dès la conception de la ronde
de surveillance, les différents indicateurs qui vont être nécessaires
1.3 Indicateurs de diagnostic :
afin de répondre aux objectifs fixés. recherche de la cause des défauts
Le soin apporté à la préparation de la ronde et au paramétrage Ils sont utilisés lorsque l’on détecte une anomalie à l’aide des
du matériel de mesure conditionne donc, en grande partie, la qua- indicateurs de surveillance. Cette anomalie est souvent une évolu-
lité de l’analyse réalisée par la suite. tion jugée importante par rapport à la signature.

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Accélération (g)
10

Dépassement du seuil de danger

0,1

0,01

0,001

10,9
13
15,4
18,3
21,8
25,9
30,7
36,5
43,5
51,5
61,3
73
86,5
103
122
145
173
205
244
290
345
410
487
580
688
818
970
1,16 x 103
1,37 x 103
1,63 x 103
1,94 x 103
2,3 x 103
2,74 x 103
3,25 x 103
3,87 x 103
4,6 x 103
5,45 x 103
6,5 x 103
7,7 x 103
9,15 x 103
10,9 x 103
Fréquence (Hz)
Danger Référence = signature
Alerte Mesure courante

Figure 1 – Visualisation des mesures de surveillance effectuée par logiciel

Le diagnostic du défaut détecté demande souvent une précision — du degré d’importance des machines ;
que ne peuvent donner les indicateurs de surveillance. Le techni- — des objectifs de la surveillance.
cien dispose pour cela des outils suivants : Un logiciel permet de visualiser les mesures et d’effectuer les
— les indicateurs généraux (spectres) ; comparaisons avec les valeurs de référence (la signature) qui per-
— les indicateurs spécifiques. mettent aussi d’établir (figure 1) :
— un seuil d’alerte au-dessus duquel on considère que l’état de
la machine est préoccupant ;
Les spectres sont utilisés autant pour la surveillance que pour — un seuil de danger au-dessus duquel une panne imminente est
le diagnostic. probable.
■ Diagnostic
En cas d’anomalie (dépassement de seuil ou évolution inquié-
1.4 Organisation préconisée tante par rapport à la signature), on établit un itinéraire dit
« itinéraire de diagnostic ». Cet itinéraire contient toutes les infor-
mations utiles sur :
Il est important de bien distinguer l’activité de surveillance de
celle de diagnostic. — les machines surveillées à diagnostiquer ;
— les points de mesure concernés par les défauts précédemment
Les deux ne seront efficaces que si l’on connaît de façon précise détectés ;
la cinématique de la machine surveillée ainsi que son degré — les types d’indicateurs mesurés en chacun des points
d’importance dans le procédé de fabrication. (indicateurs de diagnostic).
■ Surveillance Cet itinéraire est effectué avec le même matériel que celui utilisé
pour la surveillance.
On établit une ronde type appelée « itinéraire de surveillance ».
Elle contient toutes les informations utiles sur : Les résultats des mesures sont visualisés sur PC avec le logiciel
utilisé pour la surveillance. Ils sont utilisés pour le diagnostic des
— les machines surveillées ; défauts. Ce diagnostic permet de statuer sur l’état de la machine et
— les points de mesure pour chaque machine ; de décider ou non une intervention sur celle-ci.
— les types d’indicateurs mesurés en chacun des points
(indicateurs de surveillance).
Les deux derniers points ne peuvent être déterminés sans • Des exemples d’itinéraires de surveillance et de diagnostic
connaître avec précision la cinématique des machines. sont donnés dans le paragraphe 6 « Itinéraires ».
Cet itinéraire est effectué avec le matériel adéquat (collecteur + • Un prédiagnostic est souvent possible à partir des indica-
accéléromètre, cf. paragraphe « Moyens d’étude nécessaires » teurs de surveillance si ceux-ci ont été correctement définis en
[Doc. BM 5 145]) selon une périodicité déterminée qui dépend : fonction de la cinématique de la machine.

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2. Préliminaires calculer les fréquences caractéristiques des défauts susceptibles


d’apparaître sur les machines. Ces calculs sont détaillés dans le
à la surveillance paragraphe suivant.

Avant de réaliser les mesures sur les machines, il est indispen- 2.3 Points de mesure
sable de préparer soigneusement son itinéraire en fonction de ses
objectifs. Cela doit aboutir à :
L’implantation de l’accéléromètre sur les machines est, elle
— un choix des machines à surveiller ; aussi, très importante. Chaque campagne de mesures doit être
— la connaissance précise de ces machines ; effectuée en des points précis et toujours les mêmes. En effet, un
— un choix du nombre et de l’emplacement des mesures phénomène mécanique peut donner des images vibratoires sensi-
effectuées sur chaque machine. blement différentes en fonction du point de mesure.
On essaiera toujours de rapprocher le plus possible les points
2.1 Classement « VIS » des machines de mesure des paliers. Cela permet d’obtenir les images les plus
fidèles des défauts mécaniques (bande passante de la chaîne
d’acquisition maximale, amortissement minimisé).
Afin de ne pas surveiller inutilement des machines qui n’ont pas
une importance capitale, les industriels établissent souvent le Pour avoir une image complète des vibrations (en trois
classement suivant : dimensions), il faut prendre les mesures selon trois directions
— machines Vitales : machines non doublées dont la panne perpendiculaires sur chaque palier de la machine surveillée : deux
entraîne l’arrêt de la production. Les frais et les délais de remise en directions radiales (horizontale et verticale) et une direction axiale.
état sont importants. Les pertes de production sont inacceptables ; Exemple : pour l’ensemble présenté figure 2 (moteur + pompe) :
— machines Importantes : machines doublées ou non dont la — le moteur a deux paliers : M1 et M2 ;
panne entraîne une baisse sensible de la production. Les frais et — la pompe a deux paliers : P1 et P2.
délais de remise en état sont importants, les pertes de production
aussi ; Chaque palier est surveillé selon trois directions orthogonales :
— machines Secondaires : machines doublées ou dont une panne — radiale horizontale : M1H M2H P1H P2H
ne remet pas en cause les capacités de production. — radiale verticale : M1V M2V P1V P2V
— axiale : M1A M2A P1A P2A

Les critères de classement dans l’une ou l’autre de ces catégo-


ries peuvent varier d’un site à l’autre. • En pratique on se contentera d’une seule mesure axiale par
machine. Celle-ci sera faite de préférence proche du palier ser-
vant de butée.
En fonction de ce classement, d’un indice de vétusté, d’un indice
• Les directions horizontale et verticale peuvent, si néces-
de complexité des machines, on détermine les outils de sur-
saire, être remplacées par deux directions obliques à 90o.
veillance à employer, leur paramétrage et la fréquence des campa-
gnes de relevés (cf. exemple dans le tableau 1). Les points M1H et M1V de la figure 2 peuvent ainsi devenir :
M1OG oblique gauche
M1OD oblique droit
2.2 Cinématique
On ne peut surveiller correctement une machine que l’on ne
connaît pas. Avant de recueillir quelque signal vibratoire que ce
soit, il faut prendre connaissance de la cinématique de l’installation Type de machine N° de palier Direction
à surveiller (cf. Définition machines en [Doc. BM 5 145]).
M1V M2V P1V P2V
Parmi les indications les plus importantes, le technicien doit
connaître : M1A (M2A) (P1A) P2A M1V
M1A M1H
— la vitesse de rotation de chaque ligne d’arbre ;
— le nombre de pales ou d’aubages sur les ventilateurs et les
pompes ;
— le nombre de dents des engrenages ;
— le diamètre des poulies et la longueur des courroies ;
— le type des roulements ; Moteur
— le nombre de barres de la cage d’écureuil du moteur, etc. Pompe
Tous ces renseignements sont indispensables pour déterminer
les outils adéquats à une surveillance efficace. Ils permettent de Figure 2 – Points de mesure pour un ensemble moteur + pompe

Tableau 1 – Exemple de surveillance à mettre en œuvre


Machine
Complexité de la machine
Vitale Importante Secondaire

Complexe (Présence de réducteurs) Surveillance spectrale Surveillance spectrale Surveillance par niveaux globaux

Simple (Une seule ligne d’arbre) Surveillance spectrale Surveillance par niveaux globaux Surveillance par niveaux globaux

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2.4 Aspects pratiques. Pastilles à coller Cet indicateur est, lui aussi, révélateur des phénomènes dits
« basses fréquences » (BF). Ces phénomènes sont les plus énergé-
tiques, donc les plus destructeurs. Ils peuvent aussi être à l’origine
La reproductibilité des mesures d’une campagne sur l’autre étant de desserrages ou de fissures.
un aspect essentiel de la surveillance vibratoire, on s’attachera à la
respecter scrupuleusement. Pour cela, il est nécessaire de coller Une augmentation du balourd, un défaut de lignage, se tradui-
sur les machines des « pastilles filetées » aux emplacements défi- ront par une augmentation anormale de cet indicateur qui est pris
nis ci-dessus (cf. paragraphe « Moyens d’étude nécessaires » en comme référence dans la norme ISO 10816 (cf. [Doc. BM 5 145]).
[Doc. BM 5 145]).
■ Indicateur hautes fréquences (signal de faible énergie)
Afin de faciliter la mise en œuvre, on préférera employer de la
colle à prise rapide. Elle devra offrir de bonnes caractéristiques ● Accélération efficace entre 1 et 10 kHz :
mécaniques (dureté maximale) afin de ne pas trop altérer la bande Acceff [1 000-10 000 Hz] (en g ou mg )
passante de la chaîne d’acquisition.
C’est un indicateur révélateur des phénomènes dits « hautes
Lors des relevés successifs, l’opérateur viendra visser l’accéléro- fréquences » (HF) tels que les défauts de roulement, de denture...
mètre sur ces pastilles. L’emplacement des mesures sera donc tou-
Une élévation anormale de l’accélération sera en général, sur
jours le même : d’où une reproductibilité garantie.
une machine simple, révélatrice d’une dégradation avancée des
roulements.

g accélération due à la pesanteur (9,81 m · s–2) pris comme


3. Outils de surveillance unité d’accélération avec son sous-multiple mg (10–3 g ).

■ Indicateurs spécifiques aux roulements (cf. Niveaux globaux spé-


La compréhension des trois paragraphes suivants « Outils de cifiques aux roulements en [Doc. BM 5 145])
surveillance », « Outils du diagnostic » et « Principaux défauts »
nécessite de la part du lecteur quelques connaissances de base ● Facteur de crête entre 1 et 10 kHz :
en mathématiques et théorie du signal. De brefs rappels expo- FC [1 000-10 000 Hz] (sans unité)
sant le minimum requis sont donc inclus en [Doc. BM 5 145].
Acc crête
FC = ----------------------
-
Acc eff
Le défaut majeur de cet indicateur est de présenter environ les
3.1 Niveaux globaux (NG) mêmes valeurs dans les deux cas extrêmes (état neuf et fin de vie
du roulement, figure 3). Seule son évolution est significative. C’est,
La surveillance par niveaux globaux offre des possibilités en revanche, un indicateur stable.
d’investigations limitées. Les niveaux globaux sont des indicateurs ● Facteur K entre 1 et 10 kHz :
scalaires plus ou moins sensibles à un nombre important de phé-
nomènes. Sur une machine dont le niveau vibratoire normal est K [1 000-10 000 Hz] (en g 2 ou mg 2)
relativement haut, le développement d’un défaut mécanique peut K = Acc crête · Acc eff
être masqué par le « bruit de fond ». Le niveau global mesuré ne
réagit alors pas à ce défaut, du moins pas à un stade précoce de Le facteur K est plus sûr pour effectuer une analyse ponctuelle
son développement. (analyse « spot ») des roulements. Sa valeur est directement liée à
l’état du ou des roulements (figure 4).
La surveillance par niveaux globaux ne peut donc convenir que
dans le cadre d’une politique de sécurité. Elle permet de détecter Du fait de son mode de calcul (g 2) et contrairement au facteur de
un fonctionnement anormal et de déclencher un arrêt avant la crête, le facteur K est un indicateur instable.
panne des installations. En aucun cas on ne pourra identifier la Nota : 1 g 2 = 100(m · s–2)2
cause de ce fonctionnement anormal ni optimiser la maintenance
des machines avec un tel outil.
Les valeurs indiquées sur le graphe de la figure 4 ne sont que
■ Indicateurs basses fréquences (signal de grande énergie) des ordres de grandeur pouvant varier dans des proportions
non négligeables en fonction de la machine surveillée.
● Déplacement crête-crête entre 10 et 1 000 Hz :
Dcc [10-1 000 Hz] (en mm)
C’est l’indicateur préconisé par l’API (American Petroleum
Institute).
Il est utilisé par tout industriel intervenant dans la pétrochimie et FC
est sensible aux phénomènes dits « basses fréquences ».
Le niveau acceptable maximal est donné, quelle que soit la 12
machine, par la formule suivante :
Rupture
12 000
D ccmax = 25,4 ------------------- 3
N
avec N vitesse de rotation (tr/min), Écaillage Écaillage Temps
Dcc déplacement crête-crête (µm). localisé généralisé

● Vitesse efficace entre 10 et 1 000 Hz :


Veff [10-1 000 Hz] (en mm/s) Figure 3 – Évolution du facteur de crête FC en fonction du temps

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● Facteur K : (échelle sujette à modifications suivant les ma-


chines).
K (g 2) Rupture
Si K < 0,8 g 2 ⇒ roulement en bon état.
80
Si K > 8 g 2 ⇒ roulement dégradé.
Fin de vie

8 Ces valeurs ne sont que des ordres de grandeur. L’expérience


personnelle de l’analyste permet d’affiner le jugement.

0,8
Bon état
3.2 Spectre PBC
0,08
(pourcentage de bande constant)
Temps
La technique de surveillance des installations à chaîne cinéma-
Figure 4 – Variation du facteur K en fonction du temps tique simple (une seule ligne d’arbre) par comparaison de spectres
PBC est une technique fiable et rapide. Elle constitue un bon crible.
Par contre, contrairement à la surveillance par spectres RC (réso-
lution constante), elle ne donne que rarement des informations
précises sur l’origine des évolutions.
Le spectre PBC se présente sous forme de « bandes » juxtapo-
Veff [10 – 1 000 Hz] (mm/s)

sées selon une échelle logarithmique de la fréquence.


Niveau de danger
Le rapport « largeur de bande /valeur de fréquence centrale »
reste constant. Il est normalement égal à 6, 23 ou 70 %. On repré-
Dépassement du seuil sente le PBC sur des échelles logarithmiques en abscisses et
d'alerte le 06/04/99
ordonnées (figure 6).
Le résultat est une image haute résolution aux basses fré-
Niveau d'alerte
quences (BF) afin de bien distinguer les composantes caractéris-
Régression tiques des défauts tels que le balourd, le désalignement, les
instabilités des rotors (voir paragraphe 4).
Dans les hautes fréquences (HF), la résolution est faible mais
Niveau de référence suffisante pour détecter les défauts de roulements, l’usure des
dentures d’engrenage, les problèmes de lubrification...
Date
■ Largeur de bande
Figure 5 – Exemple d’utilisation d’un niveau global Une largeur de bande relative de 6 % apporte une solution opti-
male à tous les problèmes courants sur les machines simples.
Sur la figure 6, par exemple :
■ Exemple de l’utilisation d’un niveau global — la bande centrée sur 25,90 Hz a une largeur de :
On considère ici l’indicateur vitesse efficace Veff [10-1 000 Hz] (6 /100) × 25,90 = 1,55 Hz
(figure 5). — la bande centrée sur 2 740 Hz a une largeur de :
(6 /100) × 2 740 = 164,40 Hz
Le dépassement repéré peut avoir plusieurs origines :
— balourd mécanique ou thermique ; ■ Niveaux de référence, alerte et danger
— desserrage de la machine ;
● Le niveau de référence (vert) représente la signature de la
— délignage ;
machine. Cette signature est établie lors des premières campagnes
— frottement important, etc. de mesures.
Le niveau global utilisé fait apparaître un problème. On se doute ● Le niveau d’alerte (jaune) est déduit du niveau de référence de
de sa gravité mais on n’en connaît pas l’origine. Dans le cas pré- la façon suivante :
senté, il s’agit d’un important délignage. Une telle évolution peut Alerte = Référence + X dB
cependant être due à l’apparition d’un balourd. Pour trancher, il est
nécessaire de réaliser un diagnostic précis. Dans ce cas, il fera ● Le niveau de danger (rouge) est déduit du niveau de référence
appel à une analyse effectuée sur un spectre RC (ou FFT) (cf. § 4) de la façon suivante :
de moyennes fréquences (MF).
Danger = Référence + Y dB
■ Appréciation de la gravité d’une valeur de niveau global ● X et Y sont définis soit par le logiciel utilisé (il existe des
● Pour Dcc [10-1 000 Hz], se reporter aux recommandations de « standards » tels que X = 6 dB et Y = 20 dB), soit par l’analyste si
l’API. celui-ci a suffisamment d’expérience.
● Pour les indicateurs Veff [10-1 000 Hz] et Acceff [1-10 kHz], se
reporter à la norme ISO 10816 et au paragraphe « Appréciation de la Étant donné la grande largeur de bande fréquentielle d’un
sévérité » en [Doc. BM 5 145]. spectre PBC, il est impératif de travailler en accélération et non
● Facteur de crête : il faut analyser l’évolution. en vitesse avec ce type d’outil. En effet, il est d’usage de
Si FC augmente ⇒ la situation n’est pas alarmante. réserver, les grandeurs « vitesse » et « déplacement » à des indi-
Si FC diminue ⇒ le roulement est en fin de vie. cateurs de basses fréquences (de 0 à 1 000 Hz).

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Accélération (g)
10
Basses fréquences Hautes fréquences
Haute résolution Basse résolution
Largeur de bande
1

0,1

0,01

0,001

10,9
13
15,4
18,3
21,8
25,9
30,7
36,5
43,5
51,5
61,3
73
86,5
103
122
145
173
205
244
290
345
410
487
580
688
818
970
1,16 x 103
1,37 x 103
1,63 x 103
1,94 x 103
2,3 x 103
2,74 x 103
3,25 x 103
3,87 x 103
4,6 x 103
5,45 x 103
6,5 x 103
7,7 x 103
9,15 x 103
10,9 x 103
Fréquence
centrale Fréquence (Hz)
Danger Référence = signature
Alerte Mesure courante

Figure 6 – Exemple de spectre PBC

3.3 Synthèse obtenu sera donc une courbe passant par 400 points régulièrement
espacés en fréquence.
On trouvera tableau 2 un récapitulatif des différents indicateurs La bande de fréquences se définit avant de procéder aux mesu-
de surveillance précédemment détaillés. res sur site. On distingue :
— les spectres BF (basses fréquences [0-50 Hz]) ;
— les spectres MF (moyennes fréquences [0-500 Hz]) ;
Tableau 2 – Indicateurs de surveillance — les spectres HF (hautes fréquences [0-10 000 Hz]) ;
Phénomènes — les zoom haute résolution [f1-f2], f1 et f2 définissant la gamme
Indicateur Observations de fréquences analysée.
surveillés
Dcc [10-1 000 Hz] Basses fréquences Pétrochimie, API ■ Définition de l’image
Le pas s’exprime par :
Veff [10-1 000 Hz] Basses fréquences Norme ISO 10816
Acceff [1 000-10 000 Hz] Hautes fréquences Indicateur général Pas = ∆ f /400

Stabilité, analyse La définition de l’image sera d’autant meilleure que la bande de


FC [1 000-10 000 Hz] Roulements « spot » impossible fréquences analysée sera étroite :
Instabilité, analyse — un spectre BF [0-50 Hz] a un pas de 50/400 = 0,125 Hz ;
K [1 000-10 000 Hz] Roulements « spot » — un zoom [152-158 Hz] a un pas de 6/400 = 0,015 Hz ;
— un spectre HF [0-10 000 Hz] a un pas de 10 000/400 = 25 Hz.
Bon compromis
PBC [10-10 000 Hz] Tout phénomène entre simplicité
et exhaustivité de ■ Par conséquent, un spectre HF sera un outil de surveillance sur
l’information lequel on pourra suivre l’évolution du niveau vibratoire de la
machine. Si un phénomène anormal apparaît, on peut distinguer s’il
s’agit d’un problème de roulement (hautes fréquences), d’engrène-
ment (fréquences caractéristiques prédéfinies)... Son utilisation est
comparable à celle d’un spectre PBC. Il reste plus précis que celui-ci
4. Outils de diagnostic pour certains phénomènes mais nécessite plus d’espace mémoire.

■ Le diagnostic de précision nécessite le recours au spectre BF ou


au zoom centré sur une fréquence particulière. En effet, certains
4.1 Spectre RC (résolution constante) ou défauts tels que des défauts de denture ou de « faux rond » sur les
FFT (fast Fourier transform ) et le zoom engrenages ne s’identifient avec précision que sur des images dont
le pas est souvent inférieur à 0,5 Hz.
C’est une représentation de l’amplitude vibratoire en accéléra- ● Le spectre BF est un outil très puissant pour le diagnostic courant
tion sur un axe linéaire des fréquences. Avec la technologie des défauts de grande énergie (basses fréquences) tels que le
actuelle, sa résolution est généralement de 400 lignes. Le spectre balourd, le défaut d’alignement, les jeux excessifs…

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100
Accélération (mg )

Accélération efficace en mg
Spectre RC [0 – 500 Hz]
Valeurs d'harmoniques
Fréquence Accélération % trouvé
(Hz) (mg )
1 24,84 28,902
10 2 49,63 5,336 18,5
3 74,51 9,180 31,8
4 98,75 7,546 26,1
5 124,31 9,649 33,4
6 149,26 16,875 58,4
7 173,94 64,406 222,8
8 199,12 15,595 54,0
9 223,48 17,830 61,7
1 10 248,18 13,721 47,5
11 273,19 29,913 103,5
12 297,84 18,967 65,6
13 322,50 5,517 19,1
14 347,97 3,677 12,7
15 372,00 2,399 8,3
16 397,50 1,534 5,3
Valeurs
Échelle desdes
linéaire harmoniques*
fréquences 17 422,03 3,739 12,9
0,1 18 446,89 3,053 10,6
19 471,25 2,150 7,4
20 496,25 2,723 9,4

Échelle
Échelleslogarithmique
logarithmiquedes
desamplitudes
amplitudes Échelle linéaire
Valeurs des fréquences
des harmoniques*
0,01
100 200 300 400 500
Fréquence (Hz)
*harmoniques : fréquences multiples de la fréquence de rotation fr
Exemple : 3e harmonique (ou harmonique de rang 3) ⇒ f = 3 fr

a exemple 1

100
Accélération (mg )

Peigne de raies Accélération efficace en mg


Spectre RC [0 – 500 Hz]

10

0,1

0,01
100 200 300 400 500
Fréquence (Hz)

Ce spectre présente les images caractéristiques de défauts tels que jeux importants ou fissuration (cf. paragraphe 5)

b exemple 2

Figure 7 – Exemples de spectres RC [0-500 Hz]

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Si les fréquences surveillées ne dépassent pas 500 Hz, on pourra,


bien que cela ne soit pas conseillé, utiliser la vitesse pour unité
d’amplitude du phénomène.
● Le zoom permet, quant à lui, de repérer les défauts de niveau Niveau de danger
d’énergie beaucoup plus faible comme les défauts de denture
d’engrenages (moyennes et hautes fréquences).
Le tableau 3 donne quelques exemples de défauts courants
visibles sur le spectre RC.
Les fréquences surveillées étant élevées, on utilisera systémati- a relevé le 10/04 (signature)
quement les représentations en accélération avec de tels outils.
(0)

Déclenchement d'une
Tableau 3 – Défauts et fréquences caractéristiques alarme intempestive

Fréquences
Défauts (liste non exhaustive)
caractéristiques (1)

Balourd mécanique ou thermique fr


Désalignement 2fr, 3fr et/ou 4fr b relevé le 10/05 (la vitesse de rotation a diminué à 1 472 tr/min)

Frottement, jeux, fissurations... Peignes de raies d’un pas de


(1/2) fr et fr Figure 8 – Déclenchement d’alarme intempestive sur un spectre RC
Engrènement (z dents) z · fr modulé par fr
Passages d’aubes (n aubes) n · fr 4.2 Cepstre
(1) fr = N /60 fréquence de rotation (Hz),
N vitesse de rotation (tr/min). C’est la représentation de la transformée de Fourier du spectre ;
soit deux fois la transformée de Fourier du signal temporel de
base. L’image obtenue est une courbe fonction du temps (qué-
frence) mesuré en secondes.
■ Représentation type
Le cepstre est au spectre ce que le spectre est à la représentation
La figure 7 (p. 9) donne deux exemples de spectres RC. temporelle du signal. Un phénomène périodique dans le temps
n’est représenté que par un seul pic sur un spectre (figure 9a ). De
la même façon, un phénomène représenté par un spectre pério-
Le spectre RC (ou le spectre FFT) est très sensible aux varia- dique (modulation) ne donne qu’un seul pic sur un cepstre
tions de vitesse de rotation qui peuvent survenir entre deux (cf. figure 9b ).
campagnes de mesures. De ce fait, l’utilisation des niveaux
d’alerte et de danger requiert une grande habitude afin de ne C’est un outil de diagnostic utilisé pour distinguer des défauts
pas déclencher des alarmes intempestives. qui donnent des images spectrales complexes dues à plusieurs
modulations d’amplitude concomitantes. Les engrenages peuvent
nécessiter ce type d’analyse. En effet, la fréquence d’engrènement
Exemple : moteur actionnant une pompe. est souvent modulée par les fréquences de rotation des roues
menante et menée (cf. paragraphe 5).
■ Le 10 avril, ce moteur tourne à 1 492 tr /min soit
1 492/60 r 24,87 Hz (figure 8a ). Le cepstre permet de séparer et d’identifier sur une seule image
toutes les fréquences de modulation (fréquences de rotation des
Le passage d’aubes sur cette pompe est visible à 7 fois la fréquence arbres d’entrée, intermédiaire et de sortie dans un réducteur).
de rotation (cf. § 5) soit, ce jour-là : 7 × 24,87 = 174,07 Hz.
Sur le spectre MF représentatif de la signature de la machine on Exemple : engrenage (figure 10).
distingue donc, entre autres, deux pics : l’un à 24,87 Hz et l’autre à L’engrenage surveillé présente certainement un défaut de faux rond
174,07 Hz. sur le pignon ou la roue tournant à 0,33 Hz soit 0,33 × 60 = 19,8 tr/min.
Si on cale des alarmes sans trop de précautions, il peut se produire Il s’agit certainement d’un étage supérieur du réducteur surveillé
un déclenchement intempestif comme sur la figure 8b. (cf. § 5).
■ Le 10 mai, une augmentation maîtrisée de pression et de
viscosité du fluide véhiculé par la pompe entraîne une diminution de la
vitesse de rotation : le moteur ne tourne qu’à 1 472 tr/min soit 4.3 Analyse d’enveloppe
1 472/60 r 24,53 Hz .
Ce jour-là, le passage d’aubes se manifeste à 7 × 24,53 = 171,73 Hz. Cette technique est très utilisée pour la détection des défauts se
L’alarme (figure 8b ) n’est pas due, comme on le souhaiterait, à une manifestant dans les hautes fréquences. Ces défauts sont forcé-
augmentation de l’amplitude vibratoire pouvant témoigner, dans ce cas ment de faible énergie. Ils n’émergent en général pas du bruit de
précis, d’un encrassement de l’impulseur de pompe. C’est la baisse de fond sur un spectre RC dans les hautes fréquences. Ils peuvent
régime qui, bien que parfaitement maîtrisée, déclenche une alarme qui s’apparenter à de petits chocs qui excitent la structure de la
ne devrait pas être. machine qui répond généralement entre 1 et 10 kHz.
Par sa nature (pourcentage de bande constant, échelle logarithmi- Un spectre enveloppe (SE) doit se paramétrer de façon précise
que), le PBC est beaucoup moins sensible aux variations de vitesse de sur deux gammes de fréquences différentes :
fonctionnement. Il se prête, par conséquent, mieux à l’utilisation des — la gamme HF ; c’est la gamme de fréquences excitée par les
niveaux d’alerte et de danger. défauts sur laquelle réagit la structure. Elle est généralement

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Signal original Signal original


Tm
A T T T A
T

A0 A1
t t

Transformation de Fourier Transformation de Fourier

Spectre Spectre
A A
fm fm fm fm = 1/Tm

f = 1/T f f = 1/T f

a fonction simplement périodique


Transformation de Fourier

Cepstre
A (dB)

Tm = 1/fm s

Remarque : A (dB) = 20 lg (A1/A0)

b fonction d'amplitude modulée


Figure 9 – Cepstre

Cepstre
Accélération efficace [0 – 8 s]
Accélération (dB)

⇒ Fréquence
3 s => Fréquencede
demodulation
modulation==0,33
0,33Hz
Hz
8

0
0 1 2 3 4 5 6 7
Quéfrence (s) Figure 10 – Utilisation d’un cepstre
pour la surveillance d’un engrenage

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comprise entre 1 et 10 kHz. C’est la gamme dont les valeurs croissent (0)

en forme de « cloche » ou de « bosses de chameau » sur un spectre Tableau 4 – Outils de diagnostic


PBC ou RC HF ;
— la gamme de fréquences des défauts « excitateurs » possibles. Phénomènes
Outil Observations
Ces défauts sont ceux des roulements. L’élément fautif peut être : surveillés
• la piste interne (sur l’arbre), Nombreuses applica-
• la piste externe (sur l’alésage) ; Spectre RC (ou FFT) Indicateur général tions en fonction de la
bande de fréquences
• une bille ou un rouleau. choisie
Des logiciels édités par les constructeurs de roulements permet- Haute résolution possi-
tent de déterminer, en fonction du type de roulement et de la Zoom Indicateur général ble, précision du dia-
vitesse de rotation de l’arbre, toutes les fréquences des défauts gnostic
possibles dans un roulement (cf. [Doc. BM 5 145]).
Cepstre Engrènements Précision du diagnostic
Exemple : un modèle d’utilisation d’un spectre enveloppe est mon- Précision du diagnostic
tré sur la figure 11. mais paramétrage déli-
Spectre enveloppe Roulements cat (deux gammes de
Ce roulement a un début d’écaillage sur la piste interne.
fréquences)

4.4 Synthèse
On trouvera tableau 4 un récapitulatif des différents outils de 5. Principaux défauts
diagnostic précédemment détaillés.
Le présent paragraphe donne un aperçu des principaux défauts
et de leur manifestation vibratoire que l’on peut rencontrer sur les
machines tournantes classiques.

Désignation du roulement : 608 5.1 Balourd (ou défaut d’équilibrage)


Diamètre moyen d'évolution (mm) : 15
Diamètre d'élément roulant (mm) : 3,97 ■ Manifestations :
Nombre d'éléments roulants : 7
Angle de contact (degrés) : 0,00 — augmentation du niveau global choisi en basses fréquences :
Vitesse bague intérieure (tr/min) : 1 500,00 • soit Dcc [10-1 000 Hz],
• soit Veff[10-1 000 Hz] ;
Code du roulement : 1 — nette augmentation de l’amplitude de la fréquence fondamen-
Type de roulement : roulement rigide à billes
tale (fréquence de rotation, fr ) :
Diamètre extérieur du roulement (mm) : 22
fr = N y 60
Diamètre intérieur du roulement [d ] (mm) : 8
Nombre de rangées : 1
avec N vitesse de rotation (tr/min).
Fréquence défaut bague intérieure (Hz) : 111,12
Fréquence défaut bague extérieure (Hz) : 63,88 Exemple : mise en évidence d’un défaut de balourd (figure 12).
Fréquence défaut élément roulant (Hz) : 85,84
Vitesse rotation bague inférieure (Hz) : 25,00
Spectre bleu (machine en bon état de fonctionnement) : amplitude
Vitesse rotation cage (Hz) : 9,13 de la fréquence fondamentale 1,323 mg pour 16,25 Hz ;
Vitesse rotation élément roulant (Hz) : 42,92 Spectre rouge (machine en fonctionnement dégradé : défaut
d’équilibrage) : amplitude de la fréquence fondamentale 14,199 mg
a données caractéristiques pour 16,25 Hz.

Ce défaut n’est pas directionnel : on recueille la même image


Accélération (mm/s2)

dans toutes les directions radiales (verticale, horizontale ou


oblique).
100
■ Origine
10 Elle peut être :
— mécanique : dégradation des pales ou aubages (dépôts
d’impuretés...) ;
1 — thermique : modification de la géométrie des parties tour-
nantes en fonction de la température.
Dans la plupart des cas, on peut y remédier par un nettoyage ou,
si nécessaire, un équilibrage.
112 Hz
Fréquence (Hz)

b spectre enveloppe (gamme HF [2,0 – 8,5 kHz] 5.2 Délignage (ou mauvais alignement)
L’arbre moteur et l’arbre récepteur ne sont pas parfaitement
Figure 11 – Modèle d’utilisation d’un spectre enveloppe alignés.

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100
Accélération (mg )

10

0,1

0,01
100 200 300 400 500
Fréquence (Hz)
Figure 12 – Mise en évidence d’un défaut
de balourd

100
Accélération (mg)

10

0,1

0,01
100 200 300 400 500
Fréquence (Hz)
Valeurs d'harmoniques
Fréquence Accélération % trouvé
(Hz) (mg )
1 16,59 2,420
2 33,17 4,715 194,8
3 49,75 13,044 538,9
4 66,35 1,980 81,8
Figure 13 – Mise en évidence d’un défaut
de délignage

■ Manifestations : Ce défaut est directionnel : a priori , on ne recueille pas le même


— augmentation du niveau global choisi en basses fréquences : signal sur les différentes directions radiales. Contrairement au
• soit Dcc [10-1 000 Hz], balourd, ce défaut est souvent visible sur une direction axiale.
• soit Veff[10-1 000 Hz] ; ■ Origine
— augmentation des proches harmoniques de fr . Le plus souvent Elle peut être :
l’harmonique de rang 2 tend à s’élever au-delà de la fréquence fon-
— mécanique : desserrage des pieds de fixation d’une des
damentale. Parfois le phénomène se transmet aux 3e et 4e harmo-
machines ;
niques.
— thermique : excroissance thermique des pieds en fonction-
Exemple : mise en évidence d’un défaut de délignage (figure 13). nement.

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Dans la plupart des cas, on peut y remédier facilement par un ■ Origine


lignage. Ce genre de prestation est maintenant réalisé à l’aide de
matériels utilisant la technologie du laser. Pour la plupart des Ce peut être la conséquence d’une mauvaise pose, d’une usure...
applications, un lignage effectué par du personnel qualifié et expé- En changeant la courroie, vérifier s’il n’y a pas de défaut d’aligne-
rimenté n’immobilise la machine que quelques heures. ment entre les deux poulies.

La gravité d’un défaut constaté sur le spectre est toujours


5.3 Frottement, desserrage, fissuration délicate à apprécier. On ne saura être affirmatif que lorsque l’on
et jeux aura acquis une certaine expérience sur la machine surveillée.
Il existe néanmoins, pour les débutants, des repères assez
■ Manifestations fiables exposés dans le paragraphe « Appréciation de la
sévérité », en [Doc. BM 5 145].
Ce défaut peut présenter plusieurs images caractéristiques. Il fait
ressortir la fréquence fondamentale fr et ses harmoniques. Contrai-
rement au défaut d’alignement, les harmoniques peuvent ressortir
sur une gamme très étendue de fréquences et pas seulement
jusqu’au 4e ordre. Il peut aussi parfois faire apparaître la fréquence 5.5 Défauts de denture d’engrenages
1/2 fr et ses harmoniques à un niveau toutefois moindre que les
harmoniques de la fréquence fondamentale. Un arbre tournant à une fréquence fr sur lequel est monté un
pignon ou une roue comptant z dents sera soumis à z chocs par
Exemple : mise en évidence d’un défaut de jeu ou de fissuration tour. La fréquence caractéristique de l’engrènement sera donc :
(cf. figure 7b ).
fe = z · fr
Ce genre de défaut est, en général, directionnel (desserrage
selon un axe, fissuration beaucoup plus apparente dans la direc- ■ Origine et manifestation
tion de la charge que dans les autres directions...).
Si cet arbre ou le pignon présente un défaut d’excentricité, ou si
■ Origines une dent du pignon présente un défaut localisé, il va apparaître
Elles peuvent être très diverses ainsi que les remèdes ; s’il s’agit une modulation d’amplitude du signal par la fréquence de
d’un défaut de serrage, il est très facile d’y remédier. Une fissure rotation fr . Cela se traduira, sur le spectre, par un peigne de raies
sur un arbre de turbine demandera une intervention beaucoup plus centré sur la fréquence d’engrènement fe et de pas fr . Ce peigne
lourde. n’est visible que sur un zoom centré lui aussi sur la fréquence
d’engrènement fe (figure 15).
Si une même machine est le siège de plusieurs engrènements,
5.4 Défauts de courroies les images caractéristiques de chacun peuvent se superposer de
manière à ne plus être reconnaissables. Le seul outil permettant de
dissocier les différents phénomènes est le cepstre. Il fait apparaître
■ Manifestation :
un pic caractéristique pour chaque fréquence de modulation. Cela
— pour une mesure effectuée sur le palier de la roue 1 (figure 14) : permet de séparer les phénomènes de chaque ligne d’arbre
pics visibles à f c1 et 2 f c1 sur un spectre RC ; (cf. figure 10).
— pour une mesure effectuée sur le palier de la roue 2 (figure 14) :
pics visibles à f c2 et 2 f c2 sur un spectre RC. Exemple : mise en évidence de défaut de denture d’engrenage
(figure 15).
Exemple : fréquences caractéristiques d’un défaut de courroie
(figure 14).
Ce défaut est directionnel. Sa direction privilégiée est celle de la ten- L’amplitude de la fréquence d’engrènement peut être modu-
sion des courroies. Ainsi, sur la figure 14, le signal correspondant au lée par les deux fréquences de rotation des deux arbres (le
défaut de courroies, s’ il existe, sera plus fort dans la direction horizon- menant et le mené). Si ces deux fréquences de modulation ne
tale que dans la direction verticale. Inversement, pour une surveillance sont pas proches, il peut être nécessaire de prévoir le relevé de
effectuée selon deux directions obliques, il y a de fortes chances pour deux zooms centrés sur fe mais de largeur de bande différente.
que les signaux enregistrés soient équivalents. Chaque bande doit, en effet, être adaptée à la fréquence de
modulation à surveiller : étendue suffisante tout en gardant une
résolution (un pas) adapté.

■ Gravité des défauts


Roue n° 1 Roue n° 2
N1 La difficulté, concernant les engrenages, est de juger de la gra-
D1 Direction de D2 vité des défauts. En effet, même sur une machine en bon état, on
la tension obtient ces images. Seule l’augmentation des amplitudes des raies
N2 décrites ci-dessus permet de diagnostiquer une dégradation de
l’engrènement.
Courroie : longueur = ,
On peut néanmoins retenir deux règles toujours vérifiées :
N1 et N2 vitesses de rotation des roues n° 1 et 2 — si les amplitudes du peigne de raies ne dépassent pas celle de
la fréquence centrale (fe ), l’engrènement peut être considéré comme
π x D1 π x D2
Roue n° 1 : fc1 = fr Roue n° 2 : fc2 = fr en bon état ;
, ,
— un zoom présentant une image dissymétrique des modulations
autour de la fréquence centrale est caractéristique d’un engrènement
Figure 14 – Fréquences caractéristiques d’un défaut de courroie dégradé.

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1
Accélération (g)

Fréquence 8,18 kHz


Accélération 163,489 mg

0,1

0,01

0,001

0,0001
2 4 6 8 10
Fréquence (kHz)
On y distingue nettement la fréquence d'engrènement préalablement calculée : fe = 8 175 Hz

a spectre RC HF : Acceff [0 – 10 000 Hz]

1
Accélération (g)

fe

25 Hz 25 Hz 25 Hz 25 Hz 25 Hz 25 Hz 25 Hz
0,1

0,01

0,001

0,0001
8,05 8,1 8,15 8,2
Fréquence (kHz)

Le peigne de raies apparaît. Son pas est de 25 Hz, soit la fréquence de rotation de l'arbre primaire

b zoom RC : Acceff [8 040 – 8 240 Hz]


Figure 15 – Mise en évidence d’un défaut
de denture d’engrenage

5.6 Passages d’aubes — mécanique : mauvais calage axial de l’impulseur ou jeu de bec
de volute insuffisant ;
■ Manifestation : — hydraulique : débit trop bas ;
— encrassement des aubes qui peut aussi provoquer du balourd.
Le passage des aubes devant le bec de la volute d’une pompe
provoque un pic à la fréquence f aubes :
Si la machine est en bon état, cette fréquence ne se distingue
f aubes = n · fr en général pas des autres sur un spectre RC. Toutefois, afin de
Ce défaut n’est pas directionnel, il se repère aussi bien en radial statuer de façon certaine sur un tel phénomène, on doit disposer
qu’en axial. d’un élément de comparaison fiable : la signature de la machine.
On peut aussi, lorsque l’on manque d’expérience ou de
■ Origine données sur la machine, se reporter aux abaques données dans
Elle peut être : le paragraphe « Appréciation de la sévérité » en [Doc. BM 5 145].

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100

Accélération (mg)
4e harmonique de fr 100 Hz
Fréquence 99,20 Hz Fréquence 100,00
Fréquence 100,00 Hz
Hz
10 Accélération 14,579 mg Accélération
Accélération 19,657 mg
19,657 m g

0,1
92,5 95 97,5 100 102,5 105 107,5 110
Fréquence (Hz)

a zoom FFT [90 – 110 Hz]

100
Accélération (mg)
100 Hz 100 Hz

10

0,1

0,01
1,5 1,6 1,7 1,8 1,9
fenc Fréquence (kHz)

machine en bon état


machine dégradée (déséquilibre des phases)

b zoom FFT [1 450 – 2 050 Hz] centré autour de 1 700 Hz (fréquence d'encoche)
Figure 16 – Mise en évidence
de défauts électriques

5.7 Cavitation 5.8 Défauts électriques


Le phénomène de cavitation se traduit, au niveau vibratoire, par ■ Manifestations
une augmentation générale du bruit de fond. Il n’y a pas de raie Plusieurs types d’images caractéristiques peuvent témoigner
caractéristique. Toutes les fréquences sont excitées de façon d’un défaut d’ordre électromagnétique dans un moteur :
aléatoire. — un pic important à deux fois la fréquence du courant d’alimen-
Si la fréquence d’aubage ressort, ce n’est pas parce que la roue tation (100 Hz). Afin de bien l’identifier il est parfois nécessaire de
cavite mais plutôt parce que les aubes sont mal calées par rapport faire un zoom sur cette fréquence pour la différencier du 2 e ou
au corps de pompe, ou qu’alors le jeu de bec de volute est insuf- 4e harmonique de la fréquence fondamentale (en général proche de
fisant. 50 ou 25 Hz) (figure 16a ) ;

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— une modulation de la fréquence de rotation (fr ) par 2 P fg, (0)

P et fg étant respectivement le nombre de paire(s) de pôles et la fré- Tableau 5 – Nombre de paire(s) de pôles
quence de glissement (fg ) du moteur (cf. tableau 5) : (moteurs asynchrones)
N champ – N
fg = -----------------------------
- Nchamp 500 750 1 000 1 500 3 000
60
avec Nchamp vitesse du champ tournant du moteur, P 6 4 3 2 1
N vitesse de rotation réelle de son arbre ;
— un pic à la fréquence d’encoche (f enc ) (figure 16b ) éventuel-
lement modulée par 2 fois la fréquence du courant d’alimentation L’analyse de tels spectres (modulation de fr par 2 P fg, modula-
(100 Hz) : tion de f enc par 100 Hz) est en tous points comparable à l’analyse
f enc = nenc × fr d’un défaut d’engrènement à l’aide d’un zoom approprié.
avec nenc nombre d’encoches du moteur surveillé. Exemple : mise en évidence de défauts électriques (figure 16).

Accélération (g)

Désignation du roulement : 2 311 10


Diamètre moyen d'évolution [dm] (mm) : 86
Dépassement du seuil de danger
Diamètre d'élément roulant [DW] (mm) : 19,05
Nombre d'éléments roulants [z] : 12
Angle de contact (degrés) : 15,44 1
Vitesse bague intérieure (tr/min) : 1 842

Code du roulement : 2
0,1
Type de roulement : roulement
à rotule
sur billes
Diamètre extérieur du roulement [D] (mm) : 120
Diamètre intérieur du roulement [d] (mm) : 55 0,01
Nombre de rangées : 2

3 500 10 000
Fréquence défaut bague intérieure (Hz) : 223,48
0,001
Fréquence défaut bague extérieure (Hz) : 144,93
10,9
13
15,4
18,3
21,8
25,9
30,7
36,5
43,5
51,5
61,3
73
86,5
103
122
145
173
205
244
290
345
410
487
580
688
818
970
1,16 x 103
1,37 x 103
1,63 x 103
1,94 x 103
2,3 x 103
2,74 x 103
3,25 x 103
3,87 x 103
4,6 x 103
5,45 x 103
6,5 x 103
7,7 x 103
9,15 x 103
10,9 x 103
Fréquence défaut élément roulant (Hz) : 132,49
Vitesse rotation bague intérieure (Hz) : 30,70
Vitesse rotation cage (Hz) : 12,08
Vitesse rotation élément roulant (Hz) : 66,24 Fréquence (Hz)

a logiciel appliqué au roulement surveillé b 1er temps : spectre PBC 6 % ; accélération efficace [0 – 10 000 Hz]

1
Accélération (g)

8
6

0,1
8
6

2
Fréquence 145,50 Hz
Accélération 820,647 mg
0,01
25 50 75 100 125 150 175 200
Fréquence (Hz)

c 2e temps : spectre enveloppe ; accélération efficace ; gamme fréquentielle de filtre [3,5 – 10,0 kHz] ; gamme fréquentielle d'analyse [0 – 200 Hz]

Figure 17 – Mise en évidence d’un défaut de roulement

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■ Origines
Elles peuvent être multiples :
— barre de rotor cassée ;
— entrefer inégal (excentricité statique ou dynamique) ;
— problèmes statoriques (fer qui bouge) ;
— déséquilibre des phases ;
— défaut géométrique du rotor qui peut aussi engendrer du
balourd.

Figure 18 – Schéma des points de mesure


5.9 Roulements sur un motoréducteur électrique

■ Manifestation
Exemple : cas d’un motoréducteur électrique.
Un tel défaut se traduit par une nette augmentation du niveau Pour chacun des 5 points figurant sur le schéma de la figure 18
des fréquences supérieures à 1 000 Hz : on peut définir les mesures rassemblées dans le tableau 6.
— l’ensemble des fréquences supérieures à 1 kHz augmente sur (0)

un PBC ou un spectre RC HF ;
— le facteur K augmente ;
— le facteur de crête FC diminue ; Tableau 6 – Itinéraire de surveillance
— le niveau global Acceff[1 000-10 000 Hz] augmente. d’un motoréducteur électrique
■ Origine Outil de surveillance Objet
Ce peut être :
NG Être relié aux seules normes existantes
— un écaillage de la piste interne (sur l’arbre) ; Veff[10-1000 Hz] (NF E 90-300 et ISO 10816)
— un écaillage sur la piste externe (sur l’alésage) ;
— un défaut localisé sur un élément roulant (bille ou rouleau). NG Être relié aux normes de l’AIP dans la
Dcc [10-1000 Hz] pétrochimie : à utiliser en lieu et place de
Dans tous les cas, il s’agit d’un choc périodique de faible énergie Veff dans l’industrie chimique et pétrolière
qui excite la structure de la machine. Cette structure répond dans
une gamme de fréquences qui lui est propre. Révélateur des dégradations de roulement.
NG À utiliser dans le cas où l’on ne connaît pas
Afin de statuer de façon définitive sur un tel défaut, il est K [1-10 kHz] le degré d’usure des roulements lors de la
conseillé de réaliser une analyse dite d’enveloppe : première campagne de relevés
— 1er temps : on détecte la possibilité d’un tel défaut sur un Révélateur des dégradations de roulement.
indicateur tel qu’un PBC ou un spectre RC HF (figure 17b, p. 17) ; NG À utiliser si l’on est sûr de commencer la
— 2e temps : on paramètre une analyse d’enveloppe (figure 17c, FC [1-10 kHz] surveillance avec des roulements en bon
p. 17), en fonction : état
• des fréquences dont le niveau a augmenté (forme de « bosse Surveiller, sans prendre trop d’espace
de chameau » ou « cloche »). On parle de « gamme fréquentielle mémoire, l’évolution à la fois des phénomè-
PBC 6 %
de filtre » : c’est une gamme HF, Acceff[10-10000 Hz] nes BF (balourd, lignage, problèmes
• des fréquences caractéristiques du (ou des) roulement(s) sus- électriques...) et des phénomènes HF (rou-
pecté(s). On parle de « gamme fréquentielle d’analyse » : c’est une lements)
gamme BF ou MF ; Surveiller l’évolution de l’engrènement et
— 3e temps : analyse du spectre enveloppe obtenu. Spectre RC des phénomènes BF tels que le balourd, les
Acceff[0-500 Hz] jeux, frottements ou fissurations, les
Exemple : mise en évidence d’un défaut de roulement (figure 17, défauts électriques...
p. 17).
Le roulement surveillé présente toutes les caractéristiques d’un
écaillage ou d’une fissuration sur la piste externe. Le défaut va rapide- 6.2 Itinéraires de diagnostic
ment contaminer les billes et, par suite, la piste interne.
Lors de la précédente campagne, on a détecté une anomalie à
l’aide d’un des indicateurs de surveillance. Pour confirmer ou
infirmer les hypothèses émises ainsi que pour diagnostiquer avec
plus de précision le dysfonctionnement, on utilise un itinéraire de
6. Itinéraires diagnostic. Celui-ci met en œuvre des indicateurs plus précis tels
que :
On peut tenter de différencier deux types distincts d’itinéraires : — les spectres RC BF ;
— les itinéraires de surveillance ; — les zooms ;
— les itinéraires de diagnostic. — les cepstres ,
— les spectres enveloppes.
Exemple : sur le motoréducteur de la figure 18, on a détecté :
6.1 Itinéraires de surveillance — une diminution de FC [1-10 kHz] ;
— une augmentation de l’amplitude de la fréquence d’engrène-
Ce sont des itinéraires qui utilisent les outils de surveillance ment sur le FFT[0-500 Hz] ;
classiques : — une augmentation générale des HF entre 5 et 10 kHz sur le
— niveaux globaux ; PBC 6 %.
— PBC ; On établit donc l’itinéraire de diagnostic du tableau 7 pour les points
— spectres RC MF ou HF. concernés par ces évolutions.

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■ Complexité technique des machines : définition de la cinématique


Tableau 7 – Itinéraire de diagnostic
du motoréducteur étudié Dans le cas d’une surveillance spectrale, il est nécessaire de cer-
ner la totalité des défauts à surveiller et, pour chacun d’eux, de
Outil de diagnostic Objet définir la ou les fréquences caractéristiques. Les paragraphes
« Définition machine » et « Fréquences de défauts » proposés en
Centré sur la fréquence d’engrènement, on [Doc. BM 5 145] permettent de préciser de façon formelle et à l’aide
Zoom
Acceff[f1-f2 Hz] cherche d’éventuelles modulations d’ampli- de fiches :
tude (excentricité...)
— les défauts à détecter ;
Cepstre Séparation des différents étages dans le cas — les images spectrales caractéristiques de ces défauts ;
Acceff[0-1 000 Hz] de plusieurs engrènements simultanés — les fréquences, les modulations, les quéfrences...
Confirmer ou infirmer l’existence d’un Ce bilan peut être réalisé avec le « client » ou le constructeur de
Spectre enveloppe défaut de roulement suspecté par l’aug-
Acceff la machine.
mentation générale des HF et la diminution
[5-10 kHz] du FC [1-10 kHz]. Diagnostiquer l’élément
[0-500 Hz] incriminé : de quel roulement s’agit-il ? ■ Définition des points de surveillance
Procéder conformément à ce qui est proposé dans le paragra-
phe 2 « Préliminaires à la surveillance ».
7. Surveillance d’une On veillera à ne pas faire une surveillance surabondante :
— un seul point de mesure axial par ligne d’arbre et par machine ;
installation : directives — si deux paliers sont assez proches dans un carter rigide (bonne
transmission des vibrations), on n’effectuera les mesures radiales
Ce paragraphe propose un modèle d’organisation adaptée : que sur le palier côté accouplement ;
— aux prestataires de services réalisant une surveillance — pose des pastilles, etc.
vibratoire pour le compte de différents clients industriels ;
— à un « service méthodes » intervenant pour le compte de ■ Paramétrage du logiciel de surveillance
différentes unités de production ou différents sites d’une même
entité industrielle. Une fois les défauts et leurs fréquences caractéristiques détermi-
nés, les points de mesure définis, on paramètre le logiciel d’ana-
Les directives présentées ci-après ont été appliquées avec succès lyse du signal avec les outils adéquats.
au sein d’un prestataire de services dans le courant de l’année
1999. On trouvera en [Doc. BM 5 145] la liste des moyens néces- Ces outils peuvent être :
saires à une telle organisation. — des outils de surveillance :
• niveaux globaux (NG),
• spectres PBC 6, 23, ou 70 %,
7.1 Préparation des campagnes de relevés • spectres RC (ou FFT) ;
— des outils de diagnostic :
La qualité de la surveillance vibratoire d’une machine est • spectres RC (ou FFT),
entièrement conditionnée par le soin apporté à la préparation • zoom RC (ou FFT),
des campagnes de relevés. • cepstres ;
— des outils de diagnostic conditionnels :
• cepstres,
7.1.1 Élaboration des itinéraires de surveillance • spectres enveloppe.
Avant de se lancer dans le relevé des mesures vibratoires sur Ces deux derniers sont utilisés dans le cas où une anomalie est
une machine, il est nécessaire de respecter toutes les étapes sui- détectée et où l’on désire affiner le diagnostic (confirmer ou infir-
vantes afin de préparer correctement les itinéraires. mer les hypothèses émises).

■ But de la surveillance à mettre en œuvre


Il s’agit de cerner les besoins auxquels doit répondre l’analyse 7.1.2 Rédaction d’un rapport
vibratoire. Pour cela, on doit faire un bilan sur : « Surveillance vibratoire-Définition »
— le classement VIS ;
— les objectifs : Ce rapport est destiné au « client ». Il définit le cadre dans lequel
• limiter le nombre d’arrêts sur casse (objectif minimaliste), le prestataire ou le service méthodes va procéder à la surveillance
• passer d’une politique de maintenance systématique à une vibratoire des machines.
politique de maintenance conditionnelle,
On y trouve les renseignements suivants :
• accroître le taux de disponibilité des machines (objectif
ambitieux mais réalisable) ; — référence (numéro de devis, numéro d’ordre...) ;
— l’aspect financier : coût d’une surveillance par rapport au coût — objet et fréquence de la surveillance ;
global et aux conséquences d’une panne. — cinématique de l’installation ;
En fonction de tous ces paramètres, on s’orientera vers une sur- — emplacement des points de mesure (plan de la machine) ;
veillance par niveaux globaux ou spectrale sur un nombre plus ou — défauts de fonctionnement recherchés ;
moins important de points de mesures. — types de mesures effectués (les outils mis en œuvre) ;
— références normatives ;
On s’attachera toujours à bien définir le but de la surveillance — observations diverses.
mise en place et la fréquence des relevés (une fois par mois, Ce rapport peut être formalisé sous forme de fiche dont un
six fois par an...). exemplaire se trouve en [Doc. BM 5 145].

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7.1.3 Rédaction et classement


du « Dossier d’intervention »
R2V R2A
Ce dossier rassemble toutes les indications utiles à la réalisation R2H
des campagnes de relevés par les opérateurs. En effet, la personne
effectuant les mesures sur site peut ne pas être toujours la même.
Il est donc nécessaire de concevoir un document décrivant avec
précision l’itinéraire à suivre. On y trouve : M1A M1V M2V
— une arborescence décrivant la ronde à effectuer :
• usine,
• secteur,
• unité, R1OG
• machine,
• point de mesure ; R1OD
— le plan de chaque machine avec l’emplacement des points ;
— les photos des pastilles matérialisant ces points placées sur les
machines. M1H M2H
Il est ensuite très facile d’imaginer un classeur regroupant tous
les dossiers d’intervention de chaque site. Afin de réaliser les rele-
vés, les opérateurs se munissent, outre du matériel nécessaire, du Figure 19 – Points de surveillance
« Dossier d’intervention » du site. Un exemple de dossier est
donné en [Doc. BM 5 145].
— spectre RC Acceff [0-500 Hz] pour les défauts BF à grande éner-
7.1.4 Exemple de surveillance mise en place gie (balourd, lignage…) et les défauts électriques (100 Hz) ;
— zooms RC Acceff [15-35 Hz], Acceff [90-110 Hz] et Acceff [740-
La machine à surveiller est composée d’un moteur, d’un 1740 Hz] pour détecter les défauts électriques.
multiplicateur et d’un compresseur centrifuge (2 impulseurs). ●Points du réducteur :
Le client désire expérimenter l’analyse vibratoire à travers ce — niveau global Veff [10-1 000 Hz] pour se rattacher à la seule
premier contrat. norme en vigueur, l’ISO 10816 ;
■ Classement VIS : machine vitale non doublée — spectre RC Acceff [0-10 000 Hz] pour les défauts HF d’engrène-
ment et de passages d’aubes ;
Objectifs : — zoom RC Acceff [8 040-8 240 Hz] et Acceff [7 140-9 140] pour les
— espacer, sans prendre de risque, les révisions périodiques du modulations d’engrènement.
moteur. Ces révisions seront programmées en fonction de l’analyse Toutes les mesures ne sont pas effectuées sur chaque point. Les
vibratoire : on passe d’une politique de maintenance systématique indicateurs appliqués à la surveillance de défauts non directionnels
à une politique de maintenance conditionnelle ; (comme les défauts d’engrenage ou de roulement) ne sont appli-
— maîtriser les risques de panne sur l’ensemble multiplicateur / qués qu’aux directions verticales.
compresseur.
Il est déjà clair que, du moins pour le moteur, on s’oriente vers
une surveillance spectrale. Il s’agit en effet de : 7.2 Réalisation des campagnes de relevés
— détecter les défauts à un stade précoce de développement ;
— suivre leur évolution ; Lorsque la préparation est achevée (environ une journée par
— diagnostiquer leur gravité. machine complexe), on peut débuter les premières campagnes de
■ Définition de la cinématique relevés.
● Fiches « Définition machine » : Il faut charger le collecteur de données à partir du micro-ordina-
teur sur lequel est installé le logiciel d’analyse du signal : le collec-
• une fiche pour le moteur,
teur ainsi préparé va guider l’opérateur sur le site afin de réaliser
• une fiche pour le multiplicateur,
dans le bon ordre les mesures constituant l’itinéraire paramétré.
• une fiche pour le compresseur ;
● Fiche « Fréquences de défauts » : ■ Sur place
• fiche faisant la synthèse des trois précédentes et récapitulant L’opérateur se conforme aux indications :
toutes les fréquences caractéristiques à surveiller.
— de l’itinéraire chargé sur le collecteur ;
■ Définition des points de surveillance (figure 19) — fournies par le « Dossier d’intervention » précédemment établi
(cf. § 7.1.3).
Les codes utilisés font référence à la fiche « Type de machine »
présentée en [Doc. BM 5 145] et au paragraphe 2 « Préliminaires à ■ Fiche de « Compte rendu d’intervention » (cf. [Doc. BM 5 145])
la surveillance ».
Cette fiche constitue un outil de liaison entre la personne qui
■ Paramétrage du logiciel de surveillance : effectue les relevés et celle qui analyse le signal vibratoire. Les
● Points du moteur : petites structures peuvent s’en passer mais elle devient indispen-
sable dès que le nombre d’opérateurs, de sites d’intervention et de
— niveau global Veff [10-1000 Hz] pour se rattacher à la seule machines devient important.
norme en vigueur, l’ISO 10816 ;
— niveau global FC [1000-10 000 Hz] pour surveiller l’évolution Elle est remplie par l’opérateur et retournée à l’analyste avec le
des roulements ; collecteur.
— spectre PBC 6 % Acceff [10-10 000 Hz] pour détecter des ano- Dans la partie observation on notera toutes les anomalies
malies HF dues aux roulements ; rencontrées telles que :

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— pastilles décollées ; — un niveau apparemment élevé n’évolue pas : pas de soucis ;


— machine à l’arrêt ; — une fréquence présentant une amplitude assez faible lors de
— requêtes particulières du client, etc. la campagne i se retrouve multipliée par 10 lors de la campagne i + 1 :
il se passe quelque chose d’anormal.
■ Décharger les mesures dans l’ordinateur Dans ce cas, la notion de signature prend toute sa signification.
Se conformer à la procédure décrite dans la documentation du La question est : sur quelle campagne établir la référence ? L’idéal
constructeur. est de débuter sur une machine neuve ou révisée. Mieux encore :
débuter sur une machine juste avant révision et réaliser la
deuxième campagne après révision. Ce dernier cas permet de
7.3 Analyse comparer deux états de la machine :
— machine dégradée (ou supposée telle) ;
■ Curseurs — machine en bon état.
● Afficher les images recueillies (spectres PBC, RC, cepstres…) par
le collecteur lors de la campagne de mesures.
● Repérer les éventuels franchissements de seuils sur les PBC 7.4 Rédaction d’un rapport d’analyse
ou NG.
● Positionner les différents curseurs jugés utiles en fonction :
On classe les défauts repérés sur les rapports techniques du
logiciel d’analyse en quatre catégories :
— des fréquences de défauts préétablies (fiches « Définition
machine » et « Fréquence de défauts ») en [Doc. BM 5 145] ; — les défauts sans incidence sur le bon fonctionnement (évolution
— des niveaux particulièrement élevés. à surveiller avec les mêmes outils) ;
— les défauts à surveiller de plus près (évolution à surveiller avec
● Enregistrer toutes les images ainsi traitées.
de nouveaux outils à déterminer et à paramétrer) ;
■ Rapports techniques du logiciel d’analyse — les défauts à traiter (une intervention mécanique est à prévoir) ;
— les défauts qui mettent en péril le fonctionnement à court terme
La procédure décrite ici fait référence au matériel utilisé : le logi-
(l’arrêt immédiat de la machine s’impose).
ciel d’analyse SENTINEL de Brüel et Kjaer.
Toutes ces informations sont synthétisées sur la fiche « Rapport
L’organisation mise en place propose différents types de rap-
d’analyse » présentée en [Doc. BM 5 145].
ports techniques dans le logiciel. Chaque type de rapport corres-
pond à un outil particulier. On trouve des rapports de : Le dossier remis au « client » peut alors être constitué de :
— niveaux globaux ; — la fiche « Rapport d’analyse » uniquement. Si elle est soigneu-
— spectres PBC 6, 23 et 70 % ; sement rédigée, elle synthétise de façon claire l’état de la machine
— spectres RC et zooms ; surveillée et les actions correctives éventuelles. L’utilisateur de ce
— cepstres ; rapport (client, responsable maintenance...) est libéré de toute la par-
— spectres « enveloppes ». tie analyse proprement dite et n’a en main qu’un outil d’aide à la
décision ;
Pour chaque machine, on sort donc chaque type de rapport
— la fiche « Rapport d’analyse » et les rapports techniques du
technique présentant un outil de surveillance ou de diagnostic.
logiciel. Sur ces derniers apparaissent les évolutions des indicateurs
Chaque outil étant associé à un ou plusieurs défauts à surveiller, choisis, les spectres... L’utilisateur peut, dans ce cas, vérifier les
l’ensemble de ces rapports doit permettre de statuer sur l’état conclusions de l’analyste.
vibratoire de la machine.
Le choix de l’une ou l’autre des solutions dépend de la politique
Ces rapports constituent le dossier d’analyse de la machine sur- du prestataire et de la nature de la demande.
veillée.
■ Remarque importante
L’analyse faite à partir des rapports précédemment décrits peut 7.5 Évolution de l’itinéraire utilisé
être sujette à caution. En effet, un spectre peut être interprété de
plusieurs façons, non pas totalement différentes, mais pouvant Dans le cas de défauts « possibles », les hypothèses restent à
présenter quelques variantes en fonction de l’expérience de l’ana- vérifier par une nouvelle campagne de mesures. Celle-ci devra,
lyste et de l’expérience acquise sur la machine. dans la plupart des cas, mettre en œuvre des outils d’investigation
supplémentaires. Le paramétrage des points de mesure et donc
Lors des premières campagnes de mesures, cette expérience fait
l’itinéraire vont s’en trouver modifiés.
défaut en ce qui concerne la machine. On reconnaît les fréquences
caractéristiques du balourd, de l’engrènement, du passage des ■ Ne pas omettre de le mentionner sur le « Rapport d’analyse ».
aubes d’une pompe... Mais qu’en est-il de leur amplitude ? Tel
niveau est-il alarmant ou normal ? Et cette « bosse de chameau » ■ Procéder immédiatement au nouveau paramétrage.
sur tel PBC 6 % est-elle inquiétante ? Les HF sont-elles excitées par
un défaut de roulement ? On ne peut pas conclure sur tous ces L’itinéraire ainsi paramétré évolue entre un itinéraire de sur-
points avec une égale certitude. veillance type et un itinéraire de diagnostic type (cf. § 6) au gré des
besoins de l’analyse.
Certains outils comme les spectres « enveloppes » permettent de
répondre à des questions bien précises. Ne pas hésiter à les
employer lors des prochaines campagnes de mesures.
Lors des premières campagnes, d’autres moyens sont à disposi-
7.6 Maîtrise des documents : pistes
tion quand on ne connaît pas très bien la machine surveillée.
Ce sont la norme ISO 10816 et les abaques « Appréciation de ■ Classeur de suivi
la sévérité » (cf. [Doc. BM 5 145]) notamment, diffusés par les Un classeur de suivi semble nécessaire pour chaque site sur
constructeurs de matériel de collecte. lequel le service effectue une surveillance vibratoire. Il peut se pré-
D’autres questions ne peuvent trouver leur réponse que dans la senter comme indiqué sur la figure 20.
comparaison des mesures successives. C’est alors l’évolution des Nous reprenons ci-dessous les sept points signalés en exemple
images obtenues qui peut lever le doute : sur cette figure.

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DOCUMENTATION
27/09/2008
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ANALYSE VIBRATOIRE DES MACHINES TOURNANTES _________________________________________________________________________________________

■ Interventions réalisées suite aux diagnostics


Le but de cette partie est de conserver la mémoire de toutes les
1 interventions réalisées sur les machines à la suite d’un diagnostic
Surveillance vibratoire vibratoire ayant révélé un défaut.
SITE 2 Cela constitue une base de données précieuse pour :
Référence — faire évoluer l’analyse sur l’installation surveillée ;
3 — accroître sa connaissance de la machine surveillée en
Interlocuteur
particulier ;
4 — développer son expérience en analyse vibratoire en général.
Tout cela peut avantageusement être complété par un dossier
5 informatique.
1 Définition de la surveillance
2 Itinéraire appliqué 6
3 Mesures sur la machine n° 1 8. Déroulement
4 Mesures sur la machine n° 2
5 Dossier "client" : définition
7 d’une prestation : synthèse
6 Dossier "client" : rapports d'analyse 8 La synthèse de toutes les opérations à effectuer en vue de l’ana-
7 Interventions réalisées suite aux diagnostics lyse vibratoire d’une machine tournante est indiquée dans le
8 9 tableau 8.
9
10 10 Tableau 8 – Déroulement d’une prestation

Figure 20 – Modèle type de classeur de suivi


1re visite au « au client »
■ Définition des objectifs
■ Cinématique machine
■ Définition de la surveillance
■ Photos machine
Pour chaque machine surveillée, on trouve dans cette partie :
— des fiches « Définition machine » ; s’il s’agit d’une motopompe, Devis
on peut donc trouver une fiche pour le moteur électrique et une pour ■ Fréquence des relevés
la pompe ; ■ Équipement des machines (pastilles, carters, accessibilité en
— les listings sur les défauts de roulement ; ces listings sont issus fonctionnement...)
du logiciel édité par le constructeur de roulements ;
— tout renseignement cinématique complémentaire fourni par le PRÉPARATION
client ou le constructeur ;
■ Préparation des campagnes
— une fiche « Fréquences de défauts » qui synthétise toutes ces
● Quels sont les défauts à surveiller ?
données.
• Définition des points de mesure
Cela constitue la base sur laquelle l’analyste a élaboré sa sur- • Définition des mesures effectuées sur chaque point
veillance. ● Paramétrage du logiciel
■ Itinéraire appliqué • Architecture du site
L’itinéraire utilisé par le logiciel d’analyse pour effectuer les • Plans machines
mesures se trouve listé ici. On s’attachera à toujours y faire figurer • Paramétrage points et types de mesure
la dernière version. ● Réalisation de l’itinéraire de mesures initiales et chargement
dans le collecteur
■ Mesures sur la machine n° x
● Rédaction du dossier de définition de la surveillance destiné
● Une fiche « Suivi des interventions » (exemplaire en au client
[Doc. BM 5 145]) récapitule les dates et les particularités de tous les ● Rédaction du dossier d’intervention destiné aux opérateurs
relevés effectués sur la machine n° x .
• Itinéraire
● Les rapports techniques du logiciel des derniers relevés sont • Plan machines
ensuite classés par type de mesure : • Photos machines avec repérage pastilles
— niveaux globaux ; ■ Préparation sur site
— spectres PBC 6, 23 ou 70 % ; ● Mise en place des pastilles d’ancrage
— spectres FFT ou RC de base (basses et hautes fréquences) et
zooms ; RELEVÉS/ANALYSE
— cepstres ;
— spectres « enveloppes ». ■ Relevés sur site par un opérateur formé
■ Analyse
■ Dossier « client » : définition
● Déchargement des données collectées dans le PC
Pour chaque machine on y trouve une fiche « Surveillance ● Analyse : repérage des éventuels défauts
vibratoire-Définition ». Elle présente de façon synthétique au client
• Utilisation des curseurs
la surveillance adoptée.
• Édition des rapports techniques
C’est une synthèse des onglets 1 et 2 du classeur de la figure 20. • Diagnostic des défauts
■ Dossier « client » : rapports d’analyse • Modification éventuelle des prochaines mesures
• Mise à jour de l’itinéraire en conséquence
On conserve, dans cette partie, les copies de toutes les fiches
« Rapport d’analyse » rédigées pour chaque machine et remises au ■ Rédaction d’un rapport d’analyse
client. ■ Remise de ce dernier au « client »

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