mécanique
des fluides
Analyse du phénoméne en vue de sa
modeélisation a l’usage de I’ingénieur
CEPADUES-EDITIGO§S = P. CHASSAINGLA COLLECTION POLYTECH
Les livres de la collection POLYTECH, édités par CEPADUES, sont le fruit de
INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE de TOULOUSE.
Ces ouvrages scientifiques, & vocation pédagogique, sont congus pour améliorer
les formations initiales et continues, dispensées au sein de cet établissement et
pour aider aux transferts de connaissances, nécessaires & l'apprentissage des
Sciences et Techniques dans les domaines de ses compétences, tels que
FAgronomie, la Chimie, les Matériaux, le Génie Chimique, I’Electrotechnique,
PAutomatique, l'Electronique, I’Informatique, les Mathématiques appliquées,
T'Hydraulique et la Mécanique.
Conseil éditorial de Tierbulence en mécanique des fluides : analyse du phénomene
en wue de sa modélisation & usage de Vingénieur :
— Professeur Brian E. LAUNDER, U.M.LS.T., Royaume-Uni,
— Professeur John L. LUMLEY, Université Cornell, Etats-Unis
— Docteur Philippe SPALART, Boeing Technical Fellow, Etats-Unis.
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technique de I'E.N.S.E.E.LH.T. et de PE.N.S.LC.A.
Du méme auteur :
Mécanique des fluides : éléments d'un premier parcours 2° édition, Editions
Cépadués, coll. Polytech, 2000.
Mlustration de couverture
Jet libre turbulent de dioxyde de carbone dans de Vair visualisé par interférométrie différentielle
(écoulement réel est ditigé verticalement vers le bas).
Document réalisé & Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse par Equipe Transferts en
Ecoulements Laminaires ct Turbulents.
© CEPAD 2000 ISBN 2-85428-483-6
Le code de la proprigeé incllecruelle du 1* juillet 1992 interit espresément la photocopie & usage
colletif sans autorisaion des ayants-droit. Or, cete pratique en se généralisant provoquerait une
baisse brurale des achats de lives, au point que la possibiicé méme pour lesauccurs de créer des aeuvres
nouvelles ct de les faite éditer correctement est aujourd hui menacce,
Nous rappelons done que toute reproduction, partielle ou totale, du présent ouveage est interdite sans
autorisation de Ediceur ou du Centre francais d'exploitation du droit de copie (CRC ~ 3, rue
dd Hautefeuille — 75006 Pass).
Dépat Iégal: octobre 2000 N° éditeur : 483,A Hieu,
Au Professeur Ha Mink_ TURBULENCE EN
MECANIQUE DES FLUIDES
Analyse du phénomeéne en vue de sa
modélisation 4 l’usage de l’ingénieur
Patrick CHASSAING
Préface de John L. LUMLEYPréface
Tam delighted to have an opportunity to write a preface for this book, for
many reasons. T have a long-standing relationship with France which has endured
for nearly forty years. At Toulouse, in particular, I have served on several Juries de
These, and have incidentally discovered and appreciated some typical and delightful
aspects of the occitan way of life, dining on the banks of the Garonne under the
platanes. I have known Patrick Chassaing in 1979, and have had the highest regard
for him, throughout his time at ENSEETHT.
This is an unusual book in many respects. First, it deals with what is sometimes
called "classical" or "traditional" turbulence thoroughly. Any equation that might
confuse a student is carefully presented. The physics of the situation is described
with excellent diagrams. Supporting experimental data is given. Other books are
available that cover either equations, or physics or data (my own, with H. Tennekes,
for example, concentrates on physics) but not all three aspects.
However, this book goes far beyond traditional turbulence. For example,
it deals with coherent structures in a number of flows; these are the somewhat
organized parts of these flows, that are responsible for some of their idiosyncratic
behavior. It deals with the interesting experiments in which turbulence is distorted
in various ways. It deals with the structure of turbulent/non-turbulent interfaces. It
touches on regions of negative production in asymmetric flows. And much more
All of these are subjects that seldom find their way into turbulence texts.
We use a single word, "turbulence" to describe this phenomenon, although it
is very sensitive to initial and boundary conditions, and can remember i history
a surprisingly long time; as a result, the state of flow at any given instant may
reflect all these influences, even at the smallest scales. Although the state is not
as statistically universal as we once thought, we can still analyze turbulence using
the principles of physics, identifying intrinsic mechanisms. Consideration of time
scale ratios, for example, can be very helpful, and the reader will find in this book
extensive application of this tool. In this respect, Chassaing’s book is nearly unique
(sharing this approach with our own).
Finally, one-third of the book is devoted to a thorough treatment of turbulence
modeling. Such a treatment is unavailable elsewhere. This part should be of great
interest 10 industrial users, because the various models are carefully organized into
families, and their performance compared and contrasted. There is an enormous
family of models in the marketplace, and it is understandable that users find it
difficult to determine their relative merits, since descriptions and data are scattered
throughout the literature.I believe that turbulence modeling has great importance for design in industry
and the siting and regulation of installations that produce pollution. Direct numerical
simulation will not be a viable alternative for some decades. A familiarity with
available models and their characteristics is something that will be expected of
people trained in turbulence.
In addition, models do not appear to be universal, and the performance
of the various available models in typical situations is something which should
be documented to help the user select appropriate models, and interpret their
results. The European community is doing this, through ERCOFTAC. Because
of competitive pressures, the European community will not share the results of this
evaluation with the United States. For its part, the United States is not convinced
of the utility of turbulence modeling, and will not fund such an effort. As a result,
I believe that in the next decade Europe will rapidly outstrip the US in areas than
can benefit from such information
I hope and believe that this book by Patrick Chassaing will reach a wide
audience, helping them to obtain a clear and synthetic idea of turbulence for
engineers, and to find a route to new developments.
Ithaca, NY
September 2, 1999 John L. LUMLEYPréface
(Traduction francaise)
C'est pour moi un grand plaisir que d’avoir occasion d’écrire une préface a
ce livre, pour plusieurs raisons. J’ai une relation de longue date avec la France
qui dure depuis pres de quarante ans. A Toulouse, en particulier, jai fait partie de
nombreux jurys de théses et, & cette occasion, j’ai découvert et apprécié quelques
traits typiques et charmants du mode de vie occitan, en dinant sur les rives de la
Garonne sous les platanes. J’ai connu Patrick Chassaing en 1979, et j’ai eu pour
lui la plus grande estime tout au long de son parcours a ENSEEIHT.
Ce livre sort de Vordinaire & bien des égards. En premier lieu, il traite a fond
de ce que I’on appelle parfois la turbulence "classique" ow "traditionnelle". Toute
équation qui pourrait dérouter I’étudiant est présentée avec minutie. La physique est
décrite avee d’excellents diagrammes. Les validations exprimentales sont fournies.
Tl existe d'autres livres consacrés aux équations, a la physique ou aux données (mon
propre ouvrage, avec Tennekes, pat exemple, se concentre sur la physique) mais
pas aux trois aspects ensemble.
Cependant, ce livre va bien au dela de la turbulence traditionnelle. II s*intéresse
par exemple aux structures cohérentes dans un certain nombre d’écoulements; elles
en sont des composants en partie organisés, responsables de certaines spécificités
de comportement. Il présente les expériences intéressantes de distorsions diverses
de la turbulence. Il aborde la structure de l’interface turbulente/non turbulente. Il
y est question des régions de production négative en écoulement asymétrique et de
bien dautres sujets qui trouvent rarement place dans les textes sur la turbulence,
Nous usons d'un seul mot, "turbulence" pour désigner ce phénoméne, bien
qu'il soit trés sensible aux conditions initiales et aux limites, et puisse garder
mémoire de son histoire sur des temps étonnamment longs; de ce fait P’état de
Vécoulement & tout instant peut refiéter toutes ces influences, méme aux plus petites
échelles. Bien que l’universalité statistique du régime ne soit pas ce que on pensait
jadis, on peut encore analyser la turbulence en usant des principes de 1a physique,
par identification de mécanismes intrinséques. Le recours & des rapports d’échelles
de temps, par exemple, peut étre trés utile, et le lecteur trouvera dans ce livre un
usage extensif de cet outil. A cet égard, Pouvrage de Chassaing est pratiquement
unique (partageant cette approche avec le notre).
Enfin, un tiers du livre traite de fagon approfondie de la modélisation de la
turbulence. Un tel traitement ne se trouve nulle part ailleurs. Cette partie devrait
atre du plus grand intérét pour les utilisateurs industriels, car les divers modéles sont
soigneusement organisés par familles et leur performances comparées et mises en
contraste. Il existe sur le marché toute une foule de modéles et l'on comprend qu’il
soit difficile & Putilisateur d’en cerner les mérites respectifs, car les descriptions et
données sont dispersées dans la littératureJe pense que 1x modélisation de [a turbulence est de premiére importance
en matitre de conception industrielle et implantation et réglage installations
Sources de pollution, La simulation Sumérique directe ne sera pas une alternsvive
Sable avant quelques décennies. La saunvfarisation aux modeles disponibles et Ieurs
rap eiéristiques est & attendre des gens formes a la turbulence.
En complément, les modéles ne semblen* PIS universels, et la performance des
différents modales disponibles dans des alatiens typiques devrait etre documents
pour guider le choix approprié de Totilisateur et Pinterprétation des résultals. Cest
e qui est en cours dans La communauté Européenne 2 travers VERCOFTAC. Sous
Ja pression concurrentielle, la communauté Européenne ne paraesTs pas les résultats
aercette évaluation avec les Etats Unis. Povs Teor part, Jes Btats Unis ne sont pas
se avaincus de Futiité de la modélisation de [a turbulence et ne financeront pus un
fel effort, En consequence, je pense que vane la prochaine décennie l'Europe va vite
ddepasser les Etats Unis dans les secteurs aspant beneficier d’une telle information
‘Srespere et je crois que ce livre de Patrick Chassaing touchera un large public,
Vaidant a se faire une idée claire et synthétique de la turbulence pour Vingenieur,
et A ouvrit la voie & de nouveaux développements.
Ithaca, NY
2 September 1999 Jobn L. LUMLEYRemerciements
L a publication de cet ouvrage est d'abord pour moi Voccasion d’exprimer
mes remerciements aux responsables successifs qui m’ont apporté leurs sot-
tiens, tant @VIN.P.T, qu’a VENSEELHT, @ULMET. et @VENSLCA., avec
une référence spéciale au Directeur du Département Hydraulique-Mécanique des
Fluides pour son implication directe dans la matérialisation de ce projet.
oe “
Lécriture de ce cours s'est étalée sur plus de huit années durant lesquelles sont
parues plusieurs versions provisoires partielles, Elles m’ont permis de recueillir les
observations et commentaires de nombreux collegues. Je tiens ici a leur exprimer
toute ma gratitude pour leurs contributions & Venrichissement du document, et cela
malgré le caractére parfois tres incomplet et de toute facon inachevé des textes
antérieurs, Qu’il me soit donné de réserver ici une mention toute particuliére et tres
amicale & Jean-Bernard Cazalbou pour sa compétence et sa contribution décisive &
la rédaction de certains chapitres.
258
Ce livre inclut également les remarques des éleves-ingénieurs de l'E.N.S.EELHT.,
deVENSAE, deVE.NSILCA,, et des étudiants du D.E.A. de mécanique des fluides
de Toulouse. Au cours de ces mémes années, ils eurent a “chercher Uerreur” —
singulier, dont le sens générique leur apparut tres vite ! — dans les polycopiés dont
ils disposerent. Ils s'en acquiterent avec beaucoup de discernement, et permirent
de redresser bien des maladresses rédactionnelles sources d'inutiles difficultés de
lecture. Je suis tres heurewx de dire combien j'ai apprécié U'indulgente perspicacité
de tous ces “relecteurs forcés”
ae
Messieurs les professeurs Brian Launder, John Lumley et Philippe Spalart, ont bien
voulu relire le manuscrit et faire part, avec bienveillance, d’observations toujours
pertinentes. Il mest difficile de leur exprimer ici toute ma reconnaissance pour cette
aide précieuse et déterminante. Simplement, puisse ce livre apporter une modeste
contribution & a diffusion de leurs éminents travaux au sein de la communauté des
praticiens.
bi as
Qu’il me soit permis enfin d'adresser une pensée tres particulidre au professeur
Hieu Ha Minh avec qui j'ai eu la joie d’engager mes travaux de recherche sur la
uirbulence et de partager l'enthousiasme pour ce merveilleux sujet.
Patrick Chas
ingxv
Introduction
ntérieurement aux années 1950, la turbulence restait, pour V’ingénieur con-
A fronté au phénomene, un sujet obscur sinon abscons. Le salut venait souvent
du “recours a l'expérience”, ce terme s’entendant au double sens de la connaissance
issue de l'expérimentation sur modéle physique et du savoir-faire, a force d’habitude,
de “UVhomme de Vart”. Concrétement, et dans la plupart des cas, la pratique était
celle de coefficients plus ou moins empiriques car évalués de facon “ad hoc”. En
Poussant a peine la caricature, traiter des pertes de charges de l’écoulement turbu-
lent en conduite par exemple revenait @ trouver la “bonne” rugosité équivalente |
Lors des années soixante il semblait que la situation allait devoir se transformer radi-
calement. En effet, grdice aux progres accomplis tant en matiere de modélisation que
de capacité de traitement numérique, de nouvelles méthodes plus performantes de-
venaient accessibles @ l’ingénieur. Mais les possibilités de prédétermination de pro-
priétés statistiques locales qui, certes, incluent des connaissances plus approfondies
sur des mécanisines intimes de la turbulence, ne sauraient pour autant faire oublier
que plusieurs questions fondamentales, et non des moindres, n’étaient toujours pas
résolues : imprédicibilité, universalité des modeles, convergence des fermetures...
Ainsi, a Vusage, il apparaissait que la maitrise de telles méthodes allait requérir
de la part des wilisateurs non seulement la connaissance premiére des “‘schémas de
fermeture”, mais aussi assimilation du cadre de leur élaboration. En fait, si les
méthodes modernes de prédétermination des écoulements ont fait reculer les limites
de Vempirisme, elles ne l’ont pas pour autant éradiqué. I! devient alors d’autant plus
important de savoir circonscrire les possibilités et faiblesses des diverses procédures
que le formalisme mathématique atteint un degré de complexité qui pourrait avoir
tendance a “servir d’alibi” @ une garantie d'usage.
D € telles observations, jointes aux réflexions issues de plusieurs années
denseignement de ces notions au cours de divers types de formations (Ecoles
dingénicurs, Troisiéme cycle universitaire, Années de spécialisations) ont forgé la
conviction qu'un effort pédagogique devenait nécessaire pour :
— expliciter les idées actuelles sur lesquelles reposent les procédures modernes de
traitement d’'écoulements turbulents par Vingénieur ;
~ dégager les éléments essentiels des méthodes ;
— présenter les différents aspects, en metiant en évidence la part du déductif et celle
de la construction semi-empirique.
Crest dans cet esprit qu'a été concu et réalisé cet ouvrage. Il bénéficie d'une
expérience pédagogique de plus de dix ans a I'Ecole Nationale Supérieure
@'Electrotechnique, d'Electronique, d’Informatique et d’Hydraulique de Toulouse
(ENS.E.ELHD, au sein du département Hydraulique et Mécanique des fluides, a
Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace (E.N.S.A.E), al’Ecole
Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Constructions Aéronautiques (E.N.S.LC.A),xi
ainsi qu’au Diplome d'Etudes Approfondie (D.E.A.) de mécanique des fluides de
Toulouse. Pour autant, Il ne vise pas plus a Voriginalité qu’a la spécialisation. Il
se veut, sinon un document de vulgarisation, du moins un outil de mise a portée
des utilisateurs de notions généralement dissociées, et doni la synthese reste encore
difficile a effectuer. Son objectif principal est ainsi celui de la clarté, tant par
Vorganisation d’ensemble que par la présentation des divers éléments d’analyse.
L e document comprend trois parties procédant chacune d’un corps de pensée
spécifique et respectivement intitulées >
~ le phénoméne et sa mise en équation ;
— le dossier de données ;
~ la modélisation dans l'espace physique.
La premiere fournit les outils théoriques, c'est @ dire les éléments et concepts
qui sont indispensables @ Vanalyse et compréhension du phénoméne en vue de sa
modélisation par fermeture en un point, Elle regroupe ce que l’on peut considérer
comme des “notions premieres” et leurs conséquences, pour autant qu’elles en
résultent de fagon rigoureusement déductive.
Dans la deuxi¢me sont présentés les matériaux qui vont servir de support a la
procédure de modélisation, et ce au double titre de
~ I'élaboration des schémas, en dégageant des propriétés structurelles de la turbu-
lence,
= la validation des modeles, en fournissant une base de données comparative.
S'appuyant sur une classification des situations typiques de turbulence, la
présentation s'éloigne alors de la ligne déductive de la premiére partie pour
suivre un exposé analytique de “faits” et “données” en provenance des di-
verses sources actuellement disponibles : études analytiques, expérimentation sur
réalisation physique et simulation directe par voie numérique.
La modélisation fait l'objet de la derniére partie qui s’ouvre par l'exposé des
principes de fermeture en un point dans Vespace physique. La présentation des
différents schémas est structurée selon la classification dégagée en deuxieme partie.
Ainsi sont discutées les situations de turbulence cinématiquement “homogene” et
d'écoulements cisaillés simples puis complexes.
Liaccent est alors mis sur ta logique d’élaboration de relations mathématiques en
syathese d’élements déductifs et inductifs afferents aux deux précédentes sections
P ar sa structure et la “coloration” propre de chaque partie, la lecture de cet
ouvrage peut s'entreprendre & partir de diverses “entrées”. Ainsi, et selon le
champ de compétence de chaque lecteur, le parcours de telle ou telle partie pourra-
til étre avantageusement sauté, les notions présentées pouvant méme paraitre par
trop sommaires a Veil du spécialiste.
En sollicitant d'avance l'indulgence du lecteur averti, Vauteur pense également @
tous ceux pour qui son effort de clarification sera peut-étre jugé encore insuffisant.
Sans viser a se disculper en tant qu’enseignant, qu’ils sachent cependant que son
opinion de chercheur est qu'il faut avoir la modestie d’admettre que la juste con-
naissance d'un tel sujet en appelle parfois a nos propres limites.1° Partie :
Chapitre 1:
Chapitre 2
Chapitre 3 :
Chapitre 4
Chapitre 5
2° Partie :
Chapitre 6 :
Chapitre 7 :
Chapitre 8 :
Chapitre 9 :
3° Partie :
Chapitre 11:
Chapitre 12
Chapitre 13 :
Chapitre 14 :
apitre 10 :
Sommaire
LE PHENOMENE ET SA MISE EN EQUATION
Données premiéres sur les écoulements turbulents
Traitement statistique macroscopique de la turbulence
Equations générales de la statistique en un point
Analyse corrélatoire en dew points
Eléments de Vapproche spectrale
LE DOSSIER DE DONNEES
Classification et écoulements turbulents types
Phénoménologie tourbillonnaire et propriétés énergétiques
La turbulence cinématiquement homogene
Turbulence en écoulement cisaillé libre
Turbulence en écoulements avee parois
LA MODELISATION
Panorama des traitements d’écoulements turbulents
Modeles au premier ordre
Fermetures au second ordre
Modeles & faible nombre de ReynoldsTurbulence en mécanique des fluides xix
TABLE DES MATIERES
Préface . ix
Remerciements ag a Pao, spear oo Xitl
Introduction setcleolboend ad ueale aeons xv
Sommaire . . Stlidedtue ob alk aioe . Xvi
PARTIE |: LE PHENOMENE ET SA MISE EN EQUATIONS 1
1 DONNEES PREMIERES SUR LES ECOULEMENTS TURBULENTS 3
1 La turbulence en mécanique des fluides a8
2 La caractéristique majeure du régime turbulent . . . . rc)
2.1 Observations 4
2.2 Mesures 5
3 Traits distinctifs de l'agitation turbulente a
3.1 Taille supra-moléculaire 7
3.2 Comportement aléatoire 8
3.3. Dénombrement infini 9
3.4 Structure tridimensionnelle "1
3.5 Intermittence 12
3.6 Cinématique rotationnelle 13
3.7. Dynamique non linéaire 13
3.8 Energétique dissipative 14
4 Proposition de définition . ‘ 14
5 Conséquences théoriques de Vétat de turbulence du mouvement d'un fluide . 18
5.1. Validité du modéle de Navier-Stokes 15
5.2 Déterminisme et turbulence 15
5.3. Prédétermination des écoulements turbulents 16
5.4 Statistique macroscopique et turbulence 7
6 Effets pratiques de la turbulence ........... ee ce ering S19
6.1 Brassage par mouvement continu. 19
6.2. Dispersion 20
6.3. Diffusion 21
6.4 Mélange 24
6.5 Transferts pariétaux 25
6.6 Dissipation 28XX Turbulence en mécanique des fluides
2 TRAITEMENT STATISTIQUE MACROSCOPIQUE DE LA TURBULENCE
1 Introduction ...... es
2 Les concepts fondamentaux .
2.1. Univers des réalisations d'un écoulement turbulent
2.2 Elément aléatoire
3 Fonction — Variable aléatoire .
3.1. Définitions
3.2. Différents types de fonctions aléatoires
4 Lois de probabilité :
4.1. Fonction de répartition et densité de probabilité
4.2. Loi et densité de probabilité a l'ordre un d'une f.a.
5 Moyennes, moments, corrélations ........
5.1 Moyenne
5.2 Moment
5.3. Variance — Ecart type
5.4 Facteurs de dissymétrie et d'aplatissement
5.5 Fonction génératrice des moments
5.6 Fonction génératrice des cumulants
5.7 Covariance, coefficient de corrélation
5.8 Indépendance statistique - Moyennes conditionnelles
6 Décomposition harmonique et analyse spectrale .......
6.1 Décomposition harmonique d'une fonction certaine non périodique
6.2. Analyse harmonique de la fonction d'autocorrélation
6.3. Décomposition harmonique d'une fonction aléatoire
6.4 Propriétés énergétiques des fa
6.4.1 Localisation en fréquence — Densité spectrale d’énergie
6.4.2 Le théoréme de Kintchine
7 Eléments de description statistique de la turbulence . . . . i
7.1 Commutativite des opérateurs de moyenne et de dérivation
7.2. Les différents types de moyennes
7.2.1 Moyenne d’ensemble
7.2.2 Moyennes conditionnelles
7.2.3 Moyenne temporelle
7.2.4 Moyenne spatiale
7.2.5 Moyenne spatiale filtrée
7.3 Paramétrisation statistique de l'agitation
7.3.1 Intensités de turbulence
7.3.2 Echelles énergétiques
7.3.3. Micro et macro échelles de Taylor
7.3.4 Nombres de Reynolds de turbulence
7.3.5 Corrélations spatio-temporelles et célérité de transfert
7.4 Stationnarité et homogénéité
31
31
792
32
32
33
33
34
35
35
36
37
37
37
37
38
40
4
42
43
43
43
44
45
45
45
46
47
48
48
48
49
50
50
50
53
53
55
57
58
60Turbulence en mécanique des fluides xxi
7.5 Ergodicité 6
7.5.1 Le théoréme ergodique pour la moyenne 61
7.5.2 Conséquence pratique 62
7.6 Représentations en “ transformées" temps-échelle 63
7.7. Théoréme de a limite centrale et tendance gaussienne en turbulence 65
7.7.1 Le Théoréme de la limite centrale de Laplace-Liapounov 65
7.7.2. Limite gaussienne des déplacements Lagrangiens 67
3 LES EQUATIONS GENERALES DE LA STATISTIQUE EN UN POINT ... . 69
1 Introduction ee ae ee Seer eae ee reese 69
2 Bases de l'étude et ee eet ee Sees ee 70
2.1 Les équations de départ 70
2.2 La décomposition statistique binaire 70
2.3 Les deux types d’advection a
2.4 La diffusion turbulente 71
3 L’volution moyenne Ee rae ane cere ee ani72
4 Les équations du mouvement moyen... 2.20... cece eee eee 73
4.1. Continuité du mouvement moyen 73
4.2. Dynamique du mouvement moyen : équations de REYNOLDS 74
5 Les équations aux corrélations de fluctuations de vitesse . 2; 280)
5.1 Exposé du probléme 80
5.2 Equation de transport de la fonction génératrice des moments aux
fluctuations de vitesse 80
5.3 Bilan des tensions de Reynolds 84
5.3.1 Equations de transport des tensions de Reynolds 84
5.3.2 Tenseurs de dissipation 84
5.3.4 Tenseur d’anisotropie 86
6 Propriétés énergétiques .... . a SaaNs sud p 92
6.1 Définitions 92
6.2 Bilan instantané d’énergie cinétique 93
6.3 Bilan d’énergie cinétique du mouvement moyen 93
6.4 Bilan d’énergie cinétique du mouvement d'agitation 98
6.5 L’échange “interne” d'énergie 100
6.6 Taux de dissipation par agitation turbulente 101
6.7 Récapitulation 102
7 Les équations aux pressions ; mee nies: 103)
7.1 Pression instantanée 103
7.2. Pressions moyenne et fluctuante 104
8 Rotationnel et enstrophie ........ sees fone 105
8.1 Définitions 105
8.2 Retour sur le caractére rotationnel du mouvement d'un fluide reel 107xxii
Turbulence en mécanique des fluides
8.3 Rappels
8.3.1. L’équation du rotationnel
8.3.2 L’intéraction entre champ de vitesse et champ de rotationnel
83.3 L’équation de l'enstrophie
8.3.4 Variation d'enstrophie et étirement tourbillonnaire
8.4 L’équation du rotationnel moyen
8.5 L’équation de enstrophie du mouvement moyen
8.6 L’équation de lenstrophie du mouvement d’agitation
8.7. Récapitulation
9 Taux de dissipation turbulente AO Lee ae
9.1. Relation entre dissipation et pseudo-dissipation
9.2 L’équation de la pseudo-dissipation
9.3 L’équation de la dissipation
4 ANALYSE CORRELATOIRE EN DEUX POINTS ...........
1 Introduction :
2 Llapproche corrélatoire
2.1 Loutil mathématique
2.1.1. Corrélations doubles de vitesse en deux points
2.1.2 Corrélations triples de vitesse en deux points
2.1.3 Corrélations mixtes pression-vitesse en deux points
2.1.4 Corrélations doubles particuliéres en deux points
2.1.5 Tenseurs des corrélations
2.1.6 Premiéres propriétés du tenseur des corrélations doubles
2.2 Dynamique des corrélations doubles
3 Théorie des corrélations en T.H.I.
3.1 Champ de turbulence homogéne
3.2 Champ de turbulence isotrope
3.3 Tenseurs de corrélations doubles de vitesse en T.H.L
3.3.1 Forme générique des tenseurs de corrélation en T.H.L
3.3.2. Fonetions conventionnelles de corrélation en T.H.I.
3.3.3 Equivalence entre expressions des corrélations de
vitesse en deux points
3.4 Tenseur de corrélations doubles de rotationnel
3.5. T.H.l. isovolume : Relations de Karman et Howarth
3.5.1 L'hypothése d'incompressibilité et ses conséquences
3.5.2 Corrélation pression-vitesse en fluide incompressible
3.5.3 Corrélations doubles de vitesses en fluide incompressible
3.5.4 Corrélations triples de vitesses en fluide incompressible
3.5.5 Les relations de Karman et Howarth
3.5.6 Bilan de la description corrélatoire en T.H.I. isovolume
108
108
109
110
110
112
114
115
116
118
118
119
121
123
- 123
124
124
124
125
125
126
126
127
127
130
130
132
133
133
134
136
136
137
137
138
138
139
140
141Turbulence en mécanique des fluides xxii
3.6 Etudes aux limites : Echelles conventionnelles 142
3.6.1 Comportement a lorigine des corrélations doubles 142
3.6.2 Comportement a lorigine des corrélations triples 143
3.6.3 Micro-échelle de Taylor 144
3.6.4 Macro-échelle de Taylor 144
3.7 Dynamique des corrélations en deux points 146
3.7.1 Equation d’évolution des corrélations en deux points 146
3.7.2. Linterprétation de 'équation de Karman et Howarth 146
3.7.3 Propriétés aux “moments” : Invariant de Loitsyanski 147
3.7.4 Les restrictions locales de 'équation de Karman et Howarth 148
3.8 Solutions modéles de l'équation de Howarth et Karman 150
3.81 Le modéle linéaire 150
3.8.2 Propriétés remarquables des solutions du modéle linéaire 151
3.8.3 Solution générale diaffinitd 152
3.8.4 Solution d'affinité restreinte 153
4 Expressions locales de la dissipation et de l'enstrophie en THI... . « . 155
4.1. Expression des corrélations aux dérivées de fluctuations de vitesse 156
4.2. Expression de l'enstrophie en T.H.I. 197
4.3. Expressions de la dissipation en T.H.l. 157
5 ELEMENTS DE L’APPROCHE SPECTRALE ei slob WG 1S. 161
1 Introduction... a pe eer ee
2 Champ a périodicité spatiale et transformée de Fourier discréte . 162
2.1 Champ spatial sinusoidal. Vecteur d’onde 162
2.2 Représentation harmonique en série de Fourier de champs
a périodicité spatiale 165
2.3 Simulation numérique directe par méthodes spectrales et
pseudo-spectrales 168
3 Les équations de Navier-Stokes dans l'espace de Fourier ........... 169
3.1. Transformées de Fourier temporelle et spatiale 169
3.2. Ragles opératoires 170
3.3. Forme spectrale des équations de Navier-Stokes en turbulence
homogéne 171
4 Analyse spectrale dela THI. ............. 174
4.1 Tenseur spectral en T.H.I. 175
44.4 Définition 175
4.1.2 Propriétés 175
4.2 Spectre d’énergie en module en T.H.I 177
4.3 Spectres monodimensionnels 179
4.3.1 Notions premiéres 179
4.3.2 Définitions générales 180xxiv Turbulence en mécanique des fluides
4.3.3. Relations intégrales entre spectre en module et spectres
monodimensionnels en T.H.I.
4.3.4 Relation différentielle entre spectre en module et spectre
monodimensionnel en T.H.l
4.3.5 Equivalent spectral de la premiére relation de
Karman et Howarth
4.4. Caractéristiques spectrales en T.H.l. isovolume
4.5 Equations d'évolution des spectres en T.H.I
45.1 L%quation d’évolution du tenseur spectral tridimensionnel
45.2 Léquation d’évolution du spectre en module
4.5.3 Remarques sur les équations de la dynamique spectrale
5 Expressions spectrales de la dissipation en THI... 0.2.2... 000.
PARTIE II: DONNEES SUR LA TURBULENCE EN
FLUIDE INCOMPRESSIBLE
6 CLASSIFICATION ET ECOULEMENTS TURBULENTS TYPES
1 Introduction . ae we MP RIKS
2 Classification des écoulements turbulents isovolumes
2.1 But de la classification
2.2 Le mode de classification
2.3 Les critéres de classement
2.3.1 Homogénéité spatiale
2.3.2 Echelles temporelles
2.3.3 Ecoulements homogénes
2.3.4 Propriétés spatiales en écoulements inhomogénes
2.4 Les situations typiques du classement
3 Turbulence cinématiquement homogene ..........-....-.0055
3.1 Définitions
3.1.1 Homogénéité et isotropie au sens de Taylor
3.1.2 Homogénéité au sens de Craya
3.1.3 Homogénéité et isotropie au sens de Lesieur
3.2 Propriétés physiques remarquables
3.3 Le probléme d’évolution
3.4 La hiérarchie des écoulements hamogénes
4 Ecoulements cisaillés simples de turbulence libre............-----
4.1. Retour sur la situation en régime laminaire
4.1.1. Caractéres spécifiques de la situation de type couche limite
4.1.2 Uhypothése fondamentale en écoulement libre
4.2. Turbulence libre de type couche limite
4.2.1 L’équilibre temporel Advection / Diffusion
4.2.2. Echelles du bilan moyen de quantité de mouvement
181
182
183
184
187
187
188
188
189
193
195
+ 195
. 196
196
196
198
198
198
199
200
201
202
202
202
203
203
204
204
206
207
208
208
208
209
209
210Turbulence en mécanique des fluides XXV
4.2.3. Taux d'expansion 213
4.2.4 Echelles du bilan d’énergie cinétique d’agitation 214
4.2.5 Equations locales des écoulements turbulents libres
de couche limite 217
5 Ecoulements pariétaux cisaillés simples. . . . 4 219
5.1. Les configurations typiques 219
5.2 Couche limite turbulente sur paroi lisse 219
5.3 L'analyse multi-échelles 221
5.3.1 Echelles de vitesses 221
5.3.2 Echelles de longueur 221
5.33 Le partitionnement a grand nombre de Reynolds 222
5.4 Les expressions du profil de vitesse moyenne 223
5.4.1 Lignes directrices de la démarche 223
5.4.2. Les échelles temporelles par zones 223
5.4.3 Loi linéaire en sous-couche visqueuse 224
5.4.4 Profil logarithmique en région interne 224
5.4.5 Loi de vitesse déficitaire en région externe 225
5.4.6 Récapitulation 226
5.5. Les équations locales de couche limite 228
5.6 Ecoulement en canal et conduit 229
5.6.1 Echelles caractéristiques 229
5.6.2 Bilan moyen de quantité de mouvement 230
5.6.3 Profil de vitesse moyenne 231
7 PHENOMENOLOGIE TOURBILLONNAIRE, STRUCTURES COHERENTES
ET PROPRIETES ENERGETIQUES . . : = 233
deIntroduction Psst ccstonitel ta n . 233
2 Le modéle tourbillonnaire statistique... . toch vee 235
2.1. Définition et échelles caractéristiques 235
2.2 Paramétrisation des classes inertielles et visqueuses 236
3 Propriétés physiques du modéle tourbillonnaire statistique . . 238
3.1. Croissance des lignes fluides matérielles 238
3.1.1 Analyse simplifiée 238
3.1.2 L’évidence expérimentale 239
3.2. Croissance d'enstrophie par déformation élongationnelle isovolume 240
3.3. L’étirement tourbillonnaire 241
3.3.1 Analyse en termes d’échelles 242
3.3.2 Phénoménologie de la réaction en chaine 243
3.4 Phénoménologie des structures dissipatives 245
3.4.1. La limitation par effet visqueux 245
3.4.2 Modéles physiques de structures dissipatives 245
4 Transfert énergétique selon le modéle statistique d'agitation turbulente .. . 246Xxvi Turbulence en mécanique des fiuides
5 Structure et cohérence en turbulence ............ i 7
6! Cohérenice stabatiqueie> ene Rimes nelle ob raters EEE
6.1. Différenciation statistique entre structures de agitation turbulente
6.2 Cohérence statistique
6.3 Limitations de l'approche structurelle probabiliste
7 Cohérence physique a grande échelle............... nena), 3.
7.1 Tourbillon rectiligne & noyau visqueux
7.2 Structure tourbillonnaire cohérente
7.3 Mécanismes élémentaires d'interaction tourbillonnaire
7.4 Exemple de structures cohérentes en écoulement turbulent
7.5 Structures cohérentes en couche limite sur paroi plane
7.6 Structures cohérentes en zone de mélange
7.7 Structures cohérentes en sillage
7.8 Organisation tourbillonnaire en turbulence homogéne cisaillée
8 Agitation bimodale et transfert énergie .............
8.1 Agitation bimodale
8.2 Formulation de la décomposition
8.3 Equations moyennes
8.4 Equations aux énergies d’agitation
8.5 Schéma énergétique de agitation bimodale
8 LA TURBULENCE CINEMATIQUEMENT HOMOGENE . .
1 Introduction 2.6... eee eee
2 La turbulence homogane et isotope... .. ..
21 Le modéle de turbulence de grille
2.1.4 Description physique
2.1.2 Lapproximation expérimentale
2.1.3 Universalité du modéle experimental
2.1.4 L’approximation des conditions d’homogénéité et isotropic
2.2 Etat gaussien des fluctuations en turbulence de grille
2.3 Propriétés énergétiques
2.4 Décroissance énergétique
2.4.1 Les différentes phases
2.4.2 La phase initiale
2.4.3 La phase finale
2.5 Le reconditionnement spectral
2.5.1 La phase initiale
2.5.2 La phase finale
2.6 Les hypotheses de Kolmogorov sur les transferts d’énergie
A grand nombre de Reynolds
2.6.1 Les données de départ
2.6.2 Premiere hypothése de Kolmogorov
249
251
251
252
253
254
255
257
259
261
261
264
266
267
268
268
269
270
270
271
275
275
276
276
276
277
278
278
279
280
281
281
283
286
288
289
290
291
201
292Turbulence en mécanique des fluides XXVii
2.6.3 Echelles de Kolmogorov et normalisation spectrale 293
2.6.4 Seconde hypothése de Kolmogorov 298
2.6.5 Constante de Kolmogorov 300
3 Dégénérescence de turbulence non isotrope nin FAT ... 801
3.1 L’équation d’évolution des tensions de Reynolds 301
3.2 Les résultats principaux 302
3.2.1 Le retour a l'isotropie 302
3.2.2 Temps de retour a l'isotropie 304
4 Turbulence homogane cisaillée 5 eee 307
4.1. La configuration d’écoulement 307
4.2 Les résultats sur les tensions de Reynolds 307
4.3 Discussion des propriétés au second ordre 310
4.4 Echelles de longueur 312
5 Turbulence homogéne en déformation pure plane ......... =. 1313)
5.1 Action d'une déformation plane sur une turbulence homogéne 313
5.1.1 La configuration expérimentale 313
5.1.2. Effet sur la décroissance énergétique 315
5.1.3. Effet sur l'anisotropie des tensions normales 316
5.1.4 Discussion des propriétés au second ordre 317
5.2 Action de deux déformations planes successives 318
5.2.1 Effet d'orientation sur lanisotropie. 319
5.2.2 Production négative de turbulence 319
6 Turbulence homogene en rotation ..........0...0000. .. . 320
6.1. La configuration expérimentale 320
6.2 Les effets de la rotation 321
6.2.1 Décroissance énergétique 321
6.2.2 Renforcement de lanisotropie 322
6.2.3 Echelles intégrales 323
6.3. Discussion des propriétés au second ordre 324
9 TURBULENCE EN ECOULEMENT CISAILLE LIBRE . .. 827
1 Introduction . 327
2 Similitude de Reynolds . sheayatt escent Ste S28
3 Affinité. . . : vat oe acn, ea inveersdts 4... 830
3.1. Notion d'affinité de profils 330
3.2. Etablissement des profils en affinité 330
3.3. Epaisseur de diffusion transversale 331
3.4 Echelle de vitesse normative de 'affinité 332
4 Comportement asympotique des évolutions axiales ............... 333
4.1 Taux d'expansion 333
4.2. Vitesse axiale de référence en jet libre et sillage 334
4.3 Intensité de turbulence et niveau énergétique 336XXViii Turbulence en mécanique des fluides
5 Profils d'affinité en turbulence libre rs nabs aad
5.1 Vitesse moyenne
5.1.1 Vitesse axiale des jets, sillage et zone de mélange
5.1.2 Vitesse radiale et entrainement des jets
5.2. Tensions de Reynolds
5.2.1. Tensions normales
5.2.2. Cisaillement turbulent
6 Bilans énergétiques en turbulence libre . . . .
7 Données statistiques comparatives.................
7.1 Echelles temporelles du champ moyen
7.1.4 Echellé de cisaillement
7.1.2. Echelle d'advection
7.2 Echelles de longueur de la turbulence
7.2.1 Macro-échelles
7.2.2 Micro-échelles
7.3 Anisotropie des tensions de Reynolds
8 Frontiére en turbulence libre... 6.
8.1 Intermittence de frontiére
8.2 Géométrie de linterface
9 Production négative
410 TURBULENCE EN ECOULEMENTS AVEC PAROIS . .
1 Introduction. ches tkdle ade
2 Spécificités de la turbulence de paroi
2.1 Cisaillement pariétal
2.2 Effet de viscosite
2.3. Blocage cinématique
2.4. Réflexion des fluctuations de pression
3 Analyse asymptotique au voisinage de la paroi
4 Couche limite sur plaque plane
4.1 Profil de vitesse moyenne
4.2. Coefficient de frottement
4.3 Tensions de Reynolds
4.3.1. Frottement turbulent
4.3.2 Contraintes normales
4.4 Bilan énergétique
4.5 Bilans des tensions de Reynolds
4.6 Frontiére libre
4.6.1 Intermittence de frontiére
4.6.2 Epaisseurs conventionnelles
4.6.3 Sur-couche visqueuse
- 338
338
338
340
342
342
345
. 347
351
351
351
352
353
353
354
355
356
356
358
359
. 361
361
361
362
363
365
366
369
372
372
376
378
378
380
381
384
387
387
388
389Turbulence en mécanique des fluides
5 Turbulence établie en conduit
5.1 La configuration d’écoulement
5.2 Distribution de vitesse moyenne
5.3 Coeticient de perte de charge
5.4 Tensions de Reynolds
5.4.1 Contraintes normales
5.4.2 Frottement turbulent
5.5 Bilan énergétique du mouvement d’agitation
5.6 Récapitulation du bilan énergétique d'ensemble
5.7 Bilans des tensions de Reynolds
5.8 La redistribution inter-composantes
6 Anisotropic des tensions de Reynolds.......... mm...
7 Reconditionnement spectral par effet de paroi
8 Production négative en canal plan .. .
PARTIE Ill: MODELISATION MATHEMATIQUE DANS
L’ESPACE PHYSIQUE
11 PANORAMA DES METHODES PREDICTIVES EN TURBULENCE
1 Introduction ep akantonhlnen.de os
2 Présentation générale des méthodes
2.1 Lois de régression et abaques
2.2 Méthodes intégrales
2.3 Méthodes statistiques en un point
2.4 Méthodes spectrales
2.5 Méthodes probabilistes
2.6 Simulation des grandes échelles
2.7 Simulation numérique directe
2.8 Récapitulation
3 Survol des méthodes de fermeture en un point
3.1 Classification
3.2 Les différents types de modéles
3.21 Modéles du premier ordre a zéro équation
3.2.2 Modéles du premier ordre & une équation
3.2.3 Modéles du premier ordre & deux équations
3.2.4 Modéles du second ordre a relations algébriques
3.2.5 Modéles du second ordre a équations de transport
3.3. Lignes directrices de la procédure de fermeture en un point
3.3.1 Principes déductifs
3.3.2 Concepts inductits
3.3.3 De quelques limitations
‘xxix
389
389
391
392
393
393
395
395
396
399
401
402
= 405
407
409
ant
4
= 412
412
413
413
414
414
416
416
417
- 418
418
419
420
420
421
422
422
423
424
425
426XXX Turbulence en mécanique des fiuides
4 Apercu sur les théories spectrales ..............-05
4.1. Introduction au probléme de fermeture dans espace spectral
4.2. Fermetures “phénomenologiques’
4.2.1 L’équation de départ
4.2.2 Quelques fermetures historiques
4.3 Fermetures aux moments spectraux
4.3.1 Exposé du probleme
4.3.2 Lhypothése quasi-normale (Q.N.)
4.3.3 V’hypothése quasi-normale avec amortissement
tourbillonnaire (E.D.Q.N.)
4.3.4 L’hypothése quasi-normale avec amortissement
tourbillonnaire markovianisé (E.D.Q.N.M.)
4.4. Fermetures selon Kraichnan
5 Apercu sur la simulation des grandes échelles
5.1. Principe
5.2 Moyenne spatiale filtrée et fluctuation de sous-maille
5.3. Les équations aux moyennes spatiales filtrées
5.4 Apercu des schémas de fermeture L.E.S.
6 Remarques finales ............--
12 MODELES AU PREMIER ORDRE
1 Introduction
2 Rappel du probleme . pad
3 Le concept de viscosité de turbulence......-....-
3.1. Définition
3.2. Expression
3.3 Limitation physique
4 Les fermetures algébriques :
4.1. Les approches phénoménologiques a longueur de mélange
4.1.4 Théorie de Prandtl (1925)
4.1.2. Théorie de Karman — Betz (1930)
4.1.3. Théorie de Taylor (1982)
4.2 Autres propositions
4.2.1. Extensions locales de schémas gradient
4.2.2. Expressions non locales
4.2.3 Schémas de type gradient / convection
5 Fermetures & equations de transport .
5.1 Lhypothése de grand nombre de Reynolds de turbulence
5.2 Conséquence sur la diffusion
5.3 Conséquence sur la dissipation
6 Modéles a une équation ik Exh eee wok +B EE
6.1 Le schéma de Prandtl — Kolmogorov
- 427
427
428
428
429
431
431
433
433
434
434
436
436
436
438
438
439
444
. 441
- 442
442
442
443
444
445
445
445
450
451
452
452
453
454
459
459
459
460
460
460Turbulence en mécanique des fluides
6.2 Equation modéle d’énergie cinétique de turbulence
6.2.1 Les données du probléme
6.2.2 Schéma de Production
6.2.3 Schéma de diffusion turbulente
6.2.4 Schéma de dissipation
6.2.5 Calage des constantes
6.2.6 Récapitulation du modéle & une équation (k)
6.3 Autres modéles a une équation
6.3.1 Modéle de Bradshaw, Ferriss et Atwell
6.3.2 Modéle de Nee et Kovasznay
6.4 Bilan des fermetures une équation
7 Modéles a deux équations .......... Aa 2c oieoat hg
71 Généralités
7.2 Le modéle (k=)
7.2.1 Le schéma de viscosité
7.2.2 Equation modéle d'énergie
7.2.3 Equation modéle de la dissipation
7.2.4 Récapitulation du modéle a deux équations (i
7.3. Autres modéles a deux équations
7.4 Calage des constantes
7.41 Le calage conventionnel
7.4.2 Le calage par techniques de renormalisation
7.5 Comportement en frontiére libre
7.5.1 Modéles avec intermittence
7.5.2 Modéles sans intermittence
8 Fermetures non linéaires ........ B
8.1 Retour sur les limitations du schéma de Boussinesq
8.2 La question des lois constitutives en turbulence
8.3 Extensions des schémas a viscosité effective
8.4 Schéma visco-élastique
13 FERMETURES AU SECOND ORDRE
1 Introduction
2 Les mécanismes & modéliser .
3 Retour sur les équations ....
3.1 Corrélation avec la fluctuation de peesion
3.2 Dissipation
3.3 Equations a modéliser
4 Dissipation .
4.1 La question du modéle de dissipation
4.2. Le probléme isotrope de dégénérescence énergétique
xxxi
461
461
461
461
462
462
463
464
464
464
464
- 465
465
466
466
467
467
468
469
472
472
474
474
474
476
476
476
477
478
483
485
485
-. 486
- 486
487
487
488
- 489
489
490‘Turbulence en mécanique des fluides
4.3 Fermeture isotrope de l'équation de la dissipation
4.3.1 Le schéma isotrope classique
4.3.2 Extension homogene anisotrope
4.4 Fermeture inhomogéne de équation de dissipation
4.4.1 Base de la fermeture
4.4.2 Création / Destruction
443 Diffusion
4.5 Récapitulation du modéle d’équation de dissipation
4.6 Expression du tenseur de dissipation
4.6.1 Le schéma isotrope et ses limitations
4.6.2 Schémas anisotropes
Be lotour B Hestaple een enn ape acetine|®
5.1 Exposé du probléme
5.2 Equation d’évolution du tenseur d’anisotropie
5.3. Les schématisations
5.3.1 Le schéma linéaire
5.3.2. Le schéma quasi-linéaire
5.3.3 Les schémas non linéaires
5.4 Récapitulation
6 Les modéles d'action du champ moyen. ..........
6.1. Le probléme fonctionnel
6.2. Fermetures linéaires
6.2.1 Le schéma isotrope
6.2.2 Le schema en isotropisation de production
6.2.3. Le schéma linéaire anisotrope
6.2.4 Récapitulation et discussion des schémas linéaires
6.3. Fermetures non linéaires
6.3.1 Schémas quadratiques
6.3.2 Schémas a l'ordre trois
6.3.3 Schéma général a l'ordre quatre
7 Redistribution
8 Diffusion turbulente .
8.1 Formulation du problame
8.2 Les modéles de diffusion
8.3 Remarques sur la modélisation du transport diffusif
9 Récapitulation et discussion générale : .
9.1 Performances d'un modéle linéaire au second ordre
9.2 Améliorations du modéle linéaire de base
9.2.1 Incidence de la schématisation de la redistribution
9.2.2 Incidence de la schématisation de la dissipation
9.3. Limitations avérées
490
491
493
493
493
493
497
498
499
499
499
. 502
502
502
503
503
505
508
509
sit
ott
513
513
514
514
518
519
519
520
522
523
525
525
525
528
529
529
532
532
535
536Turbulence en méca
ique des fluides: xxii
14 FERMETURES A FAIBLE NOMBRE DE REYNOLDS .......
1 Introduction... . . ere
2 Retour sur les spécifcités de la turbulence de paroi.......
3 Schémas algébriques en couche limite
3.1. Amortissement pariétal de la viscosité de turbulence
3.2Schémas de viscosité & double couche
3.2.1 Schéma de Smith-Cebeci
3.2.2 Schéma de Baldwin-Lomax
3.2.3 Domaine d'application des fermetures algébriques
4 Modéles a une équation
4.1 Panorama des fermetures a une équation
4.2 Modele équation d’énergie cinétique de turbulence
4.3 Modéles a équation de transport de viscosité
5 Modéles & deux équations
5.1 Variantes “bas Reynolds” du modale K, =
5.2 Autres modéles linéaires du premier ordre
5.2.1. Autres modéles & deux équations
5.2.2 Les modéles composites
5.2.3 Le modéle a trois équations de Durbin
5.3. Récapitulatif des performances des modéles linéaires
du premier ordre
5.4 Modéles nor-linéaires du premier ordre
6 Fermetures au second ordre
6.1 Condition de vraisemblance bicomposante
6.2 Modes de détection de la paroi
6.3 Schémas de redistribution
6.3.1 Schéma général de la partie rapide
6.3.2 Classement des différents schémas
6.3.3 Modéles de premiere génération
6.3.4 Modéles de deuxiéme génération
6.4. Schémas de la dissipation
6.5. Schéma de diffusion
7 Discussion $e Sclo lal eee eia aes eerie
INDEX des COMPLEMENTS et EXERCICES ea hike cae hs
INDEX ANALYTIQUE
INDEX DES CITATIONS D'AUTEURS .
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................
543
544
- 545
545
546
546
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575
579
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. 593PREMIERE PARTIE
LE PHENOMENE ET SA
MISE EN EQUATIONSTurbulence en mécanique des fluides 3.
CHAPITRE PREMIER
DONNEES PREMIERES SUR LES
ECOULEMENTS TURBULENTS
« Peut-on définir la turbulence ?
Travailler sur la turbulence, c’est tenter de prévoir V’imprévisible.»
Marcel LESIEUR [260] 1994, page 235.
1 Laturbulence en mécanique des fluides
Deux traits s"imposent d’emblée a toute étude de la “turbulence” en mécanique des
fluides :
~ Pévidence du phénomene ;
— la diversité de ses manifestations.
Contrairement a d’autres phénomenes de la physique macroscopique, observation
de la turbulence en mécanique des fluides reléve, en effet, d'expériences de la "vie
courante". De fait, c’est sous ce régime que se présente la plupart des écoulements
“naturels" des fluides usuels que sont I’air et eau. Cette évidence du phénoméne
n’en paraitra que plus paradoxale en regard des difficultés de compréhension et de
modélisation qui se poseront ultérieurement.
Le second élément majeur a se signaler de prime abord est celui de l’extréme
diversité des manifestations de la turbulence dans les mouvements de fluides. La
nature est la premiére & fournir une trés grande variété d’illustrations a travers, par
exemple :
— les mouvements de fluides "biologiques” tels que le sang dans toute une hiérarchie
de vaisseaux en "macro-circulation”:;
— les mouvements de "géofluides": vent atmosphérique, courants fluviaux, marins
— les mouvements de fluides stellaires : circulations gazeuses autour des planétes,
gaz de la photosphére du soleil, jets de plasmas d’étoiles4° Turbulence en mécanique des fluides
Le monde industriel ow celui du Laboratoire apportent eux aussi leurs contributions
a cette diversité dans des secteurs tels que :
— Vhydraulique : hydrodynamique des carénes, coques, ouvrages, machines ...
— l’aéronautique : voilures d’avions, moteurs, turbomachines...
— Pénergétique et Ia thermique : combustion, fours, échangeurs
= le génie des procédés : génie chimique, pétrolier, nucléaire ..
Ainsi, tant par la nature des fluides mis en jeu que par les conditions de mouvement,
il existe une trés grande variété d’écoulements turbulents. En dépit de cette diversité,
ils présentent tous un certain nombre de propriétés communes, ce qui justifie de
considérer qu’ils constituent une méme classe ou régime de mouvement spécifique.
Nous allons progressivement dégager les traits distinctifs de ect ensemble.
2 Lacaractéristique majeure du régime
turbulent
2.1 Observations
La figure ci-dessous fournit une illustration typique de ’état de turbulence du
mouvement d'un fluide réel.
Fig. I: Visualisation par inierfé-
rométrie différentielle d'un jet de
gaz carbonique & nombre de Rey-
nnalds de 50.000. (Régime turbulent)
(Document LMFT TELET)
Il s‘agit, en occurence d’un mélange de 20% d’air et de 80% de gaz carbonique
s’écoulant, sous forme de jet libre, dans atmosphere au repos & température et
pression quasi constantes. Le détail complet de I’expérience est décrit en référence
[61], et il suffit de préciser ici que "écoulement est dirigé verticalement vers le
bas, de sorte que Vinertie du jet se conjugue aux forces de gravité dans le sens
du. mouvement.1. Données premiéres sur les écoulements turbulents 5
Le nombre de Reynolds rapporté au diamétre du tube et a la vitesse sur l’axe est
de l'ordre de 50 000.
Cette visualisation-révéle Ia caractéristique essentielle du tégime : agitation
turbulente. Elle se manifeste par des mouvements désordonnés tridimensionnels
présents, & I’échelle du milieu continu, dans tout le champ de Mécoulement. Ce
trait caractéristique et distinctif du régime turbulent est encore plus patent lorsque
Von compare la situation celle bien connue du régime laminaire.
Fig. 2: Visualisation par interfé-
rométrie différentelle d'un jet de
gaz carbonique a nombre de Rey-
olds de 2000. (Régime laminaire)
(Document LM.RT- TELE.T,)
En raison de existence au sein méme de I’écoulement de nombreux mouvements
secondaires d’aspect chaotique, le jet turbulent ne donne pas l'apparence d'une
organisation forte & I’échelle macroscopique (supra-moléculaire).
Par opposition, le régime laminaire — tel qu’on Vobserve pour la méme configu-
ration d’écoulement avec un nombre de Reynolds de l’ordre de 2 000 — présente
un degré de“régularité” macroscopique élevé. L’écoulement se fait en effet par
"glissement" de lames fluides les unes sur les autres. Les seuls échanges entre
James, qui résultent de agitation moléculaire, conduisent 4 une diffusion du jet
non perceptible a I’échelle du continu, contrairement & ce que I’on peut observer
en régime turbulent.
2.2. Mesures
La visualisation est un moyen de diagnostic rapide du désordre macroscopique
typique de Vagitation wrbulente. Les techniques exprimentales modernes,
(anémométrie fil chaud, vélocimétrie laser,...) permettent d’en apprécier et d’en
quantifier les effets par la mesure "locale et instantanée" des fonctions du champ
de écoulement.
A titre d’exemple, la figure suivante présente enregistrement temporel, obtenu par
anémométrie fil chaud, de la vitesse axiale de ’air circulant dans un tuyau lors de
changements de régime laminaire / turbulent.6 Turbulence en mécanique des fluides
La “régularité structurelle” de l’écoulement laminaire se traduit par un signal
présentant des variations de faible amplitude et trés basses fréquences, comme on
peut Ie noter sur les séquences (a) et (a’) de la figure suivante.
Par comparaison, Ia phase turbulente (b) affiche un aspect chaotique prononcé, avec
des oscillations de forte amplitude et plus hautes fréquences.
Il apparait en oulre que le passage de I’état laminaire & celui de turbulent, et
inversement, ne se fait pas “instantanément” mais nécessite une certaine période
de transition. Dans le cas dune transition amenant la turbulence, l’instauration de
ce régime est précédée dune séquence d’amplification d’oscillations périodiques (c).
Enfin, on note que la “valeur moyenne” du signal lors des épisodes laminaires est
supérieure & celle prise au cours de séquences turbulentes.
Rappelons que la mesure présentée est celle de la vitesse d’un fluide au centre d'un
tuyau dont le débit reste fixe. Une telle variation ne peut done s’expliquer que par
la redistribution compléte du profil de vitesse sur toute la section de la conduite
lors du changement de régime. Nous verrons ultérieurement qu’il s’agit 14 de la
conséquence d'une autre manifestation de l’agitation turbulente : la “diffusion”.
“(eb
4U
Fig, 3: Mesure par anémométvie @ fil chaud de {"évolution temporelle de ta vitesse sur Vaxe d'une conduite
lors de ta transition de régime (c) entre laminaire (a), (a’) et turbulent (b). (Document LM.F.T-- TEL.ET.)
Quelle que soit la configuration d’écoulement, les enregistrements des fonctions
du mouvement témoignent de I’apparition systématique, en régime turbulent, de
{fluctuations erratiques tant en amplitude qu’en fréquence, en tous points analogues &
celles de exemple qui vient d’étre discuté. Elles sont done intrinseques & ce régime
et constituent, en quelque sorte la “signature électronique” locale de l'agitation
turbulente.
On étendra cette proposition, en considérant plus généralement que =
L'agitation turbulente imprime a toute fonction (macroscopique) du champ
de écoulement (vitesse, pression, température, masse volumique...) des
| fluctuations erratiques intrinseques a ce régime.1 Données premieres sur les écoulements turbulents iz,
3 Traits distinctifs de agitation turbulente
Comme nous venons de le voir, le régime turbulent est caractérisé par la présence,
aaitacon ee, Ge écoulement, de mouvements secondaires responsables enn
jilation macroscopique dite “agitation turbulente”, Ainsi, la turbolene n'est pas
Uiée @ la nature physique du fluide mais & son mode de mouvenure
Dans la suite de ce cours nous nous intéresserons plus particuligrement a des états
Ts ke “turbulence forte" ou encore "pleinement développée" en situation isovolume.
Is Correspondent & des écoulements a faible nombre de Mach mn grand nombre
de Reynolds pour lesquels les mouvements responsables de Vagitation turbulente
présentent les traits distinctifs suivants +
¥ Taille supra-moléculaire
4 Comportement aléatoire
= Dénombrement infini
% Structure tridimensionnelle
Présence intermittente
Cinématique rotationnelle
% Dynamique non linéaire
1 Energétique dissipative
3.1 Taille supra-moléculaire
Sragissant de agitation turbulente ordre macroscopique, nous verrons
ultérieurement (Chapitre VIM-§2.6) que la taille des tourbillons qui la com-
posent est bornée inférieurement par la viscosité (i i/p) du fluide, Cette
limite inférieure correspond a l’équilibre entre forces @’inertie et de viscosité des
Plus petits mouvements dagitation présents a Péchelle du continu. En d'autres
termes, désignant par 1 et v les caractéristiques de longueur et de vitesse de tels
mouvements, Ia limite macroscopique s‘obtient pour =
nxufv ed (1-1)
Quant a Vagitation moléculaire de niveau mictoscopique, nous dé ignerons par 1,
une échelle de longueur, et vm une échelle de vitesse caractéristiques. La théorie
cinétique des gaz fournit alors, en choisissant pour échelles précédentes le libre
parcours moyen et la célérité du son, estimation suivante -
Ul X Um (1-2)
Comparant les deux estimations, on tire ques n/p vfoy,8 Turbulence en mécanique des fluides
Si la vitesse de référence v, est de Vordre de la célérité du son a, })échelle de
vitesse v reste elle, en situation isovolume, trés inférieure & la vitesse d’ensemble
U de l’écoulement. Pour les évolutions & faible nombre de Mach (M=U/a<<1)
considérées ici, on a done :
inin << M << (3)
Ainsi, Uagitation mrbulente s'exerce 4 un niveau supra-moléculaire qui rend son
traitement justiciable de l'approche du milieu continu, Nous aurons Voccasion de
préciser quantitativement cette conclusion lorsque les éléments nécessaires auront
&é introduits (Cf. Chapitre VIII-§2.6.3)
3.2. Comportement aléatoire
Pour une premitre introduction “simple” de ce comportement, nous adopterons le
point de vue de l’expérimentateur.
En régime laminaire, les caractéristiques de I’écoulement (vitesse, pression,
température...) sont des fonctions déterministes de Vespace et du temps, au sens
ou Ja répétition d’un mouvement réel & partir de conditions initiales et aux limites
identiques redonne des valeurs identiques ces fonctions, aux seules incertitudes
de mesure pres.
En régime turbulent, il n’en va plus ainsi. Diverses réalisations' d'un “méme
Ecoulement” fournissent, pour toute grandeur prise en des points et des instants
homologues, non pas une valeur, mais un ensemble de valeurs : 1a mesure cesse
donc d°étre répétitive et son résultat devient aléatoire. On est conduit alors & adopter
tune approche statistique en s'intéressant aux lois de probabilité de cet ensemble de
valeurs’.
En illustration de cette approche, on présente, & la figure suivante, un exemple de
{elles lois, en termes de densité de probabilité f(«) et fonction de répattition en
probabilité °(w) de fluctuations de vitesse w. Par fluctuation, on entend tout écart
b une valeur moyenne, notion dont il existe plusieurs définitions (Cf. Chapitre II-
§7.2) mais qu’il est inutile d'expliciter ici, ot il suffit de noter que Popérateur de
moyenne est désigné par une notation surlignée.
Les résultats présentés se rapportent aux fluctuations longitudinales de vitesse (dans
Ie sens de Pécoulement) en couche limite sur plaque plane, a une distance normale
a la paroi de 0,05 mm, Ces fluctuations sont normées par leur écart type (Ww
avec les notations usuelles), En ce point, on observe que les propriétés statistiques
de Vagitation turbulente peuvent assez Sensiblement s’écarter de celles d’un état
gaussien, ainsi que le met particuliérement bien en évidence la fonction densité de
probabilité telle que, par définition :
Probabilité que: [u< fluctuation de vitesse
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