Négociation Commerciale
Négociation Commerciale
NEGOCIATION
COMMERCIALE
2020/2021
LP MFFI
PR : FATIHA MACHHOUR
SOMMAIRE
NEGOCIATION COMMERCIALE
Pr F. Machhour
CHAPITRE 1
NEGOCIATION COMMERCIALE
Pr F. Machhour
la stratégie du choc. Il s’agit d’établir un rapport de force violent avec
APPROCHE l’autre, le provoquer, tenter de s’imposer à lui. Il y a forcément un
FRONTALE gagnant et un perdant, et le risque est donc de perdre la mise si
l’adversaire se révèle le plus fort…
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APPROCHE est celle dont relève la négociation. C’est un exercice délicat qui consiste
LATERALE essentiellement à jouer de la « volonté » de l’autre (= ne pas vouloir,
l’inverse de la volonté) en détournant son psychisme. Le but est d’inciter
l’autre à l’inaction, paralyser ses facultés de raisonnement défensif pour
l’inviter insidieusement à se laisser guider, et l’amener là où l’on souhaite.
Tandis que dans la tradition stratégique chinoise, en prenant pour socle L’art de la
guerre de Sun Tzu, la meilleure des guerres est celle qui n’a pour ainsi dire même pas
besoin d’être menée – c’est-à-dire celle où l’ennemi déclare forfait avant même d’avoir
engagé le combat, s’avoue vaincu ou coopère – : « les armes sont des instruments de
mauvais augure et ne doivent être utilisées qu’en dernier ressort ».
L’art de la guerre selon Sun Tzu est fondé sur la duperie, la manipulation, non sur la
violence ou la puissance de feu. Peut-être pourrait-on même parler davantage d’un « art de
la paix » et non de la guerre, dans la mesure où l’approche latérale vise fondamentalement
à désamorcer un conflit en puissance, à éviter ou à contourner la violence ! …Alors que
l’approche frontale consiste précisément en l’éclatement de cette violence.
Le débat contradictoire impose une relation conflictuelle dont l’issue dépend d’un combat
presque «physique », des actions en force menées par les protagonistes. Au contraire,
l’essence de la négociation est l’action en finesse…
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II. SITUATION DE LA NEGOCIATION COMMERCIALE
Cet accord commercial porte différente appellations : acte de vente, affaire, commande,
contrat, marché, transaction, etc. Conclu entre les parties comprend toujours deux types
d’éléments :
la livraison d’un bien ou d’un service dans les conditions décidées lors de l’accord ;
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Intégrative ou Distributive ou les partenaires ont des
coopérative conflictuelle intérêts communs et
recherchent un accord
II existe une réelle II existe des tensions rationnel
coopération entre entre les parties pouvant Traiter séparément les
les partenaires. déboucher sur des questions de personnes et
affrontements. leurs divergences
Se recentrer sur les
intérêts en jeu
Rechercher des solutions
pour un bénéfice commun
Baser les résultats sur des 6
critères objectifs
LA CONNAISSANCE DE SOI ?
L’introspection est alors la meilleure arme. Elle permet de rester focalisé sur les pensées,
les sentiments et les valeurs qui motivent chacune de nos actions. C’est le plus
souvent pour formuler des choix importants que nous faisons appel à notre conscience
: un engagement (professionnel, financier), un changement de vie (déménagement,
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séparation, définition de nouveaux objectifs…), un évènement grave ou lourd de
conséquences (naissance, décès, licenciement…).
La connaissance de soi est alors le facteur qui traduit l’écart plus ou moins important (et
l’effet) entre différentes situations et le contrôle personnel dont on dispose : agissons-
nous en toute cohérence, en restant vrais envers nous-mêmes, ou sommes-nous
sujets à des pressions, des manipulations qui émaneraient de notre environnement ?
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LA CONNAISSANCE DE SOI, LE MUSCLE DU BONHEUR?
Bien sûr, pour plus d’efficacité, il faudra adopter un esprit critique qui permettra 8
d’identifier les mauvais réflexes ou mauvaises habitudes qui parasitent encore la
matérialisation du bonheur. En réalité, la connaissance de soi est un
processus lent, quotidien, naturel.
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Les 3 niveaux de profondeur se comparent bien à la descente dans une mine. Il faut
toujours respecter le rythme de la personne. Il faut être patient et surtout y investir le
temps nécessaire. L’ordre des niveaux est linéaire (on ne peut pas commencer par le
niveau 3).
LA TYPOLOGIE DE LA CLIENTELE
La manière de mener la négociation commerciale n’est pas la même pour tous les types de
clientèles. La personnalité du client oriente la stratégie à adopter. C’est pourquoi, il est
judicieux, de pouvoir apprécier les réactions d’un individu dans une situation de contact, dès
le début de l’entretien, même si chaque individu est un cas unique par certains aspects.
Déceler rapidement la personnalité de son interlocuteur est le souhait de tout
négociateur. Aussi ne faut-il pas s’étonner de la multiplicité de techniques
scientifiques qui sont proposées aux entreprises. Il en va ainsi, par exemple, des
techniques de morphopsychologie. Leur séduction est dangereuse, car elles
conduisent au simplisme et à la caricature. Par contre, la capacité d’attention et
d’écoute ainsi que la connaissance des composants du caractère et des types de la
personnalité sont des moyens très utiles. Dans la classification proposée par Jan-l
Wage, deux extrêmes de personnes existent (voir schéma ci-après)
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subjectif
physique mince
NEGOCIATION COMMERCIALE faire une
argumentation
Pr F. Machhour originale (c'est un
imaginatif
cérébral)
impatient
Irritable
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Remarque : il ne s'agit que de types extrêmes, la plupart des individus présentent des
caractéristiques pouvant appartenir à plusieurs types
EXTRAVERTI-DOMINANT INTROVERTI-DOMINANT
SOLIDAIRE-EXTRAVERTI SOLIDAIRE-INTROVERTI
Homme d'affaires rusé caché derrière N'a pas d’assurance, indécis, craint la
l'image du bon vivant décision
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COMPORTEMENT DU COMMERCIAL
lui faire jouer le rôle du « père » tel que décrit gagner sa sympathie et sa confiance
en analyse transactionnelle : ce sera un père au
mauvais caractère, prodigue en conseil mais le conseiller objectivement 12
pas méchant
calmer sa grande insécurité intérieure
ne pas lui faire entière confiance lorsqu'il agir avec calme, Être patient
promet de tenir ses promesses
lui répéter les arguments, raisonner
il est nécessaire de le démasquer pour qu'il avec lui
soit sérieux et tienne parole
l'aider à prendre la décision
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Recherche
PRE-APPROCHE d’information
Prise de contact Connaître les freins, les
APPROCHE Champ de découverte attitudes, les motivations,
du prospect détecter le processus d’achat
Analyser la situation
Attirer l’attention, L’observation
EXPLORATION susciter l’intérêt Le questionnaire
L’écoute active
1 LA PRE-APPROCHE
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Le jeu de la négociation (quoique souvent sérieux) en est un durant lequel l'information est
incomplète et lorsque connue, n'est pas partagé en totalité.
S'il est vrai qu'il n'est pas viable de dévoiler tout son jeu, il en est de même pour l'autre
partie. À l'extrême, c'est-à-dire s'il n'y a distribution d'aucune information, il n'y a pas de
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négociation. Or, la question fondamentale est la suivante. Quel volume d'informations doit
idéalement être partagé et avec quel volume d'incertitude peut-on penser s'engager
efficacement dans une négociation.
En 1955, Joseph Luft et Harrington Ingahm, deux psychologues , ont élaboré un modèle
graphique de communication propre au partage de l'information. Ce modèle, baptisé la
fenêtre de Johari est particulièrement utile dans un contexte de négociation. Cet outil est
particulièrement utile dans une phase préparatoire des négociations.
56% 24%
14% 6%
Quoique les quatre zones de la fenêtre soient sujettes à varier selon le type de négociation
et le contexte, une règle de base est de planifier un partage commun de l'information de
l'ordre de 56%, ainsi qu'une rétention de l'information détenue de 14%.
Cette même règle de base stipule qu'il faut envisager travailler avec un adversaire pour
lequel la réserve de l'information devrait se situer autour du 24%.
Selon le modèle, il ne devrait idéalement pas exister plus de 6% d'inconnu de la part des
parties (100% - 56%,14%,24%).
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• Les informations axées sur le produit jouent plusieurs rôles. D'une part, la
bonne connaissance du produit est source d'enthousiasme et de motivation pour
celui qui le vend. D'autre part, la connaissance du produit permet de répondre
aux objections de toutes sortes et de le situer par rapport aux produits
concurrents.
Pour obtenir toutes ces informations," les sources documentaires sont multiples, 15
d'ordre interne et externe.
2 L'APPROCHE
La prise de contact, qu'elle soit en face à face ou par téléphone, représente l'ensemble des
manifestations physiques ou verbales qui doivent offrir, dés les premières secondes, une
perception favorable et confiante du vendeur et de sa firme. En règle générale, les 20
premières secondes, les 20 premiers mots, les 20 premiers regards, les 20 premiers gestes
déterminent l'impression réciproque des partenaires en présence.
avoir le sourire
être courtois
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3 L'EXPLORATION
Cette phase consiste à détecter les besoins et les mobiles d'achat. Elle représente entre
50% à 80% de la durée de l'entretien et s'appuie souvent sur des techniques dont les plus
fréquemment employées sont :
Au cours de l'étape de découverte des besoins, des motivations, des attitudes du prospect, le
vendeur doit passer par :
1 L'OBSERVATION
Les gestes, sourires, coups d'oeil, expressions du visage, ton de la voix considérés comme
un sonar, ils renseignent sur les expressions non verbales en cours d'entretien...
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2 LE QUESTIONNEMENT
Les questions doivent être précises, courtes et choisies. Afin de faciliter la réponse, il
ne faut poser qu'une question à la fois et faire précéder celle-ci par une phrase
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d'introduction de façon à préparer psychologiquement l'interlocuteur au
questionnement.
SILENCE !
Le silence, utilisé à bon escient et dans une juste proportion, incite l'interlocuteur à
parler. II faut aménager des plages de silence pour créer un désir de poursuite de
l'entretien, pour accentuer une impression d'émotion, d'enthousiasme et aussi pour
connaître et clarifier les informations. Il faut savoir que :
3. L'ECOUTE ACTIVE
Elle est constituée d'une attention sans faille aux propos et aux comportements du
prospect ou du client. Au cours de l'entretien, ce dernier vous informe par ses
attitudes verbales et non verbales de ses besoins, de ses motivations, de son état
d'esprit que seule une écoute active et sélective vous permet de percevoir et de
comprendre .Voici donc les 5 techniques de l’écoute active :
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2) En phase de proposition, mettre en œuvre tous les moyens pour faire apprécier au
client la valeur ajoutée, les bénéfices, à court et moyen terme, dérivant de l’usage du
produit. Sa réaction devrait être : « combien ça vaut ? ».
4) Surveiller les signes de « trahison » de votre prix : c’est-à-dire lorsque vos prix
commencent à baisser par rapport à la valeur de votre produit. 19
L'ATTITUDE
Il peut vous sembler que votre interlocuteur fasse preuve de réactions ou d'émotions exagérées ou tienne des
propos durs, injustes ou faux. Ne vous emportez pas. Restez calme et positif. Peut-être est-ce la manière
habituelle de se comporter de votre interlocuteur, mais il est également possible qu'il réagisse ainsi à cause d'une
mauvaise expérience passée, ou peut-être encore est-il sous pression. Ne prenez pas ses remarques pour une
attaque personnelle. Gardez votre sang-froid.
L'humeur de votre interlocuteur peut varier selon les circonstances, le sujet abordé, les bonnes ou mauvaises
nouvelles qu'il a appris dans la journée. Il peut être anxieux, en colère, hostile, ennuyé, satisfait, enthousiaste de
façon passagère ou permanente. Il est possible qu'une attitude agressive de la part de votre interlocuteur ne soit
provoqué que par le sujet de la conversation (c'est pour lui un sujet sensible qui fâche). Ou au contraire il peut
être d'un naturel colérique et se comporter de cette manière tout le temps et avec tout le monde. La plupart du
temps les réactions émotionnelles de votre interlocuteur n'ont rien à voir avec vous, ne les prenez donc pas
personnellement.
En résumé, soyez disposé à tout entendre et quoi qu'il arrive gardez votre calme et votre sang-froid.
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DETENDU ET RATIONNEL
Vous devez accepter de vous pouvoir perdre l'affaire. Vous devez pouvoir refuser l'affaire si elle ne correspond
pas à vos critères. Vous devez avoir une détermination ferme à l'obtenir et faire ce qu'il faut dans ce sens tout en
étant prêt et disposé à la perdre si elle est désavantageuse pour vous ou... votre client.
Une des meilleures façons de rester détendu et lucide est de ne pas dépendre d'un seul contrat. Si vous avez
une grande quantité d'affaires à signer, en perdre une ne vous causera pas de soucis. Donc faites de la
prospection, visitez vos clients, ayez un service marketing performants qui vous apporte de nombreuses
prospects, etc.
Si vous êtes trop en demande et si vous le montrez, il est probable que certains clients vont vous demander
davantage de concessions et de remises. Même si vous avez absolument besoin de faire cette vente, ne le 20
montrez jamais, restez le plus calme, détaché et rationnel possible.
AMICAL ET POSITIF
Ne faites jamais preuve d'agressivité. Vous êtes là pour trouver un terrain d'entente et vous n'en trouverez jamais
un en attaquant votre client potentiel. De même, désamorcez toute agressivité de sa part. L'une des meilleures
façons de le faire est de rester calme et positif. L'agressivité va glisser sur vous et disparaître car l'agressivité qui
ne rencontre pas d'opposition n'a rien pour s'alimenter et va finir par s'éteindre.
Tout au long de la négociation vous devez rester orienté client : qu'apportez-vous au client, quel est votre valeur
ajoutée, quels avantages allez-vous lui procurer, comment allez-vous lui permettre d'atteindre ses objectifs,
quelle est votre mission ?
Vous devriez le plus possible mettre en avant vos réalisations, votre savoir-faire, votre différence, vos avantages
et bénéfices. Vous pouvez proposer à votre client de visiter vos locaux, vos installations techniques ou
industrielles. Vous pouvez aussi lui proposer de visiter les locaux d'un client satisfait équipé d'une de vos
solutions.
Vous devriez vous efforcer de ne jamais rester uniquement sur l'aspect prix mais élargir le champ de la
négociation : mode et délais de livraison, délais de paiement, durée du contrat, SAV, maintenance, proposer un
offre qui couvre tous les besoins du client ou une offre pour laquelle il n'a à se préoccuper de rien car vous gérez
tout, etc. Vous pouvez être inventif. Votre client sera sûrement sensible à un offre 100% atypique mais totalement
sur mesure, votre mission sera alors de la vendre et de la faire valider chez vous en interne.
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Un accord gagnant-perdant est tout le temps voué à l'échec. Celui qui est perdant fera tout son possible pour
sortir du contrat : si c'est le fournisseur, il va s'efforcer de faire des économies d'une façon ou d'une autre et les
produits livrés seront alors de moindre qualité. Si c'est le client, à la fin du contrat c'est un client perdu sans parler
des tracas qu'il va vous créer pendant toute le durée du contrat.
Donc veillez à bien conclure un accord gagnant-gagnant afin de créer un partenariat sur le long terme (un client
satisfait est un client plus facile à garder et c'est un client à qui il est possible de vendre d'autres produits et
services).
Si la négociation bloque sur un point secondaire, proposez d'avancer et d'aborder ce point plus tard dans la
négociation. 21
Les concessions et remises sont un sujet important car elles influencent directement les marges de votre
entreprise. Pour bien gérer les remises l'étape de préparation est vitale : vous devez savoir jusqu'où vous pouvez
aller et vous devez avoir fait une simulation pour chaque situation afin de connaître les répercussions des
éventuelles concessions.
Il n'y a pas de règles concernant les demandes de concessions ou rabais. Parfois il faut rester ferme et ne pas
céder, parfois il faut demander une contrepartie et enfin parfois il est préférable de faire une concession ou
accorder un rabais sans contrepartie afin de conclure l'affaire. Vous devez évaluer la situation et décider de ce
qu'il faut faire. Afin d'y voir plus clair, voici quelques principes à connaître :
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Vous allez parfois avoir à faire à des acheteurs professionnels. Une des techniques des acheteurs est
de demander toujours plus jusqu'au point de résistance. C'est-à-dire qu'ils vont continuer à demander
plus jusqu'à ce que cela bloque. Ils savent alors qu'ils ont obtenu le meilleur prix possible. Mais attention
cette technique est dangereuse car un fournisseur dépendant d'un gros client peut être contraint
d'accepter des conditions inacceptables au regard de ses marges. Et vous pouvez être sûr qu'il ne
tiendra pas le cahier des charges, qu'il va chercher à faire des économies afin de préserver sa
rentabilité et cela se fera souvent au détriment de la qualité du produit. Certains grands constructeurs
automobiles sont réputés pour faire cela avec leurs sous-traitants et à la fin vous vous retrouvez avec la
cas Toyota qui a dû rappeler des millions de véhicules pour changer certaines pièces présentant des
défauts ou des risques. Dès que nous sortons d'un accord gagnant-gagnant, les problèmes
apparaissent. Vous deviez toujours sensibiliser l'acheteur à cet aspect des choses, trop demander est
dangereux pour la pérennité des relations et la qualité de la prestation.
En général vous devriez demander une contrepartie en échange d'une concession. Pour votre client un 22
certain aspect peut être plus important que les autres, si vous le pouvez vous devriez aller dans son
sens et lui accorder ce qu'il demande tout en lui demandant une contrepartie sur un autre aspect moins
important à ses yeux.
Si en fin de négociation, vous sentez que le client hésite sur un point, vous pouvez faire un geste pour
conclure l'affaire. Un geste n'est pas forcément une remise, cela peut être un service supplémentaire
offert ou autre chose. Vous pouvez aussi lui demander ce qu'il faudrait pour qu'il signe le bon de
commande maintenant.
LA PRESSION
La pression des objectifs et la pression du temps poussent à vouloir brusquer ou accélérer le processus de la
vente et de la négociation. Restez dans les règles de l'art, résistez à la pression de la hiérarchie et faites avancer
vos affaires selon ce que est pour vous la meilleure méthode et le meilleur timing.
C'est votre client, c'est vous qui le connaissez le mieux, c'est vous qui savez ce qu'il faut faire, c'est vous qui
savez comment faire avancer l'affaire au mieux. Ecoutez les conseils, considérez-les mais au final n'agissez que
selon ce que vous savez être le mieux.
Ne considérez pas une affaire comme signée tant qu'elle n'est pas signée et ne dites pas à votre direction ou à
qui que ce soit d'autre qu'une affaire est comme acquise tant qu'elle n'est pas signée, même si votre direction
vous demande du chiffre et des contrats. Plus vous aurez parlé d'une affaire à votre entourage, plus vous aurez
dit qu'elle avance bien, qu'elle est quasiment gagnée, plus vous serez dans l'impossibilité de la perdre et plus
l'acheteur va pouvoir obtenir de vous des remises et concessions qu'en temps normal vous n'aurez jamais
accordées.
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CHAPITRE 3
DYNAMIQUE DE LA CONTREPARTIE
Pour négocier efficacement, le professionnel expérimenté ne fait pas de concession sans
contrepartie. S’il est souvent plus confortable d’accepter une requête de la partie adverse 23
sans lui demander de compensation, c’est une attitude soumise qui compromet l’issue de la
négociation, qui désavantage le négociateur et qui provoque un rapport de force
déséquilibré.
Argumenter dans le but de persuader un client que son produit est meilleur ou que son offre
est plus compétitive ne relève pas de la négociation. C’est une démarche de vente pure,
sans réelle confrontation, où l’on tente de convaincre la partie adverse par un jeu
d’arguments et de contre-arguments.
Ainsi, par définition, la négociation est un échange de concessions qui permet d’aboutir à un
accord. Et qui dit échange, dit forcément contrepartie!
Pour les raisons suivantes, le commercial qui sait négocier efficacement ne fait pas de
concession sans contrepartie:
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La contrepartie est une barrière érigée face aux futures demandes. Après une
concession, demander une contrepartie évite une surenchère de “toujours plus”
provoquée par la partie adverse. C’est refuser d’entrer dans une spirale de
demandes non recevables et d’exceptions qui compromettront finalement l’accord
recherché par la négociation.
La contrepartie limite l’emprise (domination) de la partie adverse. La démarche
témoigne que nous ne sommes pas d’accord d’entrer dans un rapport de force
déséquilibré qui nous contraindrait à accepter n’importe quoi.
Par sa démarche de refuser toute concession non compensée, le commercial se
profile comme un négociateur de haut niveau. Il souligne ainsi son
professionnalisme, ses compétences et sa cohérence. Les deux parties souhaitent
conclure une affaire et seuls des professionnels compétents et engagés sont en
mesure d’arriver à un accord, idéalement gagnant-gagnant.
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LES RISQUES DE LA CO NCESSION SANS CONTREPARTIE
Dans la pratique, de nombreux motifs incitent le négociateur à faire des concessions sans
demander de compensations à la partie adverse. Ce sont généralement de mauvaises
raisons qui, de plus, risquent grandement de compromettre l’issue de la négociation.
Faire une concession sans contrepartie pour améliorer une situation déjà
tendue.
Faire une concession sans contrepartie pour conserver une bonne relation.
Ne pas demander de contrepartie pour s’accorder une trêve (cessation
temporaire d’un acte d’hostilité)
Faire une concession sans contrepartie pour conclure la négociation plus
rapidement.
Ce n’est qu’au prix d’une préparation minutieuse que le commercial peut négocier
efficacement et décider dans le feu de l’action quelle concession il est prêt à faire, dans quel
but et moyennant quelle contrepartie: combien coûte la concession, quel en est le bénéfice,
y a-t-il une raison stratégique de refuser, le cas échéant quelle est la contrepartie
envisageable, etc. Déjà dans la phase de préparation, le négociateur garde toujours à l’esprit
qu’il ne fera pas de concession sans contrepartie.
Une contrepartie même mineure est importante, quelle que soit la concession. Il faut
souligner qu’une demande insignifiante pour l’un peut avoir une grande importance pour
l’autre. Lorsque c’est judicieux, la créativité du commercial et son aisance à évoluer dans la
négociation lui permettront de demander une contrepartie notable pour lui bien qu’étant
accessoire pour la partie adverse.
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Les joueurs d’échecs connaissent bien le sacrifice, une manoeuvre tactique qui consiste à
sacrifier une pièce de moindre importance en vue d’obtenir un avantage ultérieur.
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CHAPITRE 4
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PREPARER EN AMONT
L’objectif est de faire en sorte que le moment venu, la conclusion de la vente apparaisse comme
naturelle. Pour cela vous devez penser à deux choses : Faire apparaître les objections avant la phase
finale de l’entretien et engager progressivement votre interlocuteur.
Pour augmenter ses chances de réussite il est également important de prendre l’initiative de la
conclusion au bon moment, c’est-à-dire quand le client est prêt à prendre sa décision. Ni trop tôt, ni
trop tard. Selon le type de vente que vous êtes en train de mener, et bien sûr selon la personnalité de
votre client, le bon moment peut apparaître très rapidement ou venir après plusieurs entretiens. Trois
indices permettent de le repérer :
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Il est coutume de dire que la vente commence réellement quand le client dit « non »…
Eh bien si le client repousse votre offre, il vient en fait de repousser votre « première offre », rien de
plus. Si vous avez des enfants prenez exemple sur eux. Contrairement aux adultes, ils hésitent
rarement à insister et cette méthode est souvent efficace. Alors, fixez-vous au moins comme objectif
de traiter trois refus successifs. Vous verrez qu’il est difficile de dire « non » plusieurs fois de suite…
surtout face à quelqu’un comme vous, enthousiaste et confiant dans la qualité de son offre.
Quelles que soient vos techniques, c’est avant tout la cohérence entre vos propos et votre attitude qui
convaincra votre client.
s’arrête pas là. Sachez d’ailleurs que fidéliser un client est 6 fois moins cher que l’acquisition de nouveaux clients, sans parler des
avantages que peuvent vous apporter ces clients fidèles : tout simplement une nouvelle clientèle !
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