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Exposé Micro NEW

Ce document présente les nouvelles théories de la croissance économique, notamment le capital humain, le progrès technique et la productivité totale des facteurs. Il analyse également leur application au miracle économique de l'Asie de l'Est et leur amélioration potentielle en Afrique, comme en Côte d'Ivoire.

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Exposé Micro NEW

Ce document présente les nouvelles théories de la croissance économique, notamment le capital humain, le progrès technique et la productivité totale des facteurs. Il analyse également leur application au miracle économique de l'Asie de l'Est et leur amélioration potentielle en Afrique, comme en Côte d'Ivoire.

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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE


SCIENCES ECONOMIQUE ET DE GESTION

MACROECONOMIE DU DEVELOPPEMENT 1

LES NOUVELLES THEORIES


DE LA CROISSANCE

PROFESSEUR : ARSENE KOUADIO

MEMBRES DU GROUPE :

-BOHOUSSOU AMLAN DORINE EPIPHANIE


VERONICA

-KOUADIO MARIUS

-GLE BANH DORGELESSE


SOMMAIRE
INTRODUCTION……………………………………………………………………………………………2

I-CAPITAL HUMAIN………………………………………………………………………………………4

I.1-CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE…………………………………………….……….5

II-PROGRES TECHNIQUE A NOUVEAU …………………………………………………………6

II.1-PROGRES TECHNOLOGIQUES ET DECISIONS HUMAINES …………………..8

II.2-MODELE DE PROGRES TECHNIQUE DELIBERE…………………………………….10

II.3-EXTERNALITES, PROGRES TECHNIQUE ET CROISSANCE……………………..14

II.3.1-COMPLEMENTARITE…………………………………………………………………18

II.4-PRODUCTIVITE TOTALE DES FACTEURS (PTF)……………….…………………..21

III-PRODUCTIVITE TOTALE DES FACTEURS ET MIRACLE EST-ASIATIQUE………23

IV-AMELIORATION DE CES FACTEURS DE CROISSANCE EN AFRIQUE : CAS DE LA

COTE D’IVOIRE…………………………………………………………………………………………..29

CONCLUSION……………………………………………………………………………………………..33

1
Introduction
Les nouvelles théories de la croissance puisent une large
part de leurs idées dans les courants plus anciens de la
pensée économique tels que : les classiques, les keynésiens et
les néoclassiques. C’est ainsi que dans la pensée
néoclassique, le modèle de Solow stipule que l’entreprise
combine le capital et le travail pour produire des biens, c’est-
à-dire dans une économie les agents économiques sont basés
sur le capital et le travail pour accroitre leur économie. Elle
utilise les revenus des ménages pour investir dans la
production.

Mais les nouvelles théories de la croissance ont renouvelé


la vision du long terme des économistes alors que la
croissance de longue période était auparavant envisagée
comme indépendante des agents économiques, aujourd’hui
la croissance endogène permet de l’envisager comme une
résultante de leurs décisions d’épargne et de
l’investissement. Ainsi les pays qui sont d’autant plus riches
accumulent du capital physique, consacrent leurs temps à
l’éducation et au progrès technique. L’hypothèse à l’origine
2
d’une telle interprétation de la "croissance endogène" est
que l’introduction de rendements croissants pour les facteurs
accumulables, évite le blocage de la croissance par habitant.

Bien que le modèle de Solow corrige certaines des


corrélations prévues, comment concilier les énormes
différences observées dans le revenu par habitant avec les
prévisions plus modestes du modèle ?

Peut-on se satisfaire d’une théorie qui ne prend en compte


que les différences de paramètres clés sans expliquer ces
différences ?

De plus est-il raisonnable de supposer que les nouvelles


technologies, une fois découvertes, circulent facilement d’un
pays à l’autre ? Quelles sont les conséquences de l’abandon
de cette hypothèse ?

Enfin, le capital et le travail, ainsi que le flux fluide et sans


entrave des connaissances techniques, racontent-ils toute
l’histoire de la production économique ?

Et quelles en sont les améliorations pour l’Afrique en


générale et en particulier pour la Cote d’Ivoire ?

3
Au cours de notre exposé nous analyserons les théories de
croissance qui se sont développées à la suite du modèle de
Solow et qui se proposent d’expliquer comment l’économie
génère de façon endogène la croissance en mettant en avant
les différents facteurs de croissance tels que: le capital
humain, le progrès technique et les externalités sans
toutefois oublier d’évoquer le miracle du Sud-Asiatique et
enfin les améliorations qui en découlent pour l’Afrique en
général et en particulier la Cote d’Ivoire.

I-CAPITAL HUMAIN

La théorie du capital humain contribue à expliquer la


croissance économique et la formation des rémunérations
individuelles. Elle suppose que les individus peuvent
améliorer leur productivité par des actes volontaire
d’investissements dans l’éducation et la formation.

Le capital humain conditionne des domaines variés de la vie


quotidienne des individus, ce qui induit que le capital humain
est au cœur des politiques publiques menées dans les pays
4
développés et de plus en plus dans les pays en voie de
développement. Les politiques relatives à la famille mais aussi
à l’aide sociale et à la santé ont une influence déterminante
dans l’acquisition du capital humain. Néanmoins l’éducation
n’en reste pas moins le pivot de la formation du capital
humain.

Le capital humain peut se déprécier si les compétences


acquises ne sont pas maintenues en bon état par un usage
régulier. De ce point vu le chômage de long terme et le
chômage des jeunes peuvent conduire à une dégradation des
connaissances des compétences.

I.1-CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE

Jusqu’à présent, nous avons considéré le travail comme un


seul intrant de production, augmenté, peut-être, par le
rythme du progrès technique. Les pays riches ont non
seulement accès à un stock important de capital physique,
mais en investissant temps et argent dans l’éducation, il est
également possible pour ces pays de produire un stock
important de capital humain : une main d’œuvre qualifiée
dans la production, une main d’œuvre capable de faire

5
fonctionner des machines sophistiquées, une main d’œuvre
capable de créer de nouvelles idées et de nouvelles
méthodes dans le domaine de l’activité économique. Il est
important de comparer cette forme de travail avec le travail
non qualifié.

L’idée de base est simple. Augmenter le modèle de Solow en


permettant aux individus d’épargner sous deux formes
distinctes. Jusqu’à présent, toute l’épargne était convertie en
avoirs en capital physique (ou des droits sur le produit de ce
capital), mais les ménages peuvent aussi "épargner" en
investissant dans l’éducation, ce qui augmente la valeur
marchande du travail qu’ils fournissent dans l’avenir.

II-PROGRES TECHNIQUE A NOUVEAU

Le progrès technique représente l’ensemble des innovations


qui entrainent une transformation des moyens et méthodes
de production des produits et des marchés. Il contribue au
gain de productivité avec la mise en place de processus de
production innovants. Le progrès se décline souvent par
l’accentuation de l’automatisation de l’information et de la
communication. Il s’appuie sur des innovations majeures tels

6
que : le chemin de fer ou l’automobile pour confirmer que les
avancées ont joué un rôle important dans la croissance. De
plus durant les cinquante dernières années, le progrès a eu
deux caractéristiques nouvelles : une accélération de l’entrée
des innovations scientifiques les plus complexes (téléphonie,
image numérique, application médicale) dans la vie
quotidienne et une extension des applications de ce progrès à
toutes les couches de la société.
Rappelons que dans le modèle Solow, toute croissance à long
terme par habitant est tirée par le progrès technique, c’est-à-
dire le rythme auquel la productivité des facteurs de
production augmente. Dans le modèle de croissance
endogène avec capital humain, ou même dans le modèle
Harrow-Domar, il existe d’autres sources de croissance,
comme l’épargne et accumulation de capital humain.

Notons cependant que dès que l’on montre l’existence d’un


facteur fixe de production, comme la main d’œuvre non
qualifiée ou la terre, et que l’on montre que la production est
un rendement d’échelle constant dans l’ensemble des
facteurs, la croissance soutenue devient difficile à expliquer
sans l’existence d’une augmentation continue de l’ensemble
7
des connaissances c’est-à-dire dans la manière de rassembler
les intrants pour produire les résultats. En présence d’un
facteur fixe (par exemple, la population comme source de
main d’œuvre non qualifiée), les rendements décroissants
sont établis, si l’ampleur par habitant des facteurs accumulés
devient trop élevée par rapport au facteur fixe. Ainsi des
rendements constants permettent une croissance
"endogène", alors que les théories qui montrent des
rendements décroissants (en raison d’un facteur de
production non accumulable) doivent en fin de compte
s’appuyer sur le progrès technique pour générer la
croissance.

II.1- PROGRES TECHNOLOGIQUE ET DECISIONS


HUMAINES

Le progrès technologique ne se fait pas en vase clos. Il y a de


nombreuses années, de telles avancées étaient le résultat
d’une intuition spontanée ou de travail solitaire d’individus. Il
est caractéristique de l’histoire récente que la recherche et le
développement sont effectués par des entreprises, qui
détournent délibérément des ressources des bénéfices

8
actuels dans l’espoir de bénéfices futurs. La R&D (Recherche
et Développement) est un mot courant, et nous constatons
qu’un grand nombre de scientifiques de chercheurs sont
engagés par les entreprises dans le but exprès d’accroitre la
productivité économique par la création de nouvelles
méthodes de production. Dans de nombreux pays, le secteur
public encourage la recherche. Le progrès technologique se
fait également sur le lieu de travail, sous forme
d’apprentissage par l’action. Les progrès technologiques dans
certains secteurs de l’économie peuvent déclencher des
progrès dans d’autres ou jeter des bases de nouvelles
découvertes ailleurs.

D’abord, il y a les gains de connaissances qui sont créés par le


détournement délibéré de ressources de l’activité productive
actuelle, dans l’espoir qu’ils se traduiront par une production
rentable dans l’avenir. Ces innovations peuvent prendre la
forme de l’introduction de nouveaux produits destinés à la
production ou à la consommation (innovation de produit) ou
l’introduction de nouvelles méthodes pour la production ou
la distribution d’un produit existant (innovation de procédé).
Mais l’innovation c’est-à-dire l’application des connaissances
9
scientifiques à la création de technologies plus productives
dans l’intérêt du profit économique, disparaitrait largement
de la surface de la terre.

Ensuite, il y a le transfert de connaissances techniques de


l’entreprise innovatrice, ou d’un noyau d’entreprises
innovatrices, au reste du monde. Cette diffusion, à son tour,
peut être connu de "l’extérieur", qui peut alors en profiter
directement, ou la nouvelle technologie peut jeter les bases
d’une autre activité d’innovation, pas nécessairement par la
personne ou l’organisation qui a réalisé l’innovation originale.
Son effet immédiat, bien sûr, est de rendre une nouvelle
innovation largement disponible, suggérant ainsi qu’un taux
de diffusion plus rapide est propice au progrès technique. De
tels transferts, ou "externalités", pourraient ralentir le rythme
du progrès technique "délibéré". Le processus de diffusion
(de la connaissance) pourrait lui-même stimuler davantage
l’innovation, car les leaders technologiques luttent pour
rester à la hauteur de la concurrence de leurs concurrents qui
s’intéressent à des technologies légèrement plus anciennes.

10
II. 2-UN MODELE DE PROGRES TECHNIQUE
DELIBERE

Voici un premier passage à la construction d’un modèle


simple de progrès technologique délibéré, à l’instar de
ROMER 1990. Nous supposons qu’une économie a un stock
de capital humain donné. Le capital humain peut être
consacré à la production (de produits finis) ou peut être
utilisé dans un secteur de la recherche qui produit du
"savoir".

Peut- être que la plus grande variété de machines disponible


augmente la productivité. Selon ce point de vue, aucune
machine n’est plus productive que toute autre, mais la
possibilité de disperser la production entre différentes
variétés est en soi propice à la production. Il est assez facile
de produire une unité de chaque machine existante en
utilisant une unité de "capital", ou une sortie perdue. Cette
description simplifiée nous permet de considérer la quantité
du capital comme le stock total de ces machines, alors que
l’état des connaissances technique est donné par la
productivité globale.

11
Dans le secteur de la connaissance, l’état actuel des
connaissances, ainsi que la quantité de capital humain mis à
contribution en R&D, se combinent pour produire de
nouvelles connaissances.

Cette structure est très similaire au modèle de Solow. Le


progrès technique se produit par un taux donné. Le stock de
capital humain dans l’économie et son degré d’utilisation
dans la R&D affectent le taux de progrès technique. Le stock
de capital humain est capable de représenter des effets de
croissance dans certaines situations.

Dans le modèle actuel, le capital humain utilise directement


une activité productive, il existe donc un compromis entre la
production "aujourd’hui" et une technologie meilleure
"demain". Le choix d’une société par une société dépend d’un
ensemble complexe de facteurs. Un gouvernement
bienveillant pourrait choisir de maximiser certaines notions
de bien-être social, dans l’espoir de tirer partie des avantages
de la production future. Le degré d’appropriation de la
technologie par le biais de la protection par brevet et le taux
de diffusion des connaissances à des tiers deviennent des

12
facteurs importants. Toutefois, il reste que les innovateurs
doivent conserver certains droits sur des bénéfices étendus
de leur innovation, non pas en tant que prorogative morale,
mais en tant que pratique.

Il s’ensuit que la théorie la plus simple du progrès


technologique doit s’écarter du monde de la concurrence
parfaite, car un plan, une fois acquis, ne coûte presque rien à
reproduire. Ainsi, la concurrence parfaite implique que les
nouvelles connaissances librement disponibles sont diffusées
sans couts, mais de nouvelles connaissances générant un
profit économique ne seraient pas produites. Il s’ensuit que
les théories qui reposent sur une allocation délibérée de
ressources à la R&D doivent permettre un pouvoir
monopolistique, même temporaire.

II.3- EXTERNALITES, PROGRES TECHNIQUE ET


CROISSANCE

Les externalités technologiques proprement dites sont les


dépenses de recherche-développement assurées par une
entreprise qui accroissent non seulement sa productivité,
mais également celle des autres entreprises, une autre forme

13
d’externalités se réfère à l’intensification de la concurrence à
laquelle conduisent les efforts d’innovation fournies par les
firmes rivales c’est-à-dire lorsque les concurrentes d’une
entreprise investissent en recherche-développement, elles
sont susceptibles de lui prendre des parts de marché et ainsi
réduire son profit.

Le modèle de progrès technique se concentre sur les


"externalités" générées par des actions d’accumulation de
capital individuelle ou de R&D.

Le terme "externalités" est utilisé pour souligner le fait que


ces avantages ne peuvent pas être totalement "internalisés"
par l’industriel en tant que bénéfice supplémentaire.

Les externalités sont une caractéristique omniprésente de la


vie économique. On observe que les actes de recherche-
développement et d’accumulation de capital (à la fois
physique et humain) ont des effets significatifs variés sur
d’autres agents économiques. Au niveau individuel, les
externalités peuvent être négative. Par exemples, une
nouvelle découverte technologique peut anéantir le pouvoir
économique d’un brevet existant et infliger des pertes au

14
titulaire du brevet. Même à un niveau mondial, il existe des
possibilités épouvantables (pensez à la physique nucléaire et
à certains de ces implications), mais seul un individu
extrêmement pessimiste dira qu’en moyenne, les externalités
de l’accumulation de capital, ainsi que du progrès
technologique, n’ont pas été massivement positifs.

Pour capturer cette notion dans un modèle, considérons un


cadre très simple dans lequel la production à lieu avec un
capital physique et du travail (une spécification au même titre
que le modèle de Solow). Nous sommes maintenant dans une
optique positive pour comprendre comment les externalités
affectent les décisions d’accumulation. Supposons d’abord
que toutes les entreprises de l’économie soient dirigées par
un planificateur bienveillant.

La planificatrice a ensuite effectivement intégré l'externalité,


car elle valorise l'investissement en capital de l'une
quelconque de ses entreprises sur la productivité globale de
ses autres entreprises. Comparez ce scénario au cas où les
entreprises appartiennent toutes séparément. Dans cette
situation, aucune entreprise ne valorise les externalités

15
positives qu'elle a sur d'autres entreprises, car il est
impossible d'extraire ces avantages de bénéfices plus
importants.

La comparaison qui précède aboutit à l'observation


suivante : en présence d'externalités positives (ou plus
précisément de complémentarités), les entreprises ont
tendance à sous-investir dans l'accumulation de capital par
rapport à ce qui est considéré comme optimal par un
planificateur bienveillant. Cela tient simplement au fait que
les avantages marginaux privés découlant de l'investissement
sont inférieurs aux avantages marginaux sociaux, ce qui est
une autre façon de dire qu'il existe des externalités positives
marginales.

II.3.1-Complémentarité

Un type particulier d’externalité, qui peut coexister avec des


effets à la fois positifs et négatifs, n’est pas lié au niveau
d’utilité que les autres ressentent lorsqu’une action est prise,
mais au classement de leurs alternatives. C’est la notion de
complémentarité.

16
Imaginez le fait qu'une seule personne prenne une
mesure augmentant les incitations à demander à une autre
de prendre la même action (ou une action similaire). Ainsi,
ma décision et votre décision d’accumuler davantage de
capital sont complémentaires en ce sens qu’une plus grande
accumulation de capital de ma part vous incite également à le
[Link] complémentarité se réfère à une préférence relative
accrue que les autres éprouvent pour choisir des actions
similaires parce que vous avez agi de manière particulière.
Certes, les complémentarités appartiennent à la classe
générale des externalités (tout comme les externalités
positives et négatives).

Mais L’existence d’équilibres multiples en présence de


complémentarités est un sujet récurrent à plusieurs reprises
que nous

II.4-LA PRODUCTIVITE TOTALE DES FACTEURS


Jusqu'ici, nous avons étudié les progrès techniques sous
différents angles conceptuels. Il est également important de
réfléchir à la manière dont nous pouvons mesurer ces
progrès. Dans cette section, nous présentons le concept de

17
productivité totale des facteurs en tant que mesure du
progrès technique et expliquons pourquoi une mesure
précise de ce concept est utile dans la pratique.
La notion de stock de capital agrégé, et même de force de
travail agrégée, peut être utile dans un exposé théorique,
mais dans la pratique, il peut être nécessaire d'agréger des
stocks de capital qui croissent à des taux différents. Cela peut
être fait en exprimant la croissance du capital agrégée sous
forme de somme pondérée de différents sous-groupes de
capital, de la même manière que nous exprimons la
croissance de la production globale en tant que somme
pondérée de capital et de travail. En nous concentrant,
comme nous l’avons déjà fait, sur l’importance de
l’accumulation de capital humain, nous pouvons facilement
voir à quel point il est important de corriger les modifications
de la qualité de la main-d’œuvre lorsque nous mesurons la
croissance de l’intrant travail. Des corrections peuvent être
apportées si nous avons une idée des proportions de la
population à différents stades de l’éducation.

18
Enfin, la méthodologie pose problème si les facteurs de
production ne reçoivent pas leur produit marginal ou si la
fonction de production n’est pas un rendement constant.

III-PRODUCTIVITE TOTALE DES FACTEURS ET MIRACLE EST-


ASIATIQUE

Nous avons déjà mentionné les taux de croissance


économique spectaculaires de l'Asie de l'Est depuis 1965. Au
cours de la période 1965-1990, la région a connu une
croissance plus rapide que toute autre région de l'histoire du
monde. Cette croissance est due en grande partie aux
performances remarquables de huit économies : le Japon,
Hong Kong, la Corée, Taiwan et Singapour à l'est, ainsi que de
trois pays de l'Asie du Sud-Est, l'Indonésie, la Thaïlande et la
Malaisie. Les économistes se sont tournés vers ces pays pour
trouver des indices susceptibles d’expliquer leurs succès, qui
pourraient peut-être être transplantés ailleurs avec un effet
similaire.

Un des problèmes est de comprendre les sources de


croissance de ces pays. Sur la base des nombreuses théories
que nous avons étudiées, nous pouvons attribuer une forte

19
croissance à un ou plusieurs des facteurs suivants : parmi
ceux-ci, le plus important est l’accumulation de capital, tant
physique qu’humain, et le rythme des progrès techniques.

Ces huit économies ont fait d'énormes progrès dans


l'accumulation de capital physique et humain. Les taux
d'épargne dans ces pays (à l'exclusion du Japon) étaient
inférieurs à ceux de l'Amérique latine en 1965, mais en 1990,
ils dépassaient de près de 20 points de pourcentage par
rapport à l'Amérique latine. Les taux d'investissement sont
plus élevés que la moyenne dans l'économie mondiale, mais
pas de façon remarquable, même si l'investissement privé est
nettement plus élevé. Ces pays sont des exportateurs nets de
capitaux, contrairement à la plupart des autres économies en
développement. Tout porte à croire que les niveaux de
capital humain sont très élevés par rapport aux niveaux de
revenu par habitant. En 1965, Hong Kong, la Corée et
Singapour avaient déjà atteint l'enseignement primaire
universel et les taux de scolarisation dans le secondaire ont
rapidement commencé à augmenter. En 1987, la Corée
affichait un taux de scolarisation dans l’enseignement
secondaire de 88% (35% en 1965) et celui de l’Indonésie à
20
46%, soit bien au-dessus de la moyenne des pays au niveau
du revenu par habitant. (La Thaïlande était toutefois
inférieure à la moyenne prévue.) Les dépenses réelles par
élève ont également augmenté de manière significative. Ainsi
la relation entre les exportations et la croissance de la
productivité peut plutôt découler du rôle que jouent les
exportations pour aider les économies à adopter et maîtriser
les technologies internationales les plus performantes. Les
niveaux élevés de compétences cognitives sur le marché du
travail permettent une meilleure adoption, adaptation et
maîtrise des technologies au niveau de l'entreprise Ainsi, les
exportations et le capital humain interagissent pour
constituer une phase particulièrement rapide de rattrapage
fondé sur la productivité.

Maintenant, il est important que les décideurs politiques


sachent exactement ce qui est au cœur du miracle de l’Asie
de l’Est. Si l'essentiel de la croissance provient de
l'accumulation de capital physique et humain, nous
aboutissons à une sorte de conclusion : les politiques visant
ces variables peuvent avoir des effets énormes sur la
croissance. D'un autre côté, si la croissance de la PTF est au
21
cœur de la croissance globale, nous sommes alors conduits à
un ensemble de politiques favorisant les secteurs propices à
l'assimilation de la technologie.

Selon l'étude de la Banque mondiale, environ les deux tiers


de la croissance observée dans ces économies peuvent être
attribués à l'accumulation de capital physique et humain, et
l'éducation primaire est le facteur qui contribue le plus à ces
facteurs. La croissance restante provient de la croissance de
la PTF. C'est notamment le cas du Japon, de la Corée, de Hong
Kong, de la Thaïlande et de Taiwan. Une des conclusions
principales est résumée dans la citation précédente.

Ce type d’étude est très utile, car elle nous indique sur
quoi nous concentrer. Il semble que les pays d’Asie de l’Est se
soient développés rapidement, mais à l’ancienne, grâce à un
processus extraordinaire d’amélioration de la main-d’œuvre
et à une accumulation durable de capital.

IV-L’AMELIORATON DE CES FACTEURS DE CROISSANCE EN


AFRIQUE : CAS DE LA COTE D’IVOIRE

Pour réussir et maintenir sa bonne trajectoire de croissance,


l’économie ivoirienne doit s’ouvrir davantage à l’extérieur,
22
tout en élargissant les compétences de sa main-d’œuvre et
en augmentant la connectivité, afin de mener une stratégie
de rattrapage technologique réussi. Prenant exemple sur
l’émergence économique des pays d’Asie de l’Est, ce dernier
a insisté sur l’importance de l’innovation, une "stratégie qui
est déjà à l’origine du succès des transferts d’argent par
téléphonie mobile et de leur expansion actuelle sur tout le
continent" et qui "aiderait les entreprises ivoiriennes à être
plus compétitives et à créer des emplois productifs pour une
main-d’œuvre en expansion rapide.

Parmi les recommandations de la Banque mondiale, le


renforcement du secteur privé fait précisément partie des
priorités du gouvernement Ouattara, qui prévoit de mettre
prochainement en place un nouveau dispositif fiscal afin de
favoriser la croissance des entreprises nationales et
d’encourager les investissements publics et privés en
provenance de l’étranger.

Pour concrétiser l’émergence de la Côte d’Ivoire, les autorités


ivoiriennes s’appuient également sur le développement des
infrastructures. À Abidjan, capitale économique du pays, les

23
chantiers se succèdent : livraison du pont Henri Konan Bédié
en 2015 ; prolongement en cours de l’autoroute du Nord,
elle-même construite en 2013 ; travaux d’aménagement de la
baie de Cocody ; ou encore construction d’un métro qui
devrait voir le jour en 2022.

Les résultats de l’indice du capital humain pour l’Afrique sont


préoccupants : 25 des 30 pays situés en bas du classement se
situent dans cette région du monde. Les systèmes éducatifs
africains sont en crise, avec environ 50 millions d’enfants non
scolarisés, des taux d’achèvement faibles et des acquis
scolaires médiocres. La situation sanitaire n’est guère
meilleure : près d’un tiers des enfants souffrent d’un retard
de croissance, ce qui signifie qu’ils ne s’épanouiront pas
pleinement sur le plan physique et intellectuel. Enfin, un trop
grand nombre de pauvres ne bénéficient d’aucun programme
de protection sociale ou d’aide par le travail et sont ainsi
livrés à eux-mêmes en cas de crise.

Ces constats dramatiques n’ont rien d’inéluctable. En se


fixant l’objectif ambitieux d’assurer à long terme une
instruction complète à sa population et de la maintenir en

24
bonne santé autrement dit, en visant le haut du classement
de l’indice, l’Afrique pourrait afficher un PIB par habitant 2,5
fois supérieur à son niveau actuel. Les investissements dans la
santé, l’éducation et la protection sociale en Afrique offrent
donc un rendement considérable et doivent être une priorité
absolue.

Mais investir dans l’éducation ne se résume pas à construire


plus d’écoles. Il faut déployer des programmes de
développement de la petite enfance, renforcer les
programmes scolaires pour les adapter à l’économie
moderne, en y introduisant notamment l’acquisition de
compétences non techniques comme la résolution de
problèmes, et permettre aux enseignants d’être plus
efficaces. Quant aux établissements scolaires, ils doivent être
davantage responsabilisés sur leurs objectifs éducatifs et les
acquis des élèves. En matière de santé, il s’agira d’améliorer
les systèmes de santé publique et d’attacher une importance
accrue à la santé maternelle et infantile, à la nutrition et à la
santé de la reproduction. D’où un constat récent dans un
hôpital de Bingerville, une banlieue pauvre d’Abidjan, en Côte
d’Ivoire, on n’a constaté l’effet de réformes simples sur la
25
mortalité maternelle et les retards de croissance. Ainsi le
gouvernement ivoirien doit prendre des mesures dont la
première est de conditionner l’octroi de ressources
financières supplémentaires à des résultats spécifiques ; une
autre mesure est la mise en place d’une structure
transparente de supervision et de gestion tenant compte des
intérêts des médecins, des usagers des pouvoirs publics.

CONCLUSION

Les nouvelles théories de la croissance ont une certaine


ressemblance structurelle avec les anciennes théories, mais
elles diffèrent considérablement dans leurs hypothèses sous-
jacentes et les conclusions tirées. Les différences théoriques
les plus significatives découlent du rejet de l’hypothèse selon
laquelle les rendements marginaux des investissements en
capital sont décroissants, ce qui permet d’augmenter les
rendements à l’échelle dans la production agrégée et de se
concentrer sur le rôle des externalités dans la détermination
du taux de rendement des investissements. En supposant que
les investissements publics et privés dans le capital humain
génèrent des économies externes et des gains de productivité

26
qui compensent la tendance naturelle à la baisse des
rendements, les nouvelles théories de la croissance cherche à
expliquer l’existence de rendements croissants et les
tendances divergentes à long terme. De plus la technologie
joue un rôle important dans ces nouvelles théories.
Cependant nous constatons des problèmes de
complémentarité et des défaillances de coordination.

27

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