Mécanique de la Rupture : Concepts Clés
Mécanique de la Rupture : Concepts Clés
Généralités sur la
Mécanique de la rupture
I- Historique..................................................................................................................................................................................1
II- Mécanique de la rupture...........................................................................................................................................................3
II.1 Modes de rupture................................................................................................................................................................3
II.2 Fissures statiques, quasi-statiques, dynamiques.................................................................................................................3
II.2.1 Critères d’amorçage.................................................................................................................................................4
II.2.2 Critères de bifurcation.............................................................................................................................................5
II.2. 3 Critères de stabilité.................................................................................................................................................6
II.3 Mécanique linéaire, et non-linéaire de la rupture...............................................................................................................8
II.3.1 Etude d’un milieu élastique fissuré.........................................................................................................................8
II.4 Les essais mécaniques........................................................................................................................................................9
II.4.1 Essai de traction simple.........................................................................................................................................10
II.5 Les facteurs de la rupture..................................................................................................................................................11
II.5.1 Facteurs d’intensité des contraintes.......................................................................................................................11
II.5.1.1 Matériaux isotropes............................................................................................................................................12
II.[Link] Cas d’une géométrie infinie :........................................................................................................................12
II.[Link] Cas d’une géométrie finie :............................................................................................................................12
Conclusion :.................................................................................................................................................................................12
I- Historique
Grâce aux progrès réalisés dans le domaine de la mise en forme des métaux durant les
trois derniers siècles, le fer et l'acier ont progressivement remplacé le bois et le ciment comme
matériaux structuraux de base. Malgré leurs hautes caractéristiques, les structures réalisées à
partir de ces matériaux ont connu des accidents importants dès le milieu du 19ème siècle.
L’origine de ces accidents était la rupture inattendue de composants critiques de ces
structures.
L’un des premiers incidents enregistré sur une structure importante fut la rupture d’une
chaîne du pont suspendu Montrose en Mars 1830 en Grande Bretagne. Depuis, il y a eu un
nombre important d’effondrements de ponts, dont le King’s Bridge à Melbourne (1962) ou
encore le Point Pleasant Bridge en Virginie (1967). Les accidents ferroviaires dus à une
rupture brutale des essieux, des roues ou encore des rails ont également été très nombreux.
Si Griffith est souvent cité comme le premier chercheur à avoir introduit la mécanique
de la rupture (en tant que science), ces travaux restent basés sur des études antérieures. On
peut notamment citer l’article de Wieghardt, paru en 1907 et traduit en anglais [Wieghardt
1995]
[1], dans lequel l’existence de la singularité du champ des contraintes en pointe de fissure dans
un matériau élastique linéaire fut reconnue.
A partir de ces résultats, Griffith [Griffith 1920] [1] s’est intéressé en 1920 au
problème de la rupture, dans un milieu élastique fissuré, d’un point de vue énergétique. Il a
ainsi mis en évidence une variable (appelée plus tard taux de restitution d’énergie)
caractérisant la rupture, et dont la valeur critique est une caractéristique du matériau. Vinrent
ensuite les premiers développements théoriques d’analyse des champs de contraintes et de
1
déformations au voisinage d’une fissure en élasticité. Ces études, menées notamment par
Sneddon en 1946 [Sneddon 1946], puis Irwin [Irwin 1957] [1] en 1957, ont permis de définir
les facteurs d’intensité de contraintes, caractérisant l’état de sollicitation de la région dans
laquelle la rupture se produit.
Tous les développements théoriques réalisés à cette époque ont permis de déterminer
la forme exacte de la singularité, et des champs asymptotiques en pointe de fissure
nécessaires à l’analyse et à l’interprétation des résultats expérimentaux. De plus, ils
représentent une solution précise à de nombreux problèmes de géométries simples, et peuvent
donc être utilisés comme solutions approchées pour des problèmes plus complexes.
Parmi ces nombreuses méthodes, les plus facilement implémentables donnent bien
souvent des résultats approchés, ou dépendants du maillage, alors que les autres nécessitent
des techniques éléments finis avancées.
La mécanique de la rupture couvrant un domaine extrêmement vaste, nous
commencerons par spécifier de façon précise le cadre de l’étude. Puis nous introduirons les
notions fondamentales liées aux approches locales et globales en mécanique linéaire de la
rupture. Cela nous amènera à faire un tour d’horizon des différentes méthodes numériques
utilisées pour le calcul de grandeurs caractéristiques telles que les facteurs d’intensité de
2
contraintes, ou le taux de restitution d’énergie. Enfin, nous terminerons cette partie
bibliographique par la mécanique non linéaire de la rupture, et l’élastoplasticité.
3
taux de restitution d’énergie réside en grande partie dans la bonne prise en compte de cette
singularité.
Pour une approche locale, et en mode I pur, que nous allons définir dans le paragraphe
II.2, il y aura amorçage lorsque le paramètre K I "Le facteur d'intensité de contrainte" atteint
une valeur critique KIC appelée ténacité du matériau.
De même, au niveau énergétique, Griffith [Griffith 1920] [1] a proposé une valeur
limite du taux de restitution d’énergie, appelée résistance à la fissuration et notée G C. Il y aura
alors propagation lorsque G atteint la valeur critique G C qui représente l’énergie nécessaire à
la création de nouvelles surfaces libres en fond de fissure. Remarquons que pour un matériau
élastique fragile, GC ne dépend que de l’énergie superficielle intrinsèque 2γ du matériau :
GC=2γ.
4
Yehia [Yehia et al. 1988] [1] pour sa part, a exprimé le rayon r p de la zone plastique
confinée en fond de fissure. Puis, il a considéré que la propagation s’effectuait lorsque r p
atteignait une valeur critique caractéristique du matériau rpc, appelée rayon critique.
Enfin, il est également possible de localiser l’amorçage à l’aide d’une approche basée
sur l’endommagement. Lors d’un chargement, les lois d’endommagement permettent de
modéliser la dégradation du matériau et de déterminer le lieu d’endommagement maximal. Il
est alors possible de déterminer un endommagement critique, caractéristique au matériau
étudié, et au-delà duquel une macro-fissure s’amorce.
(II.2)
5
Sa facilité de mise en oeuvre, entièrement basée sur la notion de facteurs d’intensité de
contraintes, le rend très utilisé. Il peut cependant paraître discutable dans la mesure où le
champ de contraintes locales en fond de fissure est seulement un champ approché. De plus,
l’existence d’une zone non élastique en fond de fissure modifie également la répartition de
contraintes.
C’est pourquoi les critères énergétiques, faisant intervenir des grandeurs globales au niveau de
la structure, peuvent paraître plus appropriés.
( )
∂N
∂θ θ0
=0sous la condition
( )
∂2 N
∂ θ2 θ0
≥0
6
(II.3)
(II.4)
Pour étudier la stabilité d’une propagation de fissures, plusieurs méthodes ont été proposées.
Parmi ces méthodes, la notion de courbe de résistance revient souvent.
La courbe-R, introduite plus particulièrement pour les matériaux ductiles, est une
caractéristique intrinsèque du matériau. La condition de rupture fragile G≥2γ doit être
remplacée par une condition de rupture ductile, prenant en compte le fait que la résistance du
milieu fissuré est ici une fonction de la longueur de fissure « a » :
(II.5)
De même, Paris et al. [Paris et al. 1979] [1] ont proposés d’étudier la stabilité de la
propagation à travers un paramètre T, appelé module de déchirement, qui est la dérivée de
l’intégrale J par rapport à la longueur de la fissure « a ».
7
II.3 Mécanique linéaire, et non-linéaire de la rupture
La mécanique de la rupture se propose de décrire les étapes d’amorçage et de
propagation de la fissuration. Selon le comportement du matériau durant la propagation d’une
fissure, on peut être confronté à deux types de rupture :
8
contraintes en pointe de fissure sont « écrêtées » par la plasticité (Figure II.4.)
[François et al. 1993] [1]. De plus, la signification énergétique de la rupture proposée
par Griffith devient plus ambiguë, dans la mesure où elle consiste à représenter la
propagation de fissure comme un déchargement. Or, en plasticité, une partie de
l’énergie est dissipée (phénomène irréversible) et on ne peut donc pas toujours
évaluer la fraction d’énergie « disponible » pour la propagation.
Les ruptures obtenues par fatigue, par choc thermique, ou par corrosion couvrent
également un domaine de recherche important, mais elles ne seront pas abordées dans
ce mémoire.
Les essais mécaniques sur des petits spécimens, ou éprouvettes sont donc à la
base de toutes les études. L’observation des caractéristiques expérimentales va
permettre d’identifier les types de comportement fondamentaux qu’il importera de
simuler. Il existe de nombreux essais qui permettent de caractériser les propriétés
mécaniques des matériaux. Certains sont normalisés (AFNOR, Association Française
de Normalisation ; ISO, International Standardisation Organisation ; ASTM, American
Society for Testing and Materials) ; il s’agit
39
d’essais simples à réaliser, reproductibles, servant à donner des informations sur les
seuils de charge qui produisent des déformations irréversibles, ou encore la rupture. Ils
sont utilisés par les ingénieurs en contrôle et caractérisation. En revanche, et pour
caractériser plus finement les matériaux, les chercheurs ont recours à des moyens
d’essais plus complexes, mettant en oeuvre des chargements multiaxiaux ou
anisothermes.
Nous définissons dans ce mémoire que l'essai de traction afin de donner une idée
sur la méthodologie expérimentale de l'obtention des caractéristiques élastiques des
matériaux.
Pour CD, la force nécessaire pour déformer le matériau diminue alors que
l’allongement continue d’augmenter : cette instabilité est appelée instabilité plastique.
La striction apparaît.
En D il y a rupture de l’éprouvette.
Re désigne la limite d’élasticité, ou limite de
proportionnalité,
19
R0,2 désigne la limite d’élasticité conventionnelle, qui correspond à une
déformation inélastique de 0,2%,
Rm désigne la résistance à la traction,
Kα est le Facteur d’Intensité des Contraintes (FIC) en mode α, avec α=I, II ou III. Les
fonctions f et g donnent la répartition angulaire. Ainsi que dans plusieurs ouvrages de
mécanique de la rupture [François et al. 1993], [Miannay 1995]. Lorsque l’on se trouve
en mode I pur, l’état local de contraintes et de déformations peut être caractérisé à l’aide
du seul
paramètre KI.
)II.7(
Dans certains cas (préchargement à chaud [Pineau 1998] [1], effets d’échelle ou
de géométrie [Bauvineau 1996], [Hancock 1993] [1]…), il est nécessaire de tenir
compte également des premiers termes non singuliers :
41
La contrainte transverse T, est une contrainte parallèle au plan de fissure, et
n’intervient que sur σxx. Elle a également pour effet de modifier le terme hydrostatique
du tenseur des contraintes : σm=Trace (σ)/3 (donc la triaxialité des contraintes) ainsi que
la plus grande contrainte principale.
Dans le cas d’une plaque infinie, contenant une fissure de longueur 2a, soumise à des
contraintes à l’infini, PARIS et SIH [2] ont montré que pour un matériau isotrope on a :
K I =σ (𝜋a)1/2
∞ (II.8) et K II =τ (𝜋a)1/2
∞ (II.8)
Pour des éprouvettes de dimensions finies, plus intéressantes en pratique, les facteurs
d’intensité de contraintes K (m= I, II) sont de la forme :
Km =ασ (𝜋a)1/2 ;σ
m m =σ ∞
ou τ ∞
(II.9)
α est dans la plupart des cas représentée sous forme d’une fonction polynomiale de la
Conclusion :
Le but de la mécanique de la rupture est de formuler des critères, c'est-à-dire de
définir les conditions pour les quelles un défaut identifié (ou non) peut se propager sous
une sollicitation donné.
On cherche alors des relations quantitatives entre la taille des défauts, les
contraintes appliquées et un paramètre caractéristique du matériau, dit de ténacité K IC.
19
Dans ce deuxième chapitre, nous avons essayé de donner une idée générale sur
la mécanique de rupture, son historique, ses auteurs, son objectif…
Aussi, nous avons cité quelques essais mécaniques, en donnant des brefs définitions.
Dans le chapitre qui suit, nous allons introduire la méthode des éléments finis, sa
définition et ses domaines d'utilisation, aussi, nous donnerons quelques méthodes
numériques de calcul du facteur d'intensité de contraintes.
Dans ce mémoire, on s'inspiré d'un programme des éléments finis élaboré par le Pr.
[Link] sous le FORTRAN.
• Mécanique de la rupture,
• Mécanique des solides déformables,
• Mécanique des fluides,
• Conduction thermique,
• Électromagnétisme…
Quelques exemples de problèmes mécaniques résolus de manière courante par
éléments finis :
19
Dimensionnement : l'objectif est de trouver la bonne dimension, ou le bon matériau,
répondant avec une marge de sécurité suffisante à une contrainte donnée : exprimée par
exemple en charge ou en déplacement.
Simulation : l'objectif est d'étudier le comportement d'une pièce ou structure, qui
éventuellement n'existe pas encore, dans différentiels plages de fonctionnement : normale ou
exceptionnelle.
45
une approximation discrète,
19
• Les méthodes variationnelles qui permettent de transformer une équation aux dérivées
partielles (EDP) en une forme approchée "variationnelles",
• Les méthodes numériques qui permettent de résoudre les systèmes d'équations
linéaires, non linéaires,...
I.4 Intérêts et limitations de la méthode des éléments finis
La méthode permet d'aborder le quasi totalité des phénomènes et particularités de la
mécanique du solide :
II- LE MAILLAGE
Dans la méthode des éléments finis, l’étape du maillage est primordiale. Elle peut
directement conditionner la précision des résultats obtenus. C’est pourquoi le choix du
mailleur est très important.
47
noeuds, triangle à 6 noeuds à bords droits ou curvilignes :
19
Exemple d’un maillage quadrangle (Réalisé par RDM6):
• La robustesse : quelle que soit la géométrie proposée, il doit être capable de construire, si
possible automatiquement, un maillage correspondant ;
• La précision : le maillage doit coller le plus possible au contour de la géométrie, de
façon à avoir le minimum de perte de volume ;
• La régularité : la qualité des éléments du maillage doit être bonne et suffisamment
régulière, afin de minimiser l’approximation réalisée par la méthode des éléments finis ;
• La souplesse : on doit pouvoir mailler plus finement certaines zones de la pièce où les
phénomènes que l’on désire étudier sont plus fins ;
• La rapidité : la rapidité d’un mailleur à créer un maillage est un paramètre important, qui
prend encore plus de poids lorsque l’on désire développer un remailleur automatique.
La capacité à évoluer : il doit être suffisamment « modulable » pour pouvoir
générer de nouveaux types d’éléments, ou lui imposer une structure particulière
Néanmoins dans le cas de structures et de sollicitations assez simples qui était naguère
étudié essentiellement via les techniques de la résistance des matériaux, les logiciels de calcul
moderne fondés sur les éléments finis apportent un gain de performance non négligeable tout
en pouvant rester simples d'utilisation. Par contre, il n'est pas rare que l'utilisateur ainsi initié
aux éléments finis, vu les possibilités de la méthode, manifeste un intérêt croissant pour des
calculs de plus en plus complexes [3].
Méthodes directes.
Méthodes énergétiques.
19
III.1.1 Méthodes directes :
Pour la méthode directe on peut en retenir deux autres aussi ; une première basée sur
l’expression des champs de déplacement au voisinage immédiat du front de la fissure, et une
deuxième utilisant l’expression du champs des contraintes.
(III.1)
Avec E
le module de cisaillement et ν le coefficient de Poisson ; k = 3-4ν en
2(1 )
déformation plane et
3
k
dans l'hypothèse des contraintes planes.
1
2 (
arrière du front de la fissure ( ) donne des résultas raisonnables.
u )
51
de la fissure (
u 1( )
) donne aussi des résultats raisonnables.
19
(III.2)
Pour un matériau isotrope, (CHAN, AL et FAWKES) ont montré encore une fois qu’en
mode d’ouverture, les meilleurs résultats peuvent être obtenus à partir du champ des
G K² m .k m
m ( ij )
(III.3)
Ainsi on peut déduire que la connaissance de Gm, nous permet d’accéder à Km.
PARIS et SIH ont montré que le taux de restitution d’énergie Gm est relié à la
complaisance par la formule :
Cm G
(a) Pm ²
. ; m I , II
(III.4)
m
2
a
53
Où Pm est la charge appliquée à l’éprouvette et où C m(a) est la complaisance de la
structure ayant une fissure de longueur a.
19
55