Théorie du comportement du consommateur
Théorie du comportement du consommateur
Introduction
Dans cette section, nous développons les concepts de base utiles pour l’étude du
comportement du consommateur.
1. Le bien
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Le choix du consommateur porte sur différents paniers ou différents combinaisons de biens ou encore de
complexes de bien. L’espace de consommation d’un ménage est l’ensemble des différents paniers
possibles parmi lesquels il fait son choix en supposant qu’il n’est soumis à aucune contrainte. En effet, la
seule limite aux possibilités de consommation est que la quantité acquise de chaque bien ne peut être
négative. L’ensemble des possibilités de consommation est alors représenté par la partie de 𝓡+ (Df) dont
aucune composante n’est négative. Donc, l’ensemble des consommations possibles correspondant au cas
où les deux biens sont acquis.
X1
Espace de
consommation
x1 > 0 et x2> 0
X2
1. Définition
Les p1, p2, … pn sont des données exogènes (extérieur), reflétant l’hypothèse qu’aucun
consommateur ne peut influencer les prix par ses propres décisions.
La dépense totale p1x1 + p2 x2 + …+ pn xn ne doit pas dépasser le revenu du consommateur
« R ». Cette contrainte est appelée contrainte budgétaire, représentée par l’inéquation
n
suivante : ∑ pi x i ≤ R
i=1
7
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Consommations possibles et
N’épuisant pas R
D’après la figure 1.2, le triangle au-dessous de la droite de budget représente les paniers de
consommation qui satisfait l’inéquation ci-dessus. A la frontière du triangle, tout le revenu est
épuisé alors qu’à l’intérieur du triangle, la dépense est strictement inférieure au revenu. L’aire
du premier quadrant située au-dessus de la droite de budget correspond à des consommations
qui ne peuvent être atteintes faute de moyens insuffisantes.
La contrainte budgétaire est l'ensemble des paniers (x1, x2) qui donne lieu à une dépense
inférieure ou égale au revenu R. C'est-à-dire :
8
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
R
x 2=0 → x1=
p1
Exemple
Ecrire l'équation de la contrainte budgétaire d'un consommateur qui consomme deux biens 1
et 2 de prix respectifs P1=3 et P2=9 et dont le revenu est R=27.
La droite de budget s’écrit : 3 x 1+ 9 x 2=27
x2 x2 x2
R/p2 R/p’2
Si les deux prix augmentent dans la même proportion, la pente de la droite de budget ne
change pas, mais l’ordonnée et l’abscisse à l’origine diminuent. La droite de budget se
déplace alors vers le bas, parallèlement à elle-même. Une augmentation proportionnelle
de tous les prix est donc équivalente à une réduction dans la même proportion du revenu.
Elle est représentée sur la figure1.4 par le déplacement de la droite de budget de [A’B’] à
[AB].
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
x2
B’
A A’ x1
Si les deux prix ne varient pas dans la même proportion, la pente comme la position de la
droite de budget varient. Par exemple si les deux prix augmentent, mais que le premier
augmente plus que le deuxième, donc la droite de budget se déplace vers le bas reflétant
la baisse du pouvoir d’achat du revenu et devient plus raide ( monhadra akther) puisque
sa pente augmente en valeur absolue.
x2
R R
(1+α 2) p1 p2
10
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
R R
x1
(1+α 1) p1 p1
Remarque
On peut envisager plusieurs autres cas de variations simultanées des deux prix et du revenu.
Cependant, l'effet de ces variations sur le déplacement de la contrainte et sur l'EPC reste
ambigu.
Un cas particulier mérite d'être étudié: c'est la variation dans le même sens dans le même
pourcentage et en même temps des deux prix et du revenu; Dans ce cas on obtient la même
contrainte et le même espace budgétaire.
1. La fonction d’utilité
Définition
Pour représenter les préférences ou les goûts des consommateurs, les économistes ont d’abord
eu recours à la notion d’utilité. Le consommateur achète un certain bien parce qu'il lui procure
une certaine satisfaction. Formellement, on définit sur l'ensemble des consommations
possibles une fonction U, dite fonction d'utilité qui associe à chaque panier de consommation
(x1, x2, …..xi…….xn) une valeur U(x1, x2, …….xi,………xn)
Remarque
Si la notion d’utilité correspond bien à l’intuition, alors elle pose un problème sérieux, celui
de la mesure.
Exemple :
11
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Calculer l’utilité totale de chaque panier et les classer selon l’ordre décroissant.
⇛ U(A) = 48 (2*4*6) ; U(B) = 20 ; U(C) = 2
Classement: A; B; C
2. L’utilité marginale
L’utilité d’un bien croit naturellement avec ses quantités. Toutefois, la satisfaction que
procure la consommation d’un bien augmente moins rapidement que la quantité de ce bien.
C'est-à-dire, au fur et à mesure qu’un individu augmente sa consommation d’un bien, son
niveau de satisfaction augmente mais la dernière unité consommée lui procure moins de
satisfaction. Donc, l’utilité marginale (Um) est décroissante.
Analytiquement, Umi : mesure le taux de variation de l’utilité totale découlant de la
consommation d’une unité supplémentaire du bien i.
∆U
U mi= =U ¿ ¿ U2-U1
∆ xi
∂U (x 1 , x 2 , … .. xi , … … . xn , )
Si ∆ x i →0 alors U mi= Cteur est satisfait (optimale) on
∂ xi
calcule le dérivée
Si l’économie comporte deux biens :
∂ U (x 1 , x 2 ) ∂ U (x 1 , x 2 )
U m 1= (Dérivé par rapport à x) ; U m 2= (dérivé par rapport à y)
∂ x1 ∂ x2
1 1
Exemple : soit la fonction d’utilité U ( x , x )=10 x 2 x 2 où x1 et x2 sont respectivement les
1 2 1 2
−1 1 −1 1
U m 1=
∂ U (x 1 , x 2 )
∂ x1
=10
2()
1 2 2
x 1 x 2 =5 x 12 x 22
1 −1 1 −1
∂ U (x 1 , x 2 ) 1
U m 2= =10( )x 12 x 22 =5 x 12 x 22
∂ x2 2
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Les préférences du consommateur correspondent à une évaluation personnelle des biens sans
tenir compte de sa contrainte budgétaire. Dans son espace de consommation, l’individu qui
connaît ses goûts peut exprimer un ordre de préférence entre les différents paniers possibles.
Le choix se fait selon les goûts et non selon les prix.
- on utilise le symbole ≳ pour indiquer le consommateur préfère faiblement (x1, x2) à (y1,
y2).
Ainsi (x1, x2) ≳ (y1, y2) ⇛ le consommateur préfère ou il est indifférent entre deux paniers.
En général on suppose que les préférences d'un consommateur rationnel doivent être
cohérentes et vérifier certaines hypothèses fondamentales qu’on qualifie d’axiomes de la
théorie du consommateur :
Si (x1, x2) ≳ (y1, y2) et (y1, y2) ≳ (x1, x2) alors (x1, x2) ~ (y1, y2)
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
H2 : axiome de réflexivité : La relation de préférence est réflexive : tout panier de biens est
au moins aussi désirable que lui-même, alors (x1, x2) ≳ (x1, x2).
H4 : axiome de non saturation (non satiété) : le consommateur n’observe pas une saturation
au niveau de la consommation d’un bien. Il préfère toujours le panier où il y a plus de plus de
quantité d'un ou de plusieurs biens. Le plus c’est mieux.
Si on a deux paniers : A (x1, x2) et A’ (x1, x2+∆ x2) : A’ contient la même quantité du bien 1 et
plus de quantité du bien 2, on a ∆ x2 >0, le consommateur préfère A’ à A.
Si on a supposé au début que A (x 1, x2) ~ B (y1, y2), le consommateur doit préférer le panier
A' à A et B.
H5 axiome d’une utilité marginale décroissante : la satisfaction procurée par une unité
supplémentaire d’un bien (dite satisfaction marginale) est de plus en plus faible. La
satisfaction que procure la dernière unité est plus faible que celle que procure l’avant dernière.
Cet axiome suppose que le consommateur admette un comportement moyen alors il préfère
les paniers moyens aux paniers extrêmes.
4. Courbes d’indifférences
a- Définition d’une courbe d’indifférence
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Une courbe d’indifférence est l’ensemble des lieus géométriques qui relient les différents
paniers de consommation qui procurent un même niveau d’utilité et sont jugés équivalents
pour le consommateur. Ces différents paniers sont indifférents pour la satisfaction d’un
consommateur. C’est pourquoi cette courbe est appelée courbe d’indifférence.
CI ={( x 1 , x 2 ) ∈ R+ ¿ / U ( x , x )=U
2
}¿
1 2 0
Donc tous les points appartenant à la même courbe d’indifférence sont jugés équivalents.
1 1
Exemple si U =x 2 x 2 alors les paniers (1, 4) ; (4, 1) et (2, 2) offrent le même niveau
1 2
Donc, la courbe d’indifférence implique que certains paniers de biens sont équivalents
pour le consommateur.
x2 CI = paniers indifférents
x1
x2
U0
x1
Le niveau de satisfaction est d’autant plus élevé que la courbe d’indifférence s’éloigne de
l’origine.
x2
U1 carte d’indifférence
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
U2
U0 x1
U ( x 1 , x 2 )=log ( x 1 ) + x 2
CI =¿
x 2 ≫ 0 ⇛ 4−log ( x1 ) ≫ 0 ⇛ log ( x 1 ) ≪ 4 ⇛ x 1 ≪ e 4
Supposons que les deux paniers appartiennent à une même CI, alors la consommation du bien
x2 doit forcément diminuer car la consommation du bien x1 à augmenter donc l’augmentation
de la consommation d’un bien doit se faire par une diminution celle de l’autre.
D'après l'hypothèse de non saturation, le seuil de saturation n’est pas atteint, alors il préfère de
consommer plus que moins. Le panier qui contient plus d'un bien, est préféré à celui qui
contient moins. Donc, pour garder le même niveau de satisfaction, x2' doit être forcément plus
faible que x2
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
∂ x2
Mathématiquement, pour une CI <0, donc, la CI admet une pente négative
∂ x1
Remarque : On peut faire une démonstration par l’absurde en supposant que CI admet une
partie croissante.
x2
B
x2 B
A
x2 A
x1
A B B A B A
x1 x 1 D’après cette courbe x 1 > x 1 et x 2 > x 2 ⇛ B> A
∂ x2 −1
On a : = < 0 ⇛ Cette CI est décroissante
∂ x1 x 1
∂ x2
∂( )
Mathématiquement : ∂ x1 ⇛ la courbe d’indifférence est bien convexe.
>0
∂ x1
La courbe convexe signifie que pour garder le même niveau de satisfaction, le consommateur
est obligé de céder beaucoup plus de biens relativement plus abondant pour avoir une unité de
l’autre bien. Cette propriété est conséquente de l’utilité marginale décroissante.
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Par transitivité, on aura le consommateur est indifférent entre A et B. Or ceci est impossible
car A et B n’appartiennent pas à la même courbe d’indifférence (contredit les hypothèses de
base). Il s’ensuit donc que deux courbes d’indifférence ne se coupent pas.
C4 : La densité
Cette propriété stipule que quel que soit le panier (x1, x2), il existe toujours une et une seule
courbe d’indifférence qui passe par le point représentatif de ce panier. Ceci est le corollaire de
l’axiome de complétude.
1. Définition du TMS
Le TMS du bien 1 au bien 2 (TMS1/2) est égale à la quantité du bien 2 à laquelle il faudra
renoncer si le consommateur désire augmenter d’une unité de la consommation du bien 1 tout
en conservant le même niveau de satisfaction.
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
−∆ x 2
Le rapport est appelé taux marginal de substitution (TMS) du bien 1 au bien 2
∆ x1
−∆ x 2
TMS 1/ 2=
∆ x1
−d x 2
Lorsque la variation de la consommation est infinitésimale alors TMS 1/ 2=
d x1
C’est le taux auquel le consommateur accepte de substitue le bien 1 au bien 2.
Le signe (-) introduit dans la formule du TMS est une convention pour avoir un TMS >0 Il est
alors représenté par la valeur absolue de la pente de la tangente à la courbe d’indifférence
dans le plan (x1, x2)
2. Propriétés du TMS
P1. Le TMS du bien 1 au bien 2 (TMS1/2) est égal au rapport de l’utilité marginale du
bien 1 à celle du bien 2.
∂U ∂U
d U= dx 1+ dx
∂ x1 ∂ x2 2
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Le TMS calculé au voisinage d’un point représentant un panier A(x 1A , x 2A ) est différent de
celui évalué au voisinage d’un autre point B(x B1 , x B2 )
∂U A A ∂U B B
Puisque (x 1 , x 2 ) est différent à (x , x ) alors le TMS au point A est différent du
∂ x1 ∂ x1 1 2
TMS au point B.
Cette propriété stipule donc, que le taux selon lequel le consommateur veut substituer le bien
1 au bien 2 diminue au fur et à mesure que le bien 1 devient de plus en plus abondant.
L’exercice de la rationalité lui suggère de se placer sur le niveau d’utilité le plus élevé, la
logique sous-jacente à la rareté des ressources lui suggère d’observer la contrainte budgétaire
parce qu’il ne sert à rien de distinguer un panier de bien situé sur une courbe d’indifférence
associée à un niveau d’utilité suffisamment élevé alors que l’individu n’a pas les moyens de
l’acquérir.
1. Définition de l'équilibre
2. Détermination de l'équilibre
20
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Considérons une carte d'indifférence relative aux préférences d'un consommateur rationnel et
une contrainte budgétaire régulière. Le désir de maximiser l’utilité se traduit par la recherche
de la courbe d’utilité la plus éloignée possible de l’origine. Cependant, le consommateur est
contraint par son revenu et que certaines courbes d’indifférences sont inaccessibles, parce que
correspond à des dépenses supérieures au revenu.
x2 E
U0 U1
¿
x2
U2
¿
x1 x1
Pour satisfaire la contrainte budgétaire, le consommateur doit chercher à se placer sur une
courbe qui est en tangente avec la droite de budget et qui est éloignée que possible de
¿ ¿
l’origine. Ce point de tangente correspond à l’équilibre du consommateur E(x 1 , x2 )
En haut et à droite du niveau d’utilité d’équilibre figurerait des paniers non réalisables.
En bas et à gauche du niveau d’utilité d’équilibre figurerait des paniers réalisables mais
associées à des niveaux de satisfaction inférieure.
Remarque :
21
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
¿ ¿ ¿ ¿
Il s’agit de déterminer les quantités (x 1 , x 2) qui donnent le niveau de l’utilité U ( x 1 , x 2 ) le plus
¿ ¿
élevé tel que p1 x 1 + p2 x2 =R
{ {
∂ L ∂U (x 1 , x 2)
= −λ p1=0(1) ∂U
∂ x1 ∂ x1 =+ λ p1 (1)
∂ x1
∂ L ∂U (x 1 , x 2) ⇛ ∂U
= −λ p2=0(2) =+ λ p2 (2)
∂ x2 ∂ x2 ∂ x2
∂L p 1 x 1 + p 2 x 2=R (3)
=− p1 x1 −p 2 x 2 + R=0 (3)
∂λ
La relation (3) implique qu’à l’équilibre, la contrainte budgétaire doit être satisfaire.
Pour résoudre le système, on prend le rapport membre à membre du système (1) et (2), on
∂U
∂ x 1 p1
aura : = =TMS
∂U p2
∂ x2
On a les prix sont donnés, le revenu est donné.
p1
La relation TMS= permet d’établir une relation entre x 1 et x2 en remplaçant x1 par sa valeur
p2
¿
en x2 dans l’équation (3), on obtient la valeur x 2 qui nous permet de déduire la valeur. La
¿ ¿ ¿
détermination λ , x 1 , x 2 constitue ainsi l’équilibre du consommateur.
Le système des deux équations exprime qu’à l’équilibre, l’utilité marginale de chaque bien est
U m1 U m2 ¿ ¿
proportionnelle au prix : = = λ ( λ est alors l' utilité marginale du revenu ¿
p1 p2
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
¿ ¿
Pour déterminer l’équilibre de consommateur, il s’agit de trouver les valeurs x 1 et x 2 qui
maximise U =x21 x 32 sous la contrainte R=2 x 1 +3 x2 =100.
L=U ( x 1 , x 2 )− λ( p1 x 1+ p2 x 2−R)
2 3
⟹ L=x 1 x 2− λ(2 x 1 +3 x 2−100)
{
∂L 3
=2 x 1 x2 −2 λ=0 (1)
{
∂ x1 3
2 x 1 x 2=2 λ (1)
∂L 2 2
=3 x 1 x 2−3 λ=0(2) ⇒ 3 x 21 x 22=3 λ (2)
∂ x2
∂L 2 x 1 +3 x 2=100(3)
=100−2 x 1−3 x 2=0 (3)
∂λ
p1 Um1
Cette égalité signifie que le TMS= =
p 2 Um2
23
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
¿ 1
x 1=d ( p1 , p 2 , R)
¿ 2
x 2=d ( p1 , p 2 , R)
En général, la demande individuelle x ¿i =d i ( p 1 , p2 , … … p n , R)
Ces fonctions exprimant les quantités que le consommateur désire acquérir à l’équilibre pour
des prix et un revenu données sont appelées les fonctions de demande du consommateur.
Remarquons que la demande d’un bien est en général fonction non seulement du prix de ce
bien mais aussi des prix des autres biens et du revenu.
Remarque: la courbe de demande qui lie la quantité demandée d’un bien au seul prix de ce
bien est donc une restriction de la fonction de demande qui suppose que les prix des autres
biens et le revenu sont inchangés.
¿
C'est-à-dire la courbe de demande du bien 1 est x 1=f ( p1 ) ∀ p1 avec p2 et R sont constants
¿
Et la courbe de demande du bien 2 est x 2=f ( p 2) ∀ p2 avec p1 et R sont constants
On peut dire que le prix de l’autre bien est sans influence sur la quantité demandée du bien en
¿
∂ xi
question. Dans ce cas, la dérivée partielle est nulle
∂ pj
Exemple :
Nous allons présenter deux exemples de fonctions d’utilité à deux biens :
1- Les goûts d’un consommateur sont représentés par la fonction d’utilité suivante :
U ( x 1 , x 2 )=x 1 x 2 +2 x 1+3 x 2
24
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
{
∂L
=x +2−λp 1=0(1)
∂ x1 2
{
x 2 +2=λp 1(1)
∂L
=x 1 +3−λp 2=0(2) ⇒ x 1+ 3=λp 2 (2)
∂ x2
p1 x 1 + p2 x 2=R (3)
∂L
= p1 x1 + p2 x2 −R=0 (3)
∂λ
¿
(1 ) x 2 +2 p1
⟹ ⇒ ¿ = ⇒ p1 ( x ¿1+3 )= p2 ( x ¿2+ 2 )
( 2 ) x 1 +3 p 2
¿ ¿
p1 x 1 +3 p1= p2 x2 +2 p2
¿ ¿
p1 x 1= p 2 x 2+ 2 p2−3 p1
¿ ¿
(3) P2 x 2 +2 p2−3 p2 + p2 x 2=R
¿
2 p 2 x 2=R−2 p 2+3 p1
¿ R +3 p 1−2 p 2
x 2=
2 p2
¿ R−3 p1 +2 p 2
x 1=
2 p1
Dans cet exemple, la fonction de demande de chaque bien dépend des prix des deux biens en
même temps en plus du revenu.
2- Les goûts d’un autre consommateur sont représentés par la fonction d’utilité suivante :
U ( x 1 , x 2 )=x 1 x 2
L=x 1 x 2− λ ( p1 x 1 + p2 x 2−R )
{
∂L ¿
=x =λp1
{
∂ x1 2
x ¿2
p1 ¿ ¿
∂L ¿ ⇒ p 2 x 2= p1 x 1
=
Les conditions du premier ordre s’écrivent : =x =λp2 ⇒ x p2 ¿
∂ x2 1 1
¿ ¿ ¿
R= p1 x 1 + p2 x 2=2 p1 x1
∂L ¿ ¿
=R=p 1 x 1 + p 2 x 2
∂λ
¿R ¿ R
x 1= et x 2= : contrairement au 1er exemple, la fonction de demande de chaque bien
2 p1 2 p2
dépend du seul prix de ce bien et du revenu.
25
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Cette section s’intéresse au passage d’un état d’équilibre à un autre lorsque le revenu du
consommateur varie et les prix restent constants.
Nous avons vu que, toutes choses étant égales par ailleurs, une variation du revenu engendre
un déplacement de la droite du budget parallèlement à elle-même.
En traçant une série de droite de budget correspondant chacune à un niveau de revenu, nous
pouvons trouver les points d’équilibre c'est-à-dire les points de tangence entre chaque droite
de budget et la courbe d’indifférence la plus éloignée de l’origine.
Par définition la courbe consommation-revenu CCR est le lieu géométrique des différents
¿ ¿
paniers d'équilibre ( x 1 , x 2 ¿ lorsque le revenu varie et p1 et p2 étant constants, toutes choses
étant égales par ailleurs. On peut l’appeler aussi sentier d’expansion du revenu.
x2
R''
Courbe de consommation revenue
p2
R'
p2
R
p2
R R' R''
x1
p1 p1 p1
26
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Remarque:
CCR est croissante lorsque chaque produit est acheté en quantité supérieure quand le revenu
augmente, les produits sont dits normaux. La courbe est décroissante, lorsque le produit est
acheté en quantité inférieure quand le revenu augmente, le produit est dit inférieur.
¿ ¿
Si on transpose les coordonnées des points d’équilibre dans les plans (x ¿¿ 1 , R)¿ et (x 2 , R)
respectivement, on obtient les courbes qui relient les quantités de chaque bien qui sont
demandées à l’équilibre aux différents niveaux du revenu. Ces courbes sont appelées courbes
d’Engel.
¿
La courbe d'Engel du bien 1 est le lieu géométrique des différents couples (x ¿¿ 1 , R)¿ où les
prix p1 et p2 étant constants.
¿
La courbe d'Engel du bien1 = {(x ¿¿ 1 , R)¿/ p1 et p2 étant constants}.
¿
La courbe d'Engel du bien 2 est le lieu géométrique des différents couples (x 2 , R) où les prix
p1 et p2 étant constants.
¿
La courbe d'Engel du bien2 = {(x 2 , R) / p1 et p2 étant constants}.
x1 x2
x’’1 x’’2
x’1 x’2
x1 x2
R0 R1 R2 R R0 R1 R2 R
Figure 1.10 Courbe d’Engel du bien1 Figure 1.11 Courbe d’Engel du bien2
A priori, on peut penser que lorsque le revenu augmente, la quantité demandée de chaque bien
augmentée. Mais, même les biens normaux ne réagissent pas tous de la même façon aux
variations du revenu.
27
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
Pour les différencier, on recourt à la notion d’élasticité de la demande par rapport au revenu :
appelée aussi élasticité revenue de la demande.
1- Les biens dont la demande augmente plus que proportionnellement que le revenu.
C’est le cas des biens de luxe : bien supérieur (ex: loisir, éducation). e R > 1
2- Les biens dont la demande augmente moins que proportionnellement que le revenu.
C’est le cas des biens de première nécessité. 0< e R <1
3- Les biens dont la demande augmente proportionnellement au revenu. Ces biens ont
une élasticité revenu unitaire e R =1: on dit que le bien est intermédiaire (ex:
habillement, logement)
Exemple :
Les préférences d’un consommateur sont représentées par la fonction d’utilité suivante :
1 1
U ( x 1 , x 2 )=x 12 x 22
28
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
On étudie le cheminement de l’état de l’équilibre à un autre lorsque le prix d’un bien change
alors que le prix d’un autre bien et le revenu restent inchangés.
Par définition, on appelle courbe consommation prix d'un bien le lieu géométrique des paniers
d'équilibre (x1*,x2*) pour différents niveaux du prix d'un bien, le prix de l'autre bien et le
revenu sont constants.
¿ ¿
Analytiquement il s'agit pour les deux cas de retrouver : x 2=f ( x 1 ) ∀ p 1 et
x ¿2=f ( x ¿1 ) ∀ p 2
Remarque 2 :
29
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
p1
∆x
e2
2
x
= 2
p2 ∆ p 2
p2
∂x
e1 ∂ x p1
1
x
= = . 1 1
si ∆ p1 → 0
p1 ∂ p ∂p x1 1 1
p1
∂x
e2 ∂x p2
2
x
= = . 2 2
si ∆ p2 → 0
p2 ∂ p ∂p x1 2 2
p2
L’élasticité prix d’un bien donne de combien varie en pourcentage la quantité demandée si le
prix varie de 1%.
L’élasticité prix de la demande est négative pour tous les biens (selon la loi de la demande) à
l’exception des biens de Giffen.
e1
Si −1< <0 : les quantités demandées varient, en sens inverse, moins
p1
proportionnellement que le prix : si p1 augmente de 1%, la demande du bien 1 diminue
de moins de 1%. On dit que la demande est relativement inélastique (Cas des produits
de premières nécessité).
30
Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
e1
Si =0: La quantité demandée devient insensible à toute variation de prix (le
p1
consommateur demande la même quantité, que le prix augmente ou diminue). La
demande est parfaitement inélastique.
e1
Si → ∞: si le prix varie légèrement, alors cette variation entraine une variation
p1
infiniment grande de la quantité demandée. La demande est parfaitement élastique.
e1
Si =−1: la quantité demandée varie du même pourcentage que le prix. La demande
p1
est à l’élasticité unitaire.
e1
Si <−1: les quantités demandées varient plus proportionnellement que le prix. On
p1
dit que la demande est élastique (Cas des produits de luxe et des biens ayant plusieurs
substituts).
Remarque : Si le prix varie d’une manière subjective, on calcule l’élasticité prixe p : selon la
formule suivante.
x 2−x 1
x1 + x2
2
e p=
p2 − p1
p2 + p1
2
3. Elasticité croisée de la demande
Cette élasticité croisée exprime la sensibilité de la quantité demandée d’un bien i par rapport à
la variation du prix d’un autre bien j.
On définit ainsi l’élasticité croisée de la demande d’un bien i par rapport au prix d’un bien j
connue :
∆x ∂x
∂x p j
i i
xi xi
e i =e i = → = i
. Si ∆ p j → 0
j pj
∆p j
∂p / p
j j
∂ p xi
j
pj
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Chapitre I La théorie du comportement du consommateur
ei
Si > 0: les biens i et j sont des biens substituts, c'est-à-dire ils peuvent être utilisés
pj
alternativement pour satisfaire un besoin ; (ex. viande ou poisson)
ei
Si < 0: les biens i et j sont des biens complémentaires, c’est à dire ces biens doivent
pj
être utilisés simultanément pour satisfaire un besoin ; (ex. voiture et carburant)
ei
Si =0: les biens i et j sont des biens indépendants. (ex. olive, glace)
pj
32