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Production de bioéthanol : amidon vs algues

Ce document compare les procédés de production de bioéthanol à partir d'amidon et d'algues. Il décrit les étapes de production à partir d'amidon et les sources comme le maïs, ainsi que la production à partir d'algues comme les microalgues et macroalgues. Le document examine également les avancées de la recherche sur ces filières ainsi que leurs bilans économique, énergétique et environnemental.

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ECOLE DES MINES DOUAI

_____________

DUTRIEZ Chilpéric
WATTERLOT Fabrice

ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE

COMPARAISON DES PROCEDES DE PRODUCTION DE BIOETHANOL A BASE D’AMIDON OU


D’ALGUES
COMPARISON OF THE PRODUCTION PROCESSES OF BIOETHANOL WITH STARCH OR
SEAWEEDS

Promotion 2016 Année Scolaire 2014 – 2015


REMERCIEMENTS
___________________________________________________________________

Nous adressons nos remerciements à Mme Perdrix du département sciences de


l’atmosphère et génie de l’environnement. En qualité de marraine pour cette étude, elle nous
a guidé dans notre travail et nous a consacré du temps afin de répondre au mieux aux
attentes de cette étude.

2
SOMMAIRE

REMERCIEMENTS .................................................................................................................................... 2
SOMMAIRE .............................................................................................................................................. 3
RESUME ................................................................................................................................................... 4
ABSTRACT ................................................................................................................................................ 5
I. INTRODUCTION .......................................................................................................................... 6
II. LES BIOCARBURANTS ET LEURS GENERATIONS ........................................................... 7
1) Les biocarburants ........................................................................................................................ 7
2) Les générations de biocarburants ............................................................................................... 7
III. LE BIOETHANOL A PARTIR D’AMIDON ................................................................................. 8
1) Qu’est-ce que l’amidon ? ............................................................................................................ 8
2) Quelles sont les sources d’amidon ? ........................................................................................... 8
a) Le bioéthanol de première génération ................................................................................... 8
b) Le bioéthanol de seconde génération ..................................................................................... 9
3) Les étapes du procédé de production de bioéthanol à partir d’amidon .................................. 10
4) Les installations industrielles..................................................................................................... 13
5) Nouvelles sources d’amidon, vers quoi s’oriente la recherche ? .............................................. 14
a) Amidon d’origine terrestre .................................................................................................... 14
b) Amidon d’origine marine....................................................................................................... 15
6) Bilan de la filière amidon ........................................................................................................... 15
a) Bilan économique .................................................................................................................. 15
b) Bilan énergétique .................................................................................................................. 16
c) Bilan environnemental .......................................................................................................... 17
IV. LE BIOETHANOL A PARTIR D’ALGUES ............................................................................... 18
1) Qu’est-ce qu’une algue ............................................................................................................. 18
a) Les microalgues ..................................................................................................................... 19
b) Les macroalgues .................................................................................................................... 19
2) Les étapes du procédé de production de bioéthanol à partir d’algues .................................... 19
a) Le choix des algues ................................................................................................................ 20
b) La culture des algues ............................................................................................................. 21
c) La récolte des algues et la transformation en bioéthanol .................................................... 24
3) Bilan de la filière algues ............................................................................................................. 25
4) Les orientations de la recherche dans le domaine des algues .................................................. 26
V. COMPARAISON DES PROCEDES ........................................................................................ 27
VI. CONCLUSION ............................................................................................................................ 29
VII. BIBLIOGRAPHIE ........................................................................................................................ 30

3
RESUME
___________________________________________________________________

Les ressources en énergie fossile ne cessent de s’appauvrir et les effets néfastes


qu’elles engendrent dont le plus connu est la contribution aux émissions de gaz à effet de
serre tel que le dioxyde de carbone CO2 sont en perpétuelle augmentation.

Le changement réside dans la substitution de ces produits par des énergies


d’origines naturelles.

Les biocarburants peuvent devenir l’énergie du futur, c’est pourquoi la recherche


dans ce domaine s’amplifie dans de nombreuses régions du globe et plus particulièrement
en Europe et aux Etats unis qui en sont les leaders.

Le bioéthanol est l’un de ces carburants de substitution que l’on peut obtenir à partir
de différentes matières. Les avancées de la recherche et de l’industrie dans le cadre de sa
production sont détaillées dans cette étude pour :

- Les matières contenant de l’amidon : première et seconde génération de


bioéthanol
- Les algues : troisième génération de bioéthanol.

La production à l’échelle industrielle et la recherche relative à ces matières


contribuent à l’amélioration de ces procédés afin de produire plus, tout en préservant nos
ressources naturelles et en réduisant l’impact carbone.

_______________________________________________________________

MOTS MATIERES
- Amidon - Algues
- Biocarburant - Bioéthanol
- Ethanol

4
ABSTRACT
___________________________________________________________________

Fossil energy resources continue to diminish and this energy produces significant
adverse environmental effects. The most famous damage is its contribution to greenhouse
gas emissions such as carbon dioxide which are constantly increasing.

A possible change lies in the replacement of those products by natural sources of


energy.

Biofuels can become the energy of the future, that is why research in this area is
developing in many parts of the world and in this field particularly in Europe and the United
States who are the leaders.

Bioethanol is also another alternative fuels that can be obtained from different
materials. The advances in research and industry concerning its production are indicated in
this study :

- The materials containing starch: first and second bioethanol generation,


- Algae: third bioethanol generation.

Production on an industrial scale, and research on these materials contribute to the


improvement of these processes to produce more while preserving our natural resources and
reducing the carbon footprint.

_______________________________________________________________

KEYWORDS
- Starch - Algae
- Biofuel - Bioethanol
- Ethanol

5
I. INTRODUCTION

Le pétrole est aujourd’hui utilisé pour ses nombreuses propriétés et plus


particulièrement pour son aspect énergétique. L’augmentation régulière de son prix et les
préoccupations qui ne cessent de croître avec la demande en énergie qui est de plus en
plus forte rendent instables cette économie. De plus, l’appauvrissement de cette ressource
depuis de nombreuses années a développé considérablement la recherche dans le domaine
énergétique pour pallier au manque futur d’énergie quand il n’y aura plus d’or noir. Cette
énergie fossile impacte aussi fortement le réchauffement climatique car l’utilisation de celle-ci
génère beaucoup de dioxyde de carbone CO2 qui est au cœur du changement climatique lié
aux gaz à effet de serre.

Les biocarburants sont au cœur de la recherche de nombreux laboratoires car ils sont
un moyen de réduire cette dépendance au pétrole. De nombreux pays travaillent sur des
procédés de production de ces types de carburants qui ont en plus de l’avantage de se
substituer au pétrole, un avantage environnemental majeur que nous développerons au
cours de cette étude.

La recherche dans le domaine des biocarburants a commencé le siècle dernier et a


évolué au fur et a mesure de l’amélioration des procédés. Ces procédés permettent de
classer les biocarburants en plusieurs catégories dites « génération ».

Quelles sont les avancées dans le domaine de la recherche et des procédés de


production dans le domaine des biocarburants et plus particulièrement du bioéthanol ?

6
II. LES BIOCARBURANTS ET LEURS GENERATIONS
1) Les biocarburants

Aujourd’hui, les transports dépendent du pétrole à hauteur de 97% [1]. Le challenge


pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et notre dépendance au pétrole est de
trouver une énergie alternative. Les biocarburants sont une solution déjà utilisée mais qui
doit encore évoluer.

Les biocarburants peuvent être divisés en 2 groupes :

- Le bioéthanol,
- Le biodiesel.

Nous nous intéresserons au bioéthanol qui est en réalité de l’éthanol. En effet le


préfixe « bio » est utilisé uniquement pour différencier sa provenance :

- Ethanol : carburant issu du raffinage du pétrole,


- Bioéthanol : carburant issu de matières organiques.

L’éthanol est un alcool (alcool éthylique), très inflammable et volatil fortement utilisé
dans les boissons alcoolisées, comme solvant et carburant.

Cette molécule (fig. 1) a pour formule chimique : C2H6O.

Fig. 1. Représentation de la molécule d’éthanol [source : Wikipedia]

2) Les générations de biocarburants

Les biocarburants connaissent de fortes évolutions grâce à la recherche. Les


procédés évoluent donc dans le but d’améliorer le rendement et de réduire les contraintes
environnementales qui leurs sont liées.
Les grandes avancées de la recherche ont nécessité de diviser à ce jour ces
procédés en trois générations :
- Les biocarburants de « première génération» sont issus de ressources alimentaires
et sont parfois aussi appelés « agrocarburants ». Ces carburants sont produits à

7
partir de plantes à sucre telle que la betterave ou amylacées comme le maïs
(bioéthanol) ou de plantes à huile telle que le colza (biodiesel) [2].

Ces biocarburants sont simples en utilisation car ils peuvent être directement
mélangés avec l’essence ou au gazole sans nécessiter de modifications au niveau
des stations de distribution, ni au niveau des véhicules.

- Les biocarburants de « seconde génération» proviennent des résidus de plantes


cultivées. Contrairement à la première génération, l’impact alimentaire n’a pas de
conséquence. Les carburants issus de cette génération sont produits à partir des
mêmes plantes que la première génération mais n’emploi que les parties non
comestibles [2].

- Les biocarburants de « troisième génération» sont au cœur des études réalisées par
de nombreux laboratoires dans le monde. Le but de cette jeune génération est
d’obtenir des biocarburants à base d’algues ou de biomasse [2].

III. LE BIOETHANOL A PARTIR D’AMIDON


1) Qu’est-ce que l’amidon ?

L’amidon est une molécule polymère du glucose. Il est présent dans de nombreuses
plantes qui le conservent comme réserve soit dans leurs graines (céréales), soit dans leurs
racines (pomme de terre).

2) Quelles sont les sources d’amidon ?

L’industrie amidonnière exploite principalement le blé, le maïs et la pomme de terre


dans les régions tempérées du globe. Les régions tropicales utilisent le riz et le manioc [3].

a) Le bioéthanol de première génération

Le bioéthanol de première génération est issu de plantes cultivées pour la


consommation humaine. Cette génération pose beaucoup de problèmes car il s’agit ici de
convertir des ressources alimentaires en énergie plutôt qu’en produits alimentaires. Cette
filière entre donc en concurrence directe avec la production alimentaire et fait varier le cours
des aliments sur le globe. Cette compétition avec des produits nobles de première nécessité
constitue la principale critique envers les biocarburants sur le plan environnemental [2], c’est
pourquoi ces carburants ne peuvent être produits qu'en faible quantité.

8
En effet, afin de répondre à la demande énergétique en biocarburants, l’Europe et les
Etats unis devraient consacrer 20% à 25% de leurs terres agricoles pour alimenter la filière
(fig. 2) afin de répondre à seulement 10% de la demande en carburant sachant qu’a ce jour
en Europe, 7% des terres agricoles sont réservées à cet usage [1].

Fig. 2. Schéma de la filière bioéthanol de première génération [2]

En Europe le bioéthanol est transformé en Ethyl Tertio Butyl Ether (ETBE), il n’est
donc pas utilisé sous forme d’éthanol. Ce produit a pour avantage de pouvoir être additionné
à l’essence en quantité plus importante et plus facilement.

b) Le bioéthanol de seconde génération

Contrairement à la première génération, l’amidon utilisé pour la production de


bioéthanol ne provient pas de ressources alimentaires. En effet la filière qui entre en scène
est dite « lignocellulosique » car elle utilise principalement la biomasse d’exploitation agricole
ou forestière qui est peu onéreuse et n’impacte pas le marché de l’alimentation [3].

Cette filière utilise aussi l’amidon, mais celui qui est issu de résidu agricole. Le
procédé de production ne diffère donc pas de celui de la première génération (fig. 3), la
seule différence, qui n’est pas des moindres, réside dans la matière utilisée en entrée de
chaîne de production.

Fig. 3. Schéma de la filière bioéthanol de seconde génération [2]

9
3) Les étapes du procédé de production de bioéthanol à partir d’amidon

Nous allons faire un tour d’horizon de ce procédé en décrivant chacune de ses


différentes étapes en tenant compte des matières et produits présents en entrée et sortie.
Nous ferons ensuite un zoom sur les installations industrielles.

Le procédé de production de bioéthanol à partir d’amidon se déroule en 2 ou 3


grandes étapes dans le cadre de la première génération de bioéthanol et en 3 ou 4
étapes dans la cadre de la seconde génération (fig. 4) [4].

Fig. 4. Schéma de représentation des principales étapes de production de bioénergies de première et seconde génération [4]

L’étape la plus complexe dans ce processus de transformation de l’amidon reste pour


les 2 générations, la transformation de l’amidon en sucre via le processus d’hydrolyse. Les
étapes en amont ont, quant à elles, un rôle majeur dans la préparation des matières
premières avant cette étape crucial.

Afin d’identifier les sous-étapes amonts et avals de ces grandes étapes, le procédé
de transformation peut être divisé en 11 process (fig. 5) chacun d’eux est décrit dans le but
de mieux comprendre ce procédé [4].

10
Fig. 5. Schéma des différentes étapes de production de bioéthanol à partir de plantes amylacées [4]

Les étapes et sont réalisées consécutivement afin de préparer la matière de


façon à obtenir une dimension correcte pour être envoyé dans le processus de production.
Plus la qualité de broyage est élevée et plus le processus d’empâtage en sera simplifié.

L’étape consiste à tremper la matière broyée dans de l’eau. Cette opération


s’appelle l’empâtage en raison du mélange pâteux obtenu.

L’étape permet de cuire le mélange pâteux afin de favoriser la dissolution de


l’amidon et ainsi obtenir un lait très concentré en amidon.

L’étape est la plus contraignante du processus.


L’obtention de sucre à partir d’une plante amylacée est un processus très long et
difficile. En effet, il va nécessiter un traitement important. Contrairement aux plantes sucrées,
les plantes amylacées ne contiennent pas de sucres. Une étape très complexe nécessite
donc la transformation de l’amidon pour obtenir du glucose à l’aide d’une réaction
d’hydrolyse.

Le but de cette réaction est de « découper » les molécules d’amidon grâce à l'action
d'une enzyme. L’amidon de formule chimique C6H10O5 est un polymère de glucose, c’est à
dire qu’il est composé de plusieurs molécules de glucose (fig. 6). Pour accélérer la réaction,

11
on va utiliser un catalyseur biologique : l'amylase. L’enzyme va aider et va accélérer la
dégradation de l’amidon.

Amidon + Eau ---> Glucose


(C6H10O5)n + nH2O ---> n C6H12O6

Fig. 6. Représentation des molécules d’amidon et glucose [source : Wikipedia]

L’étape permet de refroidir le mélange glucosé issu de l’hydrolyse à une


température voisine de 25°C pour optimiser la fermentation.

L’étape consiste à la fermentation alcoolique qui permet de transformer le glucose


en éthanol. Cette fermentation résulte de l’action d’enzymes microbiennes appelées zymase.
La réaction doit être effectuée à l’abri de l’air (milieu anaérobie). Une solution glucosée
contenant plus de 250g de sucre par litre, ne fermente plus. La solution obtenue peut
atteindre une concentration maximale en alcool de 15% en volume. Un pourcentage plus
élevé empêcherait la fermentation [2].

L’étape consiste à récupérer le maximum d’éthanol pur suite à l’étape précédente.


La distillation est un procédé de raffinage permettant après avoir chauffé un produit, d’en
récupérer les différentes fractions. Ici, le processus de distillation va permettre de récupérer
de l’éthanol pour augmenter sa concentration. Le pourcentage d’alcool en volume croît afin
d’atteindre 95% environ. L’éthanol peut être vendu ou utilisé dans l’état.

L’étape consiste à transformer l’éthanol liquide en poudre afin de retirer les


polluants résiduels (principalement l’eau). Ce procédé permet de concentrer encore plus
l’éthanol pour ainsi obtenir un composé dit « pur » car proche de 100% en concentration. Ce
processus permettra de faciliter son transport et son stockage.

12
L’étape permet de stocker le produit fini de façon sure dans l’attente de son
transfert vers une autre industrie qui aura pour but de dissoudre l’éthanol pour l’utiliser
comme carburant.

L’étape est liée au traitement des vinasses. Cette étape consiste à concentrer par
décantation, les résidus fibreux des matières amylacées. Le déchet obtenu est pressé puis
envoyé en traitement dans un centre spécialisé.

Toutes ces étapes permettent la fabrication du bioéthanol de première et seconde


génération.

4) Les installations industrielles

De nombreuses installations industrielles existent de part le globe pour le procédé de


première génération de production de bioéthanol à partir d’amidon.
Ce sont les Etats-Unis (fig. 7) et l’Europe, principalement la France (fig. 8) qui
connaissent les plus grandes avancées technologiques dans la production de bioéthanol de
première génération.

Fig. 7. L’usine de production de bioéthanol de St. Clair de Suncor


dans la région de Sarnia-Lambton, en Ontario (Etats-Unis) [source : [Link]]

13
Fig. 8. L’usine de production de bioéthanol d’Abengoa Bioenergy
à Lacq dans les Pyrénées Atlantiques (France) [[Link]]

En ce qui concerne la seconde génération, celui-ci est à ce jour à l’échelle de


laboratoire macroscopique. Les premières installations sont attendues pour la fin de l’année
2015 voire milieu de l’année 2016 [2].
La France a un important projet concernant la seconde génération, le projet
« FUTUROL », de nombreux acteurs tels que IFP Energies nouvelles, ARD, INRA, Lesaffre,
Siclaé, Total, Tereos, Office national des forêts, Crédit Agricole Nord Est, Confédérations
générales des planteurs de betteraves, Unigrains, pôle de compétitivité Industries et Agro-
Ressources y sont engagés.
Ce projet vise à développer et commercialiser un procédé complet de production de
bioéthanol de seconde génération à partir de plantes entières ou de matière
lignocellulosiques. Ce projet se déroule sur 8 ans et verra le jour à l’échelle industrielle vers
2018. Une phase pilote est en cours et sera suivie d’une phase prototype. Cette installation
industrielle devrait être située dans la marne à Pomacle-Bazancourt [5].

5) Nouvelles sources d’amidon, vers quoi s’oriente la recherche ?


a) Amidon d’origine terrestre

L’agriculture travaille depuis de nombreuses années sur la création de semences


hybrides permettant d’améliorer au maximum le rendement des espèces cultivées. En ce qui
concerne les céréales ou les plantes lignocellulosiques productrice d’amidon, nous n’avons
pas la possibilité d’améliorer la teneur en amidon sans dégrader la qualité de la plante, ce
qui aurait un impact important sur la qualité des produits consommés. L’amidon d’origine
terrestre est donc limité et les procédés industriels doivent prendre en compte cette
problématique significative. C’est pourquoi, la recherche travaille sur ces nouvelles sources
d’amidon [3].

14
b) Amidon d’origine marine

Les algues ont fait l’objet de nombreuses études et nous savons désormais que
certaines algues stockent de l’amidon dans leurs cellules. La recherche a approfondi ses
connaissances dans ce domaine car les variétés d’algues sont très nombreuses et les
réserves d’amidon dans leurs cellules sont très variables (<1% jusque >20%) [2].

6) Bilan de la filière amidon


a) Bilan économique

Dans ce contexte, il est difficile de dissocier économie et rendement agricole puisque


ces domaines sont étroitement liés, et plus particulièrement vitale l'un pour l'autre.

Tableau 1: Estimation du coût moyen de production de l'éthanol de première génération.

Pays/Zone Brésil Etats Unis Europe


Décennies des chiffres 1990 2000 2000
Matières de départ Canne à sucre Maïs Blé Betterave
Coût des matières 0,22-
0,13 $/l 0,37$/l 0,2-0,32€/l
premières 0,34€/l
Coût de production 0,10$/l 0,19$/l 0,28€/l 0,22€/l
Crédit des co-produits 0 0,13$/l 0,15€/l 0
0,36- 0,42-
Coût total 0,23$/l 0,43$/l
0,48€/l 0,52€/l

Ces coûts moyens sont donnés à titre indicatif, en effet beaucoup de facteurs
évoluant dans le temps sont également à prendre en compte mais difficilement réalisable car
ces paramètres sont en constante mobilité. Pour exemple, prenons le cas de la zone Europe
qui regroupe plusieurs pays producteurs tel que le leader jusqu'en 2006 la France, mais
également l'Allemagne ou encore le Danemark, et bien ici cette moyenne rapportée à
chaque pays fait évoluer le coût total. Comme deuxième exemple, celui du Brésil, ce coût
total est impacté directement par le cours de la canne à sucre. Enfin les coûts de production
évoluent avec le monde du travail.

Afin d'optimiser au mieux ces chiffres une étude quasiment au cas par cas (à l'échelle
d'un pays puis d'une entreprise) devrait être réalisée incluant donc la négociation du prix de
la matière première jusqu'aux capacités de production en passant par la masse salariale
contribuant à l'élaboration du produit fini.

15
Tableau 2: Les rendements des plantes sucrières et leur potentiel alcooligène.

Teneur en
Rendement Rendement Rendement
Plante sucre de la Rendement
agricole éthanol énergétique
sucrière plante éthanol m3/ha
t/ha l/t plante TEP/ha
% poids
Betterave 70-75 15 92 6,5-7,0 3,3-3,5
Canne à sucre 80-90 14-15 85 7,0-8,0 3,5-4
Sorgho sucrier 50-60 16 80 4,0-5,0 2-2,5

Tableau 3: Les rendements des cultures céréalières et leur potentiel alcooligène.

Teneur en
Rendement Rendement Rendement
amidon du Rendement
Céréale agricole éthanol énergétique
grain éthanol m3/ha
t/ha l/t plante TEP/ha
% poids
Blé 7,2-8,3 62-65 370 2,7-3,1 1,4-1,6
Maïs 7,2-8,5 72 400 2,9-3,4 1,5-1,7
Orge 5,0-7,0 56-59 320 1,6-2,2 0,8-1,2

Economie oblige, une étude quant au rendement agricole a été réalisée afin de tirer
profit des plantes les plus productives d'alcool. Concernant les plantes sucrières nous
pouvons donc observer que la betterave et la canne à sucre ont le plus de potentiel
alcooligène, et de la même manière pour les cultures céréalières se sont le blé et le maïs.

b) Bilan énergétique

Tableau 4 : Consommations énergétiques par hl d'éthanol produit à partir de betteraves et d'égouts pauvres nommés EP2
issus de la deuxième étape de cristallisation du sucre, après centrifugation.

Jus de betteraves EP2


Etapes du Electricité Electricité
Vapeur (kg) Vapeur (kg)
procédé (kWh * h-1) (kWh * h-1)
Diffusion 25 11
Fermentation 6 6
Distillation 80 3 80 3
Déshydratation
de 55 1 55 1
l'éthanol
Concentration 75 9
Total 160 21 210 19

16
Tableau 5 : Consommations énergétiques par hl d'éthanol anhydre produit à partir de blé.

Electricité
Etapes du procédé Vapeur (kg)
(kWh * h-1)
Broyage 5,7
Liquéfaction-saccharification 40 3
Fermentation 5,6
Couplage avec la
Distillation concentration des 0,6
vinasses
Déshydratation 34 1,9
Séparation des drêches 8,3
Concentration des vinasses 210 4,9
Séchage et granulation des
9,8
drêches
Total 284 39,8

Nous retrouvons étapes par étapes la consommation énergétique de chaque procédé


de fabrication du bioéthanol. Nous constatons que la consommation d’électricité pour la
fabrication d'éthanol à partir de blé est sensiblement la même que celle à partir de betterave.
La différence se tient dans l’utilisation de vapeur (donc d'eau) à des fins multiples conférant
ainsi l'avantage au blé.

c) Bilan environnemental

Tableau 6 : Bilan GES des filières biocarburants comparativement au carburant pétrolier de référence.

ADEME JRC/EUCAR/CONCAWE
Etude
(février 2010) (mars 2007)
Réduction des
Gain par rapport
émissions Référence
gCO2 au carburant
par rapport à la gCO2
eq/km pétrolier
référence pétrolière eq/km
de référence
(%)
Ethanol ex-blé 49 114 164 32
Ethanol ex-
6 111 164 32
betterave
Ethanol ex-canne
72 19 164 88
à sucre

Nous pouvons remarquer que l'usage des biocarburants provenant du blé et de la


betterave réduit considérablement le rejet de CO2, gaz à effet de serre. En effet, ce tableau
nous montre deux études établissant la comparaison des biocarburants avec le pétrole qui

17
aujourd'hui est l'acteur majeur du réchauffement climatique. Les différences que nous
remarquons entre les deux études proviennent du fait que les méthodes utilisées sont
différentes néanmoins, elles ont pour point commun d'avoir été faites " du puits à la roue ", à
savoir que l'ensemble du cycle de vie des carburants ont été pris en compte.

Par ailleurs, comme vu précédemment dans les tableaux 2 et 3 l'impact


environnemental est aussi lié à la superficie des champs de culture puisque pour produire la
même quantité d'éthanol à partir de betterave il faudra une superficie deux fois plus
importante avec du blé ou du maïs. Une question que l'on peut se poser c'est savoir où
trouver cette place qui déjà aujourd'hui manque pour nourrir l'ensemble des habitants de la
Terre, faut-il abandonner des cultures plus conventionnelles? Ou continuer la déforestation?
Ou encore continuer la recherche vers d'autres horizons...

IV. LE BIOETHANOL A PARTIR D’ALGUES


1) Qu’est-ce qu’une algue

Une algue est un végétal. Elles sont donc capables de pratiquer la photosynthèse
(production d’énergie sous forme de glucides sous l’action de l’énergie lumineuse du soleil).
Elles vivent majoritairement dans un milieu aquatique et sont dépourvues de racines,
feuilles, fleurs et tiges contrairement aux végétaux terrestres [2].

On peut distinguer 2 grandes familles d’algues :


- Les microalgues,

Fig.9. photo de microalgues [2]

- Les macroalgues.

Fig.10. photo de macroalgues [2]

18
a) Les microalgues

Le terme microalgues désigne les algues microscopiques. Ce sont des micro-


organismes vivant dans les milieux aqueux, elles sont très mobiles et colonisent tous les
milieux dans lesquels la lumière du soleil est présente. Ces organismes utilisent le dioxyde
de carbone et les minéraux de leur environnement pour croître. La croissance est très rapide
ce qui permet à ce jour de pouvoir les cultiver.
La taille moyenne des microalgues se situe entre 10-6 et 10-9 mètres. On estime à
environ 1 million, le nombre d’espèces. A titre de comparaison, le nombre d’espèces
végétales terrestre connues est d’environ 300 000.

b) Les macroalgues

La macroalgue est l’opposée de la microalgue. En effet comme son nom l’indique, il


s’agit d’organismes de très grandes tailles appelés aussi algues géantes. Elles ont les
mêmes caractéristiques que leurs consœurs microalgues mais ont une taille bien supérieure
pouvant atteindre jusqu’à 3 mètres en moyenne. Quelques variétés sont encore plus
grandes et peuvent atteindre 20 mètres.
Ces algues sont aussi cultivées pour diverses applications (cosmétique
principalement).

2) Les étapes du procédé de production de bioéthanol à partir d’algues

La production de bioéthanol à partir d’algues nécessite l’utilisation d’algues


productrices d’amidon. En effet, seul l’amidon est exploitable à ce jour pour être transformé
en sucre puis en bioéthanol. Nous retrouvons ainsi une suite d’étape de production
sensiblement parallèle à celui du bioéthanol de première et seconde génération mais pour
lequel les procédés seront totalement différents. Nous entrons dans ce qui est plus
communément appelé les carburants de troisième génération ou algocarburants.
La recherche dans ce domaine a commencé depuis maintenant presque 5 décennies
et nous sommes toujours actuellement au stade de la recherche. Les scientifiques travaillent
sur des procédés permettant la culture des algues, l’extraction de l’amidon et sa
transformation [7].

19
a) Le choix des algues

Les Etats-Unis sont les précurseurs dans ce domaine, une forte agitation s’est
ressentie lors du choc pétrolier en 1970, et la recherche effectuée depuis 20 ans auparavant,
s’est vue décupler grâce à des budgets importants dédiés à la recherche sur les algues.
D’autres pays dans le monde tels que le Canada et les pays Européens (principalement la
France) ont lancé des études dans ce domaine [7].

Dans la famille des algues, il y a la microalgue qui fait partie des premiers organismes
ayant existé sur Terre et qui a énormément de qualités :

La croissance la plus rapide parmi tous les organismes présents sur le globe,

Une large gamme d’habitats écologiques allant de l’eau douce, l’eau saumâtre ou
l’eau salée.

Une résistance à des températures et des pH extrêmes.

Toutes ces qualités font de la microalgue, l’organisme le plus abondant sur Terre.
C’est pourquoi la recherche s’est dirigée dans un objectif de recensement des différentes
espèces de microalgues afin de recueillir des informations sur la capacité de celles-ci à
produire et stocker de l’amidon. Certaines microalgues peuvent contenir plus de 50% de leur
poids sec en amidon, voire même contenir de la cellulose qui peut être fermenté pour
produire du bioéthanol (fig. 11) [7].

20
Fig. 11. Classement des algues en pourcentage en masse d’amidon ou de cellulose [7]

Il est facile de fournir aux algues, les nutriments nécessaires à leur développement.
La culture est donc envisageable avec peu de ressources en nutriment et énergie.

b) La culture des algues

La culture des algues (microalgues ou macroalgues) a quelques avantages non


négligeables par rapport à la celle des céréales par exemple, utilisées dans la production de
bioéthanol [7]. Les 5 principaux sont :

- L’absence de besoin de transport car elles peuvent être produites sur le lieu de
transformation,
- Une croissance rapide. La taille de certaines espèces peut doubler en seulement 6
heures en raison de leur taux de division cellulaire élevé,
- Un organisme autonome qui se régule et se régénère sans avoir besoin d’une
intervention humaine,
- Un organisme avec une structure entièrement photosynthétique, contrairement aux
plantes terrestre,

21
- Un organisme capable de capter des nutriments sur toute leur surface.

La recherche a beaucoup travaillé sur les microalgues et peu sur les macroalgues.
C’est pourquoi nous nous intéresserons aux procédés de culture des microalgues.

Les souches d'algues doivent être efficaces pour la production de bioéthanol. La


quantité de bioéthanol qui peut être générée varie nettement entre les espèces d'algues et
même entre les souches de la même espèce. En effet, les espèces et les souches d'algues
sont très variables en termes de taux de croissance et de productivité. L’exigence en
nutriments, en lumière, la capacité d'accumuler des lipides et glucides (fig. 10), la capacité
d'adaptation à des conditions défavorables, etc. doivent être intégrés pour qualifier l’intérêt
de la culture d’une espèce. Par conséquent, la sélection des souches qui ont un potentiel de
production en grandes quantités de bioéthanol est une tâche fastidieuse, surtout qu’il s’agit
ici de produire du bioéthanol pour répondre aux besoins et exigences du marché [6].

Fig. 12. Processus de photosynthèse [2]

Face à ce besoin, une énumération des caractéristiques souhaitables des souches


d'algues a été réalisée pour comparer les souches connues et élire les candidates à la
culture pour la production de biocarburants :

- La robustesse de la souche et sa capacité à survivre à une culture intensive,


- La capacité à dominer les souches sauvages pouvant être présentes dans le milieu
de la culture,
- La capacité d’amortissement élevée en CO2,
- La capacité à vivre avec des ressources faibles en nutriments,
- Une tolérance à une large gamme de températures résultant du cycle diurne et des
variations saisonnières,
- Le potentiel à fournir des co-produits de valeur,
- La capacité à se reproduire très rapidement,

22
- Une haute capacité photosynthétique,
- La capacité de produire beaucoup d’amidon.

Semblable à tout autre processus industriel, le défi majeur dans la production de


bioéthanol à partir d’algues est la rentabilité du processus. Les systèmes de production les
plus couramment utilisées pour la culture d'algues sont les bassins (fig. 13) et les
bioréacteurs (fig. 14). Les systèmes de production varient en termes de croissance. Malgré
le coût plus faible d’exploitation de bassins, la solution du bioréacteur est la plus rentable car
la production est plus élevée, les paramètres sont contrôlables (nutriments, températures,
luminosité, etc.) et le risque de prolifération abondante d’algues parasites est faible [7].

Fig. 13. Bassins de culture d’algues [2]

Fig. 14. Bioréacteur de culture d’algues [2]

23
c) La récolte des algues et la transformation en bioéthanol

La récolte des microalgues est une étape importante du processus puisqu’elle peut
représenter jusqu’à 30% du coût de production de la filière. La méthode de récolte dépend
du procédé de culture utilisé. Plusieurs méthodes de récolte existent (physique, chimique et
mécanique). Les méthodes de récolte, y compris la filtration sur membrane, la floculation
chimique, flottation à l'air, la centrifugation et l’utilisation d’onde ultrasonore sont en cours de
test et sont pratiquées individuellement ou en combinaison.

Les microalgues sont le plus souvent récoltées de façon manuelle, seules les
substances d’intérêt sont récupérées en mettant en contact les algues avec un solvant
organique d’extraction puis en opérant une extraction liquide/liquide et une séparation de
phase. Une fois les substances extraites, les algues sont remises en culture avec taux de
survie souvent proche de 100%.

Pour clôturer les grands axes de ce procédé de production qui ne cesse de se


développer, nous pouvons faire un parallèle des grandes étapes de production de bioéthanol
à partir d’algues avec celles des autres filières présentées précédemment (fig. 15) [1].

Fig. 15. Schéma de la filière bioéthanol de troisième génération [2]

En effet, après l’étape de la récolte, le processus est identique à celui des


biocarburants de première et de seconde génération soit une hydrolyse du substrat obtenu
puis la fermentation afin d’obtenir le bioéthanol.

24
3) Bilan de la filière algues

Aujourd'hui, il est encore très difficile de pouvoir conclure sur cette nouvelle branche
de pétrole bleu; sur le point de vue économique, quand aujourd'hui le monde est en phase
de recherche notamment sur des algues approuvant la surexploitation, puis sur la manière
de cultivée (aquaculture de type extensive ou intensive), là où les deux ont de l'intérêt. En
outre à l'heure où la recherche commence et intéresse peu à peu le monde des scientifiques
et plus particulièrement les biologistes des questions relatives à la prolifération incontrôlée
d’algues génétiquement modifiées restent en suspens quant aux enjeux environnementaux.

Quelques chiffres issus de rapport comme "L’UTILISATION DES MICRO-ALGUES


POUR LA PRODUCTION DE BIOCARBURANTS EN ALLEMAGNE" [13], estime un
rendement de production de bioéthanol allant d' une fourchette de 20 à 40 m3/ha,
représentant pas moins de dix fois celui du blé et du maïs et cinq fois celui de la canne à
sucre. Cette culture sera également réalisée tout au long de l'année permettant une véritable
régulation de la production de carburant.

Au delà de l'économie, l’utilisation de pesticide ou d’herbicide ne seront plus


nécessaire donc l'impact environnemental n'en sera que positif. De plus, les algues sont de
vrais aimants à CO2, mettant en évidence le potentiel d'une filtration, des rejets issus de
l'industrie, dans l'atmosphère de ce gaz et par la même occasion des idées de compromis.
De la même manière, des études ont été réalisées afin de pouvoir fournir les nutriments dont
les algues ont besoins via le réseau des eaux usées d'une ville, pouvons nous croire en une
véritable diminution de la pollution urbaine?

Fig.16. exemple d'une production extensive [14]

25
4) Les orientations de la recherche dans le domaine des algues

La recherche dans le domaine du développement de procédé de production de


bioéthanol à partir d’algues a déjà conclu sur le système de production le plus performant qui
est le bioréacteur tubulaire. En effet, c’est celui-ci qui permet le meilleur rendement car il
crée les conditions optimales pour le développement des microalgues.

Les orientations de la recherche se divisent maintenant en 3 axes majeurs pour optimiser le


procédé et le rendre très productif :

- L’apport de CO2 dans le process,


- L’apport de nutriments aux algues,
- L’augmentation de la productivité des algues.

En ce qui concerne le premier point, le CO2 est la vraie avancée dans cette nouvelle
génération de carburant, en effet ce procédé, à l’inverse de ceux existants jusqu'à ce jour,
est consommateur de CO2 et non producteur. Les algues ont besoin de CO2 pour se
développer car il est l’élément essentiel de la photosynthèse qui génère les glucides qui vont
se transformer en amidon. Les microalgues peuvent tolérer et utiliser des niveaux élevés de
CO2, car pour être optimal, le taux de CO2 dans les tubes doit être de 13% et nécessite
donc un apport externe. Par conséquent, elles peuvent utiliser le CO2 émis par les
industriels qui à leur tour réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre. La recherche
applique donc ce procédé afin de s’assurer que ce système est viable [10].

Pour le second point, les chercheurs Américains et Français travaillent sur l’apport de
nutriments à l’intérieur du procédé. En France, c’est en région Poitou-Charente que des tests
sont effectués par l’apport de nutriments issus de déchets. L’utilisation des jus d’ordures et
des lixiviats qui sont riches en azote permettent de nourrir les algues [12].

Pour le dernier point, des méthodes génétiques devront être employées. Le but est de
produire toutes les enzymes utiles à la croissance des algues, tels que les amylases et
cellulases de sorte qu'il ne serait pas nécessaire ou peu nécessaire de produire ces enzymes
dans des bioréacteurs. Par ailleurs, les futures recherches sur la régulation de l'amidon et de
la cellulose par la voie de la biosynthèse permettra l'augmentation des polysaccharides et
sera également une possibilité d'augmenter la production de bioéthanol d'algues [7].

26
V. COMPARAISON DES PROCEDES

Trois procédés pour un objectif commun: la production entre autre de bioéthanol, le


pétrole bleu. Pour parvenir à ces fins deux générations plutôt proches utilisent la culture déjà
existante. Le fait est que pour la première génération deux filières se distinguent par leurs
matières; une amylacée et une autre dite sucrière; ayant en commun 80% de la chaîne de
fabrication. En revanche, des questions d'ordre éthique et mondial se sont posées : Devons
nous nous priver de nos cultures dans un but énergétique? Devons nous produire de
l'énergie quand bien même les ressources mondiales ne parviennent pas à nourrir
l'ensemble de la population?

Le passage à la deuxième génération répond à ce dilemme de manières des plus


respectables, de là une comparaison est alors possible même si ce sont au sein même des
matières premières que réside la plus importante des différences. En effet, la recherche c'est
accentuée sur la composition des végétaux lignocellulosiques déterminant ainsi la
concentration en lignine, cellulose et hémicellulose. Ici nous retrouverons la paille de blé, les
rafles de maïs, les bagasses de canne à sucre,... composés de 35 à 50% de matériaux
lignocellulosiques que l'homme ne consomme pas.

L'engouement et l'opinion entre ces deux générations semblent déjà faits puisque
d'un coté nous retirons l’énergie consommée par l’homme et pour être transformée en une
autre énergie consommée à son tour et de l'autre coté, nous valorisons des résidus agricoles
et forestiers afin de s'en servir comme fluide pétrolifère bleu. Arrivée au stade du bioéthanol
le processus de transformation prend une voire deux étapes (s’agissant de la comparaison
avec les plantes sucrières) supplémentaires pour la fabrication, induisant ainsi des surcoûts
en matière d’installation de process et d’impact carbone. C'est pourquoi aujourd'hui, cette
deuxième génération n'est pas en place de façon industrielle pérenne, d'autant plus que les
chercheurs de R&D continuent leurs travaux afin de minimiser ces coûts en améliorant
notamment les étapes de prétraitement et d’hydrolyse enzymatique.

La troisième et dernière génération en matière de production de bioéthanol, celle des


algocarburants va aussi prendre de l'ampleur quant à sa disponibilité et sa rapidité
d’évolution. Comme les deux précédentes cette nouvelle culture à besoin d'eau et pour
cause puisque nous parlons d'aquaculture dans laquelle deux types se montre
particulièrement productive, les cultures extensives (en milieu ouvert) et les cultures
intensives (en milieu fermé). Egalement, quelque soit le type de culture, un besoin de
nutriment s'avère toujours nécessaire ainsi que la présence d'un climat propice au
développement.

27
Les principaux atouts de cette nouvelle production sont d'abord sa maîtrise d'apport
nutritionnelle, plus simplifiée en milieu fermé mais tout aussi faisable dans un cadre ouvert,
ensuite sa capacité à pouvoir fournir du carburant tout au long de l'année, puis sa diversité
immense en matière de souches d'algues (encore aujourd'hui bon nombre ne sont pas
encore connues) et enfin son étonnant pouvoir de captation du CO2.

Pour finir et par comparaison direct aux première et deuxième générations, cette
aquaculture sollicite de nouvelles installations (restant à déterminer pour ses avantages et
inconvénients), donc des coûts d'investissement, de création et d'optimisation ce qui
aujourd'hui ne permet pas de définir avec précision les impacts énergétiques, et encore
moins de manière rationnelle le cycle de vie complet.

28
VI. CONCLUSION

Beaucoup d'avancées concernant la diversité de production de bioéthanol sont


aujourd'hui disponibles mais beaucoup sont encore a réaliser une fois la première des
générations de ce carburant passée. Une chose est mise en évidence, dès lors que l'on veut
produire "bleu" un espace est nécessaire et de l'énergie doit être consommée. A l'horizon de
la deuxième génération de carburant, des efforts de recherche restent à faire en vue d'une
diminution pérenne des gaz à effet serre. Pour se faire, des projets doivent être menés à
bien pour concevoir des moyens techniques spécifiques et efficaces ainsi que le moins
énergivore possible. Malheureusement et comme pour beaucoup, leur intéressement à
l'égard de l'économie n'est pas encore optimal puisqu’ en comparaison le pétrole est
beaucoup moins cher à produire et surtout existe déjà. Les études montrent que l'intérêt à
l’énergie alternative est considérable lorsque le cours du pétrole est élevé (cf. choc pétrolier).

Aujourd'hui, la recherche avance dans ce domaine mais demande énormément


d'investissement et l'utilisation des algues pour la production de bioéthanol est sans aucun
doute une approche durable et écologique dans le cadre de la production de biocarburants.

La production est en pleine croissance mais une attention particulière doit être faite
quant à ces micro-organismes pour en produire. Il y a d’innombrables possibilités de culture
des souches d'algues (milieu, apport en CO2, apport en déchets) et la recherche doit
continuer dans ce sens afin d’optimiser au maximum la filière et ainsi réduire encore les
coûts de production et d’exploitation. Le domaine de la génétique travaille toujours sur la
sélection et la modification des souches afin que ces microalgues se développent aisément
dans les conditions d’un bioréacteur. La récupération de l'éthanol reste encore aujourd’hui un
défi, car plusieurs techniques existent mais demeurent peu efficace si elles sont
développées à l’échelle industrielle.

29
VII. BIBLIOGRAPHIE

[1] IFP énergies nouvelles. (Page consultée le 26 décembre 2014). Quel avenir pour les
biocarburants, [En ligne].[Link]

[2] Futura sciences. (Page consultée le 22 novembre 2014). Recherche dans le domaine des
biocarburants, [En ligne].[Link]

[3] DE CHERISEY H – Panorama et potentiel de développement des bioraffineries – Angers


: ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie), 2010 – 221.

[4] BIOTECH ROUEN. (Page consultée le 22 novembre 2014). Les biocarburants, [En ligne].
[Link]

[5] Ministère du développement durable. (Page consultée le 8 décembre 2014). Recherche


dans le domaine des biocarburants, [En ligne].[Link]

[6] BALLERINI D.. – Les biocarburants, répondre aux défis énergétiques et


environnementaux des transports .- Paris : Technip, 2011 .- 381 p.

[7] ROJAN P.J, ANISHA G.S, MADHAVAN NAMPOOTIRI K, PANDEY A.- Micro and
macroalgal biomass: A renewable source for bioethanol.- Journal of biotechnology, 2011,
102, 186-193.

[8] You Tube. (Page consultée le 26 décembre 2014. Reportage RMC découverte avril 2013
: Les algues, énergie du futur, [En ligne].[Link]

[9] LIAO S, LI F, YAO C.H, BAI F.W .- The progress of ethanol production from microalgae.-
Journal of biotechnology, 2010, 150S, S570.

[10] CHISTI Y..- Biodiesel from microalgae beats bioethanol: étude bibliographique
technique. – Palmerston (New Zeland) : Massey university. 2008.

[11] You Tube. (Page consultée le 27 décembre 2014. Reportage société BFS : La culture
d’algues avec du CO2 d’origine industriel, [En ligne].[Link]

[12] TRUONG A.G .- Ordures, micro-algues et bioéthanol .- L’actualité Poitou-Charentes,


2011, 91, 6-7.

[13] Sialleli J, Roy S. .- L'utilisation des micro-algues pour la production de biocarburants en


Allemagne.- Ambassade de France en Allemagne: Berlin le 02/12/2010.

[14] Delrue F. .- Micro-algues et biocarburants de troisième génération.- Rencontre CEA-


Industries 12/12/2012.

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