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Fluor : Impact sur les Dents

Le document décrit les propriétés et sources du fluor, ainsi que ses effets sur les structures dentaires comme l'émail et la dentine. Il explique également les recommandations concernant l'utilisation de fluorures pour la prévention carieuse.

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Fluor : Impact sur les Dents

Le document décrit les propriétés et sources du fluor, ainsi que ses effets sur les structures dentaires comme l'émail et la dentine. Il explique également les recommandations concernant l'utilisation de fluorures pour la prévention carieuse.

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires

Dr. ASSIFER. O

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


Université de Constantine 3
Faculté de Médecine
Département de Chirurgie Dentaire
Service d’ Odontologie Conservatrice / Endodontie

Le fluor et ses effets sur les structures dentaires

Dr. ASSIFER. O
Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
Dr. ASSIFER. O

Plan :

- Introduction
I- Définition
II- Les propriétés physico-chimiques du fluor -
III- Les sources du fluor : -
III-1- Les sources naturelles :
III-2- Les sources thérapeutiques :
2-1- Fluor systémique :
2-2- Fluor topique :
IV- Métabolisme du fluor
V- Mécanismes d’action des fluorures
VI - Effets du fluor :
VII-1- Pendant la phase de formation et de maturation pré éruptive :
Effets du fluor sur l’émail :
1* Fluor et prolifération des améloblastes :
2* Fluor et fonction des améloblastes :
3* Concentration du fluor dans l’émail :
4* Rôle du fluor incorporé dans l’émail pendant l’amélogénèse en cario-prophylaxie :
Effets du fluor sur la dentine :
A- Effets sur la structure
B- Effets sur les composants
C- Effets sur les propriétés
VII-2- Après éruption de la dent :
**Phase de maturation précoce post-éruptive ;
** Phase de maturation tardive
VIII- Toxicologie du fluor :
1- Intoxication aigue :
2- Intoxication chronique « La fluorose »
IX- Recommandations d’utilisation de fluorures de l’ANSM (2009)
- Conclusion :

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
Dr. ASSIFER. O

- Introduction :
Le fluor joue un rôle primordial dans la prévention de la carie dentaire. Leur usage, topique et/ou
systémique, doit être modulé en fonction du risque carieux. Toute prescription de fluor médicamenteux
doit être précédée d’un bilan personnalisé des apports journaliers en fluor, pour éviter les intoxications.
I- Définitions :
Le fluor : est un élément chimique de symbole « F » de numéro atomique 9. Il s'agit du premier élément
de la famille des halogènes. Il est le plus petit des éléments chimiques et le plus électronégatif.
C’est un oligo-élément qui renforce l’émail.
Le Fluorure est le composé binaire du fluor avec un autre élément.
II- Les propriétés physico-chimiques du fluor :
- C’est le premier halogène du tableau périodique du tableau périodique de MENDELEV
- C’est le plus électronégatifs et le plus réactif des éléments chimiques, il est généralement lié à d'autres
éléments ;
- La haute densité de charge électronégative confère une réactivité chimique exceptionnelle aux fluorures.
- L’état ionique (F–) ion fluorure : le plus petit anion ce qui explique sa forte capacité de liaison avec
d’autres molécules.
Dans les conditions normales de Température et de Pression, le Fluor est un gaz plus lourd que l’air, de
couleur jaunâtre presque incolore, il possède une odeur caractéristique, repoussante et facilement
détectable à des concentrations de l’ordre de 0,02 ppm. Sa Masse molaire 38 g.
- Les tissus minéralisés ont la plus forte affinité pour les fluorures.
- La concentration moyenne est 2 à 3 fois plus élevée dans la dentine que dans l'émail. Elle est plus élevée
en surface qu'en profondeur.
- Sa concentration augmente avec l'âge.
III- Les sources du fluor :
III-1- Les sources naturelles :
1-1- Les sols :
Les principaux minerais contenant du fluor sont :
* La fluorine * La cryolite ou fluoro-aluminate de sodium * La fluoroapatite * Les phosphates
1-2- L’atmosphère :
Des poussières riches en particules de fluor circulent dans l’atmosphère, véhiculées par les vents. Elles
proviennent des couches superficielles des sols, ou de la pollution industrielle ou minière.
1-3- Les eaux naturelles : Source majeure de fluorures.
Ces derniers proviennent essentiellement de la dissolution des roches ou des sols parcourus par les eaux.
La concentration de fluorures dans les eaux naturelles varie de manière importante en fonction des
conditions géologiques et des facteurs d’environnement.
1-4- Les aliments :
On trouve des traces de fluor dans pratiquement tous les aliments à des doses variables.

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
Dr. ASSIFER. O

Le poisson fait partie des aliments les plus riches en fluor, avec une moyenne de 2,118 mg/kg.
Le thé noir possède le contenu le plus élevé en fluor des thés constitués de feuilles.

III-2- Les sources thérapeutiques : ayant pour but la prévention de la carie dentaire :
2-1- Fluor systémique :
A- Fluoration des eaux de distribution :
- Le taux optimum qui assure une bonne prévention de la carie et qui garantit la sécurité des risques
toxicologiques est de 0,5 à 1mg/L
- La teneur maximale en fluor autorisée dans les eaux de distribution est de 1,5mg/L
- Cette méthode est presque inapplicable en raison de la trop grande diversification des réseaux de
distribution
B- Eaux embouteillées :
- L’ANSM a fixé une teneur en fluor en dessous de laquelle les nourrissons et les enfants peuvent boire
ces eaux sans risque de fluorose :
* 0,5 mg/L sans supplémentation fluorée
* 0,3 mg/L dans le cas contraire
la teneur maximale en fluor autorisée dans les eaux de boissons est de 1,5mg/L
C- Sel de cuisine fluoré :
- Moyen fiable, bon marché et stable ; il est dosé à 250 mg de fluorure de potassium.
- La consommation du sel peut être recommandée après l’âge de 2 ans, en relais des comprimés, si la
concentration de l’eau de boisson est inférieure à 0,3 ppm. Elle permet un apport quotidien de 0,25 mg/j
de fluor chez un enfant de 10 à 20 Kg (ANSM 2007).
Cependant, de nos jours la large diffusion des dentifrices fluorés dans les pays développés limite l’intérêt
de sources de fluor topiques ou systémiques complémentaires. La situation est différente dans les pays en
voie de développement où le sel fluoré constitue parfois le seul apport en fluor possible dans un contexte
de prévalence carieuse très élevé ;
D- Lait fluoré :
L’ANSM en 2008 ne mentionne pas le lait infantile comme source de fluor mais insiste sur la nécessité de
connaitre le taux de fluor dans l’eau utilisée pour la reconstitution, afin de faire le bilan personnalisé des
apports en fluor.
E- Gouttes et comprimés :
- Elle s’adresse aux enfants à RCI élevé et/ou ayant des difficultés de brossage, après un bilan fluoré et
avec les recommandations précises de l’ANSM.
- Si le choix se porte sur les comprimés, il est demandé de les sucer pour bénéficier de l’effet topique.
Selon l’OMS, le dosage doit tenir compte du poids de l’enfant (≤0,05 mg /Kg) :
0,25mg de 6mois à 3ans, 0,5mg de 3 à 6ans et 1mg après 6ans si l’eau de boisson contient ¿ de 0,3ppm.

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
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F- Dentifrice ingéré :
Plus l’enfant est jeune, plus il déglutit de dentifrice fluoré lors du brossage :
50% entre 2 et 4ans, 30 % entre 4 et 6ans et 10% après 6ans (ANSM 2010).
2-2- Fluor topique :
A- Dentifrices : la forme topique la plus employée.
- C’est l’une des mesures les plus efficaces contre la carie avec un haut niveau de preuve. Ils sont
indiqués pour tous les enfants à risque carieux faible ou élevé.
* Dentifrices médicamenteux : soumis à l’autorisation de mise sur le marché (AMM) et vendus
uniquement en pharmacie (>1500ppm= 1500mg/Kg)
* Produits d’hygiène et cosmétiques commercialisés en grande surface (<1500ppm)
- Le choix de la concentration du dentifrice doit être modulé en fonction de l’âge de l’enfant, et du
niveau du RC afin d’atteindre un rapport bénéfice/risque optimal.
Selon l’ANSM 2008:

Quel que soit le niveau de risque carieux de l’enfant, la mesure la plus efficace de prévention des lésions
carieuses repose sur un brossage au minimum biquotidien des dents avec un dentifrice fluoré ayant une teneur
en fluor adaptée à l’âge.
• Un apport de fluorures est recommandé dès l’apparition des premières dents (à environ 6
mois) à l’aide d’une brosse à dents imprégnée d’une quantité très faible de dentifrice fluoré
inférieur ou égal à 500 ppm.
• Dès l’apparition des premières molaires temporaires (vers 12-18 mois), un brossage au
moins quotidien avec un dentifrice fluoré inférieur ou égal à 500 ppm est recommandé.
• La quantité de dentifrice à utiliser doit être de la grosseur d’un petit pois.
• De 3 à 6 ans : biquotidien et utiliser un dentifrice fluoré à 500ppm
• Au-delà de 6 ans, trois brossages par jour avec un dentifrice fluoré entre 1000 et 1500ppm.
A l’issue de son colloque de santé publique du 4 octobre 2019, l’UFSBD a déterminé de nouvelles
recommandations de dosage de fluor dans les dentifrices, en fonction de l’âge et du risque carieux de
chaque patient. Le tableau, ci-dessous, vous donne toutes ces nouvelles recommandations :

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
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B- Vernis :
Les seuls topiques fluorés à usage exclusivement professionnel, indiqués en cas de risque carieux
élevé. Ils présentent des qualités très intéressantes :
* Des propriétés physico-chimiques d’adhérence qui permet de prolonger la durée de contact des
fluorures avec les surfaces dentaires.
* Une concentration élevée, ce qui aboutit à la formation d’importants réservoirs de fluorures de
calcium à la surface amélaire.
-Le vernis fluoré présente aussi l’avantage de pouvoir être utilisé sur les dents temporaires,

- mode d’application :
* Un nettoyage prophylactique doit précéder leur application ;
* Laisser sécher à l’abri de la salive ;
* Le patient est prévenu de ne pas boire ni manger pendant les 4heures et de ne pas se brosser les dents le
jour même de l’application afin de laisser les fluorures de calcium précipiter le plus longtemps possible
au contact de l’émail.
- Le rythme des applications :
Les recommandations de l’ANSM 2008
• Pour tous les enfants de 3 à 11 ans, une application de vernis fluorés à (5%) 22600 ppm au
moins deux fois par an, et jusqu’à quatre fois par an pour les enfants à haut risque carieux.
• De 12 à 17 ans, une application de vernis fluorés à (5%) 22600 ppm tous les trois mois
pendant un an pour les enfants à haut risque carieux.

*Il permet aussi de reminéraliser les lésions initiales à condition d’être appliqué de façon hebdomadaire
à un dosage de 22 600 ppm

C- Bains de bouche :
- Indiqués pour les enfants de plus de 6ans présentant un RCI élevé, et réalisés à distance du brossage
pour augmenter leur efficacité.
- Des BDB avec une concentration de 0,05% en fluor soit 250 ppm utilisées chez les patients à haut
risque carieux pour rinçage quotidien pendant 1 min.
-Des BDB dosés à 0,5 % en fluor soit 1000 ppm, pour rinçage hebdomadaire
D- Gels fluorés : peuvent être prescrits à domicile ou appliqués par le praticien au cabinet.
- Au cabinet dentaire, ils nécessitent en général la préparation de gouttières individuelles, mais peuvent
être aussi étalés ou passés à l’aide d’un fil de soie dentaire qui en est imprégné.
- A domicile, seuls les gels cosmétiques (< 1500 ppm de fluor) sont utilisables (0,1 % ou 0,5 %).
Ils sont prescrits soit à la place du dentifrice au moment du brossage, soit dans une gouttière individuelle.
- Demander au patient de s’abstenir pendant 30min de se rincer, de s’alimenter ou de se brosser les dents.
- Le temps d’application est de plusieurs minutes, cette technique est donc contre-indiquée chez le jeune
enfant car il est difficile de contrôler les excès de gel pendant l’application et donc d’éviter une ingestion.
N.B

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
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En l’état actuel des données, les fluorures auraient une efficacité supérieure lorsqu’ils sont administrés en
période post-éruptive (action par voie topique essentiellement) en comparaison avec leurs effets en
période pré-éruptive (action par voie systémique essentiellement).
L’efficacité carioprotectrice maximale est obtenue grâce à des apports faibles mais réguliers de fluorures
dans la cavité buccale assurant la présence continue d’ions fluorures à la surface de l’émail.

IV- Métabolisme du fluor : son ingestion sera suivie par des phases métaboliques, à savoir :
- L’absorbation
- La distribution et la diffusion dans l’organisme
- L’excrétion
Ces étapes intéressent successivement les compartiments de l’organisme au sein desquels le fluor
transite :
* La cavité buccale
* Le tractus gastro-intestinal
* Le plasma
* Les fluides tissulaires
* Les tissus minéralisés
* Les reins, les glandes salivaires, la sueur et les fèces.
 Absorption du fluor :
- Après l’ingestion, la majeure partie du fluor est absorbée au niveau du tractus digestif d’où elle passera
dans la circulation sanguine, puis sera distribuée dans les différents tissus.
- Cette phase marquée par l’élévation brusque du taux de fluor dans le plasma, suit immédiatement
l’ingestion et reflète l’absorption rapide du fluor au niveau du tractus gastro-intestinal et son passage dans
le plasma.
 Distribution et diffusion du fluor dans l’organisme :
- Après l’absorption, le fluor va être véhiculé par la voie plasmatique, ensuite distribué dans les différents
tissus de l’organisme, ce qui explique la diminution du taux de fluor dans le plasma.
- En raison de la grande affinité pour le calcium, le fluor est rapidement capté par le squelette et par les
dents en voie de minéralisation.
- Le fluor traverse le placenta et passe dans la circulation fœtale, par contre leur passage dans le lait
maternel est quasi inexistant.
 Excrétion du fluor :
- La voie rénale est la voie majeure et principale d’excrétion du fluor. Sa concentration dans le filtrat
glomérulaire sera approximativement proportionnelle à sa concentration dans le plasma.
- Le dosage du fluor dans l’urine est un bon indicateur du dosage du fluor ingéré.
V- Mécanismes d’action des fluorures :
Les principaux mécanismes d’action suggérés se résument essentiellement dans l’action de
reminéralisation et l’action antibactérienne

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
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**Ils limitent la déminéralisation et favorisent la reminéralisation:


Action du fluor sur la déminéralisation de l’émail :
- L’email, en présence de fluor, est moins vulnérable à l’attaque acide. Cette résistance est due :
* Soit à la transformation de l’hydroxyapatite en fluoroapatite (grande stabilité, donc une plus grande
résistance à l’attaque acide) selon la réaction suivante :
Ca10(PO4)6 (OH)2 Hydroxyapatite+ H+ Ca2+ + HPO42- + OH + F- Ca10(PO4)6(OH-F) fluoroapatite :
Il a été montré in vitro que de très faibles concentrations de fluor (inférieures à 0,1 ppm) avaient la
capacité d’inhiber la progression de lésions carieuses.
Au cours de la phase de reminéralisation, les ions fluor peuvent s’insérer dans les cristaux en cours de
reformation de la surface et de la sub-surface de l’émail contribuant à la formation de cristaux enrichis en
hydroxyapatite fluorée. Au sein des cristallites, les ions fluorures (F–) leur confèrent une plus grande
stabilité, donc une plus grande résistance à l’attaque acide
* Soit par précipitation à la surface de l’émail de fluorure de calcium qui protège l’hydroxyapatite
sous-jacente de l’attaque acide :
Car à plus forte concentration, les ions fluorures peuvent également précipiter sous la forme de
microcristaux très labiles de fluorure de calcium (CaF2), de façon préférentielle sur les surfaces dentaires
déminéralisées mais aussi sur les surfaces dentaires saines, les muqueuses et au sein de la plaque. La
formation de CaF2 constitue une réserve de fluorures immédiatement disponibles lors des chutes de pH.
En effet, ces cristaux de taille inférieure à 1 μm, sont relativement stables à pH neutre, se dissocient à pH
acide, libérant des ions fluorures et calcium

2-Effets du fluor sur les bactéries


Le fluor est toxique pour la plupart des bactéries de la cavité buccale.
Cette toxicité se manifeste à des degrés différents, soit par:
-La mort bactérienne
-Un ralentissement de la croissance bactérienne
Différents facteurs permettent d'expliquer ces différences de réaction des bactéries en présence de fluor :
- le degré de résistance naturelle de la bactérie au fluor: caractéristique spécifique à la bactérie, sous
contrôle génétique. Par exemple, Streptococcus mutans est 20 à 40 fois plus sensible au fluor (NaF) que
Lactobacillus casei, et 7 fois plus sensible que certaines espèces d'Actinomyces.
- le taux de concentration du fluor dans le milieu de culture
- le pH du milieu: une baisse de la valeur du pH augmente la sensibilité bactérienne au fluor.

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
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- la présence éventuelle d'un ion métallique associé au fluorure: l'étain étant particulièrement toxique
pour les bactéries orales, le fluorure d'étain est lui-même plus toxique pour Streptococcus mutans que le
fluorure de sodium

2-1-Fluor et métabolisme bactérien:


Le fluor a un effet inhibiteur sur des processus enzymatiques:
1-La glycolyse (effet direct)
Le fluor inhibe l'activité enzymatique de l'énolase qui intervient lors de la glycolyse, ce qui se traduit
rapidement par une réduction de la production d'acides et donc une diminution du potentiel
cariogène, mais aussi par une diminution de l'ATP, métabolite clé de nombreux processus cellulaires.
2-Transport intrabactérien des glucides
Le métabolisme des glucides par la bactérie cariogène implique leur transport intra-bactérien.
Celui-ci repose sur divers mécanismes plus ou moins fluor-sensibles.
• Système de la phosphotransférase : (par effet indirect)
• Système Force Proton Motrice: (par effet indirect)
• Système proton-pompe ATPase : (effet direct)
3-Fluor et colonisation bactérienne
La colonisation initiale des surfaces dentaires par les bactéries cariogènes se fait par une étape au cours de
laquelle les micro-organismes se fixent sur la pellicule exogène acquise, constituée principalement par
l'adsorption des glycoprotéines salivaires sur la surface de l'émail.
Or, la fluoration de l'émail semble diminuer la formation de la pellicule exogène acquise, par
l'instauration d'un phénomène de compétition entre l'absorption des protéines salivaires et celle des ions
fluorures (MUSTER D., 2001, 71), (BRECX M., 1997,26).
Ainsi, le fluor a un effet inhibiteur sur l'adsorption des protéines acides à la surface de l'apatite, entraînant
une réduction de l'accumulation de la plaque dentaire.

*Le fluor agit donc :


- en réduisant la solubilité de l’émail
- en augmentant la résistance de l’émail à l’action déminéralisante des acides
- en reminéralisant les lésions carieuses initiales ;
- en diminuant le développement de la plaque bactérienne : les fluorures constituent un agent
antibactérien et antiplaque efficace

VI - Effets du fluor :

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
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VI-1- Pendant la phase de formation et de maturation pré-éruptive:


**Effets du fluor sur l’émail :
Les fluorures interviennent successivement sur les phases:
- de sécrétion de la matrice amélaire
- de réabsorption matricielle
- et de minéralisation, aboutissant à une forme stable d’hydroxyapatite, carbonatée,
magnésiée, où l’on présume que le fluor s’est intégré à la maille cristalline

1* Fluor et prolifération des améloblastes :


- Les concentrations de fluor, physiologiquement acceptables, ne modifient pas les mitoses cellulaires des
futurs améloblastes, et n’interférent pas avec la différenciation des cellules de la couche interne de
l’organe de l’émail en améloblastes.
- Cependant, des concentrations plus importantes de fluor modifient le stade tardif du cycle de
différenciation des améloblastes.

2* Fluor et fonction des améloblastes :

 Fluor et synthèse des protéines matricielles par les améloblastes :

Une concentration importante de fluor peut ralentir la synthèse des protéines par les améloblastes par
l’inhibition de l’incorporation des acides aminés via ATP ase.

 Fluor et minéralisation de la matrice de l’émail :


A/ Pendant la phase sécrétoire :
- Le fluor peut se fixer très rapidement aux petites cristallites du premier stade de minéralisation, et
modifier la croissance des cristaux, entrainant une hyper minéralisation irréversible.
- Un excès de fluor peut inhiber le dépôt de minéral, mais d’une façon réversible.
B/ Au cours de la maturation post-sécrétoire :
- L’élimination des protéines matricielles, induit des porosités dans l’émail immature.
- Lorsque la fluorémie est adéquate, le fluor s’incorpore dans ces porosités permettant la formation et la
croissance de cristaux au sein de la matrice de l’émail.
-La concentration de fluor diminue au niveau de l’émail, au fur et à mesure que la minéralisation
augmente.
- Des doses excessives à ce stade de l’amélogénèse, inhibant l’élimination des protéines matricielles,
perturbent la minéralisation de l’émail, et entrainent des lésions hypominéralisées caractéristiques de
l’émail fluorotique.

3* Concentration de fluor dans l’émail :


- Que ce soit l’émail d’une dent temporaire ou d’une dent permanente, la concentration du fluor est
toujours plus importante dans la couche externe qu’au niveau de la région interne.
- La concentration de fluor au niveau de la région interne : reflète les quantités de fluor ingérées

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
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pendant l’amélogénèse, donc la fluorémie du sujet.


- La concentration de fluor dans la couche externe : reflète non seulement les quantités de fluor
ingérées pendant l’amélogénèse, mais également le taux de fluor du milieu buccal qui est au contact de la
surface de l’émail, lorsque la dent est sur l’arcade.
- La consommation de fluor pendant l’amélogénèse, couplée à l’apport de topiques fluorés sur les
surfaces des dents, n’augmente pas de façon significative le taux de fluor dans la région interne.
Par contre, elle augmente de façon significative celui de la couche externe qui devient très riche en fluor.
4* Rôle du fluor incorporé dans l’émail pendant l’amélogénèse en cario-prophylaxie :
- Les fluorures auraient une efficacité supérieure lorsqu’ils sont administrés par voie topique en période
post-éruptive précoce en comparaison avec leurs effets en période pré-éruptive (action par voie
systémique essentiellement).
- Les fluorures administrés par voie systémique sont essentiellement incorporés à l’os.
- C’est la conjonction du fluor pré-éruptif et du fluor topique post-éruptif, qui peut assurer une prévention
optimale des caries dentaires.
N.B : L’efficacité carioprotectrice maximale est obtenue grâce à des apports faibles mais réguliers de fluorures
dans la cavité buccale assurant la présence continue d’ions fluorures à la surface de l’émail.

***Effets du fluor sur la dentine :


- L’effet du fluor sur la dentine n’est détectable qu’à des concentrations beaucoup plus importantes que
celles requises pour l’émail.
A- Effets sur la structure :
La dentine présente des changements histologiques (augmentation de la taille des tubuli) dans le cas de
fluorose sévère, à des concentrations en fluor plus élevées que celles de l’émail.
B- Effets sur les composants :
- Le fluor ne provoque pas d’altérations du composant extracellulaire majoritaire de la dentine :
le collagène de type I. Par contre, des changements spécifiques au niveau des composants non-
collagéniques apparaissent :
* Les phosphoprotéines dentinaires (phosphophorine) présentent des poids moléculaires inférieurs.
* Des enzymes présentes lors de la dentinogénèse (la caséine kinase II et la phosphatase alcaline) sont
inhibées par le fluor.
* Les glycosaminoglycannes (GAG) apparaissent plus petites et plus anioniques.
C- Effets sur les propriétés :
- L’étude de Vieira 2006 montre que le module d’élasticité est affectée par la concentration en fluor de la
dent.
- La capacité de résistance de la dent aux forces de mastication est réduite en fonction de la concentration
en fluor de la dent.
- Le facteur environnemental seul (concentration en fluor de la dent) joue un rôle sur les propriétés
mécaniques (microdureté) et matérielles (minéralisation).

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
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VI-2- Effets du fluor après éruption de la dent :


*L’émail post-éruptif est exposé au milieu buccal (salive, aliments et plaque bactérienne).
**Phase de maturation précoce post-éruptive (2 ans après l’éruption) : La formation de l’émail est
pratiquement achevée après l’éruption de la dent. Cependant, sa surface est immature et poreuse, donc
cario susceptible.
Cette phase correspond à une alternance de phases de déminéralisations et de reprécipitations qui vont
remanier surface et sub-surface de l’émail.
**Phase de maturation tardive : où des remaniements se produisent toujours dans un contexte de
phases alternées de déminéralisations brèves et de reminéralisations prolongées (imprégnations salivaires,
apports d’ions minéraux, dont les fluorures).
**Ces formations sont instables dans le temps et l’apport en fluor doit être renouvelé pour apporter des
effets bénéfiques en termes de résistance à la carie.
**Lorsque les apports topiques fluorés sont réguliers, la salive d’une part, la plaque dentaire et les
muqueuses buccales d’autre part se chargent en ions fluorures. Ils constituent alors un véritable réservoir
d’ions fluorures à proximité des surfaces amélaires.

VIII- Toxicologie du fluor :

1- Intoxication aigue :
- Elle peut résulter d’une ingestion accidentelle d’une quantité importante de produit fluoré.
- La dose minimale pouvant induire des signes et symptômes, qui devrait déclencher une intervention
thérapeutique immédiate ainsi qu’une hospitalisation : autour de 5mg/kg.
- La dose létale étant de 15mg/Kg.
- Les effets cliniques sont des symptômes gastro-intestinaux (douleurs épigastriques, nausées, dysphagie,
diarrhée), des troubles hépatiques (une augmentation des enzymes), des maux de tête, ou encore des
répercussions sur les électrolytes (hypocalcémie, hypomagnésie et hyperkaliémie).
- Dans les cas sévères, une hypotension et des problèmes de rythme cardiaque peuvent survenir, liés à
l’hyperkaliémie.
- Le décès résulte d’un problème cardiaque ou d’une paralysie des muscles respiratoires.
- La prise en charge thérapeutique : si le produit n’est pas corrosif et si le patient est conscient, il faut le
faire vomir le plus rapidement possible et lui donner 1 ou 2 verre de lait toutes les 4heures.
2- Intoxication chronique : « La fluorose dentaire »
* Définition :
Hypo minéralisation de l’émail liée à une incorporation trop importante de fluorures lors de la formation
de la couronne. Elle est essentiellement due à une perturbation de la phase tardive de la minéralisation de
l’émail, mais les défauts peuvent être plus sévères si le fluor est aussi présent lors des stades de sécrétion
et de maturation.
* Aspect clinique :
- Une symétrie dans le degré d’atteinte des dents homologues.
- Toutes les surfaces d’une dent sont affectées de manière équivalente au moment de l’éruption.
- L’expression de la fluorose dépend de la susceptibilité individuelle, de la dose ingérée ainsi que de la

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
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durée et de la période d’exposition aux fluorures.


- Les formes cliniques varient de la simple hypo minéralisation à des hypoplasies secondaires.
- Les dents présentant une fluorose sont moins susceptibles à la carie.
* Classification : selon l’OMS :

Fluorose douteuse L’émail présente seulement quelques taches blanches, ou points blancs, très discrets.

Fluorose très légère Des petites taches opaques sont disséminées sur des dents homologues, couvrant jusqu’à 25%
de la surface de la dent.
Fluorose légère Des zones blanches opaques couvrent jusqu’à 50% de la surface de la dent.

Fluorose modérée Toute la surface dentaire est touchée par les colorations, mais il n’existe pas d’altération
de la forme.
Fluorose sévère Les hypoplasies touchent l’ensemble des couronnes dentaires. Elles sont souvent accompagnées
d’une abrasion des bords incisifs et des cuspides.
* Histopathologie :
- L’émail fluorotique est caractérisé par une hypo minéralisation généralisée et la persistance d’une phase
organique importante. C’est un émail de type « immature » qui présente une structure prismatique
irrégulière.
- L’altération fluorotique est marquée par :
* Un élargissement des gaines des prismes
* Une accentuation des stries de Retzius
* La persistance, au voisinage de la jonction amélo-dentinaire d’abondants reliquats matriciels
* Une minéralisation hétérogène au niveau du cœur des prismes
* Diagnostic différentiel : avec :
Le diagnostic différentiel permet d’écarter toutes les pathologies ayant des similitudes avec la fluorose
dentaire comme le MIH (asymétrie des opacités et leur localisation), les dyschromies, l’hypoplasie de
l’émail, l’amélogénèse imparfaite, la dentinogénèse imparfaite
- Fluorose osseuse : La fluorose osseuse, beaucoup plus dangereuse que la fluorose dentaire, se traduit
dans un premier temps par l’augmentation de la masse osseuse et des concentrations en fluorure
pouvant atteindre 2 à 5 fois la normale, c’est-à-dire de 3 à 5 g/kg.

IX- Recommandations d’utilisation de fluorures de l’ANSM (2008) :


- L’usage des fluorures, topique/ou systémique, doit être modulé en fonction du risque carieux.
- Le fluor topique est plus efficace que le fluor systémique et doit être privilégié, sous forme de dentifrice
en quantité et concentration adaptées. Pour être efficace, en petites quantités de manière fréquente et
régulière, quel que soit le niveau de risque carieux.
- Toute prescription de fluor médicamenteux (gouttes, comprimés) doit être précédée d’un bilan
personnalisé des apports journaliers en fluor.
- Pour augmenter l’effet topique de cet apport « systémique », il est recommandé de répartir la dose
quotidienne et de demander à l’enfant de sucer les comprimés.

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Le fluor et ses effets sur les structures dentaires
Dr. ASSIFER. O

- L’utilisation de produits appliqués professionnellement, comme des vernis ou des gels, est également
recommandée en particulier en cas de risque accru de caries.
- Pour éviter la fluorose dentaire, il est nécessaire de contrôler l’administration en fluorures avant l’âge de
6ans, de réaliser un bilan fluoré et de restreindre à une seule source d’apport systémique.
- La dose à ne pas dépasser pour éviter tout risque de fluorose est de 0,05 mg/j par kg de poids corporel,
tous apports confondus, sans dépasser 1 mg/j (donnée OMS).
- Conclusion :
- Les mesures prises en faveur de l’augmentation de la résistance à la carie, grâce aux dérivés fluorés ont
été déterminantes.

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