Notion de compacité en analyse mathématique
Notion de compacité en analyse mathématique
Said Imane
Table des matières
I Compacité 5
1.1 Propriété de Borel-Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Propriété de Bolzano-Weierstrass . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.2 Propriétés générales des compacts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.3 Compacts et applications continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Espaces Topologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.4 I.1. Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.5 Attention Être ou ne pas être ouvert ou fermé ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.6 Attention Intersections d’ouverts et réunions de fermés . . . . . . . . . . . . . 22
1.7 Attention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.8 I.2. Bases de topologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.9 Espaces topologiques compacts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.10 Notions de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.11 Suites dans un espace compact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.12 Sous espaces compacts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.13 Proposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
1.14 Démonstration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
1.15 Continuité et compacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
II Développement 31
1.16 Lpest un espace de Banach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
1.17 Une fonction dérivée est continue sur un ensemble dense . . . . . . . . . . . 6
1.18 Topologie et matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.19 Groupes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.20 Ensembles de matrices de rang fixé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2
TABLE DES MATIÈRES
Pr. Achak 3
Chapitre 1
utilisation de notion de compacité en analyse
4
Première partie
Compacité
5
1.1 Propriété de Borel-Lebesgue
Définition 1
Proposition 1
Proposition 2
Proposition 3
Si ( Fn )n∈N est une suite décroissante de fermés non vides dans un compact E, alors
∩n∈N Fn 6= ∅.
Pr. Achak 6
1.1 Propriété de Borel-Lebesgue
Remarque. Nous avons vu plus haut que ce dernier résultat reste vrai dans un espace com-
plet pourvu que limn→∞ δ ( Fn ) = 0. Si cette dernière condition n’est pas vérifiée, le résultat
est faux dans un espace complet (par exemple, ∩n∈N [n, +∞[= ∅)
Parties compactes. Les propriétés des ouverts d’une topologie induite entraînent une
caractérisation simple des parties compactes.
Proposition 4
On en déduit facilement :
Proposition 5
Proposition 6
Théorème 1
Pr. Achak 7
1.1 Propriété de Borel-Lebesgue
– On choisit x ϕ(0) ∈ A0 .
– L’élément x ϕ(n) étant construit, on prend x ϕ(n+1) ∈ An+1 tel que ϕ(n + 1) > ϕ(n) et
d x ϕ(n+1) , x < 1/2n+1 (c’est possible car x ∈ An+1 .
Ainsi construite, x ϕ(n) est une sous suite de ( xn ) qui converge vers x.
Seconde preuve. Soit ( xn ) une suite de E. Si cette suite ne prend qu’un nombre de valeurs
fini, on peut en extraire une sous suite constante donc convergente. Sinon, A = { xn , n ∈ N}
est infini. Nous allons prouver que A a au moins un point d’accumulation. Supposons le
contraire, de sorte que pour tout x ∈ E, il existe r x > 0 tel que B ( x, r x ) ∩ A est fini. Du
recouvrement ∪ x∈E B ( x, r x ) de E, on peut en extraire un sous recouvrement fini. En termes
mathématiques, ceci s’écrit
∃ J ⊂ E, J fini, avec E = ∪ x∈ J B ( x, r x ) .
Ainsi, A = ∪ x∈ J ( B ( x, r x ) ∩ A), réunion finie d’ensembles finis, est fini, ce qui est contra-
dictoire.
L’ensemble A admet donc au moins un point d’accumulation x ∈ E. Ainsi, x est valeur
d’adhérence de la suite ( xn ), donc il existe une sous suite de ( xn ) qui converge vers x.
Condition suffisante. (Bolzano-Weierstrass =⇒ Borel-Lebesgue). Nous montrons deux
lemmes.
PRÉCOMPACITÉ (OU ε-RECOUVREMENT).
Définition 2
Un espace métrique E est dit précompact si pour tout ε > 0, il existe un recouvre-
ment fini de E par des boules (ouvertes) de rayon ε.
Lemme 1
En effet. Raisonnons par l’absurde en supposant l’existence de ε > 0 tel que l’on ne puisse
pas trouver un sous recouvrement fini de E par des boules de rayon ε.
– Soit x0 ∈ E. Alors B ( x0 , ε) 6= E.
– Donc il existe x1 ∈ E tel que d ( x0 , x1 ) ≥ ε.
– De même, comme B ( x0 , ε) ∪ B ( x1 , ε) 6= E, il existe x2 ∈ E tel que d ( x0 , x1 ) ≥ ε et
d ( x0 , x2 ) ≥ ε.
– On recommence . . . x0 , x1 , . . . , xn étant construits tels que ∀i < j ≤ n, d xi , x j ≥ ε, on
sait que ∪0≤i≤n B ( xi , ε) 6= E, donc il existe xn+1 ∈ E tel que pour tout i, 0 ≤ i ≤ n,
d ( x i , x n +1 ) ≥ ε
Pr. Achak 8
1.1 Propriété de Borel-Lebesgue
On construit ainsi une suite ( xn ) de E telle que d xi , x j ≥ ε dès que i 6= j. La suite ( xn )
n’admet donc aucune sous suite convergente car aucune sous suite n’est de Cauchy, d’où la
contradiction voulue, d’où notre premier lemme.
Lemme 2
(∃α > 0, ∀ x ∈ E, ∃i ∈ I ), B( x, α) ⊂ Oi .
(∀α > 0, ∃ x ∈ E, ∀i ∈ I ), B( x, α) 6⊂ Oi .
En particulier,
∗ 1
(∀n ∈ N , ∃ xn ∈ E, ∀i ∈ I ) , B xn , 6 ⊂ Oi .
n
Soit x ϕ(n) une sous suite de ( xn ) qui converge. Notons x sa limite. Il existe i ∈ I tel que
x ∈ Oi . Comme Oi est ouvert, il existe r > 0 tel que B( x, 2r ) ⊂ Oi . Comme x ϕ(n) converge
vers x,
1
∃ N ∈ N, ∀n ≥ N, d x ϕ(n) , x < r et ϕ(n) > .
r
Alors
1
∀n ≥ N, ∀y ∈ B x ϕ(n) , , d( x, y) ≤ d x, x ϕ(n) + d x ϕ(n) , y < r + r = 2r,
ϕ(n)
donc pour tout n ≥ N, B x ϕ(n) , 1/ϕ(n) ⊂ Oi , ce qui est absurde. D’où le lemme 2 .
Achevons notre raisonnement. Soit ( E, d) vérifiant la propriété de Bolzano-Weierstrass,
soit (Oi )i∈ I un recouvrement de E par des ouverts de E. D’après le lemme 2,
∃α > 0, ∀ x ∈ E, ∃i ∈ I, B( x, α) ⊂ Oi .
D’après le lemme 1, on peut recouvrir E par un nombre fini de boules de rayon α, ce qui
s’écrit
∃n ∈ N∗ , ∃ x1 , . . . , xn ∈ E, E = ∪in=1 B ( xi , α) .
Pr. Achak 9
1.1 Propriété de Borel-Lebesgue
d’où le résultat.
Il existe d’autres formulations de ce théorème qui sont les suivantes.
Corollaire 1
Proposition 8
Proposition 9
∃ε > 0, ∀ N, ∃n ≥ N, d ( xn , x ) ≥ ε.
On peut donc construire une sous suite x ϕ(n) de ( xn ) telle que pour tout n, d x ϕ(n) , x ≥
ε. Comme E est compact, on peut extraire de la sous suite x ϕ(n) une nouvelle sous suite
x ϕ◦ψ(n) convergente. Si y est sa limite, on a d( x, y) ≥ ε, donc x 6= y. Ceci est absurde car y
est une valeur d’adhérence de ( xn ), d’où le résultat.
Pr. Achak 10
1.1 Propriété de Borel-Lebesgue
Proposition 10
Remarque 4. Étant données deux suites ( xn ) et (yn ) à valeurs dans un même compact E,
cette proposition
montre
l’existence
d’une injection croissante ϕ de N dans N telle que les
deux suites x ϕ(n) et y ϕ(n) convergent (ceci car ( xn , yn ) est une suite dans le compact
E × E)
Proposition 11
Remarque 5. Toutes les normes d’un R-e.v.n de dimension finie sont équivalentes. Ceci nous
permettra d’affirmer que le résultat de cette proposition reste vrai dans tout R-espace vec-
toriel normé de dimension finie. Par contre, il est faux en dimension infinie.
Proposition 12
Soit ( xn )n∈N une suite convergente d’un espace métrique ( E, d), ` sa limite. Alors
l’ensemble Γ = { xn , n ∈ N} ∪ {`} est compact.
Démonstration. Nous sommes dans un des rares cas ou il est plus facile de montrer la com-
pacité de Γ en prouvant qu’il vérifie la propriété de Borel-Lebesgue (la caractérisation par
la propriété de Bolzano-Weierstrass donnerait ici une preuve bancale et peu satisfaisante).
Cette preuve faisant appel uniquement à la topologie de E montrera qu’en fait le résultat
reste vrai dans un espace topologique séparé général.
Soit (Oi )i∈ I un recouvrement de Γ par des ouverts de E. Comme ` ∈ Γ, il existe i0 ∈ I tel
que ` ∈ Oi0 , et comme Oi0 est ouvert et que ( xn ) tend vers `,
∃ N ∈ N, ∀n > N, x n ∈ Oi 0 .
Pr. Achak 11
1.1 Propriété de Borel-Lebesgue
Remarque 6. Cette proposition entraîne que l’image par f de tout fermé de E (où E est
compact) est un fermé (une application vérifiant cette propriété est dite fermée). Ceci est
faux en général. En corollaire (et grâce à la proposition 9), on a le résultat qui suit.
Proposition 14
Proposition 15
Remarque. On sait que si f : R → R est une application continue, l’image par f d’un
intervalle est un intervalle (c’est le théorème des valeurs intermédiaires). Avec cette dernière
proposition, on en déduit que l’image par f d’un intervalle fermé borné est un intervalle
fermé borné.
Théorème 2
Pr. Achak 12
1.2 Exercices
1.2 Exercices
Exercice 1
Rn [ X ] = { P ∈ R[ X ] | deg( P) ≤ n}.
Solution. 1/ a) Soit Γ un fermé de E. Soit (yn ) = ( f ( xn ))n∈N une suite de f (Γ) qui
converge vers un point y ∈ F. Il s’agit de montrer que y ∈ f (Γ).
L’ensemble K = {yn , n ∈ N} ∪ {y} est un compact de F (voir la proposition 12), l’en-
semble f −1 (K ) est donc compact. La suite ( xn ) deΓ prenant ses valeurs dans f −1 (K ), on
peut en extraire une sous suite convergente x ϕ(n) . Notons x sa limite. Comme Γ est
n ∈N
fermé, x = limn→∞ x ϕ(n) appartient à Γ, et par continuité de f ,
f ( x ) = lim f x ϕ(n) = lim y ϕ(n) = y,
n→∞ n→∞
f : Rn → Rn [ X ] ( λ1 , . . . , λ n ) 7 → ( X − λ1 ) · · · ( X − λ n )
est fermée, puisque Γn = f (Rn ). En vertu du résultat de la question 1/ a), il suffit pour
cela de prouver que pour tout compact K de Rn [ X ], f −1 (K ) est un compact.
Donnons nous un compact K de Rn [ X ]. L’ensemble f −1 (K ) est déjà un fermé puisque K
est fermé et que f est continue. Montrons qu’il est borné. Comme K est compact, K est borné,
donc il existe M > 0 tel que
n
∀P = ∑ ak X k ∈ K, k Pk = sup | ak | ≤ M.
k =0 k
Pr. Achak 13
1.2 Exercices
+∞
!
a a 1 an 1 1
|λ| = a1 + 2 + · · · + nn−
λ λ − 2
+ n −1 ≤ k P k
λ ∑ |λ|k = k Pk
1 − 1/|λ|
,
k =0
Exercice 2
Solution. Soit ( E, d) un tel espace métrique. Soit ( xn ) une suite de E. Il s’agit de montrer
que l’on peut extraire de ( xn ) une sous suite convergente.
Comme E est précompact, on peut recouvrir E par un nombre fini de boules de rayon 1.
Il existe donc une de ces boules, B ( a0 , 1), qui la valeur xn pour une infinité d’indices
contient
n. On peut donc construire une sous suite x ϕ0 (n) de ( xn ) telle que pour tout n, x ϕ0 (n) ∈
n ∈N
B ( a0 , 1).
Comme B ( a0 , 1) ⊂ E, B ( a0 , 1) est précompact. On peut donc recouvrir B ( a0 , 1) par un
nombre fini de boules de rayon 1/2. Il existe donc une de ces boules, B ( a1 , 1/2), telle que
B ( a0 , 1) ∩ B ( a1 , 1/2) contienne la valeur x ϕ0 (n) pour une infinité d’indices n. On peut donc
construire une sous suite x ϕ0 ◦ ϕ1 (n) de x ϕ0 (n) telle que
n ∈N
∀n ∈ N, x ϕ0 ◦ ϕ1 (n) ∈ B ( a0 , 1) ∩ B ( a1 , 1/2) .
En procédant
par récurrence,
on peut ainsi construire, pour tout entier naturel p, une
et une boule B a p , 1/2 p telles que
sous suite x ϕ0 ∝...◦ ϕ p (n)
n ∈N
∀n ∈ N, B ak , 1/2k .
\
x ϕ0 ······ ϕ p (n) ∈
0≤ k ≤ p
Pr. Achak 14
1.2 Exercices
d ( x 1 , x 2 ) = d ( K1 , K2 ) = inf d( x, y)
x ∈ K1 y ∈ K2
lim f ( x ) = +∞.
xx k→∞
x∈ F
(∃ x ∈ K, ∃y ∈ F ), d( x, y) = d(K, F ).
Pr. Achak 15
1.2 Exercices
∃ y ∈ K2 , d ( x, K2 ) = d( x, y).
∃ x0 ∈ K, d ( x0 , F ) = inf d( x, F ) = d(K, F ).
x ∈K
Si d(K, F ) = 0, alors d ( x0 , F ) = 0 donc x0 ∈ F car F est fermé. Ceci est absurde car
K ∩ F = ∅. Donc d(K, F ) 6= 0.
Lorsque K est seulement supposé fermé, le résultat est faux. Par exemple, dans R2 , les
ensembles K = ( x, y) ∈ R2 | y ≤ 0 et F = ( x, y) ∈ R2 | y ≥ e x sont fermés, disjoints, et
pourtant d(K, F ) = 0.
2/ a) C’est classique. Fixons a ∈ F et considérons l’ensemble Γ = { x ∈ F | f ( x ) ≤
f ( a)}. Comme f est continue, Γ = f −1 (] − ∞, f ( a) est un fermé de F, donc de E. Comme
limk xk→∞ f ( x ) = +∞, Γ est borné. Finalement, Γ est compact (fermé borné de Rn ). De plus,
x∈ F
∅
Γ 6=∅ puisque a ∈ Γ. Donc il existe x ∈ Γ tel que f ( x ) = infy∈Γ f (y). Or, par construction de
Γ,
∃y ∈ F, d( x, y) = inf d( x, z) = d( x, F ) = d(K, F ),
z∈ F
d’où le résultat.
Ceci est faux lorsque E est de dimension infinie. Prenons par exemple pour E l’e.v des
suites bornées (un ) de R, normé par k(un )k = supn∈N |un |. Désignons pour tout n par Xn
la suite dont tous les termes sont nuls sauf le n-ième qui vaut 1 + 1/2n . L’ensemble F =
{ Xn , n ∈ N} est fermé (si p 6= q on a X p − Xq ≥ 1, donc toute suite convergente donc
de Cauchy dans F devient stationnaire à partir d’un certain rang, donc converge dans F ).
Si K = {(0)} (ou (0) désigne la suite nulle) il est clair que d(K, F ) = 1 et pourtant on a
d (K, Xn ) = 1 + 1/2n > 1 pour tout n.
Pr. Achak 16
1.2 Exercices
Exercice 4
Solution. C’est classique ! C’est une généralisation du théorème du point fixe dans un
compact.
a) L’application E → R x 7→ d( x, f ( x )) est continue (composée d’applications conti-
nues) sur le compact E, donc
c’est-à-dire que la suite (un ) décroît strictement. Comme elle est minorée par 0 , elle
converge. Notons ` sa limite. Il s’agit de montrer que ` = 0.
Supposons ` > 0. Comme (un ) décroît, on a un ≥ ` pour tout n ∈ N. De plus, ( xn)
est une suite du compact E, on peut donc en extraire une sous suite convergente x ϕ(n) .
Notons β la limite de cette dernière. Alors limn→∞ d α, x ϕ(n) = d(α, β) = `. De plus, f
étant continue, on a
lim d α, f x ϕ(n) = d(α, f ( β)).
n→∞
Cette dernière assertion est une absurdité puisque
Pr. Achak 17
1.2 Exercices
d(α, f ( β)) = d( f (α), f ( β)) < d(α, β) = ` et ∀n, d α, f x ϕ(n) = d α, x ϕ(n)+1 ≥ `.
On doit donc avoir ` = 0, d’où le résultat. c) Le résultat est faux si E est seulement
supposé complet. Par exemple, la fonction
1
f :R→R f (x) = 1 si x < 0, f (x) = x + si x ≥ 0,
1+x
(voir la figure ci contre) est continue, sans point fixe et vérifie l’hypothèse (∗ ) (immédiat
par l’inégalité des accroissements finis).
Exercice 5
∀( x, y) ∈ E2 , d( f ( x ), f (y)) ≥ d( x, y).
∀( x, y) ∈ E2 , d( f ( x ), f (y)) = d( x, y).
∀( x, y) ∈ E2 , d( f ( x ), f (y)) ≤ d( x, y),
Pr. Achak 18
1.2 Exercices
même). Nous allons construire deux sous suites xψ(n) et yψ(n) qui convergent respecti-
vement vers x et y.
ses valeurs dans le compact E × E. On peut donc en extraire
La suite ( xn , yn )n∈N prend
une sous suite convergente x ϕ(n) , y ϕ(n) . Quitte à extraire encore une sous suite de cette
dernière, on peut même supposer
∀n ∈ N, ϕ ( n + 2) − ϕ ( n + 1) > ϕ ( n + 1) − ϕ ( n ).
ϕ(n) ϕ(n)
∀n ∈ N, d x, x ϕ(n+1)− ϕ(n) ≤ d f ( x ), f x ϕ(n+1)− ϕ(n) = d x ϕ ( n ) , x ϕ ( n +1)
et comme converge, on en déduit limn→∞ x ϕ(n+1)− ϕ(n) = x. Ainsi, en posant
x ϕ(n)
ψ(n) = ϕ(n + 1) − ϕ(n), xψ(n) est une sous suite de ( xn ) d’après (∗∗), et elle converge
vers x. Pour les mêmes raisons, yψ(n) est une sous suite de (yn ) qui converge vers y.
Ceci étant, pour n ≥ 1, on a d’après (∗)
d( x, y) ≤ d( f ( x ), f (y)) ≤ d xψ(n) , yψ(n) ,
d ( f p ( x ), f q ( x )) ≥ d f p−q ( x ), x ≥ ρ
donc ( f n ( x )) n’a aucune sous suite convergente, ce qui est absurde. On a donc f ( E) = E.
c) L’application f est bijective et continue (car 1-lipschitzienne) sur un compact, donc
− 1
f : E → E est continue et vérifie d’après les hypothèses
Pr. Achak 19
1.3 Espaces Topologiques
∀( x, y) ∈ E2 , d f −1 ( x ), f −1 ( y ) ≥ d f f −1 ( x ) , f f −1 ( y ) = d( x, y)
L’application f −1 vérifie donc les hypothèses de la question a), c’est donc une isométrie.
On en déduit que f est une isométrie.
Exercice 6
vérifie f (K ) est compact pour tout compact K de R, et pourtant f n’est pas continue.
Pr. Achak 20
1.5 Attention Être ou ne pas être ouvert ou fermé ?
Tg = {∅, E}, T1 = {∅, { a}, E}, T2 = {∅, {b}, E}, Td = {∅, { a}, {b}, E}.
3. Sur R, l’ensemble formé de ∅, R et des intervalles de la forme ] a, b[, n’est pas une
topologie, car la propriété 3 n’est pas vérifiée. En revanche, l’ensemble formé de ∅, R
et des réunions quelconques d’intervalles de la forme ] a, b[ est bien une topologie
sur R. Sauf mention contraire, R sera toujours muni de cette topologie Tu appelée
topologie usuelle. Nous verrons dans l’exemple 1.17 que c’est la topologie associée à
la relation d’ordre total.
Définition 1.3. (Fermé). Un fermé (ou une partie fermée) de (E, T ) est une partie de E
dont le complémentaire dans E est un ouvert de (E, T ). EXEMPLE 1.4
1. Pour la topologie grossière, les fermés sont ∅ et E. Pour la topologie discrète, toute
partie de E est à la fois ouverte et fermée.
2. Avec les notations de l’exemple 1.2, les fermés de T1 sont les éléments de T2 et in-
versement. 3. Sur (R, Tu ), les fermés sont R, ∅ et les réunions d’intervalles [ a, b]. En
particulier, les singletons sont fermés.
Pr. Achak 21
1.6 Attention Intersections d’ouverts et réunions de fermés
Comme pour les structures algébriques, il est naturel de se demander si une topologie
sur un ensemble E permet de définir sans ambiguïté une topologie sur une partie de E. La
proposition suivante montre que la réponse est positive pour toute partie d’un espace topo-
logique. Il est à noter que, dans le cas algébrique, ce n’est pas toujours le cas : par exemple,
toute partie d’un groupe n’est pas nécessairement un sous-groupe.
Définition 1.5. (Topologie induite). Soient (E, T ) un espace topologique et A une partie
de E. On vérifie immédiatement que l’ensemble
T A = {O ∩ A | O ∈ T }
est une topologie sur A. On l’appelle topologie induite sur A par T . Lorsque aucune
précision
agreg
la topologie induite par T . Remarque. Les ouverts de la topologie induite sur A par la
topologie de E sont donc les intersections des ouverts de E avec A. Par passage au complé-
mentaire, on vérifie facilement que les fermés de A sont aussi les intersections des fermés de
E avec A.
Exemple 1.6. L’intervalle [0,1[ est un ouvert de [0, 2] muni de la topologie induite par
Tu , car [0, 1[=] − 1, 1[∩[0, 2] et ] − 1, 1 [∈ Tu . Noter que [0, 1[ est aussi un fermé de [−1, 1[
muni de la topologie induite par Tu car [0, 1 [= [0, 4] ∩ [−1, 1 [avec[0, 4] fermé de (R, Tu ).
En revanche, [0, 1 [ n’est ni ouvert ni fermé dans (R, Tu ).
1.7 Attention
L’exemple 1.6 montre que, lorsqu’on utilise les adjectifs ouvert et fermé, il faut toujours
préciser l’espace topologique de référence. Toutefois, lorsqu’il n’y a qu’un seul espace de
référence possible, et donc aucune ambiguïté, on se permettra de ne pas le préciser.
Définition 1.7. (Partie discrète). Une partie A de E est dite discrète lorsque la topologie
induite sur A est la topologie discrète, c’est-à-dire lorsque TA = P (A).
Il est naturel de comparer deux topologies données sur un même ensemble.
Pr. Achak 22
1.8 I.2. Bases de topologie
Définition 1.8. (Topologie plus ou moins fine). Soient E un ensemble, T et T 0 deux topo-
logies sur E. La topologie T est dite plus fine que T 0 lorsque T 0 ⊂ T et moins fine que T 0
lorsque T ⊂ T 0 .
Remarque. On prendra d’une part garde au caractère apparemment contradictoire de
ces termes : la topologie la plus fine est la plus grosse du point de vue de l’inclusion, mais
elle décrit plus finement les propriétés de l’espace considéré, puisqu’elle a plus d’ouverts.
D’autre part, il est important de noter que la relation d’ordre «être plus fine que»n’est pas
totale. Par exemple, avec les notations de l’exemple 1.2, T1 n’est ni plus fine, ni moins fine
que T2 .
Exemple 1.9. La topologie discrète est la topologie la plus fine que l’on peut définir sur
un ensemble ; la topologie grossière est la topologie la moins fine.
La proposition suivante montre qu’une application peut transporter une structure topo-
logique de son ensemble d’arrivée à son ensemble de départ.
Proposition 1.10. Soient E un ensemble non vide, (E0 , T 0 ) un espace topologique et f une
application de E dans E0 . L’ensemble T = f−1 (O0 ) | O0 ∈ T 0 est une topologie sur E,
Pr. Achak 23
1.8 I.2. Bases de topologie
est donc une topologie sur E et elle contient A , donc T ∈ T(A ). Il est clair que T est le
plus petit élément de T(A ).
Définition 1.12. (Topologie engendrée). Soient E un ensemble et A un ensemble de par-
ties de E. L’intersection de toutes les topologies qui contiennent A est appelée topologie
engendrée par A . C’est la topologie la moins fine sur E qui contient l’ensemble de parties
A.
En général, la description des éléments d’une topologie engendrée par un ensemble de
parties A à partir des éléments de A est peu commode. On introduit pour cette raison la
notion suivante.
Définition 1.13. (Base de topologie). Soit E un ensemble. Une base de topologie sur E est
un ensemble de parties de E noté B tel que
Si B est une base de topologie sur E qui engendre une topologie T , on dit que B est une
base de topologie pour T .
Notons qu’on peut toujours supposer que les éléments d’une base de topologie B sont
non vides, puisque, si B contient ∅, la partie B \{∅} est encore une base de topologie.
Rappelons que, par convention, la réunion de la famille vide de parties de E (c’est-à-dire la
famille indexée par ∅ ) est l’ensemble vide. La topologie engendrée par B a une description
particulièrement simple et utile.
Proposition 1.14. Soient E un ensemble, O une partie de E, B une base de topologie sur
E et T la topologie engendrée par B. Les assertions suivantes sont équivalentes :
1. O ∈ T .
2. Il existe une famille (Oi )i∈I d’éléments de B telle que O = ∪i∈I Oi .
3. Pour tout x ∈ O, il existe A ∈ B tel que x ∈ A ⊂ O.
Preuve.
Montrons que l’assertion 2 entraîne la 3 : comme O = ∪i∈IOi , pour tout x ∈ O, il existe
i ∈ I tel que x ∈ Oi ⊂ O.
Réciproquement, comme pour tout x ∈ O, il existe Ox ∈ B telle que x ∈ Ox ⊂ O,
on a O ⊃ ∪x∈O Ox . L’inclusion réciproque étant évidente, on a bien O = ∪x∈O Ox . On a
immédiatement que l’assertion 2 entraîne l’assertion 1 car B ⊂ T .
Réciproquement, montrons que l’assertion 1 entraîne la 2.
Étape 1. Montrons tout d’abord que l’ensemble E des éléments s’écrivant comme réunion
d’éléments de B est une topologie sur E. Par convention, ∅ ∈ E (c’est la réunion de la
famille vide). Comme E est la réunion de tous les éléments de B, E ∈ E . Par associativité de
la réunion, la réunion d’une famille d’éléments de E est un élément de E . Soient maintenant
O1 et O2 dans E et soit x ∈ O1 ∩ O2 . Comme l’assertion 2 implique la 3, il existe deux
éléments B1 et B2 de B tels que x ∈ B1 ⊂ O1 et x ∈ B2 ⊂ O2 . En particulier x ∈ B1 ∩ B2 et
Pr. Achak 24
1.9 Espaces topologiques compacts
sur R et la topologie engendrée par B est strictement plus fine que la topologie usuelle
Tu . En effet, tout réel a est contenu dans l’élément [ a, a + 1[ de B et l’intersection de deux
éléments de B est un élément de B, donc B est une base. Tout intervalle ouvert ] a, b[ est la
réunion d’éléments de B (à savoir ] a, b [= ∪n>n0 [a + 1/n, b [ , avec n0 assez grand), donc
tout ouvert de Tu est aussi ouvert de TB , donc Tu ⊂ TB . Enfin, l’inclusion est stricte car
[a, b [∈ TB n’est pas ouvert pour Tu .
Toute topologie T sur E possède au moins une base, la partie T elle-même. La notion
n’est bien sûr intéressante que lorsque B est plus petite que T : comme on le verra, dans de
nombreux cas, il est possible de se limiter à des raisonnements sur les éléments d’une base
de topologie, au lieu de manipuler la totalité des ouverts. On notera aussi qu’en général il
n’y a pas unicité de la base de topologie engendrant une topologie donnée.
Pr. Achak 25
1.10 Notions de base
Définition On dira que (X, O) est un espace topologique séparé si pour tout x et y de X,
il existe des ouverts Ox et Oy tel que x ∈ Ox , y ∈ Oy et Ox ∩ Oy = ∅.
Définition On dira que (X, O) est un espace topologique compact si il vérifie :
– (X, O) est séparé.
– De tout recouvrement ouvert de X, on peut extraire un recouvrement fini.(C.a.d si
[
X= Ui
i∈ I
Fi = ∅,
\
i∈ I
on peut extraire une sous famille finie d’intersection vide. (C.a.d que l’on peut trouver
I0 ⊂ I de cardinal fini et tel que
Fi = ∅
\
i ∈ I0
Fic = X.
[
i ∈ I0
Fi = ∅.
\
i ∈ I0
Corollaire Si ( Fn )n∈N est une suite décroissante de fermés non vides de X compact alors
Pr. Achak 26
1.11 Suites dans un espace compact
Fn 6= ∅
\
n ∈N
Fi 6= ∅
\
i ∈ I0
\
Fi = Fi0
i ∈ I0
ou i0 = sup {i ∈ I0 }) alors on a
Fi 6= ∅
\
i ∈N
Exemple Les intervalles fermés et bornés de R sont des espaces compacts pour la topo-
logie définie par la valeur absolue.
Posons
Fi = { xn ; n > i } .
i ∈N
La famille Fi est bien une suite décroissante de fermés non vides. Et donc, par application
Pr. Achak 27
1.12 Sous espaces compacts
de la proposition précédente, l’intersection de tous les éléments de cette famille est non vide.
L’ensemble des valeurs d’adhérence de la suite ( xn )n∈N est par conséquent non vide.Cqfd.
Remarque On pourrait se poser le problème de la réciproque. Donnons nous (X, O) un
espace ayant la propriété : De toutes suites de X, on peut extraire une sous-suite convergente.
Peut on alors affirmer que ( X, O) est compact ? La réponse, dans le cas métrique, est positive
et est donnée par le Théo. de Bolzano-Weierstrass.
[
K⊂ Ui ,
i∈ I
[
K⊂ Ui .
i ∈ I0
Démonstration Si (Ui )i∈ I est une famille d’ouverts de X, alors (Ui ∩ K )i∈ I est une famille
d’ouverts de K pour la topologie induite de X sur K. Si K est compact, et que (Ui ∩ K )i∈ I est
un recouvrement ouvert de K, on peut en extraire un recouvrement fini et on aura nécessai-
rement
[
K⊂ Ui
i ∈ I0
où I0 désigne une sous partie finie de I. Réciproquement, si pour toute famille (Ui )i∈ I
vérifiant
[
K⊂ Ui ,
ii ∩ I
on peut extaire une sous famille finie recouvrant K alors cela prouve que pour toute
famille d’ouvert de K (pour la topologie induite de X sur K) et recouvrant K, on peut extraire
une sous famille finie recouvrant K. K est donc compact pour la topologie induite.
On comprendra la nécessité de supposer qu’un espace compact est un espace séparé en
étudiant la proposition suivante.
Pr. Achak 28
1.13 Proposition
[
K⊂ Oy .
y∈K
La famille Oy definit donc un recouvrement ouvert de K. De ce recouvrement, on
y∈K
peut extraire un recouvrement fini Oyi i∈1..n . Posant
n
\
O= Ox,yi
i =1
(qui est ouvert comme intersection finie d’ouverts ), on construit un ouvert de O conte-
nant x et disjoint de K. On montre ainsi bien que Kc est ouvert et donc que K est fermé
.
Théorème Tout fermé dans un compact est compact.
Démonstration Soient F un fermé et K un compact de X contenant F. Soit aussi (Ui )i∈ I
une famille d’ouverts (ouverts pour la topologie de K) dont la réunion contient K. La fa-
mille { F c } ∪ {Un ; n ∈ N} est un recouvrement ouvert de K. On peut donc en extraire un
recouvrement fini de K (Ui )i∈ I0 ou I0 est une partie finie de I. Mais alors
[
F⊂ Ui ,
i ∈ I0
1.13 Proposition
– Une réunion finie de sous espaces compacts est compacte.
– Une intersection quelconque de sous espaces compacts est compacte.
1.14 Démonstration
– Soit (Ki )i∈=1...n une famille finie de sous espaces compacts. Soit K la réunion des élé-
ments de cette famille et Uj j∈ J un recouvrement ouvert de K. Pour tout i = 1 . . . n, Uj ∩ Ki j∈ J
est donc un recouvrement ouvert de Ki . Mais comme chaque Ki0 est compact, pour tout
i0 = 1 . . .,.n, on peut trouver un sous-ensemble fini Ji0 de J tel que Ki0 soit recouvert
par la famille finie d’ouverts Uj ∩ Ki j∈ J . Mais la famille Uj ; j ∈ Ji0 ; i0 = 1 . . . n est
i
Pr. Achak 29
1.15 Continuité et compacité
finie, extraite de la famille Uj j∈ J et recouvre K. D’un recouvrement quelconque de K,
on a extrait un recouvrement fini et on a ainsi bien montré que K est compact.
– Soit (Ki )i∈∈ I une famille finie de sous espaces compacts. Cette fois ci K désignera l’in-
tersection des éléments de cette famille. Remarquons tout d’abord que K est fermé
comme intersection quelconque de fermés . De plus, pour tout i dans I, K est inclus
dans Ki . Donc K est un sous ensemble fermé d’un espace compact . C’est donc un
espace compact.
[
f (K ) = Ui
i∈ I
f −1 ( A ∪ B ) ⊂ f −1 ( A ) ∪ f −1 ( B )
Alors
!
K ⊂ f −1 ( f (K )) ⊂ f −1 f −1 (Ui ) .
[ [
Ui ⊂
i∈ I i∈ I
Mais f étant continue, chaque f −1 (Ui ) ∩ K est un ouvert de K (pour la topologie in-
duite de X sur K).Comme K est compact, on peut extraire de la famille f −1 (Ui ) ∩ K i∈ I un
recouvrement fini de K f −1 (Ui ) ∩ K i∈ I (où I0 est une sous partie finie de I). On a alors,
0
comme
f ( A ) ∪ f ( B ) = f ( A ∪ B ),
[
f −1 (Ui ) ∩ K ⊂ f f −1 (Ui ) ∩ K ⊂ f f −1 (Ui ) ⊂
[ [ [
f (K ) ⊂ f Ui .
i ∈ I0 i ∈ I0 i ∈ I0 i ∈ I0
Pr. Achak 30
Deuxième partie
Développement
31
1.16 L p est un espace de Banach
Théorème 3
1
k f m − f n k L∞ ≤ pour m, n ≥ Nk .
k
Donc il existe Ek négligeable tel que
1
| f m ( x ) − f n ( x )| ≤ pour tout x ∈ Ω\ Ek et pour tout m, n ≥ Nk .
k
Posons E = k Ek ( E est négligeable), on voit que pour tout x ∈ Ω\ E, la suite f n ( x ) est
S
1
| f ( x ) − f n ( x )| ≤
k
Ainsi, f ∈ L∞ et k f − f n k L∞ ≤ 1k , pour tout n ≥ Nk . Par conséquent, k f − f n k L∞ −→ 0.
n→∞
– Supposons maintenant que 1 ≤ p < ∞. Soit ( f n ) une suite de Cauchy dans L p . Pour
conclure, il suffit de montrer que cette suite admet une valeur d’adhérence.
On extrait une sous-suite ( f nk ) telle que, pour tout k ≥ 1,
1
f n k +1 − f n k Lp
≤
2k
On va montrer que f nk converge dans L p . Pour simplifier les notations, on écrit f k au lieu
de f nk , on a donc, pour k ≥ 1,
1
k f k +1 − f k k L p ≤
2k
Posons
n
gn ( x ) = ∑ | f k+1 (x) − f k (x)|
k =1
et on obtient
Pr. Achak 32
1.16 L p est un espace de Banach
n
1
k gn k L p ≤ ∑ 2k
k =1
1 n +1
1− 2
≤
1 − 12
≤2
Par le théorème de convergence monotone, on a que ( gn ) converge presque partout sur
Ω vers une fonction g ∈ L p . D’autre part, on a pour m ≥ n ≥ 2 et
| f m ( x ) − f n ( x )| ≤ | f m ( x ) − f m−1 ( x )| + . . . + | f n+1 ( x ) − f n ( x )|
≤ g m ( x ) − g n −1 ( x )
≤ g ( x ) − g n −1 ( x )
≤ g( x )
On sait que f n ( x ) est de Cauchy et converge vers une limite notée f ( x ). On a presque
partout sur Ω et pour n ≥ 2,
| f ( x ) − f n ( x )| ≤ g( x )
Théorème 4
PREUVE. idée : On va procéder par convolution par une approximation de l’unité sur Rn ,
puis traiter le cas d’un ouvert quelconque Ω par troncature. On admet le fait que Cc0 est
dense dans L p (provient de la régularité de la mesure de Lebesgue). On se donne une ap-
proximation de l’unité ρn , vérifiant :
1
Z
∞ N
ρn ∈ Cc R , supp (ρn ) ⊂ B̄ 0, , ρn = 1, ρn ≥ 0
n
Lemme 3
Pr. Achak 33
1.16 L p est un espace de Banach
Preuve. Soit K un compact et e > 0. Par le théorème de Heine, f étant continue sur le e-
voisinage compact de K, il existe δ > 0 tel que
| f ( x − y) − f ( x )| < e, ∀ x ∈ K, ∀y ∈ B(0, δ)
Z Z
(ρn ∗ f ) ( x ) − f ( x ) = ( f ( x − y) − f ( x ))ρn (y)dy = ( f ( x − y) − f ( x ))ρn (y)dy
B(0, n1 )
1
Pour n > δ et x ∈ K, on trouve :
Z
|(ρn ∗ f ) ( x ) − f ( x )| ≤ e ρn = e
Traitons le cas Ω = R N :
Soit e > 0, on utilise la densité de Cc0 dans L p : soit f 1 ∈ Cc0 R N tel que k f − f 1 k1 < e.
kρn ∗ f 1 − f 1 k p −→ 0
n→∞
Reste à faire un coup d’inégalité triangulaire :
D’où :
ρn ∗ f −→ f dans L p
n→∞
Pr. Achak 34
1.16 L p est un espace de Banach
k ρ n ∗ f n − f k L p ( Ω ) = k ρ n ∗ f n − f k L p (R N )
≤ k ρ n ∗ f n − f n k L p (R N ) + k f n − f k L p (R N )
Définition 3
F (t, x ) − F t, x 0 ≤ k x − x0
Définition 4
Pr. Achak 35
1.16 L p est un espace de Banach
Lemme 4
( E) : y0 = f (t, y)
Théorème 5
Br = { x ∈ Rn , k x − x0 k ≤ r }
φ:F →F
t
Z
y ( t ) 7 → t 7 → x0 + f (u, y(u))du .
t0
Pr. Achak 36
1.16 L p est un espace de Banach
Z t
φ ( y ) ( t n ) = x0 + f (u, y(u))du
t0
Z
= x0 + f (u, y(u))1[min(tn ,t0 ),max(tn ,t0 )] (u) du.
R| {z }
gn ( u )
p k p | t − t0 | p
p
kφ (y)(t) − φ (z)(t)k ≤ ky − zk∞ .
p!
On fait une récurrence sur p ∈ N. Pour p = 0, on a bien le résultat. Supposons mainte-
nant le résultat vrai pour p et montrons le pour p + 1.
Z t
p +1 p +1
φ (y)(t) − φ (y)(t) = f (u, φ p (y)(u)) − f (u, φ p (z)(u)) du
t0
Z t
≤ k kφ p (y)(u) − φ p (z)(u)k du
|{z} t0
f -lipschitzienne
k | u − t0 | p
Z t p
≤ k ky − zk∞ du
|{z} t0 p!
HR
k p +1 | t − t 0 | p +1
≤ ky − zk∞
( p + 1) !
On obtient donc en particulier que, pour tout t ∈ Iα , pour tout y, z ∈ F et pour tout
p∈N
kpαp
kφ p (y)(t) − φ p (z)(t)k ≤ ky − zk∞
p!
Ainsi
Pr. Achak 37
1.16 L p est un espace de Banach
p p kpαp
kφ (y) − φ (z)k∞ ≤ ky − zk∞
p!
kpαp
On sait que p! p−→
→∞
0 car c’est le terme général d’une série exponentielle. Il existe donc
kpαp kpαp
p0 ∈ N tel que p0
p! < 1. On a donc que φ est une application p! !contractante sur F .
D’après le théorème du point fixe de Banach-Picard, il existe un unique y ∈ F telle que
p
φ (y) = y. On a alors
L’unicité du point fixe implique que φ(y) = y. L’application φ admet donc un unique
point fixe d’où le résultat.
Pr. Achak 38
Problèmes de Topologie
immediate
14 mars 2023
1.16 L p est un espace de Banach
Problème 1
Zα = { pα | p ∈ Z},
où α est un réel.
2. Montrer que les sous-groupes additifs de R sont denses ou discrets.
3. Soient a, b deux réels non nuls. Montrer que le groupe additif
n o
G = Za + Zb = pa + qb | ( p, q) ∈ Z 2
a
est discret [resp. dense] si, et seulement si, b est rationnel [resp. irrationnel].
4. On note Γ = {z ∈ C||z |= 1} le cercle unité dans le plan complexe.
n o
(a) Montrer que e | n ∈ Z est dense dans Γ.
in
(b) Montrer que l’ensemble {cos(n) | n ∈ N} est dense dans [−1, 1], ce
qui signifie que l’ensemble des valeurs d’adhérence de la suite xn =
(cos(n))n∈N est [−1, 1].
Solution
1. Il est clair que tout sous-groupe de (R, +) de la forme Zα est discret. En effet pour α =
0 c’est clair et pour α 6= 0 tout compact K de R est contenu dans un intervalle [ a, b] avec
a < b et il n’y a qu’un nombre fini d’entiers p vérifiant a ≤ pα ≤ b. Réciproquement si
H est un sous-groupe discret de (R, +) non réduit à {0}, il existe alors un réel a dans
H ∩ R∗+ (0 6= a ∈ H ⇒ − a ∈ H ) et ]0, a] ∩ H est fini non vide, il admet donc un plus
petit élément α > 0. De α ∈ H on déduit que Zα ⊂ H. De plus, pour tout x ∈ H il existe
un entier relatif k tel que 0 ≤ x − kα < α ≤ a k = E αx ) et avec x − kα ∈ H ∩ R+ on
K = H ∩ R∗+ 6= ∅
et cet ensemble est minoré par 0 , il admet donc une borne inférieure α. On distingue
deux cas. Si α > 0, alors α ∈ K. En effet dans le cas contraire, par définition de la borne
Pr. Achak 1
1.16 L p est un espace de Banach
inférieure, on peut trouver x ∈ K tel que α < x < 2α (on suppose que α ∈ / H ). Pour
la même raison, on peut trouver y ∈ K tel que α < y < x. On a alors 0 < x − y < α
avec x − y ∈ H ∩ R∗+ , ce qui est contradictoire avec la définition de la borne inférieure
α. Avec la structure de groupe additif de H, on déduit alors que H = Zα. En effet,
Zα ⊂ H du fait que α appartient au groupe H et pour tout x dans H, il existe k dans Z
tel que 0 ≤ x − kα < α, donc x − kα = 0 et x ∈ Zα, c’est-à-dire que H ⊂ Zα. Si α = 0,
alors H est dense dans R. En effet pour x < y dans R, il existe z dans H ∩ R∗+
y y
tel que 0 < z < y − x soit 1 < z − x
z et pour n ∈] xz , z [∩Z, on a x < nz < y avec
nz ∈ H.
3. Si G est discret, alors G = Zα et a = pα, b = qα avec p et q non nuls dans Z et en
p p
conséquence ba = q ∈ Q. Réciproquement, supposons ba rationnel, on peut écrire ba = q
avec p et q entiers premiers entre eux et on a :
p b
G = Za + Zb = Z + Z b = (Zp + Zq)
q q
Pr. Achak 2
1.16 L p est un espace de Banach
Problème 2
∀ x ∈ E\ A, lim
y→ x
f (y) existe,
y∈ A
Solution.
1. Définissons g : E → F de la manière suivante :
∀ x ∈ A, g( x ) = f ( x ) et ∀ x ∈ E\ A, g( x ) = lim
y→ x
f ( y ).
y∈ A
Montrons que g est continue sur E. Soit x ∈ E et ( xn )n∈N∗ une suite de points de E
tendant vers x. Pour tout n ∈ N∗ , on a lim y→xn f (y) = g ( xn ). On en déduit facilement
y∈ A
1 1
(∀n ∈ N∗ , ∃yn ∈ A) , d ( xn , yn ) ≤ et δ ( g ( xn ) , f (yn )) < .
n n
1
La relation d ( x, yn ) ≤ d ( x, xn ) + d ( xn , yn ) ≤ n + d ( x, xn ) montre que
1
δ ( g ( xn ) , g( x )) ≤ δ ( g ( xn ) , f (yn )) + δ ( f (yn ) , g( x )) ≤ + δ ( f (yn ) , g( x ))
n
montrent avec (∗ ) que limn→∞ g ( xn ) = g( x ). Ceci étant vrai pour tout suite ( xn ) de E
tendant vers x, on en conclut que g est continue en x, et ceci pour tout x ∈ E.
Unicité. Soient g et h : E → F deux applications continues telles que g| A = h| A .
- Par hypothèse, g( x ) = h( x ) pour tout x ∈ A.
- Soit x ∈ E\ A. Comme A est dense dans E, il existe une suite ( xn ) de points de A
tendant vers x. Comme g et h sont continues, on a
Pr. Achak 3
1.16 L p est un espace de Banach
∀ x ∈ A, g( x ) = f ( x ) et ∀ x ∈ E\ A, g( x ) = lim
y→ x
f (y)
y∈ A
est continue sur E. Nous allons prouver qu’elle est uniformément continue sur E.
Fixons ε > 0. Par hypothèse, f est uniformément continue sur A, donc
∃α > 0, ∀( x, y) ∈ A2 , d( x, y) < α =⇒ δ( f ( x ), f (y)) < ε.
Donnons nous ( x, y) ∈ E2 avec d( x, y) < α. Comme A est dense dans E, il existe deux
suites ( xn ) et (yn ) de points de A tendant respectivement vers x et y. La distance étant
continue, on a limn→∞ d ( xn , yn ) = d( x, y) < α, ce qui montre l’existence de N ∈ N
tel que d ( xn , yn ) < α pour tout n ≥ N. Ainsi, pour tout n ≥ N, δ ( f ( xn ) , f (yn )) < ε
et en faisant tendre n vers l’infini, on obtient δ( g( x ), g(y)) ≤ ε. Ceci est vrai pour tout
couple ( x, y) ∈ E2 tel que d( x, y) < α, la fonction g est donc uniformément continue
sur E.
L’unicité découle de l’unicité de la question précédente car une fonction uniformément
continue est continue.
Pr. Achak 4
1.16 L p est un espace de Banach
Problème 3
Solution.
1. (a) (i) =⇒ (ii). Soit ( Fn )n∈N une suite de fermés d’intérieurs vides. Pour tout n, l’ou-
◦
vert On = E\ Fn est dense dans E car E\ Fn = E\ F n = E. Ainsi, d’après (i),
" #
\ \ [
On = ( E\ Fn ) = E\ Fn
n ∈N n ∈N n ∈N
est dense dans E, c’est-à-dire : ∪n∈N Fn est d’intérieur vide. L’implication (ii) =⇒
(i) se traite de la même manière en considérant les fermés Fn = E\On .
(b) Soit ( Fn )n∈N une suite de fermés d’intérieurs vides. Pour tout n ∈ N, posons
On = E\ Fn , ouvert dense dans E. On a
" #! " #
[ [ \ \
A⊂ Fn ⇐⇒ ( E\ A) ⊃ E\ Fn = ( E\ Fn ) = On ,
n ∈N n ∈N n ∈N n ∈N
Pr. Achak 5
1.17 Une fonction dérivée est continue sur un ensemble dense
(Au passage, remarquons par définition d’un espace de Baire, qu’un ensemble
maigre est d’intérieur vide et qu’un résiduel est dense dans E.)
2. Soit ( E , d) un espace métrique complet et (On )n∈N une suite d’ouverts denses dans
E. Pour montrer que ∩n∈NOn est dense dans E, il faut montrer ∀V ouvert non vide de
E, V ∩ [ n∈N On ] 6= ∅ Donnons nous donc un ouvert non vide V de E. Par récur-
T
Par construction, ( Bn )n∈N est une suite décroissante de fermés non vides de E dont le
diamètre tend vers 0 . De plus E est complet, il existe donc x ∈ E tel que ∩n∈N Bn = { x }
(voir la proposition 9 de Cantor). Or B0 ⊂ V, donc x ∈ V. D’après (II), on a aussi
Bn ⊂ On pour tout n, donc x ∈ On pour tout n. Ainsi, x ∈ ∩n∈NOn . Finalement, nous
\
avons prouvé que V et On ont au moins un point commun, d’où le théorème.
n ∈N
◦
3. Soit G le fermé E\ ∪n F n . Il s’agit de montrer que G est d’intérieur vide. étant un
◦
z }| {
espace de Baire, Pour tout n ∈ N, le fermé G ∩ Fn est d’intérieur vide car G ∩ Fn ⊂
◦
G ∩ F n = ∅, donc ( E, d) étant un espace de Baire,
" #
[ [
( G ∩ Fn ) = G ∩ Fn = G ∩ E = G
n ∈N n ∈N
est d’intérieur vide. Remarque. On peut également définir un espace de Baire pour un
espace topologique général, avec les mêmes définitions. On peut montrer qu’un espace
topologique compact est un espace de Baire.
Pr. Achak 6
1.17 Une fonction dérivée est continue sur un ensemble dense
Fn,s = x ∈ E/∀ p ≥ n, δ f n ( x ), f p ( x ) ≤ ε
Montrer que Ωε = ◦
S
n∈N Fn,ε est un ouvert dense dans E et que
∀ x0 ∈ Ωε , ∃V ∈ V ( x0 ) /∀ x ∈ V, δ ( f ( x0 ) , f ( x )) ≤ 3ε
2. Soit f : R → R une application dérivable sur R. Que dire de l’ensemble des points de
continuité de la fonction dérivée f 0 ?
3. (a) Fixons ε > 0 et n ∈ N. Pour tout p ≥ n, l’ensemble G p = x ∈ E/δ f n ( x ), f p ( x ) ≤ ε
T
est fermé (car f n et f p sont continues) donc Fn,ε = p≥n G p est fermé.
S
Par hypothèse, la suite ( f n ) converge simplement, donc n∈N Fn,ε = E, ce qui entraîne
que
◦
Ωε =
[
Fn,ε
n ∈N
∀ x ∈ V, δ ( f n ( x0 ) , f n ( x )) ≤ ε
Or
∀ x ∈ V, ∀ p ≥ n, δ f n ( x ), f p ( x ) ≤ ε
∀ x ∈ V, δ ( f ( x ), f ( x0 )) ≤ δ ( f ( x ), f n ( x )) + δ ( f n ( x ), f n ( x0 )) + δ ( f n ( x0 ) , f ( x0 )) ≤ 3ε
(b) Posons R = n∈N∗ et montrons que f est continue en tout point de R. Soit x0 ∈ R et
T
ε > 0.
Fixons n ∈ N∗ tel que n1 ≤ 3ε . Comme x0 ∈ Ω 1 , d’après le résultat de la question précé-
n
dente, il existe un voisinage V de x0 tel que
3
∀ x ∈ V, δ ( f ( x ), f ( x0 )) ≤ ≤ 3ε
n
Ceci suffit à prouver que f est continue en x0 .
Pr. Achak 7
1.18 Topologie et matrices
fn : R → R
f ( x + n1 )− f ( x )
x 7→ 1
n
La suite ( f n ) est une suite de fonctions continues qui converge simplement vers f 0 sur R.
On en déduit d’après 1 − (b) que l’ensemble des points de continuité de f 0 est un résiduel,
en particulier dense dans R puisque R est complet.
Proposition 1 : L’ensemble SLn (K) est une partie fermée, d’intérieur vide, non bornée et
connexe par arcs de Mn (K).
DÉMONSTRATION :
1. L’application det : Mn (K) → K est continue et SLn (K) = det−1 ({1}), donc la partie
SLn (K) est fermée dans Mn (K).
2. Soit M ∈ SLn (K). La suite définie par Mk = M − 2−k In converge vers M Or la suite
(det ( Mk ))k∈N ne peut prendre qu’un nombre fini de fois la valeur 1 sinon le polynôme
χ M serait constant (alors qu’il est de degré n ). Ainsi, pour tout k > 0 suffisamment
grand, on a Mk ∈ / SLn (K), donc M n’est pas un point intérieur de SLn (K) et l’intérieur
de SLn (K) est vide.
3. Pour tout k ∈ N, la matrice Dk = Diag(k, 1/k, 1, . . . , 1) est dans SLn (K), donc l’en-
semble SLn (K) n’est pas borné.
Pr. Achak 8
1.19 Groupes linéaires
4. Soit M ∈ SLn (K). Comme l’ensemble des matrices de transvection engendre le groupe
SLn (K), il existe des transvections T (λ1 ) , . . . , T (λr ) ∈ SLn (K) tel que M = T (λ1 ) · · · T (λr ).
On définit γ : [0, 1] → SLn (K) par
1. L’application det : Mn (K) → K est continue et GLn (K) = det−1 (K∗ ), donc la partie
GLn (K) est ouverte dans Mn (K)
2. Soit M ∈ Mn (K). La suite définie par Mk = M − 2−k In converge vers M. Or la suite
(det ( Mk ))k∈N ne s’annule qu’un nombre fini de fois, car Sp( M) est fini. Ainsi, pour
tout k > 0 suffisamment grand, on a Mk ∈ GLn (K), donc M est un point adhérent à
GLn (K) et l’adhérence de GLn (K) est Mn (K).
3. Comme SLn (K) ⊂ GLn (K) et que SLn (K) n’est pas borné, il en est de même de
GLn (K)
GL+
n (R) = { M ∈ GLn (R) | det( M ) > 0} ,
GL−
n (R) = { M ∈ GLn (R) | det( M ) < 0} .
DÉMONSTRATION :
∀z ∈ C, χ(z) = det(zM + (1 − z) N )
est polynomiale. De plus, elle est non nulle car χ(0) 6= 0 et χ(1) 6= 0. Elle s’annule
donc sur un ensemble fini X. Comme C\ X est connexe par arcs, il existe un chemin continu
α : [0, 1] → C\ X tel que α(0) = 0 et α(1) = 1. Finalement, on définit γ : [0, 1] → GLn (C) par
2. L’application det : GLn (R) → R∗ est continue. Comme R∗ n’est pas connexe, on en dé-
duit que GLn (R) n’est pas connexe. 3) Montrons que GL+
n (R) est connexe par arcs. Soit
+
M ∈ GLn (R). On définit la matrice diagonale D = Diag(1, . . . , 1, det( M)). Comme
Pr. Achak 9
1.20 Ensembles de matrices de rang fixé
MD −1 ∈ SLn (R), il existe S ∈ SLn (R) tel que M = SD. D’après la proposition 1 , il
existe une application α : [0, 1] → SLn (R) continue tel que α(0) = S et α(1) = In . On
définit alors γ : [0, 1] → GL+
n (R) par
Remarquons que nous avons déjà étudié les propriétés de Jn (K) = GLn (K) dans la partie
précédente.
Proposition 4 : Soit r ∈ J0, n − 1K. On a les propriétés suivantes.
(i) L’ensemble Jr (K) est une partie non bornée, d’intérieur vide et
r
Jr (K) = Jk (K)
[
k =0
M = lim P Diag Is , 2−k Ir−s , On−k Q
k→+∞ | {z }
∈ Jr (K)
donc M est adhérent à Jr (K). Réciproquement, soit ( Mn ) ⊂ Jr (K) une suite convergeant
vers M ∈ Mn (K). Pour tout I, J ⊂ J1, nK de cardinaux r + 1, on a
Pr. Achak 10
1.21 Groupes orthogonaux et unitaires
D’après la proposition 3 , l’ensemble GLn (C)2 est connexe par arcs. Comme ϕ est conti-
nue, on en déduit que Jn (C) = ϕ GLn (C)2 est connexe par arcs.
∀( P, Q) ∈ GL+
n (R) ,
2
ϕ( P, Q) = P Diag (Ir , On−r ) Q
D’après la proposition 3 , l’ensemble GL+ n (R) est connexe. Comme ϕ est continue, on
2
M = P Diag (In−1 , det( P)) Diag (Ir , On−r ) Diag (In−1 , det( Q)) Q = ϕ( P̃, Q̃)
| {z } | {z }
P̃ Q̃
Pr. Achak 11
1.21 Groupes orthogonaux et unitaires
3. Montrons que SOn (R) est connexe par arcs. Soit M ∈ SOn (R). Il existe une matrice
P ∈ On (R) et des nombres θ1 , . . . , θr ∈ R tels que
!
cos(θ ) − sin(θ )
M = P Diag ( R (θ1 ) , . . . , R (θr ) , In−2r ) P−1 où R(θ ) =
sin(θ ) cos(θ )
est une partie compacte, d’intérieur vide et connexe par arcs de Mn (R).
DÉMONSTRATION :
1. Comme SOn (R) = On (R) ∩ SLn (R), on obtient que SOn (R) est compact.
2. Comme SOn (R) ⊂ On (R) et que On (R) est d’intérieur vide, il en est de même de
SOn (R).
3. On a montré la connexité par arcs de SOn (R) précédemment.
Proposition 7 : Les ensembles Un (C) et SUn (C) sont des parties compactes, d’intérieurs
vides et connexes par arcs de Mn (C).
DÉMONSTRATION :
1. L’application ϕ : Mn (C) → Mn (C) définie par ϕ( M) = M̄T M est continue et on
a Un (C) = ϕ−1 ({In }), donc Un (C) est une partie fermée. De plus, les colonnes de
M ∈ Un (C) forment une base orthonormée de Cn , donc les coefficients de M sont dans
le disque unité de C. On conclut que Un (C) est borné et compact. Comme SUn (C) =
Un (C) ∩ SLn (C), on a que SUn (C) est compact.
2. On a les inclusions
n o
SUn (C) ⊂ Un (C) ⊂ M ∈ Mn (C)|| det( M)|2 − 1 = 0 = Z
En séparant partie réelle et imaginaire, la partie Z est l’ensemble des zéros d’un poly-
nôme complexe non nul à 2n2 indéterminées, donc Z est d’intérieur vide. On conclut que
Un (C) et SUn (C) sont d’intérieurs vides.
3. Montrons que Un (C) est connexe par arcs. Soit M ∈ Un (C). Il existe une matrice P ∈
Un (C) et θ1 , . . . , θn ∈ R tels que M = P Diag eiθ1 , . . . , eiθn P−1 . On définit alors γ :
Pr. Achak 12
1.22 Ensemble des matrices diagonalisables
∀t ∈ [0, 1], γ(t) = P Diag e itθ1
,...,e itθn
P −1 .
4. La démonstration de la connexité par arcs de SUn (C) est analogue. Il suffit de remar-
quer que l’on peut choisir θn ∈ R tel que θ1 + · · · + θn = 0.
1. Les trois ensembles sont des parties étoilées par rapport à la matrice nulle, donc elles
sont connexes par arcs.
2. On a Mk = Diag 1k , 2k , . . . , nk ∈ Bn (K) pour tout k ∈ N∗ , donc les ensembles
qui est un ouvert de Rn [ X ]. Un polynôme dans U est scindé à racines simples car il
change (n + 1) fois de signe sur R, donc U ⊂ Pn . Proposition 9 : L’intérieur de Dn (K) est
Bn (K).
Pr. Achak 13
1.22 Ensemble des matrices diagonalisables
DÉMONSTRATION :
!
0 1
∀ k ∈ N∗ , Mk = P Diag λI2 + 2−k N, D P−1 où N= .
0 0
On a Mk ∈ / Dn (K) pour tout k ∈ N et la suite ( Mk ) converge vers M, donc M n’est pas
un point intérieur de Dn (K).
Proposition 10 : L’intérieur de Tn (R) est Bn (R).
DÉMONSTRATION :
!
0 1
M = P Diag (λI2 + εN, T ) P−1 où N= .
0 0
On définit la suite ( Mk ) par
(
P Diag λI2 + 2−k N − 2−k N T , T P−1
∗ si ε = 0,
∀k ∈ N , Mk =
P Diag λI2 + N − 2−k N T , T P−1
si ε = 1.
On a Mk ∈ / Tn (R) pour tout k ∈ N et la suite ( Mk ) converge vers M, donc M n’est pas
un point intérieur de Tn (R). Proposition 11 : L’adhérence de Bn (K) et de Dn (K) est Tn (K).
DÉMONSTRATION :
Pr. Achak 14
1.23 Topologie et réduction
converge vers M
2. Comme Tn (C) = Mn (C), il suffit de montrer que la partie Tn (R) est fermée dans
Mn (R). Soit ( Mk ) ⊂ Tn (R) convergeant vers une matrice M ∈ Mn (R). Soit λ ∈ C une
racine de χ M . Pour tout k ∈ N, on note λk la racine de χ Mk la plus proche de λ. En
décomposant χ Mk dans C[ X ], on obtient l’inégalité
0 6 | λ − λ k | n 6 χ Mk ( λ )
Comme limk→+∞ χ Mk (λ) = χ M (λ) = 0, on en déduit que la suite réelle (λk ) converge
vers λ, donc λ ∈ R. Finalement, χ M est scindé sur R et M ∈ Tn (R).
Remarque : On peut en déduire le théorème de Cayley-Hamilton dans Mn (C). Il est
facile de vérifier que χ M ( M) = 0 pour toute matrice M ∈ Dn (C). Comme l’application
Mn (C) 7→ Mn (C) définie par M 7→ χ M ( M) est polynomiale, donc continue et que Dn (C)
est dense dans Mn (C), on obtient χ M ( M) = 0 pour toute matrice M ∈ Mn (C).
on a que la matrice
Mk = MatBk (u) ∈ SK ( M ) où Bk = ( x, u( x ), v3 , . . . , vn ) ,
Pr. Achak 15
1.23 Topologie et réduction
ϕ : Mn (C ) → Cn [ X ] × Mn (C ) par ϕ( N ) = (χ N , m M ( N ))
qui est polynomiale, donc continue. On a SC ( M) = ϕ−1 ({(χ M , 0)}), donc l’ensemble
SC ( M) est fermé dans Mn (C). 2) Si N ∈ Mn (R) est semblable à M ∈ Mn (R) dans Mn (C),
alors par un exercice classique, elles sont semblables dans Mn (R). Autrement dit, on a
SR ( M ) = SC ( M ) ∩ M n ( R )
On en déduit par le premier point que si M est diagonalisable dans Mn (C), alors la partie
SR ( M ) est fermée dans Mn (R).
(k) ti,j
∀k ∈ N, ∀(i, j) ∈ J1, nK2 , mi,j =
2k ( i − j )
Donc la suite ( Mk ) converge vers une matrice diagonale D ∈ Mn (C). Comme l’ensemble
SC ( M) est fermé, la matrice D ∈ SC ( M ), donc M est diagonalisable. 4) Supposons que M ∈
Mn (R) et que SR ( M) est fermé. En utilisant la forme réelle de Jordan, il existe λ1 , . . . , λs ∈ R
et ( a1 , b1 ) , . . . , ( ar , br ) ∈ R × R∗ tels que M est semblable à J = Diag ( J1 , . . . , Js , K1 , . . . , Kr ) ∈
Mn (R) où
Λ ` I2
λk 1 (0) (0)
.. .. .. .. !
. . . . a ` b `
, Λ` =
Jk = ..
, K` =
.. . pour
. 1
. I2
− b` a `
(0) λk (0) Λ`
tout (k, `) ∈ J1, sK × J1, rK. La suite ( Mk ) ⊂ SR ( M ) définie par ∀k ∈ N, Mk = Pk · J · P−k
où P = Diag 1, 2, . . . , 2s , 2s+1 I2 , . . . , 2s+r I2 converge vers une matrice diagonale par blocs
D dont les éléments diagonaux sont {λ1 , . . . , λs , Λ1 , . . . , Λr }. Comme chacun de ces blocs est
diagonalisable sur C, la matrice D est diagonalisable sur C. Comme SR ( M) est fermé, la ma-
trice D ∈ SR ( M), donc M est diagonalisable sur C.
Pr. Achak 16
1.24 Remarques :
1.24 Remarques :
a) Une matrice M ∈ Mn (R) est diagonalisable dans Mn (C) si et seulement si M est une
matrice semi-simple.
b) On a montré que la partie diagonalisable dans la décomposition de Dunford dans
Mn (C) de M ∈ Mn (K) est un point adhérent à SK ( M).
c) De façon général, l’adhérence de SK ( M) est la réunion de certaines des classes de
similitude dont le polynôme caractéristique est χ M . On peut l’exprimer plus précisément à
l’aide des partitions d’un entier.
Proposition 15 : Soit M ∈ Mn (C). L’ensemble SC ( M ) est une partie connexe par arcs de
Mn (C ).
DÉMONSTRATION :
On définit l’application ϕ : GLn (C) → Mn (C) par
L’application ϕ est continue. D’après la proposition 3 , l’ensemble GLn (C) est connexe
par arcs, donc ϕ (GLn (C)) = SC ( M ) est connexe par arcs.
Proposition 16 : Soit M ∈ Mn (R). L’ensemble SR ( M) est connexe par arcs si et seulement
si Com( M) ∩ GL− n (R) 6 = ∅. Dans le cas contraire, l’ensemble SR ( M ) admet deux compo-
santes connexes.
DÉMONSTRATION :
ϕ GL− +
n (R) = ϕ GLn (R) · Q = ϕ GLn (R)
+
donc SR ( M) = ϕ GL+ n (R) est connexe par arcs d’après la proposition 3. 3) Supposons
que Com( M) ⊂ GL+ n (R). Par passage au quotient, on obtient une bijection continue
Comme GLn (R) est un groupe topologique localement compact et dénombrable à l’infini
qui agit continument et transitivement sur SR ( M ) qui est localement compact, on a que λ
est un homéomorphisme (voir [MT86, Théorème 2.3.2]). On en déduit par composition une
application continue et surjective
Pr. Achak 17
1.25 Ensemble des matrices cycliques
χ M ( X ) = lim χ M ( X ) = lim χ Mk ( X ) = χ0 ( X ) = X n
k→+∞ k→+∞
(k) ti,j
∀k ∈ N, ∀(i, j) ∈ J1, nK2 , mi,j = .
2 (i − j )
k
0 ··· 0 a0
.. . ..
. ..
1 .
C ( a 0 , . . . , a n −1 ) = .. ..
.
. 0
.
(0) 1 a n −1
Pr. Achak 18
1.25 Ensemble des matrices cycliques
Proposition 18 : L’ensemble Cn (K) est une partie ouverte, dense et non bornée de Mn (K).
DÉMONSTRATION :
D’après le (iii) des rappels, une matrice M ∈ Mn (K) est cyclique si et seulement si la
famille In , M, . . . , Mn−1 est de rang n. Notons B la base canonique de l’espace vectoriel
où ∆ I est le mineur obtenu en gardant les lignes dont l’indice est dans I. On obtient donc
l’égalité d’ensembles
n o
Mn (K)\Cn (K) = M ∈ Mn (K) | ∀ I ⊂ J1, n2 K, λ I ( M) = 0
Ainsi, Cn (K) est le complémentaire des zéros d’un ensemble de polynômes non nuls à
n2 indéterminées, donc Cn (K) est un ouvert dense dans Mn (K). En particulier, l’ensemble
Cn (K) n’est pas bornée. Proposition 19 : L’ensemble Cn (K) est connexe par arcs.
DÉMONSTRATION :
ϕ GL−
n (K) × K
n
= ϕ GL+
n (K) · (−In ) × K
n
= ϕ GL+
n (K) × K
n
donc Cn (K) est connexe par arcs. Si n est pair, avec J = C (1, 0 . . . , 0), on a
J = ϕ (In , 1, 0, . . . , 0) = ϕ( J, 1, 0 . . . , 0)
Pr. Achak 19
1.25 Ensemble des matrices cycliques
Pr. Achak 20