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LOUVAIN SCHOOL OF
MANAGEMENT
et
ICHEC
BRUSSELS MANAGEMENT
SCHOOL
Ce
mémoire
de
fin
d’études
réalisé
dans
le
cadre
de
ma
seconde
année
de
master
à
la
Louvain
School
of
Management
et
à
la
Brussels
Management
School
est
le
fruit
d’un
travail
de
recherche
mené
avec
ardeur
sur
un
sujet,
certes
complexe,
mais
également
passionnant
de
part
son
évolution
permanente.
Outre
les
connaissances
théoriques
que
la
réalisation
d’un
tel
travail
m’a
permis
d’acquérir,
c’est
l’apprentissage
d’une
méthodologie
de
travail
à
part
entière
qui
me
fut
progressivement
inculqué
à
travers
l’écriture
de
ce
travail.
J’aimerais
ainsi
remercier
particulièrement
mon
directeur
de
mémoire,
le
Professeur
Luc
Henrard,
pour
son
aide
et
ses
réflexions
pertinentes
qui
m’ont
permis
d’améliorer
progressivement
la
qualité
de
ce
travail.
Je
souhaiterais
également
remercier
l’ensemble
de
mes
professeurs
de
finance
de
l’UCL
et
de
l’ICHEC
pour
avoir
suscité
en
moi
cet
intérêt
grandissant
pour
ce
domaine
fascinant
qu’est
la
finance.
Par
ailleurs,
je
tiens
à
remercier
certaines
personnes
de
mon
entourage
dont
Mathieu
Descamps,
Anne
Guns
et
Philippe
Hoste
pour
leurs
conseils
précieux
concernant
l’analyse
développée
dans
ce
travail.
Hormis
l’obtention
de
mon
master
en
gestion,
la
rédaction
de
ce
mémoire
m’a
également
permis
de
mieux
cerner
les
différents
projets
que
j’aimerais
entreprendre
dans
ma
vie
professionnelle
future.
“While
high
frequency
trading
might
bring
some
benefits,
we
need
to
make
sure
that
it
doesn’t
cause
instability,
and
isn’t
a
source
of
market
abuse.”
Michel
Barnier
“I
think
it
is
very
stupid
to
allow
a
system
to
evolve
where
half
of
the
trading
is
a
bunch
of
short-‐term
people
trying
to
get
information
one
millionth
of
a
nanosecond
ahead
of
somebody
else.”
Charles
Thomas
Munger
I.
Chapitre
II
:
Les
stratégies
de
trading
à
haute
fréquence
.................................
16
1. La spéculation boursière ...................................................................................16
1.1
Les
ordres
boursiers
.....................................................................................................................
16
2. Les stratégies bénéfiques pour le marché ........................................................17
2.1
Le
teneur
de
marché
(Market
making)
.................................................................................
17
2.2
L’arbitrage
.........................................................................................................................................
18
3. Les stratégies controversées ..............................................................................20
3.1
L’anticipation
d’ordres
................................................................................................................
20
3.2
La
stratégie
basée
sur
l’information
......................................................................................
21
3.3
Avis
des
régulateurs
.....................................................................................................................
23
4. Les stratégies illégales ........................................................................................23
4.1
Quote
Stuffing
...................................................................................................................................
24
4.2
Le
brouillage
(Smoking)
..............................................................................................................
25
4.3
Le
déclenchement
de
tendance
(Pump
and
dump)
.........................................................
26
4.4
Spoofing
..............................................................................................................................................
27
II.
Chapitre
I
:
Les
effets
du
trading
à
haute
fréquence
sur
les
marchés
financiers
...........................................................................................................................
29
1. Les externalités positives du trading à haute fréquence.................................29
1.1
Fournisseur
de
liquidités
............................................................................................................
29
1.2
Diminution
des
frais
de
transaction
......................................................................................
31
1.3
Un
marché
moins
fragmenté
.....................................................................................................
32
2. Les externalités négatives du trading à haute fréquence ...............................33
2.1
Augmente
la
volatilité
..................................................................................................................
33
2.2
Favorise
la
sélection
adverse
....................................................................................................
34
2.3
Perte
de
confiance
des
investisseurs
.....................................................................................
34
2.4
Un
marché
financier
à
deux
vitesses
.....................................................................................
35
2.5
La
course
à
l’armement
technologique
................................................................................
35
Chapitre
II
:
Les
risques
systémiques
du
trading
à
haute
fréquence
............
37
1. La dépendance des marchés financiers envers la technologie .......................37
2. Les minis krachs boursiers ................................................................................39
2.2
Les
origines
des
minis
krachs
...................................................................................................
39
3. Le trading à haute fréquence ............................................................................41
3.1
Des
stratégies
similaires
.............................................................................................................
41
3.2
L’effet
de
contagion
.......................................................................................................................
42
3.3
Les
dangers
de
l’algorithme
......................................................................................................
42
3.3.2
La
mauvaise
utilisation
d’un
algorithme
..........................................................................
44
3.3.3
La
perte
de
contrôle
d’un
algorithme
................................................................................
44
1.
Introduction
générale
La
spéculation
boursière
a
toujours
été
présente
sur
les
marchés
financiers.
Depuis
l’ouverture
de
la
première
place
boursière
en
1309
à
Bruges,
les
spéculateurs
ont
sans
cesse
essayé
de
mettre
en
place
des
stratégies
d’investissement
en
vue
de
faire
fructifier
leur
capital
investi.
Ce
désir
d’accumuler
sans
cesse
plus
de
richesse
est
l’essence
même
du
capitalisme
qui
gouverne
notre
société.
L’informatisation
des
différentes
places
boursières
à
travers
le
monde
dans
les
années
1970
marque
le
début
d’une
nouvelle
approche
envers
la
finance.
Désormais,
les
investisseurs
utilisent
la
technologie
comme
un
outil
à
l’investissement.
Ce
désir
d’automatiser
à
la
fois
le
processus
d’analyse
de
données
financières,
ainsi
que
celui
de
la
prise
de
décisions,
a
conduit
45
ans
plus
tard,
à
la
mise
en
place
de
stratégies
spéculatives
complexes
et
excessivement
rapides,
mieux
connues
sous
le
nom
de
stratégies
de
trading
à
haute
fréquence.
La
puissance
déployée
par
ces
nouveaux
«
robots
traders
»,
désormais
capables
d’interagir
de
manière
totalement
autonome
avec
les
marchés
financiers,
soulève
cependant
des
inquiétudes
concernant
la
stabilité
et
l’intégrité
des
marchés
financiers.
Le
krach
éclair
qui
s’est
produit
le
6
mai
2010
aux
Etats-‐Unis
est
l’exemple
même
que
l’utilisation
d’outils
technologiques
d’une
telle
puissance
nécessite
également
la
prise
en
considération
des
risques
systémiques
qui
y
sont
associés.
Bien
que
des
mesures
réglementaires
aient
été
adoptées
à
la
suite
de
ce
krach,
de
nombreux
observateurs
pensent
qu’il
est
urgent
de
mettre
en
place
de
nouvelles
réglementations,
afin
éviter
qu’un
tel
accident
ne
se
reproduise
dans
des
proportions
démesurées.
J’ai
donc
élaboré
l’ensemble
de
ce
travail
d’analyse
et
de
recherches
en
me
posant
les
deux
questions
suivantes
:
2.
Ø Quels
sont
les
différents
effets
du
trading
à
haute
fréquence
sur
la
qualité
des
marchés
financiers
?
Ø Quelles
mesures
réglementaires
seraient
les
plus
adéquates
afin
de
limiter
ces
externalités
négatives
?
En
vue
de
proposer
une
piste
de
réponse
la
plus
complète
possible,
nous
essayerons
de
définir
dans
la
première
partie
de
ce
travail,
le
concept
de
trading
à
haute
fréquence
avec
précision.
Nous
étudierons
également
le
fonctionnement
des
différentes
stratégies
d’investissement
utilisées
par
les
traders
à
haute
fréquence.
La
seconde
partie
de
ce
travail
s’intéressera
à
l’impact
du
trading
à
haute
fréquence
sur
les
marchés
financiers.
En
se
basant
sur
de
multiples
recherches
scientifiques
à
ce
sujet,
nous
essayerons
d’évaluer
les
conséquences
liées
à
l’utilisation
de
ces
stratégies
ultra
rapides
sur
la
stabilité
et
l’intégrité
des
marchés
financiers.
Nous
essayerons
enfin,
dans
la
troisième
et
dernière
partie
de
ce
travail,
d’évaluer
la
pertinence
d’une
série
de
mesures
réglementaires
envisageables,
qui
auraient
pour
but
de
limiter
les
effets
négatifs
du
trading
à
haute
fréquence.
Je
terminerai
ce
travail
par
une
conclusion,
dans
laquelle
je
vous
ferai
part
de
mon
opinion
personnelle
à
propos
des
différents
concepts
abordés
dans
ce
travail.
3.
4.
1.1
L’algorithme
Considéré
comme
une
sorte
d’intelligence
artificielle,
l’algorithme
mathématique
fit
sa
première
apparition
dans
le
domaine
de
la
finance,
lors
de
l’informatisation
des
marchés
financiers
dans
les
années
70.
Cette
avancée
technologique
permit
5.
lesquelles
ses
opérations
n’ont
pas
abouti
à
l’objectif
fixé
par
son
concepteur.
Grâce
à
ce
pouvoir
de
mémorisation,
l’algorithme
est
capable
de
détecter
les
situations
semblables
à
celles
durant
lesquelles
il
n’a
pas
agi
de
manière
optimale,
et
d’adapter
son
comportement
en
conséquence.
Afin
d’éviter
de
réitérer
les
mêmes
erreurs,
l’algorithme
va
modifier
son
comportement
et
effectuer
des
opérations
pour
lesquelles
il
n’a
pas
été
codé
initialement.
Possédant
sa
propre
autonomie,
le
comportement
de
l’AG
face
à
une
situation
concrète
est
plus
difficilement
prévisible,
et
ce
même
pour
son
propre
concepteur.
C’est
généralement
ce
type
d’algorithme
«
auto-‐correcteur
»
qui
est
utilisé
par
les
sociétés
de
trading
à
haute
fréquence
pour
leurs
décisions
d’investissements
(Vallée
et
Yıldızoğlu,
2004).
«
(1)
Professional
traders
acting
in
a
proprietary
capacity
that
engage
in
strategies
that
generate
a
large
number
of
trades
on
a
daily
basis
(…)
»
(U.S.
SEC
2010a).
Il
n’est
pas
facile
d’établir
des
statistiques
précises
au
sujet
du
THF.
Cette
difficulté
s’explique
principalement
par
la
confidentialité
des
informations
relatives
aux
différents
acteurs.
On
estime
cependant
que
la
part
des
transactions
impliquant
des
traders
haute
fréquence
sur
le
marché
américain
est
passée
d’environ
20%
en
2005
à
70%
de
nos
jours.
Leur
part
de
marché
en
Europe
serait
cependant
plus
faible,
bien
que
considérable,
atteignant
environ
40%
de
l’ensemble
des
transactions
(Petitjean,
2015).
Ces
chiffres
montrent
clairement
que
les
traders
haute
fréquence
génèrent
quotidiennement
un
nombre
gigantesque
de
transactions.
L’AMF
le
démontre
également
à
travers
ce
graphique,
représentant
la
position
d’un
trader
à
haute
fréquence
sur
une
seule
journée.
Figure
n°1
:
(Grillet-‐Aubert,
2011)
On
peut
également
affirmer
qu’il
existe
aujourd’hui
trois
acteurs
institutionnels
différents
déployant
des
stratégies
de
THF
sur
les
marchés
financiers.
On
distingue
:
les
fonds
d’investissement,
les
sociétés
de
courtage
et
les
sociétés
de
trading.
Ces
trois
types
d’investisseur
ultra
rapide
ont
tous
la
particularité
d’investir
uniquement
pour
leur
compte
propre,
et
non
pas
en
tant
qu’intermédiaire
pour
un
de
leurs
clients.
8.
«
(2)
the
use
of
extraordinarily
high-‐speed
and
sophisticated
computer
programs
for
generating,
routing,
and
executing
orders
»
(U.S.
SEC
2010).
La
vitesse
est
sans
aucun
doute
l’élément
le
plus
important
dans
l’application
d’une
stratégie
de
THF.
C’est
cet
élément
qui
sera,
dans
la
plus
part
des
cas,
responsable
de
la
réussite
ou
de
l’échec
de
la
stratégie
déployée
par
l’investisseur.
Afin
de
pouvoir
interagir
le
plus
rapidement
possible
avec
les
différentes
places
boursières
à
travers
le
monde,
le
trader
à
haute
fréquence
a
la
nécessité
d’utiliser
des
programmes
informatiques
ultra
puissants
afin
de
saisir
les
opportunités
de
profit
présentes
pour
une
durée
souvent
très
courte
sur
les
marchés.
Le
principe
est
assez
simple
à
comprendre,
c’est
le
trader
à
haute
fréquence
qui
détectera
et
exploitera
le
plus
rapidement
l’opportunité
laissée
par
le
marché
qui
empochera
tout
le
bénéfice.
On
assiste
dès
lors
à
une
véritable
course
à
l’armement
technologique
de
la
part
des
sociétés
de
THF,
investissant
dans
du
matériel
informatique
et
développant
des
algorithmes
mathématiques
sans
cesse
plus
rapides
et
plus
puissants.
A
titre
d’exemple,
le
temps
nécessaire
à
la
firme
Algo
Technologies
pour
acheter
ou
vendre
un
actif
financier
est
de
16
microsecondes
(0,000016
secondes),
ce
qui
leur
permet
d’effectuer
18.750
transactions
en
0,3
secondes,
temps
qu’il
faut
à
un
être
humain
pour
battre
un
cil
(Petitjean,
2011)
!
«
(3)
use
of
co-‐location
services
and
individual
data
feeds
offered
by
exchanges
and
others
to
minimize
network
and
other
types
of
latencies
»
(U.S.
SEC
2010).
Afin
d’être
le
plus
rentable
possible,
un
trader
à
haute
fréquence
a
donc
besoin
d’être
plus
rapide
que
ses
concurrents.
Pour
ce
faire,
les
firmes
de
THF
utilisent
tous
les
moyens
susceptibles
de
diminuer
la
«
latence
»
de
leurs
opérations.
La
latence
représente
le
temps
nécessaire
à
une
information
pour
être
transmise
de
l’ordinateur
central
de
la
place
boursière
à
celui
du
trader,
ou
inversement.
L’une
des
solutions
trouvées
par
les
opérateurs
boursiers
pour
améliorer
leur
rapidité
d’accès
au
marché
est
la
location
d’un
emplacement
privilégié,
situé
à
seulement
quelques
mètres
de
l’ordinateur
central
du
marché.
Ces
emplacements
mis
en
location
par
l’entreprise
de
marché
à
des
prix
souvent
très
9.
annulation
d’ordres
peut
parfois
survenir
très
rapidement
après
leur
envoi.
Par
exemple,
le
temps
minimum
observé
entre
l’initiation
et
l’annulation
d’un
même
ordre
sur
le
CAC
40
est
exactement
de
25
microsecondes
(0,000025
secondes)
(Oseredczuck,
2011).
D’autres
études
plus
récentes
menées
sur
le
marché
américain
NASDAQ
viennent
également
confirmer
cette
tendance
à
annuler
plus
de
90%
des
ordres
envoyés
au
marché,
et
détectent
également
des
durées
de
vie
inférieures
à
5
millisecondes
pour
certains
ordres
(Gai
et
al.,
2012).
Le
graphique
joint
dans
les
annexes
n°1
de
ce
travail,
représente
le
ratio
ordres/
transactions
sur
le
marché
du
CAC40
de
2009
à
2012.
Ce
ratio
d’exécution
d’ordres
très
faible
inquiète
cependant
de
nombreux
observateurs.
Ces
derniers
interprètent
ces
nombreuses
annulations
d’ordres
comme
un
moyen
de
dissimuler
des
stratégies
illégales
de
brouillage
(smoking)
ou
de
quote
stuffing,
ayant
pour
but
de
manipuler
le
prix
d’un
actif
financier
à
l’avantage
du
trader.
Nous
reviendrons
sur
ces
pratiques
controversées
dans
le
second
chapitre
de
ce
travail.
«
(6)
ending
the
trading
day
in
as
close
to
a
flat
position
as
possible
(that
is,
not
carrying
significant,
unhedged
positions
over-‐night)
»
(U.S.
SEC
2010).
Posséder
un
actif
financier
entre
deux
sessions
de
trading
ajoute
généralement
un
risque
supplémentaire
à
la
détention
de
l’actif.
La
différence
entre
le
prix
de
clôture
de
la
dernière
session
et
le
prix
à
la
réouverture
d’un
même
actif
peut,
en
effet,
avoir
varié
de
manière
plus
importante
suite
à
l’occurrence
de
certains
évènements
(publications
de
résultats,
catastrophes
naturelles,
évènements
géopolitiques,
…).
Ne
basant
principalement
leurs
stratégies
que
sur
des
écarts
de
prix
relativement
petits,
les
sociétés
de
THF
essayent
donc,
dans
la
mesure
du
possible,
de
ne
pas
supporter
ce
risque
et
de
clôturer
chaque
session
de
trading
avec
une
balance
nulle
pour
chaque
actif.
11.
Figure n°2 :
différentes
bourses
à
travers
le
monde.
Bien
que
pour
la
plupart
d’entre
elles,
cette
informatisation
s’effectua
dans
les
années
quatre-‐vingt,
la
première
plate-‐forme
boursière
électronique
au
monde
fut
créée
en
1977
à
Toronto
(Canada)
(Yusufali,
2006).
Ce
passage
vers
un
système
automatisé
des
échanges,
étape
indispensable
au
développement
du
THF,
allait
favoriser
l’élaboration
de
nouvelles
techniques
d’analyses
financières,
appelées
analyses
quantitatives.
D’abord
utilisées
par
les
fonds
d’investissement
au
début
des
années
quatre-‐vingt,
ces
analyses
techniques
basées
sur
l’interprétation
de
certaines
données
financières
(ratios,
rendements
passés,
…)
devinrent
rapidement
un
standard
en
terme
d’analyse
boursière.
Le
nombre
de
produits
financiers
ne
cessant
de
croitre,
l’utilisation
des
nouvelles
technologies
allaient
à
la
fois
permettre
d’accélérer
le
processus
de
calcul,
nécessaire
à
cette
analyse,
mais
également
de
détecter
plus
rapidement
certaines
valeurs
anormales,
signe
d’inefficience
du
marché
et
donc
de
profit
!
La
règle
du
«
premier
arrivé,
premier
servi
»
étant
d’application
dès
l’informatisation
d’une
place
boursière,
la
course
à
la
vitesse
informatique
était
dès
lors
lancée.
Pour
qu’une
transaction
ait
lieu,
il
faut
qu’un
autre
investisseur
accepte,
de
manière
partielle
ou
intégrale,
cette
proposition
d’échange
d’actif
(trade)
au
prix
spécifié.
Les
différentes
recherches
analysant
l’impact
sur
les
marchés
des
différentes
stratégies
de
trading
à
haute
fréquence,
s’accordent
à
dire
qu’il
est
possible
de
classer
ces
stratégies
en
trois
groupes
distincts.
On
distingue:
Ø les
stratégies
ayant
un
effet
bénéfique
pour
le
marché
Ø les
stratégies
dont
les
effets
sont
controversés
Ø les
stratégies
considérées
comme
illégales
(avec
intention
de
manipuler
le
prix
d’un
titre
financier).
Analysons
tout
d’abord
les
stratégies
considérées
comme
utiles
pour
le
marché.
2.2
L’arbitrage
Cette
seconde
stratégie
spéculative
utilisée
par
les
traders
à
haute
fréquence
a
la
réputation
d’opérer
de
manière
plus
agressive
sur
les
marchés.
Contribuant
cependant
à
son
efficience,
cette
stratégie
suppose
l’envoi
massif
d’ordres
au
marché
qui
vont
consommer
la
liquidité
présente.
Le
principe
de
cette
stratégie
est
d’exploiter
les
écarts
de
prix
temporaires
entre
deux
instruments
financiers
directement
corrélés.
En
prenant
une
position
longue1
sur
le
titre
sous-‐évalué
et
en
prenant
une
position
courte2
sur
le
titre
surévalué,
le
trader
réalise
un
bénéfice
égal
à
la
différence
de
prix
entre
les
deux
actifs.
1
Une
position
longue
sur
un
titre
financier
signifie
que
l’investisseur
achète
ce
titre.
(pg20)
2
Une
position
courte
sur
un
titre
financier
signifie
que
l’investisseur
vende
à
découvert
ce
titre.
pg20)
19.
Bien
que
ce
principe
reste
toujours
le
même,
on
distingue
cependant
deux
sortes
de
stratégies
d’arbitrage
différentes,
en
fonction
du
type
de
corrélation
qu’il
existe
entre
les
deux
actifs
échangés.
Tham
expliquent
dans
leur
étude
menée
en
2012
avoir
relevé
dans
leur
échantillon,
entre
30
et
40
possibilités
d’arbitrages
triangulaires
entre
les
devises
du
dollar,
de
l’euro,
et
de
la
livre
sterling.
Il
est
par
exemple
possible
d’empocher
un
profit
de
€
0.1
en
achetant
$
1
pour
€
0.8,
en
convertissant
ensuite
ce
dollar
à
£
0.7,
pour
enfin
revendre
ces
livres
sterling
pour
€
0.9
(Foucault
et
al.,
2012).
Soulignons
cependant
que
toutes
les
opportunités
d’arbitrage
ci-‐dessus
ne
sont
présentes
sur
les
marchés
que
pour
des
durées
extrêmement
courtes
(souvent
moins
d’une
seconde).
Seul
le
trader
à
haute
fréquence
le
plus
rapide
à
détecter
et
à
exploiter
ces
opportunités
empochera
l’intégralité
des
bénéfices.
Un
trader
lent,
ne
possédant
pas
de
matériel
informatique
assez
puissant,
ne
devrait
normalement
jamais
pouvoir
profiter
d’une
opportunité
d’arbitrage
à
très
court
terme.
d’acheter
ce
titre.
L’arrivée
de
l’ordre
de
vente
initial
dans
le
carnet
d’ordres
du
titre
ne
s’effectuera
qu’après
le
refus
de
l’ordre
flash
par
l’ensemble
des
sociétés
spécialisées.
Cet
accès
privilégié
au
carnet
d’ordres
proposé
aux
traders
à
haute
fréquence
par
les
opérateurs
de
marchés
est
cependant
accusé
d’être
utilisé
pour
le
déploiement
de
stratégies
illégales
de
Front
Running,
qui
ont
pour
but
d’anticiper
l’impact
de
l’arrivée
d’un
ordre
important
sur
le
marché,
grâce
à
l’obtention
d’informations
confidentielles
à
ce
sujet.
about
the
security.
Insider
trading
violations
may
also
include
"tipping"
such
information,
securities
trading
by
the
person
"tipped,"
and
securities
trading
by
those
who
misappropriate
such
information.
»
(U.S.
SEC,
n.d.
a)
Ø La
manipulation
de
cours
(Market
manipulation)
:
«
intentional
conduct
designed
to
deceive
investors
by
controlling
or
artificially
affecting
the
market
for
a
security.
Manipulation
can
involve
a
number
of
techniques
to
affect
the
supply
of,
or
demand
for,
a
stock.
They
include:
spreading
false
or
misleading
information
about
a
company;
improperly
limiting
the
number
of
publicly-‐
available
shares;
or
rigging
quotes,
prices
or
trades
to
create
a
false
or
deceptive
picture
of
the
demand
for
a
security.
»
(U.S.
SEC,
n.d.
b)
Le
premier
concept
sur
le
délit
d’initié
n’a
pas
réellement
été
impacté
par
l’arrivée
sur
les
marchés
des
traders
à
haute
fréquence.
Cependant
le
développement
du
THF
a
permis
l’apparition
de
nouvelles
stratégies
capables
d’influencer
le
prix
d’un
titre
boursier
à
l’avantage
d’un
investisseur.
Parfois
très
difficiles
à
détecter
de
par
leur
vitesse
d’exécution
impressionnante,
ces
stratégies
utilisées
par
les
traders
ultra-‐rapides
sont
les
suivantes
:
des
éléments
relevant
d’une
stratégie
similaire.
On
sait
tout
d’abord
que
les
ordres
envoyés
vers
cette
place
boursière
sont
répartis
entre
6
canaux
différents
en
fonction
du
titre
concerné.
Les
chercheurs
ont
ensuite
pu
observer
une
covariance
significativement
plus
importante
entre
les
ordres
traités
dans
un
même
canal,
mais
que
cette
covariance
a
tendance
à
diminuer
lors
du
changement
de
canal
d’un
titre.
Ceci
peut
donc
s’expliquer
par
des
stratégies
de
Quote
Stuffing
utilisées
par
les
traders
à
haute
fréquence,
tentant
de
masquer
son
activité
sur
un
titre,
par
l’envoi
d’ordres
inutiles
sur
plusieurs
autres
titres
traités
dans
le
même
canal
(Gai
et
al.,
2012).
Cette
stratégie
de
THF
permet
donc
au
trader
d’acheter
des
titres
à
un
prix
inférieur
(A)
à
celui
pour
lequel
les
autres
investisseurs
sont
réellement
intéressés
par
la
vente
du
titre
(B).
Figure
n°4
:
Stratégie
de
déclenchement
de
tendance
sur
le
titre
de
la
société
Mesa
Energy
Holdings,
Inc.
(2010)
:
(Krieger)
Comme
on
peut
l’identifier
en
bleu
sur
ce
graphique,
la
première
étape
de
cette
stratégie
consiste
à
envoyer
au
marché
des
ordres
d’achat
(vente)
sur
le
titre
choisi
(Pump),
afin
d’enclencher
un
mouvement
haussier
(baissier)
sur
le
prix
du
titre.
Le
trader
espère
alors
que
cette
tendance
soit
suivie
par
les
autres
investisseurs
présents
sur
le
marché
afin
que
cette
augmentation
(diminution)
du
prix
de
l’actif
soit
amplifiée.
Une
fois
que
le
titre
atteint
un
certain
prix,
jugé
suffisamment
haut
(bas)
pour
le
trader,
la
seconde
étape,
identifiée
en
rouge
sur
le
graphique,
consiste
à
profiter
de
cette
surévaluation
(sous-‐évaluation)
irrationnelle
du
titre,
en
le
revendant
(rachetant)
de
manière
massive
sur
le
27.
4.4
Spoofing
Le
mot
Spoofing
en
anglais,
désigne
l’envoi
d’ordres
à
cours
limités
sur
un
titre
financier
de
la
part
d’un
trader,
sans
pour
autant
que
celui-‐ci
ait
l’intention
de
les
exécuter.
Autrement
dit,
les
ordres
envoyés
au
marché
seront
majoritairement
supprimés
ou
modifiés
avant
la
réalisation
d’une
transaction.
Les
traders
à
haute
fréquence
les
plus
rapides
sur
le
marché
ont
la
certitude
de
pouvoir
supprimer
leurs
ordres
placés
au-‐dessus
(dessous)
du
meilleur
cours
vendeur
(acheteur),
avant
qu’ils
ne
soient
exécutés.
Cette
stratégie
de
manipulation
boursière
essaye
en
fait
d’influencer
la
perception
qu’ont
les
autres
investisseurs
sur
l’offre
et
la
demande
pour
un
titre
financier,
via
l’envoi
d’une
multitude
d’ordres
inutiles
au
marché.
Dans
la
plupart
des
cas,
le
trader
à
haute
fréquence
va
envoyer
massivement
des
ordres
dans
le
sens
inverse
à
sa
réelle
intention.
Prenons
l’exemple
d’un
trader
dont
l’intention
est
d’acheter
un
volume
défini
de
titres
à
un
petit
prix.
Ce
trader
va
d’abord
placer
une
série
d’ordres
vendeur
à
cours
limité
dans
le
carnet
d’ordres
du
titre,
afin
d’augmenter
faussement
la
pression
négative
sur
son
prix.
Une
fois
ces
ordres
envoyés
et
prêts
à
être
supprimés,
le
trader
espère
effrayer
les
autres
investisseurs,
en
les
incitant
à
vendre
le
titre
à
un
prix
plus
faible
que
le
trader
haute
fréquence
leur
aura
subtilement
proposé
entre-‐temps
(Arnold,
2015).
28.
Partie
II
:
L’impact
du
trading
à
haute
fréquence
29.
On
observe
différents
impacts
causés
par
l’utilisation
de
stratégies
de
trading
à
haute
fréquence
sur
les
marchés
financiers.
Comme
expliqué
précédemment,
certains
effets
causés
par
le
THF
peuvent
être
favorables
au
bon
fonctionnement
des
marchés,
alors
que
d’autres
sont
considérés
comme
nocifs
à
sa
stabilité.
(Oseredczuck,
2011)
Comme
il
est
facilement
identifiable
sur
ce
graphique,
l’écart
de
prix
entre
l’offre
et
la
demande
sur
les
marchés
financiers
a
largement
diminué
en
4
ans.
Cependant,
la
quantité
disponible
au
meilleur
prix
(depth)
a
également
fortement
baissé.
Ces
deux
phénomènes
combinés
justifient
les
propos
de
certains
observateurs
qui
accusent
les
traders
à
haute
fréquence
de
proposer
une
liquidité
fantôme
sur
les
marchés.
Les
traders
à
haute
fréquence
utiliseraient
en
effet
leur
avantage
en
terme
de
rapidité,
pour
annuler
la
plupart
de
leurs
ordres
dès
que
les
circonstances
de
marché
leur
sont
moins
favorables.
Une
étude
explique
d’ailleurs
que
les
effets
positifs
du
THF
en
terme
de
liquidité
ne
sont
pas
ressentis
sur
les
titres
jugés
plus
risqués,
comme
les
titres
à
faible
capitalisation
boursière
ou
à
forte
volatilité
(Boehmer
et
al.,
2012).
Une
étude
menée
en
2010
viendra
confirmer
cette
idée
en
affirmant
que
bien
que
les
traders
à
haute
31.
fréquence
proposent
les
meilleures
offres
de
prix
dans
65%
des
cas,
ceux
ci
fournissent
essentiellement
de
la
liquidité
sur
les
titres
à
forte
capitalisation
et
à
faible
volume
d’échanges
(Brogaard,
2010).
1
Voir annexe n°2 pour la répartition des parts de marché.
33.
2010
que
le
volume
de
transactions
sur
le
marché
des
actions
hollandais,
avait
baissé
d’environ
13%
suite
à
l’arrivée
d’un
nouveau
trader
à
haute
fréquence
sur
ce
marché
(Jovanovic
et
Menkveld,
2010).
Cette
perte
de
confiance
de
la
part
des
investisseurs
traditionnels
en
réaction
au
développement
des
stratégies
de
THF
sur
les
plates-‐formes
boursières,
s’est
traduite
par
une
augmentation
considérable
des
transactions
effectuées
à
travers
des
plates-‐formes
de
négociations
obscures
(dark
pools).
Alors
que
ces
opérateurs
de
marché
n’effectuaient
qu’environ
4%
des
transactions
boursières
mondiales
en
2008,
ceux-‐ci
s’occuperaient
depuis
2
ans,
de
plus
de
13%
de
ces
échanges
(Patterson,
2013).
informatiques
les
plus
puissants,
est
nommé
par
certains
observateurs
comme
étant
une
course
à
l’armement
technologique
!
Ce
phénomène
de
sur-‐investissement
inquiète
cependant
certains
experts
qui
pensent
être
en
présence
d’un
équilibre
de
marché
sous-‐optimal.
Les
barrières
à
l’entrée
étant
sans
cesse
plus
grandes
à
surmonter
pour
laisser
place
à
de
nouveaux
concurrents,
il
est
possible
que
le
marché
du
trading
se
transforme
en
un
marché
oligopolistique
où
seules
certaines
firmes
de
THF,
qui
possèderaient
l’équipement
informatique
le
plus
rapide
qu’il
soit
possible
de
construire,
empocheraient
l’intégralité
des
profits
réalisables
sur
les
marchés.
Les
spécialistes
en
la
matière
ont
déjà
incité
à
de
nombreuses
reprises
les
régulateurs
de
marché
à
intervenir,
afin
de
mettre
un
terme
à
cette
course
à
l’investissement
technologique
qui
pourrait
dégrader
le
bien-‐être
économique
de
ce
marché
(Harris,
2012).
37.
Il
a
fallu
attendre
la
fin
des
années
2000
pour
que
le
trading
à
haute
fréquence
devienne
un
sujet
controversé
entre
les
différents
acteurs
présents
sur
les
marchés
financiers.
Cette
méthode
d’investissement
qui
n’intéressait
auparavant
que
les
experts
de
la
spéculation
boursière,
était
considérée
comme
un
outil
conçu
pour
faciliter
les
échanges
boursiers.
Ces
robots
traders
qui
permettaient
d’augmenter
la
fréquence
des
échanges
boursiers
et
de
diminuer
la
fourchette
de
prix
entre
l’offre
et
la
demande,
allaient
également
permettre
de
combler
la
faiblesse
émotionnelle
des
investisseurs
humains
lors
de
leur
choix
d’investissement.
Ces
machines
étant
configurées
pour
réagir
de
manière
la
plus
rationnelle
possible,
le
trading
algorithmique
et
le
THF
semblaient
promouvoir
la
qualité
et
la
stabilité
du
marché.
C’est
suite
à
la
date
du
6
mai
2010,
jour
où
l’indice
américain
du
Dow-‐Jones
chuta
de
près
de
4%
en
l’espace
de
3
minutes,
que
la
réputation
du
THF
se
transforma
et
que
sa
légitimité
fût
fortement
remise
en
question.
Ce
secteur
étant
très
peu
connu
du
grand
public
de
par
sa
complexité,
les
firmes
déployant
des
stratégies
de
trading
à
haute
fréquence
sèment
la
controverse.
Utilisant
des
outils
informatiques
extrêmement
puissants
et
un
langage
bien
spécifique,
les
traders
à
haute
fréquence
effraient
les
observateurs
externes
et
deviennent
par
la
même
occasion,
une
sorte
de
bouc
émissaire
de
la
finance.
Accusées
de
déstabiliser
le
marché,
d’en
augmenter
la
volatilité,
ou
encore
de
le
ralentir
en
le
saturant
d’ordres
inutiles,
ces
firmes
de
THF
vont
également
être
tenues
responsables
de
l’apparition
de
minis
krachs
boursiers
sur
les
marchés.
conséquence
de
développer
une
certaine
dépendance
des
marchés
financiers
à
la
technologie.
Il
n’est
d’ailleurs
pas
si
rare
de
constater
l’interruption
de
la
cotation
de
certains
titres
financiers,
suite
à
l’apparition
d’un
dysfonctionnement
technique.
La
panne
survenue
chez
l’opérateur
de
marché
Euronext
le
12
juin
2014,
empêcha
par
exemple
les
investisseurs
d’intervenir
sur
les
marchés
pendant
plus
d’une
heure
après
leurs
ouvertures
(Nille,
2014).
Ce
phénomène
récurrent
pointe
clairement
du
doigt
la
vulnérabilité
des
marchés
financiers
face
aux
défaillances
techniques.
On
distingue
généralement
trois
types
d’incidents
techniques
pouvant
provoquer
l’interruption
ou
le
ralentissement
du
processus
de
formation
des
prix
par
le
moteur
d’appariement
d’un
opérateur
:
Ø La
panne
technique
:
elle
peut
survenir
suite
à
de
multiples
raisons
internes
telles
que
l’utilisation
de
matériel
défectueux,
ou
suite
à
la
mauvaise
programmation
du
logiciel
de
cotation.
Mais
les
raisons
peuvent
également
être
en
dehors
du
contrôle
de
l’opérateur,
comme
par
exemple
une
panne
d’électricité
ou
d’internet.
Ø La
surcharge
d’un
serveur
informatique
:
elle
est
généralement
provoquée
par
l’envoi
massif
d’ordres
par
un
ou
plusieurs
investisseurs.
On
retiendra
par
exemple
en
2007,
le
ralentissement
important
du
système
de
cotation
de
l’opérateur
NYSE,
suite
à
l’envoi
par
la
société
Crédit
Suisse
de
plus
de
600.000
ordres
en
l’espace
de
20
minutes
(Grillet-‐Aubert,
2011).
Ø La
cyberattaque
:
malgré
qu’aucune
défaillance
majeure
n’ait
été
enregistrée
suite
à
une
tentative
de
piratage
d’opérateurs
boursiers,
certains
d’entre
eux
tels
que
le
NASDAQ
auraient
déjà
été
la
cible
de
plusieurs
attaques
informatiques
dans
ce
genre
(Bunge,
2009).
Il
n’est
d’ailleurs
pas
rare
que
les
plates-‐formes
de
négociation
de
titres
fassent
appel
à
des
experts
en
la
matière
afin
de
contrer
les
éventuels
tentatives
de
piratage.
Un
homme
a
également
été
condamné
récemment
pour
avoir
essayé
de
hacker
la
bourse
de
Hong
Kong
(Le
Monde,
2011).
39.
Ces
trois
types
d’événements
sont
donc
capables
d’influencer
l’efficience
des
marchés
financiers.
Nous
pouvons
donc
avancer
que
malgré
l’utilisation
d’outils
informatiques
très
évolués,
la
dépendance
des
opérateurs
de
marchés,
et
donc
du
marché
en
lui-‐même,
envers
la
technologie,
représente
un
véritable
risque
pour
l’intégrité
des
marchés
boursiers.
plus
de
76%
au
prix
de
l’action
de
la
société
en
seulement
6
minutes
(Zetter,
2008).
Cet
exemple
nous
montre
que
l’utilisation
d’algorithmes
pour
analyser
l’information
et
pour
décider
des
choix
d’investissement
en
conséquence,
peut
être
la
source
d’une
véritable
panique
boursière
sans
fondement.
46.
Partie
III
:
Réguler
le
trading
à
haute
fréquence
47.
Comme
souvent
dans
le
système
financier,
il
faut
malheureusement
attendre
qu’un
évènement
catastrophique
se
réalise
avant
que
des
mesures
réglementaires
en
la
matière
ne
soient
imposées
par
les
autorités.
Afin
d’analyser
les
mesures
réglementaires
prises
concernant
l’utilisation
des
stratégies
de
trading
à
haute
fréquence
sur
les
marchés,
nous
allons
tout
d’abord
nous
intéresser
au
célèbre
krach
boursier
du
06
mai
2010.
Ce
krach
est
considéré
comme
l’élément
déclencheur
du
débat
autour
de
la
légitimité
des
stratégies
de
trading
à
haute
fréquence
(Valuewalk,
2015).
Cet
évènement,
mieux
connu
sous
le
nom
de
«
flash
crash
»
en
anglais,
est
certainement
l’une
des
journées
les
plus
turbulentes
dans
l’histoire
des
marchés
financiers.
Durant
ce
jour,
la
plupart
des
indices
boursiers
américains
subirent
une
perte
de
valeur
extrêmement
rapide,
avant
de
retrouver
leurs
niveaux
initiaux
quelques
minutes
plus
tard.
L’indice
boursier
du
Dow
Jones
a
d’ailleurs
connu
durant
cet
incident,
sa
plus
grande
chute
intra-‐journalière
(intraday)
de
toute
son
histoire,
avec
une
perte
nette
de
998,5
points
de
base
par
rapport
à
son
niveau
à
l’ouverture.
Les
prix
de
nombreux
titres
financiers
subirent
au
même
moment
une
période
d’intense
volatilité,
comme
le
relèvent
la
Securities
and
Exchange
Commission
(SEC)
et
la
Commodity
Futures
Trading
Commission
(CFTC)
:
«
Many
of
the
almost
8,000
individual
equity
securities
and
exchange
traded
funds
(“ETFs”)
traded
that
day
suffered
similar
price
declines
and
reversals
within
a
short
period
of
time,
falling
5%,
10%
or
even
15%
before
recovering
most,
if
not
all,
of
their
losses.
However,
some
equities
experienced
even
more
severe
price
moves,
both
up
and
down.
Over
20,000
trades
across
more
than
300
securities
were
executed
at
prices
more
than
60%
away
from
their
values
just
moments
before.
Moreover,
many
of
these
trades
were
executed
at
prices
of
a
penny
or
less,
or
as
high
as
$100,000,
before
prices
of
those
securities
returned
to
their
“pre-‐crash”
levels.
»
(U.S.
SEC
et
U.S.
CFTC,
2010b)
Avant
la
publication
du
rapport
approfondi
de
la
SEC
et
de
la
CFTC,
expliquant
en
détails
les
différents
facteurs
ayant
débouché
à
un
tel
évènement,
les
stratégies
de
trading
à
haute
fréquence
ont
longuement
été
accusées
d’avoir
provoqué
ce
48.
d’une
valeur
d’environ
4,1
milliard
de
dollars1.
Alors
que
les
ordres
de
vente
d’une
telle
taille
sont
habituellement
découpés
et
envoyés
progressivement
au
marché
sur
une
période
d’au
moins
5
heures,
cet
algorithme
ordonna
la
vente
de
ces
contrats
à
terme
en
une
vingtaine
de
minutes
seulement.
Cette
rapidité
s’explique
notamment
par
la
volonté
du
trader
d’atteindre
un
taux
d’exécution
des
ordres
correspondant
à
9%
du
volume
total
échangé
la
minute
précédente
sur
le
marché,
sans
aucune
contrainte
liée
au
prix
(U.S.
SEC
et
U.S.
CFTC,
2010).
Cette
énorme
pression
à
la
vente
sur
le
titre
financier
E-‐MINI
fut
d’abord
absorbée
par
les
traders
à
haute
fréquence,
qui
achetèrent
rapidement
3.300
contrats,
mais
également
par
les
acheteurs
fondamentaux
et
les
arbitragistes,
qui
répandirent
dès
lors
cette
pression
sur
le
marché
des
actions.
Le
niveau
de
liquidité
acheteur
étant
anormalement
bas
en
ce
jour
particulier,
cette
pression
à
la
baisse
sur
le
prix
des
titres
provoqua
une
rapide
perte
supplémentaire
de
2%
aux
différents
indices
boursiers
(U.S.
SEC
et
U.S.
CFTC,
2010).
1
Le
trader
Londonien
en
question
a
d’ailleurs
été
récemment
arrêté
par
les
autorités
anglaises.
La
justice
américaine
demande
son
extradition
aux
Etats-‐Unis,
où
il
risque
une
peine
maximale
d’emprisonnement
de
380
ans
pour
manipulation
de
cours
boursiers.
2
Nom
utilisé
par
la
SEC/
CFTC
dans
son
rapport
officiel.
50.
bas,
ce
qui
favorisa
la
chute
des
prix
de
centaines
de
titres
financiers
différents
(U.S.
SEC
et
U.S.
CFTC,
2010)!
Figure
n°
7
:
Evolution
des
indices
boursiers
américains
le
6
mai
2010
(Balch,
2012)
Comme
il
est
possible
de
l’observer
sur
le
graphique
ci-‐dessus,
les
marchés
américains
plongèrent
entre
14h41
et
14h45
de
5%,
atteignant
une
perte
totale
intra-‐journalière
historique
d’environ
9%
!
L’algorithme
initial
réussit
à
vendre
plus
de
35.000
contrats
E-‐MINI
depuis
son
activation
et
ne
laissa,
avec
l’aide
des
traders
à
haute
fréquence,
que
1%
de
la
liquidité
disponible
à
l’achat
sur
ce
titre
(U.S.
SEC
et
U.S.
CFTC,
2010).
liquidité
dans
le
marché
des
actions
américaines.
Malgré
que
les
indices
boursiers
retrouvèrent
rapidement
un
niveau
de
prix
plus
stable,
autour
des
-‐5%,
plus
de
20.000
transactions
concernant
plus
de
300
actions
et
ETF
furent
exécutées
durant
cette
période
à
des
prix
plus
de
60%
éloignés
de
leur
valeur
relevée
quelques
minutes
plus
tôt.
Ces
échanges,
qui
seront
annulés
par
les
responsables
des
différentes
plates-‐formes
de
négociations
une
fois
le
marché
fermé,
sont
en
grande
partie
des
«
stub
quotes
».
Cette
appellation
anglaise
désigne
généralement
des
ordres
envoyés
au
marché
à
des
prix
totalement
absurdes
par
des
sociétés
ayant
l’obligation
légale
de
fournir
des
prix
à
l’achat
et
à
la
vente
sur
un
marché
(U.S.
SEC
et
U.S.
CFTC,
2010)!
Ces
conclusions
officielles
accusent
donc
le
trading
automatisé
ainsi
que
les
programmes
de
trading
algorithmique
de
ne
pas
avoir
interagi
de
manière
optimale
!
La
vitesse
d’exécution
des
opérations,
caractéristique
principale
du
THF,
n’est
pas
explicitement
retenue
comme
étant
une
cause
de
la
formation
du
krach.
Les
traders
à
haute
fréquence
auraient
d’ailleurs,
dans
un
premier
temps,
permis
d’absorber
une
partie
de
la
pression
baissière
exercée
sur
les
prix
par
l’algorithme
de
vente
!
Le
prix
des
titres
ne
cessant
de
dégringoler,
ces
traders
auraient
cependant
participé
à
accentuer
l’ampleur
du
krach
en
revendant
massivement
les
titres
achetés
précédemment
ou
en
retirant
leurs
offres
de
liquidité
à
l’achat
sur
les
différents
marchés.
Cette
explication
sera
par
la
suite
confirmée
par
une
nouvelle
étude
à
ce
sujet
réalisée
quelques
mois
après
l’incident,
mais
qui
sera
jusqu’en
février
2014
privée
d’autorisation
à
la
publication
:
«
We
have
established
that
High
Frequency
Traders
did
not
trigger
the
Flash
Crash,
but
have
exacerbated
the
price
movement
and
fueled
a
spike
in
the
total
trading
volume
during
the
time
when
the
E-‐mini
prices
were
falling
rapidly
in
response
to
large
order
flow
imbalance.
»
(Kirilenko
et
al.,
2010).
Le
rapport
de
la
SEC/CFTC
souligne
également
l’importance
de
l’interconnexion
entre
le
marché
des
produits
dérivés
et
celui
des
actions,
et
met
en
évidence
le
fait
qu’un
volume
important
de
titres
échangés
n’est
pas
toujours
un
signe
de
liquidité
sur
un
marché
!
Figure
n°
8
:
Simulation
de
l’évolution
du
prix
du
Dow
Jones
le
6
mai
2010
(Morris,
2010)1
1
Courbe tracée par le Professeur Petitjean dans le cadre du cours Ethics in Finance de la LSM.
54.
Ce
phénomène
de
mini
krach
éclair
préoccupe
grandement
les
régulateurs
des
marchés
financiers.
Suite
à
l’évènement
du
flash
krach
du
6
mai
2010,
la
SEC
et
la
CFTC
ont
rapidement
décidé
de
mettre
en
place
des
mesures
réglementaires
afin
d’éviter
qu’un
évènement
d’une
telle
ampleur
ne
se
reproduise
dans
le
futur.
sont
programmés
pour
liquider
d’urgence
les
positions
ouvertes
en
cas
de
perte
significative.
Ce
recalibrage
des
coupe-‐circuits
fut
par
la
suite
appliqué
à
l’ensemble
des
titres
financiers
échangés
sur
le
National
Market
System
Securities
dès
le
mois
de
juin
2011
(U.S.
SEC,
2010c).
Figure
n°
9
:
Temps
d’arrêt
des
marchés
nationaux
américains
en
cas
d’activation
du
coupe-‐circuit
sur
le
S&P
500
Avant
15h25
Après
15h25
Niveau
1
7%
15
min
0
min
Niveau
2
13%
15
min
0
min
Niveau
3
20%
Arrêt
pour
la
journée
Arrêt
pour
la
journée
Les
variations
relatives
des
prix
de
l’indice
sont
calculées
à
chaque
instant
par
rapport
au
prix
de
l’indice
lors
de
la
clôture
de
la
dernière
session
de
trading
(U.S.
SEC,
2010c).
Concernant
les
marchés
financiers
européens,
il
n’existe
pas
vraiment
de
coupe-‐
circuit
équivalent
à
celui
présent
sur
le
S&P
500.
Chaque
marché
possède
en
effet
son
coupe-‐circuit
général
propre,
qui
décide
de
manière
autonome
d’arrêter
ou
non
la
cotation
des
titres
échangeables
sur
son
marché.
A
titre
d’exemple,
l’activation
du
coupe-‐circuit
sur
le
marché
de
l’Euro
Stoxx
50
n’implique
en
rien
la
suspension
de
la
cotation
sur
le
marché
français
du
CAC
40.
En
d’autres
mots,
57.
Figure
n°
10
:
Evolution
de
3
indices
Européens
lors
du
mini
krach
du
27
décembre
2010
Désactivation
du
Activation
du
coupe-‐circuit
coupe-‐circuit
(Grillet-‐Aubert,
2011)
Comme
il
est
possible
de
l’observer
sur
ce
graphique,
les
indices
future
de
l’Euro
Stoxx
50
et
du
DAX
n’ont
subi
une
baisse
maximale
que
d’environ
2%
grâce
à
la
suspension
de
leur
cotation
pendant
5
minutes.
L’indice
future
du
CAC
40
n’ayant
pas
activé
de
coupe-‐circuit,
a
quant
à
lui
subi
un
mouvement
baissier
de
son
prix
de
plus
de
4%
en
quelques
secondes,
avant
de
retrouver
son
niveau
initial
(-‐2%)
quelques
minutes
plus
tard.
Ø Ces
mêmes
firmes
auront
l’obligation
de
garder
un
enregistrement
de
chaque
opération
effectuée
par
leurs
algorithmes
pendant
au
moins
cinq
ans
(Norton
Rose
Fulbright,
2014).
Ø Les
plates-‐formes
de
négociation
devront
également
mettre
en
place
un
système
de
contrôle
afin
de
s’assurer
que
les
algorithmes
utilisés
sur
leurs
marchés
n’aient
pas
un
comportement
susceptible
de
perturber
la
qualité
des
échanges
(Norton
Rose
Fulbright,
2014).
61.
L’intervention
des
autorités
compétentes
en
vue
de
limiter
les
activités
d’un
agent
de
la
société
se
justifie
généralement
lorsque
cet
agent
impose
des
externalités
négatives
à
d’autres
agents.
Dans
le
cas
du
trading
à
haute
fréquence,
les
différents
éléments
abordés
à
travers
les
chapitres
précédents
laissent
clairement
supposer
que
ce
type
d’investisseur
peut,
dans
certains
cas,
infliger
plusieurs
effets
négatifs
à
d’autres
acteurs
financiers.
La
sélection
adverse,
les
risques
systémiques
ou
encore
les
problèmes
de
congestion
sont
entre
autre
les
raisons
pour
lesquelles
de
nombreux
observateurs
pensent
qu’il
est
devenu
nécessaire
de
réguler
en
profondeur
cette
nouvelle
industrie.
Avant
d’aborder
une
à
une
les
différentes
réglementations
qu’il
serait
envisageable
d’appliquer
au
THF,
posons-‐nous
d’abord
la
question
de
savoir
quel
pourrait
être
le
futur
du
THF
si
aucune
nouvelle
réglementation
ne
devait
voir
le
jour.
1
Optiver
est
une
large
firme
de
THF
spécialisée
dans
la
tenue
de
marché.
64.
Ø Une
augmentation
de
la
volatilité
:
selon
une
étude
menée
en
1997
sur
le
marché
chinois,
l’instauration
d’une
taxe
sur
les
transactions
financières
a
eu
pour
effet
d’augmenter
significativement
le
taux
de
volatilité
des
prix
sur
les
marchés
concernés
(Zhang,
n.d.).
La
taxe
instaurée
en
2012
sur
le
marché
français
n’aurait
cependant
eu
aucun
impact
sur
la
volatilité
des
prix.
Une
étude
de
2001
analysant
l’impact
d’une
taxe
sur
les
transactions
financières
aboutit
à
des
résultats
lui
permettant
de
conclure
de
la
manière
suivante
:
«
A
financial
transaction
tax
can
obstruct
price
discovery
and
price
stabilization,
increase
volatility,
reduce
market
liquidity,
and
inhibit
the
informational
efficiency
of
financial
markets.
»
(Habermeier
et
Kirilienko,
2001)
pourraient
dès
lors
se
servir
de
ces
ordres
obsolètes
pour
réaliser
facilement
un
profit
et
infliger
par
la
même
occasion
une
perte
au
teneur
de
marché
qui
serait
dans
l’incapacité
de
mettre
a
jour
ses
prix
(Nelson,
2010).
1
Larry
Harris
est
un
économiste
ayant
travaillé
pour
la
U.S
Securities
and
Exchanges
Commision
de
2002
à
2004.
67.
Afin
de
limiter
les
risques
systémiques
engendrés
par
les
sociétés
de
THF,
différentes
exigences
sont
envisageables
:
Ø Capitaux
tampons
:
l’instauration
de
capitaux
tampons
permettrait
d’améliorer
la
résistance
des
firmes
de
THF
face
aux
éventuels
pénuries
de
liquidité
auxquelles
elles
peuvent
faire
face.
Ø Fonds
propres
minimum
:
l’imposition
d’un
seuil
de
fonds
propres
minimum
aux
sociétés
de
THF
pourrait
permettre
d’augmenter
l’implication
des
actionnaires
dans
la
prise
de
risque
de
leur
société.
Ø Stress
tests
:
il
serait
également
intéressant
d’évaluer
les
conséquences
d’un
éventuel
problème
opérationnel
via
la
mise
en
place
de
stress
tests.
Des
simulations
de
chocs
financiers
pourraient
permettre
de
mieux
comprendre
et
donc
de
mieux
réglementer
les
firmes
de
THF.
69.
Conclusion
générale
Nous
avons
pu
au
travers
de
ce
mémoire
aborder
de
nombreux
aspects
de
la
finance
de
marché
et
des
pratiques
d’investissements
inédites
qui
la
caractérise
actuellement.
Plus
particulièrement
nous
avons
pu
nous
hisser
au
cœur
d’un
phénomène
nouveau,
appelé
le
trading
à
haute
fréquence,
qui
se
base
sur
le
progrès
technologique
pour
mettre
en
place
des
stratégies
spéculatives
complexes,
qui
s’appuient
essentiellement
sur
la
vitesse
de
détection
des
opportunités
de
gain
et
d’exécution
des
opérations.
Après
avoir
introduit
le
concept
de
trading
à
haute
fréquence,
en
prenant
soin
d’expliquer
les
différents
facteurs
ayant
permis
son
développement
et
en
définissant
quelques
spécificités
techniques
qui
s’y
rapportent,
nous
nous
sommes
intéressés
aux
différentes
stratégies
de
trading
utilisées
par
les
traders
à
haute
fréquence.
Nous
avons
rapidement
pu
catégoriser
ces
stratégies
en
fonction
du
type
d’externalité
qu’elles
procurent
aux
marchés
financiers.
Alors
que
les
stratégies
d’arbitrage
et
de
tenue
du
marché
(market
making)
sont
considérées
comme
bénéfiques
à
l’efficience
des
marchés,
les
stratégies
d’anticipations
d’ordres
ou
basées
sur
l’information
sont
quant
à
elles
de
nature
beaucoup
plus
controversée.
Bien
qu’autorisées
par
les
régulateurs,
en
raison
de
leurs
conformités
aux
différentes
règlementations
en
vigueur,
ces
stratégies
développent
un
phénomène
de
sélection
adverse
qu’elles
imposent
aux
autres
investisseurs
plus
lents,
présents
sur
les
marchés.
Concernant
cette
problématique,
je
pense
personnellement
qu’afin
de
garantir
un
marché
sain
et
éthique
à
l’ensemble
des
investisseurs,
il
serait
nécessaire
de
mettre
en
place
certaines
réglementations.
Une
idée
serait
par
exemple
d’instaurer
une
latence
minimale
à
l’envoi
des
ordres
de
la
part
des
investisseurs,
en
laissant
cependant
la
possibilité
d’annuler
ces
ordres
à
la
vitesse
souhaitée
par
le
trader.
Cette
possibilité
d’annuler
des
ordres
plus
rapidement
que
la
vitesse
autorisée
pour
en
envoyer,
éviterait
de
pénaliser
les
fournisseurs
de
liquidités.
70.
1
Jack
Welch
fut
le
CEO
de
General
Electric
de
1981
à
2001.
71.
L’idée
d’instaurer
un
système
de
latence
aléatoire
pour
chaque
ordre
envoyé
au
marché
pourrait
être
un
moyen
efficace
de
transformer
cette
concurrence
basée
sur
la
vitesse,
en
une
concurrence
plus
saine,
basée
sur
les
prix
!
L’idée
de
ralentir
le
marché
pourrait
également
être
retenue,
à
condition
que
ces
mesures
ne
découragent
pas
les
teneurs
de
marché
à
proposer
de
la
liquidité.
Le
risque
systémique
causé
par
l’utilisation
du
trading
à
haute
fréquence
est
également
un
élément
important
à
prendre
en
compte
dans
la
mise
en
place
de
nouvelles
mesures
réglementaires.
Comme
le
krach
éclair
du
6
mai
2010
le
prouve,
un
seul
trader
à
haute
fréquence
est
désormais
capable
de
déstabiliser
l’ensemble
du
marché
financier
en
quelques
minutes.
Le
problème
ici
réside
selon
moi,
dans
la
capacité
de
n’importe
quel
individu
ayant
suffisamment
de
ressources
financières,
à
devenir
un
trader
à
haute
fréquence.
Pourquoi
pas
instaurer,
comme
pour
les
courtiers
en
bourse,
un
système
d’accès
à
la
profession
?
Ne
serait-‐ce
pas
une
bonne
mesure
préventive
pertinente
afin
d’éviter
que
de
tels
accidents
ne
se
reproduisent
?
L’utilisation
de
coupe-‐circuits
en
cas
de
volatilité
trop
importante
du
marché,
ainsi
que
la
mise
en
place
de
tests
obligatoires
sur
les
algorithmes
de
trading,
semblent
être
deux
mesures
très
efficaces,
bien
que
celles-‐ci
manquent
selon
moi
d’uniformisation
entre
les
différents
marchés
internationaux.
Je
suis
également
favorable
à
l’idée
de
la
SEC
de
tester
les
conséquences
d’un
changement
du
pas
de
cotation
sur
certains
marchés.
Ces
mesures
pourraient
en
effet
permettre
d’augmenter
le
taux
de
liquidité
sur
certains
titres
financiers.
Enfin
une
dernière
mesure
réglementaire
qui
serait
selon
moi
nécessaire
à
la
stabilité
et
l’intégrité
des
marchés
financiers,
concerne
l’instauration
de
fonds
propres
minimum
aux
sociétés
de
THF.
Celles-‐ci
devraient
en
effet,
au
même
titre
que
les
banques,
se
munir
de
capitaux
tampons
capables
d’amortir
les
éventuels
chocs
de
liquidité.
La
mise
en
place
de
stress
tests
pourrait
également
limiter
le
risque
qu’une
série
de
firmes
de
THF
viennent
déstabiliser
le
marché
en
faisant
défaut
au
même
moment.
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80.
Annexes
Annexe
n°1
Ratio
nombre
d’ordres
passés
/
nombre
de
transactions
sur
Euronext
Paris
(CAC40).
(Grillet-‐Aubert
2011)
Annexe
n°2
Part
de
marché
(en
euro)
des
plates-‐formes
de
trading
en
Europe
(2010).
(Biais
et
Wooley,
2011)
81.
Annexe
n°3
Evolution
du
taux
de
corrélation
entre
les
titres
financiers.
(U.S.
Global
Investors,2011)
Annexe
n°4
Exemple
de
boucle
de
rétroaction
entre
deux
algorithmes
(Grillet-‐Aubert
2011)