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Étude des Fonctions Multiplicatives en Algèbre

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SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE

Exercice 1. D FONCTIONS MULTIPLICATIVES.


Partie I

(1) Soit A = {f : N∗ → K} où K est un anneau commutatif ; On note + l’addition dans


K et dans A et on définit sur A la loi ∗ par
X
(f ∗ g)(m) = f (p).g(q).
p.q=m

Enfin on note Dn l’ensemble des diviseurs de n.


a) Montrer que (A, +, ∗) est un anneau commutatif dont l’élément unité δ est défini
par δ(1) = 1, δ(x) = 0 pour x 6= 1.
b) f est dite faiblement multiplicative si m ∧ n = 1 ⇒ f (m.n) = f (m).f (n).
Si f et g sont faiblement multiplicatives, montrer que f ∗ g l’est.
c) Trouver une partie P de N∗ telle que, pour toute application h : P → R, il existe
une et une seule fonction faiblement multiplicative telle que f|P = h.
Montrer aussi que si f et g sont deux fonctions faiblement multiplicatives alors on
a l’équivalence
(f = g) ⇔ (f|P = g|P ).
d) Soit µ la fonction de Möebius définie comme suit :
µ(1) = 1, µ(p1 .p2 . . . .pr ) = (−1)r où les pi sont des nombres premiers distincts,
µ(m) = 0 si la décomposition en nombres premiers de m comporte le carré d’un
nombre premier.
Montrer que µ ∗ ϕ1 = δ où ϕ1 est définie par ϕ1 (x) = 1 (fonction constante) ; on
pourra montrer que µ est faiblement multiplicative et utiliser le b).
En déduire la formule d’inversion de Möebius : µ ∗ ϕ1 ∗ f = f .
Application : inverser la relation q n = dψ(d) et en déduire que
P
d|n

X
nψ(n) = µ(d)q n/d.
d|n

Partie II

(1) Soit n > 2 et n = pα1 1 . . . pαr r sa décomposition en facteurs premiers.


a) Montrer que D : n ∈ N∗ 7→ D(n) nombre de diviseurs de n est une fonction
multiplicative.
b) En déduire que : D(n) = (α1 + 1)(· · · )(αr + 1).
c) Quel est le plus petit entier n > 0 ayant 17 diviseurs exactement ?
d) Montrer que n est carré parfait ssi D(n) est impair.
(2) Pour k ∈ N, on désigne par Sk (n) la somme des puissances k-ièmes des diviseurs de n
(Sk (n) = dk ).
P
d|n
a) Montrer que Sk est faiblement multiplicative.
1
2 SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE

b) En déduire que
r k(α +1)
Y p i −1
i
Sk (n) = pour k > 1.
i=1
pki − 1

(3) a) Montrer que nD(n) est un carré parfait et que le produit de tous les diviseurs de n
√ n
est nD(n) (on montrera que θ : d ∈ Dn → 7 ∈ Dn est une bijection).
d
b) Trouver un entier dont le produit des diviseurs est 330 ×540 .
Partie III
Soit f : N∗ → R. On dit que f est fortement multiplicative lorsque pour tous m, n dans N∗
on a f (mn) = f (m)f (n). On supposera en outre que f (1) = 1.
On suppose f monotone et faiblement multiplicative.
(1) Montrer que l’on peut se ramener au cas où f est croissante et f (1) = 1 (ce que l’on
fera dans la suite).  
f (p + x)
(2) On pose, pour tout nombre premier p, α = inf ; x ∈ N \ pN, x > 1 .
f (x)
Montrer que (∀k ∈ N∗ ) αk 6 f (2). En déduire α = 1.
(3) Établir les inégalités pn+1 x 6 (px+ 1)pn 6 (x+ p)pn+1 et montrer que, pour tout nombre
premier p et tout naturel n on a f (pn+1 ) = f (pn )f (p).
(4) Montrer que toute fonction faiblement multiplicative monotone qui ne s’annule pas est
fortement multiplicative.

Exercice 2. I COMBINAISONS A RÉPÉTITIONS.


On appelle combinaison à répétition de n éléments a1 , a2 , . . . , an pris p à p toute suite
(a1 , . . . , a2 , . . . , an , . . .) où chaque terme a1 , a2 , . . . , an peut être répété plusieurs fois et où p
désigne le nombre total de termes.
(1) Soient n − 1 objets identiques, combien y-a-t-il de façons de les ranger dans n + p − 1
cases?
(2) En déduire que le nombre de combinaisons à répétition de n éléments pris p à p est
n−1
Cn+p−1 .
(3) Déterminer le nombre de monômes X1α1 X2α2 . . . Xnαn de degré égal à p, de degré inférieur
ou égal à p ?
(4) Dénombrer le nombre de n-uplets (α1 , α2 , . . . , αn ) ∈ Zn tels que |α1 |+|α2 |+· · ·+|αn | = p.

Exercice 3. F BIJECTIONS
Partie I Bijection de N2 sur N

f (x, y) = f (x − 1, y + 1) + 1 si x > 1

2
Soit f : N → N définie par f (0, y) = f (y − 1, 0) + 1 si x = 0, y > 1 .

f (0, 0) = 0
Si k ∈ N, on appelle segment sk l’ensemble des (x, y) ∈ N2 tels que x + y = k.
(1) Calculer f (x, y) en fonction de x, y et k = x + y.
(2) Montrer que f est bijective et donc que N2 est équipotent à N.
(3) On pose g(x, y) = 2x (2y + 1) − 1, montrer que g est aussi une bijection de N2 sur N et
calculer f −1 (1999), g −1(1999).
SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE 3

Partie II Bijection de N∗ sur Q


(1) Soit (pn )n∈N∗ la suite croissante des nombres premiers dans N \ {0, 1}. On note I
l’ensemble des suites d’éléments de N commençant à l’indice 1 et de support fini (i.e.
les ai s’annulent à partir d’un certain rang). On note J l’ensemble des suites d’éléments
de Z à support fini (commençant toujours par l’indiceQ1).
Prouver que l’application ϕ : (αn )n>1 ∈ I 7→ pαnn ∈ N∗ est bijective et que
Q αn n>1
l’application ψ : (αn )n>1 ∈ J 7→ pn ∈ Q∗+ est bijective.
n> 1
(2) Construire une bijection explicite de Z sur N, en déduire une bijection explicite de N∗
sur Q∗+ puis une bijection explicite de N∗ sur Q.

Exercice 4. I GROUPE DIÉDRAL.


Soit Gn,p un groupe fini (non nécessairement commutatif) engendré par a et b distincts tels
que :
(i) ∃p ∈ N : b2 = ap ,
(ii) aba = b,
(iii) ∃n ∈ N∗ , an = e,
où n et p sont minimaux et b ∈ / (a).
(1) Montrer que tout élément g de Gn,p s’écrit de manière unique sous la forme g = ar bs où
(r, s) ∈ [0, n − 1]×{0, 1}.
(écrire que tout élément de Gn,p s’obtient en faisant le produit de m éléments égaux à
a, a−1 , b ou b−1 ). En déduire que Gn,p a 2n éléments.
(2) Montrer que l’on a : soit p = 0, soit n = 2p.
(3) Étudier les groupes G1,0 , G2,0 , G3,0 et G2,1 , G4,2 ; montrer que G2p,0 est isomorphe au
groupe des isométries d’un polygone régulier à 2p cotés.

Exercice 5. D ENTIERS DE GAUSS.


Z(i) = {a + ib, (a, b) ∈ Z2 }
Z(i) est un anneau et on pose N(a + ib) = a2 + b2 .
(1) Montrer que N(xy) = N(x)N(y). En déduire les éléments inversibles de Z(i).
(2) Si x ∈ Z(i) et si N(x) est un entier premier, montrer que x est irréductible (i.e. si
x = αβ où (α, β) ∈ Z(i)2 alors α ou β est inversible). La réciproque est-elle vraie ?
(3) Soient x ∈ Z(i), y ∈ Z(i) \ {0}, on pose xy = u + iv, (u, v) ∈ Q2 . On prend (u0 , v0 ) ∈
Z2 : |u − u0 | 6 21 , |v − v0 | 6 21 .
Montrer qu’on a : x = y(u0 + iv0 ) + r avec N(r) < N(y) (division euclidienne dans
Z(i)). Dans quel cas u0 + iv0 et r sont-ils déterminés de façon unique?
(4) En déduire que Z(i) est principal.
(5) Soit p un nombre premier dans Z, montrer que p est irréductible dans Z(i) ssi il n’existe
pas (a, b) ∈ N2 tels que p = a2 + b2 .
(6) Montrer que, si p est un nombre premier : p ≡ 3[4] alors a2 + b2 ≡ 0[p] ⇒ a ≡ 0[p]
et b ≡ 0[p]. En déduire que tout nombre premier p > 3 est irréductible dans Z(i) ssi
p ≡ 3[4].
4 SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE

Exercice 6. F THÉORÈME CHINOIS SUR Z.


Soient p et q deux entiers étrangers.
(
x ≡ y[p]
(1) a) Montrer que ∀(y, z) ∈ Z2 , ∃x ∈ Z, . Trouver x avec p = 5, q = 13,
x ≡ z[q]
y = 3, z = 9.
Démontrer que toutes
 les solutions
 sont congrues modulo pq.
b) Soit f : (ẏ, ż) ∈ Z pZ × Z qZ 7→ ẋ ∈ Z pqZ où x est définit au a).
Démontrer que f est un isomorphisme d’anneaux ; en déduire que, si p = pα1 1 . . . pαmm
est la décomposition de p en produit de facteurs premiers alors
Z pZ ≃ Z pα1 Z × . . . ×Z pαm Z
  

Décrire Z 84Z. 
c) Si p1 est un nombre premier, calculer le nombre  d’éléments inversibles de Z pα1 Z.
En déduire le nombre d’éléments inversibles de Z pZ = ϕ(p) fonction d’Euler.
(2) a) Soit p un nombre premier, α un entier non nul. Pour k ∈ N∗ , calculer le nombre
 k
d’éléments d’ordre pα dans le groupe Z pα Z .
b) Soit n ∈ N, n > 2 et n = pα1 1 pα2 2 . . . pαr r sa décomposition en produit de fac-
 k
teurs premiers. Pour k ∈ N∗ , montrer que les groupes additifs Z nZ et
k k
Z pα1 1 Z × . . .× Z pαr r Z sont isomorphes.
 
r
  En déduire que le nombre d’éléments
 k 1
d’ordre n dans Z nZ est nk
Q
1− k .
i=1 pi

Exercice 7. I IDÉAUX.
On suppose ici que A est un anneau commutatif.
(1) Radical d’un idéal : √
on suppose que√I est un idéal et on définit I = {x ∈ A|∃n ∈ N : xn ∈ I}.
a) Montrer que I est un idéal.
b) Prouverp√les égalités suivantes :

(i) √ I √ = I, √
(ii) I ∩ J =p I ∩ J ,
√ √ √
(iii) I + J = I + J.
(2) Idéal premier, idéal maximal :
On dit qu’un idéal I est premier ssi ∀(x, y) ∈ A2 , xy ∈ I ⇒ x ∈ I ou y ∈ I.
On dit qu’un idéal I est maximal ssi ∀J idéal de A, I ⊂ J et I = 6 J ⇒ J = A.
a) Montrer que si I est maximal alors I est premier.
b) Montrer aussi les équivalences suivantes :
(i) pZ est premier ssi p est premier,
(ii) I est maximal ssi ∀x ∈/ I, ∃y ∈ A, xy = 1 + i où i ∈ I (ce qui signifie que A/I
est un corps).

Exercice 8. D THÉORÈME DES 4 CARRES.


On suppose ici que p est un nombre premier supérieur ou égal à 3.
(1) Résidus quadratiques :  
∗  ∗
a) Montrer que si a ∈ Z pZ alors a(p−1)/2 = ±1 et que l’application a ∈ Z pZ 7→
a(p−1)/2 ∈ {−1, +1} est un homomorphisme de groupe multiplicatif.
SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE 5
 ∗ 
b) En écrivant les carrés dans Z pZ , montrer que le nombre de carrés dans Z pZ
p−1
est . En déduire le critère d’Euler :
2
a est un carré ssi a(p−1)/2 = 1.
On dit aussi que a est un résidu quadratique.
(2) a) Vérifier l’identité :
(a2 + b2 + c2 + d2 )(α2 + β 2 + γ 2 + δ 2 ) = A2 + B 2 + C 2 + D 2
où 

A= aα + bβ + cγ + dδ

B = aβ − bα + cδ − dγ
.

C= aγ − bδ − cα + dβ

D= aδ + bγ − cβ − dα

b) On veut montrer que tout nombre premier divise une somme de 4 carrés premiers
entre eux (dont deux au maximum sont nuls) i.e. il existe q > 0 tel que pq =
a2 + b2 + c2 + d2 . On suppose p 6= 2.
 p
Montrer que cette propriété est vraie si −1 est un carré dans Z pZ et que q < .
 4
Si −1 n’est pas un carré dans Z pZ, montrer qu’il existe r résidu quadratique et n
non résidu tels que 1+r = n. En déduire l’existence de a et b tels que 1+a2 +b2 = pq
p
avec q < .
2
c) On effectue les divisions de a, b, c, d par q avec restes minimaux α, β, γ, δ (i.e. on
q
écrit a = xq + α avec |α| 6 , b = yq + β, c = zq + γ et d = tq + δ).
2
Montrer alors qu’il existe r 6 q tel que α2 + β 2 + γ 2 + δ 2 = qr.
Si r = q prouver que q = 2 et à l’aide de la relation
 2  2  2  2
a+b a−b c+d c−d 1
+ + + = (a2 + b2 + c2 + d2 )
2 2 2 2 2
montrer que p est effectivement somme de 4 carrés.
Si r < q, avec les notations du 2.a, montrer que A2 + B 2 + C 2 + D 2 = prq 2 , puis
que A, B, C, D sont des multiples de q. En déduire l’existence de A′ , B ′ , C ′ , D ′ tels
que A′ 2 + B ′ 2 + C ′ 2 + D ′ 2 = pr.
En déduire alors le théorème de Bachet :
tout nombre entier est somme de 4 carrés d’entiers.

Exercice 9. D ANNEAUX EUCLIDIENS.



(1) Définition de l’anneau A( d) : √
Soit A un anneau commutatif, on désigne par A( d) l’ensemble A×A muni des deux
opérations
(a, a′ ) + (b, b′ ) = (a + b, a′ + b′ )
(a, a′ )(b, b′ ) = (ab + da′ b′ , ab′ + a′ b)

a) Montrer que A( d) a une structure d’anneau commutatif.
b) Dans cette question et les suivantes, on suppose que A est intègre. On identifie A
et l’ensemble des (a, 0) où a ∈ A. On pose α = (0, 1) et on vérifie que α2 = d. On
suppose qu’il n’existe pas d’éléments q ∈ A \ {0} tel que qα ∈ A (α n’appartient pas
6 SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE

au corps des fractions de A). √


Montrer que l’application ϕ : (a, a′ ) ∈ A( √d) 7→ a + αa′ est injective. On écrit à
partir de maintenant A(α) à la place de A( d).
c) Si z = x + αy, on appelle conjugué de z l’élément z = x − αy et on pose N(z) = zz.
Prouver que N(zz ′ ) = N(z)N(z ′ ).
Démontrer que A(α) est intégre ssi
∀z ∈ A(α), N(z) = 0 ⇒ z = 0.
Démontrer que z est inversible dans A(α) ssi N(z) est inversible dans A, calculer
alors z −1 .
(2) On dit qu’un anneau intègre A est euclidien ssi il existe une application f de A∗ dans
N∗ telle que
(i) ∀(x, y) ∈ (A∗ )2 , f (xy) > f (y),
(ii) ∀(a, b) ∈ A×A∗ , ∃(q, r) ∈ A2 tels que
a = bq + r et (r = 0 ou f (r) < f (b)).
a) Montrer que si la fonction f est telle que
x 6= y ⇒ f (x − y) 6 sup(f (x), f (y))
le couple (q, r) est unique.
b) Montrer que tout √ anneau euclidien est principal. √
c) Montrer que Z( 2) est euclidien
√ en prenant √f (x + y 2) = |x2 − 2y 2|.
Trouver q et r pour a = 7 + 3 2 et b = 2 − 2.
(3) Un exemple d’anneau √ principal non euclidien.
1 + i 19
On pose α = et on s’intéresse à l’anneau A = Z(α).
2
a) Prouver que, si un anneau A′ est euclidien, il existe x ∈ A′ , x non inversible tel que
pour tout élément a de A′ , on ait a ≡ r(modx) où r est soit nul, soit inversible.
b) On pose N(z) = zz pour z = x + αy. Montrer que N(z) ∈ N.
À l’aide du 1, montrer que les seuls éléments inversibles de A sont −1 et +1.
c) En déduire que A n’est pas euclidien.
d) Soit (a, b) ∈ (A \ {0})2 , prouver qu’il existe (q, r) ∈ A2 tels que
(i) r = 0 ou N(r) < N(b),
(ii) a = bq + r ou 2a = bq + r
a
(avec x = = u + vα ∈ Q(α), poser n = [v] et étudier les cas v ∈ / I, v ∈ I où
b
I =]n + 1/3, n + 2/3[).
Les deux questions qui suivent font appel à aux notions hors programme : anneaux
quotients et idéal maximal.
e) Prouver que l’idéal (2) est maximal (donc premier).
f) Conclure enfin que A est principal.
SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE 1

Solution 1
Partie I
(1) a) (A, +) est un sous-groupe abélien du groupe abélien F (N∗ , K). La commutativité
de la loi ∗, la distributivité de ∗ par rapport à + sont de vérification immédiate, de
même que le fait que δ est le neutre pour ∗.
Il reste à prouver que ∗ est associative : on a
X
(f ∗ (g ∗ h))(m) = f (d)(g ∗ h)(d′ )
dd′ =m
X X
= f (d) g(d′′ )h(d′′′ )
dd′ =m d′′ d′′′ =d′
X
= f (d1 )g(d2)h(d3 )
d1 d2 d3 =m
= (f ∗ g) ∗ h)(m) par symétrie.
b) Soit D(k) l’ensemble des diviseurs de k. Montrons que, pour tout couple (m, n)
d’entiers premiers entre eux,
ξ : (d, d′) ∈ D(m)×D(n) 7→ dd′ ∈ D(mn)
est bijective. Il suffit pour cela d’utiliser la décomposition en produit de facteurs
premiers de m et n.
Soit u ∈ D(mn), u = pα1 1 . . . pαk k sa décomposition en produit de facteurs premiers.
On note Mu = {i ∈ [1, k] | pi |m} et Nu = {i ∈ [1, k] | pi |n}. (Mu , Nu ) réalise un
partage de [1, k] (i.e. une partition où les éléments peuvent être vide). On définit
Y Y
alors ψ(u) = (d, d′ ) où d = pαi i , d′ = pαi i . On vérifie alors que ψ est
i∈Mu i∈Nu
l’application réciproque de ξ.
On peut alors écrire :
X
(f ∗ g)(mn) = f (d1d′1 )g(d2d′2 )
(d1 ,d2 )∈D 2 (m),(d′1 ,d′2 )∈D 2 (n)
  
X X
= f (d1 )g(d2)  f (d′1 )g(d′2)
(d1 ,d2 )∈D 2 (m) (d′1 ,d′2 )∈D 2 (n)

= (f ∗ g)(m).(f ∗ g)(n)
f ∗ g est donc faiblement multiplicative.
c) Il suffit de prendre pour P l’ensemble des nombres primaires (i.e. l’ensemble des
puissances de nombres premiers). f est alors définie de manière unique par
f (pα1 1 . . . pαk k ) = h(pα1 1 ) . . . h(pαk k ).
On vérifie que f est faiblement multiplicative.
Pour l’équivalence, le sens (f = g) ⇒ (f|P = g|P ) est évident !
Dans l’autre sens, on se sert de l’unicité prouvée ci-dessus.
d) En distinguant les différents cas (ni m, ni n n’ont de facteurs carré et m ou n a un
facteur carré), on prouve que µ est multiplicative.
µ ∗ ϕ1 est donc faiblement multiplicative. car ϕ1 est évidemment multiplicative.
Or (µ∗ϕ1)(pk1 ) = µ(d) = µ(1)+µ(p) = 0 = δ(pk1 ) (p > 1) et (µ∗ϕ1)(1) = 1 = δ(1).
P
d|pk
On utilise ensuite le fait que µ ∗ ϕ1 et δ sont faiblement multiplicatives et le résultat
2 SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE

de la question précédente.
La formule d’inversion de Möebius est alors immédiate :
µ ∗ ϕ1 ∗ f = (µ ∗ ϕ1 ) ∗ f = δ ∗ f = f.

On pose f (d) = dψ(d) alors on a q n =


P
f (d) = (f ∗ ϕ1 )(n). L’inversion est
d∈D(n)
alors immédiate.

Partie II
(1) a) On a D = ϕ1 ∗ ϕ1 car
X
D(n) = 1
d|n

donc D est faiblement multiplicative en vertu du résultat de la question 1.b.


b) Il suffit de prouver que, si p est un nombre premier alors D(pα ) = α + 1. Or les
seuls diviseurs de pα sont les nombres pk pour k ∈ [0, α]. Il y en a bien α + 1.
Conclusion : D(n) = (α1 + 1)(· · · )(αr + 1).
c) On a Dn = 17 = 16 + 1, donc comme 17 est premier, n = q 16 et le plus petit entier
recherché est obtenu pour q = 2.
d) Dn est impair ssi αi est pair (on peut raisonner dans Z/2Z). On écrit alors αi = 2βi
et n = m2 où m = pβ1 1 . . . pβr r .
(2) a) On a Sk = ϕ1 ∗ fk où fk (n) = nk donc Sk est faiblement multiplicative.
pk(α+1) − 1
b) Il suffit donc de vérifier que Sk (pα ) = pour tout nombre premier p et
pk − 1
tout entier α. Or
α
α
X pk(α+1) − 1
Sk (p ) = pkh =
h=0
pk − 1

comme somme de terme en progression géométrique. On a donc


r k(α +1)
Y p i −1
i
Sk (n) = pour k > 1.
i=1
pki − 1

(3) a) • Si D(n) est pair alors nD(n) est évidemment un carré.


• Si D(n) est impair alors on a vu à la question 1.c. que n est un carré donc, là
aussi nD(n) est un carré.
n
θ : d ∈ Dn 7→ ∈ Dn est une bijection car c’est une application involutive. Si on
Y d
pose D = d alors
d|n

Y Yn
D2 = d×
d
d|n d|n
Y
= n = nD(n)
d|n

Y √
d’où le résultat d= nD(n) (au passage, on a prouvé que nD(n) est un carré).
d|n
On pouvait aussi faire de la manière suivante :
SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE 3

soit D le produit des diviseurs de n, un diviseur de n s’écrivant pk11 . . . pkr r où 0 6


ki 6 αi , on a
Y
D= pk11 . . . pkr r
06ki 6αi
Yr Y αi
= Piki
i=1 ki =1

= nDn
car chaque pki i se retrouve exactement
Q
(αj + 1).
j6=i
b) n s’écrit nécessairement sous la forme n = 3a 5b , on doit donc avoir
(
a(a + 1)(b + 1) = 60
b(b + 1)(a + 1) = 80
et, en faisant le rapport on obtient 4a = 3b donc 3|a et 4|b. Les valeurs minimales
de a et b sont a = 3, b = 4 et elles conviennent d’où n = 33 54 = 16875.
Partie III
(1) Supposons f monotone décroissante,
• si f (n) < 0 alors f (m) < 0 pour m > n et si on choisit m premier avec n, f (mn) =
f (m)f (n) > 0 et comme mn > n, f (mn) < 0 impossible,
• si f (n) = 0, n > 4 alors l’un des nombres suivants n, n + 1, n + 2, n + 3 est congru
à 2 modulo 4 donc f (2p) = 0 ;
– si f (2) = 0 alors f s’annule pour tout n > 1, on écarte ce cas là par la suite,
– si f (2) 6= 0 alors f (2p) = 0 et comme n > 4, p < n. On pourra recommencer
tant que p > 4 et pour p = 4, on obtient f (3) = 0, donc f s’annule pour tout
n > 2, on écarte aussi ce cas là par la suite.
Conclusion : on s’est ramené au cas où f est décroissante, positive, non nulle, il suffira
de prendre 1/f pour se ramener au cas où f est croissante.
À part le cas où f = 0, f (n.1) = f (1)f (n) donc f (1) = 1.
f (p + x) f (ip + x)
(2) On a α 6 et α 6 donc
f (x) f ((i − 1)p + x)
k
k
Y f (ip + x) f (pk + x)
α 6 = .
i=1
f ((i − 1)p + x) f (x)
f (2x)
Si on choisit x impair, x > pk alors f (pk + x) 6 f (2x) donc αk 6 = f (2).
f (x)
f (p + x)
On en déduit immédiatement α = 1. En effet α > 1 car ∀x ∈ N \ pN, > 1. Si
f (x)
α > 1 alors αk → +∞ ce qui est impossible.
(3) Les inégalités sont évidentes.
f (p + x)
Pour tout ε > 0, il existe x ∈ N \ pN tel que 6 (1 + ε) donc
f (x)
f (px)f (pn ) 6 f (px + 1)f (pn ) = f ((px + 1)pn ) 6 f (x + p)f (pn+1)
(car x ∧ p = 1) donc f (p)f (x)f (pn ) 6 (1 + ε)f (x)f (pn+1 ) et, en simplifiant par f (x) > 0,
en remarquant que l’inégalité obtenue est valable pour tout ε on a
f (p)f (pn ) 6 f (pn+1 ).
4 SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE

Montrons maintenant l’inégalité dans l’autre sens :


f (px + 1) 6 f (px + p2 ) = f (p)f (x + p) 6 f (p)(1 + ε)f (x)
donc f (pn+1 )f (x) 6 f (px + 1)f (pn ) 6 f (p)f (pn )f (x)(1 + ε) là encore, on simplifie par
f (x) et on tient compte que l’inégalité obtenue est valable pour tout ε.
Conclusion : f (pn+1 ) = f (p)f (pn ) et par récurrence f (pn ) = f (p)n .
(4) Immédiat. En fait, on peut montrer que f , lorsqu’elle ne s’annule pas, est de la forme
ln f (2)
suivante : f (x) = nk avec k = .
ln 2

Solution 2
n−1
(1) On trouve bien sûr : Cn+p−1 .
(2) On peut établir une bijection entre une combinaison à répétition notée :
(a1 a1 . . . , a2 a2 . . . , . . . , an an . . .) et la position des n−1 virgules repérée par un numéro
de 1 à n + p − 1.
(3) Le nombre de monômes de degré égal à p est égal au nombre de combinaison à répétition
de n éléments pris p à p (on répète α1 fois X1 ,..., αn fois Xn avec α1 + · · · + αn = p)
n−1
soit Cn+p−1 .
On rajoute une n + 1-ième indéterminée Xn+1 pour avoir un monôme de degré p, on
n
est ramené au cas précédent en remplaçant n par n + 1 soit Cn+p monômes.
(4) Soit An l’ensemble dont on cherche le cardinal. On va dénombrer An de la manière
suivante :
n−1
• Aucun des αi n’est nul, donc |αi| > 1 ce qui donne 2n Cn+(p−n)−1 éléments (il suffit
de choisir |αi | − 1 et le signe pour chacun d’eux).
• k des αi sont nuls, donc n − k sont > 1, il y a Cnk choix possible pour les αi nuls et
n−k−1
2n−k Cn−k+(p−n+k)−1 choix pour les autres (par exemple (|α1 |−1)+· · ·+(|αn−k |−1) =
p −(n−k) ce qui donne une combinaison à répétition de n−k éléments pris p −n+ k
à p − n + k).
On a donc
Xn−1
An = Cnk 2n−k Cp−1
n−k−1

k=0
n−k−1
en prenant par convention Cp−1 = 0 si p − 1 < n − k − 1 soit k > max(0, n − p).

Solution 3
Partie I
k(k + 1)
(1) On calcule f (k, 0) par récurrence sur k : f (0, k) = puis f (x, y) = f (x+y, 0)+y
2
(x + y)(x + y + 1)
donne le résultat : f (x, y) = + x.
2
(2) Soit n ∈ N, on cherche le plus grand entier k tel que k(k + 1) 6 2n, puis on choisit
x = n − k(k + 1) et y = k − x. Ceci fournit l’application réciproque (x > 0 et évident
et l’inégalité non écrite : 2n < (k + 1)(k + 2) permet d’affirmer que y > 0).
(3) Pour montrer que g est une bijection, cherchons l’application réciproque :
si n = 2p il faut prendre x = 0 et y = p,
si n = 2p − 1 (p > 1) alors on écrit 2p = 2x (2y + 1) où x est la plus grande puissance
de 2 que l’on peut extraire de 2p.
f −1 (1999) = (46, 16) et g −1 (1999) = (4, 62).
Partie II
SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE 5

(1) ϕ est bijective grâce à l’unicité de la décomposition en produit de facteurs premiers.


Il en est de même pour ψ.
(2) On peut prendre la bijection
(
0 si n > 0
θ : n ∈ Z 7→ 2|n| + εn où εn =
1 si n < 0
 
−1 n n+1
et on a θ (n) = (−1) .
2
On définit ensuite Θ : (b1 , b2 , . . . , bp , . . .) ∈ J 7→ (θ(b1 ), θ(b2 ), . . . , θ(bp ), . . .) ∈ I. On
a alors :
ϕ−1 Θ−1 ψ
n ∈ N∗ 7−→ (a1 , a2 , . . . , ap , . . .) ∈ I 7−→ (θ−1 (a1 ), θ−1 (a2 ), . . . , θ−1 (ap ), . . .) ∈ J 7−→ b ∈ Q∗+ .
p r
Il suffit alors de trouver une bijection explicite de Q∗+ sur Q. Par exemple : si = n+ ,
    q q
p n − 1 r
0 6 r < 1, on pose ω = (−1)n + .
q 2 q

Solution 4
(1) On remarque plusieurs choses tout d’abord :
(a) b2 = ap entraı̂ne que b = ap b−1 donc, en multipliant à gauche par an−p on obtient
b−1 = an−p b.

(b) a−1 = an−1 et plus généralement, pour tout k ∈ Z, ak = ak où k ′ ∈ [0, n − 1].
(c) Par récurrence, on a ak bak = b donc am bal = ak b où k = m − l + in est choisi dans
[0, n − 1] (on prend le reste de la division euclidienne de m − l par n).
(d) p < n car p est minimal (si p > n, on ferait la division de p par n pour trouver une

autre valeur p′ plus petite que p telle que b2 = ap ).
g ∈ Gn,p ⇔ ∃k ∈ N, g = an1 1 bp11 . . . ank k bpkk où ai ∈ {a, a−1 } et bi ∈ {b, b−1 }. Compte tenu
des propriétés (i) et de la remarque (a), on peut supposer que bi = b et pi ∈ {0, 1}.
Ensuite, la remarque (b) nous permet de prendre ai = a et ni ∈ [0, n − 1].
Montrons par récurrence sur k que g se met sous la forme ar bs .
• Si k = 1 c’est immédiat vu ce qu’on vient de voir.
• Supposons la propriété vraie à l’ordre k − 1, à l’ordre k on a
g = ar bs ank bpk

= ar bs+pk grâce à la remarque (c)
′′ ′
= ar bs
où s′ est le reste de la division par 2 de s + pk et r ′′ le reste de la division par n de
r ′ + ε où ε est le quotient de la division de s + pk par 2. Cette dernière conclusion
nous permet d’achever la récurrence.
′ ′ ′ ′
Unicité : si ar bs = ar bs alors bs−s = ar −r .
• Si s = s′ alors r − r ′ ∈ nZ donc r = r ′ .
• Si s 6= s′ alors b ∈ (a) ce qui est impossible.
Pour conclure, on peut établir une bijection de [0, n − 1] × {0, 1} sur Gn,p donc Gn,p a
bien 2n éléments.
(2) Comme ap bap = b et que ap = b2 alors b5 = b soit b4 = e. Or b4 = a2p = e donc 2p ∈ nZ.
Comme on a vu (remarque (d)) que p < n alors on a deux choix pour p : p = 0 ou
n
p = (lorsque n est pair).
2
6 SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE

(3) On a :
G1,0 ≃ Z/2Z, G2,0 ≃ (Z/2Z)2 , G3,0 ≃ S3 , G2,1 ≃ Z/4Z.
Pour G2p,0 , on prend pour a la rotation d’angle πp dont le centre O est celui du polygone,
et pour b,une symétrie d’axe passant par O et par un sommet.
En effet, une isométrie conserve les barycentres donc le centre du polygone régulier est
invariant (en tant qu’isobarycentre des sommets). On se ramène ainsi au cas où le centre
du polygone est l’origine. Plaçons nous dans le plan complexe. Un polygone régulier
sera alors représenté par les sommets A0 , A1 , . . . , A2p−1 d’affixe respectives ak = ω k où
ω = eiπ/p , on le notera (A0 , A1 , . . . , A2p−1 ).
Comme on a vu que les isométries conservait l’origine, on ne s’intéresse qu’au automor-
phismes orthogonaux de R2 qui sont les rotations et les symétries. Notons a la rotation
π
d’angle et b la symétrie par rapport à l’axe Ox qui admettent les représentations
p
complexes suivantes : a(z) = ωz et b(z) = z.
• Si ρ est une rotation qui conserve le polygone (A0 , A1 , . . . , A2p−1 ) alors ρ(A0 ) = Ak
(ρ transforme un sommet en un autre sommet car OA0 = OAk ). On a donc ρ = ak .
• Si σ est une symétrie qui conserve le polygone (A0 , A1 , . . . , A2p−1 ) alors, pour les
même raisons que ci-dessus, σ(A0 ) = Ak donc σ est la symétrie par rapport à la
π
droite ∆ qui fait un angle k avec l’axe Ox.
2p
Si on traduit ces propriétés avec les nombres complexes, on a σ(z) = ω k z donc σ = ak b.
On vérifie alors que b2 = e, a2p = e et
aba(z) = ωωz = z = b(z)
donc G2p,0 est bien isomorphe au groupe des isométries du polygone (A0 , A1 , . . . , A2p−1 ).

Solution 5
(1) On a N(z) = zz : N(xy) = xyxy = xxyy. Si x est inversible, alors : N(xx−1 ) =
1 = N(x)N(x−1 ). Comme N(x) et N(x−1 ) sont entiers positifs, on a N(x) = 1 i.e. les
éléments inversibles de Z(i) sont : 1, i, −1, −i.
(2) Si x = αβ alors N(x) = N(α)N(β) et comme N(x) est premier alors N(α) = 1 ou
N(β) = 1 c.q.f.d.
La réciproque est fausse comme le montre l’exemple suivant : x = 3 est irréductible et
N(x) = 9 n’est pas premier.
En fait, la réciproque est vraie si x = a + ib avec ab 6= 0.
(3) Faire un dessin ; comme r = y(u − u0 + i(v − v0 )) on a N(r) 6 21 N(y) < N(y). On aura
unicité à condition d’avoir inégalité stricte.
(4) Soit I un idéal de Z(i) et I = {N(x), x ∈ I − {0}}. I est un sous-ensemble de N∗ ,
soit y0 ∈ I : N(y0 ) = min(I). Alors : ∀x ∈ I : x = y0 (u0 + iv0 ) + r, mais comme
y0 (u0 + iv0 ) et x sont éléments de I ; r ∈ I ⇒ r = 0.
(5) Si p = a2 + b2 alors p = (a + ib)(a − ib) et comme N(a + ib) = N(a − ib) = a2 + b2 > 1, p
est réductible. Soit p premier, réductible, alors : p = αβ : N(α)N(β) = p2 et comme
N(α) 6= 1, N(β) 6= 1 alors on a : N(α) = N(β) = p d’où α = β et p = a2 + b2 .
(6) Si a2 + b2 ≡ 0[p] et si p ne divise pas b alors dans Z/pZ on a : ( ab )2 = −1 ce qui est
impossible, d’après le critère d’Euler (cf. sujet d’étude sur le théorème des 4 carrés), si
p ≡ 3[4].
Si p est premier, il faut montrer que, si p ≡ 1[4] alors ∃(a, b) ∈ Z2 : p = a2 + b2 .
On utilise le critère d’Euler à nouveau : il existe α dans Z tel que α2 + 1 = kp, donc,
en posant x = α + i, xx̄ = kp, on divise x par k dans Z[i].
SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE 7
(
x = kq + r x̄r xx̄rr̄
où N(r) < k 2 . ∈ Z[i] et = k ′ p où k ′ < k. On reprend cet
x = k q̄ + r̄ k k2
algorithme jusqu’à ce qu’on obtienne k = 0 (c’est le fameux principe de descente infinie
de Fermat).
Si p ≡ 3[4] et p = a2 + b2 alors on sait que p|a et p|b, ce qui est impossible.

Solution 6
(1) a) On a x − y = kp et x − z = k ′ q donc y − z = −kp + k ′ q. D’autre part, grâce à
Bézout, on peut écrire up + vq = 1, ce qui donne u(y − z)p + v(y − z)q = y − z. Il
suffira alors de choisir x = y + u(z − y)p = z + v(y − z)q.
(On peut aussi prendre up ≡ 1[q], vq ≡ 1[p] et x = yvq + zup.)
On a −5p + 2q = 1 et on pourra prendre x = −147, compte tenu de la remarque
suivante, x = −17 convient aussi.
b) Il suffit ici d’utiliser les propriétés des congruences. Une récurrence sur m permet
ensuite d’obtenir le résultat demandé.
c) Le nombre d’éléments inversibles de Z pα1 Z vaut pα1 (1 − 1/p).

Grâce
aux propriétés de f , les éléments inversibles de Z pZ seront trans-
αi
formés
 en un m-uplet d’éléments  inversibles de Z p Z ; donc ϕ(p) =
1 1 1
p 1− 1− ... 1−
p1 p2 pm

Solution 7
(1) a) La seule difficulté ici
√ réside dans la stabilité pour la loi + :
si x et y sont dans I, soit n et m p tels que x ∈ I et y m ∈ I alors (x + y)n+m ∈ I.
n
√ √ √
b) (i) Comme Ip⊂ I, on a I ⊂ I.
√ √
Soit x ∈ I alors il existe m et n tels que (xn )m = xnm ∈ I donc x ∈ I
ce qui prouve
√ l’égalité.

(ii) Si x ∈ I ∩ J alors √ il√existe√m et n tels que xm ∈ I et xn ∈ J donc
xm+n ∈ I ∩ J i.e. I ∩ J ⊂ I ∩ J . L’inclusion dans l’autre sens étant
elle évidente, on a bien l’égalité.
√ √
(iii) On sait déjà que I + J ⊂ I + J p√d’où une première inclusion.

Inclusion dans l’autre sens : si x ∈ I + J alors il existe m, n, p tels que
xm = a + b où an ∈ I et bp ∈ J . On a alors xm(n+p) = (a + b)n+p ∈ I + J
(c’est la même démonstration qu’au a).
(2) a) Soit I un idéal maximal, x et y deux éléments de A tels que xy ∈ I, on suppose
que x ∈ / I.
Si J l’idéal engendré par I et x alors, comme I est maximal, J = A donc on peut
écrire 1 = i + ax où i ∈ I. Vu que yi = i′ ∈ I, on aura y = i′ + axy ∈ I c.q.f.d.
b) (i) On a pZ premier équivalent à p divise xy implique p divise x ou p divise y ce
qui est équivalent à p premier (on a même pZ maximal).
(ii) L’implication ⇒ a été prouvée au 2.a.
Réciproque : soit J l’idéal engendré par I et x, alors xy ∈ J et i ∈ J donc
1 ∈ J ce qui permet d’affirmer directement que J = A c.q.f.d.

Solution 8
8 SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE
p−1
(1) a) On a ap−1 = 1 donc, comme p − 1 est pair, a 2 = ±1. Soit χ : a ∈ (Z/pZ)∗ 7→
p−1
a 2 ∈ {−1, +1}, on a de manière évidente χ(ab) = χ(a)χ(b) et χ est bien un
homomorphisme de groupe multiplicatif.
b) On sait que Card Ker χ× Card Im χ = p − 1 (cf. démonstration du théorème 1.3
p−1
page 160 ) et comme Card Im χ = 2, Card Ker χ = .
p−1
2
Le polynôme X 2 − 1 = 0 admet comme racines les carrés de (Z/pZ)∗ et, vu le
nombre de carrés, on peut conclure au critère d’Euler.
(2) a) Un calcul donne le résultat...
b) Si −1 est un carré dans Z/pZ alors il existe α ∈ Z tel que p|1 + α2 i.e. pq = 1 + α2
p−1
où α 6 (on a choisit le représentant positif).
2
(p − 1)2 p2 p − 2 p2 p
On a pq 6 1 + = − < donc q < .
4 4 2 4 4
Si −1 n’est pas un résidu quadratique, soit A = {1 + r, r résidu quadratique} et
p+1 p−1
B = {n, n non résidu quadratique} alors Card A = , Card B = . Comme
2 2
0∈ / A ∪ B, nécessairement, A ∩ B 6= ∅ donc on peut trouver n et r répondant à la
question.
p
Nécessairement n = −b2 (sinon −1 serait un carré) d’où 1 + a2 + b2 = pq et q <
2
(même chose que ci-dessus).
c) On a a2 +b2 +c2 +d2 = q 2 (x2 +y 2 +z 2 +t2 )+2q(αx+βy +γz +δt)+α2 +β 2 +γ 2 +δ 2 .
2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2
Comme
 q 2 q divise a + b + c + d alors q divise α + β + γ + δ et α + β + γ + δ 6
4 = q 2 donc r 6 q.
2  q 2
• Si r = q, q 2 = α2 + β 2 + γ 2 + δ 2 et donc α2 = β 2 = γ 2 = δ 2 = . On peut
2
q
choisir α = β = γ = δ = car dans la division avec restes minimaux, les deux
2
choix de signe sont possibles.
q = 2m comme m divise a, b, c, d et qu’ils sont premiers entre eux,
nécessairement, m = 1, q = 2 et a2 + b2 + c2 + d2 = 2p. Un carré étant
congru à 0 ou à 1 modulo 4 et vu que 2p est congru à 2 modulo 4 alors, par
a+b
exemple, a et b sont impairs, c et d sont pairs et les quatre nombres ,
2
a−b c+d c−d
, et sont entiers et
2 2 2
 2  2  2  2
1 2 2 2 2 a+b a−b c+d c−d
p = (a + b + c + d = + + +
2 2 2 2 2
est bien somme de 4 carrés.
• Si r < q on a prq 2 = pq.qr = (a2 + b2 + c2 + d2 )(α2 + β 2 + γ 2 + δ 2 ) =
A2 + B 2 + C 2 + D 2 .
Montrons que q divise A = aα + bβ + cγ + dδ :
A = (xq + α)α + (yq + β)β + (zq + γ)γ + (tq + δ)δ
= α2 + β 2 + γ 2 + δ 2 + q(αx + βy + γz + δt).
et comme q divise α2 + β 2 + γ 2 + δ 2 , q divise A.
On montre de même que q|B, q|C et q|D.
On a donc pr = A′ 2 + B ′ 2 + C ′ 2 + D ′ 2 . On pose alors q1 = r et on poursuit
l’algorithme jusqu’à ce que qn = 2, alors on peut conclure.
SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE 9

Solution 9
(1) a) Évident.
b) Si a+αa′ = 0 alors a′ 6= 0 implique αa′ = −a i.e. α appartient au corps des fractions
de A ce qui est impossible.
On a donc ϕ injective.
c) On a zz ′ .zz ′ = zz ′ .z̄ z̄ ′ = zz̄.z ′ z̄ ′ = N(z)N(z ′ ).
Si A est intègre alors zz̄ = 0 implique z = 0 ou z̄ = 0 et comme on a équivalence
entre ces deux propriétés (car ϕ est injective) on a bien
zz̄ = 0 ⇒ z = 0.
Réciproque : si zz ′ = 0 alors N(zz ′ ) = 0 i.e. N(z)N(z ′ ) = 0 et comme A est intègre,
(N(z) = 0 ou N(z ′ ) = 0) i.e. (z = 0 ou z ′ = 0) ce qui signifie encore que A(α) est
intègre.
Si z est inversible alors zz ′ = 1 ⇒ N(z)N(z ′ ) = 1.
Réciproque : si N(z) est inversible alors z ′ = z̄. (N(z)−1 ) est l’inverse de z.
(2) a) Si a = bq + r = bq ′ + r ′ alors r − r ′ = b(q ′ − q) d’où f (b(q ′ − q)) = f (r − r ′ ) 6
sup(f (r), f (r ′)) < f (b).
Si q ′ − q 6= 0 alors f (b) 6 f (b(q ′ − q)) < f (b) ce qui est impossible, donc q = q ′ et
r = r′.
b) Soit I = 6 {0} un idéal de A et B = {f (x), x ∈ I \ {0}}. Soit b ∈ I tel que
f (b) = min B (B est non vide, contenu dans N∗ ). Si a ∈ I \ {0}, on divise a par b :
a = bq + r. Si r 6= 0 alors r ∈ I et f (r) < min B ce qui est impossible, donc r = 0
et a = bq i.e. I = (b).
√ √
c) On pose z̄ = x − y 2 pour z = x + y 2 alors N(z) = |zz̄| ∈ N.
Si z 6= 0, N(z) > 1 d’où, si f (z) = N(z), (i) est vérifié.
Il reste à prouver√que : a = bq +√r où (r = 0 ou f (r) √ < f (b)).
′ ′
Soit√ a = α + α 2, b = β + β 2, on plonge Z( 2) dans son corps de fraction :
Q( 2) :  q
a p p ′√ p = qu + r où |r| 6
= + 2 (avec q = β 2 − 2β ′ 2 ) et on écrit 2 alors
b q q p′ = qv + r ′ où |r ′| 6 q
2
√ b ′

a = b(u + v 2) + s où s = (r + r 2). On peut conclure
q
r2 r′2 1
f (s) = f (b) 2
− 2 2
6 f (b) < f (b)
q q 2
a 13 √ √ 1√
Exemple : = 10 + 2 = 10 + 6 2 + 2 d’où
b 2 2
√ √ √ √
a = b(10 + 6 2 + ( 2 − 1), q = 10 + 6 2, r = 2 − 1, f (r) = 1 < f (b) = 2.
(3) a) Si A′ est un corps, on prend x = 0.
Si A′ n’est pas un corps, on choisit x non inversible tel que f (x) soit minimum.
Alors on divise a par x : a = xq + r où f (r) < f (x). Compte tenu de la définition
de x, on a r = 0 ou r inversible.
b) On a α + ᾱ = 1 et αᾱ = 5 d’où N(z) = x2 + xy + 5y 2 ∈ N. On sait ensuite que z
est inversible ssi N(z) = 1 i.e. x2 + xy + 5y 2 = 1. Comme x2 + xy + y 2 > 0 alors
4y 2 6 1 i.e. y = 0 et x = ±1.
10 SUJETS D’ÉTUDE SUR L’ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE

c) On sait alors (3.a) qu’il existe x ∈ Z(α) tel que ∀a ∈ Z(α) : a ≡ 0, ±1[x].
On note ϕ : a ∈ Z[α] 7→ r ∈ {0, 1, −1}. On a deux cas :
ϕ(Z[α]) = {0, 1} ou ϕ(Z[α]) = {0, 1, −1}.
er
• 1 cas : ϕ(Z[α]) = Z/2Z (par identification), ϕ est un homomorphisme
d’anneau.
Comme α2 − α + 5 = 0, si β = ϕ(α), on aura β 2 − β + 5 = 0 dans Z/2Z ce
qui est impossible.
• 2ième cas : ϕ(Z[α]) = Z/3Z alors β 2 − β + 5 = 0 n’a pas de solution donc, en
conclusion générale, Z[α] n’est pas euclidien.
1
d) Si v ∈ / I, on définit s et t les entiers les plus proches de u et v : |s − u| 6 ,
2
1 1 1 5 35
|t − v| 6 alors, en posant q = s + tα, N(x − q) 6 + + = < 1 et avec
2 4 6 9 36
r = a − bq = b(x − q) on a N(r) < N(b).
Si v ∈ I, on multiplie par 2 :
2x = 2u + 2vα, 2v ∈]2n + 2/3, 2n + 1 + 1/3[ et en prenant m = [2v], on est ramené
au cas précédent avec 2a = bq + r, q = s + tα, s et t étant les entiers les plus proches
de 2u et 2v.
e) Montrons que Z[α]/(2) ≃ Z/2Z[X] (X 2 + X + 1).


En effet, si ȧ + ḃα̇ ∈ Z[α]/(2) alors α̇2 − α̇ + 5̇ = α̇2 + α̇ + 1̇ et si on définit


ϕ(ȧ + ḃα̇) = ȧ + ḃẊ ∈ Z/2Z[X] (X 2 + X + 1).
Comme X 2 + X + 1 est irréductible dans Z/2Z, Z/2Z[X] (X 2 + X + 1) est un corps,

l’idéal (2) est maximal.
f) Soit I un idéal de A, b ∈ I tel que N(b) = inf{N(x), x ∈ I \ {0}}. Si a ∈ I, on
”divise” a par b : a = bq + r ou 2a = bq + r. r ∈ I donc r = 0 ce qui signifie que
soit a = bq (et c’est terminé) soit 2a = bq.
Dans le deuxième cas, comme (2) est maximal alors 2 divise b ou 2 divise q.
Si q = 2q ′ alors a = bq ′ est là encore, c’est terminé.
Si b = 2b′ alors a = b′ q, l’idéal engendré par 2 et q est égal à A donc on peut trouver
λ et µ tels que λ2 + µq = 1, d’où b′ = λb + µa ∈ I c.q.f.d.

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