Fonctions Numeriques
Fonctions Numeriques
Partie II - Méthode de Graeffe pour le calcul des modules des racines d’un polynôme.
(1) Soit P un polynôme de degré pair n à coefficients dans C. Montrer que
P (x)P (−x) = P1 (x2 ) où P est un polynôme de degré n.
n n
(x − xk ), montrer alors que P1 (x) = a2n (x − x2n ).
Q Q
Si P (x) = an
k=1 k=1
On définit par récurrence Pk par Pk (x2 ) = Pk−1(x)Pk−1 (−x).
(k) (k)
(2) On suppose que |x1 | > |x2 | > . . . > |xn | et l’on écrit Pk (x) = an xn + an−1 xn−1 +
(k) 2−k
(k) an−j
· · · + a0 . Montrer que l’on a |xj | = lim (k)
.
k→+∞ an−j+1
(1) a) Montrer que, si tous les coefficients ai sont positifs ou nuls, alors (1) n’a pas
de racine positive ; on écarte ce cas par la suite.
SUJETS D’ÉTUDE SUR LES FONCTIONS 3
(2) Préciser alors une méthode pour encadrer les racines positives et les racines
négatives de (1).
(ii) de même, pour t < 10−4 , on prendra tan t = t avec une erreur absolue
inférieure à 10−12 .
(2) Calcul de l’exponentielle.
On veut calculer et pour 0 6 t 6 ln 10 ; de même qu’au 1˚, on prendra an =
ln(1 + 10−n ). On écrit t dans la base des an et dans l’algorithme du 1˚, on change
les lignes (1) par
(
ta := ta − a(i);
(2)
x := x ∗ (1 + 10−i ); p := p + 1
a) Montrer que lim xp = et .
p→+∞
b) Quelle valeur donner à n pour avoir une incertitude absolue inférieure à 10−10
?
On peut faire le même genre de remarque qu’au 1˚:
il suffit de connaı̂tre les an pour n 6 6 et de prendre an = 10−n pour n > 7
(l’erreur commise étant alors inférieure à 10−2n ).
(3) Calcul du logarithme.
On veut calculer ln t pour t ∈ [1, 10]. On prend an = 1 + 10−n et on écrit ln t
dans la base des ln an .
a) Comment remplacer les lignes (1) pour obtenir le résultat ?
b) Quelle valeur donner à n pour avoir une incertitude absolue inférieure à 10−10
?
(4) Étudier l’adaptation de cette méthode aux fonctions Arcsin, Arccos, Arctan.
On va maintenant utiliser les développements en série entière.
II - Calcul de l’exponentielle.
t2 tn
Soit un (t) = 1 + t + + · · · + , on utilise la formule et = lim un (t).
2 n! n→+∞
On écrit t = n + x où −1/2 < x 6 1/2.
Si [t] > 0, on calcule e[t] à partir de la valeur de e en écrivant t en base 2,
si [t] < 0, on fait de même à partir de 1/e.
|x|n+1
(1) Montrer que ex = un (x) + rn (x) où rn (x) < .
n!n
(1/2)11
(2) Sachant que < 1, 3510−11 en déduire un algorithme théorique permettant
10!10
de calculer et avec 10 chiffres exacts connaissant les valeurs de e et de 1/e avec
toute la précision requise.
Remarque : on peut aussi utiliser le développement de et en fraction continue :
t 1 −2t t2 t2
e = [0; , , ,..., , . . .].
1 2+t 6 4n + 2
III - Calcul du logarithme.
t2 tn
Avec vn (t) = t − + · · · + (−1)n−1 , on a ln(1 + t) = lim vn (t) pour −1 < t 6 1.
2 n n→+∞
1−t
(1) En posant x = , prouver que, pour x > 0, on a ln x = lim wn (x) où
" 1+t n→+∞
3 2n+1 #
1−x 1 1−x 1 1−x
wn (x) = −2 + +···+ .
1+x 3 1+x 2n + 1 1 + x
SUJETS D’ÉTUDE SUR LES FONCTIONS 5
(2) a) Montrer que, si x est un nombre positif, on peut le mettre sous la forme :
1 √
x = 2m .z avec √ 6 z < 2.
2
1−z √
b) Pour t = , prouver que |t| 6 a = ( 2 − 1)2 .
1+z
c) À l’aide de la formule du 1˚, prouver que
2 |t|2n+1 2 a2n+1
| ln x − m ln 2 − wn (t)| 6 6 .
1 − t2 2n + 1 1 − a2 2n + 1
d) En déduire alors un algorithme permettant de calculer ln x avec une précision
de 10−10 .
En fait, lorsqu’une fonction est développable en série entière, on préférera
utiliser les approximants de Padé qui sont des fractions rationnelles et que l’on
peut développer en fraction continue. La précision des résultats obtenus est
alors surprenante.
1. Solutions
Partie II n
(δ|x0 − a|)r
Solution 1 (1) On montre facilement par récurrence que |xn − a| 6 .
δ
α
(2) On a: yn+1 = ynα (1 − λynr−1 + o(ynr−1))α et comme ynr−1 = o(1) alors:
yn+1 = yn (1 − αλynr−1 + o(ynr−1)) = ynα + (r − 1)λ + o(1) si α = −(r − 1). La
α α
1 n−1
P α
convergence au sens de Césaro nous permet d’écrire: lim (yi+1 − yiα ) =
n→+∞ n i=0
(r − 1)λ ⇒ ynα ∼ nλ(r − 1)
III
2
(∆x n )
(1) a) On trouve x′n = xn −
∆2 xn
L’interprétation géométrique est parlante.
b) On écrit en+1 = (A + o(1))en et en+2 = (A2 + o(1))en d’où
(en+1 − en )2 e2 ((A − 1)2 + o(1))
x′n − a = en − = en − n = en o(1)
en+2 − 2en+1 + en en ((A − 1)2 + o(1))
On peut dans ce cas utiliser la méthode de Stephensen qui consiste à remplacer
f par
(f (x) − x)2
F (x) = x − .
f ◦ f (x) − 2f (x) + x
1 f ′′′ f ′ f − 2f ′′ 2 f + f ′′ f ′ 2
(2) On trouve : λ = ′ et µ = − . Avec f (x) = x2 − a, on
f 2f ′ 5 √
x a a(x2 − a)2 √ (un − a)3 √
a : φ(x) = + − 5
et : u n+1 − a = 5
(2u n + a)(2u2n +
√ 2 2x 8x 8u n
aun + a), ordre 3.
Partie I
Solution 2 (1) a) g(x) = 0(An 6= 0) ⇔ 1 = A1 x1 + · · · + An x1n = h(x), comme h(x)
est strictement croissante, ∃!x0 : h(x0 ) = 1. Pour x < x0 : g(x) < 0 et si
x > x0 : g(x) > 0 donc r > x0 et comme g(r0 ) 6 0 on en déduit : r > r0 .
Pn Pn
Si 1 > Ai alors r = 1 vérifie : g(1) > 0 : r > 0. Si Ai > 1 alors
i=1 i=1
n n n n
Ai )n = A1 ( Ai )n−1 + · · · + An ( Ai )n−1 > A1 ( Ai )n−1 + · · · + An .
P P P P
(
i=1 i=1 i=1 i=1
1
b) Soit h : (λh Ah )1/h > (λi Ai )1/i on a alors Ai (λi Ai )n−i 6 (λh Ah )n et en
λi
additionnant toutes ces inégalités : g(λh Ah )1/h ) > 0.
Ah+1
c) Soit 2 le sup, alors
Ah
Ah+1 n−1 1 Ah+1 n
A1 (2 ) 6 (2 ) et
Ah 2 Ah
Ah+1 n−k Ak−1 Ah+1 n−k+1
Ak (2 ) 6 (2 ) ···
Ah 2 Ah
Ah+1 n
6 2−k (2 ) (k 6= n)
Ah
Ah+1 n
et pour k = n : An 6 2−n+1 (2 ) .
Ah
2 SUJETS D’ÉTUDE SUR LES FONCTIONS
(2)
Partie II
(1) On écrit que P (x) = a0 +a2 x +· · ·+a2p x2p +x(a1 +a3 x2 +· · ·+a2q+1 x2q , on obtient
2
Pr(p)
où r(p) et t′r(p) sont choisis de sorte que i=1 ti + t′r(p) = p.
En d’autres termes, les somme des coefficients est p, et on a calculé la tangente
des p premières occurrences des (ai ) dans la décomposition.
• Ceci est vrai pour p = 0 (y0 = 0) ;
• Si ai désigne le terme dominant dans la décomposition,
b) t > 0 donc xypp = tan α où α > 0 entraı̂ne que xypp > 0. Par croissance de la
tangente, on a de plus xypp 6 tan t, et pour p = t1 + · · · + tn :
n
! !
yp X X tan t − 10−n1
= tan ti ai = tan t − ti ai > tan(t − an ) = .
xp i=1 i>n
1 + 10−n tan t
On en déduit que
yp 10−n 10−n
| − tan t| 6 6 .
xp cos2 t(1 + 10−n tan t) cos2 t
Ainsi, pour n > 10 − 2 log cos t, la précision absolue
P sera meilleure
P que 10−10 .
(2) a) De même qu’en 1. par récurrence avec xp = exp( ti ai ) où ti = p. Mutatis
mutandis.
SUJETS D’ÉTUDE SUR LES FONCTIONS 3
Pn
alors pour p = t1 + · · · + tn : exp(
b) On a P i=1 ti ai ) 6 xp 6 exp t. Posons
t a = ni=1 ti ai :
′
! !
X
| exp t − xp | 6 exp t′a exp ti ai −1
i>n
6 exp t(exp an − 1)
6 exp t10−n
2. Calcul de l’exponentielle
|x|k n+1
(1) ex = k=0 k! + rk (x) où rn (x) 6 +∞
Pn xk n+1
(e − nk=0 k!1 6 |x|nn! .
P P
k=n+1 k! 6 |x|
k
(2) et = en .ex : en calculant k=0 +∞ xk! , on a ex à 10−11 près (au moins), puis après
P
produit par en on obtient et avec la même précision (en supposant e connu avec
une précision ≫ 10−10 .
3. Calcul du logarithme
1−x
(1) Un calcul immédiat nous donne = t. Alors,
1+x
2 1+t
wn (x) → −2 Argth t = − ln = ln x.
2 1−t
(2) a) En utilisant le caractère archimédien de R, on pose
√
1 1 1 1
m = log2 x + ⇒ − 6 log2 z < ⇒ √ 6z< 2
2 2 2 2
en posant z = 2log2 x−m (log2 x existe car x > 0).
b) La fonction z 7→ t est décroissante (considérer sa dérivée) √ sur le segment
−1/2 −1/2
[2 , 1]. Sa valeur en 2 est a. Donc t 6 a. Idem sur [1, 2] en transposant
1
z → z ⇒ t → −t.
c) ln x − m ln 2 = ln z ; on en déduit :
+∞
X |t|n+1 2 |t|2n+1
| ln x − m ln 2 − wn (t)| 6 2 |t|2(k−n) 6 ,
2n + 1 1 − t2 2n + 1
k=n+1
la majoration
suivante étant directe.
d) Pour n > −1 + 5 log2 10 − 12 log2 (1 − a2 ) = 16, on aura la précision sou-
haitée. Il faut
√ néanmoins xveiller à calculer m indépendamment de log√2 x
x m
(on calcule 2x ainsi que 2 , puis on cherche m tel que 2 6 2 6 x 2,
√ √
de même pour l’autre équivalence (et l’on utilise ici l’égalité (p+r)q−p(q+s) =
1).
On résout l’équation
√ g(x) = g(x + 1), on trouve une seule solution positive
−1 + 5 √
x0 = et cm = g(x0 ) = 5.
√ 2
b) Si c 6 5 alors lesintervalles ne sont pas disjoints donc I(p, q, c) ∪ I(p + r, q +
p c r c
s, c) ∪ I(r, s, c) = − , − et donc l’inclusion est évidente.
q q 2 s s2
Remarque
√ : comme on peut prendre c rationnel, l’inclusion est valable pour
c < 5.
• α ∈ I(p, q, c) ∪ I(p + r, q + s, c) ∪ I(r, s, c) donc α appartient à l’un de ces
intervalles, d’où le résultat en tenant compte de la remarque ci-dessus pour
avoir l’inégalité stricte.
c) On sait qu’il existe une infinité d’entiers
n tels que α ∈ Gn et une infinité de
pn rn
n tels que α ∈ Dn . Si Jn = , on prend Jn+1 = Gn ou Dn suivant que
qn sn
α ∈ Gn ou α ∈ Dn .
rn pn
Comme − → 0, on ne peut avoir Jn+1 = Gn à partir d’un certain rang
sn qn
pn
(sinon on aurait ∀ε > 0, α − 0 < ε), ni Jn+1 = Dn .
qn0
On a donc répondu à la question.
On peut prouver le théorème d’Hurwitz (par l’absurde) :
x x 1
S’il n’existe qu’un nombre fini de tels que α − 6 √ , soit q le plus
y y 5y 2
grand des dénominateurs rencontrés. Comme on sait que pn et qn tendent vers
+∞, on obtient une contradiction.
Complément : soit
p 1
M(α) = sup{λ > 0 | α − 6 possède une infinité de solutions}.
q λq 2
√ √
On sait que M(α) > √ 5 et qu’il existe α tel que M(α) √ = 5.
−1 + 5 −1 + 5 √ p
On prend α = ) et on note α = . Soit λ > 5 et
2 2 q
p 1
irréductible telle que α − < 2.
q λq
On a |qα − p|.|qα − p| = |q − pq − p2 | ∈ N∗ donc |qα − p|.|qα − p| > 1 d’où
2
p 1 1
α− > = 2
(car α < 0).
q q|qα − p| −αq + pq
p 1 1 1 1
Vu que α − < 2 < √ on a pq < αq 2 + √ et donc √ √ 6
q λq 5q 2 5 2
5q + 1/ 5
p 1
α− < 2 i.e.
q λq
√ 1
λ< 5+ √
q2 5
pour une infinité de valeurs
√ de q ce qui est impossible.
Conclusion : M(α) = 5 est la valeur optimale valable pour tout les irration-
nels.