Luna Lainé-Marin, Tale06 – dm d’histoire, M.
HEBRARD
La guerre froide est un conflit principalement non armé qui a opposé les Etats Unis et l’Urss,
de la fin de la seconde guerre mondiale en 1945 à la chute du bloc soviétique en 1991. Elle nous est
souvent représentée par une propagande active et violente, des compétitons culturelles et sportives, et
via le soutien que les deux puissances vouent aux pays en guerre, comme lors de la guerre de Corée de
1954. Nous étudions ici une sélection de documents ainsi qu’un reportage, que nous confronterons
dans le but de répondre à la question suivante : La manière dont l'auteur présente le déclenchement de
la Guerre Froide correspond-elle à ce qui est généralement présenté ?
La page 124 présente une multitude de documents. D’un côté, nous apercevons des fichiers
qui tendent plus vers l’avis pro-américain. Pour commencer, un discours que Churchill récite à Fulton
le 05 mars 1946 appuie sur l’asservissement que le bloc soviétique fait subir aux pays qu’il domine :
« toutes [les villes] sont soumises », avant d’annoncer aux citoyens américains le véritable but de
l’URSS : « ce qu’elle désire, ce sont les fruits de la guerre ». De son côté, Truman, dans son discours
de mars 1947, admet de la part du bloc de l’Est une « tentative d’asservissement » qui fait régner
« terreur et oppression ». On assiste ici à des accusations directes, auxquelles Jdanov répondra plus ou
moins dans son rapport. A la Conférence des partis communistes européens en Pologne, le 22
septembre 1947, il écrit que les Etats unis souhaitent apporter une forme de « domination mondiale »,
ralliant les puissances européennes à leur cause, leur promettant sécurité financière et militaire ; qu’ils
ont profité de la guerre et de l’affaiblissement de leurs puissances ennemies pour monter en pouvoir, et
qu’ainsi, ils commencent un nouveau type de « colonisation ». Jdanov appelle ainsi les partis
communistes à la résistance et à la révolte envers cette nouvelle façon de dominer. Ensuite intervient
le plan Marshall, dès son annonce en 1947. Une affiche de propagande française le représente comme
un renouveau, une fortification, un soutien des liens entre les puissances européennes ; on observe sur
le dessin le symbole de la figure américaine qui pose du ciment aux frontières de la France avec ses
partenaires, permettant plus tard un rééquilibre et une nouvelle indépendance économique et financière
de ces derniers. D’ailleurs, la carte montre que les pays les plus aidés par ce plan de 1948 à 1952 sont
la France, la RFA et le Royaume Uni, soit les pays représentés sur l’affiche. En réponse, le parti
communiste crée une autre affiche de propagande, qui illustre une pieuvre (les Etats-Unis), avide
d’argent (le symbole du dollar a la place des iris), qui arrive encadrer la France de ses tentacules pour
« coloniser », comme écrit au milieu du pays. Ce dessin demande de lutter contre le plan Marshall qui
a un objectif purement matérialiste, qui amènera seulement une montée de puissance en l’honneur des
USA.
Dans la vidéo, les échanges entre les deux puissances sont plus explicites. La région soviétique
où la famine et la misère s’installent au lendemain de la 2 nde Guerre Mondiale se fait de plus en plus
soupçonnée de vouloir dominer le monde, notamment par ses tentatives d’espionnage au Canada, ses
alliances avec la Corée du Nord, Cuba, les prises de partis dans les guerres (guerres civiles en Grèce,
en Ukraine, en Corée), en parallèle des alliances américaines et européennes (plan Marshall). De plus,
des discours comme celui de Churchill viennent amplifier la haine à l’égard de l’URSS. Ainsi débutent
les échanges, en commençant par le chantage atomique des USA vers le bloc soviétique, puis
débouchant vers des prises de parole plus pacifiques comme celle d’Henri Wallace jugée risquée car
mettant en péril la confiance à l’intérieur des administrations américaines. Il n’y a donc pas de
confrontation militaire directe mais des menaces, de l’espionnage, des discours, des appuis de coups
d’état comme en Hongrie, des massacres en Ukraine, la construction du mur de Berlin. Ensuite,
l’influence soviétique sur Hollywood, et à l’inverse des films anti-communistes rajoutent une
dimension plus culturelle au combat. Truman essaye de continuer cette ouverture vers un monde
pacifique, la proclame et l’encourage, en même temps que se forme l’OTAN, en 1948. La guerre
froide se finit avec la chute de l’URSS et donc l victoire des Etats-Unis en 1991.
Ces deux paragraphes parviennent à nous donner une vision plus globale sur les enjeux de la
guerre froide. Avec les discours qui essayent de convaincre les pays, les peuples, les partis politiques à
se rallier aux causes capitalistes et démocratiques des Etats Unis, ou à l’inverse à celles communistes
de l’Union Soviétique, on comprend l’importance d’une bilatéralité du monde, divisé en deux camps
opposés, selon les valeurs que chacun défend. Cette guerre est donc déclenchée par l’opposition de
deux doctrines, celles Truman et Jdanov. Traditionnellement, nous serions tentés de raconter que les
deux blocs les moins touchés car les moins porteurs de lieux de combat, victorieux de la guerre,
auraient comme volonté d’assouvir leur dominance l’un sur l’autre pour déterminer le vrai vainqueur
de la guerre. Mais ainsi, ce ne serait que la fin d’une guerre déjà commencée, la 2 nde Guerre Mondiale,
et non un nouveau combat, qui portera le nom d’idéologique. Pourtant, ce sont les soupçons, la
famine, la misère, les soutiens différents et les appels à la révolte qui vont déclencher cette guerre.
Chaque bloc essaiera de dompter le plus de monde possible, et c’est ainsi que débutera ce conflit, avec
cette prise d’ampleur. Elle se poursuivra par des combats armés indirects (par le biais de soutien dans
les guerres d’autres pays), des compétitions culturelles, une propagande massive, sans oublier des
tentatives d’apaisement et de pacification assez fréquentes, comme appuyé dans la vidéo, ce dont nous
n’avons pas l’habitude d’entendre parler mais qui parait tout de même assez formateur dans ce conflit.