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Eau et Écosystèmes en Provence

Le document décrit l'histoire de l'eau dans les Bouches-du-Rhône, de l'Antiquité romaine à aujourd'hui. Il explique comment l'approvisionnement en eau a évolué des petits captages locaux vers l'aménagement de grands canaux alimentés par la Durance et le Verdon, pour répondre aux besoins croissants en eau, notamment de Marseille.

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Eau et Écosystèmes en Provence

Le document décrit l'histoire de l'eau dans les Bouches-du-Rhône, de l'Antiquité romaine à aujourd'hui. Il explique comment l'approvisionnement en eau a évolué des petits captages locaux vers l'aménagement de grands canaux alimentés par la Durance et le Verdon, pour répondre aux besoins croissants en eau, notamment de Marseille.

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© Pierre-Olivier Mattei

LIVRET
DE
L’EAU
NATURE DE PROVENCE
SOMMAIRE
L’EAU DU MONDIAL AU LOCAL P4

OUVREZ LES YEUX ….


L’EAU N’EST PAS LOIN P8 © Shutterstock © IGN.BD-Ortho © Jean-Paul Herbecq

LES MILIEUX AQUATIQUES L’EAU DU MONDIAL AU LOCAL OUVREZ LES YEUX… LES MILIEUX AQUATIQUES
DE SURFACE P 14 L’EAU N’EST PAS LOIN DE SURFACE

LES EAUX SOUTERRAINES P 46

PLONGEZ DANS L’ÉCOSYSTÈME P 54


LA FAUNE AQUATIQUE P 56
LA FLORE AQUATIQUE P 64

LES SERVICES ÉCOSYSTÉMIQUES P 68

LE PATRIMOINE LIÉ À L’EAU P 70

LES PRESSIONS/
LE CHANGEMENT CLIMATIQUE P 76

VOUS POUVEZ AGIR P 78 © Maison Régionale de l’Eau © Jean-Paul Herbecq - Département 13


© Astrid Lanneau

GLOSSAIRE P 80
LES EAUX SOUTERRAINES PLONGEZ DANS L’ÉCOSYSTÈME LES SERVICES ÉCOSYSTÉMIQUES
POUR EN SAVOIR PLUS P 81

RIPISYLVE

Les mots avec des astérisques sont définis


dans le glossaire.

© Claudine Trezzy © Photothèque CD13 © Shutterstock

LE PATRIMOINE LIÉ À L’EAU LES PRESSIONS/ VOUS POUVEZ AGIR


LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

30
2 3
AVANT-PROPOS
D’où vient l’eau ?
Est-ce que la quantité d’eau globale sur la Terre est stable ?
Est-ce que l’eau pourrait disparaître totalement de la surface du globe ?
LE SAVIEZ-VOUS ?
Qui ne s’est pas déjà questionné ?

L’empreinte eau : c’est un indicateur


de l’usage direct ou indirect Rappelons tout d’abord que la vie est apparue dans les océans il y a 3,85 milliards
de l’eau par le producteur ou le d’années. Sans eau, pas de vie possible. C’est un élément constitutif de notre biotope*.
consommateur, mis au point pour
l’UNESCO par le professeur Au niveau mondial, l’eau recouvre 72 % de la surface du globe.
Arjen Y. Hoekstra en 2002. 97,2 % est salée.
À l’échelle mondiale, l’empreinte
2,8 % est douce, dont :
eau de consommation d’un humain
- 68,7 % dans les glaciers
s’élève en moyenne à 1 243 m3
- 30,1 % dans les nappes phréatiques
d’eau par personne et par an .
- 0,8 % dans le permafrost*
À titre de comparaison : - 0,4 % en surface et dans l’atmosphère
1 875 m3 / personne / an en France
2 483 m3 / personne / an aux Soit au final, moins de 1% de l’eau présente sur Terre est utilisable par l’Homme.
États-Unis Encore faut-il qu’elle soit d’une qualité compatible !
702 m3 / personne / an en Chine
En outre, la disparité de sa répartition géographique, entre les 2 hémisphères, suivant la
Données : Water Footprint Network latitude, les circulations atmosphériques ou les barrières de relief, renforce l’inégalité de
(Water Resource Manage 2007) l’accès à la ressource en eau.

L’EAU (1) (2) (3)

DU MONDIAL AU LOCAL
(4) (5) (6)

(1), (2), (3), (4), (5), (6) © Shutterstock


© Shutterstock

4 5
Dans les Bouches-du-Rhône, l’eau est une longue histoire dont les témoignages remontent au
LE CYCLE DE L’EAU
1er siècle de notre ère, tels les aqueducs romains qui alimentaient Aix-en-Provence et Arles.

Historiquement, l’implantation humaine s’est toujours faite préférentiellement près de l’eau, tant
celle-ci est vitale. PRÉCIPITATIONS
ÉVAPORATION
L’alimentation en eau a reposé pendant longtemps sur de petits captages superficiels ou souterrains : TRANSPIRATION
bassins, puits, fontaines publiques, …

Puis, au 16e siècle, les premiers grands travaux hydrauliques modernes sont réalisés par l’ingénieur CONDENSATION POTABILISATION
Adam de Craponne qui obtint l’autorisation de détourner une partie de l’eau de la Durance vers la
plaine de Crau via des canaux, pour actionner les moulins à blé par la force hydro-motrice en premier
lieu, puis à des fins d’irrigation des prairies après l’avènement de l’énergie à vapeur.
ÉVAPORATION
Dans l’histoire plus récente, Maximin Consolat, maire de Marseille, fit voter en 1834 le principe de la INFILTRATION
construction du canal de Marseille, permettant ainsi d’amener l’eau de la Durance jusqu’à Marseille
pour répondre aux besoins de la population marseillaise en forte augmentation et suite à de sévères

!?
sécheresses et une épidémie de choléra.

Sa construction fut confiée à l’ingénieur Frantz-Mayor de Montricher entre 1843 et1849 . RUISSELLEMENT LE SAVIEZ-VOUS ?
En 1957, la Société du Canal de Provence fut créée à l’initiative des Départements des Bouches-du-
Rhône et du Var ainsi que de la Ville de Marseille. Elle a vocation à aménager la région provençale On appelle grand cycle de l’eau
et développer les usages agricoles, domestiques et industriels, grâce à la constitution de réserves l’enchaînement de phénomènes
et d’un réseau de canaux alimentés par l’eau du Verdon. naturels entre les différents états
Aujourd’hui, 72 % de l’eau utilisée dans le département, tous usages confondus, provient de la de l’eau (liquide, vapeur, solide) :
Durance et du Verdon (80 % si on ne parle que de l’eau potable). les océans, l’atmosphère, les lacs,
C’est dire la forte dépendance des Bouches-du-Rhône à cette ressource, partagée avec les les cours d’eau, les nappes d’eaux
départements alpins, le Vaucluse et le Var. souterraines et les glaciers.
(Source Wikipedia)

LE SAVIEZ-VOUS ?
On appelle petit cycle de l’eau
Part des catégories d’usages de l’eau l’enchaînement des phases
dans les Bouches-du-Rhône d’utilisation anthropique* de l’eau
(volumes annuels d’après étude DIREN 2008) (pompage
l’eau dans
qui irrigue lesleprairies
milieu naturel,
en
potabilisation,
Crau, alimente inutilisation,
fine la nappeépuration
deetCrau,
retourqui
ausert
milieu).
à son tour à de
multiples
Le petit cycle dedont
usages, l’eaul’eau
est une
potable de 300 000
compétence de l’échelonhabitants
Eau agricole Eau industrielle intercommunal.
20 %
43 %
37 % Au final, le petit cycle s’imbrique
dans le grand cycle de l’eau.

© Shutterstock
Eau domestique ASSAINISSEMENT
30
6 7
la D
uran RÉSEAU HYDROGRAPHIQUE ET CANAUX
ône ce
Rh DES BOUCHES-DU-RHÔNE
le

la To
ulou
bre

l’Arc
Étang de Berre

la Cadière

le Littoral

ne
veau
COURS D’EAU NATUREL l’Hu
CANAL OU CHENAL

SURFACE EN EAU

LE SAVIEZ-VOUS ?
Le paysage provençal traduit la rareté de l’eau et les efforts de l’Homme pour la retenir,
la dévier ou la canaliser.
Sur cette photographie aérienne La carte ci-dessus montre que le réseau hydrographique naturel occupe principalement la
le tracé vert représente la ripisylve
moitié est du département. À l’ouest les eaux souterraines et le maillage de canaux jouent un
qui souligne le cheminement de la
rôle majeur.
Touloubre.
Ainsi, les Bouches-du-Rhône présentent …
2. Un fleuve est un cours d’eau qui se
jette en mer. • 440 km de littoral ouvert sur la mer Méditerranée et l’étang de Berre

Une rivière est un cours d’eau qui se • Une lagune méditerranéenne de 155 km2 de superficie : l’étang de Berre
jette dans un milieu d’eau douce.
• 1 500 km de réseau hydrographique :

- le fleuve Rhône, qui délimite le département à l’ouest

OUVREZ LES YEUX … - la rivière Durance et son affluent le Verdon, qui bordent le nord du département
- les 3 petits fleuves côtiers : Arc, Touloubre, Huveaune et leurs nombreux affluents :
cours, ruisseaux continus ou intermittents, …

L’EAU N’EST PAS LOIN


- la rivière Cadière
• Des zones humides remarquables … en Camargue, mais pas uniquement

• Des étangs (Aulnes, Entressen, étangs entre Istres et Fos, …)

• Des eaux souterraines et des sources

• Des canaux d’irrigation et d’assainissement*


© IGN.BD-Ortho 2017 • Des barrages et leur retenue (Bimont, Zola, Mallemort, …)

8 31
9
Comment repérer la présence d’eau dans un paysage ?

La Provence possède d’extraordinaires richesse et diversité Dans le domaine de l’eau, le bassin versant est la base de
Le paysage est la résultante de différentes composantes naturelles : paysagères, du fait de la spécificité de ses milieux naturels et des toute logique hydraulique. Il se définit comme une portion
• La géologie traces d’anciennes occupations humaines. de territoire drainée par une rivière et tous ses affluents.
LE SAVIEZ-VOUS ? • La topographie L’ensemble des eaux tombant dans cet espace converge vers
Dans ce façonnage, l’eau joue un rôle important par sa seule
• Le climat un même point appelé exutoire.
présence ou par son travail d’érosion mécanique ou dissolution
• La présence / absence d’eau chimique des roches. Ligne de partage
La végétation peut signaler la BASSIN VERSANT des eaux de surface
• La biodiversité
présence d’une zone humide, De plus, le paysage change au fil des saisons, le printemps et et délimitation du
bassin versant
même en l’absence d’eau visible l’automne étant les saisons les plus arrosées, bien que désormais
à un moment donné. Et anthropiques : chacun puisse observer le chamboulement dû au changement
On parle de végétation hygrophile • L’aménagement du territoire climatique. Affluent
(du grec hygros « humide » et phyton
• L’agriculture
« plante ») qui préfère ou exige des
• Le bâti
milieux humides.
• Les voies de communication
Ces espaces, très importants pour 31
• La production d’énergie
la biodiversité, la préservation des
ressources en eau et la prévention
des inondations, sont protégés par Exutoire
la loi sur l’eau.

La Camargue est une zone humide


emblématique, mais il en existe
d’autres sur tout le territoire
bucco-rhodanien : les ripisylves
ou les milieux humides à proximité
d’une résurgence*, ….

Un inventaire de ces milieux a été


réalisé en 2019 et il est consultable
sur le Système d’Information
Territorial (SIT) des parcs régionaux :
http://geo.pnrpaca.org/portail-
geographique-des-zones-humides-
de-provence-alpes-cote-dazur/

© SYMCRAU

Crau sèche et Crau humide : la même plaine

30
10 11
Repérez le vert … pour trouver l’or bleu
L’eau conditionne tant l’environnement, que la « lecture du paysage » peut déjà révéler sa présence.
De même la végétation signe souvent la disponibilité d’eau : plus verte, plus haute, plus dense.
A fortiori l’agriculture irriguée façonne le paysage jusqu’à en faire un patrimoine naturel remarquable
LE SAVIEZ-VOUS ? (sur la plaine de Crau par exemple pages 10-11).

La plaine de Crau matérialise


l’ancien delta de la Durance, La ripisylve … une rivière toute tracée
avant que son cours ne soit dévié
naturellement vers Avignon où elle Une ripisylve est une formation végétale qui se développe sur les bords des cours d’eau ou des
rejoint désormais le Rhône, passant plans d’eau. Vue d’un point haut, c’est un bon repère. Naturellement présente, elle joue un rôle
ainsi du statut de fleuve à celui de très important à plus d’un titre :
rivière. - les racines maintiennent les berges, créent des abris pour les animaux, des caches ou des frayères,*
La Durance a ainsi déposé, durant
- les plantes aquatiques participent à l’autoépuration* et l’oxygénation de l’eau,
des milliers d’années, parfois sur
quelques dizaines de mètres - le feuillage procure un habitat pour la faune de rivière, son ombrage régule la température de l’eau
d’épaisseur, argiles et galets et donc participe à son oxygénation aussi et apporte in fine de la matière organique,
provenant des Alpes. Aujourd’hui - les arbres et les arbustes jouent un rôle dans le ralentissement de l’écoulement des eaux en cas de
c’est un delta fossile qui constitue débordement du cours d’eau,
les Coussouls et abrite la nappe
- les oiseaux et les chiroptères y trouvent le gîte (cavités des vieux arbres, écorces décollées,
phréatique de Crau. La couche
feuillages, …) et le couvert (insectes, baies, …). En outre, les chauves-souris utilisent la végétation
superficielle des Coussouls est
pour se déplacer. Elles suivent la ripisylve pour s’orienter.
souvent indurée par la circulation des
eaux et constitue ce que l’on nomme
Pourtant, la ripisylve est bien souvent malmenée par l’Homme.
un poudingue en géologie.

© DR

© SYMCRAU

Coupe dans les cailloutis de Crau

© Astrid Lanneau
Ripisylve du torrent du Fauge à Saint-Pons, Gémenos

12 13
Les Bouches-du-Rhône ont la particularité d’être à la fois un département très urbanisé
et pour autant bénéficiant de milieux remarquables (50 % de la superficie du territoire est
classé en zone Natura 2000). Ceux-ci abritent une biodiversité particulièrement riche,
en lien avec la diversité des milieux : allant de la lagune jusqu’à la source karstique de
montagne, de l’altitude 0 au point culminant à 1 042 m de la Sainte-Baume, du petit
ruisseau intermittent au grand fleuve.

LE SAVIEZ-VOUS ?
Des gestionnaires qui veillent au service des milieux
Indépendamment de leur taille :
aquatiques
Un fleuve est un cours d’eau Dès les années 60, les communes se sont emparées de la problématique inondation à
qui se jette en mer ou dans l’océan.
laquelle elles étaient confrontées régulièrement en créant des syndicats de rivière à
Une rivière est un cours d’eau vocation hydraulique.
qui se jette dans un milieu
d’eau douce. Leur mission s’est peu à peu élargie à partir des années 90 à la gestion des milieux
aquatiques et à une approche globale par bassin versant.

Les gestionnaires se sont structurés et font aujourd’hui appel à des métiers spécifiques :
technicien de rivière, animateur de bassin versant, ingénieur en environnement,
hydraulicien, hydrogéologue, informaticien, superviseur de travaux, chargé de
communication ou d’éducation à l’environnement, … .

Qui est compétent ?


La gestion intégrée de l’eau est une approche globale à l’échelle du bassin versant, prenant
en considération tous les enjeux, les usages et les acteurs de l’eau, de manière non
sectorisée. On parle de grand cycle de l’eau.

La gestion du grand cycle de l’eau repose sur plusieurs acteurs :


- L’État et son établissement public l’Agence de l’Eau assurent la politique nationale
pour la gestion de la ressource en eau et la préservation de sa qualité, dont peuvent se
saisir également les Collectivités territoriales.

- L’échelon intercommunal s’est vu attribuer la compétence GEMAPI (Gestion des

LES MILIEUX
Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) créée en 2014 (loi MAPTAM).
Celle-ci peut toutefois être déléguée ou transférée à des syndicats mixtes labellisés
EPAGE (Établissement Public de Gestion des Milieux Aquatiques) ou EPTB
(Établissement plublic territorial de bassin).

AQUATIQUES - L’Office français de la Biodiversité, le Conservatoire de l’espace littoral et


des rivages lacustres (CELRL), les Fédérations départementales pour la

DE SURFACE
pêche et la protection des milieux aquatiques, les Chambres d’agriculture,
les associations environnementales, les propriétaires riverains,… sont également
impliqués dans cette gestion.

© Jean-Paul Herbecq - Département 13


Gémenos
9

14 15
Le Rhône prend sa source en Suisse, en amont du lac Léman. Long de 813 km,
dont 545 km en France, il a créé à son embouchure depuis la fin de la dernière
glaciation (il y a environ 12 000 ans) le plus grand delta de France : la Camargue, qui
LE SAVIEZ-VOUS ? est également la plus grande zone humide de France.

Jusqu’au 19e siècle, le fleuve divaguait librement, apportant de grandes quantités de


La Camargue est une île logée entre sédiments au delta qui continuait ainsi à s’étendre sur la mer.
LE SAVIEZ-VOUS ?
les 2 bras du Rhône, accessible par le
Ce fonctionnement naturel a été perturbé par l’intervention de l’Homme pour faciliter
bac de Barcarin (traversée du grand
Rhône côté Salins de Giraud), le bac et pérenniser les activités anthropiques (grandes cultures, élevage et saliculture) ; pour
du sauvage (traversée du petit Rhône protéger les populations des inondations ; et du fait de l’aménagement du fleuve (barrages/
La Camargue
côté est une
Saintes Maries de île logée
la mer) ouentre
par écluses, gravières, digue à la mer, …).
les
desdeux bras
ponts du Rhône, accessible
routiers.
par des bacs de traversée ou des
Son débit moyen est de 1 700 m3/s et peut grimper jusqu’à 14 000 m3/s lors de crues
Aujourd’hui, elle est déconnectée du
ponts routiers.
exceptionnelles telles qu’en 1896 ou plus récemment en 2003.
fleuve par les digues qui la protègent
Àdesl’intérieur, le fonctionnement
débordements du Rhône (excepté Le SYMADREM (Syndicat mixte interrégional d’aménagement des digues du delta
hydraulique complexe
au domaine naturel de la du niveau
Palissade du Rhône et de la mer) assure la gestion des digues, quais et ouvrages en vue de la
des
situéétangs,
au sud régi par de
de Salin lesGiraud)
canauxet de protection contre les inondations.
d’irrigation
la mer par laetdigue
de drainage, nécessite
à la mer, située au
Le Rhône est notamment un axe de migration de poissons : l’anguille se reproduit dans
une
sudgestion
du deltafine partagée
ou seuls et pertuis
quelques
la mer des Sargasses et vient grandir en eau douce, alors que l’alose et la lamproie passent
permettent les
coordonnée échanges
entre entre la mer
les différents
et les lagunes. pour partie leur vie en mer mais remontent le fleuve pour se reproduire.
acteurs du territoire (gestionnaires
A l’intérieur,
des espaceslenaturels,
fonctionnement
agriculteurs L’eau du Rhône contribue à de nombreux usages : irrigation de cultures, ressource en
hydraulique complexe du niveau des
riziculteurs, pêcheurs eau potable des Saintes-Maries-de-la-Mer, transport fluvial (marchandises et tourismes),
étangs, par les canaux d’irrigation et
et chasseurs). production hydroélectrique, refroidissement des centrales nucléaires … .
de drainage, nécessite une gestion
fine partagée et coordonnée entre
les différents acteurs du territoire
(gestionnaires des espaces naturels,
agriculteurs riziculteurs, pêcheurs et
chasseurs).

LE RHÔNE
© Claudine Trezzy © C.Moirenc / photothèque CNR

Vue par dessus des rampes d’une passe Centrale écluse de Beaucaire. Compagnie
à anguilles sur le Rhône. nationale du Rhône (CNR)
© Claudine Trezzy

16 17
STATION DE POMPAGE DU CHÂTEAU D’AVIGNON
Saintes-Maries de la mer
Datant du 19e siècle et classée aux monuments historiques,
elle pompe l’eau du petit Rhône pour maintenir le niveau des étangs
et fournir une eau d’irrigation.

© Jean-Paul Herbecq - Département 13

CIVELLE
Les œufs d’anguilles éclosent dans la mer des Sargasses.
Après une première métamorphose les civelles migrent vers
l’Europe, portées par le gulf stream puis nagent pour rejoindre les
© IGN.BD-Ortho 2017 6 - photo aérienne montrant un ancien bras du Rhône
eaux continentales. Là les civelles deviennent anguillettes puis
anguilles. Elles y passent de 3 à 8 ans pour les mâles
et 5 à 12 ans pour les femelles avant de migrer à nouveau ANCIEN BRAS DU RHÔNE
vers leur lieu de reproduction. Camargue
Le cours du Rhône n’a pas toujours été tel que nous le connaissons.
Son lit s’est déplacé au fil des crues et les anciens chenaux
sont parfois encore visibles.

DIGUE
Aujourd’hui le Rhône est totalement
endigué pour prévenir les
inondations. Ces digues, qui pour
les premières datent du 19e siècle,
font encore l’objet de travaux dans
le cadre du Plan Rhône (suite
© Migrateurs Rhône Méditerranée
aux inondations exceptionnelles
de 2003 et 2006). Dans le delta,
il existe encore un espace naturel
non endigué, à l’extrémité du Grand
Rhône en rive droite, le domaine
naturel de la Palissade. Ouvert au © Photothèque CD13
© Symadrem public,il montre cette proximité au Bac de Barcarin
fleuve, c’est une sensation unique
à découvrir !
18 19
La Durance est une rivière de régime pluvio-nival*, qui prend sa source à Montgenèvre
dans les Hautes-Alpes et rejoint le Rhône au niveau d’Avignon après 320 km
de périple.

Elle longe la façade nord du département des Bouches-du-Rhône.

Cette rivière est majeure pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et son bassin
versant en recouvre une grande partie.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Elle se distingue des autres cours d’eau car :
- elle traverse 5 départements (04, 05, 13, 83, 84) et alimente même des territoires hors de
La Durance est un cours d’eau son bassin versant via des canaux (vers la Crau, le Comtat ou le Vaucluse, vers Marseille
domanial. et le littoral, vers le Var et les Alpes-Maritimes par la liaison Verdon/ Saint-Cassien).
Cette ressource permet de multiples usages,
Un cours d’eau domanial appartient
à l’État, dans sa totalité ou sur un - c’est une rivière en tresse* qui fait le lien entre les milieux alpin et méditerranéen. Aussi
linéaire défini, incluant les affluents. sa richesse biologique, aquatique et terrestre est remarquable et abrite des espèces
Dans ce cas, la berge et le lit patrimoniales comme l’apron du Rhône, la cistude ou le castor d’Europe et bien d’autres
appartiennent à l’État, ainsi que espèces plus communes … ,
le droit d’usage de l’eau. - elle fait l’objet d’aménagements hydroélectriques majeurs (barrages et usines
A l’origine, cette qualité reposait sur hydroélectriques, canal, …) depuis les années 1960, qui permettent aujourd’hui de
le caractère navigable ou flottable du produire une énergie propre et renouvelable (2 000 mw, soit l’équivalent de deux
cours d’eau. tranches de centrales nucléaires, mobilisables en moins de 10 minutes). Ces
aménagements ne sont pas sans incidence sur le milieu durancien, comme
sur l’étang de Berre dans lesquels se rejette au final l’eau turbinée,
- elle permet des activités touristiques et de loisirs (notamment au niveau des retenues
comme le lac de Serre-Ponçon ou de Sainte-Croix).

C’est dire si les enjeux sont nombreux à concilier (débit réservé*, ressource multi-usages,
biodiversité, inondations, énergie, tourisme et loisirs…) et les acteurs multiples.

Le Syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la Durance (SMAVD) gère le milieu


durancien, alors qu’EDF gère la ressource en eau.

Son affluent principal est le Verdon, qui borde le département des Bouches-du-
Rhône pour 1,8 km seulement, au niveau de la confluence. La gestion du grand cycle
de l’eau, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations en

LA DURANCE sont assurées par le Parc naturel régional du Verdon. La Société du Canal de Provence
(SCP) est concessionnaire de la ressource Verdon, ressource multi-usages qui alimente de
nombreuses collectivités pour l’eau potable mais aussi des agriculteurs et des industriels.
ET SON AFFLUENT LE VERDON Bien que le département ne soit concerné que par un court linéaire du Verdon, il bénéficie
largement de cette ressource via le réseau de canaux de SCP.

Pour assurer la cohérence de ces différentes politiques sur l’ensemble du grand bassin
versant, le SMAVD est devenu Établissement Public Territorial de Bassin, dont
la principale mission est l’animation et la coordination des politiques publiques à
l’échelle du grand bassin versant durancien.
© SMAVD

20 21
PETITE MASSETTE
Espèce menacée et protégée, elle se développe dans la vallée
de la Durance sur les berges et les bancs de limons déposés
par les crues.

© SMAVD

RIVIÈRE EN TRESSE © SMAVD

C’est un type très particulier de cours d’eau, résultant d’un contexte


montagneux, une grande quantité de sédiments, un large lit SEUIL SUR LA DURANCE
et une faible pente. Ouvrage anthropique transversal, dont la fonction est de maintenir
le lit et donc la ligne d’eau et le niveau de la nappe.
Le régime hydraulique et la topographie déterminent
cet aspect de rivière. Le cours divague, dépose des bancs
de graviers (iscles) qui délimitent des bras morts.
C’est un milieu très favorable à la biodiversité, proposant
des endroits calmes pour la reproduction des oiseaux ou
des poissons.

PISTE CYCLABLE LE LONG


DE LA DURANCE
Mallemort
Le SMAVD développe des
cheminements doux le long
de la Durance.
© SMAVD

© SMAVD
Vue aérienne de la confluence du Verdon et de la Durance, Saint-Paul-lez-Durance
Le Verdon est l’affluent le plus important de la Durance. Long de 166 km, il prend sa source dans les Alpes
© SMAVD de Haute-Provence à près de 3 000 m d’altitude. La zone de confluence Durance-Verdon est un site naturel
remarquable.

22 23
L’Arc est le plus long des fleuves côtiers des Bouches-du-Rhône : 85 km.

Prenant sa source à Pourcieux dans le Var, il est alimenté par un réseau hydrographique très dense
composé de nombreux petits ruisseaux affluents, la plupart intermittents, puis débouche dans l’étang
de Berre.

Il est soumis à un régime pluvial méditerranéen strict, impliquant des étiages* sévères en période
LE SAVIEZ-VOUS ? estivale et des assecs* en partie amont.

Son bassin versant se caractérise par une succession de 3 plaines alluviales : la plaine du
bassin de Trets, la plaine des Milles et la plaine de Berre, entrecoupées de 2 « entonnoirs » :
L’Arc a deux embouchures dans les gorges de Langesse et de Roquefavour.
l’étang de Berre : une naturelle et une Ainsi, son cours traverse des territoires agricoles (notamment le vignoble de Sainte-Victoire,
artificielle !
des grandes cultures et du maraîchage), des zones d’activité ou la zone urbaine aixoise, alternant des
Le bras sud de ce delta est en fait
promenades bucoliques le long de la ripisylve, rafraîchissantes en ville et sauvages à son embouchure.
un canal de délestage qui a été créé
dans les années 1980 pour évacuer Les paysages du bassin de l’Arc sont parmi les plus connus de la Provence, notamment grâce aux
les crues de l’Arc. Mais le fleuve en peintures de Cézanne représentant la montagne Sainte-Victoire ou le pont des Trois Sautets sur l’Arc.
a décidé autrement et le canal de
délestage est devenu la voie principale Le Syndicat d’Aménagement du Bassin de l’Arc (SABA) assure la gestion de ce bassin versant.
de l’embouchure ! Il anime le SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) et son programme d’actions,
ainsi que le PAPI (Programme d’Actions de Prévention des Inondations).

Les principaux enjeux sont la prévention des inondations et la qualité de la ressource en eau soumise
à diverses pressions au vu des rejets anthropiques (stations d’épuration, rejets agricoles, …).
La reconquête du bon fonctionnement du cours d’eau est également un axe fort des actions du
SABA (étiages sévères en été, prélèvements, respect de l’espace de bon fonctionnement, continuité
écologique, …).
Source : SABA

L’ARC
© SABA © Iconophot

Ripisylve de l’Arc L’Arc au pont des trois Sautets,


© SABA
Aix-en-Provence

24 25
© SABA
L’ARC À TRETS Seuil naturel sur l’Arc à Moulin du Pont, Coudoux
La ripisylve de l’Arc est essentiellement composée de peupliers blancs Bien que naturel, ce seuil n’en est pas moins infrachissable pour l’anguille. Il a donc été équipé par le SABA
qui parent la haute vallée de cette couleur dorée. d’une passe à poisson puisque les observations montrent que ce poisson migrateur est bien présent.
En condition de crue, l’anguille est capable de ramper dans l’herbe sur les berges pour contourner l’obstacle.

© Gérard Degoutte

PASSE À ANGUILLES,
Seuil de Gordes Orthophoto, S© T©IGN.BD-Ortho 2017 - Vue aérienne du delta de l’Arc

L’anguille est un poisson capable de ramper à contre-courant


lors de la montaison. Cet ouvrage, en plan incliné avec des plots, PHOTO AÉRIENNE MONTRANT LE DELTA
est spécialement adapté pour l’aider à franchir le seuil. DE L’ARC SUR LA PLAINE DE BERRE
Le bras nord est l’embouchure naturelle dans l’étang de Berre. Le bras sud
est un canal de délestage des crues, aujourd’hui écoulement préférentiel.

L’ARC SOUS L’AQUEDUC


DE ROQUEFAVOUR
Ventabren
L’aqueduc est un ouvrage situé
sur le cheminement du canal
de Marseille, qui transporte
© SABA l’eau de la Durance depuis
Saint-Estève-Janson jusqu’à
La Ciotat. Haut de 82 m, il permet
au canal d’enjamber la vallée
de l’Arc sur 375 m de longueur.

© Claude David

26 27
La Touloubre prend sa source sur la commune de Venelles et débouche dans l’étang de Berre à
Saint-Chamas, où son embouchure donne lieu à une zone humide remarquable surnommée
localement la petite Camargue.
Longue d’une soixantaine de kilomètres, elle traverse des zones essentiellement rurales et agricoles.
Le réseau hydrographique du bassin versant est fortement influencé par la nature des sols très
perméables, créant de nombreuses sources dont une qui donne naissance à la Touloubre au sud de
Venelles.
LE SAVIEZ-VOUS ? Son cours alterne d’une part des zones ouvertes tels que le plateau de Puyricard ou des plaines
alluviales et d’autre part des gorges (ex : gorges de la Barben).
Au fil de ses pérégrinations, elle recueille les eaux de ses affluents, tels le Budéou, le Lavaldenan, le
À Salon-de-Provence, la Touloubre Bouléry et la Goule.
passe en siphon sous le canal EDF.
Le Lavaldenan a la particularité de changer de nom en amont de Lambesc : il devient la Concernade.
Au contact de la Crau de Miramas, la Touloubre forme un brusque coude vers le sud, s’encaisse une
nouvelle fois en contrebas de Cornillon-Confoux pour rejoindre l’étang de Berre.
C’est sans doute le fleuve le moins « urbain » et artificialisé des Bouches-du-Rhône, même s’il traverse
les villages de Grans, Pélissanne, ainsi que la base aérienne de Salon-de-Provence.
Moins connus que ceux de l’Arc, ses paysages n’en sont pas moins remarquables.
Son débit n’est pas totalement naturel puisque le régime hydraulique de la Touloubre à l’aval* de
La Barben, a un fonctionnement curieusement inversé : alors que les cours d’eau connaissent
naturellement des étiages* estivaux en Provence, le débit de la Touloubre augmente en été. Cela est
dû à l’apport des surplus des canaux d’irrigation gravitaire* (ressource Durance) qui se rejettent dans
le fleuve, gonflant artificiellement son débit pendant la période d’arrosage agricole.
En revanche, la partie amont présente un étiage estival très marqué, caractéristique du régime
méditerranéen, accentué par de nombreux prélèvements notamment d’origine agricole.
La Touloubre est par ailleurs soumise au risque inondation, du fait de la topographie de son bassin,
traversant des vallons encaissés dans le massif des Costes.
Le bassin versant de la Touloubre est géré par la Métropole Aix-Marseille-Provence, au titre de
la compétence GEMAPI (cf. p15)

LA TOULOUBRE
© Métropole Aix-Marseille Provence © Métropole Aix-Marseille Provence

La Touloubre à Saint-Cannat La Touloubre dans sa traversée de Grans


© Métropole Aix-Marseille Provence

28 29
MICRO-CENTRALE ÉLECTRIQUE
Pont de Fumet
Le potentiel hydroélectrique sur les petits cours d’eau n’est pas
négligeable. Ainsi l’Arc et la Touloubre sont dotés de petites unités
de production d’hydroélectricité. Chacune d’entre elles est équipée
de dispositifs permettant d’éviter que les poissons s’engagent
dans le canal qui mène aux turbines, lors de la dévalaison.

© Métropole Aix-Marseille Provence

EMBOUCHURE DE LA TOULOUBRE
Saint-Chamas
L’arrivée de la Touloubre dans l’étang de Berre donne lieu
à une exceptionnelle zone naturelle, nommée la Petite © © Métropole Aix-Marseille Provence
Camargue, intégrée dans le réseau Natura 2000 au titre
de son intérêt floristique et faunistique. C’est une propriété MOULIN À BLÉ
du Conservatoire du Littoral. Grans
Illustration de l’utilisation du débit du cours d’eau comme
force hydromotrice. Le moulin est toujours en fonction.

SOURCE D’ADANE
La Barben
Source karstique qui alimente
la Touloubre. Connue depuis
l’Antiquité, son nom provient
de son propriétaire au IXe
© Claudine Trezzy siècle, Annibal Dane.

© Métropole Aix-Marseille Provence


La Touloubre, Pélissanne

© Claudine Trezzy

30 31
La Cadière est une courte rivière de moins de 12 km essentiellement urbaine, qui prend
sa source à Vitrolles (source des Infernets) et se jette dans l’étang de Bolmon sur la commune
de Marignane. Son cours traverse également les communes de Saint-Victoret et des Pennes-
Mirabeau.

Ainsi, elle procure aux riverains et promeneurs un parcours de fraîcheur appréciable en été.

Elle est alimentée par des exurgences* des eaux d’infiltration des calcaires du plateau de l’Arbois.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Ses deux affluents sont le Raumartin et le Bondon.

Réserve de pêche dans sa partie amont*, elle est propice à la pêche de loisir à l’aval*, notamment
Une partie du débit de la Cadière dans le plan d’eau de la Tuilière.
provient des infiltrations d’eau depuis
la retenue du Réaltor, au niveau du
Au vu de son parcours en milieu urbain dense, les enjeux principaux sont d’une part la préservation
plateau de l’Arbois. Les circulations
du milieu aquatique (des pollutions, des déchets, …) et d’autre part la prévention des inondations
souterraines les font ressortir au niveau
(réduire le ruissellement urbain, éliminer les embâcles, retrouver un espace de bon fonctionnement
de la source des Infernets.
qui souvent est absent, …).

La gestion de ce cours d’eau est assurée par la Métropole Aix-Marseille-Provence au titre de la


compétence Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (GEMAPI).

LA CADIÈRE
© Claudine Trezzy © Claudine Trezzy

Traversée urbaine, Marignane Le Raumartin, Marignane


© Claudine Trezzy Affluent de la Cadière

32 33
SOURCE DES INFERNETS © Claudine Trezzy
Vitrolles Embouchure de la Cadière, Marignane
La source jaillit au pied du plateau de l’Arbois, dont elle draine les eaux, Elle se jette dans l’étang de Bolmon. On distingue très bien la démarcation entre l’eau de la rivière
pour donner naissance à la Cadière. et celle de l’étang au premier plan.

© Claudine Trezzy

LA CADIÈRE ©©JLPMcC
Claudine Trezzy
Marignane Centre-ville
La Cadière passe sous couverture et ressort à l’air libre CONFLUENCE DU RAUMARTIN ET DE LA CADIÈRE
quelques centaines de mètres plus loin. Marignane
ici, la Cadière et son affluent le Raumartin sont entièrement canalisés
sur un radier.

EFFONDREMENT DE BERGES
Vitrolles
Dans sa partie amont, la Cadière
chemine en formant de petits
méandres. Les crues et les eaux
de ruissellement peuvent faire
© Claudine Trezzy effondrer les berges.

© Claudine Trezzy

34 35
L’Huveaune est un fleuve long de 52 km, qui prend sa source dans le massif de la Sainte-
Baume, sur la commune de Nans-les-Pins (Var) et rejoint la mer Méditerranée à Marseille. Son
bassin versant est particulièrement riche d’un réseau d’affluents et petit chevelu* à écoulement
parfois temporaire.

L’Huveaune montre 2 aspects très contrastés :


- Le haut bassin versant reste majoritairement naturel, dans un environnement à dominante
LE SAVIEZ-VOUS ? rurale et préservée, bien que touché par le développement de l’urbanisation et l’artificialisation.
L’Huveaune, de ses sources jusqu’à Saint-Zacharie, présente des piscines naturelles
remarquables. Le dénivelé depuis sa source à 571 m jusqu’à la plaine d’Aubagne est important.
Le collège d’Auriol s’appelle UBELKA, - L’aval traverse un territoire très urbanisé, avec moins de déclivité et plus d’artificialisation du
ancien nom de l’Huveaune. cours d’eau. Ainsi, l’Huveaune et surtout son affluent le Jarret sont canalisés et couverts pour
Il signifie « La dévastatrice» en langue partie dans Marseille.
celto-ligure, en référence aux crues
catastrophiques que le fleuve Bien que l’Huveaune soit le seul petit fleuve côtier qui débouche directement en Méditerranée, il
a imposées à ses riverains. est curieusement détourné artificiellement (par le barrage de la Pugette) de son cours naturel
à l’approche de son embouchure. Cette dérivation l’amène vers l’anse de Cortiou dans les Calanques
jusqu’à un niveau de débit de 30 m3/s. Au-delà de ce débit, par temps de pluie notamment, le barrage
devient transparent et le surplus suit le cours naturel jusqu’à la mer (plage du Prado).

Le contexte très anthropisé de son parcours aval n’est pas sans incidence sur la qualité de son eau.
C’est pourquoi une déclaration d’utilité publique a autorisé cette dérivation dans les années 1970,
afin de protéger la qualité des eaux de baignade des plages du Prado à Marseille qui se situent au
niveau de l’embouchure.

Aujourd’hui, les politiques de gestion des milieux aquatiques portées par le Syndicat Mixte du
Bassin Versant de l’Huveaune (SMBVH) privilégient la prévention ou le traitement des pollutions
à leur origine et le retour à la naturalité dans la mesure du possible.

L’HUVEAUNE
© SMBVH © SMBVH

L’Huveaune en crue à Auriol Seuil de Pont de l’Étoile à Roquevaire


© SMBVH
Piscines naturelles de travertin

36 37
BARRAGE DE LA PUGETTE
Marseille
Ce barrage sert à dériver les eaux de l’Huveaune jusqu’à un débit
de 30 m3/s vers l’anse de Cortiou dans les calanques, afin de préserver la
qualité de baignade des plages du Prado.

© SMBVH

L’HUVEAUNE DANS SON CONTEXTE URBAIN


Quartier des Défensions à Aubagne
L’Huveaune traverse des agglomérations importantes © SMBVH
telles qu’Aubagne, la Penne-sur-Huveaune et Marseille.
Dans ce contexte urbain, les habitations sont proches L’HUVEAUNE DANS SON ENVIRONNEMENT INDUSTRIEL
du cours d’eau. Marseille
La vallée de l’Huveaune se caractérise par la présence d’industries,
qui participent aux contraintes anthropiques.

L’HUVEAUNE SOUS COUVERTURE


EST CANALISÉE
Au niveau du métro Dromel
à Marseille
Dans sa traversée de Marseille,
l’Huveaune alterne les parties
© SMBVH
à l’air libre et les parties couvertes,
totalement artificialisées comme
ici.
© SMBVH
L’embouchure naturelle de l’Huveaune, Marseille
L’huveaune est le seul petit fleuve côtier du département qui se jette directement dans la Méditerranée,
© SMBVH
dans la rade sud de Marseille.

38 39
Milieu de transition entre l’eau douce des cours d’eau et la mer, les lagunes sont des milieux
très spécifiques et leur équilibre est particulièrement fragile, surtout lorsque la pression
anthropique alentour est forte comme ici.
Ce que l’on nomme familièrement étang de Berre est en fait un complexe lagunaire composé des
étangs de Berre, de Vaïne et de Bolmon. L’étang de Berre est en lien hydraulique avec l’étang de
l’Olivier au centre-ville d’Istres, ainsi qu’avec des zones humides périphériques riches en biodiversité,
dont certaines sont classées au titre des Directives Natura 2000 oiseaux et habitats pour la faune
LE SAVIEZ-VOUS ?
et la flore qu’elles abritent.
Cette lagune est le réceptacle naturel des fleuves côtiers que sont l’Arc, la Touloubre et la Durançole. La
L’étang de Berre relève du domaine rivière Cadière, débouche, quant à elle, dans l’étang de Bolmon. Les aménagements hydroélectriques
public maritime. Aussi, le littoral des ont conduit à dériver une partie des eaux de la Durance vers l’étang de Berre via un canal exploité
Bouches-du-Rhône inclut ses 80 km par EDF depuis 1966.
de côtes protégées, abritant une
Aujourd’hui, l’étang de Berre conserve les caractéristiques d’une lagune méditerranéenne grâce aux
quinzaine de plages de qualité
échanges avec la mer par le canal de Caronte entre Martigues et Port-de-Bouc. Entre 1925 et 1963
excellente...
le canal maritime reliant Marseille à Fos a constitué une connexion supplémentaire de l’étang avec
la mer, qui a pris fin avec l’effondrement du tunnel du Rove.
La résultante est une eau saumâtre, à dominante marine.
Le fonctionnement de l’écosystème lagunaire est directement soumis à la quantité et à la qualité des
apports du canal usinier et du bassin versant naturel de l’étang. Comme pour toutes les lagunes,
à cela s’ajoutent les particularités du climat méditerranéen : pluviométrie, vent, température.
Ces facteurs majeurs vont contrôler le fonctionnement physique du milieu (température de l’eau,
salinité, oxygène, hydrodynamisme) et biologique (nutriments, phytoplancton, organismes benthiques,
plantes et algues, poissons…).
L’étang de Berre constitue également une voie de migration entre la mer et les fleuves, notamment
pour l’anguille.
L’histoire de ce territoire en termes d’occupation est tout aussi intéressante : entre le néolithique
où la population s’est sédentarisée et l’ère récente de l’industrie pétrochimique, il a connu une
économie rurale basée sur un environnement prolifique, mais aussi l’installation d’une industrie
de fabrication de soude pour les savonneries de Marseille, dévastatrice pour l’environnement et
la santé des ouvriers et riverains.
Aujourd’hui, le GIPREB syndicat mixte porte la politique des collectivités locales dans l’objectif de
retrouver un écosystème restauré, des usages rétablis et valoriser ce territoire de premier plan.

L’ÉTANG DE BERRE Il a essentiellement des missions de connaissance, de suivi et d‘animation.


L’étang de Bolmon et son environnement naturel terrestre sont propriété du Conservatoire du
Littoral et gérés par la Métropole Aix-Marseille-Provence.
UNE LAGUNE MÉDITERRANÉENNE PROFONDE

© Claudine Trezzy
L’Étang de Berre, vu depuis la corniche de Vitrolles

42
40 41
PLAGE DU RANQUET À ISTRES
Une des 15 plages de l’étang de Berre. La qualité des eaux de baignade,
de niveau excellent, est contrôlée par l’Agence Régionale de Santé.

© GIPREB

PORT DU PERTUIS
Saint-Chamas © GIPREB

L’un des 3 ports de pêche gérés par le Département sur l’étang de


Berre. Il est ancien et date de la création de la poudrerie royale par CANAL DE CARONTE
Colbert à la fin du XVIIe s. Martigues
Le seul lien de la lagune de Berre avec la mer. Le canal du Rove a créé
une autre liaison avec la mer entre la rade de Marseille et le sud de l’étang,
de 1925 à 1963, année de l’effondrement du tunnel.

SPORT NAUTIQUE
SUR L’ÉTANG DE BERRE
LA TOULOUBRE
L’étang de Berre et plus Pelissane
particulièrement le lido du Jaï
sont des lieux privilégiés pour
les sports de glisse.
© GIPREB

© GIPREB
Le littoral de l’étang à Istres

© GIPREB

42 43
ÉTANG DE LAVALDUC
Fos-sur-Mer
Situé 10 m sous le niveau de la mer, cet étang est propriété des Salins du midi.
Sa couleur bleu rose est due au développement de tout petits crustacés
Artémia salina. Nourriture favorite des flamants roses, ils leur donnent leur couleur
caractéristique.

© Claudine Trezzy

ÉTANG DE VACCARÈS
Arles et Saintes-Maries-de-la-mer
L’étang de Vaccarès (6 500 ha) est le centre d’une mosaïque
d’étangs, de lagunes Littorales, de sansouïres, de dunes vives ou
fossiles et de plages, au cœur de la Réserve Nationale de Camargue.
Propriété du Conservatoire du littoral, c’est également une Réserve
zoologique et botanique depuis 1927 et une halte migratoire
d’importance majeure pour les oiseaux. © DR
© Claudine Trezzy
Il est faiblement connecté à la mer par le grau de la Fourcade qui
perce au sud la digue à la mer. L’eau douce, elle, vient du nord, par ÉTANG DE BOLMON
les canaux de drainage de l’irrigation agricole estivale (eau pompée
dans le Rhône) ce qui modifie le fonctionnement naturel Marignane
du complexe deltaïque de la Camargue. Étang saumâtre, il est propriété du Conservatoire du Littoral et géré par la
Métropole Aix-Marseille-Provence. Il reçoit les eaux de la Cadière et il est
en relation hydraulique avec l’étang de Berre par des bourdigues et avec
le canal du Rove par des fenêtres. L’étang et son environnement terrestre
sont inscrits dans le réseau Natura 2000.

AUTRES ÉTANGS ÉTANG DES AULNES


Saint-Martin de Crau

ET MARAIS
Situé dans le parc
départemental, l’étang des
Aulnes est alimenté par des
canaux d’assainissement de
terres agricoles. Toutefois,
en période de hautes eaux
© Olivier Briand
de la nappe de Crau, une
connexion hydraulique se met
en place entre l’étang et la
© Claudine Trezzy
nappe.
Camargue, Salins de Giraud © Lionel Allegre - Département 13

44 45
Le département des Bouches-du-Rhône étant très dépendant des ressources en eau de surface
Durance et Verdon, le potentiel exploitable d’eau souterraine est important à connaître en vue de
sécuriser l’alimentation en eau potable, soulager la pression de prélèvement sur les milieux superficiels
et préserver le fonctionnement des milieux connexes (zones humides notamment, échanges avec les
rivières, …).

On trouve essentiellement deux types d’aquifères :


LE SAVIEZ-VOUS ? - alluviaux, situés dans des alluvions* récentes ou anciennes d’un cours d’eau,
- karstiques, situés dans des roches calcaires plus ou moins fissurées, fragmentées ou
karstifiées*.
Le parc départemental de En général, ces roches datent du Jurassique ou du Crétacé (65 à 200 millions d’années).
Saint-Pons à Gémenos est un
Ainsi les nombreux aquifères représentent au final une ressource d’eau douce de rang majeur.
site exceptionnel où vous pourrez
apprendre beaucoup sur les eaux Ils constituent parfois la seule ressource en eau locale disponible (ex : dans la Crau ou les Alpilles).
souterraines : source de Saint-Pons
Certains sont classés comme stratégiques par le SDAGE* au regard de leur importance et/ou qualité
et ruisseau du Fauge, façonnage des
exceptionnelle.
roches calcaires par l’eau et dépôt
de travertin*, vestiges
de l’utilisation de la force
hydromotrice, …
LES MASSES D’EAU SOUTERRAINES STRATÉGIQUES

LES EAUX
SOUTERRAINES MASSES D’EAU SOUTERRAINES STRATÉGIQUES

FRDG104 CALLOUTIS DE LA CRAU FRDG166 MASSIF CALCAIRE DE LA SAINTE-VICTOIRE

FRDG210 FORMATIONS VARIÉES, FRDG167 MASSIFS CALCAIRES DE LA SAINTE-BAUME,


CALCAIRES FULÉVIENS DU MONT AURÉLIEN ET AGNIS
ET JURASSIQUES DU BASSIN DE L’ARC
FRDG168 CALCAIRES DU BASSIN DU BEAUSSET
FRDG359 ALLUVIONS BASSE DURANCE ET DU MASSIF DES CALANQUES

© Astrid Lanneau FRDG323 ALLUVIONS DU RHÔNE DU CONFLUENT


DE LA DURANCE JUSQU’À ARLES ET
Cascade de travertin à l’aval de la source de Saint-Pons à Gémenos BEAUCAIRE ET ALLUVIONS DU BAS
GARDON

46 47
Le fonctionnement des aquifères (et donc leur capacité d’exploitation) est souvent mal connu du fait
que ce sont des milieux cachés et seulement accessibles (et donc utilisables) soit naturellement (par
les sources, les gouffres…) soit artificiellement (par galeries, puits, forages).

La science qui étudie les eaux souterraines est l’hydrogéologie. Elle fait appel à des notions
de géologie*, d’hydraulique, de mathématique et géophysique, d’hydrogéochimie*.
LE SAVIEZ-VOUS ? Selon la géologie (la nature et la structure des couches souterraines), l’eau va plus ou moins circuler,
LE SAVIEZ-VOUS ?
former une nappe, qui sera plus ou moins mobilisable, lorsqu’elle rencontrera un substratum
imperméable.
1. La profondeur d’un aquifère peut Libre ou captive ?
aller de quelques mètres pour une La partie du sous-sol traversée par les infiltrations d’eau et simplement humidifiée est appelée zone
On parle de nappe libre quand elle
nappe alluviale à 1 000 m pour un non saturée et la partie où les interstices contiennent suffisamment d’eau pour qu’elle soit mobilisable
est surmontée d’un sol perméable,
système d’aquifères profonds. est appelée zone saturée (ou nappe).
son niveau pouvant librement
En fait, il ne faut pas imaginer une nappe telle qu’une bassine d’eau, mais bien une formation fluctuer.
2. Les calcaires de nos collines, géologique « aquifère » (littéralement : qui contient de l’eau) dans laquelle elle circule au travers On parle de nappe captive
bien que nous apparaissant massifs des vides entre les sédiments suivant des chenaux préférentiels, dans les microfissures ou dans les lorsqu’elle est « emprisonnée »
et imperméables, sont soumis à la conduits plus importants des roches massives. entre 2 couches géologiques
dissolution de la calcite par l’eau imperméables.
d’infiltration chargée de gaz La piézométrie* et la qualité des eaux souterraines sont suivies régulièrement par l’État et par des
Elle se met alors en pression
carbonique. Ce phénomène crée syndicats de collectivités.
et un forage donne lieu parfois
des vides dans lesquels l’eau circule, La qualité des eaux souterraines dépend de celle des eaux d’infiltration, de la nature des terrains à un jaillissement arthésien*.
poursuit son travail de façonnage et traversés et des pollutions anthropiques qui peuvent les atteindre. © Claudine Trezzy - Fontaine Marie-Rose, Grans
agrandit les conduits. Ce principe En Crau, les puits utilisés pour
aboutit à la création de grottes Il est important de la préserver car la pollution d’une nappe est très difficile à éliminer.
abreuver les moutons sont le refuge
et de rivières souterraines. En particulier, les aquifères côtiers risquent l’intrusion d’eau salée provenant de la mer s’ils sont des espèces de milieux frais et
surexploités. Cette salinisation est difficilement réversible. humides, telles que la rarissime SCHÉMA DE CIRCULATION DE L’EAU
« Herbe à la mule » (scolopendre
Bien que les milieux aquatiques superficiels et souterrains fonctionnent différemment, il existe des
sagittée), petite fougère très
DANS LE SOUS-SOL
interconnexions entre eux (source alimentant un cours d’eau, échanges nappe / rivière, affleurement
menacée en France.
de nappe créant une zone humide, …).

Sol
© DR
Infiltration rapide
Zone perméable Zone non saturée
© SYMCRAU

Infiltration lente

Nappe souterraine
Zone imperméable
Substratum
© Shutterstock

48 49
LE SAVIEZ-VOUS ?

Les forages publics font l’objet GALERIE DE LA MER : VISITE D’INSPECTION


d’une procédure administrative © Laurent Mignaux / Terra - De Mimet à Marseille

et sont protégés afin de garantir


une haute qualité d’eau potable. L’exploitation des mines du bassin d’Aix-Gardanne a cessé en 2003. Depuis, les eaux souterraines
Tous les forages privés doivent faire ont noyé les vides miniers, se chargeant d’oxyde de fer au contact des couches
l’objet d’une déclaration au titre géologiques traversées. Elles sont actuellement rejetées au large de Marseille via la galerie à la mer
du Code Minier au-delà de 10 m
(longueur 14 km), tant que la charge en minéraux n’aura pas diminué.
de profondeur, ainsi qu’en Mairie
s’ils sont domestiques ou auprès https://www.brgm.fr/video/apres-mine-galerie-mer-2010-emergence-emblematique
de la Préfecture et de l’Agence de
l’Eau pour les prélèvements agricoles
ou à des fins industrielles.

© Claudine Trezzy © Bruno Arfib © Bruno Arfib


Rivière souterraine de Cassis
SOURCE DE SAINT-PONS, Gémenos EMBUT DU POLJE, Cuges-les-Pins
Cette rivière souterraine est une curiosité hydrogéologique. Elle draine les eaux du bassin
Résurgence kartisque du massif C’est un trou naturel dans lequel les eaux du Beausset et une partie de celles du massif de la Sainte-Baume.
de la Sainte-Baume. de ruissellement s’engouffrent car la plaine de Elle est saumâtre, car les eaux douces se sont mélangées à l’eau de mer en très grande profondeur
Cuges-les-Pins n’a pas d’exutoire naturel de surface. et de nombreuses études cherchent à comprendre son fonctionnement précis.
Son débit varie de quelques m3/s à plus d’une dizaine en crue, ce qui est considérable.
50 Ce conduit débouche en mer, une dizaine de mètres sous la surface. 51
ZOOM SUR LA NAPPE DE CRAU

Le SYMCRAU (Syndicat Mixte d’étude et de Gestion de la nappe de Crau) étudie et gère la nappe
de la Crau. C’est le seul syndicat d’eaux souterraines dans les Bouches-du-Rhône et dans toute la
région.
LE SAVIEZ-VOUS ? 70 % de la recharge de la nappe alluviale de la Crau a pour origine les excédents d’eau d’irrigation
gravitaire* des prairies fourragères (par l’eau de Durance via les canaux).
Aussi on comprendra facilement que curieusement, c’est à la fin de l’été que cet aquifère présente
1. Le volume d’eau contenu dans la les plus hautes eaux, alors que les basses eaux s’observent à la fin de l’hiver. On parle de régime
nappe de Crau équivaut à 150 000 hydrogéologique inversé.
piscines olympiques ou à la moitié
Situés dans les marais entre Crau et Rhône, les laurons sont des résurgences* naturelles de la nappe
de l’étang de Berre.
de la Crau, apparaissant sous forme de puits d’où jaillit une eau claire et oligotrophe*. Les conditions
créées par ces affleurements de la nappe permettent l’établissement de surfaces exceptionnelles
2. La circulation de l’eau dans la nappe
de marais à marisque (plus de 900 hectares). Ils sont recensés dans le réseau Natura 2000 sous
de Crau est relativement rapide : 3 ans,
le nom des « Trois marais ». Cet habitat naturel hygrophile* d’une forte valeur patrimoniale est en
contre 6 ans pour l’eau de Volvic,
régression à l’échelle européenne et bénéficie d’un statut prioritaire. Ils abritent également des
100 ans pour l’eau de source Hépar
cortèges d’invertébrés remarquables (insectes, crustacés, mollusques, odonates, etc.). De plus,
et 20 000 ans pour celle de Cristalline.
l’eau qui provient de ces laurons est à une température constante autour de 13°C toute l’année. ©
© Christian
SYMCRAU Rombi ©
©Serge Ben-Lisa
SYMCRAU
L’originalité de ces milieux naturels est que l’on retrouve, malgré le climat méditerranéen
et l’altitude, des plantes boréo-alpines rares telles que la gentiane pneumonanthe, la parnassie des RÉSURGENCE BOUILLONNANTE - Marais des Baux LAURON DES CHANOINES
marais, ou la fougère des marais. Résurgence de la nappe de Crau

© SYMCRAU

GENTIANE - flore de lauron

© Olivier Briand © SYMCRAU

FIGUIER - Plaine de Crau MARAIS À MARISQUE - plaine de Crau


Figuier poussant dans un puits
52 53
Le milieu aquatique est constitué de la rivière, de son lit et de sa ripisylve, les trois
formant un écosystème dynamique.

Un cours d’eau évolue au fil des crues, des saisons et a besoin de place pour divaguer
librement. C’est son espace de bon fonctionnement.

En plus de l’eau, il se compose de particules fines en suspension (limons) et des matériaux


plus grossiers qui nécessitent une crue pour être mobilisés.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Enfin des éléments nutritifs permettent à la vie microscopique de se développer, constituant
la base de la chaîne alimentaire locale.
Pour rétablir la continuité La rivière abrite une vie riche (poissons, batraciens, invertébrés benthiques*, micro et
écologique (principalement pour les macro algues, plantes, …) modulée par les paramètres physiques, hydrauliques et par la
poissons) il est nécessaire parfois qualité de l’eau.
d’installer des passes
à poissons pour rendre les
Même lors des assecs*, un petit filet d’eau continue parfois à s’écouler dans l’épaisseur
obstacles franchissables.
des graviers, permettant à certains organismes d’attendre de meilleures conditions pour
L’ouvrage sera conçu en fonction de
reconquérir la rivière.
la configuration du lit Toutefois, cette biodiversité locale, parfois endémique, doit faire face à la colonisation du
de la rivière, de l’obstacle milieu par des espèces exotiques envahissantes qui entrent en compétition pour l’espace,
et du migrateur considéré. la lumière ou la nourriture.

Au fil des ans, des aménagements anthropiques (barrages, seuils, digues, …) ont été
réalisés dans le lit des cours d’eau pour produire de l’énergie renouvelable, constituer
des réserves d’eau, gagner en terres arables, maintenir le lit, prévenir les inondations, … .
Cependant, ces ouvrages contrarient le fonctionnement naturel du cours d’eau et
engendrent parfois des désordres collatéraux majeurs : diminution du régime hydraulique,
artificialisation des berges, perturbation du biotope*, obstacles infranchissables, … .

Aujourd’hui, les fonctionnalités des milieux sont mieux prises en compte et respectées.

PLONGEZ DANS
L’ÉCOSYSTÈME
© Marseille Provence Métropole © Christian Rombi - Département 13

Canards col-vert au bord de la Touloubre Échasses blanches aux Marais du Vigueirat


© Maison Régionale de l’Eau

54 31
55
DES POISSONS COMMUNS
La pêche en eau douce est réglementée par le code de
l’environnement (article L 430-1 et suivants).

Le réseau hydrographique (plans d’eau et cours d’eau)


peut être classé en deux catégories :
- La 1ère catégorie : Cours d’eau et plans d’eau dont le
peuplement est principalement composé de salmonidés
et espèces associées (repère : Truite Fario),
- La 2e catégorie : Tous les cours d’eau et plans d’eau qui ne
sont pas classés en 1ère catégorie, sont classés par défaut
en 2e catégorie.

Les périodes de fermeture de la pêche sont déterminées en


fonction du cycle biologique des poissons.
© FDPPMA13
En cas de sécheresse, des arrêtés d’interdiction de la pêche
peuvent être pris. TRUITE FARIO
© DR
La truite fario appartient à la famille des salmonidés.
C’est un poisson carnivore, à comportement territorial : les plus gros sujets
s’attribuent un espace en fonction de la richesse en nourriture.
BROCHET
Le brochet est un gros poisson prédateur qui vit dans
des milieux de préférence calmes. Il est dépendant de
zones humides, prairies inondées pour sa reproduction
puisque les œufs, pondus dans une faible hauteur d’eau,
s’accrochent à la végétation. Véritable chasseur à l’âge
adulte, il est plutot sédentaire et solitaire.

CARPE COMMUNE

LA FAUNE AQUATIQUE De tempérament débonnaire, la carpe commune aime les eaux calmes.
Omnivore, elle passe son temps à rechercher sa nourriture (végétaux,
graines, vers, insectes ou petits crustacés, …) en s’aidant de ses lèvres
charnues et de ses barbillons. La femelle est plus trapue que le mâle
et peut peser jusqu’à 40 kg.
Dans l’eau, elle se compose d’animaux pélagiques* ou benthiques*. Certains animaux
terrestres sont inféodés au milieu aquatique, pour leur alimentation ou leur reproduction,
tels les oiseaux, les batraciens, les chiroptères ou les insectes.

© FDPPMA13

© Quentin Febvay
© FDPPMA13
Naïade aux yeux rouges

56 57
DES POISSONS MIGRATEURS DES ESPÈCES EMBLÉMATIQUES
Les poissons migrateurs ou amphihalins* regroupent des Le département des Bouches-du-Rhône est un territoire riche
espèces dont le cycle de vie se déroule pour partie en mer de biodiversité.
et pour autre partie dans un cours d’eau.
Dans ce contexte, les espèces emblématiques ou patrimoniales
Certains (dits catadromes) naissent en milieu océanique, sont des espèces protégées, menacées, rares ou ayant
migrent vers les fleuves pour grandir et atteindre l’âge adulte, un intérêt scientifique ou symbolique. Il est particulièrement
puis retournent se reproduire en mer. C’est le cas de l’anguille. important de les sauvegarder.

D’autres (dits anadromes) naissent en eau douce, grandissent Certaines peuvent être endémiques à un site ou un territoire,
dans les estuaires, migrent vers le milieu marin pour atteindre c’est-à-dire qu’on ne les trouve que sur celui-ci.
l’âge adulte et migrent à nouveau vers l’amont des fleuves
pour se reproduire. C’est le cas de l’alose feinte du Rhône
et de la lamproie.

Les trois espèces de poissons migrateurs présentes dans le


département des Bouches-du-Rhône sont en danger et sont
protégées. © Migrateurs Rhône Méditerranée © Maison Régionale de l’Eau

ANGUILLE ÉCREVISSE À PATTES BLANCHES


ALOSE FEINTE DU RHÔNE L’anguille est un poisson mystérieux, qu’Aristote étudiait déjà. APRON DU RHÔNE Espèce autochtone, l’écrevisse à pattes blanches ou à pieds blancs
Poisson marin pélagique, l’alose vit sur le plateau continental et en zone Pourtant, on ne sait toujours pas précisément où elle se reproduit : dans la L’Apron du Rhône est un petit poisson rayé et rare que l’on aime les eaux fraîches et non polluées. Elle affectionne les fonds graveleux
littorale. Elle migre vers un fleuve pour se reproduire et pondre dans mer des Sargasses* oui, mais elle est grande comme l’Europe ! rencontre uniquement dans les eaux de quelques affluents et aime se cacher dans les sous-berges, entre les racines ou les herbiers
des zones peu profondes de graviers. La ponte est spectaculaire car L’anguille ne se nourrit pas pendant sa migration. du Rhône, comme ici en Durance et nulle part ailleurs aquatiques. Sa reproduction n’intervient que si la température de l’eau
les géniteurs font des mouvements circulaires en frappant la surface de Elle plonge chaque nuit pour se diriger par rapport au fond marin. dans le monde. Discret, il se tapit dans les galets pendant est inférieure à 12°C et qu’une seule fois par an. Ses larves sont micro
l’eau avec leur nageoire caudale. Ce phénomène se voit en surface et la journée, préférant partir en chasse dans la nuit pour se planctoniques. L’adulte atteint sa taille définitive vers deux ou trois ans et
s’appelle le bull. La dévalaison des juvéniles intervient de juin à octobre nourrir. se nourrit de végétaux. Elle est classée « espèce en danger ».
vers la mer où ils grandiront jusqu’à leur maturité sexuelle. (source SMAVD)

LAMPROIE MARINE CISTUDE D’EUROPE


C’est un poisson dépourvu d’écailles qui vit dans la zone littorale et se Petite tortue particulièrement inféodée au milieu aquatique,
nourrit en parasitant d’autres espèces (par succion en collant sa bouche elle est reconnaissable à sa carapace sombre et sa peau ponctuée
au poisson). Elle remonte le cours d’eau pour préparer leur frayère et de jaune. Elle est carnivore et se nourrit dans l’eau de petits
pondre. Les larves quittent le nid un mois plus tard pour s’enfoncer dans les vertébrés, de vers, de mollusques, ainsi que d’amphibiens ou de
sédiments pendant 5 à 8 ans. Après métamorphose, elles rejoignent la mer leurs larves. Espèce vulnérable en forte régression, c’est un animal
pour y vivre leur vie d’adulte. protégé qu’il est interdit de manipuler ou ramasser.

© Benjamin Adam - Biotope © Rémy Chappaz

© Benjamin Adam - Biotope © Cédric Roy - CEN PACA

58 59
DES ESPÈCES EXOTIQUES LE BENTHOS
D’une grande diversité, il se définit comme l’ensemble des
arthropodes, vers et mollusques, visibles à l’œil nu, vivant sur
le fond des cours d’eau.

Il se compose en grande partie de larves d’insectes dont


ZOOM SUR LE CAS DU SILURE le cycle de vie passe par une phase subaquatique.

Dans ce cas, leur stade larvaire dure bien plus longtemps que
L’étang des Aulnes est une propriété départementale connue le stade adulte, qui est bref et consacré à la reproduction.
pour abriter une population de silures. Ce poisson n’est pas
Hormis les libellules et les éphémères, les nombreuses
classé nuisible, mais il peut atteindre une taille particulièrement
familles sont souvent méconnues. Pourtant elles jouent un rôle
importante qui lui confère un intérêt pour la pêche sportive.
essentiel dans l’écosystème et présentent des adaptations
Celle-ci n’est toutefois pas pratiquée ici. L’étang des Aulnes
remarquables.
fait l’objet d’un plan de gestion.
L’un des plus connus, l’agrion de mercure, est une espèce
protégée, emblématique des zones humides de qualité.
© INRAE © Maison Régionale de l’Eau © Maison Régionale de l’Eau
Par ailleurs, la composition du benthos renseigne sur l’état
qualitatif d’un cours d’eau, c’est pourquoi ce sont des ÉPHÉMÈRE - LARVE ET ADULTE
indicateurs reconnus par les scientifiques et utilisés pour L’éphémère illustre bien la biodiversité commune du benthos.
Elle présente la caractéristique d’une phase larvaire très longue
évaluer la qualité écologique du milieu. par rapport à la phase adulte. Les adultes n’ont pas de tube digestif
car ils ne se nourrissent pas.

PERCHE SOLEIL
Originaire d’Amérique du nord, c’est un poisson carnivore PLÉCOPTÈRE LARVE ET ADULTE
qui dévore les œufs et alevins de poissons. Leuctra geniculata est une espèce à très large répartition. Préférant les eaux
relativement chaudes aux eaux fraîches, elle colonise surtout les grandes
rivières type Durance dans sa partie moyenne et basse. Dans la région
méditerranéenne, elle peut également remonter dans les plus petits cours d’eau
TORTUE DE FLORIDE subissant un réchauffement des eaux au cours de l’été (Calavon, Huveaune).
Espèce exotique prisée comme nouvel animal de compagnie, Une part non négligeable du régime alimentaire est constituée de feuilles
cette tortue a été malheureusement relachée dans les rivières tombées depuis la ripisylve et décomposées. Comme tous les représentants de
françaises où elle se trouve en concurrence avec la Cistude la famille de Leuctridés, les adultes ont, au repos, les ailes enroulées sur le dos
d’Europe. Un comble lorsqu’on sait qu’elle est en déclin dans en forme de demi-cylindre. Les larves de cette espèce sont reconnaissables
son milieu d’origine. aux petites excroissances (apophyses) sur les antennes.

(1) (2)
© Maison Régionale de l’Eau © G Le Guellec, Maison Régionale de l’Eau
© FDPPMA13 © T.Roger & F.Larrey_Regard du Vivant

TRICHOPTÈRE
© DRt
Les trichoptères : larve de porte-pierre (1) et adulte Chimarra marginata
(2) sont des espèces qui vivent essentiellement dans les grands cours
d’eau à fond pierreux. Dans les Bouches-du-Rhône, on les retrouve dans
la basse Durance, mais aussi dans des cours d’eau plus petits comme
l’Huveaune, dans les secteurs non soumis aux pollutions. Comme toutes
les espèces de la famille des Philopotamidés, elles tissent au fond
© Shurretstock de l’eau des filets en forme de poche, interceptant des éléments fins © G©Le
DRGuellec, Maison Régionale de l’Eau © G Le Guellec, Maison Régionale de l’Eau
organiques apportés par le courant. Elles participent ainsi au recyclage
de la matière organique et donc à l’autoépuration des cours d’eau.

60 61
DES OISEAUX ET AUSSI …
De très nombreux oiseaux sont liés aux milieux aquatiques On pourrait citer encore de nombreuses autres espèces
et humides. Ils y trouvent leur nourriture qu’ils soient animales vivant dans ou près de l’eau.
herbivores comme la poule d’eau ou les canards, insectivores Voici quelques autres exemples ...
comme les bergeronnettes ou encore omnivores comme
les hérons. À vous de poursuivre en vous reconnectant à la nature.
Vous pouvez commencer simplement en choisissant un endroit
Ces milieux accueillent également la reproduction des oiseaux
calme où vous pourrez vous asseoir et observer.
d’eau et leur assurent des espaces de repos toute l’année
ainsi que lors de leur parcours migratoire. En restant silencieux, au bout de quelques instants vous serez
étonné par l’activité qui règne autour de vous.
Vos sens s’aiguiseront et vous découvrirez mille choses
invisibles auparavant. Vous aurez alors envie d’aller plus loin
dans vos découvertes des plantes, des insectes,
des oiseaux, ...
Vous êtes sur la bonne voie !
© Quentin Febvay © Shutterstock

GALLINULE, POULE D’EAU BERGERONETTE DES RUISSEAUX PIPISTRELLE COMMUNE


Cet oiseau, inféodé aux milieux aquatiques calmes (marais, étangs, Présente toute l’année en France, elle fréquente volontiers les rivières Les pipistrelles sont de petites chauve-souris que l’on rencontre
mares) est très commun. On le reconnait facilement grâce à son parsemées de pierres qui lui permettent de se poser, ainsi que les berges. à proximité des zones humides où elles chassent les insectes qui volent.
plumage sombre, ses pattes vert-jaune aux grands doigts, le dessous Elle balance constamment sa longue queue dont la base est jaune, 3 espèces de pipistrelles qu’il est difficile de différencier, fréquentent les
de la queue blanc et le bec rouge à pointe jaune. tout comme le ventre du mâle en plumage nuptial. Bouches-du-Rhône. Toutefois, leur écholocation, ultra-sons inaudibles
pour l’Homme et leur permettant de se diriger, est spécifique de
chaque espèce.

COULEUVRE VIPÉRINE
HÉRON CENDRÉ La couleuvre vipérine est le serpent qui affectionne
Le héron «au long bec emmanché d’un long cou» (Fables - Jean le plus l’eau. La majorité de son régime alimentaire est basé
de la Fontaine), habite les cours d’eau et les zones humides. sur des animaux aquatiques (têtards, larves de libellules, criquets
C’est un chasseur armé d’un bec redoutable. Il vole le cou replié tombés à l’eau, …). Elle n’est pas très grande et souvent
et niche dans les arbres en colonies. confondue avec une vipère mais elle est sans danger pour
© Julien Renet

GRANDE GRENOUILLE VERTE


La grande grenouille verte est inféodée aux milieux
aquatiques où elle passe la majeure partie de sa vie
© Claude Agnès (marais littoraux, ruisseaux, fleuves). Elle s’adapte
également aux milieux urbains tels que bassins,
lacs artificiels ou fossés. Parmi les 3 espèces,
2 sont protégées et se retrouvent plus particulièrement
en Camargue et autour de l’étang de Berre.

© Jean-Claude Tempier - CEN PACA © Olivier Briand

62 63
LA FLORE ORDINAIRE
La flore bucco-rhodanienne résulte de divers éléments
contextuels tels que le climat (avec ses nombreux
changements : réchauffements et glaciations), la nature des
sols et le relief.
L’origine celto-ligure ou ibérico-africaine de certaines plantes
témoignent de ces bouleversements tectoniques et climatiques.
Enfin, les grands cours d’eau tels que le Rhône ou la Durance
ont joué le rôle de vecteur pour transporter certains végétaux
depuis leur bassin versant amont.
À celà, il faut ajouter l’impact de l’Homme : les rivières ont
souvent été déconsidérées par le passé, recueillant déchets
et rejets anthropiques, puis chenalisées dans le cadre des
aménagements urbains au détriment de la ripisylve.
C’est pourquoi la préservation et l’accueil des promeneurs sont
deux enjeux à concilier. © Julien Ugo _ CBNMED

IRIS
L’Iris d’eau ou Iris des marais est une plante vivace qui affectionne les
bords des marais. Cette plante est excellente pour fixer les berges et est
très utilisée en phytoépuration. Sa floraison lumineuse est d’un jaune vif.
SOUCHET BRUN
C’est une plante annuelle qui appartient à un groupe de
nombreuses espèces communément appelées « Papyrus »
Cette espèce se rencontre dans les sables humides le long
de la Durance.

LA FLORE AQUATIQUE
LE POTAMOT PECTINÉ
C’est une espèce de plante aquatique vivace. Dans les eaux
courantes ce potamot forme des chevelures vertes qui ondulent
dans le courant. C’est une des plantes aquatiques les plus
communes qui est présente dans presque tout le pays.
La flore aquatique regroupe les végétaux totalement immergés et ceux qui sont émergés
mais inféodés au milieu humide. La composition floristique de ces ripisylves dépend
étroitement de la teneur en eau des sols. Notons que cette dernière relève du statut de zone
humide.
On y trouve des plantes supérieures et des algues.
Les végétaux participent entièrement au fonctionnement de l’écosystème aquatique,
en contribuant à l’oxygénation par la photosynthèse, en constituant des caches et frayères
© Bernadette Huynh-Tan _ CBNMED
ou en tant que nourriture ou support pour la ponte.

© Vincent-Carrefour Jacques- CBNMED


© Yves Morvant _ CBNMED

64 65
DES ESPÈCES PATRIMONIALES DES ESPÈCES EXOTIQUES
Le nombre d’espèces végétales endémiques aux Les espèces exotiques envahissantes peuvent rapidement
Bouches-du-Rhône est relativement faible par rapport coloniser des milieux dès lors qu’elles trouvent des conditions
à d’autres départements méditerranéens et elles sont favorables, au détriment des espèces locales. Importées par
principalement réfugiées dans les massifs calcaires. l’Homme via les déplacements ou les échanges commerciaux,
Il n’en reste pas moins la présence d’espèces remarquables, elles se multiplient par les graines, le rhizome ou par
multiplication végétative.
dont trois exemples sont cités ici.
De plus, dans le cas particulier d’un milieu aquatique,
le flux d’eau contribue à leur dispersion et à la colonisation
de nouveaux sites.

Il est très difficile et coûteux de lutter contre ces espèces


colonisatrices, d’autant que seules des interventions
mécaniques voire manuelles sont possibles pour respecter
la vie aquatique.
À ce jour, les Bouches-du-Rhône comportent 97 des
121 espèces exotiques envahissantes répetoriées dans la
© Yves Morvant _ CBNMED © Antoine Carrouée _ CBNMED
région.
JONC DE DESFONTAINE UTRICULAIRE MÉRIDIONALE JUSSIE RAMPANTE
Le jonc de Desfontaine est une plante vivace qui émet La grande utriculaire (ou utriculaire méridionale) est une espèce de plante C’est une espèce exotique envahissante.
sur le sol des stolons (tiges aériennes rampantes). carnivore. Elle se reconnaît à ses grandes fleurs jaune vif qui sont divisées Elle affectionne les eaux stagnantes ou à faible courant, en conditions
Elle présente des tiges espacées souvent ascendantes et en deux lèvres (une supérieure et une inférieure). Elle pousse dans des LAITUE D’EAU ensoleillées. À l’origine cette espèce a été introduite en France pour
couchées. C’est une espèce rare et en forte régression en eaux stagnantes et peu profondes. C’est une espèce de plante aquatique de la famille des Aracées. ses qualités ornementales. Sa prolifération crée des nuisances sur les
France. Ce Jonc n’est présent que dans l’écorégion de la Elle est originaire d’Amérique du sud et affectionne les eaux écoulements et les comblements de milieux, sur la banalisation des
Durance et ne se trouve dans les Bouches-duRhône que stagnantes à faible courant. Elle a été introduite pour l’ornement biotopes et sur les usages liés aux ressources naturelles (pêche, chasse,
sur la commune du Puy Ste-Réparade, ce qui lui confère des bassins. Elle est principalement observée dans le sud de la sports nautiques).
une grande valeur patrimoniale. France, car elle résiste mal au froid hivernal ... AZOLLA FAUSSE FOUGÈRE
L’Azolla fausse-fougère (ou fougère d’eau) est une plante aquatique
non enracinée, flottant librement à la surface des eaux douces.
Les feuilles bilobées sont en forme d’écaille.
Elle se dissémine principalement par fragmentation de ses tiges qui sont
MENTHE DES CERFS transportées par les eaux. Cette espèce est originaire d’Amérique du sud
Dans la propriété départementale de l’étang des Aulnes à jusqu’à l’ouest de l’Amérique du nord.
Saint-Martin-de-Crau, une mare temporaire abrite la menthe Elle a été introduite au XIX e siècle dans des aquariums et des jardins
des cerfs, espèce endémique aux Bouches-du-Rhône. botaniques d’où elle s’est échappée.

© Jean-Claude Arnoux _ CBNMED © Bernadette Huynh-Tan _ CBNMED

© Yves Morvant _ CBNMED © Bernadette Huynh-Tan _ CBNMED

66 67
Ils se définissent comme les bénéfices que l’Homme tire du bon fonctionnement des écosystèmes
et qui contribuent au bien-être de la société et à l’ensemble de ses activités économiques.

Sur le sujet de l’eau qui nous intéresse, le premier d’entre eux vient spontanément à l’esprit : l’eau
de boisson pour tous les êtres vivants. Mais les services écosystémiques sont bien plus que cela.

Il est admis de les classer en quatre catégories :


LE SAVIEZ-VOUS ? - Les services d’approvisionnement : ce sont tous ceux qui permettent de produire.
Photosynthèse et production de biomasse, eau agricole, industrielle, hydroélectricité, géothermie*, …
- Les services de régulation de la température ambiante à proximité d’un cours d’eau, de la température
Une même goutte d’eau peut être corporelle par la sudation, des îlots de chaleur en ville par la végétation, …
utilisée plusieurs fois dans un cycle :
- Les services culturels et récréatifs :
ainsi, l’eau qui irrigue les prairies en
Crau, pénètre dans le sol et la part La baignade, les sports de pleine nature, le tourisme et le patrimoine, les Thermes, …
non absorbée par les plantes s’infiltre - Les fonctions écologiques sont à la base de l’ensemble des services cités, en ce sens qu’elles
et alimente in fine la nappe de Crau. permettent le maintien du bon fonctionnement de l’écosystème (cycle de l’eau, milieux aquatiques
et périphériques, biodiversité, …).
Celle-ci sert à son tour à de multiples
usages, dont l’alimentation en eau
Ces services peuvent même être monétarisés lorsqu’il s’agit d’apprécier l’équilibre entre le coût d’une
potable de 270 000 habitants.
action ou de travaux en faveur des milieux aquatiques et le bénéfice pour la société.

Les usages et bénéfices de l’eau sont innombrables.


Interrogez-vous sur votre propre lien à l’eau dans votre vie quotidienne.

QUELLE EAU BUVEZ-VOUS ?

ARLES

LES SERVICES ISTRES


AIX-EN-
PROVENCE

ÉCOSYSTÉMIQUES
MARSEILLE

Origine de l’eau potable


© Jean-Paul Herbecq - Département 13
eau souterraine ARLES Préfecture ou sous-préfecture

eau de surface (Durance, Verdon, Rhône) (56)

mixte Source : Schéma départemental d’alimentation en eau potable


8
68 et Agence régionale de santé 69
© Claudine Trezzy
Pont Flavien - Saint-Chamas De par son contexte méditerranéen où l’eau est rare et son histoire longue de plus de 2 600 ans,
le département des Bouches-du-Rhône dispose d’un savoir-faire ancestral dans les aménagements
liés à l’eau, qui ont laissé un merveilleux héritage patrimonial.
Ce sont des constructions aux fonctionnalités spécifiques telles capter l’eau (puits, sources), la
retenir et la stocker (bassins, citernes, barrages, réservoirs et châteaux d’eau), l’amener jusqu’au
site d’utilisation (aqueducs, canaux rudimentaires ou maçonnés), l’utiliser (fontaines, lavoirs, moulins,
glacières), la traiter avant et après utilisation (bassin de délimonage, stations de production d’eau
LE SAVIEZ-VOUS ? potable ou d’épuration).
Sans oublier les ponts, qui permettent de franchir les cours d’eau puisque ceux-ci sont des obstacles
naturels aux déplacements.
1. Le pont Flavien est le plus
vieux pont encore visible dans les Ces ouvrages couvrent une vingtaine de siècles, dans des styles différents qui témoignent de leur
Bouches-du-Rhône. Datant du époque.
1er siècle après J-C., c’est un pont Plus ou moins modestes ou grandioses, ils sont à découvrir au gré de balades nature / culture
romain placé sur la voie romaine organisées par certains Offices de tourisme.
reliant Marseille
On pourra admirer leur architecture, ainsi que l’ingénierie qui a été déployée pour les concevoir et les
à Arles, dans le prolongement de
construire.
la via Aurelia. Il enjambe
la Touloubre à l’entrée de Saint- Ainsi en va-t-il des canaux qui transportent l’eau de manière gravitaire* sur des dizaines de kilomètres,
Chamas et porte le nom de son enjambant des cours d’eau et des voies de communication, contournant les massifs, avec la même
promoteur, un certain Claudius pente régulière qui permet à l’eau de s’écouler à une vitesse et un débit calculés.
Donnius Flavius. Les glacières sont également des ouvrages étonnants : constructions circulaires de grandes
dimensions épousant le terrain de manière à être enterrées pour partie tout en ayant des portes
2. À quoi sert un château d’accès à différents niveaux, leur mur a jusqu’à 2,5 m d’épaisseur. À partir d’un petit canal qui
amenait l’eau à proximité, la glace était fabriquée à la faveur des grands froids d’hiver
d’eau ?
(idéalement - 10°C). Les hommes la compactaient alors (on parle de moisson) et elle se conservait
La pression nécessaire à la grâce aux caractéristiques isolantes de la glacière (enfouissement de la construction, isolation
distribution dans les réseaux de la toiture, ombrage, altitude, léger courant d’air au travers de meurtrières, obscurité).
d’eau potable s’obtient Ces glacières ont fonctionné jusqu’à l’avènement du chemin de fer qui a permis d’amener des blocs
généralement de manière de glace depuis les montagnes jusqu’aux villes.
gravitaire. C’est pourquoi les
réservoirs sont toujours sur un
point haut par rapport aux zones
desservies. En plaine, le château

LE PATRIMOINE
d’eau abrite un réservoir haut
perché qui joue un rôle équivalent.

LIÉ À L’EAU
© Claudine Trezzy © Pierre-Olivier Mattei

Château d’eau - Château d’Avignon Lavoir - Saint-Chamas


Appelé lavoir des Ragues (réservé aux lépreux), il se trouve
au bord de l’étang de Berre et date du XVIIe s.

70 71
© Claudine Trezzy © Christian Rombi - Département 13 © Société des Eaux de Marseille © SMAVD

BASSIN DE DÉLIMONAGE DE SAINT-CHRISTOPHE (1877) AQUEDUC DE ROQUEFAVOUR (1847) - Ventabren CENTRE DE PRODUCTION D’EAU POTABLE (1934) BARRAGE SUR LA DURANCE ET CANAL EDF QUI DÉRIVE SES EAUX
Entre Rognes et la Roque-d’Anthéron Il permet au canal de Marseille de franchir la vallée de l’Arc. Classé monument Sainte-Marthe, Marseille (1972) - Mallemort
Placé sur le tracé du canal de Marseille, il permet de retenir les limons de la Durance. historique, c’est le plus grand aqueduc d’Europe encore en exploitation. C’est un des barrages sur la chaine hydroélectrique de la Durance.
Il doit être curé régulièrement.

© Claudine Trezzy © Claudine Trezzy © Jean-Paul Herbecq - Département 13 © SCP

CANAL DE MARSEILLE (1849) - Marseille PALAIS LONCHAMP (1869) - Marseille BARRAGE DE BIMONT (1952) - Saint-Marc-Jaumegarde RÉSERVOIR DU VALLON DOL (1973) - Marseille
D’une capacité de 15 m3/s, il dérive les eaux de la Durance pour alimenter Marseille et Œuvre d’H-J. Espérandieu, il célèbre l’arrivée des eaux de la Durance Réservoir d’eau du réseau de la Société du Canal de Provence d’une capacité Alimenté par l’eau du Verdon via le réseau de canaux SCP, il complète l’adduction
d’autres communes, jusqu’à la Ciotat. à Marseille. de plus de 14 millions m3. en eau pour la ville de Marseille, assurée par le canal de Marseille et son eau de la
72 Durance. 73
LES CANAUX AGRICOLES

©
© Christian
Jean-Paul Rombi
Herbecq - Département 13 ©
©Serge Ben-Lisa
Jean-Paul Herbecq - Département 13 © Christian Rombi © Serge Ben-Lisa

FONTAINE DE LA ROTONDE (1860) - Aix-en-Povence PONT LANGLOIS DIT VAN GOGH (1830) - Arles
© IGN.BD-Ortho 2017 6 - photo aérienne montrant le partiteur du Merle © Claudine Trezzy
Le peintre a immortalisé ce pont qui enjambait le canal de navigation d’Arles
à Port-de-Bouc.
PARTITEUR DU MERLE - Salon-de-Provence CANAL D’IRRIGATION
C’est le point de départ de plusieurs canaux d’irrigation agricole, Il dérive l’eau de la Touloubre à des fins d’irrigation.
à partir d’un canal maître.

© SABA © Alain Golea © Claudine Trezzy © Canal de Provence

SEUIL DE MARIE-THÉRÈSE (1510) - sur L’Arc - Velaux GLACIÈRE DU FAUGE (1710) - Sous le pic de Bertagne - Sainte-Baume CANAL D’ASSAINISSEMENT MARTELIÈRE SUR LE PETIT CANAL DU THOLONET
Seuil réalisé pour alimenter une usine hydroélectrique. Il draine le surplus d’eau des terres irriguées gravitairement. Elle régule la mise en eau du canal d’irrigation.
74 75
Les milieux aquatiques sont naturellement soumis à des variations saisonnières et climatiques,
qui occasionnent sécheresses, étiages* ou crues, voire inondations, caractéristiques du climat
méditerranéen.

Paradoxalement, la pluviométrie peut être rare et violente à la fois.

On appelle pression sur les milieux, l’influence anthropique supplémentaire sur la qualité ou la quantité
des eaux : prélèvements, rejets plus ou moins polluants, urbanisation et aménagements, barrages
LE SAVIEZ-VOUS ? et digues, dérivation de cours d’eau, mise en culture des terrasses alluviales, utilisation de produits
chimiques, process industriels, …

À cela s’ajoute le réchauffement climatique, qui impacte déjà la pluviométrie et la fonte nivale,
1. L’artificialisation des sols augmente
l’évapotranspiration, le débit et la température des cours d’eau, … Les travaux du GREC (Groupe
le ruissellement et diminue
Régional d’Experts sur le Climat) annoncent une diminution entre 10 et 30 % de l’eau disponible d’ici
l’infiltration de l’eau vers le sous-sol,
2050 (débits annuels moyens, recharge de nappe et humidité du sol) qui conduira peu à peu à une
créant des inondations en milieu
aridification du sud de la France.
urbain, faisant déborder les stations
d’épuration et apportant aux milieux La forte dépendance des Bouches-du-Rhône à la ressource Durance/Verdon incite à se préoccuper
aquatiques une eau chargée en de l’enneigement et de la fonte des glaciers alpins, qui alimentent aujourd’hui notre territoire
micropolluants au fil de son passage en eau … Jusqu’à quand ?
sur les parkings et autres voiries.
Par ailleurs, l’augmentation des densités de population implique non seulement une consommation
des ressources, mais également une consommation d’espace au détriment des milieux aquatiques.
2. La multiplication des forages
L’hydromorphologie* et les pollutions par des substances chimiques sont les deux principaux
individuels dans certains secteurs
facteurs déclassants de l’état des masses d’eau des Bouches-du-Rhône au sens de la DCE
où l’eau souterraine est relativement
(Directive cadre européenne sur l’eau).
accessible peut également poser
problème : les prélèvements C’est pourquoi les aménagements, le développement urbain et les infrastructures de transport
individuels peuvent impacter le doivent composer avec les milieux aquatiques.
fonctionnement d’un forage public
collectif voisin et être un vecteur de
pollution vers les eaux souterraines
s’ils sont mal réalisés.

LES PRESSIONS/
LE CHANGEMENT
CLIMATIQUE © Marseille Provence Métropole © SMBVH

Crue de la Touloubre Crue de l’Huveaune


© Photothèque CD13

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VOUS POUVEZ AGIR... L’eau virtuelle, une nouvelle conscience de l’eau

LE SAVIEZ-VOUS ? LE SAVIEZ-VOUS ?
16 000 litres
Où que vous vous trouviez, vous êtes forcément sur un bassin versant, c’est-à-dire que votre 1 kg de bœuf
comportement quotidien influe sur un milieu aquatique.
1. L’eau est une ressource Depuis quelques années le concept
renouvelable, le manque d’eau au La lecture de ce livret donne les clés pour apporter votre positive attitude … d’eau virtuelle permet de mettre en 3 000 litres
niveau planétaire n’est sans doute évidence des consommations d’eau 1 kg de riz
pas à craindre. On peut citer quelques pistes : insoupçonnées.
En revanche, sa répartition - Utilisation quotidienne économe de l’eau chez vous, sur votre lieu de travail, en vacances (économies Il s’agit dans ce cadre de mesurer
est inégale et le restera au fil de d’eau, utilisation de produits ménagers respectueux de l’environnement et des milieux aquatiques) la quantité d’eau globale nécessaire 2 400 litres
l’évolution du climat, de la à la production de biens industriels,
1 hamburger
- Aménagement de votre domicile et choix des végétaux d’agrément adaptés (peu gourmands en
démographie, des pollutions… eau, pas de plante invasive, limiter les surfaces imperméabilisées) et pratiques d’entretien agricoles, ou de services.
respectueuses de l’environnement (l’utilisation des pesticides par les particuliers est interdite depuis 2 000 litres
Pour répondre aux besoins il sera 2017) C’est une manière de donner à l’eau, 1tee-shirt en coton (250 g)
nécéssaire de trouver des solutions patrimoine commun, une valeur
- Travaux de bricolage écologiques (peintures, colles, …) ou du nettoyage et entretien de votre
à différentes échelles. Le partage de marchande bien réelle…
cette ressource et les modes
véhicule sans pollution
Peut-être pour une meilleure prise 1 000 litres
de consommation seront amenés - Respect de la réglementation sur les forages individuels (réalisation dans les règles de l’art, de conscience et protection. 1 litre de lait
à changer. déclaration, protection).
https://www.cieau.com/le-metier-de-
- Activités de pleine nature respectueuses de la vie aquatique. 185 litres
leau/ressource-en-eau-eau-potable-
- Usage prolongé des biens de consommation qui ont nécessité beaucoup d’eau pour leur eaux-usees/eau-virtuelle-empreinte- 1 paquet de chips
2. Le remplissage des piscines est fabrication (vêtements, papier, …). eau-quest-ce-que-cest/
réglementé en cas de sécheresse.
- Soin de ne pas jeter sur la voie publique ou dans la nature des déchets qui finiront par rejoindre les
En tout état de cause, bâcher 140 litres
cours d’eau puis la mer.
sa piscine permet de limiter une 1 tasse de café
évaporation inutile et éviter la noyade
d’insectes.
135 litres
1 œuf

Autoévaluez votre consommation en eau domestique 40 litres


Le standard de consommation moyenne d’eau habituellement admis dans un foyer est de 150 litres 1 tranche de pain ou 1 soda
par jour et par habitant.
Comparez ce chiffre avec le volume qui est mentionné sur votre facture d’eau.
10 litres
Par exemple, pour une famille de 4 personnes, le standard de consommation annuelle 1 feuille de papier
se calcule comme suit :
4x 150l x 365j = 219 000 litres, soit 219 m3/an.
8 litres
Réduire sa consommation d’eau est bon pour l’environnement et pour votre facture. 250 g de sucre de canne

© Illustrations et photos : Shutterstock

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GLOSSAIRE POUR EN SAVOIR PLUS
Alluvions : dépôts de sédiments transportés par un cours d’eau - Sur l’eau en général
Anthropique : qui résulte de l’intervention de l’homme www.eaurmc.fr/
Artésien : se dit d’un forage ou d’un puits donnant un jaillissement spontané d’une nappe captive www.observatoire-eau-paca.org/
Assec : état d’un milieu aquatique pendant la période où il se trouve sans eau www.bouches-du-rhone.gouv.fr/Politiques-publiques/
Environnement-risques-naturels-et-technologiques/La-secheresse
Autoépuration : ensemble de processus biologiques permettant à un milieu aquatique d’éliminer une pollution
www.grec-sud.fr/wp-content/uploads/2017/08/
Amont / Aval : vers la source / vers l’embouchure d’un cours d’eau par rapport à un point considéré GREC-PACA-Cahier-Ressource-en-eau-BAT-HR-TDC2.pdf
Benthique / Pélagique : qui vit sur le fond / en pleine eau
- Sur les milieux aquatiques
Biotope : milieu défini par des caractéristiques physicochimiques stables et abritant une communauté d’êtres vivants
Le Rhône en 100 questions
(ou biocénose). Le biotope et sa biocénose constituent un écosystème.
www.graie.org/zabr/index.htm (ouvrages/le Rhône en 100 questions)
Canal d’irrigation : canal transportant l’eau pour l’irrigation gravitaire des terres agricoles www.symadrem.fr/
Canal d’assainissement : canal de collecte des eaux d’écoulement provenant des terres agricoles www.observatoire-rhonemediterranee.fr/
Continuité écologique : elle garantit la libre circulation des espèces et des sédiments tout au long du cours d’eau www.palissade.fr/
Débit réservé : débit minimal d’eau imposé par l’autorité administrative au regard des prélèvements, www.parc-camargue.fr/
pour garantir le fonctionnement du milieu aquatique www.smavd.org/
www.parcduverdon.fr/fr/gestion-de-leau/intro
Étiage : niveau annuel bas d’un cours d’eau
www.saba-arc.fr/
Exurgence / résurgence : sortie d’eau souterraine
www.syndicat-huveaune.fr/
Frayères : zone de reproduction de poissons
https://aquatheque.maisonregionaledeleau.org/
Géothermie : énergie qui utilise la chaleur des profondeurs de la terre ou des eaux souterraines
www.etangdeberre.org/
Gravitaire : se dit d’une circulation d’eau passive, utilisant uniquement la pente (par opposition à un pompage actif) www.departement13.fr/nos-actions/environnement/parcs-et-domaines-departementaux/
Hydrogéochimie : science qui utilise l’analyse des composés chimiques de l’eau pour connaître leur provenance Atlas de la faune remarquable des Bouches-du-Rhône- Biotope éditions
et le fonctionnement des eaux souterraines Atlas de la flore remarquable des Bouches-du-Rhône- Biotope éditions
Hydromorphologie : science qui étudie la configuration et l’évolution du façonnage du lit d’un cours d’eau par l’effet GCP ripisylves méditerranéennes et chauves-souris. Enjeux et conservation
de l’eau
- Sur les eaux souterraines
Hygrophile : qui aime l’humidité, qui vit dans les milieux humides
www.brgm.fr/regions/reseau-regional/provence-alpes-cote-azur
Karstifié : se dit d’une roche, en particulier calcaire, qui subit une érosion hydrochimique et hydraulique
www.symcrau.com/
Oligotrophe : eau pauvre en éléments nutritifs (nitrate, ammonium, phosphore, potassium, …)
- Sur les usages de l’eau
Permafrost : terme géologique qui désigne un sol dont la température se maintient en dessous de 0°C
www.cnr.tm.fr
Pédologie : science qui étudie le sol
www.gesper.eu/ressources/nos-publications/publications-eau.php
Petit chevelu : expression consacrée au réseau d’affluents secondaires et de ruisseaux d’un bassin versant
www.peche13.fr/wp-content/uploads/2019/12/guide-pour-web-2020.pdf
Piézométrie : mesure du niveau de la nappe par rapport au sol www.facebook.com/Fédération-de-pêche-des-Bouches-du-Rhône-872781146167293/
Pluvio-nival : qui dépend à la fois de la pluie et de la (fonte) neige www.paca.ars.sante.fr/eau-du-robinet-0
Ripisylve : végétation de bord de cours d’eau ou forêt alluviale (cf. p12) www.edf.fr/sites/default/files/Hydraulique/page%20durance%20verdon/
Rivière en tresse : aspect particulier d’une rivière composée de bras séparés de bancs de graviers ou iscles plaquette_edf_hydraulique_paca.pdf

SDAGE : Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (issu de la Directive Cadre sur l’Eau) - Sur le patrimoine
Travertin : roche sédimentaire calcaire d’origine biochimique, concrétionnée ou vacuolaire, qui se forme par www.arles-antique.cg13.fr
précipitation du carbonate de calcium, à l’émergence de sources calcaires.
- Sur la biodiversité Nature de Provence
Webdoc : https://nature-de-provence.fr
Autres livrets de nture de povence

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REMERCIEMENTS

Ce livret a pour ambition de faire (re)découvrir la richesse des milieux aquatiques des Bouches-du-
Rhône et éveiller la curiosité.

Les nombreux acteurs impliqués agissent dans l’objectif partagé de préserver la ressource et
les milieux aquatiques afin de soutenir la biodiversité, la qualité de vie et assurer les usages liés à
l’eau.

Un grand merci à ceux qui ont contribué à ce projet :


- Maison régionale de l’Eau (Gwénolé Le Guellec et Catherine Nicolas)
- Fédération départementale de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques des Bouches-du-
Rhône (Sébastien Conan et Adrien Rocher)
- Syndicat d’Aménagement du Bassin de l’Arc (Maxime Lenne)
- Musée départemental de l’Arles antique (Nicolas de Larquier)
- Syndicat Mixte d’études et de gestion de la nappe de Crau (Charlotte Alcazar et son équipe)
- Syndicat mixte du bassin versant de l’Huveaune (Roxane Roy et Estelle Fleury)
- Syndicat mixte d’aménagement de la Vallée de la Durance (François Boca et Odilon Desmoulins)
- Métropole Aix-Marseille-Provence (Laurent Gibelo)
- Le GIPREB-syndicat mixte (Raphaël Grisel et Élisabeth Le Corre)
- Parc naturel régional de la Sainte-Baume (Aude Mottiaux et Thierry Darmuzey)
- Migrateurs Rhône Méditerranée (Pierre Campton et Géraldine Verdot)
- Société du Canal de Provence (Thierry Roux et Isabelle Girousse)
- Société des Eaux de Marseille Métropole (Jean Coconi et Claire Guillon)
- Conservatoire des Espaces Naturels Rédaction : Claudine Trezzy
- Conservatoire botanique national méditerranéen (Mathias Pires) Relecture : Michel Bourrelly, Olivier Briand, Anielle Hoarau, Béatrice Orelle, Valérie Rossi
Réalisation graphique : Ingrid Jammes - Département 13
Cartographie : Thierry Vinas
Un très grand merci également à l’ensemble des photographes et illustrateurs qui ont accordé les
droits pour la réalisation de ce travail :
Benjamin Adam, Claude Agnes, Lionel Alegre, Bruno Arfib, Jean-Claude Arnoux, Olivier Briand, Dépôt légal octobre 2020
Antoine Carrouée, Rémi Chappaz, Claude David, Gérard Degoutte, Quentin Febvay, Alain Golea,
Jean-Paul Herbecq, Bernadette Huynh-Tan, Astrid Lanneau, Gwénolé Le Guellec, Pierre-Olivier
Mattei, Henri Michaud, Laurent Mignaux, Camille Moirenc, Yves Morvant, Julien Renet, Christian
Rombi, Cédric Roy, Jean-Claude Tempier, Claudine Trezzy, Julien Ugo, ICONOPHOT, INRAE.

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ISBN : 978-2-911111-16-7

Direction de l’Environnement, des Grands Projets et de la Recherche


52, avenue de Saint-Just 13256 Marseille Cedex 20 departement13.fr

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