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Ce document contient des exercices de mathématiques sur les espaces vectoriels et les formes linéaires. Il présente plusieurs définitions, propriétés et exercices sur ces sujets.

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Université Lyon 1 L2 Mathématiques S.

Parmentier Année 2019-2020

Corrigés d’exercices

Fiche 3

Rappel 1: on se donne un espace vectoriel E sur le corps commutatif K.


On appelle forme linéaire sur E toute application linéaire φ : E → K.
L’ensemble des formes linéaires sur E est noté E ? et est appelé l’espace dual de E. C’est un espace
vectoriel sur K pour les lois usuelles

E ? × E ? → E ? : (φ, ψ) 7→ φ + ψ
K × E ? → E ? : (λ, φ) 7→ λφ

[Pour tout x ∈ E, (φ + ψ)(x) = φ(x) + ψ(x), (λφ)(x) = λ φ(x).]


Comme toute application linéaire, une forme φ ∈ E ? est déterminée par l’image d’une base de E:
supposonsP E de dimension finie n ∈ N× de base (e1 , . . . , en ) et notons αi = φ(ei ), i ∈ {1, . . . , n}.
n
Pour x = i=1 xi ei on a

x1
 
n n n
X X X  x2 
φ(x) = φ( xi ei ) = xi φ(ei ) = xi αi = (α1 α2 · · · αn ) 
 ...  .

i=1 i=1 i=1
xn

Exercice 1.      
1 2 1
1. La famille ( 1 , 0 , 2 ) est une base de R3 et φ est définie par ses valeurs sur cette
    
1 1 3
base. Pour obtenir α, β, γ il suffit d’expliciter:
 
1
φ( 1 ) = α + β + γ = 0
1
 
2
φ( 0 ) = 2α + γ = 1
1
 
1
φ( 2 ) = α + 2β + 3γ = 4
3

C’est un système de 3 équations à 3 inconnues dont la solution est

α = −1, β = −2, γ = 3.

1
 
x
2. φ( y ) = 0 s’écrit
z
−x − 2y + 3z = 0. (E)
Le noyau Ker φ est donc le plan vectoriel de R3 d’équation (E).
Remarque: on sait que tout espace vectoriel réel E 6= {0} admet une infinité de bases. Pour
expliciter une base de Ker φ, on peut par exemple prendre y = 1, z = 0 et y = 0, z = 1, ce qui
donne    
−2 3
Ker φ = V ect( 1  ,  0 )
0 1

Rappel 2: si l’espace E est de dimension n sur K, alors E ? est aussi de dimension n sur K.
Pour le voir il suffit d’exhiber une base de E ? de cardinal n: soit (e1 , . . . , en ) une base de E; on
définit n formes linéaires e?i , i ∈ {1, . . . , n} sur E en posant, pour tout i, j,

e?i (ej ) = δij .

(δij est le symbole de Kronecker: δij = 0 si i 6= j et δjj = 1.)


La famille (e?1 , . . . , e?n ) est alors une base de E ? appelée la base duale de (e1 , . . . , en ):
Pn Pn Pn
Elle est libre: si 0 = i=1 λi e?i alors pour tout j, 0 = i=1 λi e?i (ej ) = i=1 λi δij = λj .
Pn
Elle est génératrice: si φ ∈ E ? est telle que φ(ej ) = αj alors φ = i=1 αi e?i (observer que leurs
valeurs sur ej , j ∈ {1, . . . , n} sont égales).

Exercice 2.
1. Par le rappel, il suffit de vérifier que (φ1 , φ2 ) est libre, i.e. que λ1 φ1 + λ2 φ2 = 0 entraine
λ1 = λ2 = 0. Or λ1 φ1 + λ2 φ2 = 0 ssi λ1 φ1 + λ2 φ2 est nulle sur une base de E ssi
 
1
0 = (λ1 φ1 + λ2 φ2 ) = λ1 + λ2
0
 
0
0 = (λ1 φ1 + λ2 φ2 ) = λ1 − λ2
1
ce qui donne λ1 = 0 = λ2 .
 
2 ? 1
2. Voici comment exprimer une forme linéaire φ ∈ (R ) dans la base (φ1 , φ2 ): notons φ( )=α
  0
0
et φ( ) = β.
1
φ = λ1 φ1 + λ2 φ2 ssi leurs valeurs sur une base sont égales ssi
   
1 1
α = φ( ) = (λ1 φ1 + λ2 φ2 )( ) = λ1 + λ2
0 0
   
0 0
β = φ( ) = (λ1 φ1 + λ2 φ2 )( ) = λ1 − λ2
1 1

ce qui donne
α+β α−β
φ= φ1 + φ2 .
2 2
2
Pour g, α = 1 et β = 0: g = 21 φ1 + 12 φ2 .
Pour h, α = 2 et β = −6: h = −2φ1 + 4φ2 .

Exercice 3.
1. La trace est linéaire: pour A = (aij ), B = (bij ) ∈ Mn (R) et λ ∈ R,

n
X
tr(λA + B) = (λaii + bii ) = λtr(A) + tr(B).
i=1

2. On sait déjà (cf l’exercice sur le produit scalaire matriciel) que, pour tout i, j, k, l,

Eij Ekl = δjk Eil .

Par hypothèse, φ(Eij Ekl ) = φ(Ekl Eij ), i.e.

δjk φ(Eil ) = δli φ(Ekj ).

En prenant j = k et i 6= l, on obtient φ(Eil ) = 0 et en prenant j = k et i = l, on obtient


φ(Eii ) = φ(Ejj ).
En conclusion, φ est nulle sur les matrices non diagonales Eil , i 6= l, et il existe un réel λ tel que
φ(Eii ) = λ pour tout i ∈ {1, . . . , n}.
La réponse à la question est donc: φ(Eij Ekl ) = 0 pour tout i, j, k, l avec i 6= l ou j 6= k et il existe
λ ∈ R tel que φ(Eij Eji ) = λ pour tout i, j.
3. tr(Eil ) = 0 pour tout i 6= l et tr(Eii ) = 1 pour tout i. Dès lors les formes linéaires M 7→ λtr(M )
et M 7→ φ(M ) prennent les mêmes valeurs sur une base de Mn (R). Elles sont donc égales.

Rappel 3: si (E, h , i) est un espace euclidien, à tout x ∈ E, on peut associer la forme linéaire

φx : E → R : y 7→ hx, yi.

L’application
E → E ? : x 7→ φx
est alors un isomorphisme, i.e. c’est une bijection linéaire:
linéarité: observer que pour λ ∈ R, x, x0 ∈ E, on a, pour tout y ∈ E,

φλx+x0 (y) = hλx + x0 , yi = λhx, yi + hx0 , yi = λφx (y) + φx0 (y) = (λφx + φx0 )(y).

bijectivité: x 7→ φx étant linéaire entre espaces de même dimension n, il suffit de montrer qu’elle est
injective, i.e. de montrer que son noyau est nul: or 0 = φx ssi pour tout y ∈ E, 0 = φx (y) = hx, yi;
en particulier 0 = hx, xi ce qui entraine x = 0.
Si v : E → E est une application linéaire, on définit

v ? : E → E : x 7→ v ? (x)

3
en déclarant que v ? (x) est l’unique élément de E tel que pour tout y ∈ E, φv? (x) (y) = φv(y) (x),
i.e. tel que
∀y ∈ E, hv ? (x), yi = hx, v(y)i.
v ? est linéaire et est appelé l’ endomorphisme adjoint de v. Observer que l’on a (v ? )? = v.

Exercice 4.
Pour obtenir Ker(v ? ) = Im(v)⊥ , on observe que pour x ∈ E, on a

v ? (x) = 0 ⇔ ∀y ∈ E, hv ? (x), yi = 0 ⇔ ∀y ∈ E, hx, v(y)i = 0 ⇔ x ∈ Im(v)⊥ .

En remplaçant v par v ? , on a aussi

Ker(v) = Ker((v ? )? ) = Im(v ? )⊥

et donc
Ker(v)⊥ = (Im(v ? )⊥ )⊥ = Im(v ? ).

Pour obtenir l’égalité rg(v) = rg(v ? ), on se sert (i) du fait que pour tout sous-espace V ⊂ E, E =
V ⊕ V ⊥ (donc dim E = dim V + dim V ⊥ ) et (ii) du théorème du rang: pour tout endomorphisme
v de E, dim Ker(v)+ dim Im(v) = dim E. On a

rg(v ? ) = dim Im(v ? ) = dim Ker(v)⊥ = dim E − dim Ker(v) = dim Im(v) = rg(v).

Exercice 5. Par le théorème du rang, il suffit de montrer que les noyaux Ker(u) et Ker(u? ◦ u)
ont même dimension. Il se fait que ces noyaux sont égaux:
L’inclusion Ker(u) ⊂ Ker(u? ◦ u) est immédiate: si u(x) = 0, alors u? (u(x)) = 0.
Pour obtenir l’inclusion Ker(u? ◦ u) ⊂ Ker(u), observer que si (u? ◦ u)(x) = 0, alors 0 =
hx, u? (u(x))i = hu(x), u(x)i, ce qui entraine u(x) = 0.

Exercice 6.
Un endomorphisme u : E → E est dit symétrique ou autoadjoint si u? = u. On sait (cf cours) que
tout endomorphisme symétrique est diagonalisable dans une base orthonormée (e1 , . . . , en ) de E.
Notons (λ1 , . . . , λn ) la liste des valeurs propres de u: u(ei ) = λi ei , i ∈ {1, . . . , n}.
Si pour tout x ∈ E, hx, u(x)i = 0, alors 0 = hei , u(ei )i = λi hei , ei i pour tout i. Comme hei , ei i =
6 0,
on a λi = 0 i.e. u(ei ) = 0 pour tout i et u est l’endomorphisme nul.
En clair: un endomorphisme diagonalisable de spectre nul est l’endomorphisme nul.

Rappel 4: soit (E, h , i) un espace euclidien de dimension n.


1. Un endomorphisme u : E → E est dit orthogonal s’il conserve le produit scalaire, i.e. si

∀(x, y) ∈ E 2 , hu(x), u(y)i = hx, yi.

Observer que cette condition équivaut à u? ◦ u = idE .


Une matrice A ∈ Mn (R) est dite orthogonale si t AA = In .

4
2. Soit (e1 , . . . , en ) une base orthonormée de E et u un endomorphisme de E de matrice Mu dans
t
cette base. Alors MuP ? = Mu : pour voir cela,
P écrivons Mu = (mij ) et Mu? = (m?ij ), autrement
? ?
dit, écrivons u(ej ) = k mkj ek et u (ej ) = k mkj ek . On a
X X
hei , u? (ej )i = m?kj hei , ek i = m?kj δik = m?ij
k k

et X X
hei , u? (ej )i = hu(ei ), ej i = mki hek , ej i = mki δkj = mji ,
k k

i.e. pour tout i, j, m?ij = mji .

Exercice 7.
Pour rappel: soit (e1 , . . . , en ) une base de E et u et v deux endomorphismes de E de matrices Mu
et Mv dans cette base. Alors,

u = v ⇔ ∀j, u(ej ) = v(ej ) ⇔ Mu = Mv .

Supposons maintenant (e1 , . . . , en ) orthonormée.


Par le rappel 4, on sait que, dans toute base orthonormée, Mu? = t Mu .
Pour les endomorphismes autoadjoints on a donc

u = u? ⇔ Mu = Mu? ⇔ Mu = t Mu .

Pour rappel: la multiplication matricielle est définie par la règle Mv◦u = Mv Mu .


Pour les endomorphismes orthogonaux, on a donc

u? ◦ u = idE ⇔ Mu? ◦u = In ⇔ Mu? Mu = In ⇔ t Mu Mu = In .

Exercice 8.
1. Je commence par une question (un peu) plus générale: que peut-on dire du spectre d’un
endomorphisme u : E → E d’un espace vectoriel réel E de dimension 2n + 1, n ∈ N?
Le polynôme caractéristique χu (X) de u s’écrit χu (X) = (−1)2n+1 X 2n+1 + · · · + det(u). Dès lors,
pour l’application polynomiale
R → R : x 7→ χu (x)
on a
limx→±∞ χu (x) = ∓∞.
Il existe donc un réel M > 0 tel que χu (M ) < 0 et χu (−M ) > 0. Le théorème de la valeur
intermédiaire nous assure alors que l’application continue χu : [−M, M ] → R prend toute valeur
entre χ(M ) et χ(−M ), en particulier, il existe x0 ∈] − M, M [ tel que χu (x0 ) = 0.
Conclusion: tout endomorphisme u d’un espace réel E de dimension impaire admet une valeur
propre réelle.
2. Observer que si λ est une valeur propre réelle de l’ endomorphisme orthogonal u, alors λ ∈
{1, −1}: en effet, pour un vecteur propre x ∈ E \ {0} de valeur propre λ, on a

hx, xi = hu(x), u(x)i = hλx, λxi = λ2 hx, xi,

5
i.e. λ2 = 1 car hx, xi =
6 0.
Notons λ1 , λ2 , λ3 les valeurs propres de u avec λ1 ∈ {1, −1}. Il y a deux cas:
1. les valeurs propres sont réelles. La condition 1 = det(u) = λ1 λ2 λ3 n’étant pas satisfaite pour
λ1 = λ2 = λ3 = −1, l’une d’elles vaut 1.
L’exemple type est l’endomorphisme u de R3 dont la matrice dans la base canonique (e1 , e2 , e3 )
est  
1 0 0
Mu =  0 −1 0  .
0 0 −1

Il s’agit du demi-tour d’axe e1 : u fixe e1 (l’axe du demi-tour) et pour x ∈ he1 i⊥ = he2 , e3 i,


u(x) = −x (le demi-tour).
2. l’une des valeurs propres , disons λ2 , n’est pas réelle. Le polynôme caractéristique χu (X) étant
à coefficients réels, on a aussi χu (λ2 ) = 0, i.e. λ3 = λ2 . La condition 1 = det(u) = λ1 | λ2 |2
montre que λ1 > 0, i.e. λ1 = 1.
L’exemple type est l’endomorphisme u de R3 dont la matrice dans la base canonique est
 
1 0 0
Mu =  0 cos θ −sin θ  , θ 6∈ πZ.
0 sin θ cos θ

Il s’agit de la rotation d’axe e1 et d’angle θ dont les valeurs propres sont 1, eiθ , e−iθ .
3. (a) Gram-Schmidt assure l’existence d’une base orthonormée (e1 , e2 , e3 ) complétant e1 .
(b) Par hypothèse u(e1 ) = e1 et par construction V ect(e1 )⊥ = V ect(e2 , e3 ).
Observer que si hx, e1 i = 0, alors hu(x), e1 i = hu(x), u(e1 )i = hx, e1 i = 0, i.e.

u(V ect(e1 )⊥ ) ⊂ V ect(e1 )⊥ .

La matrice de Mu de u dans cette base est donc diagonale par blocs


 
1 0 0
Mu =  0 a b.
0 c d

On peut être plus complet: la restriction

u| : V ect(e1 )⊥ → V ect(e1 )⊥ : x 7→ u(x)

est un endomorphisme orthogonal en dimension 2 de déterminant 1. Nous verrons (exercice 10)


que dans ce cas il existe un réel θ tel que
   
a b cos θ −sin θ
= .
c d sin θ cos θ

Exercice 9.
1.

6
(a) On sait que la matrice Mu de u dans toute base orthonormée est orthogonale: t Mu Mu = In .
On a 1 = det(In ) = det(t Mu Mu ) = det(t Mu )det(Mu ) = (det(Mu ))2 et donc det(u) = det(Mu ) ∈
{1, −1}.
(b) On a montré (exercice 8) qu’une valeur propre réelle λ de u vaut 1 ou −1.
2. Pour rappel, la projection orthogonale pV sur un sous-espace V ⊂ E est l’application linéaire

pV : E = V ⊕ V ⊥ → E : v + v⊥ 7→ v,

où v ∈ V, v⊥ ∈ V ⊥ .
On a Ker pV = V ⊥ .
Comme tout endomorphisme orthogonal u est bijectif (d’inverse u? ), si pV est orthogonal alors
Ker pV = V ⊥ = {0}. Dans ce cas V = E et pV = idE est bien orthogonal.
Conclusion: pE = idE est orthogonal, mais un projecteur orthogonal sur un sous-espace strict
V ⊂6= E n’est jamais un endomorphisme orthogonal.
3. Pour rappel, la symétrie orthogonale de sous-espace V est l’application linéaire

sV : E = V ⊕ V ⊥ → E : v + v⊥ 7→ v − v⊥ .

Pour x = v + v⊥ , y = w + w⊥ ∈ E, on a

hsV (x), sV (y)i = hv − v⊥ , w − w⊥ i = hv, wi + hv⊥ , w⊥ i = hv + v⊥ , w + w⊥ i = hx, yi,

ce qui montre qu’une symétrie orthogonale est un endomorphisme orthogonal.


Remarque: on appelle symétrie tout endomorphisme s : E → E tel que s2 = s ◦ s = idE . Etant
annulée par le polynôme X 2 − 1, une telle symétrie est diagonalisable et ses valeurs propres sont
égales à 1 ou −1. En posant E± = Ker(s ∓ idE ), on a donc E = E+ ⊕ E− et

s : E = E+ ⊕ E− → E : x+ + x− 7→ x+ − x− ,

où x± ∈ E± .

On vérifie alors que s est un endomorphisme orthogonal ssi E− = E+ , i.e. ssi s est une symétrie
orthogonale.

7
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Corrigés d’exercices (suite)

Fiche 3

Exercice 10.
Notons h(x, y), (x0 , y 0 )i = xx0 + yy 0 le produit scalaire usuel sur R2 .
 
a b
1. La condition A = ∈ O2 (R) s’écrit
c d
      
1 0 t a c a b a2 + c2 ab + cd
= AA = = ,
0 1 b d c d ab + cd b2 + d2

i.e.
a2 + c2 = 1, ab + cd = 0, b2 + d2 = 1
ce qui s’écrit aussi

h(a, c), (a, c)i = 1, h(a, c), (b, d)i = 0, h(b, d), (b, d)i = 1,

i.e.
((a, c), (b, d)) est une base orthonormée du plan .
L’observation principale de l’exercice est la suivante: pour (a, c) de norme 1,la droite (a, c)⊥ a
a −c
exactement 2 vecteurs directeurs normés: (−c, a) et (c, −a). Dès lors A = ou A =
  c a
a c
.
c −a
Venons-en aux questions:
(a) (a, c) est de norme 1, i.e. (a, c) appartient au cercle unité de R2 . Par définition même de cos
et sin (faites une figure), il existe un réel θ tel que a = cos(θ), c = sin(θ).
(b) (b, d)⊥ est une droite vectorielle du plan. Comme h(a, c), (b, d)i = 0, on sait que

(b, d)⊥ = V ect((a, c)).

Enfin, (d, −b) est élément de cette droite car h(d, −b), (b, d)i = 0, i.e. il existe un réel λ tel que
(d, −b) = λ(a, c).
 Par le (b), (d,−b) = λ(a, c). Ces vecteurs
(c)  1, λ = ±1. Si λ = 1, A =
 étant de norme
cos(θ) −sin(θ) cos(θ) sin(θ)
= Rθ et si λ = −1, A = = Sθ .
sin(θ) cos(θ) sin(θ) −cos(θ)

2. Par la question 1, on sait que O2 (R) ⊂ {Rθ , θ ∈ R} ∪ {Sθ , θ ∈ R}. Pour l’inclusion réciproque,
il suffit d’observer que pour tout réel θ, t Rθ Rθ = I2 et t Sθ Sθ = I2 , i.e. Rθ , Sθ ∈ O2 (R).

1
Remarque: on sait déjà que le déterminant d’une matrice orthogonale est égal à ±1. On a donc
pour tout entier n ≥ 1, On (R) = On+ ∪ On− , où On± = {A ∈ On (R), det(A) = ±1}. Il se fait que
pour n = 2,
O2+ = {Rθ , θ ∈ R}, O2− = {Sθ , θ ∈ R}.

3. Pour rappel, on dit que deux matrices A et B commutent si AB = BA.


0 0
On utilise la formule d’Euler eiθ eiθ = ei(θ+θ ) :

(cos(θ)cos(θ0 ) − sin(θ)sin(θ0 )) + i(cos(θ)sin(θ0 ) + sin(θ)cos(θ0 )) = cos(θ + θ0 ) + isin(θ + θ0 ).

On a
cos(θ0 ) −sin(θ0 )
  
cos(θ) −sin(θ)
Rθ Rθ0 =
sin(θ) cos(θ) sin(θ0 ) cos(θ0 )
cos(θ)cos(θ0 ) − sin(θ)sin(θ0 ) −cos(θ)sin(θ0 ) − sin(θ)cos(θ0 )
 
=
sin(θ)cos(θ0 ) + cos(θ)sin(θ0 ) −sin(θ)sin(θ0 ) + cos(θ)cos(θ0 )
cos(θ + θ0 ) −sin(θ + θ0 ))
 
=
sin(θ + θ0 ) cos(θ + θ0 )
= Rθ+θ0 = Rθ0 +θ = Rθ0 Rθ .
 
0 1
Certains éléments de O2 (R) ne commutent pas: par exemple, pour S π2 = ,
1 0
   
−sin(θ) cos(θ) sin(θ) cos(θ)
Rθ S π = , S Rθ =
π ;
2 cos(θ) sin(θ) 2 cos(θ) −sin(θ)

pour θ 6∈ πZ, Rθ S π2 6= S π2 Rθ .

4.
(a) Il est utile ici de faire une figure: fixez une base orthonormée (e1 , e2 ) et tracez un cercle de
rayon 1.
- rθ est l’unique endomorphisme tel que

rθ (e1 ) = cos(θ)e1 + sin(θ)e2 , rθ (e2 ) = −sin(θ)e1 + cos(θ)e2 .

Observez sur la figure que la nouvelle base (rθ (e1 ), rθ (e2 )) s’obtient en faisant pivoter la base
(e1 , e2 ) d’un angle θ (avec θ > 0 dans le sens anti-horloger), i.e. rθ est la rotation plane d’angle θ.
- sθ est l’unique endomorphisme tel que

sθ (e1 ) = cos(θ)e1 + sin(θ)e2 , sθ (e2 ) = sin(θ)e1 − cos(θ)e2 .

On peut en faire une première description géométrique en observant que sθ est la composée

sθ = rθ ◦ s

où s est la réflexion de droite fixe V ect(e1 ):

s(e1 ) = e1 , s(e2 ) = −e2 .

2
 
1 0
On peut faire mieux: Sθ2 = , i.e. c’est la matrice d’une symétrie orthogonale. Etant
0 1
annulée par le polynôme simple X 2 − 1, Sθ est diagonalisable de valeurs propres λ1 , λ2 ∈ {1, −1}.
Comme λ1 λ2 = det(Sθ ) = −1, ses valeurs propres sont 1 et −1. sθ est donc une réflexion plane.
Reste à trouver la droite fixe, i.e. un vecteur propre de sθ de valeur
  propre 1.
1 0 1
Il y a 2 cas immédiats: si θ = 2nπ, Sθ = et e1 = convient. Si θ = (2n + 1)π,
    0 −1 0
−1 0 0
Sθ = et e2 = convient.
0 1 1    
x0 x0
Pour le cas général, on peut chercher x0 e1 + y0 e2 tel que Sθ = mais on peut aussi
  y 0 y0
x
(c’est plus direct) observer ceci: pour tout ,
y
           
x x x 2 x x x
Sθ ( + Sθ ) = Sθ + Sθ = Sθ + ,
y y y y y y
   
x x
i.e. s’il n’est pas nul, + Sθ est vecteur propre de Sθ de valeur propre 1.
y y
Pour θ 6∈ πZ,
cos( θ2 )
       
1 1 1 + cos(θ) θ
+ Sθ = = 2cos( ) ,
0 0 sin(θ) 2 sin( θ2 )
i.e. sθ est la réflexion plane de droite fixe V ect(cos( θ2 )e1 + sin( θ2 )e2 ).

(b) On a det(sθ ◦ sϕ ) = det(sθ )det(sϕ ) = 1. Par la remarque de la question 2, sθ ◦ sϕ est une


rotation.
Si rψ est une rotation, alors pour toute réflexion sθ , det(sθ ◦ rψ ) = −1; c’est donc une réflexion, i.e
il existe ϕ tel que sθ ◦ rψ = sϕ , d’où (car s2θ = id)

rψ = sθ ◦ sϕ .

Toute rotation plane est donc la composée de 2 réflexions planes.

Rappel: soit (E, h , i) un espace euclidien de dimension 3 et f ∈ O(E) un endomorphisme orthogonal


de E. Par les exercices 8 et 9 , on sait que f admet une valeur propre réelle λ ∈ {1, −1}.
Il y a deux cas: det(f ) = 1 (exercice 8) et det(f ) = −1 (analogue à l’exercice 8).
Si det(f ) = 1, 1 est valeur propre de f .
Soit e1 ∈ E de norme 1 tel que f (e1 ) = e1 . Alors pour toute base orthonormée (e1 , e2 , e3 )
complétant e1 , e⊥ ⊥ ⊥ ⊥ ⊥
1 = V ect(e2 , e3 ) et f (e1 ) = e1 . La restriction f| : e1 → e1 est un endomorphisme
orthogonal de déterminant 1, c’est donc une rotation plane. La matrice R de f dans la base
(e1 , e2 , e3 ) s’écrit  
1 0 0
R =  0 cos(θ) −sin(θ)  ,
0 sin(θ) cos(θ)
pour un réel θ. On dit que f : E → E est une rotation d’axe ∆ = V ect(e1 ) et d’angle θ. Observer
que l’angle est tel que tr(f ) = tr(R) = 1 + 2cos(θ).

3
Si det(f ) = −1, −1 est valeur propre de f . Si e1 ∈ E, de norme 1, est vecteur propre de f de
valeur propre −1, alors dans toute base orthonormée (e1 , e2 , e3 ) complétant e1 , la matrice S de f
s’écrit     
−1 0 0 −1 0 0 1 0 0
S =  0 cos(θ) −sin(θ)  =  0 1 0   0 cos(θ) −sin(θ) 
0 sin(θ) cos(θ) 0 0 1 0 sin(θ) cos(θ)

pour un réel θ. f est donc la composée d’une réflexion de plan fixe e⊥


1 et d’une rotation d’axe
∆ = V ect(e1 ). Observer qu’ici tr(f ) = tr(S) = −1 + 2cos(θ).

Dans les deux cas, les éléments caractéristiques de f sont V ect(e1 ) et θ.

Exercice 11.
 
7 4 4
1
A=− −4 8 −1  .
9
4 1 −8

C’est un calcul: t AA = I3 , i.e. A ∈ O3 (R) et


 det(A)
 = 1. A  est donc
 la matrice
 d’une rotation
x0 x0 x0
d’axe ∆ porté par tout vecteur (normé) e1 =  y0  tel que A  y0  =  y0  . La résolution de
 z 0 z0 z0
1
ce système donne (au signe près) e1 = √117  0  .
−4
L’angle θ satisfait à 1 + 2cos(θ) = tr(A) = − 97 , i.e. cos(θ) = − 98 .

Exercice 12.
 
a2 + 2b2 2ab + b2 2ab + b2
1. La matrice A est orthogonale ssi I3 = AA = A =  2ab + b2
t 2
a2 + 2b2 2ab + b2  , i.e. ssi
2ab + b2 2ab + b2 a2 + 2b2
2 2
1 = a + 2b et 0 = b(2a + b).
Si b = 0, alors a = ±1 et A = ±I3 .
 
1 −2 −2
Si b = −2a, alors a = ± 13 et A = ± 13  −2 1 −2  .
−2 −2 1
2. Pour A = ±I3 , f = ±idE .
 
1 −2 −2
Pour A = 13  −2 1 −2 , det(A) = −1. f est donc la composée d’une réflexion et d’une
−2 −2 1
rotation d’axe.
Voici les éléments caractéristiques:
 
1
Pour l’axe: e1 = √13  1  est tel que Ae1 = −e1 .
1
Pour l’angle: −1 + 2cos(θ) = tr(A) = 1, i.e. cos(θ) = 1 et θ ≡ 0 modulo 2π.

4
Dans la base orthonormée
     
1 1 1
1 1 1
(e1 = √  1  , e2 = √  0  , √  −2 )
3 1 2 −1 6 1

la matrice S de f s’écrit  
−1 0 0
S= 0 1 0,
0 0 1
i.e. f est la réflexion de plan fixe V ect(e2 , e3 ).
 
1 −2 −2
Pour A = − 31  −2 1 −2 , il suffit de changer les signes: det(A) = (−1)3 (−1) = 1 et dans
−2 −2 1
la même base (e1 , e2 , e3 ), la matrice R de f s’écrit
 
1 0 0
R =  0 −1 0  ,
0 0 −1
 
1
1  
i.e. f est le demi-tour d’axe porté par e1 = 3 1 .√
1

Exercice 13.  
3 0 −3
L’endomorphisme u est auto-adjoint car A =  0 3 1  est une matrice symétrique.
−3 1 0
On sait (cf cours) que tout endomorphisme auto-adjoint d’un espace euclidien est diagonalisable
dans une base orthonormée B. La matrice P de passage de la base canonique à B est alors une
matrice orthogonale (P −1 = t P ). On a donc

A = P DP −1 = P D t P

avec D la matrice diagonale des valeurs propres de u.


Pour diagonaliser, on suit les étapes habituelles:
1) polynôme caractéristique χA (X) = det(A − XI3 )
2) racines λ de χA (X)= valeurs propres de A
   
x x
3) sous-espaces propres Eλ de A de valeur propre λ = solutions de l’équation A  y  = λ  y  .
z z
Voici ce que j’obtiens:
1) χA (X) = (3 − X)(X 2 − 3X − 10)
2) χA (X) = (3 − X)(X + 2)(X − 5), i.e. les valeurs propres sont 3, −2, 5.
3)      
1 3 −3
E3 = V ect( 3 ), E−2 = V ect( −1 ), E5 = V ect( 1 ).
0 5 2

5
Ces sous-espaces sont (comme il se doit) deux à deux orthogonaux. En choisissant une base
orthonormée B de vecteurs propres de A (i.e. en normant les 3 vecteurs ci-dessus), la matrice de
passage P de la base canonique à B est orthogonale et
 
3 0 0
A = P  0 −2 0  t P.
0 0 5

Exercice 14.
Je vous laisse cet exercice calculatoire.
Exercice 15.
On suppose (E, h , i) euclidien de dimension n ≥ 2.
On fixe a ∈ E de norme 1 et un réel k, et on s’intéresse à l’endomorphisme
f : E → E : x 7→ x + khx, aia.
1. On doit vérifier hf (x), yi = hx, f (y)i pour tout (x, y) ∈ E 2 :

hf (x), yi = hx + khx, aia, yi


= hx, yi + khx, aiha, yi
= hx, y + kha, yiai
= hx, f (y)i.

2. Notons Eλ le sous-espace propre de valeur propre λ.


Si k = 0, f (x) = x pour tout x ∈ E, i.e. E = E1 .
Supposons k 6= 0. On observe que pour x ∈ E, f (x) = x ssi hx, ai = 0, i.e. E1 = a⊥ (de dimension
n − 1).
Comme on sait que deux sous-espaces propres (d’un endomorphisme autoadjoint) pour des valeurs
propres distinctes sont orthogonaux, l’autre sous-espace propre de f doit être V ect(a):
f (a) = a + kha, aia = a + ka = (1 + k)a,
i.e. V ect(a) = E1+k .

Exercice 16.
On fixe A ∈ Mn (R) et on considère l’endomorphisme
Φ : Mn (R) → Mn (R) : M 7→ t AM A + AM t A.
Pour vérifier hΦ(M ), N i = hM, Φ(N )i, on se sert de tr(BC) = tr(CB) et t (BC) =t C t B.
On a
hΦ(M ), N i = tr(t Φ(M )N )
= tr(t (t AM A + AM t A)N )
= tr((t A t M A + A t M t A)N )
= tr(t A t M AN ) + tr(A t M t AN )
= tr(t M AN t A) + tr(t M t AN A)
= tr(t M Φ(N ))
= hM, Φ(N )i.
Comme tout endomorphisme auto-adjoint, Φ est diagonalisable.

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