Évolution des relations internationales modernes
Évolution des relations internationales modernes
Introduction
Création :
La discipline « Relations internationales » dérive à la fois de l’histoire diplomatique et du droit international, au même
titre que la science politique se situe dans le prolongement de l’enseignement du droit public. Comme la science
politique est devenue une discipline autonome, les relations internationales constituent désormais une branche de
cette dernière et se sont progressivement dégagées de l’histoire et du droit.
⇨ construire des grilles de lecture alternatives organisant la complexité des phénomènes internationaux
⇨ Première chaire spécialisée fut ainsi créée en 1919 à l’Université du Pays de Galles
Philosophes de lumières : Jean-Jacques Rousseau, Hobbes, Machiavel, Thucydide recherches sur l’« international»,
Inventeur du terme : 1780 Jeremy Bentham.
Legiste: Philippe le Bel « souveraineté », jurisconsultes des XVIIe, XVIIIe siècles « droit naturel» = « droit des gens ».
L’apport de ces auteurs ne saurait être négligé et influença durablement la discipline nais-sante.
les relations internationales se constituèrent en domaine autonome de recherche sous l’effet de trois facteurs :
o Première Guerre mondiale : destruction du mythe de la « mission civilisatrice » de l’Occident. =>réflexion sur
les causes de la guerre, les conditions d’établissement d’une paix durable polarisèrent la discipline naissante
o Transformations des mécanismes d’équilibre de l’Europe du XIXe siècle : renoncer à l’analyse des seules
causes historiques de la guerre. ( vision plus sociologique)
o Refus des États-Unis de tenir leur rôle : réflexion plus générale sur le rôle de la puissance et sur les finalités
de l’action diplomatique.
⇨ Jean baptiste Duroselle : Relations internationales abordées avec des méthodes distinctes de l’histoire
diplomatique et du droit international dont la vision descriptive ou normative ne permettait pas d’appréhender la
totalité des facteurs à l’œuvre dans la vie internationale.
⇨ La nouvelle discipline fut dissociée de la politique interne : à l’ordre régnant à l’intérieur des États fut opposé le
désordre « naturel » observable dans la « jungle » internationale. ( Hobbes )
Morgenthau : 1848 struggle for life : => les écrivains et auteurs qui s’y intéresse ont une approche stato- centré, seul
l’Etat est en mesure de contrôler les désordres internes et externe
Bodin : 1576 les six républiques, état souverain qui enlève la violence des factions
Dans un second temps, l’Etat va apprendre à cohabiter avec ses voisins/ l’état a le monopole de la violence légitime
mais qui doit être raisonnable, a pour but de délégaliser l’utilisation de la violence.
⇨ Les relations internationales sont donc une étude des Etats en guerre permanante pour leur survie
ou/et leur puissance
⇨ Les Relations Internationales étudient les relations internationales
o Echec de la discipline pour expliquer les changements brutaux des années 1989-1990 : incapables d’anticiper
un choc d’une violence.
o La distinction entre l’ordre interne et le désordre extérieur : l’URSS s’est disloquée par implosion.
o L’ordre supposé régner à l’intérieur des États s’avérait purement théorique.
o L’anarchie prétendue tempérée par la coopération et la multiplication des règles du droit international.
La transformation de la violence : Petterson « organized violence 1989-2020 »(journal peace reschearch 2019)
o Considérable réduction de la violence entre Etat : une seule guerre interétatique était en cours en 2013 Ex :
La remise du prix Nobel de la paix aux Casques bleus en 1988, 56 conflits armés dont 8 qui ont atteint
l’intensité de guerre ( 1000 morts par an et 1000 hommes mobilisé)
o Conflits de l’après-guerre froide : fin du principe de non-ingérence (justifier la non intervention en 2013 en
Syrie). Apparition de la guerre asymétrique ( guerre révolutionnaire théorisée par Mao-Zedong ) et le
sentiment d’insécurité dû à l’internationalisation de ces conflits intérieurs
o Paradoxe : Amiral dufourcq perversion anxiogène du discours stratégique. Olé Hueber « il faut désécuriser
les problèmes » Il y a tellement de facteur de sécurité ou plutôt d’insécurité que l’on a l’impression de vivre
dans un monde très dangereux. La perception de l’environnement a changé.
o Contexte : surgit en même temps que la fin de la GF en 1900 fin d’après Paul Berok après une interruption
des échanges durant la 1e et 2e GM A la fin de la GF, prise de conscience d’un nouveau temps mondial (Zachary
Caidi).. Tout est une question de perception (90 pourcents des pays sont intégrés à la triade) o Relations
transfrontalières qui tendaient à échapper au contrôle des États.
o Modification de la place de l’Etat central : Les acteurs secondaires, n’étaient pas en mesure de contester à
l’État sa primauté. Ils disposent désormais d’un plus grand nombre d’opportunités pour échapper à la tutelle
étatique.
o Nouveaux éléments de régultation : uniquement politique avant. => dissociation entre les domaines relevant
de la haute politique et les domaines plus quotidiens en concurrence avec d’autres priorités ( Stanley
Hoffmann entre la high politics et la low politics) . => choc de logiques concurrentes
⇨ L’analyse classique supposait que toutes les tensions pouvaient se résoudre par l’intervention du
politique, qui imposait un cadre de pensée uniforme. Cette primauté du politique est contestée à
présent par les capacités d’acteurs tiers, qui sont en mesure d’imposer leur propre logique de
fonctionnement ou de récuser l’intervention des États qui doivent tenir compte des stratégies
d’évasion et d’évitement des autres acteurs
o La césure classique entre l’interne et l’externe : pas s’interroger sur la nature même de l’État. o Théorie
réaliste : tous les États, quelle que soit leur forme ou leur taille, remplissaient les mêmes fonctions
internationales. => toute autorité politique souveraine.
L’approfondissement de l’intégration européenne (apparition d’une nouvelle entité politique qui ne s’intégrait dans
aucun des schémas classiques d’analyse) et l’analyse du processus décisionnel des différents Etats remetten en cause
ces théories . Or, si l’on ne détruit que ce que l’on remplace, il convient donc aujourd’hui de considérer que, pour la
première fois, les tenants de la thèse ancienne du « dépérissement de l’État » disposent d’une alternative crédible.
⇨ intérêts divergents des administrations au sein même de l’État et l’influence grandissante des experts
brisèrent ce principe d’unité.
⇨ La collectivité nationale ne se réduit plus à un acteur individuel (l’État) poursuivant un objec-tif
rationnel défini en termes d’intérêt général.
L’évolution actuelle des études internationales conduit donc à ouvrir la boite noire de l’État, pour tenter de
comprendre le mode d’élaboration des décisions. Cette « désessentialisassions » de l’État aboutit donc à remettre en
cause la possible utilisation du modèle rationnel pour comprendre le comportement de l’État à l’extérieur et
débouche sur l’idée que la diplomatie doit être considérée comme une politique publique comme les autres. Ce qui
conduit d’ailleurs un auteur réaliste comme Kenneth Waltz à considérer que l’étude de la politique extérieure des
États ne fait plus systématiquement partie du champ des études internationales.
Le droit international n’atteignait quasiment jamais l’individu. Mais maintenant c’est la finalité de l’action
internationale, la finalité du politique. L’homme a des droits opposables à l’Etat. La mondialisation est une
transformation radicale de la manière de concevoir la discipline des relations interantionales.
On ne peut ignorer la possibilité d’un retour des guerres majeures sous prétexte de se foncaliser sur les
problématiques environnementales
On ne peut ignorer le risque écologique sous prétexte de se focaliser sur le contrôle de la violence des Etat
La scène interétatique fut ainsi longtemps confondue avec l’ensemble des relations internationales.
⇨ Relation internationale : la nécessité d’organiser la coexistence des États « une mutuelle de garanties
des souverains » (Mario Bettati) : son caractère obligatoire se heurta dès ses origines à la difficulté
de sanctionner une infraction à des règles établies par consentement mutuel des États.
Cette contradiction du droit permit aux premières théories des relations inter- nationales d’opposer l’ordre interne –
où le manquement à la loi est assorti d’une sanction – au désordre international provoqué par la liberté des États de
se faire justice eux-mêmes.
⇨ Cette menace constante d’un recours à la force conduisit Raymond Aron à considérer que la
spécificité des relations interétatiques résidait dans « la légalité et la légitimité du recours à la force
armée ».
Cette définition, qui remonte au début des années 1960, doit être corrigée. Il convient tout d’abord de rappeler que l’affirmation de la
légalité et de la légitimité de la guerre est tout à fait contestable au regard du droit international. Celui-ci peut, en outre, être assorti de
sanctions : responsabilité des États, mesures coercitives du chapitre VII de la Charte des Nations unies, répression des crimes contre
l’Humanité...
⇨ Nouveaux espaces de compétitions : cyber, extraatmosphérique, normes, information et communication, terre, mer,
air
⇨ Changement des normes internationales : non-ingérence à nécessité de justifier la non-intervention ⇨
Multiplication et autonomisation accrue des acteurs transnationaux.
⇨ Etat contesté par le haut (mondialisation ) et le bas ( relocalisation des identités N. Elias )
Il existe d’autres moyens que la guerre pour permettre aux États d’atteindre leurs objectifs : le tissu des coopérations internationales
acceptées par les nations pour optimiser leurs intérêts entrave leur liberté juridique de recourir à la guerre. Il en résulte que les 75
nations ont souvent plus à perdre qu’à gagner à faire usage de leur force.
Réalistes libéraux (Charles Glaser) : Cette interdépendance croissante conduit les États à privilégier l’échange au repli sur soi et partant,
la concertation à l’affrontement. Instrument de cette limitation consentie du pouvoir de chaque État, la souveraineté doit dès lors être
envisagée comme le principe d’organisation de la scène interétatique.
Il en résulte que, dans la perspective réaliste, l’État est considéré comme le principal acteur international, puisqu’il permet de
structurer les relations internationales à partir d’un langage commun, fondé sur la poursuite d’objectifs similaires
CHAPITRE 1
Introduction
La souveraineté a longtemps été sacralisée par les premières doctrines des relations internationales. Celles-ci la
présentaient comme un absolu (revendication des legistes francais comme lebel contre les ingérences du Pape,
théorie de Bodin) alors que les nécessités de la vie internationale imposent de la considérer comme un concept relatif
et conditionnel (Hobbes, Locke et conception réaliste) .
o À l’intérieur commandement : obligation d’assurer la sécurité de la population et ses pouvoirs sont soumis
aux lois de l’État.
o À l’extérieur consentement : les droits de l’État sont conditionnés par le respect de ses obligations et par la
prise en compte des droits des autres États. Acteur sans maître, l’État n’est pas libre de s’affranchir de toute
règle.
Maurice Flory La souveraineté doit ainsi être considérée comme un paradoxe permanent :
o Chaque fois qu’elle énonce un principe abstrait (égalité souveraineté des États, non-ingérence...), celui-ci est
aussitôt accompagné d’exceptions et de restrictions, posées aussi bien par la pratique diplomatique que par
la théorie juridique.
o elle signifie à la fois exclusivité, autonomie et plénitude, tout en évoluant avec les transformations de l’État,
son support
Ce principe juridique permit de définir les caractéristiques de l’État moderne, qui se substitua progressivement aux
anciennes formes d’organisation politique (tri- bus, cités, empires...).
ELEMENTS CONSTITUTIFS
Elle n’est pas un temple grec. Les piliers de les souveraineté sont plus des bambous capables de résister à des vents
extrêmement fort en raison de sa souplesse.
1. La population : citoyenneté et nationalité
La population est le premier élément constitutif d’un pouvoir souverain. La relation unissant la population à l’État
s’explique à la fois par des considérations d’ordre interne et d’ordre externe :
Plan interne
❖ Citoyenneté et nationalité
Pacte social : La population créé l’État. Celui-ci aurait Le lien privilégié unissant chaque individu à l’État
ensuite élaboré les règles de droit indispensables à la vie Plan externe
en société. De cette lecture découle la primauté de l’État
sur la société civile : les pouvoirs de l’État sont dans ce cas
particulièrement étendus. Un peuple n’existe en effet que par l’intermédiaire de
l’État qui lui permet de revendiquer le droit à une
Conception opposée : la société civile se serait constituée
existence autonome.
avant l’État. Celui-ci correspondrait en fait à un mode
d’organisation plus élaboré de la vie sociale sans pour Ex : Claude Nigoul et Maurice Torrelli: le peuple est à l’État
autant être en situation de domination hégémonique. « ce que la chrysalide est au papillon :
Dans cette seconde perspective, les pouvoirs de l’État sont
plus restreints. L’existence d’États pluriethniques rappelle que le peuple
préexiste à l’État et dispose donc de droits en dehors de
=>l’État n’est pas autorisé à faire un usage arbitraire de ses ceux que lui accorde l’État.
pouvoirs qui dépendent de ses capacités à assurer la
sécurité de la population. => la complémentarité de l’État et du peuple.
Sur le plan intérieur : la citoyenneté est l’instrument qui permet à chacun de faire valoir ses droits politiques. Ces
droits ont en contrepartie des devoirs, dont les manquements sont sanctionnés par la justice de l’État. C’est donc
la citoyenneté qui permet la vie en société sous la tutelle de l’autorité publique.
Sur le plan extérieur : la nationalité permet à chaque individu de bénéficier à l’étranger de la protection
diplomatique de son État d’origine.
NB : L’absence d’une telle protection est si lourde de conséquences que le droit international s’est très tôt employé à
procurer aux personnes sans nationalité (apatrides) l’équivalent de ces garanties (passeport Nansen).
❖ Evolution des concepts
Les États n’ont pas nécessairement la même conception de la nationalité (droit du sol et droit du sang) et de la
citoyenneté. Ces conceptions peuvent, pour un même État, évoluer dans le temps.
⇨ justifier sa légitimité de faire usage de « son droit à avoir le droit de commander » (Olivier Beaud).
Le territoire est le deuxième élément constitutif de l’État. C’est le domaine de compétence où s’exerce l’autorité de
l’État, où ses lois s’appliquent. Au nom de l’« exclusivité de la compétence territoriale », l’État est en droit de refuser
toute ingérence extérieure pour exercer pleinement ses pouvoirs. Deux phénomènes connexes contribuent à
structurer la vie internationale autour du territoire :
o Prend sa mesure par rapport à l’extérieur : l’État assure pleinement et seul ses fonctions régaliennes
(sécurité, justice, défense, diplomatie).
o « exclusivisme territorial » (C. de Visscher) : l’É détermine les modalités d’accès et de sorties de son territoire
o Concurrence par les initiatives privées : immigration clandestine, contrebande...
o Conditionné par les conventions internationales. la convention de Schengen, l’Organisation internationale du
commerce
NB : La conférence sur la sécurité et la coopération en Europe s’attacha à promouvoir la libre circulation des idées.
⇨ Ce partage de la compétence territoriale impose de considérer que l’État ne dispose donc, sur son
territoire, que d’une exclusivité principale et provisoire (Jean-François Guilhaudis).
La relativité des pouvoirs territoriaux de l’État transparaît dans la fluidité de la notion de frontière, tant au regard
de l’histoire que du droit.
Frontière : un concept qui prend une signification différente en fonction des époques.
Pauvreté des régions périphériques : défaite de Carthage, limes de l’Empire romain /L’édification de la Grande
Muraille de Chine
Richesse des régions frontalières : Moyen Âge vouées à l’échange : la construction de places fortes périphériques
s’imposa pour compenser sur le plan politique la perméabilité des frontières aux échanges commerciaux (Vauban).
La mobilité des hommes s’avéra plus réduite que la libre circulation des marchandises.
Celle-ci borne artificiellement un territoire qui peut se modifier (cession ou acquisition, décolonisation...).
=>principe d’inviolabilité de la frontière (interdiction de la modifier par des moyens contraires au droit
international) et non d’intangibilité, (glaciation de toutes les frontières).
Chaque État détermine librement ses institutions. Ce pouvoir de s’organiser librement découle de deux principes : le
droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le devoir de non-ingérence. Ces principes énoncent des prescriptions
impératives, que la théorie et la pratique infirment cependant quotidiennement.
Art 1 pacte sur les droits civils et politiques du 16 décembre 1966: Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux
mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur
développement économique, social et culturel
⇨ A priori, la collectivité internationale ne pose pas la question de la légitimité ou légalité d’un pouvoir
établi
Ce principe souffre pourtant de nombreuses exceptions. Il peut arriver que la nature d’un régime soit condamnée par
la collectivité internationale (cas de l’apartheid). Il existe également des règles impératives – telles l’interdiction de
l’esclavage ou l’interdiction de discrimination raciale – qui justifieraient une intervention internationale en cas de non
respect.
La reconnaissance
« La reconnaissance est l’acte par lequel un État admet qu’une situation de droit ou de fait lui est opposable » (S.
Bastid).
L’existence d’un nouvel État ou événement majeur : une autorité publique exerce un pouvoir effectif à l’égard d’une
population vivant sur un territoire déterminé, Changement de gouvernement, modification de frontières,
gouvernement en exil, mouvement de libération nationale...
⇨ L’existence politique d’un État est indépendante de sa reconnaissance par les autres États (cas d’Israël
ou de Taïwan).
⇨ La reconnaissance permet néanmoins à un État de se prévaloir de l’ensemble des prérogatives
internes et externes de la souveraineté.
En décembre 1991, la commission Badinter élabora par exemple une liste de cinq conditions pour la reconnaissance
par l’Union européenne des États nés de la partition de l’URSS et de la Yougoslavie : respect de la démocratie, des
droits de l’homme et des minorités, inviolabilité des frontières, règlement pacifique des différends et acceptation des
accords de désarmement.
⇨ Porter sur une situation conforme aux règles de transformation de la vie internationale.
❖ Le principe de non-ingérence
l’article 2 § 7 de la Charte des Nations unies: « aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations
unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ».
Cependant, si la non-intervention est la règle, le droit international s’emploie autant à protéger les États contre toute
intervention extérieure qu’à créer des passerelles pour franchir le barrage de la souveraineté en cas de manquement
grave aux règles de la vie internationale.
⇨ Le droit international organise ainsi une possibilité d’ingérence dans les deux cas de menace contre la
paix ou de non-respect des droits de l’homme.
Exemples pratique
Un État souverain peut être sous influence politique : protectorat (protectorat français sur le Maroc et sur la Tunisie
jusqu’en 1956) ou encore, d’État satellite (les pays de l’Est dans le cadre du pacte de Varsovie durant la guerre froide).
Une dépendance économique : plans d’ajustement structurel, imposés aux pays endettés par les organismes
financiers internationaux.
PREROGATIVES INTERNATIONALES
Le développement du droit international met à jour le caractère dual de la souveraineté. Le principe de
commandement qu’elle organise à l’intérieur se transforme en principe de consentement dans les relations de l’État
avec l’extérieur : l’État « n’est subordonné à aucun autre membre de la communauté internationale ; par contre, il
est soumis directement au droit international » (Nguyen Quoc Dinh, Patrick Daillier et Alain Pellet, Droit international
public, LGDJ, 7e éd., 2002).
L’égalité juridique des États est affirmée dans l’article 2, § 1 de la Charte des Nations unies qui dispose que «
l’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses membres ». Les États ont un droit égal de
participer à la vie internationale et d’apprécier les situations qui les concernent.
De conclure traités et responsabilité des autres
Le droit international reconnaît ainsi à accords et la faculté de
tout État le droit :
⇨ Cette égalité place les États les plus puissants et les plus faibles sur un pied d’égalité théorique.
Comme dans la vie sociale, cette égalité affirmée se heurte à de nombreuses inégalités de fait qui tiennent à la
puissance disponible, aux capacités de résister aux pressions extérieures, au pouvoir d’influence, aux soutiens
internationaux...
L’égalité souveraine des États énonce le principe juridique, l’indépendance mesure sa relativité. Ces deux termes sont
souvent confondus. En 1928 par exemple, Max Huber considérait dans une célèbre sentence arbitrale que « la
souveraineté dans les relations entre États signifie l’indépendance » (affaire Île des Palmes). L’année précédente, la
CPIJ avait également assimilé l’indépendance à la souveraineté dans l’arrêt Lotus.
L’indépendance est un terme qui signifie une intention de se passer des autres, mais le monde étant ce qu’il est, si
petit, si étroit, si interférant avec lui-même, l’indépendance réelle (...) n’appartient en vérité à personne... Mais la
souveraineté internationale signifie quelque chose, elle signifie beaucoup. Elle signifie qu’un peuple prend dans le
monde ses responsabilités lui-même. Elle signifie qu’il s’exprime pour lui-même, par lui-même, et qu’il répond de
ce qu’il dit, et qu’il répond de ce qu’il fait .
D’un point de vue politique, l’indépendance et la souveraineté recouvrent deux réalités différentes.
Robert Jackson :
« la souveraineté positive » : capacité d’un État d’être maître de son destin, en assurant la continuité des services
publics.
« la souveraineté négative ». : États nés de la décolonisation qui n’ont pas été capables de créer des structures
politiques et sociales suffisamment stables pour leur permettre de s’insérer dans la compétition internationale (les
quasi states). Ces faiblesses les autorisent alors à revendiquer un statut dérogatoire au droit international et les
exemptent de respecter toutes les obligations de la vie internationale.
2. Réciprocité et équité
Le principe de réciprocité est le corollaire du principe d’égalité. Les États sont censés se comporter de manière
symétrique les uns envers les autres. À ce titre, elle fournit un code de conduite global qui doit être amendé pour tenir
compte des situations particulières.
⇨ permet la prévention des crises et favorise la résorption des tensions entre États.
⇨ Robert Jervis : « le mécanisme permettant aux États d’accepter des concessions dans des
circonstances pourtant peu favorables à la collaboration »
⇨ L’équité « se présente comme un moyen d’atténuer l’application trop rigide du droit international »
(Daniel Colard).
Les relations commerciales
Le commerce international repose sur la règle de l’égalité de traitement. C’est la clause de la nation la plus favorisée
par laquelle une nation doit étendre à tous ses partenaires le bénéfice de l’arrangement le plus avantageux conclu
avec l’un de ses partenaires commerciaux.
L’inégalité de développement entre les États rend cependant difficile l’application de ce traitement uniforme :
accorder à un pays en voie de développement les mêmes conditions que celles accordées aux exportateurs
américains => l’égalité de traitement est donc contraire aux exigences de l’équité.
⇨ Statuts dérogatoires.
⇨ L’abaissement des droits de douane pour des quotas d’importation déterminés (système des
préférences généralisées dans les conventions de Lomé).
⇨ L’autorisation d’octroi de subventions publiques aux entreprises opérant sur les marchés
internationaux ;
⇨ La non-application immédiate des règles existantes en matière de protection de l’environnement...
CHAPITRE 2
Introduction
L’expansion du modèle étatique a permis de structurer les relations internationales en diffusant un langage commun
fondé sur les mêmes impératifs. Cherchant à maximiser leurs intérêts, définis en termes de puissance ou de sécurité,
les États sont ainsi exposés au risque constant d’un recours à la force. Les relations interétatiques trouvent leurs
origines dans les traités de Westphalie de 1648 puis dans la diffusion de l’État-nation à partir de la fin du xviiie siècle.
⇨ À la suite des travaux de James Rosenau : certains auteurs considèrent aujourd’hui que le monde
westphalien aurait vécu son apothéose durant la guerre froide et aurait disparu avec l’effondrement
du Mur de Berlin.
⇨ Néanmoins, une rapide progression du nombre des États dans les années qui suivirent la fin de la
guerre froide.
L’État apparaît comme une construction souvent « inadéquate » et pourtant toujours aussi « indispensable », selon la
formule de Karl Deutsch déjà cité.
L’expansion du modèle étatique (§ 1) permet ainsi d’organiser la vie internationale en fournissant aux acteurs de la
scène interétatique un critère commun d’appréciation des situations les concernant (§ 2. L’intérêt comme référent),
lequel favorise la définition d’un langage commun indispensable au dialogue (§ 3. La conduite diplomatico
stratégique).
L’expansion impériale des nations européennes a diffusé les pratiques politiques du Vieux Continent et son droit
public. À l’intérieur des États, il fournissait un cadre d’organisation politique et administratif, suffisamment souple
pour prendre en compte la diversité des expériences historiques et culturelles. À l’extérieur, il se présentait comme un
modèle pragmatique pour résoudre les contradictions existantes entre l’égalité affirmée des États et les inégalités de
fait.
L’État est ainsi associé à la modernité occidentale, il symbolise les valeurs universelles de la civilisation occidentale
(l’article 38 du statut de la Cour internationale de justice mentionne « les principes généraux du droit reconnus par les
nations civilisées ). Le droit public de l’Europe véhicule donc une conception philosophique de l’histoire (1 – Les traités
de Westphalie), qui s’incarne dans le modèle idéal de l’État-nation (2).
Ces traités mirent fin à la guerre de Trente Ans (1618-1648). Ils consacrèrent la disparition de l’ordre médiéval,
caractérisé par les interventions du Pape et du Saint-Empire romain germanique dans la vie intérieure des unités
politiques existantes.
La guerre de trente ans : L’affaiblissement des pouvoirs de Rome du fait de la Réforme et la contestation de la
prééminence impériale
1618 : Empereur d'autriche souhaitait attisée par l’intervention de la France de 1648 : fin de la guerre, traités de
rétablir son autorité sur les princes Louis XIII qui prit parti en faveur des Westphalies
protestants d’Europe centrale princes contre l’empire
⇨ Confrontation de deux systèmes de valeurs : ordre médiéval fondé sur l’universalité de la religion
catholique et sur la prééminence de l’empereur. vs la souveraineté d’États indépendants libérés de
toute tutelle supranationale.
Henry Kissinger La notion d’« intérêt national » exprimée par la « raison d’État » et le principe de l’« équilibre des
puissances » constituèrent la clé de voûte de la nouvelle organisation internationale liés entre eux.
I ETAT NATION
Dans une seconde étape, la diffusion du modèle de l’État-nation a contribué à consolider la légitimité de l’État.
Contrairement à d’autres formes de regroupements (clans, ethnies...), l’État n’est pas un phénomène naturel. Cette «
création de l’esprit » (Georges Burdeau) a consolidé son assise en devenant l’expression d’une conscience nationale.
• porté à son apogée la revendication d’émancipation des peuples d’Europe centrale et orientale par la
constitution d’États-nation. • la création de nouveaux États était liée à l’affaiblissement des empires
existants (empires austro-hongrois et russe).
Révolutions
démocratiques du milieu du xixe siècle • Dans le prolongement de ces révolutions, les traités de Sèvres et du Trianon consacrèrent l’État-nation
comme symbole de la démocratie.
2. La centralité de l’État
La permanence de l’État peut surprendre au vu des critiques dont il fit l’objet à la suite de ces vagues nationales.
Ex : Ainsi, le principe des nationalités, invoqué en 1918 pour partager les restes de l’Empire austro-hongrois et de
l’Empire turc, échoua avec la Société des Nations. Les nationalités supposées satisfaites ne devinrent pas
automatiquement démocratiques dès lors qu’elles se constituèrent en États.
Ex : Toujours au xxe siècle, la décolonisation se solda bien souvent par l’apparition d’États-prédateurs (collapsed
states, failed states, quasi states...)
Ex : La partition des fédérations soviétique et yougoslave s’accompagna de violences ethniques
Néanmoins il n’existe pas à ce jour d’autre source de légitimité politique. (Pierre de Senarclens)
Régulateur
⇨ la politique procède par crises successives ; elle a besoin de ces périodes de tension pour redéfinir la
légitimité de ses méthodes.
⇨ Cette capacité à retourner à son profit les situations qui pourraient l’affaiblir contribue de ce fait à la
permanence de l’État
« Tout ordre international, écrivait Raymond Aron, est essentiellement territorial. Il consacre (...) le compartimentage
de l’espace ». Espace de liberté pour les nations, le territoire peut parfois se transformer en prison pour les peuples :
par exemple, les Kurdes sont partagés entre cinq pays qui refusent de reconnaître leur droit à l’autodétermination.
Ces évolutions peuvent suggérer, dans l’après-guerre froide, une possible fin des territoires, qui participerait à la
déterritorialisation des relations internationales (B. Badie).
❖ La crise de l’État-nation :
Exportation du modèle étatique dans des aires culturelles où l’expérience des nations européennes n’était pas
transposable.
⇨ L’indépendance des peuples colonisés = tracer des frontières sur la base des anciennes délimitations
administratives. ( règle de l’uti possidetis juris)
⇨ Ce principe fut repris en 1963 par la charte de l’Organisation de l’unité africaine. De nombreux peuples ont ainsi
été divisés par les nouvelles frontières (Kurdes), alors que d’autres ont été contraints de cohabiter à l’intérieur
d’un même espace.
⇨ La partition ou le regroupement autoritaire d’ethnies a donc été plus souvent source de turbulences que de
pacification.
L’universalisation du modèle étatique avait ensuite été justifiée en référence à une conception très idéalisée du
territoire national.
Idéalement : vocation à devenir un espace de liberté pour toutes les populations réunies à l’intérieur des mêmes
frontières.
L’entre-deux-guerres : « les nationalités satisfaites » par la constitution des nouveaux États d’Europe centrale ne
partageaient nullement cette conception universaliste. Ces États devinrent l’instrument d’oppression des groupes
minoritaires (Croates en Yougoslavie). La décolonisation dans les pays du tiers-monde puis la partition de l’Union
soviétique amplifièrent cette tendance à la réappropriation du territoire par les communautés ethniques. Les
revendications territoriales, qui avaient cessé d’être un facteur de déstabilisation à la suite de la condamnation
des guerres de conquête, redevinrent un facteur de désordre.
❖ Impact de la mondialisation
Manifestation de la crise de territoires devenus trop étroits du fait de la mobilité des marchandises, des capitaux,
mais aussi des hommes et des idées. À la géographie des territoires, se superpose désormais une géographie des
réseaux caractérisée par l’absence de centre, la rétractation de l’espace, la mobilité des acteurs et la fluidité des
courants d’échanges.
⇨ conteste la prétention de l’État à imposer une partition territoriale de l’espace conçue selon un
modèle uniforme.
Paradoxalement, cette contestation trouve ses origines dans une perception univoque d’une souveraineté supposée
absolue, exerçant une autorité incontestée sur un territoire envisagé selon une conception uniforme. Cette conception
de la souveraineté résiste mal à l’observation des prérogatives territoriales de l’État
Le sentiment d’appartenance à une communauté se fonde autant sur le besoin de solidarité que sur l’opposition à
l’Autre qui habite par-delà la frontière. Ainsi que l’écrit Maurice Duverger, « parmi tous les groupements humains,
la communauté nationale est aujourd’hui la plus forte, celle où les liens de solidarité sont les plus intenses ».
Ces doctrines avaient été présentées comme l’alternative la plus globale au repli nationaliste des « peuples
détritus » dont parlait Karl Marx. L’internationalisme prolétarien devait se substituer aux solidarités nationales.
Or, non seulement les pays socialistes se trouvèrent dans l’obligation de recourir au sentiment national pour faire
face aux dangers extérieurs (la citadelle assiégée de Lénine en 1920) mais le nationalisme fut également le levier
le plus efficace pour ébranler ces régimes totalitaires.
Dans le tiers-monde, enfin, les indépendances furent négociées par des mouvements progressistes qui se
refusaient à calquer strictement les modèles nationalistes des anciennes métropoles (« Décidons de ne pas imiter
l’Europe ! » proclamait Franz Fanon, l’un des hérauts du mouvement de décolonisation). De multiples projets
politiques tentèrent donc de dépasser la phase transitoire des États nouvellement créés en vue de former des
associations sur des bases territoriales élargies : non-alignement, panafricanisme, panislamisme, panarabisme,
afro-asiatisme...
Critique de L’œuvre de Hobbes l’État n’est plus une totalité parfaite qui ne peut mal faire.
=>justification au despotisme, qui retournerait la force Le « dilemme de l’État faible » Kalevi Holsti : L’État faible est
de la puissance publique contre le peuple. pris dans un cercle vicieux. Il n’a pas les capacités de créer une
légitimité en offrant sécurité et autres services. Dans ses
=> il existe également d’autres formes de contrainte tentatives pour acquérir cette force, il adopte des pratiques
(économique par exemple) que l’État contrôle prédatrices et cleptomanes, comme il se joue ou exacerbe les
=> « le dilemme de sécurité », John Herz en 1951 : en tensions sociales existantes entre les myriades de
augmentant son potentiel de défense, un État devient communautés qui constituent la société. Tout ce qu’il
une menace pour ses voisins, qui peuvent être conduits entreprend pour devenir un État fort perpétue en fait sa
à s’unir en vue de déclencher une guerre préventive. faiblesse ».
⇨ l’État n’est pas en mesure d’apporter une protection absolue contre la violence et doit être
considéré comme un simple rempart contre l’insécurité.
Trois éléments concourent à ce titre à conforter le rôle de la souveraineté dans le contrôle de la violence :
Une réaction à la violence du Moyen Âge « une loi tendancielle à la réduction de la •cherchent à déterminer si le régime
finissant force employée » démocratique est naturellement pacifique,
•Europe était déchirée par les guerres civiles •les conflits tendent à devenir moins
fréquents (Raymond Aron). •la guerre tend à perdre son utilité dans les
et les guerres de religion. •La rédaction des
relations des démocraties entre elles.
Six livres de la République de Bodin à la suite
du massacre de la Saint-Barthélemy. •=> •Emmanuel Kant : les États partageant les
•Rudolph J. Rummel (Death by Government, mêmes valeurs républicaines peuvent
l’ultime ligne de défense de la paix civile. 1994) : Le xxe siècle aurait ainsi provoqué,
accepter de renoncer à la violence dans
selon la mort de 36 millions de victimes dans
leurs rapports réciproques.
•Raymond Aron : seule la primauté du des guerres interétatiques, tandis que 169
politique permet « de freiner l’ascension aux millions d’hommes auraient été tués par
extrêmes, d’éviter que l’animosité n’explose leurs propres gouvernements (les •disparaître les conflits infra-étatiques,
en passion pure et en brutalité sans démocides de Rummel). empêcher les gouvernements de retourner
restriction ». leurs forces contre leurs propres
la pax democratica (M. Doyle) populations (la forme la plus meurtrière de
violence).
En résumé, ni les capacités d’adaptation au changement de la puissance publique, ni ses compétences territoriales, ni
ses attributs en matière de sécurité ne doivent être considérés comme des prédicats absolus, donnant à l’État une
parfaite maîtrise de son destin. Par ses abus de pouvoir, ou plus simplement du fait de ses carences, l’État ne peut
plus prétendre incarner l’universel et récuser toute critique.
Chaque nation souhaitant maximiser ses intérêts doit tenir compte des objectifs concurrents des autres nations. Il
importe dès lors de définir cet intérêt (A) avant d’envisager ses deux modes privilégiés d’expression à travers la
puissance (B) et la sécurité (C).
Comme l’intérêt avait servi de ferment au pacte social chez Hobbes, il peut également être utilisé comme le critère
ultime de décision des États dans leurs rapports réciproques. Cette conclusion, à laquelle se ralliaient de manière
unanime les premiers réalistes, doit aujourd’hui être infirmée pour à la fois du fait de « l’indétermination de la
conduite stratégique » et du fait de la remise en cause de la notion d’« intérêt général ».
o Une définition trop étroite de l’intérêt : purement matériels, => quantifié, et donc rationalisé. o Ex :
Une décision politique était alors jugée rationnelle quand son coût était inférieur au profit attendu. o « le
coût et le profit d’une guerre ne sont pas susceptibles d’une évaluation rigoureuse ». o Objectifs
matériels (l’accroissement de sa richesse) mais aussi immatériels (recherche de la puissance)
⇨ Des hommes acceptent de mourir pour des principes abstraits : la politique n’était jamais totalement
raisonnable.
L’organisation de la vie internationale ne pouvait donc découler de la seule confrontation des intérêts.
Richard Snyder : perfectionnements de l’analyse des processus décisionnels en matière de politique extérieure
o La représentation diplomatique : d’un monopole de l’E à une diplomatie multilatérale ( non fonctionnaires ) o
Ex : 1919 l’Organisation internationale du travail ( traité de Versailles) : les délégations nationales ( deux
délégués du gouvernement, un représentant des organisations patronales et un représentant syndical)
o l’analyse décisionnelle : est la seconde raison à la relativisation de la notion d’intérêt général. o Ex : Graham
T. Allison , comité spécial réuni par le président Kennedy lors de la crise de Cuba : âpre marchandage entre les
différentes administrations = rivalité primait sur la recherche de l’intérêt général, o
o les analyses constructivistes : caractère socialement « construit » des intérêts. (les intérêts des États peuvent
être conciliés sans confrontation obligatoire).
NB : Exemple de cuba a nuancé : le sens du service public (ou l’honneur) chez les acteurs de la crise de Cuba
contrebalançait les luttes d’influences + les travaux d’Allison sous-estimaient les capacités d’arbitrage du président.
2. La puissance, comme expression de l’intérêt national
Hans J. Morgenthau, « le principal critère du réalisme en politique internationale est le concept d’intérêt défini en
termes de puissance ».
⇨ La puissance a donc longtemps été considérée comme l’expression spécifique de l’intérêt national.
Les États n’ont pas les mêmes priorités. Cependant, les actions qu’ils entreprennent, dans des registres très divers de
la vie internationale, ont toutes pour but d’augmenter leur puissance.
• addition de critères : la nation ( + grande puissance) la géopolitique (cadre intellectuel pour penser la puissance à partir des ressources du territoire et du contrôle de l’espace)
• L’école réaliste américaine Hans Morgenthau : critères matériels (la géographie, les ressources naturelles, les capacités industrielles, la population) et des critères humains (le caractère national, le moral national, la
qualité de la diplomatie, l’état de préparation militaire).
distinguer la
puissance de la force
• plusieurs échiquiers distincts : échiquier politique (dominé par le politique et le militaire), échiquiers économique ou culturel (régis par
des règles autonome)s.
• Ces différents registres pouvaient se compléter, mais pouvaient tout aussi bien entrer en concurrence l’un avec l’autre.
• non-fongibilité et deterritorialisation de la puissance :abandonner le cadre national pour référent unique de la puissance.
• L’américain Joseph Nye : abandonner cette conception de la « puissance brute » (hard power) au profit d’une nouvelle forme adoucie de
la puissance (soft power) qu’il appelle encore « le pouvoir de persuasion » (co option). Support de la guerre du Vietnam
• cette définition tend cependant à exclure toute possibilité de recourir à la force, au motif que les interventions militaires des grandes
puissances seraient devenues inefficaces, parce que trop impopulaires. =>smart power.
• l’anglaise Susan Strange :passerelle entre l’école réaliste classique et l’environnement international de l’après-guerre froide avec son
concept de « puissance structurelle ». (dimension économique et financière) La puissance structurelle = « le pouvoir conféré par la
puissance fut désagrégée capacité d’offrir, de refuser ou de menacer la sécurité (la structure de sécurité) ; la capacité d’offrir, de refuser ou de demander des crédits
• Cependant, la puissance restait une simple énumération de critères, dont la trop grande hétérogénéité interdisait toute mesure exacte. (la structure financière) ; la capacité de déterminer la localisation, le mode et le contenu de la production manufacturière (la structure de
production) ; la capacité d’influencer les idées et les croyances (la structure du savoir) ».
Le caractère trop imprécis de la puissance avait conduit Raymond Aron à abandonner ce concept au profit de la
sécurité, comme principe organisateur de la scène internationale. Cependant, Raymond Aron s’abstint de définir le
concept de sécurité ; il se contenta de l’opposer à l’insécurité naturelle de la vie internationale pour conclure par son
célèbre axiome « survivre, c’est vaincre ».
NB : des problèmes énergétiques, provoqué par les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1980, contribua à élargir les
critères de la sécurité, au-delà des seuls aspects militaires.
La thèse de Barry Buzan (1980) : abandonner toute considération relative à la nature belliqueuse de l’homme.
o l’État ne peut pas être le meilleur garant de la sécurité. Bien souvent dans le cas des États neufs, où les
structures de pouvoir avaient été calquées sur le modèle occidental, les organismes censés assurer la
sécurité des citoyens se transformaient au contraire en principale menace contre la population.
o la sécurité ne peut faire l’objet d’une définition unique. La nature des menaces diffère en effet selon les
régions.
o la sécurité ne peut être envisagée comme strictement militaire et politique. Richard Ullman (1983), «
Redefining security » : la dimension économique, la nécessaire prise en compte des problématiques
environnementales et sanitaires, les atteintes aux valeurs fondamentales.
Ex : Les inégalités de développement, les multiples formes de domination économique comme les menaces pesant sur
les modèles sociaux ou culturels des nations les plus faibles participaient également à l’insécurité du monde.
⇨ les recherches sur la sécurité sociétale rencontrèrent immédiatement un écho favorable auprès des
instances politiques. Dès 1987, les Nations unies adoptèrent le concept
⇨ conséquences de la fin de la guerre froide qui se traduisit par la disparition d’une menace clairement
identifiée à laquelle se substitua « une multipolarisation des risques ».
Le renouveau des études de sécurité depuis la fin de la guerre froide n’a toujours pas permis de mieux cerner un
concept aux contours aussi imprécis que ceux de la puissance. Quatre raisons interdisent cependant d’interpréter
cette impossibilité d’établir une définition unique comme un constat d’échec :
problèmes de sécurité ne se posent pas dans les mêmes termes pour tous les États.
Les menaces évoluent en fonction des transformations de la violence (stratégies indirectes, terrorisme...) et au gré des modificationsde l’environnement
international.
Ex : La sécurité énergétique des années 1970 a ainsi disparu dans les années 1990.
Pour un même État et au cours de la même période, les questions de sécurité ne donnent pas lieu à un traitement uniforme
la sécurité doit être considérée comme le plus petit commun dénominateur des États, auxquels elle fournit une grille d’analyse commune dans leurs rapports
réciproques. La sécurité structure donc les instruments du dialogue interétatique.
Enfin, les autorités politiques ne souhaitent pas être tributaires d’une définition trop restrictive qui restreindrait leurs capacités de réaction face à toute atteinte à un intérêt jugé
vital à un moment donné. À l’inverse, ces études ont permis de focaliser le concept trop large d’intérêt sur ses seuls aspects sécuritaires.
LA CONDUITE DIPLOMATICO-STRATEGIQUE
« Les relations interétatiques, écrivait Raymond Aron, s’expriment dans et par des conduites spécifiques, celles des
personnages que j’appellerai symboliques, le diplomate et le soldat... L’ambassadeur et le soldat vivent et symbolisent
les relations internationales ». Tous les États poursuivant les mêmes objectifs définis en termes de puissance et de
sécurité, il leur est possible de régler leurs comportements les uns envers les autres par l’usage de deux instruments
communs : la diplomatie et la force.
La diplomatie favorise ainsi la résolution des tensions, mais sert dans le même temps de révélateur aux rapports de
force (A). Quant à la guerre, dont la finalité n’est pas la défaite de l’adversaire, mais sa soumission, elle doit être
encadrée par le droit de façon à délégitimer les manifestations de la violence (B).
1. La diplomatie : dialogue et rapports de forces
Dans son arrêt de 1980 relatif à la prise en otage des personnels de l’ambassade américaine de Téhéran, la CIJ
rappela que les relations diplomatiques sont essentielles pour « la sécurité et le bien-être (de la) communauté
internationale ». Fondées sur la réciprocité, ces relations constituent le moyen privilégié de dialogue et de négociation
entre les États. Elles symbolisent l’égalité juridique des États, en même temps qu’elles pérennisent les rapports de
force entre des États fondamentalement inégaux.
Ambivalence de la diplomatie : instrument de conciliation et le vecteur des rapports de force entre États
o Fonction pacificatrice : résorber une crise latente, négocier le retour à la paix. => restaurer le dialogue
Progressive : considérations immédiates puis habitude pour traiter des problèmes de fond Ex : La négociation
du Kilomètre 101 (Israël et l’Égypte sous la tutelle américaine 1974), = régler les problèmes liés à la guerre du
Kippour (octobre 1973), avant d’envisager une négociation plus globale (accords de Camp David de
septembre 1978).
Codifiée : facilite dans ces conditions difficiles la reprise du dialogue en fournissant un langage et des repères
communs.
o Vecteurs de forces : couvrir des activités délictueuses
Privilèges et immunités : recherche d’informations ou de relais d’influence (espionnage). Cible des
antagonismes entre États : l’assassinat de l’ambassadeur de France au Liban en 1981 ou la prise en otage des
personnels américains à Téhéran en 1979-1980.
États ne sont pas égaux dans la négociation. entériner des inégalités de fait, arracher des concessions (traités
inégaux de 1858 et de 1860 par lesquels la Russie imposa à la Chine de lui céder la Sibérie orientale ), légitimer
de possibles interventions (clause dite de la souveraineté limitée dans le traité d’amitié et d’assistance
mutuelle entre l’URSS et la Tchécoslovaquie de 1970).
La diplomatie coercitive
Definition : «une menace et/ou un emploi volontairement limité et graduel de la puissance militaire afin de
persuader un adversaire de mettre un terme à une action en cours, de revenir au statu quo ante par rapport à une
action déjà accomplie, ou d’initier une action que cet adversaire juge indésirable » (P. Vennesson).
Ex : les États-Unis avaient recours à des bombardements intensifs pour faire plier le Nord-Vietnam. => l’escalade
mena à la guerre. puis décembre 1972, quand l’administration Nixon recommença les bombardements sur le Nord-
Vietnam pour imposer la solution négociée par H. Kissinger à Paris (accords de Paris du 27 janvier 1973).
A l’inverse de la dissuasion, la diplomatie coercitive impose un recours effectif à la force, si la menace ne suffit pas. La
diplomatie coercitive se heurte ainsi à deux difficultés fondamentales. Elle doit tout d’abord mesurer au plus juste la
graduation des moyens nécessaires à la persuasion de l’adversaire. Elle doit également maintenir l’unité de ces
alliances ponctuelles.
⇨ Le but de la guerre n’est donc en aucun cas la destruction de l’ennemi, mais « la soumission de
l’adversaire » à une volonté politique
⇨ La pensée clausewitzienne permet ainsi de graduer les moyens aux fins poursuivies et de contrôler
l’usage de la violence.
La pensée de Clausewitz s’inscrivait dans la double tradition de la guerre juste et de la guerre nécessaire :
Dans le cadre de cette double tradition, Clausewitz, envisage la guerre comme « une manifestation de violence
absolue », ce qui implique qu’il « n’y a pas de limite à la manifestation de cette violence ». Six actions réciproques se
conjuguent chez Clausewitz pour expliquer la montée aux extrêmes :
L’affrontement de deux combat qui impose de La force morale de La prise en compte du Toutes les forces ne acceptée comme un
volontés qui doivent désarmer l’adversaire de l’adversaire qui ne peut temps qui permet aux deux peuvent pas être moment
faire le maximum pour peur qu’il se pas faire l’objet d’une adversaires de mieux se mobilisées en même temporaire dans
gagner. relève. Il faut donc quantification rigoureuse connaître et de savoir temps. l’histoire.
s’assurer de la défaite et qui explique que la jusqu’où ils peuvent aller.
L’incertitude du définitive de l’autre. surenchère soit
permanente. Enfin, la défaite peut être
Clausewitz pense la guerre de manière sociologique. Cependant, il est bien conscient que chaque guerre est unique.
C’est le sens de sa célèbre formule : « la guerre est un caméléon ». En ce sens, il convient de comprendre que si le
phénomène « guerre » est immuable qu’il doit déboucher « en tant que concept » sur le recours « aux extrêmes »,
chaque situation est singulière
⇨ Les formes de la guerre ne sont jamais identiques. ( guerre classique, guérilla , « la guerre hybride
» )
⇨ Les moyens déployés changent. ( la technologie a un impact direct sur ce qu’il est possible
d’atteindre)
En tant que concept, la guerre doit tendanciellement aboutir au pire. C’est d’ailleurs cette montée aux extrêmes qui,
dans une perspective toute kantienne, doit rendre les hommes plus prudents dans l’usage de cet instrument périlleux.
o Contrôler les débordements de la violence en la soumettant à la logique d’un État supposé raisonnable. o
Justifier ce droit reconnu au politique du fait de l’état de nature toujours présent dans les relations
internationales
o Reconnaitre à tout État le droit de recourir à la guerre pour défendre « son intérêt ou son honneur » (R. Aron),
o la première proposition implique d’exclure que la cause de notre adversaire puisse être illégitime. o Carl
Schmitt «L’adversaire fut reconnu justus hostis et fut distingué du rebelle, du criminel et du pirate. »
Raymond Aron : « Paix et guerre entre les Nations » les relations internationales « se déroulent toujours à l’ombre de
la guerre ».
Cf : Max Weber qui considérait que, si « la violence n’est pas l’unique moyen normal de l’État, elle est son moyen
spécifique ».
⇨ concilier les aspirations en faveur de la paix et les raisons rendant inéluctable le recours à la force. ⇨
Kant et hegel : approche dialectique par laquelle la peur de l’apocalypse devenait le meilleur instrument
pour contrôler les passions des hommes et des États
Cette analyse réaliste des relations internationales n’a pas manqué d’être contestée. ( les théoriciens de la société
monde, libéraux) se focalise sur le cas exceptionnel d’une relation menaçant de dégénérer en guerre alors que la plus
grande partie des échanges internationaux ne se déroulent pas « à l’ombre de la guerre ».
o L’analyse clausewitzienne conceptuelle : phénomène abstrait, ignorant les spécificités culturelles et hist o La
guerre échapperait au contrôle du politique au point d’apparaître comme son horizon indépassable : ce que la
politique met des siècles à construire, est détruit en un instant par la guerre.
o ne plus interpréter comme la manifestation des volontés de puissance des États, mais au contraire comme la
manifestation de leur faiblesse.
o la guerre remplacée par la confrontation idéologique( nouveaux types d’affrontement ex : terrorisme). o Une
violence infraétatique, « pour caractéristiques communes d’apparaître à la périphérie des principaux courants
d’échanges économiques et à l’intérieur de pays dont les structures politiques sont fragiles » (Pierre de
Senarclens).
La guerre a cessé d’être juste et légitime. Il existe nouvelles formes de la conflictualité. Le contrôle croissant de la
communauté internationale vis-à-vis de l’usage de la force ne suffit pourtant pas à faire disparaître la guerre. Dans
cette approche réaliste, le fait de ne pouvoir exclure a priori la possibilité d’un conflit majeur a toujours une double
utilité :
Face à la violence, l’humanité n’est pas parvenue à trouver la solution définitive pour instaurer la paix perpétuelle
souhaitée par Kant. À défaut de proposer le remède idéal, la doctrine réaliste apporte donc la moins mauvaise des
réponses, en concédant à l’État le « monopole de la violence légitime », pour mieux le contraindre à contrôler l’usage
de sa force.
⇨ La guerre constitue une forme spontanée de régulation de l’anarchie internationale. ⇨ Parce qu’ils
poursuivent les mêmes buts – définis en termes de sécurité –, les États se trouvent à la fois en situation
de compétition et de coopération.
Le risque de guerre et la hiérarchie des puissances constituent une première forme de régulation spontanée de l’état
de nature des relations internationales. Cette régulation « naturelle » souligne le caractère abusif de l’appellation de «
jungle internationale
CHAPITRE 3
Introduction
Entre la tradition idéaliste des relations internationales, inspirée de l’approche kantienne, et l’assimilation de la vie
internationale à un état de nature permanent dérivé de l’œuvre de Hobbes, il apparaît donc nécessaire d’introduire
une grille intermédiaire de lecture. Celle-ci est souvent présentée comme la « tradition grotienne » des relations
internationales, qui trouve son inspiration dans l’œuvre de Grotius.
Définir la nature des relations établies entre les États impose donc de prendre la mesure de la société anarchique à
laquelle ils participent (§ 1), c’est-à-dire d’étudier les instruments de régulation juridique (§ 2) et les mécanismes de
coopération politique (§ 3) qui compensent et contrôlent le libre usage de la force.
SOCIETE ANARCHIQUE
La juxtaposition des deux termes antinomiques de « société » et d’« anarchie » est l’intuition d’un auteur australien,
Hedley Bull, qui publia en 1977 son ouvrage majeur intitulé la « société anarchique » (The Anarchical Society).
« Société anarchique » Fondée sur l’adhésion au Pacte social, l’idée de société suppose l’atténuation de l’état de
nature anarchique des origines.
⇨ Les États entretiennent des relations d’échanges, qui ne dégénèrent pas toujours en conflit.
Diverses dénominations sont couramment employées pour qualifier le monde des États. Trois niveaux de qualification
permettent ainsi de définir la scène interétatique en fonction de son degré d’institutionnalisation. Néanmoins, il
convient de remarquer que dans le cadre des relations internationales, la société apparaît comme un stade antérieur
à la communauté.
I SYSTEME INTERNATIONAL
Avant même l’avènement du monde westphalien, les unités politiques ont entretenu des relations constantes, tant sur
le plan politique que sur le plan économique ou culturel. Dès le xve siècle, ce réseau d’échanges est suffisamment
dense pour qu’il soit possible de parler de « système international ».
Système international Michael Brecher : un ensemble d’acteurs soumis à des contraintes intérieures (le contexte)
et à des contraintes extérieures (l’environnement), placés dans une configuration de pouvoir (structure) et
impliqués dans des réseaux réguliers d’interactions (processus)
o Le « contexte » : l’ensemble des considérations intérieures qui déterminent les choix diplomatiques des
gouvernants (état des finances publiques, qualité de l’institution militaire, revendications des opposants...). o
L’« environnement » : caractéristiques globales de la vie internationale à une époque donnée : intensité des
échanges, relations d’amitié et d’hostilité entre les acteurs, accès aux ressources naturelles... o La « structure »
: rapports de pouvoir et de domination (multipolarité, bipolarité ou unipolarité). o Le « processus » : modèle
d’organisation de la vie internationale, qui peut être plus ou moins hiérarchisée et plus ou moins centralisée.
⇨ Vision mécanique de la vie internationale : décrire de manière radicalement simplifiée les multiples
paramètres qui conditionnent le comportement des acteurs.
Kenneth Waltz fut l’auteur qui poussa le plus loin cette approche déterministe en définissant le « système
international » par trois principes :
Le principe ordonnateur : l’état général du système (plus ou moins ordonné, plus ou moins hiérarchisé, plus ou
moins institutionnalisé)
niveau d’interactions
suffisamment élevé
la prise de conscience de la
nécessité d’instaurer un
ordre international
Hedley Bull : « un groupe de communautés politiques indépendantes (... qui ont) établi par voie de dialogue et de
consentement un ensemble de règles communes et d’institutions pour la conduite de leurs relations et qui
reconnaissent leur intérêt mutuel à maintenir ces arrangements ».
o L’œuvre d’États qui ont choisi d’institutionnaliser leur coopération sur une base volontaire ;
o la loi internationale qui construit un lien social entre les États.
I COMMUNAUTE INTERNATIONALE
Communauté : un groupement d’acteurs qui partagent des valeurs identiques, lesquelles permettent l’identification
du groupe et lui servent de ciment.
NB : Certaines formes plus élaborées de communauté intègrent même des principes communs de gouvernement : par
exemple, le Concert européen de 1815 reposait sur la solidarité monarchique.
Cette « communauté internationale » va au-delà de la « société internationale »
o Assumerses responsabilités : La communauté internationale est ainsi dépositaire d’un « patrimoine commun
(de l’Humanité) » (fond des mers, corps célestes, cultures...) et a l’obligation de « traiter des droits de
l’homme globalement
o A l’origine de normes reconnues d’ordre public : Alors que la « société internationale » s’organise autour d’un
droit international élaboré par les États et fondé sur le libre consentement de ces mêmes États, la
communauté internationale élabore donc des normes et des régimes internationaux auxquels les États
doivent se soumettre sans les avoir préalablement approuvés.
o Possibilité de sanctionner ses membres qui manqueraient aux obligations d’ordre public, lesquelles peuvent
être considérées comme le ciment du groupe.
En fonction du cadre d’analyse adopté par les auteurs, les caractéristiques de la scène interétatique sont plus ou
moins anarchiques, plus ou moins hiérarchisées et plus ou moins contraignantes. En dépit des différences existant
entre ces définitions, il est cependant possible de trouver cinq points de convergence qui permettent de caractériser
la scène interétatique
ensemble hétérogène en universelle les disparités matérielles •Toutes les règles relations amicales quand ils
voie d’homogénéisation fondées sur la puissance internationales n’ont pas la prennent mutuellement en
•s’étend à toute la planète mobilisable. même valeur et sont considération leurs
•Le respect de la •Selon Hedley Bull par souvent arbitrairement demandes légitimes. Ex :
• donne à tous les États
souveraineté est le exemple, l’existence de appliquées. Nations unies le 24 octobre
reconnus la possibilité d’y
point de convergence grandes puissances •contraintes toujours plus 1970,
participer.
d’États reconnues atteste de la étendues pour les États. •L’anarchie des relations
• L’Organisation des Nations
•Elle constitue l’unique volonté d’instaurer un internationales devient
unies incarne cette inégalement anarchique.
facteur d’unité, ordre international destiné alors « mature » (Barry
universalisation.
susceptible de hiérarchisation de la à contenir les risques de Buzan) :elle régresse à
surmonter la guerre. •zones avec rapports de partir du moment où les
scène interétatique forces, l’anarchie est totale
fragmentation qu’elle scène interétatique codifiée États acceptent de
provoque par ailleurs. •L’égalité formelle des •d’autres zones : les États conditionner leur droit de
souverainetés coexiste avec peuvent développer des faire usage de la force.
REGULATION JURIDIQUE
La Société des Nations avait échoué dans sa tentative de proscrire définitivement toute forme de guerre en élaborant
un mécanisme inefficace de sanctions internationales. L’approche des Nations unies se veut plus pragmatique et met
en œuvre un mécanisme graduel de contrôle de la violence. Six instruments interdépendants participent à cette
régulation juridique
1. Le droit international
Le droit international représente l’ossature de la scène interétatique. Il est l’instrument qui pérennise les relations
entre les États : il inscrit dans la durée des rapports fondés sur l’intérêt. Selon René-Jean Dupuy, le droit international
n’est ainsi qu’un « droit de coordination » entre les États qui ne reconnaissent aucune autorité supérieure à eux-
mêmes.
il est l’œuvre des États, qui sont en même temps créateurs et principaux sujets de la loi internationale.
o Régler les modalités de leur coexistence : « en vue de la poursuite de buts communs ». CPIJ en 1927 dans
l’arrêt Lotus
o Un consentement réciproque : la souveraineté est ainsi la pierre angulaire du droit international, puisque les
États adoptent les principes contraignants par leur propre volonté
Marcel Merle : « quiconque s’en tiendrait à l’étude du droit en vigueur aurait une idée tout à fait déformée des
réalités internationales ».
o Pas de hiérarchie des normes : Les obligations selon trois catégories (impératives, obligatoires et optionnelles). o
Droit international =le droit de la puissance et de la force : loi internationale qui oblige les vaincus à respecter les
règles élaborées par le vainqueur.
o L’absence d’instance suprême de qualification : Chaque État est libre d’apprécier les actes qui le concernent.
On assiste à une multiplication paradoxale des règles du droit international alors même que les règles existantes
restent bien souvent lettre morte. l’Agenda 21 du sommet de Rio de Janeiro juin 1992 600 pages.
Ces critiques ne peuvent être ignorées. Elles rendent cependant compte de la seule application du droit international
et non pas de sa création, qui énonce les principes déterminant les évolutions souhaitables de la vie internationale. Il
est possible de parler d’« équilibre des obligations » pour qualifier ce conflit permanent entre le droit positif émanant
des États et les revendications multiples qui invoquent des principes généraux supérieurs aux droits des États.
Il crée des obligations qui dépassent souvent les sujétions initialement acceptées par les États.
NB : accompagner les évolutions, non de les provoquer. En ce sens, le droit est toujours en retard sur son époque,
puisqu’il ne règle que les problèmes soulevés par le passé.
⇨ Georges Scelle : Le droit international est à la conjonction de l’éthique et du pouvoir. Il énonce des
principes avec d’autant plus de solennité que ces principes se heurtent aux pratiques les plus
courantes de la vie internationale.
⇨ Du fait de l’existence de ce droit imparfait, les relations internationales ne ressemblent pas tout à fait
à « une jungle » dominée par la loi du plus fort. S’il existe des formes de domination, celles-ci ne sont
jamais légitimes.
Les notions de « régime » et de « norme » sont relativement floues puisqu’elles se réfèrent à des standards de
comportement qui s’imposent aux États en dehors de leur consentement. Cette expression générique est malgré tout
empruntée au droit, pour lequel elle sert à rassembler un ensemble de règles éparses concernant le même sujet.
⇨ reprise au début des années 1980 par les néo-institutionnalistes américains pour décrire les
mécanismes d’autorégulation des politiques nationales face aux contraintes internationales. ⇨ L’idée
centrale est qu’un État est toujours libre d’agir à sa guise. Il peut défier la communauté internationale,
pourvu qu’il accepte de se mettre en marge.
« régimes internationaux » : « une série implicite ou explicite de principes, de normes, de règles et de procédures
autour desquels convergent les attentes des acteurs dans un domaine particulier de la vie internationale ».
Stephan Krasner
o réduire les coûts de transaction en vue de favoriser la conclusion d’accords et de garantir leur respect
o favoriser la transparence et la confiance
o fournir les instruments adéquats de résolution des différends
o offrir une aide à la décision.
o instruments placés à la disposition des États : structures de concertation et de négociation pour obtenir des
gains collectifs.
Normes : Krasner : les normes sont des critères de conduite définis en termes de droits et d’obligation ».
Martha Finnemore et de Kathryn Sikkink : la législation interne ou la ratification d’instruments conventionnels dans
lesquels la nouvelle norme est reprise par un nombre significatif d’États qui forment « une masse critique » qui
constitue la preuve de son effectivité.
Wolf-Dieter Eberwein et Yves Schemeil : l’énonciation serait, majoritairement, le fait d’acteurs privés mais ceux-ci
doivent trouver un soutien gouvernemental pour forcer les acteurs tiers à s’y conformer.
Jean-Christophe Graz « l’univers de la normalisation internationale est en proie à un antagonisme profond, qui
oppose les partisans d’une socialisation des normes internationales à ceux d’une mondialisation des normes
marchandes », cette seconde tendance étant aujourd’hui « à l’offensive ».
⇨ Ensemble de liens informels entre les États dont les effets doivent être effectifs et durables. ⇨ Etablir
des standards de comportement, qui rendent prévisible le comportement des États en rendant la
coopération mutuellement avantageuse.
⇨ Robert O. Keohane : simples « instruments » produits par l’intensification des échanges dont la
finalité est de remplacer les anciens instruments de domination.
une solution à la l’incertitude et le risque. conditionnement donc la liberté d’action des États faciliter les adaptations aux situations nouvelles
coordination des en fonction des attentes mutuelles cadre de dialogue propre
politiques à chacun des domaines traités et en
cadre de la décision promouvoir la
sélectionnant les
(interdépendance) fournir des repères, acceptés détermine les critères d’une conduite jugée coopération sur le long terme,privilégier la
schémas de prise de décision les mieux
par la majorité des États. réduire acceptable ; coopération sur la
adaptés.
compétition.
Arthur Stein : La diffusion des régimes internationaux est la réponse la plus satisfaisante à deux dilemmes
o « Dilemme de l’intérêt commun » : dilemme du prisonnier : la prise en compte unilatérale de leur intérêt
égoïste s’avère néfaste pour les États qui doivent donc privilégier la collaboration.
o « Dilemme de l’aversion commune » : s’accorder pour éviter une solution particulière qu’ils jugent
mutuellement désavantageuse.
Une troisième méthode pour inciter les États à ne plus recourir systématiquement à la voie des armes pour se faire
justice consiste à renforcer la confiance en limitant les stocks d’armes disponibles. Le droit du désarmement doit
cependant être distingué de la maîtrise des armements et du droit des conflits armés.
⇨ Le droit du désarmement = éliminer des armes dont l’accumulation est considérée comme une
source de tension
⇨ La maîtrise des armements = réduire la croissance des arsenaux.
⇨ Le droit des conflits armés = proscrire l’emploi d’armes ou de méthodes de guerre qui causent des
souffrances ou des destructions inutiles ( ex : armes chimiques)
les armes nucléaires : EU et Usoviétique n’acceptèrent que très tardivement de réduire les
leurs (euromissiles traité de Washington de 1987), MAIS freiner la prolifération nucléaire
despays tiers : traité de Moscou (interdiction partielle des essais nucléaires (1963))
L’approche régionale permit d’envisager la dénucléarisation de régions : traité de l’Antarctique de 1959d Depuis l’Ancien Régime. Dans
Dans un cadre universel les Nations unies :cadre privilégié pour la négociation de conventions à caractère universel + intervenir de manière déclaratoire (négocier
des conventions ou des traités).
o Non universelles : impossible de sanctionner un État pour le non-respect d’une convention à laquelle il n’a
pas adhéré ou qui n’est pas entrée en vigueur
Ex : les États-Unis, la Russie et la Chine refusèrent ainsi de s’associer au traité d’Ottawa sur les mines
antipersonnels.
o Difficulté des contrôles : signataire du TNP, l’Irak parvînt à développer son programme nucléaire jusqu’à la
guerre du Golfe.
o Interdire des armements dépassés ou jugés inutiles : les cuirassés lors de la conférence de Washington de
1922, les armes chimiques avec le protocole de Genève de 1925.
Les avantages de ces accords imparfaits sont cependant loin d’être négligeables.
o Exclure le recours à la force comme instrument de « poursuite des relations politiques par d’autres moyens »
o La longueur des négociations : l’habitude du dialogue et renforcé la confiance.
o La sécurité régionale : coordination des politiques de défense, solidarités de fait entre les participants :.
conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) comme modèle de négociation pour les autres
régions du monde.
o Réduire l’ampleur des guerres : Interdiction de recours à la force + droit de la guerre (exclure l’usage de
certains types d’armes)
L’obligation de trouver une solution pacifique aux désaccords pouvant surgir entre les États est le quatrième volet de
la régulation juridique. Toutes les nations adhérant à l’ONU s’engagent en effet à régler leurs différends de manière
pacifique (chapitre VI de la Charte).
La voie diplomatique
5 méthodes avec deux règles : L’intervention d’un Les décisions s’imposent aux parties. Celles-ci doivent
tiers ne peut être envisagée qu’avec l’accord donc reconnaître en préalable l’autorité des organes
préalable des parties ; Les propositions d’accord ne saisis et définir le champ de leurs compétences.
sont jamais obligatoires.
Négociation directe : trouver un accord à l’amiable L’arbitrage : accepté de se soumettre de bonne foi à
ou préciser les raisons du différend. la sentence arbitrale. Nombre de conventions
internationales contiennent ainsi une clause
Les bons offices et la médiation : intervenir une compromissoire, rendant l’arbitrage obligatoire pour
tierce partie impartiale (organisation internationale). les éventuels différends à venir.
=> poser les bases de la négociation (bons offices) ou
rechercher les conditions d’un accord (médiation). Les juridictions internationales La Société des
Nations : Cour permanente internationale de justice
L’enquête: trouver une solution à une crise par la (CPIJ). La Cour internationale de justice (CIJ) des
connaissance objective des faits litigieux. Création Nations unies. Schéma imitant l’ordre interne. :
d’une commission indépendante sans pouvoir de indépendance des juges (inamovibles, immunités
décision. diplomatiques).
La faculté de saisine unilatérale d’un organe des Portée limitée des arrêts des juridictions
Nations unies va ainsi à l’encontre du principe internationales au nom du principe de l’autorité
d’accord préalable à l’intervention d’un tiers. Bien relative de la chose jugée : si les arrêts de la CIJ sont
plus, le secrétaire général des Nations unies dispose, obligatoires, cette obligation concerne uniquement
grâce à l’article 99 de la Charte, d’un pouvoir les parties concernées et pour le seul cas traité.
d’initiative « sur toute affaire qui, à son avis, pourrait
mettre en danger le maintien de la paix ».
L’ensemble des instruments de règlement pacifique des différends pacifie imparfaitement les relations internationales.
o Même les dispositions supposées être les plus contraignantes, ne manquent pas d’être contestées.
o Leur échec signifie souvent que les États concernés sont déterminés à recourir à la force.
La sécurité collective se présente comme un mécanisme juridique par lequel la sécurité globale de la collectivité
internationale dépend de la sécurité de chacune des nations qui la compose. Tous les États ont le droit à une égale
sécurité et il incombe à la communauté des États de la garantir. Il en résulte que tous les États doivent prêter
assistance à une nation menacée et se coaliser contre l’agresseur.
Malgré ces aménagements, la Société des Nations se révéla incapable d’atteindre l’objectif qu’elle s’était fixé. ( 1920,
la crise de Vilnius entre la Lituanie et la Pologne ) L'ONU a redéfinit la notion dans l'Article 55. Elle promeut l'action
préventive. Pour préserver la paix, il y a les casques bleus. Il y a des missions d'observations. Nasser exige le retrait des
casques bleus, ils n'empêchent pas des guerres puisqu'il faut le consentement des états. Cesmissions de maintien de la
paix ont des limites : il y a un droit de veto, des situations peuvent s'enliser et l'Onu apparaît comme "pompier des
crises".
En dépit de ces handicaps, l’action des Nations unies en faveur du maintien de la paix participe efficacement au
contrôle de la violence.
La diplomatie préventive
L’amélioration du fonctionnement de l’ONU après la guerre froide permit d’envisager une nouvelle forme d’action
beaucoup plus ambitieuse. La diplomatie préventive se présente ainsi comme un nouvel instrument de préservation
de la paix en intervenant ex ante, avant le déclenchement d’une crise.
Dans la tradition réaliste, le droit de guerre était la manifestation du droit de l’État à se faire justice lui-même. Pour
Raymond Aron, les États demeuraient « juges en dernier recours de ce qu’exige la défense de leurs intérêts ou de leur
honneur ». Cependant, il existe différentes procédures pour réprimer les infractions aux règles en vigueurAu niveau
international, trois degrés de sanctions peuvent être ensuite .
❖ La responsabilité internationale
La responsabilité internationale s’est formée de manière coutumière pour corriger les effets de la violation d’une
règle du droit international.
⇨ Effacer toutes les conséquences de l’acte illicite ou compenser les dommages causés.
⇨ Il peut toutefois faire valoir une raison exceptionnelle, en cas de force majeure ou de légitime défense.
A l’origine confiée aux États. La notion de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité a étendu à l’ensemble de
la collectivité internationale cette possibilité de réprimer.
⇨ 1GM la Commission des responsabilités des auteurs de la guerre. 2GMtribunal de Nuremberg de Tokyo
⇨ Rome le 17 juillet 1998 d’une Cour pénale internationale donne désormais une assise permanente
mécanisme progressif destiné à intervenir à la fois dans la gestion des crises et dans le règlement a posteriori des
conflits.
Embargo : « l’interruption complète ou partielle des relations économiques (...) et des autres moyens de
communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques » (art. 41).
Blocus : embargo + force.
Ex : L’intervention de l’OTAN au Kosovo 24 mars au 11 juin 1999 a constitué une autre forme de mesures coercitives.
Cette intervention a été justifiée par le refus du gouvernement serbe d’accepter les termes de l’accord de Rambouillet
qui organisait l’autonomie de cette province peuplée d’une majorité d’Albanais. Le refus de la Russie et de la Chine de
s’associer à l’action engagée contre la Serbie a expliqué l’impossibilité où s’est trouvé le Conseil de sécurité d’autoriser
le recours à la force. L’OTAN a alors décidé d’intervenir sans mandat de l’ONU. À la suite de deux mois de
bombardements, le gouvernement de Belgrade a été contraint d’accepter l’accord de Rambouillet, lequel fut mis en
œuvre par une force de l’OTAN (la KFOR), à laquelle fut associé un contingent russe (résolution 1244 du 10 juin 1999).
COOPERATIONS POLITIQUES
À l’inverse de la régulation juridique, les coopérations politiques n’ont pas de vocation universelle. Elles sont
seulement envisagées dans des régions déterminées. Outre la proximité géographique, les États qu’elles rassemblent
doivent avoir suffisamment de points communs pour renoncer à vouloir se détruire.
1. L’équilibre des pouvoirs
Balance of power :mécanisme d’intervention par lequel les nations non impliquées dans un conflit doivent
prendre parti pour le côté le plus faible
⇨ nécessité de se prémunir contre la menace que ne manquera pas de faire peser sur eux la nation la
plus forte.
⇨ Il rend « illusoire l’espoir qu’un camp puisse tirer parti d’une victoire totale » (H. Morgenthau).
mécanisme conservateur mécanisme défensif et préventif relations l’équilibre des puissances est un mécanisme
d’amitié instable, sans cesse
mécanisme automatique : pas de
renégocié
2. La dissuasion
La dissuasion est certainement le plus classique des instruments de la sécurité comme en atteste l’adage romain « si
vis pacem, para bellum ». Les nécessités de l’équilibre imposent ainsi à une nation désireuse d’être en mesure
d’assurer seule sa sécurité de détenir les forces suffisantes pour repousser une agression.
o Détenir une force de seconde frappe invulnérable : persuader un éventuel assaillant qu’il ne pourrait jamais
avoir la certitude d’avoir détruit lors d’une attaque par surprise la totalité des forces nucléaires de l’adversaire. o
Vulnérabilité mutuelle : excluant tout déploiement de moyens défensifs.
Ex : Le traité ABM (Anti-Ballistic Missile Treaty) de 1971 intégré dans le premier accord SALT de 1972 :
engagement des États-Unis et de l’Union soviétique à renoncer à toute forme de protection face au risque
nucléaire
o Apparitions d’armes : bombe atomique de 1945, bombe thermonucléaire en 1953-54, missiles balistiques =>
menaçaient la stabilité de la dissuasion.
o Négociations : Sélectionner des armes conformes à leur stratégie de défense (accord SALT 1969/79, SALT 2) o
Avec l’adversaire : sécurité devenue « commune » puisqu’à la sécurité procurée par chaque système d’armes
s’ajoutait la sécurité issue de la négociation.
⇨ La dissuasion donna lieu à des formalisations très diverses, au fur et à mesure de l’accession au seuil
du nucléaire de nouveaux États.
En mai 2000, les cinq puissances nucléaires ont ainsi pris l’engagement sans équivoque d’aller dans le sens d’une
abolition totale. Le terme de cette évolution reste néanmoins lointain et on s’oriente aujourd’hui vers une dissuasion «
minimale » pour gérer cette période d’une durée indéterminée.
3. Les alliances
La pratique des alliances constituait l’un des instruments de la balance of power du xixe siècle. Ces alliances
comptaient un nombre restreint de participants : Duplice, Triplice, Triple Entente... Leur durée de vie était
extrêmement réduite : cinq ans pour la Duplice austro-allemande de 1879… Imbriquées les unes dans les autres, elles
étaient également à géométrie variable : l’Angleterre devint en 1879 le « partenaire dormant » de l’Allemagne, du
fait des intérêts communs austro-anglais dans les Balkans. Enfin, de nombreuses clauses de ces alliances étaient
tenues secrètes.
o « La légitime défense individuelle ou collective » : l’article 51 de la Charte des Nations unies. Les alliances
contemporaines sont défensives et ne peuvent donc plus être secrètes.
o Des alliances larges et durables : le Pacte de Varsovie pour 30 ans ( De 16 GF à 29 ajd)
o Alliances institutionnalisées : volet politique et militaire.
L’apport des alliances à la pacification de la vie internationale doit être envisagé à deux niveaux : à l’intérieur de
chaque alliance et dans les relations des alliances avec l’extérieur.
Conditions : des valeurs partagées (compatibilité des Defaut : accroître la tension internationale. l’Alliance
régimes politiques), l’anticipation d’avantages atlantique entraîna le pacte de Varsovie, bandwagoning
économiques (comportements prédibles) et un vouloir-
vivre en commun des populations, abandon du recours à la
force
Positif : favorise la solidarité régionale. Défense des
=>communautés de sécurité pluralistes et les
nations les plus faibles ( préservation du statu quo).
communautés de sécurité amalgamées
Simplifient également la carte des menaces
4. Les mesures de confiance
Les mesures de sécurité et de confiance trouvent leurs origines dans les négociations menées dans le cadre de la
Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE). Elles résultent donc d’une approche négociée par
laquelle les États considèrent que leur sécurité sera renforcée par la négociation plutôt que par des mesures
unilatérales.
La coopération politique ne produit pas seulement ses effets sur les nations qui participent à une même alliance. Elle
permet également d’instaurer un dialogue entre nations hostiles. Ce dialogue transforme l’ennemi – avec lequel il est
hors de question de négocier– en simple adversaire. Cette légitimation croisée des attentes se fonde le plus souvent
sur la reconnaissance du droit à « une égale sécurité », laquelle nécessite un minimum de concertation.
o Référence de la diplomatie soviétique : doctrine Malenkov du 15 mars 1953. À l’ère du nucléaire, toutes les
questions litigieuses devaient être réglées par voie d’accords.
o Préambule du traité de paix sino-indien : référence au mouvement des non-alignés. o Relations Est-Ouest :
effets les plus remarquables durant la période de la détente. ( 25 juin 1973 la charte de la coexistence pacifique,
accords SALT)
⇨ Rend compte d’une réalité politique qui s’avère beaucoup plus contraignante que n’importe quelle
institution juridique
Conclusion
Les approches réalistes de la scène interétatique ont profondément évolué depuis les années de la guerre froide au
cours desquelles les réalistes classiques proposèrent les premières théories des Relations internationales.
Disciples de Morgenthau et de Raymond Aron : les États isolés dans un environnement anarchique n’agissaient que
par intérêt en recourant au besoin à la guerre dont « la légalité et la légitimité » devaient être considérées comme les
traits caractéristiques de jungle internationale. Les intérêts des États étant alors définis en termes de puissance
Kenneh Waltz 1973 : la sécurité, et non plus la puissance, doit être considérée comme le PPCD des États. Ce sont
seulement les structures internationales qui conditionnent le comportement des acteurs sur la scène internationale.
Trois modifications du cadre général d’interprétation de la scène interétatique : les structures internationales ne sont
plus systématiquement et fatalement instables, les États sont conduits à préférer un comportement coopératif, la
guerre ne peut être exclue, mais la paix n’est plus impossible contrairement à Raymond Aron (« paix impossible,
guerre improbable »).
« La longue paix » ne signifie pas pour autant que la guerre ait définitivement été placée hors-la-loi comme
l’envisageait le pacte Briand-Kellog.
⇨ Les menaces susceptibles sont liées à la montée en puissance des nouveaux acteurs
• La montée en puissance de la Chine ( récusé l’arbitrage de la Cour permanente d’arbitrage de juillet 2016, brutalité
affichée à l’égard des populations ouïghoures, augmenté ses dépenses militaires de plus de 12 % en l’espace de
seulement deux ans. )
• Les nations ayant bâti l’ordre libéral du monde se montrent moins soucieuses de continuer à maintenir cet ordre. (
EU « leading from behind » et du « light footprint »)
• Déclin de l’expansion démocratique (l’ONG Freedom House régimes autoritaires de 47 à 54, pays démocratiques de
87 à 82).
•les démocratures telles la Russie ou la Turquie ont un usage beaucoup moins contrôlé de la violence (la guerre en
Tchétchénie, l’annexion de l’Ossétie puis de l’Abkhazie en 2008, l’annexion de la Crimée en 2014)
• La croissance des politiques d’armement dans le monde associé à une montée des nationalismes.
• La paix des États a souvent été fondée sur l’ignorance des attentes de la société civile. Le principe de non-ingérence
a même fondé la paix des États sur la soumission de la société civile.
La scène des organisations internationales dérive de la scène interétatique dont elle s’est progressivement, mais
imparfaitement émancipée. Elle rassemble les organisations interétatiques qui ont pour objet premier de favoriser la
coopération entre les États. À l’origine de toute organisation internationale se trouve une association d’États. Cette
association donne naissance à une institution autonome, dotée de la personnalité internationale.
⇨ Organisation de coopération :ONU sphère politique. Leur capacité à se substituer aux États est faible
et leurs pouvoirs de contrainte sont exceptionnels
⇨ Organisation d’intégration : l’Union européenne, aire privilégiée d’expansion est la région et leur
champ de compétence est circonscrit à l’origine à des matières spécifiques (économie, transports...).
Le nombre d'organisations internationales ne cessent d'augmenter. Il y en avait 30 avant 1914, 70 en 1939, autour de
300 aujourd'hui dont 34 universelles, 33 intercontinentales et 175 régionales Pourquoi les états acceptent de fortes
contraintes ?
La première organisation date de 1815 sur le Rhin relative à la navigation. On aura le Danube en 1856. L'union
international des télécommunication (UTI) est créé en 1865. Les bureaux et offices de la Société des Nations
donneront naissance aux institutions spécialisées de l'ONU : l'OMS (santé), OMC (commerce), UNESCO, etc. De
nouveaux organes peuvent être créé au nom de la spécialisation fonctionnelle (CNUCED - relations est-ouest, PNUD -
développement, etc).
CHAPITRE 1
Introduction
Les organisations de coopération et d’intégration ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Les organisations de
coopération, dont l’ONU constitue le meilleur exemple, offrent un forum de dialogue permanent entre les États. Il est
dès lors indispensable d’envisager l’existence d’une autorité supranationale, pour mettre en œuvre ces actions
communes. La coopération intergouvernementale (§ 1) se transforme alors en intégration supranationale (§ 2).
COOPERATION
Elles envisagent les organisations de coopération comme des instruments créés par les États, sans capacité de se
substituer à eux.
I LE NEO-INSTITUTIONNALISME
o Dilemme du prisonnier : parler pour être exonéré de sa peine + les soldats ennemis dans les tranchés qui se
sont retrouvés pour fêter Noël ensemble ( code de comportement)
o Sur le long terme : « donnant-donnant » s’avérait plus efficace que la tentation de faire cavalier seul. o
Coopération durable entre acteurs égoïstes : découvrent qu’il est de leur intérêt de briser leur isolement et
d’établir des relations de coopération sur la base de réciprocité.
Keohane After Hegemony (1984) : le fonctionnement de cette coopération
o « d’une série durable de règles (formelles ou informelles) liées entre elles, lesquelles déterminent les
comportements, conditionnent les activités et façonnent les attentes ».
o la négociation : réduit gains individuels importants, augmente la garantie de bénéficier d’une partie
équitable des gains collectifs. => institutions internationales ( organisation ou systèmes plus diffus) o
Réduire les coûts de transaction en vue de favoriser la conclusion d’accords et de garantir leur respect ; o
Favoriser la transparence et la confiance ;
o Fournir les instruments adéquats de résolution des différends ;
o Offrir une aide à la décision.
⇨ Instruments placés à la disposition des États, lesquels sont demandeurs de structures de concertation
et de négociation pour obtenir des gains collectifs.
I L’INTERGOUVERNEMENTALISME
Intergouvernementalisme : processus par lequel une question est traitée communément par plusieurs
gouvernements qui travaillent ensemble
Si les états européens s’associent selon Keohane, c'est parce que la guerre des étoiles réduit l'Europe à un rôle
subalterne. L'intergouvernementalisme est un multiplicateur de puissance. On est plus fort à plusieurs que seul.
L'organisation internationale privilégie les grandes puissances.
Les structures des organisations de coopération accordent une place prépondérante aux États. Destinées à favoriser le
dialogue entre les États, ces organisations sont structurées autour d’instances dominées par les logiques étatiques.
Leur mode de fonctionnement reproduit ainsi les grandes lignes de fracture qui traversent la scène interétatique. Ce
n’est qu’incidemment que ces organisations disposent d’un pouvoir d’initiative par rapport aux préoccupations des
États.
Les missions d’une organisation internationale façonnent sa structure. La fonction première des organisations de
coopération étant de favoriser la représentation des États, leurs organes principaux sont donc modelés par les
exigences étatiques.
L’illustration par l’Organisation des Nations unies
Le Conseil de sécurité : l’instance de décision ( adopte les sanctions) pouvant se réunir à tout moment
Le Conseil économique et social (ECOSOC) : instance consultative, responsable de 70 % des ressources humaines et
financières des Nations unies ( cinquante-quatre membres élus pour trois ans par l’Assemblée générale)
Le secrétaire général : plus haut fonctionnaire de l’ONU. nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du
Conseil de sécurité. « impartialité » : le secrétaire général, ainsi que tout le personnel, s’engage à n’accepter aucune
instruction d’un quelconque gouvernement
L’histoire des Nations unies est révélatrice de l’instrumentalisation de l’Organisation qui est placée au service de la
scène interétatique.
1er janvier 1942 : Déclaration des Nations unies en guerre contre les forces de l’axe du 1er janvier 1942
(conférence d’Arcadie).
Décembre 1943 : Roosevelt, Churchill et Staline tracèrent les grandes lignes du projet lors de la conférence de
Téhéran puis à Yalta ( février 45)
10 janv 1946 : première Assemblée générale à Londres (plus tard New York pour siège de
l’Organisation) 24 janv 1946 : première résolution qui fixa les priorités (élimination des armes de
14 dec 1955 : L’admission de quinze États nouvellement indépendants ( levée du veto de l’URSS ) => nouvelles
majorités au sein de l’Assemblée générale.
Les années 1960 et 1970 marquèrent un changement complet d’orientation pour l’Organisation : le dvlpt du tiers
monde comme nouvelle priorité
14 dec 1960 : résolution 1514 relative à l’octroi de l’indépendance aux peuples encore sous tutelle coloniale,
texte de référence
Sept 1961. mort en septembre 1961 de Dag Hammarskjöld ( secrétaire général nommé violemment critiqué par
l’URSS)
Le deuxième choc pétrolier de 1979 (dette) contribuèrent à modifier une nouvelle fois les priorités.
Le front unitaire des pays du Sud vola en éclat (fin NEOI) + retour de la tension Est-Ouest l’ONU =
1989 : les forces des Nations unies se virent décerner le prix Nobel de la paix ( effet gorbatchev )
Le début des années 1990 fut caractérisé par la fin des blocages au sein du Conseil de sécurité,
Aout 1990 : intervention immédiate lors de l’invasion du Koweït par les troupes irakiennes
Résolution 688 : première opération humanitaire qui empiétait ouvertement sur la souveraineté irakienne au
profit des populations du Kurdistan irakien.
Juin 1993 : conférence de Vienne et proclamation du « caractère incontestable » de l’universalité des droits de
l’homme.
La deuxième moitié des années 1990 fut marquée par un double mouvement contradictoire. briser le barrage de
la non-ingérence mais réintroduction des logiques étatiques ( problème de trésorerie)
Attentats du 11 septembre 2001, EU : « guerre contre le terrorisme » où l’ONU n’avait aucune marge de
manœuvre.
⇨ Le sommet du 60e anniversaire des Nations unies permit d’obtenir un accord sur la réforme de
l’ONU (crise du multilatéralisme se traduit par une mise en retrait de l’ONU)
INTEGRATION SUPRANATIONALE
Les organisations d’intégration disposent de pouvoirs plus étendus à l’égard des États que les organisations de
coopération. Les transferts de compétences dont elles bénéficient leur permettent d’atteindre directement les
populations des États membres et leurs organes administratifs exercent leurs fonctions dans « l’intérêt général de la
communauté » (art. 157 § 2 du traité de Rome). Leur autonomie est limitée aux seuls domaines où leur action est plus
efficace que celle des États (principe de subsidiarité).
I LE FONCTIONALISME
Fonctionnalisme : courant de pensée développé après 2GM A Working Peace System David Mitrany : qui tente de
comprendre les phénomènes sociaux en identifiant les fonctions qu’ils remplissent dans l’ensemble auquel ils se
rattachent en partant de l’idée que celui-ci tend vers la stabilité.
o Profonde défiance à l’égard des États : incapables de satisfaire aux « besoins fondamentaux » des populations
qui aspirent à la paix et à l’amélioration de leur bien-être.
o Méthode empirique. Isole des domaines spécifiques où des coopérations particulières sont envisageables. o
Penser la politique autrement : l’exercice du pouvoir est dissocié de l’assise territoriale : un même espace
géographique peut être soumis à l’autorité de plusieurs organisations fonctionnelles.
I LE NEO- FONCTIONALISME
Contrairement au fonctionnalisme, le néo-fonctionnalisme se voulait beaucoup moins critique à l’égard des États.
Neo Fonctionnalisme : The Uniting of Europe de l’Américain Ernst Haas: envisageait de créer un super État de type
fédéral sur une base territoriale élargie, tout en préservant les souverainetés d’origine
o L’intérêt partagé est le plus solide ciment ( consensus) : dérive du libéralisme du xixe siècle complété par la
prise en compte de la nécessité de préserver une autorité politique, envisagée dans le cadre d’une fédération
d’États.
o Incrementalisme : élargissement, au gré des opportunités, (spill-over effect).
o L’indirection : on avance mais on ne sait pas vers où. Dirigé par des élites
⇨ Il n’envisage pas la disparition des États
⇨ Ne condamne pas systématiquement le mode d’organisation politique dans les domaines où celui-ci
est plus performant que la gestion bureaucratique.
⇨ L’irréversibilité apparente du processus, dans lequel la nécessité prime la volonté politique. I
FEDERALISME PARTICIPATIF
Comme le néo-fonctionnalisme, le fédéralisme accorde une place prépondérante aux élites qui tirent le processus et
trouvent les solutions nécessaires pour désarmer les résistances à l’intégration.
Fédéralisme participatif : « un mode de gouvernement qui repose non seulement sur l’autonomie des
communautés fédérées et leur participation aux institutions et instances fédérales, mais surtout sur la coopération
entre gouvernements pour atteindre des buts communs par des ententes, des programmes et des financements
conjoints ».
Jean-Louis Quermonne et Maurice Croisat : l’analyse des modalités pratiques de la cohabitation entre les autorités
fédérales et fédérées (Länder, cantons, régions...).
⇨ méthode de gestion concertée entre les niveaux fédéral et fédérés, qui accorde plus d’attention à
la pratique qu’aux textes constitutionnels obligatoirement trop rigides.
Entre les « compétences exclusives » des autorités locales et les « compétences partagées » des autorités fédérales, il
existe des domaines mixtes (les tâches communes).
o Gérées de manière concrète : « coordination volontaire des politiques fédérales et fédérées ». o Une
coopération verticale : dédoublement fonctionnel (les autorités fédérées participent en même temps aux
instances fédérales)
o Une coopération horizontale : échanges d’informations, coordinnation des interventions et accord contre le
niveau fédéral.
L’architecture des organisations de coopération est relativement simple ; les organisations d’intégration sont, pour
leur part, beaucoup plus complexes. Leurs structures s’apparentent autant à celle des organisations de coopération
qu’à celle des États. Dans leur cas, la description des instances se révèle moins pertinente que l’analyse de la
répartition des compétences entre les différents organes pour comprendre leur mode de fonctionnement en réseau.
Les instances de l’UE
Triangle institutionnel décrit par l’article 189 du traité de Rome modifié par
le traité de Maastricht
Cette construction en piliers est désormais caduque du fait des progrès de l’intégration qui se traduisent par la
disparition du troisième pilier fondu dans le premier. Dans une large mesure, la construction européenne se présente
ainsi comme un « modèle fédéraliste à l’envers », où les États assurent les fonctions régaliennes (sécurité, défense,
diplomatie, justice) alors que les institutions européennes sont en charge des politiques communes.
3. Les grandes étapes de la construction européenne
19 septembre 1946 : discours de Winston Churchill (nécessité d’ériger « quelque chose comme les États-Unis
d’Europe », tout en déclarant que la Grande-Bretagne ne pourrait y participer du fait de son insularité)
16 avril 1948 : Le plan Marshall : création de l’Organisation européenne de coopération économique à
l’initiative des États-Unis
Première crise de Berlin , tension de guerre froide : rapprocher la France et la nouvelle République fédérale
allemande. => moteur de la construction européenne.
1er juillet 1965 : crise de la chaise vide (opposition au dvlpt du vote à la majorité qualifiée qui privait la France
de son droit de veto)
10 dec 1974 : sommet de Paris créa le Conseil européen (instance suprême de la Communauté et organe
intergouvernemental)
1993 : Le Marché commun des origines céda la place au Marché unique défini comme « un espace sans
frontière intérieure », destiné à faciliter « la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et
des capitaux ». => dynamique économique se révélait plus efficace que la dynamique politique.
7 fev 1992 : traité de Maastricht. ( la dimension politique resta une fois de plus en retrait) monnaie unique.
18 juin 1997 : traité d’Amsterdam augmentait très sensiblement les pouvoirs de codécision du Parlement
(motion de censure)
Fin 1990 intense réflexion sur les conditions d’émergence d’une véritable identité européenne de sécurité et de
défense dans un contexte d’elargissement à l’est.
Décembre 2001 : sommet de Laeken quatre questions relatives : 1) à la répartition des compétences entre
l’Union et les États membres ; 2) à la distribution des tâches entre les institutions européennes ; 3) à
l’amélioration de la visibilité internationale de l’Union ; et 4) au renforcement de sa légitimité démocratique.
CHAPITRE 2
Introduction
Les organisations internationales sont à l’origine d’une « diplomatie de conférence », qui correspond à une
multilatéralisation des pratiques diplomatiques traditionnelles. Selon Marie-Claude Smouts, le multilatéralisme est
un « discours » qui n’a pas seulement une valeur descriptive, mais qui exprime également un projet politique.
La valeur « universaliste » postule l’égalité des hommes et l’unité du genre humain ; Le constat relève l’indivisibilité
de l’espace : le territoire des États s’avère désormais trop étroit pour traiter des problèmes de l’humanité ; Le projet
consiste à « construire du sens commun » entre tous les acteurs insérés dans les mécanismes de coopération
multilatérale.
Les organisations de coopération sont ainsi habilitées à faire usage de leur autonomie fonctionnelle pour faire
prévaloir leurs objectifs de transformation de la vie internationale sur les intérêts des États (§ 1). Quant aux
organisations d’intégration, elles dessinent les contours d’un nouvel espace d’action publique, où la politique se
conçoit sur un modèle différent des pratiques traditionnelles (§ 2).
AUTONOMIE FONCTIONNELLE
Autonomie fonctionnelle : dissociation entre les buts et les principes d’une organisation internationale et l’intérêt
des États qui l’ont créée. Elle permet aux organisation d’exercer une pression constante à l’égard des États, en
vue de les contraindre à respecter les engagements auxquels ils ont souscrit en les créant
⇨ L’analyse fonctionnelle (des organes créés en vue de remplir des fonctions spécifiques) : Les méthodes
nécessaires à l’accomplissement de ces objectifs d’intérêt général nécessitent donc d’inventer de
nouvelles pratiques.
1. L’apport de garanties
L’institutionnalisation de la coopération interétatique impose la présence d’un arbitre, garant de l’observation des
règles du jeu.
Dans un système international fondé sur l’égalité formelle des États, toute négociation exige des concessions
mutuelles. Ces concessions doivent être théoriquement équilibrées, ce qui est rarement vérifié compte tenu des
inégalités de fait entre les États. Les organisations internationales peuvent compenser ces inégalités sur le long terme
Les conférences de suite organisées dans le cadre de l’ONU permirent de faire pression sur les États nucléaires pour
que ceux-ci renoncent à effectuer les essais indispensables à la modernisation de leurs arsenaux.
I LA FONCTION DE CONTROLE
La neutralité des organisations de coopération leur permet également d’être en mesure d’effectuer les contrôles
nécessaires au respect des engagements internationaux.
Les questions techniques (nucléaire, désarmement...) : domaines où les pouvoirs de contrôle des organisations
internationales sont les plus étendus.
Ex : Dans le cadre du TNP, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est ainsi chargée de vérifier que les
installations nucléaires civiles ne sont pas détournées à des fins militaires.
L’intervention par carence est le deuxième domaine d’action autonome des organisations internationales. Celles-ci
sont en effet souvent conduites à traiter des problèmes résultant de vides juridiques. Ex : les patrides
Le concept d’agenda est couramment utilisé dans la terminologie onusienne : Agenda pour la Paix, Agenda pour le
développement, Agenda 21... Inspiré par la sociologie politique américaine, ce concept rend compte d’un projet étalé
sur plusieurs années, qui est placé en tête des priorités de l’organisation. Il participe à la fonction de légitimation des
organisations internationales concernant « la définition et la promotion des normes et des valeurs nécessaires au
maintien de l’ordre international » (Pierre de Senarclens).
o Investir le long terme : le court terme restant le domaine privilégié des diplomaties étatiques o Mises à jour
de nouvelles problématiques : imposent aux diplomaties de traiter de nouveaux domaines o Efficacité :
caractère très général qui permet de fractionner les problèmes traités ( négo partielles et mesures concrètes)
o Influencés par les majorités : asseoir la légitimité des structures internationales qui complète leur autorité,
NB : Ces agendas sont souvent critiqués : Ils énumèrent un ensemble de principes suffisamment vagues avec lesquels
personne ne peut être en désaccord formel, démonstration de l’impuissance des organisations internationales.
Louis Cartou : paradoxe dans la construction d’un ordre juridique interne au moyen des techniques juridiques dont la
base est un traité international
o Hiérarchie des normes communautaires : au sommet le TFUE (Rome, de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice
réunis par Lisbonne). Le « droit dérivé » constitue le deuxième étage de l’édifice juridique (règlement,
directive, décision / recommandations et avis)
o Conditions d’application des règles de droit : distinguent radicalement du droit international. l’arrêt Van Gend
en Loos du 5 février 1963 : applicabilité directe et immédiate du droit communautaire. L’arrêt Costa c/Enel
du 15 juillet 1964 : primauté du droit communautaire sur le droit interne. =>unité d’interprétation et
d’application
o Jurisprudence : assurer le respect du droit dans l’interprétation et l’application des traités, la Cour de justice
de l’Union fonctionne comme une cour suprême.
2. Compétences partagées, exclusives et implicites
À l’origine de la CECA, il avait été envisagé de construire l’Europe à l’aide de politiques sectorielles bénéfiques pour
tous les États. La réussite dans un domaine devait susciter d’autres coopérations par effet d’engrenage (spill-over
effect). L’intégration par l’économie a ainsi conduit à transférer au niveau européen un nombre croissant de
domaines d’intervention. Dans un premier temps, les États ont fixé l’agenda de la construction européenne en
définissant les politiques sectorielles où l’intervention des Communautés était jugée souhaitable. Dans une seconde
étape, l’agenda de la construction européenne a été déplacé du niveau national au niveau européen, Le traité de
Maastricht énuméra, dans son article G, les vingt domaines d’intervention de l’Union européenne et des
communautés.
Les compétences exclusives de l’Union : politique agricole traité de Rome, et confirmées par l’arrêt AETR (31 mars 1991). environnement.
commune, politique Ex : la compétence implicite extérieure découle d’une compétence La délimitation des
commerciale... exclusive interne en matière de transports ; compétences entre les États et les organes communautaires a été
Les compétences implicites : non prévus par les traités, l’action de précisée par le principe de
l’Union apparaît nécessaire. l’article 235 du Les compétences partagées :cohésion économique et sociale,
recherche, subsidiarité. (art 3B du traité de Maastricht)
o L’étude des mécanismes décisionnels : perte d’influence des acteurs généralistes (hommes politiques, hauts
fonctionnaires) au profit des experts.
o L’action publique n’est plus conçue sur le modèle de l’État-providence : mécanisme de négociation continue
dont la finalité n’est plus la réglementation, mais la régulation. Il ne s’agit donc plus d’imposer des normes
mais de fixer des règles de comportement et d’organiser les procédures d’intervention.
CHAPITRE 3
Introduction
Il s’agit donc de savoir si l’existence des organisations internationales modifie profondément la nature des relations
internationales, au point d’encadrer l’activité des États, ou bien si les organisations internationales se contentent de
s’insérer sur la scène interétatique.
AUTONOMIE REDUITE
L’autonomie des organisations internationales ne se mesure pas seulement à leurs pouvoirs de décision et à leurs
compétences opérationnelles. Il ne s’agit pas en effet d’établir une comparaison avec les capacités d’action des États,
ce qui les placerait obligatoirement en situation d’infériorité. Il s’agit au contraire de voir si, dans les domaines où
elles disposent de pouvoirs autonomes, elles sont en mesure de modifier en profondeur les pratiques diplomatiques
traditionnelles en ouvrant de nouveaux registres pour l’action internationale.
Ce contrôle s’opère par les contributions des États qui alimentent les budgets des organisations de coopération et par
l’insuffisance des ressources propres des organisations d’intégration.
⇨ Les organisations de coopération ne peuvent engager des actions extérieures qu’avec l’assentiment
des États qui acceptent de les financer.
Les contributions
fonctionnement=> tributaire de la bonne
obligatoires sont
calculées en fonction du PIB des membres. Les États les plus puissants
Budget volonté des États
assurent donc l’essentiel du budget
seuls 132 États étant à
jour de leur contribution. Cette distinction entre contributions ⇨ Les activités essentielles de l’ONU sont
Principal contributeur de
volontaires et obligatoires crée une triple
l’Organisation,
donc largement dépendantes de l’accord
Washington est en dépendance des organisations
même temps son plus des grandes puissances
internationales à l’égard des États :
o l’ONU est alors obligée de mettre en
⇨ Restriction des capacités d’initiative : application des projets de réforme qui lui
sont imposés de l’extérieur
gros débiteur
ordinaire Les quotes parts des membres du Les dépenses opérationnelles d’une
Conseil de sécurité sont
en outre majorées de 25
organisation internationale sont en effet
% pour les opérations de
maintien de la paix
plus élevées que les dépenses de
» calculée
Budget
⇨ les organisations d’intégration sont nettement moins tributaires des États que les organisations de
coopération
⇨ consacrée par l’augmentation des pouvoirs du Parlement qui adopte ou rejette le budget
communautaire ( mais elle ne concerne que les dépense non obligatoire
Néanmoins l’autonomie de l’Union est réduite :
o Faiblesse du budget : Le seuil maximal du RNB n’a jamais été respecté, plus de dépendance des etats o La
théorie du juste retour : Margaret Thatcher (« I want my money back ») Les États s’efforcent de recevoir de
l’Union européenne l’équivalent de leurs contributions.
Organisations de coopération et d’intégration se différencient également par l’étendue de leurs pouvoirs d’initiative.
Comme en matière budgétaire, les organisations d’intégration disposent de pouvoirs plus étendus que les
organisations de coopération.
Les capacités d’impulsion des organisations de coopération sont étroitement encadrées par les États.
ONU : la capacité d'initiative donnée au Secrétaire général par l'Article 99 de la Charte lui permet d'attirer
l'attention du Conseil de Sécurité. Les capacités d’initiative du secrétaire général sont pourtant étroitement
encadrées par son statut et par la pratique. Étant simplement « nommé », il ne peut se prévaloir de la légitimité
d’une élection. Son mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois, lui interdit d’utiliser la notoriété acquise dans
sa fonction pour s’opposer aux décisions des grandes puissances. Le SG pourrait avoir une aura considérable, on a
fait en sorte de limiter ses capacités d'intervention.
⇨ Les capacités d’impulsion du secrétaire général se réduisent le plus souvent aux projections sur
l’avenir durant le rapport annuel
Les capacités d’initiative des organisations d’intégration sont obligatoirement plus étendues dans les domaines
intégrés. Ce pouvoir est cependant moins étendu que les textes ne le laissent supposer.
UE : Son fonctionnement en réseau relativise la compétence formelle attribuée à la Commission. Il existe une
mobilité des centres de décision et une flexibilité des procédures de concertation et de décision. Ainsi, l’influence
souvent critiquée de l’eurocratie cache-t-elle avant tout une autre forme d’intervention des administrations
nationales sous forme de « technocratie intergouvernementale » (J.-L. Quermonne).
Le pouvoir d’initiative de la Commission n’implique pas pour autant un pouvoir de décision. Celui-ci appartient au
Conseil, parfois associé au Parlement par la procédure de codécision.
Dans le champ de la coopération politique l’initiative et la décision appartiennent prioritairement aux États même
si le traité de Maastricht s’est efforcé de briser le monopole diplomatique des États
ACTEURS SECONDAIRES
Des deux conséquences précédentes, il découle que c’est par rapport à la hiérarchie de la scène interétatique que doit
être envisagé le statut d’acteur des organisations internationales.
Pour les Réalistes (Raymond Aron) : les organisations Pour les transnationalistes, les organisations
internationales sont obligatoirement des acteurs internationales sont au contraire des acteurs autonomes :
secondaires sur cette scène interétatique car il leur du fait de leur fonction de légitimation qui leur permet de
manquait l’« essentiel » à savoir : « une volonté reconnaître la création d’un nouvel État ou de refuser
communautaire (rassemblant) une collectivité humaine l’admission d’un autre, elles se trouvent obligatoirement à
consciente de son originalité et résolue à l’affirmer face égalité avec les États.
aux autres collectivités ».
Les organisations de coopération bénéficient en effet d’une forte visibilité, mais font preuve de peu de capacités
d’adaptation, comme en témoigne la difficile réforme des Nations unies
Contexte de la réforme
I CRISE DE LEGITIMITE
Les silences de l’Agenda de la réforme de 1997 sur les modifications à apporter au mode de fonctionnement du
Conseil de sécurité sont tout aussi significatifs de la crise de légitimité que traverse l’ONU. Ces silences attestent de la
très forte dépendance de l’ONU vis-à-vis des États, qui contrôlent le principal organe de décision. 4 problèmes :
droit de veto : La
choix de nouveaux membres apparemment augmentation
permanents : Le Japon et l’Allemagne, le favorables à l’octroi du droit de veto, les proportionnellement plus élevée du
Brésil et l’Inde vs le tiers monde États-Unis y sont opposés nombre des membres non permanents
France et la Grande Bretagne sont
⇨ Ces deux réformes sont incompatibles : l'agenda de la réforme vise à plus d'efficacité alors que la
réforme du Conseil de Sécurité en vue d'améliorer sa légitimité ne peut que réduire son efficacité.
À l’inverse des organisations de coopération, les organisations d’intégration font preuve d’une grande capacité
d’adaptation ( l’UE est un processus permanant se transformant grâce aux conférences intergouvernementales) ,
mais leur visibilité sur la scène interétatique reste faible ( la présence extérieure se limite à l’économie)
Les difficultés de l’Union européenne pour affirmer son identité politique sur la scène internationale
o Raisons géographiques : André Siegfried priorités stratégiques différentes entre des États tournés vers la
Russie (États baltes, Pologne, Finlande, Suède), et ceux vers la Méditerranée (Portugal, Espagne, France, Italie) o
Raisons historiques : L’échec de la Communauté européenne de défense, La dissuasion nucléaire, , l’activisme
français en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale et dans la bande sahélo-saharienne
o Raisons culturelles : tous les États sont d’accord sur le concept « d’approche globale », mais le contenu de
cette approche diffère ( France : combiner « sécurisation » et « consolidation », vs l’Allemagne : « approche
globale » et « consolidation » sont synonyme)
o Raisons institutionnelles : la plupart des États membres n’ont toujours pas apporté de réponse claire à la
nature de leur association
o Raisons militaires : quatre États membres sont neutres et ne peuvent donc participer à une alliance militaire :
Irlande, Suède, Finlande, Autriche.
NB : selon R. Jervis les contraintes géographiques n’ont qu’une faible influence sur les réponses spécifiques apportées
à des problèmes concrets.
Acte unique de 1986 : les problématiques de défense et de sécurité sont de nouveaux dans la compétence de
l'Union européenne. => obligation d’information et concertation des initiatives diplomatiques des Etats dans
le cadre de la CPE
La Haye, 27 octobre 1987 : L'UEO devient la plate-forme des intérêts européens en matière de sécurité. ( bras
armé de l’Europe) héritage doctrinal reposant sur les missions de Petersberg de 1992
Traité de Maastricht : Les obligations de la CPE n'ont pas été respectées (Mitterrand à Sarajevo en juin 1992).
La CPE se transforme en une Politique Etrangère et de Sécurité commune (PESC). Art J-4 : prise en compte
d'une "éventuelle définition d'une politique de défense commune".
Traité de Nice en 2001 : Comité politique de Sécurité (COPS) et un Comité des chefs d’état-major. Mise en
place de groupes de force capables d'intervenir, à Nice on décide 400 avions de combat, 100 navires. Ex : En
République démocratique du Congo, opération Artémis en 2003
⇨ Il y a des progrès mais qui ne sont pas suffisant (distance entre l’écrit et le terrain ex : 11 hélico au
Tchad en 2007)
⇨ l'Europe se divise à propos du soutien à l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis
Le traité de Lisbonne : adopté en 2007 à la suite du rejet de TECE de 2005 a créé le Service d'Action Extérieure qui
donne une visibilité à l'UE. Le traité donne une personnalité juridique à l'UE et contient une clause de sécurité et
de défense de l'Article 42§7 : devoir d'assistance et de soutien. Depuis Lisbonne, on assiste à une multiplication
d’initiative.
base industrielle de défense de • En 2017 est crée le fonds • C'est un appel à la solidarité des • novembre 2017 : 17 projets • Il y a donc 44 projets.
l'UE européen de défense. entre 2021 membres de l'Union. capacitaires. l 'initiative européenne
et 2027, 13 milliards d'euro seront • 14 nouveaux projets en d'intervention
• Premier conseil européen de versées dans le domaine de la la stratégie globale de l'Union
novembre 2018 intègrent une
défense en décembre 2013 • défense. dimension plus • Macron en septembre 2017 •
Augmenter l'effectivité, la Utilisation de la clause de • Elle est présentée par Federica élaborer une culture
opérationnelle : hélicoptères
visibilité et l'impact de l'IESD en sécurité et défense Mogherini en juin 2016.
d'attaques, drone, etc. • En commune.
renforçant les capacités. • Sur les • définit les objectifs communs des Novembre 2019, 13 nouveaux • Le Discours d'Angela Merkel de
10e industries d'armement, 7 sont • Lors des attentats du membres de l'Union européen.
Bataclan, projets novembre 2018 est en faveur
américaines. première coopération apparaissent. d'une armée
structurée permanente (CSP) européenne
Les choses bougent mais sur le terrain, la présence de l'Europe est toujours timide. Il n’existe pas de spill over effect en
matière de défense.
CONCLUSION
Les Organisations internationales ne peuvent pas être placées à égalité avec les États puisqu'elles ne maîtrisent pas
les deux attributs de l'adaptabilité et de la visibilité sur la scène internationale. Les organisations internationales de
coopération sont intégrées à la scène interétatique dont elles constituent l'un des échiquiers. Après avoir longtemps
prétendu être un OPNI, l'UE qui s'est vu attribuer la personnalité juridique par l'Article 47 du traité de Lisbonne,
semble vouloir s'insérer plus classiquement sur la scène diplomatique et conforte de ce fait le rôle central de l’État.
La société internationale est la société des États ; la société-monde est la société des individus. Dans la première, les
États se sont associés par intérêt et se sont accordés sur des standards de comportement ; dans la seconde les
hommes sont unis par un destin partagé et par des valeurs communes.
La société-monde présente une vision idéalisée du devenir des relations internationales qui trouve son inspiration
dans la pensée d’Emmanuel Kant.
La société-monde est également synonyme de contestation de l’ordre des États : autonomie de la société civile à
l’égard de toute forme d’autorité publique. condamne la violence inhérente à la scène interétatique.
• An Essay on the History of Civil Society d’Adam Ferguson Le libéralisme plus ancien de ces courants de la fin du
XVIIIe : principe de l’existence d’une société civile, siège des intérêts particuliers, qui se distingue du corps politique :
le pacte social, qui fonde la société, est complété par un pacte politique distinct, qui permet l’exercice du pouvoir
politique. => volonté de restreindre les pouvoirs de la puissance publique à ses seules fonctions régaliennes (police,
justice, diplomatie et défense). La République universelle des échanges devait rendre les guerres inutiles ;
• Auguste Comte Le positivisme : pensée dominante du xixe siècle. Dans les rapports sociaux, la « solidarité
mécanique » du passé cédait la place à une « solidarité organique » : les hommes étaient conduits à choisir la nature
des liens les unissant à leurs semblables.
• Le marxisme : désir d’émancipation de la société civile et de pacification des relations internationales. Pour Marx, la
guerre était la forme internationale de la lutte des classes. Lorsque l’antagonisme des classes à l’intérieur des nations
aura disparu, l’hostilité de nation à nation disparaîtra » (Manifeste communiste).
• l’« objectivisme sociologique » de George Scelle. Pendant juridique : la société internationale est un groupement
spontané d’individus ; l’homme est la composante première de la société internationale et le premier sujet du droit
international. => la souveraineté appartient au groupement d’individus le plus global : c’est donc la société
internationale qui est souveraine, l’État n’est qu’un groupement intermédiaire.
Ce succès s’expliqua par la convergence d’un climat intellectuel favorable (les idées de mai 1968) et par la montée en
puissance du mouvement des non-alignés.
1972 de Transnational Relations and World Politics de Robert O. Keohane et de Joseph Nye et de World Society de
John Burton : naissance d’une société mondiale, organisant les échanges entre une multiplicité d’acteurs.
CHAPITRE 1
Introduction
La chute du Mur de Berlin a servi de révélateur à des transformations de grande ampleur qui minaient les fondements
du monde des États. À la suite des travaux de James Rosenau, de nombreux auteurs considérèrent que la fin de la
bipolarité entraîna la disparition du système westphalien et marquait la naissance d'une ère nouvelle. Ce monde post
westphalien serait ainsi caractérisé par l'émergence d'une société-monde rassemblant toute l'humanité, unie par un
destin commun.
Selon James Rosenau, le trait dominant de ce nouveau monde serait de pérenniser les tensions plutôt que de les
contenir. L'après-guerre froide réactualise les théories transnationalistes qui analysent les événements ayant suivi la
chute, du Mur de Berlin en termes de rupture avec le monde des États (§ 1), du fait de l'autonomie acquise par de
nouveaux acteurs de la politique mondiale (§ 2).
L’école du mondialisme constitua la plus fondamentale remise en cause du réalisme. Le Premier débat de la discipline
des relations internationales a ainsi opposé réalistes et mondialisme utopique. Ce débat n’a jamais été clos et
ressurgit à intervalles réguliers, au fur et à mesure du renouvellement des problématiques. Celui-ci a pris trois formes
successives.
I LA WORLD HUMAN SOCIETY DE JOHN BURTON
L’idée centrale de Burton réside dans la représentation de multiples réseaux transnationaux par lesquels chaque acteur est uni à tous les autres par un
enchevêtrement d’interactions de nature très diverses. : modèle des boules de billards substitué par une représentation en toile d'araignée
⇨ Petites communautés allant des États, collectivités locales, voire même aux familles
⇨ L’échange est le paramètre central et vise à satisfaire les besoins fondamentaux des hommes.
⇨ Il faut se focaliser sur les situations ordinaires et non pas le cas isolé de recours à la force
NB : l’État ne doit plus être considéré comme un acteur singulier du jeu international. Son schéma, qui part de
l’Homme et de ses besoins fondamentaux pour aboutir à la société mondiale
1987 de la Société des individus : s’intéresse aux relations internationales que de manière accessoire. Le monde toile d'araignée devient
un filet : plus large est l’environnement social, plus nombreuses sont les possibilités d’individualisation offerte à l’homme
⇨ L’autonomie accrue des individus est compensée par une perte d’influence sur leur environnement,
devenu trop vaste pour qu’une action humaine ait une influence sur son devenir
⇨ Le besoin de tout homme de s’identifier à un groupe : plus la société est large, plus les hommes ont
de difficultés pour définir leur identité.
⇨ paradoxe : prise de conscience d’un devenir commun à l’échelle de l’humanité s’accompagne de la
redécouverte d’un nationalisme agressif.
repris au milieu des années 1990 par Klaus-Gerd Giesen : modèle de représentation de la société-monde totalement dégagé des relations politiques et
marchandes. (la société civile n’est que rarement perçue comme une libre association des individus dans le but de compenser l’influence de l’État)
NB : Plus traditionnellement, la société civile est présentée comme le complément de l’État or elle est formulée d’un
point de vue trop favorable à l’Etat et l’économie.
⇨ Nouvelle formulation : La société civile est le domaine des libertés concrètes que seule le politique
permet d'atteindre.
⇨ « monde de la vie » se présente comme « une oasis de la communication libre », préservé de la
logique purement instrumentale du politique et de l’économie
2. La globalisation des identités
En 1990, James Rosenau Turbulence in World Politics : postulant la disparition du monde des États, né avec les traités
de Westphalie.
passage d’une société industrielle à une technologique, ne capacités déclinantes des États pour apporter problèmes majeurs que se posent les tendance à la décentralisation
société postindustrielle peuvent plus être traités au simple niveau des réponses citoyens
certains problèmes qui, du fait du progrès national (pollution, terrorisme, drogue... satisfaisantes aux l’émergence d’une opinion publique plus
informée des affaires mondiales
les raisons de la transformation des rapports de sujétion établis entre l’homme et l’État selon
artificielle : l'informatique a obligé les elites à admettre la complexité du réel La prolifération de nouveaux groupes sociaux problème de la cohabitation entre ces différentes
« ce ne sont pas les attitudes des citoyens envers la politique qui transforment la (associations, clubs, mafias...) Ces identités multiples participent à l’émergence identités. paradoxe de ce processus de mondialisation qui suscite automatiquement
politique mondiale, mais leurs capacités à employer, articuler, diriger et rendre d’une culture globale « une résistance à la
effectives ces nouvelles attitudes ». globalisation contribuant ainsi au développement des processus de localisation ».
Le recensement des acteurs internationaux par l’analyse transnationale présente deux originalités : La gamme des
acteurs est élargie à ses deux extrémités, complétée par un bouleversement de la hierarchie.
1. L’Homme comme finalité
Dans l'ancien monde des états, selon René Jean Dupuy "L'homme est en exil dans la collectivité des États". Si l'homme
est atteint par le droit international public c'est simplement pour être puni. Tout à coup, avec la société
internationale, l'homme devient un acteur de la vie internationale.
C'est le principe de l'exécution de bonne foi, il n'y a pas de contrôle des traités dans la société internationale. Pourtant
les droits de l'homme, à force d'être répétée a commencé à être une contrainte pour les états.
o Selon K. Vasak et D. Colard, trois générations (ou trois Âges) des droits de l’homme peuvent être distinguées
o Le premier Âge : La déclaration universelle précisée par deux pactes adoptés en décembre 1966. (droits civils
et politiques et droits économiques, sociaux et culturels) => faculté de faire
o Deuxième Âge : « droits créances » sur les États (droit à l’éducation, au travail, à la protection sociale...). Ils
correspondaient à la conception socialiste,
o Troisième génération : conséquence de l’émergence des nations du tiers-monde. droit à la paix, à
l’autodétermination ou au développement durable
o Le Conseil des droits de l’homme : succédant à la Commission des droits de l’homme pour lutter plus
efficacement contre les violations des droits de l’homme = examen périodique des droits chez tous les
membres
o Le Comité des droits de l’homme : pacte de décembre 1966 sur les droits civils et politiques. Examiner de
manière indépendante trois fois par an les rapports remis par les 168 États signataires du pacte. + examiner
les communications de particuliers ( citoyen de l’un de ces 115 États s’estimant victime d’une violation)
o Haut-commissaire aux droits de l’homme : conférence de Vienne rang de secrétaire général adjoint. Nommé,
mais non pas élu, il dispose d’un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Rôle de coordinateur du
Comité et rend compte de ses activités devant la Commission.
De l’instrumentalisation a l’autonomisation des droits de l’Homme
La diplomatie des droits de l’homme est obligatoirement paradoxale : menée par les États, elle a pour vocation de
retourner les obligations qu’elle crée contre les États qui manqueraient à leurs engagements.
Concernant ces interventions humanitaires, le droit international s’est développé dans deux directions. Il a tout
d’abord cherché à exclure toute forme d’ingérence (l’article 2 § 7 de la Charte des Nations unies. Des possibilités
d’ingérence ont été reconnues marginalement (décolonisation, de lutte contre l’apartheid). Il a ensuite dissocié droits
de l’homme et droit humanitaire ( conditionnée à une autorisation préalable)
Janvier 1987 : Le colloque Droit et morale humanitaire organisé à Paris par Bernard Kouchner et Mario Bettati
posa les fondations d’une nouvelle politique d’ingérence.
François Mitterrand développa alors les arguments en faveur du devoir d’assistance humanitaire en précisant
que « la non-ingérence s’arrête à l’endroit précis où naît le risque de non-assistance ».
Résolution 43/131 du 8 décembre 1988 : favoriser « le libre accès aux victimes de situations d’urgence ».
Résolution 45/100 du 14 décembre 1990 : « couloirs d’urgence humanitaire ». charte de déontologie pas
obligatoires.
Résolution 688 5 avril 1991 autorisa la création de zones de protection en territoire irakien où furent
rassemblées les populations kurdes attaquées par l’armée irakienne.
Le devoir d’ingérence céda vite la place au droit d’intervention :
La protection des minorités est le corollaire de la responsabilité de protéger. Le droit à l’assistance humanitaire est en
effet reconnu prioritairement à des minorités, victimes d’exactions (Kurdes, Bosniaques...).
À la fin de la Première Guerre mondiale, la SDN considéra que la protection des nationalités était désormais du
ressort de la communauté internationale.
=>Son échec en Yougoslavie conduisit l’ONU à aborder la question des minorités avec beaucoup de prudence.
La dimension individualiste : non pas la protection des minorités en tant que groupes, mais des individus en tant que
personnes appartenant à des groupes minoritaires. => refus des États à accepter l’existence de « droits collectifs »
des minorités
Trois instances sont ainsi en charge de la question des minorités en Europe : la CSCE/OSCE, le Conseil de l’Europe et
l’Union européenne
Le document final de la conférence de Vienne se réfère à la communauté internationale en lui faisant obligation de «
traiter des droits de l’homme globalement, de manière équitable et équilibrée, sur un pied d’égalité et en leur
accordant la même importance » (art. 2 § 5). Investie de cette responsabilité, elle est donc considérée comme un
sujet du droit. De ce fait, elle existe indépendamment des États et ne peut plus être considérée comme la simple
représentation immatérielle de la collectivité étatique. La communauté internationale devient ainsi l’une des
expressions de l’humanité.
« L’humanité embrasse les peuples et les individus au-delà des regroupements nationaux
» « La communauté internationale se réduit à une communauté d’États ». R.-J. Dupuy
(P.-M. Dupuy) : L’affirmation de l’existence d’un patrimoine commun de l’Humanité a donc précédé l’affirmation de
l’existence de l’humanité.
o En 1966, l’UNESCO proclama que « toutes les cultures font partie du patrimoine commun de l’humanité ». o
Traité sur l’espace extra-atmosphérique : la lune et les autres corps célestes étaient « l’apanage de l’humanité o
Domaine maritime : le fond des mers et des océans, ainsi que leur sous-sol, au-delà des limites de la juridiction
nationale... font partie du patrimoine commun de l’humanité. Convention de Montego Bay du 10 déc 1982
Dans un second temps, l’humanité incarna des valeurs de solidarité et de justice ayant pour but de compenser les
inégalités entre nations.
o Première conférence des Nations unies : demanda pays industriels de consacrer 1 % de leur PIB o La
négociation sur le nouvel ordre économique international (NOEI) : faire progresser l’idée de justice, en
aménageant des procédures dérogatoires au principe de réciprocité en faveur des nations du Sud o la crise de
la dette dans les années 1980 : prise de conscience de l’interdépendance des économies en imposant aux pays
créditeurs d’accepter le principe de l’annulation de la dette des pays les plus endettés (sommet du G-7 de
Toronto de juin 1988).
Plutôt que de raisonner en termes de concurrence entre les États et l’humanité, il est donc indispensable d’envisager
leur complémentarité.
o L’humanité n’a pas vocation à révolutionner le droit international : fixer une nouvelle orientation au
développement des normes juridiques organisant la vie internationale.
o Porter un regard alternatif sur les affaires mondiales : remplaçant la logique compétitive de puissance des
États par une logique de responsabilité et de solidarité entre les peuples (B. Badie).
o « gouvernance globale » : Dans son aspect le plus concret (le patrimoine commun), ce concept permit de
tester de nouvelles procédures de consultation et de gestion
CHAPITRE 2
Introduction
La gouvernance est une nouvelle manière de concevoir l’action publique pour apporter les réponses appropriées à des
problématiques qui dépassent désormais le cadre des États (population, environnement, drogue...). À ce titre, la
gouvernance est la méthode d’action privilégiée de la société-monde qui place l’homme au centre de ses
préoccupations.
Interne : l’expression des difficultés rencontrées par l’État dans ses relations avec la société civile. Crise : l’incapacité
des États modernes à appliquer les réglementations existantes ; la mise en cause de la légitimité d’une bureaucratie
trop éloignée du quotidien ; la mauvaise affectation des ressources publiques; l’inadaptation croissante des
instruments d’intervention.
Externe : carences du système interétatique face à une perception nouvelle de l’environnement planétaire.
PROBLEMATIQUES INTERNATIONALES
La gouvernance globale élargit la gamme des problématiques qualifiées d’internationales. Aux préoccupations
politiques des États, elle ajoute les intérêts à agir des multiples groupes dont l’activité dépasse les frontières
nationales. La gouvernance globale participe ainsi à la réflexion sur l’objet des relations internationales, auxquelles
elle substitue l’appellation politique mondiale.
En 1989, la personne de l'année pour le Times est la planète en danger. Il y a des atteintes à l'environnement qui
doivent être prises au sens large.
C'est la question du dérèglement climatique, de la couche d''ozone, des déchets, des pluies acides. Il y a une
destruction des habitats avec les inondations, des tempêtes plus récurrentes. Les atteintes à l'environnement c'est
aussi la propagation d'épidémies et d'épizooties (animaux - vache folle) à la faveur de la mondialisation car +
d'avions. Les atteintes à l'environnement c'est aussi la montée du terrorisme. La CNUD, les principales questions
pour l'avenir sont l'environnement, le terrorisme et les mafias. La dernière atteinte atteinte à l'environnement est la
croissance démographique, il s'agit de gérer les migrations à l'échelle planétaire source d'insécurité et d'instabilité.
(1.6 MM à [Link] en un siècle).
Il y a également des questions culturelles dont la question de l'identité qui n'était pas centrale au temps de la guerre
froide. La lutte des classes était plus importante que l'identité.
L'approche constructiviste : 3e débat des Relations internationales qui dit que le monde est socialement construit
par nos identités. La culture est donc devenue centrale.
En 1993, Samuel Huntington prévoit que les questions du rôle de l'homme, de la place de la religion, des migrations,
de l'hégémonie occidentale et la régionalisation vont être sources de débats.
SOLIDARITE PLANETAIRE
« L’apparition d’une société civile globale qui renforce le sentiment de solidarité humaine, est l’une des
caractéristiques les plus positives de notre époque ». Le rapport de la commission Brandt souligne l’influence de
solidarités nouvelles capables d’unir les hommes par-delà les frontières nationales. La gouvernance globale ne
s’attache donc pas aux solidarités politiques établies entre les États, mais aux solidarités transnationales établies
entre les individus.
1. Les ONG
ONG : organismes privés sans but lucratif, disposant d’une personnalité juridique attribuée par leur État d’origine
et qui sont parfois reconnus par un organisme international afin de leur conférer un statut consultatif.
Leur situation juridique est très variable entre les pays, ce qui rend très difficile les comparaisons : trois étapes
peuvent être néanmoins distinguées dans leur histoire :
Un courant pacifiste en complémentarité avec l’ordre des États • début des années 1960 professionnalisation
• le courant missionnaire (Secours catholique, Comité catholique
• London Peace Society fondée en 1815 et Association pour la paix contre la faim et pour le développement, Defap pour les églises
créée à Genève en 1830 => deux premières ONG modernes., • professions « sans frontières » (médecins, architectes...) qui
protestantes) envoient des volontaires qualifiés.
• Le Comité international de la Croix Rouge incarna la
• un courant anti-impérialiste (Peuples solidaires) • un • Leur action est davantage centrée sur l’intervention d’urgence
complémentarité des initiatives privées et de l’action publique. :
courant laïque (Oxfam). face à des situations concrètes que les États et la collectivité
conventions humanitaires sur la protection des blessés de guerre,
• Les ONG privilégièrent alors les microréalisations, (objectifs internationale ne peuvent résoudre, du fait du principe de non-
des prisonniers et des populations civiles en cas de conflit. Son
réduits) = période du « caritatif », ingérence.
activité est complémentaire de celle des États : il intervient à leur
demande ou avec leur accord. • discours idéologique très prégnant qui se défiait de l’action • Parallèlement, on assiste à un déclin du discours idéologique
publique et qui contestait les modèles macro-économiques de anticapitaliste.
un intérêt nouveau pour les questions du développement développement proposés aux pays du tiers-monde.
NB : Trois tendances concernant le devenir des ONG sont néanmoins observables : des regroupements plus nombreux,
un partenariat renforcé avec les organisations internationales et une meilleure coordination avec les instances
nationales
2. La redécouverte du sacré
La guerre froide avait occulté le sacré dans les relations internationales. Le matérialisme de la société de
consommation, qui avait substitué la Raison au spirituel (Dieu est mort chez Nietzsche ou le désenchantement du
monde de Max Weber) et le marxisme, qui avait tenté d’éradiquer les religions (l’opium du peuple de Karl Marx).
=> redécouverte d’une dimension de l’homme qui avait été négligée par la sécularisation de l’État, c’est-à-dire la
séparation du politique et du religieux.
La fonction politique de la religion prend à présent une dimension beaucoup plus contestataire :