Densité et courant de probabilité en mécanique quantique
Densité et courant de probabilité en mécanique quantique
Chapitre IV
mais comme
∂ 2 Ψ∗
2Ψ &
∂Ψ∗
'
∗∂ ∂ ∗ ∂Ψ
Ψ − Ψ= Ψ − Ψ (4.5)
∂x2 ∂x2 ∂x ∂x ∂x
l’équation (4.4) devient
x2 %(x2
∂Ψ∗
$
∂ i! ∗ ∂Ψ
!
2
(
|Ψ(x, t)| dx = Ψ − · Ψ (( (4.6)
∂t x1 2m ∂x ∂x x1
61
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
Ψ(x, t) = φ(x)e−iEt/!
Nous reviendrons sur la signification physique de cette relation dans plusieurs des exemples
explicites traités dans ce chapitre.
II La particule libre
∂Ψ(x, t) p̂2
i! = Ψ(x, t)
∂t 2m
Ψ(x, t) = φ(x)e−iEt/!
62
II La particule libre
ou encore
φ2 (x) = Be−ikx (4.14)
et de telles solutions existent pour toute valeur positive de E. On dira que le “spectre de
l’hamiltonient libre” est continu.
Il est important de remarquer que, de la définition de l’opérateur impulsion
∂φ(x)
p̂φ(x) = −i! ,
∂x
il résulte que
p̂φ1 (x) = +!kφ1 (x) et p̂φ2 (x) = −!kφ2 (x). (4.15)
ou
Ψ2 (x, t) = Be−ikx e−iEt/! (4.17)
dans les deux cas nous avons des états propres de l’impulsion. Les valeurs propres de
l’impulsion sont respectivement ±!k.
Il est commode de poser p = !k et les équations (4.16) et (4.17) s’écrivent alors
P1 (x, t) = |Ψ1 (x, t)|2 = |A|2 P2 (x, t) = |Ψ2 (x, t)|2 = |B|2
p −p 2
J1 (x, t) = |A|2 J2 (x, t) = |B|
m m
63
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
Il en résulte que les amplitudes de probabilités Ψ1 (x, t) et Ψ2 (x, t) ne sont pas normalisables
sur tout l’axe réel, c’est-à-dire
! +∞
P1 (x, t)dx
−∞
Comme premier exemple nous considérons la diffusion par un “saut de potentiel” (encore
appelé “potentiel en escalier”) d’un faisceau de particules d’énergie E (voir figure ci-dessous) :
64
III Le “saut” de potentiel
Nous commençons par considérer le cas E > V1 . Et pour préciser univoquement les
conditions du problème, nous considérons le cas où “il n’y a pas de particules qui viennent
de la droite”. Nous prenons x = 0 comme la position de la marche d’escalier et V1 comme
hauteur de la marche. Nous résolvons l’équation de Schrödinger indépendante du temps
& 2 '
p̂
+ V φ(x) = Eφ(x).
2m
Dans la région I (x < 0), l’équation à résoudre est
d2 φI (x)
= −k2 φI (x) (4.20)
dx2
avec
2mE
k2 = (4.21)
!
tandis que dans la région II (x > 0) nous avons
d2 φII (x)
= −k12 φII (x) (4.22)
dx2
avec, maintenant
2m(E − V1 )
k12 = . (4.23)
!2
dφ
En x = 0, nous imposons la continuité de φ(x) et de sa dérivée première dx , à savoir
mais la condition physique “il n’y a pas de particules qui viennent de la droite” impose
D=0 (4.27)
A0 + B = C
ik(A0 − B) = ik1 C
65
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
soit encore
k − k1
B= A0 (4.29)
k + k1
et
2k
C= A0 (4.30)
k + k1
et le problème est complètement résolu ! Pour comprendre physiquement ce qui se passe il est
utile de définir un coefficient de réflexion R et un coefficient de transmission T de la manière
suivante :
R+T =1 (4.31)
|B|2 (k − k1 )2
R= = (4.32)
|A0 |2 (k + k1 )2
k1 |C|2 4kk1
T =1−R = 2
= (4.33)
k|A0 | (k + k1 )2
La description physique est à présent immédiate : nous sommes partis avec un faisceau de
particules “venant de la gauche”. Lorsque ce faisceau arrive à la “marche d’escalier” une
partie est “réfléchie” et une autre passe dans la région II i.e. est transmise. Le faisceau
venant de la gauche est composé de particules d’impulsion !k et est décrit par le terme
A0 eikx . La densité de probabilité est uniforme |A0 |2 et le courant de probabilité Jincident =
p 2 !k 2
m |A0 | = m |A0 | . Les particules “réfléchies par le saut de potentiel” ont une impulsion −!k
(elles vont de droite à gauche dans la région I). Elles sont décrites par le terme Be−ikx : leur
densité de probabilité est également uniforme |B|2 et le courant de probabilité
p !k
|Jréf | =| − |B|2 |= |B|2 .
m m
Les particules “transmises dans la région II”, ont quant à elles une impulsion +!k1 . Leur
densité de probabilité est également uniforme |C|2 et le courant de probabilité Jtransmis =
!k1 |C|2 . La signification des coefficients de réflexion et de transmission est également claire
m
Jréflexion |B|2
R = =
Jincident |A0 |2
Jtransmis k1 |C|2
T = =
Jincident k|A0 |2
La simplicité de la solution ne doit pas occulter le fait que le comportement d’un fais-
ceau de particules quantiques est radicalement différent de celui d’un faisceau de particules
classiques : dans ce dernier cas il n’y aurait tout simplement pas de “réflexion au saut du
potentiel” : le faisceau passerait intégralement de la région I vers la région II.
66
III Le “saut” de potentiel
d2 φI (x)
= −k02 φI (x) (4.34)
dx2
où
2mE
k02 = (4.35)
!2
tandis que dans la région II, nous avons maintenant
d2 φII (x)
= +κ2 ΦII (x) (4.36)
dx2
où
2m(V − E)
κ2 = >0 (4.37)
!2
La solution générale de (4.34) est toujours
67
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
probabilité relative de trouver la particule “loin sous la barrière” (c’est-à-dire x >> 0) serait
énorme et ceci ne correspond pas du tout à la situation physique envisagée.
Les conditions de continuité en x = 0 sont données par
A+B =C (4.40)
68
IV Barrière de potentiel et “effet tunnel”
Nous commençons par le cas E < V0 . Dans la région I (x ≤ 0), la solution de l’équation
de Schrödinger indépendante du temps s’écrit comme précédemment
2mE
Dans les expressions (4.42) et (4.43) k2 = . Dans la région III nous avons annulé
!2
le coefficient d’un terme de la forme F0 e−ikx pour des raisons physiques que nous avons
déjà énoncées dans le paragraphe précédent : la “diffusion” que nous décrivons est celle
d’un faisceau de particules d’impulsion !k venant de la gauche et qui frappe la barrière de
potentiel en x = 0. Bien entendu, on pourrait tout aussi bien décrire la diffusion d’un faisceau
de particules d’impulsion !k venant de la droite et frappant la barrière de potentiel en x = a
dans ce cas on prendrait évidemment dans les régions III et I
et
d2 φII (x)
= κ2 φII (x) (4.44)
dx2
2m(V0 −E)
avec κ2 = > 0.
!2
La solution générale de l’équation (4.44) est donnée par
Cette solution mérite quelques commentaires : dans le paragraphe précédent nous avons
exclus l’exponentielle croissante (i.e. nous avons imposé la condition D = 0) parce que, avec
un tel terme, la probabilité (relative) de trouver la particule au point x croı̂t (exponentielle-
ment) avec x ce qui était physiquement inacceptable dans le problème considéré.
69
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
Ici, par contre, la barrière de potentiel étant de largeur a, finie, il n’y a plus aucune raison
d’exclure a priori l’une ou l’autre des exponentielles.
Bref, revenons aux équations (4.42), (4.43) et (4.44) et imposons les conditions de conti-
dφ
nuité sur φ et dx en x = 0 et en x = a. Explicitement,
en x = 0
φI (0) = φII (0) soit A0 + B = C + D (4.46)
dφI (0) dφII (0)
= soit ik(A0 − B) = κ(D − C) (4.47)
dx dx
et en x = a
φII (a) = φIII (a) soit Ce−κa + Deκa = Eeika (4.48)
dφII (a) dφIII (a)
= soit − κCe−κa + κDeκa = ikEeika . (4.49)
dx dx
Il n’y a aucune difficulté à résoudre les équations (4.46) à (4.49) et la résolution explicite
est laissée à titre d’exercice. Le coefficient qui nous intéresse ici est E et on trouve facilement
que
$ %
4ikκA0 = (κ + ik)2 e−κa − (κ − ik)2 eκa Eeika . (4.50)
E 2
T =| | (4.51)
A0
16k2 κ2 −2κa
T ≈ e κa >> 1
(κ2 + k2 )2
soit encore
& '& '
E E −2κa
T ≈ 16 1− e κa >> 1
V0 V0
qui permet de calculer très simplement T dans des exemples “concrets”.
L’effet tunnel est au même titre que la “quantification de l’énergie” une prédiction spec-
taculaire de la mécanique quantique. Classiquement, un tel effet est absolument impossible
du point de vue énergétique : une particule classique d’énergie E ne peut jamais “traverser”
une barrière de potentiel dont la hauteur est supérieure à E.
Il y a de multiples exemples et applications de l’effet tunnel en physique de l’état solide,
en physique nucléaire (désintégration α) etc . . . Nous n’avons pas encore développé les outils
70
V Le puits de potentiel
nécessaires pour illustrer dans une situation réaliste ces “effets tunnels”, mais si le temps le
permet, nous y reviendrons.
La “physique” sous-jacente à l’effet tunnel devient tout à fait évidente en terme de courant
de probabilité. Dans la région I le courant de probabilité est explicitement donné par
!k !k
JI = |A0 |2 − |B|2 (4.52)
m m
!k 2
JIII = |E| . (4.53)
m
Pour les “états stationnaires” considérés jusqu’ici (une seule valeur de E) la continuité
du courant de probabilité (les particules ne disparaissent pas !) implique
JI = JIII (4.54)
et cette conservation du courant de probabilité est automatiquement garantie pour les valeurs
de B et E calculées à partir des conditions de continuité Eqs. (4.46 - 4.49). Vérifiez-le !
Dès lors, il doit y avoir un courant de probabilité qui traverse la région II : c’est l’effet
tunnel.
A partir de l’équation (4.45) on trouve en effet
−i!κ ∗
JII = (C D − CD∗ ) (4.55)
m
et JI = JII = JIII (en utilisant de nouveau les Eqs. (4.46) - (4.49)) comme prévu.
Il faut encore remarquer que C et D doivent être non nuls et avoir des phases différentes
pour que JII #= 0.
Pour terminer le problème de la barrière de potentiel, il faudrait encore discuter les cas
où E > V0 . Il n’y a aucune difficulté à résoudre ce problème : pour chaque valeur de E, il
existe des solutions et leur interprétation physique ne pose aucune difficulté !
V Le puits de potentiel
71
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
Nous allons voir que ce problème admet des solutions pour toutes les énergies E > V0 .
Pour E < V0 , les solutions seront de “carré sommable” : les amplitudes de probabilité sont
“localisées” et les états correspondants sont des “états liés” mais l’équation de Schrödinger
n’admettra des solutions que pour certaines valeurs discrètes de E : une fois encore l’énergie
est quantifiée ! Pour toute énergie E > V0 , la solution de l’équation de Schrödinger ne sera
pas de carré sommable, et comme précédemment nous l’appellerons un “état de diffusion”.
Le puits de potentiel est donc un exemple simple d’un opérateur Ĥ dont le spectre a une
partie discrète (correspondant aux valeurs de l’énergie des états liés) et une partie continue
(les états de diffusion).
Commençons par résoudre le problème des états liés E < V0 .
Dans la région I
φI (x) = Aeκx x ≤ −a (4.56)
dans la région II
φII = B sin kx + C cos kx −a≤x≤a (4.57)
avec
2mE 2m(V0 − E)
k2 = κ2 =
!2 !2
Répétons une fois encore que pour des raisons physiques nous avons exclus un terme e−κx
dans la région I et un terme eκx dans la région III : nous cherchons des solutions “localisées
dφ
dans la boı̂te”. Les conditions de continuité de φ(x) et dx aux points x = ±a donnent les
équations
72
V Le puits de potentiel
D B tg ka + C
= (4.63)
A −B tg ka + C
D Ctg ka − B
= . (4.64)
A Ctg ka + B
(tg2 ka + 1)BC = 0.
Il n’y a que deux solutions à cette équation : B = 0 ou C = 0. Dans ces cas-là et uniquement
dans ces cas-là, les Eqs. (4.59) à (4.62) admettront des solutions non triviales.
1er cas B = 0
Dans ce cas D = A et nous voyons, par substitution dans les Eqs. (4.56) - (4.58) que
l’amplitude de probabilité φ(x) est une fonction paire φ(−x) = φ(x).
2ème cas C = 0
Dans ce cas D = −A et l’amplitude de probabilité est une fonction impaire φ(−x) =
−φ(x).
Il n’y a aucune difficulté à résoudre les conditions de continuité Eqs. (4.59) - (4.62) dans
les deux cas précités et on trouve
1er cas (solutions paires) : Les Eqs. (4.59) - (4.62) ont une solution non triviale si et
seulement si
κ
tan ka = (4.65)
k
73
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
2ème cas (solutions impaires) : Il existe des solutions non triviales pourvu que
κ
cotan ka = − . (4.66)
k
Dans les Eqs. (4.65) et (4.66) k et κ sont des fonctions de l’énergie E. Les solutions de
ces équations donnent les valeurs de E pour lesquelles l’équation de Schrödinger admet une
solution.
Explicitement, nous avons
soit &√
V0 − E 1/2
' & ' & '1/2
2mE V0
tan a = a = −1 (4.67)
! E E
soit &) ' & '1/2
2mE V0
cotan a =− −1 (4.68)
! E
Les Eqs. (4.67) et (4.68) sont des équations transcendentales, mais il est aisé de les
√ √
2mV0 a
résoudre graphiquement. Posons ϕ = 2mEa et ϕ0 = ; dès lors nous avons à résoudre
& '1/2 ! !
ϕ20
1er cas tan ϕ = ϕ2 − 1
& '1/2
ϕ20
2ème cas cotan ϕ = − ϕ2 − 1 .
Soit, graphiquement
à partir des valeurs de ϕ correspondant aux points d’intersection des deux courbes,
& '1/2
ϕ20
tan ϕ et ϕ2 − 1 nous pouvons calculer les énergies E0 , E2 , E4 , E6 · · ·
74
V Le puits de potentiel
- Aussi petite que soit la valeur de V0 , il existe toujours au moins une solution paire : il
y a toujours au moins un état lié dans un puits de potentiel à une dimension.
75
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
Le cas E > V0 ne présente aucune difficulté. Pour la facilité des calculs nous “changeons”
de notation, i.e. nous prenons la margelle du puits comme zéro de l’énergie et nous changeons
l’origine des coordonnées
Et, en répétant quasi mot à mot la procédure du paragraphe précédent nous obtenons, à
partir de
avec
2mE 2m(E + V0 )
k12 = k22 = .
!2 !2
Les conditions de continuité deviennent
A0 + B = C + D (4.69)
76
V Le puits de potentiel
Il n’y a aucune difficulté à résoudre ces équations c’est-à-dire à exprimer les coefficients
B, C, D, F en terme de A0 . Nous nous bornons ici au calcul du coefficient de transmission
k1 |F |2 |F |2
T = =
k1 |A0 |2 |A0 |2
Des équations (4.69) et (4.70) on tire
et
2k2 De−ik2 L = F (k2 − k1 )eik1 L
et dès lors
|F |2 16k12 k22
T = = (4.74)
|A0 |2 | (k1 + k2 )2 e−ik2 L − (k2 − k1 )2 eik2 L |2
Il est intéressant d’examiner les variations de ce coefficient de transmission en fonction
des paramètres du problème :
a) dans le cas où l’énergie E >> V0 . Dans ces conditions k2 ≈ k1 et dès lors T ' 1
b) lorsque l’énergie incidente est très petite par rapport à la profondeur du puits E << V0 ,
4k 2 √
nous avons k1 << k2 et T ' k2 sin12 kL avec k1 ∼ E et k2 approximativement constant
2
Nous avons eik2 L = e−ik2 L = +1 pour n pair et eik2 L = e−ik2 L = −1 pour n impair et dès
lors T = 1. En résumé la courbe de T en fonction de l’énergie incidente à la forme suivante :
77
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
VI Potentiel périodique
(n)
ΦV = An eik(x−n$) + Bn e−ik(x−n$) (4.75)
Pour passer d’une vallée à la suivante, il faut distinguer les cas où E < V0 (suite d’effets
tunnels) des cas où E > V0 . Nous esquissons les calculs dans le premier cas. Outre l’équation
&
(4.75), nous avons comme solution de l’équation de Schrödinger sous la N ième barrière κ2 =
78
VI Potentiel périodique
'
2m(V0 −E)
!
(N )
φB = Ce−κ(x−N $) + Deκ(x−N $) − a ≤ x − N' ≤ a (4.76)
(n+1)
φV = An+1 eik(x−(n+1)$) + Bn+1 e−ik(x−(n+1)$) a ≤ x − n' ≤ ' − a (4.77)
Pour des raisons physiques nous ne prenons pas An = 0 ni Bn+1 = 0 (les électrons peuvent
passer d’une vallée à l’autre vers la gauche ou vers la droite : il ne s’agit pas de la diffusion
d’un faisceau qui vient de la gauche ou de la droite !
Les conditions de continuité en x − N ' = −a et x − n' = +a nous permettent d’exprimer
An+1 et Bn+1 en termes de An et Bn . En x − n' = −a, nous avons
soit encore
C An
= M (4.78)
D Bn
(κ−ik)e−ika eκa
où M est une matrice 2 × 2 avec M11 = 2κ etc . . .
De même les conditions de continuité en x − n' = a
dont on tire
2ikAn+1 eika e−ik$ = (ik − κ)Ce−κa + (ik + κ)Deκa
et
2ikBn+1 eik$ e−ika = (ik + κ)Ce−κa + (ik − κ)Deκa
soit encore
An+1 C
=N (4.79)
Bn+1 D
79
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
où P = N M est une matrice 2 × 2 qui ne dépend pas de n. Nous pouvons donc itérer
l’équation (4.80) et écrire, par exemple :
An A
= Pn 0 (4.81)
Bn B0
det |P − λ1|| = 0
soit
λ2 − λ tr P + det P = 0
ou tr P = P11 + P22 et det P = P11 P22 − P12 P21 . Dans le cas qui nous occupe det P = 1 et
tr P est réel !! et les solutions de l’équation caractéristique sont donc
1 .
λ± = [tr P ± (tr P)2 − 4] (4.82)
2
si tr P =
# 2, ces solutions sont distinctes et les vecteurs propres correspondants sont linéairement
indépendants. Nous obtiendrons
deux
solutions linéairement indépendantes
de
l’équation
de
+
A0 A0 A0
Schrödinger en identifiant à un de ces vecteurs propres = =
B0 B0 B0+
A0 A−
ou = 0 .
B0 B0−
En effet
A±
0 A±
0
P = λ± (4.83)
B0± B0±
et par conséquent
A±
0 A±
0
Pn = (λ± )n (4.84)
B0± B0±
80
VI Potentiel périodique
Si |tr P| > 2, λ+ et λ− sont réels et dès lors soit la limite n → ∞ soit la limite n → −∞ va
diverger et ceci est en conflit avec la condition physique d’une amplitude de probabilité finie.
Par conséquent, nous aurons des solutions acceptables si et seulement si
Sous cette condition nous pouvons définir un paramètre réel γ par la relation
1
cos γ = tr P (4.86)
2
et dès lors
λ+ = eiγ λ− = e−iγ .
Une valeur de l’énergie E sera permise si et seulement si l’équation (4.86) est satisfaite (P11
et P22 dépendent de E). Un calcul un peu long donne explicitement
κ
où ε = k − κk .
Dans le cas E > V0 le raisonnement est exactement le même et l’analogue de la condition
(4.87) s’obtient sans difficulté (mais le calcul est assez long !!). Elle s’écrit
"
% k 2 + k2
cos γ = cos 2k a cos 2kb − sin 2k% a sin 2kb (4.88)
2kk%
" 2m(E−V0 )
où k 2 = .
!2
Comme ch χ ≥ 1 il est évident à partir de l’équation (4.87) que les valeurs de E pour
lesquelles
2kb = N π (N entier)
Ce qui précède est une illustration simple d’un phénomène capital en physique de l’état
solide : la structure en “bandes” des niveaux d’énergies d’un électron dans un réseau périodique !
Schématiquement la situation peut être représentée par le graphe suivant
2mV0
(a = b = 1 = π 2 /4)
!2
81
Chapitre 4 — L’équation de Schrödinger : solutions particulières
p̂2
Nous avons donc ici un exemple où le spectre de Ĥ = 2m + V̂ (x) est constitué de bandes
(ou plages) continues séparées par des régions interdites.
Les oscillations harmoniques sont des phénomènes très importants aussi bien en physique
classique qu’en physique quantique. Classiquement, pour un système en “équilibre stable”,
de petits déplacements par rapport à cette position d’équilibre vont engendrer des “forces de
rappel” qui tendent à rétablir l’équilibre. En première approximation ces forces peuvent être
prises comme proportionnelles au déplacement et ceci caractérise un mouvement harmonique.
Pour une paticule de masse m soumise à une force de rappel −kx, l’équation de Newton
d2 x
m = −kx
dt2
/
k
admet comme solution, x = A cos(ωt + φ), un mouvement de fréquence angulaire ω = m.
Pour des systèmes plus complexes, un déplacement par rapport à une position d’équilibre
mène à des mouvements d’oscillations couplées assez compliqués. Mais en termes de coor-
données normales le problème se ramène à la superposition d’oscillations harmoniques simples
de différentes fréquences angulaires. La physique moléculaire et en particulier la “spectro-
scopie moléculaire” est un exemple très concret de cette situation et c’est dans ce domaine de
la physique que l’on trouve les applications et confirmations de la physique d’un oscillateur
harmonique quantique. Il y a d’autres contextes où la notion de mode normal est importante
comme par exemple la théorie des champs, mais nous n’en discuterons pas ici.
82