CHAPITRE II ARCHITECTURE DES API
Chapitre II
ARCHITECTURE DES API
II.1. Définition et historique des API
Un Automate Programmable Industriel ou API (en anglais Programmable Logic
Controller, PLC) est un dispositif électronique dédié au contrôle d’une machine ou d’un
processus industriel, constitué de composants électroniques, comportant une mémoire
programmable par un utilisateur non informaticien, à l’aide d’un langage adapté. En d’autres
termes, un automate programmable est un calculateur logique, ou ordinateur, avec un jeu
d’instructions volontairement réduit, destiné à la conduite et la surveillance en temps réel de
processus industriels. Les API sont apparut aux Etats-Unis vers 1969 où ils répondaient aux
désirs des industries de l’automobile de développer des chaînes de fabrication automatisées qui
pourraient suivre l’évolution des technologies et des modèles fabriqués. Trois caractérises
fondamentales distinguent totalement l’API des outils informatiques tels que les ordinateurs:
Il peut être directement connecté aux capteurs et pré-actionneurs grâce à ses
interfaces d’entrées/sorties industrielles,
Il est conçu pour fonctionner dans des ambiances industrielles sévères (température,
vibrations, microcoupures de la tension d’alimentation, parasites, etc.),
Enfin, sa programmation à partir de langages spécialement développés pour le
traitement de fonctions d’automatisme fait en sorte que sa mise en œuvre et son
exploitation ne nécessitent pas des connaissances approfondies en informatique.
II.2. Architecture des API
II.2.1. Aspect extérieur d’un API
Les automates peuvent être de type compact ou modulaire. Les automates type compact
ou micro automates intègrent le processeur, l'alimentation, les interfaces d’entrées / sorties. Selon
les modèles et les fabricants, ils peuvent réaliser certaines fonctions supplémentaires (comptage
rapide, E/S analogiques ...) et recevoir des extensions en nombre limité. Exemples : LOGO de
Siemens, ZELIO de Schneider, S7-200 de Siemens... Ces automates sont de fonctionnement
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simple et sont généralement destinés à la commande de petits automatismes.
(a) (b)
Figure II-1 Automates Siemens de type compact : (a) LOGO et (b) S7-200
Pour les automates de type modulaire, le processeur, l'alimentation et les interfaces
d'entrées/sorties résident dans des unités séparées (modules) et sont fixées sur un ou plusieurs
racks contenant le "fond de panier" (bus plus connecteurs).
Ces automates sont intégrés dans des automatismes complexes où puissance, capacité de
traitement et flexibilité sont nécessaires.
Figure II-2 Automates Siemens de type modulaire : S7-300
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II.2.2. Aspect intérieur d’un API
De manière générale, l’automate programmable industriel est composé de plusieurs
éléments de base décrits ci-dessous (Fig. II.3) :
Figure II-3 Architecture interne d’un API
II.2.2.1. L’unité centrale de traitement (ou Central Processing Unit, CPU)
Elle a pour rôle le traitement des instructions qui constituent le programme de
fonctionnement de l’application, (les fonctions logiques ET, OU, les fonctions de temporisation,
de comptage, de calcul PID, etc..). Mais en dehors de cette tâche de base, elle réalise également
d’autres fonctions :
Gestion des entrées/sorties.
Surveillance et diagnostic de l’automate par une série de tests lancés à la mise sous
tension ou cycliquement en cours de fonctionnement.
Dialogue avec le terminal de programmation ou de supervision, aussi bien pour
l’écriture et la mise au point du programme que pour des réglages ou des
vérifications des données en cours d’exploitation.
Ces fonctions sont exécutées grâce à un micro logiciel préprogrammé dans une mémoire
système. Cette mémoire, n’est pas accessible à l’utilisateur, définit toutes les fonctionnalités de
l’automate.
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II.2.2.2. La mémoire
Elle est destinée au stockage des instructions qui constituent le programme de fonctionnement
de l’automatisme (mémoire programme) ainsi que les données du processus (mémoire de
données).
- Mémoire programme : Elle contient les instructions du programme à exécuter par le
processeur afin de déterminer les ordres à envoyer aux pré-actionneurs reliés à l’interface
de sortie.
- Mémoire de données : Elle permet le stockage de :
• L’image des états des entrées/sorties physiques reliées à l’interface d’entrées/sorties,
• Les valeurs internes utilisées par le programme (résultats de calcul, comptage,
temporisation, comparaison, Les états forcés des entrées/sorties, ...).
Il existe plusieurs types de mémoires :
- RAM (Random Access Memory) : c’est mémoire vive à accès aléatoire en lecture et
écriture à des vitesses très rapides, mais elle doit être alimentée pour conserver
l’information.
- ROM (Read Only Memory) : c’est mémoire morte à accès uniquement en lecture, elle
programmée par le constructeur et son programme ne peut pas être modifié.
- PROM (Programmable Read Only Memory) : c’est une mémoire de type ROM mais
programmable une seule fois.
- EPROM (Erasable Programmable Read Only Memory) : c’est une mémoire de type
PROM que l’on peut reprogrammer après son effacement par exposition à un rayonnement
ultra-violet.
- EEPROM (Electrical Erasable Programmable Read Only Memory) : c’est mémoire
PROM que l’on peut programmer, effacer et reprogrammer électriquement.
II.2.2.3. Les interfaces d’entrées/sorties
Les interfaces d’entrées/sorties, appelées aussi coupleurs d’entrées/sorties, sont des cartes
électroniques qui assurent la liaison entre la CPU de l’automate programmable et la Partie
Opérative (le processus via les capteurs et les pré-actionneurs). Les coupleurs d’entrées reçoivent
les signaux des capteurs et des commandes de l’opérateur (via le pupitre de commande) qu’ils
traitent pour les rendre compatibles avec les caractéristiques internes de l’API. Les coupleurs de
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sorties reçoivent les signaux de la CPU. Ils les amplifient et les rendent compatibles avec les pré-
actionneurs à commander. Pour la plupart des API, les interfaces d’entrées/sorties sont
modulaires par carte ou par rack. Certains constructeurs proposent des interfaces décentralisées
(cartes d'entrées / sorties déportées) et offrent une grande variété tel que :
• Entées/Sorties T.O.R. (Tout Ou Rien c.à.d. binaires ou digital).
• Entrées/Sorties sur mot ou numériques.
•Entées/Sorties spéciales (modules intelligents) comme les E/S analogiques, les commandes
d’axes, les cartes de comptage rapide et les cartes de régulation P.I.D…..
1- Les interfaces d’entrées TOR
Les informations logiques peuvent être de différente nature : alternative ou continue,
tension ou courant et sous diverses grandeurs allant de 12 à 220V pour les tensions et de
1mA à 1A pour les courants.
L’interface d’entrées sert alors à rendre compatible ces divers signaux, pour qu’ils
soient calibrés en tension et en courant à la logique de l’automate (TTL, CMOS, …). Le
schéma de principe d’une entrée binaire est représenté sur la figure II-4.
Mise en forme Isolement électrique
Information Visualisation Signal TOR
(Redressement, filtrage…) (opto-couplage).
Figure II-4 Schéma de principe d’une entrée TOR
Le fonctionnement de l’interface d’entrée (figure II-5) peut être résumé comme suit :
Lors de la fermeture du capteur ;
- La Led 1 signale que l’entrée de l’API est actionnée.
- La Led D’ de l’opto-coupleur Opto 1 s’éclaire.
- Le phototransistor T’ de l’opto-coupleur « Opto 1 » devient passant (la tension Vs=0V) .
Donc lors de l’activation d’une entrée de l’automate, l’interface d’entrée envoie un « 0 » logique
à l’unité de traitement et un « 1 » logique lors de l’ouverture du contact du capteur (entrée non actionnée).
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Figure II-5 Schéma électronique d’une entrée TOR
2- Les interfaces de sorties TOR :
L’interface de sortie reçoit les signaux de commande de la CPU, elle les amplifie et les
rend compatibles avec les pré-actionneurs à commander. Le schéma de principe d’une
sortie TOR est représenté sur la figure II-6.
Sortie
logique(TTL Isolation électrique (opto- Mise en forme
Visualisation Commandes
ou CMOS) couplage). (amplification…)
Figure II-6 Schéma de principe d’une sortie TOR
Le fonctionnement de l’interface de sortie (figure II-7) peut être résumé comme suit :
Lors de commande d’une sortie automate ;
• L’unité de commande envoi un 1 logique (5V),
• T1 devient passant, donc la Led D’ s’éclaire,
• Le phototransistor T’ de l’optocoupleur « Opto1 » devient passant,
• La Led1 s’éclaire,
• Le transistor T2 devient passant. La bobine RL1 devient sous tension et
commande la fermeture du contact de la sortie Q0.1.
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Figure IV-5 Schéma électronique d’une sortie TOR
Figure II-7 Schéma électronique d’une sortie TOR
II.2.2.4. Les cartes d’entrées analogiques
La carte d’entrée analogique est constituée d’un convertisseur analogique numérique
(CAN). Elle est utilisée pour l’acquisition d’une tension (0V à 10V ou -5V à +5V) ou d’un
courant (4 mA à 20 mA) qui varie entre deux bornes sans discontinuité. Un mot interne d’entrée
est l’image de la tension ou du courant d’entrée. Tous les capteurs analogiques (potentiomètres,
par exemple) peuvent y être câblés. La résolution est directement liée au nombre de bits du CAN.
- Le mot image d’entrée analogique
La valeur image d’entrée est stockée dans un mot de 16 bits d’entrées EWn ( n: adresse de l’octet
d’entrée).
Si le convertisseur analogique numérique (CAN) possède 12 bits et si la tension varie de -10V à
+10V, le mot image évolue entre -2048 et 2047
- La résolution d’un CAN
La résolution est le plus petit écart de tension mesurable. Le mot image d’entrée est un
entier.
La résolution est la division de la plage mesurée par la plage du mot interne :
R= Plage / Mot
Certains API convertissent ces 12 bits en un mot de 16 bits, dans ce cas entre -32768 à +32767.
Par exemple un capteur LVDT donne, pour un déplacement de son palpeur de 0 à
8,19mm, une tension évoluant entre 0 et 10V. la sortie analogique de ce capteur est reliée à
l’entrée d’une carte CAN 12 bits qui donnent un mot image compris entre 0 et 4095. La
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résolution est de 10 / 4095, soit environ 0,25 mV et correspond à un déplacement de 0,002 mm
du palpeur.
II.2.2.5. Les cartes de sorties analogiques
Les cartes de sorties analogiques, sont constituées d’un convertisseur numérique
analogique (CNA). Ses sorties fournissent une tension proportionnelle à un mot de sortie image,
interne à la carte, pour commander un actionneur ( ou un pré actionneur), accéder par une
consigne de tension. Elles conviennent à la commande des variateurs de moteur. La résolution de
tension obtenue est dépendante du nombre de bits du CNA.
- Le mot image de sortie analogique
Comme une sortie TOR, un mot interne de sortie AWn (n : adresse de l’octet de sortie)
est forcé à une valeur par le programme. Par exemple si ce mot est codé sur 16 bits, si AWn est
forcé à la valeur 0 la sortie de la CNA prend la valeur nulle. Si ce mot est forcé à la valeur
+32767, la sortie prend la valeur maximale (10V).
Le nombre de bits d’un CAN peut varier entre 8 et 16. Si le CNA possède 16 bits et fournit une
tension de -10V à 10V, la résolution est de 20V divisée par 65535, c'est-à-dire de
0,3mV pour un point.
Exemple :
La figure représente le câblage d’un moteur avec son variateur (V), une carte CNA
envoie une tension de consigne proportionnelle à la vitesse du moteur (M) désirée.
Une carte CNA de 12 bits, est affectée à l’adresse 30. Le mot AW30, interne à la CNA évolue
donc entre -2047 à + 2047. Il peut moduler la tension, envoyée à la consigne d’entrée du
variateur, entre -10V et +10V. Si la plage de vitesse du moteur est de -2000 à +2000 tr/mn, la
résolution est de 0,976 tr/mn. (4000/4096).
II.2.2.6. La carte de comptage rapide
Les cartes d’entrée TOR ne permettent pas le comptage d’impulsions de grandes
fréquences. Certains API monoblocs possèdent des entrées rapides, d’autres modulaires, peuvent
être dotés de cartes de comptage rapide (CCR).
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- Les limites en fréquence d’une entrée:
En général, la fréquence d’une entrée TOR de dépasse pas 50Hz. Le théorème de
SHANNON impose, pour ne perdre l’information, une fréquence de comptage 2 fois supérieure
à la fréquence à compter.
II.2.2.7. Le bus
C’est un ensemble de conducteurs qui réalisent la liaison entre les différents éléments de
l’automate. Dans un automate modulaire, il se présente sous forme d’un circuit imprimé situé au
fond du bac et supporte des connecteurs sur lesquels viennent s’enficher les différents modules :
processeur, extension mémoire, interfaces et coupleurs.
Le bus est organisé en plusieurs sous ensembles destinés chacun à véhiculer un type bien défini
d’informations :
- Bus de données.
- Bus d’adresses.
- Bus de contrôle pour les signaux de service tels que tops de synchronisation, sens des
échanges, contrôle de validité des échanges, etc..
- Bus de distribution des tensions issues du bloc d’alimentation.
II.2.2.8. L’alimentation
Elle élabore à partir d’un réseau 220V en courant alternatif, ou d’une source 24V en
courant continu, les tensions internes distribuées aux modules de l’automate. Elle est
dimensionnée en fonction de la consommation des différentes parties de l’API.
Afin d’assurer le niveau de sûreté requis, l’alimentation comporte des dispositifs de détection de
baisse ou de coupure de la tension réseau et de surveillance des tensions internes. En cas de
défaut, ces dispositifs peuvent lancer une procédure prioritaire de sauvegarde.
Les schémas de principe d’une alimentation est illustré sur la figure II-8.
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Figure II-8 Schéma de principe d’une de l’alimentation d’un API
II.2.2.9. L’interface de programmation et de communication
Elle est utilisée d’un coté pour charger le programme du PC vers la mémoire de l’API et de
l’autre coté, pour recevoir et transmettre des données sur des réseaux de communication qui
relient l’АРI à d’autres API distants, à un HMI ou à d’autres équipements distants en fonction
du protocole de communication choisi. Elle est impliquée dans des opérations telles que la
vérification d’un périphérique, l’acquisition de données, la synchronisation entre plusieurs
machines d’une même chaîne de production.
Figure II-9 Schéma de principe d’un réseau de communication
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