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Cours Eco Monetaire

Ce document présente un chapitre sur la notion de monnaie. Il décrit l'histoire de la monnaie depuis l'économie de troc jusqu'à l'utilisation de métaux précieux comme l'or et l'argent. Il définit également les principales caractéristiques et fonctions de la monnaie.

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Cours Eco Monetaire

Ce document présente un chapitre sur la notion de monnaie. Il décrit l'histoire de la monnaie depuis l'économie de troc jusqu'à l'utilisation de métaux précieux comme l'or et l'argent. Il définit également les principales caractéristiques et fonctions de la monnaie.

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ECONOMIE MONETAIRE

Niveau :L3

Etablissement :IUGM

Mention : Economie

Formateur : Docteur TSIMANGATAKA Andriamampiandra Tsimiovalaza

CHAPITRE 1 : LA NOTION DE MONNAIE

L’être humaine primitif n’a pas connu la monnaie comme un moyen de paiement, en
d’autre terme, à l’origine, il n’ya pas de monnaie, du fait qu’il n’y a pas d’échanges.
L’homme primitif vit en tribus, subsistant par la cueillette et la chasse. En effet, ces
tribus n’échangent rien (période d’autosatisfaction). D’une manière générale, les forts
s’emparent de ce dont ils ont besoin pour pouvoir survivre, et les plus faibles se retrouvent
souvent dans l’obligation de s’exiler plus loin.

Avec le temps, ces tribus sont devenus plus nombreuses, elles ont commencé à
domestiquer les animaux, cultivé quelques plantes, partager les tâches entre leurs membres,
par conséquent, des contactes entre les tribus voisines arrivent à se nouer. Cette évolution
débouche sur une notion fondamentale de l’échange, qui est la base de tous les systèmes
monétaire. Cet échange consistait au départ dans le transfert réciproque de
marchandises et l’échange porte en lui le germe de la monnaie.

La variété des tâches et la nécessaire division du travail en société ont engendré la


naissance d’un système de « troc » permettant à chacun d’obtenir ce qu’il ne produit pas lui-
même. C’est le développement du système de troc qui a donné naissance au système
monétaire basé sur l’utilisation d’un instrument de paiement qui est la « monnaie ».

Ce chapitre sera consacré principalement à la présentation d’un aperçu historique sur la


naissance de la monnaie ; à sa définition ; à la distinction de ses fonctions qui découlent de ses
caractéristiques.

Section 1 : Genèse de la monnaie :

1-1 Economie de troc :

L’économie de troc est définie comme : « une économie dont le signe monétaire
n’existe pas ».

1-1-1 Définition du troc :

Le mot troc vient du verbe troquer. On dit troquer une chose contre une autre, c’est à
dire l’échanger pour une autre chose (ex : troquer la vielle casquette contre un chapeau). Le
troc est une forme d’échange selon laquelle on échange directement des denrées et des
marchandises correspondant à des matières premières ou à des objets de grande nécessité.
1
Le troc prévalu dans les sociétés primitive ; suppose la rencontre des coéchangistes
possédant des objets de qualité et de quantité bien déterminées, correspondant à leur besoins
réciproques à un moment donné.

Les biens cédés et obtenus bilatéralement doivent représenter la contre partie exacte
des uns et des autres. Donc un rapport d’échange va s’établir : exemple, si une mesure des
olives est échangée contre une mesure de blé le rapport est de 1/1 entre ces deux biens, ce
rapport ne concerne que les biens en questions.

1-1-2 Les inconvénients du troc :

Les principaux inconvénients du troc sont les suivants :

 La nécessité de la coïncidence de besoins réciproques des échangistes concernant la


nature, la quantité des marchandises et le moment de l’échange.
 L’expression de la valeur des biens et services requiert une multitude de rapport de
valeurs. Il n’existe pas d’unité de compte permettant d’évaluer de manière
directe les prix des différents biens selon une mesure connue.
 La dissociation temporelle entre l’acquisition et la cession des marchandises
s’avère impossible (ils se font au même moment). (M M1 (on cède la marchandise M
et on obtient la marchandise M1 au même moment).
 L’indivisibilité de certains biens (têtes de bétail).
 Certains biens sont périssables, on ne peut pas les réservés (ex : le poisson)

1-2 La monnaie marchandise (primitive ou intermédiaire) :

Le système basé sur le troc a découragé les échanges et la division de travail qu’ils
supposent. De même qu’il a bloqué le développement économique. En effet une
nouvelle forme d’échange est apparue à savoir : la monnaie marchandise (monnaie
intermédiaire). Les biens qui ont été utilisés comme intermédiaire d’échange sont
variés : coquillage, plantes, thé, poisson séchés, sel, etc.

A cette étape de développement monétaire, la monnaie ne joue qu’un rôle marginal


parce que d’une part, l’échange occupe une place modeste (limitée presque exclusivement aux
relations entre communautés) et d’autre part, l’activité économique occupe une place
secondaire dans l’ensemble des activités.

Section 2 : La monnaie métallique :

Dés que les échanges économiques ont commencé à se développer avec une
extension de la division du travail, et l’apparition de relations internationales
régulières, l’apparition d’un nouvel instrument de paiement devient plus qu’indispensable.

Au départ, il s’agit des métaux archaïques (cuivre, bonze, fer, etc.) caractérisés par leur
abondance et leur poids lourd. Ce qui a provoqué par la suite leurs substitutions par les
métaux précieux à savoir l’or et l’argent, ces derniers ont joué un rôle primordial

2
dans les échanges du fait de leur éclat, leur couleur, leur densité, leur aspect et surtout de leur
rareté.

Ils se travaillent facilement et peuvent être « frappé » avec des marques assez
fines et durables. Ils sont homogènes, divisibles et constituables. Donc, ils constituaient une
monnaie par excellence.

A l’origine on pèse la monnaie métallique, c’est-à-dire, on ne la compte pas il ya que son


poids qui est apprécié. Elle se présente sous forme de lingots qui se sont divisé par la suite en
différentes pièces pour donner naissance à la monnaie divisionnaire. Néanmoins, à cause d’un
problème de fraude (mélange des métaux archaïques avec les métaux précieux), une
frappe sur chaque pièce de monnaie divisionnaire s’est imposée d’elle-même. Ce qui a
engendré l’apparition d’une monnaie dite « frappée ». La frappe de la monnaie a
constitué, dans chaque société, le monopole du pouvoir public (l’Etat). Nous reviendrons à ce
point avec plus de détail dans le 3ème chapitre portant « les systèmes monétaires ».

2-1 Définition de la monnaie :

On ne peut jamais définir la monnaie d’une manière parfaite, il ya toujours des


nuances au niveau de sa signification. Donc, la définition de la monnaie n’est pas
aisée quelque soit l’approche adoptée, elle doit être accompagnée par la description de ses
fonctions qui découlent de ses propriétés.

2-1-1 Définition de la monnaie au sens étymologique :

Le mot monnaie vient du mot latin « moneta » qui est le participe passé féminin du
verbe « moneo » qui veut dire avertir. La liaison semble purement historique, car le
temple dans lequel les premières monnaies ont été frappé à Rome étaient dédie à la déesse
Junon appelée moneta qui voulait dire avertisseuse.

Cette divinité latine est un personnage important, elle a des dons de voyances, qui ont
poussé à emprunter son qualificatif « moneta » pour désigner cet instrument qui vient
d’apparaitre sans avoir un nom, mais désormais va s’appeler la « monnaie ».

2-1-2 Définition de la monnaie au sens général :

Originellement : La monnaie consiste dans des pièces de métaux servant


d’instrument de règlement des échanges; d’instrument de règlement en général.

Corollairement : Il s’agit des unités servant de mesurer des valeurs d’échanges.

Par extension : La monnaie est un ensemble de moyens ayant pour finalité de donner
à celui qui la détient au sens économique un pouvoir d’achat et au sens juridiques un moyens
de libération de dettes.

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D’une manière courante : La monnaie peut être définie comme un moyen de
paiement accepté par tous pour effectuer des règlements sur le marché des biens et services et
pour régler définitivement des dettes.

2-2-Caractéristiques de la monnaie :

La monnaie en tant qu’instrument de paiement, présente trois caractéristiques


principales qui sont les suivantes :

Une maniabilité (fongibilité) et une divisibilité : ces deux caractéristiques permettent à la


monnaie un usage intensif et une traduction des prix la plus fine possible. La monnaie
doit pouvoir exprimer la valeur d’un bien aussi grand et aussi petit qu’il se présente.

Une reconnaissance par le plus grand nombre d’usagers possible. Cette limite n’est pas
toujours vérifier compte tenu des limites territoriales.

Un pouvoir de réserve nécessité par la dissociation dans le temps entre l’obtention et la


cession des marchandises. En effet, la monnaie doit être stable et résistante dans le temps.

De ces trois caractéristiques vont découler les trois principales fonctions de la monnaie que
nous allons aborder dans le point suivant :

2-3-Les fonctions de la monnaie :

L’analyse de la monnaie remonte à Aristote qu’il y’a plus de 23 siècles avait justifié
l’existence de la monnaie par les trois fonctions qu’elle remplit. Ces dernières sont reprises
traditionnellement dans les ouvrages portant sur la monnaie.

Cette démarche s’est ancrée dans la tradition, qui permet de distinguer


l’économie non monétaire de l’économie monétaire grâce aux raisons d’utilisation de la
monnaie. Elle constitue l’approche fonctionnelle de la monnaie.

Les fonctions de la monnaie se distinguent comme suit :

La monnaie est un intermédiaire des échanges (instrument de paiement) :

L’usage de la monnaie dans les transactions a mis fin aux inconvénients du troc, or pour
que la monnaie remplisse efficacement cette fonction d’intermédiaire des échanges, il
faut qu’elle soit accepter par tous les usagers (vendeurs et acheteurs), et qu’ils aient
la certitude de pouvoir l’utiliser à tous moment, pour régler ses propres achats ou ses propres
dettes.

Le développement des transactions économiques a engendré donc la substitution


à l’ancien échange (marchandise contre marchandise) un nouvel échange à savoir :

Marchandise contre monnaie ou monnaie contre marchandise.

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M M1 opération de troc

A (argent) M acte d’achat

M A (argent) acte de vente

En effet, par l’intervention de la monnaie de paiement le troc est remplacé par deux
(02) opérations distinctes :

Vente contre de la monnaie du bien possédé et achat avec cette monnaie de ce que l’on
désir acquérir.

La monnaie est donc, un intermédiaire des échanges car elle est un moyen de
règlement immédiat. La monnaie permet d’éteindre instantanément une dette : On dit
quelle a un pouvoir libératoire immédiat.

La monnaie est une unité de compte (instrument de mesure de valeur) :

L’unité de compte est celle dans laquelle les prix sont fixés et les comptes sont tenus.
Une unité de compte permet de mesurer la valeur des biens mais aussi de comparer
cette valeur avec celle des autres biens : C’est donc un moyen de faciliter l’échange.
En tant qu’unité de compte, la monnaie est le seul bien, sur un espace donné, qui permet
d’exprimer la valeur de tous les autres.

La monnaie constitue une unité de compte indispensable au fonctionnement de


l’économie afin de comparer entre les valeurs des différents biens et services. Cette fonction
se réfère à ses qualités de maniabilité et de divisibilité. Elle permet de fixer le prix des
biens et le montant des revenus.

La valeur exprimée en monnaie peut varier parce que la valeur de la monnaie elle-même
est sujette à des variations.

Remarque : Il existe des monnaies de compte qui ne circulent pas dans les échanges et qui
servent simplement de référence théorique telle que (DTS, ECU).

La monnaie est un moyen d’épargne (instrument de réserve de valeur) :

La monnaie constituée un instrument d’épargne ou de thésaurisation, permet à son


détenteur de conserver un pouvoir d’achat. La monnaie dans ce cas constitué un lien privilégie
entre le présent et le futur. Autrement dit, la monnaie possédée aujourd’hui peut ne pas être
totalement dépensée, car il y a une proportion en « attente ».Cette dernière permet aux agents
économiques de différer leurs décisions d’investissement dans le temps.

Remarque : La monnaie ne répond pas correctement à sa fonction de réserve de


pouvoir d’achat (réserve de valeur) que si sa valeur interne est sauvegardée, c'est-à-dire
que si le niveau général des prix demeure stable.

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CHAPITRE 2 : LES FORMES DE LA MONNAIE

Jusqu’au 1914, les seules véritables monnaies étaient métalliques,


progressivement les monnaies papier se substituent au métal et se dotent d’un cours forcé
qui mis fin à leur convertibilité au métal.

L’évolution accélérée des transactions sous la pression des demandes de


l’économie qui permettent le règlement par écriture d’un compte bancaire à un autre a donné
naissance à la monnaie scripturale.

Il convient de noter à ce niveau que la monnaie s’est dématérialisée :

- D’une part, sa valeur intrinsèque est inférieure à sa valeur faciale (nominale) qui lui est
conférée en tant qu’instrument monétaire par l’agent émetteur.

- D’autre part, certains monnaies n’ont plus de représentation tangibles et circule par
écriture entre les institutions monétaires.

Les formes de la monnaie : Trois principales formes de monnaie sont à distinguer :

- La monnaie manuelle ;

- La monnaie scripturale ;

- La quasi-monnaie.

Section 1 : La monnaie manuelle :

La monnaie manuelle circule par le transfert d’une vignette ou d’un jeton. Elle
comporte deux formes à savoir :

1.1 Le billet de banque :

Le billet de banque est une « monnaie fiduciaire », c'est-à-dire une monnaie basée sur la
confiance, le seul organisme habilité à émettre les billets est la banque centrale.

Un billet ne devient officiellement de la monnaie que lorsqu’il est « monétisé », c’est-à-


dire mis en circulation par la banque d’émission.

En principe la banque centrale n’a pas de clientèle privée. Elle ne cède pas directement ses
billets aux agents non financiers. Ses clients sont les banques ordinaires et le trésor public,
c’est par eux que sont satisfaits les besoins de billets du public. La banque centrale est tenue
de respecter certaines règles d’émission : Elle consente au trésor des avances réglementées par
la loi, et elle vend aux banques sa monnaie contre des titres. Ces opérations sont couteuses
pour les banques qui doivent payer un intérêt. Cette banque cherche à assurer à tout
moment un contrôle garantissant sa rareté et permettant le maintien de la confiance.

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1.2 La monnaie divisionnaire :

La monnaie divisionnaire est constituée par les pièces de monnaie. Au départ ces
dernières étaient des pièces métalliques en or ou en argent. Dans ce cas leur valeur
intrinsèque correspond à la quantité de métal qu’elles contiennent.

Actuellement les pièces métalliques ont une valeur faciale (nominale) sans rapport
avec leur valeur marchande (commerciale).

Les pièces de monnaie divisionnaire sont, elles aussi, des monnaies fiduciaires en raison
de leur faible valeur intrinsèque. La monnaie divisionnaire est généralement émise par le
trésor public en quantité de plus en plus, faible car elle ne constitue qu’une monnaie
d’appoint servant dans les petites transactions.

Le trésor ne monétise pas lui-même ses pièces : Il les vend à la banque centrale pour leur
valeur « faciale », celle qui figure sur la pièce. Le trésor bénéficié ainsi d’une source de
revenu du fait, que le coût de la fabrication des pièces est inférieur à cette valeur.

La banque centrale monétise les pièces de la même façon que les billets en les
cédants aux établissements bancaires et au trésor qui satisferont, à leur tour les
besoins du public.

Les billets et les pièces sont les seules monnaies officielles légales. Les autres
monnaies à savoir les monnaies scripturales sont des monnaies de banques.

Section 2 : La monnaie scripturale

2.1 Définition de la monnaie scripturale :

La monnaie scripturale est beaucoup plus récente que la monnaie fiduciaire. C’est au XIX e
qu’elle s’est généralisée en Angleterre. La monnaie scripturale tire son non de la forme sous
laquelle elle est matérialisée : Il s’agit d’une écriture dans les livres des banques sous forme
d’une ouverture de compte à un client donnant naissance à un dépôt qui est une
reconnaissance de dette de la banque en vers sont titulaire. Cette monnaie sert à payer les
créanciers de la banque, le transfert d’un compte à un autre se fait par l’intermédiaire des
instruments appelés : Les supports de la monnaie.

Il y a lieu de distinguer entre deux types de supports à savoir :

2.1.1 Les supports classiques

Il s’agit principalement de :

Le chèque : Le chèque constitue un titre émis par une banque ou un autre organisme
assimilé. Le chèque extrait, généralement d’un carnet à souche délivré par le banquier,
permet à une personne de retirer de l’argent. Il est aussi un ordre adressé par une personne
appelée tireur, à un établissement ou une banque nommée tirée, de payer une somme
déterminée à une tierce personne appelée bénéficiaire ou porteur.
7
Le chèque permet donc au titulaire du compte :

 Le retrait de fonds

 Le règlement des paiements

Le chèque n’est pas une monnaie, il n’est qu’un support permettant de faire circuler les dépôts
à vue transférable. Plusieurs types de chèque sont à distinguer : Le chèque ordinaire, le
chèque sans provision, le chèque barré, le chèque postal, le chèque endossable, etc.

L’ordre de virement : Le virement est un moyen très simple permettant au titulaire du


compte de donner ordre à sa banque de prélever une somme de son compte et de la
faire porter au compte du bénéficiaire. Il s’agit d’une pratique très ancienne. Ainsi les
Grecs et les Romains connaissaient le virement, de même que les Arabes qui les utilisaient
aux IX ème et X ème siècle. Cependant, leur développement date du XIII ème siècle, cette
technique est utilisée d’une façon interrompue jusqu’à nos jours.

Les prélèvements automatiques : Ils permettent d’effectuer certains règlements (eau,


électricité, gaz, téléphone, etc.).Le détenteur d’un compte de dépôt peut donner ordre à
sa banque de payer les quittances que lui présentera l’organisme concerné (Epeto,
Sonelgaz, PTT, etc.).L’opération va se réaliser suivant une formule spéciale d’une manière
continue.

Remarque : Ils existent encore d’autres supports classiques tels que : La lettre de change, le
billet à ordre, le titre interbancaire de paiement, etc.

2.1.2 Les supports modernes :

Le développement économique qui s’est accéléré ces dernières années dans les pays
développés, n’a pas laissé à l’écart le secteur bancaire. En effet ce dernier devient de plus
en plus, performant suite à la mise en place de nouveaux instruments de paiement. Il
s’agit plus particulièrement des règlements électroniques (cartes de paiements et de crédit,
retraits automatisés, etc.), autrement dit, de la monnaie électronique dite « monétique ».

La monétique est une technique. Elle ne constitue pas une nouvelle forme de
monnaie. Elle est l’instrument automatisé de mobilisation des disponibilités monétaires
au sens strict, billets et dépôts à vue.

Définition de la monnaie électronique : La monnaie électronique est un instrument


très automatisé de la monnaie scripturale. Elle implique une informatisation poussée, et la
mise en place des systèmes de sécurité efficace.

Deux types de supports sont à distinguer, à savoir :

 les cartes prépayées ;

 la monnaie logicielle (monnaie virtuelle ou de réseau) .

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Section 3 : La quasi-monnaie

3-1 Définition de la quasi-monnaie :

La quasi-monnaie est une forme de monnaie qui n’est pas utilisée comme moyen de
paiement de manière immédiate mais qui nécessite une transformation préalable en billets ou
en compte à vue.

3-2 Types de quasi-monnaie :

On distingue la quasi-monnaie auprès des institutions financières bancaires (I.F.B) et la quasi-


monnaie auprès des institutions financières non bancaires (I.F.N.B).

3-2-1 La quasi-monnaie auprès des institutions financières bancaires (I.F.B)

Les dépôts bancaires qui ne sont pas immédiatement utilisables dans les
règlements ne peuvent être considérés comme monnaie au sens strict mais proche d’elle. Ils
peuvent être transformés de manière aisée et sans perte de capital, il s’agit principalement
de:

Les comptes sur livret : Ce sont des avoirs remboursables à vue, mais qui ne peuvent être
utilisables par chèque. Les comptes sur livret son considérés comme compte d’épargne et sont
assorti d’un intérêt : Ils comportent les éléments suivants :

 Les comptes sur livret simple ;

 Les livrets d’épargne logement.

Les dépôts à terme : Les dépôts à terme font l’objet d’un blocage de compte pour une
période déterminée d’avance : Trois mois, six mois, un an,….. Dans ce cas les
déposants reçoivent un intérêt en contrepartie.

Les bons de caisse : Les bons de caisse sont des titres émis par la banque et souscrits par les
déposants soit au porteur ou à ordre. Ils ont une échéance bien déterminée et sont
rémunérés.

En d’autres termes le bon de caisse est un effet portant engagement par l’émetteur de payer
une certaine somme à échéance déterminée en remboursement d’un prêt à court terme
productif d’intérêt. Ils sont utilisés par les entreprises et les banques pour se procurer
(fréquemment les unes auprès des autres) des fonds à court terme.

3-2-2 La quasi-monnaie auprès des institutions financières non bancaires (I.F.N.B)

Ce type de quasi-monnaie est dit aussi placements liquides ou à court terme. Il s’agit des
dépôts qui ne sont pas susceptibles d’être transformés en monnaie. Ils comportent :

Les dépôts auprès des caisses d’épargne : Ce type de dépôts et selon ses caractéristiques
ressemble aux comptes sur livrets ouverts auprès des banques.

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Les bons de trésor : Les bons de trésor sont des titres représentatifs d’emprunt à
court terme émis par le trésor public. Ils sont peu différents des bons de caisse.

En d’autre terme le bon de trésor est un effet émis par l’Etat en représentation d’une dette à
court terme contractée par lui. Les termes de bon du trésor, certificat de trésorerie, bon
du trésor public ou bon d’Etat désignent dans la plupart des pays modernes, les effets
publics représentatifs d’emprunts à court terme contractés auprès du public ou du
système bancaire, parfois auprès du gouvernement étranger ou d’organismes
internationaux.

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CHAPITRE 3 : LES SYSTEMES MONETAIRES

Section 1 : Définition du système monétaire

Le système monétaire peut être défini comme un ensemble de lois garantissant et


rationalisant l'ensemble des monnaies en usage sur le territoire d'un Etat. Autrement
dit, c'est l'ensemble de données concourant à la formation d'un type cohérent
d'organisation monétaire.

I- Les éléments d'un système monétaire :

Une fois que l'autorité publique crée un système monétaire, elle intervient à trois
niveaux :

- La définition de l'unité monétaire ;

- La création et la mise en circulation des moyens de paiement ;

- La détermination des règles de l'emploi des monnaies.

a- Définition de l'unité monétaire

Afin de définir l'unité monétaire, l'autorité publique doit choisir un étalon des valeurs.
Pendant très longtemps, les métaux précieux (or et argent) ont servi d'étalon. Par la suite,
l'étalon peut être constitué par une devise étrangère ou un ensemble de devises (un
panier de devise). Par exemple, l'ECU (Europe Currency Unit) est depuis mars 1979 l'unité
monétaire de la communauté économique Européenne (CEE) sans être une véritable
monnaie. Donc, l'unité monétaire est une unité de compte, distincte des instruments de
paiement. L'unité monétaire d'un pays est définie par une loi monétaire.

A ce niveau, il convient de distinguer deux notions principales concernant l'unité


monétaire.

• Dévaluation de la monnaie : La dévaluation est une modification de la loi monétaire


diminuant la valeur de l'unité monétaire exprimée dans l'étalon choisi. D'une autre façon, la
dévaluation est la décision législative ou réglementaire par laquelle un gouvernement abaisse
le taux de change de la monnaie nationale par rapport à l'or et aux devises étrangères.

• Dépréciation de la monnaie : La dépréciation est la diminution du pouvoir d'achat intérieur


d'une monnaie sous l'effet d'une hausse du niveau général des prix. C'est ce qu'on appelle
l'érosion monétaire.

Remarque : II ne faut pas confondre entre la dépréciation qui est une situation de fait et la
dévaluation qui est une décision législative ou réglementaire.

11
b- Création et mise en circulation des moyens de paiement

Le pouvoir public a le monopole de la fabrication des monnaies métalliques (la


frappe des pièces) et fiduciaires (l'impression des billets), ainsi que le monopole de
l'émission des instruments de paiement ainsi crées (leur mise en circulation).

- Les monnaies métalliques sont frappées par un organisme spécialisé dit « l'hôtel des
monnaies ». Le métal servait de base à l'infrastructure monétaire et représente l'unité
monétaire (étalon de valeur). Cet étalon est défini par un certain poids de métal et certifié
par une estampe officielle. Lors du régime de la frappe libre, tout détenteur de métal pouvait
se présenter à l'hôtel des monnaies afin de le faire diviser en pièces et le faire marquer par une
effigie des représentants du pouvoir.

- Les monnaies fiduciaires (billets de banque) sont imprimées par un institut


d'émission (la banque centrale), (ce point sera détaillé dans le cadre du système fiduciaire).

c- Détermination des règles de l'emploi des monnaies

Les pièces et les billets émis ont un cours légal. De ce fait, ils ont un pouvoir
libératoire :

- Tout débiteur qui les utilise peut se libérer de ses dettes (aucun créancier ne peut les
refuser) ;

- Leur emploi est obligatoire.

L'Etat contrôle donc la monnaie à travers :

- La définition de l'unité monétaire ;

- La création et l'émission des monnaies métalliques et fiduciaires ;

- La réglementation de leur emploi.

II- Les principaux types de systèmes monétaires

Les systèmes monétaires que le monde a connus au cours de son histoire peuvent se
classer en deux grandes catégories :

1. Le système monétaire métallique

Le système monétaire métallique, qui date du I7ème et 18 ème siècle, est un système à
libre convertibilité de tous les instruments de paiement en métal étalon.

Il est composé de trois formes de systèmes :

- Le métal à étalon parallèle (à plusieurs métaux) ;

- Le système bimétallique (deux métaux : Or et argent) ;

12
- Le système monométallique (un seul métal or ou argent).

1.1 Le système à étalon parallèle

Dans le cadre de ce système, plusieurs métaux (archaïques et précieux) sont utilisés


simultanément comme un instrument de paiement. La valeur intrinsèque de ces métaux les
rend naturellement plus aptes aux fonctions monétaires.

L'unité monétaire était définie par un certain poids de métal à titre d'exemple :

- L'unité monétaire concernant l'or est : Le louis.

- L'unité monétaire concernant l'argent est : L'ECU.

- L'unité monétaire concernant le bronze est : Le Sou.

Les pièces frappées à base de ces différents métaux vont servir d'instrument de circulation
(paiement) permettant d'éteindre les dettes.

Les inconvénients de ce système peuvent se résumer comme suit :

- La variation de la valeur commerciale des métaux ;

- Chaque unité est définie isolément par un poids de métal respectif (une unité en or ne fait
pas l'équivalent d'une unité en bronze ou en argent);

- L'absence de rapport légal entre les différents étalons.

Tous ces inconvénients ont engendré le déclin du système à étalon parallèle et l'apparition
d'un système bimétallique.

1.2 Le système bimétallique

Le système bimétallique est un système basé sur l'utilisation de deux métaux, à savoir :
L'or et l'argent (comme monnaies légales).

Ce système répond aux caractéristiques suivantes :

- Un pouvoir libératoire illimité ;

- Une frappe libre dans l'hôtel des monnaies ;

- Un rapport légal entre les valeurs respectives des deux métaux (or et argent).

Le rapport légal établi entre les unités monétaires des deux métaux égal au rapport
entre les valeurs commerciales des deux métaux à l'instant t o de départ.

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Sachant que :
I : Rapport légal entre les deux métaux or et argent.
V c : Valeur commerciale.
t o : Instant de départ.
A titre d'exemple, en 1859, le rapport légal entre l'or et l'argent en France était de
15,5 c'est-à-dire, il fallait 15,5 Kg d'argent pour avoir un l Kg d'or.

La loi de GRESHAM

GRESHAM a distingué deux types de monnaies à savoir : « La bonne monnaie». et « La


mauvaise monnaie ».

- La « bonne monnaie », dite aussi monnaie « forte », est la monnaie dont la valeur
commerciale est supérieure à la valeur légale.

- La « mauvaise monnaie », dite aussi monnaie faible, est celle dont la valeur
commerciale est inférieure à la valeur légale.

La distinction entre ces deux types de monnaie s'explique par le fait que le rapport légal
entre l'or et l'argent reste fixe alors que les valeurs commerciales des deux métaux
varient sur le marché. Parfois, c'est l'or et parfois c'est l'argent qui constitue la bonne
monnaie selon les périodes et les sociétés. Selon la loi de GRESHAM proposée au
XVIème siècle : Les pièces du métal apprécié sur le marché vont faire l'objet de
thésaurisation et de spéculation. Cependant que les pièces de monnaie du métal déprécié
vont servir comme moyen de paiement. De ce fait, « la mauvaise monnaie va chasser la
bonne monnaie ».

Cette loi a des mécanismes à la fois sur le plan interne et externe :

a- Les mécanismes de la loi de GRESHAM sur le plan interne : La «bonne


monnaie», considérée comme un seul réservoir de valeur, se thésaurise. Cependant que
la «mauvaise monnaie» (monnaie dépréciée) sera utilisée dans les transactions internes.

b- Les mécanismes de la loi de GRESHAM sur le plan externe : La «mauvaise


monnaie» se déprécie sur le marché par rapport à la «bonne monnaie», cette dernière sera
mise en réserve. Elle sera conservée aux fins de spéculation ou dans le cadre des règlements
extérieurs.

Une fois que l'une des deux monnaies disparaît de la circulation, le système à deux
étalons (bimétallique) va se transformer à un système basé sur un seul métal
(monométallique). Ceci a eu lieu à partir de la seconde moitié du XIX ème siècle dans
presque la totalité des pays du monde.

14
1.3 Le système monométallique

Le système monométallique est un système basé sur l'utilisation d'un seul métal
comme moyen de transaction. Ce système adopte l'or ou l'argent selon les pays (les USA et la
GB utilisaient l'étalon-or, cependant que les pays d'extrême orient comme la Chine et l'Inde se
sont référés à l'étalon-argent).

Suite à la surproduction de l'argent (à travers les découvertes de nouvelles mines), ce


métal s'est fortement déprécié dans tous les pays. Ceci a entraîné la monarchie absolue de
l'or. Il s'agit de l'apparition d'un système à étalon-or : Ce système est établi au début du 19
ème siècle, il fait de l'or l'étalon monétaire universel. Chaque monnaie nationale est définie
par un poids d'or fixe. Les billets de banque sont convertibles en or sur simple demande des
particuliers. Les devises s'échangent à un taux fixe correspondant à la teneur en or de
chacune d'elles. Si un pays a un commerce extérieur déficitaire, il règle sa dette en envoyant
de l'or aux pays qui sont ses créanciers.

Ce régime exige que chaque pays ne doit pas émettre une quantité de billets
excessive par rapport à leur stock d'or. Ce principe n'a pas été respecté au cours de la l ère
guerre mondiale (le financement de la guerre a nécessité l'émission de beaucoup de
billets sans avoir une contre partie en or). Toutefois, ce système n'avait pas duré, en effet
après la 2ème guerre mondiale, il connut son effritement, notamment avec l'avènement
et le développement des autres formes de monnaies et de crédits nécessités par les exigences
de la reconstruction de certains pays.

Désormais, l'or ne jouera plus son rôle dans les règlements ; en effet, un nouveau
système est apparu à savoir le système fiduciaire.

2. Le système fiduciaire

Le mot fiduciaire vient du mot latin « fîducia » qui signifie faire confiance. La notion
de confiance repose sur la possibilité de convertir le billet en espèce métallique (or) à
tout moment. Le billet de banque a connu une évolution : Au départ il avait un cours
légal (c'est-à-dire accepté par tous comme moyen de paiement convertible en or), par la suite
il obtiendra le cours forcé qui interdit le remboursement (convertibilité en or).

2.1 Notion de convertibilité

• Convertibilité d'une monnaie : La convertibilité d'une monnaie est la possibilité d'une


monnaie d'être librement échangée.

a- Convertibilité en or : C'est la possibilité pour tout porteur d'une monnaie de


l'échanger librement en or.

b- Convertibilité générale : C'est la possibilité pour tout porteur d'une monnaie de


l'échanger librement contre des devises étrangères.
15
c- Convertibilité externe : C'est la possibilité pour les seuls non résidants d'échanger
librement une monnaie contre des devises étrangères.

2.2 Les formes de convertibilité : L'émission de billets par la banque a connu trois formes de
convertibilité qui sont :

- La convertibilité en pièces d'or (Gold specie standard)

- La convertibilité en lingots d'or (Gold Bullion standard)

- La convertibilité en devise-or (Gold Exchange standard)

2.2.1 Convertibilité en pièces d'or (Gold specie standard)

II s'agit d'un étalon or-pièces qui consiste à transformer le billet de banque en pièces d'or.
Ce type de convertibilité n'avait pas beaucoup fonctionné car il était plus aisé pour les
individus de détenir des billets que des pièces.

2.2.2 Convertibilité en lingots (Gold Bullion standard)

C'est une forme de convertibilité permettant aux billets de se transformer en lingots


d'or (12 kg d'or). Cette convertibilité n'est possible que pour les fortunés mais impossible
pour les autres à moins de le faire collectivement.

2.2.3 Convertibilité en devise-or (Gold exchange standard)

Suite aux pénuries d'or occasionnées durant la 1 ère guerre mondiale une nouvelle
voie est ouverte au système de convertibilité au second degré qui consiste à échanger
les billets en monnaies déclarées convertibles en or. Il s'agit de devises clés (au départ c'est
la livre sterling et le dollar ainsi que le franc français) jugées égales à l'or qui servaient à
l'émission des banques centrales.

Cette fois-ci la convertibilité est valable non pas pour les particuliers mais pour les
banques centrales. Ce type de convertibilité a eu lieu en 1922 à la conférence de Gêne quand
plusieurs pays ont décidé d'accepter comme gage des monnaies fiduciaires qui sont des
devises convertibles en or. Dans ce système, les excédents et déficits des balances des
paiements se règlent en or ou en monnaie convertible en or.

2.3 Les mécanismes d'émission

La politique d'émission de la monnaie par la banque centrale a fait pendant


longtemps l'objet de controverse entre ceux qui mettent au premier plan la gestion de la
banque, la défense de la valeur de la monnaie et ceux qui considèrent le financement de la
croissance comme un objectif fondamental de la banque. De ce fait, de nombreuses
discussions monétaires et bancaires ont eu lieu au XIX ème siècle, à propos des règles
d'émission. Enfin, ils ont abouti à la pratique de trois types d'émissions.

16
2.3.1 La controverse entre l'école de banque (Banking school) et l'école de circulation
(currency school)

La question principale qui s'est posée est la suivante : faut-il laisser la banque centrale
émettre librement la monnaie ou bien faut-il la réglementer? Deux thèses vont
s'affronter à savoir, celle de l'école de banque et celle de l'école de circulation.

A- L'école de banque (banking school) : Le principal fondateur de cette école est le


monétariste anglais TOOKE qui autorise la liberté d'émission des billets par la banque.
Pour l'école de banque, il n'est pas indispensable de réglementer l'émission de monnaie
(billets) pour les trois principales raisons suivantes :

- L'émission de la monnaie est déterminée par la demande (en tenant compte des besoins de
l'économie), autrement dit, elle est commandée par le volume de transaction.

- Si on est dans un cas de surplus (excès) de billets en circulation, des détenteurs vont
convertir la partie considérée défavorisée et l'équilibre se réalisera.

- La création de la monnaie est faite à l'occasion d'opérations de crédits (l'escompte de traités


commerciales, etc..) et elle est détruite au moment des remboursements. Donc, à tout
flux va correspondre un reflux qui l'annulera définitivement (loi de « reflux »).

Selon TOOKE, il y a que l'or et le papier monnaie (les billets inconvertibles émis par
l'Etat qui, parce que inconvertibles, sont un moyen d'augmenter la quantité de monnaie
métallique) qui peuvent être considérés comme de la monnaie ; cependant, les instruments de
crédit ne sont que des reconnaissances de dette, ainsi en est-il les différentes formes
de monnaie bancaire : Billets convertibles et actuellement dépôts en compte courant
utilisés pour les paiements scripturaux. Ces différentes formes de monnaie bancaire ont en
commun la possibilité d'être émises en réponse à une demande préalable des agents
économiques, c'est-à-dire à une demande de crédit et selon TOOKE, l'encours de crédit varié
au rythme de l'activité économique. Dans ce cas, même si la monnaie circulante est
uniquement métallique, il importe de donner au crédit la souplesse nécessaire pour qu'il
s'adapte aux besoins de l'économie.

B- L'école de circulation (la currency school) : Le principal fondateur de cette école est D.
RICARDO qui préconise que la banque ne doit pas abuser de son pouvoir d'émission, elle doit
au contraire la réglementer. Tous les fondateurs de cette école affirment que tout excès de
billets en circulation entraîne l'inflation, donc il faut en limiter l'émission, ils assimilent
les billets aux crédits dont le rôle essentiel est de permettre l'accélération de la circulation
de la monnaie métallique qui demeure la seule vraie monnaie.

Dans ce cas, les billets constituent seulement une monnaie représentative et que seul l'or
exerce la plénitude monétaire, l'Etat impose un statut, une discipline à l'émission de
billets en fonction du montant de l'encaisse métallique en or, (il s'agit d'une couverture à
100% des billets de banque par l'or).

17
En réalité, les thèses préconisées par les deux écoles n'ont pas été pleinement
satisfaisantes : Un regroupement de leurs principes a donné naissance à trois formes
d'émission :

2.4 Les formes d'émission : Les banques centrales ont utilisé trois types d'émission de
monnaie qui sont :

a- La couverture intégrale : Tous les billets émis par la banque centrale doivent être
garanti par une couverture intégrale. Cette dernière est de nature mixte, c'est-à-dire qu'une
partie de la monnaie émise est couverte en valeurs ou en rentes de l'Etat, l'autre par l'or.

b- La couverture plafonnée : Cette couverture détermine un maximum d'émission à ne


pas dépasser. La limite est fixée par le gouvernement en tenant compte du volume de la
production. Il fluctue selon le développement économique du pays.

c- La couverture proportionnelle : Ce type de couverture établit un rapport entre le


volume de monnaie en circulation et l'encaisse métallique en or. Une proportion légale
s'effectue entre ces deux éléments.

La couverture a été fixée de manière empirique égale à un taux d'un tiers. Ceci
signifie qu'il faut la disponibilité de trois fois le volume de l'or pour obtenir la valeur des
billets. Il est à noter que ce dernier type d'émission est beaucoup plus simple que les
deux autres citées précédemment.

Remarque : Actuellement, le volume de l'émission de monnaie ne dépend plus de


l'encaisse métallique d'autant plus qu'avec le développement des crédits l'émission de
monnaie a pris une nouvelle forme à savoir : «la monnaie scripturale». Le volume de
l'émission de monnaie ne dépend plus des encaisses d'or mais il dépend du volume des biens
et services disponibles au prix courant, donc du travail.

Pour avoir plus d'information, il est nécessaire de traiter brièvement le système


monétaire international (SMI).

18
Le système monétaire international (SMI)

Définition du système monétaire international (SMI)

Le SMI est un ensemble de mécanismes et d'institutions qui ont pour fonction de


permettre à des agents économiques résidents dans des pays différents de faire des
paiements entre eux.

Il faut rappeler que l'existence de différents systèmes monétaires pose de nombreux


problèmes au commerce international. Donc les Etats tentent d'harmoniser leurs systèmes
monétaires pour faciliter les échanges. Ils cherchent à adopter un étalon commun des
valeurs et à se mettre d'accord sur les principes régissant les changes. L'extension du
commerce à l'ensemble de la planète fait naître progressivement l'idée de système monétaire
international.

Historiquement, cinq systèmes monétaires internationaux ont existé à l'époque


contemporaine :

a- Le système de l'étalon or: Etablit au début du 19 ème siècle, il fait de l'or l'étalon
monétaire universel (voir les explications plus haut).

b- Le système de Gênes (1922-1944): La conférence de Gênes réunit en 1922 adopte le


régime de l'étalon de change or (or-devises). Chaque pays continuait à définir la valeur de sa
monnaie nationale par un certain poids d'or fixe. Cependant, les banques centrales
n'étaient plus obligées de convertir les billets en or du fait que la plupart des pays ne
disposaient plus en 1922 d'un stock d'or suffisant. Les pays bien pourvus en or (tels que les
USA qui possède 30% de l'or monétaire mondial) ou attachés à l'or pouvaient à leur gré
rétablir la convertibilité de leur monnaie en or.

Trois pays usèrent de cette possibilité et établissent la convertibilité de leur


monnaie, il s'agit : USA (1919), GB (1925) et de la France (1928).

Les monnaies de ces trois pays sont considérées comme des devises clé, elles
pouvaient être utilisées par tous les pays pour régler les échanges internationaux et
conserver comme « monnaies de réserve » par les différentes banques centrales.

Ce système permet donc aux Etats dépourvus d'or de s'intégrer au système


monétaire international grâce aux prêts libellés en monnaies convertibles en or qui peuvent
leur être consenties et l'assure aux Etats riches la possibilité de conserver leur métal
précieux. Le système de Gênes est désarticulé par la crise économique mondiale de 1929 et la
seconde guerre mondiale, ceci a donné naissance en 1944 au système de Bretton Woods.

c- Le système de Bretton Woods (1944-1971) : La conférence internationale réunie à


Bretton Woods en 1944 rétablit le système de Gênes mais au bénéfice exclusif des
USA devenus, à la faveur de la deuxième guerre mondiale, la principale puissance
économique. Le système de Bretton Woods restera en vigueur jusqu'au 15 août 1971, il
reposait sur trois principes :
19
- Toutes les monnaies sont librement convertibles en dollars américains eux même
convertibles en or. La conversion peut être demandée uniquement par les banques centrales ;

- La conversion des différentes monnaies entre elles se réalisent sur la base de taux de
change fixe. Si un pays veut réviser en baisse le taux de change de sa monnaie par
rapport aux autres monnaies étrangères (dévaluer), il doit avoir l'accord préalable du FMI.

- Un fonds monétaire international FMI joue le rôle de « caisse mutuelle », chaque pays
dépose des liquidités (son «quota») destiné à venir en aide, le cas échéant, aux pays membres
qui éprouveraient des difficultés à équilibrer la balance des paiements.

En tant qu'un pays puissant et non touché par les résultats des deux guerres
mondiales, les USA réalisent des investissements considérables en dollars dans les
pays européens (euro-dollar), entre pays pétroliers (pétro-dollars) ou entre pays
asiatiques (asia-dollars). Ces dollars constituent les stocks monétaires qui avec les
réserves des banques centrales (les balances dollar) restent en principe gagés sur le stock d'or
américain de Fort Knox.

Cependant, à partir de 1969, le montant total des dollars circulant dans le monde
commencent à dépasser la valeur du stock d'or américain.

Certains pays comme la France (à l'époque de général DE GAULE) demandent la


conversion en or des dollars qu'ils détiennent. Il en résulte une crise du dollar. Le 15 août
1971, le président américain R. NIXON, constatant que les USA sont incapables d'accomplir
leur remboursement des dollars en or, suspend alors la convertibilité du dollar en or.

d- Le système de l'étalon dollar (1971-1976) : Toutes les monnaies restent définies par
rapport au dollar (régime du dollar standard), mais la conversion des différentes
monnaies entre elles n'obéit plus à des règles strictes. Il s'agit de l'instauration d'un système de
change flottant (flexible) selon l'offre et la demande au jour le jour, la valeur des devises
(franc, livre sterling, etc...) peut varier de 4,5% par rapporte au dollar (c'est la marge
de fluctuation).

e- Le système de Kingston (depuis 1976) : Un nouveau système monétaire international a


été ébauché en 1976 à la conférence de Kingston (Jamaïque). Un nouvel étalon monétaire
international appelé réserve internationale conjointe est constituée par les droits de
tirage spéciaux DTS. C'est une monnaie fictive dont la valeur représente une moyenne entre le
cours de cinq devises clé (dollar 42%, DM 19%, Franc, Yen et la Livre Sterling 13%
chacune). La gestion internationale des DTS est confiée au FMI, elle suppose qu'une réelle
coopération monétaire puisse s'instaurer entre les différents Etats.

CHAPITRE 4 : CREATION DE LA MONNAIE

Dans l’économie contemporaine, l’analyse de la monnaie se dissocie difficilement de


celle de crédit car la monnaie permet non seulement d’effectuer des transactions monétaires
20
mais elle fait aussi l’objet de prêt, elle sert de base au crédit et en constitue un instrument par
excellence. Aussi, les institutions de crédit (les banques) jouent un rôle considérable
sur le plan monétaire. L’offre de monnaie est aujourd’hui le fait du système bancaire.

Historiquement, l’émission de monnaie était une fonction de l’Etat souverain. L’Etat a


frappé les diverses monnaies métalliques ou imprimait des papiers monnaies grâce à la
banque centrale.

Aujourd’hui, avec le développement de la monnaie scripturale, l’émission de la


monnaie a pris une nouvelle forme. Les banques ordinaires reçoivent des dépôts mobilisables
par chèques et octroient des crédits à leurs clients. Ainsi les banques se livrent à un véritable
mécanisme de création monétaire à l’occasion de la distribution de crédits.

Le pouvoir de créer de la monnaie (billets) fût monopolisé par la banque centrale


appelée également, institut d’émission. Par la suite, les banques ordinaires ont fait des
innovations monétaires grâce à la naissance de la monnaie scripturale qui est, de plus en plus,
utilisée et qui favorise le processus de création monétaire. A ce niveau, il convient de
distinguer deux termes qui sont : « la création » et « l’émission » de la monnaie.

Le terme « émission » est plus large que le terme « création ». L’émission peut recouvrir
les transformations simples entre actifs monétaires et actifs financiers sans création
nette de monnaie, par contre la « création » entraine systématiquement une augmentation
nette de la masse monétaire1 en circulation.

Section I : Les organismes créateurs de la monnaie

La création de la monnaie est assurée par trois (03) catégories d’institutions à


savoir : la banque centrale, les banques ordinaires et le trésor public.

1.- La banque centrale

La banque centrale (ou l’institut d’émission) est chargé de l’émission de la monnaie


nationale et de la régulation de la liquidité dans un pays. Elle exerce une triple fonction :

- Banque de la nation : elle crée la monnaie fiduciaire en émettant les billets qui circulent
dans l’économie, elle surveille l’évolution de la masse monétaire, notamment au moyen
de la politique des réserves obligatoires.

- Banque de l’Etat : elle fait crédit à l’Etat sous forme de prêt et d’avance au trésor
(qui exécute le budget de l’Etat) et gère pour l’Etat certains instituts spéciaux comme le
fond de stabilisation des changes.

1
Masse monétaire : Quantité totale de monnaie circulant dans un pays à un moment donné. Elle comprend cinq
composantes qui sont : monnaie métallique + billets de banque + comptes à vue dans les banques (monnaie
bancaire) + comptes à vue dans les CCP (monnaies postales) + la quasi-monnaie.
21
- Banque des banques : elle réescompte les effets de commerce que lui présentent les
banques, elle organise les règlements interbancaires par compensation entre les banques
et sert de correspondant aux banques centrales étrangères.

La banque centrale se charge essentiellement d’assurer la stabilité monétaire et de veiller à


sa comptabilité avec l’expansion économique. Elle est l’élément « central » du système
bancaire, elle en règle la liquidité, elle en organise les règlements par compensation entre les
banques et joue le rôle de correspondant avec les banques centrales étrangères.

Le rôle principal de la banque centrale est l’émission de la monnaie fiduciaire et de la


monnaie scripturale.

- La banque centrale crée les billets à travers de l’utilisation de la planche à billets.

- La banque centrale crée aussi de la monnaie scripturale, selon les mêmes


mécanismes que la création monétaire des banques ordinaires, c'est-à-dire qu’elle monétise la
créance (transformation de la créance en monnaie).

- La banque centrale crée de la monnaie scripturale, au profit des banques ordinaires


et du trésor public lorsqu’elle leur achète des créances qu’ils (trésor et banques ordinaires)
détiennent sur leurs clientèles (à savoir les entreprises, les ménages et les particuliers).

- La banque centrale peut aussi créer directement de la monnaie au profit du trésor public,
lorsqu’elle lui accorde des avances, c'est-à-dire un découvert et aussi lorsqu’elle achète
les bons de trésor .

- La banque centrale crée de la monnaie lorsqu’elle achète des devises étrangères (créances
sur l’extérieur). A titre d’exemple, la banque centrale de Madagascar crée de la monnaie
lorsqu’elle achète des dollars américains (ᵴ), puis elle crée des l’ariary qui viennent augmenter
la masse monétaire.

1.2- Les banques ordinaires :

L’expression banque est d’origine italienne qui est « banco » qui veut dire banc. Au début
cette expression signifiait le banc où s’asseyaient les financiers pour effectuer le change
de la monnaie, plus tard l’expression a évolué pour signifier le comptoir où l’on pouvait
compter et échanger de l’argent, pour devenir à la fin un lieu où se trouve ce comptoir et où
s’effectue la commercialisation de l’argent.

En vue la conception traditionnelle « la banque est l’institution habilitée à recevoir les


dépôts des particuliers et à en disposer à condition de respecter les règles de gestion édictées
par les autorités monétaires ».

Cette conception distingue la banque susceptible de créer de la monnaie scripturale des


institutions financières non bancaire exclue de la création monétaire. Le développement des
activités des banques rend évidemment ces classifications peu utiles puisque la banque

22
moderne se différencie de la banque classique par les activités diverses dans le domaine des
services et du hors bilan.

L’évolution technologique a engendré ce qu’on appelle les banques électroniques qui


offrent des services aux clients en utilisant des circuits hautement sophistiqués.

2-1 Les types de banque ordinaire

Trois types de banques ordinaires sont à distinguer.

 Banque de dépôt : L’activité principale de ces banques est la réception des dépôts de
la clientèle à vue et à terme, les règlements en monnaie et l’octroi du crédit à court
terme.

 Banque d’affaire : Les activités principales de ces banques sont la prise et la gestion
des participations dans les affaires existantes en voie de formation, et l’octroi des
crédits sans limitation de durée aux entreprises publiques ou privées qui
bénéficient, ont bénéficiés ou bénéficieront des dites participations2.

 Banques d’investissement ou (banque de crédit à moyen ou long terme) :


L’activité principale de cette banque est l’ouverture du crédit dont le terme est au
moins égale à deux ans. Leurs opérations sont destinées à ceux qui veulent former ou
renouveler leur capital fixe (infrastructures, immeubles, etc.). Contrairement aux
banques d’affaires, les banques d’investissement ne cherchaient pas à s’associer à
la gestion des entreprises.

Actuellement, les banques ne sont plus de simples caisses de dépôt ou de simples


intermédiaires financiers entre les agents excédentaires (agent à capacité de
financement, c'est-à-dire ceux qui dégagent l’épargne) et les agents déficitaires (agent à déficit
d’épargne, c'est-à-dire ceux qui ont besoin de financement). En outre, les banques
ordinaires créent la monnaie lorsqu’elles accordent des crédits, et ces crédits entrainent
eux-mêmes des dépôts lorsqu’on considère l’ensemble du système bancaire dans sa totalité.

Les opérations de crédits réalisées par les banques représentent donc une source
majeure de création monétaire. Il s’agit de crédits accordés aux particuliers, aux entreprises,
ainsi qu’aux crédits accordés à l’Etat par le biais du trésor public afin de financer le déficit
budgétaire (à titre d’information, le trésor public algérien a énormément reçu d’avances de la
part de la banque centrale. Les banques d’investissement ont été créées à l’occasion de ces
avances. La loi sur la monnaie et le crédit de 1990 a limité les avances faites par la banque
centrale ; elles ne doivent pas dépasser 10% de la totalité des recettes du trésor).

Les banques ordinaires achètent également les bons du trésor. Ces derniers
acquièrent les créances sur le trésor public en créant de la monnaie.

3- Le trésor public

2
M. Vasseur, «L’Etat banquier d’affaires » Dalloz 1962, p 198.
23
Le trésor est la personnification financière de l’Etat. Il perçoit les recettes publiques,
exécute les dépenses et emprunte pour couvrir ses besoins de financement, temporaires
ou définitifs. Dans ce sens, le trésor est un agent non financier comme les autres. En outre,
le trésor est aussi un intermédiaire financier exerçant une activité « bancaire ». Les
ressources qu’il se procure ainsi diminuent ses besoins d’emprunts proprement dits. En
d’autres termes le trésor public est à la fois le caissier et le banquier de l’Etat.

 Le trésor est le caissier de l’Etat, la mission principale du trésor est d’exécuter la loi
des finances. Il reçoit les recettes budgétaires et couvre les dépenses budgétaires de
l’Etat. D’une manière générale, les recettes sont inférieures aux dépenses, ce qui
entraine un déficit qui sera financé par la banque centrale, les banques ordinaires et les
particuliers.

 Le trésor est le banquier de l’Etat : le trésor est aussi le banquier de l’Etat car il crée la
monnaie divisionnaire (métallique) ainsi que sa propre monnaie scripturale.

a- Création de la monnaie divisionnaire : Le trésor a gardé de l’histoire le privilège de la


frappe des monnaies (il s’agit de la monnaie divisionnaire).

Les pièces de monnaie émises par le trésor, malgré le métal qu’elles contiennent, ont une
valeur faciale (nominale) supérieure à leur valeur intrinsèque. Elles sont donc de même nature
que les billets (monnaie fiduciaire acceptée par habitude et confiance). Les pièces
frappées par le trésor sont transmises à la banque centrale qui crédite le trésor en
monnaie centrale et met ensuite les pièces en circulation en fonction des besoins de
l’économie. La banque centrale assure la convertibilité des pièces en monnaie centrale
(billets de banque).

Le développement des machines automatiques en tout genre renforce ces dernières


années l’importance de la monnaie métallique. Cependant, en tant que ressource du
trésor, elle est peu importante.

b- Création de la monnaie scripturale : Le système du trésor et le système bancaire sont


disjoints.

Dans le système du trésor, circule la monnaie scripturale trésor, (sa propre


monnaie). La question qui se pose : peut-il y avoir, dans ce système, une création de
la monnaie? La réponse est généralement négative, du fait qu’à la différence des
banques, les PTT n’accordent actuellement pas de crédits. Rappelons que ce point a fait
l’objet d’importantes controverses. Les PTT demandent à pouvoir accorder des crédits sans
épargne préalable (prêts personnels et crédits de logement), les banques s’y opposent car elles
craignent la concurrence que leur ferait le réseau postal. Leur meilleur argument est que la
poste ne peut pas avoir une activité bancaire sans être soumise à la même réglementation que
les banques (loi bancaire, fonds propres, réserves obligatoires, conventions collectives, etc…)

24
Cette vision, qui consiste à dire que le trésor public ne procède pas à la création de
la monnaie, est trop partielle du fait que le trésor contrôle une partie du circuit de la
monnaie scripturale, il peut dans son circuit, créditer des comptes (des fonctionnaires
de l’Etat par exemple) sans avoir les ressources correspondantes ; donc il y a bien une
création monétaire.

Le trésor a un droit de tirage automatique et illimité sur les CCP dont il est la banque, lorsque
les CCP font crédit au trésor, il y a bien création de monnaie postale à son bénéfice.

Le circuit du trésor se présente comme suit :

Source : Jean Besson « Monnaie et finances », édition O.P.U Alger, 1991, p145.

La notion de circuit désigne les canaux par lesquels les sommes dépensées par le trésor lui
reviennent.

Section 2 : Les mécanismes de création monétaire

Il s’agit de comprendre le processus de la création de monnaie, autrement dit


comment la monnaie apparait concrètement dans le circuit ? À quelle occasion ? Pour qui la
monnaie est-elle créée ? Quel est l’intérêt de la création monétaire pour les différentes
institutions créatrices de la monnaie.
25
2.1 Les mécanismes de la création de la monnaie par la banque centrale

La banque centrale, crée de la monnaie au profit de l’économie en monétisant les


créances provenant des autres établissements de crédit, ceci aboutit à la création de deux (02)
formes de monnaie à savoir :

 La monnaie libre qui est le résultat de la monétisation de la monnaie étrangère.

 La monnaie crédit qui est le résultat de la monétisation des créances provenant


des banques ordinaires et du trésor public.

2.1.1 La création de la libre monnaie

La banque centrale effectue toutes les opérations sur l’or notamment l’achat et la
vente, elle peut aussi recevoir les dépôts libellés en monnaie étrangère. Elle gère également
les réserves de change et elle peut ouvrir des comptes en devise pour les sociétés autorisées
par la loi, par conséquent la banque centrale répond aux besoins de financement des banques
ordinaires et du trésor par la conversion des monnaies étrangères et de l’or en
monnaie nationale.

L’achat des devises par la banque centrale auprès des banques ordinaires et du trésor public
aboutit à la création de la monnaie nationale.

2.1.2 Création de la monnaie crédit

Cette forme de monnaie concerne tous les prêts accordés par la banque centrale aux
établissements de crédit en situation de manque de liquidité et en besoin de refinancement.
Ces établissements en situation de financement peuvent avoir de la monnaie centrale à travers
deux (02) voies :

26
- En sollicitant l’aide de la banque centrale d’une façon, directe.

- Par le biais du marché monétaire.

Dans le cadre de règlement, la banque centrale peut procéder aux opérations suivantes :

 Réescompter des effets de commerce contre un taux de réescompte.

 Accorder au trésor public des avances, elle facilite le financement de ces


opérations courantes. De même qu’elle octroie des avances au trésor en lui inscrivant
la somme de crédit de son compte qui se trouve à la banque centrale.

 Intervenir sur le marché monétaire en achetant ou en vendant des effets publics (bons
de trésor), des effets privés (effet de commerce) admissible au réescompte.

2.2 Les mécanismes de création monétaires par les banques ordinaires

La création monétaire par les banques ordinaires consiste en l’octroie des crédits qui
permette le financement des entreprises et des ménages en la mise à leurs disposition
des moyens de paiement notamment la monnaie scripturale (chaque banque ordinaire possède
sa propre monnaie scripturale).

2.2.1 L es banques ordinaires crées de la monnaie dans six (06) cas particuliers:

* Achat d’actif réel : les banques ordinaires crée de la monnaie à chaque occasion d’achat
d’actif réel. Elles peuvent régler les achats par les billets ou en créditant tout
simplement le compte de leurs clients.

Exemple : Le CPA achète un terrain à un particulier pour une valeur de 100 millions,
l’opération d’achat entre le CPA et le particulier est la suivante :

*Achat de devises : A chaque fois qu’une banque ordinaire achète de la devise, elle
crée de la monnaie supplémentaire en circulation.

Exemple : la BDL va acheter à l’exportateur de dette de la devise.

27
Escompte3 des effets : l’escompte des effets est l’une des opérations traditionnelles de
création monétaire par les banques commerciales.

Exemple : une entreprise « X » accorde à ces clients des achats, à crédit contre une
reconnaissance de dette matérialisée par un effet de commerce (exemple : la traite).
L’entreprise se retrouve avec un portefeuille de traite qu’elle va céder à se banque
(BDL) contre de la monnaie.

*Les avances aux entreprises : Les entreprises peuvent bénéficier de crédit nécessaire à
leurs exploitations auprès des banques ordinaires. Plusieurs types de crédits sont
autorisés par la politique monétaire tels que ; facilité de caisse, découvert bancaire et crédit de
campagne.

Exemple : pour le paiement de ses salariés, l’ENIEM a sollicité l’aide de sa banque la BEA,
celle-ci lui accorde une facilité de caisse pour un montant de 100 millions.

ENIEM B.E.A

Actif Passif Actif Passif

Compte C (BEA) +100 Dette +100 Crédit +100 cpte c +100

3
Escompte : L’escompte est l’opération par laquelle une banque verse au porteur d’un effet de commerce le
montant de celui-ci avant son échéance et sous certaines déductions (taux d’escompte). L’escompte permet au
détenteur d’un effet de commerce de mobiliser sa créance, c'est-à-dire d’obtenir immédiatement des fonds
en échange de celui-ci, il la transforme ainsi en argent. Le banquier peut en outre mobiliser à son tour les effets
de commerces par la voix de réescompte (au niveau de la banque centrale) ceci est vérifié en cas de manque de
liquidité au sein de la banque ordinaire.
28
*Achat de titres financiers : chaque banque peut acheter sur le marché financier des
titres émis par les entreprises en cotre partie de la création de la monnaie.

Exemple : La BDL achète des obligations de SONATRACH

SONATRACH BDL

Actif Passif Actif Passif

Obligation -100 Dette +100 obligation +100 cpte c(SONATRACH) +100

Cpte(BDL) +100

*Crédit à moyen terme et à long terme : dans le cadre de la distribution du crédit


à moyen et long terme, les banques créent de la monnaie pour financer les
investissements nécessaires au développement économique.

2.2.3 Les mécanismes de création monétaire par le trésor public :

Le rôle du trésor public à évoluer au même titre que celui des autres institutions
monétaires.

 Le trésor public crée de la monnaie divisionnaire qui est une monnaie d’appoint.

 Le trésor public crée de la monnaie scripturale lorsqu’il crédite le compte d’un


fonctionnaire de l’Etat ou lorsqu’il règle les fournisseurs de l’Etat, comme
toutes les autres institutions financières et monétaires, le trésor joue le rôle
d’emprunteur par l’émission de bons de trésor au profit des agents
économiques. Il pratique également l’opération d’Open Market qui consiste dans
l’achat ou la vente des effets publics.

Section 3 : Les limites de la création monétaire

3.1 La demande de monnaie

La demande de monnaie constitue une contrainte parce que la banque ne crée pas de la
monnaie pour le plaisir de la créer, mais une réponse à une demande. La création monétaire
est donc limitée par les besoins de liquidités des agents non financiers. Ces besoins
sont élevés durant les périodes de fortes activités économiques mais réduits durant les

29
périodes de ralentissement de l’activité économique. La contre partie créance sur l’étranger
n’est qu’une source de création monétaire que si l’économie connait un excédent de ses
paiements extérieurs.

3.2 Les besoins de la banque en billet

Les clients des banques ordinaires font circuler une partie de la monnaie créée par ces
banques non pas sous sa forme initiale de monnaie scripturale mais sous sa forme de
billets. Cependant les banques ordinaires ne peuvent pas émettre de billets, elles doivent les
procurer sur leur compte à la banque centrale. Il convient de dire comment une
banque ordinaire peut-elle alimenter son compte à la banque centrale ?

 Elle peut virer sur son compte auprès de la banque centrale une partie des
dépôts effectués par ses clients.

 Elle peut recevoir sur son compte des virements d’autres banques qui lui doivent de
l’argent en règlement de chèques au profit de ses clients.

 Enfin, elle peut emprunter de la monnaie centrale (billets) sur le marché monétaire.
Les avoirs en monnaie centrale constituent la base monétaire indispensable à
toute création de monnaie en circulation.

Remarque : Quand une banque ordinaire ne dispose pas suffisamment de monnaie


centrale dans son compte courant auprès de la banque centrale, elle peut
emprunter sur le marché monétaire dans ce cas on dira qu’elle se refinance sur le
marché monétaire.

3.3 Le contrôle de la banque centrale

La banque centrale contrôle indirectement la création monétaire des banques


ordinaires. En effet la banque centrale en tant que banque intervient sur le marché monétaire
pour prêter sa monnaie aux banques ordinaires, elle ne le fait pas gratuitement, elle le
fait moyennant taux d’intérêts, pour en contre partie d’une créance détenue par la banque
(traite, bon de trésor).

Section 4 : La mesure de la monnaie : Les agrégats monétaires

Les autorités monétaires s’intéressent à la masse monétaire afin d’en contrôler


l’évolution et la croissance. Toute augmentation du volume de la monnaie sans
contrepartie physique entraine, selon la théorie quantitative de la monnaie, une hausse des
prix et une inflation par la suite.

30
Afin de juguler l’inflation, les autorités monétaires doivent agir sur les éléments
constitutifs de la masse monétaires. Les agrégats monétaires vont constituer les indicateurs de
la politique monétaire.

Quatre types d’agrégats monétaires sont à distinguer : M 0 , M 1 , M 2 , M 3 .

4.1 Notion d’agrégats monétaire

L’agrégat monétaire est une mesure comptable de la monnaie en circulation mise à la


disposition des agents non financiers pour assurer l’ensemble de leurs transactions, en
d’autres termes l’agrégat monétaire est un ensemble d’éléments constitutifs de la masse
monétaire, c'est-à-dire un ensemble d’actifs choisi pour recevoir le statut de la monnaie.

Ces actifs sont émis par les banques et mis à la disposition des agents non financiers, ils
sont classés à l’actif de leurs bilans. Cependant, ils sont classés au passif du bilan
des agents financiers qui les émettent.

La masse monétaire peut être mesurée à la base de deux manières :

 Soit par le montant cumulé des actifs monétaires détenus par les entreprises et
les particuliers figurant à l’actif de leurs bilans.

 Soit par l’ensemble des actifs monétaires créés par les agents financiers enregistrés au
passif de leurs bilans.

Il convient de noter qu’il est plus simple de recenser les postes du bilan des
institutions financières plutôt que de récapituler les encaisses de tous les agents
économiques.

4.2 Notion de liquidité

La liquidité est la capacité de transformer un actif monétaire, rapidement en monnaie


sans coût, (sauf la perte du taux d’intérêt en cas de retrait prématuré) ainsi que sans risque de
perte de valeur.

On peut utiliser également le terme de mobilisation c'est-à-dire transformation en «


argent liquide » ou crédit en compte de chèques de manières immédiate sans risque et sans
coût.

4.3 Classification des agrégats monétaires

Chaque agrégat correspond à un ensemble homogène d’actifs classé selon un ordre


logique. La base monétaire (M0 ) : la base monétaire est la monnaie émise par la
banque centrale : Elle constitue un pur moyen de paiement. Elle comporte les éléments
suivants :

31
B0 composé de :

- L’ensemble des billets de banque

- La base monétaire divisionnaire (pièces de monnaie)

Ainsi que :

- Les réserves de banques ordinaires auprès de la banque centrale R.

Donc : M0 = B0 + R

Les disponibilités monétaires M1 : Les disponibilités monétaires sont composés de


moyens de paiement, immédiat utilisables sans préavis ni échange, par simple
transaction manuelle (billets de banque et monnaie divisionnaires) ou par le règlement
d’écritures (dépôts à vue mobilisable grâce aux supports de paiement).

Les disponibilités monétaires comportent :

- Des billets émis par la banque centrale et détenus par les agents non financiers
sur le territoire national.

- Des pièces émises par le trésor public détenues par le secteur public

- Des soldes des comptes à vues des entreprises non bancaires ou des particuliers
ouverts dans les banques ordinaires, dans les centres des chèques postaux et chez les
comptables du trésor.

Donc : M1 = B0 + D

La masse monétaire (M2 ) : La masse monétaire comprend les liquidités gérées par les
organismes suivants : Banque centrale, banques ordinaires, trésor qui créent de la
monnaie.

La masse monétaire comporte :

M1 : les disponibilités monétaires (pièces + billets + dépôts à vue dans les banques ou
organismes assimilés).

(M2 - M1 ) : Disponibilités quasi-monétaires susceptibles d’être converties rapidement


en moyen de paiement sans risque de perte de capital. Elles comportent les
placements suivants :

 Les comptes sur livrets dans les banques ;

 Les comptes d’épargne logement dans les banques ;

 Les comptes à terme dans les banques ;

 Les dons de caisse émis par les banques.


32
Donc : M2 = M1 + (M2 – M1)

M2 : disponibilités monétaires + les disponibilités quasi-monétaires.

Les liquidités de l’économie (M3) :

L’agrégat M3 comptabilise l’ensemble des liquidités de l’économie. Ces liquidités


contiennent : M3 = M2 + (M3 - M2)

M2 : composantes de la masse monétaire

(M3 - M2) : Placement liquide ou à court terme effectué auprès des institutions
financières non bancaires.

Ces derniers comportent :

 Les placements dans les caisses d’épargne c'est-à-dire les comptes sur livret et
les comptes d’épargne logement.

 Les bons de trésor en circulation

 Les effets publics. Remarque : dans certains pays développés tels que la France,
un autre agrégat (M4 ) est introduit depuis quelques années :

M4 = M3 + (M4 - M3)

M4 : L’ensemble des liquidités

+ Billets de trésorerie

+ Bons de trésor négociables.

Enfin, il convient de noter qu’à travers ces différents agrégats monétaires, les
autorités monétaires cherchent à mesurer le stock de monnaie et de le contrôler.

CHAPITRE 5 : LE DESEQUILIBRE MONETAIRE / L’INFLATION

L’inflation est un phénomène aussi vieux que l’argent lui-même. Dans la Rome
antique, la dépréciation des pièces d’argent et d’or par Néron et ses successeurs a provoqué
une inflation modérée qui a duré quelques siècles. L’Egypte a enregistré une inflation
galopante en 324. L’inflation a sévi en Chine premier pays à imprimer de la monnaie papier,

33
au XI siècle, lorsque les autorités ont émis trop de billes après avoir dépensé un
montant considérable d’espèces.

Cependant que l’inflation générale (les prix moyens augmentent d’une façon
durable et continue), observée depuis la deuxième guerre mondiale est un phénomène
récent.

Dans le cadre de ce chapitre, après la définition de l’inflation nous expliquerons ses


causes, et ses conséquences à la fois sur le plan social et économique. Et enfin, nous allons
présenter très brièvement les politiques de lutte conte l’inflation.

Section 1 : Notion d’inflation

L’inflation est définie comme un déséquilibre économique caractérisé par une hausse
généralisée des prix. Les économistes attribuent cette hausse, soit à l’accroissement de la
circulation monétaire, soit au déficit budgétaire ou au mauvais ajustement de l’offre et de la
demande des biens et services.

L’inflation est un phénomène complexe, un processus macro- économique fondé sur une
multitude de mécanismes et une multitude de causes.

1.1 Définition de l’inflation

L’inflation en tant que concept : L’inflation : « enflure », est un concept emprunté du


vocabulaire médical, c’est une maladie qu’il faut guérir.

L’inflation en tant que phénomène : L’inflation est un processus de hausse cumulative du


niveau général des prix de tous les biens et services, auto-entretenu (une hausse entraine
d’autres).

L’inflation se traduit par l’érosion du pouvoir d’achat de l’unité monétaire, c'est-à-dire


de sa valeur en termes de biens et services.

En d’autres termes, l’inflation est le résultat d’un déséquilibre entre l’offre de


monnaie et l’offre de biens et services. Elle se manifeste par :

 Un mouvement accéléré des hausses des prix durant une période assez longue et cela
concerne tous les biens et services sans exception.

 Une baisse de la valeur de la monnaie nationale.

L’inflation est considérée aussi comme un phénomène complexe, un processus


macro-économique fondé sur une multitude de mécanismes et une multitude de causes.

Section 2 : Concepts liés à l’inflation

Plusieurs concepts sont liés à l’inflation parmi lesquels on distingue principalement ce


qui suit :

34
La Déflation

La déflation est l’ensemble des politiques et des mesures mises en place pour limiter les
tensions inflationnistes.

La désinflation :

La désinflation consiste dans un ralentissement durable et auto-entretenu du rythme


du niveau général des prix.

La stagflation :

La stagflation est un déséquilibre économique caractérisé par la coexistence de


l’inflation et d’une stagnation de la production.

2.4 L’hyper-inflation

L’hyper-inflation, est un excès d’inflation qui rend la monnaie quasiment sans valeur
et responsable de nombreux problèmes économiques et sociaux.

Section 3 : Différents types d’inflation

L’inflation peut prendre différents types :

3.1 Selon son degré (le niveau atteint par son taux) On distingue :

Inflation rampante : La hausse des prix est inférieure à 5 % par an, ce qui est considéré
comme un minimum incompressible dans une économie dynamique. Son taux varie entre 2%
et 3% par an, elle accompagne une phase de croissance.

Inflation déclarée : Le taux d’une inflation déclarée se situé entre 3% et 6%.

Inflation ouverte : Le rythme de hausse des prix atteint 5% à 20% par an. C’est la
phase dans laquelle sont rentrés les pays développés depuis la guerre Israélo-arabe d’octobre
1973. Non seulement les prix montent, mais les agents économiques agissent en fonction de la
hausse : Ils achètent immédiatement des biens qui ne leur sont pas indispensable afin de se
prémunir contre les augmentations prévisibles. Ces anticipations relancent la hausse des prix
qui devient cumulative.

Inflation galopante : Il s’agit d’une inflation à plusieurs chiffres (100% ou plus par an) qui
annonce généralement la faillite d’une économie. Les prix augmentent d’heures en heures.

3.2 Selon les modalités : Selon les modalités, on distingue entre l’inflation par la
demande et l’inflation par les coûts de production.

La théorie traditionnelle a expliqué l’inflation principalement par une hausse


continue et généralisée des prix. En effet, la croissance du niveau général des prix est
traduite soit par l’excès de la demande globale, soit par les coûts des facteurs de

35
production permettant la détermination des prix des biens et services, ou bien par la demande
et les coûts à la fois.

L’inflation par la demande : L’inflation par la demande résulte d’un excès de la


demande par rapport à l’offre, c’est à dire que l’offre des biens et services sur le
marché demeure inélastique, ce qui provoque par la suite un déséquilibre entre l’offre et la
demande. Afin de satisfaire la demande excédentaire, les producteurs vont investir au-
delà de leurs capacités, ce qui engendre la hausse des prix sur le marché.

Parmi les principales causes de l’augmentation de l’offre par rapport à la demande,


on peut citer :

La faiblesse de la productivité qui est due à l’interaction de plusieurs facteurs, nous citons
spécialement : La faible propension au travail ; la sous – qualification due à la formation
insuffisante ; le sous – équipement de certains secteurs.

La pression démographique : La pression démographique agit à la fois sur l’offre et sur la


demande des biens et services.

L’insuffisance des infrastructures : Les nombreux manques en infrastructures, de


transport, et des réseaux de distribution affectent l’offre des biens ce qui alimente
l’augmentation des prix.

Le déséquilibre régional : La forte urbanisation et l’exode rural constituent un facteur


d’inflation assez considérable.

Les pénuries : La rareté des biens de consommation finale ou intermédiaire entraine une
hausse des prix des biens correspondants.

L’augmentation des revenus : L’inflation par la demande peut être alimentée par la hausse
constante des revenus. Par conséquent, les entrepreneurs tout en essayant d’augmenter
la productivité, vont engendrer une hausse des salaires dans le but de préserver le
pouvoir d’achat des individus.

L’augmentation des dépenses de l’Etat : L’augmentation des dépenses de l’Etat à la suite


d’une balance de paiement excédentaire peut engendrer de l’inflation.

L’inflation par l’excès des coûts de production : Pour les Keynésiens, l’inflation est due à
l’augmentation des coûts de production (coûts salariaux, coûts de la matière première, coûts
des produits intermédiaires, etc.), qui provoquent automatiquement, par la suite la
hausse des prix de vente. En effet, la hausse des coûts de production est inflationniste
lorsqu’elle est auto- entretenu (une hausse entraîne une autre).

L’inflation par l’excès de la demande et l’augmentation des coûts de la production.

Cette approche explique l’inflation par l’enchainement existant entre les causes de
l’inflation par la demande et les causes de l’inflation par les coûts de production.

36
L’explication est simple, même si le processus de la formation des prix élevés est complexe.
En effet, la hausse des coûts de production, le plus souvent, les « salaires », suite aux
revendications des travailleurs et aux grèves, et qui n’est pas accompagné par des gains de
productivité suppose que les banques fournissent aux entreprises des
liquidités supplémentaires versées aux salariés dont la proportion à consommer est élevée. Ce
qui fait augmenter la demande alors que l’offre reste rigide. Une inflation par la demande se
traduit alors à la suite d’une inflation par les coûts, si la hausse des salaires est répercutée sur
les prix.

En d’autres termes, le déséquilibre se traduira sur le marché des biens et


services par une augmentation des prix. L’influence de la hausse des prix sur
l’ensemble des branches généralisera le processus de l’inflation.

Tout cela aura, enfin de cycle, un effet sur les prix à nouveau, et la boucle
est bouclée, ou plutôt la spirale continue. Cela peut être expliqué par ce qui est commodément
appelé «la spirale inflationniste», voir le schéma ci- après.

Les causes de l’inflation par la demande et par les coûts de production

3.3 Selon le contexte :

Selon le contexte, on distingue l’inflation de prospérité et l’inflation de pénurie.

Section 4 : Les causes de l’inflation

4.1 Causes de l’inflation selon la théorie monétaire :

37
Les explications monétaires reposent sur deux hypothèses : La première est que
l’inflation résulte de l’expansion incontrôlée et des fluctuations de la masse monétaire, et la
seconde qu’il est possible aux autorités de contrôler l’expansion de la masse monétaire.

L’inflation selon les monétaristes trouve donc son origine dans la variable de la
monnaie et sa mauvaise gestion. L’afflux des métaux précieux au ΧVI ème siècle, le recours
massif à la planche à billets, la distribution excessive de crédits et l’expansion de la
masse monétaire par rapport à l’offre réelle, aura comme conséquence, un déséquilibre
macro-économique en termes de l’augmentation des prix des biens et services.

Le fondateur de la théorie monétaire Milton Friedman trouve que l’origine de


l’inflation réside dans l’accroissement rapide de la quantité de monnaie en circulation
par rapport au volume de la production. La faute revient à l’Etat qui a tendance à injecter de
l’argent dans l’économie afin de lutter contre le sous-emploi, de baisser le taux
d’intérêt débiteur pour favoriser l’investissement, à créer trop de monnaie. Les
principales causes de l’inflation monétaire sont donc :

 L’excès des dépenses publiques :

La genèse d’une situation inflationniste peut être imputée à l’excès des dépenses
publiques (les dépenses de l’Etat). Les signes monétaires ainsi en circulation, ne trouvant
aucune contrepartie physique dans les biens et services mis à la disposition des
consommateurs ce qui entrainent une dépréciation de la valeur de l’unité monétaire de
telle sorte que la valeur de la demande monétaire soit ramenée à celle des biens et
services offerts.

 L’excès de la balance commerciale :

L’excédent de la balance commerciale sur l’étranger (exportations > importations)


aboutit systématiquement à une création de monnaie. En effet, les exportateurs cèdent leurs
monnaies étrangères à leurs banques qui à leur tour, les cèdent à la banque centrale
en contrepartie des liquidités que cette dernière met à leur disposition.

 L’excès de crédit :

Les banques créent de la nouvelle monnaie lorsqu’elles accordent des crédits :


escompte des effets, avances en compte courant des entreprises, découvertes, crédit à moyen
et long terme. Si la masse des moyens de paiement ainsi crées, croit plus que celle
de la production réellement offerte sur le marché national, cela entraine « l’inflation ».

4.2 Les causes de l’inflation selon la théorie structuraliste :

Selon les structuralistes, l’approche de l’inflation s’est considérablement élargie en


tenant compte des domaines tels que celui des structures économiques, celui des structures
socioculturelle ou enfin, celui des structures institutionnelles.
38
 L’explication par les structures économiques :

Dans les structures économiques qui peuvent provoquer des situations inflationnistes, on
distingue principalement :

*L’investissement économique : Le français François Perroux a présenté une


approche par les structures économiques pour expliquer l’inflation par le vieillissement
de l’appareil de production, l’inadaptation de la qualification de la main-d’œuvre aux
besoins de l’entreprise, les disparités entre secteurs et entre régions.

Un autre français Alain Cotta a mis en évidence les liens entre l’inflation et
l’investissement nécessaire à assurer une forte croissance économique. Investir signifie
l’orientation de certains moyens vers des secteurs comme l’industrie au détriment des biens
de consommation immédiate et des dépenses de nature sociale. Ceci entrainant dans
son sillage la hausse des prix.

*La situation monopolistique des marchés : Certains économistes font de l’existence


de structures productives ou de distributions de type monopolistique la cause de l’inflation.
De telles structures de marché peuvent conduire à des niveaux de prix élevés que
ceux qui prévaudraient en situation de concurrence. Les prix ne sont plus alors
déterminés par mécanisme d’arbitrage décrit par la théorie de la concurrence pure et parfaite.

En revanche d’autres économistes disent que cette hausse des prix n’est pas continue,
donc elle ne pourra pas aboutir à une situation inflationniste.

*Le rôle des banques : Les monétaristes considèrent les banques comme des
institutions qui peuvent engendrer l’inflation. Ce qu’ils ont expliqué par l’excès de
crédits qu’elles octroient et qui engendrent la hausse monétaire qui se transforme
à une situation inflationniste.

*L’environnement international : La hausse des prix des produits importés


entraine systématiquement celle des produits intérieurs. Il s’agit de la théorie de l’inflation
importée à laquelle peut se greffer la pression de la demande extérieure (augmentation
de demande d’exportation).

 L’explication par les structures socioculturelles :

L’écart persistant entre l’offre et la demande des produits est parfois à un niveau très
général, attribue aux valeurs fondamentales qui animent les individus vivants en société. Pour
le sociologue Baudrillaud, la valeur signe des produits tend à se substituer à leur valeur
d’usage. On achète plus les produits pour leurs utilités mais pour leurs effets de démonstration
sociale. Selon C. KATONA, les premières causes de l’inflation sont d’ordre psychologique
avec un rôle prépondérant des anticipations (on achète un produit pour le prestige et
non pour son utilité).

4.2.3 L’explication par les structures institutionnelles :

39
Les régulationnistes refusent les thèses traditionnelles de l’inflation qu’ils
considèrent d’ordre purement économique et d’inspiration néoclassique, pour fonder
leurs explications sur le rôle des institutions économiques et politiques en mettant l’accent sur
ce qu’ils appellent « le mode de régulation». Ce dernier est constitué par l’ensemble de
mécanismes économiques, social et politique assurant la stabilité du système à reproduire.
L’origine de l’inflation selon les régulationnistes se manifestent par le gonflement du papier
monnaie, causé par :

- Les formes d’intervention de l’Etat et de l’organisation du secteur privé ;

- La politique budgétaire et de crédit ;

- L’insuffisante organisation du système monétaire.

Section 5 : Les conséquences de l’inflation :

Les conséquences de l’inflation se située à deux niveaux :

5.1 À l’intérieur du pays

 Sur le plan économique : L’inflation décourage l’épargne et augmente les dépenses


de consommation (car le pouvoir d’achat de la monnaie démunie d’un moment à
l’autre) et comme les taux d’intérêt augmentent moins vite que les prix, les
agents économiques ont moins intérêt à épargner.

L’inflation participe à l’apparition des marchés parallèles dans lesquelles sont très élevés,
ce genre de marchés spéculatifs permet à certaines catégories économiques la
réalisation d’un gain facile avec le moindre coût.

Il y’a aussi le problème de pénurie de certains bien qui ne peuvent qu’accroitre


les prix et aggraver l’inflation.

 Sur le plan social : l’inflation aggrave les inégalités sociales : Elle ampute les
pouvoirs d’achat des catégories à revenus fixes (retraités, rentiers, fonctionnaires,
employés). Cependant, que les fonctions libérales (médecins, commerciaux, avocat,
….), les commerçants qui peuvent augmenter leurs marges, sont mieux
protégés. Selon la formule de Keynes, « l’inflation est l’euthanasie des rentiers ».
Les situations inflationnistes engendrent la disparition progressive et continue
de la classe moyenne.

5.2 À l’extérieur du pays

A l’extérieur du pays l’inflation détériore la position commerciale d’un pays.


L’augmentation des prix rend les produits nationaux moins compétitifs sur le marché
mondial et freine les exportations. Au contraire les importations augmentent. Il peut en
résulter un déficit extérieur et un épuisement des réserves de devises du pays.

Section 6 : Les politiques anti-inflationnistes


40
Afin de réduire l’écart inflationniste, les pouvoirs publics peuvent contracter la
demande globale en utilisant des instruments macro- économiques qui sont les
politiques budgétaires et monétaires.

6.1 Politique budgétaire et fiscale

C’est un ensemble de mesures visant à agir sur la demande de biens et services.


C’est une action sur les flux réels. Quand l’inflation trouve sa source réelle dans un
excédent de demande, les mesures prises seront une diminution des dépenses ou une
augmentation des impôts.

L’Etat mènera une politique contraire à celle de la relance économique

 Augmentation de la pression fiscale (principalement celle des ménages) réduction des


revenus disponibles réduction de la demande globale tendance des prix à la baisse.

 Diminution des dépenses publiques (pousse au financement de l’économie par le biais


de l’épargne « emprunt qui conduit à une augmentation du taux d’intérêt)
ralentissement de l’investissement chômage réduction de la demande globale
diminution des prix.

6.2 Politique monétaire

La politique monétaire vise à contrôler la liquidité de l’économie à travers l’offre de


monnaie. Il s’agit d’une régulation des flux monétaires. Pour les monétaires, l’inflation a
pour cause immédiate un accroissement anormales rapide de la liquidité de monnaie
par rapport au volume de production. Ainsi, pour les monétaristes, les autorités doivent
mener une politique de stabilisation caractérisée par une progression régulière de la masse
monétaire à un taux constant en relation au taux de croissance réel à long terme du
produit national.

Politique conjoncturelle : C’est un ensemble de mesure décidé par le gouvernement


et / ou par les autorités monétaires pour régler la croissance économique et lutter
contre l’inflation. Cette politique s’appuie sur les deux politiques précédentes décrites (c’est-
à-dire couplage des deux politiques monétaires et budgétaires qui prend le nom de
désinflation compétitive). A coté des instruments de régulation macro- économiques pour
lutter contre l’inflation.

6.3.1 Politique de blocage des salaires et contrôle des prix

L’Etat intervient directement pour le contrôle de l’influence des prix et des salaires dans
le secteur public.

 Politique de contrôle des prix : Ce sont des mesures n’autorisant pas pour l’ensemble
des prix ou pour ceux de certaines activités, que des hausses limités et
soumettant éventuellement celles-ci à une autorisation préalable.

41
 Politique des salaires : Ce sont des mesures n’autorisant pas la libre discussion
de salaires entre le patronat et les syndicats et soumettant leur augmentation à
une autorisation gouvernementale. Le blocage des salaires est la mesure extrême de
leur contrôle.

6.3.2 Politiques des revenus

L’inflation par les coûts et la conséquence d’une incapacité à parvenir à un compromis


dans le partage salaire- profit.

La politique des revenus cherche à maitriser la répartition des revenus afin de lutter
contre la hausse des prix. Elle est préconisée par certains keynésiens qui voient dans le prix
l’expression d’un rapport de force.

La politique des revenus serait celle définie par un accord entre les groupes sociaux pour
le partage salaire-profit.

6.3.3 La politique de concurrence

L’existence de concurrence entre les entreprises conduit à une baisse des prix pour
attirer le maximum de clientèle.

CHAPITRE 6. LA POLITIQUE MONETAIRE

La politique monétaire est une composante importante de la politique économique


générale. Pour être efficace cette politique économique doit être cohérente, ce qui signifie
qu’il ne peut y avoir de politique monétaire indépendante de l’ensemble de l’action
économique des pouvoirs publics.

On distingue quatre niveaux au sein des dispositifs de la politique monétaire : les


objectifs finals, les objectifs intermédiaires, les indicateurs et les instruments.

Section 1- Les objectifs finals

42
Ils représentent les buts ultimes poursuivis par la politique monétaire. Ce sont des
variables qui traduisent la fonction-objectif de la banque centrale et qui ne sont pas du tout
sous son contrôle. Par exemple, l’objectif final pour les Keynésien est d’assurer la
croissance économique et la réduction du chômage. Par contre pour les monétaristes
c’est plutôt la stabilité des prix ou du PIB nominal. De nos jours les objectifs finals sont
éclectiques, mais avec un ordre de priorités. Par exemple, pour la banque centrale européenne
(BCE), l’objectif principal est la stabilité des prix, mais une fois cet objectif est atteint, la
BCE, doit apporter son soutien aux politiques économiques générales. Donc la stabilité
des prix se présente comme l’objectif final principal, donc non exclusif. La BCE est
censée concourir à la bonne marche de l’économie réelle (croissance, emploi…etc.) à
condition que la stabilité des prix soit garantie.

La BC se donne comme objectif final « préserver la valeur de la monnaie en


maîtrisant le taux d’inflation à un niveau proche de celui observé dans les pays partenaires et
concurrents ». Puisque la banque centrale ne peut pas contrôler directement ces variables
(croissance, prix), des objectifs intermédiaires s’avèrent nécessaires.

Section 2- Les objectifs intermédiaires

Le choix de ces cibles se justifie par le lien de causalité avec l’objectif final. Ces cibles
intermédiaires doivent être facilement contrôlables par la banque centrale. Idéalement, un bon
objectif intermédiaire doit remplir trois contraintes : être un bon indicateur de l’évolution
de l’objectif final ; être aisément contrôlé par les autorités monétaires ; être lisible par tous les
acteurs économiques.

Nous allons prendre deux exemples d’objectifs intermédiaires :

1- Les objectifs de taux d’intérêt : depuis la seconde guerre mondiale jusqu’au milieu des
années 70, sous l’influence des analyses keynésiennes, l’objectif final des économies
développées était la croissance économique et la réduction du chômage. Le taux d’intérêt
constituait l’objectif intermédiaire adéquat pour atteindre un tel objectif. Les autorités
monétaires devraient trouver le taux d’intérêt le plus significatif qui puisse être contrôlé
facilement au moyen de leurs interventions sur le marché monétaire. Des taux d’intérêts
élevés risquent d’affecter négativement l’investissement et par là risquent de compromettre
la croissance économique. Chaque fois que la conjoncture est mauvaise, la banque
centrale peut stimuler la croissance en baissant les taux d’intérêt. Le choix du taux d’intérêt
est laissé à la discrétion de la banque centrale. A partir du premier choc pétrolier des années
70 on a assisté à un ralentissement de l’activité économique mondiale et une accélération
de l’inflation ( situation qualifiée de stagflation), les thérapies d’inspirations
keynésiennes se sont avérées inefficaces pour résoudre ce problème, c’est ainsi que l’objectif
des taux d’intérêts ont été abandonnées et la recherche d’autres objectifs permettant de
résoudre le problème de l’inflation.

2- Les objectifs quantitatifs de croissance des agrégats monétaires

43
L’objectif final étant la réduction de l’inflation et d’assurer la stabilité des prix. Les
objectifs intermédiaires ayant une relation causale avec un tel objectif sont soit le contrôle
de la croissance de la masse monétaire soit un objectif de change. Pour les monétaristes, il
est nécessaire d’abandonner les mesures discrétionnaires au profit des règles. Pour maîtriser
l’inflation, les autorités monétaires doivent maîtriser la croissance de la masse
monétaire, puisque pour les monétaristes l’inflation est d’origine monétaire. En plus
l’adoption des règles par la banque centrale renforce sa crédibilité.

Section 3- Les indicateurs

Sont des variables économiques qui fournissent à la banque centrale de l’information


sur l’état de l’économie ( les anticipations inflationnistes, le degré expansif ou
restrictif de la politique monétaire….). il est important de distinguer entre
objectifs intermédiaires et indicateurs. Si un objectif intermédiaire peut devenir un simple
indicateur, l’inverse n’est pas vrai. Par exemple le taux de change est un objectif intermédiaire
quand il est fixe, mais devient indicateur s’il est variable. La progression des salaires
nominaux, en revanche, ne peut qu’être un indicateur. Ce qui compte pour un objectif
intermédiaire c’est sa contrôlabilité et son lien direct avec l’objectif final. Ce qui compte pour
un indicateur, c’est son contenu informationnel. Il n’est pas nécessaire qu’un indicateur ait
un rôle causal vis-à-vis de l’objectif final. Il peut être totalement en dehors du contrôle de la
banque centrale.

Section 4 - Les instruments

On les appelles aussi les objectifs opérationnels, il s’agit de variables qui sont
directement sous le contrôle de la banque centrale. On distingue :

Le réescompte. C’est l’opération par laquelle une banque centrale escompte les effets
présentés par une banque et déjà escomptés par celle-ci. Le réescompte est utilisé par les
banques pour se fournir en liquidités auprès de la banque centrale et pourvoir, ainsi, à
leur refinancement. Ce procédé, revenant à une création de monnaie par la banque centrale,
constitue l’un des moyens d’intervention de celle-ci sur le volume et l’évolution de la
monnaie et du crédit. Par ce procédé la banque centrale agit directement sur le prix de la
liquidité (le taux de réescompte), en augmentant le taux de réescompte, la banque centrale
amène les banques à augmenter leur taux d’intérêt débiteurs et par là une diminution de la
demande de crédits par les agents non financiers. Depuis 1996, le réescompte a été abandonné
par la banque centrale de Tunisie par exemple comme modalité de refinancement des
banques.

Le réescompte présente certaines limites. Par cet instrument la banque centrale ne


peut pas contrôler directement la base monétaire, elle contrôle uniquement le prix de la
monnaie (taux de réescompte). De même, la banque centrale ne peut pas reprendre la
monnaie centrale précédemment offerte si le besoin d’éponger des liquidités se fait sentir.

44
L’open market. Achat ou vente de titres de créance par la banque centrale sur le
marché interbancaire. Avec cette technique, la banque centrale fournit ou reprend de la
monnaie centrale au système bancaire. En modulant le volume de ses interventions, la
banque centrale oriente les taux du marché en fonction de ses objectifs. A la différence du
réescompte, la banque centrale est libre d’acheter ou de ne pas acheter des créances aux
banques, elle n’est plus liée par l’obligation de réescompter les effets qui lui sont présentés
par les banques.

L’encadrement du crédit. L'encadrement du crédit est une technique de


politique monétaire consistant à contrôler la progression du crédit distribué par les banques.
Cette limitation, décidée par voie réglementaire est considérée comme très efficace car elle
s'attaque à la source même de la création monétaire: la distribution du crédit.

Les réserves obligatoires. Avoirs en monnaie banque centrale que les banques de
second rang sont tenues de détenir à la banque centrale sur des comptes non
rémunérés. Le montant des réserves obligatoires est déterminé par le taux des réserves
obligatoires, fixé par la banque centrale. Lorsqu’elles sont apparues en 1913 aux Etats-Unis,
l’objectif initial de leur instauration était essentiellement prudentiel (assurance d’un
minimum de garantie aux déposants). Par la suite, les réserves obligatoires sont
devenues un véritable instrument de politique monétaire (une variation du taux de réserves
obligatoires modifie la liquidité bancaire et par conséquent les conditions du marché
monétaire). En augmentant le taux de réserves obligatoires, la banque centrale réduit la
liquidité des banques et donc affecter négativement leur capacité d’octroi de crédit.

Section 5- Le ciblage de l’inflation

Pendant les années 90 on a assisté à une perte de contrôlabilité de la croissance des


agrégats monétaires et l’instabilité de la demande de monnaie à cause des innovations
financières et la libéralisation des mouvements de capitaux ont eu tendance à dégrader les
objectifs intermédiaires en indicateurs. Des stratégies de cibles directes d’inflation,
associées à une batterie d’indicateurs, sont apparues à quelques pays comme une alternative
(nouvelle Zélande (1990), Canada (1991), Royaume Uni (1993)…), ces pays ont
abandonné toute référence à des objectifs intermédiaire, actuellement la quasi totalité des
pays développé, ainsi que certains pays en voie de développement ont adopté des
objectifs d’inflation.

La cible d’inflation s’inscrit nécessairement dans une perspective de moyen et de long


terme. Un tel objectif assure une plus grande transparence et il est conçu pour renforcer la
crédibilité de la banque centrale plus rapidement que ne le ferait un objectif intermédiaire.

La cible de maîtrise de l'inflation constitue un outil important pour la politique


monétaire, elle aide la Banque centrale à déterminer les mesures de politique monétaire à
prendre à court et à moyen terme pour favoriser une relative stabilité des prix.

45
La Banque centrale se sert de l'influence qu'elle exerce sur les taux d’intérêt à court
terme pour imprimer à la masse monétaire un rythme d'expansion compatible avec la
fourchette cible de maîtrise de l'inflation. Si l'inflation se rapproche de la limite supérieure de
la fourchette (par exemple, la banque du Canada prend une fourchette de 1 à 3 %), cela
signifie généralement que la demande de biens et de services au sein de l'économie doit être
freinée par une hausse des taux d'intérêt. En revanche, si l'inflation s'oriente vers le bas de la
fourchette, c'est probablement que la demande est faible et qu'elle doit être soutenue par une
réduction des taux d'intérêt.

Une politique monétaire axée sur la poursuite d'une cible en matière d'inflation tend
donc à exercer un effet stabilisateur sur la croissance. Le maintien d'un taux d'inflation bas
et stable, encourage les investissements à long terme qui sont de nature à stimuler la
croissance économique future et la création d'emplois.

La cible de maîtrise de l'inflation aide les marchés financiers et le public à mieux


comprendre les mesures de politique monétaire que prend la Banque centrale. Elle constitue
également un bon étalon pour mesurer l'efficacité de la politique monétaire.

L'un des principaux avantages que comporte la poursuite d'une cible explicite de
maîtrise de l'inflation est l'influence que celle-ci exerce sur les attentes concernant l'évolution
de l'inflation. Cette influence se traduit par la prise de décisions économiques par les
particuliers, les entreprises et les pouvoirs publics qui ont tendance à renforcer la capacité
de l'économie d'afficher une croissance soutenue non inflationniste.

Section 6.Les canaux de transmission de la politique monétaire

1. Canal du taux d’intérêt

Le canal du taux d’intérêt constitue le principal mécanisme de transmission de la


politique monétaire dans le modèle keynésien de base ISLM. La conception keynésienne
ISLM traditionnelle du mécanisme de transmission de la politique monétaire peut se
résumer par le schéma suivant, qui illustre les effets d’une expansion monétaire :

M↑⇒r↓⇒I↑⇒Y↑

où M ↑ indique la conduite d’une politique monétaire expansionniste, qui aboutit à une baisse
des taux d’intérêt réels (r ↓) ; celle-ci réduit le coût du capital, ce qui entraîne une
augmentation des dépenses d’investissement (I ↑) et, par là-même, un accroissement de
la demande globale et de la production (Y ↑).

Une caractéristique importante du canal du taux d’intérêt est l’accent qu’il met sur le
taux d’intérêt réel plutôt que nominal, comme étant celui qui affecte les décisions des
consommateurs et des entreprises. Comment se fait-il que des modifications du taux d’intérêt
nominal à court terme induites par une banque centrale entraînent une variation
correspondante du taux d’intérêt réel à court et à long terme ? Cela s’explique par la rigidité

46
des prix, de sorte qu’une politique monétaire expansionniste qui abaisse le taux d’intérêt
nominal à court terme réduit également le taux d’intérêt réel à court terme.

Le fait que ce soit le taux d’intérêt réel, et non nominal, qui exerce une influence sur les
dépenses constitue un mécanisme important de la façon dont la politique monétaire est
susceptible de stimuler l’économie, même si les taux d’intérêt nominaux atteignent un seuil
zéro lors d’une phase de déflation. Avec des taux d’intérêt nominaux au plancher, une
croissance de la masse monétaire (M ↑) est susceptible d’élever le niveau des prix attendu (P e
↑) et donc l’inflation anticipée (π e ↑), entraînant par conséquent une réduction des taux
d’intérêt réels (r ↓) même lorsque le taux d’intérêt nominal est fixé à zéro, et une
stimulation des dépenses par le canal du taux d’intérêt ci-dessus, soit :

M↑⇒Pe↑⇒πe↑⇒r↓⇒I↑⇒Y↑

Par conséquent, ce mécanisme indique que la politique monétaire peut continuer


d’être efficace même lorsque les autorités monétaires ont déjà ramené les taux d’intérêt
nominaux à zéro. De fait, ce mécanisme est un des thèmes principaux des débats
monétaristes visant à expliquer pourquoi l’économie américaine ne s’est pas retrouvée
prise dans une trappe à liquidité durant la grande dépression et pourquoi une politique
monétaire expansionniste aurait pu prévenir la chute de la production durant cette période.

Bernanke et Gertler (1995), affirment que les études empiriques ont eu beaucoup de mal
à déceler une incidence significative des taux d’intérêt par le biais du coût du capital. Ils
considèrent que l’échec du taux d’intérêt comme mécanisme de transmission de la
politique monétaire a encouragé la recherche d’autres mécanismes, notamment le
canal du crédit.

2. Canal du crédit

Le canal du crédit bancaire est fondé sur l’idée que les banques jouent un rôle
spécifique au sein du système financier, car elles sont particulièrement bien placées pour
résoudre les problèmes d’asymétrie d’information sur les marchés de crédit. Du fait de
ce rôle spécifique des banques, certains emprunteurs n’auront pas accès aux marchés de crédit
s’ils n’empruntent pas auprès d’elles. Tant qu’il n’existe pas de parfaite substituabilité
pour les banques commerciales entre dépôts et autres sources de refinancement, le canal
du crédit bancaire agit de la façon suivante. Une politique monétaire expansionniste, qui
contribue à accroître les réserves et les dépôts bancaires, augmente la quantité de prêts
bancaires disponibles. Compte tenu du rôle spécifique des banques en tant que prêteurs à
certaines catégories d’emprunteurs, cette augmentation du volume de prêts conduira à
une hausse des dépenses d’investissement (et éventuellement de consommation). De
façon schématique, l’effet de politique monétaire est le suivant :

M ↑ ⇒ dépôts bancaires ↑ ⇒ prêts bancaires ↑ ⇒ I ↑ ⇒ Y ↑

Une conséquence importante de la thèse du crédit est que la politique monétaire aura
une incidence plus forte sur les dépenses des petites entreprises, qui dépendent davantage des
47
prêts bancaires, que sur les grandes entreprises qui ont directement accès aux marchés de
capitaux, sans avoir à solliciter les banques.

3. Canal du taux de change

Ce canal traduit la transmission de la politique monétaire à travers l’influence des taux


de change sur les exportations nettes. Ce canal fait également intervenir les effets du taux
d’intérêt car la baisse des taux d’intérêt réels nationaux réduit l’attrait des dépôts nationaux en
en monnaie nationale par rapport aux dépôts libellés en monnaies étrangères, ce qui entraîne
une chute de la valeur des dépôts en monnaie nationale par rapport aux dépôts en devises,
c’est-à-dire une dépréciation de la monnaie nationale (figurée par E ↑). La
dépréciation de la monnaie nationale abaisse le prix des biens nationaux par rapport aux
biens étrangers, ce qui se traduit par une augmentation des exportations nettes (NX ↑) et
donc de la production globale. Par conséquent, le schéma du mécanisme de
transmission de la politique monétaire par le canal du taux de change est le suivant :

M ↑ ⇒ r ↓ ⇒ E ↑ ⇒ NX ↑ ⇒ Y ↑

Ce canal joue un rôle important dans la façon dont la politique monétaire affecte
l’économie nationale.

Section 7- le choix de la politique monétaire optimale : le modèle de Poole

Il s’agit d’un modèle ISLM qui intègre des chocs aléatoires. L’objectif recherché par ce
modèle est de déterminer la politique monétaire optimale permettant d’atteindre l’objectif
final, à savoir le plein emploi. Pour atteindre un tel objectif, la banque centrale a le choix
entre utiliser une politique de taux (fixer le taux d’intérêt et laisser fluctuer la masse
monétaire à travers la fluctuation de la base monétaire) ou une politique de base (fixer
la masse monétaire à travers la fixation de la base monétaire et laisser fluctuer le taux
d’intérêt). Le choix de l’une ou l’autre de ces deux politiques va dépendre de la nature
du choc, qu’il soir réel ou monétaire. Nous supposons que les deux chocs ne se produisent pas
au même temps.

On suppose que les prix sont rigides, le taux d’inflation anticipé est nul et que l’offre me
monnaie est exogène.

Les équations IS et LM qui traduisent respectivement l’équilibre sur le marché des biens et
services et sur le marché monétaire s’expriment comme suit :

avec

avec

et

48
Nous allons envisager deux cas, celui d’un choc réel (sur IS) et celui d’un choc
monétaire (sur LM) et déterminer la politique monétaire optimale.

1 er cas : choc réel

Ceci suppose que : et

Ceci signifie que la demande de monnaie est stable (l’équilibre du marché de la monnaie est
représenté par LM1) et l’équilibre sur le marché des biens et services n’est pas stable (il
pourrait être en IS1 ou en IS2) comme le montre le graphique suivant :

Si la banque centrale applique une politique de base, le revenu va se situer entre Y1 et Y2.

Si la banque centrale applique une politique de taux, fixer r = r*, la courbe LM serait LM 2

En appliquant une politique de taux, le revenu va se situer entre Y0 et Y3 .

49
On remarque bien que [Y0 ,Y3 ] > [Y1 ,Y2 ] ceci signifie que la variabilité du revenu est plus
importante lorsque la banque centrale adopte une politique de taux. La meilleure politique
à appliquer dans ce cas consiste à fixer l’offre de monnaie et laisser fluctuer le taux
d’intérêt.

Lorsque l’économie est sujette à un choc réel, la politique monétaire optimale est la
politique de base.

2ème cas : choc monétaire

ceci suppose que, et , IS ne subit pas de choc, on sait exactement où elle se situe.

Si la banque centrale adopte une politique de base, dans ce cas LM se situe en LM 1 ou LM2
puisqu’elle a subit un choc

Le revenu sera entre Y 1 et Y 2 Si la banque centrale adopte une politique de taux


(fixer le taux d’intérêt au niveau r*), la courbe LM sera au niveau de LM 3 , le niveau du
revenu sera celui du plein emploi (Y f ).

Dans ce cas, la politique monétaire optimale consiste à fixer le taux d’intérêt et laisser
fluctuer la base monétaire et par là la masse monétaire.

Quand l’économie est sujette à un choc monétaire, la politique monétaire optimale est
celle de taux.

50
L

CHAPITRE 7. L’OFFRE ET LA DEMANDE DE MONNAIE

I- Analyse de la création de monnaie par les banques

Une création de monnaie signifie la mise en circulation d’une nouvelle quantité de


monnaie et non la substitution d’une forme de monnaie à une autre. Ainsi, les dépôts de billets
dans un compte à vue dans une banque n’entraînent pas l’apparition de nouveaux signes
monétaires, mais simplement le transfert de monnaie fiduciaire (qui disparaît) en monnaie
scripturale (qui apparaît), le montant total de la monnaie en circulation reste invariable.

Dans le cadre de cette section nous allons nous intéresser à la création monétaire
par les banques, elle repose d’abord sur une capacité, celle de prêter, ensuite sur une règle
« les prêts font les dépôts » et finalement sur un blocage du mécanisme de conversion des
prêts en dépôts.

51
I-1 La capacité de prêter d’une banque

Une banque peut se livrer à des opérations de prêts lorsqu’elle détient des avoirs
en monnaie centrale au delà de ce qui lui est nécessaire pour assurer la conversion de sa
monnaie scripturale en monnaie centrale ou lorsqu’elle est assurée que la banque centrale la
refinancera. Si, par exemple, une banque doit détenir 10% de ses dépôts en monnaie centrale
(réserves obligatoires), si en fait elle détient 20%, cette banque détient des réserves
excédentaires qu’elle sera désireuse de prêter aux agents non financiers.

Considérons le bilan initial suivant

ACTIF PASSIF
Reserve obligatoires 10 Dépôt 100
Reserve excédentaires 10
Crédit 80

Si la banque prête ses réserves excédentaires le bilan serait le suivant

ACTIF PASSIF
Reserve obligatoires 10 Dépôt 100

Crédit 80

Or ceci est faux, la banque ne prête pas aux agents du secteur non bancaire ses réserves en
monnaie centrale. Elle leur fournit de la monnaie scripturale qu’elle a le pouvoir d’émettre,
le bilan serait en fait comme suit :

ACTIF PASSIF
Reserve obligatoires 11 Dépôt 110
Reserve excédentaires 9
Crédit 90

Donc, une banque ne prête pas de la monnaie centrale, mais sa propre monnaie.
Elle peut le faire lorsqu’elle détient des réserves excédentaires.

I-2 La règle « les prêts font les dépôts»

52
La banque ne prête pas des avoirs monétaires déposés chez elle, elle a le pouvoir de
créer la monnaie dont elle a besoin pour ses opérations de crédit. La banque, par ces
opérations de crédit, monétise des créances qui ne sont pas de la monnaie. En un mot, elle
offre de la nouvelle monnaie. Si cette monnaie nouvellement créée reste dans le circuit de la
banque, elle va accroître ses dépôts d’un montant égal. Si par contre, une partie va quitter le
circuit de la banque, l’augmentation des dépôts ne sera qu’une fraction de la monnaie
créée lors des prêts. Ainsi, quoi qu’il en soit, les prêts créateurs de monnaie sont plus au
moins générateurs de dépôts. La maxime « les prêts font les dépôts » doit être précisée, « les
prêts font les dépôts d’un montant moindre en règle générale ». Ainsi se pose le problème
fondamental de fuite de la monnaie centrale du circuit de la banque.

I-3 Le problème fondamental des fuites : la notion de multiplicateur de crédit

Si la règle « les prêts font les dépôts » jouait de façon totale, le banquier
pourrait créer, par ses opérations de crédit, toute la monnaie qu’il désirerait, étant
certain qu’elle lui reviendrait sous forme de dépôts bancaires. Mais dans la réalité, une
fraction plus au moins importante de la monnaie nouvellement créée quitte le circuit de la
banque auquel le banquier doit faire face.

Pour expliquer ceci, nous allons envisager un système bancaire hiérarchisé


constitué d’une banque centrale et de l’ensemble des banques. Ces dernières sont
confrontées à un problème de fuite de la monnaie centrale du circuit bancaire. Deux
possibilités de fuites sont envisagées :

- Une partie de la monnaie nouvellement créée est convertie en monnaie centrale. Cette
proportion est appelée taux de préférence pour la liquidité (ou taux de fuite en billets) qu’on
notera b. avec

- La banque centrale impose aux banques de déposer chez elle dans un compte courant non
rémunéré une fraction des dépôts restant (ou réflexes) en monnaie centrale, il s’agit des
réserves obligatoires. Le taux de réserves obligatoires (r) est fixé par la banque centrale. Il est
définit comme suit :

pour illustrer le processus de création monétaire par le système bancaire, considérons


l’exemple suivant :

Un taux de réserves obligatoires r = 10%

Un taux de fuite en billets b = 50%

Une réserve excédentaire initiale RE = 100


53
Nous allons analyser ce processus en différentes vagues de crédits :

Réserve
Reserve excédentaires Nouveau Billets Nouveaux obligatoires
(RE) crédits (B) dépôts (RO)
1ère vague de
crédit 100 100 50 50 5
2ième vague de
crédit 45 45 22,5 22,5 2,25
3ième vague de
crédit 20,25 20,25 10,125 10,125 1,0125
4ième vague de
crédit 9,1125 9,1125 4,55625 4,55625 0,455625

Nème Vague de
crédit
Total 0 181,8 90,9 90,9 90,9

Dans le cas de cet exemple, on a supposé qu’à chaque vague, les crédits sont accordés à
hauteur des réserves excédentaires.

A la première vague de crédit, il y a 100 de monnaie scripturale (nouveaux crédits). Sur


ces 100 de monnaie scripturale nouvelle, 50 vont être convertis en billets et sur les 50 de
monnaie scripturale restante, 5 vont constituer des réserves obligatoires, si bien que les
réserves excédentaires des banques ne sont plus que 45 pour la seconde vague de crédit.
Ces réserves de la seconde vague peuvent être exprimés comme le résultat de

(100 – 0,5*100) – (100 – 0,5*100)*0,1

50 de monnaie scripturale converties en billets – 5 de réserves obligatoires qu’on peut


écrire encore comme :

100[(1-0,5)-(1-0,5)*0,1]=100[(1-0,5)(1-0,1)]

à la deuxième vague de crédit, les banques disposent de 45 de réserves excédentaires.


Les crédits en monnaie scripturales sont de 45 dont la moitié seront convertis en billets (soit
22,5) et le dixième du reste en réserves obligatoires (soit 2,25), si bien que les réserves
excédentaires de la troisième vague ne sont plus que 20,25. Ces réserves de la
troisième vague peuvent être exprimés comme le résultat de

(45-0,5*45) - (45-0,5*45)*0,1 = 45[(1-0,5)-(1-0,5)*0,1] = 45[(1-0,5)(1- 0,1)] or on sait que


45 = 100[(1-0,5)(1-0,1)], remplaçons ceci dans l’équation précédente on aura

22,5 = 100[(1-0,5)(1-0,1)] [(1-0,5)(1-0,1)] = 100[(1-0,5)²(1-0,1)²]

on peut continuer le même raisonnement pour les autres vagues.

54
Pour calculer le montant total de crédit (TC), nous allons sommer les crédits des différentes
vagues. Ainsi TC = 100 + 45 + 22,5 +………

TC=100+100[(1-0,5)(1-0,1)]+100[(1-0,5)²(1-0,1)²]+…………+……

+100[(1-0,5) n (1-0,1) n ]

TC = 100[1 + (1-0,5)(1-0,1) + (1-0,5)²(1-0,1)²+……………+ (1-0,5) n (1-0,1) n ]

TC = RE[1 + (1-b)(1-r) + (1-b)²(1-r)² +……………+ (1-b) n (1-r) n ]

Le terme entre crochets est une suite géométrique de premier terme 1 et de raison (1-b)(1-r),
lorsque n tend vers l’infini la somme de cette suite est

Ainsi, TC = k RE où k représente le multiplicateur de crédit. La valeur du multiplicateur est


un indicateur de l’aisance monétaire des banques, lorsque sa valeur est élevée, ceci
signifie qu’elles ne souffrent que peu des fuites en monnaie centrale. Cette relation entre le
TC et les RE traduit la capacité potentielle de création monétaire des banques. Pour une unité
de RE, les banques peuvent k unités de crédit. Mais est ce que les banques peuvent créer
indéfiniment la monnaie ?

I-4 Les limites de la création monétaire des banques

La création monétaire des banques est limitée par trois facteurs, la demande de crédit,
les besoins des banques en billets et les interventions de la banque centrale.

• La contrainte de la demande de crédit : Les banques ne créent pas de la monnaie pour le


plaisir, mais en réponse à une demande de crédit des agents non financiers de manière
générale. Cette demande est élevée pendant les périodes de forte activité, mais réduite pendant
les périodes de ralentissement de l’activité. Dans le cas limite, les banques ne peuvent pas
créer de la monnaie en absence de demande de crédit même si elles disposent d’une capacité
potentielle assez élevée.

• Les besoins des banques en billets : Les clients des banques font circuler une partie de la
monnaie créée par les banques, non sous sa forme initiale de monnaie scripturale, mais sous
forme de billets. Or, les banques ordinaires ne peuvent pas émettre des billets ; elles doivent
se les procurer en effectuant des retraits sur leur compte à la banque centrale. Une banque

55
alimente son compte à la banque centrale soit en effectuant un virement d’une partie des
dépôts effectués par ses clients, soit les virements d’autres banques qui lui doivent de l’argent
en règlement de chèques émis au profit de ses clients, ou enfin, les emprunts de la monnaie
centrale sur le marché monétaire. Plus la fuite des billets du circuit de la banque est
élevé, plus sa capacité à créer de la monnaie est faible (ceci apparaît dans l’expression du
multiplicateur du crédit, plus le coefficient b est élevé, plus faible est la valeur du
multiplicateur et par conséquent, plus faible serait la capacité de création monétaire).

Si la banque n’est pas assurée de disposer de la monnaie centrale en cas de besoin, elle ne
peut créer davantage de monnaie.

Quels sont les facteurs autonomes qui affectent la liquidité des banques ?

- Les billets et monnaies en circulation : les retraits des billets réduisent les avoirs des
banques en monnaie centrale, alors que les versements les augmentent. La demande de billets
par les agents non financiers fluctue de façon saisonnière (pendant les fêtes, les vacances, le
mois de Ramadhan…etc.). L’augmentation des billets et monnaies en circulation affecte
négativement la liquidité des banques.

- Le solde du compte courant du trésor : la liquidité bancaire est affectée par la


politique budgétaire. Par exemple, au moment de recouvrement d’impôts, on assiste à une
fuite de billets du circuit bancaire, donc un effet négatif sur la liquidité des banques. De
même, un emprunt émis auprès du public affecte négativement la liquidité des banques. D’une
manière générale, une variation positive du solde du compte courant du trésor exerce un effet
négatif sur la liquidité des banques, alors qu’une variation négative exerce un effet positif.

− Les avoirs nets en devises : toute vente de devises par les banques à la
banque centrale augmente leur liquidité, inversement, tout achat de devises par les
banques auprès de la banque centrale réduit la liquidité des banques. Ainsi, toute
augmentation des avoirs nets en devises des banques aura un effet positif sur la liquidité
des banques, et toute baisse, aura un effet négatif.

• Le contrôle de la banque centrale : La banque centrale peut limiter la création monétaire


des banques soit en réduisant les montants de refinancement des banques sur le marché
monétaire : la banque centrale peut réduire les montants à injecter sur le marché monétaire.
Soit en augmentant le taux de réserves obligatoires. De cette manière la banque centrale
augmente de manière artificielle la fuite des billets du circuit des banques. Les réserves
obligatoires constituent un facteur institutionnel qui affecte la liquidité des banques, une
augmentation du taux de réserves obligatoires exerce un effet négatif sur la liquidité des
banques.

II- Relation entre la masse monétaire et la base monétaire : le multiplicateur de la base


monétaire

Le concept de base monétaire désigne l’ensemble de la monnaie centrale détenue par


les agents financiers et non financiers.
56
Soit H = B + R (1)

Où H, B et R désignent respectivement, la base monétaire, les billets en circulation détenues


par les agents non financiers et les réserves des banques.

Nous allons supposer que les réserves des banques sont constituées uniquement des réserves
obligatoires (RO) et que les RO s’appliquent uniquement sur les dépôts à vue (DAV) à un
taux r.

Donc

Les billets en circulation représentent une fraction de la masse monétaire au sens de M1.

B = bM1

Les réserves obligatoires représentent une fraction des dépôts à vue.

RO = r.DAV

M1 = B + DAV (2)

On peut écrire l’équation 1 comme suit : H = bM1 + rDAV (3)

De l’équation 2 on aura, DAV = M1 – B = M1 – bM1 = (1-b)M1 (4)

Remplaçons (4) dans (3) on aura, H = bM1 + r(1-b)M1 = (r + b –rb)M1

D’où (5)

Avec Multiplicateur de la base monétaire

L’équation 5 traduit la relation entre la masse monétaire et la base monétaire. D’après


cette équation le sens de causalité va de la base monétaire vers la masse monétaire. Pour un
multiplicateur de la base monétaire donné, lorsque la base monétaire augmente d’une unité, la
masse monétaire au sens de M1 augmente de m unité. Ainsi la banque centrale peut
contrôler la croissance de la masse monétaire en contrôlant la base monétaire. Dans ce cas on
parle d’une offre de monnaie exogène, elle est contrôlée par la banque centrale. Ce cas est
spécifique des économies où les marchés financiers sont développés. Les banques se
refinancent sur le marché monétaire.

Lorsque le sens de causalité est inversé, c-à-d que c’est la masse monétaire au sens de
M1 qui détermine la base monétaire :

H = (1/m)M1, l’offre de monnaie est endogène. La banque centrale ne peut pas contrôler la
croissance de la masse monétaire. Ce cas est spécifique aux économies où les marchés
financiers ne sont pas développés. Les banques se refinancent essentiellement par le
57
réescompte. Les banques peuvent accorder des crédits sans disposer au préalable de réserves
excédentaires étant certaines qu’elles peuvent se refinancer auprès de la banque
centrale par le réescompte.

III- La demande de monnaie

L’étude de la demande de monnaie revient à examiner les raisons pour lesquelles les
agents économiques non financiers détiennent de la monnaie.

Les développements théoriques relatifs à cette question ne font pas l’unanimité des
économistes. Ces divergences auront nécessairement un effet sur la conduite de la politique
monétaire.

Dans le cadre de cette section nous allons présenter la demande de monnaie selon la
théorie classique, la théorie Keynésienne et une approche Néo-keynésienne basée sur la
gestion des transactions.

II-1 La demande de monnaie chez les classiques

Les classiques considèrent que la monnaie est un bien comme les autres dont l’utilité
est d’être l’intermédiaire des échanges. Irving Fisher (1907) a établi l’équation quantitative
de la monnaie qui se présente comme suit :

MV = PT où M désigne la masse monétaire, V la vitesse de la circulation de la


monnaie (elle mesure le nombre de fois par unité de temps qu’une unité monétaire est utilisée
dans les transactions), P le niveau général des prix et T le volume global des transactions.

Pour comprendre cette équation prenons un exemple : supposons une économie qui
produit un seul bien, le pain. Au cours d’une année 100 pains sont vendus (T = 100) au prix
de 0,2 Ar l’unité (P = 0,2 Ar). La valeur totale des transactions (PT) est égale à (0,2
Ar/pain) x (100 pains/année). Donc PT = 20 Ar/année.

Si la masse monétaire est égale à 10 Ar (M = 10), on peut calculer la vitesse de


circulation de la monnaie. V = (PT/M) = (20 Ar/année)/10 Ar = 2 fois/an. Pour
qu’une valeur annuelle de transactions de 20 Ar puisse se réaliser chaque année, il faut que
chaque dinar change (en moyenne) 2 fois de propriétaire par an.

L’équation quantitative de la monnaie telle que nous venons de la présenter est toujours
vérifiée, c’est une identité, elle exprime une tautologie.

En pratique il est difficile de mesurer le volume des transactions (T) pour résoudre ce
problème, les économistes ont approximé le volume des transactions par le revenu (Y) étant
donné que ces deux variables sont intimement liées. Plus le revenu est élevé, plus le volume
des transactions est élevé et vice versa. L’équation quantitative de la monnaie devient
alors : MV = PY où Y est mesuré par le PIB réel. A partir de cette équation, la vitesse de
circulation de la monnaie (V) s’exprime comme étant le rapport entre le PIB nominal et la

58
masse monétaire (V = PY/M). Dans ce cas la vitesse de circulation de la monnaie exprime le
nombre de fois, par période de temps, une unité monétaire entre dans le revenu de quelqu’un.

Eriger l’équation quantitative en théorie nécessite la prise en compte de certaines hypothèses :

 l’offre de monnaie est exogène, elle est déterminée par les autorités monétaires (la
banque centrale).
 La vitesse de circulation de la monnaie est constante (elle dépend des goûts des
agents économiques et des techniques de paiement en usage).

Ainsi on aura (M/P) d = (1/V)Y = kY où (M/P) d exprime la demande d’encaisses réelles et


k>0.

D’après cette relation on voit que la demande d’encaisses réelles est une fonction croissante
du revenu. Plus le revenu est élevé, plus importante est la demande de monnaie. Cette
dernière est détenue uniquement pour motif de transactions.

III-2- La demande de monnaie chez Keynes

Keynes considère que la fonction de demande de la monnaie en terme réel chez


les classiques reste incomplète. Le taux d’intérêt nominal est un autre déterminant de la
demande de monnaie en terme réel.

Keynes considère que les agents économiques détiennent la monnaie pour trois motifs :

1. le motif de transaction

Ce motif résulte du fait que les recettes et les dépenses des agents économiques ne sont
pas synchronisées. Si c’était le contraire, les agents économiques n’auront pas besoin de
détenir de la monnaie afin de financer les transactions. Le volume des transactions à
effectuer dépend du revenu. Plus le revenu est élevé, plus le volume des transactions à
effectuer est élevé, plus la demande d’encaisses monétaires pour assurer ce volume de
transaction est élevé. Donc la demande de monnaie pour motif de transaction est une
fonction croissante du revenu.

2. Le motif de précaution

Outre le motif de transaction, la monnaie peut être détenue en vue de faire face à des
dépenses future imprévisibles. Ce motif n’aurait pas existé si les flux des dépenses futures
étaient prévus de manière certaine. Il s’en suit que la demande de monnaie pour motif
de précaution sera d’autant plus importante que les dépenses futures sont incertaines.

3. Le motif de spéculation

Outre le motif de transaction et de précaution, les agents économiques


détiennent de la monnaie comme une alternative à la détention d’actifs financiers. Or la
59
détention de la monnaie a un coût : la renonciation aux intérêts puisque le rendement
nominal de la monnaie est nul.

On peut définir la demande de monnaie pour motif de spéculation (lorsque les agents
économiques font un arbitrage entre la détention de la monnaie et d’actifs financiers)
comme étant les encaisses monétaires que les agents économiques choisissent de détenir
plutôt que d’acquérir des titres financiers dans l’attente de variations favorables du taux
d’intérêt ou des cours des titres. Lorsque le taux d’intérêt diminue, la rémunération des
titres diminue (le coût d’opportunité de la détention de la monnaie diminue), ceci va inciter
les agents économiques à détenir plus de monnaie et moins de titres financiers. Ainsi la
demande de monnaie pour motif de spéculation se présente comme une fonction décroissante
du taux d’intérêt, mais de quel taux d’intérêt s’agit il, réel ou nominal ?

Soit i : le taux d’intérêt nominal π, e : le taux d’inflation anticipé et r :

Le taux d’intérêt réel. r = i - π e

Lorsqu’on détient de la monnaie son rendement nominal est nul, son rendement réel est égal à
(π e ). Lorsqu’on détient des titres financiers (obligations) leur rendement réel est égal à i - π e
qui n’est autre que le taux d’intérêt réel. Dans les deux cas de figure l’inflation affecte
négativement l’option choisie. L’élément qui permet de faire l’arbitrage entre les
deux alternatives (détenir de la monnaie ou des titres) est le taux d’intérêt nominal. Ainsi
on peut exprimer la demande de monnaie en terme réel pour motif de spéculation comme
étant une fonction décroissante du taux d’intérêt nominal.

avec

Maintenant nous pouvons exprimer la fonction de demande de monnaie globale qui est
fonction croissante du revenu et décroissante du taux d’intérêt.

avec et

Encadré

Prix et taux d’intérêt

Considérons un titre de créance (obligation) qui rapporte indéfiniment un Ariary par


an. Quel est le prix de cette obligation ? La réponse est la valeur présente des paiements
d’intérêts futurs. Soit P b le prix de l’obligation et i le taux d’intérêt nominal.

60
Il s’agit d’une suite géométrique de premier terme 1 et de raison (1/1+i). lorsque le nombre
d’observation est infini, la somme de cette suite va tendre vers 1/i, donc

Ainsi on voit bien que le prix de l’obligation est inversement proportionnel au


taux d’intérêt.

II-3- La demande de monnaie basée sur la gestion des transactions : le modèle Baumol-
Tobin

Contrairement aux théories classique et Keynésienne qui considèrent que la demande de


monnaie pour motif de transaction est fonction uniquement du revenu. Au début des années
1950 William J. Baumol et James Tobin ont démontré que la demande de monnaie à des fins
de transactions dépend aussi du taux d’intérêt. Ce modèle analyse les coûts et les avantages
de la détention de la monnaie. L’idée fondamentale est que les fonds que les agents
détiennent à des fins de transactions peuvent être détenus sous forme de billets de banque qui
ne rapportent pas d’intérêt (on peut envisager le cas où les agents placent leurs fonds
dans des dépôts à vue puisque ces derniers ne rapportent pas d’intérêts) ou sous forme
de dépôt d’épargne (dépôts à terme, dépôt d’épargne sur livret). Le choix de la deuxième
alternative a aussi un coût, celui relatif à chaque visite effectuée à la banque.

Pour mieux expliquer ce modèle, considérons le cas d’un individu qui a un revenu
annuel qu’on notera Y qu’il dépensera uniformément pendant l’année. On suppose aussi
que les prix ne varient pas et que la monnaie est détenue uniquement pour motif de
transaction.

Nous allons envisager les cas suivants :

1er cas : si l’individu effectue une seule visite à la banque au début de l’année il va retirer
tout son revenu qu’il va dépenser de manière uniforme. L’encaisse moyenne détenue pendant
l’année est Y/2

61
L’année commence avec Y dinars et se termine avec des encaisses nulles. L’encaisse
moyenne annuelle est de Y/2 Ariary.

L’encaisse moyenne annuelle est la surface du triangle (01,0Y) qui est égale à
1/2(1xY)=Y/2

2 ème cas : si l’individu effectue deux visites à la banque

Au début de l’année l’individu retire la moitié de son revenu (Y/2) qu’il va dépenser
uniformément au cours du premier semestre avant de se rendre une deuxième fois pour retirer
l’autre moitié (Y/2) qui sera dépensée au cours du second semestre. L’encaisse moyenne
annuelle est de Y/4. Dans ce cas on détient moins de monnaie, donc on perd moins d’intérêts
mais avec l’inconvénient de se rendre deux fois plutôt qu’une à la banque.

L’encaisse annuelle moyenne = la surface des deux triangles =1/2(1/2+1/2)Y/2 = Y/4.

Cas général : si l’individu effectue n visites à la banque A chaque visite l’individu retire
Y/n Ariary, l’encaisse annuelle moyenne est égal à Y/2n.

62
La question qui se pose maintenant est de savoir le nombre de visites optimal (n*).

Soient i le taux d’intérêt et b le coût d’une visite à la banque (qu’on appelle aussi le
coût de conversion). Pour n donné, la quantité moyenne de monnaie détenue est égale à
Y/2n. l’intérêt perdu est égal à i(Y/2n) et le coût total des visites est égal à bn. Le coût total
est égal à la somme des intérêts perdus et du coût total des visites.

Plus n est élevé, plus faible sont les intérêts perdus mais un coût total de visites élevé.

Pour déterminer le nombre de visites optimal (n*), il faut minimiser la fonction de coût total.

donc

Soit M* l’encaisse moyenne optimale.

D’après cette relation on remarque que la demande de monnaie pour motif de transactions est
une fonction croissante du revenu (Y) et fonction décroissante du taux d’intérêt (i).

63
CHAPITRE.8. LE FINANCEMENT DE L’ECONOMIE

Dans une économie, certains agents ont une épargne disponible qu’ils n’utilisent pas
pour investir eux-mêmes et qu’ils peuvent mettre à la disposition de l’économie. On dit que
cette catégorie d’agents dispose d’une capacité de financement. D’autres ont une épargne
inférieure aux investissements qu’ils souhaitent réaliser : ils ont un besoin de financement. La
mise en relation de ces agents peut se réaliser selon une double modalité, grâce à des
intermédiaires financiers d’une part (par exemple les banques) ou, plus directement, grâce à
des marchés (par exemple la bourse) où offreurs et demandeurs de capitaux se rencontrent.
Mais il se peut que l’épargne disponible à un moment donné ne peut suffire à couvrir les
besoins en capitaux de l’économie.

Ce sont alors les nouveaux moyens de paiement, résultant de la création monétaire


du système bancaire qui assurent cette fonction. Dans le cadre de ce chapitre nous allons
analyser ces différentes modalités de financement. En fonction de la modalité de financement
dominante dans une économie, nous allons distinguer deux types d’économies,
économie d’endettement et économie de marchés financiers.

I- les modes de financement

64
Deux modalités de financement sont possibles. Si les désirs des prêteurs et
emprunteurs sont comptables, on parle de finance directe.

Si par contre ils ne le sont pas, on parle de finance indirecte.

I-1 La finance directe

Le principe de cette modalité de financement consiste à ce que l’agent à excédent


de ressources transfère son épargne à l’agent à déficit de ressources en lui achetant un titre de
créance sur lui-même ou de propriété. Ainsi, l’agent déficitaire obtient-il des fonds en
cédant un titre de propriété (action) ou un titre de créance qu’il émet sur lui même
(obligation).

I-2 La finance indirecte

Deux modalités de la finance indirecte sont à envisager, celle qui n’aboutit pas à une
émission monétaire et qui est animée par les intermédiaires financiers non monétaires et celle
qui est fondée sur une création monétaire et qui est animée par les intermédiaires
financiers monétaires.

I-2-1 La finance indirecte des intermédiaires financiers non monétaires

Les IFNM collectent l’épargne des agents à capacité de financement, épargne qu’ils
redistribuent aux agents à besoin de financement. Les IFNM empruntent leurs ressources
qu’ils reprêtent.

65
L’existence de ces IFNM est justifiée par le fait que la nature du titre qu’ils vendent
aux prêteurs est différente de celle qu’ils achètent à l’emprunteur. L’explication à cela est que
les agents à capacité de financement ne veulent pas détenir des valeurs mobilières que
peuvent leur vendre les agents à besoin de financement, mais ils sont prêt à accepter d’autres
formes de titres. Alors ces IFNM en imaginent d’autres plus attrayants qu’ils leurs
fournissent c-à-d des titres dénués du défaut majeur que peuvent leur reprocher les
épargnants qui est la manque de liquidité. En effet, les épargnants souhaitent pouvoir
convertir leurs titres en monnaie dès qu’ils le désirent sans avoir à attendre une échéance et
sans avoir à courir les risques d’une cession sur un marché financier. Leur fonction est de
permettre le placement d’une épargne qui n’aurait pas accepté de s’investir en valeurs
mobilières.

I-2-2 La finance indirecte des intermédiaires financiers monétaires

Le trait essentiel de cette finance est qu’il n y a pas d’intervention des agents
épargnants. Les fonds qui sont prêtés aux agents à besoin de financement ne sont pas
collectées auprès des agents à capacité de financement. Ils sont crées par la banque qui
monétise le titre que lui cède son emprunteur. Dans ce cas ce sont les prêts qui font les dépôts.
Les banques créent de la monnaie parce qu’elles peuvent se refinancer auprès de la banque
centrale.

II- La notion d’endettement total (ET)

L’étude des contreparties de la masse monétaire et de leur évolution permet d’apprécier


la place de la monnaie dans le financement de l’économie. Comme on l’a déjà vu dans le
7ième chapitre, les contreparties regroupent l’ensemble des opérations de crédit qui sont à la
source de la création de monnaie. On distingue la création de monnaie d’origine externe (les
créances nettes sur l’extérieur) et la création d’origine interne (crédit interne). D’une manière
générale, le crédit interne ( créances nettes sur l’Etat et les concours à l’économie)
constitue la principale contrepartie de la masse monétaire, qui retrace le financement
assuré par les établissements de crédit. Cependant, il existe dans l’économie des

66
instruments financiers de marché qui assurent le financement de l’économie, d’où la
nécessité d’en tenir compte. C’est l’agrégat d’endettement qui rend compte du
financement global de l’économie.

L’endettement total mesure l’ensemble des financements des agents non financiers
résidents obtenus par voie d’endettement, soit auprès des établissements de crédit,
soit sur les marchés de capitaux internes soit auprès de l’extérieur. Il se compose donc de
crédits et de titres négociables sur le marché monétaire et sur le marché obligataire et de
financement extérieur. L’évolution de l’ET est aussi un cadre d’analyse permettant
d’articuler comportements d’endettement et de placement financier.

III- Economie d’endettement et économie de marchés financiers

Trois critères sont pris en compte pour distinguer l’économie d’endettement de


l’économie de marchés financiers : le mode de financement de l’économie, les
modalités de fixation des taux d’intérêt et le sens de causalité entre la masse monétaire et la
base monétaire.

III-1 Economie d’endettement

i) le mode de financement : l’autofinancement et l’endettement auprès des banques


commerciales sont les principales sources de financement de l’activité économique. Ce
type d’économie se caractérise par la dominance de la finance indirecte des
intermédiaires financiers monétaires.

Les économies d’endettement sont caractérisées par la faible importance des


marchés de capitaux dans le financement de l’économie. Marchés trop étroits pour que
les entreprises puissent y placer tous les emprunts obligataires qu’elles souhaiteraient. Dans
une telle économie, les banques commerciales occupent une position dominante parmi les
institutions financières.

ii) les modalités de fixation des taux d’intérêt : une des caractéristiques
principales du marché du crédit dans les économies d’endettement est la rigidité des niveaux
et de la structure des taux d’intérêt. Dans ce type d’économie les banques se refinancent
essentiellement auprès de la banque centrale, le taux de refinancement (le taux de
réescompte) est fixé administrativement par la banque centrale. En fixant ce taux, la
banque centrale s’engage par le fait même, à satisfaire la demande qui s’exprime à ce taux.
Cette rigidité des taux risque de générer un rationnement du crédit et des politiques
d’encadrement du crédit, qui semblent constituer le seul mode de régulation efficace en
l’absence de marchés développés.

iii) le sens de causalité entre la masse monétaire et la base monétaire : dans


une économie d’endettement, la banque centrale est un prêteur de dernier ressort contraint.
Comme on la précisé dans le point précédent, en fixant le taux de refinancement, la banque
centrale s’engage par le fait même, à satisfaire la demande des banques en monnaie
centrale. Dans un tel cas, la banque centrale ne peut contrôler la liquidité des banques qu’a
67
posteriori. Dans ce type d’économie, les banques n’ont pas besoin de détenir des réserves
excédentaires pour accorder des crédits. Elles accordent des crédits puisqu’elles savent
d’avance qu’elles peuvent se refinancer auprès de la banque centrale. Donc, le sens de
causalité va de la masse monétaire à la base monétaire, l’offre de monnaie est endogène.

III-2 Economie de marchés financiers.

i) le mode de financement : dans ce type d’économie, les entreprises financent leur


expansion par autofinancement et émission d’emprunts obligataires. Le crédit bancaire
n’est supposé jouer qu’un rôle secondaire dans le financement de l’activité des entreprises.
Ce type d’économie se caractérise par des marchés de capitaux développés. L’essentiel de
l’activité des entreprises est assuré par la finance directe.

ii) les modalités de fixation des taux d’intérêt : les taux d’intérêt sont libres ils sont la
résultante de l’offre et de la demande des fonds prêtables. Les banques se refinancent sur le
marché monétaire selon un taux déterminé librement sur ce marché (TMM).

Dans ce type d’économie, le taux du marché est significatif des capacités de


financement de l’économie, comme l’est la structure des taux d’intérêt, qu’il s’agisse du
rapport taux court, taux long ou de l’articulation taux des crédits, taux des titres.

iii) le sens de causalité entre la masse monétaire et la base monétaire : les banques
se refinancent sur le marché monétaire, la banque centrale est un prêteur de dernier ressort
non contraint. Elle contrôle la masse monétaire à travers le contrôle de la base
monétaire, elle exerce donc, un contrôle a priori. L’offre de monnaie est exogène. Le sens
de causalité dans ce cas va de la base monétaire à la masse monétaire.

IV- Les marchés de capitaux

Dans une économie de marché, il y a des agents qui désirent épargner (offre de
fonds prêtables) et des agents qui désirent emprunter (demande de fonds prêtables). Un
certain échange va s’établir entre ces deux catégories d’agents. Le lieu où l’échange
porte sur des titres de créance à court terme constitue le marché monétaire, alors que le lieu
où l’échange porte sur des titres de créance et de propriété à moyen et long terme constitue
le marché financier. Le lieu où l’échange concerne une monnaie contre une autre constitue le
marché de changes.

V- Le marché monétaire

Par marché monétaire, on désigne l’échange qui s’établit


quotidiennement entre offreurs et demandeurs de titres de créances a court terme. La
monnaie centrale, en tant qu’actif liquide par excellence, est au centre de ce marché et fait
l’objet d’un échange quotidien intéressant particulièrement les intermédiaires financiers.

Le marché monétaire tunisien est ouvert aux établissements de crédit, aux


entreprises (personnes morales de droit public ou de droit privé) et aux personnes physiques
en qualité de souscripteurs.
68
• Les intervenants sur le marché monétaire

 Les organismes qui sont structurellement excédentaires et qui ont des liquidités a placer (ex.
les sociétés d’assurance).

Les organismes qui sont structurellement déficitaires, dont les besoins en liquidités sont
constants et s’expliquent par le fait que les crédits qu’ils distribuent sont supérieurs aux
dépôts qu’ils collectent. C’est le cas de l’ensemble des banques considérées globalement.

 En fin, les intervenants qui vont au marché tantôt pour emprunter, tantôt pour prêter. Leur
intervention sur le marché est fonction de leur situation de trésorerie. C’est le cas de chaque
institution financière considérée isolement, des entreprises et des organismes divers.

Les échanges de liquidités sur le marché monétaire s’effectuent :

2 entre les banques dans le cadre du marché interbancaire où l’échange de liquidité


s’effectue contre des achats fermes ou de prises en pensions d’effets publics ou privés 4 .
En 2003, la pension livrée a été introduite afin de dynamiser le marché interbancaire. Elle
consiste en l’achat des valeurs mobilières et des effets de commerce avec transfert de la pleine
propriété à un prix convenu à la date de l'achat qui comprend, obligatoirement
et irrévocablement, respectivement l'engagement du vendeur de racheter les valeurs
mobilières et les effets de commerce objet de l'opération et l'engagement de l'acheteur de les
lui rétrocéder à une date et à un prix convenus à la date de l'achat

3- Entre les entreprises ou avec des personnes physiques, par l’intermédiaire des
banques, contre des billets de trésorerie.

4- Entre les établissements de crédit et les entreprises ou les personnes physiques


contre des certificats de dépôt.

• Les instruments d’échange sur le marché monétaire

• Les certificats de dépôt : sont des titres de créance émis par les établissements de crédit
(banques et organismes de leasing) dont la durée est de dix jour au moins et cinq ans au plus.
Ces titres de créance sont souscrit par les entreprises et les personnes physiques. Ces
certificats ne peuvent être remboursés par anticipation ni comporter de prime de
remboursement. Ils ont une échéance fixe.

• Les billets de trésorerie : représentent des titres de créances négociables, émis par une
entreprise anonyme désireuse de s’endetter auprès d’un autre agent et ce, par l’intermédiaire
d’une banque. Ces titres de créance sont souscrits par les entreprises et les personnes
physiques. Ils font l'objet d'une rémunération à taux fixe librement déterminée lors
de l'émission et ne peuvent comporter de prime de remboursement.

• Les bons du trésor cessibles : émis par l’Etat par voie d’adjudication. Les
banques souscrivent aux bons du trésor a un taux d’intérêt déterminé à partir des soumissions
retenues par la BCT. Le montant du bon est fixé à mille dinars et le taux d'intérêt y afférent
69
est déterminé en fonction des offres présentées par les banques lors de l'adjudication. Il est
à noter que l’Etat a cessé, depuis 1999, d’émettre les bons de trésor cessible sur le marché
monétaire, et que ces derniers ont été intégralement remboursés en juin 2003. désormais,
l’Etat n’émet de titres que sur le marché financier.

• Les interventions de la Banque Centrale sur le marché monétaire. La BC


intervient sur le marché monétaire pour injecter ou éponger des liquidités sous forme d’appels
d’offres, de prise en pension de 1 à 7 jours, pension de bons de Trésor à 3 mois, ventes ou
achats ferme de Bons de Trésor et sous forme d’opérations ponctuelles.

- L’appel d’offre : La BC offre des liquidités par un appel d’offre communiqué aux banques
une fois par semaine. Le montant de monnaie centrale qu’elle est prête à offrir est
déterminé sur la base des besoins prévisionnels des banques en monnaie centrale. Le taux de
l’appel d’offre est le taux planché du marché monétaire.

- la pension de bons du trésor d’une durée de 3 mois par voie d’appel d’offres: La
Banque Centrale a complété ses moyens d'intervention sur le marché monétaire par la mise
en place en novembre 2001 de la première opération de prise en pension de bons du Trésor
par voie d'appel d'offres mensuel. Cet instrument vise à permettre à la Banque Centrale
d'avoir un taux d'intérêt à 3 mois qui va contribuer à la hiérarchisation des taux d'intérêt sur le
marché monétaire.

- La prise en pension de fin de journée de 1 à 7 jours : Les banques qui n’ont pas pu
recouvrir leur besoin de liquidités, sur le marché interbancaire et par les opérations de l’appel
d’offre, peuvent demander a la BCT l’octroi d’un prêt sous forme de pension de 1 à 7 jours
(les banques peuvent choisir la durée qui leur convient entre 1et 7 jours. Jusqu'à fin 2001, les
banques ne pouvaient bénéficier de pension de fin de journée que pour des durées de 7 jours.).
Ce prêt se fait contre la remise d’effets publics ou privés. Donc, la technique de prise en
pension consiste en la cession de titres de créances assortie d’une clause de rachat tout aussi
ferme et au comptant augmentée des intérêts, a une date convenue a l’avance. Le taux de la
prise en pension est le taux plafond du marché monétaire.

- Les opérations ponctuelles nettes: En cas d’insuffisance de liquidités sur le marché


monétaire, la BC intervient en dernier ressort pour assurer cette liquidité, mais pour 24 heures
uniquement. Dans le cas inverse, c.a.d une surliquidité du marché, la BC intervient pour
éponger cet excédent.

- Les opérations d’open market : la BC peut acheter ou prendre en pension aux banques, par
voie d’appel d’offre à son initiative, des titres publics ainsi que des effets privés. Cette
procédure à pour objectif de réguler le niveau global de la liquidité bancaire

- La BC peut, si l’évolution de la liquidité bancaire le nécessite, procéder à une


ponction de liquidité sous forme d’adjudication. A cet effet, elle informe les banques de son
intention d’emprunter des liquidités en leur précisant la période de l’emprunt. Ensuite, après

70
dépouillement des soumissions à l’adjudication, la BC conclue les emprunts à hauteur du
montant à éponger en commençant par les taux d’intérêt les moins élevés.

VI. Le marché financier

Le marché financier se présente comme un marché sur lequel sont négociés les actifs
financiers à long et à moyen terme : Les actions et les obligations. Sur ce marché intervient,
d’une part, tous les agents économiques désireux d’emprunter des capitaux à MLT et,
d’autre part, tous ceux qui sont désireux de placer leurs avoirs en titres à MLT. Le Marché
financier est appelé également la Bourse des valeurs mobilières (BVM).

La BVM apparaît comme une forme d’intermédiation qui permet de :

• Drainer les ressources d’épargne disponible à MLT et les canaliser vers ceux qui en
ont besoin.

• L’allocation efficiente de ces ressources parmi les divers projets d’investissement


existant.

On distingue deux catégories d’intervenants, les demandeurs de capitaux et les


offreurs de capitaux à MLT.

Les agents qui interviennent du point de vue demande :

 Les entreprises : Une entreprise est une unité de production qui a besoin d’investir
donc, qui a un besoin de financement. Pour ce faire les entreprises vont émettre
des titres financiers pour financer leurs projets.
 L’Etat : Celui ci a des projets d’investissement, et pour les financer il va faire appel
a l’épargne en s’adressant au marché financier en émettant des emprunts, des bons du
trésor.

Les agents qui interviennent du point de vue offre :

• Les entreprises en achetant les actions offertes par les autres entreprises.

• Les ménages : l’une des formes de placement de l’épargne des ménages est l’achat de
titres sur le marché financier via les intermédiaires en bourse.

Les instruments de placement du marché financier sont constitués par les titres de créance (les
obligations) et les titres de propriété ou bien les titres de capital (les actions).

La BVM est organisée en deux marchés:

• Le marché primaire: c'est le marché des émissions de titres financiers qui est ouvert
aux émissions nouvelles c-à-d l'introduction en bourse pour la première fois ou lors
des augmentations de capital.

71
• Le marché secondaire: il assure l'échange des titres déjà émis et par là assure la
liquidité pour les épargnants.

Le règlement général de la BVM prévoit deux cotes:

• La cote permanente (cote de la bourse)

La cote de la Bourse comprend un marché principal des titres de capital, un marché alternatif
de titres de capital et un marché des titres de créances.

a- Conditions d'admission au marché principal des titres de capital :

L’admission des sociétés à la cote de la bourse est subordonnée à certains critères


concernant la performance, la diffusion des titres dans le public et la transparence de
l’entreprise :

• Les deux derniers exercices doivent être bénéficiaires. Cette condition n’est pas
exigée si la société s’introduit par la procédure ordinaire suite à une augmentation de
capital ;

• Diffusion de 10% du capital dans le public avec possibilité de dérogation en cas de


diffusion d’un montant de 1 millions Euros

• Répartition des titres de la société détenus par le public entre 200 actionnaires au moins le
jour de l’introduction ;

 Disposer d’une organisation adéquate, d’un audit interne, d’un contrôle de gestion,…

 Présenter un rapport d’évaluation sur les actifs de la société ;

 Présenter des informations prévisionnelles sur 5 ans, accompagnées de l’avis du


commissaire aux comptes ;

 Produire un prospectus d’admission visé par le Conseil du Marché Financier.

b- Conditions d'admission au marché alternatif des titres de capital :

Il s’agit d’un nouveau marché qui va entrer en vigueur fin 2007. Son objectif est de permettre
aux petites et moyennes entreprises (PME) qui ne répondent pas aux critères d’admission au
marché principal des titres de capital de s’introduire en bourse en allégeant certaines
conditions. Les entreprises admises sur ce marché ne sont pas obligées d’avoir les deux
derniers exercices bénéficiaires. Les titres détenus par le public doivent être répartis entre 100
actionnaires au moins ou 5 actionnaires institutionnels. Chaque société admise au marché
alternatif est tenue de désigner un listing sponsor parmi les établissements de crédit, les
sociétés d’intermédiation en bourse…etc. ce listing sponsor a pour rôle d’apporter conseil et
assistance et veille à ce que l’information financière de l’entreprise soit
transparente.

72
c- Conditions d'admission au marché des titres de créances :

Le marché obligataire est réservé aux titres de créances émanant de l’Etat et des
collectivités publiques, des sociétés déjà cotées en bourse (titres de capital) et en général aux
titres de créances des sociétés, avec comme conditions :

 L'encours de l'emprunt doit être égal ou supérieur à 1 Millions d’Euros.

 Produire un prospectus d’admission visé par le Conseil du Marché Financier.

2- La cote occasionnelle (hors cote):

Elle comporte :

• Le marché occasionnel où sont échangés aux enchères les titres des sociétés faisant appel
public à l’épargne dont la liste est connue mais qui ne sont pas encore admises a la cote
permanente. Il s'agit d'un marché Hors Cote qui est en quelque sorte un marché libre.

• Les enregistrements : c'est un compartiment des transactions sur dossiers où sont échangés
de gré en gré des titres émis par des sociétés ``fermées’’. c-à-d que les titres des sociétés ne
faisant pas appel public à l’épargne ne sont pas négociées mais soumis à une simple formalité
d’enregistrement en Bourse.

• Les déclarations : Les transactions ayant lieu entre les personnes non résidentes
et portant sur des valeurs mobilières et produits financiers émis par des sociétés non
résidentes doivent être déclarées sans frais à la BVM au plus tard 15 jours après leur
inscription sur leurs registres.

Dans l'objectif de la dynamisation du marché financier plusieurs mesures ont été prises
en 1999 et consistaient à:

- Encourager les sociétés à ouvrir leur capital social au public sur le marché financier à
hauteur de 30% au moins en les faisant bénéficier d'une réduction de 35% à 20% du taux de
l'impôt sur les bénéfices pendant une période de 5 ans.

- L'institution du “ compte épargne en actions ” en vue d'inciter les personnes physiques à


épargner à long terme. Ce compte est ouvert auprès des banques et des intermédiaires en
bourse. Les sommes qui y sont déposées sont affectées à concurrence de 80% au moins à
l'acquisition d'actions, le reliquat devant servir à l'acquisition de bon de trésor
assimilables(BTA).

- L'extension de l'émission des BTA par voie d'adjudication aux établissements


adhérents à la société interprofessionnelle pour la compensation et les dépôt de valeurs
mobilières (SOTICODEVAM).

Auparavant, les adjudications de ces titres étaient réservées exclusivement aux


spécialistes en valeurs du trésor(SVT).

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- L'institution en 1999 d'une nouvelle catégorie de titres publics à court terme, les bons du
trésor à court terme(BTC) pour une durée de 13, 16 ou 52 semaines. Les conditions et les
modalités d'émission de ces titres sont similaires à celles des BTA. En 2006, l’Etat peut
émettre des Bons du trésor à zéro coupon, il s’agit d’obligations qui comportent un seul
paiement, c-à-d des bons du trésor d’une durée inférieure ou égale à une année.

VI-3 Le marché des changes

Le marché des changes assure la confrontation entre les offres et les demandes des
devises étrangères. Il détermine le cours de chacune d'entre elles. C'est un marché délocalisé
et permanent.

Dans les pays développés, les acteurs du marché des changes sont les banques
commerciales, les entreprises qui sont engagées dans le commerce international, les
institutions financières non bancaires et les banques centrales.

Les banques commerciales constituent le centre du marché des changes. Le


commerce de devises entre banques, appelé marché interbancaire, représente la majeure
partie des activités du marché des changes.

VI-3-1 La notion du taux de change nominal (TCN)

Le taux de change peut être défini par rapport à une seule monnaie étrangère, auquel
cas on parle de taux de change nominal bilatéral (TCNB), comme il peut être défini par
rapport à un panier de monnaies étrangères , auquel cas on parle de taux de change
nominal effectif.

• Le taux de change nominal bilatéral (TCNB) c'est la quantité de monnaie locale qu'il faut
céder pour avoir une unité de monnaie étrangère.

Si on considère deux pays, la Madagascar et les Etats Unis. Combien faut-il céder de
l’Ariary pour avoir un dollar américain. Le 29/10/2000, $1 s'échange contre Ariary 3216.

On notera le TCNB entre l’ariary et le dollar américain: N(Ar/$).

N(Ar/$) = ⇔ (1$/1Ar) ⇔ 1$=3216 Ar.

Si N(Ar/$) augmente, ceci signifie qu'il faut céder plus d’Ariary pour le même dollar. On dira
alors que l’Ariary s'est déprécié par rapport au dollar. Si par contre N(Ar/$) diminue, On dira
que l’Ariary s'est apprécié par rapport au dollar.

Cependant, il faut distinguer la dépréciation de la dévaluation d'une monnaie. La


dévaluation est une décision politique qui consiste à diminuer la valeur de la monnaie
nationale par rapport à l'ensemble des monnaies étrangères.

• Les différents taux de change: on distingue le taux de change au comptant(spot) et le


taux de change à terme(future).

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• le taux de change au comptant (spot): il concerne une opération immédiate pour
laquelle le cours est fixé aujourd'hui,

• le taux de change à terme (future): il concerne un taux de change qu'on se fixe


aujourd'hui pour un échange qui aura lieu plus tard (NT). On l'utilise dans les opérations
commerciales pour se couvrir contre les fluctuations de change.

Si NT > N ⇒ les opérateurs économiques anticipent une dépréciation de la monnaie


locale( l’Ariary par exemple) par rapport à la monnaie étrangère (le $ par exemple), on dit que
le dollar cote un report (over spot).

Si NT < N ⇒ les opérateurs économiques anticipent une appréciation de la monnaie


locale(l’Ariary par exemple) par rapport à la monnaie étrangère (le $ par exemple), on dit que
le dollar cote un déport (under spot).

Donc si,

le dollar cote un report (Ariary cote un deport)

le dollar cote un deport (Ariary cote un deport)

VI-3-2 les opérations sur le marché des changes

Dans ce paragraphe, on va se limiter uniquement, à quelques opérations.

• les opérations sur le marché au comptant:

les opérations d'arbitrage : c'est les opérations qui visent à réaliser un gain en profitant du
différentiel des taux de change, c-à-d acheter une devise bon marché et la revendre plus cher.

Supposons qu'à New York, N($/DM)=0,30 et qu'à Londre N($/DM)=0,35.


Quelqu'un qui achèterait 1 million de DM à New York contre 300000$ et les échanger
immédiatement à Londre pour 350000$, ferait un profit brut de 50000$. Mais tous les
acteurs vont essayer de profiter de la situation, ce qui va se traduire par une
augmentation de la demande de DM à New York, ce qui ferait augmenter son prix en
$, alors que l'augmentation de l'offre de DM à Londre ferait baisser son prix. La différence
entre les cours de Londre et de New York va vite s'estomper et la règle du taux croisé
s'appliquera.

• les opérations sur le marché à terme:

Les opérations de couverture : cette opération porte sur une transaction qui aura lieu plus tard
pour un taux fixé aujourd'hui(NT).

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La couverture consiste à ne pas courir le risque lié aux fluctuations de taux de change.
Considérons l'exemple suivant: un Européen importateur de jeans des USA. Le paiement
va s'effectuer en dollars dans 2 mois. Si l'importateur Européen paye 30$ l'unité et que son
prix de vente est de 40 Euros l'unité, son profit va dépendre du taux de change entre Euro et
dollar. Si N(Euro/$) =1, l'importateur paye 30 Euros l'unité, son profit est de 10 Euros par
unité. Mais l'importateur ne dispose pas de fonds nécessaires pour payer aujourd'hui, il ne
peut disposer des fonds qu'après 2 mois. Si pendant cette période (2 mois) l'Euro se
déprécie pour atteindre 1,4 Euro par dollar, l’importateur devra payer (1,4 Euro par
dollar)×(30$ par jean) = 42 Euros par jean. Il fera alors une perte de 2 Euros par jean. Pour
éviter ce risque, l'importateur peut faire une opération de change à 60 jours avec sa banque. Si
la banque acceptera de lui vendre les dollars à 60 jours au taux de 1,2 Euro par dollar(NT),
l'importateur sera assuré de ne payer à son fournisseur que (1,2 Euro/$)×(30$ par jean) = 36
Euros par jean. En achetant le dollar et en vendant l'Euro à terme, l'importateur se garantit un
profit de 4 Euros/jean. Par cette opération l'importateur s'est couvert contre le risque de
change.

Les opérations de spéculation : la spéculation consiste à prendre un risque dans l'espoir


de réaliser un gain. Un spéculateur cherche à vendre les devises dont il anticipe une
dépréciation et acheter celles dont il anticipe une appréciation.

Exemple d'opération de spéculation: Le SWAP. Un SWAP de change ou SWAP de devises


est une vente au comptant d'une devise combinée à un rachat à terme de la devise. Le
spéculateur va jouer sur le différentiel de change.

Si à New York, un spéculateur anticipe une dépréciation de l'euro dans 2 mois(une


diminution de N($/Euro) dans 2 mois), il va s'engager à vendre à terme des Euros à un
taux assez proche du taux au comptant aujourd'hui. Si le taux au comptant d'aujourd'hui
N($/Euro) = 1 et que NT($/Euro)=0,9. Si dans 2 mois N($/Euro) = 0,8.

Dans 2 mois, le spéculateur va acheter des Euros au taux de 0,8$ et les revendre au taux de
0,9$, il gagnera 0,1$ par Euro.

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