Cours Eco Monetaire
Cours Eco Monetaire
Niveau :L3
Etablissement :IUGM
Mention : Economie
L’être humaine primitif n’a pas connu la monnaie comme un moyen de paiement, en
d’autre terme, à l’origine, il n’ya pas de monnaie, du fait qu’il n’y a pas d’échanges.
L’homme primitif vit en tribus, subsistant par la cueillette et la chasse. En effet, ces
tribus n’échangent rien (période d’autosatisfaction). D’une manière générale, les forts
s’emparent de ce dont ils ont besoin pour pouvoir survivre, et les plus faibles se retrouvent
souvent dans l’obligation de s’exiler plus loin.
Avec le temps, ces tribus sont devenus plus nombreuses, elles ont commencé à
domestiquer les animaux, cultivé quelques plantes, partager les tâches entre leurs membres,
par conséquent, des contactes entre les tribus voisines arrivent à se nouer. Cette évolution
débouche sur une notion fondamentale de l’échange, qui est la base de tous les systèmes
monétaire. Cet échange consistait au départ dans le transfert réciproque de
marchandises et l’échange porte en lui le germe de la monnaie.
L’économie de troc est définie comme : « une économie dont le signe monétaire
n’existe pas ».
Le mot troc vient du verbe troquer. On dit troquer une chose contre une autre, c’est à
dire l’échanger pour une autre chose (ex : troquer la vielle casquette contre un chapeau). Le
troc est une forme d’échange selon laquelle on échange directement des denrées et des
marchandises correspondant à des matières premières ou à des objets de grande nécessité.
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Le troc prévalu dans les sociétés primitive ; suppose la rencontre des coéchangistes
possédant des objets de qualité et de quantité bien déterminées, correspondant à leur besoins
réciproques à un moment donné.
Les biens cédés et obtenus bilatéralement doivent représenter la contre partie exacte
des uns et des autres. Donc un rapport d’échange va s’établir : exemple, si une mesure des
olives est échangée contre une mesure de blé le rapport est de 1/1 entre ces deux biens, ce
rapport ne concerne que les biens en questions.
Le système basé sur le troc a découragé les échanges et la division de travail qu’ils
supposent. De même qu’il a bloqué le développement économique. En effet une
nouvelle forme d’échange est apparue à savoir : la monnaie marchandise (monnaie
intermédiaire). Les biens qui ont été utilisés comme intermédiaire d’échange sont
variés : coquillage, plantes, thé, poisson séchés, sel, etc.
Dés que les échanges économiques ont commencé à se développer avec une
extension de la division du travail, et l’apparition de relations internationales
régulières, l’apparition d’un nouvel instrument de paiement devient plus qu’indispensable.
Au départ, il s’agit des métaux archaïques (cuivre, bonze, fer, etc.) caractérisés par leur
abondance et leur poids lourd. Ce qui a provoqué par la suite leurs substitutions par les
métaux précieux à savoir l’or et l’argent, ces derniers ont joué un rôle primordial
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dans les échanges du fait de leur éclat, leur couleur, leur densité, leur aspect et surtout de leur
rareté.
Ils se travaillent facilement et peuvent être « frappé » avec des marques assez
fines et durables. Ils sont homogènes, divisibles et constituables. Donc, ils constituaient une
monnaie par excellence.
Le mot monnaie vient du mot latin « moneta » qui est le participe passé féminin du
verbe « moneo » qui veut dire avertir. La liaison semble purement historique, car le
temple dans lequel les premières monnaies ont été frappé à Rome étaient dédie à la déesse
Junon appelée moneta qui voulait dire avertisseuse.
Cette divinité latine est un personnage important, elle a des dons de voyances, qui ont
poussé à emprunter son qualificatif « moneta » pour désigner cet instrument qui vient
d’apparaitre sans avoir un nom, mais désormais va s’appeler la « monnaie ».
Par extension : La monnaie est un ensemble de moyens ayant pour finalité de donner
à celui qui la détient au sens économique un pouvoir d’achat et au sens juridiques un moyens
de libération de dettes.
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D’une manière courante : La monnaie peut être définie comme un moyen de
paiement accepté par tous pour effectuer des règlements sur le marché des biens et services et
pour régler définitivement des dettes.
2-2-Caractéristiques de la monnaie :
Une reconnaissance par le plus grand nombre d’usagers possible. Cette limite n’est pas
toujours vérifier compte tenu des limites territoriales.
De ces trois caractéristiques vont découler les trois principales fonctions de la monnaie que
nous allons aborder dans le point suivant :
L’analyse de la monnaie remonte à Aristote qu’il y’a plus de 23 siècles avait justifié
l’existence de la monnaie par les trois fonctions qu’elle remplit. Ces dernières sont reprises
traditionnellement dans les ouvrages portant sur la monnaie.
L’usage de la monnaie dans les transactions a mis fin aux inconvénients du troc, or pour
que la monnaie remplisse efficacement cette fonction d’intermédiaire des échanges, il
faut qu’elle soit accepter par tous les usagers (vendeurs et acheteurs), et qu’ils aient
la certitude de pouvoir l’utiliser à tous moment, pour régler ses propres achats ou ses propres
dettes.
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M M1 opération de troc
En effet, par l’intervention de la monnaie de paiement le troc est remplacé par deux
(02) opérations distinctes :
Vente contre de la monnaie du bien possédé et achat avec cette monnaie de ce que l’on
désir acquérir.
La monnaie est donc, un intermédiaire des échanges car elle est un moyen de
règlement immédiat. La monnaie permet d’éteindre instantanément une dette : On dit
quelle a un pouvoir libératoire immédiat.
L’unité de compte est celle dans laquelle les prix sont fixés et les comptes sont tenus.
Une unité de compte permet de mesurer la valeur des biens mais aussi de comparer
cette valeur avec celle des autres biens : C’est donc un moyen de faciliter l’échange.
En tant qu’unité de compte, la monnaie est le seul bien, sur un espace donné, qui permet
d’exprimer la valeur de tous les autres.
La valeur exprimée en monnaie peut varier parce que la valeur de la monnaie elle-même
est sujette à des variations.
Remarque : Il existe des monnaies de compte qui ne circulent pas dans les échanges et qui
servent simplement de référence théorique telle que (DTS, ECU).
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CHAPITRE 2 : LES FORMES DE LA MONNAIE
- D’une part, sa valeur intrinsèque est inférieure à sa valeur faciale (nominale) qui lui est
conférée en tant qu’instrument monétaire par l’agent émetteur.
- D’autre part, certains monnaies n’ont plus de représentation tangibles et circule par
écriture entre les institutions monétaires.
- La monnaie manuelle ;
- La monnaie scripturale ;
- La quasi-monnaie.
La monnaie manuelle circule par le transfert d’une vignette ou d’un jeton. Elle
comporte deux formes à savoir :
Le billet de banque est une « monnaie fiduciaire », c'est-à-dire une monnaie basée sur la
confiance, le seul organisme habilité à émettre les billets est la banque centrale.
En principe la banque centrale n’a pas de clientèle privée. Elle ne cède pas directement ses
billets aux agents non financiers. Ses clients sont les banques ordinaires et le trésor public,
c’est par eux que sont satisfaits les besoins de billets du public. La banque centrale est tenue
de respecter certaines règles d’émission : Elle consente au trésor des avances réglementées par
la loi, et elle vend aux banques sa monnaie contre des titres. Ces opérations sont couteuses
pour les banques qui doivent payer un intérêt. Cette banque cherche à assurer à tout
moment un contrôle garantissant sa rareté et permettant le maintien de la confiance.
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1.2 La monnaie divisionnaire :
La monnaie divisionnaire est constituée par les pièces de monnaie. Au départ ces
dernières étaient des pièces métalliques en or ou en argent. Dans ce cas leur valeur
intrinsèque correspond à la quantité de métal qu’elles contiennent.
Actuellement les pièces métalliques ont une valeur faciale (nominale) sans rapport
avec leur valeur marchande (commerciale).
Les pièces de monnaie divisionnaire sont, elles aussi, des monnaies fiduciaires en raison
de leur faible valeur intrinsèque. La monnaie divisionnaire est généralement émise par le
trésor public en quantité de plus en plus, faible car elle ne constitue qu’une monnaie
d’appoint servant dans les petites transactions.
Le trésor ne monétise pas lui-même ses pièces : Il les vend à la banque centrale pour leur
valeur « faciale », celle qui figure sur la pièce. Le trésor bénéficié ainsi d’une source de
revenu du fait, que le coût de la fabrication des pièces est inférieur à cette valeur.
La banque centrale monétise les pièces de la même façon que les billets en les
cédants aux établissements bancaires et au trésor qui satisferont, à leur tour les
besoins du public.
Les billets et les pièces sont les seules monnaies officielles légales. Les autres
monnaies à savoir les monnaies scripturales sont des monnaies de banques.
La monnaie scripturale est beaucoup plus récente que la monnaie fiduciaire. C’est au XIX e
qu’elle s’est généralisée en Angleterre. La monnaie scripturale tire son non de la forme sous
laquelle elle est matérialisée : Il s’agit d’une écriture dans les livres des banques sous forme
d’une ouverture de compte à un client donnant naissance à un dépôt qui est une
reconnaissance de dette de la banque en vers sont titulaire. Cette monnaie sert à payer les
créanciers de la banque, le transfert d’un compte à un autre se fait par l’intermédiaire des
instruments appelés : Les supports de la monnaie.
Il s’agit principalement de :
Le chèque : Le chèque constitue un titre émis par une banque ou un autre organisme
assimilé. Le chèque extrait, généralement d’un carnet à souche délivré par le banquier,
permet à une personne de retirer de l’argent. Il est aussi un ordre adressé par une personne
appelée tireur, à un établissement ou une banque nommée tirée, de payer une somme
déterminée à une tierce personne appelée bénéficiaire ou porteur.
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Le chèque permet donc au titulaire du compte :
Le retrait de fonds
Le chèque n’est pas une monnaie, il n’est qu’un support permettant de faire circuler les dépôts
à vue transférable. Plusieurs types de chèque sont à distinguer : Le chèque ordinaire, le
chèque sans provision, le chèque barré, le chèque postal, le chèque endossable, etc.
Remarque : Ils existent encore d’autres supports classiques tels que : La lettre de change, le
billet à ordre, le titre interbancaire de paiement, etc.
Le développement économique qui s’est accéléré ces dernières années dans les pays
développés, n’a pas laissé à l’écart le secteur bancaire. En effet ce dernier devient de plus
en plus, performant suite à la mise en place de nouveaux instruments de paiement. Il
s’agit plus particulièrement des règlements électroniques (cartes de paiements et de crédit,
retraits automatisés, etc.), autrement dit, de la monnaie électronique dite « monétique ».
La monétique est une technique. Elle ne constitue pas une nouvelle forme de
monnaie. Elle est l’instrument automatisé de mobilisation des disponibilités monétaires
au sens strict, billets et dépôts à vue.
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Section 3 : La quasi-monnaie
La quasi-monnaie est une forme de monnaie qui n’est pas utilisée comme moyen de
paiement de manière immédiate mais qui nécessite une transformation préalable en billets ou
en compte à vue.
Les dépôts bancaires qui ne sont pas immédiatement utilisables dans les
règlements ne peuvent être considérés comme monnaie au sens strict mais proche d’elle. Ils
peuvent être transformés de manière aisée et sans perte de capital, il s’agit principalement
de:
Les comptes sur livret : Ce sont des avoirs remboursables à vue, mais qui ne peuvent être
utilisables par chèque. Les comptes sur livret son considérés comme compte d’épargne et sont
assorti d’un intérêt : Ils comportent les éléments suivants :
Les dépôts à terme : Les dépôts à terme font l’objet d’un blocage de compte pour une
période déterminée d’avance : Trois mois, six mois, un an,….. Dans ce cas les
déposants reçoivent un intérêt en contrepartie.
Les bons de caisse : Les bons de caisse sont des titres émis par la banque et souscrits par les
déposants soit au porteur ou à ordre. Ils ont une échéance bien déterminée et sont
rémunérés.
En d’autres termes le bon de caisse est un effet portant engagement par l’émetteur de payer
une certaine somme à échéance déterminée en remboursement d’un prêt à court terme
productif d’intérêt. Ils sont utilisés par les entreprises et les banques pour se procurer
(fréquemment les unes auprès des autres) des fonds à court terme.
Ce type de quasi-monnaie est dit aussi placements liquides ou à court terme. Il s’agit des
dépôts qui ne sont pas susceptibles d’être transformés en monnaie. Ils comportent :
Les dépôts auprès des caisses d’épargne : Ce type de dépôts et selon ses caractéristiques
ressemble aux comptes sur livrets ouverts auprès des banques.
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Les bons de trésor : Les bons de trésor sont des titres représentatifs d’emprunt à
court terme émis par le trésor public. Ils sont peu différents des bons de caisse.
En d’autre terme le bon de trésor est un effet émis par l’Etat en représentation d’une dette à
court terme contractée par lui. Les termes de bon du trésor, certificat de trésorerie, bon
du trésor public ou bon d’Etat désignent dans la plupart des pays modernes, les effets
publics représentatifs d’emprunts à court terme contractés auprès du public ou du
système bancaire, parfois auprès du gouvernement étranger ou d’organismes
internationaux.
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CHAPITRE 3 : LES SYSTEMES MONETAIRES
Une fois que l'autorité publique crée un système monétaire, elle intervient à trois
niveaux :
Afin de définir l'unité monétaire, l'autorité publique doit choisir un étalon des valeurs.
Pendant très longtemps, les métaux précieux (or et argent) ont servi d'étalon. Par la suite,
l'étalon peut être constitué par une devise étrangère ou un ensemble de devises (un
panier de devise). Par exemple, l'ECU (Europe Currency Unit) est depuis mars 1979 l'unité
monétaire de la communauté économique Européenne (CEE) sans être une véritable
monnaie. Donc, l'unité monétaire est une unité de compte, distincte des instruments de
paiement. L'unité monétaire d'un pays est définie par une loi monétaire.
Remarque : II ne faut pas confondre entre la dépréciation qui est une situation de fait et la
dévaluation qui est une décision législative ou réglementaire.
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b- Création et mise en circulation des moyens de paiement
- Les monnaies métalliques sont frappées par un organisme spécialisé dit « l'hôtel des
monnaies ». Le métal servait de base à l'infrastructure monétaire et représente l'unité
monétaire (étalon de valeur). Cet étalon est défini par un certain poids de métal et certifié
par une estampe officielle. Lors du régime de la frappe libre, tout détenteur de métal pouvait
se présenter à l'hôtel des monnaies afin de le faire diviser en pièces et le faire marquer par une
effigie des représentants du pouvoir.
Les pièces et les billets émis ont un cours légal. De ce fait, ils ont un pouvoir
libératoire :
- Tout débiteur qui les utilise peut se libérer de ses dettes (aucun créancier ne peut les
refuser) ;
Les systèmes monétaires que le monde a connus au cours de son histoire peuvent se
classer en deux grandes catégories :
Le système monétaire métallique, qui date du I7ème et 18 ème siècle, est un système à
libre convertibilité de tous les instruments de paiement en métal étalon.
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- Le système monométallique (un seul métal or ou argent).
L'unité monétaire était définie par un certain poids de métal à titre d'exemple :
Les pièces frappées à base de ces différents métaux vont servir d'instrument de circulation
(paiement) permettant d'éteindre les dettes.
- Chaque unité est définie isolément par un poids de métal respectif (une unité en or ne fait
pas l'équivalent d'une unité en bronze ou en argent);
Tous ces inconvénients ont engendré le déclin du système à étalon parallèle et l'apparition
d'un système bimétallique.
Le système bimétallique est un système basé sur l'utilisation de deux métaux, à savoir :
L'or et l'argent (comme monnaies légales).
- Un rapport légal entre les valeurs respectives des deux métaux (or et argent).
Le rapport légal établi entre les unités monétaires des deux métaux égal au rapport
entre les valeurs commerciales des deux métaux à l'instant t o de départ.
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Sachant que :
I : Rapport légal entre les deux métaux or et argent.
V c : Valeur commerciale.
t o : Instant de départ.
A titre d'exemple, en 1859, le rapport légal entre l'or et l'argent en France était de
15,5 c'est-à-dire, il fallait 15,5 Kg d'argent pour avoir un l Kg d'or.
La loi de GRESHAM
- La « bonne monnaie », dite aussi monnaie « forte », est la monnaie dont la valeur
commerciale est supérieure à la valeur légale.
- La « mauvaise monnaie », dite aussi monnaie faible, est celle dont la valeur
commerciale est inférieure à la valeur légale.
La distinction entre ces deux types de monnaie s'explique par le fait que le rapport légal
entre l'or et l'argent reste fixe alors que les valeurs commerciales des deux métaux
varient sur le marché. Parfois, c'est l'or et parfois c'est l'argent qui constitue la bonne
monnaie selon les périodes et les sociétés. Selon la loi de GRESHAM proposée au
XVIème siècle : Les pièces du métal apprécié sur le marché vont faire l'objet de
thésaurisation et de spéculation. Cependant que les pièces de monnaie du métal déprécié
vont servir comme moyen de paiement. De ce fait, « la mauvaise monnaie va chasser la
bonne monnaie ».
Une fois que l'une des deux monnaies disparaît de la circulation, le système à deux
étalons (bimétallique) va se transformer à un système basé sur un seul métal
(monométallique). Ceci a eu lieu à partir de la seconde moitié du XIX ème siècle dans
presque la totalité des pays du monde.
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1.3 Le système monométallique
Le système monométallique est un système basé sur l'utilisation d'un seul métal
comme moyen de transaction. Ce système adopte l'or ou l'argent selon les pays (les USA et la
GB utilisaient l'étalon-or, cependant que les pays d'extrême orient comme la Chine et l'Inde se
sont référés à l'étalon-argent).
Ce régime exige que chaque pays ne doit pas émettre une quantité de billets
excessive par rapport à leur stock d'or. Ce principe n'a pas été respecté au cours de la l ère
guerre mondiale (le financement de la guerre a nécessité l'émission de beaucoup de
billets sans avoir une contre partie en or). Toutefois, ce système n'avait pas duré, en effet
après la 2ème guerre mondiale, il connut son effritement, notamment avec l'avènement
et le développement des autres formes de monnaies et de crédits nécessités par les exigences
de la reconstruction de certains pays.
Désormais, l'or ne jouera plus son rôle dans les règlements ; en effet, un nouveau
système est apparu à savoir le système fiduciaire.
2. Le système fiduciaire
Le mot fiduciaire vient du mot latin « fîducia » qui signifie faire confiance. La notion
de confiance repose sur la possibilité de convertir le billet en espèce métallique (or) à
tout moment. Le billet de banque a connu une évolution : Au départ il avait un cours
légal (c'est-à-dire accepté par tous comme moyen de paiement convertible en or), par la suite
il obtiendra le cours forcé qui interdit le remboursement (convertibilité en or).
2.2 Les formes de convertibilité : L'émission de billets par la banque a connu trois formes de
convertibilité qui sont :
II s'agit d'un étalon or-pièces qui consiste à transformer le billet de banque en pièces d'or.
Ce type de convertibilité n'avait pas beaucoup fonctionné car il était plus aisé pour les
individus de détenir des billets que des pièces.
Suite aux pénuries d'or occasionnées durant la 1 ère guerre mondiale une nouvelle
voie est ouverte au système de convertibilité au second degré qui consiste à échanger
les billets en monnaies déclarées convertibles en or. Il s'agit de devises clés (au départ c'est
la livre sterling et le dollar ainsi que le franc français) jugées égales à l'or qui servaient à
l'émission des banques centrales.
Cette fois-ci la convertibilité est valable non pas pour les particuliers mais pour les
banques centrales. Ce type de convertibilité a eu lieu en 1922 à la conférence de Gêne quand
plusieurs pays ont décidé d'accepter comme gage des monnaies fiduciaires qui sont des
devises convertibles en or. Dans ce système, les excédents et déficits des balances des
paiements se règlent en or ou en monnaie convertible en or.
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2.3.1 La controverse entre l'école de banque (Banking school) et l'école de circulation
(currency school)
La question principale qui s'est posée est la suivante : faut-il laisser la banque centrale
émettre librement la monnaie ou bien faut-il la réglementer? Deux thèses vont
s'affronter à savoir, celle de l'école de banque et celle de l'école de circulation.
- L'émission de la monnaie est déterminée par la demande (en tenant compte des besoins de
l'économie), autrement dit, elle est commandée par le volume de transaction.
- Si on est dans un cas de surplus (excès) de billets en circulation, des détenteurs vont
convertir la partie considérée défavorisée et l'équilibre se réalisera.
Selon TOOKE, il y a que l'or et le papier monnaie (les billets inconvertibles émis par
l'Etat qui, parce que inconvertibles, sont un moyen d'augmenter la quantité de monnaie
métallique) qui peuvent être considérés comme de la monnaie ; cependant, les instruments de
crédit ne sont que des reconnaissances de dette, ainsi en est-il les différentes formes
de monnaie bancaire : Billets convertibles et actuellement dépôts en compte courant
utilisés pour les paiements scripturaux. Ces différentes formes de monnaie bancaire ont en
commun la possibilité d'être émises en réponse à une demande préalable des agents
économiques, c'est-à-dire à une demande de crédit et selon TOOKE, l'encours de crédit varié
au rythme de l'activité économique. Dans ce cas, même si la monnaie circulante est
uniquement métallique, il importe de donner au crédit la souplesse nécessaire pour qu'il
s'adapte aux besoins de l'économie.
B- L'école de circulation (la currency school) : Le principal fondateur de cette école est D.
RICARDO qui préconise que la banque ne doit pas abuser de son pouvoir d'émission, elle doit
au contraire la réglementer. Tous les fondateurs de cette école affirment que tout excès de
billets en circulation entraîne l'inflation, donc il faut en limiter l'émission, ils assimilent
les billets aux crédits dont le rôle essentiel est de permettre l'accélération de la circulation
de la monnaie métallique qui demeure la seule vraie monnaie.
Dans ce cas, les billets constituent seulement une monnaie représentative et que seul l'or
exerce la plénitude monétaire, l'Etat impose un statut, une discipline à l'émission de
billets en fonction du montant de l'encaisse métallique en or, (il s'agit d'une couverture à
100% des billets de banque par l'or).
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En réalité, les thèses préconisées par les deux écoles n'ont pas été pleinement
satisfaisantes : Un regroupement de leurs principes a donné naissance à trois formes
d'émission :
2.4 Les formes d'émission : Les banques centrales ont utilisé trois types d'émission de
monnaie qui sont :
a- La couverture intégrale : Tous les billets émis par la banque centrale doivent être
garanti par une couverture intégrale. Cette dernière est de nature mixte, c'est-à-dire qu'une
partie de la monnaie émise est couverte en valeurs ou en rentes de l'Etat, l'autre par l'or.
La couverture a été fixée de manière empirique égale à un taux d'un tiers. Ceci
signifie qu'il faut la disponibilité de trois fois le volume de l'or pour obtenir la valeur des
billets. Il est à noter que ce dernier type d'émission est beaucoup plus simple que les
deux autres citées précédemment.
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Le système monétaire international (SMI)
a- Le système de l'étalon or: Etablit au début du 19 ème siècle, il fait de l'or l'étalon
monétaire universel (voir les explications plus haut).
Les monnaies de ces trois pays sont considérées comme des devises clé, elles
pouvaient être utilisées par tous les pays pour régler les échanges internationaux et
conserver comme « monnaies de réserve » par les différentes banques centrales.
- La conversion des différentes monnaies entre elles se réalisent sur la base de taux de
change fixe. Si un pays veut réviser en baisse le taux de change de sa monnaie par
rapport aux autres monnaies étrangères (dévaluer), il doit avoir l'accord préalable du FMI.
- Un fonds monétaire international FMI joue le rôle de « caisse mutuelle », chaque pays
dépose des liquidités (son «quota») destiné à venir en aide, le cas échéant, aux pays membres
qui éprouveraient des difficultés à équilibrer la balance des paiements.
En tant qu'un pays puissant et non touché par les résultats des deux guerres
mondiales, les USA réalisent des investissements considérables en dollars dans les
pays européens (euro-dollar), entre pays pétroliers (pétro-dollars) ou entre pays
asiatiques (asia-dollars). Ces dollars constituent les stocks monétaires qui avec les
réserves des banques centrales (les balances dollar) restent en principe gagés sur le stock d'or
américain de Fort Knox.
Cependant, à partir de 1969, le montant total des dollars circulant dans le monde
commencent à dépasser la valeur du stock d'or américain.
d- Le système de l'étalon dollar (1971-1976) : Toutes les monnaies restent définies par
rapport au dollar (régime du dollar standard), mais la conversion des différentes
monnaies entre elles n'obéit plus à des règles strictes. Il s'agit de l'instauration d'un système de
change flottant (flexible) selon l'offre et la demande au jour le jour, la valeur des devises
(franc, livre sterling, etc...) peut varier de 4,5% par rapporte au dollar (c'est la marge
de fluctuation).
Le terme « émission » est plus large que le terme « création ». L’émission peut recouvrir
les transformations simples entre actifs monétaires et actifs financiers sans création
nette de monnaie, par contre la « création » entraine systématiquement une augmentation
nette de la masse monétaire1 en circulation.
- Banque de la nation : elle crée la monnaie fiduciaire en émettant les billets qui circulent
dans l’économie, elle surveille l’évolution de la masse monétaire, notamment au moyen
de la politique des réserves obligatoires.
- Banque de l’Etat : elle fait crédit à l’Etat sous forme de prêt et d’avance au trésor
(qui exécute le budget de l’Etat) et gère pour l’Etat certains instituts spéciaux comme le
fond de stabilisation des changes.
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Masse monétaire : Quantité totale de monnaie circulant dans un pays à un moment donné. Elle comprend cinq
composantes qui sont : monnaie métallique + billets de banque + comptes à vue dans les banques (monnaie
bancaire) + comptes à vue dans les CCP (monnaies postales) + la quasi-monnaie.
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- Banque des banques : elle réescompte les effets de commerce que lui présentent les
banques, elle organise les règlements interbancaires par compensation entre les banques
et sert de correspondant aux banques centrales étrangères.
- La banque centrale peut aussi créer directement de la monnaie au profit du trésor public,
lorsqu’elle lui accorde des avances, c'est-à-dire un découvert et aussi lorsqu’elle achète
les bons de trésor .
- La banque centrale crée de la monnaie lorsqu’elle achète des devises étrangères (créances
sur l’extérieur). A titre d’exemple, la banque centrale de Madagascar crée de la monnaie
lorsqu’elle achète des dollars américains (ᵴ), puis elle crée des l’ariary qui viennent augmenter
la masse monétaire.
L’expression banque est d’origine italienne qui est « banco » qui veut dire banc. Au début
cette expression signifiait le banc où s’asseyaient les financiers pour effectuer le change
de la monnaie, plus tard l’expression a évolué pour signifier le comptoir où l’on pouvait
compter et échanger de l’argent, pour devenir à la fin un lieu où se trouve ce comptoir et où
s’effectue la commercialisation de l’argent.
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moderne se différencie de la banque classique par les activités diverses dans le domaine des
services et du hors bilan.
Banque de dépôt : L’activité principale de ces banques est la réception des dépôts de
la clientèle à vue et à terme, les règlements en monnaie et l’octroi du crédit à court
terme.
Banque d’affaire : Les activités principales de ces banques sont la prise et la gestion
des participations dans les affaires existantes en voie de formation, et l’octroi des
crédits sans limitation de durée aux entreprises publiques ou privées qui
bénéficient, ont bénéficiés ou bénéficieront des dites participations2.
Les opérations de crédits réalisées par les banques représentent donc une source
majeure de création monétaire. Il s’agit de crédits accordés aux particuliers, aux entreprises,
ainsi qu’aux crédits accordés à l’Etat par le biais du trésor public afin de financer le déficit
budgétaire (à titre d’information, le trésor public algérien a énormément reçu d’avances de la
part de la banque centrale. Les banques d’investissement ont été créées à l’occasion de ces
avances. La loi sur la monnaie et le crédit de 1990 a limité les avances faites par la banque
centrale ; elles ne doivent pas dépasser 10% de la totalité des recettes du trésor).
Les banques ordinaires achètent également les bons du trésor. Ces derniers
acquièrent les créances sur le trésor public en créant de la monnaie.
3- Le trésor public
2
M. Vasseur, «L’Etat banquier d’affaires » Dalloz 1962, p 198.
23
Le trésor est la personnification financière de l’Etat. Il perçoit les recettes publiques,
exécute les dépenses et emprunte pour couvrir ses besoins de financement, temporaires
ou définitifs. Dans ce sens, le trésor est un agent non financier comme les autres. En outre,
le trésor est aussi un intermédiaire financier exerçant une activité « bancaire ». Les
ressources qu’il se procure ainsi diminuent ses besoins d’emprunts proprement dits. En
d’autres termes le trésor public est à la fois le caissier et le banquier de l’Etat.
Le trésor est le caissier de l’Etat, la mission principale du trésor est d’exécuter la loi
des finances. Il reçoit les recettes budgétaires et couvre les dépenses budgétaires de
l’Etat. D’une manière générale, les recettes sont inférieures aux dépenses, ce qui
entraine un déficit qui sera financé par la banque centrale, les banques ordinaires et les
particuliers.
Le trésor est le banquier de l’Etat : le trésor est aussi le banquier de l’Etat car il crée la
monnaie divisionnaire (métallique) ainsi que sa propre monnaie scripturale.
Les pièces de monnaie émises par le trésor, malgré le métal qu’elles contiennent, ont une
valeur faciale (nominale) supérieure à leur valeur intrinsèque. Elles sont donc de même nature
que les billets (monnaie fiduciaire acceptée par habitude et confiance). Les pièces
frappées par le trésor sont transmises à la banque centrale qui crédite le trésor en
monnaie centrale et met ensuite les pièces en circulation en fonction des besoins de
l’économie. La banque centrale assure la convertibilité des pièces en monnaie centrale
(billets de banque).
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Cette vision, qui consiste à dire que le trésor public ne procède pas à la création de
la monnaie, est trop partielle du fait que le trésor contrôle une partie du circuit de la
monnaie scripturale, il peut dans son circuit, créditer des comptes (des fonctionnaires
de l’Etat par exemple) sans avoir les ressources correspondantes ; donc il y a bien une
création monétaire.
Le trésor a un droit de tirage automatique et illimité sur les CCP dont il est la banque, lorsque
les CCP font crédit au trésor, il y a bien création de monnaie postale à son bénéfice.
Source : Jean Besson « Monnaie et finances », édition O.P.U Alger, 1991, p145.
La notion de circuit désigne les canaux par lesquels les sommes dépensées par le trésor lui
reviennent.
La banque centrale effectue toutes les opérations sur l’or notamment l’achat et la
vente, elle peut aussi recevoir les dépôts libellés en monnaie étrangère. Elle gère également
les réserves de change et elle peut ouvrir des comptes en devise pour les sociétés autorisées
par la loi, par conséquent la banque centrale répond aux besoins de financement des banques
ordinaires et du trésor par la conversion des monnaies étrangères et de l’or en
monnaie nationale.
L’achat des devises par la banque centrale auprès des banques ordinaires et du trésor public
aboutit à la création de la monnaie nationale.
Cette forme de monnaie concerne tous les prêts accordés par la banque centrale aux
établissements de crédit en situation de manque de liquidité et en besoin de refinancement.
Ces établissements en situation de financement peuvent avoir de la monnaie centrale à travers
deux (02) voies :
26
- En sollicitant l’aide de la banque centrale d’une façon, directe.
Dans le cadre de règlement, la banque centrale peut procéder aux opérations suivantes :
Intervenir sur le marché monétaire en achetant ou en vendant des effets publics (bons
de trésor), des effets privés (effet de commerce) admissible au réescompte.
La création monétaire par les banques ordinaires consiste en l’octroie des crédits qui
permette le financement des entreprises et des ménages en la mise à leurs disposition
des moyens de paiement notamment la monnaie scripturale (chaque banque ordinaire possède
sa propre monnaie scripturale).
2.2.1 L es banques ordinaires crées de la monnaie dans six (06) cas particuliers:
* Achat d’actif réel : les banques ordinaires crée de la monnaie à chaque occasion d’achat
d’actif réel. Elles peuvent régler les achats par les billets ou en créditant tout
simplement le compte de leurs clients.
Exemple : Le CPA achète un terrain à un particulier pour une valeur de 100 millions,
l’opération d’achat entre le CPA et le particulier est la suivante :
*Achat de devises : A chaque fois qu’une banque ordinaire achète de la devise, elle
crée de la monnaie supplémentaire en circulation.
27
Escompte3 des effets : l’escompte des effets est l’une des opérations traditionnelles de
création monétaire par les banques commerciales.
Exemple : une entreprise « X » accorde à ces clients des achats, à crédit contre une
reconnaissance de dette matérialisée par un effet de commerce (exemple : la traite).
L’entreprise se retrouve avec un portefeuille de traite qu’elle va céder à se banque
(BDL) contre de la monnaie.
*Les avances aux entreprises : Les entreprises peuvent bénéficier de crédit nécessaire à
leurs exploitations auprès des banques ordinaires. Plusieurs types de crédits sont
autorisés par la politique monétaire tels que ; facilité de caisse, découvert bancaire et crédit de
campagne.
Exemple : pour le paiement de ses salariés, l’ENIEM a sollicité l’aide de sa banque la BEA,
celle-ci lui accorde une facilité de caisse pour un montant de 100 millions.
ENIEM B.E.A
3
Escompte : L’escompte est l’opération par laquelle une banque verse au porteur d’un effet de commerce le
montant de celui-ci avant son échéance et sous certaines déductions (taux d’escompte). L’escompte permet au
détenteur d’un effet de commerce de mobiliser sa créance, c'est-à-dire d’obtenir immédiatement des fonds
en échange de celui-ci, il la transforme ainsi en argent. Le banquier peut en outre mobiliser à son tour les effets
de commerces par la voix de réescompte (au niveau de la banque centrale) ceci est vérifié en cas de manque de
liquidité au sein de la banque ordinaire.
28
*Achat de titres financiers : chaque banque peut acheter sur le marché financier des
titres émis par les entreprises en cotre partie de la création de la monnaie.
SONATRACH BDL
Cpte(BDL) +100
Le rôle du trésor public à évoluer au même titre que celui des autres institutions
monétaires.
Le trésor public crée de la monnaie divisionnaire qui est une monnaie d’appoint.
La demande de monnaie constitue une contrainte parce que la banque ne crée pas de la
monnaie pour le plaisir de la créer, mais une réponse à une demande. La création monétaire
est donc limitée par les besoins de liquidités des agents non financiers. Ces besoins
sont élevés durant les périodes de fortes activités économiques mais réduits durant les
29
périodes de ralentissement de l’activité économique. La contre partie créance sur l’étranger
n’est qu’une source de création monétaire que si l’économie connait un excédent de ses
paiements extérieurs.
Les clients des banques ordinaires font circuler une partie de la monnaie créée par ces
banques non pas sous sa forme initiale de monnaie scripturale mais sous sa forme de
billets. Cependant les banques ordinaires ne peuvent pas émettre de billets, elles doivent les
procurer sur leur compte à la banque centrale. Il convient de dire comment une
banque ordinaire peut-elle alimenter son compte à la banque centrale ?
Elle peut virer sur son compte auprès de la banque centrale une partie des
dépôts effectués par ses clients.
Elle peut recevoir sur son compte des virements d’autres banques qui lui doivent de
l’argent en règlement de chèques au profit de ses clients.
Enfin, elle peut emprunter de la monnaie centrale (billets) sur le marché monétaire.
Les avoirs en monnaie centrale constituent la base monétaire indispensable à
toute création de monnaie en circulation.
30
Afin de juguler l’inflation, les autorités monétaires doivent agir sur les éléments
constitutifs de la masse monétaires. Les agrégats monétaires vont constituer les indicateurs de
la politique monétaire.
Ces actifs sont émis par les banques et mis à la disposition des agents non financiers, ils
sont classés à l’actif de leurs bilans. Cependant, ils sont classés au passif du bilan
des agents financiers qui les émettent.
Soit par le montant cumulé des actifs monétaires détenus par les entreprises et
les particuliers figurant à l’actif de leurs bilans.
Soit par l’ensemble des actifs monétaires créés par les agents financiers enregistrés au
passif de leurs bilans.
Il convient de noter qu’il est plus simple de recenser les postes du bilan des
institutions financières plutôt que de récapituler les encaisses de tous les agents
économiques.
31
B0 composé de :
Ainsi que :
Donc : M0 = B0 + R
- Des billets émis par la banque centrale et détenus par les agents non financiers
sur le territoire national.
- Des pièces émises par le trésor public détenues par le secteur public
- Des soldes des comptes à vues des entreprises non bancaires ou des particuliers
ouverts dans les banques ordinaires, dans les centres des chèques postaux et chez les
comptables du trésor.
Donc : M1 = B0 + D
La masse monétaire (M2 ) : La masse monétaire comprend les liquidités gérées par les
organismes suivants : Banque centrale, banques ordinaires, trésor qui créent de la
monnaie.
M1 : les disponibilités monétaires (pièces + billets + dépôts à vue dans les banques ou
organismes assimilés).
(M3 - M2) : Placement liquide ou à court terme effectué auprès des institutions
financières non bancaires.
Les placements dans les caisses d’épargne c'est-à-dire les comptes sur livret et
les comptes d’épargne logement.
Les effets publics. Remarque : dans certains pays développés tels que la France,
un autre agrégat (M4 ) est introduit depuis quelques années :
M4 = M3 + (M4 - M3)
+ Billets de trésorerie
Enfin, il convient de noter qu’à travers ces différents agrégats monétaires, les
autorités monétaires cherchent à mesurer le stock de monnaie et de le contrôler.
L’inflation est un phénomène aussi vieux que l’argent lui-même. Dans la Rome
antique, la dépréciation des pièces d’argent et d’or par Néron et ses successeurs a provoqué
une inflation modérée qui a duré quelques siècles. L’Egypte a enregistré une inflation
galopante en 324. L’inflation a sévi en Chine premier pays à imprimer de la monnaie papier,
33
au XI siècle, lorsque les autorités ont émis trop de billes après avoir dépensé un
montant considérable d’espèces.
Cependant que l’inflation générale (les prix moyens augmentent d’une façon
durable et continue), observée depuis la deuxième guerre mondiale est un phénomène
récent.
L’inflation est définie comme un déséquilibre économique caractérisé par une hausse
généralisée des prix. Les économistes attribuent cette hausse, soit à l’accroissement de la
circulation monétaire, soit au déficit budgétaire ou au mauvais ajustement de l’offre et de la
demande des biens et services.
L’inflation est un phénomène complexe, un processus macro- économique fondé sur une
multitude de mécanismes et une multitude de causes.
Un mouvement accéléré des hausses des prix durant une période assez longue et cela
concerne tous les biens et services sans exception.
34
La Déflation
La déflation est l’ensemble des politiques et des mesures mises en place pour limiter les
tensions inflationnistes.
La désinflation :
La stagflation :
2.4 L’hyper-inflation
L’hyper-inflation, est un excès d’inflation qui rend la monnaie quasiment sans valeur
et responsable de nombreux problèmes économiques et sociaux.
3.1 Selon son degré (le niveau atteint par son taux) On distingue :
Inflation rampante : La hausse des prix est inférieure à 5 % par an, ce qui est considéré
comme un minimum incompressible dans une économie dynamique. Son taux varie entre 2%
et 3% par an, elle accompagne une phase de croissance.
Inflation ouverte : Le rythme de hausse des prix atteint 5% à 20% par an. C’est la
phase dans laquelle sont rentrés les pays développés depuis la guerre Israélo-arabe d’octobre
1973. Non seulement les prix montent, mais les agents économiques agissent en fonction de la
hausse : Ils achètent immédiatement des biens qui ne leur sont pas indispensable afin de se
prémunir contre les augmentations prévisibles. Ces anticipations relancent la hausse des prix
qui devient cumulative.
Inflation galopante : Il s’agit d’une inflation à plusieurs chiffres (100% ou plus par an) qui
annonce généralement la faillite d’une économie. Les prix augmentent d’heures en heures.
3.2 Selon les modalités : Selon les modalités, on distingue entre l’inflation par la
demande et l’inflation par les coûts de production.
35
production permettant la détermination des prix des biens et services, ou bien par la demande
et les coûts à la fois.
La faiblesse de la productivité qui est due à l’interaction de plusieurs facteurs, nous citons
spécialement : La faible propension au travail ; la sous – qualification due à la formation
insuffisante ; le sous – équipement de certains secteurs.
Les pénuries : La rareté des biens de consommation finale ou intermédiaire entraine une
hausse des prix des biens correspondants.
L’augmentation des revenus : L’inflation par la demande peut être alimentée par la hausse
constante des revenus. Par conséquent, les entrepreneurs tout en essayant d’augmenter
la productivité, vont engendrer une hausse des salaires dans le but de préserver le
pouvoir d’achat des individus.
L’inflation par l’excès des coûts de production : Pour les Keynésiens, l’inflation est due à
l’augmentation des coûts de production (coûts salariaux, coûts de la matière première, coûts
des produits intermédiaires, etc.), qui provoquent automatiquement, par la suite la
hausse des prix de vente. En effet, la hausse des coûts de production est inflationniste
lorsqu’elle est auto- entretenu (une hausse entraîne une autre).
Cette approche explique l’inflation par l’enchainement existant entre les causes de
l’inflation par la demande et les causes de l’inflation par les coûts de production.
36
L’explication est simple, même si le processus de la formation des prix élevés est complexe.
En effet, la hausse des coûts de production, le plus souvent, les « salaires », suite aux
revendications des travailleurs et aux grèves, et qui n’est pas accompagné par des gains de
productivité suppose que les banques fournissent aux entreprises des
liquidités supplémentaires versées aux salariés dont la proportion à consommer est élevée. Ce
qui fait augmenter la demande alors que l’offre reste rigide. Une inflation par la demande se
traduit alors à la suite d’une inflation par les coûts, si la hausse des salaires est répercutée sur
les prix.
Tout cela aura, enfin de cycle, un effet sur les prix à nouveau, et la boucle
est bouclée, ou plutôt la spirale continue. Cela peut être expliqué par ce qui est commodément
appelé «la spirale inflationniste», voir le schéma ci- après.
37
Les explications monétaires reposent sur deux hypothèses : La première est que
l’inflation résulte de l’expansion incontrôlée et des fluctuations de la masse monétaire, et la
seconde qu’il est possible aux autorités de contrôler l’expansion de la masse monétaire.
L’inflation selon les monétaristes trouve donc son origine dans la variable de la
monnaie et sa mauvaise gestion. L’afflux des métaux précieux au ΧVI ème siècle, le recours
massif à la planche à billets, la distribution excessive de crédits et l’expansion de la
masse monétaire par rapport à l’offre réelle, aura comme conséquence, un déséquilibre
macro-économique en termes de l’augmentation des prix des biens et services.
La genèse d’une situation inflationniste peut être imputée à l’excès des dépenses
publiques (les dépenses de l’Etat). Les signes monétaires ainsi en circulation, ne trouvant
aucune contrepartie physique dans les biens et services mis à la disposition des
consommateurs ce qui entrainent une dépréciation de la valeur de l’unité monétaire de
telle sorte que la valeur de la demande monétaire soit ramenée à celle des biens et
services offerts.
L’excès de crédit :
Dans les structures économiques qui peuvent provoquer des situations inflationnistes, on
distingue principalement :
Un autre français Alain Cotta a mis en évidence les liens entre l’inflation et
l’investissement nécessaire à assurer une forte croissance économique. Investir signifie
l’orientation de certains moyens vers des secteurs comme l’industrie au détriment des biens
de consommation immédiate et des dépenses de nature sociale. Ceci entrainant dans
son sillage la hausse des prix.
En revanche d’autres économistes disent que cette hausse des prix n’est pas continue,
donc elle ne pourra pas aboutir à une situation inflationniste.
*Le rôle des banques : Les monétaristes considèrent les banques comme des
institutions qui peuvent engendrer l’inflation. Ce qu’ils ont expliqué par l’excès de
crédits qu’elles octroient et qui engendrent la hausse monétaire qui se transforme
à une situation inflationniste.
L’écart persistant entre l’offre et la demande des produits est parfois à un niveau très
général, attribue aux valeurs fondamentales qui animent les individus vivants en société. Pour
le sociologue Baudrillaud, la valeur signe des produits tend à se substituer à leur valeur
d’usage. On achète plus les produits pour leurs utilités mais pour leurs effets de démonstration
sociale. Selon C. KATONA, les premières causes de l’inflation sont d’ordre psychologique
avec un rôle prépondérant des anticipations (on achète un produit pour le prestige et
non pour son utilité).
39
Les régulationnistes refusent les thèses traditionnelles de l’inflation qu’ils
considèrent d’ordre purement économique et d’inspiration néoclassique, pour fonder
leurs explications sur le rôle des institutions économiques et politiques en mettant l’accent sur
ce qu’ils appellent « le mode de régulation». Ce dernier est constitué par l’ensemble de
mécanismes économiques, social et politique assurant la stabilité du système à reproduire.
L’origine de l’inflation selon les régulationnistes se manifestent par le gonflement du papier
monnaie, causé par :
L’inflation participe à l’apparition des marchés parallèles dans lesquelles sont très élevés,
ce genre de marchés spéculatifs permet à certaines catégories économiques la
réalisation d’un gain facile avec le moindre coût.
Sur le plan social : l’inflation aggrave les inégalités sociales : Elle ampute les
pouvoirs d’achat des catégories à revenus fixes (retraités, rentiers, fonctionnaires,
employés). Cependant, que les fonctions libérales (médecins, commerciaux, avocat,
….), les commerçants qui peuvent augmenter leurs marges, sont mieux
protégés. Selon la formule de Keynes, « l’inflation est l’euthanasie des rentiers ».
Les situations inflationnistes engendrent la disparition progressive et continue
de la classe moyenne.
L’Etat intervient directement pour le contrôle de l’influence des prix et des salaires dans
le secteur public.
Politique de contrôle des prix : Ce sont des mesures n’autorisant pas pour l’ensemble
des prix ou pour ceux de certaines activités, que des hausses limités et
soumettant éventuellement celles-ci à une autorisation préalable.
41
Politique des salaires : Ce sont des mesures n’autorisant pas la libre discussion
de salaires entre le patronat et les syndicats et soumettant leur augmentation à
une autorisation gouvernementale. Le blocage des salaires est la mesure extrême de
leur contrôle.
La politique des revenus cherche à maitriser la répartition des revenus afin de lutter
contre la hausse des prix. Elle est préconisée par certains keynésiens qui voient dans le prix
l’expression d’un rapport de force.
La politique des revenus serait celle définie par un accord entre les groupes sociaux pour
le partage salaire-profit.
L’existence de concurrence entre les entreprises conduit à une baisse des prix pour
attirer le maximum de clientèle.
42
Ils représentent les buts ultimes poursuivis par la politique monétaire. Ce sont des
variables qui traduisent la fonction-objectif de la banque centrale et qui ne sont pas du tout
sous son contrôle. Par exemple, l’objectif final pour les Keynésien est d’assurer la
croissance économique et la réduction du chômage. Par contre pour les monétaristes
c’est plutôt la stabilité des prix ou du PIB nominal. De nos jours les objectifs finals sont
éclectiques, mais avec un ordre de priorités. Par exemple, pour la banque centrale européenne
(BCE), l’objectif principal est la stabilité des prix, mais une fois cet objectif est atteint, la
BCE, doit apporter son soutien aux politiques économiques générales. Donc la stabilité
des prix se présente comme l’objectif final principal, donc non exclusif. La BCE est
censée concourir à la bonne marche de l’économie réelle (croissance, emploi…etc.) à
condition que la stabilité des prix soit garantie.
Le choix de ces cibles se justifie par le lien de causalité avec l’objectif final. Ces cibles
intermédiaires doivent être facilement contrôlables par la banque centrale. Idéalement, un bon
objectif intermédiaire doit remplir trois contraintes : être un bon indicateur de l’évolution
de l’objectif final ; être aisément contrôlé par les autorités monétaires ; être lisible par tous les
acteurs économiques.
1- Les objectifs de taux d’intérêt : depuis la seconde guerre mondiale jusqu’au milieu des
années 70, sous l’influence des analyses keynésiennes, l’objectif final des économies
développées était la croissance économique et la réduction du chômage. Le taux d’intérêt
constituait l’objectif intermédiaire adéquat pour atteindre un tel objectif. Les autorités
monétaires devraient trouver le taux d’intérêt le plus significatif qui puisse être contrôlé
facilement au moyen de leurs interventions sur le marché monétaire. Des taux d’intérêts
élevés risquent d’affecter négativement l’investissement et par là risquent de compromettre
la croissance économique. Chaque fois que la conjoncture est mauvaise, la banque
centrale peut stimuler la croissance en baissant les taux d’intérêt. Le choix du taux d’intérêt
est laissé à la discrétion de la banque centrale. A partir du premier choc pétrolier des années
70 on a assisté à un ralentissement de l’activité économique mondiale et une accélération
de l’inflation ( situation qualifiée de stagflation), les thérapies d’inspirations
keynésiennes se sont avérées inefficaces pour résoudre ce problème, c’est ainsi que l’objectif
des taux d’intérêts ont été abandonnées et la recherche d’autres objectifs permettant de
résoudre le problème de l’inflation.
43
L’objectif final étant la réduction de l’inflation et d’assurer la stabilité des prix. Les
objectifs intermédiaires ayant une relation causale avec un tel objectif sont soit le contrôle
de la croissance de la masse monétaire soit un objectif de change. Pour les monétaristes, il
est nécessaire d’abandonner les mesures discrétionnaires au profit des règles. Pour maîtriser
l’inflation, les autorités monétaires doivent maîtriser la croissance de la masse
monétaire, puisque pour les monétaristes l’inflation est d’origine monétaire. En plus
l’adoption des règles par la banque centrale renforce sa crédibilité.
On les appelles aussi les objectifs opérationnels, il s’agit de variables qui sont
directement sous le contrôle de la banque centrale. On distingue :
Le réescompte. C’est l’opération par laquelle une banque centrale escompte les effets
présentés par une banque et déjà escomptés par celle-ci. Le réescompte est utilisé par les
banques pour se fournir en liquidités auprès de la banque centrale et pourvoir, ainsi, à
leur refinancement. Ce procédé, revenant à une création de monnaie par la banque centrale,
constitue l’un des moyens d’intervention de celle-ci sur le volume et l’évolution de la
monnaie et du crédit. Par ce procédé la banque centrale agit directement sur le prix de la
liquidité (le taux de réescompte), en augmentant le taux de réescompte, la banque centrale
amène les banques à augmenter leur taux d’intérêt débiteurs et par là une diminution de la
demande de crédits par les agents non financiers. Depuis 1996, le réescompte a été abandonné
par la banque centrale de Tunisie par exemple comme modalité de refinancement des
banques.
44
L’open market. Achat ou vente de titres de créance par la banque centrale sur le
marché interbancaire. Avec cette technique, la banque centrale fournit ou reprend de la
monnaie centrale au système bancaire. En modulant le volume de ses interventions, la
banque centrale oriente les taux du marché en fonction de ses objectifs. A la différence du
réescompte, la banque centrale est libre d’acheter ou de ne pas acheter des créances aux
banques, elle n’est plus liée par l’obligation de réescompter les effets qui lui sont présentés
par les banques.
Les réserves obligatoires. Avoirs en monnaie banque centrale que les banques de
second rang sont tenues de détenir à la banque centrale sur des comptes non
rémunérés. Le montant des réserves obligatoires est déterminé par le taux des réserves
obligatoires, fixé par la banque centrale. Lorsqu’elles sont apparues en 1913 aux Etats-Unis,
l’objectif initial de leur instauration était essentiellement prudentiel (assurance d’un
minimum de garantie aux déposants). Par la suite, les réserves obligatoires sont
devenues un véritable instrument de politique monétaire (une variation du taux de réserves
obligatoires modifie la liquidité bancaire et par conséquent les conditions du marché
monétaire). En augmentant le taux de réserves obligatoires, la banque centrale réduit la
liquidité des banques et donc affecter négativement leur capacité d’octroi de crédit.
45
La Banque centrale se sert de l'influence qu'elle exerce sur les taux d’intérêt à court
terme pour imprimer à la masse monétaire un rythme d'expansion compatible avec la
fourchette cible de maîtrise de l'inflation. Si l'inflation se rapproche de la limite supérieure de
la fourchette (par exemple, la banque du Canada prend une fourchette de 1 à 3 %), cela
signifie généralement que la demande de biens et de services au sein de l'économie doit être
freinée par une hausse des taux d'intérêt. En revanche, si l'inflation s'oriente vers le bas de la
fourchette, c'est probablement que la demande est faible et qu'elle doit être soutenue par une
réduction des taux d'intérêt.
Une politique monétaire axée sur la poursuite d'une cible en matière d'inflation tend
donc à exercer un effet stabilisateur sur la croissance. Le maintien d'un taux d'inflation bas
et stable, encourage les investissements à long terme qui sont de nature à stimuler la
croissance économique future et la création d'emplois.
L'un des principaux avantages que comporte la poursuite d'une cible explicite de
maîtrise de l'inflation est l'influence que celle-ci exerce sur les attentes concernant l'évolution
de l'inflation. Cette influence se traduit par la prise de décisions économiques par les
particuliers, les entreprises et les pouvoirs publics qui ont tendance à renforcer la capacité
de l'économie d'afficher une croissance soutenue non inflationniste.
M↑⇒r↓⇒I↑⇒Y↑
où M ↑ indique la conduite d’une politique monétaire expansionniste, qui aboutit à une baisse
des taux d’intérêt réels (r ↓) ; celle-ci réduit le coût du capital, ce qui entraîne une
augmentation des dépenses d’investissement (I ↑) et, par là-même, un accroissement de
la demande globale et de la production (Y ↑).
Une caractéristique importante du canal du taux d’intérêt est l’accent qu’il met sur le
taux d’intérêt réel plutôt que nominal, comme étant celui qui affecte les décisions des
consommateurs et des entreprises. Comment se fait-il que des modifications du taux d’intérêt
nominal à court terme induites par une banque centrale entraînent une variation
correspondante du taux d’intérêt réel à court et à long terme ? Cela s’explique par la rigidité
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des prix, de sorte qu’une politique monétaire expansionniste qui abaisse le taux d’intérêt
nominal à court terme réduit également le taux d’intérêt réel à court terme.
Le fait que ce soit le taux d’intérêt réel, et non nominal, qui exerce une influence sur les
dépenses constitue un mécanisme important de la façon dont la politique monétaire est
susceptible de stimuler l’économie, même si les taux d’intérêt nominaux atteignent un seuil
zéro lors d’une phase de déflation. Avec des taux d’intérêt nominaux au plancher, une
croissance de la masse monétaire (M ↑) est susceptible d’élever le niveau des prix attendu (P e
↑) et donc l’inflation anticipée (π e ↑), entraînant par conséquent une réduction des taux
d’intérêt réels (r ↓) même lorsque le taux d’intérêt nominal est fixé à zéro, et une
stimulation des dépenses par le canal du taux d’intérêt ci-dessus, soit :
M↑⇒Pe↑⇒πe↑⇒r↓⇒I↑⇒Y↑
Bernanke et Gertler (1995), affirment que les études empiriques ont eu beaucoup de mal
à déceler une incidence significative des taux d’intérêt par le biais du coût du capital. Ils
considèrent que l’échec du taux d’intérêt comme mécanisme de transmission de la
politique monétaire a encouragé la recherche d’autres mécanismes, notamment le
canal du crédit.
2. Canal du crédit
Le canal du crédit bancaire est fondé sur l’idée que les banques jouent un rôle
spécifique au sein du système financier, car elles sont particulièrement bien placées pour
résoudre les problèmes d’asymétrie d’information sur les marchés de crédit. Du fait de
ce rôle spécifique des banques, certains emprunteurs n’auront pas accès aux marchés de crédit
s’ils n’empruntent pas auprès d’elles. Tant qu’il n’existe pas de parfaite substituabilité
pour les banques commerciales entre dépôts et autres sources de refinancement, le canal
du crédit bancaire agit de la façon suivante. Une politique monétaire expansionniste, qui
contribue à accroître les réserves et les dépôts bancaires, augmente la quantité de prêts
bancaires disponibles. Compte tenu du rôle spécifique des banques en tant que prêteurs à
certaines catégories d’emprunteurs, cette augmentation du volume de prêts conduira à
une hausse des dépenses d’investissement (et éventuellement de consommation). De
façon schématique, l’effet de politique monétaire est le suivant :
Une conséquence importante de la thèse du crédit est que la politique monétaire aura
une incidence plus forte sur les dépenses des petites entreprises, qui dépendent davantage des
47
prêts bancaires, que sur les grandes entreprises qui ont directement accès aux marchés de
capitaux, sans avoir à solliciter les banques.
M ↑ ⇒ r ↓ ⇒ E ↑ ⇒ NX ↑ ⇒ Y ↑
Ce canal joue un rôle important dans la façon dont la politique monétaire affecte
l’économie nationale.
Il s’agit d’un modèle ISLM qui intègre des chocs aléatoires. L’objectif recherché par ce
modèle est de déterminer la politique monétaire optimale permettant d’atteindre l’objectif
final, à savoir le plein emploi. Pour atteindre un tel objectif, la banque centrale a le choix
entre utiliser une politique de taux (fixer le taux d’intérêt et laisser fluctuer la masse
monétaire à travers la fluctuation de la base monétaire) ou une politique de base (fixer
la masse monétaire à travers la fixation de la base monétaire et laisser fluctuer le taux
d’intérêt). Le choix de l’une ou l’autre de ces deux politiques va dépendre de la nature
du choc, qu’il soir réel ou monétaire. Nous supposons que les deux chocs ne se produisent pas
au même temps.
On suppose que les prix sont rigides, le taux d’inflation anticipé est nul et que l’offre me
monnaie est exogène.
Les équations IS et LM qui traduisent respectivement l’équilibre sur le marché des biens et
services et sur le marché monétaire s’expriment comme suit :
avec
avec
et
48
Nous allons envisager deux cas, celui d’un choc réel (sur IS) et celui d’un choc
monétaire (sur LM) et déterminer la politique monétaire optimale.
Ceci signifie que la demande de monnaie est stable (l’équilibre du marché de la monnaie est
représenté par LM1) et l’équilibre sur le marché des biens et services n’est pas stable (il
pourrait être en IS1 ou en IS2) comme le montre le graphique suivant :
Si la banque centrale applique une politique de base, le revenu va se situer entre Y1 et Y2.
Si la banque centrale applique une politique de taux, fixer r = r*, la courbe LM serait LM 2
49
On remarque bien que [Y0 ,Y3 ] > [Y1 ,Y2 ] ceci signifie que la variabilité du revenu est plus
importante lorsque la banque centrale adopte une politique de taux. La meilleure politique
à appliquer dans ce cas consiste à fixer l’offre de monnaie et laisser fluctuer le taux
d’intérêt.
Lorsque l’économie est sujette à un choc réel, la politique monétaire optimale est la
politique de base.
ceci suppose que, et , IS ne subit pas de choc, on sait exactement où elle se situe.
Si la banque centrale adopte une politique de base, dans ce cas LM se situe en LM 1 ou LM2
puisqu’elle a subit un choc
Dans ce cas, la politique monétaire optimale consiste à fixer le taux d’intérêt et laisser
fluctuer la base monétaire et par là la masse monétaire.
Quand l’économie est sujette à un choc monétaire, la politique monétaire optimale est
celle de taux.
50
L
Dans le cadre de cette section nous allons nous intéresser à la création monétaire
par les banques, elle repose d’abord sur une capacité, celle de prêter, ensuite sur une règle
« les prêts font les dépôts » et finalement sur un blocage du mécanisme de conversion des
prêts en dépôts.
51
I-1 La capacité de prêter d’une banque
Une banque peut se livrer à des opérations de prêts lorsqu’elle détient des avoirs
en monnaie centrale au delà de ce qui lui est nécessaire pour assurer la conversion de sa
monnaie scripturale en monnaie centrale ou lorsqu’elle est assurée que la banque centrale la
refinancera. Si, par exemple, une banque doit détenir 10% de ses dépôts en monnaie centrale
(réserves obligatoires), si en fait elle détient 20%, cette banque détient des réserves
excédentaires qu’elle sera désireuse de prêter aux agents non financiers.
ACTIF PASSIF
Reserve obligatoires 10 Dépôt 100
Reserve excédentaires 10
Crédit 80
ACTIF PASSIF
Reserve obligatoires 10 Dépôt 100
Crédit 80
Or ceci est faux, la banque ne prête pas aux agents du secteur non bancaire ses réserves en
monnaie centrale. Elle leur fournit de la monnaie scripturale qu’elle a le pouvoir d’émettre,
le bilan serait en fait comme suit :
ACTIF PASSIF
Reserve obligatoires 11 Dépôt 110
Reserve excédentaires 9
Crédit 90
Donc, une banque ne prête pas de la monnaie centrale, mais sa propre monnaie.
Elle peut le faire lorsqu’elle détient des réserves excédentaires.
52
La banque ne prête pas des avoirs monétaires déposés chez elle, elle a le pouvoir de
créer la monnaie dont elle a besoin pour ses opérations de crédit. La banque, par ces
opérations de crédit, monétise des créances qui ne sont pas de la monnaie. En un mot, elle
offre de la nouvelle monnaie. Si cette monnaie nouvellement créée reste dans le circuit de la
banque, elle va accroître ses dépôts d’un montant égal. Si par contre, une partie va quitter le
circuit de la banque, l’augmentation des dépôts ne sera qu’une fraction de la monnaie
créée lors des prêts. Ainsi, quoi qu’il en soit, les prêts créateurs de monnaie sont plus au
moins générateurs de dépôts. La maxime « les prêts font les dépôts » doit être précisée, « les
prêts font les dépôts d’un montant moindre en règle générale ». Ainsi se pose le problème
fondamental de fuite de la monnaie centrale du circuit de la banque.
Si la règle « les prêts font les dépôts » jouait de façon totale, le banquier
pourrait créer, par ses opérations de crédit, toute la monnaie qu’il désirerait, étant
certain qu’elle lui reviendrait sous forme de dépôts bancaires. Mais dans la réalité, une
fraction plus au moins importante de la monnaie nouvellement créée quitte le circuit de la
banque auquel le banquier doit faire face.
- Une partie de la monnaie nouvellement créée est convertie en monnaie centrale. Cette
proportion est appelée taux de préférence pour la liquidité (ou taux de fuite en billets) qu’on
notera b. avec
- La banque centrale impose aux banques de déposer chez elle dans un compte courant non
rémunéré une fraction des dépôts restant (ou réflexes) en monnaie centrale, il s’agit des
réserves obligatoires. Le taux de réserves obligatoires (r) est fixé par la banque centrale. Il est
définit comme suit :
Réserve
Reserve excédentaires Nouveau Billets Nouveaux obligatoires
(RE) crédits (B) dépôts (RO)
1ère vague de
crédit 100 100 50 50 5
2ième vague de
crédit 45 45 22,5 22,5 2,25
3ième vague de
crédit 20,25 20,25 10,125 10,125 1,0125
4ième vague de
crédit 9,1125 9,1125 4,55625 4,55625 0,455625
Nème Vague de
crédit
Total 0 181,8 90,9 90,9 90,9
Dans le cas de cet exemple, on a supposé qu’à chaque vague, les crédits sont accordés à
hauteur des réserves excédentaires.
100[(1-0,5)-(1-0,5)*0,1]=100[(1-0,5)(1-0,1)]
54
Pour calculer le montant total de crédit (TC), nous allons sommer les crédits des différentes
vagues. Ainsi TC = 100 + 45 + 22,5 +………
TC=100+100[(1-0,5)(1-0,1)]+100[(1-0,5)²(1-0,1)²]+…………+……
+100[(1-0,5) n (1-0,1) n ]
Le terme entre crochets est une suite géométrique de premier terme 1 et de raison (1-b)(1-r),
lorsque n tend vers l’infini la somme de cette suite est
La création monétaire des banques est limitée par trois facteurs, la demande de crédit,
les besoins des banques en billets et les interventions de la banque centrale.
• Les besoins des banques en billets : Les clients des banques font circuler une partie de la
monnaie créée par les banques, non sous sa forme initiale de monnaie scripturale, mais sous
forme de billets. Or, les banques ordinaires ne peuvent pas émettre des billets ; elles doivent
se les procurer en effectuant des retraits sur leur compte à la banque centrale. Une banque
55
alimente son compte à la banque centrale soit en effectuant un virement d’une partie des
dépôts effectués par ses clients, soit les virements d’autres banques qui lui doivent de l’argent
en règlement de chèques émis au profit de ses clients, ou enfin, les emprunts de la monnaie
centrale sur le marché monétaire. Plus la fuite des billets du circuit de la banque est
élevé, plus sa capacité à créer de la monnaie est faible (ceci apparaît dans l’expression du
multiplicateur du crédit, plus le coefficient b est élevé, plus faible est la valeur du
multiplicateur et par conséquent, plus faible serait la capacité de création monétaire).
Si la banque n’est pas assurée de disposer de la monnaie centrale en cas de besoin, elle ne
peut créer davantage de monnaie.
Quels sont les facteurs autonomes qui affectent la liquidité des banques ?
- Les billets et monnaies en circulation : les retraits des billets réduisent les avoirs des
banques en monnaie centrale, alors que les versements les augmentent. La demande de billets
par les agents non financiers fluctue de façon saisonnière (pendant les fêtes, les vacances, le
mois de Ramadhan…etc.). L’augmentation des billets et monnaies en circulation affecte
négativement la liquidité des banques.
− Les avoirs nets en devises : toute vente de devises par les banques à la
banque centrale augmente leur liquidité, inversement, tout achat de devises par les
banques auprès de la banque centrale réduit la liquidité des banques. Ainsi, toute
augmentation des avoirs nets en devises des banques aura un effet positif sur la liquidité
des banques, et toute baisse, aura un effet négatif.
Nous allons supposer que les réserves des banques sont constituées uniquement des réserves
obligatoires (RO) et que les RO s’appliquent uniquement sur les dépôts à vue (DAV) à un
taux r.
Donc
Les billets en circulation représentent une fraction de la masse monétaire au sens de M1.
B = bM1
RO = r.DAV
M1 = B + DAV (2)
D’où (5)
Lorsque le sens de causalité est inversé, c-à-d que c’est la masse monétaire au sens de
M1 qui détermine la base monétaire :
H = (1/m)M1, l’offre de monnaie est endogène. La banque centrale ne peut pas contrôler la
croissance de la masse monétaire. Ce cas est spécifique aux économies où les marchés
financiers ne sont pas développés. Les banques se refinancent essentiellement par le
57
réescompte. Les banques peuvent accorder des crédits sans disposer au préalable de réserves
excédentaires étant certaines qu’elles peuvent se refinancer auprès de la banque
centrale par le réescompte.
L’étude de la demande de monnaie revient à examiner les raisons pour lesquelles les
agents économiques non financiers détiennent de la monnaie.
Les développements théoriques relatifs à cette question ne font pas l’unanimité des
économistes. Ces divergences auront nécessairement un effet sur la conduite de la politique
monétaire.
Dans le cadre de cette section nous allons présenter la demande de monnaie selon la
théorie classique, la théorie Keynésienne et une approche Néo-keynésienne basée sur la
gestion des transactions.
Les classiques considèrent que la monnaie est un bien comme les autres dont l’utilité
est d’être l’intermédiaire des échanges. Irving Fisher (1907) a établi l’équation quantitative
de la monnaie qui se présente comme suit :
Pour comprendre cette équation prenons un exemple : supposons une économie qui
produit un seul bien, le pain. Au cours d’une année 100 pains sont vendus (T = 100) au prix
de 0,2 Ar l’unité (P = 0,2 Ar). La valeur totale des transactions (PT) est égale à (0,2
Ar/pain) x (100 pains/année). Donc PT = 20 Ar/année.
L’équation quantitative de la monnaie telle que nous venons de la présenter est toujours
vérifiée, c’est une identité, elle exprime une tautologie.
En pratique il est difficile de mesurer le volume des transactions (T) pour résoudre ce
problème, les économistes ont approximé le volume des transactions par le revenu (Y) étant
donné que ces deux variables sont intimement liées. Plus le revenu est élevé, plus le volume
des transactions est élevé et vice versa. L’équation quantitative de la monnaie devient
alors : MV = PY où Y est mesuré par le PIB réel. A partir de cette équation, la vitesse de
circulation de la monnaie (V) s’exprime comme étant le rapport entre le PIB nominal et la
58
masse monétaire (V = PY/M). Dans ce cas la vitesse de circulation de la monnaie exprime le
nombre de fois, par période de temps, une unité monétaire entre dans le revenu de quelqu’un.
l’offre de monnaie est exogène, elle est déterminée par les autorités monétaires (la
banque centrale).
La vitesse de circulation de la monnaie est constante (elle dépend des goûts des
agents économiques et des techniques de paiement en usage).
D’après cette relation on voit que la demande d’encaisses réelles est une fonction croissante
du revenu. Plus le revenu est élevé, plus importante est la demande de monnaie. Cette
dernière est détenue uniquement pour motif de transactions.
Keynes considère que les agents économiques détiennent la monnaie pour trois motifs :
1. le motif de transaction
Ce motif résulte du fait que les recettes et les dépenses des agents économiques ne sont
pas synchronisées. Si c’était le contraire, les agents économiques n’auront pas besoin de
détenir de la monnaie afin de financer les transactions. Le volume des transactions à
effectuer dépend du revenu. Plus le revenu est élevé, plus le volume des transactions à
effectuer est élevé, plus la demande d’encaisses monétaires pour assurer ce volume de
transaction est élevé. Donc la demande de monnaie pour motif de transaction est une
fonction croissante du revenu.
2. Le motif de précaution
Outre le motif de transaction, la monnaie peut être détenue en vue de faire face à des
dépenses future imprévisibles. Ce motif n’aurait pas existé si les flux des dépenses futures
étaient prévus de manière certaine. Il s’en suit que la demande de monnaie pour motif
de précaution sera d’autant plus importante que les dépenses futures sont incertaines.
3. Le motif de spéculation
On peut définir la demande de monnaie pour motif de spéculation (lorsque les agents
économiques font un arbitrage entre la détention de la monnaie et d’actifs financiers)
comme étant les encaisses monétaires que les agents économiques choisissent de détenir
plutôt que d’acquérir des titres financiers dans l’attente de variations favorables du taux
d’intérêt ou des cours des titres. Lorsque le taux d’intérêt diminue, la rémunération des
titres diminue (le coût d’opportunité de la détention de la monnaie diminue), ceci va inciter
les agents économiques à détenir plus de monnaie et moins de titres financiers. Ainsi la
demande de monnaie pour motif de spéculation se présente comme une fonction décroissante
du taux d’intérêt, mais de quel taux d’intérêt s’agit il, réel ou nominal ?
Lorsqu’on détient de la monnaie son rendement nominal est nul, son rendement réel est égal à
(π e ). Lorsqu’on détient des titres financiers (obligations) leur rendement réel est égal à i - π e
qui n’est autre que le taux d’intérêt réel. Dans les deux cas de figure l’inflation affecte
négativement l’option choisie. L’élément qui permet de faire l’arbitrage entre les
deux alternatives (détenir de la monnaie ou des titres) est le taux d’intérêt nominal. Ainsi
on peut exprimer la demande de monnaie en terme réel pour motif de spéculation comme
étant une fonction décroissante du taux d’intérêt nominal.
avec
Maintenant nous pouvons exprimer la fonction de demande de monnaie globale qui est
fonction croissante du revenu et décroissante du taux d’intérêt.
avec et
Encadré
60
Il s’agit d’une suite géométrique de premier terme 1 et de raison (1/1+i). lorsque le nombre
d’observation est infini, la somme de cette suite va tendre vers 1/i, donc
II-3- La demande de monnaie basée sur la gestion des transactions : le modèle Baumol-
Tobin
Pour mieux expliquer ce modèle, considérons le cas d’un individu qui a un revenu
annuel qu’on notera Y qu’il dépensera uniformément pendant l’année. On suppose aussi
que les prix ne varient pas et que la monnaie est détenue uniquement pour motif de
transaction.
1er cas : si l’individu effectue une seule visite à la banque au début de l’année il va retirer
tout son revenu qu’il va dépenser de manière uniforme. L’encaisse moyenne détenue pendant
l’année est Y/2
61
L’année commence avec Y dinars et se termine avec des encaisses nulles. L’encaisse
moyenne annuelle est de Y/2 Ariary.
L’encaisse moyenne annuelle est la surface du triangle (01,0Y) qui est égale à
1/2(1xY)=Y/2
Au début de l’année l’individu retire la moitié de son revenu (Y/2) qu’il va dépenser
uniformément au cours du premier semestre avant de se rendre une deuxième fois pour retirer
l’autre moitié (Y/2) qui sera dépensée au cours du second semestre. L’encaisse moyenne
annuelle est de Y/4. Dans ce cas on détient moins de monnaie, donc on perd moins d’intérêts
mais avec l’inconvénient de se rendre deux fois plutôt qu’une à la banque.
Cas général : si l’individu effectue n visites à la banque A chaque visite l’individu retire
Y/n Ariary, l’encaisse annuelle moyenne est égal à Y/2n.
62
La question qui se pose maintenant est de savoir le nombre de visites optimal (n*).
Soient i le taux d’intérêt et b le coût d’une visite à la banque (qu’on appelle aussi le
coût de conversion). Pour n donné, la quantité moyenne de monnaie détenue est égale à
Y/2n. l’intérêt perdu est égal à i(Y/2n) et le coût total des visites est égal à bn. Le coût total
est égal à la somme des intérêts perdus et du coût total des visites.
Plus n est élevé, plus faible sont les intérêts perdus mais un coût total de visites élevé.
Pour déterminer le nombre de visites optimal (n*), il faut minimiser la fonction de coût total.
donc
D’après cette relation on remarque que la demande de monnaie pour motif de transactions est
une fonction croissante du revenu (Y) et fonction décroissante du taux d’intérêt (i).
63
CHAPITRE.8. LE FINANCEMENT DE L’ECONOMIE
Dans une économie, certains agents ont une épargne disponible qu’ils n’utilisent pas
pour investir eux-mêmes et qu’ils peuvent mettre à la disposition de l’économie. On dit que
cette catégorie d’agents dispose d’une capacité de financement. D’autres ont une épargne
inférieure aux investissements qu’ils souhaitent réaliser : ils ont un besoin de financement. La
mise en relation de ces agents peut se réaliser selon une double modalité, grâce à des
intermédiaires financiers d’une part (par exemple les banques) ou, plus directement, grâce à
des marchés (par exemple la bourse) où offreurs et demandeurs de capitaux se rencontrent.
Mais il se peut que l’épargne disponible à un moment donné ne peut suffire à couvrir les
besoins en capitaux de l’économie.
64
Deux modalités de financement sont possibles. Si les désirs des prêteurs et
emprunteurs sont comptables, on parle de finance directe.
Deux modalités de la finance indirecte sont à envisager, celle qui n’aboutit pas à une
émission monétaire et qui est animée par les intermédiaires financiers non monétaires et celle
qui est fondée sur une création monétaire et qui est animée par les intermédiaires
financiers monétaires.
Les IFNM collectent l’épargne des agents à capacité de financement, épargne qu’ils
redistribuent aux agents à besoin de financement. Les IFNM empruntent leurs ressources
qu’ils reprêtent.
65
L’existence de ces IFNM est justifiée par le fait que la nature du titre qu’ils vendent
aux prêteurs est différente de celle qu’ils achètent à l’emprunteur. L’explication à cela est que
les agents à capacité de financement ne veulent pas détenir des valeurs mobilières que
peuvent leur vendre les agents à besoin de financement, mais ils sont prêt à accepter d’autres
formes de titres. Alors ces IFNM en imaginent d’autres plus attrayants qu’ils leurs
fournissent c-à-d des titres dénués du défaut majeur que peuvent leur reprocher les
épargnants qui est la manque de liquidité. En effet, les épargnants souhaitent pouvoir
convertir leurs titres en monnaie dès qu’ils le désirent sans avoir à attendre une échéance et
sans avoir à courir les risques d’une cession sur un marché financier. Leur fonction est de
permettre le placement d’une épargne qui n’aurait pas accepté de s’investir en valeurs
mobilières.
Le trait essentiel de cette finance est qu’il n y a pas d’intervention des agents
épargnants. Les fonds qui sont prêtés aux agents à besoin de financement ne sont pas
collectées auprès des agents à capacité de financement. Ils sont crées par la banque qui
monétise le titre que lui cède son emprunteur. Dans ce cas ce sont les prêts qui font les dépôts.
Les banques créent de la monnaie parce qu’elles peuvent se refinancer auprès de la banque
centrale.
66
instruments financiers de marché qui assurent le financement de l’économie, d’où la
nécessité d’en tenir compte. C’est l’agrégat d’endettement qui rend compte du
financement global de l’économie.
L’endettement total mesure l’ensemble des financements des agents non financiers
résidents obtenus par voie d’endettement, soit auprès des établissements de crédit,
soit sur les marchés de capitaux internes soit auprès de l’extérieur. Il se compose donc de
crédits et de titres négociables sur le marché monétaire et sur le marché obligataire et de
financement extérieur. L’évolution de l’ET est aussi un cadre d’analyse permettant
d’articuler comportements d’endettement et de placement financier.
ii) les modalités de fixation des taux d’intérêt : une des caractéristiques
principales du marché du crédit dans les économies d’endettement est la rigidité des niveaux
et de la structure des taux d’intérêt. Dans ce type d’économie les banques se refinancent
essentiellement auprès de la banque centrale, le taux de refinancement (le taux de
réescompte) est fixé administrativement par la banque centrale. En fixant ce taux, la
banque centrale s’engage par le fait même, à satisfaire la demande qui s’exprime à ce taux.
Cette rigidité des taux risque de générer un rationnement du crédit et des politiques
d’encadrement du crédit, qui semblent constituer le seul mode de régulation efficace en
l’absence de marchés développés.
ii) les modalités de fixation des taux d’intérêt : les taux d’intérêt sont libres ils sont la
résultante de l’offre et de la demande des fonds prêtables. Les banques se refinancent sur le
marché monétaire selon un taux déterminé librement sur ce marché (TMM).
iii) le sens de causalité entre la masse monétaire et la base monétaire : les banques
se refinancent sur le marché monétaire, la banque centrale est un prêteur de dernier ressort
non contraint. Elle contrôle la masse monétaire à travers le contrôle de la base
monétaire, elle exerce donc, un contrôle a priori. L’offre de monnaie est exogène. Le sens
de causalité dans ce cas va de la base monétaire à la masse monétaire.
Dans une économie de marché, il y a des agents qui désirent épargner (offre de
fonds prêtables) et des agents qui désirent emprunter (demande de fonds prêtables). Un
certain échange va s’établir entre ces deux catégories d’agents. Le lieu où l’échange
porte sur des titres de créance à court terme constitue le marché monétaire, alors que le lieu
où l’échange porte sur des titres de créance et de propriété à moyen et long terme constitue
le marché financier. Le lieu où l’échange concerne une monnaie contre une autre constitue le
marché de changes.
V- Le marché monétaire
Les organismes qui sont structurellement excédentaires et qui ont des liquidités a placer (ex.
les sociétés d’assurance).
Les organismes qui sont structurellement déficitaires, dont les besoins en liquidités sont
constants et s’expliquent par le fait que les crédits qu’ils distribuent sont supérieurs aux
dépôts qu’ils collectent. C’est le cas de l’ensemble des banques considérées globalement.
En fin, les intervenants qui vont au marché tantôt pour emprunter, tantôt pour prêter. Leur
intervention sur le marché est fonction de leur situation de trésorerie. C’est le cas de chaque
institution financière considérée isolement, des entreprises et des organismes divers.
3- Entre les entreprises ou avec des personnes physiques, par l’intermédiaire des
banques, contre des billets de trésorerie.
• Les certificats de dépôt : sont des titres de créance émis par les établissements de crédit
(banques et organismes de leasing) dont la durée est de dix jour au moins et cinq ans au plus.
Ces titres de créance sont souscrit par les entreprises et les personnes physiques. Ces
certificats ne peuvent être remboursés par anticipation ni comporter de prime de
remboursement. Ils ont une échéance fixe.
• Les billets de trésorerie : représentent des titres de créances négociables, émis par une
entreprise anonyme désireuse de s’endetter auprès d’un autre agent et ce, par l’intermédiaire
d’une banque. Ces titres de créance sont souscrits par les entreprises et les personnes
physiques. Ils font l'objet d'une rémunération à taux fixe librement déterminée lors
de l'émission et ne peuvent comporter de prime de remboursement.
• Les bons du trésor cessibles : émis par l’Etat par voie d’adjudication. Les
banques souscrivent aux bons du trésor a un taux d’intérêt déterminé à partir des soumissions
retenues par la BCT. Le montant du bon est fixé à mille dinars et le taux d'intérêt y afférent
69
est déterminé en fonction des offres présentées par les banques lors de l'adjudication. Il est
à noter que l’Etat a cessé, depuis 1999, d’émettre les bons de trésor cessible sur le marché
monétaire, et que ces derniers ont été intégralement remboursés en juin 2003. désormais,
l’Etat n’émet de titres que sur le marché financier.
- L’appel d’offre : La BC offre des liquidités par un appel d’offre communiqué aux banques
une fois par semaine. Le montant de monnaie centrale qu’elle est prête à offrir est
déterminé sur la base des besoins prévisionnels des banques en monnaie centrale. Le taux de
l’appel d’offre est le taux planché du marché monétaire.
- la pension de bons du trésor d’une durée de 3 mois par voie d’appel d’offres: La
Banque Centrale a complété ses moyens d'intervention sur le marché monétaire par la mise
en place en novembre 2001 de la première opération de prise en pension de bons du Trésor
par voie d'appel d'offres mensuel. Cet instrument vise à permettre à la Banque Centrale
d'avoir un taux d'intérêt à 3 mois qui va contribuer à la hiérarchisation des taux d'intérêt sur le
marché monétaire.
- La prise en pension de fin de journée de 1 à 7 jours : Les banques qui n’ont pas pu
recouvrir leur besoin de liquidités, sur le marché interbancaire et par les opérations de l’appel
d’offre, peuvent demander a la BCT l’octroi d’un prêt sous forme de pension de 1 à 7 jours
(les banques peuvent choisir la durée qui leur convient entre 1et 7 jours. Jusqu'à fin 2001, les
banques ne pouvaient bénéficier de pension de fin de journée que pour des durées de 7 jours.).
Ce prêt se fait contre la remise d’effets publics ou privés. Donc, la technique de prise en
pension consiste en la cession de titres de créances assortie d’une clause de rachat tout aussi
ferme et au comptant augmentée des intérêts, a une date convenue a l’avance. Le taux de la
prise en pension est le taux plafond du marché monétaire.
- Les opérations d’open market : la BC peut acheter ou prendre en pension aux banques, par
voie d’appel d’offre à son initiative, des titres publics ainsi que des effets privés. Cette
procédure à pour objectif de réguler le niveau global de la liquidité bancaire
70
dépouillement des soumissions à l’adjudication, la BC conclue les emprunts à hauteur du
montant à éponger en commençant par les taux d’intérêt les moins élevés.
Le marché financier se présente comme un marché sur lequel sont négociés les actifs
financiers à long et à moyen terme : Les actions et les obligations. Sur ce marché intervient,
d’une part, tous les agents économiques désireux d’emprunter des capitaux à MLT et,
d’autre part, tous ceux qui sont désireux de placer leurs avoirs en titres à MLT. Le Marché
financier est appelé également la Bourse des valeurs mobilières (BVM).
• Drainer les ressources d’épargne disponible à MLT et les canaliser vers ceux qui en
ont besoin.
Les entreprises : Une entreprise est une unité de production qui a besoin d’investir
donc, qui a un besoin de financement. Pour ce faire les entreprises vont émettre
des titres financiers pour financer leurs projets.
L’Etat : Celui ci a des projets d’investissement, et pour les financer il va faire appel
a l’épargne en s’adressant au marché financier en émettant des emprunts, des bons du
trésor.
• Les entreprises en achetant les actions offertes par les autres entreprises.
• Les ménages : l’une des formes de placement de l’épargne des ménages est l’achat de
titres sur le marché financier via les intermédiaires en bourse.
Les instruments de placement du marché financier sont constitués par les titres de créance (les
obligations) et les titres de propriété ou bien les titres de capital (les actions).
• Le marché primaire: c'est le marché des émissions de titres financiers qui est ouvert
aux émissions nouvelles c-à-d l'introduction en bourse pour la première fois ou lors
des augmentations de capital.
71
• Le marché secondaire: il assure l'échange des titres déjà émis et par là assure la
liquidité pour les épargnants.
La cote de la Bourse comprend un marché principal des titres de capital, un marché alternatif
de titres de capital et un marché des titres de créances.
• Les deux derniers exercices doivent être bénéficiaires. Cette condition n’est pas
exigée si la société s’introduit par la procédure ordinaire suite à une augmentation de
capital ;
• Répartition des titres de la société détenus par le public entre 200 actionnaires au moins le
jour de l’introduction ;
Disposer d’une organisation adéquate, d’un audit interne, d’un contrôle de gestion,…
Il s’agit d’un nouveau marché qui va entrer en vigueur fin 2007. Son objectif est de permettre
aux petites et moyennes entreprises (PME) qui ne répondent pas aux critères d’admission au
marché principal des titres de capital de s’introduire en bourse en allégeant certaines
conditions. Les entreprises admises sur ce marché ne sont pas obligées d’avoir les deux
derniers exercices bénéficiaires. Les titres détenus par le public doivent être répartis entre 100
actionnaires au moins ou 5 actionnaires institutionnels. Chaque société admise au marché
alternatif est tenue de désigner un listing sponsor parmi les établissements de crédit, les
sociétés d’intermédiation en bourse…etc. ce listing sponsor a pour rôle d’apporter conseil et
assistance et veille à ce que l’information financière de l’entreprise soit
transparente.
72
c- Conditions d'admission au marché des titres de créances :
Le marché obligataire est réservé aux titres de créances émanant de l’Etat et des
collectivités publiques, des sociétés déjà cotées en bourse (titres de capital) et en général aux
titres de créances des sociétés, avec comme conditions :
Elle comporte :
• Le marché occasionnel où sont échangés aux enchères les titres des sociétés faisant appel
public à l’épargne dont la liste est connue mais qui ne sont pas encore admises a la cote
permanente. Il s'agit d'un marché Hors Cote qui est en quelque sorte un marché libre.
• Les enregistrements : c'est un compartiment des transactions sur dossiers où sont échangés
de gré en gré des titres émis par des sociétés ``fermées’’. c-à-d que les titres des sociétés ne
faisant pas appel public à l’épargne ne sont pas négociées mais soumis à une simple formalité
d’enregistrement en Bourse.
• Les déclarations : Les transactions ayant lieu entre les personnes non résidentes
et portant sur des valeurs mobilières et produits financiers émis par des sociétés non
résidentes doivent être déclarées sans frais à la BVM au plus tard 15 jours après leur
inscription sur leurs registres.
Dans l'objectif de la dynamisation du marché financier plusieurs mesures ont été prises
en 1999 et consistaient à:
- Encourager les sociétés à ouvrir leur capital social au public sur le marché financier à
hauteur de 30% au moins en les faisant bénéficier d'une réduction de 35% à 20% du taux de
l'impôt sur les bénéfices pendant une période de 5 ans.
73
- L'institution en 1999 d'une nouvelle catégorie de titres publics à court terme, les bons du
trésor à court terme(BTC) pour une durée de 13, 16 ou 52 semaines. Les conditions et les
modalités d'émission de ces titres sont similaires à celles des BTA. En 2006, l’Etat peut
émettre des Bons du trésor à zéro coupon, il s’agit d’obligations qui comportent un seul
paiement, c-à-d des bons du trésor d’une durée inférieure ou égale à une année.
Le marché des changes assure la confrontation entre les offres et les demandes des
devises étrangères. Il détermine le cours de chacune d'entre elles. C'est un marché délocalisé
et permanent.
Dans les pays développés, les acteurs du marché des changes sont les banques
commerciales, les entreprises qui sont engagées dans le commerce international, les
institutions financières non bancaires et les banques centrales.
Le taux de change peut être défini par rapport à une seule monnaie étrangère, auquel
cas on parle de taux de change nominal bilatéral (TCNB), comme il peut être défini par
rapport à un panier de monnaies étrangères , auquel cas on parle de taux de change
nominal effectif.
• Le taux de change nominal bilatéral (TCNB) c'est la quantité de monnaie locale qu'il faut
céder pour avoir une unité de monnaie étrangère.
Si on considère deux pays, la Madagascar et les Etats Unis. Combien faut-il céder de
l’Ariary pour avoir un dollar américain. Le 29/10/2000, $1 s'échange contre Ariary 3216.
Si N(Ar/$) augmente, ceci signifie qu'il faut céder plus d’Ariary pour le même dollar. On dira
alors que l’Ariary s'est déprécié par rapport au dollar. Si par contre N(Ar/$) diminue, On dira
que l’Ariary s'est apprécié par rapport au dollar.
74
• le taux de change au comptant (spot): il concerne une opération immédiate pour
laquelle le cours est fixé aujourd'hui,
Donc si,
les opérations d'arbitrage : c'est les opérations qui visent à réaliser un gain en profitant du
différentiel des taux de change, c-à-d acheter une devise bon marché et la revendre plus cher.
Les opérations de couverture : cette opération porte sur une transaction qui aura lieu plus tard
pour un taux fixé aujourd'hui(NT).
75
La couverture consiste à ne pas courir le risque lié aux fluctuations de taux de change.
Considérons l'exemple suivant: un Européen importateur de jeans des USA. Le paiement
va s'effectuer en dollars dans 2 mois. Si l'importateur Européen paye 30$ l'unité et que son
prix de vente est de 40 Euros l'unité, son profit va dépendre du taux de change entre Euro et
dollar. Si N(Euro/$) =1, l'importateur paye 30 Euros l'unité, son profit est de 10 Euros par
unité. Mais l'importateur ne dispose pas de fonds nécessaires pour payer aujourd'hui, il ne
peut disposer des fonds qu'après 2 mois. Si pendant cette période (2 mois) l'Euro se
déprécie pour atteindre 1,4 Euro par dollar, l’importateur devra payer (1,4 Euro par
dollar)×(30$ par jean) = 42 Euros par jean. Il fera alors une perte de 2 Euros par jean. Pour
éviter ce risque, l'importateur peut faire une opération de change à 60 jours avec sa banque. Si
la banque acceptera de lui vendre les dollars à 60 jours au taux de 1,2 Euro par dollar(NT),
l'importateur sera assuré de ne payer à son fournisseur que (1,2 Euro/$)×(30$ par jean) = 36
Euros par jean. En achetant le dollar et en vendant l'Euro à terme, l'importateur se garantit un
profit de 4 Euros/jean. Par cette opération l'importateur s'est couvert contre le risque de
change.
Dans 2 mois, le spéculateur va acheter des Euros au taux de 0,8$ et les revendre au taux de
0,9$, il gagnera 0,1$ par Euro.
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