Cours de Voies D'exécution LIPAJ 2 2020
Cours de Voies D'exécution LIPAJ 2 2020
VOIES D’EXÉCUTION
Présenté par M. Ch. Mb. GUISSE
Juge au Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar
Email : [email protected]
Introduction Générale
■ Dans cet optique, l’OHADA a adopté à Libreville, le 10 avril 1998, l’Acte Uniforme
Portant Organisation Des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution (AUVE) ;
– Publié au J.O OHADA n° 6 du 1Er juin 1998, p. 1 et s.
– Entré en vigueur le 10 juillet 1998.
■ L’AUVE a aménagé d’une part les procédures simplifiées de recouvrement de
créances et d’autre part les voies d’exécution ;
■ Ainsi dans le cadre de cette présente nous aborderons succinctement les
procédures simplifiées de recouvrement (Préliminaires) avant d’envisager les voies
d’exécution ;
■ Plan de présentation
■ Préliminaires : Procédures simplifiées
I. L’injonction de payer
II. L’injonction de restituer
■ Voies d’exécution
Première partie : Les saisies mobilières
Généralités sur les saisies mobilières
Chapitre 1 : Les saisies conservatoires (art. 54 et s.)
Chapitre 2 : La saisie-vente (art. 91 et s.)
Chapitre 3 : La saisie des récoltes
Chapitre 4 : La saisie-attribution de créances (art. 153 et s.)
Chapitre 6 : Les saisie et cession de rémunération (art. 173 et s.)
Chapitre 7 : Les saisie-appréhension et saisie-revendication des biens
meubles corporels (art. 218 et s.)
Chapitre 8 : La saisie des droits d’associés et des valeurs mobilières (art. 326
et s.)
Deuxième partie : La saisie immobilière (art. 247 et s.)
Préliminaires
LES PROCÉDURES SIMPLIFIÉES
■ Comme son non l’indique, ce sont des procédures très allégées qui permettent de
recouvrer rapidement sa créance sans pour autant être confrontées à certaines
lourdeurs procédurales ;
I. LA PROCÉDURE D’IP
A. La requête aux fins IP
■ La procédure d’injonction de payer est un mécanisme par lequel un créancier peut,
par requête contenant l’indication précise du montant de la créance litigieuse ainsi
que son fondement, obtenir du président de la juridiction compétente, un titre
exécutoire contre son débiteur en déposant les documents justificatifs en originaux
et copie certifiées conformes (art. 4 AUVE).
– Conditions : il faut que la créance soit certaine, liquide et exigible (art. 1 AUVE)
– Créance ayant une cause contractuelle ou résultant d’un effet de commerce
ou d’un chèque revenu impayé ;
■ Si la demande lui paraît fondée, le juge rend une décision portant injonction de
payer (art. 5 AUVE) ;
■ Si la demande ne lui paraît pas fondée, le rejette rejette la demande (art. 5) ;
– NB. La décision de rejet est sans recours !
■ L’OIP, doit être signifiée au débiteur dans un délai de trois mois de sa date sinon,
elle est non avenue (art. 7)
■ Créance certaine : créance dont l’existence est incontestable et actuelle (exclusion
des créances éventuelles) ;
– Créance acceptée par le débiteur (CCJA 1re ch. Arrêt n° 037/2009 du 10 juin
2009, Abb lumus global spa c/ Basseyissila J. R, R. CCJA n° 53, p. 97;
Ohadata J-10-76)
■ Créance liquide : lorsque son montant en argent est connu et déterminé (CCJA arrêt
n° 079/2012 du 29 nov. 2012; SCTM c/ ICEC, Rec. CCJA n° 53, p. 97, Ohadata J-
10-76);
■ Créance exigible : lorsque le titulaire peut en exiger le paiement immédiatement ;
– Application jurisprudentielle
■ Compte courant : seul la clôture du compte peut faire apparaître au profit des
parties un solde créditeur correspondant à une créance certaine liquide et exigible
(CCJA, arrêt n° 022/2009 du 16 avril 2009, Biao-CI SA c/ Société ivorienne de
groupement et de gestion dite IGG sarl, Rec. CCJA n° 13, 2009; Ohadata J-10-69);
B. Les voies de recours contre OIP :
L’OPPOSITION
■ L’opposition est la voie de recours ordinaire contre l’OIP (art. 9)
■ Elle est formée devant la juridiction compétente dont le président a rendu l’OIP
dans un délai de 15 jours (augmenté des délais de distance : v. art. 40 et 41 CPC)
suivant la signification de l’OIP (art. 10) ;
– Si la signification n’est pas faite à personne ce délai commence à courir à
compter du premier acte signifié à personne ou de la première mesure
d’exécution ;
■ Sous peine de déchéance l’opposant est tenu de signifier son recours aux parties
mais aussi les assigner à une date fixe ne pouvant excéder 30 jours à compter de
l’opposition (art. 11 AUVE) ;
■ Office du juge
– Tentative de conciliation ;
– A défaut, la juridiction statue sur la demande de recouvrement par une
décision qui aura les effets d’un jugement contradictoire susceptible d’appel
dans un délai de 30 jours ;
– NB : La décision de la juridiction saisie sur opposition se substitue à l’OIP.
C. Les effets de la décision portant IP
■ A défaut d’opposition dans le délai ou en cas de désistement du débiteur, le
créancier peut demander l’apposition de la formule exécutoire (art. 16 AUVE) ;
■ Cette demande doit être présentée dans les deux mois suivant l’expiration du délai
d’opposition ou du désistement du débiteur sinon, la décision portant IP est non
avenue (art. 17 AUVE);
II. INJONCTION DE DELIVRANCE OU DE
RESTITUER
■ Cette procédure est soumise pour l’essentiel aux dispositions organisant l’injonction
de payer ;
■ Si l’injonction de payer concerne les créances de sommes d’argent, ces procédures
sont prévues pour les biens meubles corporels ;
■ En effet, la seule condition prévue, est l’établissement de la qualité de créancier
d’une obligation de délivrance (par exemple dans le cadre d’une vente) ou de
restituer (ex. louage, réparation etc.) ;
LES VOIES D’EXECUTION
Généralités
Définition des termes
■ Les voies d’exécution sont l’ensemble des procédures légales permettant à un
particulier d’obtenir, par la contrainte, les prestations résultant d’une décision de
justice ou d’un acte juridique (acte notarié) ;
■ Selon le Pr NIANE, les voies d’exécution l’ensemble des normes et des procédures
qui permettent, au moyen de la coercition, l’exécution de son obligation par le
débiteur au profit du créancier.
■ Le droit de l’exécution regroupe l’ensemble des moyens légaux mis à la disposition
des personnes qui souhaitent obtenir l’exécution, sinon volontaire, au mieux forcée,
des obligations dont elles sont créancières (Anne Leborgne; Claude Brenner;
Charles Gijsbers, Droit de l'exécution, 12/2019 - 3e édition).
■ Selon toujours le Pr NIANE, le droit de l’exécution renferme un volet substantiel
(exécution d’une obligation) et d’un volet procédural (exécution d’un jugement).
■ Les voies d’exécution ont pour objet de contraindre le débiteur à s’exécuter. Elles se
pratiquent sur les biens (meubles ou immeubles) du débiteur ;
■ Elles concernent différents acteurs que sont le créancier, le débiteur et le tiers ;
■ Elles sont encadrées par des organes notamment le juge de l’exécution (président
de la juridiction compétente ou le magistrat délégué par lui art. 49 AUVE), l’huissier,
l’avocat surtout en matière de saisie immobilière et l’État qui doit apporter son
concours dans l’exécution des décisions de justice)
■ En parcourant l’AUVE l’on peut dire que le JEX dans sa compétence matérielle peut
interpréter le titre exécutoire, ordonner des astreintes, délivrance d’un titre
exécutoire à titre exceptionnel (condamnation du tiers aux causes de la saisie,
saisie conservatoire), mainlevée d’une mesure inutile, cantonnement de la saisie,
trancher sur les difficultés d’exécution de l’huissier de justice, accorder des délais
de grâce.
■ Toutefois, il ne peut modifier (droits et obligations des parties) ou annuler un titre
exécutoire (tous les titres exécutoires).
– NB : les parties ne peuvent modifier l’étendue de cette compétence matérielle
■ Par rapport à la compétence territoriale du JEX elle varie en fonction des types de
saisies ;
– Lieu de situation des biens (art. 63 SC, 248 Simm) ;
– Domicile ou demeure du débiteur saisi ou du tiers saisi (art. 54 SC, 169 SA,
art. 174 SRém, art. 205 CS, art. 216 créances d’aliments, 227 Srev) ;
– Domicile du créancier (art.73 saisie foraine) ;
– Lieu d’exécution de la mesure (art. 129 SV) ;
– Juridiction qui avait rendu l’ordonnance précédente ou autorisé la mesure (art.
63 SC) ;
– Régime des décisions du juge de l’exécution (art. 49 ; Rapp. Art. 172)
■ Sa décision est susceptible d'appel dans un délai de quinze jours à compter de son
prononcé.
■ Le délai d'appel comme l'exercice de cette voie de recours n'ont pas un caractère
suspensif, sauf décision contraire spécialement motivée du président de la
juridiction compétente.
■ Article 28 AUVE « A défaut d’exécution volontaire, tout créancier peut, quelle que
soit la nature de sa créance, dans les conditions prévues par le présent Acte
uniforme, contraindre son débiteur défaillant à exécuter ses obligations à son égard
ou pratiquer une mesure conservatoire pour assurer la sauvegarde de ses droits. » ;
– Qui peut saisir ?
■ tout créancier (chirographaire comme privilégié) ;
■ Limites
– (art. 28 alinéa 2 (saisir d’abord les biens meubles et art. 251) ;
– Capacité d’exercice ;
– Que peut-on saisir ?
■ Toute créance (contractuelle ou résultant d’une décision de justice)
■ Certaine : non contestée donc, actuelle (interdiction des saisies sur la base de
créance éventuelle) ;
■ Liquide : créance dont le montant en argent est connu est déterminé (exclusion
des créances n’ayant pas pour objet des sommes d’argent) ;
■ Exigible : créance dont le paiement peut être exigé (exclusion des créances
affectées d’un terme sauf déchéance de celle-ci) ; (art. 31 AUVE)
■ NB : En matière de saisie conservatoire, les caractères certains et liquides de la
créances ne sont pas exigées (v. saisie conservatoire) ;
■ L’exigence du titre exécutoire (art. 33 AUVE)
– La créance doit être constatée par un titre exécutoire caractérisé par
l’apposition de la formule exécutoire ;
■ Constituent des titres exécutoires :
■ 1) les décisions juridictionnelles revêtues de la formule exécutoire et celles qui sont
exécutoires sur minute ;
■ 2) les actes et décisions juridictionnelles étrangers ainsi que les sentences
arbitrales déclarés exécutoires par une décision juridictionnelle, non susceptibles
de recours suspensif d’exécution, de État dans lequel ce titre est invoqué ;
3) les procès-verbaux de conciliation signés par le juge et les parties ;
■ 4) les actes notariés revêtus de la formule exécutoire ;
■ 5) les décisions auxquelles la loi nationale de chaque État partie attache les effets
d'une décision judiciaire.
L'acte notarié d'ouverture de crédit, lorsqu'il est revêtu de la formule exécutoire constitue un
titre exécutoire au sens de l'énumération faite par l'article 33 AUPSRVE ; et le simple fait
d'avoir bénéficié de rééchelonnement prouve bien que le crédit a été mis en place et que la
créance est effective, qu'elle est bien liquide et exigible (Tribunal régional hors classe de
Dakar • Jugement du 07/03/2000, Ohadata J-03- 325) ;
Limites :
les biens insaisissables :
Art. 381 CPC (quotité saisissable), 382, 383 et 420 CPC (biens insaisissables) ;
Respect de la dignité du débiteur :
interdiction de principe de pratiquer les saisies les dimanche ou jours fériés et
entre 18 h et 08 h (art. 46 AUVE) ;
Référé sur difficultés (art. 48 AUVE) :
Possibilité de reporter ou d’échelonner le paiement des sommes dues dans la
limite d’une année à l’exception des dettes d’aliments et des dettes cambiaires (art. 39
AUVE) ;
Rapp. Art. 173 COCC (dettes fiscales) ;
■ Qui peut-on saisir ?
– En principe tout débiteur soit, directement soit entre les mains du tiers
(créancier du débiteur saisi) ;
– Dérogations : l’immunité d’exécution
■ Art. 30 AUVE
Appréciation jurisprudentielle :
Avec l’arrêt Togo Télécom, la doctrine estimait qu’il appartenait aux législations
nationales de déterminer les bénéficiaires de l’immunité (CCJA, arrêt n ° 043/2005 du
07 juil. 2005, Aziablévi Yovo c/ Togo Telecom, Rec. Juris. CCJA n° 6, juil. Déc. 2005, p.
25) ;
Application en droit sénégalais (Cf. art. 194 COCC) ;
■ Evolution : CCJA, 3e ch., n° 024, 13-3-2014 ; P n° 022/2008/PC du 21-4-2008 :
KOUTOUATI A. AKAKPO Danwodina et 18 autres c/ Société TOGO-PORT dite Port
Autonome de Lomé, Ohadata J-15-115, retenant que si des dispositions nationales
soumettent les entreprises publiques aux règles de droit privé, lesdites entreprises
publiques, dont le Port Autonome de Lomé bénéficient, aux termes de l'article 30,
alinéa 1 de l'AUPSRVE, de l'immunité d'exécution et, en ordonnant le sursis à
l'exécution du jugement entrepris, le juge des référés d'appel de Lomé n'a en rien
violé l'article 30 précité ;
■ CCJA, 1ère ch., n° 044/2016, 18-3-2016 ; P. n° 153/2012/PC du 2-11-2012 :
GNANKOU GOTH Philippe c/ 1) Fonds d'Entretien Routier dit « FER », 2) Société
ECOBANK Côte d'Ivoire, jugeant que le fait que la loi ivoirienne n°97-519 du 04-9-
1997 portant définition et organisation des sociétés d'Etat ait soumis le Fonds
d'Entretien Routier aux règles de droit privé est inopérant par rapport à l'immunité
prévue à l'article 30 de l'AUPSRVE en vertu de l'article 10 du Traité OHADA
■ La CCJA indique que « (...) l'article 30 de l'[AUPSRVE] pose, en son alinéa 1er, le principe
général de l'immunité d'exécution des personnes morales de droit public et en atténue les
conséquences à l'alinéa 2, à travers le procédé de la compensation des dettes qui s'applique
aux personnes morales de droit public et aux entreprises publiques ; qu'en l'espèce, il est
établi que le débiteur poursuivi est une société anonyme dont le capital social est détenu à
parts égales par des personnes privées et par l'Etat du Congo et ses démembrements ;
qu'une telle société étant d'économie mixte, [...] demeure une entité de droit privé soumise
comme telle aux voies d'exécution sur ses biens propres ; (...) en lui accordant l'immunité
d'exécution prescrite à l'article 30 susmentionné, la Cour [d'appel] a fait une mauvaise
application de la loi et expose sa décision à la cassation ; ». (CCJA, 3ème Chambre,
N°103/2018, 26 avril 2018) ;
■ CCJA-Arrêt n° 267/2019 du 28 novembre 2019, Aff. Grégoire BAKANDEJA WA
MPUNGU c/ Société des Grands Hôtels du CONGO
– Dans cette affaire la CCJA a rappelé que lorsque les statuts de la société énoncent
qu’elle est « une société́ anonyme qui sera régie par l’Acte uniforme relatif au droit des
sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, il en ressort qu’elle est
une personne morale de droit privé et non une entreprise publique ;
– Le fait qu’un Etat-partie soit associé d’une société́ créée conformément à ses
dispositions (AUSCGIE) ne confère pas à celle-ci le statut de personne morale de droit
public ni celui d’entreprise publique ;
■ Situation du tiers saisi :
– Cf. art. 38 : « Les tiers ne peuvent faire obstacle aux procédures en vue de
l’exécution ou de la conservation des créances. Ils doivent y apporter leur
concours lorsqu'ils en sont légalement requis. Tout manquement par eux à ces
obligations peut entrainer leur condamnation à verser des dommages-intérêts.
Le tiers entre les mains duquel est pratiquée une saisie peut également, et
sous les mêmes conditions, être condamné au paiement des causes de la
saisie, sauf son recours contre le débiteur. » ; (v. développements sur la saisie-
attribution de créances)
Première partie :
LES SAISIES MOBILIÈRES
Chapitre I : LES SAISIES CONSERVATOIRES
§ Les saisies conservatoires ont pour but de préserver les droits du créancier ;
§ L’AUVE les abordent en posant des règles communes applicables à toutes les
saisies conservatoires (Sec. 1) et des règles spécifiques à chaque type de saisie
conservatoire (Sec. 2) ;
Section 1 : Les règles communes
■ Ces règles générales envisagent :
– Les conditions requises pour les saisies conservatoires (I) ;
– La procédure (II)
– Les effets des saisies conservatoires (III) ;
– Les conséquences de l’inaction du créancier (IV)
– Le traitement des contestations (V) ;
I. Les conditions requises pour les saisies
conservatoires
■ Cf. art. 54 AUVE
– Créance paraissant fondée en son principe (la certitude n’est pas exigée)
– Recouvrement menacé (l’exigibilité n’est pas requise) ;
– Ces deux conditions sont cumulatives : la requérante doit produire les
éléments de preuve sur pièces. Le juge doit motiver son ordonnance en
démontrant en quoi la créance est paraît fondée et en quoi il y a menace dans
son recouvrement ;
– La saisie peut porter sur tous les biens meubles corporels ou incorporels du
débiteur ;
– NB : exclusion des immeubles (art. 54) et des rémunérations (art. 157)
–
II. La procédure
■ Principe : Autorisation préalable de la juridiction compétente du domicile ou du lieu
où demeure le débiteur ;
– Quel juge ?
■ Juge des requêtes (art. 820-1 et s. CPC)
■ Ou bien juge de l’article 49
■ Saisine par voie de requête ;
■ Absence de commandement préalable ;
– NB : c’est l’effet de surprise qui est recherché ;
– Il s’agit d’une procédure unilatérale ;
– A. Déroulement (suite)
■ L’acte d’opposition indique, sous peine de nullité, le titre exécutoire fondement de
la saisie ainsi que le décompte distinct des sommes réclamées en capital, frais et
intérêts échus ainsi que l'indication du taux d'intérêts ;
■ NB. En cas d'extension de la saisie initiale, il n'est procédé́ à la vente forcée sur
l'ensemble des biens saisis qu'à l'expiration de tous les délais impartis pour leur
vente amiable (art. 134) ;
■ Mais avec l’accord du débiteur ou l’autorisation du juge, il peut être procédé à la
vente des biens pour lesquels le délai imparti en vue de leur vente amiable est
expiré ou dont les formalités de publicités avaient déjà été faites ;
■ Désaccord sur le lieu : saisine par la partie la plus diligente de la juridiction
compétente pour statuer en matière d'urgence qui tranche ce différend dans les
cinq jours de sa saisine ;
Chapitre 2. LA SAISIE-VENTE
■ B. Effets de la saisie (suite)
■ 2. La mise en vente
– Vente forcée (art. 120 à 128)
■ Publicité de la vente (affichage à la mairie du domicile ou du lieu où demeure le
débiteur, au lieu de la vente et dans tous lieux appropriés) ;
■ Certification du respect des formalités de publicité par l’huissier qui avise en même
le débiteur des lieu, jour et heure de la vente dix jours au moins avant sa date par
lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par tout moyen laissant
trace écrite
■ Vérification par le commissaire priseur de l’état des biens (PV dressé) ;
■ Bien adjugé au plus offrant ;
■ Paiement au comptant, à défaut, folle enchère (procédé qui tend à mettre à néant
l’adjudication en raison des manquements de l’adjudicataire à ses obligations et à
provoquer une nouvelle vente aux enchères) ;
■ Vente arrêtée lorsque le prix des biens vendus assure le paiement du montant des
causes de la saisie et des oppositions, en principal, intérêts et frais ;
■ PV de vente dressé par le commissaire priseur qui est personnellement garant du
prix des adjudications ;
Chapitre 2. LA SAISIE-VENTE
– C. Cas particulier des saisies de sommes d’argent en espèces (art. 104)
■ Les sommes en espèces peuvent être saisies à concurrence du montant de la
créance du saisissant. Elles sont consignées entre les mains de l'huissier ou de
l'agent d’exécution ou au greffe au choix du créancier saisissant.
■ Il en est fait mention dans le procès verbal de saisie, lequel doit indiquer en outre,
à peine de nullité, que le débiteur dispose d’un délai de quinze jours à compter de
la signification dudit procès-verbal pour former une contestation devant la
juridiction du lieu de la saisie qui doit être désignée dans le procès-verbal.
■ En cas de contestation, à défaut d'ordonner le versement au créancier ou la
restitution au débiteur, la juridiction peut en ordonner la consignation.
■ A défaut de contestation dans le délai imparti, les sommes sont immédiatement
versées au créancier. Elles viennent en déduction des sommes réclamées.
Chapitre 2. LA SAISIE-VENTE
■ D. Le traitement des contestations
– Juridiction compétente : juridiction du lieu de la saisie (art. 129) ;
– Effets :
■ suspension de la procédure pour les biens saisis qui en sont l'objet ;
■ Le tiers reconnu propriétaire d'un bien déjà vendu peut, jusqu’à la distribution des
sommes produites par la vente, en distraire le prix non diminué des frais.
Chapitre 2. LA SAISIE-VENTE (suite)
■ Délai : agir dans un délai d’un mois à compter de la signification de l’acte de saisie
;
■ Délai d’agir : L’action doit être introduite avant la vente des biens ;
– Opération triangulaire :
■ Créancier saisissant ;
■ Débiteur saisi ;
■ Tiers saisi (il peut arriver que le créancier saisissant soi en même temps tiers saisi)
Chapitre 4. LA SAISIE-ATTRIBUTION DES
CRÉANCES
■ A. Déroulement (suite)
– Formalisme de l’acte de saisie :
■ L’acte contient à peine de nullité :
■ 1) l'indication des noms, prénoms et domiciles des débiteur et créancier ou, s'il
s'agit de personnes morales, de leurs forme, dénomination et siège social ;
■ 2) l’énonciation du titre exécutoire en vertu duquel la saisie est pratiquée ;
■ 3) le décompte distinct des sommes réclamées en principal, frais et intérêts échus,
majorés d'une provision pour les intérêts à échoir dans le délai d'un mois prévu
pour élever une contestation ;
■ 4) l'indication que le tiers saisi est personnellement tenu envers le créancier
saisissant et qu'il lui est fait défense de disposer des sommes saisies dans la limite
de ce qu'il doit au débiteur ;
■ 5) la reproduction littérale des articles 38 et 156 ci-dessus et 169 à 172 ci-
dessous.
■ L'acte indique l'heure à laquelle il a été signifié.
Chapitre 4. LA SAISIE-ATTRIBUTION DES
CRÉANCES
■ A. Déroulement (suite)
– Signification de l’acte au débiteur dans un délai de huit (08) jours sous peine
de caducité (art. 160) ;
■ Déclarer la nature du ou des comptes du débiteur ainsi que leur solde au jour de la
saisie ;
■ Délivrance d’un titre exécutoire contre le tiers saisi par la juridiction compétente
(art. 168) ;
■ NB. La décision du juge est soumise au régime de l’article 49 et non à celui de 172
– Elle est exécutoire par provision sauf décision contraire spécialement
motivée du président de la juridiction compétente ;
Chapitre 4. LA SAISIE-ATTRIBUTION DES
CRÉANCES
■ C. Le traitements des incidents
– 1. Les contestations relatives à la validité de la saisie
■ Objet
– les contestations portent la violation la violation des conditions de fond ou de
forme de la saisie ;
– Juridiction compétente
– Juridiction du domicile ou du lieu où demeure le débiteur ;
■ Conditions d’exercice
– Délai : un mois à compter de la dénonciation de la saisie au débiteur ;
– Sanction : fin de non recevoir (irrecevabilité) ;
– Installé le tiers à l’instance de contestation ;
– En cas d’inaction dans le délai d’un mois possibilité d’agir en répétition de
l’indu devant la juridiction du fond compétente ;
■ Mesure conservatoire : désignation d’un séquestre (art. 166) ;
Chapitre 4. LA SAISIE-ATTRIBUTION DES
CRÉANCES
■ C. Le traitements des incidents (suite)
– 1. Les contestations relatives à la validité de la saisie
■ Office du juge
– Nullité de plein droit en cas de violation des article 153, 157, 160
– Pas de grief à rechercher : Jurisprudence constante
■ CCJA, Avis n°001/99/JN du 7 juillet 1999, RJCCJA n° spécial, p.70 ;
■ Défaut de mention de la forme sociale de la personne morale art. 157 (CCJA arrêt
n°017/2003 du 09 Octobre 2003, Affaire Société Ivoirienne de Banque, dite SIB
C/ Complexe Industriel d’Elevage et de Nutrition Animale dit CIENA (RJCCJA n°2,
19 et s) ;
■ Absence dans l’acte de dénonciation des mentions prescrites à peine de nullité par
l’article 160 (CCJA arrêt n°008/2004 du 26 février 2004, Affaire Société Banque
Commerciale du NIGER (BCN) C/ Hamadi Ben Damma (RJCCJA n°3, janvier juin
2004, p.90 et ss) ;
■ Rapp. (saisie vente) Absence dans l’acte de dénonciation des mentions prescrites
à peine de nullité par l’article 100 (CCJA arrêt n°012/2004 du 18 mars 2004,
Affaire Société Banque Commerciale du NIGER (BCN) C/ Hamadi Ben Damma,
(RJCCJA n°3, janvier juin 2004, p.96 et ss) ;
Chapitre 5. LES SAISIE ET CESSION DES
RÉMUNÉRATIONS
■ Ce sont des saisies dans lesquelles le greffier joue un rôle prépondérant ;
■ Section 1. La saisie des rémunérations
– Déroulement
■ Saisie pratiquée entre les mains de l’employeur pour les montants dus à son
débiteur (salarié ou travaillant à quelque titre que ce soit) ;
■ Limites :
– quotité saisissable (art. 177 AUVE, 381 CPC quotité saisissable) ;
– Exclusion de la saisie conservatoire (art. 175) ;
■ Exigence d’un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible ;
■ Préalable
– Tentative de conciliation obligatoire devant la juridiction compétente du
domicile du débiteur (art. 174) ;
– Requête ;