Intégration et Recommandation de Quartiers
Intégration et Recommandation de Quartiers
Rapport de stage
Intégration de données géographiques pour la
recommandation de quartiers
Tout d'abord, je souhaite remercier Fabien Duchateau et Franck Favetta, mes maîtres
de stage, sans qui ce stage n'aurait pas été possible. Ce sont eux qui m'ont suivi, avec
patience et pédagogie, tout au long de ces trois mois.
J'adresse ensuite mes remerciements à la start-up HiL (Home in Love) avec qui le
LIRIS collabore sur le projet Home in Love. Je remercie aussi les membres du projet,
Maryvonne Miquel, Loïc Bonneval et Aurélien Gentil, avec qui j'ai pu échanger pendant
les réunions.
Enn, je souhaite remercier l'Université Claude Bernard Lyon 1 pour mes trois années
de Licence pendant lesquelles j'ai beaucoup appris et, en plus, découvert la recherche.
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Table des matières
1 Introduction 3
2 État de l'art 5
3 Vue d'ensemble des réalisations 8
4 Module d'intégration de données 10
5 Module de recommandation 13
6 Prototype et résultats préliminaires 16
6.1 Prototype . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
6.2 Protocole . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
6.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
6.4 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
7 Conclusion et perspectives 23
8 Annexes 24
2
1 Introduction
Le LabEx IMU nance le projet HiL qui a pour intitulé : Système de recomman-
dation avec visualisation spatiale et non spatiale pour la recherche immobilière . Ce
projet met en collaboration des chercheurs en informatique du LIRIS, des chercheurs en
sociologie du Centre Max Weber et la start-up Home in Love. Il a pour but de proposer
une plateforme qui aide à la recherche de logements en améliorant la recommandation
actuelle et en intégrant des critères sociologiques lors de la recommandation.
Mon stage, nancé par IMU, porte principalement sur la recommandation de quar-
tiers. Il se compose de deux parties : l'analyse des quartiers et la recommandation de
quartiers. Pour recommander des quartiers pertinents, il faut avoir des informations sur
ces quartiers. Ces informations proviennent de diérentes sources, c'est pourquoi une
étape d'intégration de données est nécessaire. Mon stage étant à connotation recherche,
il y a eu une étape de recherche bibliographique. À partir de la lecture de plusieurs ar-
ticles sur l'intégration de données et la recommandation, un état de l'art a pu être établi.
Plusieurs contributions ont été identiées : l'implémentation d'un module d'intégration
et l'implémentation de diérentes stratégies de recommandation. Ces stratégies ont été
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testées pour évaluer leur pertinence sur des données réelles fournies par la start-up. Dans
ce rapport, nous résumons ce travail de recherche et développement.
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2 État de l'art
La recommandation est un domaine très étudié depuis les années 1990. Les systèmes
de recommandation sont des systèmes capables de proposer des recommandations per-
sonnalisées ou de guider un utilisateur vers des ressources intéressantes. Face au volume
de données toujours plus grand, il est nécessaire de ltrer et de hiérarchiser les informa-
tions. Par exemple, en magasin, un utilisateur aura le choix parmi des centaines de DVD
tandis que sur Internet ce même utilisateur aura le choix parmi des milliers de DVD. Les
outils de recommandation n'ont cessé de s'améliorer et d'enrichir l'expérience utilisateur.
Plusieurs stratégies peuvent être adoptées face à un système de recommandation. Ils se
divisent principalement en trois catégories [3] :
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(a) Illustration du ltrage sur le contenu (b) Illustration du ltrage collaboratif
Quatre algorithmes de recommandation ont été étudiés parmi les plus populaires :
SVD, NMF, KNN et decision tree. Chacun de ces algorithmes appartient à un type de
système de recommandation.
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L'algorithme KNN (K-Nearest Neighbors ), algorithme de type content-based et col-
laborative ltering, permet de classier un objet en fonction de son voisinage. Les données
d'entrée sont un ensemble d'objets et un ensemble de classes. Chaque objet appartient
à une classe et peut être représenté en tant que point dans un graphe. L'objectif est de
classier les nouveaux objets, qui prendront comme identité la classe majoritaire de leurs
k voisins les plus proches. L'intuition des arbres de décision est de diviser les critères
en décisions an de recommander un produit qui s'approche au plus près des critères
souhaités. Les arbres de décision peuvent aussi servir à justier une recommandation.
Dans notre contexte, il n'existe qu'un seul article traitant de la recommandation im-
mobilière et celui-ci a été écrit en Corée du Sud. Cet article [7] est peu détaillé au niveau
de la partie technique de la recommandation basée sur le CBR (Case-Based Reasoning)
et algorithme ou librairie n'ont pas été mentionnés. Il est plutôt focalisé sur l'étude de
l'ergonomie de l'interface an de faciliter la recherche de logement. Il faut donc adapter
un des algorithmes existants à notre contexte immobilier. Pour baser notre approche sur
le collaboratif, dans le cadre de recommandations au niveau de la France, il faudrait avoir
plusieurs avis sur les quartiers et les communes pour un même groupe d'utilisateurs. Or
ce type de données n'est pas disponible. Ainsi, la comparaison des quatre algorithmes
détaillés ci-dessus a permis de baser notre approche sur le contenu et non sur le collabo-
ratif.
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3 Vue d'ensemble des réalisations
Cette section présente une vue d'ensemble de l'approche utilisée où nous cherchons
à recommander des quartiers à partir de leurs caractéristiques. Les principaux verrous
scientiques de ce projet sont la performance et la qualité. D'une part, il est nécessaire
de choisir un algorithme de recommandation ecient tout en limitant la recherche d'IRIS
candidats à un sous-ensemble idéalement sélectionné (e.g. selon une distance). D'autre
part, la recommandation doit orir une qualité acceptable, ce qui nécessite de détecter et
de regrouper en amont les indicateurs les plus pertinents. Les données sur les quartiers
sont spatialement découpées en IRIS. Un IRIS, anagramme de Ilots Regroupés pour
l'Information Statistique, est un découpage du territoire en mailles de taille homogène.
L'IRIS est l'unité de référence pour la diusion de données infra-communales. Il existe
trois types d'IRIS : habitat, activité et divers. Par exemple, les IRIS d'habitat ont une
population entre 1 800 et 5 000 habitants. La Figure 2 illustre un schéma de système de
recommandation adapté pour la recommandation d'IRIS.
8
Après intégration de nos sources et regroupement de nos indicateurs, la recomman-
dation peut être commencée comme l'indique le deuxième rectangle de la Figure 2. C'est
le c÷ur du système et il va trouver les éléments les plus pertinents à recommander. Ce
module va proposer un ensemble d'IRIS similaires à l'IRIS sélectionné dans le prototype.
Dans un premier temps, il a été décidé d'utiliser un système de recommandation qui se
base sur le contenu. En eet, nous avons peu de prols utilisateur (qui sont des clients
suivis par Home in Love). Il y a un travail de saisie et de transcription de données à
eectuer sur ces prols et ce travail est en cours par les sociologues.
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4 Module d'intégration de données
L'intégration des données engendre des conits d'identité et de noms d'attributs ainsi
qu'un problème de granularité. Les IRIS sont identiés par un code composé du code
INSEE de la commune (5 chires) et du code de l'IRIS (4 chires). Ce code à 9 chires
permet de les identier avec unicité. Des conits d'identité surviennent lorsque certaines
communes ne sont pas découpées en IRIS. Dans ce cas, la commune qui n'est composée
que d'un seul IRIS n'a pas de code spécique. Il est alors composé de celui de la commune
et des quatre lettres ZZZZ. Ces lettres commencent à être utilisées en 2016, alors qu'en
2014, quatre zéros 0000 étaient utilisés. Des conits de noms d'attributs apparaissent
lorsque des codes représentant les mêmes données portent des noms diérents, e.g. le
nom d'un IRIS peut être représenté par LIBIRIS ou LIB_IRIS . Le problème
de granularité provient du fait que les données peuvent être au niveau d'un IRIS, de
la commune ou du département. Ces problèmes ont été résolus en codant les mappings
manuellement.
Une fois les données intégrées, pour l'étape suivante, le regroupement des indicateurs
a été discuté avec les sociologues. Le site des Meilleurs Agents fournit les prix moyens
au mètre carré (pour les maisons et les appartements) par commune. Dans un deuxième
temps, ces tarifs seront également intégrés. An d'avoir un regroupement uniforme pour
tous les IRIS, l'arborescence des indicateurs regroupés a été stockée dans un chier JSON.
Grâce à cette arborescence, chaque IRIS a comme caractéristiques ses indicateurs bruts
(e.g. le nombre de boulangeries, le nombre de terrains de football) ainsi que les indicateurs
regroupés (e.g. l'animation ou les loisirs). Une fonction permet de calculer la valeur de
chaque indicateur regroupé et ce pour chaque IRIS. Des critères principaux de niveau 1
sont apparus ainsi que des sous-critères de niveaux 2, 3 et 4. Les 800 indicateurs fournis
par l'INSEE ont été regroupés en 12 indicateurs principaux et 38 indicateurs feuilles. La
Figure 3 montre le regroupement des indicateurs pour le critère d'animation. Ce critère
se divise en plusieurs niveaux intermédiaires. Ce sont les feuilles de cette arborescence
qui servent à la recommandation, puisque ce sont elles qui caractérisent les IRIS objecti-
vement.
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Figure 3 Exemple d'indicateurs regroupés pour le critère animation
Un IRIS étant par dénition, une petite maille de territoire, il n'est pas forcément
pertinent de l'analyser seul au vu de sa petite taille. En eet, un IRIS peut ne pas avoir
de restaurants et de commerces étant donné sa petite taille alors que ses voisins auront
plusieurs dizaines de restaurants et de commerces. La nesse de découpage apporte donc
un avantage et un inconvénient. L'avantage est que cela permet d'avoir beaucoup de
données, ce qui permet de faire des recommandations précises. L'inconvénient est que
le découpage n'est pas toujours représentatif pour les indicateurs regroupés. C'est pour
cela que prendre en compte le voisinage plus ou moins proche d'un IRIS est une piste
pour améliorer la recommandation et pallier à la nesse du découpage. La France compte
environ 50000 IRIS, il faut donc calculer le voisinage pour ces 50000 IRIS. Ce n'est pas
un calcul qui peut se faire à la volée au vu du temps de calcul que cela nécessite. La
solution retenue pour résoudre ce problème a été de créer un chier JSON qui contient
pour chaque IRIS son voisinage direct, i.e. la liste des IRIS adjacents à l'IRIS donné. Ce
chier sera pré-chargé, ce qui permettra d'améliorer la uidité du prototype.
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de chaque département sont stockées dans des chiers GEOJSON (propres à chaque
département). Visualiser dans un navigateur un chier GEOJSON qui contiendrait tous
les départements français est impossible en temps raisonnable. En eet, la taille du chier
ne permettrait pas une navigation uide. Le découpage des données en plusieurs chiers
est une alternative qui permet de réduire leurs tailles et de ne pas surcharger le navigateur.
L'utilisation d'un SIG (Système d'Information Géographique) permettrait d'améliorer les
performances en protant de l'implémentation native de fonctions spatiales. Ce genre de
système permet de recueillir, stocker et gérer des données spatiales et géographiques.
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5 Module de recommandation
Figure 4 Application de la similarité cosine entre un IRIS de départ et une liste d'IRIS
candidats
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ment) d'un ensemble de valeurs autour de leur moyenne. Plus l'écart-type est faible, plus
les données sont homogènes. Pour chaque indicateur de l'ensemble des IRIS de départ, on
fait l'hypothèse que l'inverse de son écart type représente son poids (i.e. son importance).
Cet algorithme calcule, à partir d'une liste d'IRIS de départ (e.g. tous les IRIS où un
utilisateur a habité), un vecteur prol qui contiendra les poids de chaque critère. Ensuite
la similarité cosine est appliquée entre ce vecteur prol et les IRIS candidats. Les IRIS
ayant obtenu les meilleurs résultats seront alors recommandés. Un autre algorithme que la
similarité cosine peut être appliqué. La Figure 5 illustre un exemple de calcul de vecteur
prol et de calcul de similarité. Ici, c'est l'IRIS 3 qui correspond le plus au vecteur prol
(similarité proche de 1) construit via la liste des IRIS de départ.
Enn, 5 algorithmes de type SVM (Support Vector Machine) ont été codés. Les
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SVM sont des modèles d'apprentissage supervisé auxquels on associe des algorithmes
d'apprentissage qui analysent les données pour faire de la classication ou de la régression.
Le choix entre la classication et la régression peut être déterminé par le type de sortie
de l'algorithme. La classication est utilisée lorsque la sortie est une valeur discrète (e.g.
une catégorie) tandis que la régression est utilisée dans le cas d'une sortie continue (e.g.
une valeur). Selon les données de départ, chaque élément appartiendra à une classe.
L'algorithme d'apprentissage va construire un modèle et sera capable de prédire la classe
d'un nouvel élément. Il a donc besoin de données d'apprentissage ( training data ).
Dans notre cas, ce sont les IRIS de départ qui servent de données d'entraînement. Pour
one-class-svm, une seule classe est nécessaire donc les IRIS de départ représentent la
classe (classe 1). Pour les autres algorithmes de type SVM, deux classes sont nécessaires.
Dans ce cas, les IRIS de départ sont de classe 1, et les voisins directs de chaque IRIS
de départ (qui ne font pas partie des IRIS de départ) sont de classe 0. Les coecients
appris lors de l'entraînement ( training ) servent de vecteur représentatif des IRIS de
départ. Enn, pour recommander, soit la similarité cosine soit le clustering sont appliqués
en utilisant ce vecteur représentatif. En eet, ce vecteur peut être utilisé comme IRIS de
départ avec un autre algorithme (e.g. mesure cosine ou clustering). Lorsque les données
ne peuvent pas être classiées, on ne peut pas utiliser l'apprentissage supervisé. Il existe
alors une autre approche, celle de l'apprentissage non-supervisé. Cette approche tente de
trouver un regroupement entre les données. Dans le prototype, les données peuvent être
classiées donc c'est l'apprentissage supervisé qui a été retenu.
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6 Prototype et résultats préliminaires
6.1 Prototype
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Figure 7 Recommandations (blanc) pour l'IRIS du parc de la Tête d'or
La Figure 7 montre les recommandations pour le parc de la Tête d'or, toujours avec
l'algorithme de la similarité cosine. La similarité cosine renvoie plutôt des IRIS d'activité
puisque le parc de la Tête d'or recense peu de services.
La Figure 8 montre l'application du clustering sur les IRIS du Rhône avec l'algo-
rithme Mean Shift. Cet algorithme permet de faire apparaître les zones les plus denses,
e.g. les quartiers animés de Lyon et les centres villes des autres villes comme Tarare,
Villefranche ou Givors.
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Figure 9 Clustering appliqué via l'algorithme Agglomerative Clustering
La Figure 9 montre l'application du clustering sur les IRIS du Rhône avec l'algo-
rithme Agglomerative Clustering. Cet algorithme permet de démarquer les centres (très
colorés) des zones moins denses (majoritairement bleues).
6.2 Protocole
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des métriques d'évaluation. Les métriques, mesures quantiables de la performance, per-
mettent d'évaluer les algorithmes implémentés. Par exemple, lorsqu'un utilisateur lance
une requête (e.g. une recommandation de quartiers), il s'attend à avoir un certain nombre
de réponses qui correspondent à sa question. Ses attentes peuvent se caractériser par une
mesure de précision/rappel. Ce couple de mesures permet de mesurer les performances
d'un algorithme. La précision représente la probabilité qu'un élément recommandé soit
pertinent et se dénit par :
Un système parfait aurait une précision à 1 (aucune erreur dans les éléments recom-
mandés) et un rappel à 1 (tous les éléments pertinents sont recommandés). En plus des
mesures de précision et de rappel, une troisième mesure d'évaluation peut être utilisée,
c'est la moyenne harmonique. Elle combine la précision et le rappel et se dénit par :
précision×rappel
f measure = 2 × précision+rappel
Des mesures telles que les vrais et faux positifs ainsi que les vrais et faux négatifs
permettent aussi d'évaluer un algorithme. Les vrais positifs sont les IRIS pertinents qui
sont détectés comme pertinents alors que les faux positifs sont les IRIS non pertinents
détectés pertinents. Les vrais négatifs sont les IRIS non pertinents détectés en tant que
tel alors que les faux négatifs sont les IRIS pertinents détectés comme non pertinents. Ces
mesures permettent de calculer la sensibilité et la spécicité d'un algorithme. La sensibilité
mesure la capacité d'un algorithme à donner un résultat positif quand l'hypothèse est
vériée tandis que la spécicité mesure la capacité à donner un résultat négatif quand
l'hypothèse n'est pas vériée. La sensibilité permet de détecter tous les IRIS qui ne sont
pas à recommander car ils ne sont pas pertinents, sachant que cet ensemble ne contient
pas forcément que des IRIS non pertinents. À l'inverse la spécicité permet de ne détecter
que les IRIS non pertinents.
Après avoir déni les métriques d'évaluation, il est important de dénir le jeu de
données. Il n'existe pas de benchmark sur la France pour les IRIS. Nous avons donc
utilisé les données réelles que nous fournit Home in Love. Sur la centaine de clients
fournis, seuls 67 prols étaient valides (i.e. un IRIS de départ, un IRIS d'arrivée et un
IRIS de travail). Le Tableau 1 illustre les statistiques des 67 prols valides et des IRIS
candidats à la recommandation. Pour environ 50% des prols (30/67), la distance entre
l'IRIS de travail et l'IRIS du nouveau domicile est inférieure à 5 kilomètres (première
ligne de la Figure 1). Cela ne restreint pas forcément le nombre d'IRIS candidats à la
recommandation, car il y a des prols avec une distance inférieure à 5 kilomètres qui
contiennent plusieurs centaines d'IRIS candidats (e.g. dans les grandes villes). La somme
des deux dernières lignes du Tableau 1 montre qu'environ les 3/4 des prols ont une zone
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de recherche contenant plus de 50 IRIS candidats à la recommandation. Ce nombre peut
monter jusqu'à plusieurs milliers d'IRIS candidats pour quelques cas.
Nombre de prols
0 < distance < 5 30
5 < distance < 10 16
Distance (en kilomètres)
10 < distance < 20 9
distance > 20 12
candidats < 10 3
10 < candidats < 50 13
Nombre d'IRIS candidats
50 < candidats < 500 38
candidats > 500 13
Table 1 Statistiques sur les prols et les IRIS candidats
6.3 Résultats
Les algorithmes de type SVM qui nécessitent au moins deux classes (e.g. linear SVM
et nu SVM) n'ont pas été inclus car les expérimentations ont été réalisées avec un seul
IRIS de départ. C'est pourquoi seulement l'algorithme one-class SVM a été utilisé pour ces
expérimentations. Le Tableau 2 montre les résultats obtenus lors des expérimentations.
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Stratégie Faux Vrais Faux
positifs positifs négatifs Précision Rappel
F-
measure
Cosine
similarity
645 13 54 0.02 0.19 0.04
Standard
deviation
645 13 54 0.02 0.19 0.04
Spectral
clustering
29751 60 7 0.0 0.9 0.0
Agglome-
rative 29751 60 7 0.0 0.9 0.0
clustering
DBSCAN 29751 60 7 0.0 0.9 0.0
Mini
Batch 5573 18 49 0.0 0.27 0.01
k-means
K-means 5739 18 49 0.0 0.27 0.01
Meanshift 18586 36 31 0.0 0.54 0.0
Anity
propaga- 3406 8 59 0.0 0.12 0.0
tion
Birch 6168 20 47 0.0 0.3 0.01
One-class
6316 21 46 0.0 0.31 0.01
SVM
Table 2 Résultats des évaluations pour 67 prols et 50000 IRIS
Les résultats obtenus avec la similarité cosine sont encourageants. En eet, le rappel
est de 0.19, soit 20% donc environ une recommandation sur 5 est trouvée. Mon approche
avec l'écart-type (standard deviation) propose des résultats cohérents avec la mesure
cosine, qui est une mesure très utilisée. Elle obtient un rappel de 0.19 comme la similarité
cosine. C'est un résultat préliminaire encourageant.
Le clustering obtient de bons résultats car son rappel est proche de 1. Certains
algorithmes de clustering nécessitent de spécier le nombre de clusters tandis que d'autres
sélectionnent ce nombre automatiquement. Lorsqu'il faut fournir ce nombre, le nombre de
clusters est déni par le nombre d'IRIS candidats divisé par 10, pour avoir en moyenne 10
IRIS par cluster. Cependant, en pratique, les algorithmes peuvent construire des clusters
regroupant de nombreux IRIS (e.g. le spectral clustering trouve environ 30000 IRIS pour
les 67 prols, soit des clusters d'une taille de 445 IRIS en moyenne). Même si une majorité
d'IRIS d'arrivée sont trouvés, ceux-ci sont donc perdus au milieu d'un grand nombre de
recommandations, ce qui rend l'algorithme peu pratique à utiliser.
6.4 Discussion
Pour terminer, nous analysons plus nement ces premiers résultats an d'extraire
des perspectives pour la n de mon stage. L'hypothèse de départ choisie est très forte.
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En eet, elle considère que les utilisateurs cherchent un quartier semblable à celui où
ils habitaient. Or, cette hypothèse n'est pas toujours vraie. En eet, les sociologues ont
analysé les pentes de carrière qui montrent que les utilisateurs cherchent, dans la plupart
des cas, des quartiers diérents de leur quartier actuel car leur situation (notamment
nancière) a évolué positivement lors de la mutation. Par exemple, les utilisateurs qui
sont en ascension positive voient souvent leur salaire augmenté et donc peuvent chercher
un quartier/logement au plus près de leurs attentes. Les alternants faussent également
cette hypothèse puisqu'ils partent de chez leurs parents, donc ils cherchent souvent un
quartier diérent de celui de leurs parents (e.g. des quartiers à résidences étudiantes).
Même constat pour les utilisateurs qui ont des liens forts avec leur ancien domicile ou
leur famille car ils sont prêts à faire les allers-retours le week-end.
Notre approche se base pour l'instant sur les données de l'INSEE et des prix immo-
biliers mais des aspects sociologiques seront aussi à prendre en compte. Le post-doctorant
est en train de convertir les prols donnés par la start-up HiL et d'en extraire des aspects
sociologiques (e.g. la situation familiale, l'âge, la catégorie socio-professionnelle), dans le
respect de la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés). Ces as-
pects seront à intégrer dans un second temps an d'améliorer les recommandations. Il
n'existe pas de critères sociologiques comme source de données, c'est pourquoi le travail
d'analyse des sociologues permettra de prendre en compte ces critères. Le regroupement
des indicateurs est une première ébauche que les sociologues vont aner une fois qu'ils
auront mieux identié les critères importants. Ces perspectives se placent dans l'ajout de
données utilisateur , comme l'indique le rond de la Figure 2.
22
7 Conclusion et perspectives
Je suis ravie d'avoir pu faire mon stage au LIRIS et ce mois et demi est une très belle
expérience pour moi. La première partie de mon stage s'est penchée sur la découverte de
la recommandation. J'ai ainsi pu lire un article sur la recommandation immobilière [7] et
en faire un résumé. J'ai aussi fait un état de l'art sur les algorithmes de recommandation
(voir Section 2). Il m'a permis de lire des articles scientiques en anglais, de synthétiser
les données lues et de les organiser en une présentation claire et concise. Enn, je me suis
renseignée sur les méthodes d'apprentissage des algorithmes. En parallèle de mon travail
au LIRIS, j'ai assisté aux réunions organisées par Home in Love. Elles ont pour objectif
de faire le point entre les avancées informatiques, les analyses sociologiques et les souhaits
de la start-up. Cette collaboration entre diérents domaines est pour moi une découverte
d'une grande richesse. Ce stage m'a aussi été très protable sur le plan technique puisque
la deuxième partie de celui-ci se concentre sur le prototype. J'ai pu découvrir le langage
Python ainsi que les requêtes AJAX. J'ai aussi pu mieux comprendre comment imbriquer
les langages entre eux pour séparer la vue et le traitement. Grâce au module d'intégration
de données, j'ai découvert la gestion de données hétérogènes.
Ce stage est une belle expérience professionnelle en plus d'avoir pu faire mes premiers
pas en recherche. Sur le plan humain, j'apprécie beaucoup la pédagogie et l'implication
de mes maîtres de stage. Ils prennent le temps de m'expliquer clairement mes missions et
de m'aider lorsque je n'arrive pas à résoudre certains problèmes techniques. Ce stage m'a
permis d'apprendre à mieux m'organiser et à être plus autonome dans la recherche de
solutions. J'ai énormément apprécié ce mois et demi au sein du LIRIS et cette expérience
me conforte dans mon envie de faire un master recherche.
23
8 Annexes
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Figure 12 Aperçu du prototype avec les indicateurs pour l'IRIS de la Part-Dieu
25
Références
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