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Applications Linéaires : Définitions et Propriétés

Ce chapitre traite des applications linéaires entre espaces vectoriels. Il définit les notions d'image et de noyau d'une application linéaire et établit leurs propriétés. Le rang d'une application linéaire est également défini.

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Applications Linéaires : Définitions et Propriétés

Ce chapitre traite des applications linéaires entre espaces vectoriels. Il définit les notions d'image et de noyau d'une application linéaire et établit leurs propriétés. Le rang d'une application linéaire est également défini.

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Chapitre 2

Applications linéaires

34
CHAPITRE 2. APPLICATIONS LINÉAIRES 35

2.1 Définitions et propriétés


Définition 2.1: Application linéaire
Soient E et F deux K-espaces vectoriels. Une application f : E −→ F est dite application
linéaire si elle vérifie :
(i) ∀x, y ∈ E, f (x + y) = f (x) + f (y).
(ii) ∀x ∈ E, ∀λ ∈ K, f (λx) = λf (x).

Exemples :

1. L’application
f1 : R2 −→ R4
(x, y) 7−→ (x − 2y, 2x, y, y − x)
est une application linéaire de R2 dans R4 .

2. L’application
f2 : R3 [X] −→ R2 [X]
P 7−→ P0
est une application linéaire de R3 [X] dans R2 [X].

3. L’application
f3 : RN −→ R2
(un )n 7−→ (u0 , u1 )
est une application linéaire de RN dans R2 .

4. L’application
f4 : C([a, b], R) −→ R
Rb
f 7−→ a f (x) dx
est une application linéaire de C([a, b], R) dans R.

5. L’application
f5 : R2 −→ R2
(x, y) 7−→ (xy, x + y)
est non linéaire.
Théorème 2.1: Application linéaire
Soient E et F deux K-espaces vectoriels et f : E −→ F une application. Pour que f soit
une application linéaire il faut et il suffit qu’on ait :

∀x, y ∈ E, ∀λ ∈ K, f (λx + y) = λf (x) + f (y).

Remarques :

1. Si une application linéaire u est injective, on dit que u est un monomorphisme.


2. Si une application linéaire u est surjective, on dit que u est un épimorphisme.
CHAPITRE 2. APPLICATIONS LINÉAIRES 36

3. Si une application linéaire u est bijective, on dit que u est isomorphisme d’espaces
vectoriels et que E et F sont isomorphes.
4. Si un endomorphisme bijective est appelé un automorphisme.

Notations :

1. LK (E, F ) désigne l’ensemble de toutes les applications linéaires de E vers F .


2. LK (E) désigne l’ensemble de toutes les endomorphismes de E.
3. Isom(E, F ) est l’ensemble des isomorphisme de E dans F .
4. Aut(E) est l’ensemble des automorphismes de E.

Théorème 2.2
Soit f une application linéaire. On a :
(i) f (0E ) = 0F ;
(ii) Si A est un sous espace vectoriel de E, alors f|A est une application linéaire sur
A.
(iii) f (−x) = −f!(x), pour tout x ∈ E.
X n Xn
(iv) f λi xi = λi f (xi ).
i=1 i=1

Théorème 2.3: Caractérisation de l’injectivité/ surjectivité d’une application


linéaire par l’image d’une base

Soit f une application linéaire de E dans F . On suppose que E possède une base (ei )i∈I .
(i) f est surjective si et seulement si F = Vect {(f (ei ))i∈I }.
(ii) f est injective si et seulement si (f (ei ))i∈I est libre.
(iii) f est bijective si et seulement si (f (ei ))i∈I est une base de F .

Exemples :

1. Considérons l’application :

g: R2 −→ R3
(x, y) 7−→ (x + 2y, x − y, 3x − y).

Soit {(1, 0), (0, 1)} une base de R2 .Comme

g((1, 0)) = (1, 1, 3), g((0, 1)) = (2, −1, −1)

et {(1, 1, 3), (2, −1, −1)} est libre, alors g est injective.
2. Soit l’endomorphisme h défini par

h : R3 [X] −→ R3 [X]
P 7−→ P + (1 + X)P 0 .

On sait que {1, X, X 2 , X 3 } est une base de R3 [X]. On a

h(1) = 1, h(X) = 1 + X, h(X 2 ) = 2X + 3X 2 et h(X 3 ) = 3X 2 + 4X 3 .


CHAPITRE 2. APPLICATIONS LINÉAIRES 37

Puisque {1, 1 + X, 2X + 3X 2 , 3X 2 + 4X 3 } est libre et Card{1, 1 + X, 2X + 3X 2 , 3X 2 +


4X 3 } = 4 dim R3 [X], alors {1, 1 + X, 2X + 3X 2 , 3X 2 + 4X 3 } est une base de R3 [X]. Par
conséquent h est bijective.

Théorème 2.4: Application linéaire entre espaces vectoriels de même dimen-


sions finies
Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dimensions finies égales et f une application
linéaire de E dans F . Alors,

f est bijective ⇐⇒ f est injective ⇐⇒ f est surjective.

2.2 Image et noyau d’une application linéaire


2.2.1 Image d’une application linéaire
Définition 2.2: S
it f une application linéaire de E dans F . L’ensemble

Im(f ) := {f (x)|x ∈ E} = f (E)

est appelé l’image de l’application linéaire f .

Exemples .

1. Considérons l’application linéaire :

f: R3 −→ R2
(x, y, z) 7−→ (x + 2y − z, y − z).

On a
Im(f ) = {f ((x, y, z)) | (x, y, z) ∈ R3 }
= {(x + 2y − z, y − z) | (x, y, z) ∈ R3 }
= {x(1, 0) + y(2, 1) + z(−1, −1) | x, y, z ∈ R}
= Vect{(1, 0), (2, 1), (−1, −1)}.
2. Soit g l’endomorphisme défini par :

g : R3 [X] −→ R3 [X]
P 7−→ XP 00 .

On a
Im(g) = {g(P ) | P ∈ R3 [X]}
= {XP 00 | P := a0 + a1 X + a2 X 2 + a3 X 3 ∈ R3 [X]}
= {2a2 X + 6a3 X 2 | a2 , a3 ∈ R}
= Vect{2X, 6X 2 }.
CHAPITRE 2. APPLICATIONS LINÉAIRES 38

Le fait qu’une application linéaire respecte les combinaisons linéaires entraîne qu’elle respecte
aussi les sous-espaces vectoriels, au sens suivant.
Théorème 2.5: Image d’un sous espace vectoriel par une application linéaire
Soit f une application linéaire de E dans F .
(i) Si A est un sous espace vectoriel de E alors, f (A) est un sous espace vectoriel de
F . En particulier, Im(f ) = f (E) est un sous espace vectoriel de F ;
(ii) f est surjective si et seulement si Im(f ) = F .

Exemple :

Pour n ≥ 2, soit f l’application linéaire :


f : Kn [X] −→ Kn−2 [X]
P 7−→ P 00 .
Puisque
Im(f ) = {P 00 | P ∈ Kn [X]},
= {2a2 + 6a3 X + · · · + n(n − 1)an X n−2 | a2 , a3 , · · · , an ∈ K}
= Kn−2 [X],
alors f est surjective.
Théorème 2.6: Image d’un Vect par une application linéaire
Soit f une application linéaire de E dans F . Pour tout partie X de E :

f (Vect(X)) = Vect (f (X)) .

En particulier, si E possède une base (ei )i∈I :

Im f = Vect {(ei )i∈I } .

Exemples :

1. Considérons l’application linéaire :


f: R3 −→ R2
(x, y, z) 7−→ (x + 2y − z, z − 3y).

Comme la famille {(1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)} est une base de R3 alors,
Im(f ) = Vect {f (1, 0, 0), f (0, 1, 0), f (0, 0, 1)} = Vect {(1, 0), (2, −3), (−1, 1)} .
2. Soit g l’application linéaire définie par :
g: R2 −→ R2 [X]
(a, b) 7−→ a + bX + (a − b)X 2 .

Comme la famille {(1, 0), (0, 1)} est une base de R2 alors,
Im(g) = Vect {g(1, 0), g(0, 1)} = Vect 1 + X 2 , X − X 2 .

CHAPITRE 2. APPLICATIONS LINÉAIRES 39

2.2.2 Noyau d’une application linéaire


Définition 2.3: Noyau d’une application linéaire
Soit f une application de E dans F . L’ensemble :

Ker(f ) := f −1 ({0F }) = {x ∈ E|f (x) = 0E }

est appelé le noyau de l’application linéaire f .

Théorème 2.7
Soit f une application linéaire de E dans F .
(i) Si B est un sous espace vectoriel de F alors, f −1 (B) est un sous espace vectoriel
de E. En particulier, Ker(f ) est un sous espace vectoriel de E ;
(ii) f est injective sur E si et seulement si Ker(f ) := {0E }.

Remarque :

f −1 (B) elle a un sens même si l’application f n’est pas bijective et donc même si l’applica-
tion réciproque f −1 n’existe pas.

Exemples :

1. L’ensemble B := {(x, y, z, t) ∈ R4 |2x + y − 3t = 0} est un sous espace vectoriel de R4


puisque B = Ker(f ) où f est l’application linéaire définie par :

f: R4 −→ R
(x, y, z, t) 7−→ 2x + y − 3t.

2. Soit h ∈ LK (KN ) tel que

h: KN −→ KN
(un ) 7−→ (un+1 − un ).

On a
Ker(h) = {(un+1 − un ) = (0) | (un ) ∈ KN }
= {(un ) | ∀n ∈ N : un+1 = un , }
= {C | C ∈ K},
donc h n’est injective.

2.3 Théorème du rang


Définition 2.4: Rang d’une application linéaire

Soit f une application de E dans F . On dit que f est de rang fini si Im(f ) est de
dimension finie, et de rang infini sinon. Si f de rang fini, on appelle rang de f , noté
rg(f ), la dimension de Im(f ).
CHAPITRE 2. APPLICATIONS LINÉAIRES 40

Théorème 2.8: Inégalités sur le rang


Soit f une application linéaire de E dans F .
(i) Si F est de dimension finie alors, f est de rang fini et rg(f ) ≤ dim F . De plus, f
est surjective si et seulement si rg(f ) = dim F .
(ii) Si E est de dimension finie alors, f est de rang fini et rg(f ) ≤ dim E. De plus, f
est injective si et seulement si rg(f ) = dim E.

Théorème 2.9: Théorème du Rang


Soit f une application linéaire de E dans F . Si E est de dimension finie alors,

dim E = dim Ker(f ) + rg(f ). (2.1)

2.4 Opérations sur les applications linéaires


Théorème 2.10: Opérations sur les applications linéaires

(i) Une combinaison linéaire d’applications linéaires est linéaire :

∀(λ, µ) ∈ K2 , ∀(f, g) ∈ L(E, F )2 : λf + µg ∈ L(E, F ). (2.2)

(ii) La composée d’applications linéaires est linéaire :

∀f ∈ L(E, F ), ∀g ∈ L(F, G) : g ◦ f ∈ L(E, G). (2.3)

Corollaire 2.1: L(E, F ) comme espace vectoriel

Soient E et F deux K-espaces vectoriels. L(E, F ) est un K-espace vectoriel. Le vecteur


E −→ F
nul de L(E, F ) est l’application nulle
x 7−→ 0F

Remarque :
L(E, F ) est un sous-espace vectoriel de F(E, F ).
Corollaire 2.2: L(E) comme anneau

(L(E), +, ◦) est un anneau (non commutatif et non intègre en général). De plus 1L(E) =
IdE .

Exemples :

1. Les applications
C ∞ (R) −→ C ∞ (R)
f 7−→ f0
et
C ∞ (R) −→ C ∞ (R)
f 7−→ (x 7−→ xf (x))
CHAPITRE 2. APPLICATIONS LINÉAIRES 41

sont deux endomorphismes de C ∞ (R) qui ne commutent pas.

2. Considérons
f: R2 −→ R2
(x, y) 7−→ (x, 0)
et
g: R2 −→ R2
(x, y) 7−→ (0, y).
On a f, g ∈ L(R2 ) et g ◦ f = f ◦ g = 0L(R2 ) et pourtant f 6= 0L(R2 ) et g 6= 0L(R2 ) .
Théorème 2.11: Propriétés des isomorphismes

(i) Si f est un isomorphisme de E sur F , alors f −1 est un isomorphisme de F sur E.


(ii) Si f est un isomorphisme de E sur F et g un isomorphisme de F sur G, alors
g ◦ f est un isomorphisme de E sur G.

Exemple :

L’application
C −→ R2
z 7−→ (Re(z), Im(z))
est un isomorphisme du R-espace vectoriel C sur R2 d’isomorphisme réciproque

R2 −→ C
(a, b) 7−→ a + ib.

Corollaire 2.3: Groupe linéaire


Soit E un K-espace vectoriel. L’ensemble des automorphismes de E muni de la loi ◦ est
un groupe. On l’appelle le groupe linéaire de E et on le note GL(E). Plus précisément,
c’est le groupe des éléments inversibles de L(E).

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