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Techniques de Mesure du Débit Fluvial

Ce document décrit diverses méthodes de mesure des débits et des hauteurs d'eau dans les rivières, notamment l'utilisation d'échelles limnimétriques, de limnigraphes, et de méthodes de jaugeage comme les réservoirs étalonnés et les déversoirs triangulaires. Le document contient également des détails sur l'établissement de courbes de tarage reliant la hauteur d'eau au débit.

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Techniques de Mesure du Débit Fluvial

Ce document décrit diverses méthodes de mesure des débits et des hauteurs d'eau dans les rivières, notamment l'utilisation d'échelles limnimétriques, de limnigraphes, et de méthodes de jaugeage comme les réservoirs étalonnés et les déversoirs triangulaires. Le document contient également des détails sur l'établissement de courbes de tarage reliant la hauteur d'eau au débit.

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Chapitre 5 :

VI -

V
Hydrométrie

D'aprés Aldegheri (1979) [3], BARBILLON a écrit la citation suivante en 1909 à


propos des mesures du débit des turbines, lors des essais de réception des usines
hydro-électriques, cette phrase reste encore valable pour la mesure des dé bits sur
les fleuves et les rivières

Le problème de la mesure des débits constitue 1'une des plus


pénibles incertitudes scientifiques actuelles

Le débit d'une rivière varie continuellement et l'étude des régimes exige de


connaître ce débit à chaque instant. Dans la plupart des cas, c'est l'évolution des
débits en fonction du temps qui nous intéresse. Donc faire des observations de
hauteurs d'eau et à des mesures de débits effectuées pour différentes hauteurs où
on installe des stations, appelées également stations de jaugeage.

1. Mesures des hauteurs

La mesure de la hauteur d'eau est effectuée de manière discontinue grâce aux


échelles limnimétriques ou de manière continue à l'aide des limnigraphes.

1.1. Échelles limnimétriques

Selon Roche (1963) [35] , une échelle limnimétrique est une plaque graduée,
enmétal émaillé ou non (Figure 5.1) [20] , en bois, en ciment, en pierre
(lave émaillée) installée de telle façon que, dans la mesure du possible, son
extrémitéinférieure trempe toujours dans l'eau lors des étiages les plus sévères.
Le bois estgénéralement réservé aux installations provisoires, pour des
observations effectuées à 5 ou 10 cm près, et encore lui préfère-t-on souvent la
tôle émaillée,facile à installer et récupérable.
Une échelle limnimétrique graduée placée au bord des rivières et des oueds pour
repérer le niveau de l'eau (Figure 5.2) [6] .
Les échelles limnimétriques nécessitent la présence d'un observateur pour effectuer
les lectures. Ces dernières sont effectuées 3 à 4 fois par jours en période d'étiage
(faibles débits) et toutes les 10 minutes en période de crues

-56-
56
Chapitre 5 : Hydrométrie

Figure 5.1. Echelle limnimétrique

Figure 5.2. Exemple d'échelle limnimétrique

1.2. Les limnigraphes

Selon Roche (1963) [35] , les limnigraphes permettent d'obtenir un enregistrement


continu des variations du plan d'eau. On distingue deux classes d'appareils : les
limnigraphes à flotteurs et ceux qui mesurent une variation de pression.

a) Le limnigraphe à flotteur
C'est un appareil qui maintient un flotteur à la surface de l'eau grâce à un
contrepoids, par l'intermédiaire d'un câble et d'une poulie. Le flotteur suit les
fluctuations du niveau d'eau, qui sont reportées sur un graphe solidaire d'un

-57-
57
Chapitre 5 : Hydrométrie
tambour rotatif (à raison d'un tour par 24h ou par semaine ou par mois) (figure
5.3) [49]. La précision de la mesure est de 5 mm environ. Les limnigraphes à
flotteurs sont simples à utiliser mais leur utilisation est difficile dans les cours d'eau
à forte charge solide à cause de l'ensablement du puit du flotteur ou de la prise
d'eau sur la rivière

Figure 5.3. Limnigraphe à flotteur


Il existe trois types : Hydromètre à cloche de Richard, Le limnigraphe à bulles de
NEYRPIC et limnigraphe à dépression. Dans cette partie nous illustrons le principe
de fonctionnement du limnigraphe à bulles de NEYRPIC

i) Limnigraphe à bulles de NEYRPIC


Son principe consiste que le corps du visua1isateur de bu11es est re1ié à une prise
de pression insta1lée dans la riviere d'une part. et à un manomètre enregistreur
d'autre part. L'air arrive d'une bouteil1e d'air comprimé par 1'intermédiaire d'un
détendeur: il passe sous forme de bu11es dans un récipient en verre remp1i aux
trois-quarts d'eau (visualisateur) pour qu'on puisse contrôler son débit et s'échappe
dans la rivière par la prise de pression. Si la perte de charge entre le visualisateur
et l'eau de la rivière est négligeable, il est évident que la pression enregistrée est
égale à la hauteur de I'eau au-dessus de la prise (Figure 5.4) [35].
Cet appareil est conçu en principe pour les eaux chargées. En effet, si des
particules solides obturent Ia prise ou entrent légèrement dans le tuyau, la pression
dans le réservoir que constitue
le visualisateur augmente jusqu'à ce qu’elle soit suffisante pour dégager l'orifice;
d'autre part, l'écou1ement d'air continu empêche plus ou moins les particu1es
d'entrer. En fait, le limnigraphe à bu1les est assez difficile à régler et son
fonctionnement exige un entretien et une surveillance constants.

-58-
58
Chapitre 5 : Hydrométrie

1. Bouteille d'air comprimé 2.Robinet 3. Tube reliant la bouteille au filtre 4. Filtre


5. et 6. Tube reliant le filtre au mano-détendeur de predion et au monomètre -indicateur
7. Manomètre indicateur 8. Détendeur de pression 9. Tube reliant le détendeur au visualisateur
10. Dispositif capillaire 11. Visualisateur 12. Départ vers la prise de pression 13. Tube reliant le
visualisateur au monomètre enregistreur 14. manomètre enregistreur 15. Déclencheur
automatique_proche à gaz (facultatif) 16. Tube reliant le déclencheur au visualisateur (facultatif)

Figure 5.4. Schéma du limnigraphe à bulles de NEYPRIC

1.3. Acquisition des débits en fonction du temps

Selon Laborde (2009) [20] , il n'existe aucune technique opérationnelle qui


permette de mesurer directement le débit en fonction du temps. La procédure
d'acquisition sera expliquée dans le paragraphe suivant :

-59-
59
Chapitre 5 : Hydrométrie

Méthode
Dans la pratique, cette opération se fait généralement de la manière suivante :
 On enregistre en un point du cours d'eau (la station hydrométrique), la
hauteur d'eau H en fonction du temps. Cet enregistrement H (t) est appelé
"limnigramme"
 A différents instants t = t1, t2, ... tn, on pratique des mesures instantanées
de débits Qt1, Qt2, ...Qtn ; ces mesures correspondent à des
enregistrements de hauteur synchrone Ht1, Ht2, ... Htn.
 Dans certaines conditions hydrauliques, comme le passage en "section
critique", il existe une relation biunivoque entre la hauteur d'eau et les
débits. Dans ces conditions, les différents jaugeages (Qti, Hti) permettent
d'établir la relation hauteur-débit appelée courbe de tarage : Q (H).
 En combinant la courbe de tarage Q (H) et le limnigraphe H (t), on obtient
aisément l'évolution du débit en fonction du temps Q (t) appelé
hydrogramme

Remarque
Il est convenu d'écrire le résultat des mesures sur le terrain avec trois chiffres
significatifs quelle que soit la valeurs du débit
 de 0 à 1 m3/s : trois chiffres après la virgule en m3/s
 de 1 à 10 m3/s : deux chiffres après la virgule en m3/s.
 de 10 à 100 m3/s : Un chiffre après la virgule en m3/s.
 de 100 à 1000 m3/s : valeur entière en m3/s
 au-dessus de 1000 m3/s : arrondi à la dizaine de en m3/s

Rappel
Rappelons que :
 dix ou mieux quinze jaugeages bien répartis sur toute l'amplitude de
variation de cote à l'échelle, sont nécessaires pour tracer la courbe de
tarage,
 des jaugeages de contrôle doivent être réalisés à intervalles réguliers pour
décaler les dé-tarages éventuelles,
 le tracé de la courbe est d'autant plus précis que les variations de cote à
l'échelle sont faibles pendant la durée des mesures ;
 Il existe toujours une certaine dispersion entre les points expérimentaux due
aux erreurs inévitables de mesure. Le tracé est effectué en laissant,autant
que possible, un nombre égal de points de part et d'autre de la courbe
moyenne.

2. Les méthodes de jaugeages

Il est également possible de classer les méthodes de mesure en fonction du mode


opératoire adopté pour la réalisation du jaugeage. Ce mode opératoire dépend des
caractéristiques de la rivière, de l'équipement de la station hydrométrique et du
matériel dont on dispose.

-60-
60
Chapitre 5 : Hydrométrie

2.1. Réservoirs étalonnés

Cette technique dite aussi méthode volumétrique ou jaugeage capacitif, c'est une
technique simple, permet de déterminer le débit directement à partir du temps
nécessaire pour remplir d'eau un récipient d'une contenance déterminée . On
obtient le débit Q par la relation suivante :

Q=v /Δ t

Q : le débit (m3s-1)
v: le volume de récipient (m3)
Δt : temps de remplissage de récipient (s)

Cette méthode n'est généralement pratiquée que pour des débits très faibles,
quelques ‘'l/s'' au plus. Elle peut s'appliquer à des petits débits de quelques litres ou
dizaines de litres par seconde à quelques ‘'m 3/s''. Cette méthode est surtout utilisée
pour jauger des sources ou de très petits cours d'eau (Figure 5.5) [20].

Figure 5.5. Jaugeage capacitif

2.2. Déversoirs triangulaires en mince paroi

Différents types de déversoirs sont utilisés mais on rencontre principalement des


déversoirs triangulaires dont la relation hauteur-débit théorique est :

Q=a∗h b

Le déversoir triangulaire en mince paroi est un dispositif très précis pour les
mesures de débits. Il doit être formé d'une échancrure en V symétrique, située
dans une mince paroi verticale. La bissectrice de l'angle de l'échancrure doit être
verticale et équidistante des côtés du canal d'approche. La paroi du déversoir doit
être lisse et plane, surtout sur la face amont et elle doit être perpendiculaire aux
parois et au fond du canal.
Dans la pratique, il est prudent de réaliser quelques jaugeages de contrôle
permettant de déterminer les valeurs a et b dans les conditions réelles
d'installation. Il en est de même pour les autres types de déversoirs rectangulaires
avec ou sans contraction, à large seuil ou profilés.
Laborde (2009) [20] recommande que l'installation d'un déversoir ne peut se faire
que si la pente est suffisante pour permettre un relèvement de la ligne d'eau amont
sans conséquences néfastes ; d'autre part, le ralentissement provoqué à l'amont

-61-
61
Chapitre 5 : Hydrométrie

entraîne des sédimentations qui peuvent modifier progressivement la relation


hauteur-débit (Figure 5.6) [20] .

Figure 5.6. Déversoir triangulaire à paroi mince


La formule générale du débit pour un déversoir triangulaire en mince paroi est :
5
8
Q=C e √ 2 g tg ( α ) he 2
15 2

Où :
Q : est le débit (m3s-1)
Ce : le coefficient de débit f (α, h/p, p/B)
g : l'accélération de la pesanteur (m2s-1)
α : l'angle formé par les parois de l'échancrure
he : la charge piézométrique fictive ou hauteur de la surface liquide amont par
rapport au point bas de l'échancrure (m).
Trois dimensions de déversoirs triangulaires sont recommandées par l'Organisation
Internationale de Normalisation (ISO):
 L'échancrure type 90° où l'écartement des sommets de l'échancrure est égal
à deux fois la hauteur verticale correspondante (tg α/2 = 1)
 L'échancrure type 1/2 (α = 53°8') où l'écartement des sommets de
l'échancrure est égal à la hauteur verticale correspondante (tg α/2 = 0.5)
 L'échancrure type 1/4 (α = 28°4') où l'écartement des sommets de
l'échancrure est égal à la moitié de la hauteur verticale correspondante (tg
α/2 = 0.25).
Si le lit et les parois du canal d'approche sont éloignés de l'échancrure on peut se
servir des formules suivantes :
- échancrure type 90 °
5
8
Q=C e √ 2 g he 2
15

- échancrure type 1/2


5
4
Q=C e √ 2 g he 2
15

-62-
62
Chapitre 5 : Hydrométrie

- échancrure type 1/4


5
2
Q=C e √ 2 g he 2
15

avec : 0.58 <Ce< 0.61 , en générale on utilise :

Q=1,32 tg ( α )h 2,47
2

Remarque
En plus des conditions générales d'installation, les restrictions d'ordre pratique
suivantes doivent être respectées :
h : charge 0.05 m < h< 0.40 m
p : pelle amont p > 0.45 m
B : largeur du canal B > 1.2 m
h / B < 0.20

2.3. Déversoirs rectangulaires en mince paroi

La figure 5.7 [33] ci-dessous donne les schémas d'un déversoir rectangulaire en
mince paroi.

Figure 5.7. Déversoir rectangulaire en mince paroi avec contraction latérale


La formule la plus générale du débit recommandée par l'Organisation Internationale
de Normalisation (ISO) pour un déversoir rectangulaire en mince paroi est la
formule de Kindsvater-Carter
3
2
Q=C e √ 2 g be he 2
3

-63-
63
Chapitre 5 : Hydrométrie

Où :
Q : est le débit (m3s-1)
Ce : le coefficient de débit
g : l'accélération de la pesanteur (ms -2)
be : la largeur fictive de l'échancrure (m)
he : la charge piézométrique fictive ou hauteur de la surface liquide en amont par
rapport au niveau de la crête (m)
avec :
be = b + kb si b est la largeur du déversoir
he = h + kh si h est la charge mesurée
En pratique he = h + 0.001 m.

Fondamental
 Toute la paroi doit être lisse et unie, surtout sur la partie amont. Elle doit
être perpendiculaire aux parois et au fond du canal.
 La crête du déversoir doit être une surface plane horizontale,
perpendiculaire avec la face amont de la paroi du déversoir. L'intersection de
ces deux surfaces doit être rectiligne et à arête vive.
 La largeur de la surface de la crête (mesurée perpendiculairement à la face
de la paroi) doit être égale à 2 mm.
 Le déversoir est dit avec contraction latérale lorsqu'une échancrure est
pratiquée dans la paroi mince ; le déversoir est dit sans contraction latérale
lorsque la longueur de la lame déversante est égale à la largeur du canal

2.4. Jaugeurs à ressaut

Laborde (2009) [20] mentionne que ces équipements ont pour but de provoquer un
passage en régime critique où la relation hauteur-débit est biunivoque et ne dépend
théoriquement que des dimensions géométriques de l'appareil. Ce passage en
régime critique est provoqué soit par un rétrécissement de la veine fluide, soit par
un relèvement, soit par les deux à la fois.
On peut citer :
- Les seuils jaugeurs à ressaut de type Hydrologic, fonctionnant dans une
gamme de débits allant de 0.8 l/s à 152 l/s,
- Les seuils métalliques, ils s'installent dans des canaux en maçonnerie, de
section rectangulaire et de pente faible. Le débit exprimé en l/s et par mètre de
largeur varie de 7 l/s pour une largeur de 0.70m et une pelle de 0.12 m à 1378 l/s
pour une largeur de 1.45 m et une pelle de 0.48 m.
- Canaux Venturi - Jaugeur Parshall. Ce type d'équipements sera préféré aux
seuils pour les stations à fort charriage (Figure 5.8) [50], ces derniers
présentanttoujours des inconvénients non négligeables concernant les
affouillements en aval,l'ensablement amont, la surélévation du plan d'eau amont,
etc.

-64-
64
Chapitre 5 : Hydrométrie

Figure 5.8. Canal de Venturi


Le jaugeur à ressaut le plus connu est le jaugeur "Parshall" (figure 5.9) [20] ci-
dessus. Les différentes dimensions sont normalisées en fonction de sa largeur L au
col.
Avec :
 A= 0.49L+1.194.
 B=1.196L+0.479
 C= L+0.305
A, B, C et L en mètres
Le débit Q (en m3/s) est fonction de la largeur L au col (en m) et de la hauteur
d'eau H (en m) :
x
Q=0,372 L( H∗3,28)

où l'exposant x dépend de la largeur au col L (voir tableau 5.1) :

Tableau 5.1. Valeur de l'exposant x

L en (m) 0,2 0,6 0,8 1 2 2,6


X 1,506 1,548 1,56 1,569 1,598 1,609

-65-
65
Chapitre 5 : Hydrométrie

Figure 5.9. Jaugeur "Parshall"

2.5. Jaugeages par dilution (chimique)

Cette méthode de jaugeages par dilution s'applique à des torrents ou des rivières
en forte pente où l'écoulement est turbulent ou pour lesquels on ne trouve pas de
section se prêtant à des jaugeages au moulinet. Elle consiste généralement à
injecter dans le cours d'eau un corps en solution, et à suivre l'évolution de sa
concentration au cours du temps. C'est une méthode dite «par dilution» ou encore
«chimique».
Le principe général consiste à injecter dans la rivière une solution concentrée d'un
traceur (sel, colorant,...) et à rechercher dans quelle proportion cette solution a été
diluée par la rivière.
Cette dilution est une fonction du débit, supposé constant le long du tronçon, et
dans certaines conditions il est possible d'obtenir une relation linéaire entre le débit
Q [l.s-1] de la rivière et le rapport C 1/C2 de la concentration C1 [g.l-1] de la solution
injectée à la concentration C2 [g.l-1] d'échantillons prélevés à l'aval du point
d'injection dans la rivière (Figure 5.10) [33], Deux méthodes d'injection sont
utilisées :
 La méthode à débit constant
 La méthode par injection instantanée

-66-
66
Chapitre 5 : Hydrométrie

Figure 5.10. Principe du jaugeage par dilution


Différents traceurs minéraux ou organiques, sont utilisés tels que la fluorescéine, le
biochromate ou la rhodamine. Suivant le débit à évaluer, on n'utilisera pas le même
traceur.
1. Le produit à employer doit cumuler un certain nombre de propriétés :
2. être d'un prix abordable;
3. être facilement soluble, ni corrosif, ni toxique;
4. être facile à doser avec précision, même aux très grandes dilutions (de
l'ordre du mg/l);
5. ne pas préexister dans l'eau de la rivière en concentration comparable à la
concentration finale;
6. ne pas se détruire ou se décolorer entre le moment de l'injection et l'analyse
du prélèvement.
Dans l'état actuel des recherches, le bichromate de soude est un bon traceur
jusqu'à présent le plus utilisé et semble le mieux convenir à ces conditions :
 prix pas chers du kilogramme
 solubilité moyenne à la température ordinaire : 660 g/l;
 titre minimum dosable à moins de 0,5 %près : 0,5 à 1 mg/l;
 stabilité très grande vis-à-vis de la lumière, des sédiments et des matières
organiques.

Conseil
Les conditions suivantes sont nécessaires pour que les méthodes par intégration ou
dilution puissent être appliquées :
 le débit de la rivière doit rester à peu près constant pendant la mesure ;
 le traceur doit passer dans sa totalité par l'emplacement de prélèvement des
échantillons ;
 à la hauteur des prélèvements, le mélange doit être tel qu'en chaque point
de la section du cours d'eau, doit passer la même quantité de traceur.

-67-
67
Chapitre 5 : Hydrométrie

a) La méthode à débit constant


La méthode de l'injection à débit constant consiste à injecter dans le cours d'eau un
débit constant q de traceur à la concentration C 1 (Figure 5.11) [33] . Au point
P, on prélève des échantillons à la concentration C2 du traceur à la section
de prélèvement reste constante pendant un certain laps de temps, appelé «
palier ». A partir des hypothèses suivantes :
 le débit Q du cours d'eau est constant pendant la mesure (régime
permanent),
 le débit q du traceur à la section de prélèvement est égal à celui de
l'injection (pas de pertes), et négligeable devant Q,
 le mélange est homogène à la section de prélèvement,
Alors, dans l'hypothèse de la conservation de la masse de traceur, nous
avons :

c1
Q=q( )
c2

Figure 5.11. Jaugeage à débit constant

b) La méthode par injection instantanée


Cette méthode consiste à injecter en un point du cours d'eau un volume V de
traceur en solution concentrée C1. Au terme d'un parcours suffisamment long pour
que le mélange avec l'eau de la rivière soit bon, des échantillons sont prélevés, et
cela pendant toute la durée T de passage du nuage de traceur. Les prélèvements
sont effectués en plusieurs points de la section d'échantillonnage de façon à fournir
une valeur moyenne de la concentration C 2 qui évolue en fonction du temps et du
point de prélèvement. L'intégration au cours du temps des différentes valeurs de
concentration C2(t) donne une valeur moyenne.

-68-
68
Chapitre 5 : Hydrométrie

Dans l'hypothèse de la conservation de la masse du traceur, on peut exprimer le


débit comme suit :

M V∗C 1
Q= T =
T ∗C̄ 2
∫ C 2 (t ) dt
0

Avec :
Q : débit du cours d'eau [l/s ou m3/s] ;
M : masse de traceur injecté [g] ; M = V . C1 ;
V : volume de la solution lâchée dans le cours d'eau [l ou m3] ;
C1 : concentration de la solution lâchée dans le cours d'eau [g/l] ;
C2: concentration moyenne du traceur dans les échantillons, obtenue par
intégration [g/l] ;
C2(t) : concentration de l'échantillon prélevé au temps t [g/l];
T : durée du prélèvement [s]

c) Prélèvements et analyses
Dans la méthode à débit constant, on prélèvera une quinzaine d'échantillons (un
par minute) en passant de la rive droite, au milieu, puis à la rive gauche et retour
(Figure 5.12) [20]. Dans la plupart des cas, l'analyse est faite par colorimétrie ; on
procédera donc, durant le jaugeage, à un prélèvement de solution à C1 que l'on
diluera avec l'eau de la rivière à différentes concentrations voisines du C 2 escompté.
Au laboratoire, ces échantillons dilués serviront à l'étalonnage du colorimètre.

Figure 5.12. Prélèvements d'échantillons

Complément
Ces méthodes sont utilisables dans les rivières où un mélange rapide et homogène
peut-être obtenu (notion de distance de "bon mélange", écoulement turbulent) et
où il ne se produit ni perte ni arrivée de traceur ou d'eau entre les points d'injection
et d'échantillonnage.

-69-
69
Chapitre 5 : Hydrométrie

2.6. Jaugeage aux flotteurs

Il s'agit dans cette méthode de mesurer uniquement des vitesses de surface, ou


plus exactement les vitesses dans la tranche superficielle de l'écoulement (les 20
premiers centimètres environ).
Les flotteurs peuvent être soit artificiels (bouteilles en plastiques) soit naturels
(arbres, grosses branches, etc.). Le déplacement horizontal d'un flotteur de surface
durant un temps t permet de déterminer la vitesse de l'écoulement de surface
(Figure 5.13) [33]. Plusieurs mesures de vitesse du flotteur doivent être réalisées.
La moyenne de ces mesures est ensuite multipliée par un coefficient approprié pour
obtenir la vitesse moyenne de l'élément de section. En général, la vitesse moyenne
dans la section est de l'ordre de 0,4 à 0,9 fois la vitesse de surface.

a) Choix du secteur de mesure


Il est recommandé et presque indispensable d'effectuer cette opération avant les
crues. On choisit un tronçon de rivière ayant une longueur au moins égale à deux
fois la largeur du plan d'eau ou, en fonction de la vitesse du courant, permettant un
chronométrage du flotteur pendant un temps minimum de 50 secondes, et
présentant les caractéristiques suivantes :
 rectiligne avec berges parallèles,
 bien dégagé, bonne visibilité dans tous les sens,
 accès facile à une rive,
 pente du lit constante (pas de chute ou de zone de rapides dans le bief de
mesure),
 lit stable et rocheux si possible.
Ces conditions étant à respecter le mieux possible, le bief idéal existe rarement.

Figure 5.13. Jaugeage aux flotteurs

2.7. Jaugeages par exploration du champ des vitesses

La méthode directe est la plus populaire pour la détermination du débit de cours


d'eau est le jaugeage par exploration du champ de vitesses. En général, cette
méthode détermine le débit à partir du produit de la vitesse moyenne de
l'écoulement et de l'aire de la section transversale du chenal.
Soit une section droite S d'un cours d'eau ; le débit dans cette section se définit

-70-
70
Chapitre 5 : Hydrométrie

comme le flux du vecteur vitesse à travers S.

Q=∫ v ds
s

ou plus explicitement
RD f ⟨x ⟩
Q= ∫ ∫ V ⟨ X , y ⟩ dy dx
RG 0

Les jaugeages par exploration du champ des vitesses consistent à étudier la


fonction V (x,y) en l'échantillonnant suivant différentes valeurs de x et de y.
Généralement, on se fixe différentes abscisses (des "verticales") x 1, x2, ... xi xn et
sur chaque abscisse xi, on échantillonne à différentes profondeurs y i1, yi2, ... yij ...
yip, la vitesse V (x i, yij) ; cette technique est appelée jaugeage "pointpar point"
(Figure 5.14) .

Figure 5.14. Principe du jaugeage par exploration du champ de vitesses


Greg (2016) [14] explique en détail les étapes de détermination de l'aire de la
section transversale, la vitesse moyenne de l'écoulement et le calcul du débit sont
réalisés :

Méthode
ÉTAPE 1: La section transversale est subdivisée en des sous-sections parfois
appelées panneaux ou sous-domaines. La plupart des chenaux naturels doivent être
subdivisés entre 20 à 30 sous-sections pour correctement tenir compte de leur
géométrie (Figure 5.15) [14].

-71-
71
Chapitre 5 : Hydrométrie

Figure 5.15. Division de la section transversale du cours d'eau en des panneaux


plus petits (sous-sections)
ÉTAPE 2: L'aire de chaque sous-section est déterminée directement en mesurant la
largeur et la profondeur de la sous-section. Lors du jaugeage à gué, les profondeurs
sont habituellement mesurées en utilisant des marques ou des graduations sur la
perche de jaugeage du courantomètre. Pour mesurer la largeur du cours d'eau, on
utilise normalement un mètre ruban ou décamètre tendu au travers de l'eau, au-
dessus de la section transversale de mesure (Figure 5.16) [14].

Figure 5.16. Détermination de l'aire des sous-sections


ÉTAPE 3: La vitesse dans chaque sous-section est évaluée en utilisant un
instrument et une méthode adaptés (Figure 5.17) [14]. Pour le jaugeage gué, on
utilisele plus souvent un moulinet hydrométrique ou un vélocimètre acoustique
à effetDoppler (ADV).

Figure 5.17. Détermination de la vitesse dans la sous-section


ÉTAPE 4: Le débit de chaque sous-section est calculé en multipliant l'aire de la
sous-section (Ai) par la vitesse moyenne dans la sous-section (Figure 5.18) [14] :

q i=v i∗Ai

Où :
qi : est le débit d'écoulement à travers la sous-section i,
vi : est la vitesse moyenne dans la sous-section i,
Ai : est l'aire de la section transversale de la sous-section i.

-72-
72
Chapitre 5 : Hydrométrie

Figure 5.18. Calcul du débit dans une seule sous-section


ÉTAPE 5 : Le débit total de l'écoulement (débit dans la section transversale) est
alors obtenu en additionnant les débits partiels de toutes les sous-sections (Figure
5.19) [14]. Le débit à travers toute la section transversale est alors :

Q=q1 +q 2 +q 3+ q 4+ , , , , , ,+ q n

� : le débit total à travers la section transversale de mesure,


q1, q2,,..., qn : est le débit partiel d'écoulement des sous-sections 1 (première),2 ,
3,..., n (dernière)

Figure 5.19. Calcul du débit total dans la section transversale du cours d'eau

3. Matériel de jaugeage

Moulinet
D'après Roche (1963) [35] , Pour l'hydrologue, une vitesse se mesure presque
toujours avec un moulinet, ce dernier est un appareil de mesure de la vitesse d'un
mouvement fluide. Il est composé d'une hélice qui détecte la vitesse du courant
transmet les indications à un contacteur chargé de fermer un circuit électrique,
pour un nombre de tours donné, sur un organe compteur : compteur d'impulsions,
couineur, signal lumineux, écouteur téléphonique ou chronographe enregistreur.
Les moulinets sont montés sur des perches pour jauger les basses eaux ; et sont
montés sur des saumons pour jauger les hautes eaux et les crues (Figure 5.20).

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73
Chapitre 5 : Hydrométrie

Figure 5.20. Matériels de jaugeage (moulinet sur perche et saumon lesté par cable)

3.1. Principe de fonctionnement d'un moulinet

Selon Greg (2016) [14] , l'écoulement entraine une rotation de l'hélice du moulinet.
Un aimant relié à l'hélice du moulinet envoie un signal (impulsion) – un signal par
tour – à travers un interrupteur à lames souples étanche. Le nombre d'impulsions
(tours d'hélice) est proportionnel à la vitesse de l'eau au point de mesure. La série
d'impulsions est enregistrée par le compteur connecté.
Le nombre de tours, mesuré pendant un certain temps (temps d'exposition) permet
de déterminer la vitesse, en suivant la formule de tarage (équation d'étalonnage)
de l'hélice :

v=k∗n+C

k : pas hydraulique de l'hélice du moulinet (angle d'attaque des pales de l'hélice)


[m] qui est déterminée par des essais de trainage réalisés en canal d'étalonnage
n : nombre de tours de l'hélice par seconde [1/s],
c : constante d'hélice [m/s] qui est déterminée par des essais de traînage réalisés
en canal d'étalonnage.

3.2. Matérialisation de la section et déplacement


transversal

a) Le jaugeage à gué
Le jaugeage à gué au moulinet est une méthode privilégiée, plus simple à mettre
en œuvre pour mesurer de débit de cours d'eau lorsque les conditions le
permettent. Le jaugeage à gué avec un moulinet est normalement plus précis que
les mesures faites avec les moulinets suspendus à des câbles où à partir d'un pont.
Lors d'un jaugeage à gué, L'opérateur se déplace le long de la section de jaugeage

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Chapitre 5 : Hydrométrie

et tient directement à la main le matériel : généralement moulinet monté sur


perche.
La position de l'opérateur doit être telle que la perturbation apportée à l'écoulement
soit la plus faible possible : appareil de mesure tenu face au courant le plus loin
possible en amont, jambes écartées (Figure 5.21) [14] .
La position des points de mesure est repérée en ordonnée (profondeur) à l'aide des
graduations portées sur la perche, et en abscisses (distances à la berge) sur un
double décamètre, un câble gradué tendu en travers de la section, etc.
La sélection des verticales et les profondeurs de mesure. Cette partie du manuel
porte sur les sujets suivants:
1. Choix de l'emplacement de la mesure
2. Mesure de la largeur de la section transversale
3. Détermination du nombre et de l'espacement des verticales pour la mesure
de vitesse et de profondeur
4. Mesure de profondeur à la verticale
5. Mesure et détermination de la vitesse moyenne le long de la verticale
Cette méthode appelée en pays anglo-saxons "wading method" n'est utilisable que
dans des sections peu profondes (< 1,00 m) et avec des vitesses d'écoulement
faibles (1,00 m/s).

Figure 5.21. Jaugeage à gué.

Attention : Emplacement de mesure à éviter :


1. Sections transversales immédiatement en aval des courbures nettes ou
d'obstacles
2. Biefs avec un écoulement turbulent
3. Biefs avec des changements brusques de largeur de l'écoulement ou à côté
des confluences (écoulements convergents/divergents ou courants apportant
latéralement de l'eau),
4. Sections transversales à côté de pompes, écluses ou émissaires, qu'ils soient
en amont ou en aval,
5. Ne pas placer une section transversale dans une mare ou un étang.

b) Jaugeages depuis une passerelle


Quand on dispose d'une passerelle, on peut procéder d'une façon analogue à la
précédente. La section est matérialisée par la passerelle sur laquelle on se déplace
en abscisse. Les avantages sont que d'une part, l'opérateur n'est pas soumis au

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Chapitre 5 : Hydrométrie

froid et d'autre part, que l'on peut jauger sur des profondeurs plus grandes (jusqu'à
3 m) et à de plus fortes vitesses (jusqu'à 3 m/s). Dans ce dernier cas, on fixe la
perche sur un pied support on peut jauger avec des profondeurs < 1 m et des
vitesses < 1 ms-1.
Ces limites sont un peu augmentées avec une perche manœuvrée par un chariot -
treuil : P < 2 m et V < 2 ms -1 environ. Avec une cyclopotence, les profondeurs
peuvent atteindre 10 m et les vitesses 3 ms-1.
Le dispositif de mesure sera déplacé à partir de ces ouvrages avec du matériel
approprié : perche suspendue à un support (pied de perche par exemple), saumon
de lestage monté sur porte-à-faux simple, porte-à-faux monté sur véhicule,
cyclopotence manuelle ou motorisée (Figure 5.22) [33] .

Figure 5.22. Jaugeage à la cyclopotence

c) Mesures à l'aide d'un bateau


Il est possible d'équiper un bateau plus ou moins léger pour effectuer les
jaugeages. Pour des profondeurs > 1 m, des vitesses d'écoulement < 3 m et une
largeur de rivière < 300 m, le bateau est déplacé le long d'un câble tendu en
travers, matérialisant la section de mesure, et utilisé pour repérer les abscisses
(graduations ou compteur). Les profondeurs sont mesurées avec le compteur du
treuil.
Si la section de mesure est > 300 m, il est très difficile et parfois dangereux de
tendre un câble en travers (difficultés à installer un téléphérique). Dans cette
situation, la position des verticales est repérée par rapport à des balises installées
sur les berges et portées sur un plan obtenu par levé topographique : balises
d'alignement matérialisant la section et balises d'angles pour définir les positions
des verticales.
On disposera des repères sur les rives de façon à se positionner dans la section par
relèvement avec un cercle hydrographique, appareil dérivé du sextant permettant
de mesurer des angles dans un plan horizontal. Le bateau est maintenu en position
dans la section à l'aide d'une chaîne et d'une ancre.
Les opérations de repérage des verticales sont simplifiées si l'on dispose d'un
télémètre de précision. On peut aussi utiliser un théodolite installé sur une berge
pour relever les différentes positions du bateau dans la section (Figure 5.23) [20].
Ce type de jaugeage est limité par la vitesse de courant qui ne doit guère dépasser
2 m/s. Un inconvénient est que le bateau perturbe les vitesses en surface.

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Chapitre 5 : Hydrométrie

Figure 5.23. Jaugeage en bateau avec repérage sur les rives

3.3. Mesure et détermination de la vitesse moyenne


le long d'une verticale

La mesure du débit d'un cours d'eau nécessite la détermination de la vitesse


moyenne à chaque verticale à travers la section de jaugeage. L'exploration du
champ des vitesses peut se faire de manière continue ou discontinue.
On procède généralement par deux manières différentes :

a) Méthode par points :


À chaque point fixé de la verticale choisie, on mesure la vitesse, pendant au moins
30 sec. Cinq points par verticale sont souhaitables. Les mesures de vitesses
s'effectuent à 20%, 40%, 60% et 80% de la profondeur, près de la surface et près
du fond (Tableau 5.2 et figure 5.24) [14] .
Les règles à suivre dans cette méthode sont le cas des grandes rivières, jaugeage
avec moulinet suspendu sur saumon.
 Pour des profondeurs supérieures à un mètre, on prendra cinq points
répartis de la façon suivante : un en surface à 0,10 m en dessous du plan
d'eau, un au fond à la distance que permet le montage du moulinet
(constante du saumon), et trois points répartis dans la hauteur restante au
2/10, 5/10 et 8/10 de cette hauteur.
 Pour les profondeurs comprises entre 1 m et 0.50 m : trois points, un en
surface, un au fond (aussi près que possible) et un au milieu ou légèrement
plus bas
 Pour améliorer la précision du tracé en dépouillement automatique par la
méthode des trapèzes.
 En dessous de 0.50 m de profondeur, prendre deux points : un en surface et
un près du fond ; avec un micro-moulinet on peut faire 4 à 5 points sur une
profondeur de 0.50 m
Le calcul de la vitesse moyenne dans toute la section se fait par intégration
graphique ou numérique.

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Chapitre 5 : Hydrométrie

Méthode de Calcul de la vitesse moyenne sur la Limites de la profondeur


mesure verticale de l'eau

Un point V moyenne =V 0.6p 0.1m-1.0m


Deux points V moyenne = (V 0.2p+V 0.8p )/2 > 1m
Trois points V moyenne = (V 0.2p+2V 0.6p+V 0.8p )/4 >1m
Tableau 5.2. Calcul de la vitesse suivant la méthode de mesure

Figure 5.24. Mesure de la vitesse par la méthode en trois points.

b) Méthode par intégration


Cette méthode consiste à mesurer directement une vitesse moyenne par section
verticale. Pour se faire, l'opérateur doit laisser descendre puis remonter l'appareil
de mesure des vitesses le long d'une verticale à vitesse constante et lente.
L'opérateur relèvera à la fin de l'opération la durée et le nombre de tours effectués
par l'appareil.

Méthode
On procède comme suit pour la correction : si C représente la constante, et V la
vitesse de descente, le saumon aurait mis un temps T = C/V pour atteindre le fond.
Il suffira une fois atteint le fond, de faire une mesure pendant ce temps T, et de
rajouter le temps et le nombre de tours enregistrés aux valeurs comptabilisées
pendant la descente.
Le jaugeage par intégration ne peut donner de bons résultats que si le temps de
mesure est suffisamment long : 60 à 100 secondes. Ceci implique de ne jamais
utiliser cette méthode pour des profondeurs < 0.30 m avec la perche AGAR III
(vitesse de montée = 0.5 cm/s), ou <1 m avec le montage sur saumon (vitesse de
descente = 1.5 à 2 cm/s).
Cette méthode ne pourra non plus être employée pour des vitesses d'écoulement
faibles (< 0.5m/s), la vitesse de descente du moulinet devant être nettement plus
réduite que la vitesse du courant.

c) Méthode des paraboles


Les vitesses ponctuelles vi, mesurées sur une verticale i définissent le polygone des
vitesses. Par intégration sur la profondeur hi, on calcule le débit laminaire qi,
propre à la verticale i.

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Chapitre 5 : Hydrométrie

hi

q i=∫ v i dh
0

En intégrant ensuite le débit laminaire sur la largeur b de la section mouillée, on


obtient le débit recherché.
b
Q=∫ q db
0

Le débit Q à un instant donné et la surface de la section mouillée S permettent de


calculer la vitesse moyenne dans la section

Q
V moy =
S

d) Méthode des isotaches


L'application de cette méthode consiste à tracer sur un graphe, la section mouillée
et les courbes d'égale vitesse, dites isotaches (Figure 5.25).
Le calcul consiste à mesurer la surface dS i, sous chaque isotache ui. Le débit total Q
se calculera par intégration de la courbe de vitesse fonction de la surface.

Q=∫ u dS
0

Le calcul de Q peut se faire par la méthode des trapèzes. Q s'exprimera alors par :

ui + ui +1
Q=∑ ( )d S i
i 2

Ensuite

Q
V moy =
S mouillée

Figure 5.25. Détermination des surfaces par la méthode des isotaches

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Chapitre 5 : Hydrométrie

e) Système mobile de mesure de débit à effet Doppler


Selon Labordre (2009) [20], le système de mesure de débit mobile à effet Doppler
pour la mesure dans les rivières et les canaux (depuis un pont, un bateau ou un
téléphérique) permettent de mesurer des profils de vitesse verticaux, ainsi que des
profondeurs, sur un nombre paramétrable de verticales sur la rivière. Par le biais
d'une liaison Bluetooth, le Qliner transmet les données directement au Pocket PC
(Figure 5.26) [21]. Les avantages de ce système sont nombreux :
 Permet aux jaugeurs de rester hors des cours d'eau
 Technologie Doppler mobile pour des mesures précises, idéal pour les
rivières de taille moyenne et parfaitement adapté aux mesures dans le cas
d'inondations
 Adapté aux sections étroites avec rives pentues
 Utilisable à partir d'un treuil monté sur potence ou d'un téléphérique
 Pas de GPS, ni de "bottom tracking" nécessaire : utilisation sans réserve en
cas de fond en mouvement
 Idéal pour les rivières moyennes - largeur de 1 à 30 m et profondeur de 0.3
à 5 m -, mais possibilité d'utilisation en rivières de taille supérieure
également
 Système complètement intégré

Figure 5.26 mesure de débit par profileur à Doppler .

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