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LA PROSPÉRITÉ ?
À L A R E C HE R C HE D U V R A I É VA N GIL E
Mbugua | Maura | Mbewe | Grudem | Piper
Édition originale en anglais sous le titre :
Prosperity?: Seeking the True Gospel
© 2015 par Africa Christian Textbooks Registered Trustees.
Tous droits réservés.
Pour l’édition française, traduite et publiée avec permission :
La prospérité ? : à la recherche du vrai évangile
© 2018 Publications Chrétiennes, Inc. Tous droits réservés.
Publié en 2018 par Éditions Impact
230, rue Lupien, Trois-Rivières (Québec)
G8T 6W4 – Canada
Site Web : [Link]
Publié en partenariat avec The Gospel Coalition International
Outreach (TGCIO) et Africa Christian Textbooks (ACTS).
Traduction : International Mission Board (IMB)
Révision : Laurette Gauthier
Couverture : Beau Walsh, The Cultural North | [Link]
ISBN (PDF) : 978-2-89082-320-4
Dépôt légal – 1er trimestre 2018
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Canada
« Éditions Impact » est une marque déposée de
Publications Chrétiennes, Inc.
Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible
version Louis Segond 1910, sauf dans l’appendice I où l’on a préféré la
Bible Segond 21. Les caractères italiques sont souvent ajoutés par les
auteurs. Les autres versions sont indiquées en toutes lettres, sauf pour
la Nouvelle Édition de Genève (NEG), la Bible Parole de vie (PDV), la
Bible en français courant (BFC) et la Nouvelle Bible Segond (NBS).
Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
Imprimé aux États-Unis
TABLE DES MATIÈRES
Préface. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Introduction :
Un faux évangile. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Kenneth Mbugua
Chapitre 1 :
Une mauvaise compréhension de la Bible . . . . . . . . 25
Kenneth Mbugua
Chapitre 2 :
Vraie et fausse prospérité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Michael Otieno Maura
Chapitre 3 :
La vie par l’Évangile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Kenneth Mbugua
Chapitre 4 :
La souffrance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
Kenneth Mbugua
Chapitre 5 :
Le vrai évangile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
Conrad Mbewe
6 LA PROSPÉRITÉ ?
Chapitre 6 :
Les bénédictions du vrai évangile. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
Michael Otieno Maura
Appendice I :
Douze appels aux prédicateurs de
l’évangile de la prospérité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
John Piper
Appendice II :
L’argent. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
Wayne Grudem
Appendice III :
Les enseignants de la prospérité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
Appendice IV :
Lectures complémentaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
PRÉFACE
Ce livre a été écrit dans le but de contrer les dommages
énormes que l’évangile soi-disant de « prospérité » ou de
« santé et richesse » est en train de causer en Afrique et
dans le reste du monde. Certains prédicateurs font des pro-
messes de fausse prospérité aux hommes et aux femmes, les
éloignant ainsi du Seigneur Jésus-Christ et du vrai évan-
gile qui se trouve dans la Bible. Ce faux enseignement est
si répandu que plusieurs ne se rendent même pas compte
qu’ils sont sous son influence.
Notre tâche est d’aborder les principes de base et les
idées maîtresses de ce type d’enseignement sur la pros-
périté, plutôt que de nous attaquer à des prédicateurs en
particulier. Toutefois, nous avons à l’esprit plusieurs prédi-
cateurs très influents qui, de différentes manières et formes,
ont articulé et répandu cet évangile de la prospérité. (Nous
citerons quelques noms à l’appendice III.) Plus que toute
autre chose, nous encourageons les lecteurs à examiner, à
8 LA PROSPÉRITÉ ?
la lumière de la Bible, toute prédication qu’ils entendent. Ce
livre s’efforce de nous aider à le faire.
Notre désir est que ceux qui ont été trompés ou confus
par la prédication de la prospérité parviennent à la connais-
sance du véritable évangile de la Bible et trouvent le salut
en Jésus-Christ. Nous espérons également que ce livre
équipera les chrétiens à s’élever contre tous les faux ensei-
gnements qui sont proclamés du haut de la chaire. Nous
prions que les enseignants et les prédicateurs de la prospé-
rité lisent ce livre pour eux-mêmes. Nous croyons que cer-
tains d’entre eux ont besoin de se repentir de leurs erreurs,
de se soumettre à Jésus-Christ et de l’accepter comme leur
Seigneur et Sauveur, tandis que d’autres doivent apprendre
à utiliser la Bible comme la parole vivante de Dieu.
L’évangile de prospérité représente un très grand danger
et nous publions ce livre avec un sentiment d’urgence. Nous
savons que Pierre, dans sa deuxième lettre, a utilisé un
langage dur pour condamner les enseignants arrogants et
cupides qui ont profité de l’ignorance des chrétiens. Aussi,
de nos jours, nous ne pouvons rester là à ne rien faire en
voyant autour de nous des enseignants qui, avec des pro-
messes non bibliques et impies, conduisent les gens à la
perdition. Nous désirons, par ce livre, diriger votre atten-
tion sur notre Dieu souverain et son Évangile parfait qui
constituent le fondement de notre opposition à l’évangile
de prospérité.
Nous sommes infiniment reconnaissants à Michael
Otieno Maura, Ken Mbugua et Conrad Mbewe d’avoir
consacré du temps et de l’énergie à la rédaction de ces cha-
pitres. Nous remercions leurs Églises respectives qui leur
ont permis de s’adonner à cette tâche.
Le partenariat avec The Gospel Coalition dans ce projet
a été un grand privilège. Ce fut également un réel plaisir
Préface 9
de travailler avec Bill Walsh et son fils Beau, qui a conçu la
couverture du livre. Nous sommes très reconnaissants pour
le leadership et la patience de Bill.
Ce livre n’aurait pas été publié sans la contribution de
généreux donateurs à travers le monde. À Dieu soient la
reconnaissance et la gloire.
Introduction
UN FAUX ÉVANGILE
Kenneth Mbugua
Je m’étonne que vous vous détourniez si prompte-
ment de celui qui vous a appelés par la grâce de
Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas
qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui
vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de
Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du
ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous
vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons
dit précédemment, et je le répète à cette heure : si
quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui
que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! Et main-
tenant, est-ce la faveur des hommes que je désire,
ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire
aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je
ne serais pas serviteur de Christ. Je vous déclare,
frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est
pas de l’homme ; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un
12 LA PROSPÉRITÉ ?
homme, mais par une révélation de Jésus-Christ
(Ga 1.6-12).
Même si c’est un ange qui prêche un évangile contraire
à la Parole de Dieu, qu’il soit maudit. Il n’existe pas un
chrétien dans le monde qui ne prendrait pas au sérieux
ces paroles que Paul a adressées aux chrétiens de Galates.
L’Évangile est le don le plus précieux que l’Église doit ché-
rir, protéger et transmettre aux autres. Ainsi, en tant que
chrétiens, et particulièrement en tant que prédicateurs,
nous ne devons jamais nous lasser d’examiner ce que nous
croyons et prêchons, sans oublier de nous poser la question
suivante : est-ce vraiment l’Évangile ? Est-ce l’Évangile que
Dieu nous a révélé dans la Bible ? C’est ce que nous nous
évertuerons à faire dans ce livre.
Ce livre ne repose pas sur nos propres idées. Ça n’a rien
de personnel ; nous ne sommes pas dans un élan de concur-
rence avec d’autres prédicateurs. Tout comme Paul, nous ne
cherchons pas à nous prêcher nous-mêmes, mais à prêcher
Christ (2 Co 4.5). Nous nous efforçons de fonder tout ce
que nous écrivons sur l’autorité de la Parole de Dieu révé-
lée dans la Bible. Nous nous efforçons également de ne pas
l’altérer pour s’en servir à des fins personnelles, mais de la
défendre fidèlement (2 Co 4.2).
En lisant attentivement l’Évangile que nous avons reçu
dans la Bible, nous sommes parvenus à la conclusion qu’il
y a un faux évangile – l’évangile de la prospérité – qui se
répand un peu partout à travers le monde. Plusieurs églises
prêchent ce faux évangile. Il s’agit cependant d’un mensonge
extrêmement dangereux qui se cache sous les apparences
de la religion. Tous ceux qui sont affectés par cette trompe-
rie s’éloignent de la Bonne Nouvelle de Dieu et embrassent
un mensonge centré sur l’homme. Pour Paul, il n’y a rien
Un faux évangile 13
de plus dangereux que la menace d’un évangile différent, et
nous pensons la même chose. Rien d’autre n’est plus dange-
reux, puisque le salut de nos âmes en dépend.
Nous écrivons ce livre pour nous adresser à ceux qui
prêchent ce faux évangile et à ceux qui se sont laissé
séduire. Nous prions pour que Dieu nous donne la patience,
la bonté, la sagesse et la douceur nécessaires pendant que
nous cherchons, humblement, à corriger cette erreur, tout
en restant sous l’autorité de la Parole de Dieu.
Nous n’allons pas édulcorer la vérité. Paul s’est montré
impitoyable et tranchant lorsqu’il s’attaqua à ceux qui cor-
rompaient l’Évangile. Comme Paul, nous voulons exhorter
les croyants à rejeter tout évangile qui est différent du vrai
évangile. Ce message sera difficile à entendre pour plu-
sieurs. Et l’une des raisons pour laquelle ce sera difficile
est justement parce que certains prédicateurs très influents
soutiennent ce faux évangile.
Ce qui compte, ce n’est pas l’opinion des personnes ou
des églises influentes. Les grandes assemblées, les célébri-
tés, ou la popularité n’ont jamais été la marque de ce qui est
vrai. Nous devons rester fidèles à la révélation des saintes
Écritures et non façonner notre évangile selon l’approbation
de la foule. Paul a averti les gens de Galates de ne pas croire
quiconque prêche un évangile différent de celui donné par
Christ – même si c’est un ange. C’est exactement cela notre
préoccupation. Nous vous supplions, par amour, de recevoir
avec douceur la parole qui a été plantée en vous, et qui peut
sauver vos âmes (Ja 1.21).
Qu’est-ce que l’évangile de la prospérité ? C’est un
« évangile » qui, prenant pour appui la mort de Jésus-Christ
sur la croix, prône la délivrance de la maladie, de la pau-
vreté et de toute souffrance. Promettant ainsi des bénédic-
tions matérielles, physiques et visibles pour tous ceux qui
14 LA PROSPÉRITÉ ?
l’acceptent, l’évangile de prospérité insiste sur le fait que
la volonté de Dieu pour ses enfants est qu’ils soient tous
prospères, ici, et maintenant. Or, cet évangile de prospérité
contient quatre distorsions cruciales qui la différencient de
l’évangile biblique. (1) Il proclame un petit Dieu ; (2) il ne
parvient pas à identifier le plus grand besoin de l’homme ;
(3) il vide l’Évangile de sa puissance ; et (4) il dépossède
Dieu de sa gloire.
Première distorsion : un petit Dieu
est proclamé
Que désires-tu le plus ? La réponse à cette question t’aidera à
identifier ton dieu. Les prédicateurs de l’évangile de la pros-
périté incitent les gens à se tourner vers Christ. Toutefois, la
motivation qu’ils donnent aux gens, c’est une bonne santé,
la richesse, un époux ou une épouse, un emploi, des pro-
motions. Dans ce faux évangile, on ne nous amène pas à
désirer, à chercher ou à valoriser Christ. Jésus est plutôt vu
comme un simple moyen pour parvenir à ces choses maté-
rielles dont nos cœurs mondains sont affamés. Et ce que ton
cœur désire plus que Dieu devient alors ton dieu.
Les saintes Écritures montrent clairement que ce n’est
pas l’or, mais Dieu lui-même qui est le but de notre salut.
Connaître Dieu, être unis à lui et être réconciliés avec lui
sont les buts vers lesquels la Bible nous oriente. « Christ
aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des
injustes, afin de nous amener à Dieu » (1 Pi 3.18). Notez
bien les mots afin de dans ce verset, cela nous aide à mieux
comprendre la raison pour laquelle Christ a souffert et est
mort. Il a souffert et est mort afin de nous amener à Dieu.
Jésus-Christ lui-même a parfaitement résumé la raison
centrale et le but de notre salut dans sa prière adressée au
Un faux évangile 15
Père : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le
seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé » (Jn 17.3). Lorsque
Paul enseignait les Colossiens sur la gloire de l’œuvre de
Dieu en nous, il s’est focalisé sur notre union avec le Christ.
« À qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse
richesse de ce mystère parmi les païens, à savoir : Christ en
vous, l’espérance de la gloire » (Col 1.27).
L’Évangile parle d’un Dieu infiniment grand qui nous
offre le don le plus magnifique que l’on ne puisse imagi-
ner : lui-même. C’est l’incroyable beauté de l’Évangile – les
pécheurs peuvent connaître Dieu et se réjouir en lui pour
toujours. Le peuple de Dieu, à travers les âges, a compris
qu’il n’y a rien de plus merveilleux. Pourtant, l’évangile de
prospérité réduit Dieu à un « papa gâteau », considérant
ainsi les choses matérielles comme le but de l’évangile. Ce
n’est pas pour nous faire bénéficier des bienfaits temporaires
de la prospérité matérielle que Jésus est mort pour nous.
Jésus est mort pour nous réconcilier avec Dieu. Et
le point central du salut qu’il nous apporte est que nous
puissions connaître Dieu d’une manière profonde et per-
sonnelle. Pouvez-vous comprendre qu’un message où l’on
remplace Dieu par la richesse, la santé et la prospérité
nous présente un petit dieu qui n’est pas Dieu du tout ? La
santé, la prospérité et la richesse ne sont pas ce qui fait la
gloire de l’Évangile, ni le but pour lequel Christ est mort, et
ils sont de très petits dons comparés à la communion que
nous avons avec le Dieu tout‑puissant. Ce sont les choses
que le monde recherche : de faux dieux. Prêcher que les
bénédictions temporaires et matérielles constituent le but
de notre salut, c’est faire du christianisme une idolâtrie et
c’est échanger la gloire de Dieu contre quelque chose qui a
peu de valeur.
16 LA PROSPÉRITÉ ?
Deuxième distorsion : notre plus grand
besoin est ignoré
Lorsque vous vous rendez dans un hôpital parce que vous
êtes malade, la tâche la plus importante du médecin est de
diagnostiquer la cause de votre mal. S’il fait un mauvais
diagnostic, il y va de soi que le traitement qu’il vous propose
sera également mauvais. En outre, une telle « solution »
pourrait conduire à des souffrances encore plus grandes.
Si nous voulons vraiment bénir les gens, nous devons éga-
lement diagnostiquer leur plus grand besoin.
Quel est le plus grand besoin de l’humanité ? À quel pro-
blème Dieu s’attaquait-il lorsqu’il envoya son Fils unique
mourir sur la croix ? Les prédicateurs de la prospérité
enseignent que les problèmes d’ordre physique, financier et
relationnel de l’homme sont les problèmes clés qui néces-
sitent une solution. Christ est ensuite présenté seulement
comme un moyen de résoudre ces problèmes. Pourtant, la
Bible montre clairement que le plus grand besoin de l’homme
est bien loin d’être la pauvreté financière ou la faim.
Un des plus grands miracles s’est produit lorsque Jésus
a nourri cinq mille personnes avec cinq morceaux de
pain et deux poissons. Plusieurs ignorent, cependant, ce
qui s’est passé après que la foule eut mangé et fut rassa-
siée. Émerveillée par ce qui venait de se produire, la foule
décida de faire un coup d’État pour que Jésus devienne leur
nouveau roi (Jn 6.15). La foule avait-elle compris ce qu’est
l’Évangile ? Selon Jésus, ils n’avaient pas compris. La foule
cherchait Jésus avec un si grand empressement que plu-
sieurs étaient sur le point d’embarquer dans des bateaux
pour le suivre de l’autre côté du lac (Jn 6.22-24). Quand
ils l’eurent trouvé, il ne les a pas félicités. Jésus a vu leurs
mauvaises intentions et les a fortement réprimandés.
Un faux évangile 17
Jésus leur répondit : En vérité, en vérité, je vous le
dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu
des miracles, mais parce que vous avez mangé des
pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez, non
pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui sub-
siste pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme
vous donnera ; car c’est lui que le Père, que Dieu a
marqué de son sceau (Jn 6.26,27).
Ils suivaient Jésus à cause des choses matérielles. Jésus
faisait des signes et des miracles pour que les gens croient
en lui et reçoivent la vie éternelle (Jn 20.30,31). Toutefois,
ces gens étaient plus intéressés par la nourriture gratuite.
Ils pensaient que le Messie leur donnerait tout ce qu’ils vou-
laient dans cette vie, et ils ne réalisaient pas encore le don
incomparable que Christ leur offrait. Si vous suivez Jésus
à cause des avantages matériels, c’est que vous n’avez pas
encore identifié votre plus grand besoin.
Jésus montre clairement que la santé et la richesse ne
sont pas nos plus grands besoins. Mais quel est-il ? Pour
comprendre cela, nous devons revenir aux éléments de
bases : qui est Dieu et qui sommes-nous ? Romains 1 nous
rappelle que Dieu est juste et que nous sommes pécheurs.
Et à cause de la justice de Dieu et de notre méchanceté,
nous sommes sous son jugement. Si je comprends que le
Dieu tout-puissant et saint est en colère contre moi, alors
mes luttes financières, les tensions dans mes relations, et
mes ambitions professionnelles ne peuvent plus être pour
moi la première des priorités. Le problème du péché devient
la priorité.
Qu’est-ce que c’est exactement le problème du péché ?
Une fois de plus, Romains 1 nous aide à comprendre. Il
explique que bien que nous connaissions Dieu, dans notre
18 LA PROSPÉRITÉ ?
nature corrompue, nous ne le glorifions pas comme nous le
devrions. Et nous rendons gloire à la créature plutôt qu’à
son créateur (Ro 1.22,23). Cette idolâtrie est le cœur du
péché. Notre plus grand besoin est de résoudre le problème
du péché.
Lorsque nous comprenons que le péché contre Dieu est
notre véritable maladie et que toutes les douleurs et les
souffrances de notre vie n’en sont que des symptômes, nous
réalisons que nous avons besoin d’un évangile qui va à la
racine du mal, et non d’un évangile qui ne fait que traiter
les symptômes. Nous avons besoin que Dieu nous pardonne
nos péchés, qu’il nous sauve de sa colère et nous rende juste
à ses yeux. Voici ce dont nous avons besoin aujourd’hui et
pour l’éternité. Lorsqu’un prédicateur, en qualité de méde-
cin spirituel, fait un mauvais diagnostic, il traite son patient
avec un faux évangile comparable à un mauvais remède qui
aggravera l’état du patient.
Troisième distorsion : l’Évangile est
vidé de sa puissance
Dans ses lettres à l’Église de Corinthe, Paul s’attaquait à
des problèmes semblables à ceux que nous connaissons de
nos jours. Les Corinthiens avaient reçu l’Évangile direc-
tement des lèvres de l’apôtre Paul (1 Co 15.1-4). Toutefois,
avec le temps, leurs prédicateurs avaient changé le message
pour l’adapter au public. En le modifiant, le message n’était
plus centré sur Christ, et il était complètement vidé de sa
puissance.
Les Églises qui prêchent l’évangile de la prospérité com-
mettent une erreur similaire. Leurs prédicateurs pour-
raient parler de la croix dans leurs prédications et même
dire que Christ est mort pour nos péchés. Cependant, ils
Un faux évangile 19
disent que le but de la mort de Christ est notre guérison
physique et notre prospérité terrestre. Bien sûr, il s’agit
là d’une question particulièrement pertinente qui touche
toutes les assemblées. Beaucoup de gens souffrent et luttent
pour se sortir de problèmes d’ordre financier et de santé.
Nous avons tous des besoins et des désirs matériels. Et ce
message de la prospérité est très attrayant : Venez à Jésus
et ayez une vie meilleure maintenant. Toutefois, c’est un
message inférieur, puisqu’il est dénué du pouvoir qu’a le
véritable évangile de sauver hommes, femmes et enfants
de leur péché (Mt 1.21).
Les gens n’aiment pas qu’on leur dise qu’ils sont de
pauvres pécheurs destinés à l’enfer. Nous préférons plutôt
savoir comment nous pouvons être promus au travail, aller
de l’avant dans le monde et obtenir des solutions rapides à
nos problèmes terrestres. Par conséquent, un évangile qui
ne met pas l’accent sur ces choses n’a aucun sens pour beau-
coup de gens (1 Co 1.18). C’est pourquoi, de façon naturelle,
nous sommes spirituellement aveugles et n’avons aucun
sens de la beauté éternelle de Dieu. Au lieu de prêcher
l’évangile dont Dieu se sert pour éveiller les pécheurs à sa
gloire, à sa beauté et au salut qu’il donne, les prédicateurs
de la prospérité abandonnent le véritable évangile et se
penchent uniquement sur la satisfaction des besoins ter-
restres de l’homme. Leur message n’apporte pas le salut aux
hommes. La prédication de la prospérité remplace la puis-
sance de l’Évangile par un message totalement impuissant.
Si tu crois que Christ t’a sauvé pour t’offrir la prospé-
rité de ce monde, alors tu as mis ton espoir en un message
impuissant. Contrairement à la Bonne Nouvelle de Dieu
révélée dans la Bible, l’évangile de prospérité ne peut ni
sauver ton âme (Ro 1.16), ni te donner la vie (2 Ti 1.9,10), ni
te donner la paix avec Dieu (Ro 5.1), ou te réconcilier avec
20 LA PROSPÉRITÉ ?
Dieu (2 Co 5.18‑20). L’évangile de prospérité ne peut pas
te faire entrer dans la famille de Dieu (Jn 1.12,13), te don-
ner l’espoir de la vie éternelle (Col 1.21‑23) ou encore de la
résurrection d’entre les morts (Jn 11.25‑27). Par contre, par
la puissance de l’Évangile, Dieu te sauve pour toujours en
te faisant passer du statut de créature sous la colère de Dieu
et destinée à l’enfer à celui d’enfant de Dieu justifié pour
l’éternité. Voilà où se trouve la vraie puissance.
Si tu t’es détourné de la prédication de la croix, alors tu
t’es détourné du seul message qui a le pouvoir de sauver
quiconque de ses péchés. Christ devait mourir parce que
c’était le seul moyen de payer le prix de nos péchés. Est-ce
que cette nouvelle maison, cette voiture ou encore ce nou-
vel emploi exige la mort du Fils de Dieu ? L’évangile de la
prospérité, du fait de sa très grande popularité, peut sem-
bler pertinent, mais en se concentrant sur les bénédictions
matérielles, il s’éloigne du vrai sens de l’évangile de Christ
en le privant de son but principal et de sa force essentielle.
Quatrième distorsion : Dieu est
dépossédé de sa gloire
L’erreur la plus fondamentale qu’un homme puisse com-
mettre est de penser qu’il est le centre de l’univers. Lorsque
nous lisons la Bible, nous comprenons non seulement que
c’est Dieu qui a tout créé, mais aussi que toute la création
lui rend hommage. La Bible et l’Évangile nous renvoient
sans cesse à Dieu. Et quand nous admirons l’œuvre de Dieu
dans le monde et dans la Bible, nous pensons tout de suite à
sa gloire. Pour comprendre la gravité du péché et la portée
de l’Évangile, il faut d’abord comprendre ce qu’est la gloire
de Dieu.
Un faux évangile 21
La gloire de Dieu, c’est sa nature et son caractère impres-
sionnants et débordants. La gloire de Dieu comprend ses
attributs infinis de sainteté, de justice, d’amour, de grâce,
de miséricorde, de pureté, de beauté, de puissance, et de
sagesse. Et la véritable raison pour nous de vivre dans ce
monde, c’est de glorifier Dieu. Le but de notre vie sur cette
terre est de vivre uniquement pour cette gloire en amenant
d’autres à la contempler et à se réjouir en elle. Dieu est
digne de recevoir cette gloire de notre part. Lorsque nous
lui volons cette gloire, cela ne signifie pas pour autant que
Dieu est moins glorieux ; cela est impossible. Par contre,
cela veut dire que nous échouons à cette tâche qui est de lui
rendre gloire.
En examinant le plus grand besoin de l’homme, nous
avons observé que le refus de glorifier Dieu, tout en glori-
fiant ce qu’il a créé, est au cœur du péché qui nous sépare
de notre Créateur. Lorsque l’évangile de la prospérité obs-
curcit cette compréhension du péché, il ne nous montre pas
la gloire de Dieu comme l’objectif manquant de nos vies.
En mettant l’accent sur les besoins matériels, les prédi-
cateurs de la prospérité ne peuvent pas conduire le peuple
à la repentance, car leur message ne suscite pas en l’homme
la contemplation de la gloire de Dieu. Au lieu de nous ensei-
gner ce que Dieu mérite que nous lui offrions, la prédica-
tion de la prospérité nous encourage plutôt à penser à ce
que nous pouvons obtenir de Dieu. Sauter de joie à cause
de la manière dont Dieu vous rendra riche et fort n’est pas
l’adoration de Dieu. Une mauvaise définition du plus grand
problème de l’homme dépossède Dieu de sa gloire.
L’évangile de la prospérité vole également la gloire à Dieu
en donnant à l’homme une mauvaise compréhension du des-
sein de l’Évangile. Dans Éphésiens 1.3-14, Paul a expliqué
le but et la finalité de l’Évangile. En Christ, nous avons été
22 LA PROSPÉRITÉ ?
choisis par Dieu avant la fondation du monde (1.4,5), nous
ayant prédestinés à être ses enfants (1.5), rachetés par son
sang, pardonnés (1.7), éclairés (1.9), scellés du Saint-Esprit
(1.13), et héritiers du royaume céleste (1.14). Rien d’étonnant
que nous l’appelons Bonne Nouvelle. Et du début à la fin, cet
évangile de Dieu a pour but de « glorifier Dieu » (1.6,12,14).
L’Évangile nous réconcilie avec Dieu. Il enlève les obs-
tacles qui nous éloignent de Dieu, nous permettant d’être
avec Dieu, dans une relation intime où nous pouvons le
glorifier pour toujours. Et en son Fils, le Père a mis toutes
ces bénédictions à notre disposition (cherchez l’expression
« en Christ » ou son équivalent dans Éphésiens 1). Il est
donc impossible de jouir de ces bénédictions en dehors de
Christ, car celles-ci nous sont accordées uniquement grâce
à son œuvre parfaite sur la croix. En tout point, le dessein
de l’Évangile nous éloigne de notre propre gloire (Ép 2.8,9)
et nous tourne vers la gloire de Dieu comme notre seul but
et espérance.
L’Évangile rend gloire à Dieu. Les bénédictions de
l’Évangile que nous avons mentionnées (choisis, adoptés,
rachetés, pardonnés de Dieu, etc.) nous orientent toutes
vers Dieu. Et ces bénédictions sont seulement en son Fils,
acquises par lui d’une manière qui magnifie la miséricorde
et l’amour de Dieu. Nous ne pouvons pas les acheter, nous
pouvons seulement les recevoir de Dieu afin que nous com-
prenions alors à qui revient la gloire. Si nous cherchons
exclusivement en Christ les bénédictions éternelles que
nous ne pourrions jamais obtenir par nous-mêmes, alors
nous n’aurons personne ni rien d’autre à glorifier si ce n’est
Dieu (1 Co 1.30,31).
Par contre, l’évangile de la prospérité vole à Dieu la
gloire à chaque étape. Cet évangile donne une autre défini-
tion des bénédictions reçues en Christ. Ceux qui écoutent
Un faux évangile 23
ces messages retournent chez eux avec le désir d’avoir les
trésors de la terre plutôt qu’une communion avec Dieu.
Lorsque nous désirons les trésors de la terre plus que Dieu,
alors ces trésors reçoivent de nous la gloire qui revient à
Dieu seul. Dans la parabole du trésor caché (Mt 13.44),
l’homme a vendu tous ses biens terrestres pour obtenir le
royaume des cieux. L’évangile de la prospérité nous offre
tout à fait le contraire.
En plus de dérober la gloire de Dieu, l’évangile de la
prospérité détourne son auditoire de la plénitude de Christ.
Ses messagers prônent que Christ seul n’est plus suffisant.
Ils font la promotion d’autres moyens de bénédiction tels
que l’huile d’onction, « les semences », « l’eau bénite » et
les prières de « l’homme de Dieu ». Ce faux évangile mini-
mise la plénitude de Christ en affirmant que les rituels et
les hommes sont des canaux additionnels de bénédictions
de Dieu en dehors du Christ Jésus. Un tel message ne place
pas Dieu au centre de nos vies. Il vole à Dieu sa gloire.
Lorsque nous recherchons des bénédictions qui ne
prennent pas leur source en Christ et qui ne glorifient pas
Dieu, nous retirons aussi la croix du cœur de la Bible. Les
Écritures enseignent que la croix est l’élément central du plan
directeur de Dieu pour rendre gloire à son nom. L’Ancien
Testament est rempli de signes et de marques qui nous ren-
voient à Christ et à ce qu’il a fait sur la croix (Lu 24.27). Le
système des sacrifices nous montre notre plus grand besoin
et nous prépare à la venue de Christ (Hé 9). Les prophètes
ont annoncé sa venue et sa souffrance (1 Pi 1.10-12). Et d’éter-
nité en éternité, nous nous rappellerons le sacrifice de Jésus
et nous lui rendrons gloire (Ap 5.6 et 12).
La croix de Christ est au centre du plan de Dieu pour
révéler et partager sa gloire pour toujours. Les prédicateurs
de la prospérité parcourent la Bible, soulignant toutes les
24 LA PROSPÉRITÉ ?
bénédictions terrestres dont jouissait le peuple de Dieu. En
opposition directe avec la manière dont le Christ aborde
les Écritures (p. ex., Lu 24.27), ces prédicateurs font des
bénédictions terrestres le sujet central de la Bible. Cette
interprétation des Écritures détourne les gens du caractère
central de la croix de Christ et vole à Dieu sa gloire. La plus
grande charge retenue contre cet évangile de prospérité,
c’est qu’il s’approprie la gloire de Dieu.
Conclusion
Alors qu’il prétend apporter une bonne nouvelle, l’évan-
gile de la prospérité propose un faux message qui éloigne
les gens de Dieu. Cet évangile est un message dangereux.
Il présente aux hommes un petit Dieu qui est considéré
comme un moyen d’obtenir des biens matériels. Cet évan-
gile fait un mauvais diagnostic du plus grand problème de
l’homme – le péché et la séparation d’avec Dieu – et est
incapable d’identifier et de répondre à notre plus grand
besoin. Ce soi-disant évangile est incapable de nous sauver.
Tout ce qu’il fait, c’est détourner notre attention de la gloire
de Dieu vers des inventions humaines et des bénédictions
temporaires. Au lieu de rendre gloire à Dieu, l’évangile de la
prospérité glorifie l’homme et les choses de ce monde. Voilà
pourquoi c’est un faux évangile.
Chapitre 1
UNE MAUVAISE
COMPRÉHENSION DE
LA BIBLE
Kenneth Mbugua
[…] il y a des points difficiles à comprendre, dont les
personnes ignorantes et mal affermies tordent le
sens, comme celui des autres Écritures, pour leur
propre ruine. Vous donc, bien-aimés, qui êtes aver-
tis, mettez-vous sur vos gardes, de peur qu’entraînés
par l’égarement des impies, vous ne veniez à déchoir
de votre fermeté (2 Pi 3.16,17).
Le caractère mensonger de l’évangile de la prospérité
trouve sa racine dans l’interprétation erronée de la Bible. La
Parole de Dieu a été tordue, tant involontairement qu’inten-
tionnellement, et le résultat est un message trompeur façonné
par l’homme. Si vous recherchez sincèrement la vérité et si
26 LA PROSPÉRITÉ ?
vous vous approchez humblement de sa Parole, Dieu peut
vous libérer des mensonges de cet évangile faux et vide de
sens et vous donner la vie en lui. Mon assurance repose sur
la promesse du Christ dans Jean 8.31,32 : « Si vous demeu-
rez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous
connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »
Dieu nous a révélé la vérité dans la Bible. Toutefois,
cette vérité a de nombreux concurrents ; nos cœurs trom-
peurs (Jé 17.9), le diable, qui est « celui qui séduit toute la
terre » (Ap 12.9), et un monde rempli de mensonges. En
tant que chrétiens, nous ne devons pas oublier que la vérité
ne se détermine pas par un vote, un point de vue ou une
thèse populaire. Dieu nous a déjà révélé la vérité et nous
devons chercher à comprendre ce qu’il nous dit. Comment
pouvons-nous le faire ?
En lisant la Bible, nous devons nous demander : quel
message Dieu veut-il transmettre à travers ce passage ?
C’est exactement la question que chacun de nous se pose
lorsqu’il lit une lettre ou un SMS d’un ami. Nous lisons tout
le message, tout en essayant de déterminer ce que l’auteur
veut dire, en établissant un lien avec ses messages anté-
rieurs, et en cherchant à élucider toute confusion avec les
mots qui nous sont peu familiers. Une fois le message bien
compris, nous pouvons apporter une réponse claire.
Pourtant, plusieurs prédicateurs lisent la Parole de Dieu
avec moins d’attention que lorsqu’ils lisent le texto d’un ami.
Les prédicateurs de la prospérité, dans leur approche de
la Parole de Dieu, lui donnent le sens qu’ils décident eux-
mêmes : des phrases sont prises hors de leur contexte, des
passages de la Bible sont carrément ignorés, et des mots
sont déformés. Si les gens lisaient nos lettres et nos textos
de façon similaire, nous serions également mal compris.
Nous ne pouvons pas nous permettre de faire cette erreur
Une mauvaise compréhension de la Bible 27
en lisant le message le plus important qui puisse exister. Ne
manquez pas le véritable sens de l’évangile de Dieu parce
que vous êtes trop occupés à façonner votre propre version
de la Bonne Nouvelle.
Si vous êtes membre d’une Église où l’évangile de la pros-
périté est prêché, vous aurez du mal à croire que ce n’est pas
l’Évangile. Après tout, vous aurez déjà mémorisé des ver-
sets de la Bible qui semblent confirmer cette théologie de la
prospérité. Le problème n’est pas dans les versets que vous
apprenez, mais plutôt dans la mauvaise interprétation que
les prédicateurs de la prospérité donnent à ce verset.
Dans ce chapitre, nous voulons aborder quelques fausses
interprétations les plus répandues de la Bible qui servent de
base de proclamation de l’évangile de la prospérité. Nous
allons chercher à comprendre le véritable sens de ce que
Dieu nous dit dans ces textes en étudiant leurs contextes
et leur signification, plutôt que de leur imposer nos propres
interprétations. Traitons donc la Parole de Dieu avec res-
pect et attention.
Sa pauvreté et nos richesses
Commençons par 2 Corinthiens 8.9 : « Car vous connais-
sez la grâce de notre Seigneur Jésus‑Christ, qui pour vous
s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pau-
vreté vous fussiez enrichis. » Les prédicateurs de la pros-
périté utilisent ce verset pour proclamer que Christ est
mort afin que nous soyons prospères. Pourtant, lorsque
vous lisez le contexte de 2 Corinthiens 8 vous découvrez
tout de suite qu’il est question de chrétiens qui donnent de
leurs biens à d’autres chrétiens. En outre, Paul demandait
aux Corinthiens d’imiter le don sacrificiel de chrétiens qui
étaient eux-mêmes très pauvres.
28 LA PROSPÉRITÉ ?
Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu
qui s’est manifestée dans les Églises de la Macédoine.
Au milieu de beaucoup de tribulations qui les ont
éprouvées, leur joie débordante et leur pauvreté pro-
fonde ont produit avec abondance de riches libérali-
tés de leur part (2 Co 8.1,2).
Paul soutient, comme un exemple de piété, les chrétiens
pauvres en Macédoine qui continuaient de se sacrifier pour
subvenir aux besoins des autres. Puis, au verset 9 du même
chapitre, pour faire prévaloir son point de vue, Paul com-
pare leurs actes à l’exemple, beaucoup plus grand, de celui
qui s’est sacrifié pour notre bien.
Il est donc totalement erroné de lire ce chapitre et
conclure qu’il s’agit de nous enrichir. Au contraire, en nous
donnant ici deux exemples à suivre, Dieu nous enseigne
par l’apôtre Paul que nous devrions vivre une vie de sacri-
fice et de générosité. La joie des Macédoniens et de Christ
ne provient pas de la richesse, mais de l’amour de Dieu qui
les amène à donner de manière sacrificielle pour le bien
des autres.
Selon ce verset, à quelles richesses Christ a-t-il renoncé
et auxquelles les chrétiens à leur tour doivent-ils renon-
cer ? Est-ce à une richesse matérielle que Christ a renoncé
pour venir nous sauver ? La Bible et la simple logique nous
montrent clairement que ce n’est pas de cela qu’il s’agit.
Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres
intérêts, considère aussi ceux des autres. Ayez en
vous les sentiments qui étaient en Jésus‑Christ,
lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé
comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu,
mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme
Une mauvaise compréhension de la Bible 29
de serviteur, en devenant semblable aux hommes
(Ph 2.4-7).
Christ était effectivement pauvre lorsqu’il était sur la
terre comme les évangiles nous le montrent à plusieurs
reprises (Lu 9.58). Mais, dans le texte ci-dessus, nous voyons
que Christ s’est humilié en quittant le ciel, renonçant à sa
gloire, ainsi qu’à la communion spirituelle et intime dont il
jouissait avec son Père pour venir dans ce monde sous une
forme humaine. Ce que Christ a laissé a beaucoup plus de
valeur qu’une richesse matérielle. Les richesses que Christ
a (temporairement) abandonnées pour notre cause sont des
richesses célestes et spirituelles. Et voici les richesses pour
lesquelles Christ s’est donné pour nous à la croix : la récon-
ciliation et la communion avec Dieu (Jn 17.24).
Toutefois, dans les siècles à venir, selon Apocalypse 21, il
y aura des rues d’or pur dans la nouvelle Jérusalem (v. 21).
Est-ce là la motivation d’un chrétien pour vouloir habiter
cette ville ? Continuez la lecture et vous verrez dans les ver-
sets qui suivent que la gloire du Père et de l’Agneau éclairera
le ciel (v. 23). Voilà un sujet de joie beaucoup plus grand
pour le chrétien !
Si vous vous demandez à quoi la Bible donne de l’impor-
tance, cherchez dans le livre de l’Apocalypse les allusions
aux bénédictions matérielles, puis les allusions à la gloire et
à l’adoration de Dieu. Le cœur qui aime Dieu soupire après
le jour où nous serons dans l’adoration et la contemplation
du Seigneur. En ce jour-là, les saints, rassasiés en Dieu, lui
offriront une adoration sacrificielle comme les Macédoniens
et Jésus-Christ l’ont fait, au lieu de s’inquiéter de ce qu’ils
peuvent accumuler maintenant.
30 LA PROSPÉRITÉ ?
La santé et la guérison
L’un des versets très souvent utilisés pour enseigner que
Dieu nous guérira de toutes nos maladies est Ésaïe 53.5 :
« Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniqui-
tés ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui,
et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. »
Notez d’abord que ce verset ainsi que ceux qui le précèdent
ou le suivent décrivent la souffrance du Messie et sa mort
sacrificielle pour nous. Pourquoi Christ a-t-il souffert et
est-il mort ? Ce verset explique clairement qu’il est mort
pour nos transgressions et nos iniquités – nos péchés. S’il
est mort pour nos péchés, alors quelle est la nature de la
guérison que sa mort nous apporte ? Le véritable sens de ce
texte est que nous sommes guéris de notre culpabilité par
le sacrifice de Christ.
L’apôtre Pierre dit : « [Il] a porté lui-même nos péchés
en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous
vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel
vous avez été guéris » (1 Pi 2.24). Mourir au péché et vivre
dans la justice ; voilà la guérison merveilleuse et éternelle
que nous offre le sacrifice de Christ.
Il est aussi vrai que, comme l’explique la Bible, l’œuvre
du Christ à la croix a des implications concernant la souf-
france. En nous guérissant de notre péché, Christ s’est
assuré que les conséquences du péché qui a corrompu le
monde, y compris la souffrance, soient également effacées.
La Bible dit aussi que cette fin glorieuse de l’œuvre de la
rédemption ne se produira pas avant qu’il ne revienne et
mette fin à cette ère présente (Ro 8.18-25 et 1 Co 15.20-28).
Nous ne pourrons pas jouir de tous les avantages de l’œuvre
de la croix sur cette terre.
Une mauvaise compréhension de la Bible 31
Un jour, nos corps seront glorifiés et la terre sera restau-
rée et il n’y aura plus de larmes. La foi en ce futur assuré
nous donne la force d’endurer les douleurs du siècle pré-
sent : « Les souffrances du temps présent ne sauraient être
comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous »
(Ro 8.18). Tant que nous vivrons dans des corps corrom-
pus dans un monde déchu, nous connaîtrons la souffrance.
Toutefois, nous attendons avec une ferme assurance le jour
du Seigneur.
Cependant, y a-t-il des signes d’espoir qui nous rap-
pellent que la souffrance, due à l’œuvre du Christ, sera com-
plètement supprimée ? Bien sûr que si. Il y a une raison
pour laquelle Matthieu décrit la guérison physique comme
un accomplissement dans Ésaïe 53.4 (voir Mt 8.17). Et il y
a également une raison pour laquelle Jésus guérissait les
malades en même temps qu’il leur pardonnait leurs péchés.
John MacArthur nous aide à établir le lien entre la guéri-
son, la souffrance de Christ et notre souffrance :
[Ésaïe annonça que] le Messie aurait à supporter les
conséquences des péchés des hommes, c’est-à-dire les
chagrins et les peines de la vie. […] Matthieu présenta
le ministère de guérison de Jésus comme accomplis-
sant par analogie ces paroles […] En effet, la maladie
est le fruit du péché, pour lequel le « serviteur » a
payé de sa vie (v. 7,8 ; voir 1 Pi 2.24). Dans l’éternité,
toute maladie disparaîtra, si bien que finalement cela
fait partie des bénéfices de la rédemption1.
1. La Sainte Bible avec commentaires de John MacArthur, Société
Biblique de Genève, 7e éd., 2013, voir És 53.4.
32 LA PROSPÉRITÉ ?
Le ministère de guérison du Christ a accompli la prophé-
tie, démontré sa puissance et donné la preuve qu’il est Dieu.
La guérison physique n’était pas le but fondamental, mais
plutôt un moyen pour atteindre le but. Le but était que nous
croyions en Christ pour le pardon de nos péchés et que nous
soyons réconciliés avec Dieu (Jn 20.30,31). De nos jours,
notre Dieu continue de guérir les malades. Dieu fait encore
des miracles. Et nous avons l’assurance qu’un jour, il n’y
aura plus de maladie, ni de souffrance. Cependant, n’utili-
sons pas la Bible de la mauvaise manière en réclamant des
promesses que Dieu n’a jamais faites.
Dieu n’a pas promis une vie terrestre sans souffrance,
mais il nous a promis la grâce (2 Co 12.9,10) et le bien ultime
(Ro 8.28) dans les moments de souffrance. Comme l’apôtre
Paul, nous tenons fermes dans les moments de souffrance
afin de connaître l’espérance de sa résurrection (Ph 3.10,11).
Nous mettons notre foi en l’Évangile et nous nous accro-
chons à l’assurance que nous avons en Christ. Cette assu-
rance durera plus longtemps que toutes les douleurs que
nous pouvons connaître dans cette vie2.
Nos prières et les promesses de Dieu
Dans les moments difficiles, les chrétiens, dans leurs
prières, demandent à Dieu sa force, son orientation et son
aide. La prière est un élément essentiel de la vie de tout
croyant et de toute Église. Toutefois, la force d’une vie de
prière n’est pas déterminée par un compteur de mots. Ce
que nous demandons dans la prière révèle la condition
de notre cœur. Les Églises qui prêchent l’évangile de la
2. Nous y reviendrons avec plus de détails dans le chapitre sur la
souffrance.
Une mauvaise compréhension de la Bible 33
prospérité organisent souvent de longs cultes de prière, et il
n’y a rien de mal à cela. Toutefois, nous devons comprendre
que la motivation de nos prières est plus importante que
leur longueur.
Les prédicateurs de la prospérité encouragent les Églises
à baser leurs prières sur des promesses confuses et à prier
pour des mauvais motifs. La promesse selon laquelle les
chrétiens peuvent tout demander au Père et qu’il leur don-
nera ce qu’ils demandent se trouve dans plusieurs endroits
dans les évangiles. C’est l’une des plus belles promesses
dans la Bible. La portée de cette promesse dépasse même
ce que les prédicateurs de la prospérité peuvent imaginer.
Dieu promet de répondre aux prières de ses enfants.
C’est ce que disent les versets et c’est ce que cela signifie.
Toutefois, ce n’est pas tout ce que les versets disent et signi-
fient. Regardons de plus près Jean 15.7 : « Si vous demeurez
en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez
ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. »
Le verset commence par une condition : si vous demeu-
rez en moi, et que mes paroles demeurent en vous. Si vous
retirez cette condition de la phrase, vous aurez inévitable-
ment une mauvaise compréhension de la promesse. Si nous
vivons en Jésus-Christ et que ses paroles prennent vie en
nous, alors ce serait pour Dieu un immense plaisir d’accéder
à ce que nous demandons. La Parole de Dieu est la volonté
de Dieu qui nous a été révélée. Si nous nous plongeons en
Jésus-Christ tel que la Parole de Dieu l’a révélé, au point où
ses désirs deviennent les nôtres, alors notre volonté sera
conforme à la sienne. Lorsque ce miracle se produit, nous
désirerons et prierons pour demander ce que Dieu veut.
C’est la même logique que nous observons dans un autre
verset qui est très mal compris : « Nous savons, du reste, que
toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu »
34 LA PROSPÉRITÉ ?
(Ro 8.28). Cela veut-il dire que Dieu me donnera tout ce que
je veux ? Regardez bien. Les personnes mentionnées dans ce
verset sont celles qui l’aiment. Si vous aimez Dieu, vous vou-
drez plus que toute autre chose la gloire et la volonté de Dieu
dans votre vie. C’est un désir que Dieu veut voir s’accomplir.
Jésus-Christ lui-même a donné l’exemple dans sa prière :
« Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de
moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux »
(Mt 26.39). Dans son humanité, il voulait se libérer de la
souffrance. Toutefois, il y avait quelque chose de plus grand
qu’il voulait : la volonté et la gloire de son Père. C’est le genre
de prière que Dieu prend plaisir à recevoir.
La Bible enseigne clairement que Dieu fait ce qu’il veut :
« Tout ce que l’Éternel veut, il le fait, dans les cieux et sur
la terre, dans les mers et dans tous les abîmes » (Ps 135.6).
Mais en Jésus-Christ, le plaisir de Dieu et le nôtre se ren-
contrent. Lorsque nous nous plongeons dans sa Parole, Dieu
nous transforme par son Esprit en changeant nos valeurs,
nos passions et nos désirs pour qu’ils soient conformes à sa
volonté. Il nous amène à désirer ce qu’il désire et à lui faire
connaître ces choses par la prière.
Cela fait-il de la promesse de Jean 15 une petite pro-
messe ? Bien au contraire, le Dieu souverain a choisi d’ac-
complir sa volonté par la prière des chrétiens : « car c’est
Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son
bon plaisir » (Ph 2.13). Dieu a choisi de rendre nos prières
puissantes. Dieu ne dit pas : « Ne vous préoccupez pas de
prier, car je ferai ce qui est le mieux pour vous, sans vous. »
Au lieu de cela, il prend plaisir à faire ce qui convient pour
le mieux en réponse à nos prières. Il change les cœurs
afin que nous désirions sa parfaite volonté, et lorsque nous
prions selon sa volonté, il aime nous répondre.
Une mauvaise compréhension de la Bible 35
La Bible est pleine de modèles de prières basées sur la
volonté de Dieu. Voyons, par exemple, comment les prières
de Daniel étaient inspirées de la Parole de Dieu. Dans
Daniel 9, nous lisons comment Daniel a découvert la pro-
phétie de Dieu concernant la désolation de Jérusalem qui
devait prendre fin après soixante-dix ans ; une époque qui
approchait très rapidement. Daniel est-il resté là, à ne rien
faire ? Non, cette prophétie l’a amené à prier. Dans le jeûne
et la prière, Daniel a recherché la volonté de Dieu. C’est avec
joie que Dieu reçut cette prière et y répondit au moment où
les exilés rentrèrent chez eux. Voici comment Dieu opère et
comment nous devrions prier.
Nous devons veiller à interpréter Jean 15 et les pas-
sages similaires de la Bible à la lumière de la volonté sou-
veraine de Dieu à travers nos prières. Lorsque nos cœurs
sont immergés dans la Parole de Dieu, nous désirons la
volonté et la gloire de Dieu par-dessus tout. Cette attitude
nous conduira à prier comme Christ l’a fait dans le jardin de
Gethsémané. Cependant, si nous perdons de vue la volonté
de Dieu et devenons obsédés par nos propres désirs char-
nels, cela prouve que nous ne sommes pas en Jésus-Christ.
Nous ne pouvons pas demander l’aide de Dieu et au même
moment nous opposer à sa volonté. Dieu a un meilleur plan
pour la prière. Ne sortons pas de ce plan à cause de notre
interprétation égoïste et erronée de sa Parole.
Semer et moissonner
Le concept biblique de semer et moissonner a été très sou-
vent mal interprété. Dans de nombreuses Églises, ce concept
est connu comme la « loi de la semence et de la moisson ».
Deux des versets les plus couramment utilisés pour soute-
nir ce concept sont 2 Corinthiens 9.6 (« Sachez-le, celui qui
36 LA PROSPÉRITÉ ?
sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondam-
ment moissonnera abondamment ») et Galates 6.7 (« Ne
vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un
homme aura semé, il le moissonnera aussi »). Quel est le
message de Dieu pour nous dans ces versets?
D’abord, notons que ces versets sont simples à com-
prendre. Ils signifient ce qu’ils disent, et ils sont conçus
pour que la perspective de notre récolte nous motive à
semer. C’est ainsi que les choses fonctionnent dans la vie.
Nous devons tous vivre de façon à produire des bénéfices.
Il ne serait d’aucune utilité de semer, s’il n’y a pas à l’ho-
rizon un espoir de récolter. Le problème avec les prédica-
teurs de l’évangile de la prospérité, ce n’est pas d’espérer
une récolte après les semailles, mais plutôt leur trop petite
conception de ce qu’est la moisson. Ils pensent à un gain
temporaire alors qu’un gain permanent leur est offert. Ils
ont leur attention portée sur des choses insatisfaisantes et
manquent une bénédiction profondément satisfaisante. Ils
prêchent des trésors monétaires alors qu’un don de valeur
inestimable les attend.
Le principe de la semence et de la moisson que prône
l’évangile de la prospérité s’éloigne de l’enseignement de la
Bible de diverses manières. Ce principe défie la perspective
céleste que la Bible nous demande d’avoir. Cette perspective
céleste devrait nous permettre de savoir comment semer
de notre temps, de notre énergie, de nos talents et de notre
argent pour le royaume de Dieu.
Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la
teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent
et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le
ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et
Une mauvaise compréhension de la Bible 37
où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est
ton trésor, là aussi sera ton cœur (Mt 6.19-21).
L’idée de posséder des trésors n’est pas du tout mau-
vaise. C’est pourquoi nous devons rechercher le trésor
éternel, plutôt qu’un trésor qui ne peut durer longtemps.
Quel pauvre évangile est celui qui consiste à nous offrir
simplement un trésor terrestre ! En revanche, c’est la
connaissance et l’espoir en leur trésor éternel qui a per-
mis au peuple de Dieu d’endurer la persécution même en
perdant leurs biens terrestres. C’est à juste titre que l’au-
teur de l’épître aux Hébreux rend témoignage de ses frères
en disant : « vous avez accepté avec joie l’enlèvement de
vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui
durent toujours » (Hé 10.34). Voilà ce que Dieu offre à son
peuple : des semences spirituelles et des récoltes éternelles.
L’évangile de la prospérité fait également la promotion
de l’amour de l’argent, alors que la Bible est très explicite sur
les dangers de cette approche de la vie. L’enseignement de
l’apôtre Paul sur ce phénomène est très clair :
Car l’amour de l’argent est une racine de tous les
maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont
égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans
bien des tourments. Pour toi, homme de Dieu, fuis
ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, la
charité, la patience, la douceur (1 Ti 6.10,11).
Ce que l’on appelle pratiquer le principe de la semence
et de la moisson n’est en grande partie qu’une couverture
pour cacher l’amour de l’argent. Cela dit, peu importe
comment nous appelons cette pratique, si ce sont les
choses matérielles qui nous intéressent, c’est tout ce que
38 LA PROSPÉRITÉ ?
nous récolterons, et nous passerons à côté des biens spi-
rituels. En effet, nous moissonnons effectivement ce que
nous semons. Et malheureusement, plusieurs, après avoir
pratiqué ce qu’ils pensaient être un principe biblique, ont
fini par ne récolter que peines et douleurs. Si nous aimons
l’argent, ce que Dieu nous a expressément mis en garde de
ne pas faire, nous pourrons peut-être obtenir des plaisirs
et des avantages éphémères. Toutefois, comme l’argent ne
peut satisfaire nos âmes ou guérir nos cœurs, ce que nous
récolterons à la fin de ces semailles désobéissantes, c’est la
tristesse et la mort.
En outre, l’idée de l’évangile de la prospérité de semer et
de récolter contredit la Bible en suggérant que Dieu n’a aucun
problème à être remplacé par les idoles. Que voulons-nous
dire ? Lorsque nous nous servons de la Bible pour justifier
notre poursuite idolâtrique de l’argent, nous faisons de Dieu
le pourvoyeur volontaire de notre idole préférée. Toutefois,
la colère de Dieu s’abat sur ceux qui relèguent sa merveil-
leuse gloire au second rang afin de se tourner vers d’autres
dieux. Le peuple de Dieu cherche le véritable trésor qui est
Dieu lui-même.
Mais ces choses qui étaient pour moi des gains,
je les ai regardées comme une perte, à cause de
Christ. Et même je regarde toutes choses comme une
perte, à cause de l’excellence de la connaissance de
Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé
à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de
gagner Christ (Ph 3.7,8).
Ce verset n’aurait certainement aucun sens pour qui-
conque pratique le principe de la semence et de la mois-
son tel que présenté par l’évangile de la prospérité. Paul dit
Une mauvaise compréhension de la Bible 39
que les choses matérielles pour lesquelles les prédicateurs
de l’évangile de la prospérité nous encouragent à venir à
Jésus-Christ sont celles qu’il a abandonnées afin de gagner
Christ. Que préfères-tu : les richesses de ce monde ou Dieu ?
Où se trouve ton trésor ?
À présent, examinons spécifiquement quelques pas-
sages utilisés par les prédicateurs de la prospérité pour
justifier leur approche du concept de semer et moisson-
ner. Nous avons vu précédemment que Paul a félicité les
Macédoniens pour le soutien financier qu’ils offrent à
l’Église de Jérusalem, malgré leur pauvreté. Selon Paul, à
quoi ces généreux donateurs doivent-ils s’attendre à rece-
voir en réponse de leurs actes de générosité ?
Quand les chrétiens sèment dans la générosité, ils
récoltent la gloire et l’honneur qu’ils remettent à Dieu. Il n’y
a aucune autre meilleure récolte possible. Continuez la lec-
ture et vous verrez que leur générosité « [fera] offrir à Dieu
des actions de grâces » (9.11). En pourvoyant aux besoins
du peuple de Dieu, ces chrétiens suscitent « de nombreuses
actions de grâces envers Dieu » (9.12). Et ceux qui reçoivent
ces dons « glorifient Dieu » à cause de leur obéissance
(9.13). Jésus lui-même nous a instruit ainsi: « Que votre
lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient
vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est
dans les cieux » (Mt 5.16). Le message est clair : donner
pour que Dieu soit glorifié. Quand nous semons pour Dieu,
nous récoltons l’énorme bénédiction qui est de glorifier et
d’honorer Dieu.
Bien que ce ne fût pas son objectif, Paul a tout de même
abordé la question des avantages matériels. De quelle
manière et dans quel but Paul a‑t-il décrit les bénédictions
matérielles destinées à ceux qui donnent avec un cœur
généreux ? Paul dit que ceux qui donnent recevront de Dieu
40 LA PROSPÉRITÉ ?
encore plus afin qu’ils puissent continuer à bénir les autres :
« Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin
que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à
tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute
bonne œuvre » (2 Co 9.8). Il ne leur promet pas le luxe,
mais il leur donne ce qu’ils ont besoin. Le but pour lequel
ils reçoivent n’est pas d’accumuler de la richesse, mais de
donner : « vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour
toute espèce de libéralités » (v. 9,11). Si vous pensez que ce
texte parle d’amasser de l’argent, c’est que vous avez complè-
tement raté l’essentiel. Dieu promet à ses enfants ce qu’il faut
pour le servir, et non le luxe pour l’ignorer.
Quant à Galates 6.7, l’étude de son contexte nous révèle
que Paul a enseigné quelque chose de très différent de l’évan-
gile de la prospérité. Dans ce texte, il n’est pas question de
recevoir mais de donner. Les chrétiens doivent « [porter]
les fardeaux les uns des autres » (6.2), « [faire] part de tous
[leurs] biens à celui qui [les] enseigne » (6.6), « ne pas [se
lasser] de faire le bien » (6.9) et « [pratiquer] le bien envers
tous » (6.10). Les semailles dans ce chapitre, c’est de bénir
les autres. Alors, qu’en est-il de la moisson ?
Dans Galates 6.8, Paul présente le principe de semer et
de moissonner comme un avertissement des conséquences
du refus de faire le bien. « Celui qui sème pour sa propre
chair moissonnera de la chair la corruption », et il ajoute :
« mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit
la vie éternelle ». Un examen attentif de ce passage nous
apprend que loin de soutenir l’évangile de la prospérité,
Paul le blâme avec la plus grande fermeté. Ceux qui sèment
pour Dieu récoltent des bénédictions spirituelles.
Lorsque vous donnez aux autres avec le motif d’en récol-
ter un gain financier ou autre, alors c’est pour la chair que
vous semez. Ceux qui marchent selon la chair n’hériteront
Une mauvaise compréhension de la Bible 41
pas du royaume de Dieu. Toutefois, bénir les autres de façon
désintéressée est une preuve de l’œuvre de l’Esprit. Pour les
saints, la moisson est la vie éternelle, et les Galates furent
encouragés à continuer de donner, car un jour ils récolte-
ront le fruit de leur œuvre. Dieu nous donne afin que nous
puissions donner aux autres. Notre récompense n’est pas
matérielle ni mondaine, mais plutôt spirituelle et éternelle.
La théologie de la parole de foi
Un autre message populaire de nombreux prédicateurs de
la prospérité aujourd’hui, c’est la théologie de la « parole
de foi ». Ils enseignent que nos paroles ont le pouvoir de
créer la réalité. Nous pouvons, dit-on, amener à l’existence
la santé et la prospérité en faisant des proclamations posi-
tives de ce que nous désirons. Une fois de plus, ce faux
enseignement repose fondamentalement sur une mauvaise
compréhension de plusieurs versets bibliques.
La foi qui est développée dans cet enseignement n’est
pas une vraie foi en Dieu, mais plutôt une foi en soi-même.
Les enseignements donnés encouragent l’homme à se voir
comme étant le propre maître de sa destinée. On dit que si
vous croyez avec confiance, vous pouvez vous-même tra-
cer votre propre avenir et acquérir les désirs de votre cœur.
Lorsque ces désirs ne se matérialisent pas, alors on vous
reproche d’avoir peu de foi.
Bien que beaucoup de ces prédicateurs fondent rarement
leurs enseignements sur les saintes Écritures, ils citent par-
fois Hébreux 11.1 comme preuve. Dans la version anglaise
King James, l’auteur de l’épître aux Hébreux dit : « la foi
est la substance des choses qu’on espère ». S’appuyant sur
le mot « substance » (confiance ou assurance dans d’autres
versions), les prédicateurs de la parole de foi affirment que
42 LA PROSPÉRITÉ ?
c’est la foi qui crée la substance. Si tel était le cas, Dieu ne
serait pas le seul Créateur ; nous pourrions nous joindre à lui
en créant par notre parole, faisant valoir ainsi notre volonté.
Nous pouvons une fois encore remédier à cette interpré-
tation erronée si nous traitons la Bible avec respect et étu-
dions bien le contexte duquel est tiré chaque verset. Lisez
l’épître aux Hébreux et vous comprendrez clairement que
l’auteur n’enseigne pas à ses interlocuteurs comment uti-
liser la puissance de la foi pour changer les circonstances
de leur vie. Dans les versets qui précèdent ce chapitre 11,
l’auteur félicite ses interlocuteurs pour avoir « soutenu
un grand combat au milieu des souffrances » (10.32) et
« accepté avec joie l’enlèvement de [leurs] biens » (10.34).
Puis, au verset 35, l’auteur les encourage à continuer avec
la même confiance qui les habitait dans ces circonstances
désastreuses. Quelle était cette confiance ?
C’était, d’abord, une foi empreinte de patience et non
entretenue par le sentiment d’un dû à réclamer. « Car vous
avez besoin de persévérance, afin qu’après avoir accompli
la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis »
(10.36). La foi des chrétiens hébreux s’est avérée réelle
après qu’ils eurent enduré, et non évité, la souffrance :
« Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se
perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme »
(10.39). De plus, il s’agissait d’une confiance basée sur les
choses éternelles, comme en témoigne cette affirmation :
« sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent
toujours » (10.34). Leur « grande récompense » n’était pas
quelque chose d’éphémère comme la santé ou les posses-
sions matérielles.
La foi que nous observons dans Hébreux 10 et 11 a permis
à ces chrétiens de voir au-delà de leur souffrance actuelle,
et de considérer l’éternité que Dieu leur a réservée. Cette
Une mauvaise compréhension de la Bible 43
assurance en leur héritage à venir leur a donné la force de
laisser tomber leurs biens terrestres. Alors que les gens du
monde vivent pour ce qu’ils peuvent obtenir maintenant, les
chrétiens, eux, ont une motivation totalement différente.
Les exemples de foi que nous voyons dans Hébreux 11
n’ont donc rien à voir avec la puissance de la foi qui change
les circonstances (ce n’est pas la foi, mais Dieu qui change
les circonstances). Au contraire, ce sont des exemples de
personnes agissant sur la base d’une réalité future qui ne
pouvait être vue et possédée que par la foi parce qu’elle
n’était pas matérielle ou terrestre. Cela inclut les croyants
qui étaient torturés, battus, emprisonnés, et même tués. La
foi qu’ils avaient leur a permis de supporter la souffrance
et, après la mort, de recevoir le but et la récompense de leur
foi : la gloire éternelle qui les attendait. « Ils désirent une
meilleure [patrie], c’est-à-dire une céleste » (Hé 11.16).
C’est un grand péché d’enseigner aux croyants, qui sont
appelés à supporter les souffrances présentes en vue d’une
récompense éternelle, qu’ils devraient plutôt chercher et
réclamer des récompenses maintenant. Ce faux enseigne-
ment empêche les chrétiens qui souffrent de profiter de la
grâce et de l’espoir que procure la foi véritable. Le message
de la parole de foi, exposé comme un mensonge, a également
éloigné les gens de l’Église et du christianisme. Que tous
ceux qui ont la responsabilité et le privilège de prêcher la
parole de Christ se souviennent de ses paroles : « Mais, si
quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il
vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule
de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer » (Mt 18.6).
44 LA PROSPÉRITÉ ?
Conclusion
L’évangile de la prospérité repose sur des interprétations
erronées qui déforment complètement le sens de la Bible.
Cette façon de faire détourne les chrétiens de l’adoration de
Dieu pour les tourner vers une adoration de soi-même et
une confiance en un faux évangile. Nous devons traiter la
Parole de Dieu avec sincérité et sérieux afin de parvenir à la
connaissance de la vérité et que, par elle, nous soyons libres.
Lorsque notre Seigneur Jésus-Christ quitta les cieux et
prit une forme humaine, il n’a pas abandonné les avantages
matériels ni ne nous les a promis non plus. Il a abandonné
des richesses célestes, la gloire et l’amour qu’il partageait
avec son Père, pour venir dans notre monde afin que nous
puissions partager avec lui ces mêmes bénédictions pour
toujours. Quand Christ a vécu une vie de souffrance et
ensuite est mort sur la croix, la punition qu’il a subie avait
pour but de nous guérir de notre plus profonde blessure –
notre péché. Dieu nous promet donc quelque chose de bien
plus important et précieux que la santé ou la richesse du
siècle présent. Grâce à sa mort et à sa résurrection, Jésus
nous a fait la promesse d’une réconciliation permanente
avec Dieu et d’une vie totalement libérée de l’esclavage du
péché dans les siècles à venir.
Lorsque le peuple de Dieu expérimente le salut en Jésus,
il veut glorifier Dieu plus que toute autre chose. Voyons com-
bien merveilleux est le plan de Dieu : il se sert des désirs
purs que son peuple exprime dans la prière pour réaliser sa
volonté. Ce n’est pas étonnant que la Bible nous encourage,
dans nos actes, à semer généreusement pour des motifs spi-
rituels. Si nous agissons ainsi, Dieu nous fait la promesse
d’une moisson éternelle qu’il a préparée pour nous au ciel.
Chapitre 2
VRAIE ET FAUSSE
PROSPÉRITÉ
Michael Otieno Maura
Il bâtit ensuite une ville, et il donna à cette ville le
nom de son fils Hénoc (Ge 4.17).
Seth eut aussi un fils, et il l’appela du nom d’Énosch.
C’est alors que l’on commença à invoquer le nom de
l’Éternel (Ge 4.26).
De nos jours, dans plusieurs pays, les gens parlent de
prospérité. Elle domine notre imagination et imprègne nos
conversations. Et puisqu’elle est au centre de notre culture,
elle est aussi montée en chaire. Il existe de nombreux pré-
dicateurs qui proclament un évangile de prospérité maté-
rielle. Pourtant, cette prospérité qui a saisi les cœurs et les
esprits des hommes et des femmes, des rues aux églises,
46 LA PROSPÉRITÉ ?
est une fausse prospérité. C’est une fausse prospérité contre
laquelle la Bible nous a mis en garde à plusieurs reprises.
Dès Genèse 4.17-26, nous observons un contraste entre
la famille impie de Caïn et la famille pieuse de Seth. La
famille de Caïn pouvait se vanter de ses grandes réussites
et de sa prospérité matérielle. Elle avait l’air d’avoir réussi,
mais sa richesse ne venait pas de Dieu. Loin de Dieu, sa
prospérité était éphémère et fugace ; elle était de ce monde
et pour ce monde. La famille de Seth ne pouvait pas se van-
ter d’avoir de tels biens matériels. Cependant, cette famille
invoquait le nom du Seigneur, et c’est ce qui lui faisait hon-
neur. Cette famille connaissait une vraie et durable prospé-
rité fondée en Dieu.
Le message que l’on prêche aujourd’hui dans la plupart
des chaires est centré sur le succès et la prospérité maté-
rielle : maisons et voitures, réussite dans les affaires, argent,
santé et bonheur. Ce genre de prédication est en conflit
direct avec la Parole de Dieu de la Genèse aux évangiles,
même jusqu’aux épîtres. Notre prédication devrait amener
les pécheurs à invoquer le nom du Seigneur. Elle devrait
conduire les gens à implorer la miséricorde et le salut par
le Seigneur Jésus-Christ dans la repentance et la foi, selon
les promesses de Dieu et dans l’attente d’un héritage futur.
Deux villes
Caïn bâtissait une ville (Ge 4.7). En apparence, il semblait
prospère. Aux yeux de ce monde, Caïn réalisait des progrès
et accomplissait de grandes choses.
Comme beaucoup d’entre nous, Caïn a pris conscience
de son besoin de sécurité. Après avoir tué son frère, Dieu
l’a chassé de sa présence et l’a condamné à une vie de
fugitif. Cependant, pour l’aider à supporter la peur qui le
Vraie et fausse prospérité 47
hantait à cause du sort qui lui était réservé, Dieu l’a gra-
cieusement marqué d’un signe de protection. Pourtant,
malgré la bonté de Dieu envers lui, Caïn prit les choses en
main. Qu’est-ce que cette histoire nous enseigne au sujet
de Caïn et de son ouvrage ?
Caïn travaillait très dur pour devenir quelqu’un d’impor-
tant sur la terre. Ses pensées et son énergie se focalisaient
sur cette vie. Il recherchait un honneur familial et a donné
le nom de son fils à une ville. Il accomplit toutes ces choses
à une ère de grands changements sociaux. Notez toutes les
nouvelles choses qui sont décrites dans ces versets : l’agri-
culture moderne ; la musique et l’art ; le travail à la machine
et la technologie. C’était une cité d’entreprises et de succès.
Or, les habitants de cette ville ne connaissaient pas Dieu.
Caïn marcha loin de la présence de Dieu et travaillait pour
sa propre gloire.
Même de nos jours, hommes et femmes se battent et tra-
vaillent dur pour se faire un nom sur cette terre. Les gens
se disent : si j’obtiens un bon travail, si je trouve une femme
(ou un mari), si je vis confortablement, alors je serai heu-
reux et comblé. Ça, c’est la voix de Caïn, et nous devrions
nous en méfier. Les choses peuvent paraître reluisantes de
l’extérieur, mais spirituellement nous pouvons courir un
véritable danger. L’histoire de Caïn nous démontre qu’avoir
une ville ou une grande maison n’est pas la preuve qu’une
personne est juste devant Dieu. Le plus important, c’est la
richesse spirituelle qui vient d’un changement radical dans
notre être intérieur. Voici ce que le Seigneur Jésus dit à ce
sujet : « il faut que vous naissiez de nouveau » (Jn 3.7).
La ville de Caïn fut construite pour la gloire de l’homme.
Son zèle déplacé pour faire régner son nom sur la terre a eu
de grands échos au cours des siècles jusqu’à notre propre
ère matérialiste. Travail, biens matériels, divertissement,
48 LA PROSPÉRITÉ ?
célébrité ; voilà le chemin de la réussite que notre monde
nous assure. Ce sont les matériaux que nous utilisons pour
bâtir nos villes. Et tout ce travail a pour inspiration la gloire
de l’homme. Le chemin de Caïn conduit pourtant à la des-
truction parce que « si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui
la bâtissent travaillent en vain ; si l’Éternel ne garde la ville,
celui qui la garde veille en vain » (Ps 127.1).
Dieu est en train de bâtir une ville différente, une ville
qui est pour sa gloire. Ceux qui aiment Dieu attendent avec
impatience cette ville céleste. Nous avons appris des héros
de la foi qu’« ils désirent une meilleure [patrie], c’est-à-dire
une céleste patrie. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être
appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité » (Hé 11.16).
La réalité, c’est que « nous n’avons point ici-bas de cité
permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir »
(Hé 13.14). Paul écrit : « Mais notre cité à nous est dans
les cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le
Seigneur Jésus‑Christ » (Ph 3.20).
C’est une tragédie de voir que beaucoup de prédicateurs
ne prêchent plus au sujet de la cité céleste. Ils sont plutôt
occupés à diriger nos regards vers la cité mondaine de
Caïn. Ils ne prêchent plus l’espérance sûre et infaillible du
chrétien, qui est « un héritage qui ne se peut ni corrompre,
ni souiller, ni flétrir, [et qui] est réservé dans les cieux »
(1 Pi 1.4). Au contraire, ils motivent les gens à poursuivre
le succès du monde, le bonheur et la satisfaction dans cette
courte vie.
Bien-aimé prédicateur, il y a deux villes. Laquelle
prêches-tu ? Bien-aimé dans le Seigneur, vers laquelle des
deux villes cours-tu de toute ta force ?
La cité de Caïn n’était pas une cité durable ; elle n’a pas
subsisté. Certains commentateurs de la Bible ont même
affirmé que Caïn n’a jamais achevé la construction de cette
Vraie et fausse prospérité 49
cité. Ceux qui recherchent le succès dans les choses que ce
monde offre finiront par être déçus. Ils se verront séparés
de Dieu pour toute l’éternité.
Par contre, la famille de Seth a invoqué le nom du
Seigneur. Elle a connu la vraie prospérité. Elle a cru aux
promesses de Dieu, attendant impatiemment l’éternelle cité
céleste. Les vrais croyants fondent leur espérance sur la vie
éternelle avec Dieu ; ceux-là ne seront jamais déçus.
La polygamie n’est pas une marque
de prospérité
L’histoire de Caïn et de sa famille nous donne un autre
avertissement. C’est Lamech1, un descendant de Caïn, qui a
introduit la polygamie dans le monde. Certaines personnes
voient aujourd’hui la polygamie comme étant une marque
de prospérité. En Afrique, avoir de nombreuses femmes est
interprété comme un signe de richesse, de pouvoir ou de
renommée. Quand j’étais encore jeune, lorsque je voyais un
homme épouser une autre femme, c’est qu’il venait d’avoir
une promotion au travail. Lorsqu’un homme avait une seule
épouse, on disait de lui qu’il ne possédait qu’un seul œil.
Récemment, un dirigeant africain a épousé une cinquième
femme ; ce fut l’objet d’une grande réjouissance. Nous
voyons souvent des hommes faire défiler leurs épouses
devant d’autres personnes pour qu’on sache à quel point ils
sont prospères et puissants. Il y a même un prédicateur qui
affirmait que Dieu lui était apparu et lui avait dit d’épouser
une autre femme. Aujourd’hui, il soutient la polygamie.
Cependant, dans Genèse 4.19, nous voyons que c’était
Lamech1, un descendant impie de Caïn, qui fut le premier
1. Ce Lamech est différent du descendant de Seth qui fut le père de Noé.
50 LA PROSPÉRITÉ ?
à corrompre l’institution du mariage avec la polygamie.
Genèse 2.24 nous enseigne clairement que c’est seulement
un homme et une seule femme qui deviennent une seule
chair. Lamech a violé cette instruction très claire que Dieu
a donnée. Puisque le mariage selon Dieu se fait entre un
seul homme et une seule femme (Mt 19.4,5), la polygamie
n’est donc pas un signe de prospérité telle que notre culture
veut nous faire croire ; c’est un péché. Si vous êtes marié
à une femme, la volonté de Dieu est que vous lui restiez
fidèle. Si vous aspirez au mariage, je vous supplie, au nom
du Seigneur, de ne pas suivre le même chemin que Lamech.
Pour ceux qui sont déjà polygames, je vous exhorte à
venir au Seigneur tels que vous êtes, car la Bible dit que
« chacun demeure dans l’état où il était lorsqu’il a été
appelé » (1 Co 7.20). Tu ne dois abandonner aucune de tes
femmes. Certaines Églises ne permettent pas, à tort, que
les membres d’un foyer polygame appartiennent à l’Église
et participent au repas du Seigneur. Ce qu’on ne devrait
pas permettre est qu’ils occupent des postes de leader dans
l’Église (1 Ti 3.2). Ceux qui viennent à Christ ne doivent
pas abandonner les femmes qu’ils ont épousées avant d’être
sauvés, mais ceux-ci ne doivent en aucune manière faire la
promotion de la polygamie.
La polygamie n’est pas une marque de prospérité, mais
plutôt une transgression de la loi de Dieu, et la Bible est
formelle sur les conséquences qui s’en suivent. Plusieurs
d’entre les femmes de Salomon ont détourné son cœur de
Dieu (1 R 11.4). La polygamie a causé de la souffrance à
Rebecca et à Isaac (Ge 26.35) ; elle crée la jalousie entre
les femmes (Ge 30.1 ; 1 Sa 1.6), et les querelles entre les
enfants (Ge 37 ; Jg 9). Je viens d’une famille polygame et je
comprends très bien cela. Lorsque le père décède, les dis-
putes et les rivalités vont jusqu’à diviser la famille, et ce,
Vraie et fausse prospérité 51
souvent même avant l’enterrement. La polygamie n’est pas
une marque de prospérité.
N’enviez pas ceux qui ne craignent
pas Dieu
S’ils avaient vécu à notre époque, Caïn et ses descendants
auraient été considérés comme des modèles de réussite :
ils étaient riches ; ils avaient du succès dans le domaine
de la culture et de la technologie, et ils avaient plusieurs
femmes. La logique de l’évangile de la prospérité pousse
plusieurs à supposer, à tort, que les équivalents modernes
de la famille de Caïn sont bénis. Même pour les croyants qui
refusent de fonder leur espoir sur les biens de ce monde, il y
a encore des tentations à surmonter. La convoitise détourne
constamment notre attention de notre but unique qui est la
poursuite de la cité de Dieu.
Nous regardons la prospérité et les réalisations de ceux
qui ne craignent pas Dieu et cela nous rend perplexes
comme le psalmiste : « Toutefois mon pied allait fléchir, mes
pas étaient sur le point de glisser ; car je portais envie aux
insensés, en voyant le bonheur des méchants » (Ps 73.2,3).
Le psalmiste établit ensuite un lien étroit entre la famille de
Caïn et ce qu’annoncent les prédicateurs de la prospérité.
Les méchants, dit-il, semblent n’avoir aucun souci : leurs
corps respirent la santé et la vitalité, ils ont de la fierté, sont
à l’aise, et sont de plus en plus riches.
Alors que la Bible reconnaît que nous sommes tentés,
elle ouvre aussi nos yeux afin de nous aider à lutter contre
la tentation. Dieu a montré au psalmiste que les riches
qui sont arrogants et indifférents se tiennent au bord de
l’abîme. Le sort final de ces personnes, c’est la destruction
(Ps 73.17-20). Au lieu de les envier, nous devrions plutôt
52 LA PROSPÉRITÉ ?
éprouver de la compassion pour eux. La présence et la
sagesse de Dieu ont changé le point de vue du psalmiste
sur les impies prospères. Nos pensées et notre vie doivent
être à la lumière de l’éternité.
Les descendants de Caïn n’étaient pas connus pour leur
adoration vouée à Dieu, mais plutôt pour leurs réalisations
mondaines et leur prospérité. Ils ne connaissaient pas Dieu
et leurs réalisations ne pouvaient pas couvrir leur rejet de
celui dont ils avaient le plus besoin. Bien sûr, les choses
matérielles ne sont pas forcément mauvaises. Cependant, si
nous vivons pour la prospérité matérielle et le succès, nous
sommes semblables à celui qui construit sa maison sur le
sable. Les descendants de Caïn vécurent sur un terrain glis-
sant et leur fin était le jugement. Ils ont certainement pensé
avoir réalisé de grandes choses, mais ils n’ont rien construit
de durable.
Dieu a dit à son peuple : « Et toi, rechercherais-tu de
grandes choses pour toi-même ? Ne les recherche pas »
(Jé 45.5). Il a répété avec insistance aux enfants d’Israël
de ne pas se vanter de leur sagesse, de leur force et de leur
richesse (Jé 9.23). Et pourtant, aujourd’hui, les prédica-
teurs de la prospérité nous demandent de vivre pour ces
choses-là. Nous voyons encore et encore que la chose la
plus importante dans la vie est d’avoir une relation intime
et juste avec Dieu. Comme Dieu a déclaré : « Mais que celui
qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de
me connaître » (Jé 9.24).
La vraie prospérité
À quoi ressemble donc cette prospérité spirituelle que Dieu
veut que nous recherchions ? Après nous avoir montré
le mauvais exemple de la famille de Caïn, Genèse 4 nous
Vraie et fausse prospérité 53
indique la bonne direction à suivre : « C’est alors que l’on
commença à invoquer le nom de l’Éternel » (Ge 4.26).
Pour ces premiers croyants, Dieu était où il devait être,
c’est-à-dire au centre de leur vie. Ils avaient placé en lui leur
confiance et ils cherchaient continuellement sa face dans
l’adoration. Adorer Dieu, c’est le but pour lequel l’homme a
été créé. Comme le dit le Petit catéchisme de Westminster,
« le but principal de la vie de l’homme est de glorifier Dieu
et de se réjouir en lui pour toujours. »
Depuis les descendants de Seth jusqu’aux premiers chré-
tiens, le peuple de Dieu s’est toujours distingué comme un
peuple d’adorateurs de Dieu. Le peuple de Dieu est différent
du monde parce le nom, l’honneur, la gloire et la réputation
de Dieu valent, à leurs yeux, plus que tout ce que le monde
peut offrir. La famille de Seth a adoré celui qui promet et réa-
lise sa promesse ; celui qui avait promis un Sauveur. C’est ce
Dieu fidèle que les chrétiens adorent aujourd’hui ; celui qui
a tenu sa promesse et a envoyé le Seigneur Jésus-Christ. Les
chrétiens croient en la promesse de Dieu et attendent avec
une grande joie le retour du Seigneur Jésus-Christ ainsi que
l’arrivée des nouveaux cieux et de la nouvelle terre.
L’évangile de la prospérité détourne les gens du vrai
évangile centré sur Christ. Il détourne leur attention de
la mort du Seigneur Jésus au Calvaire. Cet évangile nous
détourne du prix que Christ a payé pour notre péché. Il
nous fait perdre de vue le pardon et la sainteté. Il obscurcit
le grand espoir du retour de Christ et de la vie nouvelle que
nous aurons avec lui.
Dieu ne nous sauve pas avec l’intention première de nous
bénir matériellement ; il nous sauve en vue de nous transfor-
mer et nous rendre semblables à Christ. Paul écrit : « Ne vous
conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés
par le renouvellement de l’intelligence » (Ro 12.2). L’Église
54 LA PROSPÉRITÉ ?
chrétienne, depuis les temps les plus anciens à nos jours, a
toujours reconnu que l’expiation de nos péchés, accomplie par
le Seigneur Jésus sur la croix du calvaire, est le thème central
du message chrétien (És 53.5 ; Jn 1.29 ; 2 Co 5.21 ; 1 Jn 4.10).
Pourtant, c’est le contraire que nous entendons aujourd’hui,
car l’homme et ce qu’il peut obtenir de Dieu sont au cœur
du message. Même les chorales entonnent des chants dont
le thème prédominant est « Bénis-moi, Seigneur ! ». Nous
devons retourner au message central de la Bible. Ceux qui
connaissent le Seigneur et font de lui le centre de leur vie
connaissent la vraie prospérité.
La prospérité spirituelle est supérieure
à la prospérité temporaire
S’attacher à la fausse prospérité a des conséquences désas-
treuses pour notre foi. Dès que nous retirons Dieu du centre
de notre vie et le remplaçons par des choses matérielles,
d’autres erreurs s’en suivent très rapidement. Tout d’abord,
nous oublions qui est la source de toute bénédiction. Et,
deuxièmement, nous ne réalisons plus que, même sur cette
terre, les bénédictions spirituelles sont infiniment supé-
rieures aux bénédictions matérielles. L’apôtre Paul nous
aide à corriger ces erreurs : « Béni soit Dieu, le Père de
notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes
sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes
en Christ » (Ép 1.3). Ces bénédictions spirituelles viennent
de Dieu. Elles ne viennent pas des évêques, des révérends,
des pasteurs ou des Églises.
Plusieurs prédicateurs de l’évangile de la prospérité veulent
même nous faire croire que les bénédictions proviennent de
l’huile d’onction, de l’eau bénite ou du fait de « tomber dans
l’esprit ». Certains vont jusqu’à vendre des balais et du sel
Vraie et fausse prospérité 55
avec lesquels, disent-ils, les fidèles chasseraient les démons
pour se débarrasser de toute attaque. Pourtant, la Bible nous
dit que Dieu est la source de nos bénédictions.
Tu te demandes certainement comment nous pouvons
recevoir ces bénédictions. Comment Dieu nous donne-t-il
ces bénédictions ? Encore une fois, Éphésiens 1.3 nous
donne la réponse. Nous recevons ces bénédictions seule-
ment en Christ et par Christ. C’est par Christ que passent
toutes les bénédictions du Père avant de nous atteindre.
Ne laissez pas les gens vous tromper en vous faisant croire
qu’ils ont le pouvoir de bénir d’autres personnes.
Tout comme Seth et ses descendants ont accordé plus
d’attention aux choses spirituelles qu’aux réalisations exté-
rieures, l’apôtre Paul nous assure que Dieu a béni son peuple
de toute bénédiction spirituelle. On les appelle bénédictions
spirituelles parce qu’elles viennent de Dieu et sont invisibles
aux yeux de l’homme. Elles ne concernent pas principale-
ment nos circonstances extérieures dans ce monde. Elles
sont éternelles. Paul nous montre que les bénédictions que
nous avons déjà en Christ, celles que le Christ a remportées
pour le peuple de Dieu, ont plus de valeur que toute autre
chose que nous pourrions posséder :
En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde,
pour que nous soyons saints et irrépréhensibles
devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour
à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon
le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire
de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé.
En lui nous avons la rédemption par son sang, la
rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce,
que Dieu a répandue abondamment sur nous par
toute espèce de sagesse et d’intelligence, nous faisant
56 LA PROSPÉRITÉ ?
connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveil-
lant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour
le mettre à exécution lorsque les temps seraient
accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles
qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre.
En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant
été prédestinés suivant la résolution de celui qui
opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté,
afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous
qui d’avance avons espéré en Christ. En lui vous
aussi, après avoir entendu la parole de la vérité,
l’Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous
avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis,
lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemp-
tion de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa
gloire (Ép 1.4-14).
Regardez la liste des merveilleuses bénédictions spiri-
tuelles. Nous sommes choisis, prédestinés, aimés, adoptés,
acceptés, rachetés, éclairés, pardonnés de Dieu et scellés
par le Saint-Esprit pour nous garantir un héritage divin. Ce
sont là des bénédictions éternelles qui ne peuvent jamais
être détruites. Par conséquent, elles peuvent nous procurer
une plus grande joie, un bonheur beaucoup plus parfait,
une plus grande satisfaction que toutes les bénédictions
éphémères en lesquelles les prédicateurs de la prospérité
nous exhortent à placer notre confiance.
Le peuple de Dieu possède une joie et un bonheur qui
va bien au-delà des situations difficiles et tristes que nous
traversons. Si vous êtes un couple marié et jusque-là, sans
enfants, ne laissez personne vous mépriser. Votre mariage
est béni et complet, que vous ayez des enfants ou non. Si
Vraie et fausse prospérité 57
vous êtes né de nouveau, né de Dieu, vous êtes richement
béni, peu importe que vous viviez dans une maison en paille
ou dans un manoir. Un homme peut vivre dans la pauvreté
matérielle toute sa vie et être plus heureux qu’un homme
d’affaires, car son trésor se trouve au ciel où la teigne et la
rouille n’auront aucune place (Mt 6.19).
Une chrétienne peut souffrir de maladie durant de
nombreuses années, mais cette souffrance ne peut pas
lui arracher les bénédictions dont parle Éphésiens 1. Elle
peut donc savourer la promesse du ciel, où il n’y aura plus
de larmes ni de souffrance (Ap 21.4). Tu es peut-être per-
sécuté, mais Jésus dit que tu es béni, car le royaume des
cieux est à toi (Mt 5.10).
Prière et prospérité
Nous avons vu que Dieu nous exhorte constamment à ne
pas nous attacher aux honneurs et bénédictions éphémères
qui prennent fin ici-bas. Avec la même fermeté, Dieu nous
oriente vers les bénédictions éternelles qui trouvent leur
source en lui, c’est-à-dire celles qui nous sont promises et
données en Jésus-Christ. Comment pouvons-nous éva-
luer notre degré d’engagement dans cette lutte ? Y a-t-il
des signes d’alerte qui démontrent que nous sommes en
train d’abandonner la prospérité qui vient de Dieu au pro-
fit de celle de valeur inférieure que nous offre le monde ?
Le Seigneur Jésus l’a bien démontré ; notre façon de prier
indique clairement quelles sont nos priorités et quel est
l’état de notre relation avec Dieu.
L’évangile de la prospérité a transformé la manière dont
les gens prient. Aujourd’hui, la plupart des sujets de prière
sont plus portés vers les choses terrestres que les choses
spirituelles. Il vous suffit d’allumer votre radio ou votre
58 LA PROSPÉRITÉ ?
téléviseur et vous en aurez la preuve. Souvent, ces prières
matérialistes sont basées sur des versets bibliques totale-
ment sortis de leurs contextes. Aujourd’hui, si vous priez
pour des choses spirituelles, certains membres de l’Église
pourraient même se plaindre. Donc, comment devons-nous
prier ? Dans l’épître aux Colossiens, nous voyons que la
priorité dans la prière est accordée aux choses spirituelles :
C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous
en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu
pour vous, et de demander que vous soyez remplis
de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et
intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière
digne du Seigneur et lui être entièrement agréables,
portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres
et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés
à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte
que vous soyez toujours et avec joie persévérants et
patients. Rendez grâces au Père, qui vous a rendus
capables d’avoir part à l’héritage des saints dans
la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des
ténèbres et nous a transportés dans le royaume du
Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption,
la rémission des péchés (Col 1.9‑14).
Qu’est-ce que Paul demande dans la prière en faveur des
chrétiens de Colosses ? Paul ne prie pas pour qu’ils soient
matériellement riches ; il ne prie pas pour qu’ils réussissent
dans les affaires ; il ne prie pas pour une belle maison ; il
ne prie pas pour qu’ils soient toujours en bonne santé ; il
ne prie pas non plus pour qu’ils ne meurent pas. Au lieu de
cela, il prie que Dieu les remplisse de la connaissance de
sa volonté par la sagesse et la compréhension spirituelles.
Vraie et fausse prospérité 59
Paul fait cette prière afin qu’ils puissent vivre une vie
digne et agréable au Seigneur dans tous les sens. Il nous
montre ce que c’est de vivre une vie digne et agréable au
Seigneur, ce qui est en contradiction parfaite avec ce que
prêchent les prédicateurs de la prospérité. Une vie digne
aux yeux du Seigneur est une vie qui porte du fruit dans
toute bonne œuvre ; une vie qui grandit continuellement
dans la connaissance du Seigneur ; une vie fortifiée par la
puissance de Dieu afin d’endurer la souffrance et qui, joyeu-
sement, rend grâce au Père. Est-ce de cette manière que tu
pries pour les autres et pour toi-même ? Qu’est-ce qui est au
centre de tes prières ? Es-tu toujours en train de demander
à Dieu des promotions, des voitures ou des choses pour ton
confort ? Nous pouvons et devons prier pour nos besoins
physiques aussi (Lu 11.3), mais de telles prières ne doivent
pas dominer ou prendre le dessus sur nos besoins spirituels
et sur le royaume de Dieu (Lu 11.2-4). Dans nos prières,
nous devons accorder la priorité aux choses spirituelles.
Conclusion : la grande séparation
Depuis la chute de l’homme, il existe une grande sépara-
tion entre ceux qui rejettent Dieu, comme Caïn, et ceux qui
invoquent le nom du Seigneur, comme Seth. Il existe un
fossé entre ceux qui accumulent les trésors de cette terre
et en font leur raison de vivre, et ceux qui amassent des
trésors dans le ciel. La rupture entre ces deux côtés n’est
pas quelque chose de nouveau ; mais considérant l’ampleur
que l’évangile de la prospérité prend dans nos Églises, nous
devons l’affronter avec la sagesse de Dieu en enseignant
clairement la Bible.
Lorsqu’on nous bombarde avec la fausse prospérité de
la mondanité, nous devons nous attacher fermement à la
60 LA PROSPÉRITÉ ?
véritable prospérité que Dieu offre. Nous devons rejeter
la cité de Caïn qui existe pour la gloire de l’homme et qui
tombe dans l’oubli, afin d’aspirer à la glorieuse cité céleste
et éternelle que Dieu a préparée pour son peuple. Dans
ce même contexte, Dieu nous appelle à nous éloigner du
péché de la polygamie et à honorer le mariage tel que Dieu
l’a crée – entre un seul homme et une seule femme. Face
aux avantages éphémères de la ville de Caïn qui, souvent,
suscitent en nous l’envie, Dieu attire notre attention vers
une perspective plus grande ; car la prospérité sans Dieu
conduit à la destruction.
Ceux qui s’attachent à Dieu jouissent de la vraie pros-
périté. De tous les temps, le peuple de Dieu a toujours été
défini, distingué, et béni à cause de son adoration envers
Dieu. Leur adoration repose entièrement sur la connais-
sance que Dieu est la seule source de toute bénédiction
en Jésus-Christ et par Jésus-Christ. Cette connaissance
est renforcée par la vérité selon laquelle les bénédictions
spirituelles que Dieu donne à son peuple ne peuvent être
attaquées par les choses de ce monde. C’est pourquoi leurs
prières sont dominées par les choses spirituelles. Nous
vivons dans un monde matérialiste, mais Dieu appelle de
loin son peuple à quelque chose de mieux.
Chapitre 3
LA VIE PAR L’ÉVANGILE
Kenneth Mbugua
Entrez par la porte étroite. Car large est la porte,
spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et
il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite
est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie,
et il y en a peu qui les trouvent. Gardez-vous des
faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de
brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs.
Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des
raisins sur des épines, ou des figues sur des char-
dons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais
le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon
arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mau-
vais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne
porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C’est
donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Ceux
qui me disent : Seigneur, Seigneur, n’entreront pas
tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul
62 LA PROSPÉRITÉ ?
qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux
(Mt 7.13-21).
En revenant à l’époque où il n’existait pas encore de
machines pour détecter les faux billets, les banques ensei-
gnaient à leurs caissiers à s’habituer à la sensation que
créait un vrai billet de banque entre leurs mains. De la
même manière, la meilleure façon de détecter la super-
cherie est de connaître intimement la vérité. C’est cette
méthode que nous allons utiliser. Passer du temps à étu-
dier l’Évangile de Christ dans la Bible signifie que si nous
rencontrons un faux évangile, nous pouvons tout de suite
le reconnaître comme tel.
Nous allons examiner la vie du Christ, celle des apôtres,
et aussi sélectionner des figures clés dans l’histoire de
l’Église pour voir si la vie de nos pères dans l’Évangile cor-
respond au message de l’évangile de prospérité et au mode
de vie que prônent ses prédicateurs. Cette étude nous per-
mettra d’acquérir la connaissance dont nous avons besoin
pour flairer les faux évangiles et les enseignants rebelles.
Le mode de vie de nombreux prédicateurs de l’évangile
de la prospérité est caractérisé par la richesse et l’extrava-
gance. Ils se présentent comme le modèle de vie que Dieu
veut pour tous les chrétiens. Comme l’explique le pasteur
et théologien Gordon Fee, cette erreur provient d’une mau-
vaise interprétation de la Bible, et sa manifestation est une
vie matérialiste soutenue avec cette fausse affirmation sans
cesse répétée :
Dieu veut que tous ses enfants prospèrent financiè-
rement. Par conséquent, être chrétien et vivre dans
la pauvreté, c’est vivre en dehors de la volonté de
Dieu ; c’est avoir perdu le combat contre Satan. De
La vie par l’Évangile 63
cette affirmation en découle habituellement une deu-
xième : Parce que nous sommes les enfants de Dieu
(les fils et filles du Roi, comme certains aiment à le
dire), nous devons toujours être les premiers et nous
devons toujours avoir ce qu’il y a de meilleur : une
Cadillac au lieu d’une Volkswagen, voilà ce qui rend
gloire à Dieu1.
Ce principe central de l’évangile de la prospérité est-il
conforme aux Écritures ? Parce que nous sommes enfants de
Dieu, la Bible nous enseigne-t-elle que nous aurons toujours
une meilleure vie dans ce monde ? Que nous enseignent
les exemples du Seigneur et ses disciples au sujet de ce que
nous devons rechercher dans cette vie ?
Jésus-Christ
La Bible nous enseigne que Jésus-Christ était l’un des
hommes les plus riches de son époque. Il habitait dans un
grand manoir du mont des Oliviers et avait à sa disposition
un grand nombre de serviteurs prêts à exécuter ses ordres
au son d’un simple claquement de doigts. Du fait qu’il était le
Fils de Dieu, il n’a certainement jamais connu la souffrance
ou la douleur. Tout le monde l’aimait, car Dieu a transformé
ses ennemis en amis. Dans les synagogues où il allait, il prê-
chait la prospérité matérielle et la vie reluisante que les gens
pouvaient avoir maintenant. Dans la Bible, il est aussi dit
qu’il a promis une vie épargnée de tout problème, à l’image
de la sienne. N’est-ce pas ?
1. Gordon Fee, The Disease of the Health and Wealth Gospels, Regent
College Publishing, Vancouver, 2006, p. 8.
64 LA PROSPÉRITÉ ?
Les évangiles nous enseignent que cela est tout le
contraire de la réalité. Christ a vécu une vie marquée par le
combat et la souffrance. Nous allons prendre quelque temps
pour examiner les passages qui décrivent cette vie. La vérité
sur la vie et la mission de Jésus dans ces versets est large-
ment suffisante. Notre but ici est de vous faire découvrir
et de vous familiariser à la vérité afin de vous équiper à
la confronter avec les exemples et les enseignements que
donnent les prédicateurs de l’évangile de la prospérité.
Quel genre de vie le Fils de Dieu a-t-il vécu sur la terre
et que nous apprend-elle au sujet de la vie qui est réservée à
ses disciples ? Dans Matthieu 10.24,25, Christ assure à ses
disciples qu’une vie semblable à la sienne leur est réservée :
Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le servi-
teur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d’être
traité comme son maître, et au serviteur comme
son seigneur. S’ils ont appelé le maître de la maison
Belzébul, à combien plus forte raison appelleront-ils
ainsi les gens de sa maison ! (Mt 10.24,25.)
En utilisant le principe qu’un serviteur n’est pas plus
grand que son maître, le Christ nous montre que si le maître
a souffert, le serviteur devrait s’attendre à la même chose.
Si l’on a appelé le maître, diable, les serviteurs devraient
s’attendre à la même chose, ou à pire. Lorsque nous regar-
dons de près la vie qu’a vécue le maître, il apparaît évident
que certains soi-disant serviteurs cherchent à être plus que
leur maître.
Commençons par la vie de famille de Jésus-Christ.
Luc 2 nous donne un indice du statut social des parents
terrestres de Jésus. Quand ils sont allés dans le temple, ils
ont offert un sacrifice pour la naissance du premier-né mâle
La vie par l’Évangile 65
de leur famille, un sacrifice qui était réservé à ceux qui ne
pouvaient se permettre d’offrir un agneau.
Et, quand les jours de leur purification furent accom-
plis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le por-
tèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur,
[…] pour offrir en sacrifice deux tourterelles ou deux
jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi
du Seigneur (Lu 2.22-24).
Le fait que Marie et Joseph n’avaient pas les moyens
d’offrir un agneau pour un sacrifice aussi important nous
laisse supposer qu’il y avait beaucoup de choses qu’ils ne
pouvaient pas s’offrir pendant la croissance de Jésus ; le
même Jésus qui est né dans une crèche entourée par l’odeur
des animaux. Si une éducation modeste était assez bonne
pour le Fils de Dieu, ne sommes-nous pas égarés en prê-
chant que les enfants de Dieu devraient vivre dans l’abon-
dance sur cette terre ? Le serviteur n’est pas plus grand que
le maître.
On pourrait dire qu’il s’agissait seulement de son édu-
cation. En prenant de l’âge, il s’est peut-être éloigné de ses
modestes origines pour adopter un style de vie plus aisé.
Jésus est-il venu comme un exemple pour nous montrer
comment passer de la misère à la richesse ? Luc 9 montre le
contraire. Lorsqu’un scribe manifesta sa volonté de devenir
un des disciples de Christ, Jésus lui décrit les modalités et
conditions en ces termes : « Les renards ont des tanières,
et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme
n’a pas où reposer sa tête » (Lu 9.58). Christ n’a pas vécu
dans un manoir sur une colline comme certains le pensent
aujourd’hui. Il se contentait du minimum dont il avait
besoin. Plus tard, un des apôtres écrit : « si donc nous avons
66 LA PROSPÉRITÉ ?
la nourriture et le vêtement, cela nous suffira » (1 Ti 6.8). Si
le maître s’est lui-même contenté de la pauvreté, les servi-
teurs devraient-il demander plus ?
Ce qui définit la vie de Christ, c’est la croix. Il est né pour
mourir. Dieu le Père a décrété que sa vie serait une vie de
souffrance. Si vous essayez d’expliquer la vie de Christ sans
considérer la souffrance qu’il a endurée pour nous comme
l’aspect le plus important, alors vous finirez par mettre votre
foi en une fiction impie. La prophétie messianique d’Ésaïe
illustre pour nous la vie de Jésus-Christ en ces termes :
Méprisé et abandonné des hommes, homme de dou-
leur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont
on détourne le visage, nous l’avons dédaigné, nous
n’avons fait de lui aucun cas. Cependant, ce sont
nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs
qu’il s’est chargé ; et nous l’avons considéré comme
puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé
pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châ-
timent qui nous donne la paix est tombé sur lui, et
c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris
(És 53.3-5).
La mission de Jésus en tant que Messie était remplie
de douleur et de souffrance : méprisé, rejeté, homme de
douleur, habitué à la souffrance, sans considération, puni,
frappé par Dieu, affligé, percé, écrasé et blessé2. L’appel à
suivre ce Seigneur n’est pas une marche facile. Isaac Watts
a résumé la différence entre la marche du chrétien et les
2. Si l’on vous a enseigné que ce texte veut dire que la pauvreté et la
souffrance du Christ nous ont offert une vie présente libérée de toute
souffrance et que nous n’aurons plus à souffrir, veuillez lire le cha-
pitre 1 sur les mauvaises interprétations de la Bible.
La vie par l’Évangile 67
intérêts égoïstes des hommes, lorsqu’il écrit : « Serais-je
transporté au ciel sur un lit fleuri et confortable ? Tandis
que les autres ont lutté à travers des eaux sanglantes pour
remporter le prix3 ? »
Notre Seigneur, qui a souffert pour nous, nous demande
d’être prêts à en faire de même. « Et quiconque ne porte
pas sa croix, et ne me suis pas, ne peut être mon disciple »
(Lu 14.27). Suivre Christ, c’est être prêt à accepter la dou-
leur et la souffrance.
Jésus nous a donné l’exemple et il nous a préparé à une
vie modeste et difficile. Il a clairement indiqué que nous ne
devrions même pas chercher à devenir riches. « Gardez-
vous avec soin de toute avarice ; car la vie d’un homme
ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance »
(Lu 12.15). Jésus-Christ nous a mis en garde en nous disant
que la poursuite de la richesse n’est pas une quête divine,
mais un grave danger à éviter. Lorsqu’il enseignait à ses dis-
ciples, il ne leur montrait pas comment acquérir la richesse.
Il leur recommandait plutôt de ne de pas se laisser aller à
l’amour de la richesse. Ne pas se laisser aller à la convoitise
de l’argent est un impératif pour ceux qui veulent s’enraci-
ner en Christ (Lu 16.13).
Jésus a vécu une vie modeste et humble. Il nous a appris
à nous méfier de la tentation de devenir riche. Il a dit que son
peuple devrait s’attendre à la souffrance et que les gens ne
devraient pas juger leur vie en fonction des choses matérielles
qu’ils possèdent. Examinons à présent la vie et la doctrine
des prédicateurs de l’évangile de la prospérité. Prêchent-ils
le message de Jésus ? Le style de vie qu’ils recommandent
ressemble-t-il à la vie que Jésus a vécue et prêchée ?
3. Ce passage est tiré de l’hymne Am I a soldier of the Cross ? [Suis-je
un soldat de la croix ?], trad. libre, écrit par Isaac Watts.
68 LA PROSPÉRITÉ ?
Les apôtres
Si l’évangile de la prospérité est vrai, nous devrions nous
attendre à ce que les premiers témoins et prédicateurs de
l’Évangile l’eussent enseignée et démontrée dans leur vie
plus que quiconque. Les célèbres adeptes de l’évangile de la
prospérité d’aujourd’hui vivent dans de grandes demeures,
possèdent de nombreuses voitures de luxe et voyagent dans
des jets privés. Ceux qui n’ont pas encore atteint ce statut
de célébrité y travaillent avec acharnement, et ne songent
qu’à faire montre de leur prospérité. Regardez cependant la
vie des apôtres, et vous verrez un contraste net qui expose
les soi-disant apôtres des temps modernes comme prédica-
teurs d’un évangile contrefait.
L’exemple des apôtres montre que les privilèges de ce
monde ne sont pas importants. Voici comment Paul définit
la vie des apôtres :
Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les
derniers des hommes, des condamnés à mort en
quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle
au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes
fous à cause de Christ ; mais vous, vous êtes sages en
Christ ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts.
Vous êtes honorés, et nous sommes méprisés jusqu’à
cette heure, nous souffrons la faim, la soif, la nudité ;
nous sommes maltraités, errants çà et là ; nous nous
fatiguons à travailler de nos propres mains ; inju-
riés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ;
calomniés, nous parlons avec bonté ; nous sommes
devenus comme les balayures du monde, le rebut de
tous, jusqu’à maintenant (1 Co 4.9-13).
La vie par l’Évangile 69
Paul a écrit ceci aux chrétiens qui avaient une haute per-
ception d’eux-mêmes afin de les réprimander. Paul a mis à
nu le contraste qui existait entre leur vanité et l’humilité
pieuse des apôtres.
La souffrance fut pour Paul un élément fondamental à
la compréhension de ce que c’est de servir Dieu. À quatre
reprises, dans sa seconde lettre à Timothée, Paul instruit
son fils spirituel à se préparer à la souffrance. Au lieu de
fuir la souffrance, Paul nous dit « souffre avec moi pour
l’Évangile, par la puissance de Dieu » (2 Ti 1.8). Paul le sou-
ligne encore plus tard pour montrer qu’il ne s’agit pas de
circonstances particulières : « Souffre avec moi, comme un
bon soldat de Jésus‑Christ » (2 Ti 2.3). Et au cas où nous
voudrions échapper au caractère universel de son message,
Paul déclare que « tous ceux qui veulent vivre pieusement
en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Ti 3.12).
Vivre une vie pieuse signifie accepter la souffrance et
non l’éviter. Peut-il y avoir un contraste plus clair avec le
message de la prospérité ? Paul a instruit Timothée et il
nous rappelle (comme Jésus-Christ l’a fait avant lui) que
nous devrions nous attendre à la souffrance comme un
résultat naturel d’être chrétien. « Mais toi, sois sobre en
toutes choses, supporte les souffrances, fais l’œuvre d’un
évangéliste, remplis bien ton ministère » (2 Ti 4.5). La souf-
france est une partie essentielle de la vie d’un disciple de
Jésus-Christ.
Lorsque nous comprendrons cela, nous n’aurons plus
honte d’endurer la souffrance. Regardez la litanie de la souf-
france de Paul.
[…] cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins
un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été
lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour
70 LA PROSPÉRITÉ ?
et une nuit dans l’abîme. Fréquemment en voyage,
j’ai été en péril sur les fleuves, en péril de la part des
brigands, en péril de la part de ceux de ma nation,
en péril de la part des païens, en péril dans les villes,
en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril
parmi les faux frères. J’ai été dans le travail et dans
la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim
et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la
nudité (2 Co 11.24-27).
Ne passons pas à côté de la raison pour laquelle Paul
raconte toutes ces expériences. Lorsque vous examinez le
contexte, vous verrez que Paul a écrit tout ceci pour servir
de preuve qu’il était serviteur du Christ. Les cicatrices de
Paul attestaient qu’il était un apôtre authentique de celui
qui a souffert pour le sauver. Quand les prédicateurs de la
prospérité montrent la richesse comme preuve de leur fidé-
lité, pensez à Paul qui a montré le contraire. « Pour l’amour
de Christ », conclut Paul, « je me plais dans les faiblesses,
dans les outrages, dans les calamités, dans les persécu-
tions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis
faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12.10). Les chrétiens
humbles réorientent l’attention vers leur glorieux Dieu en
toutes choses. Ils se réjouissent dans la souffrance parce
qu’elle glorifie les richesses de la grâce de Dieu.
Pourquoi le Nouveau Testament accorde-t-il une atten-
tion particulière à la souffrance ? Aucune des difficultés
que Paul a connues ne fut pour lui une surprise, et Dieu ne
veut pas qu’elles soient des surprises pour nous. Si les chré-
tiens comprennent que la souffrance est une chose normale
dans la vie d’un chrétien fidèle, alors la douleur ne peut
pas ébranler leur foi. Quand Christ a appelé Paul à le ser-
vir, il a voulu que Paul sache dès le départ le prix à payer :
La vie par l’Évangile 71
« Et je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon
nom » (Ac 9.16). L’étude de la vie des apôtres nous prépare à
affronter la souffrance et à comprendre qu’en elle se trouve
la bénédiction de Dieu.
Paul n’était pas l’exception. Jacques fut exécuté sur ordre
d’Hérode (Ac 12.2). Pierre fut emprisonné (Ac 12.3) et la
tradition de l’Église suggère qu’il fut crucifié plus tard – une
mort cruelle à laquelle Christ l’avait préparé (Jn 21.18,19).
Les apôtres furent battus pour avoir prêché (Ac 5.40,41) et
Étienne fut lapidé à mort (Ac 7.54-58). Et Paul lui-même,
avant sa conversion, était connu pour ses attaques cruelles
contre ceux qui se réclamaient de Jésus (Ac 8.3). Les
apôtres et les premiers chrétiens ont souffert et sont morts
pour Jésus.
Le témoignage de la Bible sur les apôtres ne cadre pas
avec les enseignements de l’évangile de la prospérité. Ces
serviteurs du Christ, que le monde méprisait, n’ont pas vécu
dans l’abondance sur cette terre et ils n’y pensaient même
pas. Ils ont suivi le Christ, sachant que la souffrance et la
douleur n’étaient pas une éventualité, mais une garantie. Et
en vivant de cette façon, ils ont démontré qu’ils étaient de
la lignée de la foi qui remonte jusqu’à Moïse qui « regardait
l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que
les trésors de l’Égypte, car il avait les yeux fixés sur la rému-
nération » (Hé 11.26). Les souffrances en Christ et pour la
cause de Christ sont des richesses plus grandes que tout
bien que nous pourrions posséder dans ce monde.
L’Église persécutée
Nous avons été témoins de l’affliction et de la douleur de
notre Seigneur ainsi que de la souffrance des apôtres pion-
niers qui bâtirent sur les fondations posées par Christ. Mais
72 LA PROSPÉRITÉ ?
prenons d’abord l’exemple des serviteurs de Dieu les plus
fidèles qui ont vécu avant l’époque de Christ.
Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résur-
rection ; d’autres furent livrés aux tourments, et
n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une
meilleure résurrection ; d’autres subirent les moque-
ries et le fouet, les chaînes et la prison ; ils furent
lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée,
ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de
peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, mal-
traités, eux dont le monde n’était pas digne, errants
dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes
et les antres de la terre (Hé 11.35-38).
Mais est-ce que tout cela est chose du passé ? Toutes
ces souffrances ont-elles eu lieu pour que les générations
futures ne connaissent pas de souffrance et puissent vivre
dans l’aisance ? Le luxe et le confort sont-ils la manifestation
ultérieure de l’œuvre et de la présence de Dieu ? L’histoire
de l’Église apporte une réponse décisive à ces questions. La
propagation de l’Évangile et la sanctification des chrétiens
ont toujours été marquées par la souffrance.
Dans cette section, nous allons tirer quelques exemples
de l’histoire de l’Église où des croyants, dans les moments
de souffrance, ont manifesté la présence de Dieu parmi son
peuple en vue d’édifier leur foi. Il existe de nombreuses res-
sources qui nous parlent de la persécution des chrétiens,
dans le passé comme dans le présent. Le Livre des Martyrs
écrit par John Foxe est une compilation historique que nous
allons utiliser dans cette section. Consultez également les
sites Web des organisations telles que La Voix des Martyrs
et Portes Ouvertes, et vous trouverez plusieurs récits au
La vie par l’Évangile 73
sujet de chrétiens qui, aujourd’hui, souffrent pour Christ à
travers le monde entier.
De nombreux chrétiens fidèles meurent pour
Jésus-Christ ; ces frères et sœurs dont la vie et la mort
rendent grandement gloire à Dieu attestent le credo de
Paul : « car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain ».
Quelle moquerie à l’égard des saints que de prêcher que les
chrétiens ne doivent pas souffrir ! Cela revient à prêcher
que les apôtres, l’Église primitive et l’Église persécutée ont
souffert en vain au cours de l’histoire. Bien au contraire,
ces chrétiens sont les meilleures expressions de l’esprit du
Christ. Nous avons besoin d’apprendre de leur vie.
Commençons par l’un des Pères de l’Église, Polycarpe. Il
fut évêque de Smyrne au iie siècle de notre ère. Voici un récit
du verdict final de son procès par les autorités romaines qui
l’avaient accusé d’être un disciple de Christ :
Le proconsul l’avait exhorté à renier Christ, en
disant : « Jure, et je te relâcherai ; renie Christ. »
Polycarpe répondit : « Quatre-vingt-six années
durant, je l’ai servi, et il ne m’a jamais fait de
tort ; comment puis-je blasphémer mon Roi qui
m’a sauvé4 ? »
Ce grand homme de Dieu s’est soumis calmement à son
bourreau pour être exécuté plutôt que de trahir Christ.
L’histoire de l’Empire romain contient de nombreux récits
similaires. Par exemple, soixante-dix ans plus tard, à Rome,
se trouva une femme nommée Cecilia. Elle avait renoncé au
confort d’une famille respectable, non seulement en croyant
4. John Foxe, Foxe’s Book of Martyrs [Le Livre des Martyrs], trad.
libre, Peabody, Hendrickson, 2004, p. 14.
74 LA PROSPÉRITÉ ?
en Christ, mais en amenant avec passion d’autres personnes
à lui, même si cela devait lui coûter sa vie.
Elle convertit son mari et son frère, qui furent déca-
pités. L’officier chargé de leur exécution, s’étant
converti par eux, fut également exécuté. Cecilia, pla-
cée toute nue dans une baignoire d’eau bouillante,
continua d’annoncer Christ jusqu’à ce que sa tête soit
tranchée par une épée, en l’an 222 de notre ère5.
Plusieurs chrétiens fidèles ont subi des peines horribles
pour Jésus. « Saturninus, un évêque d’Albitina, ville afri-
caine, après avoir été torturé et jeté en prison, mourut de
faim. Ses quatre enfants, après avoir été tourmentés de
diverses manières, ont connu le même sort que leur père6. »
On pourrait continuer à citer indéfiniment les témoignages
de chrétiens qui meurent chaque jour pour Christ à tra-
vers le monde entier. Ces récits historiques ne doivent pas
nous laisser indifférents et inactifs. Ils exigent une réponse
de notre part. Les saints avaient-ils tort de souffrir pour la
cause de l’Évangile ?
Au moment même où vous lisez ce livre, plusieurs d’entre
vos frères et vos sœurs sont persécutés à cause de leur foi en
Christ. Pour des millions de chrétiens en Asie, au Nigéria,
au Soudan et dans plusieurs États islamiques, la mort qui
attend ceux qui restent fidèles au Christ est une perspective
réelle. En effet, le terrorisme islamique a instauré le martyre
pour la cause de Christ dans chaque rue du monde. Pensez
aux chrétiens ciblés et brutalement assassinés récemment
au Garissa University College, au Kenya. C’était vraiment
5. Ibid., p. 19.
6. Ibid., p. 36.
La vie par l’Évangile 75
effrayant d’entendre parler de frères et sœurs abattus par
des hommes méchants alors qu’ils étaient rassemblés pour
la prière. En attendant le jour où une telle horreur cessera,
ne déshonorons pas ces martyrs chrétiens en oubliant le
fait qu’ils ont gagné beaucoup plus que ce qu’ils ont perdu.
Voici ce que l’auteur de l’épître aux Hébreux a écrit sur
de tels hommes et femmes :
C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir
obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et
saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étran-
gers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi
montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu
en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le
temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent
une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi
Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur
a préparé une cité (Hé 11.13-16).
Quel type d’enseignement prépare des gens ordinaires à
prendre une telle position et à connaître une telle fin ? La
prédication de la prospérité empêche le chrétien de com-
prendre le sens véritable de la souffrance dans la vie de ceux
qui suivent le Christ. Cet enseignement laisse les hommes
et les femmes perplexes et mal préparés face à l’épreuve de
la pauvreté et de la douleur. Seules une espérance authen-
tique et la gloire de l’évangile de Jésus-Christ permettront
aux chrétiens de comprendre et d’accepter la persécution
et la douleur qu’ils vivent ici-bas. Jim Elliot, un martyr du
xxe siècle qui est mort pour l’Évangile, a dit : « N’est pas fou
celui qui donne ce qu’il ne peut garder pour gagner ce qu’il
ne peut perdre. »
76 LA PROSPÉRITÉ ?
Conclusion
Pensez aux exemples de Jésus-Christ, des apôtres et des
chrétiens qui ont enduré peines et souffrances à travers les
siècles. Comparez ces exemples au message que prêchent
les prédicateurs de l’évangile de la prospérité. Nous avons
le véritable évangile de Jésus-Christ et de ses serviteurs
devant nous ; nous pouvons donc identifier et rejeter cet
évangile contrefait et sans aucune valeur qui est l’évangile
de santé et de prospérité.
Chapitre 4
LA SOUFFRANCE
Kenneth Mbugua
C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors
même que notre homme extérieur se détruit, notre
homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car
nos légères afflictions du moment présent produisent
pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel
de gloire, parce que nous regardons, non point aux
choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car
les choses visibles sont passagères, et les invisibles
sont éternelles (2 Co 4.16-18).
Nous vivons dans un monde plein de souffrance. Les
séismes, les ouragans, la sécheresse, la famine et la guerre
détruisent les vies, les maisons, les communautés et les
nations. Sur le plan personnel, qui n’a jamais connu la dou-
leur du rejet, de la trahison et des conflits ? Chaque jour
qui passe, nous sommes vulnérables à la menace d’une
souffrance soudaine – un accident, par exemple, peut nous
78 LA PROSPÉRITÉ ?
causer de la douleur ou nous faire vivre une perte. Nous
sommes également exposés à la douleur de la maladie qui
peut tout doucement ou très rapidement nous emporter ou
nous arracher un être cher. Comment est-il encore possible
de douter du fait que nous vivons dans un monde brisé ?
Depuis que la souffrance est entrée dans le monde, nous
essayons d’y échapper. Il y a peu de quêtes plus naturelles
pour les humains que d’éviter la douleur ou d’augmenter
les plaisirs. Nous inventons de nouvelles machines et de
nouvelles stratégies avec cette promesse implicite : plus de
plaisir, moins de douleur. Nous recherchons de meilleurs
emplois, plus d’argent et une meilleure santé. Nous courons
après de meilleures relations, de plus grandes Églises et des
pasteurs plus inspirés. Notre quête d’une plus grande joie et
d’une plus petite souffrance est le fondement de tant d’acti-
vités humaines. La Bible condamne-t-elle cette quête ? Non,
mais elle corrige notre compréhension de la souffrance et
nous montre le seul chemin pour atteindre la joie, à travers
la souffrance.
La prédication de la prospérité est populaire parce
qu’elle s’appuie sur les désirs les plus fondamentaux de
l’homme. La solution qu’elle offre à la souffrance n’est pas
biblique. Au contraire, elle est trompeuse et même préju-
diciable à ceux qui mettent leur espoir en elle. Plutôt que
d’apporter le salut, cette fausse solution laisse beaucoup
de gens découragés, désillusionnés et amers contre Dieu
et son peuple. L’évangile de la prospérité n’est pas la solu-
tion que Dieu a donnée pour faire face à la souffrance. Cet
évangile n’est pas la Bonne Nouvelle. Dans ce chapitre, nous
verrons précisément ce que Dieu nous enseigne au sujet de
la souffrance, et comment cela contredit la dissimulation
séduisante, mais frauduleuse, de l’évangile de la prospérité.
La souffrance 79
Comprendre la souffrance
Il y a trois questions de base que des éleveurs se poseraient
s’ils trouvaient une vache piégée dans un fossé : Comment
la vache est-elle arrivée là ? Comment pouvons-nous la sor-
tir de là ? Comment pouvons-nous empêcher la vache de
retourner dans le fossé ? De même, afin de comprendre la
solution de Dieu au problème de la souffrance, nous devons
comprendre pourquoi la souffrance existe, comment y faire
face, et comment empêcher qu’elle se reproduise.
Il fut un temps où il n’y avait pas de souffrance. C’est
le péché – notre rejet de Dieu – qui a fait entrer la dou-
leur dans ce monde. Dans le futur, il y aura une nouvelle
ère où il n’y aura plus de souffrance. Qu’est-ce qui comble
le fossé ? Par sa mort sur la croix, sa victoire sur la mort
et sa montée au ciel, Christ est venu régler le problème du
péché avec toutes ses conséquences. Sa souffrance physique
et spirituelle sur la croix a payé intégralement la dette de
nos péchés, obtenant ainsi notre rédemption de même que
la restauration entière de sa création. Son sang a accompli
tout ce qui est indispensable à la formation d’un nouveau
ciel et d’une nouvelle terre, éternellement libre de souf-
france (Ro 8.18‑25).
Si nous ne comprenons pas pourquoi la souffrance
existe, ce que Dieu a fait à ce sujet, et ce qu’elle signifie pour
nous, alors nous serons vulnérables aux fausses solutions.
À un prix très élevé, Dieu a apporté une solution éternelle
au problème de notre péché et à ses conséquences doulou-
reuses. Cette bonne nouvelle a néanmoins été gravement
entachée et déformée par les prédicateurs de l’évangile de
la prospérité.
80 LA PROSPÉRITÉ ?
La Genèse de la souffrance
Les premiers chapitres de la Bible nous disent que Dieu a fait
toutes choses à partir de rien. Il était l’initiateur, le concep-
teur, le bâtisseur. Et ce qu’il a fait était très bon (Ge 1.31).
Cette bonté originelle comprenait également la création
de l’humanité. L’homme et la femme étaient en paix avec
Dieu. Ils étaient aussi en paix l’un avec l’autre ainsi qu’avec
le reste de la création. Tout était bon jusqu’à ce que l’homme
ait décidé un jour que Dieu ne lui fût plus suffisant.
Dans Genèse 3, Adam et Ève ont désobéi à Dieu. Il leur
avait dit : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ;
mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du
bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras »
(Ge 2.16,17). Dieu avait clairement averti Adam et Ève que
la souffrance serait le résultat s’ils se détournaient de lui.
Mais, convaincus par le serpent qu’en dehors de leur rela-
tion avec Dieu ils pourraient trouver du bonheur, Adam et
Ève ignorèrent l’avertissement de Dieu et plongèrent dans
le péché.
Ils désiraient plus, mais ont finalement trouvé moins.
Ils ont saisi la sagesse et découvert que ce n’était qu’une
folie. Ils ont cherché le plaisir, mais ont trouvé la douleur.
La souffrance est venue dans le monde lorsque l’homme
entreprit de rechercher le plaisir et de trouver un but à
son existence en dehors de Dieu. Immédiatement après
avoir transgressé le commandement de Dieu, l’homme et
la femme ont vu leur univers s’effondrer. Ils avaient peur
et honte – des sentiments étranges qu’ils n’avaient jamais
ressentis auparavant. Voici la genèse de la souffrance : elle
est venue au monde par la porte du péché.
Adam et Ève ont rompu leur communion avec Dieu et il
leur a aussitôt fait connaître certaines conséquences.
La souffrance 81
Il dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes
grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs
se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.
Il dit à l’homme : Puisque tu as écouté la voix de ta
femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel
je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point !
Le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de
peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours
de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu
mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de
ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que
tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car
tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière
(Ge 3.16‑19).
Regardez les différents aspects que couvre la souffrance
ici : les douleurs physiques, les problèmes d’ordre relation-
nel qui envahissent le partenariat naturel entre l’homme et
la femme, le travail qui devient difficile, la terre elle-même
qui partage la corruption de l’homme en ne produisant plus
pour lui, et puis il y a la mort de l’homme lui-même comme
conséquence du péché.
Quelle solution pourrait-il y avoir pour une si terrible
malédiction universelle ? L’un des problèmes de l’évangile
de la prospérité est que la solution qu’il propose est sem-
blable à la cause même du problème. Adam et Ève n’ont pas
trouvé satisfaction dans ce qu’ils avaient en Dieu, poursui-
vant leur plaisir en dehors de leur relation avec Dieu, et en
plus des promesses qu’il avait faites. De même, l’évangile
de la prospérité, au lieu de proclamer que Dieu est plus que
suffisant, nous invite à le chercher afin d’obtenir des plaisirs
matériels supplémentaires.
82 LA PROSPÉRITÉ ?
La source du bonheur selon l’évangile de la prospérité
n’est pas Dieu lui-même, mais les choses que nous pouvons
obtenir de lui. Tout comme Adam et Ève qui en recher-
chant le plaisir n’ont rencontré que peines et douleurs, les
promesses d’épanouissement de l’évangile de la prospérité
se traduisent par un vide. Pourquoi ? Parce que ces pro-
messes ne nous orientent pas vers Dieu comme source de
notre satisfaction, tout comme le diable a éloigné le premier
homme et la première femme de Dieu. Ce jour-là, ils ont
perdu leur relation avec Dieu ; et la définition de la mort,
c’est être séparé de Dieu. La réconciliation avec Dieu est ce
que Jésus appelle la vie (Jn 17.3). On ne peut pas résoudre le
problème de la souffrance en répétant le péché qui l’a causé.
Quand Adam et Ève ressentirent la honte que leur péché
avait apportée dans le monde, qu’ont-ils fait ? « Les yeux de
l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus,
et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des cein-
tures » (Ge 3.7). Ils ont essayé de se couvrir avec leur propre
solution. C’est cela la faille des prédicateurs de la prospé-
rité ; ils ne nous offrent que des solutions mondaines. Ils
nous orientent vers les mêmes mares et les mêmes citernes
crevassées que le monde recherche : emplois, maisons,
relations, santé, etc. (Jé 2.13). Nous chercherons les mêmes
mares, nous disent-ils, mais nous boirons avec l’aide de Dieu.
Ne vous trompez pas, les satisfactions mondaines que
vous propose l’évangile de la prospérité sont comme les
feuilles de figuier d’Adam et Ève, qui temporairement ont
couvert leur honte sans véritablement traiter le problème.
Les solutions matérielles de l’homme sont incapables de
traiter les problèmes occasionnés par la désobéissance de
l’homme. Pour bien traiter le problème de la souffrance, il
faut tout d’abord faire face à la question du péché et de la
séparation d’avec Dieu.
La souffrance 83
Même dans Genèse 3, nous pouvons voir la solution que
Dieu apporte au péché et à ses conséquences. Au sein de
la chute de l’homme, l’Évangile a jailli. Dans Genèse, au
chapitre 3, Dieu nous montre ce qu’il faut pour résoudre
le problème de la souffrance de l’homme : un sacrifice, un
substitut et un sauveur. Lorsqu’il maudit le serpent, Dieu
dit : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta
postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui
blesseras le talon » (Ge 3.15). Depuis les premiers jours du
christianisme, le peuple de Dieu a compris la promesse au
sujet de la postérité d’Ève qui écraserait la tête du serpent
comme la première prophétie au sujet du Messie.
De quelle manière l’homme pouvait-il donc être sauvé
par un messie ? « L’Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des
habits de peau, et il les en revêtit » (Ge 3.21). Il semble que
Dieu ait tué un animal afin que cette bête sacrifiée couvre la
honte de l’homme et de la femme, le résultat de leur péché.
Ici, nous voyons le premier signe de ce principe biblique :
le péché est si grave qu’il nécessite un sacrifice expiatoire
(Hé 9.22). Dieu enverrait son Fils pour qu’il puisse naître et
vivre comme un humain, puis mourir comme le substitut
sacrificiel, portant à notre place le poids de la colère de Dieu
contre notre péché sur la croix. C’est la solution parfaite de
Dieu au problème du péché. C’est la seule solution possible.
La solution de Dieu traite notre souffrance depuis la
source – le péché. La solution à notre souffrance ne se
trouve pas dans les choses matérielles que nous pouvons
obtenir de Dieu. Elle se trouve dans notre réconciliation
avec Dieu. Dans la communion avec Dieu, nous avons une
joie complète (Ps 16.11) ; c’est ce que le péché a ruiné et que
Christ est venu restaurer. Alors que nous attendons notre
restauration totale qui aura lieu lorsque nous aurons des
corps ressuscités, comment pouvons-nous comprendre les
84 LA PROSPÉRITÉ ?
conséquences persistantes du péché qui se manifestent
dans ce monde brisé ?
La promesse de Dieu concernant
la restauration
Dieu a inversé la malédiction. Il a justement maudit les
hommes à cause de leur rébellion (Ge 3.16-19), et la malé-
diction affecte notre corps, nos relations, nos vocations et
notre environnement. Toutefois, le plan de restauration de
Dieu accompli en Christ est aussi grand que la malédiction.
Le plan parfait de rédemption et de restauration est presque
accompli et notre foi en Dieu pour son accomplissement
total peut nous soutenir même quand nous souffrons au
milieu d’un monde rebelle qui n’a pas encore été racheté.
Premièrement, la restauration à venir de nos corps
donne de la joie aux chrétiens qui font face à la mort :
« Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous
revivront en Christ » (1 Co 15.22). Paul révèle la nature de
ce corps restauré : « Ainsi en est-il de la résurrection des
morts. Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incor-
ruptible, il est semé méprisable, il ressuscite glorieux ; il est
semé faible ; il ressuscite plein de force. Il est semé corps
naturel ; il ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps natu-
rel, il y a aussi un corps spirituel (1 Co 15.42-44, voir NEG).
Avant que nos corps ne soient restaurés, Christ sert de pro-
totype et de garantie pour notre résurrection. Comme lui,
nous renonçons dans la mort à ce qui est passager afin de
gagner ce qui est éternel.
Deuxièmement, en Christ, nous pouvons voir les pre-
miers signes de la restauration de nos relations les uns
avec les autres. Le péché infecte les liens du mariage avec
l’égoïsme et la jalousie. Dans l’histoire de la première
La souffrance 85
famille qui a vécu sur terre, nous voyons quelqu’un, dominé
par l’envie, tuer son frère dans un élan de colère. Il en est
ainsi depuis ce moment-là. Mais en Christ, nous pouvons et
nous devons commencer à remplacer l’orgueil par l’humilité
et nous servir les uns les autres (Ph 2.1-4). Quand cela se
produit, c’est un signe précurseur des choses à venir. Notre
Messie est le Prince de Paix et son règne sera défini par
cette paix (És 9.5,6). Ainsi donc, efforçons-nous de vivre
maintenant dans la paix de notre Sauveur plutôt que de
suivre nos cœurs querelleurs. Ainsi, nous resterons atta-
chés aux promesses de Dieu dont le règne de paix n’aura
jamais de fin.
En promouvant la paix dans l’Ancien Testament, Dieu
promettait continuellement de restaurer la fortune d’Israël.
Voici par exemple la promesse qu’il a faite par la bouche du
prophète Amos1 :
Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, où le labou-
reur suivra de près le moissonneur, et celui qui foule
le raisin celui qui répand la semence, où le moût
ruissellera des montagnes et coulera de toutes les
collines. Je ramènerai les captifs de mon peuple
d’Israël ; ils rebâtiront les villes dévastées et les
habiteront, ils planteront des vignes et en boiront
le vin, ils établiront des jardins et en mangeront les
fruits (Am 9.13,14).
Cette prophétie fut annoncée à la suite d’un message
effroyable de jugement. Ceux à qui cette prophétie était
originalement destinée avaient une idée de la restauration
1. Autres exemples : Ps 14.7 ; Ps 53.7 ; Jé 30.3 ; 31.23 ; 33.7 ; Éz 39.25 ;
Am 19.14.
86 LA PROSPÉRITÉ ?
que Dieu allait apporter à son peuple. Toutefois, ce message
est également adressé à tous les enfants de Dieu de toutes
les époques. Le jour de la restauration totale est proche. Les
luttes acharnées de l’homme dans ses labeurs cesseront.
Ses peines et ses échecs se transformeront en succès et en
joie. C’est l’une des promesses du royaume à venir. Lorsque
nos meilleurs efforts sur la terre semblent échouer, nous
pouvons nous rappeler que notre lutte est temporaire, et
que notre bonheur à venir n’aura point de fin.
Dans le cadre du plan de rédemption de Dieu, toute la
création sera restaurée de son état corrompu actuel. Le
monde connaîtra une beauté telle qu’elle surpassera celle
de sa pureté originelle. Et c’est la voie de Dieu que la res-
tauration de la création découle du salut et de la liberté de
son peuple en Christ.
Aussi la création attend-elle avec un ardent désir
la révélation des fils de Dieu. Car la création a été
soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de
celui qui l’y a soumise, avec l’espérance qu’elle aussi
sera affranchie de la servitude de la corruption,
pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants
de Dieu (Ro 8.19-21).
Pourquoi la Bible est-elle remplie des promesses de Dieu
concernant la restauration et la perfection de nos corps,
de nos relations, de nos vocations et de notre environne-
ment ? Il sait que nous avons besoin de cette espérance sûre
et des signes annonciateurs que nous voyons maintenant
pour nous soutenir au milieu la corruption et du péché qui
nous entourent. La solution de Dieu à notre lutte contre la
souffrance est unique, ultime et éternelle. Quand nous per-
sévérons fidèlement pendant les temps de souffrance, nous
La souffrance 87
commençons à expérimenter les bénédictions qui seront les
nôtres dans la vie à venir. Dans le règne à venir de Christ,
nous prospérerons à jamais dans sa bénédiction et sa gloire
divine. La solution de Dieu n’est pas un réconfort tempo-
raire ; elle se trouve dans le plan éternel établi depuis le
début des temps. Le peuple de Dieu peut le voir en train
d’exécuter son plan et peut être assuré qu’il l’achèvera. Le
peuple de Dieu et le monde seront entièrement restaurés.
Les bénédictions actuelles et futures
Comme vous pouvez le voir, les promesses de Dieu à son
peuple concernent à la fois le présent et le futur. Beaucoup
de prédicateurs de l’évangile de la prospérité utilisent cer-
tains des versets cités ci-dessus pour apporter la « preuve »
que les chrétiens peuvent profiter de toutes ces promesses
maintenant. L’erreur de leur prédication ne se trouve pas
au niveau des biens que les chrétiens recevront, mais à
quel moment ils les recevront. Ces prédicateurs changent la
chronologie de Dieu et déforment son plan de restauration.
Dans sa lettre à l’Église de Corinthe, Paul reprochait
aux fidèles leur incompréhension des bénédictions de Dieu
en Christ. « Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches,
sans nous vous avez commencé à régner. Et puissiez-vous
régner en effet, afin que nous aussi nous régnions avec
vous ! » (1 Co 4.8.) Paul a comparé leur attitude arrogante
à l’humilité et à la pauvreté des apôtres. Les chrétiens de
Corinthe agissaient comme si les bénédictions que Dieu a
promises pour l’ère à venir étaient déjà les leurs.
Si vous êtes en Christ, alors toutes les promesses de
Dieu sont à vous en lui (2 Co 1.20). Cependant, puisque
nous nous situons entre la première et la seconde venue de
Jésus-Christ, nous attendons toujours la réalisation finale
88 LA PROSPÉRITÉ ?
du plan de Dieu, et par conséquent le couronnement de
toutes les bénédictions en Christ. Quand Paul écrit au sujet
de la gloire qui est la nôtre en Christ, il avait les yeux rivés
sur l’avenir. Il a enseigné aux Romains que « les souffrances
du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à
venir qui sera révélée pour nous » (Ro 8.18). Au cas où nous
manquerions l’orientation vers le futur, il ajoute : « Car c’est
en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance
qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’es-
pérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons
pas, nous l’attendons avec persévérance » (Ro 8.24,25).
Nous serons libres de toute souffrance en Christ ; cela est
une certitude. Toutefois, nous recevrons cette bénédiction
à la fin du siècle présent et à l’achèvement du plan de Dieu.
Il n’y a pas de solutions ultimes à notre souffrance dans
ce monde. Il n’y a pas non plus de contradiction entre notre
souffrance et notre assurance que Dieu mettra fin à toutes
nos souffrances.
C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors
même que notre homme extérieur se détruit, notre
homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car
nos légères afflictions du moment présent produisent
pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel
de gloire, parce que nous regardons, non point aux
choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car
les choses visibles sont passagères, et les invisibles
sont éternelles (2 Co 4.16-18).
Les enfants de Dieu arrivent à supporter la souffrance
sur cette terre parce qu’ils s’accrochent à l’espoir que Dieu
a mis en eux. Ils sont justifiés, sauvés et bénis dès mainte-
nant. Cette assurance leur permet de se réjouir au milieu
La souffrance 89
de la souffrance, car ils savent avec certitude que Dieu met-
tra bientôt fin à toutes leurs souffrances. Les bénédictions
actuelles de Dieu nous garantissent une bénédiction beau-
coup plus grande dans le futur.
Le but de Dieu derrière la souffrance
La position des prédicateurs de prospérité selon laquelle
Dieu n’a jamais voulu que nous connaissions la souffrance
est sans cesse contredite par la Bible. Nous ne devons pas
laisser les gens avoir peur de souffrir et douter de l’aide de
Dieu, juste parce que leurs prédicateurs ne les y ont pas pré-
parés. Le chrétien ne doit pas avoir peur de la souffrance,
non seulement parce qu’elle aura une fin, mais surtout
parce que Dieu exerce sa souveraineté sur la souffrance et
s’en sert pour bénir ses enfants.
Nous y reviendrons plus loin dans un autre chapitre,
mais voyons à présent quelques-unes des raisons pour les-
quelles la souffrance n’est pas seulement passagère, mais
aussi une bénédiction. Tout d’abord, Dieu augmente notre
foi dans la souffrance. Pierre, en expliquant l’orientation
future du peuple de Dieu, a souligné ceci :
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ,
qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés,
pour une espérance vivante, par la résurrection de
Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage qui
ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel
vous est réservé dans les cieux, à vous qui, par la
puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut
prêt à être révélé dans les derniers temps ! C’est là
ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il
le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps
90 LA PROSPÉRITÉ ?
par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi,
plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est
éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la
gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra
(1 Pi 1.3-7).
Voyez-vous comment l’évangile de la prospérité rejette
la sagesse profonde du plan de Dieu en affirmant que nous
pouvons tout avoir maintenant ? Notre persévérance dans
la souffrance, lorsque nos yeux sont fixés vers l’avenir, aug-
mente véritablement notre foi d’une manière qui glorifie
Dieu durablement.
Les chrétiens ne sont pas exempts de souffrance ; ils
connaîtront certainement la souffrance et devraient se
réjouir en elle. Voyez ce que Pierre écrit par la suite :
Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose
étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au
milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous,
au contraire, de la part que vous avez aux souf-
frances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la
joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra
(1 Pi 4.12-14).
Prendre part aux souffrances de Jésus-Christ, comme
Paul l’a compris, c’est prendre part à sa résurrection et à sa
gloire (Ph 3.10). C’est ce que Jésus avait enseigné dans le
sermon sur la montagne (Mt 5.10-12), et ses disciples l’ont
par la suite mis en pratique. Après avoir été fouettés pour
avoir prêché l’Évangile, ils se retirèrent « joyeux d’avoir été
jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus »
(Ac 5.41). Échapper à la souffrance que nous vivons ici-bas
est un faux message qui détourne les chrétiens du plan et
La souffrance 91
de la bénédiction de Dieu. Au lieu de suivre l’évangile de la
prospérité, nous devons suivre la Parole de Dieu qui nous
encourage à regarder « comme un sujet de joie complète
les diverses épreuves auxquelles [nous pouvons] être expo-
sés, sachant que l’épreuve de [notre] foi produit la patience.
Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son
œuvre, afin que [nous soyons] parfaits et accomplis, sans
faillir en rien » (Ja 1.2‑4).
Quand les prédicateurs de la prospérité enseignent que
Dieu ne veut jamais que vous souffriez, ils sapent tout ce
que Dieu peut faire dans nos vies à travers la souffrance.
Il est au contrôle de la souffrance qui nous affecte tempo-
rairement dans ce monde et il s’en sert pour édifier notre
foi. Cette souffrance fait inéluctablement partie de son plan
merveilleux pour nous et il nous demande de nous en réjouir.
Notre souffrance pour Dieu est le témoignage de notre com-
munion et de notre partenariat avec le Jésus-Christ. C’est
en effet un véritable sujet de joie et un fondement biblique
de l’espérance chrétienne.
Conclusion
Le péché est la cause de notre souffrance dans ce monde.
Une fois que nous avons compris cela, nous ne devons plus
chercher des solutions de surface qui ne vont pas à la racine
du mal. Dieu, dans son plan rédempteur, a traité le pro-
blème du péché et ses conséquences douloureuses une fois
pour toutes. En souffrant sur la croix, Jésus-Christ a porté
la punition du péché que nous méritions, afin que nous
n’ayons pas à souffrir éternellement en enfer.
Dieu a renversé la malédiction et l’a remplacée par la
restauration. Nous voyons les signes de cette restauration
maintenant, mais elle ne sera pas complète avant que le
92 LA PROSPÉRITÉ ?
Christ ne revienne et ne mette fin à cette ère pour ins-
taurer son règne. L’assurance que nous avons en Christ
que Dieu ôtera définitivement la souffrance nous remplit
d’espérance, et ce, même dans la douleur. Nous pouvons
même nous réjouir dans la souffrance, car elle augmente
notre foi et renforce notre communion avec Jésus-Christ.
Souffrir maintenant fait partie du plan de Dieu. Celui-ci
nous conduit à l’achèvement de l’œuvre de restauration
dans laquelle notre souffrance cessera. C’est cela la sagesse
de Dieu, et c’est une éternelle bonne nouvelle.
Chapitre 5
LE VRAI ÉVANGILE
Conrad Mbewe
C’est une parole certaine et entièrement digne d’être
reçue, que Jésus‑Christ est venu dans le monde pour
sauver les pécheurs, dont je suis le premier (1 Ti 1.15).
Une des plus grandes merveilles du monde a été la pro-
pagation du christianisme. Défiant pouvoirs et persécu-
tions, la foi chrétienne a été et continue de se propager à
travers le monde, réunissant hommes et femmes de races et
de cultures diverses. Au cours de l’histoire, plusieurs autres
mouvements ont vu le jour et se sont par la suite éteints.
Gamaliel s’attendait à ce que la même chose arrive au chris-
tianisme lorsqu’il était devant le sanhédrin (Ac 5.34-39).
Pourtant, la foi chrétienne, jadis croyance d’un
petit groupe de personnes à Jérusalem et en Judée, est
aujourd’hui respectée et prêchée de l’Afrique à la Corée,
jusqu’en Amérique du Sud. Et cela, malgré les oppositions
farouches que les chrétiens ont endurées depuis le ier siècle
94 LA PROSPÉRITÉ ?
jusqu’à aujourd’hui. Les missionnaires et les prédicateurs,
en particulier, ont souvent payé cher pour avoir annoncé ce
qu’ils reconnaissent simplement comme la Bonne Nouvelle.
On se demande certainement : « Pourquoi il en est ainsi ?
Qu’est-ce qui alimente ce mouvement et le rend, contre
toute attente, imbattable ? »
Le cœur de ce mouvement est bel et bien la Bonne
Nouvelle. Les chrétiens savent qu’ils ont la meilleure, la
plus importante et la plus joyeuse nouvelle de l’univers :
« Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les
pécheurs » (1 Ti 1.15). L’Évangile est un vieux mot français
qui signifie simplement « bonne nouvelle » ; tout comme le
mot utilisé dans le Nouveau Testament – evangelion. Notre
message de salut par Jésus-Christ est la Bonne Nouvelle, et
nous ne pourrions la garder pour nous-mêmes.
De plus, nous n’osons pas perdre de vue le véritable
évangile, tant pour notre bien que pour le bien de ceux qui
n’y ont pas encore cru. C’est en Jésus-Christ lui-même que
nous nous rappelons ce qui rend cette nouvelle si bonne :
l’identité, l’intérêt et l’action de Jésus.
L’identité du Sauveur
Le message chrétien est la meilleure nouvelle dans l’uni-
vers, d’abord, à cause de l’identité du Sauveur. Jésus-Christ
lui-même a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul
ne vient au Père que par moi » (Jn 14.6). Ce n’est non par
Mohammed, ni par Bouddha, ni par la vierge Marie, ou
par quelque autre chef religieux, même dans la chrétienté,
que nous sommes sauvés. Ce n’est pas non plus par l’inter-
médiaire d’un esprit ancestral, mais par Jésus-Christ seul
que nous pouvons être arrachés du péché et de l’enfer, et
Le vrai évangile 95
recevoir la grâce et le ciel. Qui est donc ce Jésus qui fait une
déclaration aussi remarquable ?
Tout d’abord, Jésus est le Messie (le Christ) promis au
sujet de qui les prophètes de l’Ancien Testament avaient
parlé et écrit : l’espoir du peuple d’Israël et du monde. Voyez
ce que les Psaumes 2 et 45 disent au sujet de la puissance et
de l’autorité unique du Messie. Aussi, Genèse 49.10 déclare
qu’il serait né de la tribu de Juda au sein de la nation d’Israël.
Dans Ésaïe 7.14, nous apprenons le mystère qu’il naîtra de
la vierge, tandis que Michée 5.1 nous donne le lieu exact
de sa naissance, Bethléem. Et dans beaucoup d’autres pas-
sages de l’Écriture, nous découvrons que ce Messie sera un
membre de la famille de David (p. ex. És 11). Chose encore
plus étonnante, Ésaïe 53 nous dit qu’il souffrira terrible-
ment, mourra pour notre cause et ressuscitera d’entre les
morts. Il n’y a qu’une seule personne dans l’histoire qui ait
accompli toutes ces prophéties, écrites des centaines d’an-
nées auparavant. C’est Jésus-Christ.
Les auteurs des évangiles dans le Nouveau Testament
ne veulent pas que vous perdiez l’importance de tout
cela. Matthieu a écrit à plusieurs reprises concernant la
vie de Jésus sur la terre : « Aujourd’hui cette parole de
l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. »
Que c’est incroyable ! Jésus lui-même, s’étant levé une fois
dans une synagogue, a lu un passage du livre du prophète
Ésaïe, et déclara que ce passage en question parlait de lui
(Lu 4.16-21).
Imaginez le grand étonnement de ceux qui écoutaient.
Une autre fois, Jésus a réprimandé ses disciples de ne pas
voir l’accomplissement de ce qu’avait dit l’Ancien Testament
à son sujet, y compris le fait qu’il souffrirait, mourrait et res-
susciterait d’entre les morts (Lu 24.25-27,44-47). C’est de ce
même Jésus que parle l’apôtre Paul quand il dit : « Christ
96 LA PROSPÉRITÉ ?
Jésus est venu dans le monde pour sauver des pécheurs ».
Il est la personne qui est proclamée au monde entier.
Ne manquez pas l’importance de ces quatre mots : venu
dans le monde. Contrairement à tous les faux messies et
leaders trompeurs qui promettent beaucoup et donnent très
peu, Jésus-Christ n’est pas de ce monde. Ce Jésus-Christ
que la Bible enseigne n’est pas seulement l’homme par
excellence, mais aussi Dieu. Il est la deuxième personne
incarnée de la sainte Trinité ; le Fils de Dieu.
Chacun des évangiles (Matthieu, Marc, Luc et Jean)
livre ce message et l’apôtre Jean commence son évangile
en ces termes :
Au commencement était la Parole, et la Parole était
avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au com-
mencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites
par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans
elle.... Et la parole a été faite chair, et elle a habité
parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous
avons contemplé sa gloire, une gloire comme la
gloire du Fils unique venu du Père (Jn 1.1-3,14.)
À chaque extrémité de la vie terrestre de Jésus, il était
clairement décrit comme le Fils de Dieu. Avant sa naissance,
un ange vint dire à Marie que celui qui naîtra de son sein
serait le Fils de Dieu (Lu 1.35). Et à la fin de sa vie, lorsqu’il
rendit son dernier soupir et mourut sur la croix, le soldat
qui avait été témoin de sa mort avoua : « Assurément, cet
homme était le Fils de Dieu » (Mt 27.54). Dans le cas où
nous aurions oublié le point, Dieu le Père a annoncé deux
fois du ciel que Jésus était son Fils (Mt 3.17 ; 17.5).
Pourquoi l’identité de Jésus-Christ est-elle une si bonne
nouvelle ? Quelle que soit la gravité du péché que tu aies
Le vrai évangile 97
commis, celui qui est omnipotent est venu dans le monde pour
te délivrer. Si Jésus n’était qu’un simple être humain, nous
serions désespérés, car un tel libérateur ne serait pas assez
puissant ; il aurait ses propres péchés, échecs et faiblesses à
surmonter avant qu’il puisse même tenter de nous délivrer
de nos péchés. Mais Christ est le tout-puissant Fils de Dieu,
saint et sans péché. Y a-t-il quelque chose qui soit trop diffi-
cile à faire pour lui ? (Lu 18.27.) Lui qui a créé ce vaste univers
à partir de rien et qui le soutient de sa toute-puissante main,
ne peut-il pas réussir à briser les chaînes du péché qui nous
tiennent en esclavage ? Non, il ne peut pas échouer. Une fois
qu’il entend nos cris et entre en action, les chaînes les plus
tenaces du péché cèdent plus vite que les toiles d’araignée
devant une flamme. Gloire au Seigneur !
L’intérêt du Sauveur
Ce qui fait du message chrétien une bonne nouvelle est,
deuxièmement, l’intérêt du Sauveur. Comme nous l’avons
dit plus haut, Paul, sous l’inspiration de l’Esprit, a écrit
que « Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les
pécheurs ». Ceci n’est pas juste une bonne nouvelle ; c’est
une étonnante nouvelle.
Notre conscience nous dit que Dieu est saint. Alors,
comment cela peut-il être possible que le Fils de Dieu
vienne dans ce monde rechercher la communion avec les
pécheurs ? C’est ce que les pharisiens avaient du mal à com-
prendre. Ils s’attendaient à ce que Jésus (même s’ils pen-
saient qu’il n’était qu’un bon enseignant) évite les pécheurs.
Cependant, à leur grande surprise, Jésus les cherchait et les
accueillait. « Maintenant, les percepteurs et les pécheurs
s’approchaient pour l’entendre », nous dit Luc. « Et les
pharisiens et les scribes murmuraient, disant : Cet homme
98 LA PROSPÉRITÉ ?
accueille des gens de mauvaise vie, et mange avec eux »
(Lu 15.1,2). Pourtant, Jésus ne s’était jamais excusé auprès
des pharisiens pour cette conduite. Il leur a plutôt répondu
en ces termes : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien
qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas
venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs »
(Lu 5.31,32).
Le grand intérêt de Jésus à vouloir sauver les pécheurs
est aussi surprenant, car c’est la loi de Dieu que nous bri-
sons chaque fois que nous péchons. C’est lui, Dieu, qui est
offensé. À quand remonte la dernière fois où vous avez
entendu qu’une personne offensée a pris sur elle l’engage-
ment de bénir celui qui l’a offensée ? Durant ma préadoles-
cence, je jouais souvent des mauvais tours. Je me souviens
alors combien j’étais paniqué à la simple vue d’un policier.
Ma conscience me faisait toujours penser que le policier
était à ma recherche ; je trouvais rapidement un moyen de
me mettre hors de sa vue. C’est ainsi que nos consciences
doivent réagir quand nous pensons à la venue du Fils de
Dieu dans le monde. Nous savons que nous méritons une
punition pour les péchés que nous avons commis contre
lui. C’est donc étonnant que Jésus-Christ soit venu dans le
monde, non pour punir les pécheurs, mais pour les sauver
du péché (Jn 3.17).
Que cette vérité coule jusqu’au plus profond de notre
être. Ce n’est pas pour les justes que Jésus est venu. Il
est venu pour les pécheurs. Dieu s’intéresse au bien-être
des pécheurs parce qu’il est miséricordieux, et parce qu’il
est plein de grâce et d’amour. La grâce va plus loin que la
miséricorde. La grâce est la miséricorde qu’une personne
offensée manifeste envers son agresseur. Si je vous sauve,
par exemple, de la colère d’une foule en train de vous
tabasser, vous appelleriez cela de la miséricorde. C’est
Le vrai évangile 99
la sympathie humaine qui me pousserait à vous aider à
échapper aux griffes de cette foule. Cependant, imaginez
que quelques jours avant cet événement malheureux, vous
étiez venu chez moi et vous aviez brisé toutes les fenêtres
avec une batte de baseball. Vous attendriez-vous à ce que je
vous sauve de la foule après avoir commis une telle chose ?
Certainement pas. Cependant, si je vous sauvais quand
même, que je vous emmenais à l’hôpital le plus près et que
je payais votre ordonnance médicale, ce serait certaine-
ment plus que de la miséricorde. En fait, c’est cela la grâce.
Dieu fait grâce aux pécheurs ; même les pires des
pécheurs. L’apôtre Paul s’est présenté lui-même comme un
exemple de ceux que Jésus-Christ sauve : « Jésus‑Christ est
venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis
le premier » (1 Ti 1.15). Paul souligne ici qu’il est le pire des
pécheurs. Avant sa conversion, Paul insultait les chrétiens
et disait des choses horribles à propos de Jésus-Christ, le
Fils de Dieu. Il a fait souffrir les chrétiens à cause de leur foi
en Jésus-Christ, leur Seigneur. En fait, il était en route pour
Damas afin de faire fouetter et emprisonner encore plus de
chrétiens lorsqu’il fut converti.
Ce témoignage de Paul fait de lui un excellent exemple
de l’intérêt de notre Seigneur. « Mais j’ai obtenu misé-
ricorde, afin que Jésus‑Christ fît voir en moi le premier
toute sa longanimité, pour que je servisse d’exemple à ceux
qui croiraient en lui pour la vie éternelle » (1 Ti 1.16). En
ayant pitié du chef des pécheurs, Dieu veut encourager les
autres pécheurs à ne pas fuir loin de lui, mais à demander
sa clémence comme l’a fait Paul. Si Dieu peut, en Christ,
pardonner à de grands pécheurs comme Paul, il peut éga-
lement pardonner à des pécheurs comme toi et moi.
C’est peut-être cela ton problème. Tout au fond de ton
être, tu sais bien que ce n’est pas une question d’avoir
100 LA PROSPÉRITÉ ?
beaucoup d’argent ou une meilleure santé. Tu as « trop »
(comme on le dit) péché contre Dieu et tu essaies de fer-
mer les yeux sur cette réalité. Tu as peut-être ôté la vie à
un bébé qui se trouvait dans ton ventre et ta conscience te
torture dans le silence de ton âme. Peut-être que tu vis une
vie sexuelle immorale et tu es bien conscient que Dieu le
sait, car il voit tout ce que tu fais dans le secret. Tu as peut-
être passé ta vie à voler les autres et, aujourd’hui, tu es très
malheureux de voir devant toi tous ces biens mal acquis.
« Dieu peut-il me pardonner tout cela ? » te demandes-tu.
C’est ton plus grand problème. Eh bien, la bonne nouvelle
de la foi chrétienne est que Dieu s’intéresse à toi. Il a envoyé
son Fils dans le monde non pour condamner, mais pour
que par son Fils le monde soit sauvé (Jn 3.17). Crois en cette
nouvelle. Dieu s’intéresse à ton salut. C’est pourquoi cette
nouvelle est appelée « Bonne Nouvelle ». C’est presque trop
beau pour être vrai. Il y a de l’espoir pour toi malgré tous tes
péchés. Bien que méritant l’enfer, tu peux toi aussi passer
l’éternité au ciel.
L’intervention du Sauveur
En fin de compte, le message chrétien est la meilleure
nouvelle au monde, à cause de l’intervention du Sauveur.
« Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les
pécheurs. » Si une personne a besoin d’être sauvée, c’est
parce qu’elle a des ennuis et ne peut pas se sauver elle-
même. Celui qui a besoin de secours est une personne
impuissante et incapable de changer sa situation. Sans un
sauveur, cette personne est abandonnée à son sort.
Lorsque nous parlons de sauvetage, nous pouvons ima-
giner une équipe de commandos envoyés au cœur d’un ter-
ritoire ennemi pour libérer des otages ; ou un hélicoptère
Le vrai évangile 101
transportant des sauveteurs en haute mer pour secou-
rir des passagers à bord d’un navire qui coule. Peut-être
avons-nous en tête l’image d’un avion-cargo des Nations
unies qui va livrer de la nourriture ou des médicaments
à une famille affamée dans une région dévastée par la
famine. Dans chacun des cas, les bénéficiaires de l’aide ne
peuvent s’aider eux-mêmes. C’est impossible. S’ils ne sont
pas secourus, ils périront.
Jésus-Christ a mis en œuvre une telle intervention. Le
danger est tel que ce ne sont pas seulement les meurtriers
ou les voleurs qui sont concernés ; nous avons tous besoin
d’être sauvés de notre péché. Au début de l’histoire de l’hu-
manité, nos premiers parents, Adam et Ève, ont péché
contre Dieu en mangeant le fruit de l’arbre que Dieu leur
avait interdit de manger (Ge 3). Cette rébellion égocentrique
contre Dieu a eu des conséquences sur chacun de leurs des-
cendants, toi et moi y compris. Depuis lors, nous sommes
tous pécheurs de nature.
Comme Adam et Ève, nous avons tous aussi péché et
« le salaire du péché, c’est la mort » (Ro 6.23). Jésus t’a-t-il
sauvé des conséquences de ta nature pécheresse et des
péchés que tu as commis ? Si ce n’est pas encore le cas,
tu dois toujours t’acquitter du salaire de ton péché. Voilà
pourquoi la Bible dit : « Mais pour les lâches, les incré-
dules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les
enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part
sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la
seconde mort » (Ap 21.8). Tous les pécheurs non sauvés
devront passer toute l’éternité dans ce lac de feu.
L’enfer est une séparation permanente de Dieu pour ceux
qui ne se sont jamais réconciliés avec Dieu. Nous sommes
nés égocentriques et esclaves d’une morale dégradante ;
nous sommes spirituellement morts. En écrivant à ceux qui
102 LA PROSPÉRITÉ ?
ont été ramenés à la vie en Christ, Paul dit : « Vous étiez
morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous
marchiez autrefois, selon le train de ce monde [...] accom-
plissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous
étions par nature des enfants de colère, comme les autres »
(Ép 2.1-3). C’est cet état de péché qui crée en nous ce besoin
désespéré d’un Sauveur.
Nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes. Si le fait
d’être en santé et riche pouvait régler notre problème, nous
n’aurions pas besoin de l’aide d’un Sauveur. En général, avec
de bons conseils sur les principes d’hygiène et d’économie,
nous pouvons améliorer l’état de notre santé et parvenir à
nous enrichir. Avions-nous vraiment besoin que le Fils de
Dieu vienne mourir sur la croix pour nous sauver de la pau-
vreté et de la maladie ? Nous avons absolument besoin de
l’intervention d’un Sauveur, mais c’est pour qu’il nous sauve
de la mort éternelle.
Comment Jésus-Christ est-il intervenu pour nous sau-
ver de cette situation désespérée ? Il l’a fait par sa vie sans
péché, sa mort sur la croix, et sa victoire sur la mort par sa
résurrection. C’est cela le summum de la bonne nouvelle
de la foi chrétienne. « Car, lorsque nous étions encore sans
force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies »
(Ro 5.6). Jésus, le Fils de Dieu qui est sans péché est venu
dans ce monde et a parfaitement obéi à son Père. La mort
n’avait aucune revendication sur lui. Mais alors, il a pris
sur lui notre dette – notre culpabilité – et mourut à notre
place sur la croix ; il a été notre substitut. La Bible dit :
« Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché
pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu »
(2 Co 5.21). Trois jours après la crucifixion, Dieu ressuscita
Jésus-Christ d’entre les morts pour montrer qu’il était plei-
nement satisfait de cette mort en notre nom. Ainsi, tous
Le vrai évangile 103
ceux qui croient en Jésus, même s’ils meurent, reviendront
à la vie et seront avec Dieu pour toujours. Leur dette a été
intégralement payée par la mort de Christ sur la croix.
La mission de sauvetage de Dieu ne s’arrête pas là. Après
la résurrection de Christ d’entre les morts, il est allé au
Père dans les cieux et ils ont envoyé le Saint-Esprit pour
être le consolateur et le conseiller du peuple de Dieu. Le
Saint-Esprit vient dans nos cœurs et nous apporte la vie
spirituelle, nous donnant ainsi la communion avec Dieu
et le pouvoir de nous oublier nous-mêmes afin d’aimer les
autres, d’aimer Dieu et de lui obéir.
L’évangile de Jésus-Christ est donc « le pouvoir de Dieu
pour le salut de quiconque croit » (Ro 1.16). Il transforme
les gens – pas de l’extérieur comme le prétendent les faux
prédicateurs – mais de l’intérieur, les équipant pour l’éter-
nité en présence de Dieu. Paul s’émerveille de cette trans-
formation à l’œuvre dans la vie des croyants de Corinthe.
« Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le
royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impu-
diques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni
les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes,
ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume
de Dieu. Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous.
Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais
vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et
par l’Esprit de notre Dieu » (1 Co 6.9-11).
C’est cela la Bonne Nouvelle, et elle mérite d’être plei-
nement acceptée. C’est cette bonne nouvelle qui fait de
la foi chrétienne un mouvement missionnaire qui gran-
dit sans cesse. Nous avons la meilleure des nouvelles au
monde : « Jésus-Christ est venu dans le monde pour sau-
ver les pécheurs. » C’est Dieu lui-même qui est descendu
pour nous sauver. Donc, peu importe à quel point tu es
104 LA PROSPÉRITÉ ?
profondément asservi au péché, si tu reconnais ta situation
désespérée et fais appel à Jésus-Christ pour te sauver, il le
fera. Tes péchés seront effacés et ton cœur sera transformé
pour que tu commences à vivre une vie qui était auparavant
impossible. Ainsi, tu pourras regarder la mort en face et
ne plus trembler parce que tu sais que son aiguillon a été
enlevé par la mort de Jésus, ton Sauveur ; tout ce que la
mort peut faire, c’est de te conduire auprès de Dieu au ciel.
Ainsi, comme le naufragé qui aperçoit un bateau, criez au
Seigneur Jésus-Christ et laissez-le vous sauver de la mort.
Il peut le faire aujourd’hui !
Chapitre 6
LES BÉNÉDICTIONS DU
VRAI ÉVANGILE
Michael Otieno Maura
Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec
Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, à qui nous
devons d’avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans
laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glori-
fions dans l’espérance de la gloire de Dieu. Bien plus,
nous nous glorifions même des afflictions, sachant
que l’affliction produit la persévérance, la persévé-
rance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’es-
pérance. Or, l’espérance ne trompe point, parce que
l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le
Saint-Esprit qui nous a été donné (Ro 5.1-6).
Il y a des choses qui ne devraient jamais être éloignées
de l’esprit d’un chrétien. Ce sont, entre autres, les béné-
dictions associées à l’Évangile. Quel sujet merveilleux !
106 LA PROSPÉRITÉ ?
Cela nous inspire, nous encourage, nous rend humbles
et met en perspective les nombreuses expériences de la
vie. Se rappeler des bénédictions que nous avons en Dieu
nous donne une idée exacte de qui il est. Cela nous incite à
vivre pour la gloire et l’honneur de Dieu dans cette vie. Or,
aujourd’hui, les gens ont souvent une mauvaise conception
des bénédictions.
J’ai prêché à Massai pendant plusieurs années. Et depuis
que je suis arrivé à Nairobi, les gens disent de moi que je
suis béni simplement parce que j’ai déménagé d’une zone
rurale à la grande ville. Beaucoup de chrétiens ont cette
mauvaise conception des bénédictions. Il en résulte que
leurs cœurs et leurs esprits sont attirés vers les avantages
mondains et les plaisirs passagers de ce monde. Dieu
connaît nos cœurs ; il nous a prévenus de cette erreur dans
l’Écriture, et il l’a critiquée.
Paul a écrit aux chrétiens vivant dans l’une des plus
grandes et des plus puissantes villes du monde antique –
Rome. Tout autour d’eux, ils voyaient la richesse, le pouvoir
et le prestige déployés et glorifiés. Mais rien de tout cela n’a
intéressé Paul. Son accent était mis sur l’Évangile. Dans
le chapitre 1, il décrit l’Évangile comme « la puissance de
Dieu pour le salut de quiconque croit » (Ro 1.16). Et non
seulement cela, mais « en lui [l’Évangile] est révélée la jus-
tice de Dieu […] selon qu’il est écrit : "Le juste vivra par la
foi" » (Ro 1.17).
Cependant, pour reconnaître le pouvoir et la grâce de
l’Évangile, nous devons voir notre situation réelle. Ainsi,
au verset 18, Paul dit que « la colère de Dieu se révèle du
ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes ».
Cette déclaration est très pertinente pour nous tous, car
Paul, au chapitre 2, révèle que le monde entier est coupable
devant Dieu.
Les bénédictions du vrai évangile 107
La mauvaise nouvelle nous prépare pour la bonne nou-
velle. Au chapitre 3, à partir du verset 21, nous pouvons voir
la beauté de la justification par la foi ; nous ne devenons pas
en règle avec Dieu par quelque chose que nous pourrions
faire. C’est notre foi en Jésus‑Christ seul qui nous rend juste
devant Dieu.
Ce n’est pas un concept nouveau. Au chapitre 4, il y a
l’exemple de deux personnes qui furent justifiées par Dieu,
uniquement au moyen de leur foi en lui. Abraham et David
furent justifiés uniquement par la foi. Dieu a toujours tra-
vaillé de cette façon.
Paul a commencé le chapitre 5 de Romains avec les mots
« ainsi donc » afin que nous ne perdions pas de vue son pro-
pos. Après avoir décrit la foi d’Abraham, Paul a poursuivi
ainsi : « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix
avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ». Paul voulait
que nous comprenions que c’est le seul moyen par lequel
Dieu sauve. La justification par la foi est biblique.
Permettez-moi donc de clarifier et de définir ce que c’est
que la justification par la foi. La justification par la foi est
un acte de la grâce gratuite de Dieu. Dieu, de sa propre ini-
tiative, pardonne tous nos péchés et nous déclare justes à
ses yeux à cause de la justice de Christ qui nous est impu-
tée. Nous recevons ce don seulement par la foi en l’œuvre
accomplie du Seigneur Jésus-Christ. C’est cela la justifica-
tion par la foi.
Il est difficile pour beaucoup de gens d’accepter le fait
qu’ils ne soient pas en charge de cela. Chaque personne veut
se faire passer pour le héros de sa propre histoire. Pourtant,
Dieu donne la justification librement ; nous ne pouvons pas
la gagner nous-mêmes. Rappelez-vous de Luther : c’est en
lisant Romains 1.17 qu’il a découvert que le juste vit par la
foi. Cette découverte a transformé sa vie. Le Saint-Esprit a
108 LA PROSPÉRITÉ ?
illuminé son esprit et, tout d’un coup, cet homme exténué et
agonisant dans la lutte pour l’obtention de son salut comprit
que l’homme est justifié par la foi seule.
Est-ce ce message-là que nous prêchons ? Sommes-
nous libérés par le message de la justification par la foi, ou
pensons-nous toujours que nous sommes justifiés par les
actes que nous posons ? Avons-nous accepté de tout notre
cœur et de toute notre force la justification par la foi ? Nous
avons besoin de gens qui iront faire savoir au monde que
Dieu justifie par la foi.
Bénédiction numéro un : la paix
avec Dieu
Après avoir expliqué aux Romains ce que c’est que la justi-
fication par la foi, Paul leur a ensuite montré les avantages
et les bénédictions qu’elle apporte. Ce chapitre parle des
bénédictions de l’Évangile de la justification par la foi. Nous
pouvons voir la première bénédiction au premier verset du
chapitre cinq : « Étant donc justifiés par la foi, nous avons
la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. »
Rappelez-vous de ce que nous avons appris dans
Romains 1.18 : tous sont coupables. C’est un problème que
seul Dieu peut résoudre. « Mais Dieu prouve son amour
envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des
pécheurs, Christ est mort pour nous » (Ro 5.8). C’est cela
la puissance et la raison de la mort de Christ : « Lorsque
nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu »
(Ro 5.10). Paul ne parlait pas essentiellement d’une paix
intérieure, d’une quelconque expérience ou d’un sentiment.
Il s’agit de la restauration d’une relation avec le Créateur qui
avait été rompue.
Les bénédictions du vrai évangile 109
Un pécheur est ennemi de Dieu. Sans la foi en
Jésus-Christ, nous demeurons en guerre avec Dieu.
Pourquoi ? Dieu est saint et juste, pourtant nous avons
rejeté sa justice. Dieu est exalté par-dessus tout et il
demeure dans la sainteté. Pourtant, nous avons choisi d’al-
ler contre sa sainteté avec notre péché, qui est celui d’être
centré sur nous-mêmes. Notre égocentrisme ne nous mène
nulle part, car tout ce que Dieu attend de nous, c’est que
nous soyons justes. Pourtant, nul n’est juste (Ro 3.9-18,23).
Par conséquent, nous avons besoin de cette justification
pour avoir la paix avec Dieu. Nous sommes tous pécheurs à
cause de notre nature humaine pervertie. Le péché d’Adam
nous a été imputé ; nous sommes les héritiers d’Adam, qui
a désobéi à Dieu et introduit le péché dans la race humaine.
Ainsi, depuis la naissance, nous sommes en guerre avec
Dieu. Il est saint et exige la sainteté, mais nous ne sommes
pas conformes à cette sainteté.
Un examen honnête nous amènera à conclure que notre
nature est corrompue. Nos émotions, notre compréhen-
sion, nos paroles et nos actions nous séparent tous de Dieu.
Nous ne pouvons pas avoir une bonne relation avec Dieu
par nos propres efforts. Nous ne sommes pas seulement
pécheurs en Adam, mais nous péchons aussi de par nos
actes, et selon notre propre désir. Parce qu’il est juste, Dieu
condamne les pécheurs.
Pouvez-vous donc maintenant comprendre que la paix
avec Dieu est une bénédiction formidable ? Nous devrions
être débordants de joie d’apprendre qu’un pécheur –
condamné, misérable, méritant de subir un châtiment
juste – puisse maintenant avoir la paix avec Dieu. Si vous
êtes justifiés par la foi, alors vous êtes réconciliés ; vous
êtes en paix avec votre Créateur. Voici ce que nous devrions
prêcher tous les dimanches : l’homme peut avoir la paix
110 LA PROSPÉRITÉ ?
avec Dieu. Les chrétiens ne sont plus en guerre avec Dieu.
Ils sont maintenant de son côté.
Quelles sont les implications et les conséquences de
cette paix avec Dieu ? Premièrement, nous n’avons pas
besoin de remettre en question notre relation avec notre
Dieu. La punition que nous aurions dû subir est tombée
sur notre substitut à la croix du Calvaire. Et la justice du
Seigneur Jésus-Christ est devenue nôtre. Lorsque Dieu
nous regarde, il ne nous voit plus ; il voit la justice de son
Fils. Nous sommes donc justes à ses yeux.
J’ai une fille qui est à l’école primaire. Lorsque je reçois
une facture pour les frais scolaires, je me rends à l’école et je
donne au directeur la somme due. Si l’on demande en classe
qui a payé pour ses articles scolaires, ma fille va lever la
main, même si ce n’est pas elle qui a remis l’argent au direc-
teur. C’est mon argent, mais on considère qu’elle a payé. C’est
ce que Dieu a fait pour nous en Christ. Ainsi donc, quand le
diable nous rappelle notre péché et nous fait douter de notre
relation avec Dieu, nous avons une réponse. La justice de
Dieu nous a été créditée par le Seigneur Jésus-Christ. Nous
avons la paix avec Dieu à travers Jésus-Christ.
Ainsi, la paix entre Dieu et nous pour laquelle Jésus-Christ
a payé le prix nous apporte également la paix dans nos
cœurs. Notre conscience ne nous éloigne plus de Dieu. Une
fois justifiés et que la justice de Christ nous a été imputée,
notre conscience cesse de nous accuser. La justice de Dieu
se réalise dans la mort du Seigneur Jésus-Christ pour nous.
Satan peut nous accuser, mais il ne peut nous condamner,
car nous avons été justifiés par Dieu lui-même.
Est-ce cela que nous enseignons ? Je me souviens d’un
jeune homme qui est venu me voir il y a quelques années
de cela et m’a dit : « Pasteur, j’ai rechuté hier soir. » Je lui
ai demandé : « Pourquoi ? » Il m’a répondu : « J’ai rêvé que
Les bénédictions du vrai évangile 111
j’étais ivre, j’ai donc perdu mon salut. » Cette façon de réagir
montre que nous n’enseignons pas aux gens cette vérité : le
salut ne dépend pas de nous. La justification ne dépend pas
de ce que nous faisons ; elle dépend de ce que le Seigneur
Jésus-Christ a fait et de sa justice. Il y a beaucoup de gens
qui s’inquiètent au sujet de leur salut et ils ont besoin que
nous allions leur annoncer que si nous sommes justifiés
par la foi en Jésus-Christ, nous avons la paix éternelle avec
Dieu. « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation
pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Ro 8.1).
Le seul chemin qui conduit à la paix
avec Dieu
C’est donc cela la bénédiction numéro un : « Étant donc
justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre
Seigneur Jésus-Christ » (Ro 5.1). Avant de passer à la béné-
diction suivante, je voudrais souligner le mot par.
Certaines personnes pensent et agissent comme si la paix
avec Dieu pouvait être obtenue par d’autres moyens. Paul l’a
clairement expliqué : c’est par le Seigneur Jésus-Christ seul
que nous pouvons obtenir cette paix avec Dieu. Jésus-Christ
est le seul médiateur entre Dieu et l’homme. Il n’existe
aucun autre moyen d’avoir cette grande bénédiction de la
paix avec Dieu. Ce ne doit être que par Jésus-Christ seul.
Nous avions un très petit bureau de poste où je vivais.
J’étais dans un village appelé Uganja. Si vous nous écri-
viez, vous deviez inscrire l’adresse suivante sur l’enveloppe :
BP 13, Ugunja, via Siaya. Pour que la lettre arrive jusqu’à
nous, elle devrait passer par Siaya. Cette paix avec Dieu est
via Jésus-Christ. Il n’y a pas d’autre voie. C’est le Seigneur
Jésus-Christ qui a vécu une vie parfaite. Et sa vie parfaite
112 LA PROSPÉRITÉ ?
a accompli la loi en notre nom. Lui seul a vécu une vie par-
faite sans péché.
Jésus-Christ est celui qui a expié notre péché par son
précieux sang. Il est le seul à avoir satisfait la loi morale
de Dieu. Il est le seul homme qui a atteint la norme de
perfection de Dieu. C’est pourquoi la paix avec Dieu n’est
possible que par Jésus-Christ seul. Est-ce de cela que
nous parlons tous les dimanches ? Notre vie quotidienne
démontre-t-elle que nous croyons en la paix avec Dieu par
le Seigneur Jésus-Christ ?
Vous pouvez recevoir une onction d’huile sur votre tête
ou sur vos pieds, ou même nager dans une piscine d’eau
bénite. Toutefois, cela ne vous apportera pas la paix avec
Dieu ; non, pas du tout. C’est l’œuvre du paganisme et elle
doit prendre fin. Nous devons aller annoncer aux gens :
vous pouvez avoir la paix avec Dieu par Jésus-Christ et par
Jésus-Christ seul.
L’un de mes passages préférés qui met en lumière la suf-
fisance du Christ est 1 Corinthiens 1.30,31 : « Or, c’est par
lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été
fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemp-
tion, afin, comme il est écrit, que celui qui se glorifie se
glorifie dans le Seigneur. »
À l’image du jeune homme riche dans les évangiles, cer-
taines personnes s’éloignent tristement quand nous prê-
chons les bénédictions éternelles de l’Évangile. Mais la paix
avec Dieu ne vient pas des choses matérielles. Pensez aux
hommes qui prêchent l’Évangile dans les villages les plus
reculés. Ces pasteurs, qui parcourent parfois des kilomètres
sans chaussures et sans bicyclette, sont richement bénis. Ils
ont la paix avec Dieu et ils proclament cette paix avec Dieu
par Jésus-Christ. C’est la cause que nous devons défendre.
Les bénédictions du vrai évangile 113
Bénédiction numéro deux : l’accès
à Dieu
Nous voyons la deuxième bénédiction dans le verset 2 de
Romains 5 : « à qui nous devons d’avoir eu par la foi accès
à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes ».
Maintenant, parce que nous avons été justifiés et que nous
avons la paix avec Dieu, nous avons aussi accès à Dieu.
Nous avons maintenant accès au trône de grâce de Dieu
que nous ne méritions pas.
Nous étions des rebelles exclus de la présence de Dieu.
Laissez-moi vous donner un exemple. Lors des élections
de 1992 au Kenya, au temps du président Daniel arap Moi,
plusieurs personnes ont quitté leurs partis pour rejoindre le
Kenya African National Union (le parti de Moi). Ces trans-
fuges provenant de zones rurales se rendirent au palais pré-
sidentiel et furent conduits à la résidence du président. Ils y
mangèrent et eurent l’occasion de rencontrer le président en
personne. Celui-ci les amena même en campagne électoral
avec lui. Ces personnes qui s’étaient opposées autrefois au
président eurent soudainement accès au palais présidentiel.
De même, chacun de nous s’était rebellé contre Dieu.
Toutefois, le Seigneur Jésus-Christ, depuis que nous avons
été justifiés par la foi, nous a conduits à Dieu lui-même. Et
maintenant nous avons accès à lui. Nous avons été intro-
duits dans la présence de Dieu. Sa justification nous donne
la sécurité et la confiance devant notre Dieu.
La présence de Dieu a toujours été importante pour
le peuple de Dieu. Souvenez-vous que le Temple était un
symbole de la présence de Dieu parmi son peuple. Même le
Temple était divisé en trois parties : le saint des saints, le
lieu saint, et le parvis extérieur. Dans le saint des saints se
trouvait le propitiatoire ; seul le grand prêtre pouvait entrer
114 LA PROSPÉRITÉ ?
dans ce lieu et il y accédait une seule fois par année pour
offrir un sacrifice pour les péchés du peuple. Mais le sacri-
fice pour nous a été fait une fois pour toutes. Et maintenant,
le Seigneur Jésus-Christ nous a introduits dans la présence
du Dieu Très-Haut. Nous avons accès à la présence de Dieu.
L’auteur de l’épître aux Hébreux résume très bien cela :
Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacri-
ficateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de
Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous pro-
fessons. Car nous n’avons pas un souverain sacrifi-
cateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au
contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses,
sans commettre de péché. Approchons-nous donc
avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir
miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus
dans nos besoins (Hé 4.14-16).
Ce que nous avons en Jésus-Christ est encore plus
grand que ce qu’avaient les saints de l’Ancien Testament.
En Jésus-Christ, nous avons un grand souverain sacrifica-
teur qui nous donne accès à la présence Dieu. Par consé-
quent, nous pouvons approcher le trône de grâce avec
assurance. Nous avons obtenu l’accès par Jésus-Christ, et
nous pouvons nous approcher avec confiance. C’est une
grande bénédiction.
Cependant, tâchons de ne pas avoir une mauvaise idée
de la confiance que nous pouvons et devrions avoir en
Jésus-Christ. Dieu est un feu dévorant. Ne croyons pas pou-
voir le tromper. Dans la Bible, nous voyons le sort réservé
à ceux qui déshonorent et méprisent Dieu. Dieu est saint et
il exige de nous la révérence. Quand nous nous approchons
de lui, ce n’est pas pour contester ou exiger quoi que ce soit.
Les bénédictions du vrai évangile 115
Nous pouvons être confiants, car nous savons que l’accès
que le Christ a obtenu pour nous, et que nous avons reçu
par la foi, n’est pas douteux. Dieu l’a accepté et cela est sûr.
Imaginez que vous avez été invité à un mariage. Si l’on vous
demandait pourquoi vous devriez être autorisé à entrer,
vous présenteriez votre carte d’invitation. Vous êtes invi-
tés ; vous ne devriez donc pas vous inquiéter. Le Seigneur
Jésus-Christ nous a invités et nous a donné sa justice. Cette
confiance n’est pas le fruit de nos propres œuvres ; elle pro-
vient du fait qu’il nous a lavés par son sang et que sa justice
nous a été donnée. C’est une confiance basée sur ce que le
Seigneur Jésus-Christ a accompli pour nous.
Malgré cet accès que nous avons auprès Dieu, certaines
Églises et certains prédicateurs essaient de mettre une bar-
rière entre les chrétiens et Dieu. Nous n’avons pas besoin
d’un prêtre pour nous donner accès à Dieu. Ce ne sont pas
seulement les prêtres catholiques qui se font passer pour les
portiers du trône de la grâce. Aujourd’hui, plusieurs Églises
sont tombées dans la tentation du culte de la personnalité.
Le pasteur est la seule personne qui peut prier pour vous.
Il est le seul qui peut vous bénir. S’il part en voyage, vous
devez lui demander de vous appeler pour qu’il prie pour
vous au téléphone. Les chrétiens ont besoin d’être enseignés
qu’ils n’ont accès à Dieu que par Jésus-Christ.
Dans la plupart de nos cultures, nous avons l’habi-
tude d’avoir des gens pour nous représenter, des gens qui
servent d’intermédiaires entre Dieu et nous. Toutefois, cela
n’est pas le fruit de l’Évangile. Tous ceux qui croient au
Seigneur Jésus-Christ ont obtenu l’accès à Dieu. Ce n’est
pas par notre travail, par l’argent que nous donnons, par
notre propre force, par nos capacités, ou par notre histoire.
Nous avons cette bénédiction d’avoir accès à Dieu tout
116 LA PROSPÉRITÉ ?
simplement parce que Dieu lui-même nous a déclarés justes
par le mérite de son Fils.
Bénédiction numéro trois : la joie de
l’espérance en la gloire de Dieu
Il y a encore plus de bénédictions à venir. La paix avec Dieu
et l’accès à lui en Christ Jésus nous procurent la joie à cause
de l’espérance qu’ils nous donnent. Voyons Romains 5.2 à
nouveau : « par notre Seigneur Jésus-Christ, à qui nous
devons d’avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle
nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’es-
pérance de la gloire de Dieu ».
L’expression se glorifier est aussi traduite par se vanter,
et si nous combinons ces deux mots, nous avons une bonne
compréhension de l’idée de Paul. Il parle d’une confiance
enthousiaste en quelque chose de merveilleux1. Lorsque
nous savons avec certitude qu’une chose précieuse – une
personne, un don, un trésor – est à nous, cela nous apporte
de la joie. En Jésus, nous sommes sûrs d’avoir obtenu la plus
belle chose. Nous nous réjouissons dans l’espérance de la
gloire de Dieu. Paul a dit aux Romains : Abraham fut jus-
tifié par la foi. David fut justifié par la foi. Et l’œuvre expia-
toire du Seigneur Jésus-Christ à la croix du calvaire nous a
donné la paix avec Dieu. Elle nous a donné accès auprès de
lui. Pour cela, nous pouvons maintenant nous réjouir qu’un
jour nous partagerons la gloire de Dieu.
Cependant, tout comme le mot bénédiction, les mots joie
et se réjouir sont mal utilisés aujourd’hui. Cette joie dont
nous parlons ne vient pas de ce que nous pourrions obtenir
1. Voir Darrell Bock, The Bible Knowledge Word Study: Acts-Ephesians,
Colorado Springs, Cook, 2006, p. 152.
Les bénédictions du vrai évangile 117
de l’extérieur. C’est une joie qui résulte de notre justification
par la foi en Jésus-Christ. La joie n’est pas définie par les
cris et les rires. J’ai vu des gens rire une nuit entière, affir-
mant que c’était la joie du Seigneur. Ce n’est pas la joie du
Seigneur. La joie dont Paul nous a parlé est une réjouissance
en la certitude de la bénédiction éternelle. Nous sommes
certains que nous partagerons la gloire de Dieu.
Ce n’est pas un vague espoir, comme l’espoir d’obtenir
prochainement un bon emploi ou une belle maison. C’est
être sûr qu’un jour nous verrons la gloire du Dieu qui nous
a justifiés. Sans l’ombre d’un doute, nous savons qu’il a nous
a sauvés ; il nous a secourus, et nous aurons part à sa gloire.
Dans Colossiens 1.27, il est dit : « Christ en vous, l’espérance
de la gloire. » Si vous avez le Seigneur Jésus-Christ en vous,
alors vous pouvez avoir l’espoir de la gloire.
Et l’on n’espère pas en quelque chose qui n’existe pas
encore. Dieu ne nous trompe pas. Sa gloire a toujours été
là et elle soutient le monde. Un jour, elle couvrira la terre
entière et nous y aurons part. Si vous êtes déjà allés voir une
pièce de théâtre, vous savez qu’il y a un rideau sur la scène.
Avant le début de la pièce, le rideau est fermé. Les acteurs
sont déjà en place et le public attend que le rideau se lève.
Lorsque le rideau se lève, vous voyez tout ce qui était déjà
sur le podium. La gloire de Dieu existe et, un jour, ceux qui
sont justifiés par la foi, non seulement la verront, mais aussi
ils y participeront.
Avez-vous perdu de l’intérêt pour la gloire de Dieu ? Le
monde tente de nous distraire avec le désir du péché, et
certains veulent échanger la gloire de Dieu contre ce qu’ils
veulent posséder ici-bas, et maintenant. Nous avons cepen-
dant quelque chose de plus précieux que l’or, l’argent, ou
tout ce que ce monde a à offrir. Vous ne pouvez pas trouver
cette bénédiction en dehors de l’évangile de Jésus-Christ.
118 LA PROSPÉRITÉ ?
Notre Seigneur Jésus sait qu’avoir part à la gloire de Dieu
est une bénédiction incomparable. Il le désire ardemment
pour nous et prie pour que cela se réalise : « Père, je veux
que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec
moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as don-
née, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde »
(Jn 17.24). Les chrétiens ont l’espérance sûre d’avoir part à
la gloire de Dieu. Et cette espérance leur donne la joie.
Bénédiction numéro quatre : la joie
dans la souffrance
Le monde nous promet des choses qui disparaissent et qui
se réduisent en poussière. Les bénédictions qui proviennent
de l’Évangile durent éternellement. Une autre bénédiction
que nous avons, c’est que, même dans nos souffrances,
nous pouvons nous réjouir. « Bien plus, nous nous glori-
fions même des afflictions, sachant que l’affliction produit
la persévérance » (Ro 5.3). Nous pouvons nous réjouir dans
nos souffrances. Quelle bénédiction étrange !
Si vous prêchez un tel message dans certaines Églises,
les gens deviennent moroses. Il y avait une Église à Nairobi
qui avait une grande banderole : « Arrêtez de souffrir –
joignez-vous à l’Église universelle du Christ. » La Bible ne
promet pas cela, mais elle nous dit que nous pouvons nous
réjouir dans nos souffrances. Devrions-nous supprimer ce
verset de la Bible ? Non. Nous devrions plutôt incliner la
tête et remercier Dieu. Ceux qui ont été justifiés, peuvent
et doivent se réjouir même dans la persécution. Comment
est-ce possible ?
Premièrement, la souffrance est un moyen vital pour
notre sanctification. Nous pouvons nous réjouir dans la
souffrance parce que la tribulation produit la persévérance.
Les bénédictions du vrai évangile 119
(Il y a aussi la mauvaise souffrance. Si je suis puni pour
avoir volé, ce n’est pas pour la gloire de Dieu et ce n’est pas
non plus une souffrance chrétienne.) Quand nous faisons
face à des problèmes à cause de notre foi en Jésus-Christ,
Dieu s’en sert pour édifier notre foi. As-tu déjà été ridicu-
lisé à cause de ta foi ? Lorsque dans la souffrance, nous
restons accrochés à Dieu, notre Seigneur se sert de cette
situation pour renforcer notre attachement à lui. Et lorsque
cette situation se présente à nouveau, nous tenons encore
plus ferme en lui. La souffrance produit la persévérance
dans la foi.
Paul nous dit aussi que la persévérance forge le carac-
tère. Un chrétien fidèle est une personne qui a connu des
moments de difficultés qui ont été pour elle un moyen d’ap-
prentissage. Souvenez-vous de l’expérience de David, et
comment cela a façonné son caractère. Quand Saül lui a
demandé s’il pouvait combattre contre Goliath, David avait
une réponse toute prête. Il s’occupait du troupeau de son
père, et quand un lion ou un ours venait pour attaquer les
brebis, il le tuait. Il avait expérimenté le secours de Dieu au
moment d’une menace et cette expérience avait forgé son
caractère. Il pouvait donc dire : « L’Éternel, qui m’a délivré
de la griffe du lion et de la patte de l’ours, me délivrera aussi
de la main de ce Philistin » (1 Sa 17.37). La souffrance forme
le caractère.
Nous nous réjouissons également dans la souffrance
parce qu’elle révèle la puissance de Dieu. Un de mes pro-
fesseurs, Martin Bussey, avait l’habitude de nous donner
l’exemple d’un missionnaire qui est allé prêcher dans un
lieu où il n’y avait pas eu de fruit sur une longue période.
Un de ses enfants tomba malade et finalement il mourut.
Ce missionnaire, en tant qu’enfant de Dieu, n’a ni souffert
ni pleuré comme le monde le fait (1 Th 4.13). Les gens en
120 LA PROSPÉRITÉ ?
ont pris bonne note. Ils ont remarqué la façon dont ce mis-
sionnaire a géré la maladie et la mort de son enfant et se
demandaient pourquoi il était si différent. Le lendemain,
les gens ont commencé à venir l’écouter. La façon dont un
chrétien gère la souffrance révèle la puissance de Dieu. Le
monde peut voir la puissance et la grâce de Dieu dans notre
vie, et cela peut être une occasion d’attirer des âmes vers
notre Sauveur.
La souffrance nous prépare également pour être des
outils dans le futur. Pouvez‑vous imaginer un prédica-
teur qui n’est pas compatissant ? Parfois, les prédicateurs
doivent éprouver de la souffrance pour le bien des autres.
Lorsque nous sommes éprouvés par la souffrance, nous
sommes plus aptes à sympathiser avec ceux qui souffrent
et nous pouvons leur venir en aide.
En outre, le ministère d’un chrétien éprouvé possède
une faculté spéciale pour édifier nos âmes. Je voudrais citer
l’exemple de notre frère John Nkarithia de Maithene-Meru,
qui est maintenant auprès du Seigneur. John a connu beau-
coup de moments de souffrance et de maladie. Toutefois, il
rendait gloire à Dieu pour tout. En allant le visiter, les gens
songeaient à l’encourager, mais ce sont eux qui retournaient
chez eux encouragés. Avant de mourir, John a même prié
pour moi afin que j’aille prêcher l’Évangile. Nous glorifions
Dieu dans notre souffrance quand nous nous en servons
pour enseigner les autres.
Soyez prêts à préparer les gens à la mort. Ne prions
pas seulement pour que les gens soient guéris. Prions et
préparons-les pour la gloire. J’ai lu un jour Romains 8.18-39
à John Nkarithia : « J’estime que les souffrances du temps
présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui
sera révélée pour nous » (Ro 8.18). Le temps est venu pour
Les bénédictions du vrai évangile 121
nous de savoir, tout comme ce frère, que nous pouvons nous
réjouir dans nos souffrances.
L’espérance qui nous soutient et nous sanctifie dans
notre souffrance ne nous déçoit jamais. Dieu a déversé son
amour dans nos cœurs. Nous avons une espérance qui est
certaine. En effet, dans une de ses lettres à Timothée, Paul
lui dit : « Jésus-Christ notre espérance » (1 Ti 1.1). Jésus
est notre espérance. L’espérance qui est en Jésus-Christ ne
peut jamais nous décevoir.
Conclusion
Nous découvrons la Trinité dans les bénédictions de
l’Évangile. Dieu le Père a envoyé Dieu le Fils pour subir le
châtiment que nous méritons afin que nous puissions avoir
la paix avec Dieu et accéder à lui. Il a déversé l’amour, la
joie et l’espoir dans nos cœurs par le Saint-Esprit qu’il nous
a donné. Cette joie de l’espérance de la gloire de Dieu nous
soutient même dans la souffrance, qui nous rapproche de
Dieu et fortifie notre foi.
Voilà quelques-unes des bénédictions que nous avons
dans l’Évangile de la justification par la foi en Jésus.
Enseignons-nous ces bénédictions ? Parlons-nous de ces
bénédictions ? Connaissons-nous ces bénédictions ? Nous
réjouissons-nous dans ces bénédictions ? Grâce au grand
amour de Dieu qui s’est répandu dans nos cœurs, nous
sommes bénis avec une paix, une sécurité, une espérance
et une joie qui dureront éternellement.
Appendice I
DOUZE APPELS AUX
PRÉDICATEURS DE
L’ÉVANGILE DE LA
PROSPÉRITÉ
John Piper
1. Ne prêchez pas un évangile qui place
des obstacles inutiles sur le chemin qui
mène au ciel
Jésus déclara : « Qu’il est difficile à ceux qui ont des
richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Ses disciples
étaient stupéfaits… comme devraient l’être bon nombre des
adeptes de la théorie de la « prospérité ». Mais Jésus porta
leur étonnement à son comble en ajoutant : « Il est plus
facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à
un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ». Incrédules, ils
124 LA PROSPÉRITÉ ?
s’exclamèrent : « Qui donc peut être sauvé ? » Et Jésus de
conclure : « Aux hommes cela est impossible, mais non à
Dieu, car tout est possible à Dieu » (Mc 10.23-27).
Autant dire que leur stupéfaction était justifiée. Un
chameau ne peut pas passer par le trou d’une aiguille. Il
ne s’agit pas d’une métaphore faisant référence à quelque
chose qui nécessite un immense effort ou un humble sacri-
fice : cela n’est tout simplement pas réalisable. Et comment
le savons-nous ? Parce que Jésus a déclaré que cela est
impossible ! C’est lui qui a employé ce mot, pas nous : « Aux
hommes cela est impossible ». Il voulait dire par là que la
nécessaire transformation du cœur est quelque chose que
l’homme est incapable d’accomplir par lui-même. C’est for-
cément l’œuvre de Dieu : « [impossible aux hommes], mais
non à Dieu ».
Nous sommes incapables de cesser d’attacher plus de
valeur à l’argent qu’au Christ. Mais Dieu peut produire
ce changement en nous. Voilà une bonne nouvelle. Et qui
devrait faire partie du message que proclament les prédica-
teurs de l’évangile de la prospérité, avant d’inciter par leurs
discours à chercher à ressembler davantage à un chameau.
Pourquoi vouloir prêcher un évangile qui encourage les
gens à désirer la richesse et les confirme ainsi dans leur
inaptitude naturelle pour le royaume de Dieu ?
2. Ne prêchez pas un évangile qui
suscite des désirs suicidaires
L’apôtre Paul a mis en garde contre le désir d’être riche. Par
voie de conséquence, il a mis en garde contre les prédica-
teurs qui attisent le désir d’être riche au lieu d’aider les gens
à s’en débarrasser. Voici son avertissement : « Quant à ceux
qui veulent s’enrichir, ils tombent dans la tentation, dans
Appendice I 125
un piège et dans une foule de désirs stupides et nuisibles
qui plongent les hommes dans la ruine et provoquent leur
perte. L’amour de l’argent est en effet à la racine de tous les
maux. En s’y livrant, certains se sont égarés loin de la foi et
se sont infligé eux-mêmes bien des tourments » (1 Ti 6.9,10).
Il s’agit là de paroles très sérieuses, et pourtant elles ne
semblent pas trouver d’écho chez ceux qui prêchent l’évan-
gile de la prospérité. Il n’y a rien de mal à ce que les pauvres
désirent une certaine dose de prospérité de manière à pou-
voir subvenir à leurs besoins, être généreux et consacrer
du temps et de l’énergie à des tâches qui glorifient le Christ
plutôt qu’à trimer pour s’en sortir. Il n’y a rien de mal à
demander de l’aide au Christ dans cette quête. Il désire
répondre à nos besoins (Mt 6.33).
Mais tous autant que nous sommes, pauvres et riches,
nous courons en permanence le risque de nous attacher
aux richesses plus qu’à Christ (Col 3.2) et de placer notre
espérance en elles plus qu’en Christ (1 Ti 6.17). Ce désir
d’être riche est tellement fort et suicidaire que Paul emploie
les termes les plus percutants qui soient pour nous mettre
en garde. J’appelle les prédicateurs de l’évangile de la pros-
périté à faire de même.
3. Ne prêchez pas un évangile qui incite
à s’exposer aux mites et à la rouille
Jésus nous met en garde contre toute velléité de nous
amasser des trésors sur la terre. Autrement dit, il nous
exhorte à donner plutôt qu’à garder : « Ne vous amas-
sez pas des trésors sur la terre, où les mites et la rouille
détruisent et où les voleurs percent les murs pour voler,
mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les mites et
126 LA PROSPÉRITÉ ?
la rouille ne détruisent pas et où les voleurs ne peuvent pas
percer les murs ni voler ! » (Mt 6.19,20.)
Certes, nous gardons tous quelque chose ; Jésus le
sait très bien. Il n’attend pas de nous (sauf dans des cas
extrêmes) qu’à force de donner nous n’ayons plus rien à
donner. Il se peut qu’un jour nous donnions notre vie pour
quelqu’un et qu’ainsi nous ne soyons plus en mesure de
continuer à donner. Mais, normalement, Jésus attend de
nous que notre vie soit semblable à un cycle dans lequel
notre travail génère un revenu qui nous permette de vivre
simplement tout en donnant de façon continue.
Cependant, étant donné la tendance innée à la cupi-
dité que nous avons tous, Jésus estime nécessaire de nous
mettre en garde contre la tentation de « nous amasser des
trésors sur la terre ». On a l’impression d’être gagnant,
mais au final on n’est que perdant (« les mites et la rouille
détruisent » et « les voleurs percent les murs pour voler »).
J’appelle les prédicateurs de l’évangile de la prospérité à
vraiment faire écho aux mises en garde de Jésus.
4. Ne prêchez pas un évangile qui fait
de l’ardeur au travail un moyen de
s’enrichir
Nous ne travaillons pas dans le but de nous enrichir. Paul a
écrit que nous ne devions pas voler, mais plutôt nous don-
ner la peine de travailler de nos propres mains. Cependant,
le but principal n’était pas simplement d’accumuler ni même
de posséder ; le but était d’« avoir afin de pouvoir donner ».
« Que celui qui volait cesse de voler ; qu’il se donne plutôt
la peine de travailler honnêtement de ses [propres] mains
pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin »
(Ép 4.28). Ce verset ne justifie nullement le fait d’être riche
Appendice I 127
afin de pouvoir donner plus ; c’est un appel à gagner davan-
tage et à garder moins afin de pouvoir donner plus. Rien
ne justifie que celui qui prospère tant et plus en affaires
augmente indéfiniment l’extravagance de son mode de vie.
Paul dirait : plafonnez vos dépenses et donnez le reste.
Ce n’est pas à moi de fixer votre « plafond ». Mais tous
les textes auxquels nous nous référons dans ce chapitre
exhortent à la simplicité et à une générosité sans limites,
certainement pas à accumuler des biens matériels sans
limites. Quand Jésus a dit : « Vendez ce que vous possé-
dez et faites don de l’argent » (Lu 12.33), on peut difficile-
ment imaginer qu’il ait voulu dire que les disciples étaient
aisés et qu’ils pouvaient donner de leur superflu. Il est plus
probable qu’ils avaient si peu de liquidités qu’il leur fallait
vendre quelque chose pour avoir de quoi donner.
Pourquoi un prédicateur devrait-il encourager les gens
à penser qu’il leur faut posséder des richesses pour pouvoir
donner avec générosité ? Pourquoi ne pas les encourager à
garder un mode de vie plus simple et à se montrer encore
plus généreux ? Cela n’ajouterait-il pas à leur générosité un
témoignage fort que c’est le Christ, et non les biens maté-
riels, qui est leur trésor ?
5. Ne prêchez pas un évangile qui
diminue la foi dans les promesses de
Dieu et la gloire de son secours
Si, selon Hébreux, nous devons nous contenter de ce que
nous avons, c’est parce que l’inverse sous-entend une foi
moins grande dans les promesses de Dieu. Voici ce qu’il
écrit : « Que votre conduite ne soit pas guidée par l’amour
de l’argent, contentez-vous de ce que vous avez. En effet,
Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai pas et je ne
128 LA PROSPÉRITÉ ?
t’abandonnerai pas. C’est donc avec assurance que nous
pouvons dire : Le Seigneur est mon secours, je n’aurai peur
de rien. Que peut me faire un homme ? » (Hé 13.5,6.)
D’un côté, nous pouvons faire confiance au Seigneur
pour venir à notre secours. Il subviendra à nos besoins et
nous protégera. Et, en ce sens, il nous donnera une cer-
taine dose de prospérité : « Vous avez besoin de toutes
ces choses, et votre Père qui est dans les cieux le sait
bien » (Mt 6.32 ; PDV). Mais, d’un autre côté, lorsqu’il est
écrit : « Que votre conduite ne soit pas guidée par l’amour
de l’argent, contentez-vous de ce que vous avez » parce
que Dieu promet de ne jamais nous abandonner, cela
sous-entend forcément que nous risquons aisément de
glisser de la confiance en Dieu pour nos besoins vers l’uti-
lisation de Dieu pour nos envies.
La frontière entre « Dieu, viens à mon secours » et « Dieu,
rends-moi riche » est bien réelle, et l’auteur de l’épître aux
Hébreux ne veut pas que nous la franchissions. Aussi les
prédicateurs feraient-ils mieux d’aider leurs paroissiens à se
souvenir de cette frontière et à en tenir compte, plutôt que
de s’exprimer comme si elle n’existait pas.
6. Ne prêchez pas un évangile qui
conduit les gens à se laisser étouffer
jusqu’à en mourir
Jésus nous met en garde en expliquant que la parole de
Dieu, l’Évangile, censée donner la vie, peut être étouffée
par les richesses au point de finir par mourir. C’est comme
lorsqu’une graine pousse au milieu des ronces : « Ce sont
ceux qui ont entendu la parole, mais en cours de route ils la
laissent étouffer par […] les richesses […] de la vie, et ils ne
parviennent pas à maturité » (Lu 8.14).
Appendice I 129
Ceux qui prêchent l’évangile de la prospérité devraient
avertir leurs auditeurs : il existe une forme de prospérité
financière qui peut les étouffer au point d’entraîner leur
mort. Pourquoi inciter à rechercher précisément ce que
Jésus présente comme pouvant rendre stérile ?
7. Ne prêchez pas un évangile qui enlève
au sel sa saveur et cache la lumière
sous un seau
Qu’est-ce qui fait des chrétiens le sel de la terre et la lumière
du monde ? Ce n’est pas la richesse. Le désir d’être riche et
la quête de la richesse ont au contraire la saveur et l’aspect
du monde. Ils ne nous différencient pas du monde, mais
nous rendent au contraire semblables au monde. À l’endroit
précis où nous devrions avoir une saveur différente, nous
faisons preuve de la même convoitise fade que le monde.
Dans ces conditions, nous n’offrons rien d’autre au monde
que ce en quoi il croit déjà.
Le grand drame de l’évangile de la prospérité est que l’on
n’a pas besoin d’être éveillé spirituellement pour y adhé-
rer ; il suffit d’avoir le goût de l’argent. S’enrichir au nom
de Jésus, ce n’est pas être le sel de la terre ou la lumière du
monde. Le monde ne voit dans cette attitude qu’un reflet de
lui-même. Et s’il se « convertit » pour vivre cela, il ne s’agit
pas d’une vraie conversion, mais uniquement d’un nouveau
nom donné à un ancien mode de vie.
Le contexte dans lequel Jésus s’exprimait nous montre
ce que signifient le sel et la lumière. Il s’agit d’être prêt à
souffrir pour le Christ – et même de s’en réjouir. Voici ce
que Jésus a déclaré :
130 LA PROSPÉRITÉ ?
Heureux serez-vous lorsqu’on vous insultera, qu’on
vous persécutera et qu’on dira faussement de vous
toute sorte de mal à cause de moi. Réjouissez-vous et
soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense
sera grande au ciel. En effet, c’est ainsi qu’on a per-
sécuté les prophètes qui vous ont précédés. Vous êtes
le sel de la terre. […] Vous êtes la lumière du monde
(Mt 5.11-14).
Ce n’est pas en aimant autant l’argent que le monde que
nous lui permettons de goûter le sel et de voir la lumière
du Christ en nous. C’est plutôt en étant des chrétiens aptes
et disposés à aimer les autres en souffrant, tout en nous
réjouissant parce que notre récompense est au ciel avec
Jésus. « Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse [dans
l’épreuve] […]. Vous êtes le sel de la terre » : cette saveur de
sel est celle de la joie ressentie dans l’épreuve. Il s’agit d’une
vie inhabituelle dont le monde peut constater concrètement
la différence.
Une telle vie est inexplicable humainement parlant ; elle
est surnaturelle. Par contre, attirer les hommes par des
promesses de prospérité, c’est tout simplement naturel.
Cela n’est pas le message de Jésus ; ce n’est certainement
pas pour cela qu’il est mort.
8. Ne prêchez pas un évangile qui cache
la nécessité de la souffrance de la vie
chrétienne
La plupart du temps, les prédicateurs de l’évangile de
la prospérité oublient de mentionner que le Nouveau
Testament insiste beaucoup plus sur la nécessité de la souf-
france que sur la notion de prospérité matérielle.
Appendice I 131
Jésus a déclaré : « Souvenez-vous de la parole que je
vous ai dite : "Le serviteur n’est pas plus grand que son sei-
gneur." S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ;
s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre »
(Jn 15.20). Ou encore : « Si l’on a appelé le chef de famille
Béelzébul, à combien plus forte raison insultera-t-on les
membres de sa famille ! » (Mt 10.25 ; BFC.)
Au cours de ses voyages missionnaires, Paul rappelait
constamment aux nouveaux convertis que « c’est à tra-
vers beaucoup de difficultés qu’il nous faut entrer dans le
royaume de Dieu » (Ac 14.22). Et il expliqua aux chrétiens
de Rome que leurs souffrances étaient un élément néces-
saire du chemin qui mène à l’héritage éternel :
L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit
que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous
sommes enfants, nous sommes aussi héritiers :
héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois
nous souffrons avec lui afin de prendre aussi part à
sa gloire. J’estime que les souffrances du moment
présent ne sont pas dignes d’être comparées à la
gloire qui va être révélée pour nous (Ro 8.16-18).
Pierre explique, aussi, que la souffrance est le chemin
normal vers la bénédiction divine éternelle :
Mes bien-aimés, ne soyez pas surpris de la fournaise
qui sévit parmi vous pour vous éprouver, comme s’il
vous arrivait quelque chose d’étrange. Réjouissez-
vous, au contraire, de la part que vous prenez aux
souffrances de Christ, afin d’être aussi dans la joie
et dans l’allégresse lorsque sa gloire sera dévoilée.
Si vous êtes insultés à cause du nom de Christ, vous
132 LA PROSPÉRITÉ ?
êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de
Dieu, repose sur vous (1 Pi 4.12-14).
La souffrance est le prix normal d’une vie de piété : « Du
reste, tous ceux qui veulent vivre avec piété en Jésus-Christ
seront persécutés » (2 Ti 3.12). J’ai bien conscience que ces
paroles à propos de la souffrance se réfèrent tantôt à la
souffrance au sens général qui fait partie intégrante de la
chute (Ro 8.18-25), tantôt à la souffrance spécifique qui est
le fait des conflits humains. Je montrerai toutefois au cha-
pitre trois que, pour ce qui est du but poursuivi par Dieu, il
n’y a pas de différence fondamentale entre les deux.
Ceux qui prêchent l’évangile de la prospérité devraient
inclure dans leurs messages un enseignement substantiel
sur ce qu’ont dit Jésus et les apôtres à propos de la néces-
sité de la souffrance. Paul a clairement indiqué qu’elle
était inévitable (Ac 14. 22) et c’est ne pas rendre service
aux jeunes disciples que de ne pas le leur dire dès le début
de leur cheminement. Jésus l’a même annoncée avant la
conversion, de manière à ce que les futurs croyants éven-
tuels évaluent le prix à payer : « Ainsi donc aucun de vous, à
moins de renoncer à tout ce qu’il possède, ne peut être mon
disciple » (Lu 14.33).
9. Ne prêchez pas un évangile qui
masque l’objectif de la souffrance
dans la vie chrétienne tel qu’il a été
établi par Dieu
Non seulement le Nouveau Testament dit clairement que la
souffrance est nécessaire pour les disciples du Christ, mais
il s’emploie aussi à expliquer pour quelles raisons et quels
sont les objectifs recherchés par Dieu. Il est capital que le
Appendice I 133
croyant ait connaissance de ces objectifs. Dieu les a révélés
pour nous aider à comprendre les raisons de la souffrance
et nous permettre de passer à travers comme l’or à travers
le feu.
Je développe ces objectifs dans le livre Que les nations
se réjouissent, au cours du chapitre consacré à la souf-
france. C’est pourquoi je me contenterai de les énumérer
ici, en disant à ceux qui prêchent l’évangile de la prospé-
rité la chose suivante : veillez à bien mentionner les grands
principes bibliques dans vos messages. Les jeunes conver-
tis ont besoin de savoir pourquoi Dieu décide qu’ils doivent
souffrir :
1. La souffrance approfondit la foi et augmente
la sainteté ;
2. La souffrance augmente la capacité de notre coupe ;
3. La souffrance est le prix à payer pour donner à d’autres
de l’assurance ;
4. La souffrance supplée à ce qui manque aux afflictions
du Christ ;
5. La souffrance a pour effet l’exécution du
mandat missionnaire ;
6. La souffrance rend manifeste la suprématie du Christ.
10. Ne prêchez pas un évangile qui
oublie que la religion « venez voir »
de l’Ancien Testament est devenue la
religion « allez annoncer » du Nouveau
La venue du Christ dans le monde a entraîné un changement
fondamental. Jusque-là, Dieu avait concentré son œuvre de
rédemption sur Israël en agissant ponctuellement parmi
les nations. Paul a écrit : « Dans les générations passées,
134 LA PROSPÉRITÉ ?
[Dieu] a laissé toutes les nations suivre leurs propres
voies » (Ac 14.16). Il a appelé cette période les « temps
d’ignorance ». « Sans tenir compte des temps d’ignorance,
Dieu annonce maintenant à tous les êtres humains, par-
tout où ils se trouvent, qu’ils doivent changer d’attitude »
(Ac 17.30). Désormais, ce n’est plus sur Israël, mais sur les
nations que se focalise l’attention. Jésus a déclaré : « C’est
pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu sera enlevé [à
Israël] et sera donné à un peuple qui en produira les fruits
[les disciples du Messie] » (Mt 21.43). L’endurcissement du
cœur s’est abattu sur Israël jusqu’à ce que l’ensemble des
nations soit entré (Ro 11.25).
Une des différences principales entre ces deux époques
est que, dans l’Ancien Testament, Dieu se glorifiait en
grande partie en bénissant Israël afin que les nations voient
et sachent que l’Éternel était Dieu. « Que [l’Éternel] fasse
en tout temps droit […] à son peuple, Israël. Ainsi, tous les
peuples de la terre reconnaîtront que c’est l’Éternel qui
est Dieu et qu’il n’y en a pas d’autre » (1 R 8.59,60). Israël
n’avait pas encore reçu un « mandat missionnaire » l’appe-
lant à rassembler les nations ; au contraire, il était glorifié
pour que les nations voient sa grandeur et viennent à lui.
C’est pourquoi, lorsque Salomon bâtit le temple de
l’Éternel, il décida de le recouvrir d’une quantité d’or
spectaculaire :
Salomon établit le sanctuaire à l’intérieur, au milieu
du temple, pour y placer l’arche de l’alliance de
l’Éternel. Il avait 10 mètres de long, 10 de large et 10
de haut, et Salomon le couvrit d’or pur. Il fit devant
le sanctuaire un autel en cèdre et le couvrit d’or. Il
couvrit d’or pur l’intérieur du temple et il fit passer le
voile dans des chaînettes d’or devant le sanctuaire,
Appendice I 135
qu’il couvrit d’or. Il couvrit d’or tout le temple, le
temple tout entier, et il couvrit d’or tout l’autel qui se
trouvait devant le sanctuaire (1 R 6.19-22).
Et lorsqu’il le meubla, il utilisa de l’or en aussi grande
abondance :
Salomon fit encore tous les autres ustensiles pour la
maison de l’Éternel : l’autel en or ; la table en or sur
laquelle on mettait les pains consacrés ; les chande-
liers en or pur, cinq à droite et cinq à gauche, devant
le sanctuaire, avec les fleurs, les lampes et les mou-
chettes d’or ; les bassins, les couteaux, les coupes,
les tasses et les brûle-parfum en or pur ; les gonds
en or pour la porte située à l’intérieur du temple, à
l’entrée du lieu très saint, et pour la porte de la salle
située à l’entrée du temple (1 R 7.48-50).
Il fallut sept ans à Salomon pour bâtir la maison de
l’Éternel. Puis il lui en fallut treize pour bâtir sa propre
maison (1 R 6.38 – 7.1). Elle aussi fut richement dotée d’or
et de pierres magnifiques (1 R 7.10).
Ensuite, une fois toutes les constructions achevées, le
but de cette opulence apparaît en 1 Rois 10, lorsque la reine
de Séba, qui représente les nations païennes, vint constater
la gloire de la maison de Dieu et de Salomon. Lorsqu’elle
vit tout cela, « elle en eut le souffle coupé » (1 R 10.5). Elle
déclara : « Béni soit l’Éternel, ton Dieu, qui t’a choisi pour te
placer sur le trône d’Israël ! C’est parce que l’Éternel aime
éternellement Israël qu’il t’a établi roi » (1 R 10.9).
Autrement dit, la configuration de l’Ancien Testament
est celle d’une religion de type « venez voir ». Le peuple de
Dieu a un centre géographique. Il y a un temple physique,
136 LA PROSPÉRITÉ ?
un roi terrestre, un régime politique, une identité ethnique,
une armée pour livrer les batailles terrestres de l’Éternel,
et un groupe de prêtres chargé d’accomplir les sacrifices
d’animaux pour les péchés.
La venue du Christ a complètement changé tout cela.
Il n’y a plus de centre géographique du christianisme
(Jn 4.20-24) ; Jésus a remplacé le temple, les prêtres et les
sacrifices (Jn 2.19 ; Hé 9.25,26) ; il n’y a pas de régime poli-
tique chrétien parce que le royaume du Christ n’est pas de
ce monde (Jn 18.36) ; et nous livrons, non pas des batailles
terrestres avec des chars et des chevaux, ou des bombes
et des balles, mais des combats spirituels avec la Parole et
l’Esprit (Ép 6.12-18 ; 2 Co 10.3-5).
Tout cela explique le grand changement intervenu au
plan missionnaire. La religion que présente le Nouveau
Testament n’est pas de type « venez voir », mais de type
« allez annoncer ». « Jésus s’approcha et leur dit : "Tout pou-
voir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez [donc],
faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au
nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur
à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit. Et moi,
je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde" »
(Mt 28.18-20).
Cela a d’énormes répercussions sur notre façon de vivre
et le regard que nous portons sur l’argent et le train de vie.
Une des conséquences principales est que nous sommes
« résidents temporaires et étrangers sur la terre » (1 Pi 2.11).
Nous n’habitons pas ce monde comme s’il s’agissait de
notre demeure principale. « Pour nous, notre cité est dans
les cieux ; de là nous attendons comme Sauveur le Seigneur
Jésus-Christ » (Ph 3.20 ; Colombe).
Cela conduit à vivre comme en temps de guerre.
Autrement dit, nous n’amassons pas des richesses pour
Appendice I 137
montrer au monde à quel point notre Dieu peut nous rendre
riches. Au contraire, nous travaillons dur et cultivons l’aus-
térité comme en temps de guerre, au service de l’annonce
de l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre. Nous nous
efforçons de contribuer le plus possible à l’effort de guerre
au lieu de rechercher l’aisance matérielle dans nos mai-
sons. Nous donnons à nos enfants une éducation qui les
aidera à accepter la souffrance que leur coûtera la nécessité
d’achever la mission.
Par conséquent, si un chantre de la prospérité m’inter-
pelle en me renvoyant à toutes les promesses de richesse
que contient l’Ancien Testament pour les chrétiens fidèles,
je lui fais la réponse suivante : lisez attentivement le
Nouveau Testament et voyez si on y trouve le même lien de
cause à effet. Vous ne le trouverez pas… tout simplement
parce que la situation a complètement changé.
« En effet, nous n’avons rien apporté dans le monde et [il
est évident que] nous ne pouvons rien en emporter. Si donc
nous avons de la nourriture et des vêtements, cela nous
suffira » (1 Ti 6.7,8). Pourquoi ? Parce que l’appel à suivre
le Christ est un appel à « souffrir comme un bon soldat de
Jésus-Christ » (2 Ti 2.3). Le Nouveau Testament met en avant
non pas les richesses, qui peuvent nous inciter à pécher, mais
le sacrifice, qui nous permet de sortir victorieux.
Il existe un élément qui confirme de façon providentielle
que Dieu a bien voulu cette distinction entre l’orientation
« venez voir » de l’Ancien Testament et l’orientation « allez
annoncer » du Nouveau : c’est la différence entre le vocabu-
laire de l’Ancien Testament et celui du Nouveau. L’hébreu,
la langue de l’Ancien Testament, n’était partagé par aucun
autre peuple de l’Antiquité ; Israël en avait l’exclusivité.
Cette situation présente un contraste saisissant avec le
grec, la langue du Nouveau Testament, qui était la langue
138 LA PROSPÉRITÉ ?
commerciale du monde romain. À elles seules, les langues
de l’Ancien et du Nouveau Testaments indiquent une dif-
férence majeure en matière de mission. L’hébreu n’était
pas adapté à l’action missionnaire en direction du monde
antique ; en revanche, le grec convenait parfaitement à l’an-
nonce de l’Évangile dans le monde romain.
11. Ne prêchez pas un évangile qui
minimise le péché qui fait de la piété
une source de profit
L’apôtre Paul était particulièrement attentif à ne pas donner
l’impression d’être engagé dans le ministère pour l’argent,
et en cela, il est un véritable exemple. Certes, il écrivit que
les serviteurs de la parole ont le droit de gagner leur vie par
leur ministère. Mais ensuite, pour bien montrer le risque
que cela comporte, il refusa de faire usage de ce droit.
En effet, il est écrit dans la loi de Moïse : Tu ne met-
tras pas de muselière au bœuf quand il foule le
grain. […] Oui, c’est à cause de nous que cela a été
écrit, car celui qui laboure doit labourer avec espé-
rance, et celui qui bat le blé doit le faire avec l’espoir
de recevoir sa part. Si nous avons semé pour vous
les biens spirituels, est-ce trop si nous récoltons une
part de vos biens matériels ? Si d’autres exercent
ce droit sur vous, n’est-ce pas plutôt à nous d’en
jouir ? Mais nous n’avons pas recouru à ce droit ; au
contraire, nous supportons tout afin de ne pas créer
d’obstacle à l’Évangile de Christ (1 Co 9.9-12).
Appendice I 139
Autrement dit, il avait renoncé à un droit légitime pour ne
surtout pas donner l’impression que l’argent était le moteur
de son ministère. Il ne voulait pas l’argent de ses convertis :
Jamais, en effet, nous n’avons eu recours à des
paroles flatteuses, comme vous le savez ; jamais
nous n’avons eu la soif de posséder pour mobile,
Dieu en est témoin (1 Th 2.5).
Il préférait travailler de ses mains plutôt que de laisser à
penser qu’il faisait commerce de l’Évangile :
Je n’ai désiré ni l’argent, ni l’or, ni les habits de per-
sonne. Vous le savez vous-mêmes, les mains que
voici ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes
compagnons. En tout, je vous ai montré qu’il faut
travailler ainsi pour soutenir les faibles et se rap-
peler les paroles du Seigneur Jésus, puisqu’il a lui-
même dit : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à
recevoir » (Ac 20.33-35).
Il savait que certains faisaient de la parole de Dieu leur
commerce, croyant que « la piété est une source de profit »
(1 Ti 6.5,6). Mais pour sa part, il se gardait bien de faire
quoi que ce soit qui l’aurait placé dans cette catégorie :
C’est que nous ne sommes pas comme tant d’autres
qui font de la parole de Dieu leur petit com-
merce ; c’est avec sincérité, c’est de la part de Dieu,
devant Dieu et dans le Christ que nous parlons
(2 Co 2.17 ; NBS)
140 LA PROSPÉRITÉ ?
Il y a trop de prédicateurs de l’évangile de la prospé-
rité qui non seulement donnent l’impression de faire « de
la parole de Dieu leur petit commerce » et « de la piété
une source de profit », mais qui vont jusqu’à élaborer une
fausse théologie pour justifier l’étalage extravagant de leur
richesse. Paul faisait exactement l’inverse.
12. Ne prêchez pas un évangile qui
masque la vérité biblique selon
laquelle Dieu est véritablement
le plus grand trésor
Ce qui m’inquiète le plus concernant les effets de la théo-
logie de la prospérité, c’est qu’elle amoindrit le Christ : elle
lui donne une place moins centrale et le présente comme
étant moins gratifiant que ses dons. Ce n’est pas en étant
présenté comme le dispensateur des richesses que le Christ
est le plus glorifié ; c’est en comblant l’âme de ceux qui se
sacrifient pour aimer leur prochain en accomplissant le
ministère de l’Évangile.
Quand nous présentons le Christ comme celui qui nous
accorde la richesse, c’est la richesse que nous glorifions, et
Christ devient un moyen permettant d’obtenir ce que nous
désirons réellement, à savoir la santé, la richesse et la pros-
périté. Mais quand nous le présentons comme celui qui
comble à jamais notre âme, même sans la santé, la richesse
et la prospérité, alors le Christ est glorifié comme étant
plus précieux que tous ces dons. C’est le raisonnement de
Paul en Philippiens 1.20,21 :
Conformément à ma ferme attente et à mon espé-
rance, […] la grandeur de Christ sera manifestée
avec une pleine assurance dans mon corps, soit par
Appendice I 141
ma vie, soit par ma mort. En effet, Christ est ma vie
et mourir représente un gain.
Nous honorons le Christ lorsque nous lui accordons tel-
lement de valeur que la mort est un gain. Parce que dans
ces conditions mourir veut dire « s’en aller et être avec le
Christ » (Ph 1.23).
Et c’est bien ce qui manque dans la théologie de la pros-
périté. Le but du Nouveau Testament est de manifester
la gloire du Christ, pas la gloire de ses dons. Et pour que
cela soit bien clair, toute la vie chrétienne est placée sous
le signe d’une abnégation vécue dans la joie : « Si quelqu’un
veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il se
charge de sa croix et qu’il me suive ! » (Mc 8.34.) « J’ai été
crucifié avec Christ » (Ga 2.20).
Mais même si l’abnégation est un chemin difficile qui
mène à la vie (Mt 7.14), c’est celui qui procure le plus de
joie. Jésus explique en effet que celui qui a trouvé en
Christ son trésor peut se passer de tout autre bien avec
joie : « Le royaume des cieux ressemble [encore] à un tré-
sor caché dans un champ. L’homme qui l’a trouvé le cache
et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède et achète
ce champ » (Mt 13.44).
Je ne demande pas aux prédicateurs de l’évangile de la
prospérité d’arrêter d’exhorter les gens à la joie maximum.
Au contraire, je les appelle à arrêter d’inciter les gens à
rechercher la joie dans les biens matériels. La joie qu’offre
le Christ est si profonde et si durable qu’elle nous permet de
perdre la prospérité tout en conservant notre joie : « Vous
avez accepté avec joie qu’on prenne vos biens, sachant que
vous aviez [au ciel] des richesses meilleures et qui durent
toujours » (Hé 10.34). La grâce de conserver la joie malgré
la perte de la prospérité… voilà le miracle que devraient
142 LA PROSPÉRITÉ ?
rechercher les chantres de la prospérité. On aurait vrai-
ment le sel de la terre et la lumière du monde. Ce serait
glorifier le Christ en montrant sa valeur suprême.
Appendice II
L’ARGENT
Wayne Grudem
L’argent est fondamentalement une bonne chose. Il offre
de nombreuses occasions de glorifier Dieu, mais aussi de
nombreuses tentations de commettre le péché.
On entend les gens dire souvent que « l’argent est la
racine de tous les maux », mais ce n’est pas ce que dit la
Bible. Paul dit dans 1 Timothée 6.10 que l’amour de l’argent
est la racine de tous les maux ; il s’agit ici de l’amour de
l’argent et non pas de l’argent lui-même.
En fait, l’argent est fondamentalement une bonne chose
parce que c’est une invention humaine qui nous distingue
du règne animal et nous permet d’assujettir la terre en pro-
duisant, à partir d’elle des biens et services pour le béné-
fice des autres. L’argent permet à toute l’humanité d’être
productive et de profiter des fruits de cette productivité. Ce
serait bien difficile si l’argent n’existait pas, et qu’il fallait
troquer les uns avec les autres.
144 LA PROSPÉRITÉ ?
Sans argent, je n’aurais qu’une seule chose à échanger :
les exemplaires de mes livres. Par exemple, j’aurais des cen-
taines d’exemplaires de mon livre intitulé Théologie systé-
matique1 à troquer contre autres choses.
Par contre, dans un monde sans argent, je n’aurais
aucune idée de la valeur d’échange d’un de mes livres.
Pourrais-je l’échanger contre un pain ou contre deux che-
mises, ou encore contre une bicyclette ou une voiture ?
Sans doute que l’épicier qui n’aurait aucun intérêt pour mon
livre n’échangerait même pas un petit panier de provisions
contre cent exemplaires de mon livre ! Par la suite, j’aurais
sans doute beaucoup de difficulté à trouver d’autres per-
sonnes avec qui je pourrais troquer, car les marchands qui
avaient accepté un premier exemplaire n’en voudraient cer-
tainement pas un deuxième ou un troisième. Sans argent,
je serais alors forcé de revenir à une vie de subsistance.
Je cultiverais sans doute un jardin, tout en élevant des
vaches et des poules. Avec de la chance, je pourrais troquer
quelques œufs de temps en temps. Dans une telle situation,
vous seriez confronter au même problème, peu importe ce
que vous auriez à échanger.
L’argent est la seule chose contre laquelle chacun de nous
est prêt à échanger des marchandises, car c’est exactement
ce que toute autre personne ferait. Avec un système d’argent,
je sais soudain combien vaut un exemplaire de mon livre.
Il vaut 49 €, parce que c’est ce que des milliers de gens ont
décidé de payer pour l’obtenir.
L’argent conserve également la valeur d’une chose jusqu’à
ce que je le dépense pour autre chose. Quand j’obtiens 49 €
pour la vente d’un livre, cet argent a temporairement la
1. Wayne Grudem, Théologie systématique, Charols, France, Excelsis,
2012, 1520 p.
Appendice II 145
valeur de mon livre jusqu’à ce que je me rende chez l’épicier
pour lui dire que je voudrais échanger les 49 € contre des
denrées. Le même épicier, qui aurait refusé de troquer des
denrées contre un livre de théologie, accepte maintenant
mes 49 € avec empressement, parce qu’il sait qu’il peut
acheter avec cet argent tout ce qu’il veut et qui coûte 49 €.
L’argent est donc simplement un outil pour notre usage,
et nous pouvons à juste titre remercier Dieu, qui dans sa
sagesse a décrété que nous l’inventions et que nous nous
en servions. Il s’agit simplement d’un « moyen d’échange »,
quelque chose qui facilite des échanges volontaires. C’est
un produit standardisé légalement établi comme un équi-
valent échangeable contre tous les autres produits. L’argent
permet de mesurer la valeur comparative des biens et des
services sur le marché.
L’argent rend les échanges volontaires plus équitables,
plus efficace, et beaucoup plus variés. Nous avons besoin
d’argent dans ce monde afin d’être de bons intendants de
ce que nous avons reçu sur la terre. Nous pouvons l’utiliser
avec sagesse pour glorifier Dieu.
Si l’argent était mauvais en soi, alors Dieu n’en aurait
pas. Mais il dit : « L’argent est à moi, et l’or est à moi, dit
l’Éternel des armées » (Ag 2.8).
Tout lui appartient, et il nous le confie pour que, par lui,
nous le glorifiions.
L’argent offre de nombreuses occasions de glorifier
Dieu : en investissant et en faisant fructifier les choses qui
sont sous notre gestion, nous imitons la souveraineté et la
sagesse de Dieu ; en subvenant à nos propres besoins, nous
imitons l’indépendance de Dieu ; en donnant aux autres,
nous imitons ainsi la miséricorde et l’amour de Dieu ; en
donnant à l’Église et pour le soutien de l’évangélisation,
nous attirons d’autres personnes dans le royaume.
146 LA PROSPÉRITÉ ?
L’argent porte en lui beaucoup de puissance et de valeur.
Par conséquent, il amène son lot de responsabilités et de
tentations. Nous pouvons être pris au piège par l’amour
de l’argent (1 Ti 6.10), et il peut détourner nos cœurs de
Dieu. Jésus nous a avertis : « Vous ne pouvez servir Dieu
et l’argent » (Mt 6.24 ; Segond 21). Il nous a aussi a mis
en garde contre l’accumulation des richesses et le mauvais
usage qu’on peut en faire :
Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où
la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs
percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors
dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent
point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.
Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur
(Mt 6.19-21).
Cela dit, les distorsions de quelque chose de bon ne
doivent pas nous amener à penser que la chose elle-même
est mauvaise. L’argent en lui-même est une bonne chose et
nous offre de nombreuses occasions de glorifier Dieu.
Appendice III
LES ENSEIGNANTS DE
LA PROSPÉRITÉ
Notre tâche dans ce livre a consisté à aborder les prin-
cipes fondamentaux et les idées de l’enseignement de la
prospérité, plutôt que d’argumenter avec des prédicateurs
en particulier. Nous avons toutefois en tête plusieurs per-
sonnes d’influence qui, de différentes manières et sous
différentes formes, ont articulé et répandu cet évangile
de la prospérité.
On pourrait citer à titre d’exemples, Duncan Williams,
Benson Idahosa, David Oyedepo (fondateur de la Chapelle
des vainqueurs), John Praise, Kenneth & Gloria Copeland,
Kenneth Hagin, Marilyn Hickey, Morris Cerullo, John
Avanzini, Robert Tilton, Benny Hinn, Charles Capps, Joel
Osteen et T. D. Jakes.
Cependant, plus que toute autre chose, nous encou-
rageons les lecteurs à examiner les enseignements qu’ils
entendent à la lumière de la Bible. Nous espérons que ce
livre vous a aidé à le faire.
Appendice IV
LECTURES
COMPLÉMENTAIRES
Livres sur l’enseignement de
la prospérité
Lorsque nous considérons l’ampleur de l’impact de cet
enseignement sur les Églises à travers le monde entier,
nous réalisons qu’il nous faut plus de livres en français sur
ce sujet. Nous invitons les pasteurs et les théologiens à s’at-
taquer à ce faux enseignement.
Voici quelques livres précieux qui vous permettront
d’approfondir le sujet (en anglais) :
Adeleye, Femi, Preachers of a Different Gospel,
Hippo Books, 2011.
Cet auteur nigérian cherche à examiner les allégations de
l’évangile de la prospérité en exposant ses contradictions
avec la Bible. Son livre est un avertissement au sujet des
150 LA PROSPÉRITÉ ?
voies subtiles par lesquelles ce faux enseignement a infil-
tré l’Église.
Fee, Gordon, The Disease of the Health and Wealth
Gospels, Vancouver, Regent College, 2006.
Gordon Fee, un expert du Nouveau Testament, critique par-
ticulièrement les approches chrétiennes populaires sur les
thèmes de la santé, de la richesse et de la prospérité. Cette
brochure très pertinente amène le lecteur à adopter une
position biblique sur ces sujets.
Hanegraaf, Hank, Christianity in Crisis: The 21st
Century, Nashville, Thomas Nelson, 2009.
Hank Hanegraaf expose les erreurs majeures du christia-
nisme contemporain, tout en fournissant à chaque fois des
réponses bibliques.
Jones, David & Russell Woodbridge, Health, Wealth
& Happiness, Grand Rapids, Kregel, 2011.
David Jones et Russell Woodbridge se basent sur les
Écritures pour exposer la vision biblique de la richesse, de
la pauvreté, de la souffrance et du don. Ils identifient cinq
importantes zones d’erreur du mouvement de l’évangile de
la prospérité. Ce livre incite le lecteur à redécouvrir le vrai
évangile de Jésus‑Christ.
McConnell, Dan, A Different Gospel: Updated
Edition, Peabody, Hendrickson, 1995.
Avec le cœur d’un pasteur et l’œil d’un érudit, Dan McConnell
étudie les fondations de la théologie du « nommez-le et
réclamez-le ». Ce faisant, il explique les dangers de cet
enseignement non biblique.
Appendice IV 151
Livres sur des sujets connexes
Ferdinando, Keith, The Battle is God’s, ACTS, 2012.
Abordant la question du combat spirituel dans un contexte
africain, ce livre traite du sujet de la douleur et de la
souffrance.
Rees, Stephen, Jesus: Suffering Saviour, Sovereign
Lord, ACTS, 2012.
Ce recueil d’articles porte essentiellement sur le chant du
serviteur dans Ésaïe et dans Philippiens. Ces sermons, don-
nés lors de diverses conférences à travers le monde, sont
remplis de la vérité de Christ. Ils nous montrent comment
se servir correctement la Parole de Dieu afin que la voix de
Dieu soit véritablement entendue. Nous avons grandement
besoin de tels exemples de nos jours où plusieurs déforment
la Bible pour lui faire dire ce qu’ils veulent.