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"Germinal : De Zola à Berri"

Ce résumé compare l'adaptation cinématographique du roman Germinal de Zola réalisée par Claude Berri en 1993. Il souligne comment Berri a cherché à rester fidèle à l'esprit réaliste de l'œuvre tout en devant simplifier certains éléments pour l'adaptation, comme réduire le nombre de personnages et raccourcir certaines scènes.

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"Germinal : De Zola à Berri"

Ce résumé compare l'adaptation cinématographique du roman Germinal de Zola réalisée par Claude Berri en 1993. Il souligne comment Berri a cherché à rester fidèle à l'esprit réaliste de l'œuvre tout en devant simplifier certains éléments pour l'adaptation, comme réduire le nombre de personnages et raccourcir certaines scènes.

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Faculté des Lettres et Sciences humaines Master : littérature et cinéma

Béni Mellal

Matière : Adaptation cinématographique II

Etude comparative :
Germinal, de la plume à l’écran

Prof: M.Oussikoum Mounir

Réalisé par: Karroumi seddik


Introduction
Le nom d’Emile Zola se trouve lié au septième art depuis ses débuts. Ses
romans ont constitué un réservoir de scénarios pour des générations successives
des cinéastes au monde entier. Claude Berri, le parrain du cinéma français,
n’hésite pas à brancher sur cette perspective en faisant épanouir et germer le
chef d’œuvre Germinal en un film du même titre, adaptation cinématographique
qui a été réalisée en 1993 .En ce sens, Berri cherche à « faire entendre encore ce
cri éternel que Zola a poussé il y a plus d’un siècle et qui doit résonner aussi
fort aujourd’hui. C’est pour son message de liberté et d’amour, pour l’annonce
faite aux écrasés que le bonheur est possible, et qu’il est aussi leur affaire, mais
également pour l’observation de la nature humaine qui rend cette œuvre si
complexe, que je veux faire ce film ».
Comment Claude Berri parvient-il à demeurer plus ou moins plus près à
l’esprit de l’œuvre ?
Quelles pratiques hypertextuelles peut-on déceler en termes de théorie
genettienne à travers l’adaptation de l’œuvre ?
Questions qui constitueront le point de mire de notre entreprise qui se veut
une étude comparative entre le roman et le film.

I-L’œuvre en zoom
Contexte historique
La grève des mineurs à Anzin en 1884 qui s’étend sur deux mois fait
imprégner l’auteur de Germinal dans l’événement.IL s’est rendu à Anzin,
s’enquit de tout et menait une vie d’ouvrier pour reconstituer avec réalisme le
travail de la mine, la misère du XIXe siècle et les difficultés de la lutte ouvrière.
Le roman prend, ainsi, pour toile de fond le monde du travail et l’évolution de
la société industrielle à la fin du XIXe siècle. C’est l’étape du mouvement
ouvrier et l’époque où les syndicats se constituent avec surtout le
développement du marxisme et du communisme, lesquels itinéraires politiques
qui trouvent que les bourgeois capitalistes exploitent et oppriment
les prolétaires et qu’il faut inéluctablement une révolution pour aboutir à une
nouvelle forme de société, le communisme, sans classe et sans Etat, mettant fin
à « l'exploitation de l'homme par l'homme ».
L’homme de Germinal
De père vénitien et d’une mère française, Emile Zola est né en 1840 à
Paris.il connait une existence misérable dès son jeune âge suite à la mort de
son père en 1847. Après son échec deux fois au baccalauréat, il entre à la
librairie Hachette pour ficeler les paquets. Remarqué pour son intelligence, il
devient chef publicité, ce qui lui permet d’entrer en contact avec de grands
écrivains de l’époque. Il se met à écrire et publie de nombreux articles de
critique littéraire et artistique avant de publier son premier roman Thérèse
Raquin en 1867 dont la préface définit les principes de l’esthétique naturaliste
dont il devient chef de fil. En 1868, Zola forme le projet de réaliser une série
romanesque retraçant l’histoire, sur plusieurs générations de toute une famille
aux origines modestes : les Rougon-Macquart dressant la fresque de l’époque
du second empire qui est caractérisée par l’apparition du machinisme et de la
classe ouvrière.
En Zola s’exile en Angleterre pour son article j’accuse » défendant
l’innocence du capitaine Dreyfus accusé à tort de trahison.
Emile Zola meurt le 29 septembre 1902 à paris, asphyxié dans des conditions
mystérieuses

Résumé de l’œuvre
Etienne Lantier, un jeune chômeur, arrive aux mines de Montsou et réussit à
y être embauché. Il fait la connaissance d’une famille de mineurs, les Maheu et
tombe amoureux de leur fille Catherine. Mais, celle-ci, qui, elle-même semble
avoir des beaux sentiments pour Etienne est la maitresse d’un ouvrier brutal
nommé Chaval.
Le jeune découvre la besogne au fond et les misérables conditions de vie
des mineurs qui ne peuvent aspirer au mieux surtout quand la Compagnie,
touchée par la crise industrielle décide de baisser leurs salaires. Chez les
mineurs, c’est la consternation et la révolte. Ivre de tristesse, Etienne propage
des idées révolutionnaires et incite les mineurs à la grève.les mineurs cessent le
travail et s’en prennent aux traitres. Ils coupent les câbles qui permettent la
remontée des cages, et mènent le saccage des fosses. Les semaines s’écoulent,
la misère souffle : chez les Maheu, Alzire, la petite infirme, est morte à force de
privations. le travail reprend et l’armée occupe la fosse pour protéger les
mineurs belges auxquels a fait appel la Compagnie. Or, les femmes
commencent à jeter des briques sur les soldats, qui tirent sur Maheu et six de
ses camarades.Après ces scènes tragiques,la Compagnie réouvre les fosses
pour les mineurs qui se voient contraints de reprendre le travail. Souvarine, un
ouvrier anarchiste sabote la mine. Les galeries inondées s’effondrent. De
nombreux mineurs meurent. Etienne se trouve bloqué avec Catherine et
Chaval. Ce dernier le provoque, Etienne le tue et devient l’amant de Catherine
qui meurt d’épuisement dans ses bras.
Etienne, sauvé, part pour Paris. Heureux de cette expérience, il a l’espoir dans
un lendemain meilleur.

II-Le film en zoom


FICHE TECHNIQUE
Titre : Germinal
Réalisation : Claude Berri
Scénario : Claude Berri et Arlette Langmann, d'après le roman d'Émile Zola
Production : Claude Berri, Bodo Scriba et Pierre Grunstein
Musique : Jean-Louis Roques
Photographie : Yves Angelo
Montage : Hervé de Luze
Décors : Christian Marti
Costumes : Bernadette Villard, Sylvie Gautrelet et Caroline de Vivaise
Pays d'origine : Belgique, France, Italie
Format : Couleurs - 2,35:1 - Dolby Surround - 35 mm
Genre : Drame
Durée : 2h40’
Date de sortie : 29 septembre 1993 (France) .

DISTRIBUTION
Miou-Miou : Maheude
Renaud : Étienne Lantier
Gérard Depardieu : Toussaint Maheu
Jean Carmet : Vincent Maheu dit Bonnemort
Judith Henry : Catherine Maheu
Jean-Roger Milo : Antoine Chaval
Laurent Terzieff : Souvarine
Bernard Fresson : Victor Deneulin
Jean-Pierre Bisson : Rasseneur
Jacques Dacqmine : Philippe Hennebeau
Anny Duperey : Madame Hennebeau

Le réalisateur
Né en 1934, Claude Berri débute comme acteur. Après un premier court, Le
poulet (1963), il réalise en 1968 Le vieil homme et l’enfant qui le fait connaître
et inaugure une série de films autobiographiques. En 1983, il réalise Tchao
Pantin qui remporte cinq césars et qui inaugure ses adaptations littéraires (Jean
de Florette, Uranus…), avant de revenir à un cinéma plus intime (La
débandade). Claude Berri est également un producteur important qui a financé
de nombreux succès populaires (La reine Margot, Astérix et Obélix : Mission
Cléopatre).

Synopsis
Etienne Lantier, un jeune chômeur, est venu chercher un travail aux mines de
Montsou. Il réussit à être embauché et s’installe chez le mineur Maheu. Celui-ci
mène une vie misérable avec son père Bonnemort, sa femme Maheude et leurs
sept enfants. Face aux dures conditions de travail, au mode e de vie déplorable
des mineurs et en réaction contre la décision de la compagnie de baisser les prix
des ouvriers, Lantier d’esprit socialiste ne tarde pas à pousser les mineurs à une
longue et pénible grève.

III-Etude comparative
Il s’avère que Claude Berri s’efforce de reconstituer avec réalisme le dur
labeur dans la mine et les conditions de vie déplorables des ouvriers. Le souci
d’authenticité est renforcé grâce aux importants moyens dégagés: Les
costumes, les corons, la mine… qui dessinent un décor pareil aux conditions
réelles. De ce fait, le réalisateur a demeuré fidèle à l’esprit de l’œuvre en
respectant sa veine réaliste et sa séquence narrative générale. Toutefois,
l’adaptation d’un chef d’œuvre volumineux exige forcément une vulgarisation et
une schématisation. La réduction de certaines scènes trop longues, du nombre
des personnages et le raccourcissement de certaines répliques du dialogue
s’imposent pour n’en laisser que l’essentiel.
 Le nombre des personnages est diminué : autant de personnages
secondaires ne figurent pas dans le film : Lydie, Bouteloup….
Berri ne cherche pas à dépeindre une fresque sociale à dimension épique
et poétique, mais la vérité des caractères, des scènes et des situations des
personnages en prenant appui sur ce qui est essentiel et surtout des
protagonistes.
 Les scènes trop longues ont été élaguées :
-Au début, on ne montre pas un homme perdu aux ténèbres : excision de
la progression pénible et angoissante du personnage (trajet, pluie..).On se
cantonne à montrer quelques plans de pas d’un homme
-Côté vestimentaire, le personnage porte une veste au roman. Au film,
Etienne est vêtu d’un manteau rouge (voir ci-après : étude de la première
séquence).
-Dans le chapitre 4. Pluchart arrive et prend la parole devant une centaine
de mineurs, évoque les bienfaits de l’internationale : excision de la scène
Berri voudrait peut être montré que la grève est l’œuvre des mineurs
indépendamment de toute organisation…
-Dans le chapitre 7, Maheu ne prend pas la parole dans le roman, l’
intervention De Depardieu(Maheu) dans le film peut être lue comme une
réponse à une logique commerciale.
-la petite Alzire , à l’agonie, se met à délirer, Les Levaque entrent
brutalement et accusent les Maheu d’être derrière des propos malveillants
tenus sur eux mais ils s’en prennent finalement à la Pierronne que l’on
surprend avec son amant Danseart :exicision de cette scène. Le réalisateur
opte pour les situations difficiles de la masse souffrante et sa dominance
par la classe bourgeoise (les capitalistes), plus qu’une fresque sociale.
C’est à cela que répond la scène d’une petite martyre de la pauvreté
ouvrière et sa mort qui est une scène prémonitoire des morts à venir :
Dimension pathétique. : seule Séquence qui est conservée
-Dans le roman, Jeanlin, fils des Maheu est dépeint comme un personnage
dont le comportement provient du milieu, de « l’hérédité » : il vole en
trainant Bébert et Lydie sur qui il règne en maitre, il tue à coup de couteau
même le petit soldat breton : Berri voudrait, comme précité, se focaliser
sur le quotidien des ouvriers infligés par la besogne, la faim et la détresse
loin d’une esthétique naturaliste mettant à nu des caractères tributaires du
milieu.
Etude comparative d’une séquence (l’incipit) :

Dans le roman, on met en scène un homme qui suit la route de


Marchiennes à Montsou. Le personnage est en proie aux rigueurs de la
campagne hostile. Cet état de souffrance est mis en évidence par les
mots : « grelotter », « gêner », « saigner ».Dans le film, Il y a une ellipse
de la progression pénible du personnage : on se cantonne à faire le zoom
sur le plan de quelques pas avant l’arrivée à la place d’extraction de la
mine. La musique remplace le vent assourdissant. Un tel raccourcissement
pour avoir le sens de tansmotivation du personnage lequel va être le
meneur de la grève.
L’œuvre littéraire dépeint un homme « grelottant sous le coton aminci
de sa veste ».Sur écran, il porte un manteau rouge .Par là, Berri fait
allusion à la couleur du communisme et du socialisme. Le drapeau rouge
est le symbole du mouvement ouvrier et des mouvements
révolutionnaires.
Sur écran, on débute par un plan d’ensemble représentant une usine en
pleine obscurité et où se distinguent des brasiers.la fosse est présentée
comme première image et support du générique. L’installation du lieu au
tout début pourrait se lire comme une volonté de projeter la lumière sur le
milieu où s’exerce le rude labeur, là où les conditions de travail sont
inhumaines comme cela va s’accentuer par la suite. Au récit écrit, c’est la
dimension mythique qui se dessine.la fosse du Voreux est assimilée à
« une bête goulue », à « la respiration grosse et longue ».La métaphore
filée développe l’image du monstre Voreux qui rappelle le Minotaure
antique. La fosse n’inquiète pas par son aspect monstruex,mais son enjeu
social.
Il découle que la dimension fantastique disparaît au profit d’une
présentation plus réaliste. Mais, on garde le réalisme des lieux et de la
situation des personnages.les répliques du dialogue entre Bonnemort et
Etienne sont maintenues.la mise en scène de Bonnemort laisse voir un
symbole de ravages causés par la mine.la figure livide, il crache noir en
subissant la silicose, l’une des maladies des mineurs. Ce qui annonce le
destin des mineurs.
Les deux artistes penchent pour la couleur noir. L’atmosphère de
l’obscurité connote la mort, c’est ce qui signale déjà le
surnom « Bonnemort ».les ouvriers effectuent leurs taches dans un milieu
d’infliction.
Il ressort que le réalisateur tend à effacer la dimension épique et
fantastique du texte et se centre sur la réalité des lieux, des situations et la
vérité des caractères.
La condition ouvrière à travers l’antagonisme entre le
travail et le capital
Le film se centre sur la condition ouvrière dont le quotidien est
dominé par la lassitude, le froid et la promiscuité.la misère s’abat sur les
mineurs, tandis que la richesse est concentrée dans les mains de la
bourgeoisie.les ouvriers sont exclus de la distribution des gains, ils sont
dominés par la société capitaliste. A l’arrivée d’Etienne à la fosse
d’exploitation de la mine, Bonnemort , de figure pale et crachant noir
mettent en évidence le destin des mineurs et leurs conditions déplorables.
Il symbolise une masse souffrante.
Dès la sixième minute, le réalisateur dresse un tableau de deux mondes
antinomiques. Chez les Maheu, en pleine nuit, Catherine se réveille les
yeux lourds de sommeil, par des plans d’ensemble et demi-ensemble,le
spectateur découvre un endroit étroit et misérable. Le repas frugal est
d’odeur de détresse.l’indigence est manifestée explicitement par la
Maheude qui déclare à sans mon mari qu’ils sont sans le sou.
Les premières scènes laissent voir une caméra mobile. A travers le
travelling, le spectateur plonge dans le monde minier. l’obscurité ne laisse
distinguer que des êtres pareils à des « ombres ».le fond s’apparente à un
véritable enfer. Le noir est partout :Bonnemort crache noir, obscurité,
visages couverts de noir…une impression de souffrance et de malaise se
fait sentir. le noir connote la mort.
Par ailleurs,le monde bourgeois est placé sous le prisme du confort et
de la prospérité. Un plan d’ensemble décrit l’habitation des Grégoire .On
n’est plus en pleine obscurité, mais en pleine lumière.le vert, à travers les
arbres et la verdure du jardin connote plutôt la vie. Contrairement à
Catherine qui semble fatiguée, Cécile une physionomie rayonnante.son
désir est comblé par son gâteau préféré et le repas offert.
Le monde bourgeois est enfermé.Il est indifférent au sort des mineurs.
Mme Hennebeau manifeste explicitement son insouciance. Même, le jour
de grève, les ouvriers affamés réclament « du pain », les Hennebeau
organisent un festin.

Voilà l’essentiel de l’exposé

Bonne chance

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