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Structures Algébriques et Arithmétiques

Ce document présente un cours sur les structures algébriques fondamentales comme les groupes, les anneaux et les corps. Il contient de nombreuses sections détaillées sur ces sujets ainsi que sur les polynômes et les fractions rationnelles.

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Structures Algébriques et Arithmétiques

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1

RÉPUBLIQUE DU BÉNIN

Université d’Abomey-Calavi (UAC)

Faculté des Sciences et Techniques (FAST)

Département de Mathématiques

COURS : Structures Algébriques et Arithmétiques (SAA)

Enseignant : Dr Sylvain ATTAN

Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC Dr Sylvain ATTAN


Année Académique: 2019-2020.
2

Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC


Année Académique: 2019-2020.
Table des matières

1 Groupes-Anneaux-Corps 7
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Lois de composition internes : rappels et compléments . . . . . 8
1.2.1 Associativité - commutativité - distributivité . . . . . . 8
1.2.2 Élément régulier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.3 Elément neutre - Elément symétrique . . . . . . . . . . 11
1.2.4 Partie stable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.5 Morphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.6 Compatibilité d’une relation d’équivalence avec une loi
interne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3 Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.2 Groupes produits - groupes quotients . . . . . . . . . . 20
1.3.3 Morphismes de groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3.4 Sous-groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.5 Groupe symétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
1.4 Structure d’anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1.4.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1.4.2 Calcul dans un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1.4.3 Sous-anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
1.4.4 Idéal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
1.4.5 Morphismes d’anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
1.4.6 Anneaux intègres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
1.5 Stucture de corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
1.6 Le corps des nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
1.6.1 Structure de corps commutatif sur R2 . . . . . . . . . . 48
TABLE DES MATIÈRES 4

1.6.2 L’ensemble des nombres complexes . . . . . . . . . . . 55


1.7 Structure d’algèbre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
1.8 Quelques exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

2 Arithmétique dans Z 61
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.2 Multiples et diviseurs d’un entier . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.3 Division euclidienne dans Z . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.4 Diviseurs communs- Multiples communs . . . . . . . . . . . . 63
2.4.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
2.4.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
2.4.3 Algorithme d’Euclide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
2.5 Nombres premiers entre eux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
2.5.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
2.5.2 Théorème de BEZOUT . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
2.5.3 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
2.6 Nombres premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
2.6.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
2.6.2 Corps Z |pZ , p premier . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
2.6.3 Décomposition primaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
2.7 Résolution d’equations et systèmes d’equations . . . . . . . . 78
2.8 Quelques exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

3 L’ANNEAU DES POLYNÔMES 81


3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.2 DÉFINITION DES POLYÔMES . . . . . . . . . . . . . . . . 82
3.2.1 POLYNÔMES FORMEL . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
3.2.2 VALUATION ET DEGRÉ D’UN POLYNÔME . . . . 83
3.2.3 Polynôme pair, polynôme impair . . . . . . . . . . . . 84
3.3 STRUCTURE ALGEBRIQUE SUR LES POLYNÔMES . . . 84
3.3.1 STRUCTURE D’ESPACE VECTORIEL . . . . . . . . 84
3.3.2 Structure d’anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC
Année Académique: 2019-2020.
TABLE DES MATIÈRES 5

3.3.3 Notion d’indéterminée . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90


3.4 Arithmétique dans K[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
3.4.1 Multiples et diviseurs d’un polynôme . . . . . . . . . . 91
3.4.2 Polynômes irréductibles . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
3.4.3 Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
3.4.4 PGCD de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
3.5 Fonction polynomiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
3.6 Division selon les puissances croissantes . . . . . . . . . . . . . 99
3.7 Dérivation des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
3.7.1 Définition d’un polynôme dérivé . . . . . . . . . . . . . 101
3.7.2 Dérivées successives et quelques formules . . . . . . . . 102
3.8 Racines d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
3.8.1 Définition d’une racine . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
3.8.2 Multiplicité d’une racine . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
3.8.3 Multiplicité d’une racine et polynômes dérivés . . . . . 106
3.8.4 Corps algébriquement clos . . . . . . . . . . . . . . . . 108
3.9 Etude des polynômes de C[X] et R[X] . . . . . . . . . . . . . 109
3.9.1 Polynômes de C[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
3.9.2 Polynômes de R[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
3.10 Liens entre les coefficients et les racines d’un polynôme . . . . 112
3.11 Polynômes d’interpolation de Lagrange . . . . . . . . . . . . . 113
3.12 Quelques exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114

4 LE CORPS DES FRACTIONS RATIONNELLES 117


4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
4.2 Définition d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . 118
4.2.1 Définition d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . 118
4.2.2 Opérations sur K(X) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
4.2.3 Structure d’espace vectoriel sur K(X) . . . . . . . . . 120
4.2.4 Injection canonique de K[X] dans K(X) . . . . . . . . 121
4.2.5 Racines et pôles d’une fraction rationnelle . . . . . . . 121
4.3 Décomposition d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . 123
4.3.1 Partie entière d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . 123
4.3.2 Décomposition en éléments simples sur K . . . . . . . . 123
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Année Académique: 2019-2020.
TABLE DES MATIÈRES 6

4.4 Techniques de décomposition d’une fraction rationnelle . . . . 130


4.4.1 Cas d’un pôle simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
4.4.2 Cas d’un pôle multiple . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
4.4.3 Techniques de réduction du nombre de coefficients . . . 134
4.5 Quelques exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
4.6 QUELQUES EXAMENS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137

Bibliographie 147

Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC


Année Académique: 2019-2020.
Chapitre Un

Groupes-Anneaux-Corps

1.1 Introduction

La notion de groupe est apparue dès la fin du 18e siècle de manière pa-
rallèle dans différents domaines des mathématiques. En 1798, Karl Friedrich
Gauss, dans ses ”Disquisitiones Arithmeticae” , utilise implicitement la no-
tion de groupe abélien. Plus tard, au milieu du 19e siècle, Ernst Kummer
établie des résultats de factorisation sur les groupes dans une tentative de
prouver le grand théorème de Fermat. Dans la première moitié du 19e siècle,
le jeune mathématicien prodige Évariste Galois cherche à prouver que les
équations polynomiales de degré 5 à coefficients complexes ne peuvent être
résolues par radicaux, ce qui signifie que leurs racines ne peuvent être écrites
au moyen des opérations usuelles. Pour ce faire, il s’intéresse à un groupe relié
aux racines de l’équation considérée. Son génie consiste alors à comprendre
que les difficultés pour résoudre l’équation ne proviennent pas de son degré
mais des propriétés mathématiques de ce groupe. À la fin du 19e siècle, Félix
Klein utilise les groupes pour classifier les nouvelles géométries tout juste
découvertes. Les mathématiciens savent depuis que les groupes interviennent
dans de très nombreux domaines. L’ensemble des isométries de l’espace ou
du plan est un groupe appelé groupe orthogonal(à voir en deuxième année).
L’ensemble des isométries préservant un objet donné (un polygone régulier,
un solide platonicien, etc · · ·) a une structure de groupe. L’ensemble des per-
mutations Sn d’un ensemble fini est un groupe qui fut étudié par Cauchy et
Cayley à la fin du 19e siècle. Le groupe découvert par Galois est d’ailleurs un
sous-groupe de ce groupe. L’ensemble des transformations qui, en relativité
restreinte, permettent de changer de référentiel galiléen tout en préservant
Lois de composition internes : rappels et compléments 8

les lois de la physique et la vitesse de la lumière, forment un groupe appelé


groupe de Lorenz. En chimie, les symétries des molécules permettent de leur
associer des groupes qui aident à comprendre mieux leurs propriétés. Plus
concrètement encore, l’ensemble des manipulations qu’on peut effectuer sur
un Rubik’s cube a lui aussi une structure de groupe. L’étude de ce groupe
permet de mettre en place des stratégies gagnantes pour le reconstituer. L’ob-
jet de ce chapitre, ambitieux, est d’introduire la notion de groupe ainsi que le
vocabulaire attenant. Nous le terminerons par l’étude de deux autres struc-
tures, celles d’anneaux et de corps, qui sont elles aussi omniprésentes en
mathématiques.

1.2 Lois de composition internes : rappels et compléments

Définition 1.1.  On appelle loi de composition interne (ou loi interne


ou opération binaire) sur un ensemble (non vide) E toute application de E 2
dans E.
Si ∗ désigne cette application, l’image du couple (x, y) ∈ E 2 est notée x ∗ y.
 Un ensemble structuré (ou un magma) est un couple (E, ∗) où ∗ est une
loi interne sur E.

Exemple 1.1. 1. L’addition et la multiplication usuelles notées respective-


ment ”+” et ”×” sont des lois de composition internes sur N , Z, Q, R, C.
2. Soient E un ensemble et P(E) l’ensemble des parties de E. L’union
notée ∪ et l’intersection notée ∩ sont des lois de composition internes
sur P(E).
3. Soit E un ensemble non vide. On note E E l’ensemble des application de
E dans E. La loi de composition des applications, notée ◦, est une loi
de composition interne sur E E .

1.2.1 Associativité - commutativité - distributivité

Définition 1.2. Soit (E, ∗) un ensemble structuré.


 La loi ∗ est dite associative dans E lorsque

∀(x, y, z) ∈ E 3 (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z)
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Lois de composition internes : rappels et compléments 9

 La loi ∗ est dite commutative dans E lorsque

∀(x, y) ∈ E 2 x∗y =y∗x

Exemple 1.2. • L’addition et la multiplication usuelles sont associatives et


commutatives dans N , Z, Q, R, C.
• Soit E un ensemble non vide.
 La composition des applications est associative dans E E .
En effet, soit x ∈ E ; on a

[(f ◦ g) ◦ h](x) = (f ◦ g)[h(x)]


= f [g(h(x))]
= f [(g ◦ h)(x)]
= [f ◦ (g ◦ h)](x)

Ainsi (f ◦ g) ◦ h = f ◦ (g ◦ h).
 La composition des applications n’est toujours pas commutative dans E E .
Donner un exemple dans le cas où E = R.

• Soient n, m ∈ N∗ et K l’ensemble Q, R ou C. Alors :


 L’addition des matrices est une loi de composition interne associative et
commutative dans Mn,m (K).
 La multiplication des matrices est une loi de composition interne associa-
tive dans Mn (K).
 La multiplication des matrices n’est pas toujours commutative dans Mn (K).
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Année Académique: 2019-2020.
Lois de composition internes : rappels et compléments 10

Donner un exemple dans le cas où K = R et n = 2.

Notation
Supposons que ∗ est associative dans E. Soit (x1 , · · · , xn ) ∈ E n
not.
(x1 ∗ x2 ) ∗ x3 = x1 ∗ x2 ∗ x3
n
not. not. Q
Si ∗ se note · alors x1 ∗ x2 ∗ · · · ∗ xn = x1 x2 · · · xn = xi
i=1
n
not. P
Une loi commutative est souvent notée + et x1 + x2 + · · · + xn = xi
i=1

Définition 1.3. Soit E un ensemble muni de deux lois internes ∗ et >.


On dit que ∗ est distributive sur (ou par rapport à) > lorsque pour tout
(x, y, z) ∈ E 3

x ∗ (y>z) = (x ∗ y)>(x ∗ z) (distributivité à gauche)

et
(x>y) ∗ z = (x ∗ z)>(y ∗ z) (distributivité à droite)

Remarque 1.1. Lorsque la loi ∗ est commutative, l’une des deux égalités
précédentes, suffit pour conclure que ∗ est distributive par rapport à >.

Exemple 1.3. • La multiplication usuelle des réels est distributive par rap-
port à l’addition usuelle des réels.
• Dans P(E), (E un ensemble), les lois ’union et intersection’ sont distribu-
tives l’une par rapport et l’autre.
• La multiplication des matrices est distributive par rapport à l’addition des
matrices dans Mn (K).

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Lois de composition internes : rappels et compléments 11

1.2.2 Élément régulier

Définition 1.4. Soient (E, ∗) un magma et a ∈ E.


• On dit que a est régulier (ou simplifiable) à gauche pour ∗ si et seule-
ment si :
∀(x, y) ∈ E 2 , (a ∗ x = a ∗ y ⇒ x = y).

• On dit que a est régulier (ou simplifiable) à droite pour ∗ si et seulement


si :
∀(x, y) ∈ E 2 , (x ∗ a = y ∗ a ⇒ x = y).

• On dit que a est régulier (ou simplifiable) pour ∗ si et seulement si a est


régulier à gauche
( et régulier à droite pour ∗, c’est-à-dire :
a∗x=a∗y ⇒x=y
∀(x, y) ∈ E 2 ,
x∗a=y∗a⇒x=y

Exemple 1.4. • Dans C, tout élément est régulier pour l’addition ” + ”.


• Les éléments de C réguliers pour la multiplication ” × ” sont les complexes
non nuls.
• Donner dans M2 (R) un élément qui n’est pas régulier pour la multiplication
des matrices.

• Pour tout n ∈ N∗ , les éléments réguliers de Mn (K) sont les éléments de


Mn (K) de déterminant non nul.

1.2.3 Elément neutre - Elément symétrique

Définition 1.5. Soit (E, ∗) un ensemble structuré.


• Un élément e de E est dit neutre pour la loi ∗ si pour tout x ∈ E,

e∗x=x∗e=x
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Lois de composition internes : rappels et compléments 12

• Si (E, ∗) possède un élément neutre e, alors un élément x de E est symétrisable


pour la loi ∗, s’il existe un élément x0 ∈ E tel que

x ∗ x0 = x0 ∗ x = e.

L’élément x0 est alors appelé élément symétrique de x pour la loi ∗.


Remarque 1.2. • Si la loi ∗ est commutative alors e est élément neutre pour
∗, si ∀x ∈ E, e ∗ x = x ou si ∀x ∈ E, x ∗ e = x.
• De même si la loi ∗ est commutative alors un élément x de E est symétrisable
pour la loi ∗ s’il existe x0 ∈ E tel que x ∗ x0 = e ou s’il existe x0 ∈ E tel que
x0 ∗ x = e.
• Tout élément symétrisable est régulier.
Proposition 1.1. Soit (E, ∗) un ensemble structuré admettant un élément
neutre, alors cet élément neutre est unique.
Démonstration : Supposons qu’il existe dans E deux éléments neutres
e1 et e2 pour la loi ∗.
Comme e1 est un neutre pour la loi ∗ on a :

e1 ∗ x = x pour tout x ∈ E.

En particulier pour x = e2 on a : e1 ∗ e2 = e2 .
De même e2 etant un neutre pour la loi ∗ on a :

x ∗ e2 = x pour tout x ∈ E.

En particulier pour x = e1 on a : e1 ∗ e2 = e1 .
En somme on a : e1 = e1 ∗ e2 = e2 . Ce qui justifie l’unicité de l’élément
neutre (lorsque qu’il existe) pour une loi interne donnée.
Définition 1.6. On appelle monoı̈de, tout magma (E, ∗), tel que la loi ∗
est associative et admet d’élément neutre.
Exemple 1.5. 1. Soit E un ensemble. Alors
• L’ensemble structuré (P(E), ∪) est un monoı̈de d’élément neutre l’en-
semble ∅ puisque ∪ est une loi de composition interne associative dans
P(E) et
∀A ∈ P(E) ∅ ∪ A = A ∪ ∅ = A.
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Lois de composition internes : rappels et compléments 13

• L’ensemble structuré (P(E), ∩) est un monoı̈de d’élément neutre l’en-


semble E puisque ∩ est une loi de composition interne associative dans
P(E) et
∀A ∈ P(E) E ∩ A = A ∩ E = A.

2. Soit E un ensemble non vide. L’ensemble structuré (E E , ◦) est un monoı̈de


d’élément neutre l’application identité idE puisque la loi ◦ est associative
dans E E et
∀f ∈ E E idE ◦ f = f ◦ IdE = f

3. Soit X un ensemble non vide.


• L’ensemble structuré (RX , +) (où + est l’extension de l’addition usuelle
de R) est un monoı̈de d’élément neutre, l’application nulle O : X −→
R x 7→ 0. Toute application f de X dans R possède un opposé (symétrique
pour +) qui est l’application −f de X dans R définie par (−f )(x) =
−f (x) pour tout x ∈ X.
En effet

• L’ensemble structuré (RX , ×) (où × est l’extension de la multiplication


usuelle de R) est un monoı̈de d’élément neutre, l’application X −→
R, x 7→ 1. En revanche, une application f : X −→ R telle qu’il existe
x0 ∈ X et f (x0 ) = 0 ne possède pas d’élément symétrique. (A justifier)

4. L’ensemble structuré (Mn,m (K), +) est un monoı̈de d’élément neutre


0n,m (matrice nulle de format (n, m) ).
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Lois de composition internes : rappels et compléments 14

5. L’ensemble structuré (Mn (K), ×) est un monoı̈de d’élément neutre In


(matrice unité d’ordre n.)
Proposition 1.2. Soit (E, ∗) un monoı̈de.
 Si x ∈ E est symétrisable alors son symétrique est unique.
 Si x ∈ E et y ∈ E sont symétrisables alors x ∗ y est symétrisable et son
symétrique
(x ∗ y)0 = y 0 ∗ x0 , où x0 , y 0 désignent respectivement les symétriques de x et y
Démonstration : Notons e l’élément neutre de E pour la loi ∗.
 Supposons qu’un élément symétrisable x de E possède deux symétriques
x0 et x00 pour la loi ∗. On a x ∗ x0 = e et x00 ∗ x = e.
D’où (x00 ∗ x) ∗ x0 = e ∗ x0 = x0 et (x00 ∗ x) ∗ x0 = x00 ∗ (x ∗ x0 ) = x00 ∗ e = x00 )
(utilisant l’associativité).
En somme x00 = x0 . Ce qui prouve l’unicité d’élément symétrique (lorsqu’il
existe) d’un élḿent x.
 Soit x ∈ E et y ∈ E deux éléments symétrisables d’éléments symétriques
respectifs x0 et y 0 .
Prouvons que x ∗ y est symétrisable d’élément symétrique y 0 ∗ x0 .
Utilisant l’associativité on a :
(x ∗ y) ∗ (y 0 ∗ x0 ) = x ∗ [y ∗ (y 0 ∗ x0 )] = x ∗ [(y ∗ y 0 ) ∗ x0 ] = x ∗ (e ∗ x0 ) = x ∗ x0 = e
De manière analogue, on vérifie que (y 0 ∗ x0 ) ∗ (x ∗ y) = e.
D’où on a (x ∗ y) ∗ (y 0 ∗ x0 ) = (y 0 ∗ x0 ) ∗ (x ∗ y) = e. Ainsi, on conclut que x ∗ y
est symétrisable d’élément symétrique y 0 ∗ x0 .
Remarque 1.3. Le symétrique d’un élément symétrisable x pour la loi + est
noté −x, et est appelé opposé de x. Le symétrique d’un élément symétrisable
x pour la loi · est noté x−1 , et est appelé inverse de x.

1.2.4 Partie stable

Définition 1.7. • Soit (E, ∗) un ensemble structuré. Une partie non vide F
de E est dite stable pour la loi ∗ (où F est stable dans (E, ∗)) lorsque ∀(x, y) ∈
F 2 , x ∗ y ∈ F.
• Si F est une partie de E stable pour la loi ∗, la loi de composition interne
sur F définie par ∗ : F × F −→ F, (x, y) 7−→ x ∗ y, est appelée loi de
composition interne induite sur F par la loi ∗ de E.
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Exemple 1.6. • N est stable dans (Z, +).


• On nunit R2 de la multiplication interne (a, b) × (x, y) = (ax, by).
On pose D = {(a, 0), a ∈ R}.
Prouvons que D est stable dans (R2 , ×)

1.2.5 Morphisme

Définition 1.8. Soit (E, ∗) et (F, >) deux ensembles structurés.


• Un morphisme de (E, ∗) dans (F, >) est une application f : E → F vérifiant

∀(x, y) ∈ E 2 , f (x ∗ y) = f (x)>f (y).

• Un isomorphisme de (E, ∗) dans (F, >) est un morphisme de (E, ∗) dans


(F, >) qui est bijectif.

Exemple 1.7. On sait que pour tout (x, y) ∈ R2 , ex+y = ex × ey .


On en déduit que l’application exp : (R, +) → (R, ×), x 7→ ex est un
morphisme d’ensembles structurés (R, +) et (R, ×)

1.2.6 Compatibilité d’une relation d’équivalence avec une loi interne.

Définition 1.9. Soit (E, ∗) un ensemble structuré sur lequel on définit une
relation d’équivalence R.
On dit que la relation R est compatible avec la loi ∗ lorsque pour tout (x, y, z) ∈
E3 (
(x ∗ z) R (y ∗ z) (compatibilité à droite)
xRy =⇒
(z ∗ x) R (z ∗ y) (compatibilité à gauche)
Proposition 1.3. Soit R une relation d’équivalence sur un ensemble struc-
turé (E, ∗). La relation R est compatible avec la loi ∗ si et seulement si

∀(x, y, u, w) ∈ E 4 xRu et yRw =⇒ (x ∗ y)R(u ∗ w).

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Démonstraction : Soit (x, y, u, w) ∈ E 4 . (


xRu
Supposons que la relation R est compatible avec la loi ∗ et
yRw

(x ∗ y)R(u ∗ w). On a
(Prouvons que (
xRu (x ∗ y)R(u ∗ y)
=⇒ (par compatibilité)
yRw (u ∗ y)R(u ∗ w)

=⇒ (x ∗ y)R(u ∗ w) (par transitivité)


Réciproquement supposons que

∀(x, y, u, w) ∈ E 4 xRu et yRw =⇒ (x ∗ y)R(u ∗ w).

et prouvons la compatibilité.
Soit (a, b, c) ∈ E 3 tel que aRb.
On sait que cRc (car R est réflexive).
Utilisant l’hypothèse on a :
(a ∗ c)R(b ∗ c) et (c ∗ a)RR(c ∗ b).
Ainsi on a prouvé

aRb =⇒ (a ∗ c)R(b ∗ c) et(c ∗ a)R(c ∗ b).

Ce qui traduit que la relation R est compatible avec la loi ∗.


Exemple 1.8. La relation d’équivalence congruence modulo n de Z ”≡ [n]”,
est compatible avec l’addition et la multiplication des entiers.

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Théorème Définition 1.1. Soit R une relation d’équivalence sur un en-


semble structuré (E, ∗), compatible avec la loi ∗.
La loi ∗ définie sur l’ensemble quotient E/R par

déf.
x ∗ y = x∗y

est une loi de composition interne sur E/R , appelée loi quotient de la loi ∗.
De plus
 Si ∗ est associative alors ∗ est aussi associative.
 Si ∗ est commutative alors ∗ est l’aussi.
 Si e est l’élément neutre pour la loi ∗, alors e est le neutre pour la loi ∗.
 Si x0 est l’élément symétrique de x ∈ E, pour la loi ∗, alors x est symétrisable
pour la loi ∗
et son élément symétrique est x0 .

Démonstraction Prouvons que la loi ∗ est bien définie ; c’est-à-dire pour


tout (x, y) ∈ E 2 l’élément x ∗ y ne dépend pas des représentants choisis
dans les classes x et y.
Soit (a, b) ∈ E 2 tel que a ∈ x et b ∈ y. Il s’agit de prouver que a ∗ b = x ∗ y.
De a ∈ x et b ∈ y, on a aRx et bRy et (a∗b)R(x∗y) utilisant la compatibilité.
Ainsi on a a ∗ b = x ∗ y.
 Supposons ∗ est associative.
Soit (x, y, z) ∈ E 3 . On a
x ∗ (y ∗ z) = x ∗ (y ∗ z) (par définition de la loi ∗)
= x ∗ (y ∗ z) (par définition de la loi ∗)
= (x ∗ y) ∗ z (par associativité)
= x ∗ y ∗ z (par définition de la loi ∗)
= (x ∗ y) ∗ z (par définition de la loi ∗)
 La commutativité est facile à prouver.

 Pour tout x ∈ E on a : x ∗ e = x ∗ e = x = e ∗ x = e ∗ x.

Le reste de la preuve est un bon exercice de maison.

Remarque 1.4. De la définition de la loi quotient, on en déduit que l’appli-


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Groupes 18

cation
p : E −→ E/R
x 7→ p(x) = x
est un morphisme de (E, ∗) dans (E/R , ∗).
Exemple 1.9.

1.3 Groupes

1.3.1 Généralités

Définition 1.10. On appelle groupe un ensemble structuré (G, ∗) vérifiant :


• ∗ est associative ;
• (G, ∗) admet un élément neutre ;
• Tout élément de G symétrisable pour la loi ∗.
Si de plus la loi ∗ est commutative, le groupe est dit commutatif ou abélien.
Exemple 1.10. 1. Les ensembles stucturés suivants sont des groupes abéliens :
• (Z, +), (Q, +), (R, +), (C, +);
• (Q∗ , ×) (R∗ , ×), (C∗ , ×).
2. L’ensemble structuré (Mn,m (R), +) est un groupe commutatif.
3. On note GLn (K) = {M ∈ Mn (K), det(M ) 6= 0} (ensemble des matrices
carrées d’ordre n ∈ N∗ inversibles à coefficients dans K = Q, R ou C).
Alors (GLn (K), ×) est un groupe(non commutatif pour n ∈ N \ {0, 1})
d’élément neutre In .
4. Soit ({e}, ∗) un ensemble structuré. ({e}, ∗) est groupe abélien appelé
groupe trivial.
5. Soit E un ensemble non vide. L’ensemble stucturé (RE , +) est un groupe
abélien d’élément neutre l’application nulle E −→ R, x →7 0 et toute
application f : E −→ R admet pour symétrique
−f : E −→ R, x 7→ (−f )(x) = −f (x).
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Groupes 19

Soit X un ensemble fini non vide et S(x) l’ensemble des bijections de X sur
X. La loi de composition interne ◦ : (f, g) 7→ f ◦ g confère à S(X) une
structure de groupe appelé groupe symétrique de X. L’élément neutre de ce
groupe est IdX et tout f ∈ S(X) a pour symétrique f −1 .
Remarque 1.5. S’il n’y a aucune ambiguité, le groupe (G, ∗) se note sim-
plement G.
Exercice d’application 1.1. Soit a ∈ R∗ fixé. On considère l’ensemle
Ha = R \ {− a1 } sur le quel on définit la correspondance ∗ par : ∀(x, y) ∈ Ha2 ,
x ∗ y = x + y + axy.
1. Montrer que la correspondance ∗ est une loi de composition sur Ha .
2. Montrer que (Ha , ∗) est un groupe abélien.
Résultats :

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Groupes 20

Ordre d’un groupe

Définition 1.11. Un groupe (G, ∗) est dit fini lorsque G est un ensemble
fini et dans ce cas Card(G) est appelé ordre de G. On le notera souvent θ(G)
i.e. θ(G) = Card(G).
Un groupe qui n’est pas fini est qualifié d’infini.

1.3.2 Groupes produits - groupes quotients

Proposition Définition 1.1. Soit (G, >) et (F, ⊥) deux groupes. La loi

∗ : (G × F )2 −→ G × F
((x, y), (a, b)) 7→ (x>a, y⊥b)
confère à G × F une structure de groupe.
Ce groupe est appelé groupe produit des groupes (G, >) et (F, ⊥).

Preuve en exercice

Remarque 1.6. On peut généraliser la définition précédente à n groupes.

Exemple 1.11. 1. Le groupe produit (R × R∗ , ⊥) des groupes (R, +) et


(R∗ , ×) est défini par (x, y)⊥(a, b) = (x + a, yb).
Le neutre de ce groupe est (0, 1) et le symétrique de (x, y) ∈ R × R∗ est
(−x, y1 ).
2. Le groupe produit (Rn , +) des groupes (R, +), · · · , (R, +) est défini par
(x1 , · · · , xn ) + (y1 , · · · , yn ) = (x1 + y1 , · · · , xn + yn )

Proposition Définition 1.2. Soit R une relation d’équivalence sur un en-


semble G et (G, ∗) un groupe pour lequel la relation R est compatible avec la
loi ∗. Alors l’ensemble structuré (G/R , ∗) est groupe appelé groupe quotient.

La preuve découle directement du Théorème et Définition 1.1.1

Exemple 1.12. La relation d’équivalence congruence modulo n ∈ N étant


compatible avec l’addition dans Z, alors l’ensemble structuré (Z/nZ , +) (avec
Z/nZ ensemble quotient de la relation congruence modulo n) est groupe quo-
tient car (Z, +) est un groupe.

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1.3.3 Morphismes de groupes

Définition 1.12. • On appelle morphisme (ou homomorphisme) du groupe


(G, >) dans le groupe (F, ⊥) un morphisme de l’ensemble stucturé (G, >)
dans l’ensemble stucturé (F, ⊥).
• Un isomorphisme du groupe (G, >) dans le groupe (F, ⊥) est un morphisme
bijectif du groupe (G, >) dans le groupe (F, ⊥).
• Un endomorphisme du groupe (G, >) est un morphisme de (G, >) dans
(G, >).
• Un automorphisme du groupe (G, >) est un endomorphisme bijectif de
(G, >).

Proposition 1.4. Soit f : (G, >) −→ (F, ⊥) un morphisme de groupes.


On a :
1. f (eG ) = eF
2. Pour tout x ∈ G , f (x) est symétrisable de symétrique f (x0 ) où x0 est
le symétrique de x i.e. [f (x)]0 = f (x0 ).

Preuve :
1. On a f (eG ) = f (eg >eG ) = f (eG )⊥f (eG ). D’où f (eG ) = eF car f (eG ) est
régulier dans (F, ⊥).
2. Soit x ∈ G. On a
f (x)⊥f (x0 ) = f (x>x0 ) car f est morphisme
= f (eG )
= eF d’après 1.

De manière analogue on prouve que f (x0 )⊥f (x) = eF .


En somme on a f (x)⊥f (x0 ) = f (x0 )⊥f (x) = eF . Ainsi f (x) est symétrisable
et de symétrique f (x0 ).

Définition 1.13. Soit f : (G, >) −→ (F, ⊥) un morphisme de groupes.


 On appelle noyau du morphisme f le sous-ensemble de G, noté Kerf , et
défini par

déf.
kerf = {x ∈ G f (x) = eF }
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 On appelle image de f le sous-ensemble de F , noté Imf et défini par

déf.
Imf = {f (x), x ∈ G} = {y ∈ F ∃x ∈ G et y = f (x)}
Remarque 1.7. Pour tout morphisme f du groupe (G, >) dans le groupe
(F, ⊥), eG ∈ Kerf et eF ∈ Imf car f (eG ) = eF
Proposition 1.5. Soit f un morphisme du groupe (G, >) dans le groupe
(F, ⊥). Alors on a :
1. f surjectif ⇐⇒ Imf = F ;
2. f injectif ⇐⇒ kerf = {eG }.
Preuve :
1. 1. evident
2. Supposons f injectif.
Soit x ∈ Kerf . Alors f (x) = eF = f (eG ). D’où x = eG car f est injectif.
Par suite kerf ⊂ {eG }. Ainsi kerf = {eG } car eG ∈ kerf .
Supposons que kerf = {eG } et prouvons que f est injectif.
Soit (x1 , x2 ) ∈ G2 tel que f (x1 ) = f (x2 ).
On sait que f (x1 )⊥[f (x1 )]0 = eF ; ce qui donne f (x1 )⊥[f (x2 )]0 = eF .
D’où f (x1 >(x2 )0 ) = eF et x1 >(x2 )0 ∈ Kerf .
Comme kerf = {eG }, on a alors x1 >(x2 )0 = eG . Ainsi x1 = x2 . Ce qui
prouve que f est injectif.
Corollaire 1.1. Soit f un morphisme du groupe (G, >) dans le groupe
(F, ⊥). Si G et F sont de même ordre alors
f isomorphisme ⇐⇒ kerf = {eG } ⇐⇒ Imf = F
Définition 1.14. Un groupe (G, >) est dit isomorphe à un groupe (F, ⊥)
si et seulement s’il existe un isomorphisme de groupes (G, >) sur (F, ⊥)
Exemple 1.13. (R∗+ , ×) est isomorphe à (R, +) car ln : R∗+ −→ R est un
isomorphisme de groupes.
Théorème 1.1. (Transfert de structure de groupe)
Soit (G, >) un groupe et (F, ⊥) un magma. S’il existe un isomorphisme du
magma (G, >) sur le magma (F, ⊥), alors (F, ⊥) est un groupe isomorphe
au groupe (G, >).
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Preuve :

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Exercice d’application 1.2. On considère surp R, la loi √


de composition in-
terne >, donnée par : ∀(x, y) ∈ R2 , x>y = x 1 + y 2 + y 1 + x2 et l’appli-
x −x
cation sinus hyperbolique sh : R −→ R, x 7−→ e −e
2 .
1. Monter que l’application sh est bijective.
2. Justifier que ∀(x, y) ∈ R2 , sh(x + y) = sh(x)>sh(y).
3. Déduire que (R, >) est un groupe isomorphe au groupe (R, +).
Résultats :

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1.3.4 Sous-groupes
Généralités

Définition 1.15. Soit (G, ∗) un groupe. Etant donnée une partie H non vide
de G, on dit que (H, ∗) est un sous-groupe de G lorsque (H, ∗) est un groupe.
Exemple 1.14. Si (G, ∗) est un groupe alors {eG } et G sont des sous-groupes
de G, appelés sous-groupes triviaux de G.
Proposition 1.6. Soit (G, ∗) un groupe. Un sous-ensemble H est un sous-
groupe de G si et seulement si
1. H 6= ∅.
2. H est stable pour la loi ∗.
3. ∀x ∈ H, x0 ∈ H, où x0 est le symétrique de x.
Preuve : (⇒) Evident par définition de sous-groupe.
(⇐) Supposons que les propriétés 1.) , 2.) et 3.) sont vérifiées et prouvons
que H est sous-groupe de G.
L’associativité est une propriété hériditaire.
H 6= ∅ ⇒ ∃h ∈ H
⇒ ∃h ∈ H et h0 ∈ H d’après 3.
⇒ eG = (h ∗ h0 ) ∈ H d’après 2.
De plus pour tout h ∈ H, h ∗ eG = eG ∗ h = h.
Ainsi eG est le neutre pour (H, ∗).
Remarque 1.8. Tout sous-groupe d’un groupe (G, ∗) contient eG .
Corollaire 1.2. Soit (G, ∗) un groupe. Un sous-ensemble H est un sous-
groupe de G si et seulement si
1. eG ∈ H.
2. ∀x ∈ H, ∀y ∈ H, (x0 ∗ y) ∈ H, où x0 est le symetrique de x.
Preuve en exercice
Exercice(d’application
! 1.3. 1. Montrer
) que l’ensemble
a 0
I= 1 , (a, b) ∈ R∗ × R est un sous-groupe du groupe GL2 (R).
b a
2. Montrer que le sous-ensemble G = {1, −1, i, −i} est un sous-groupe du
groupe C∗ . Quel est l’ordre du groupe G?

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Groupes 26

Résultats :

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Groupes 27

Proposition 1.7. Soit f un homomorphisme du groupe (G, ∗) dans le groupe


(F, >). Alors :
1. Pour tout sous-groupe H de G, f (H) est un sous-groupe de F . En par-
ticulier Imf est sous-groupe de F .
2. Kerf est sous-groupe de G.
Preuve :

Sous-groupes distingués

Notation : Soient H un sous-ensemble d’un ensemble structuré (G, ∗) et


x un élément de G. On note :
x ∗ H = {x ∗ h, h ∈ H} et H ∗ x = {h ∗ x, h ∈ H}.
Théorème Définition 1.2. Soient H un sous-groupe d’un groupe (G, ∗).
Les assertions suivantes suivantes sont équivalentes :
1. Pour tout a de G, a ∗ H ⊂ H ∗ a
2. Pour tout a de G, H ∗ a ⊂ a ∗ H
3. Pour tout a de G, H ∗ a = a ∗ H
On dit que H est distingué (ou normal) dans G lorsque H vérifie l’une des
conditions précédente.
On note alors H  G.
Preuve : Il suffit de prouver que 1. =⇒ 2.
Supposons que pour tout a ∈ G, a ∗ H ⊂ H ∗ a.
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Groupes 28

Soient a ∈ G et h ∈ H. Alors il existe h1 ∈ H tel que a0 ∗ h = h1 ∗ a0 (par


hypothèse).
D’où h = a ∗ h1 ∗ a0 . Ainsi on a :
h ∗ a = (a ∗ h1 ∗ a0 ) ∗ a
= a ∗ h1 ∗ (a0 ∗ a)
= a ∗ h1 ∈ a ∗ H.
Par conséquent h ∗ a ∈ a ∗ H. Ce qui prouve que H ∗ a ⊂ a ∗ H.
Exemple 1.15. 1. {eG } et G sont des sous-groupes distingués de (G, ∗).
2. Dans un groupe abélien tout sous-groupe est distingué.
Proposition 1.8. Soit (G, ∗) un groupe et H un sous-groupe de G. Alors les
assertions suivantes sont équivalentes :
1. H est distingué dans G,
2. ∀a ∈ G, a ∗ H ∗ a0 = H,
3. ∀a ∈ G, a ∗ H ∗ a0 ⊂ H.
Preuve en exercice.
Proposition 1.9. Soient Φ un morphisme du goupe (G, ∗) dans le groupe
(F, >). Alors KerΦ est un sous-groupe distingué de G.
Preuve :

( ! )
a 0
Exercice d’application 1.4. Le sous-groupe I = , (a, b) ∈ R∗ × R
b a1
de GL2 (R) est-il distingué dans GL2 (R)?

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Groupes 29

Théorème 1.2. Soit (G, ∗) un groupe et R une relation d’équivalence sur G


compatible avec la loi ∗.
1. Alors la classe eG (modulo R) de eG est un sous-groupe distingué de G
et pour tout (x, y) ∈ G2 on a :

xRy ⇔ (x0 ∗ y) ∈ eG .

avec x0 le symétrique de x pour la loi ∗.


2. Soit H un sous-groupe de G.
• La relation RH définie sur G par :

x RH y ⇔ (x0 ∗ y) ∈ H

où x0 est le symétrique de x pour la loi ∗,


est une relation d’équivalence sur G, appelée relation d’équivalence as-
sociée à H.
• De plus si H  G alors la relation RH est compatible avec la loi ∗.
L’ensemble des classes d’équivalence modulo RH est noté G |H .
Démonstration :
1. I Prouvons que la classe eG (modulo R) de eG est un sous-groupe de
G.
Il est clair que eG ∈ eG .
Soit (x, y) ∈ eG × eG .
x ∈ eG ⇒ x ∈ G et x R eG
⇒ x0 ∈ G et x ReG
⇒ x0 R x0 et x R eG car R est réflexive
⇒ eG R x0 car R est compatibilité avec ∗ .
Comme y R eG on a alors par compatibilité (x0 ∗ y)
mathcalReG , i.e. (x0 ∗ y) ∈ eg .
Ainsi la classe eg est sous-groupe de G.
I Prouvons maintenant que le groupe eG est distingué dans G.
Soit (x, y) ∈ eG × eG .
Alors x0 ∈ G, x0 R x0 et yR eG . Ainsi par compabilité on a (x0 ∗ y) R x0 .
Utilisant à nouveau la compabilité et le fait que x R x on a

(x0 ∗ y ∗ x)R(x ∗ x0 ), soit (x0 ∗ y ∗ x) ∈ eG car (x ∗ x0 ) = eG .


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Groupes 30

Au total eG  G.
I Reste à prouver que pour tout (x, y) ∈ G2 , xRy ⇐⇒ (x0 ∗ y) ∈ eG .
Soit (x, y) ∈ G2 .
Supposons x R y. On a alors x R y et x0 Rx0 .
Par compatibilté on déduit que eG R (x0 ∗ y), soit (x0 ∗ y) ∈ eG .
Réciproquement supposons que (x0 ∗ y) ∈ eG . On a alors x R x et
(x0 ∗ y)R eG . Ainsi x R y utilisant la compatibité de R par rapport à ∗
et le fait que la relation R est symétrique.
2. I Prouvons que RH est une relation d’équivalence.
Soit x ∈ G. On a eg = (x0 ∗ x) ∈ H (car H est un sous-groupe de G).
Ainsi x RH x. D’où RH est réflexive.
Soit (x, y) ∈ G2 tel que x RH y.
x RH y ⇒ (x0 ∗ y) ∈ H
⇒ (x0 ∗ y)0 ∈ H car H est un sous-groupe de G
.
⇒ (y 0 ∗ x) ∈ H
⇒ y RH x
Ce qui prouve que la relation RH est symétrique.
Soit (x, y, z) ∈ G3 tel que x RH y et y RH x. On a alors (x0 ∗ y) ∈ H et
(y 0 ∗ z) ∈ H. Ainsi on a [(x0 ∗ y) ∗ (y 0 ∗ z)] ∈ H (car H est un sous-groupe
de G) ce qui donne (x0 ∗ z) ∈ H soit x RH z.
D’où la relation RH est transitive.
Au total RH est une relation d’équivalence.
• Supposons que H  G.
Soit (x, y, z, t) ∈ G4 tel que xRH y et zRH t.
Prouvons que (x ∗ z) RH (y ∗ t) i.e. prouvons que (x ∗ z)0 ∗ (y ∗ t) ∈ H.
De x RH y on a (x0 ∗ y) ∈ H et [z 0 ∗ (x0 ∗ y) ∗ z] ∈ H car H  G.
D’autre part on a (z 0 ∗ t) ∈ H (car z RH t).
Par conséquent on a ((z 0 ∗ (x0 ∗ y) ∗ z) ∗ (z 0 ∗ t)) ∈ H soit
((z 0 ∗ x0 ) ∗ (y ∗ t)) ∈ H i.e. ((x ∗ z)0 ∗ (y ∗ t)) ∈ H.

Applications aux groupes finis

Corollaire 1.3. (Thérème de Lagrange)


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Groupes 31

Soient (G, ∗) un groupe fini et H un sous-groupe de G. Alors l’ordre de H


divise celui de G et

card(G |H ) × cardH = cardG,

Démonstration : Soit x ∈ G.
x = {y ∈ G | x0 ∗ y ∈ H}
= {y ∈ G | ∃h ∈ H et x0 ∗ y = h}
= {y ∈ G | ∃h ∈ H et y = x ∗ h}
= x∗H
H étant un sous-groupe du groupe fini G alors H est fini.
De plus x ∗ H est fini et card(H) = card(x ∗ H) (à vérifier en exercice).
D’autre part G étant fini, alors card(G | H ) est fini. Donc il existe g1 , g2 , · · · , gm
appartenant à G tels que card(G | H ) = {g1 , g2 , . . . , gm }. Ainsi on a :
Pm
card(G) = card(gi )
i=1
Pm
= card(gi ∗ H)
i=1
Pm
= card(H) car card(H) = card(gi ∗ H)
i=1
= m × card(H)
= card(G |H ) × card(H)
D’où card(G |H ) × cardH = card(G). Ce qui justifie que l ’ordre de H
divise celui de G.

Sous-groupes engendrés par des parties

Premièrement, on a :
Théorème 1.3. Soient (G, ∗) un groupe et (Hi )i∈I une famille non vide de
T
sous-groupe de G. Alors l’intersection Hi est un sous-groupe de G.
i∈I

Preuve en exercice
La définition suivante a donc un sens.
Théorème Définition 1.3. Soit (G, ∗) un groupe et A ⊂ G. Soit (Hi )i∈I la
famille de tous les sous-groupes Hi de G telle que A ⊂ Hi , pour tout i ∈ I.
T
Alors l’intersection i∈I Hi est le plus petit sous-groupe de G (au sens de
l’inclusion) contenant A. On l’appelle le sous-groupe de G engendré par A et
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Groupes 32

on le note < A >.


On dit aussi que A engendre le groupe < A > ou que A est une partie
génératrice du groupe < A >.
La preuve est un bon exercice de maison.
Remarque 1.9. 1. La définition a un sens car le groupe G appartient à
cette famille. Ainsi la famille est non vide.
2. Si A = {a} on écrit < A >=< a >.
S’il existe g tel que G =< g > alors le groupe G est qualifié de monogène.
Tout groupe monogène fini est dit cyclique.
3. On a < ∅ >= {eG } et < G >= G.
4. Pour prouver qu’un sous-groupe H de G contient le sous-groupe < A >
il suffit de prouver que A ⊂ H.
Proposition 1.10. Soit (G, ∗) un groupe et A ⊂ G tel que A 6= ∅. Soit
x ∈ G. On a l’équivalence :
x ∈< A >⇐⇒ ∃(x1 , x2 , . . . , xn ) ∈ (A ∪ A0 )n et x = x1 ∗ x2 ∗ . . . ∗ xn ,
où A0 = {x0 | x ∈ A} (ensemble des symétriques des éléments de A).
Preuve : Posons
H = {x ∈ G | ∃(x1 , x2 , . . . , xn ) ∈ (A ∪ A0 )n et x = x1 ∗ x2 ∗ . . . ∗ xn }.
Prouvons que H =< A >.
On sait que A ⊂< A > et A0 ⊂< A >. Donc (A ∪ A0 ) ⊂< A >. Par suite
H ⊂< A > car < A > est un sous-groupe de G.
Reste à prouver que < A >⊂ H.
Pour tout a ∈ A, a = a1 ∈ H. Donc A ⊂ H.
Prouvons que H est sous-groupe de G.
Par hypothèse A 6= ∅ donc il existe a ∈ A et {a, a0 } ⊂ (A ∪ A0 ). Ainsi
eg = (a ∗ a0 ) ∈ H.
Soit x = x1 ∗x2 ∗. . .∗xn ∈ H et y = y1 ∗y2 ∗. . .∗ym ∈ H avec xi ∈ (A∪A0 ), i =
1, . . . , n et yj ∈ (A ∪ A0 ), j = 1, . . . , m. Alors
x ∗ y 0 = (x1 ∗ x2 ∗ . . . ∗ xn ) ∗ [(ym )0 ∗ (ym−1 )0 ∗ . . . ∗ (y1 )0 ]
= x1 ∗ x2 ∗ . . . ∗ xn ∗ (ym )0 ∗ (ym−1 )0 ∗ . . . ∗ (y1 )0 par associativité
D’où x ∗ y 0 ∈ H car xi ∈ (A ∪ A0 ), i = 1, . . . , n et (yj )0 ∈ (A ∪ A0 ), j =
1, . . . , m.
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Groupes 33

Par conséquent H est un sous-groupe de G qui contient A. Ainsi < A >⊂ H.


Au total < A >= H. Ce qui prouve le résultat.
Exemple 1.16. Les assertions suivantes sont vraies
1. (Z, +) =< 1 >=< −1 >.
2. Pour n ∈ N, (nZ, +) =< n >=< −n > et (Z |nZ , +) =< 1 >, n 6= 0.
Définition 1.16. L’ordre d’un élément g d’un groupe fini (G, ∗) est l’ordre
du sous-groupe engendré par g.
Soit (G, ×) un groupe multiplicatif d’élément neutre 1G . Soit (x, n) ∈ G×Z.
On définit 
 1G
 si n = 0
n n−1
x = x x si n > 0
 (x−1 )−n si n < 0

On vérifie facilement que pour tout (x, n, m) ∈ G × Z × Z on a :


1. (xn )m = xnm ;
2. xn x = xn+m ;
3. (x−1 )n = (x−n )
4. < x >= {xk , k ∈ Z}.
Remarque 1.10. On dispose de formules analogues si la loi de composition
de G est notée additivement : pour tout entier n et pour tout x ∈ G, on
définit dans ce cas nx par les égalités

 0G
 si n = 0
nx = (n − 1)x + x si n > 0

 (−n)(−x) si n < 0

et on a les formules pour tous (n, m) ∈ Z2 et x ∈ G


1. nx + mx = (n + m)x,
2. −(nx) = (−n)x,
3. n(mx) = (nm)x.
4. < x >= {kx, k ∈ Z}
Cette construction généralise celle des sous-groupes de Z.
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Groupes 34

Théorème 1.4. Soit (G, ×) un groupe multiplicatif fini d’élément neutre 1G .


Soit x un élément de G d’ordre m. Alors
1. m ≥ 1 et m divise l’ordre de G.
2. xm = e et m est le plus petit entier k ≥ 1 tel que xk = e.
3. Les éléments e, x, x2 , · · · , xm−1 sont distincts deux à deux et on a

< x >= {e, x, x2 , · · · , xm−1 }

Preuve : L’assertion 1 résulte du théorème de Lagrange.


Prouvons l’assertion 2. Considérons pour cela l’ensemble A défini par

A = {k ∈ N|1 ≤ k ≤ m et xk = 1G }.

Supposons que A est vide. S’il existe (i, j) ∈ db1, m + 1ec2 tel que i < j et
xi = xj , on aurait xi = xi+i1 avec i1 ∈ db1, mec, soit xi1 = 1G avec i1 ∈ db1, mec.
Ce qui donnerait i1 ∈ A. Donc les éléments x, x2 , · · · , xm , xm+1 sont distincts
deux à deux. Ainsi le sous-groupe engendré par x contiendrait plus d’ éléments
que son cardinal. Ce qui est absurde. En conclusion A est non vide. Soit u le
plus petit élément de A. Il s’agit de prouver que u = m.
Posons B = {1G , x, · · · , xu−1 }
D’après le caractère minimal de u, le cardinal de B est u. Vérifions que < x >
est contenu dans B. Considérons pour cela un entier relatif k. Il existe q et
r dans Z tels que l’on ait k = uq + r avec 0 ≤ r < u. Vu que l’on a xu = 1G ,
on obtient ainsi xk = (xu )q xr = xr ∈ B, Par suite, on a m ≤ u. Puisque u
appartient à A, on a aussi u ≤ m d’où m = u
En ce qui concerne l’assertion 3, on déduit de ce qui précède que le cardinal
de l’ensemble {1G , x, · · · , xm−1 } est m. Puisqu’il est contenu dans < x >, qui
est aussi d’ordre m, cela entraine l’égalité annoncée.
Corollaire 1.4. Dans un groupe (G, ×) fini d’ordre n, on a xn = 1G , pour
tout x ∈ G.
Démonstration : Soient x un élément de G et m son ordre. Il existe un
entier k tel que n = km. Par suite, on a xn = (xm )k = 1G .
Remarque 1.11. Les résultats précédents sont valables dans tout groupe fini
et leurs démonstractions sont analogues.
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Groupes 35

Exercice d’application 1.5. 1. Déterminer l’ordre et le sous-groupe en-


gendré par chaque élément du groupe multiplicatif G = {1, −1, i, −i}.
2. On considère l’application ϕ : Z −→ G
n 7−→ in .
(a) Montrer que ϕ est un morphisme de groupes.
(b) Déterminer son noyau et son image.
(c) L’application ϕ est-elle injective ? surjective ? un isomorphisme de
groupe ?
Résultats :

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Groupes 36

Sous-groupes du groupe Z

Dans cette partie, nous décrirons les sous-groupe du groupe Z.


Proposition 1.11. Soit H une partie de Z. Alors :
H est un sous-groupe du groupe (Z, +) si et seulement s’il existe n ∈ N tel
que H = nZ.
Preuve :

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Groupes 37

1.3.5 Groupe symétrique

Soit n ∈ N. On sait que l’ensemble des bijections de db1, nec sur lui-même,
muni de la loi composition des applications, est un groupe. Ce groupe est
appelé le groupe symétrique de degré n. On le note Sn .

Tout élément σ de Sn est appelé permutation de db1, nec et se note


!
1 2 ··· n
σ=
σ(1) σ(2) · · · σ(n)
!
1 2 ··· n
Exemple 1.17. 1. L’identité de db1, nec est Iddb1,nec =
1 2 ··· n
2. On considère les permutations de S5 :
! !
1 2 3 4 5 1 2 3 4 5
ρ= et τ =
2 3 4 5 1 3 4 1 5 2
Déterminer ρ−1 , τ −1 , τ ◦ ρ et ρ ◦ τ ; puis comparer τ ◦ ρ et ρ ◦ τ .
Réponse :

Définition 1.17. Soit p ∈ N tel que 2 ≤ p ≤ n.


• On appelle p-cycle, toute permutation σ ∈ Sn pour laquelle, il existe
a1 , a2 , · · · , ap appartenant à db1, nec, deux à deux distincts, tels que
σ(ak ) = ak+1 pour tout k ∈ {1, 2, · · · , p − 1}
σ(ap ) = a1
σ(i) = i pour tout i ∈ db1, nec − {a1 , · · · , ap }.
On note
!
a1 a2 · · · ap
σ= ou (a1 a2 a3 · · · ap−1 ap )
a2 a3 · · · a1
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Groupes 38

L’ensemble {a1 , a2 , · · · , ap } et l’entier p sont respectivement appelés le sup-


port et la longueur du cycle σ. Un p-cycle est encore appelé cycle de
longueur p.
• Tout cycle de longueur 2 est appelé transposition.
• Une permutation σ ∈ Sn est appelée cycle si et seulement s’il existe
p ∈ db2, nec tel que σ soit un p-cycle.
Remarque 1.12. • Iddb1,nec n’est pas un cycle.
• (a1 a2 · · · ap ) = (a2 a3 · · · ap a1 ) = · · · = (ap a1 · · · ap−1 ).
On peut facilement vérifier le résultat :
Proposition 1.12. Tout cycle γ = (a1 a2 · · · aj aj+1 · · · ap ) est décomposable
en produit de transpositions : γ = (a1 a2 )(a2 a3 ) · · · (aj aj+1 ) · · · (ap−1 ap ).
Exemple 1.18. (4 5 2) =
Définition 1.18. Deux cycles sont dits disjoints lorsque leurs supports sont
disjoints. Autrement dit deux cycles ρ = (a1 a2 · · · ap ) et σ = (b1 b2 · · · bm ) de
Sn sont dits disjoints lorsque :

{a1 , a2 , · · · , ap } ∩ {b1 , b2 , · · · , bp } = ∅

Exemple 1.19. Dans S6 , les cycles (1 3) et (2 4 5) sont disjoints et dans


S7 , les cycles (2 5 6) et (4 5) ne sont pas disjoints.
Nous admettons les résultats suivants :
Théorème 1.5. 1. Toute permutation est décomposable en produit de cycles
disjoints. Cette décomposition est unique à l’ordre près.
2. Deux cycles disjoints commutent.
3. L ’ordre d’un cycle est sa longueur.
4. Si σ ∈ Sn se décompose sous la forme σ = cp1 ◦ cp2 ◦ · · · ◦ cpk où pour tout
i ∈ db1, kec, les cpi sont des pi -cycles deux à deux disjoints, alors l’ordre
de σ est ppcm(p1 , p2 , · · · , pk ).
Corollaire 1.5. Toute permutation est décomposable en produit de trans-
positions, i.e. le groupe symétrique Sn est engendré par des transpositions.

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Groupes 39

Définition 1.19. Soit σ ∈ Sn une permutation.


1. On dit que σ présente une inversion sur (i, j) lorsque i < j et σ(i) >
σ(j).
Le nombre d’inversions de σ est noté I(σ).
2. On appelle signature de σ le nombre ε(σ) = (−1)I(σ) .
Nous admettons les résultats suivants :
Théorème 1.6. L’application φ : Sn → {−1, 1} σ 7→ ε(σ) est un mor-
phisme de groupes.
Corollaire 1.6. Si σ = γ1 ◦ γ2 ◦ · · · ◦ γk , avec γi i ∈ {1, · · · k}, des transpo-
sitions, alors ε(σ) = (−1)k .
Exercice d’application 1.6. Soit
! !
1 2 3 4 5 6 7 8 1 2 3 4 5 6 7
σ= et τ =
3 2 8 6 1 7 4 5 3 5 6 7 1 2 4
1. Donner l’ensemble des inversions puis déduire la signature de chacune
des permutations.
2. Pour chacune de ces permutations, donner la décomposition en cycles,
déterminer l’ordre et retrouver la signature.
3. Déterminer τ 2001 , τ 2009 et τ 2014 en produit de cycles disjoints.

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Structure d’anneaux 40

1.4 Structure d’anneaux

1.4.1 Définitions

Soit un A un ensemble muni de deux lois internes notées +, ×.


1. On dit que (A, +, ×) (ou simplement A) est un pseudo-anneau si et
seulement si :

 (A, +) est un groupe abélien

× est associative

 × est distributive par rapport à + .

2. On dit que A est un anneau si et seulement si :


(
(A, +) est un pseudo-anneau
A admet un neutre pour × .

3. On dit que A est un anneau commutatif si et seulement si ;


(
A est un anneau
× est commutative.

Exemple 1.20. 1. (Z, +, ×) est un anneau commutatif.


2. Pour tout n ∈ N\{0, 1}, (Mn (K), +, ×) est un anneau non-commutatif

1.4.2 Calcul dans un anneau

Soit (A, +, ×) un anneau. On note :


0 le neutre de +
−x le symétrique d’un élément x de A pour +
1A le neutre de × .
On montre facilement les formules suivantes :
1. ∀x ∈ A, x × 0 = 0 × x = 0 (on dit que 0 est absorbant pour ×).
2. ∀x ∈ A, (−1A ) × x = x × (−1A ) = −x
(
(−x) × y = x × (−y) = −xy
3. ∀ (x, y) ∈ A2 ,
(−x) × (−y) = x × y
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Structure d’anneaux 41

(
(x − y) × z = x × z − y × z
4. ∀(x, y, z) ∈ A3 ,
z × (x − y) = z × x − z × y
n−1 n−1
5. ∀n ∈ N∗ , ∀a ∈ A, (1 − a) × ak = ( ak ) × (1 − a) = 1 − an .
P P
k=0 k=0
∗ n
6. ∀a ∈ A, ∀n ∈ N , ∀(x1 , · · · , xn ) ∈ A ,
n
X n
X n
X Xn
axi = a xi , xi a = ( xi )a
i=1 i=1 i=1 i=1

7. ∀(n, p) ∈ (N∗ )2 ∀(x1 , · · · , xn ) ∈ An , ∀(y1 , · · · , yp ) ∈ Ap


n X
X p p X
X n Xn Xp
( x i yj ) = ( x i yj ) = ( xi )( yj ).
i=1 j=1 j=1 i=1 i=1 j=1

Notation
Soit (A, +, ×). Pour tout (n, x) de Z × A, on note :



 nx = x| · · + x} si n ∈ N∗
+ ·{z

n termes

 nx = 0 si n = 0
 nx = −(−n)x si n ∈ Z∗

On prouve facilement les formules suivantes :


1. ∀(n, p) ∈ Z2 , ∀x ∈ A, (n + p)x = nx + px
2. ∀n ∈ Z, ∀x ∈ A, n(−x) = (−n)x = −(n x), noté − nx.
(
n(x + y) = nx + ny
3. ∀n ∈ Z, ∀(x, y) ∈ A2 .
n(x − y) = nx − ny
4. ∀(n, p) ∈ Z2 , ∀x ∈ A, (np)x = n(px).
5. ∀n ∈ Z, ∀(x, y) ∈ A2 , n(x × y) = (nx) × y = x × (ny).
6. ∀n ∈ Z,∀x ∈ A, nx = (n1A ) × x = x × (n1A ).
Théorème 1.7. Formule du binôme de Newton
Soient (A, +, ×) un anneau, n ∈ N, et (x, y) ∈ A2 tel que x × y = y × x.
On a : n
X
n
(x + y) = Cnk xk y n−k
k=0

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Structure d’anneaux 42

où par convention, (x0 = y 0 = 1A ).

Preuve :
Soit (x, y) ∈ A2 . Récurrence sur n.
La formule est évidente pour n = 0
Remarquer que les puissances de x et de y commutent entre elles (à vérifier).
Soit n ∈ N.
Supposons la formule vraie pour n. On a :
n
(x + y)n+1 = (x + y)n (x + y) = ( Cnk xk y n−k )(x + y)
P
k=0

n n
Cnk xk y n−k )x + ( Cnk xk y n−k )y
P P
= (
k=0 k=0
n n
Cnk xk+1 y n−k ) + Cnk xk y n−k+1
P P
= (
k=0 k=0
n+1 n+1
Cnl−1 xl y n+1−l + Cnk xk y n+1−k (en posant l = k + 1)
P P
=
l=1 k=0
n+1
(Cnl−1 + Cnl )xl y n+1−l + y n+1
P
=
l=1
n+1
l
xl y n+1−l + Cn+1
0
y n+1
P
= Cn+1
l=1
n+1
l
xl y n+1−l .
P
= Cn+1
l=0

Définition 1.20. Soit (A, +, ×) un anneau. Un élément a de A est dit


inversible s’il existe b ∈ A tel que a × b = b × a = 1A . L’élément b lorqu’il
existe est unique et est appelé l’inverse de a et est souvent noté a−1 .
Proposition 1.13. Soit (A, +, ×) un anneau. L’ensemble noté U(A) des
éléments inversibles de A muni de la multiplcation × est un groupe, appelés
le groupe des unités de A.
Preuve. Triviale.
Exemple 1.21. 1. U(Z) = {−1, 1}.
2. Si K ∈ {Q, R, C} alors U(K) = K \ {0K }.
3. U(Mn (K)) = GLn (K).

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1.4.3 Sous-anneaux

Définition 1.21. Soient (A, +, ×) un anneau et B ⊂ A.


On dit que B est un sous-anneau de A lorsque :

 B est sous-groupe de (A, +)

∀(x, y) ∈ B 2 , x × y ∈ B

 1 ∈ B.
A

Exemple 1.22. 1. Z est un sous-anneau de (Q, +, ×).


2. 2Z n’est pas un sous-anneau de (Z, +, ×) car
Proposition 1.14. Soient (A, +, ×) un anneau et B ⊂ A.
Pour que B soit un sous-anneau de A, il faut et suffit que :

 (i) 1A ∈ B

(ii) ∀(x, y) ∈ B 2 , x − y ∈ B
 (iii) ∀(x, y) ∈ B 2 , x × y ∈ B.

Preuve :
1. Il est clair que, si B est sous-anneau de A, les conditions (i), (ii), (iii)
sont satisfaites.
2. Réciproquement, supposons (i), (ii), (iii) vérifiés.
Alors 0A = 1A − 1A ∈ B
Soit x ∈ B. On a −x = 0A − x ∈ B.
Soit (x, y) ∈ B 2 . Alors x + y = x − (−y) ∈ B.
et donc B est sous-groupe de (A, +).
Exemple 1.23. 1. Z est un sous-anneau de R, lui-même un sous-anneau
de C.
2. L’ensemble des fonctions continues de R dans R est sous-anneau de RR .
3. Prouver que Z[i] est sous-anneau de C.

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Structure d’anneaux 44

Remarque 1.13. Tout sous-anneau de l’anneau (A, +, ×) est un anneau


muni des lois induites et les neutres du sous-anneau sont ceux de A.

1.4.4 Idéal

Définition 1.22. Soit (A, +, ×) un anneau commutatif. Un sous-ensemble


I de A est appelé idéal de l’anneau A lorsque les conditions suivantes sonr
vérifiées :
i. (I, +) est sous-groupe de (A, +).
ii. Pour tout (a, x) ∈ A × I, ax ∈ I.
Exemple 1.24. 1. Soit X un ensemble non vide et Y une partie non vide
de X. Le sous-ensemble FY de l’ensemble RX des applications de X dans
R s’annulant sur Y est un idéal de l’anneau commutatif (RX , +, ×).
En effet :

2. (A, +, ×) un anneau commutatif. Pour tout x ∈ A, l’ensemble


not.
{xa, a ∈ A} = xA

est idéal de A appelé ideal principal de A. En effet :

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Structure d’anneaux 45

Proposition 1.15. Soit H une partie de Z. Alors :


H est un idéal de l’anneau (Z, +, ×) si et seulement s’il existe n ∈ N tel que
H = nZ.
Preuve : On sait d’après Proposition 1.11 que H est un sous-groupe du
groupe (Z, +) si et seulement s’il existe n ∈ N tel que H = nZ. De plus, pour
tout (a, x) ∈ Z × nZ, ax ∈ nZ.
Définition 1.23. Un anneau commutatif (A, +, ×) est dit principal lorsque
tous ses idéaux sont des idéaux principaux.
Exemple 1.25. L ’anneau (Z, +) est un anneau principal.

1.4.5 Morphismes d’anneaux

Définition 1.24. Soient (A, +A , ×A ), , (B +B , ×B ) deux anneaux, et


f : A → B une application. On dit que f est un morphisme d’anneaux
si et seulement si :

2
 ∀(x, y) ∈ A , f (x +A y) = f (x) +B f (y)

∀(x, y) ∈ A2 , f (x ×A y) = f (x) ×B f (y)

 f (1 ) = 1 .
A B

Un endomorphisme d’un anneau (A, +A , ×A ) est un morphisme de


(A, +A , ×A ) dans (A, +A , ×A ).
Un isomorphisme d’anneaux est un morphisme bijectif d’anneaux.
Un automorphisme d’un anneau (A, +A , ×A ) est un endomorphisme
bijectif de l’anneau (A, +A , ×A )
Proposition 1.16. 1. Si f : A → B et g : B → C sont des morphismes
d’anneaux , alors g ◦ f est un morphisme d’anneaux.
2. IdA : A → A est un automorphisme de l’anneau (A, +A , ×A )
3. Si f : A → B est un isomorphisme d’anneaux, alors f −1 : B → A est
un isomorphisme d’anneaux.
La preuve est un bon exercice de maison.

1.4.6 Anneaux intègres

Définition 1.25. Soit (A, +A , ×A ) un anneau et a ∈ A.


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Structure d’anneaux 46

1. On dit que a est un diviseur de zéro à gauche dans A lorsque


(
a 6= 0A
∃ b ∈ a, (b 6= 0A et a × b = 0A ).

2. On dit que a est un diviseur de zéro à droite dans A lorsque


(
a 6= 0A
∃ c ∈ a, (c 6= 0A et c × a = 0A ).
On dit que a est un diviseur de zéro dans A lorsque a est un diviseur
de zéro à droite dans A ou est un diviseur de zéro à gauche dans A.
Exemple 1.26.

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Stucture de corps 47

Définition 1.26. Un anneau A est dit intègre lorsque



 A est commutatif

A n’admet pas de diviseur de zéro

 A 6= {0 }
A

Ainsi, un anneau (A, +A , ×A ) est intègre si et seulement s’il est commu-


tatif, non réduit à son l’élément nul, et

∀(a, b) ∈ A2 , (a × b = 0A =⇒ (a = 0A ou b = 0A )).

Exemple 1.27. 1. (Z, +, ×) est intègre.


2.

1.5 Stucture de corps

Définition 1.27. Un ensemble K muni de deux lois de composition internes


+, × est un corps si et seulement si :

 (K, +, ×)est un anneau

0K 6= 1K

 Tout élément de K \ {0 } est inversible pour × dans K
K

Si de plus × est commutatif dans K, on dit que (K, +, ×) est un corps


commutatif.
Exemple 1.28. Les ensembles Q, R, C munis de l’addition et de la multi-
plication usuelles sont des corps commutatifs.
Remarque 1.14. Tout corps commutatif est un anneau intègre. La réciproque
est fausse : Z est anneau intègre mais n’est pas un corps.
Définition 1.28. Soit (K, +, ×) un corps, et L ⊂ K. On dit que L est un
sous-corps si et seulement si
(
L est un sous-anneau de K
∀x ∈ L \ {0k }, x−1 ∈ L

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Le corps des nombres complexes 48

Exemple 1.29. Q est sous-corps de R est un sous-corps de C pour les lois


usuelles + et ×.
Remarque 1.15. Tout sous-corps du corps (K, +, ×) est un corps muni des
lois induites et les neutres du sous-corps sont ceux de K.
Définition 1.29. Soient (K, +K , ×K ), , (L +L , ×L ) deux corps, et
f : K → L une application. On dit que f est un morphisme de corps si
et seulement si :
2
 ∀(x, y) ∈ K , f (x +K y) = f (x) +L f (y)

∀(x, y) ∈ K 2 , f (x ×K y) = f (x) ×L f (y)

 f (1 ) = 1 .
K L

Un endomorphisme d’un corps (K, +K , ×K ) est un morphisme de


(K, +K , ×K ) dans (K, +K , ×K ).
Un isomorphisme de corps est un morphisme bijectif de corps.
Un automorphisme de corps (K, +K , ×K ) est un endomorphisme bijectif
de l’anneau (K, +K , ×K )
Proposition 1.17. 1. Si f : K → L et g : L → C sont des morphismes
de corps , alors g ◦ f est un morphisme de corps.
2. IdK : K → K est un automorphisme du corps (K, +K , ×K )
3. Si f : K → L est un isomorphisme de corps, alors f −1 : L → K est un
isomorphisme de corps.
La preuve est un bon exercice de maison.

1.6 Le corps des nombres complexes

Dans cette section, R désigne, le corps des nombres réels, muni des opérations
usuelles, l’addition ”+R ” et la multiplication ”×R ” que nous noterons simple-
ment ”+” et ”×”. On note 0 et 1, les éléments neutres de R pour l’addition
et la multiplication respectivement.

1.6.1 Structure de corps commutatif sur R2

Considérons l’ensemble produit R2 = {(a, b), a ∈ R, b ∈ R}. Nous cher-


chons à munir cet ensemble de deux lois de composition interne afin de lui
conférer une structure de corps commutatif.
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Le corps des nombres complexes 49

Première approche

Munissons l’ensemble R2 des deux lois ⊕ et définies par :


déf.
(a, b) ⊕ (a0 , b0 ) = (a + a0 , b + b0 ) pour tout (a, b), (a0 , b0 ) ∈ R2
déf.
(a, b) (a0 , b0 ) = (ab, a0 b0 ) pour tout (a, b), (a0 , b0 ) ∈ R2

Exercice 1.1. 1. Montrer que (R2 , ⊕, ) est un anneau commutatif.


2. Ce triplet est-il un corps ? Justifier votre réponse.
Résultat :

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Le corps des nombres complexes 50

Seconde approche

D’après ce qui précède, la loi ⊕ confère à R2 une structure de groupe


commutatif. Conservons-la et cherchons une nouvelle loi produit. Considérons
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Le corps des nombres complexes 51

sur l’ensemble R2 la loi ⊗ définie par


déf.
(a, b) ⊗ (a0 , b0 ) = (aa0 − bb0 , ab0 + a0 b) pour tout (a, b), (a0 , b0 ) ∈ R2

Remarquons que la définition de cette loi apparait de facon bien moins na-
turelle que celle de la loi .
Exercice 1.2. Montrer que (R2 , ⊕, ⊗) est un corps commutatif.
Résultat :

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Le corps des nombres complexes 52

Structure de corps commutatif sur R × {0}

Considérons le sous-ensemble R × {0} = {(a, 0), a ∈ R} de R2 . Nous


noterons encore ⊕ et ⊗, les lois induites sur R × {0} par ⊕ et ⊗.
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Exercice 1.3. Montrer que (R × {0}, ⊕, ⊗) est un corps commutatif.


Résultat :

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Le corps des nombres complexes 54

Injection de R dans R2

Il existe une injection naturelle de R dans R2 . Considérons l’application φ


de R dans R2 définie par :

∀a ∈ R, φ(a) = (a, 0).

Exercice 1.4. 1. Montrer que l’application φ est injective et que φ(R) =


R × {0}.
2. Justifier que l’application φ est un isomorphisme du corps (R, +, ×) dans
le corps (R × {0}, ⊕, ⊗) .
Résultat :

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Le corps des nombres complexes 55

Remarque 1.16. L’exercice précédent permet de dire que le corps (R, +, ×)


est isomorphe au corps (R × {0}, ⊕, ⊗) via l’application φ. Ainsi, il est
équivalent d’identifier à un couple de R × {0} le résultat d’une opération
effectuée d’abord dans R entre a ∈ R et a0 ∈ R, ou d’identifier d’abord a et
a0 aux couples (a, 0) et (a0 , 0) puis d’effectuer l’opération dans R × {0}.

1.6.2 L’ensemble des nombres complexes


Definition de l’ensemble des nombres complexes

La structure de corps commutatif de (R2 , ⊕, ⊗) donne un sens à la définition


suivante dûe au mathématicien William Hamilton.
Définition 1.30. L’ensemble R2 muni des opérations ⊕ et ⊗ définies pour
tous (a, b), (a0 , b0 ) appartenant à R2 par :
déf.
(a, b) ⊗ (a0 , b0 ) = (a + a, b + b0 )
déf.
(a, b) ⊗ (a0 , b0 ) = (aa0 − bb0 , ab0 + a0 b)

possède une structure de corps commutatif. Ce corps est noté C est est appelé
le corps des nombres complexes.
Dans la suite, nous abandonnerons les deux notations ⊕ et ⊗ au profit
des deux notations +C et ×C (que nous noterons simplement + et ×). Nous
noterons 0C (ou simplement 0) l’élément neutre ( zéro) (0, 0) de C et 1C (ou
simplement 1) l’élément unité (1, 0) de C.

Notations et conventions

On note i l’élément (0, 1) ∈ R2 dit imaginaire. On vérifie que :

i2 = (0, 1) ×C (0, 1) = (0, 1) ⊗ (0, 1) = (−1, 0) = −1.

On convient, conformément à la Remarque 1.16 d’identifier l’élément (a, 0)


de R2 à a de R. On écrit donc a au lieu de (a, 0). En particulier,
noté. noté. noté.
0 = 0C = (0, 0), 1 = 1C = (1, 0), et i2 = −1.

Il est important de noter que l’identificationde (a, 0) avec a n’a de sens que
parce qu’il existe une injection naturelle de R dans R2 . C’est l’application φ
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Structure d’algèbre 56

définie dans l’Exercice 1.4. Ainsi, lorqu’on écrit ”a = (a, 0)”, l’injection φ est
sous-entendue, l’écriture correcte étant φ(a) = (a, 0). On dit aussi souvent de
manière abusive que R est une partie de C et on note

R ⊂ C.

Là encore, l’injection φ est sous -entendue. NOus devrions écrire φ(R) ⊂ C
et dire que l’on identifie R à une partie de C via l’injection canonique φ.
Soit z = (a, b) ∈ R2 . Compte tenu des conventions précédentes, nous avons :
déf.
z = (a, b) = (a, 0) +C (0, b) = (a, 0) +C 1C ×C (0, b) = a + ib.

Nous adoptons alors la notation z = a + ib appelée forme cartésienne,


plutôt que la notation z = (a, b) et nous parlerons du nombre complexe z (ou
du complexe z ) plutôt que du couple z.
• Le réel a est appelé partie réelle du complexe z et il est noté Re(z).
• Le réel b est appelé partie imaginaire du complexe z et il est noté Im(z).
On peut donc écrire tout nombre complexe z sous la forme

z = Re(z) + Im(z)

et cette écriture est unique.

1.7 Structure d’algèbre

Définition 1.31. Soit K un corps commutatif.


• On appelle K-algèbre (ou algèbre sur K ou simplement algèbre s’il n’y a pas
risque de confusion), tout ensemble A muni d’une loi de composition interne
notés +, d’une loi de composition externe notée · et d’une loi de composition
interne (appelée troisième loi) notée ∗, telles que :
1. (A, +, ·) est un K-espace vectoriel
2. La loi ∗ est distributive sur +
3. ∀α ∈ K, ∀(x, y) ∈ A2 , α(x ∗ y) = (αx) ∗ y = x ∗ (αy).
• La K-algèbre (A, +, ·, ∗) est dite :
1. associative si la loi ∗ est associative
2. commutative si la loi ∗ est commutative
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Quelques exercices 57

3. unitaire ou unifère si la loi ∗ admet d’élément neutre.


Exemple 1.30. 1. Tout corps commutatif K est une K-algèbre commuta-
tive, associative, unitaire, en prenant pour troisième loi la multiplcation.
2. Soit E un K-espace vectoriel. Alors (L(E), +, ·, ◦) est une K-algèbre as-
sociative unitaire.
3. (Mn (K), +, ·, ×) est une K-algèbre associative unitaire.

1.8 Quelques exercices

Exercice 1.5. ( 1ère session 2018 L1 ME).


1. Soient (F, ·), un groupe, E en ensemble et f : E −→ F une application
bijective. On note ∗, la loi interne dans E définie par ∀x, y ∈ E, x ∗ y =
f −1 (f (x) · f (y)) où f −1 désigne la bijection réciproque de f. Démontre
que (E, ∗) est un groupe et que f est un isomorphisme de groupes.
2. Application p : On définit une loi interne sur R, donnée par ∀ (x, y) ∈
R2 , x ∗ y = 3 x3 + y 3 . Montre que (R, ∗) est un groupe isomorphisme à
(R, +).
Exercice 1.6. On considère la partie ( L de l’ensemble
! M2 (R)
) des matrices
x x
carrées de taille 2 donnée par : L = , x ∈ R \ {0} . Montrer que
x x
(L, ×) est un groupe où × est le produit de matrices.
( ! )
cos x − sin x
Exercice 1.7. On considère l’ensemble : J = ,x ∈ R .
sin x cos x
1. (a) Montrer que J muni de la multipliction des matrices est un groupe.
(b) Ce groupe est-il commutatif ?
2. Soient A ∈ J et k ∈ N \ {0, 1}. Calculer Ak .
3. Peut-on trouver dans J , un sous-groupe d’ordre 2 ? un sous-groupe d’ordre
3 ? Justifier votre réponse et déterminer ce sous-groupe dans l’affirma-
tive.
Exercice 1.8. On considère l’ensemble G = R × R∗ et on y définit la loi de
composition interne
∗, donnée par : ∀(x, x0 ) ∈ G, ∀(y, y 0 ) ∈ G, (x, x0 ) ∗ (y, y 0 ) = (x0 y + yx0 , x0 y 0 ).
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Quelques exercices 58

1. Vérifier si :
(i) ∗ est commutative.
(ii) ∗ est associative.
2. (G, ∗) est-il un groupe ?
3. Déterminer un sous-groupe F de G à deux éléments.
4. (a) Montrer que H = {(x, 1), x ∈ R} est un sous-groupe de G.
(b) Le sous-groupe (H, ∗) est-il distingué dans G?

Exercice 1.9. Soit n ∈ N∗ . On considère les permutations suivantes :


σ : {1, · · · , n} −→ {1, · · · , n}, k 7−→ σ(k) = n + 1!− k et
1 2 3 · · · n n + 1 n + 2 · · · 2n
τ=
2 4 6 · · · 2n 1 2 · · · 2n − 1
Déterminer suivant la classe de n dans Z/4Z, la signature de chacune des
permutations σ et τ.

Exercice 1.10. On note G le groupe des bijections de R dans R muni de la


loi ◦ de compositions
des applications. Pour n ∈ Z on note un (x) = x + n où x ∈ R.
1. Vérifier que un ∈ G.
2. Vérifier que l’application φ : n 7−→ un est un homomorphisme injectif
du groupe (Z, +)
dans le groupe (G, ◦).
3. En déduire que l’ensemble H = {un , n ∈ Z} est un sous-groupe de G
isomorphe à (Z, +).
Quels sont les sous-groupes de H ?
2iπ
Exercice 1.11. On pose j = e 3 où i2 = −1 et on considère l’ensemble
U = {z ∈ C∗ , z 6 = 1}.
1. Montrer que (U, ×) est un groupe commutatif.
2. Déterminer tous les éléments de U en fonction de j uniquement.
3. (a) Déterminer l’ordre de chaque élément de U.
(b) Déduire alors les sous-groupes de U engendré par chaque élément de
U.
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Quelques exercices 59

4. On considère l’application ϕ : Z −→ U
kiπ
k 7−→ e 3 .
(a) Montrer que ϕ est un morphisme du groupe Z dans le groupe U.
(b) Déterminer Ker(ϕ) et Im(ϕ). L’application ϕ est-elle injective ?
surjective ? bijective ?
Exercice 1.12. On définit sur A = R \ {1} la loi ∗ par : ∀(x, y) ∈ A2 ,
x ∗ y = x + y − xy.
1. Montrer que (A, ∗) est un groupe commutatif.
2. Résoudre dans A, l’équation (E) : x ∗ x = 3.
3. On considère l’application φ : A −→ R∗
x 7−→ 1 − x
(a) Montrer que φ est un isomorphisme de groupes.
(b) Calculer de deux manières différentes φ(x−1 ) pour tout x ∈ A.
(c) Dédire alors ∀n ∈ N∗ , le calcul de x(n) := |x ∗ x ∗{z· · · ∗ x} et celui de
n facteurs
(−n) −1 −1 −1
x := |x ∗ x {z ∗ · · · ∗ x } en fonction de la multiplication du groupe
n facteurs

R.
Exercice 1.13. On considère l’anneau (A, +, ·) vérifiant ∀x ∈ A, x2 = x.
1. (a) Montrer que ∀(x, y) ∈ A2 , xy + yx = 0A . Déduire que :
(b) ∀x ∈ A, x + x = 0A et que l’anneau A est commutatif.
2. Montrer que pour(tout (x, y, z) ∈ A3 :
x(y + 1A )z = 0A
(x + y)z = 0A ⇔
(x + 1A )yz = 0A
Exercice 1.14. Soit B un anneau. Un élément x de B est dit nilpotent si et
seulement s’il existe n ∈ N∗ tel que xn = 0.
1. Montrer que, si deux élément x et y de B sont nilpotents et commutent,
alors x + y est nilpotent.
2. Montrer que si x ∈ B est nilpotent et s’il existe y ∈ B tel que xy = yx
alors xy est nilpotent.
3. Soit x ∈ B tel que x soit nilpotent. Montrer que 1 − x est inversible et
déterminer l’inverse de 1 − x.
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Quelques exercices 60

2iπ
Exercice 1.15. On rappelle la notation usuelle j = e 3 où i2 = −1 et on
pose
Z[j] = {x + yj, (x, y) ∈ Z2 }.
1. Montrer que Z[j] est un anneau. Est-il un sous corps de (C, +, ×).
2. Vérifier que ∀z ∈ Z[j], |z|2 ∈ N où |z|2 = z × z̄.
3. Prouver que z ∈ Z[j] est inversible si et seulemnt si |z| = ±1.
4. Déduire alors les éléments inversibles de Z[j].

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Chapitre Deux

Arithmétique dans Z

2.1 Introduction

Un très beau chapitre. Tellement beau que nous allons le traiter deux
fois ! En effet, il a beaucoup de points communs avec le suivant. On peut
expliquer ces points communs à l’aide de la théorie des idéaux d’un anneau,
mais ce n’est pas l’objet ici. Par ailleurs l’arithmétique a toujours fasciné les
hommes, les mathématiciens comme les profanes. Avec un peu de curiosité
et d’observation, n’importe qui peut conjecturer des propriétés qui peuvent
s’avérer ardues à démontrer. On peut par exemple contempler le tableau des
derniers chiffres de ij pour 1 ≤ i ≤ 9 et 1 ≤ j ≤ 5 . Une explication viendra
plus tard · · ·
j\i 1 2 3 4 5 6 7 8 9
1 1 2 3 4 5 6 7 8 9
2 1 4 9 6 5 6 9 4 1
3 1 8 7 4 5 6 3 2 9
4 1 6 1 6 5 6 1 6 1
5 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Par ailleurs, on peut s’émerveiller devant les nombres premiers, le mystère
de leur répartition et la beauté gratuite de leur étude. Gratuité ? Rien n’est
moins sûr ! La découverte d’un algorithme rapide de décomposition en fac-
teurs premiers mettrait à mal bien des codes secrets et l’arithmétique est
devenu un secteur d’étude stratégique. Parmi les nombreux mathématiciens
qui se sont intéressés à l’arithmétique, le nom de Gauss se détache. Toute sa
vie durant il est revenu sur des problèmes d’arithmétique. Mais on peut citer
Euclide, Diophante, Fermat, Legendre, Euler et Ramanujan. L’arithmétique
Division euclidienne dans Z 62

est une école de rigueur. Mais une fois les mécanismes acquis, ce chapitre
devient une récréation.

2.2 Multiples et diviseurs d’un entier

2.2.1 Définitions

Soit (a, b) ∈ Z2 ; s’il existe n ∈ Z tel que a = nb, on dit que :


• a est un multiple de b ou
• b est diviseur de a (ou ” b divise a ”). On note b|a.
L’ensemble des multiples de b est alors bZ.
Nous conviendrons de noter Div(a) l’ensemble des diviseurs de a et Div(a, b)
l’ensemble des diviseurs communs à a et b.

2.2.2 Propriétés

1. La somme de deux multiples de b est multiple de b.


2. L’opposé d’un multiple de b est multiple de b.
3. Tout multiple d’un multiple de b est multiple de b.
4. Tout diviseur d’un diviseur de a est un diviseur de a.
5. 0 est un multiple de tout entier. Tout entier divise 0.
6. Si b divise a et a divise b, alors a = b ou a = −b.
7. Restreintes à N, les relations ”divise” et ”est multiple de” sont des rela-
tion d’ordre partiel.

Preuve : exercice de maison

2.3 Division euclidienne dans Z

Théorème 2.1. Soit (a, b) ∈ Z2 tel que b 6= 0.


Il existe un couple unique (q, r) ∈ Z2 tel que :

a = bq + r et 0 ≤ r < |b|

q est appelé quotient, et r, le reste de la division de a par b.


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Diviseurs communs- Multiples communs 63

Preuve : Existence : posons E = bZ ∩ ] − ∞, a]


E est l’ ensemble des multiples de b inférieurs ou égaux à a.
E est une partie non vide de Z. en effet si a ≥ 0 alors 0 ∈ E, sinon on peut
envisager deux cas :
1er cas : b ≥ 1
Alors ab ≤ a car a < 0. Ainsi ab ∈ E.
2eme cas : b < 1
Alors b ≤ −1 car b ∈ Z − {0}. Il s’en suit que b(−a) ≤ a car a < 0. Ainsi
b(−a) ∈ E.
En somme E 6= ∅ et E ⊂ Z par définition
On en déduit que E possède un plus grand élément, que nous noterons bq,
car E est majoré (par a). Posons r = a − bq
Comme bq ≤ a, alors r ≥ 0.
De plus, bq + |b| est multiple de b et est supérieur à bq ; donc bq + |b| > a,
d’où r < |b|.
Unicité : Supposons a = bq + r = bq 0 + r0 , avec 0 ≤ r < |b| et 0 ≤ r0 < |b|.
On a b(q − q 0 ) = r0 − r; ainsi l’entier r0 − r est un multiple de b. Comme
il est strictement compris entre −|b| et |b|, il ne peut être égal à zéro. D’où
r0 = r, et par suite , q 0 = q.
Ce qui prouve l’unicité du couple (q, r).

2.4 Diviseurs communs- Multiples communs

2.4.1 Généralités

Proposition Définition 2.1. Soit (a1 , a2 , · · · , an ) ∈ (Z∗ )n .


1. L’ensemble Div(a1 , a2 , · · · , an ) des diviseurs communs à a1 , a2 , · · · , an est
fini et admet un plus grand élément (pour l’ordre usuel ≤ dans Z), appelé
plus grand commun diviseur de a1 , a2 , · · · , an , et noté pgcd(a1 , a2 , · · · , an ),
ou pgcd(ai )1≤i≤n .
2. L’ensemble des éléments de N∗ multiples communs de a1 , a2 , · · · , an ad-
met un plus petit élément (pour l’ordre usuel ≤ dans Z), appelé plus
petit commun multiple de a1 , a2 , · · · , an , et noté ppcm(a1 , a2 , · · · , an ), ou
ppcm(ai )1≤i≤n .

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Diviseurs communs- Multiples communs 64

Démonstraction :
1. On a Div(a1 , a2 , · · · , an ) 6= ∅ puisque 1 ∈ Div(a1 , a2 , · · · , an ).
Soit k ∈ Div(a1 , a2 , · · · , an ).
Alors pour tout i ∈ {1, · · · , n}, il existe mi ∈ Z∗ tel que ai = mi k ;
donc pour tout i ∈ {1, · · · , n}, |ai | = |mi ||k|. D’où |ai | ≥ |k|.
Ce qui justifie que

Div(a1 , a2 , · · · , an ) ⊂ {k ∈ Z, |k| ≤ |ai |, i = 1, · · · , n} < ∞.

D’où Div(a1 , a2 , · · · , an ) est fini. Par conséquent Div(a1 , a2 , · · · , an ) ad-


met un plus grand élément puisqu’il est non vide.
2. L’ensemble des éléments de N∗ multiples communs de a1 , a2 , · · · , an est
n
sous-ensemble non vide de N∗ (car il contient | ai |). Par conséquent,
Q
i=1
il admet un plus petit élément.

Remarque 2.1. Il est clair que pgcd(a1 , a2 , · · · , an ) = pgcd(|a1 |, |a2 |, · · · , |an |), et
ppcm(a1 , a2 , · · · , an ) = ppcm(|a1 |, |a2 |, · · · , |an |). On peut se ramener alors à
des pgcd et ppcm des entiers naturels.

2.4.2 Propriétés

Proposition 2.1. Soit (a1 , a2 , · · · , an ) ∈ (Z∗ )n .


Posons δ = pgcd(a1 , a2 , · · · , an ) et µ = ppcm(a1 , a2 , · · · , an ).
Pn n
T
On a δZ = (ai Z) et µZ = ai Z
i=1 i=1

Démonstraction :
1. • Considérons le sous-groupe < {a1 , · · · , an } > de (Z, +). Alors il
existe d ∈ N tel que < {a1 , · · · , an } >= dZ.
Pn
De plus (ai Z) est un sous-groupe de (Z, +) qui contient les ai , i =
i=1
n
P
1, · · · , n. Donc < {a1 , · · · , an } >⊂ (ai Z).
i=1
n
P
Réciproquement, soit z ∈ (ai Z).
i=1
n
P
Alors z = ai zi , avec zi ∈ Z, 1 ≤ i ≤ n.
i=1

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Diviseurs communs- Multiples communs 65

On a aussi ai ∈< {a1 , · · · , an } >, pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n}, donc


ai zi ∈< {a1 , · · · , an } >, pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n} par suite z ∈<
{a1 , · · · , an } >.
On conclut partiellement

n
X
< {a1 , · · · , an } >= (ai Z) = dZ (1).
i=1

n
P
• Pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n}, ai ∈ (ai Z) = dZ, donc il existe zi ∈ Z
i=1
tel que ai = dzi . Ainsi d|ai pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n}.
Soit k ∈ Div(a1 , · · · , an ) donc il pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n} il existe
ci ∈ Z tel que ai = kci (2).
n
De plus, il existe (b1 , · · · , bn ) ∈ (Z)n tel que d =
P
ai bi (d’après (1)).
i=1
n
P n
P
D’où d = kci bi = k ci bi (d’après (2)). Ainsi k | d.
i=1 i=1
On conclut alors que d = pgcd(a1 , a2 , · · · , an ).
Pn
Par conséquent (ai Z) = pgcd(a1 , a2 , · · · , an )Z (d’après (1)).
i=1

2. • Soit i ∈ {1, 2, · · · , n}. On a ai | µ, donc il existe ci ∈ Z tel que µ = ci ai .


D’où µZ ⊂ ai Z.
Tn
Par suite on a µZ ⊂ (ai Z).
i=1
n
T
(ai Z) étant un sous-groupe de (Z, +) alors il existe m ∈ N tel que
i=1
n
T
(ai Z) = mZ. On en déduit que µZ ⊂ mZ. D’où µ ≥ m.
i=1
n
T n
T
• D’autre part m ∈ (ai Z) car (ai Z) = mZ.
i=1 i=1
On en déduit que m ∈ (ai Z) pour tout i = 1, · · · , n. Ainsi m est un
multiple commun à a1 , a2 , · · · , an .
En somme m et µ sont des entiers naturels multiples commun à a1 , a2 , · · · , an .
Par conséquent µ ≤ m.
n
T
Au total m = µ et (ai Z) = µZ.
i=1

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Diviseurs communs- Multiples communs 66

Corollaire 2.1. Soit λ ∈ Z∗ et soit (a1 , a2 , · · · , an ) ∈ (Z∗ )n , on a

pgcd(λa1 , λa2 , · · · , λan ) = |λ|pgcd(a1 , a2 , · · · , an )


ppcm(λa1 , λa2 , · · · , λan ) = |λ|ppcm(a1 , a2 , · · · , an )
Démonstraction : Posons δ = pgcd(a1 , a2 , · · · , an ) et µ = ppcm(a1 , a2 , · · · , an ).
On a :
Pn Pn
(λai )Z = λ( ai Z)
i=1 i=1
= λpgcd(a1 , a2 , · · · , an )Z
= λδZ
= (λδ)Z
D’où pgcd(λa1 , λa2 , · · · , λan ) = |λδ| = |λ|δ.

D’autre part, on a :
n
T n
T
(λai Z) = λ (ai Z)
i=1 i=1
= λ(µZ)
= (λµ)Z
D’où ppcm(λa1 , λa2 , · · · , λan ) = |λµ| = |λ|µ.

Lemme 2.1. Soit (p, q) ∈ (Z∗ )2 . On a :


p|q ⇔ qZ ⊆ pZ.

Preuve :

Proposition 2.2. Soit (a1 , a2 , · · · , an ) ∈ (Z∗ )n et (a, b) ∈ (Z∗ )2 .


Posons δ = pgcd(a1 , a2 , · · · , an ) et µ = ppcm(a1 , a2 , · · · , an ). On a :
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1. (∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, a | ai ) ⇔ a | δ;


2. (∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, ai | b) ⇔ µ | b.

Démonstraction :
1. On a les équivalences :

(∀i ∈ {1, 2, · · · , n} a | ai ) ⇔ ∀i ∈ {1, 2, · · · , n} ai Z ⊂ aZ (voir Lemme2.1)


Pn
⇔ (ai Z) ⊂ aZ
i=1
⇔ δZ ⊂ aZ
⇔ a|δ

2. On a les équivalences :

(∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, ai | b) ⇔ bZ ⊂ ai Z ∀i = 1, · · · , n


Tn
⇔ bZ ⊂ ai Z = µZ
i=1
⇔ µ|b

Proposition 2.3. Soit (a1 , a2 , · · · , an ) ∈ (Z∗ )n . Pour toute permutation σ de


{1, 2, · · · , n}, on a

pgcd(a1 , a2 , · · · , an ) = pgcd(aσ(1) , aσ(2) , · · · , aσ(n) )


ppcm(a1 , a2 , · · · , an ) = ppcm(aσ(1) , aσ(2) , · · · , aσ(n) )

La preuve est un bon exercice maison


Notation
Soit (a, b) ∈ (Z∗ )2 . On note

not. not.
pgcd(a, b) = a ∧ b et ppcm(a, b) = a ∨ b

2.4.3 Algorithme d’Euclide

L’algorithme d’Euclide permet de calculer le pgcd de deux entiers naturels


et ceci grâce au résultat suivant :
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Théorème 2.2. (Théorème d’Euclide)


Soit a et b deux entiers naturels non nuls tel que (par division euclidienne)

a = bq1 + r1 avec (q1 , r1 ) ∈ N2 et 0 < r1 < b.

Alors a ∧ b = b ∧ r1
Preuve en exercice

On construit en utilsant Théorème 2.2 les couples (q1 , r1 ), (q2 , r2 ), · · · (qN , rN )


de N2 tels que
( ( (
a = bq1 + r1 b = r1 q2 + r2 rN −2 = rN −1 qN + rN
··· avec rN |rN −1
0 < r1 < b 0 < r2 < r1 0 < rN < rN −1
On a alors a ∧ b = b ∧ r1 = r1 ∧ r2 = · · · = rN −1 ∧ rN = rN .
Dans la pratique pour déterminer a ∧ b, on effectue des divisions euclidiennes
successives et le pgcd de a et b est le dernier reste à être non nul.

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Théorème 2.3. (Coefficients de Bézout) Soit (a, b) ∈ (N∗ )2 .


• Il existe (u, v) ∈ (Z∗ )2 tel que

au + bv = a ∧ b.

Un tel couple (u, v) est appelé couple de coefficients de Bézout de a et b.


• Réciproquement s’il existe (u, v) ∈ (Z∗ )2 tel que

au + bv = d

alors a ∧ b|d.

Détermination pratique d’un couple de coefficients de Bezout


pour a, b.
Il y a deux méthode pour déterminer un couple de Bézout pour a, b.
Première méthode : Remonter la suite des divisons de l’algorithme d’Eu-
clide.
Première méthode :(Algorithme d’Euclide étendu.)
On crée trois colonnes r, u, v.
r u v
• On initialise le tableau par ses deux premières lignes : r0 = a u0 = 1 v0 = 0
r1 = b u1 = 0 v1 = 1
On remarque que dans ces deux lignes on a bien r=ua+bv.
• Désormais on applique une formule de récurrence : supposns construites
rk−1 uk−1 vk−1
deux lignes consécutives : ,
rk uk vk
on va trouver la ligne suivante rk+1 , uk+1 , vk+1 comme suit :
On effectue la division euclidienne de rk−1 par rk : rk−1 = qk+1 rk + rk+1 (ce
qui nous donne déjà rk+1 ) et applique la même opération sur toute la ligne
rk+1 = rk−1 − qk+1 rk ; uk+1 = uk−1 − qk+1 uk ; vk+1 = vk−1 − qk+1 vk . Nous ne le
vérifierons pas : dans chaque ligne r = au + bv
• On remarque que ce qui se passe dans la première colonne c’est tout sim-
plement l’algorithme d’Euclide ”classique”.
• Forcement il y aura un rang n tel que rn = a ∧ b (on le reconnaı̂t parce que
rn+1 = 0) ; alors dans la ligne n on aura a ∧ b = aun + bvn .
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r u v
r0 = a u0 = 1 v0 = 0
r1 = b u1 = 0 v1 = 1
··· ··· ···
rk−1 uk−1 vk−1
rk uk vk
rk+1 = rk−1 − qk+1 rk uk+1 = uk−1 − qk+1 uk vk+1 = vk−1 − qk+1 vk
··· ··· ···
rn = a ∧ b u v
0 0
0 on s enf iche on s enf iche
Théorème 2.4. Soit (a, b) ∈ (N∗ )2 tel que d = a ∧ b et (u0 , v0 ) un couple
de Bézout particulier pour (a, b). Alors l’ensemble des couples de Bézout pour
(a, b) est {(u0 + k db , v0 − k ad ), k ∈ Z}.
Exercice d’application 2.1. 1. Déterminer le PGCD de 306 et 385.
2. Déterminer un couple de Bézout pour (306, 385).
3. Déduire l’ensemble des couples de Bézout pour (306, 385).
Résultats :

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Nombres premiers entre eux 71

2.5 Nombres premiers entre eux

2.5.1 Généralités

Définition 2.1. On dit que n entiers relatifs non nul a1 , · · · , an sont premiers
entre eux dans leur ensemble lorsque pgcd(a1 , · · · , an ) = 1.

Proposition 2.4. Soit (a, b, c) ∈ (Z∗ )3 . Alors


(
a∧b=1
⇒ a∧c=1
c|b
(
a∧b=1
Preuve : Supposons que
c|b

Soit k un diviseur commun à a et c. Alors k est un diviseur commun à a


et b, donc k = 1.
On conclut a ∧ c = 1.

2.5.2 Théorème de BEZOUT

Théorème 2.5. (Théorème de Bezout)


Pour que n entiers relatifs non nuls a1 , · · · , an soient premiers entre eux
dans leur ensemble, il faut et il suffit qu’il existe (u1 , · · · , un ) ∈ Zn tel que
Pn
ai ui = 1.
i=1

Preuve : Soit a1 , · · · , an , n entiers premiers entre eux dans leur ensemble.


Pn
Alors (ai Z) = pgcd(a1 , · · · , an )Z = Z. Comme 1 ∈ Z, il existe donc
i=1
(u1 , · · · , un ) ∈ Zn tel que
P
ai ui = 1.
n
n
P
Réciproquement, supposons qu’il existe (u1 , · · · , un ) ∈ Z tel que ai ui = 1.
i=1
n
P n
P n
P
Alors 1 ∈ (ai Z). Donc Z = ai Z puisque Z =< 1 > et ai Z un sous-
i=1 i=1 i=1
ensemble de Z.
Par conséquent pgcd(a1 , · · · , an ) = 1.

Application : Eléments inversibles de l’anneau Z/nZ


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Nombres premiers entre eux 72

Proposition 2.5. Soit n ∈ / {0, 1} un entier naturel. Les éléments inversibles


de Z/nZ sont les classes des entiers relatifs x vérifiant x ∧ n = 1.
Preuve : Soit x ∈ Z.

x inversible ⇐⇒ ∃a ∈ Z, a x = 1
⇐⇒ ∃a ∈ Z, ax = 1
⇐⇒ ∃(a, k) ∈ Z2 , ax − 1 = −kn
⇐⇒ ∃(a, k) ∈ Z2 , ax + kn = 1
⇐⇒ x ∧ n = 1 ( d’après Théorème de Bezout )
Exercice d’application 2.2. Déterminer l’ensemble U des éléments inver-
sibles de l’anneau Z/18Z.
Résultats :

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Nombres premiers entre eux 73

Remarque 2.2. On a l’équivalence


n
n
P
< {a1 , · · · , an } >= Z ⇔ ∃(u1 , · · · , un ) ∈ Z , ai ui = 1,
i=1
n
P
car < {a1 , · · · , an } >= ai Z
i=1
⇔ les seuls diviseurs communs à a1 , · · · , an sont 1 et − 1
Théorème 2.6. (Théorème de GAUSS)
On a : ( !
a | bc
∀(a, b, c) ∈ (Z∗ )3 ⇒ a|c
a∧b=1
Preuve : Supposons a | bc et a ∧ b = 1. D’après le théorème de Bezout il
existe (u, v) ∈ Z2 tel que au + bv = 1. D’où c = acu + bcv.
Comme a | bcv (puisque a | bc) et a | acv, on conclut que a | c.

2.5.3 Propriétés

Proposition 2.6. 1. Soient a ∈ Z∗ et (a1 , · · · , an ) ∈ (Z∗ )n . On a :


n
Y
(∀i ∈ {1, · · · , n}, a ∧ ai = 1) ⇔ a ∧ ( ai ) = 1.
i=1

2. Soient (a, b) ∈ (Z∗ )2 , et (l, k) ∈ (N∗ )2 . On a :

a ∧ b = 1 ⇔ al ∧ bk = 1

3. Soient (a, b) ∈ (Z∗ )2 , et k ∈ N∗ . On a :

(a ∧ b)k = ak ∧ bk

4. Soient n ∈ N∗ , (a, x1 , · · · , xn ) ∈ (Z∗ )n+1 . Si pour tout i ∈ {1, · · · , n}, xi |a


Qn
et si x1 , · · · , xn sont premiers entre eux deux à deux, alors xi |a.
i=1
∗ n
5. Soit (a1 , · · · , an ) ∈ (Z ) . Si a1 , · · · , an sont premiers entre eux deux à
Qn
deux, alors ppcm(a1 , · · · , an ) = | ai |.
i=1
∗ 2
6. Soit (a, b) ∈ (Z ) . Alors (a ∧ b)(a ∨ b) = |ab|.
Preuve
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Nombres premiers entre eux 74

1. (=⇒) : Récurrence sur n.


• La propriété est évidente pour n = 1.
• Cas n = 2.
Supposons a ∧ x1 = a ∧ x2 = 1. D’après le thm. de Bezout, il existe
(u1 , v1 , u2 , v2 ) ∈ Z tels que au1 + x1 v1 = 1 et au2 + x2 v2 . Alors :
1 = (au1 +x1 v1 )(au2 +x2 v2 ) = a(au1 u2 +x1 v1 u2 +u1 x2 v2 )+(x1 x2 )(v1 v2 ),
et (au1 u2 + x1 v1 u2 + u1 x2 v2 ) ∈ Z, puis v1 v2 ∈ Z ;
d’où a ∧ (x1 x2 ) = 1.
• Soit n ∈ N−{0, 1}. Supposons que pour tout (a1 , a2 , · · · , an ) ∈ ((Z)∗ )n ,
on a
Yn
(∀i ∈ {1, · · · , n}, a ∧ ai = 1) ⇔ a ∧ ( ai ) = 1.
i=1
Soient x1 , x2 , · · · , xn+1 , (n + 1) entiers non nuls tels que

∀i ∈ {1, · · · , n + 1}, a ∧ xi = 1.

Comme pour tout pour tout i ∈ {1, · · · , n}, a ∧ xi = 1, on a par


n
Q
hypothèse de récurrence a ∧ ( xi ) = 1, puis, d’après l’étude du cas
i=1
n=2: !
n+1
Y n
Y
a∧( xi ) = a ∧ ( xi )xn+1 = 1.
i=1 i=1
(⇐=) :
n
Q
Si a ∧ ( xi ) = 1, alors on a d’après le thm. de Bezout pour tout
i=1
i ∈ {1, · · · , n}, a ∧ xi = 1).
2. Supposons a ∧ b = 1. D’après 1. on a a ∧ bl = 1, puis toujours d’après 1,
ak ∧ bl = 1.
Réciproquement , si ak ∧ bl = 1, alors d’après 1, ak ∧ b = 1, puis, toujours
d’aprés 1. a ∧ b = 1.
3. En notant δ = a ∧ b, il existe (a0 ∧ b0 ) ∈ (Z∗ )2 tel que : a = δa0 , b =
δb0 , a0 ∧ b0 = 1. On a alors ak ∧ bk = (δ k a0k ) ∧ (δ k b0k ) = δ k (a0k ∧ b0k ) = δ k .
4. Récurrence sur n.
• La propriété est triviale pour n = 1.
• Cas n = 2. Supposons x1 |a, x2 |a et x1 ∧ x2 = 1.
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Nombres premiers 75

Alors il existe y1 ∈ Z∗ tel que a = x1 y1 . Comme x2 |x1 y1 et x1 ∧ x2 = 1,


le thm de Gauss permet de conclut que x2 |y1 .
Il existe donc y2 ∈ Z tel que y1 = x2 y2 , d’où : a = x1 y1 = x1 (x2 y2 ), et
donc x1 x2 |a.
• Supposons la propriété vraie pour n ∈ N∗ .
Soient x1 , x2 , · · · , xn+1 n + 1 éléments de Z∗ , premiers entre eux deux à
deux, tels que : ∀i ∈ {1, · · · , n + 1}, xi |a.
Qn
Alors d’après l’hypothèse de récurence on a xi |a.
i=1
Comme ∀i ∈ {1, · · · , n}, xn+1 ∧ xi = 1, d’après 1., on a :
n
Y
xn+1 ∧ ( xi ) = 1.
i=1
n
Q n+1
Q
Puis, commme xi |a et xn+1 |a, on déduit (cas n = 2) : xi |a.
i=1 i=1
Le reste de la preuve est un bon exercice de maison.

2.6 Nombres premiers

2.6.1 Généralités

Définition 2.2. Un entier naturel p est dit premier lorsque p ≥ 2 et :


∀a ∈ N∗ , (a | p ⇒ (a = 1 ou a = p))
Un entier n ≥ 2 est dit composé lorsqu’il n’est pas premier
Remarque 2.3. Pour qu’un entier p ∈ N \ {0, 1} soit premier, il faut et il
suffit que Div(p) = {−p, −1, 1, p}.
Lemme 2.2. Soit p un entier ≥ 2. Alors, p est premier si et seulement si p
n’est pas le produit de deux entiers strictement plus grands que 1.
La preuve est bon exercice de maison.
Proposition 2.7. Soient p premier et a ∈ Z∗ . On a :
p | a ou p ∧ a = 1.
Preuve : Comme p∧a | p, on a p∧a = p ou p∧a = 1, donc p | a ou p∧a = 1.

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Nombres premiers 76

Corollaire 2.2. Si p, q sont des nombres premiers distincts, alors p ∧ q = 1.


Proposition 2.8. Soient p premiers, n ∈ N∗ , (x1 , x2 , · · · , xn ) ∈ (Z∗ )n . On a
n
Y
p| xi ⇐⇒ (∃i ∈ {1, · · · , n}, p | xi ).
i=1

Preuve :
(=⇒) :
Raisonnons par l’absurde.
n
Q
Supposons p | xi et ∀i ∈ {1, · · · , n}, p - xi .
i=1
D’après Proposition 2.7, on a alors :
∀i ∈ {1, · · · , n}, p ∧ xi = 1.
n 
Q
On déduit d’après Proposition 2.6 p ∧ xi = 1.
i=1
n
Q
Mais, comme p | xi , on aurait alors p = 1 ce qui contredit p ≥ 2.
i=1
On a ainsi prouvé :
n
Y
p| xi ⇐⇒ (∃i ∈ {1, · · · , n}, p|xi ).
i=1

(=⇒) : Résulte du fait que tout multiple d’un multiple de p est multiple
de p.
Remarque 2.4. Si un entier composé divise un produit, on ne peut pas
déduire qu’il divise un des facteurs du produit comme le montre l ’exemple :
6 | 4.3 mais 6 - 4 et 6 - 3.

2.6.2 Corps Z |pZ , p premier

Proposition 2.9. Soit p ∈ N \ {0, 1}. Les trois propriétés suivantes sont
équivalentes :
(i) p premier ;
(ii) Z | pZ est un corps (commutatif ) ;
(iii) Z | pZ est un anneau intègre.
Preuve : (i) =⇒ (ii)

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Nombres premiers 77

2.6.3 Décomposition primaire

Lemme 2.3. Tout entier n ≥ 2 est premier ou un produit de nombres pre-


miers. En particulier, tout entier n ≥ 2 possède un diviseur premier.
Démonstration : On procède par récurrence sur n.
Notons P (n) la propriété : n est premier ou un produit de nombres premiers.
D’abord P (2) et P (3) sont vraies, car 2 et 3 sont des nombres premiers.
Considérons alors un entier n ≥ 3 tel que P (k) soit vraie pour tout entier k
tel que 2 ≤ k < n. Il s’agit de démontrer que P (n) est vraie. Tel est le cas si
n est premier. Sinon, il existe deux entiers a et b strictement plus grands que
1 tels que n = ab. Puisque l’on a 2 ≤ a < n et 2 ≤ b < n, les propriétés P (a)
et P (b) sont vraies, ce qui entraı̂ne le résultat.
Corollaire 2.3. L’ensemble des nombres premiers est infini.
Démonstraction : Supposons que l’ensemble des nombres premiers soit fini
de cardinal n. Soient donc p1 , · · · , pn ses éléments.
Posons N = 1 + p1 · · · pn . On a N ≥ 2, donc N possède un diviseur premier p.
L’entier p divise p1 · · · pn , d’où l’on déduit que p divise 1, ce qui conduit à une
contradiction. Par conséquent l’ensemble des nombres premiers est infini.
Théorème 2.7. Tout entier n ≥ 2 s’écrit de façon unique sous la forme

n = pn1 1 pn2 2 · · · pnr r (2.1)

où les ni (pour tout i = 1, · · · , r) sont des entiers naturels non nuls, et où les
pi (pour tout i = 1, · · · , r) sont des nombres premiers vérifiant pj−1 < pj pour
tout j = 2, · · · , r. L’ égalité 2.1 est appelée la décomposition de n en produit
de nombres premiers.
Démonstration : L’assertion d’existence provient du Lemme2.3 en regrou-
pant les facteurs premiers (égaux) par ordre croissant. Prouvons l’assertion
d’unicité. Supposons que l’on ait

n = pn1 1 pn2 2 · · · pnr r = q1n1 q2n2 · · · qsms (2.2)

où les pi et qi sont premiers tels que p1 < · · · < pr , q1 < · · · < qs et où les ni et
mi sont des entiers naturels non nuls. On déduit de la Proposition2.8 que l’on
a {p1 , · · · , pr } = {q1 , · · · , qs }. Par suite, on a r = s. De plus, p1 est le plus petit
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Quelques exercices 78

élément de p1 , · · · , pr et q1 est le plus petit élément de q1 , · · · , qr , d’où p1 = q1 ,


puis pi = qi pour tout i. Par ailleurs, s’il existe un indice i tel que ni 6= mi , par
exemple ni < mi , alors pi divise 1 ou bien un produit de nombres premiers
tous distincts de lui même, ce qui contredit la Proposition2.8 et établit le
résultat.

2.7 Résolution d’equations et systèmes d’equations

Dans cette section, nous nous intéressons à la résolution des équation de


2
la forme ax
( + by = c d’inconnue (x, y) dans Z et des systèmes d’équation de
x ≡ u[a]
la forme d’inconnue x dans Z.
x ≡ v[b]
Exercice d’application 2.3. 1. A l’aide de l’algorithme d’Euclide étendu,
montrer que 306 et 385 sont premiers entre eux puis déduire un couple
de Bézout pour (306, 385).
2. On considère l’équation (E) : 306x − 385y = 8 d’inconnue (x, y) dans
Z2 .
(a) Déduire à partir de 1). une solution particulière de (E).
(b) Résoudre alors l’équation (E).

Exercice d’application 2.4. 1. A l’aide de l’algorithme d’Euclide étendu,


montrer que 56 et 99 sont premiers entre eux puis déduire un couple de
Bézout pour (56, 99).
(
x ≡ 2[56]
2. (a) Résoudre dans Z le système suivant d’inconnue x :
x ≡ 3[99]
(b) Déduire la plus petite valeur positive et la plus grande valeur négative
de x, solution du système ci-dessus.

2.8 Quelques exercices

Exercice 2.1. Soient a et b deux éléments distincts de Z. On pose I =


{au + bv, (u, v) ∈ Z2 }.
1. Montre que I est un idéal de Z.
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Quelques exercices 79

2. Démontre que I possède un plus petit élément disons λ, strictement po-


sitif et que I = λZ.
On rappelle que λZ = {λn, n ∈ Z}.
3. Montre que λ est le pgcd de a et b.
Exercice 2.2. 1. Montrer que si m et n sont deux entiers naturels pre-
2
( entre eux alors pour tout (a, b) ∈ Z , le système suivant d’inconnue
miers
x ≡ b[m]
x: possède une infinité de solution.
x ≡ a[n]
2. Résoudre
( dans Z le système suivant d’inconnue x :
x ≡ 5[7]
x ≡ 3[11]
Exercice 2.3. Soit n, un entier naturel premier diffŕent de 2. On considère
les entiers naturels a = (n + 1)2 , b = n3 + 1 et on pose d = pgcd(a, b).
1. (a) Montrer que : ∀n ∈ N, b = (n + 1)2 (n − 2) + 3(n + 1).
(b) Déduire que d = n + 1 ou d = 3(n + 1).
2. Déterminer la valeur de n pour que l’on ait : 70a − 13b = 8.
Exercice 2.4. Soient a et b deux entiers naturels tels que 0 < a < b.
1. Montrer que si a divise b, alors pour tout entier naturel n, na − 1 divise
nb − 1.
2. Pour tout entier naturel non nul n, prouver que le reste de la division
euclidienne de nb − 1 par na − 1 est nr − 1 où r est le reste de la division
euclidienne de b par a.
3. Pour tout entier naturel non nul n, montrer que pgcd(nb − 1, na − 1) =
nd − 1 où d = pgcd(b, a).
Exercice 2.5. 1. (a) Pour tout entier n vérifiant 1 ≤ n ≤ 6, déterminer
les restes de la divisions euclidienne de 3n par 7.
(b) Quel est le reste de la divison euclidienne de 31000 par 7? (c) Soit
n ∈ N. Justifier 3n+6 − 3n est divisible par 7. En déduire que 3n+6 et 3n
ont le même reste dans la division euclidienne par 7.
2. (a)Soit n ∈ N. Déterminer le reste de la divison euclidienne de 3n par
7?
(b) Déduire que pour tout n ∈ N, 3n et 7 sont premiers entre eux.
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Quelques exercices 80

3. Soit un = 1 + 3 + 32 + · · · + 3n−1 pour tout n ∈ N∗ et u0 = 0.


(a) Montrer que ∀n ∈ N, nn = 21 (3n − 1).
(b) Déterminer l’ensemble des valeurs de n pour que un soit divisible par
7.
Exercice 2.6. (2ième session 2018 L1 ME).
Soient a et b deux entiers tels que 1 ≤ a < b.
1. Soient q1 et r1 (respectivement q2 et r2 ) le quotient et le reste de la
division euclidienne de a (respectivement b) par b − a. Démontrer que
r1 = r2 et q2 = q1 + 1.
2. On note q et r respectivement le quotient et le reste de la division eucli-
dienne de b − 1 par a. Soit n > 0 un entier. Montrer que le quotient et le
reste de la division euclidienne de ban − 1 par an+1 sont respectivement
q et ran + an − 1
3. Soit d le PGCD de a et b. On pose A = 15a + 4b et B = 11a + 3b.
(i) Montrer que d divide A et B et que le PGCD de A et B divise a et
b.
(ii) Déduire alors le PGCD de A et B.
4. Soit δ le PGCD de a et b. On rappelle qu’il existe (a0 , b0 ) ∈ N2 tel que
a = δa0 , b = δb0 et P GCD(a0 , b0 ) = 1.
(i) Montrer que a0 + b0 et a0 b0 sont premiers entre eux.
(ii) Déduire que P GCD(a + b, P P CM (a, b)) divide d puis que
d = P GCD(a + b, P P CM (a, b)).
(iii) Soit n ∈ N∗ . Sachant que P GCD(a0 , b0 ) = 1 implique P GCD(a0n , b0n ) =
1, déterminer le PGCD de an et bn .

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Chapitre Trois

L’ANNEAU DES POLYNÔMES

3.1 Introduction

Les polynômes remontent à la plus haute antiquité. Le premier usage du


mot semble remonter à Francois Viète (1540- 1603). Cependant les babylo-
niens savaient résoudre les équations du second degré. Plus généralement,
la résolution des équations polynomiales a été un moteur de l’étude des po-
lynômes. Nous avons déjà évoqué Tartaglia et Cardano éprouvant le besoin
d’introduire les nombres complexes pour résoudre les équations du troisième
et quatrième degré, ainsi que Galois aux prises avec les équations du cin-
quième degré. Par ailleurs, le mot polynôme lui-même semble d’une origine
discutable. Pour autant, qu’est-ce qu’un polynôme ? Prenons un exemple.
Soit f : R −→ R
x 7−→ f (x) = 1 + 6x − 2x2 − 3x4
On peut résumer toute l’information contenue dans la fonction polynôme f
à l’aide de la liste de ses coefficients : 1; 6; −2; 0 et −3. Une autre fonction
polynôme g(x) = −2 − x − 4x2 avec x ∈ R, se verra attribuer −2; −1 et
−4. comme liste des coefficients. On voit par là que la liste est à longueur
variable ce qui n’est pas confortable. Pour que tous les polynômes soient logés
à la même enseigne, on considère une suite (donc infinie) de coefficients pour
chaque polynôme en rajoutant des zéros. Autrement dit, un polynôme est
assimilé à une suite de coefficients tous nuls sauf (peut-être) un nombre fini
d’entre eux. C’est cette définition purement algébrique qui va être suivie dans
ce chapitre. Faudra-t-il pour autant oublier nos bonnes vieilles fonctions poly-
nomiales ? Certes non ! D’abord elles sont à la base de cette nouvelle définition
et elles permettent d’établir, via le théorème des valeurs intermédiaires,
DÉFINITION DES POLYÔMES 82

que tout polynôme réel de degré impair admet au moins une racine. Ce cha-
pitre a beaucoup de points communs avec le précédent. Cependant il faudra
une fois de plus attendre les espaces vectoriels pour bien comprendre les te-
nants et les aboutissants de celui-ci.

Dans ce chapitre, K désigne un corps commutatif muni des opérations


usuelles (c’est-à-dire muni de l’addition +K et de la multiplication ×K que
nous noterons aussi plus simplement + et ×) qui peut être
− soit le corps Q des nombres rationnels ;
− soit le corps R des nombres réels ;
− soit le corps C des nombres complexes.
On note 0 et 1 les éléments neutres respectifs pour l’addition et pour la
multiplication. Il nous arrivera parfois de les noter 0K et 1K pour marquer
leur appartenance au corps K

3.2 DÉFINITION DES POLYÔMES

3.2.1 POLYNÔMES FORMEL

Définition 3.1.
On appelle polynôme formel à coefficients dans K (ou plus simplement po-
lynôme sur K ou polynôme à coefficients dans K) une suite (an )n∈N d’éléments
de K dont tous les termes à partir d’un certain rang sont égaux à 0K . On note
K[X] l’ensemble des polynômes à coefficients dans K. En d’autre termes,
P = (an )n∈N ∈ K[X] signifie que

∃ N ∈ N, ∀n > N an = 0K

Le polynôme P se note
not.
P = (a0 , a1 , a2 , · · · , aN , 0K , 0K , · · ·) (3.1)

Les termes a0 , a1 , a2 , · · · , aN se nomment coefficients du polynôme P.


On appelle polynôme nul le polynôme 0K[X] dont tous les coefficients sont
nuls :
déf.
0K[X] = (0K , 0K , · · · , 0K , · · ·).
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DÉFINITION DES POLYÔMES 83

On le note plus simplement 0 s’il ’y a pas d’ambiguı̈té avec l’élément nul du


corps K.
On appelle polynôme constant un polynôme de K[X] de la forme

P = (a0 , 0K , 0K , · · · , 0K , 0K , · · ·).

Définition 3.2.
On dit que deux polynômes P = (an )n∈N et Q = (bn )n∈N sont égaux, et on
note, P = Q lorsque
∀ n ∈ N, an = bn

3.2.2 VALUATION ET DEGRÉ D’UN POLYNÔME

Définition 3.3.
Soit P = (an )n∈N un polynôme non nul de K[X].
X Le plus grand entier n tel que an 6= 0 est appelé le degré de P. Il se note
deg(P ).
X Le coefficient adeg(P ) se nomme coefficient de plus haut degré de P et
le polynôme P est dit normalisé (ou unitaire) si adeg(P ) = 1.
X Le plus petit entier n tel que an 6= 0 est appelé la valuation de P. Elle se
note val(P).

Autrement dit, on a

deg(P ) = max{n ∈ N|an 6= 0} et val(P ) = min{n ∈ N|an 6= 0}.

Exemple 3.1.

1. Soit P = (1, 0, 0, 5 + i, 0, · · ·) ∈ C[X]. On a val(P ) = 0 et deg(P ) = 3


2. Soit P = (0, 0, 12i, 20, 1, 0, · · ·) ∈ C[X]. On a val(P ) = 2 et deg(P ) = 4
ce polynôme est normalisé.

Remarque 3.1.

1. Par convention, on pose deg(0K[X] ) = −∞ et val(0K[X] ) = +∞.


2. Pour tout polynôme P ∈ K[X] non nul, on a : val(P ) ≤ deg(P ).

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STRUCTURE ALGEBRIQUE SUR LES POLYNÔMES 84

Définition 3.4.
Un polynôme de K[X] est appelé monôme si val(P ) = deg(P )
Exemple 3.2.
P = (0, 0, 5, 0, · · ·) est un monôme car val(P ) = deg(P ) = 2.
Remarque 3.2.
Soit P et Q deux polynômes de K[X]. On a l’implication suivante
(
val(P ) = val(Q)
P =Q ⇒
deg(P ) = deg(Q)

La réciproque est fausse car, par exemple, les polynômes P = (0, 1, 1, 2, 0, · · ·)


et Q = (0, 3, 0, 12, 0, · · ·) sont différentes. Ils ont pourtant même valuation
(val(P ) = val(Q) = 1) et même degré (deg(P ) = deg(Q) = 3).

3.2.3 Polynôme pair, polynôme impair

Définition 3.5. Soit P = (an )n∈N ∈ K[X]. On dit que P est :


• est pair si et seulement si : ∀p ∈ N, a2p+1 = 0K[X] .
• est impair si et seulement si : ∀p ∈ N, a2p = 0K[X] .
Remarque 3.3. 1. Le polynôme nul 0K[X] est à la fois un polynôme pair
et impair.
(
pair si P est pair
2. Soit P ∈ K[X] \ {0K[X] }. Alors : deg(P ) est
impair si P est impair

3.3 STRUCTURE ALGEBRIQUE SUR LES POLYNÔMES

3.3.1 STRUCTURE D’ESPACE VECTORIEL

X ADDITION DE POLYNÔMES

Définition 3.6.
Soit P = (an )n∈N et Q = (bn )n∈N deux polynômes de K[X].
On appelle somme de P et Q (ou addition de P et Q) le polynôme de
K[X] noté P + Q dont les coefficients sont
déf.
cn = an +K bn ∀n ∈ N
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STRUCTURE ALGEBRIQUE SUR LES POLYNÔMES 85

On a ainsi défini une première loi (de composition) interne sur K[X] notée
+.

Exemple 3.3.
P = (1, 1, 1, 0, · · ·) et Q = (0, 2, 3, −1, 0, · · ·) deux polynômes. On a

P + Q = (1, 1, 1, 0, · · ·) + (0, 2, 3, −1, 0, · · ·)


= (1, 3, 4, −1, 0, · · ·)

Proposition 3.1.
Soit P et Q deux polynômes non nuls de K[X]. On a :
1. deg(P + Q) ≤ max{deg(P ), deg(Q)}
2. val(P + Q) ≥ min{val(P ), val(Q)}

Démonstration : Commençons par montrer la propriété 1.


Considérons deux polynômes P = (an )n∈N et Q = (bn )n∈N de K[X] tels que
deg(P ) = p et deg(Q) = q. Les coefficients ap et bq sont nécessairement non
nuls. Supposons (sans perte de généralité) que p ≥ q et considérons les cas
p > q et p = q.
I Si p > q alors P + Q = (a0 + b0 , · · · , aq + bq , aq+1 , · · · , ap , 0, 0 · · ·). Par
hypothèse, ap 6= 0. On en déduit alors que deg(P + Q) = p, c’est-à-dire que :

deg(P + Q) = deg(P ) = max{deg(P ), deg(Q)}.

I Si p(= q alors P + Q = (a0 + b0 , · · · , ap + bp , 0, 0 · · ·).


deg(P + Q) = p si ap + bp 6= 0
Ainsi .
deg(P + Q) < deg(P ) sinon
Utilisant un raisonnement analogue, on montre la propriété 2. La rédaction
est lassée en exercice. 

Remarque 3.4. La démonstration de la propriété 1 de la proposition précédente


fait apparaitre le résultat suivant :

deg(P ) 6= deg(Q) =⇒ deg(P + Q) = max{deg(P ), deg(Q)}.

De même, on vérifie (à partir de la démonstration de la propriété 2) que :

val(P ) 6= val(Q) =⇒ val(P + Q) = min{val(P ), val(Q)}.

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STRUCTURE ALGEBRIQUE SUR LES POLYNÔMES 86

Proposition 3.2. L’ensemble K[X], muni de la loi +, possède une structure


de groupe commutatif.

Indication :
L’addition définie sur l’ensemble des polynômes K[X] est une loi de com-
position interne sur K[X] puisque l’addition +K définie sur le corps K est
elle-même une loi de compositon interne sur K.
De plus, l’addition des polynômes possède les propriétés suivantes (qui se
déduisent des propriétés de l’addition sur K) :
− Elle est associative, c’est-à-dire que pour tout (P, Q, R) ∈ K[X]3 , on a :

(P + Q) + R = P + (Q + R)

− Elle admet un élément neutre dans K[X], qui est le polynôme nul 0K [X]
car
∀ P ∈ K[X] P + 0K[X] = 0K[X] + P = P
− Tout polynôme P = (an )n∈N ∈ K[X] admet un symétrique dans K[X] qui
est le polynôme −P = (−an )n∈N . En effet, on vérifie que l’on a :

∀ P ∈ K[X] P + (−P ) = (−P ) + P = 0K[X]

− Elle est commutative, pour tout (P, Q) ∈ K[X]2 , P + Q = P + Q

X Multiplication d’un polynôme par un élément de K

Définition 3.7. Etant donné le polynôme P = (an )n∈N ∈ K[X] et le scalaire


α ∈ K, on définit le polynôme noté α.P (ou simplement αP ) de K[X] par :
déf.
α.P = (α ×K an )n∈N .

La multiplication d’un polynôme de K[X] par un élément de K ne définit


pas un loi (de composition) interne sur K[X] mais une (de composition)
externe sur K[X]. On l’appelle loi produit externe. Pour tout polynôme P de
K[X],

∀ α ∈ K \ {0K } (deg(α.P ) = deg(P ) et val(α.P ) = val(P )) .

Cette loi possède les propriétés suivantes :


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STRUCTURE ALGEBRIQUE SUR LES POLYNÔMES 87

Proposition 3.3. La multiplication d’un polynôme de K[X] par un élément


de K vérifie :

1. ∀ α ∈ K ∀ (P, Q) ∈ K[X] × K[X] α.(P + Q) = α.P + α.Q

2. ∀ (α, β) ∈ K2 ∀ P ∈ K[X] (α +K β)P = α.P + β.P

3. ∀ (α, β) ∈ K2 ∀ P ∈ K[X] α(β.P ) = (α ×K β).P

4. ∀ P ∈ K[X] 1K .P = P

Démontration : Il suffit de revenir à la définition de la loi produit


externe. La rédaction est laissée en exercice. 

Théorème 3.1. L’ensemble K[X], muni de l’addition et la multiplication des


polynômes par un scalaire, a une structure de K espace vectoriel.

Démonstration : La preuve découle de la Proposition 3.2 et Proposition


3.3. La rédaction est laissée en exercice. 

3.3.2 Structure d’anneau

X Multiplication de polynômes

Définition 3.8. Soit P = (an )n∈N et Q = (bn )n∈N deux polynômes de K[X].
On appelle produit de P et Q le polynôme de K[X] noté P × Q (ou sim-
plement PQ) dont les coefficients sont :
n
déf. not. X
cn = a0 bn + a1 bn−1 + · · · + an−1 b1 + an b0 = ak bn−k ∀n∈N
k=0

Exemple 3.4. Soit P = (1, 2i, 2, 0, 0, · · ·) et Q = (1, 2, 0, 0, · · ·) deux po-


lynômes de C[X]. Les coefficients cn , n ∈ N, du polynôme P × Q ∈ C[X]
vérifient :
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 c0 = a0 b 0 = 1




 c1 = a0 b1 + a1 b0 = 2 + 2i



 c2 = |{z}
a0 b2 +a1 b1 + a2 b0 = 2 + 4i



 =0
c3 = |{z}
a0 b3 + |{z}
a1 b2 +a2 b1 + |{z}
a3 b 0 = 4


 =0 =0 =0
c4 = |{z}
a0 b4 + |{z}
a1 b3 + |{z}
a2 b2 + |{z}
a3 b1 + |{z}
a4 b 0 = 0





=0 =0 =0 =0 =0



 ..


 .

cn = 0 pour tout n ≥ 4

On a ainsi obtenu pour le polynôme P × Q

P × Q = (1, 2 + 2i, 2 + 4i, 4, 0, 0 · · ·)

Remarque 3.5. La multiplication des polynômes définie précédemment est


une loi de composition interne sur K[X].

Proposition 3.4. Soit P et Q deux polynômes de K[X]. On a :


1. deg(P × Q) = deg(P ) + deg(Q)
2. val(P × Q) = val(P ) + val(Q)

Démonstration : Démonstrons la propriété 1.


Soit P = (an )n∈N et Q = (bn )n∈N deux polynômes non nuls de K[X] tels que
degP = p et degQ = q. On a donc an = 0 pour tout entier n strictement
superieur à p, et bn = 0 pour tout entier n strictement supérieur à q.
Posons P × Q = (cn )n∈N .
Pour montrer que deg(P × Q) = deg(P ) + deg(Q), on doit vérifier d’une part
que cp+q 6= 0, et d’autre part que cp+q+l = 0 pour tout l ≥ 1.
Commençons par calculer cp+q :
p+q
X
cp+q = ak bp+q−k
k=0
= a0 bp+q +a1 bp+q−1 + · · · + ap−1 bq+1 + ap bq + ap+1 bq−1 + · · · + ap+q b0
|{z} | {z } |{z} |{z} |{z} |{z}
=0 =0 =0 6=0 =0 =0
= ap bq 6= 0
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STRUCTURE ALGEBRIQUE SUR LES POLYNÔMES 89

De même, on a :
p+q+1
X
cp+q+1 = ak bp+q+1−k
k=0
= a0 bp+q+1 +a1 bp+q + · · · + ap−1 bq+2 +ap bq+1 + ap+1 bq + · · · + ap+q+1 b0
| {z } |{z} |{z} |{z} |{z} | {z }
=0 =0 =0 =0 =0 =0
= 0

Plus généralement, on peut vérifier que cp+q+l = 0 pour tout l ≥ 1. 

X Structure d’anneau commutatif et intègre sur K[X]

Théorème 3.2. L’ensemble K[X], muni des lois + et ×, possède une struc-
ture d’anneau commutatif et intègre.
Nous savons déja que l’ensemble K[X] muni de la loi + possède une struc-
ture de groupe commutatif et il est claire que la multiplication de deux po-
lynômes de K[X] définit une loi de composition interne sur K[X]. Il reste alors
à établir (exercice de maison) que la multiplication des polynômes possède
les propriétés suivantes :
− Elle est associative : pour tout (P, Q, R) ∈ K[X]3 ,

(P × Q) × R = P × (Q × R);

− Elle est distributive par rapport à l’addition : pour tout (P, Q, R) ∈ K[X]3 ,

P × (Q + R) = (P × Q) + (P × R) et (Q + R) × P = (Q × P ) + (R × P );

− Elle admet un élément neutre dans K[X] pour la multiplication. C’est la


polynôme
déf.
1K[X] = (1, 0, 0, · · · , 0, · · ·)
que l’on note plus simplement 1 si aucune confusion n’est à craindre avec
l’élément unité du corps K. On a

∀ P ∈ K[X] P × 1K[X] = 1K[X] × P = P

− Elle est commutative : pour tout(P, Q) ∈ K[X]2 : P × Q = Q × P.


Soit P = (an )n∈N et Q = (bn )n∈N deux polynômes non nuls de K[X] de degrés
respectifs deg(P ) = p et deg(Q) = q.
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STRUCTURE ALGEBRIQUE SUR LES POLYNÔMES 90

Alors le polynôme P × Q = (cn )n∈N est non nul.


En effet, son (p + q)-ième coefficient, cp+q est non nul puisque cp+q = ap × bq
avec ap 6= 0 et bq 6= 0.
On a ainsi établi que pour tout (P, Q) ∈ K[X]2 :

P 6= 0K[X] et Q 6= 0K[X] =⇒ P × Q 6= 0K[X] ,

autrement dit que l’anneau (K[X], +, ×) est intègre. 

Remarquons qu’à l’exception des polynômes constants et non nuls, les


éléments de K[X] ne possèdent pas de symétrique pour la loi × (à vérifier).
L’anneau (K[X], +, ×) n’est donc pas un corps.

3.3.3 Notion d’indéterminée

Définition 3.9. On appelle indéterminée le polynôme de K[X] défini par


déf.
X = (0, 1, 0, 0, · · ·).

On vérifie alors que :

X 2 = X × X = (0, 0, 1, 0, 0, 0, 0, · · ·)
X 3 = X 2 × X = (0, 0, 0, 1, 0, 0, 0, · · ·)
X 4 = X 3 × X = (0, 0, 0, 0, 1, 0, 0, · · ·)

et par réccurence que

∀ n ∈ N∗ X n = (0, 0, 0, · · · , 0, 1, 0, 0, · · ·)

où le coefficient 1 est placé en (n + 1)-ième position.


On convient que
X 0 = 1K[X] .
Ainsi le polynôme formel P = (a0 , a1 , · · · , aN , 0, 0, · · ·) de K[X] vérifie

P = (a0 , a1 , · · · , aN , 0, 0, · · ·)
= (a0 , 0, · · ·) + (0, a1 , 0, · · ·) + · · · + (0, 0, · · · , 0, aN , 0, · · ·)
= a0 . (1, 0, · · ·) +a1 . (0, 1, 0, · · ·) + · · · + aN . (0, 0, · · · , 0, 1, 0, · · ·)
| {z } | {z } | {z }
=X 0 =X 1 =X N

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Arithmétique dans K[X] 91

On a donc
P = a0 .X 0 + a1 .X 1 + a2 .X 2 + · · · + aN .X N
et on dit que le polynôme indéterminée X est générateur de K[X]. Puisqu’il
a été convenu que X 0 = 1K[X] on peut alors écrire le polynôme formel

P = (a0 , a1 , · · · , aN , 0, 0, · · ·)

comme suit :

P = a0 1K[X] + a1 X + a2 X 2 + · · · + aN −1 X N −1 + aN X N (3.2)
P = aN X N + aN −1 X N −1 + · · · + a2 X 2 + a1 X + a0 1K[X] (3.3)

et on dit que l’on a écrit P dans le sens des puissances croissantes (expres-
sion (3.2)) ou dans le sens des puissances décroissantes (expression (3.3)).
Nous utiliserons l’une des deux dernières écritures délaissant ainsi la première
écriture (3.1). On écrit encore
N
not. X
P = ak X k .
k=0

Remarque 3.6. Nous convenons de l’abus d’écriture suivante : pour α ∈ K,


on note X − α le polynôme que X − α.1K[X] de K[X]. Ainsi, un polynôme
constant P = (a0 , 0, 0, · · ·) s’écrit P = a0 1K[X] = a0
Proposition 3.5. 1. Le K-espace vectoriel K[X] est de dimension infinie
et sa base canonique est β∞ = (X i )i∈N .
2. Soit n ∈ N. On note Kn [X] le K-espace vectoriel des polynômes de dégré
inférieur ou égal à n. Autrement dit Kn [X] = {P ∈ K[X], deg(P ) ≤ n}.
Alors Kn [X] est de dimension n + 1 et sa base canonique est βn =
(1K[X] , X, X 2 , · · · , X n ).

3.4 Arithmétique dans K[X]

3.4.1 Multiples et diviseurs d’un polynôme

Définition 3.10. Soit (A, B) ∈ (K[X])2 . On dit que :


• A est un multiple de B ou
• B est un diviseur de A (ou ” B divise A ”), et on note B|A.
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Arithmétique dans K[X] 92

lorsqu’il existe C ∈ K[X] tel que A = CB.


L’ensemble des multiples de B est alors BK[X].
Nous conviendrons de noter Div(A) l’ensemble des diviseurs de A et Div(A, B)
l’ensemble des diviseurs communs à A et B.

Propriétés

1. La somme de deux multiples de B est multiple de B.


2. L’opposé d’un multiple de B est multiple de B.
3. Tout multiple d’un multiple de B est multiple de B.
4. Si B divise deux polynômes, il divise leur somme.
5. Tout diviseur d’un diviseur de A est un diviseur de A.
6. 0K[X] est un multiple de tout polynôme. Tout polynôme divise 0K[X] .

Preuve : exercice de maison

3.4.2 Polynômes irréductibles

Définition 3.11. Un polynôme non constant P de K[X] est dit irréductible


lorsque ses seuls diviseurs sont les polynômes constants et les polynômes qui
lui sont associés i.e. les polynôme λP, λ ∈ K.

Remarque 3.7. L’irréductibilité d’un polynôme peut dépendre du corps de


base :
√ √
Le polynôme X 2 − 2 = (X − 2)(X + 2) est réductible dans R[X], mais il
est irréductible dans Q[X].
le polynôme X 2 + 1 = (X − i)(X + i) est réductible dans C[X], mais il est
irréductible dans R[X].

Les polynômes irréductibles jouent le même rôle dans K[X] que les nombres
premiers dans Z. On retrouve en particulier une décomposition en produit de
facteurs irréductibles :

Lemme 3.1. Tout polynôme non constant possède au moins un diviseur


irréductible.
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Arithmétique dans K[X] 93

Démonstration : Soit P un polynôme non constant. L’ensemble des degrés


des diviseurs non constants de P est une partie non vide de N∗ , qui possède
donc un plus petit élément n0 . Soit D0 un diviseur de P de degré n0 . Un
diviseur de D0 non constant et non associé à D0 serait un diviseur de P de
degré strictement inférieur à n0 , ce qui contredit la définition de n0 . Donc
D0 est irréductible.

Nous admettons le résultat :

Théorème 3.3. Tout polynôme non constant est un produit de facteurs


irréductibles. La décomposition est unique, sauf à changer un facteur en un
facteur associé ou à modifier l’ordre des facteurs.

Remarque 3.8. Contrairement au cas des entiers, il n’existe aucun moyen


systématique de décomposer un polynôme. Nous allons voir que ce problème
est lié à la recherche des racines du polynôme.

3.4.3 Division euclidienne

Nous admettons le résultat :

Théorème 3.4. (Division euclidienne)


Etant donné deux polynômes A et B de K[X] avec B 6= 0, il existe un unique
couple (Q, R) de polynômes de K[X] tels que :

A = B × Q + R et deg(R) < deg(B).

Déterminer ce couple (Q, R), c’est effectuer la division euclidienne de A par


B. Les polynômes A et B se nomment respectivement dividende et diviseur.
Les polynômes Q et R se nomment respectivement quotient et reste.

Remarque 3.9.
1. Il est clair que B ∈ K[X] divise A ∈ K[X] si et seulement si le reste de
la division euclidienne de A par B est le polynôme nul.
2. si deg(A) < deg(B) alors, dans la division euclidienne de A par B, le
quotient Q est le polynôme nul et le reste R le polynôme A ; c’est-à-dire
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Arithmétique dans K[X] 94

Q = 0K[X] et R = A, puisque l’on a :


A = 0K[X] × B + A et deg(R) = deg(A) < deg(B)

3. Supposons deg(A) ≥ deg(B). Puisque l’on a :


deg(B) ≤ deg(B) + deg(Q) = deg(B × Q),
(car deg(Q) ≥ 0), on déduit de l’égalité A = Q × B + R que
deg(A) = max(deg(B × Q), deg(R)) = deg(B × Q) ; c’est-à-dire que
deg(A) = deg(B) + deg(Q)

Exemple 3.5. 1. Considérons dans C[X] les polynômes A = X 2 + i et


B = X 3 − iX 2 + iX + 1.
Remarquons que deg(A) = 2 < deg(B) = 3. Par conséquent, le quotient
Q et le reste R dans la division euclidienne de A par B sont
Q = 0C[X] et R = X 2 + i
Remarquons qu’aucun calcul ná été nécessaire pour trouver Q et R.
2. Considérons maintenant les deux polynômes de R[X] suivants :
A = X 4 + 2X 3 − X + 6 et B = X 3 − 6X 2 + X + 4.
Effectuons la division euclidienne de A par B dans R[X]. Remarquons
que deg(A) ≥ deg(B). Par conséquent, le calcul des deux polynômes Q et
R n’est pas aussi immédiat qu’il l’a été dans l’exemple précédent. Pour
déterminer Q et R, nous procédons en suivant pas à pas chacune des
étapes. En pratique, il est conseillé de disposer les deux polynômes A et
B comme suit :

Dividende Diviseur
z }| { z }| {
A = X 4 + 2X 3 − X + 6 X 3 − 6X 2 + X + 4 = B
−Q1 × B = −(X 4 − 6X 3 + X 2 + 4X) X + 8} = Q1 + Q2
| {z | {z }
Quotient =Q
R1 = 8X 3 − X 2 − 5X + 6
−Q2 × B = −(8X 3 − 48X 2 + 8X + 32)
R2 = |47X 2 − {z
13X − 26}
Reste
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Arithmétique dans K[X] 95

Nous avons arrêté le procéssus car le degré du reste R2 = 27X 2 − 13X − 26


est strictement inférieur au degré du diviseur B = X 3 − 6X 2 + X + 4. Ainsi,

A = B × Q + R, avec Q = X + 8 et R = 47X 2 − 13X − 26

3.4.4 PGCD de polynômes

Idéaux de K[X]

Théorème 3.5. Soit I un idéal de l’anneau K[X]. Alors il existe un polynôme


U ∈ K[X] tel que I = U K[X] = {U P, P ∈ K[X]}
Preuve :
Si I = {0K[X] } ou I = K[X] alors U = 0K[X] ou U = 1K[X]
Sinon il existe un polynôme unitaire non nul et non constant U de degré
minimal tel que U ∈ I (car tout idéal contenant un polynôme constant non
nul est confondu avec K[X]).
Soit P ∈ I. Alors il existe (Q, R) ∈ K[X]2 tel que P = QU + R
avec deg(R) < deg(U ). Ainsi R = QU − P ∈ I car I est un idéal.
Utilisant le caractère de minimalité du degré de U , on a R = 0K[X] .
D’où P = U Q ∈ U K[X]. Ainsi I ⊂ U K[X]. Par suite I = U K[X].
Remarque 3.10. 1. Il resulte de ce théorème que tout idéal de K[X] est un
idéal principal. Par conséquent l’anneau K[X] est un anneau principal.
2. Pour tout idéal non nul de K[X] il existe un unique polynôme normalisé
U ∈ K[X] tel que I = U K[X].
Exemple 3.6.
Théorème 3.6. Soient A et B deux polynômes non nuls de K[X]. Alors
1. Il existe un unique polynôme normalisé D0 tel que D0 K[X] = AK[X] +
BK[X].
2. D0 ∈ Div(A, B) et pour tout D ∈ Div(A, B) on a D ∈ Div(D0 ).
Démonstration :
1. La somme de deux idéaux étant un idéal, alors AK[X] + BK[X] est
un idéal de K[X]. Comme A est non nul et AK[X] ⊂ AK[X] + BK[X]
alors AK[X] est non nul et AK[X] + BK[X] est non nul. Par conséquent
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Arithmétique dans K[X] 96

il existe un unique polynôme unitaire D0 tel que D0 K[X] = AK[X] +


BK[X]
(car AK[X] + BK[X] est un idéal).
2. Comme D0 K[X] = AK[X] + BK[X], alors AK[X] ⊂ D0 K[X] et
BK[X] ⊂ D0 K[X]. D’où A ∈ D0 K[X] et B ∈ D0 K[X]. Il s’en suit que
D0 ∈ Div(A) et DO ∈ Div(B). ce qui prouve que D0 ∈ Div(A, B).
Soit D ∈ Div(A, B). Alors il existe (A0 , B0 ) ∈ (K[X])2 tel que A = A0 D
et B = B0 D. De D0 K[X] = AK[X]+BK[X], on a D0 ∈ AK[X]+BK[X].
Ainsi, il existe (U, V ) ∈ (K[X])2 tel que D0 = AU +BV = A0 U D+B0 V D
= (A0 U + B0 V )D. Ce qui prouve le résultat.
Définition 3.12. Avec les mêmes notations précédentes : le polynôme D0
est appelé le plus grand commun diviseur (PGCD) de A et de B. On note
D0 = A ∧ B.

Calcul pratique du PGCD

L’algorithme d’Euclide permettant de trouver le PGCD de deux nombres


entiers est celui que nous généralisons ici au cas des polynômes.
Supposons que le degré de B, deg(B) vérifie deg(B) ≥ deg(A) on a :
B = Aq + A1 avec deg(A1 ) < deg(A)
A = q1 A1 + A2 avec deg(A2 ) < deg(A1 )
.. .. ..
. . .
An−1 = qn An + An+1 avec deg(An+1 ) < deg(An )
Les diviseurs communs à A et B divisent donc la suite des restes A1 , A2 , · · · , An+1
et réciproquement tout diviseur de deux termes consécutifs de cette suite di-
vise tous les autres.
Deux cas peuvent se présenter :
1. l’un des restes est nul : le PGCD est donc le dernier reste non nul (nor-
malisé) ;
2. on arrive à un reste de degré nul, soit une constante, les deux polynômes
ont pour PGCD=1. Ainsi les deux polynômes sont dits premiers entre
eux.
D’où la notation fréquemment utilisée A ∧ B = 1 pour signifier que les po-
lynômes A et B sont premiers entre eux.
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Fonction polynomiale 97

Théorème 3.7. (Théorème de Bézout)


Deux polynômes A et B sont premiers entre eux si et seulement s’il existe
dans K[X] deux polynômes U0 et V0 tels que :

AU0 + BV0 = 1 avec deg(U0 ) < deg(B) et deg(V0 ) < deg(A)

Propriété des polynômes premiers entre eux

Si A est un polynôme premier avec les polynômes B et C, il est premier


avec leur produit BC.
En effet, il existe dans K[X] des polynômes U1 , V1 , U2 , V2 tels que :
)
AU1 + BV1 = 1
=⇒ A(AU1 U2 + CU1 V2 + BU2 V1 ) + BC(V1 V2 ) = 1
AU2 + BV2 = 1
égalité qui montre que A et BC sont premiers entre eux.
On en déduit par récurrence que si A est premier avec les polynômes B1 , B2 , · · · , Bn
il est premier avec le produit B1 .B2 . · · · .Bn et donc, quels que Soit les entiers
α1 , α2 , · · · , αn , il est premier avec B1α1 .B2α2 . · · · .Bnαn
Théorème 3.8. (de GAUSS) Soient (A, B, C) ∈ K[X])3 tels que A ∧ B = 1
et A divise BC. Alors A divise C.
Démonstration : Comme A ∧ B = 1 et A|BC alors il existe dans K[X] des
polynômes U, V et Q tels que : AU + BV = 1 et BC = AQ. Il s’en suit que ;
AU C + BV C = C. D’où A(CU + QV ) = C qui prouve bien que A divise C.

3.5 Fonction polynomiale

Définition 3.13. A tout polynôme P = (a0 , a1 , · · · , aN , 0, 0, · · ·) ∈ K[X] on


associe l’application P̃ : K −→ K définie pour tout x ∈ K par :
P̃ (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + · · · + aN xN .
Cette application est appellée fonction polynomiale associée à P 1 . En
particulier, la fonction polynomiale associée à un monôme est appelée fonc-
tion monôme.
1. En toute rigueur, on devrait parler d’application polynomiale

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Fonction polynomiale 98

Exemple 3.7.

1. Si P = (1, 0, 0, 5 + i, 0, · · ·) ∈ C[X] alors ∀ x ∈ C P̃ (x) = 1 + (5 + i)x3 .

2. Si P = (0, 0, 12i, 20, 1, 0, · · ·) ∈ C[X] alors ∀ x ∈ C


P̃ (x) = 12ix2 + 20x3 + x4 .

3. La fonction monôme associée à P = (0, 0, 5, 0, · · ·) est P̃ : x 7−→ 5x2 .

Remarque 3.11. Il est important de distinguer les polynômes des fonctions


polynomiales. En effet, considérons le polynôme P = X 2 + X à coefficients
dans le corps Z/2Z. Sa fonction polynômiale associée P̃ : Z/2Z → Z/2Z
x 7→ x2 + x est nulle car Z/2Z = {0, 1} et P̃ (0) = 0 = P̃ (1).
La situation est différente pour les polynômes à coefficients dans les corps
infinis comme Q, R, ou C. Dans ce cas, il existe une correspondance biuni-
voque entre les polynômes et les fonctions polynomiales comme le montre la
proposition suivante :

Proposition 3.6. L’application ϕ : K[X] −→ KK


P 7−→ P̃ est linéaire et injective.

Preuve

Corollaire 3.1. L’application θ : K[X] −→ Im(ϕ)


P 7−→ P̃

est linéaire et bijective. Elle permet d’identifier un polynôme et sa fonction


polynômiale associée. Cette identification permet d’utiliser tout le vocabulaire
des polynômes avec les fonctions polynômiales.
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Division selon les puissances croissantes 99

3.6 Division selon les puissances croissantes

Contrairement à la division euclidienne où la divison se fait selon les puis-


sances décroissantes, on a :
Théorème 3.9. Division selon les puissances croissantes
Etant donnés un entier naturel k et deux polynômes A et B de K[X] avec
val(B) = 0, il existe un couple unique (Qk , Rk ) de K[X] × K[X] tels que :
A = B × Qk + X k+1 Rk et deg(Qk ) ≤ k.
Pour k ∈ N donné, trouver Qk et Rk , c’est effectuer la division de A par B se-
lon les puissances croissantes à l’ordre k. Les polynômes A et B se nomment
respectivement dividende et diviseur. Les polynômes Qk et X k+1 Rk se
nommment respectivement quotient et reste à l’ordre k.
Exemple 3.8. 1. Soient A = 4+X 2 et B = 1+X +X 2 deux polynômes de
R[X]. Effectuons la division de A par B selon les puissances croissantes
à l’ordre 2. Nous utilisons la disposition suivante :
Dividende Diviseur
z }| { z }| {
A = 4 + X2 1 + X + X2 = B
2
−(4 + 4X + 4X 2 ) |4 − 4X
{z + X} = Q2
Quotient à l’ordre 2
−4X − 3X 2
−(−4X − 4X 2 − 4X 3 )
X 2 + 4X 3
−(X 2 + X 3 + X 4 )
X 3 R2 = |3X 3{z
− X}4
Reste
Nous avons arrêté le processus car la valuation du reste 3X 3 − X 4 est
strictement supérieur à 2 et le degré du quotient est inférieur ou égal à
2(rappelons qu’ici 2 est l’ordre de la division). Ainsi A = B × Q2 + X 3 R2
avec Q2 = 4−4X +X 2 , R2 = 3−X et deg(Q2 ) = 2. On a donc l’égalité :
4 + X 2 = (1 + X + X 2 )(4 − 4X + X 2 ) + 3X 3 − X 4 .
2. Soient A = X + X 4 et B = 1 + X deux polynômes de R[X]. Effectuons
la division de A par B selon les puissances croissantes aux ordres k =
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Division selon les puissances croissantes 100

1, 2, 3, 4, 5.
. A l’ordre 0, ona Q0 = 0R[X] et XR0 = X + X 4 ,
. Pour l’ordre k ≥ val(A), on utilise la disposition suivante :
X + X4 1+X
−(X + X 2 ) X − X 2 + X 3
−X 2 + X 4
−(−X 2 − X 3 )
X3 + X4
−(X 3 + X 4 )
0R[X]
On obtient ainsi :
• à l’ordre 1 : Q1 = X et X 2 R1 = −X 2 + X 4 ,
• à l’ordre 2 : Q2 = X − X 2 et X 3 R2 = −X 3 + X 4 ,
• à l’ordre 3 : Q3 = X − X 2 + X 3 et X 4 R3 = 0R[X] ,
et on en déduit que :
Qk = X − X 2 + X 3 et X k+1 Rk = 0R[X] .

∀k ≥ 3
Remarque 3.12. Soient A et B deux polynômes de K[X] et soit Qk le quo-
tient et X k+1 X k le reste dans la division selon les puissances croissantes à
l’ordre k de A par B. On a :
k < val(A) ⇒ Qk = 0R[X] et X k+1 X k = A .


Par exemple, dans R[X], la division selon les puissances croissantes de


X 2 + X 3 par 1 + X − 2X 2 donne :
• à l’ordre 0 : Q0 = 0R[X] et XR0 = X 2 + X 3 :

(X 2 + X 3 ) = (1 + X − 2X 2 ) × 0R[X] + X(X + X 2 ),
• à l’ordre 1 : Q1 = 0R[X] et X 2 R1 = X 2 + X 3 :

(X 2 + X 3 ) = (1 + X − 2X 2 ) × 0R[X] + X 2 (1 + X),
• à l’ordre 2 : Q2 = X 2 et X 3 R2 = 2X 4 :

(X 2 + X 3 ) = (1 + X − 2X 2 ) × X 2 + X 3 (2X),
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Dérivation des polynômes 101

car
X2 + X3 1 + X − 2X 2
−(X 2 + X 3 − 2X 4 )
2X 4 X2
ATTENTION : Comme nous l’avons vu dans les exemples précédents,
pour effectuer une division suivant les puissances croissantes de A par B à
l’ordre k avec k ≥ val(A), il est impératif d’écrire les deux polynômes A et
B dans le sens des puissances croissantes.

3.7 Dérivation des polynômes

3.7.1 Définition d’un polynôme dérivé

Définition 3.14. Soit P = a0 + a1 X + a2 X 2 + · · · + an X n un polynôme


de K[X] tel que deg(P ) = n ≥ 1. On appelle polynôme dérivé de P, le
polynôme de K[X] noté P 0 , défini par :
déf.
P 0 = a1 + 2a2 X + 3a3 X 2 + · · · + nan X n−1 .

Si le polynôme P est de degré 0 alors le polynôme P 0 est 0K[X] .


La proposition suivante est facile à démontrer.
(
deg(P ) − 1si deg(P ) ≥ 1
Proposition 3.7. ∀P ∈ K[X], deg(P 0 ) =
−∞ si deg(P ) ≤ 0.
On a aussi :
Proposition 3.8. Soient P et Q deux polynômes de K[X] et λ ∈ K. On a :
1. (P + Q)0 = P 0 + Q0 ,
2. (λP )0 = λP 0 ,
3. (P × Q)0 = P 0 × Q + P × Q0 .
Démonstration : Les propriétés 1) et 2) sont faciles à prouver.
Pour la propriété 3), la démonstration se fait en deux étapes.
. Première étape : Montrons que la propriété est vraie pour les monômes
P = X h et Q = X k . On a d’une part P × Q = X h+k d’òu :

(P + Q)0 = (h + k)X h+k−1.


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Dérivation des polynômes 102

D’autre part, on a P 0 = hX h−1 et Q0 = kX k−1 d’òu


P 0 × Q + P × Q0 = (hX h−1 ) × X k + X h × (kX k−1 ) = (h + k)X h+k−1 .
On a donc bien
(P × Q)0 = P 0 × Q + P × Q0 .
n m
h
bk X k deux éléments de
P P
. Deuxième étape : Soient P = ah X et Q =
h=0 k=0
K[X]. On a :
n
! m
!!0
X X
(P × Q)0 = ah X h × bk X k
h=0 k=0
n m
!
X X
= ah bk (X h × X k )0
h=0 k=0
n m
!
X X
= ah bk ((X h )0 × X k + X h × (X k )0 ) d’après l’etape N 0 1.
h=0 k=0
n m
! n m
!
X X X X
= ah bk (X h )0 × X k + ah bk X h × (X k )0
h=0 k=0 h=0 k=0
n
! m
! n
! m
!
X X X X
= ah (X h )0 bk X k + ah X h bk (X k )0
h=0
| {z } | k=0 {z } | h=0
{z }| k=0
{z }
=P’ =Q =P =Q0

= P 0 × Q + P × Q0 .
Ainsi (P × Q)0 = P 0 × Q + P × Q0 . 
Remarque 3.13. D’après 1) et 2) de la Proposition 3.8, la dérivation des
polynômes : K[X] −→ K[X]
P 7−→ P 0
est endomorphisme du K- espace vectoriel K[X].

3.7.2 Dérivées successives et quelques formules

Définition 3.15. Soit P un polynôme de K[X]. On définit par récurrence


le polynôme dérivé d’ordre n du polynôme P, que l’on note P (n) , comme
suit :
(0) déf.
 
(k) (k−1) 0
P = P et ∀k ∈ {1, · · · , n} P = (P ) .

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Dérivation des polynômes 103

n
ak X k ∈ K[X]. En remarquant que :
P
Soit P =
k=0

(X k )(k) = k × (k − 1) × · · · × 2 × 1X 0 = k!,
| {z }
k!

on a ∀i ∈ {0, 1, · · · , n},
n
X
(i)
ak k(k − 1) × (k − 2) · · · × (k − i + 1)X k−i .

P =
k=i

En particulier pour i = n, on a :

P (n) = an × n × (n − 1) × (n − 2) · · · × 2 × 1 X 0 = an × n!
| {z }
n!

et pour tout i > n, P (i) = 0K[X] d’òu on a le resultat :


Proposition 3.9. Formules de MacLaurin pour les polynômes
Soit P = a0 + a1 X + a2 X 2 + · · · + an X n un élément de K[X]. On a

P˜(k) (0)
∀k ∈ {0, 1, 2, · · · , n} ak =
k!
où P˜(k) est la fonction polynomiale associée à P (k) . En d’autres termes, si P
est un polynôme de degré n alors
P̃ 0 (0) P 00˜(0) 2 P (n)˜(0) n
P = P̃ (0) + X+ X + ··· + X
1! 2! n!
Démonstration : Pour tout i ≤ n, on peut écrire
n
P˜(i) (x) =
X
ak × k(k − 1)(k − 2) · · · (k − i + 1)xk−i


k=i
n
X
ak × k(k − 1)(k − 2) · · · (k − i + 1)xk−i

= ai × i! +
k=i+1

En choisissant x = 0, on deduit que P˜(i) (0) = ai × i! pour tout i ≤ n. On


vérifie de même que P˜(0) = a0 , ce qui termine la démonstration. 

Plus généralement, on a la formule de Taylor pour les polynômes dans la-


quelle pour c = 0, on retrouve la formule de MacLaurin pour les polynômes.
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Racines d’un polynôme 104

Proposition 3.10. Formule de Taylor pour les polynômes


Soient c ∈ K et P ∈ K[X] tel que deg(P ) = n. on a
P̃ 0 (c) P˜00 (c) P (n)˜ (c)
P = P̃ (c) + (X − c) + (X − c)2 + · · · + (X − c)n
1! 2! n!
Démonstration : Admise.
Exercice d’application 3.1. Trouver un polynôme P appartient à R[X] tel
que :
P̃ (1) = 3, P̃ 0 (1) = 4, P˜00 (1) = 5 et ∀ n ≥ 3 P˜(n) (1) = 0.
Proposition 3.11. (Formule de Leibniz)
k
∀(P, Q) ∈ K[X] × K[X] et ∀k ∈ N, on a : (P × Q)(k) = Cki P (i) Q(k−i) .
P
i=0
Démonstration : La démonstration se fait comme celle de la formule de
binôme de Newton ( voir Théorème 1.7.).

3.8 Racines d’un polynôme

3.8.1 Définition d’une racine

Définition 3.16. Soit P un polynôme de K[X]. On dit que α ∈ K est une


racine ou un zéro du polynôme P si :
P̃ (α) = 0
òu P̃ désigne la fonction polynomiale associée au polynôme P.
Remarque 3.14. Il est important de noter que les racines d’un polynôme ap-
partiennent, par définition, au corps sur lequel le polynôme est défini. Ainsi
les racines d’un polynôme P de R[X] appartiennent toutes à R. Cependant,
il arrive fréquemment que l’équation P̃ (α) = 0 admette des solutions α com-
plexes. Dans ce cas-là, on dira encore que α est une racine de P mais en
prenant garde de préciser clairement que que cette racine appartient non à R
mais à C.
Par exemple P = X 2 + 1 ∈ R[X] et il n’admet aucune racine (sous-entendu
sur R) mais on vérifie que i et − i sont des racines de P dans C.
La proposition suivante donne une condition nécessaire et suffisante pour
qu’un scalaire soit une racine d’un polynôme.
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Racines d’un polynôme 105

Proposition 3.12. Soit P un élément de K[X]. L’élément α est une racine


P si, et seulement si, X − α divise P. En d’autres termes :

P̃ (α) = 0 ⇔ ( ∃Q ∈ K[X], P = (X − α)Q ) .

Démonstration : En effectuant la division euclidienne de P par X − α


on obtient un couple unique (Q, R) de K[X] × K[X] tel que

P = (X − α) × Q + R avec deg(R) < 1.

Le polynôme R est donc un polynôme constant, il est donné par

R = P̃ (α)

car en prenant x = α dans la relation

P̃ (x) = (x − α) × Q̃(x) + R̃(x)

valable pour tout x ∈ K, on obtient

R̃(α) = P̃ (α).

On en déduit que

P̃ (α) ⇔ R̃(α)
⇔ R=0
⇔ P = (X − α)Q

3.8.2 Multiplicité d’une racine

Définition 3.17. Soit P un polynôme de K[X].


On dit que α ∈ K est une racine de multiplicité k de P s’il existe un polynôme
Q de K[X] tel que

P = (X − α)k × Q et Q̃(α) 6= 0.

L’entier naturel k s’appelle alors l’ordre de multiplicité (ou la multipli-


cité) de la racine α.
Remarque 3.15. 1. Dans le cas où la multiplcité d’une racine α d’un
polynôme P est 1, 2, 3, · · · , n, on dit que α est une racine simple,
double, triple, · · · , n-uple de P respectivement.
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Racines d’un polynôme 106

2. Si la multiplicité k d’une racine α de P vérifie k > 1, on dit que α est


une racine multiple de P .
Exemple 3.9.

Nous admettons le resultat suivant :


Proposition 3.13. Soit P un polynôme de K[X]. Si les éléments α1 , α2 , · · · , αm
de K sont des racines distinctes de P, de multiplicités respectives k1 , k2 , · · · , km
alors il existe un polynôme Q de K[X] tel que :
m
!
not. Y
P = (X − α1 )k1 × (X − α2 )k2 × · · · (X − αm )km × Q = (X − αi )ki × Q
i=1

avec Q̃(αi ) 6= 0 pour tout i ∈ {1, 2, · · · , m}.


Remarque 3.16. On déduit de la Proposition 3.13 que :
deg(P ) = k1 + k2 + · · · + km + deg(Q).
Ainsi, la somme des multiplicités des racines distinctes d’un polynôme est
inférieure ou égale au degré de ce dernier :
k1 + k2 + · · · + km ≤ deg(p).
Par conséquent :
. tout polynôme P ∈ K[X] de degré n ≥ 1 posséde au plus n racines dis-
tinctes ;
. tout polynôme P ∈ K[X] de degré n possédant n + 1 racines distinctes est
nécessairement nul.

3.8.3 Multiplicité d’une racine et polynômes dérivés

Debutons cette sous section par le resultat suivant :


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Racines d’un polynôme 107

Lemme 3.2. Soit P un élément de K[X]. Si α est une racine de multiplicité


k > 1 de P alors α est une racine de multiplicité k − 1. de P 0
Démonstration Par définition, le scalaire α ∈ K est une racine de mul-
tiplicité k > 1 de P si, il existe un polynôme Q1 de K[X] tel que
P = (X − α)k × Q1 et Q̃1 (α) 6= 0.
En dérivant on obtient
P 0 = k(X − α)k−1 × Q1 + (X − α)k × Q01
= (X − α)k−1 × Q2 avec Q2 = kQ1 + (X − α) × Q01
et on vérifie que l’on a
Q̃2 (α) = k Q̃1 (α) 6= 0.
On a ainsi exhibé un polynôme Q2 ∈ K[X] tel que P 0 = (X − α)k−1 × Q2
avec Q̃2 (α) 6= 0, autrement dit on a montré que α est une racine de P 0 de
multiplicité k − 1 .

La proposition suivante donne une condition nécessaire et suffusante pour


qu’un scalaire soit une racine de multiplicité k d’un polynôme.
Proposition 3.14. Soit P un élément de K[X]. Le scalaire α ∈ K est une
racine de multiplicité k de P si, et seulement si,
˜ (α) = 0 et P˜(k) (α) 6= 0.
P̃ (α) = P̃ 0 (α) = P˜00 (α) = · · · = P (k−1)
Démonstration : . Le resultat est trivialement obtenu pour k = 1.
. Faisons la démonstration pour k > 1.
⇒) Supposons que α est une racine de P de multiplicité k > 1. Alors, d’après
le Lemme 3.2, α est une racine de P 0 de multiplicité k − 1. En réitérant le
raisonnement, on obtient que α est une racine de P 00 de multiplicité k − 2,
et ainsi de suite · · · , on obtient finalement que α est une racine de P (k−1) de
multiplicité 1 ( c’est une racine simple). On en déduit donc qu’il existe un
polynôme Q ∈ K[X] tel que
P (k−1) = (X − α) × Q avec Q̃(α) 6= 0.
En dérivant, on obtient :
P (k) = (X − α) × Q0 + Q avec P˜(k) (α) = Q̃(α) 6= 0.
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Racines d’un polynôme 108

⇐) Supposons d’une part que α est une racine de P, P 0 , P 00 , · · · , P (k−2) , P (k−1)


et d’autre part que P˜(k) (α) 6= 0. On a d’après la formule de Taylor :
P˜(k) (α) k
˜ (α)
P (k+1) k+1 P˜(n) (α)
P = (X − α) + (X − α) + ··· + (X − α)n
k! (k + 1)! n!
 
 P˜(k) (α) P (k+1)
˜ (α) P˜(n) (α) 
k n−k 
= (X − α)  + (X − α) + · · · + (X − α) 

 k! (k + 1)! n! 
| {z }
=Q
˜(k)
= (X − α)k × Q avec Q̃(α) = P k!(α)
et Q̃(α) 6= 0 car par hypothèse P˜(k) (α) 6= 0. Ainsi, on a une racine de multi-
plicité k de P. 
Exemple 3.10. Considérons le polynôme P = X 3 − 3X + 2 ∈ R[X]. On a :
P 0 = 3X 2 − 3, et P 00 = 6X.
P admet 1 pour racine double car P̃ (1) = P̃ 0 (1) = 0 et P˜00 (1) = 6 6= 0.

3.8.4 Corps algébriquement clos

Définition 3.18. Un polynôme P ∈ K[X] de degré n est dit scindé sur


K( ou scindable sur K) s’il existe β ∈ K∗ et n scalaires α1 , α2 , · · · , αn non
nécessairement distincts deux à deux appartenant à K tels que :
n
Y
P = β (X − αk ).
k=1
Il est évident que la notion de polynômes scindés dépend étroitement du
corps K considéré, comme on peut le vérifier dans l’exemple suivant :
Exemple 3.11. 1. Le polynôme P = X 2 − 2 peut être considéré comme
un élément de Q[X], R[X] ou C[X]. Il n’est pas scindé sur Q mais il en
revanche scindé sur R et sur C car
√ √
P = (X − 2)(X + 2).
2. Le polynôme P = 2X 2 + 2 appartient à Q[X], R[X] ou C[X]. Il n’est ni
scindé sur Q, ni scindé sur R. Il est en revanche scindé sur C car
P = 2(X − i)(X + i) avec − i, i ∈ C \ R.

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Etude des polynômes de C[X] et R[X] 109

Définition 3.19. Un corps K est dit algébriquement clos lorsque tout


polynôme de K[X] de degré n ≥ 1 admet au moins une racine dans K. En
d’autres termes le corps K est est dit algébriquement clos lorsque tout
polynôme non nul de K[X] est scindé sur K.
On peut remarquer d’après l’Exemple 3.11 que les corps Q et R ne sont pas
algébriquement clos. Dans la section suivante, nous donnerons un exemple de
corps algébriquement clos.

3.9 Etude des polynômes de C[X] et R[X]

Dans la pratique, les calculs s’effectuent généralement en considérant comme


corps de référence, le corps C des nombres complexes ou le corps R des
nombres réels. Nous portons donc une attention particulière aux polynômes
à coefficients complexes dans un premier temps et ceux à coefficients réels
dans un second temps.

3.9.1 Polynômes de C[X]

Le théorème suivant appelé théorème fondamental de l’algèbre et


aussi connu sous le nom de thérème de d’Alembert-Gauss nous permettra
de dire que le corps C est algébriquement clos.
Théorème 3.10. (de d’Alembert-Gauss )
Tout polynôme de C[X] de degré n ≥ 1 admet au moins une racine dans C.
Démonstration : Admise. 
Remarque 3.17. Il résulte du théorème de d’Alembert-Gauss que que le
corps C est algébriquement clos. De plus, on a :
1. Les seuls polynômes irréductibles de C[X] sont ceux de degré 1.
2. Tout polynôme non nul de C[X] est scindé sur C.
3. Tout polynôme de C[X] de degré n ≥ 1 possède n racines (distinctes ou
confondues) comptées avec leurs multiplicités dans C.
Si on note α1 , α2 , · · · , αm les m racines distinctes de multiplicités respectives
k1 , k2 , · · · , km du polynôme de degré non nul n, P = a0 + a1 X + a2 X 2 + · · · +
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Etude des polynômes de C[X] et R[X] 110

an X n , alors
m ≤ n et k1 + k2 + · · · + km = n,
et le polynôme P se factorise sous la forme :
m
Y
P = an (X − αi )ki .
i=1

Il est à noter la présence du coefficient an qui est non nul car deg(P ) = n
dans cette factorisation. On dit qu’on a effectué la décomposition de P en
produits de facteurs irréductibles dans C[X].

3.9.2 Polynômes de R[X]

Puisque R ⊂ C, tout polynôme de R[X] est aussi un élément de C[X]


et on peut donc lui appliquer le théorème de d’Alembert-Gauss. Ainsi tout
polynôme de R[X] de degré n possède n racines (distinctes ou confondues)
dans C.
Proposition 3.15. Soit P un élément de R[X]. Le scalaire α ∈ C est une
racine de P de multiplicité k dans C si, et seulement si, son conjugué ᾱ est
une racine de P de multiplicité k dans C.
¯
Démonstration : Notons que si P ∈ R[X] et si α ∈ C alors P̃ (ᾱ) = P̃ (α).
D’après le résultat de la Proposition 3.14, le scalaire α est une racine de
multiplicité k de P si, et seulement si,
˜ (α) = 0 et P˜(k) (α) 6= 0.
P̃ (α) = P̃ 0 (α) = P˜00 (α) = · · · = P (k−1)

En procédant par équivalence, on vérifie qu’on a pour tout entier


i ∈ {1, 2, · · · , k − 1} :
¯
P˜(i) (α) = 0 ⇔ P˜(i) (α) = 0 ⇔ P˜(i) (ᾱ) = 0.

En s’intéressant à la dérivée k-ième, on a :


¯
P˜(k) (α) 6= 0 ⇔ P˜(k) (α) 6= 0 ⇔ P˜(k) (ᾱ) 6= 0.

Ainsi se termine la démonstration. 

On a aussi
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Etude des polynômes de C[X] et R[X] 111

Proposition 3.16. Tout polynôme de R[X] de degré impair admet au moins


une racine réelle.

Démonstration : Admise.

Polynômes irréductibles dans R[X]

Nous savons déjà que le corps R n’est pas algébriquement clos. Par suite,
les polynômes irréductibles de R[X] sont :

1. Les polynômes de degré 1, c’est-à-dire les polynômes de la forme

aX + b avec a ∈ R∗ et b ∈ R.

2. Les polynômes de degré 2 ne possédant aucune racine réelle, c’est-à-dire


les polynômes de la forme

aX 2 + bX + c avec a ∈ R∗ , b ∈ R, c ∈ R et b2 − 4ac < 0.

On montre facilement que tout polynôme de R[X] de degré supérieur ou égal


à 3 est nécessairement réductible.

Factorisation irréductible dans R[X]

Soit P, un polynôme de R[X] de degré n :

P = a0 + a1 X + a2 X 2 + · · · + an X n .

D’après le théorème de d’Alembert-Gauss, P possède n racine (distinctes ou


confondues) dans C. Nous ne nous intéressons qu’aux racines distinctes. Sup-
posons que certaines de ces racines soient réelles. Notons-les α1 , α2 , · · · , αm
de multiplicités respectives k1 , k2 , · · · , km . Les autres racines appartiennent
nécessairement à C \ R(c’est-à-dire elles ont des parties imaginaires non
nulles). D’après la Proposition 3.15, nous pouvons les classer par couples de
racines complexes conjuguées (β1 , β¯1 ), (β2 , β¯2 ), · · · , (βq , β¯q ), de multiplicités
respectives h1 , h2 , · · · , hq . On a nécessairement :

k1 + k2 + · · · + km + 2(h1 + h2 + · · · + hq ) = n
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Liens entre les coefficients et les racines d’un polynôme 112

et le polynôme P se factorise sur C de la mannière suivante :


q
m
! !
Y Y
P = an (X − αi )ki × (X − βj )hj (X − β¯j )hj
i=1
| {z } | j=1 {z }
racines dans R racines dans C \ R
q
m
! !
Y Y
= an (X − αi )ki × (X 2 − 2Re (βj )X + |βj |2 )hj
i=1 j=1

Ainsi la décomposition du polynôme P sur R est :


q
m
! !
Y Y
P = an (X − αi )ki × (X 2 − 2Re (βj )X + |βj |2 )hj . 
i=1 j=1

Exemple 3.12. Considérons



le polynôme

P = X 4√+ 1 de R[X]. Les √
racines
de P sont : β1 = 22 (1 + i), β¯1 = 22 (1 − i), β2 = − 22 (1 + i), β¯2 = − 22 (1 − i).
Par suite on a :

P = (X − β1 )(x − β¯1 )(X − β2 )(X − β¯2 )


√ √ √ √
2 2 2 2
= [X − (1 + i)][X − (1 − i)][X + (1 + i)][X + (1 − i)]
2√ 2√ 2 2
= (X 2 − 2X + 1)(X 2 + 2X + 1)

Ainsi la décomposition de P sur R est :


√ √
P = (X 2 − 2X + 1)(X 2 + 2X + 1).

3.10 Liens entre les coefficients et les racines d’un polynôme

Considérons premièrement, l’exemple suivant :


Exemple 3.13. Soit (a, b, c) ∈ K3 et P = (X − a)(X − b)(X − c) ∈ K[X].
On a P = X 3 − (a + b + c)X 2 + (ab + ac + bc)X − abc. Si on pose P =
(δ, γ, β, 1, 0K[X] , · · ·) i.e. P = X 3 + βX 2 + γX + δ alors β = −(a + b + c), γ =
(ab + ac + bc) et δ = −abc.
Ainsi si un polynôme P ∈ K[X] unitaire de degré 3 est scindé, il existe un
système (a, b, c) ∈ K3 de racines de P. Par suite on aurait β = −(a + b +
c), γ = (ab + ac + bc) et δ = −abc.

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Polynômes d’interpolation de Lagrange 113

Définition 3.20. Soit n ∈ N∗ , p ∈ [[1, n]] et (a1 , · · · , an ) ∈ Kn .


On appelle p-ième fonction symétrique ! élémentaire de la famille (a1 , · · · , an ),
P Qp
le scalaire : σp = aij
(i1 ,i2 ,···,ip )∈[[1,n]]p j=1
i1 < i2 < · · · < ip
n
P n
Q
Remarque 3.18. 1. σ1 = ai et σn = ai
i=1 i=1
2. Pour tout p ∈ [[1, · · · , n]], la fonction symétrique élémentaire σp de
(a1 , · · · , an ) comporte Cnp termes.
Théorème 3.11. Soit n ∈ N∗ et P = a0 + a1 X + a2 X 2 + · · · + an X n ∈ K[X]
de degré n, scindé. On note (x1 , · · · , xn ) un système de racines de P . Pour
tout p ∈ [[1, n]], on note σp la p-ième fonction symétrique élémentaire de la
famille (x1 , · · · , xn ). Alors pour tout p ∈ [[1, n]], on a :
(−1)p an−p
σp =
an
Exercice 3.1. Soit P = X 3 − 2X 2 + X − π et (x1 , x2 , x3 ) un système de
3 3 3
2 1 1
P P P
racines de P. Calculer S1 = x i , S2 = xi et S3 = x2
.
i
i=1 i=1 i=1

Exercice 3.2. Trouver les racines dans C du polynôme P = X 4 −X 3 −7X 2 +


X + 6 sachant qu’il possède deux racines dont la somme est 0.

3.11 Polynômes d’interpolation de Lagrange

L’objectif de cette section est de résoudre le problème suivant : Etant


donnés n + 1 points Mi du plan de coordonnées (xi , yi ) avec i ∈ [[0, · · · , n]] où
les xi sont tous distincts, on cherche à interpoler les points M0 , · · · , Mn par
une fonction polynômiale. Cela revient à chercher un polynôme P ∈ K[X]
dont la courbe représentative de P̃ passe exactement par ces points. Plus
précisément ceci revient à avoir

∀i ∈ [[0, · · · , n]], P̃ (xi ) = yi .

Théorème Définition 3.1. Soient n ∈ N, x0 , · · · , xn des éléments de K deux


à deux distincts.
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Quelques exercices 114

1. Pour
 chaque i ∈ [[0, · · · , n]], il existe un unique Li ∈ K[X] tel que :

 deg(Li ) ≤ n
∀j ∈ [[0, · · · , n]], (j 6= i ⇒ L̃i(xj ) = 0) .

 L̃ (x ) = 1
i i
n
1
Q
Ce polynôme Li est donné par Li = n
Q (X − xj ). Les po-
(xi −xj ) j=0,j6=i
j=0,j6=i

lynômes Li , i ∈ [[0, · · · , n]] sont appelés les polynômes d’interpola-


tion de Lagrange sur les points x0 , · · · , xn .
n+1
( (y0 , · · · , yn ) ∈ K , il existe un unique polynôme P ∈ K[X]
2. Pour tout
deg(P ) ≤ n
tel que .
∀i ∈ [[0, · · · , n]], P̃ (xi ) = yi
n
P
Ce polynôme P est donné par P = yi Li . Le polynôme P est appelé
i=0
polynôme d’interpolation de Lagrange des n + 1 points Mi (xi , yi ) avec
i ∈ [[0, · · · , n]].

Exercice d’application 3.2. Déterminer le polynôme d’interpolation de La-


grange des quatre points M0 (−1, −1), M1 (0, 0), M2 (1, 1) et M3 (2, 0).

3.12 Quelques exercices

Exercice 3.3. Donner une factorisation irréductible dans R[X] des polynômes
suivants :
1. P = X 6 + 1.
2. Q = X 8 + X 4 + 1.
3. R = X 6 − 2(cosφ)X 3 + 1 avec φ ∈ [0, π[

Exercice 3.4. On considère le polynôme de R[X] donné par


P = X 5 − X 3 + X 2 − 1.
1. Justifier que 1 est une racine simple et −1 est une racine doudle de P.
2. Donner la factorisation irréductible dans R du polynôme P.

Exercice 3.5. Pour quelles valeurs de l’entier naturel n le polynôme


(X + 1)n − X n − 1 est-il divisible par X 2 + X + 1?

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Quelques exercices 115

Exercice 3.6. 1. Déterminer le pgcd des polynômes suivants :


(a) P = X 7 − X et X 5 + 1.
(b) Pm = X m et Qn = (1 − X)n où (n, m) ∈ N∗ × N∗ .
2. Soient m et n deux entiers naturels tels que 0 < n ≤ m et q et r deux
autres entiers naturels tels que : m = nq + r avec 0 ≤ r < n. On
pose d = pgcd(n, m) et on considère les polynômes Pm = X m − 1 et
Qn = X n − 1.
(a) Mettre Pm sous la forme P = H × Qn × X r + X r − 1 où H désigne
un polynôme à préciser.
(b) Montrer que pgcd(Pm , Qn ) = X d − 1.
Exercice 3.7. Soit n un entier naturel non nul.
1. Résoudre z 4n − 1 = 0 dans C. On notera z1 , z2 , · · · , z4n−1 les racines. En
particulier, préciser les valeurs des quatre racines z0 , zn , z2n et z3n .
n−1
2. Vérifier que : ∀n ∈ N∗ ∀z ∈ C, 1 − z 4n = (1 − z 4 )
P 4k
z .
k=0

3. Montrer que pour tout n ∈ N et pour tout z ∈ C on a l’égalité suivante :
P 4k n−1
n−1
z 2 − 2izsin kπ kπ
Q  2 
z = 2n − 1 z + 2izsin 2n − 1 .
k=0 k=1
n−1 √
n
sin kπ
Q
4. En déduire que 2n = 2n−1 .
k=1

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Quelques exercices 116

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Chapitre Quatre

LE CORPS DES FRACTIONS


RATIONNELLES

4.1 Introduction

Dans ce chapitre, K désigne un corps commutatif qui peut être R ou C.


Nous avons vu dans le chapitre précédent que l’ensemble K[X] des polynômes
à coefficients dans K possède une structure d’anneau intègre qui n’est pas un
corps car les polynômes constants non nul sont ses seuls éléments inversibles.
Nous allons définir dans ce chapitre l’ensemble noté K(X) des fractions ra-
tionnelles. Les fractions rationnelles de K(X) sont aux polynômes de K[X] ce
que les nombres rationnels de Q sont aux entiers relatifs de Z. On construit
ainsi le corps K(X) contenant l’anneau des polynômes K[X]. Cette construc-
tion peut s’adapter à tous les anneaux intègres. Elle ne sera qu’évoquée dans
les lignes qui suivent. Comme les polynômes, les fractions rationnelles sont des
objets abstraits, plus algébriques qu’analytiques. Par exemple la dérivation
est purement formelle. L’essentiel est de savoir calculer avec les fractions
rationnelles, et ce ne sont pas les calculs qui manquent. Vous devrez donc
apprendre un certain nombre de techniques qui pourront vous éviter de vous
noyer. Après quoi, vous verrez en fin de chapitre des applications surpre-
nantes des fractions rationnelles. La partie la plus utilitaire de ce chapitre
reste l’application au calcul de primitives.
Définition d’une fraction rationnelle 118

4.2 Définition d’une fraction rationnelle

4.2.1 Définition d’une fraction rationnelle

On note K[X]∗ , l’ensemble des polynôme à coefficients dans K privé du


polynôme nul 0K[X] . Autrement dit

K[X]∗ = K[X] \ {0K[X] }.

On considère sur K[X] × K[X]∗ , la relation R définie par : pour tous couples
(P1 , Q1 ) et (P2 , Q2 ) de K[X] × K[X]∗ ,

(P1 , Q1 )R(P2 , Q2 ) ⇔ P1 × Q2 = P2 × Q1 .

On prouve facilement que la relation R ainsi définie est une relation d’équivalence
sur K[X] × K[X]∗ . Cela donne un sens à la définition suivante.
Définition 4.1. On appelle fraction rationnelle sur K, la classe d’équivalence
d’un couple (P, Q) ∈ K[X] × K[X]∗ modulo R. On le note Q P
. En d’autres
termes,
P déf.
= {(A, B) ∈ K[X] × K[X]∗ , P × B = A × Q}.
Q
Le couple (P, Q) de K[X] × K[X]∗ est alors un représentant de la fraction ra-
P
tionnelle Q . Le polynôme P se nomme le numérateur et Q le dénominateur
P
de Q .
On note K(X), l’ensemble quotient de K[X]×K[X]∗ par la relation d’équivalence
R. En d’autres termes,
déf. P
K(X) = { , (P, Q) ∈ K[X] × K[X]∗ }
Q
Remarque 4.1. 1. La classe d’équivalence du couple (0K[X] , Q) de K[X] ×
K[X]∗ suivant la relation R est appelée fraction rationnelle nulle.
2. R étant une relation d’équivalence, on en déduit que deux couples (P, Q)
et (A, B) de K[X] × K[X]∗ sont équivalents suivant R si et seulement
si P × B = A × Q. Autrement dit, pour tous couples (P, Q) et (A, B)
appartenant à K[X] × K[X]∗
P A
= ⇔ P × B = A × Q.
Q B
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Définition d’une fraction rationnelle 119

On rappelle que tous les éléments d’une même classe d’équivalence sont
représentants de la classe à laquelle ils appartiennent. Tout couple (C, D)
de K[X]×K[X]∗ vérifiant P ×D = C×Q peut donc être considéré comme
P
représentant de la (classe d’équivalence) fraction rationnelle Q . Ainsi la
0K[X]
fraction rationnelle nulle est 1K[X] .

Définition 4.2. On appelle représentant irréductible (ou forme irréductible)


d’une fraction rationnelle non nulle F de K(X), tout représentant (A, B) ∈
K[X]∗ × K[X]∗ tel que A ∧ B = 1.
P
Remarque 4.2. Toute fraction rationnelle non nulle F = Q de K(X) possède
(P ∧Q)×U U
un représentant irréductible. En effet, on a F = (P ∧Q)×V = V avec U ∧ V = 1
et (U, V ) est un représentant irréductible de F.
Tout autre représentant irréductible de F est de la forme (λU, λV ) avec λ ∈ K
et λ 6= 0K .
On dit que F admet pour forme irréductible, la fraction rationnelle VU .
X 4 −X 2 X 2 (X+1)
Exemple 4.1. La fraction X 2 −3X+2 admet pour forme irréductible X−2
2
−X4 2 X (X−1)(X+1) X 2 (X+1)
car XX2 −3X+2 = (X−1)(X−2) = X−2 puis X 2 (X + 1) et X − 2 sont premiers
entre eux.

4.2.2 Opérations sur K(X)

On munit l’ensemble K(X) de deux lois de composition interne, l’addition


et la multiplication, notées respectivement + et × et définies pour tous QP11 ,
P2
Q2 appartenant à K(X) par :

P1 P2 P1 × Q2 + P2 × Q1 P1 P2 P 1 × P2
+ := et × :=
Q1 Q2 Q1 × Q2 Q1 Q2 Q1 × Q2
Ces lois sont bien définies car elles ne dépendent pas des représentants choisis
pour chacune des fractions rationnelles(A vérifier en exercice). Elles vérifient
de plus les propriétés suivantes :
. La loi + est associative et commutative sur K(X). Elle admet pour élément
0 P
neutre l’élément 1K[X]
K[X]
car pour tout élément Q de K(X)

P 0K[X] P × 1K[X] + 0K[X] × Q P


+ = = .
Q 1K[X] Q × 1K[X] Q
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Définition d’une fraction rationnelle 120

Tout élément Q P
de K(X) admet pour opposé la fraction rationnelle −P
Q que
P
l’on note − Q .
. La loi × est distributive par rapport à +.
. La loi × est associative et commutative sur K(X). La fraction rationnelle
1K[X] P
1K[X] estl’unité pour la loi × car pour tout élément Q de K(X)

P 1K[X] P × 1K[X] P
× = = .
Q 1K[X] Q × 1K[X] Q

. Toute fraction rationnelle non nulle P


Q de K(X) possède un inverse qui est Q
P.

Muni de ces lois, l’ensemble K(X) possède une structure de corps commu-
tatif.

4.2.3 Structure d’espace vectoriel sur K(X)

P
Définition 4.3. Etant donné la fraction rationnelle Q ∈ K(X) et le scalaire
P P
α ∈ K, on définit la fraction rationnelle noté α · Q (ou simplement α Q ) de
K(X) par :
P déf. α · P
α· = .
Q Q
La multiplication d’une fraction rationnelle de K(X) par un élément de
K ne définit pas un loi (de composition) interne sur K(X) mais une (de
composition) externe sur K(X). On l’appelle loi produit externe. Cette loi
possède les propriétés suivantes :

Proposition 4.1. La multiplication d’une fraction rationnelle de K(X) par


un élément de K vérifie :
1. ∀ α ∈ K ∀ ( QP11 , QP22 ) ∈ K(X) × K(X) α · ( QP11 + P2
Q2 ) =α· P1
Q1 +α· P2
Q2
P P P P
2. ∀ (α, β) ∈ K2 ∀ Q ∈ K(X) (α +K β) · Q =α· Q +β· Q
P P P
3. ∀ (α, β) ∈ K2 ∀ Q ∈ K(X) α(β · Q ) = (α ×K β) · Q
P P P
4. ∀ Q ∈ K(X) 1K · Q = Q

Démontration : Il suffit de revenir à la définition de la loi produit


externe. La rédaction est laissée en exercice. 
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Définition d’une fraction rationnelle 121

Théorème 4.1. L’ensemble K(X), muni de l’addition et la multiplication


des polynômes par un scalaire, a une structure de K espace vectoriel.
Démonstration : La preuve découle de la Proposition 4.1 et du fait que
(K(X), +) est un groupe commutatif. La rédaction est laissée en exercice. 

4.2.4 Injection canonique de K[X] dans K(X)

Considérons l’application φ : K[X] −→ K(X)


P
P 7−→ 1K[X]
L’application φ est injective. En effet, pour tout polynôme P et Q de K[X]
tels que φ(P ) = φ(Q), on a par définition de φ
P P
=
1K[X] 1K[X]
ou de manière équivalente

P × 1K[X] = P × 1K[X] ,

c’est-à-dire P = Q.
L’application φ s’appelle l’injection canonique de K[X] dans K(X).
Par l’intermédiaire de cette injection, on identifie tout polynôme P de K[X]
P
à la fraction rationnelle 1K[X] de K(X) et on note

P not.
= P
1K[X]
P
où φ est sous-entendu, l’écriture correcte étant << 1K[X] = φ(P ) >> . On
dit que l’on immerge l’ensemble des polynômes dans l’ensemble des fractions
rationnelles et on note 1
not.
K[X] ⊂ K(X).

4.2.5 Racines et pôles d’une fraction rationnelle

Commencons par définir les racines d’une fraction rationnelle.


P
Définition 4.4. Soit F = Q ∈ K(X), une fraction rationnelle irréductible et
non nulle.
1. Là encore, nous commettons un abus de notation. Nous devrions écrire φ(K[X]) ⊂ K(X).

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Définition d’une fraction rationnelle 122

On appelle racine de la fraction rationnelle F, toute racine du polynôme P


dans K[X].
On appelle ordre de multiplicité de la racine α de F l’ordre de multiplicité
de α en tant que racine de P dans K[X].

Maintenant, donnons la définition de la notion de pôle d’une fraction ra-


tionnelle.
P
Définition 4.5. Soit F = Q ∈ K(X), une fraction rationnelle irréductible et
non nulle.
L’élément β de K est appelé pôle de la fraction rationnelle F s’il est une
racine du polynôme Q dans K[X].
On appelle ordre de multiplicité du pôle β de F l’ordre de multiplicité
de β en tant que racine de Q dans K[X].

Remarque 4.3. Lorsque la multiplicité de la racine α (respectivement du


pôle β) d’une fraction rationnelle F est 1, 2, 3, · · · , n, on dit que α (respecti-
vement β) est une racine (respectivement un pôle) simple, double, triple,· · · ,
n-uple.
Comme pour les polynômes, les notions de racines et de pôles d’une fraction
rationnelle dépendent du corps K considéré.
2
Exemple 4.2. 1. La fraction rationnelle XX +1
2 +X+1 appartient à R(X) et à

C(X). Elle ne possède aucune racine et aucun pôle sur R. Par contre
elle admet sur C, les complexes −i et i pour racines(racines simples) et
les complexes j et j̄ pour pôles (pôles simples).
2
2. La fraction rationnelle G = (X−1)(X−3)4 de R(X) a pour racine 1 (racine
double) et pour pôle 3 (pôle quadruple)
P
Définition 4.6. A toute fraction rationnelle F = Q de K(X) on associe la
fonction
F̃ : K −→ K définie pour tout x appartenant à K privé de l’ensemble des
pôles de F par
P̃ (x)
F̃ (x) = .
Q̃(x)
Cette fonction est appelée fonction rationnelle associée à F.
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Décomposition d’une fraction rationnelle 123

Remarque 4.4. Contrairement à la fonction polynôme P̃ : K → K associée


à un polynôme P de K[X], qui est entièrement définie sur K, la fonction
rationnelle F̃ : K → K associée à une fraction rationnelle F de K(X) n’est
définie que sur l’ensemble K privé des pôles de F.

4.3 Décomposition d’une fraction rationnelle

4.3.1 Partie entière d’une fraction rationnelle


A
Soit B , une fraction rationnelle irréductible de K(X). La division eucli-
dienne de A par B dans l’anneau des polynômes K[X] nous assure l’existence
et l’unicité de deux polynômes Q et R de K[X] tels que :
A = Q × B + R et deg(R) < deg(B).
On obtient alors dans le corps des fractions rationnelles K(X),
A R
=Q+
B B
puisque
R Q R Q × B + R × 1K[X] Q×B+R A
Q+ = + = = = .
B 1K[X] B 1K[X] × B B B
A R
La fraction rationnelle B étant irréductible, la fraction rationnelle B est elle-
même irréductible et le degré de son numérateur est strictement inférieur à
celui de son dénominateur. Le polynôme Q se nomme partie entière de la
A
fraction rationnelle B . Il est nul si deg(A) < deg(B).

4.3.2 Décomposition en éléments simples sur K

Commencons par par les deux résultats préliminaires suivants.


R
Lemme 4.1. Soit B une fraction rationnelle irréductible de K(X), telle que
deg(R) < deg(B) et telle que le dénominateur B admet une décomposition
en facteurs premiers de K[X] de la forme
B = P1n1 × P2n2 × · · · × Pmnm .
Alors il existe m polynômes L1 , L2 , · · · , Lm appartenant à K[X] tels que
R L1 L2 Lm
= n1 + n2 + · · · + nm
Q P1 P2 Pm
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Décomposition d’une fraction rationnelle 124

avec deg(Li) < deg(Pini ) pour tout i compris entre 1 et m. Cette décomposition
est unique.

La preuve est un bon exercice de maison.

Le deuxième résultat préliminaire est le suivant.

Lemme 4.2. Soient n ∈ N∗ et PLn une fraction rationnelle irréductible de


K(X) telle que
deg(L) < deg(P n ). Alors il existe n polynômes S1 , S2 , · · · , Sn appartenant à
K[X] tels que
L S1 S2 Sn
= + + · · · +
Pn P P2 Pn
avec deg(Si ) < deg(P ) pour tout i compris entre 1 et n. Cette décomposition
est unique.

Démonstrastion : Raisonnons par récurrence sur l’entier naturel non nul


n.
I Le cas n = 1 est immédiat : on a S1 = L.
I Soit k ∈ N∗ . Supposons que le résultat soit vrai à l’ordre k et montrons-le
L
à l’ordre k + 1. Soit P k+1 une fraction rationnelle irréductible de K(X) telle
que deg(L) < deg(P k+1 ).
Par division euclidienne de L par P, il existe un couple unique (Lk , Sk+1 ) de
K[X] × K[X] tel que

L = P × Lk + Sk+1 avec deg(Sk+1 ) < deg(P ).

Par suite, on a l’égalité :


L Lk Sk+1
= + .
P k+1 P k P k+1
En remarquant que deg(L) = deg(P ) + deg(Lk ), on a puisque deg(L) <
deg(P k+1 ),
deg(P ) + deg(Lk ) < deg(P k+1 ), soit deg(P ) + deg(Lk ) < deg(P k ) + deg(P ).
Par suite
deg(Lk ) < deg(P k )
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Décomposition d’une fraction rationnelle 125

Cela nous autorise à utiliser pour la fraction PLkk l’hypothèse de récurrence :


il existe k polynômes S1 , S2 , · · · , Sk de K[X] tels que
Lk S1 S2 Sk
= + + · · · +
Pk P P2 Pk
avec deg(Si ) < deg(P ) pour tout i compris entre 1 et k et cette décomposition
est unique.
On a ainsi obtenu l’existence de k+1 polynômes S1 , S2 , · · · , Sk+1 appartenant
à K[X] tels que
L S1 S2 Sk+1
= + + · · · +
P k+1 P P2 P k+1
avec deg(Si ) < deg(P ) pour tout i compris entre 1 et k+1 et cette décomposition
est unique.
On conclut enfin que la propriété est vraie pour tout n ∈ N∗ . 
Exemple 4.3. Considérons la fraction rationnelle irréductible de R(X) donnée
par
2−X
F = (X−1) 2.

On a deg(L) < deg(P 2 ) donc d’après le lemme précédent, il existe deux po-
lynômes S1 et S2 de R[X] tels que
L S1 S2
= + 2 avec deg(Si ) < deg(P ) = 1 pour i ∈ {1, 2}
P2 P P
Les polynômes S1 et S2 sont nécessairement des polynômes constants : S1 = a
et S2 = b avec (a, b) ∈ R2 . On trouve a = −1 et b = 1 et par suite
2−X −1 1
= +
(X − 1)2 X − 1 (X − 1)2
D’une manière plus générale, on a le résultat suivant.
A
Théorème 4.2. Soit B une fraction rationnelle irréductible de K(X) dont
le dénominateur B admet une décomposition dans K[X] en produit de po-
lynômes irréductibles de la forme :
B = P1n1 × P2n2 × · · · × Pmnm .
A
Alors la fraction rationnelle B se décompose de mannière unique sous la
forme :
A S1,1 S1,2 S1,n Sm,1 Sm,2 Sm,n
=Q+ + 2 + · · · + n11 + · · · + + 2 + · · · + nmm
B P P1 P1 P Pm Pm
| {z } | m {z }
somme partielle relative à P1 somme partielle relative à P m

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Décomposition d’une fraction rationnelle 126

où Q ∈ K[X] est la partie entière, et pour tout k ∈ {1, 2, · · · , m}, les po-
lynômes Sk,1 , Sk,2 , · · · , Sk,nk appartiennent à K[X] et vérifient :

∀k ∈ {1, 2, · · · , m} : deg(Sk,1 ) < deg(Pk ), deg(Sk,2 ) < deg(Pk ), · · · , deg(Sk,nk ) <


deg(Pk )

Lorque l’on a déterminé cette somme, on dit que l’on a effectué la décomposition
A
en éléments simples sur K de la fraction rationnelle B .
Démonstration : La division euclidienne de A par B assure l’existence
d’un couple unique (Q, R) de K[X] × K[X] tel que
A = Q × B + Q avec deg(R) < deg(B)
A
et par suite la fraction rationnelle irréductible B de K(X) peut s’écrire de
manière unique sous la forme
A R R
=Q+ où la fraction rationnelle B est irréductible.
B B
Puisque la fraction B R
est irréductible et B = P1n1 × P2n2 × · · · × Pmnm , d’après
le Lemme 4.1 il existe m polynômes L1 , L2 , · · · , Lm de K[X] tels que
R L1 L2 Lm
= n1 + n2 + · · · + nm
B P1 P2 Pm
avec deg(Lk ) < deg(Pknk ) pour tout k ∈ {1, 2, · · · , m} et cette décomposition
est unique. Par suite, on obtient :
A L1 L2 Lm
= Q + n1 + n2 + · · · + nm .
B P1 P2 Pm
Puisque pour tout k ∈ {1, 2, · · · , m}, PLnkk est irréductible (dire pourquoi) et
k
que deg(Lk ) < deg(Pknk ), le Lemme 4.2 nous assure l’existence de nk po-
lynômes Sk,1 , Sk,2 , · · · , Sk,nk de K[X] tels que
Lk Sk,1 Sk,2 Sk,nk
= + + · · · +
Pknk Pk Pk2 Pknk
avec deg(Sk,i ) < deg(Pk ) pour tout i ∈ {1, 2, · · · , nk } et cette décomposition
est unique.
Par conséquent, on a :
   
A S1,1 S1,2 S1,n1 Sm,1 Sm,2 Sm,nm
=Q+ + 2 + · · · + n1 + · · · + + 2 + · · · + nm
B P P1 P1 Pm Pm Pm
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Décomposition d’une fraction rationnelle 127

Cette dernière décomposition correspond à la décomposition en éléments


A
simples de la fraction rationnelle B sur K, ce qui termine la démonstration.
Remarque 4.5. 1. La somme partielle relative au polynôme irréductible
Pk est aussi appelée partie relative au polynôme Pk . En particulier
lorsque Pk = X − α, c’est-à-dire lorsque α ∈ K est un pôle, alors la
somme partielle relative à Pk est appelée partie polaire relative à α
ou partie relative au pôle α.
2. Le polynôme Q correspond à la partie entière de la fraction rationnelle
A
B . Il est obtenu en faisant la division euclidienne de A par B.

Décomposition sur C

Le corps C des nombres complexes étant algébriquement clos, les


polynômes irréductibles de C[X] sont seulement ceux de degré 1. Ainsi tout
polynôme

B = bn X n + bn−1 X n−1 + · · · + b1 X + b0 ∈ C[X], bn 6= 0,

admet une décomposition en produit de polynômes irréductibles dans C[X]


de la forme :

B = bn (X − α1 )n1 (X − α2 )n2 · · · (X − αm )nm

où α1 , α2 , · · · , αm sont les racines dans C de B de multiplicités respectives


n1 , n2 , · · · , nm . Par conséquent tout élément simple de C(X) est de la forme :
λ
k
avec (λ, α) ∈ C2 et k ∈ N∗ .
(X − α)
La décomposition en éléments simples sur C d’une fraction rationnelle irréductible
A
B de C(X) s’écrit :

A λ1,1 λ1,2 λ1,n1


= Q+ + + · · · + +··· +
B X − α1 (X − α1 )2 (X − α1 )n1
| {z }
partie relative au pôle α1
λm,1 λm,2 λm,nm
+ + · · · +
X − αm (X − αm )2 (X − αm )nm
| {z }
partie relative au pôle αm
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Décomposition d’une fraction rationnelle 128

où pout tout k ∈ {1, 2, · · · , m}, les coefficients λk,1 , λk,2 , · · · , λk,nk appar-
tiennentà C. Dans la partie relative à chaque pôle, le coefficient à l’élément
simple de plus haut degré est nécessairement non nul. En d’autres termes,

λ1,n1 6= 0, λ2,n2 6= 0, · · · , λm,nm 6= 0.

Exemple 4.4. Considérons la fraction rationnelle irréductible de C(X) sui-


vante : (X 24+1)2 . Ici, la partie entière Q est nulle. La factorisation irréductible
du dénominateur dans C[X] est :

(X 2 + 1)2 = (X − i)2 (X + i)2 .

Les pôles −i et i sont tous d’ordre 2. La décomposition sur C est éléments


simples est :
4 −i −1 i −1
= + + +
(X 2 + 1) X − i (X − i)2 X + i (X + i)2
| {z } | {z }
partie relative à i partie relative à -i

Décomposition sur R.

Contrairement à C, le corps R n’est pas algébriquement clos : les polynômes


irréductibles de R[X] sont exactement ceux de degré 1 et ceux de degré 2 ne
poossédant aucune racine réelle, c’est-à-dire les polynômes de la forme

aX 2 + bX + c avec (a, b, c) ∈ R3 , a 6= 0 et b2 − 4ac < 0.

Par conséquent, on peut dire ue dans le corps des fractions rationnelles R(X),
il y a deux types déléments simples :
I les éléments simples dits de première espèce qui sont de la forme :
λ
k
avec (λ, α) ∈ R2 et k ∈ N∗ ;
(X − α)
I les éléments simples dits de seconde espèce qui sont de la forme :
λX + µ
2 k
avec (λ, µ) ∈ R2 , k ∈ N∗ et (a, b, c) ∈ R3 , a 6= 0, b2 −4ac < 0.
(aX + bX + c)
Ainsi dans la décomposition en éléments simples sur R d’une fraction ration-
A
nelle irréductible B de R(X), on trouve deux types de sommes partielles.
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Décomposition d’une fraction rationnelle 129

A
I Dans le cas où la fraction B de R(X) admet pour pôle de multiplicité n,
le réel α, on trouvera des sommes partielles de la forme :
λ1 λ2 λn
+ + · · · +
X − α (X − α)2 (X − α)n
avec λ1 , λ2 , · · · , λn appartenant à R.
I Dans le cas où la décomposition en produit de polynômes irréductibles de
B fait apparaı̂tre le facteur (aX 2 + bX + c)m avec aX 2 + bX + c un polynôme
de degré 2 irréductible de R(X) (c’est-à-dire tel que (a, b, c) ∈ R3 , a 6= 0 et
b2 − 4ac < 0), on trouvera des sommes partielles de la forme :
λ1 X + µ1 λ2 X + µ2 λn X + µn
+ + · · · +
aX 2 + bX + c (aX 2 + bX + c)2 (aX 2 + bX + c)n
avec λ1 , λ2 , · · · , λn , µ1 , µ2 , · · · , µn appartenant à R.
Exemple 4.5. Considérons la fraction rationnelle irréductible F de R(X)
donnée par
4X
F = (X−1)(X 2 +1) .

Cette fraction rationnelle est irréductible dans R[X] et n’admet pour pôle sur
R que le
réel 1. La décomposition en éléments simples de F sur R est de la forme :
4X λ αX + β
= + .
(X − 1)(X 2 + 1) X −
| {z }1 X 2+1
| {z }
partie relative au pôle 1 partie relative à X 2 + 1
En multipliant chaque membre de cette égalité par (X − 1) puis en évaluant
chaque membre en 1, on trouve λ = 2. On obtient alors :
4X 2 αX + β
= + .
(X − 1)(X 2 + 1) X − 1 X2 + 1
En multipliant chaque membre de cette égalité par (X 2 + 1) puis en évaluant
chaque membre en i et en −i, on obtient un système qui donne α = · · · et
β = ···
Par conséquent on a :
4X 2 ···X + ...
2
= + .
(X − 1)(X + 1) X − 1 X2 + 1

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Techniques de décomposition d’une fraction rationnelle 130

4.4 Techniques de décomposition d’une fraction rationnelle

4.4.1 Cas d’un pôle simple


A
Soit B une fraction rationnelle de K(X), irréductible, possédant (au moins)
un pôle simple α ∈ K. Le dénominateur B se factorise alors sous la forme :
B = (X − α) × C avec C̃(α) 6= 0.
La partie relative au pôle α ne contient contient q’un seul facteur simple ; elle
s’écrie sous la forme :
λ
où λ ∈ K et λ 6= 0.
(X − α)
Calculons λ. La méyhode que nous exposons maintenant est dite méthode
de multiplication et de remplacement. On a :
A λ T
= +
(X − α) × C C C
où T désigne un polynôme de K[X]. En multipliant par X − α cette égalité,
on obtient :
A (X − α) × T
=λ+
C C
. En évaluant cette fonction rationnelle en α, on obtient enfin
Ã(α)
λ=
B̃(α)
.
Remarque 4.6. Dérivons chacun des termes présents dans l’égalité B =
(X − α)C. On obtient B 0 = C + (X − α)C 0 , donc, on en déduit que :
B̃ 0 (α) = C̃(α).
La valeur de B̃ 0 (α) est non nulle car celle de C̃(α) est elle-même non nulle.
On en déduit la formule de dérivation suivante :
Ã(α)
λ=
B̃ 0 (α)
X
Exercice d’application 4.1. On donne F = (X−1)(X−2) dans R(X). Donner
en utilisant deux manières différentes, la décomposition en éléments simples
sur R de F .
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Techniques de décomposition d’une fraction rationnelle 131

Résultas :

4.4.2 Cas d’un pôle multiple

A1
Nous nous intéressons ici au cas d’une fraction rationnelle F = B1
de K(X),
irréductible poosédant (au moins) un pôle α ∈ K d’ordre de multiplicité
h ≥ 2. Le dénominateur B1 se factorise alors sous la forme :

B1 = (X − α)h × C1 avec C̃1 (α) 6= 0.

où C1 est un polynôme de K[X]). Dans la décomposition en éléments simples


sur K de cette fraction rationnelle, la partie relative au pôle α s’écrit :

λ1 λ2 λh
+ + · · · +
X − α (X − α)2 (X − α)h

où parmi les scalaires λ1 , λ2 , · · · , λh de K, seul λh est nécessairement non


nul. Le coefficient λ1 est appelé résidu du pôle α.
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Techniques de décomposition d’une fraction rationnelle 132

Calcul du coeeficient λh

λh
Le calcul du coeefficient λh présent dans l’élément simple (X−α)h , peut-être

mené indépendamment de celui des autres coefficients λ1 , λ2 , · · · , λh−1 . La


méthode consiste en une adaptation de la la méthode de multiplication et de
remplacement présenté pour le calcul dans le cas d’un pôle simple dans la
section précédente. On a :
A1 λ1 λ2 λh−1 λh T
= + + · · · + + +
(X − α)h × C1 X − α (X − α)2 (X − α)h−1 (X − α)h C1
où T désigne un polynôme de K[X]. En multipliant par (X −α)h cette égalité,
on obtient :
A1 h−1 (X − α)h × T
= λ1 (X − α) + · · · + λh−1 (X − α) + λh +
c1 C1
et en évaluant cette fonction rationnelle en α, on obtient enfin
Ã(α)
λ=
C̃(α)
.

Calcul simultané des coefficients λ1 , λ2 , · · · , λh

Il est possible de calculer les h coefficients λ1 , λ2 , · · · , λh simultanément.


La méthode se décompose en trois étapes.
Etape 1 : Elle consiste en un changement d’indéterminée :

Y =X −α

. On désigne par A2 (respectivement par C2 ) le polynôme de K[Y ] obtenu à


partir du polynôme A1 (respectivement C1 ) de K[X] en effectuant le change-
ment d’indéterminée ci-dessus., on a :
A1 A2
h
= h
(X − α) × C1 Y × C2
. Etape 2 : En effectuant la division selon les puissances à l’ordre h − 1 du
polynôme A2 de K[Y ] par le polynôme C2 de K[Y ] ( ce qui est possible car
C̃2 (α) = C̃1 (α 6= 0), on obtient :

A2 = C2 × (q0 + q1 Y + q2 Y 2 + · · · + qh−1 Y h−1 ) + Y h × R2


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Techniques de décomposition d’une fraction rationnelle 133

où q0 , q1 , q2 , · · · , qh−1 appartiennent à K et où R2 est un polynôme de K[Y ].


Etape 3 : On obtient
A2 C2 × (q0 + q1 Y + q2 Y 2 + · · · + qh−1 Y h−1 ) + Y h × R2
=
Y h × C2 Y h × C2
q0 + q1 Y + q2 Y 2 + · · · + qh−1 Y h−1 R2
= +
Yh C2
q0 q1 qh−1 R2
= + + · · · + +
Y h Y h−1 Y C2
On effectue alors le changement d’indéterminée inverse. En notant R1 le
plynôme de K[X] obtenu à partir du polynôme R2 de K[Y ] en effectuant
le changement d’indéterminé inverse, on trouve :
A1 A1 q0 q1 qh−1 R1
= h
= h
+ h−1
+ ··· + +
B1 (X − α) × C1 (X − α) (X − α) X − α C1
| {z }
partie relative au pôle α
Les éléments q0 , q1 , · · · , qh−1 de K ainsi déterminés sont les coefficients de la
A1
somme partielle relative au pôle α ∈ K de la fraction rationnelle B 1
∈ K(X) :

λh = q0 , λh−1 = q1 , λh−2 = q2 , · · · , λ1 = qh−1 .

Attention : L’ordre dans lequel apparaissent les coefficient dans la division


selon les puissances croiss ntes est inversé par rapport à l’ordre usuel des
coefficients λ1 , λ2 , · · · , λh dans l’écriture de la partie relative au pôle α. En
effet, le premier coefficient que l’on obtient en effectuant la divison est le
coefficient λh et non pas λ1 , le deuxième est λh−1 et non pas λ2 , · · ·
Exercice d’application 4.2. On donne F = (X−1)4X 2 (X 2 +1)2 dans R(X). Don-

ner la décomposition en éléments simples sur R de F .


Résultas :

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Techniques de décomposition d’une fraction rationnelle 134

4.4.3 Techniques de réduction du nombre de coefficients


Utilisation de la parité

Soit F une fraction rationnelle de K(X)( avec K = R ou C) possédant un


pôle α de multiplicité h ≥ 1. Dans la décomposition de F en éléments simples
sur K, la partie relative au pôle α s’écrit :
λ1 λ2 λh−1 λh
+ + · · · + + avec (λ1 , · · · , λh ) ∈ Kh .
X − α (X − α)2 (X − α)h−1 (X − α)h
Si de plus la fonction rationnelle F̃ associée à F , est paire ou impaire alors
−α est également un pôle de F de même multiplicité que α, la partie relative
au pôle −α s’écrit :
λ01 λ02 λ0h−1 λ0h
+ 2
+ · · · + h−1
+ h
avec (λ01 , · · · , λ0h ) ∈ Kh .
X + α (X + α) (X + α) (X + α)
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Techniques de décomposition d’une fraction rationnelle 135

Supposons que F̃ soit paire. En remplacant X par −X dans la partie relative


au pôle α, on a :
λ1 λ2 λh−1 λh
+ + · · · + +
−X − α (−X − α)2 (−X − α)h−1 (−X − α)h
−λ1 λ2 (−1)h−1 λh−1 (−1)h λh
= + + ··· + +
X + α (X + α)2 (X − α)h−1 (X − α)h
Par unicité de la décomposition , on obtient :

∀ k ∈ {1, 2, · · · , h}, λ0k = (−1)k λk .

En procédant de la même manière, on vérifie que si F̃ est impaire alors

∀ k ∈ {1, 2, · · · , h}, λ0k = (−1)k−1 λk .


2
2X +5
Exercice d’application 4.3. On donne F = (X 2 −1)3 dans R(X). Donner la

décomposition en éléments simples sur R de F .


Résultas :

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Techniques de décomposition d’une fraction rationnelle 136

Utilisation de la conjugaison

Supposons qu’une fraction rationnelle rationnelle possède pour pôle les


complexe conjugué α et ᾱ et que cette fraction rationnelle soit à coefficients
réels. Dans la décomposition de F en éléments simples sur C, la partie relative
au pôle α ∈ C \ R s’écrit :
λ1 λ2 λh−1 λh
+ + · · · + + avec (λ1 , · · · , λh ) ∈ Ch .
X − α (X − α)2 (X − α)h−1 (X − α)h
et celle relative au pôle ᾱ s’écrit :
β1 β2 βh−1 βh
+ + · · · + + avec (β1 , · · · , βh ) ∈ Ch .
X − ᾱ (X − ᾱ)2 (X − ᾱ)h−1 (X − ᾱ)h

Puisque F est à coefficients réels, on a F̃¯ = F̃ (i.e. la fraction rationnelle F̃


est égale à son conjugué). Ainsi, en conjugant la partie relative au pôle α, et
par unicité de la décomposition, on obtient :

∀ k ∈ {1, 2, · · · , h}, βk = λ¯k .


2
Exercice d’application 4.4. On donne F = (X 2X+X+1) +1
2 dans C(X). Donner

la décomposition en éléments simples sur C de F .


Résultas :

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QUELQUES EXAMENS 137

4.5 Quelques exercices

Exercice 1

1. Décomposer en éléments simples sur R, les fractions rationnelles de


4 5
−2 5X 2 +6X−23
R(X) suivantes : XX4 −1 , (X−1)X2 (X−2) , (X 24−1)2 , (X 2X−1)2 , X
X 2 −1 , (X−1)3 (X+1)2 (X−2) .
2. En effectuant des divisions euclidiennes successives, retrouver
la décomposition sur R suivante :
X5 + 2 X −1 X +3 −X + 1
= + + .
(X 2 + X + 1)3 X 2 + X + 1 (X 2 + X + 1)2 (X 2 + X + 1)3
3. Décomposer en éléments simples sur C, les fractions rationnelles de
2
C(X) suivantes : (X 2X+X+1)
+1 1
2 , (X n −1)2 .

Exercice 2

1. (a) Décomposer en éléments simples sur R, la fraction rationnelle :


1
X(X + 1)(X + 2)
(b) Soit n un entier naturel non nul. En déduire que
 
n 1 1 1
Σk=1 = − .
k(k + 1)(k + 2) 4 2(n + 1)(n + 2)
2. (a) Soient n et p deux entiers naturels non nuls. Montrer que :
 
1 1 1
Σpk=1 = − .
(n + k − 1)(n + k) n n+p
(b) En déduire l’égalité :
 
p 1 1 1
Σk=1 < − .
(n + k)2 n (n + p)

4.6 QUELQUES EXAMENS

Ann. Acad. : 2016-2017 Session : 01 Durée : 03 Heures

Questions de cours

Soit n ∈ N \ {0, 1}.


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Année Académique: 2019-2020.
QUELQUES EXAMENS 138

1. (a) Soit x ∈ Z. Montrer que x̄ ∈ Z/nZ est inversible si et seulement


si pgcd(x, n) = 1.
(b) Déterminer alors les éléments inversibles de l’anneau (Z/18Z, +, ×).
2. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) n est premier.
(ii) L’anneau (Z/nZ, +, ×) est intègre.
(iii) (Z/nZ, +, ×) est un corps.

Exercice 1

Soit n ∈ N \ {0, 1}. On considère les permutations σ de S12 et ρn de Sn ,


définies par : !
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
σ= et pour pour tout k ∈ {1, 2, · · · , n},
6 12 1 10 9 11 4 3 2 7 8 5
ρn (k) = n + 1 − k.
1. Déterminer toutes les inversions de σ puis déduire sa signature.
2. Décomposer σ en produit de cycles disjoints puis en produit de trans-
positions. Retrouver la signature de σ.
3. Calculer σ 1999 , σ 1979 et σ 2041 . On donnera les résultats en produit de
cycles.

4. Déterminer ρm n pour m ∈ N . Quel est alors l’ordre du sous-groupe de
Sn , engendré par ρn .
5. Décomposer ρn en produit de transpositions. (On pourra discuter suivant
la parité de n). Déduire la signature de ρn .
6. On suppose que n = 12. Calculer σ −1 ρ12 σ 2 .

Exercice 2
√ √
On considère l’ensemble Z[ 2] = {a + b 2, (a, b) ∈ Z2 }.

1. Montrer que Z[ 2] muni de l’addition et de la multiplication des réels
est un anneau intègre.
√ √
2. On considère l’application φ : Z[ 2] −→ Z[ 2]
√ √
a + b 2 7−→ a − b 2.

Montrer que φ est un automorphisme de l’anneau (Z[ 2], +, ·).
Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC
Année Académique: 2019-2020.
QUELQUES EXAMENS 139


3. Pour x ∈ Z[ 2], on pose N (x) = x · φ(x).
√ √
(a) Montrer que pour tout (x, y) ∈ Z[ 2]×Z[ 2], N (x·y) = N (x)·N (y).

(b) Démontrer que x est inversible dans Z[ 2] si et seulement si N (x) =
1 ou N (x) = −1.
√ √ √ √
(c) Déduire que les éléments (1− 2)n , (1+ 2)n , (3−2 2)n et (3+2 2)n

sont inversibles dans Z[ 2].
Ann. Acad. : 2016-2017 Session : 02 Durée : 03 Heures
Questions de cours
Soit K un corps, α un élément de K, P un élément de K[X] et k un élément
de N \ {0, 1}.
1. Montrer que si α est une racine de P de multiplicité k alors α est une
racine de P 0 de multiplicité k − 1.
2. Montrer que α est une racine de P de multiplicité k si, et seulement si,
˜ (α) = 0 et P˜(k) (α) 6= 0.
P̃ (α) = P̃ 0 (α) = P˜00 (α) = · · · = P (k−1)
3. Application : Déterminer une factorisation irréductible sur R[X] du
polynôme 8X 3 + 4X 2 − 2X − 1 sachant qu’il possède une racine double.
Exercice 1
On pose F =] − c, c[ (avec c > 0) et on définit la loi | par
x+y
∀(x, y) ∈ F 2 , x | y = .
1 + xy
c2

1. (a) Montrer que | est une loi de composition interne sur F.


(b) Montrer que (F, |) est un groupe abélien.
2. On considère l’application f : F −→ R
x 7−→ ln( x+c
c−x )
(a) Montrer que f est un isomorphisme du groupe (F, |)
dans le groupe (R, +).
(b) Montrer que I = {f −1 (x), x ∈ Z} est un groupe.
 pour | et x ∈ A.
3. Soit A, une partie finie non vide de F stable
 eF
 si n = 0
On rappelle que tout tout n ∈ N, xn = x | x | x · · · | x si n > 0
|
 {z }
n facteurs
Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC Dr Sylvain ATTAN
Année Académique: 2019-2020.
QUELQUES EXAMENS 140

(a) Montrer que l’application φ : N −→ A


n 7−→ xn n’est pas injective.
(b) En déduire que le symétrique de x pour | est un élément de A puis
que A est un sous groupe de F.

Exercice 2

On considère les polynômes A = X 4 + 4X 3 + 7X 2 + 6X − 10 et P = X 2 + 2X.


1. (a) Effectuer la division euclidienne de A par P .
(b) Déduire une expression de A en fonction de P uniquement.
(c) Factoriser l’expression ainsi obtenue.
(d) En déduire une factorisation en facteurs irréductibles du polynôme
A successivement dans Q[X], R[X], puis C[X].
2. (a) Quel est le pgcd D des polynômes A et B = P + 1.
(b) Déterminer les polynômes U0 et V0 tels que AU0 + BV0 = D

Ann. Acad. : 2017-2018 Session : 01 Durée : 03 Heures

Questions de cours

1. Soient (E, ∗) un groupe abélien, (F, ⊥) un ensemble structuré et f un


morphisme surjectif de l’ensemble structuré (E, ∗) dans l’ensemble struc-
turé (F, ⊥). Montrer que (F, ⊥) est un groupe abélien.
2. Soit (G, ∗) un groupe fini et H un sous-groupe de G. On définit sur G la
relation d’équivalence R donnée par : ∀(x, y) ∈ G2 , xRy ⇔ x0 ∗ y ∈ H
où x0 désigne le symétrique de x pour ∗. On note G|H, l’ensemble des
classes d’équivalence modulo R. Montrer que l’ordre de H divise celui
de G et card(G|H) × card(H) = card(G).

Exercice 1

Soit (G, ·) un groupe fini d’ordre n ∈ N \ {0, 1} d’élément neutre e vérifiant :


déf.
∀x ∈ G, x2 = e où x2 = x · x.
1. Montrer que le groupe G est abélien.
2. Soit a un élément de G distinct de l’élément neutre e.
(i) Quel est le sous-groupe A de G engenbré par a.
Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC
Année Académique: 2019-2020.
QUELQUES EXAMENS 141

Pour tout b ∈ G, on considère l’ensemble Hb = {b, ab} et on définit une


relation R sur G donnée par : ∀(x, y) ∈ G2 , xRy ⇔ y ∈ Hx .
(ii) Montrer que R est une relation d’équivalence sur G compatible avec
la loi ”·”
3. On note E, l’ensemble quotient de G par la relation d’équivalence R.
(i) Justifier que la correspondance ∗ : E × E −→ E
déf.
(x̄, ȳ) 7−→ x̄ ∗ ȳ = x · y
est une loi de composition interne sur E et que (E, ∗) est un groupe
abélien.
(ii) Justifier que le groupe E est d’ordre fini puis déterminer cet ordre.
4. Montrer que l’odre n du groupe G est une puissance de 2.

Exercice 2

Soit d un entier naturel supérieur ou égal à deux.


1. Soit m ∈ N. Montrer que si m est supérieur ou égal à 3 alors le nombre
entier naturel (md − 1) n’est pas premier.
2. On suppose que d = pq avec (p, q) ∈ N2 , p ≥ 2 et q ≥ 2. Montrer que
(2d − 1) est un multiple de (2p − 1) et de (2q − 1).
3. Justifier que si l’entier (2d −1) est premier alors d est un nombre premier.
4. Soit n ∈ N un entier naturel premier inférieur ou égal à 29.
(a) Déterminer suivant les valeurs de n, les restes possibles de la division
euclidienne de (2n − 1) par 47.
(b) Déduire alors le plus petit entier premier d tel que (2d − 1) ne soit
pas premier.

Exercice 3

On considère le polynôme suivant : P = −X 4 − 4X 3 − 3X 2 + 14X − 26.


1. Déterminer P GCD(P, P 0 ) où P 0 est le polynôme dérivé de P. Le po-
lynôme P possède-t-il une racine double ?
2. Calculer P̃ (−2+2i) et P̃ (1−i) où P̃ est la fonction polynômiale associée
à P.
Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC Dr Sylvain ATTAN
Année Académique: 2019-2020.
QUELQUES EXAMENS 142

3. (a) Déterminer toutes les racines complexes de P.


(b) Déduire la décompsotion en facteurs irréductibles dans R[X] du po-
lynôme P.
4. Donner la décomposition en éléments simples sur R et sur C de la frac-
tion rationnelle F = X
P.

Ann. Acad. : 2017-2018 Session : 02 Durée : 03 Heures

Questions de cours

Soient a et b deux éléments distincts de Z∗ . On pose I = {au+bv, (u, v) ∈ Z2 }.


1. Montrer que I est un idéal de l’anneau commutatif Z.
2. Justifier que I = λZ où λ = pgcd(a, b). On rappelle que λZ = {λn, n ∈
Z}.

Exercice 1

On considère l’ensemble Un = {z ∈ C, z n = 1} des racines nième de l’unité


avec n ∈ N∗ .
1. Montrer que Un muni de la multiplication des nombres complexes, est un
groupe abélien. Déterminer tous ses éléments sous forme exponentielle.
2. On considère l’application ϕ : Z 7−→ Un
2kπ
k 7−→ ei n .
(a) Montrer que ϕ est un morphisme du groupe (Z, +) dans le groupe
(Un , ×).
(b) Déterminer le noyau de ϕ.

3. On suppose dans la suite que n = 3 et on pose j = ei 3 .
(a) Vérifier que 1 + j + j 2 = 0.
(b) On pose A = {a+bj, (a, b) ∈ Z2 }. Montrer que A muni de l’addition
et de la multiplication de C est un anneau commutatif.
(c) Déterminer tous les éléments inversibles de A.

Exercice 2

On se propose de déterminer dans cet exercice tous les couples (m, n) ∈ N2 ,


solutions de l’équation (E) : 2m − 3n = 1.
Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC
Année Académique: 2019-2020.
QUELQUES EXAMENS 143

1. Soit k un entier naturel non nul.


(a) Quel est le reste de la division euclidienne de 9k par 8?
(b) Déterminer le reste de la division euclidienne de 32k + 1 par 8 puis
celui de 32k+1 + 1 par 8.
2. Soit (m, n) ∈ N2 , un couple solution de (E). Déduire de la question 1.
que m ≤ 2.
3. Déterminer alors tous les coulpes (m, n) ∈ N2 , solutions de (E).

Exercice 3

On considère les polynômes P = X 4 − 5X 3 + 4X 2 + 3X + 9 et Q = X 3 −


4X 2 − 3X + 18 puis l’idéal de R[X] donné par I = P R[X] + QR[X].
1. En utilisant l’algorithme d’euclide, déterminer P GCD(P, Q).
2. (a) Donner l’unique polynôme unitaire, générateur de l’idéal I.
(b) A-t-on (−X 2 + 6X − 9)(X + 4) ∈ I? (X − 3)(X + 3) ∈ I?
3. Déterminer toutes les racines réelles et complexes de P.
4. Donner une décomposition en produit de facteurs irréductibles sur R[X]
et sur C[X] du polynôme P.
5. Donner la décomposition en éléments simples sur R et sur C de la frac-
tion rationnelle F = X+3
P .

FIN

Ann. Acad. : 2018-2019 Session : 01 Durée : 03 Heures

NB : Aucun crédit ne sera accordé aux résultats non justifiés.


Questions de cours
Soit n un entier naturel tel que n ∈
/ {0, 1}.
1. Soit x ∈ Z. Montrer que x̄ ∈ Z/nZ est inversible si et seulement
si pgcd(x, n) = 1.
2. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) n est premier.
(ii) L’anneau (Z/nZ, +, ×) est intègre.
(iii) (Z/nZ, +, ×) est un corps.
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Année Académique: 2019-2020.
QUELQUES EXAMENS 144

3. Application. On pose H = 65Z + 104Z. L’anneau (Z/H, +, ×) est-il un


corps ?

Exercice 1
   
 1 α α 
déf. 
 

On considère l’ensemble F = M (α, β) =  0 β β  , (α, β) ∈ R × R

 
 0 β β 
et on pose E = R∗ × R. On définit sur E la correspondance notée ⊥ donnée
déf.
par : ∀(a, b) ∈ E ∀(x, y) ∈ E, (a, b) ⊥ (x, y) = (2ax, y + 2bx).
1. Montrer que (E, ⊥) est un ensemble structuré.
2. Montrer que F muni de la multiplication des matrices est un groupe non
commutatif. Le groupe F possède-t-il de sous-groupe(s) d’ordre 2 ? Si
oui les déterminer.
3. Monter que H = {M (0, β), β ∈ R∗ } est un sous-groupe de F. Le sous-
groupe H est-il distingué dans F ? (H, ×) est-il un groupe commutatif ?
4. On considère l’application ϕ : E −→ F
(u, v) 7−→ M (v, u).
(a) Montrer que ϕ est un isomorphisme d’ensembles structurés.
(b) Déduire que (E, ⊥) est un groupe isomorphe au groupe (F, ×).

Exercice 2

Soit (A, +, ·) un anneau. Pour tout (a, b) ∈ A2 , l’écriture ab signifie a · b. On


dit que l’anneau A est régulier lorsque

∀u ∈ A, ∃x ∈ A : u = uxu

1. Montrer que l’anneau A est intègre et régulier si et seulement si A est


un corps.
2. On appelle centre de l’anneau A, le sous-ensemble de A noté Z(A) défini
par :
Z(A) = {x ∈ A, ∀a ∈ A, ax = xa}.
(a) Montrer que Z(A) est un sous anneau de A.
(b) On suppose désormais que A est un anneau régulier. Soit u ∈ Z(A)
et x ∈ A tel que u = uxu. On pose y = xux.
Algèbre Fondamentale, Filière: M IA1 FAST/UAC
Année Académique: 2019-2020.
QUELQUES EXAMENS 145

(i) Calculer pour a ∈ A, uxa(1 − ux) et (1 − ux)aux et en déduire que


ux ∈ Z(A). (ii) Montrer que y = xux ∈ Z(A).
3. Montrer que si un anneau B est régulier, son centre Z(B) est également
un anneau régulier.

Exercice 3

On considère le polynôme P = an X n + an−1 X n−1 + · · · + a1 X + a0 ∈ Z[X],


un polynôme à coefficients entiers tel que an 6= 0 et a0 6= 0 et le polynôme
Q = X 3 + X 2 + mX + 6 avec m ∈ C.
1. (a)Montrer que si P possède une racine rationnelle ab ∈ Q avec a ∧ b = 1
alors a divise a0 et que b divise an .
(b) En déduire la décomposition en facteurs irréductibles du polynôme
P1 = 2X 3 − X 2 − X − 3 dans C[X].
(c) Vérifier si le polynôme P2 = X 5 + 3X 2 + 2 est irréductible dans
Q[X].
2. Déterminer les valeurs de m pour que Q possède deux racines x1 et x2
vérifiant x1 + x2 = x1 x2 . Déterminer alors explicitement ces racines dans
chaque cas puis donner la trosième racine de Q.

Ann. Acad. : 2018-2019 Session : 02 Durée : 04 Heures

NB : Aucun crédit ne sera accordé aux résultats non justifiés.

Questions de cours

1. Soit (a, b) ∈ Z∗ ×Z∗ . Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) Les entiers a et b sont premiers entre eux.
(ii) Il existe (u, v) ∈ Z2 tel que au + bv = 1.
2. Application : Soit n ∈ Z, on pose an = 14n + 3 et bn = 5n + 1. Montrer
que pour tout n ∈ Z, an et bn sont premiers entre eux.

Exercice 1

Sur l’ensemble R2 , on définit la loi de composition interne | par (x1 , x2 ) |


(y1 , y2 ) = (x1 y1 , x1 y2 + x2 y1 ) pour tous éléments (x1 , x2 ) et (y1 , y2 ) de R2 .
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QUELQUES EXAMENS 146

1. (a) Prouver que (R2 , +, |) est un anneau commutatif qu’on notera A.


(b) Déterminer l’ensemble D des diviseurs de zéro de l’anneau A.
(c) Déterminer l’ensemble I des éléments inversibles de l’anneau A.
2. Soit l’application f : R[X] −→ A
P 7−→ (P (0), P 0 (0)).
(a) Prouver que f est un morphisme d’anneaux.
(b) Déterminer le noyau et l’image de f.
( ! )
déf. α 0
3. On considère l’ensemble F = M (α, β) = , (α, β) ∈ R∗ × R
β α

et on pose E = R × R. On admet de plus que (E, |) est un groupe.
(a) Justifier que (F, ×) est un magma où × est le produit de matrices.
(b) Soit l’application ϕ : E −→ F
(u, v) 7−→ M (u, v).
(i) Montrer que ϕ est un isomorphisme de magmas.
(ii) Déduire que (F, ×) est un groupe isomorphe au groupe (E, |).

Exercice 2
2kπ
Soit n ∈ N avec n ≥ 3. On considère l’ensemble Un = {wk := ei n ,k ∈
|[0, n − 1]|}.
1. (a) Justifier que Un = {z ∈ C∗ , z n = 1}.
(b) Montrer que (Un , ×) est un groupe commutatif. Quel est son ordre ?
2k0 π
2. Soit k0 ∈ N∗ et wk0 = ei n un élément de Un d’ordre d0 .
(a) Montrer que k0 d0 est un multiple de n. On pourra faire la division
euclidienne de k0 d0 par n.
(b) On pose d = pgcd(n, k0 ) et on considère les deux assertions suivantes :
A1 : Si d = 1 alors d0 = n; A2 : Si d > 1 alors d0 < n.
(i) Justifier qu’on a chacune des assertions A1 et A2 .
(ii) Déduire que d0 = n si et seulement si d = 1.
2(n−1)π
3. Quel est l’ordre de l’élément wn−1 = ei n de Un ? Le groupe Un est-il
un groupe cyclique ? Justifier la réponse dans chaque cas.
4. Déterminer les éléments d’ordre 6 du groupe U6 .

Exercice 3
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QUELQUES EXAMENS 147

On considère le polynôme P = X 6 + 4X 5 + 8X 4 + 10X 3 + 8X 2 + 4X + 1 de


3 2 2
R[X], les fractions rationnelles F = X(X−X +2X−3
2 +X+1)2 et G = X −3X−2
P de R(X).

On rappelle que le nombre complexe ei 3 est noté j.
1. En vous servant d’une division euclidienne, donner la décomposition en
éléments simples sur R de la fraction rationnelle F.
2. (a) Montrer que −1 et j sont des racines doubles (dans C) de P.
(b) Donner une autre racine de P et préciser sa multiplicité.
(c) Décomposer alors dans R[X] le polynôme P en produit de facteurs
irréductibles.
X 2 −3X−2
3. Justifier que G = (X−α)2 Q2 où α ∈ R et Q ∈ R[X] sont à préciser.
λ1 λ2
4. (a) Déterminer λ1 ∈ R, λ2 ∈ R et R ∈ R[X] tels que G = X−α + (X−α)2+
R
Q2 . On pourra utiliser une division euclidienne selon les puissances crois-
santes.
(b) Achèver la décomposition en éléments simples sur R de G.

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QUELQUES EXAMENS 148

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Bibliographie

[1] D. GUININ, F. AUBONNET, B. JOPPIN, Algèbre 1, Précis de


Mathématiques Tome1 : Cours et exercices, Classes préparatoires
Premier cycle universitaire, collection Breal
[2] Hypolite HOUNNON, Note de cours en Structures Algébriques et
Arithmétiques, M IA1 Promotion 2015 à la FAST/UAC. .
[3] Jean-Marie MONIER, Algèbre I, Cours et exercices Première Année
MPSI, PCSI, PISI, Collection DUNOD.

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