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Ossature Bois

Ce document décrit une technique de construction en ossature bois et remplissage en maçonnerie pour des bâtiments d'un ou deux niveaux en Haïti. Il présente les principes constructifs, les fondations, l'ossature bois, la charpente et les autres éléments de la construction.

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Ossature Bois

Ce document décrit une technique de construction en ossature bois et remplissage en maçonnerie pour des bâtiments d'un ou deux niveaux en Haïti. Il présente les principes constructifs, les fondations, l'ossature bois, la charpente et les autres éléments de la construction.

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Guide technique

novembre 2014

CONSTRUCTION EN OSSATURE BOIS


ET REMPLISSAGE EN MAÇONNERIE
Bâtiments parasismiques et paracycloniques à 1 ou 2 niveaux

1
Introduction3

1.  Principe constructif 4

2.  Principes parasismiques 5

3.  Implantation du bâtiment 8

4.  Fondations 9

5.  Soubassement 12

6.  Ossature bois 14

7.  Remplissage des murs 19

8.  Charpente 20

9.  Couverture 23

10.  Sol 25

11.  Revêtements des murs 25

12.  Références bibliographiques 26

2
Introduction

Le mode constructif décrit dans ce manuel s’inspire de l’architecture tradition- Le mode constructif développé a été validé par le Ministère des Travaux Publics,
nelle haïtienne en ossature bois : les “kay peyi” des zones rurales ou les fameuses Transports et Communications (MTPTC) le 4 Mai 2012 conformément au dossier
maisons “gingerbread” plus luxueuses des grandes villes. De manière générale ces remis par Entrepreneurs du Monde le 20 avril 2012.
constructions ont beaucoup mieux résisté au séisme du 12 Janvier 2010 en Haïti,
Ce document constitue une première version destinée à évoluer afin de l’adapter
surtout, n’ont pas fait de victimes. Forts de ce constat, différents acteurs haïtiens
en fonction des utilisateurs et des conditions du terrain et à être discuttée en
(autorités, ONGs, professionnels, populations) ont manifesté un intérêt particulier
concertation avec les divers acteurs.
pour les filières et les techniques de construction valorisant ces cultures construc-
tives dans des programmes de reconstruction de bâtiments “parasinistres” con- Notamment, ce manuel devra tenir compte de l’avancement des recherches
tribuant à la relance des dynamiques socio-économiques locales. menées en France dans le cadre du projet ReparH (2010-2014), programme de
recherche ANR (Agence Nationale de la Recherche) sur la construction parasin-
La technique de construction en ossature bois traditionnelle a été adaptée au con- istre et la valorisation des cultures constructives en Haïti en partenariat avec les
texte économique haïtien actuel et améliorée en tenant compte des critères para- milieux scientifique et de la recherche en Haïti. Il est mis en place dans le cadre
sismiques et paracycloniques. Ce développement a été mené dans le cadre d’une d’une collaboration scientifique entre le laboratoire CRAterre de l’Ecole Nation-
collaboration entre Entrepreneurs du Monde et le laboratoire CRAterre-ENSAG. ale d’Architecture de Grenoble (ENSAG) et le laboratoire 3S-R de l’Université
Il a été conduit dans le contexte de projets pilotes menés par Entrepreneurs du Joseph Fourier (UJF) de Grenoble.
Monde depuis juin 2011, relatifs à la construction de divers bâtiments dans la zone
Ce manuel est basé sur des pratiques dont de nombreuses variantes peuvent être
de Port-au-Prince et à la formation d’artisans maçons et charpentiers à ce mode
envisagées et faire l’objet d’une validation par les organismes compétents.
de construction.

A qui s’adresse ce manuel ? Contenu du manuel


Ce manuel technique donne des règles et recommmandations pour la construc-
Professionnels de la construction en ossature bois, ingénieurs, achitectes,
tion de bâtiments (logement ou petit ERP) à un ou deux niveaux en ossature
techniciens, entrepreneurs de la construction, contremaîtres.
bois et remplissage en maçonnerie. On y trouve plus précisément :
Toute personne intéressée par la construction en ossature bois et remplissage
en maçonnerie. - des principes et recommandations architecturales et techniques générales sur
le mode constructif ;

- des règles et recommandations de mise en oeuvre.

3
1.  Principe constructif

Le système constructif présenté dans ce manuel consiste en une structure en ossature bois, chaînée et contreventée, posée sur une base rigide constituée des fondations
et du soubassement. La technique tient compte des aléas sismiques et cycloniques présents en Haîti :
• La structure principale est en bois,
flexible, et capable de se déformer sans
s’effondrer en absorbant et dissipant
l’énergie transmise par le séisme. Les lisses
hautes et basses permettent de chaîner le bâti.
• Les détails de liaison entre les éléments
de la structure bois sont essentiels pour as-
surer à la fois la résistance paracyclonique et
la souplesse de la structure.
• La structure est contreventée par des
croix de Saint-André et des renforts d’angles
horizontaux au niveau de la lisse haute.
• L’ossature bois est ancrée aux fonda-
tions et la charpente à l’ossature bois.
• La maçonnerie de remplissage des murs
(pierres, débris de béton, briques) est confi-
née dans des petits triangles évitant la chute
dangereuse de pans entiers de murs.
Par ailleurs, la technique constructive tient
aussi compte du risque lié à l’utilisation du
bois (pourrissement et xylophages) en pro-
tégeant l’ossature bois de l’humidité à travers
plusieurs détails (surélévation de l’ossature,
solin pour éloigner l’eau de la structure).

4
2.  Principes parasismiques

Un bâtiment parasismique est un bâtiment qui permet la sauvegarde du


plus grand nombre possible de vies humaines en cas de secousses
correspondant au niveau d’action sismique défini par la réglementation
pour une zone donnée. Ce principe s’applique pour les types de bâtiments
concernés par ce guide : habitations ou établissements recevants du public
(ERP) (bâtiments scolaires, dortoirs, centres de santé communautaires).

Le risque sismique est fonction de l’aléa sismique (de sa probabilité


d’advenir et de son intensité potentielle) et de la vulnérabilité des en-
jeux exposés (vies humaines, constructions, etc.). Afin de réduire l’impact
Fondations et soubassement Ceinture basse et poteaux
de l’événement, il convient d’avoir une démarche globale de concep-
tion parasismique pour les constructions qui seront implantées sur la
zone concernée. Elle doit s’appuyer sur 4 points :

• Un bon choix de site et une bonne implantation du bâtiment sur


le terrain et par rapport à son environnement ;

• Une conception architecturale qui intègre l’une ou l’autre des dispo-


sitions techniques du génie parasismique et/ou des cultures construc-
Ceinture haute Charpente et Croix de Saint-André
tives parasismiques qui ont fait leurs preuves ;

• Une bonne exécution, c’est-à-dire une mise en œuvre soignée qui


respecte les règles de l’art, d’où l’importance d’avoir des profession-
nels compétents et qualifiés ;

• Des matériaux de bonne qualité, adaptés au système constructif et


à l’architecture du bâtiment concerné.

Remplissage et couverture Bâtiment fini

5
2.1.  Choix du site

La plupart des gens n’ont pas d’autres alternatives que de construire dans des
zones qui ne sont pas toujours idéales. Cependant, lors du choix du terrain et du NON NON
lieu d’implantation du bâtiment, il convient de respecter certaines recom-
mandations en tenant compte des contraintes du site.

• Eviter de construire dans des zones inondables, dans des ravines ou sur des
pentes abruptes. La pente du terrain devrait être inférieure à 15 %.

• Eviter de construire trop près d’une forte pente, dans des zones d’éboulements,
ou au bord de falaise. Respecter une distance de 10 mètres entre le bâtiment OUI
et une pente abrupte. Si cela n’est pas possible envisager de stabiliser le talus
par un mur de soutènement.

• Vérifier que les murs de soutènement sont de bonne qualité et éviter de con-
struire trop près d’un mur de soutènement. Respecter une distance minimale
de la hauteur du mur depuis le mur de soutènement en contrebas et de 90 cm
depuis le mur de soutènement arrière.

• Tenir compte de la vulnérabilité des bâtiments alentours, et s’éloigner suf-


fisamment des bâtiments à risques (d’une distance égale à la hauteur de ces mur de soutènement
bâtiments).

• Eviter de construire sur des terrains instables, des sols meubles ou des zones
marécageuses.

6
2.2.  Conception architecturale

De manière générale, la forme et la volumétrie du bâtiment doit être aussi simple,


compacte, symétrique et régulière que possible.

Voici quelques recommandations :

• Forme : Privilégier les formes de plan simples (carré, rectangle). Eviter les
formes en “L”, “U” ou autres formes complexes. Si nécessaire, subdiviser le CARRÉ RECTANGLE FORME EN “L” OU “U”
bâtiment en rectangles ou carrés indépendants.

• Proportion : La longueur du bâtiment ne doit pas dépasser trois fois sa OUI NON
largeur.

• Parois : Une paroi ne devrait pas être trop longue avant de croiser une paroi
perpendiculaire (< 5,50 m, distance indicative). Il est recommandé de subdi- OUI
viser le bâtiment en plusieurs pièces avec des murs de séparation porteurs en
les répartissant de manière équilibrée.
Des contreforts placés régulièrement et éventuellement des chaînages hauts JOINTS PARASISMIQUES
permettent de réaliser des pièces de plus grandes dimensions. Ces spécificités
techniques doivent être validées par les organismes compétents.

• Etage : L’étage doit couvrir la totalité de la surface du rez-de-chaussée afin de


créer des volumes compacts et symétriques. Si nécessaire faire deux bâtiments
distincts sans oublier un joint de séparation suffisant.
Le centre de gravité du bâtiment doit être le plus bas possible
Garder un système constructif homogène par niveau et si deux systèmes sont
utilisés le système le plus lourd doit se trouver au niveau du rez-de-chaussée.

• Ouvertures : La surface des ouvertures doit être inférieure à 25% de la sur-


face de la paroi et la longueur totale des ouvertures inférieure à la moitié de
la longueur de la paroi.
Ne pas placer d’ouverture dans les panneaux d’angles et les panneaux
adjacents aux murs de refends. Les ouvertures doivent être placées à un mini-
mum de 50 cm des angles et espacées de 50 cm minimum.
Une ouverture peut traverser plusieurs panneaux mais sa largeur de doit pas
excéder 2 m.

7
3.  Implantation du bâtiment

3.1.  Préparation du terrain 3.2.  Implantation


Pour réaliser le tracé, placer une
Avant de commencer la construction, le terrain doit être propre et nivelé, à la première ligne de référence avec des
fois pour l’implantation du bâtiment et pour stocker les matériaux. piquets provisoires. Placer la ligne or-
thogonale à la ligne de référence avec
• Repérer avec des piquets l’espace qui doit être préparé (emplacement du bâti- la méthode des 3, 4, 5.
ment plus 1 m de chaque côté).
De la même façon placer la deux-

• Nettoyer le terrain de la végétation et des gravats et évacuer la couche su- ième ligne orthogonale et la dernière
perficielle du sol. Réaliser ceci aussi pour l’espace qui servira au brassage du ligne parallèle à la ligne de référence.
mortier. Vérifier les diagonales, les longueurs
des côtés opposés devant être égales.
• Repérer le niveau le plus bas, de préférence à l’aide d’un tuyau à eau.Vérifier la
pente du terrain et niveler le terrain. Une fois le cadre défini, installer les chaises en bois (“kwosbar”) de manière à
ce qu’elles soient bien stables et placer les ficelles délimitant les fondations.
Le tuyau à eau est le seul outil simple qui permette de reporter le niveau de
référence sur l’ensemble des chaises (ne pas utiliser le niveau à bulle sur la ficelle).

Le bâtiment ne doit pas être implanté sur un terrain en partie ou totalement rem-
blayé, mais sur la partie déblayée. Si cela est inévitable, compacter le remblai tous
les 20 cm et fouiller les fondations jusqu’au sol dur.

8
4.  Fondations

4.1.  Fouilles
Réaliser l’excavation en creusant ver-
ticalement et en respectant bien
l’alignement des fondations pour ne
pas faire des fondations plus grandes qui
utiliseraient plus de matériaux. Un fil à
plomb permet de bien repérer les limites
sur le sol.
Ne creuser les fondations que si l’on est
sûr de les reboucher avant la pluie. Si cela
n’est pas possible, il faut alors protéger le
fond de fouille d’une couche de 2 cm de
béton de propreté, dosé à 150 kg / m3.

4.2.  Principes et dimensions


La fondation permet de transmettre et de répartir la charge du bâtiment
au terrain. Ses dimensions dépendent de la nature du sol, de sa capacité portante.
Les fondations doivent être filantes sur tout le pourtour du bâtiment et des
murs de refend porteurs. Elles doivent être continues et ne doivent jamais être
interrompues.
Pour le cas qui nous concerne, il est important de noter que les bâtiments en os-
sature bois de ce type sont particulièrement légers et ne demandent donc pas des
fondations trop importantes.
Le tableau ci-contre donne une indication des dimensions des fondations selon le
type de sol pour des bâtiments de ce type à 1 ou 2 niveaux et pour une charge
centrée sur la fondation.

Deux types de fondations possibles sont développés ici : fondations en pierres et


fondations en béton cyclopéen.
Le choix d’un type de matériau pour les fondations est fonction de sa disponibilité,
de son coût et de celui de sa mise en œuvre.

9
4.3.  Fondations en pierres

La fouille sert de coffrage. L’appareillage des pierres doit respecter certaines règles
de maçonnerie assurant une bonne stabilité du mur :

• Poser les pierres bien à plat pour une


meilleure répartition des charges.
• Alterner les petites pierres avec les
grosses pierres en croisant les joints
afin de ne pas créer un plan de rupture
central.
NON OUI
• Eviter les joints de mortier trop épais.
Caler les pierres avec des petites
pierres ou des éclats de pierre.
• Croiser les pierres d’une rangée
sur l’autre dans les angles et au niveau
d’un mur de séparation. On doit éviter
d’avoir un joint vertical continu (appelé
“coup de sabre”) sur plusieurs hauteurs
de pierres.
• Placer régulièrement des “clés”
(“maraj”), des pierres faisant toute la
largeur du mur ou pierres en “boutisse”,
tous les 1,20 m maximum.

Les fondations doivent sortir de 10 cm environ au dessus du sol afin de réaliser


un solin avec des pierres taillées pour permettre d’éloigner l’eau des fondations
et de la base du mur.
L’arase supérieure doit être bien horizontale, réglée avec les ficelles d’alignement.
Les pierres peuvent être appareillées au mortier de terre, de chaux ou de ciment
(300 kg / m3).

10
4.4.  Fondations en béton cyclopéen

Lorsqu’on dispose de petites pierres ou de petits débris de béton, il est possible


de les noyer dans un béton dosé à 250 kg / m3.
Cette solution est plus rapide que la précédente et permet d’utiliser les débris
parfois présents sur place.

Le béton cyclopéen consiste en un béton dans lequel sont noyées des pierres
de dimensions variées, permettant d’économiser du ciment. L’ensemble des
agrégats doit être enrobé de mortier. Les pierres ne doivent pas être en contact les
unes avec les autres. Les vides entre les pierres de plus grosses dimensions doivent
être au maximum occupés par des pierres et agrégats de plus petites dimensions.

La mise en œuvre se fait en plusieurs couches où l’on dispose les pierres pour
combler chaque espace vide et du béton entre chaque lit de pierres.

Les fondations sont surélevées de 10 cm environ au-dessus du sol afin de réaliser


un solin. Coffrer de chaque côté pour réaliser cette surélévation.

La fondation doit être arrosée pendant 3 jours pour assurer une bonne cure hu-
mide et prise du béton.
Il est aussi possible de couler le béton avec les pierres déjà noyées dans le béton.

11
5.  Soubassement

5.1.  Principes et dimensions 5.2.  Soubassement en pierres


Le soubassement est la partie basse du mur qui vient au-dessus de la fondation. La largeur du soubassement est définie en relation avec la résistance à la com-
Son rôle est de protéger le reste du mur de tout contact avec l’eau, en pression des maçonneries de pierres et en relation avec les principes de bonnes
particulier l’ossature bois et la ceinture basse. mises en œuvre des pierres utilisées. Dans la plupart des cas, une largeur de 30 cm
Les matériaux utilisés doivent pouvoir résister au poids du bâtiment tout en étant minimum satisfait à ces deux critères.
insensible à l’humidité comme : La mise en œuvre pour l’appareillage du soubassement en pierre doit re-
specter les mêmes règles que pour les fondations en pierre (cf. § 4.2). Un soin
• La pierre
particulier doit être porté au croisement des pierres aux angles et au niveau des
• Le parpaing de ciment (bloc béton) murs de refend, qui sont des zones très sollicitées lors d’un séisme.
• La brique cuite Les pierres peuvent être appareillées au mortier de terre (rejointoyées à la chaux),
au mortier de chaux ou au mortier de ciment.
• etc.
La hauteur minimum recommandée du soubassement au-dessus du La pente du solin extérieur permettant d’évacuer l’eau doit être suffisante.
niveau du terrain est de 45 cm. Selon la largeur du débord extérieur (entre 5 et 20 cm en général) cette pente
aura une hauteur de 2 à 5 cm (min. 20 %).
Le soubassement doit être chanfreiné côté extérieur afin d’évacuer l’eau loin de
la lisse basse. Voici deux solutions possibles pour réaliser ce
Afin d’éviter que l’eau ne pénètre à l’intérieur de la maison en cas d’inondation, le solin :
sol intérieur doit être surélevé par rapport au niveau du terrain. Un minimum de • Solin au mortier de ciment, réalisé
20 cm est recommandé. Le sol de la galerie doit être surélevé de 15 cm minimum après la pose de l’ossature bois qui est
et doit être au moins 5 cm plus bas que le sol intérieur. posée sur des plots de mortier. Il est im-
portant de passer la truelle sous la lisse
basse pour dégager l’arête du bois.

• Solin en pierres directement réalisé lors


de la mise en œuvre du soubassement. La
pente doit commencer 1cm à l’intérieur de
la lisse basse pour dégager l’arête du bois.

L’axe du mur posé sur le soubassement peut être excentré pour diminuer
l’encombrement du soubassement à l’intérieur mais le muret dépassera d’un mini-
mum de 5 cm à l’intérieur pour ne pas trop excentrer la charge.

12
5.3.  Soubassement en blocs béton 5.4.  Soubassement de la galerie
Le soubassement en bloc est réalisé avec des blocs de béton creux de 15 ou 20 cm Le soubassement de la galerie peut être dans la con-
de large selon le type de bâtiment : tinuité du reste du soubassement et permettra
de supporter les poteaux de la galerie. Une autre so-
• Logements à 1 niveau : bloc 40 x 20 x 15 cm ou 40 x 20 x 20 cm
lution consiste à réaliser uniquement des plots en
• Logements à 2 niveaux : bloc 40 x 20 x 20 cm blocs, en pierres ou en terre cuite aux endroits des
• Bâtiments publics (1 ou 2 niveaux) : bloc 40 x 20 x 20 cm poteaux afin d’avoir une galerie plus ouverte.
Pour fixer les poteaux de la galerie au soubasse-
Soubassement en 2 ou 3 rangées, la lisse basse doit être au minimum à 20 cm au-
ment, placer sur la hauteur du soubassement ou des
dessus du niveau du sol fini intérieur.
plots un morceau de feuillard métallique (gauge
Afin de pourvoir réaliser l’arase du soubassement, les blocs sont remplis avec du 20, 18 ou 16) en U afin de laisser 15 cm au dessus de
béton faiblement dosé à 150 kg / m3.
l’arase pour fixer le poteau de chaque côté. D’autres
Pour réaliser le solin, on peut disposer des plots de mortier ou une bande de solutions sont envisageables, telle que des “sabots
mortier nivelée de largeur inférieure à la largeur de la lisse basse sur laquelle sera métalliques” que l’on peut trouver dans le commerce.
posée la lisse basse. Le solin peut être réalisé ensuite avec du mortier de ciment
Afin d’éloigner l’eau des poteaux, réaliser un solin à
en dégageant bien l’arête du bois avec la truelle.
4 pentes, en forme de pyramide, en veillant à ce que
L’axe du mur peut être excentré de manière à mettre au même nu intérieur le mur les arêtes du poteau soient bien dégagées.
et les blocs. Le solin aura une largeur de 5 à 10 cm.

13
6.  Ossature bois

6.1.  Principe
La structure du bâtiment en ossature en bois offre une certaine souplesse au
bâti qui permet la dissipation de l’énergie du séisme. L’ossature peut bouger
et se déformer sans rompre si certaines règles sont respectées. Aussi, les liaisons
entre chaque élément doivent être faites de telle façon qu’elles doivent être suf-
fisamment « résistantes » pour ne pas s’arracher et avoir une certaine souplesse
Pour augmenter la longévité du bois utilisé dans la construction, les pièces de bois
pour autoriser les mouvements sans casser et s’effondrer.A contrario, vouloir trop
doivent être :
rigidifier la structure peut être néfaste pour le bâti, car on rend le système moins
souple et moins en capacité d’absorber et de dissiper l’énergie transmise par le • Bien sélectionnées (le moins de nœuds possible, pas de fente, pas voilées,
séisme. bon sens des fibres, humidité minimum) ;

Ce type de bâtiment parasismique doit obligatoirement présenter un chaînage • Bien stockées et protégées de manière à les faire sécher sans les voiler
(surface plane, lattes placées entre chaque rangée) ;
haut et un chaînage bas ceinturant le bâtiment pour assurer la stabilité de la
structure et empêcher l’ouverture des murs en cas de séisme. • Bien traitées pour éviter l’attaque des termites et autres insectes xylophages.

6.3.  Traitement du bois


6.2.  Choix du bois
Si le bois est déjà traité en autoclave on peut l’utiliser ainsi.
Le bois que l’on trouve couramment en Haïti est du pin importé, généralement
Si le bois est brut, il est alors nécessaire de le traiter avec un produit de type
des Etats-Unis. Selon le fournisseur, l’origine et le type de bois, les pièces de bois
“Zincomat”, à base de chlorure de zinc, actuellement disponible sur le marché
peuvent être de classe C18 à C24.
haïtien. Une fois les poutres découpées, toutes les faces, y compris au niveau des
On peut trouver du bois brut découpes, sont badigeonnées en 2 couches. La deuxième couche doit être passée
Section nominale Section bois préparé
ou du bois préparé, traité une fois la première absorbée.
pouces mm pouces mm
ou non. Il est important de Ce type de traitement est a priori moins durable que le traitement en autoclave.
1"x4" 25 x 102 3/4" x 3 1/2" 19 x 89
noter que la section du bois Dans les deux cas, il est important de signaler au client de vérifier régulièrement
préparé est plus faible que 1"x6" 25 x 152 3/4" x 5 1/2" 19 x 140
si le bois est attaqué ou non et de le retraiter de manière préventive au bout de
celle du bois brut. Ainsi un 1"x8" 25 x 203 3/4" x 7 1/4" 19 x 184
quelques années (5 à 10 ans selon le type de traitement), ceci notamment pour la
4”x4” préparé a une section 2"x4" 51 x 102 1 1/2" x 3 1/2" 38 x 89 lisse basse.
presque 25 % plus petite 4"x4" 102 x 102 3 1/2" x 3 1/2" 89 x 89 La peinture ou la cire permet de prolonger l’efficacité du traitement du bois contre
qu’un 4”x4” brut.
les agressions.

14
6.4.  Ancrage de la lisse basse
La lisse basse est un des éléments les plus importants de la structure. Elle permet Règles de positionnement et de mise en œuvre :
de ceinturer le bâti (hormis au niveau des portes) et de faire la liaison entre le
• Les tiges sont disposées à 60 cm des angles des murs et sont espacées de
soubassement et les murs. Posée sur le soubassement et ancrée aux fondations,
2,20 m maximum et 1,80 m de préférence ;
elle forme aussi chaînage pour le soubassement.
L’ancrage peut se faire par l’intermédiaire de tiges filetées métalliques ou de fers • Si les tiges ne sont pas galvanisées, les traiter avec de la peinture antirouille ;
à béton ancrés dans la fondation. D’autres solutions sont possibles, à faire valider • Les tiges sont repliées dans la fondation sur 20 à 30 cm formant un L ;
par les organismes compétents.
• Assurer un positionnement précis des tiges en plaçant une ficelle
Le diamètre de ces tiges dépend de la charge du bâti : d’alignement et vérifier leur aplomb pendant la mise en œuvre des fonda-
• Bâtiment à 1 niveau : Ø 3/8” tions et du soubassement ;

• Bâtiment à 2 niveaux : Ø 1/2” • Pour éviter la corrosion, les tiges ne doivent pas être en contact avec les
pierres, mais doivent bien être entourées de mortier ciment ;

• Pour les tiges filetées, fixation à la lisse basse avec une rondelle plate et un
écrou ;

• Pour les fers à béton, fixation à la lisse basse en repliant le fer sur le bois sur
5 cm environ.

15
6.5.  Lisse basse et lisse haute 6.6.  Poteaux et potelets
Les lisses basse et haute relient l’ensemble des murs du bâtiment, périphériques L’ossature principale est constituée des ceintures basse et haute et des poteaux.
ou de refend. Les poteaux sont en 4”x4 et en 2x4” minimum.
Elles doivent être en pièces de bois de section 2”x4” brut minimum, de préfé- L’entraxe des poteaux définit la largeur des panneaux. La largeur standard des
rence en 4”x4” (brut ou préparé). panneaux est de 90 cm, la largeur maximale imposée est de 100 cm. L’ossature
doit respecter les règles de positionnement suivantes :
Pour assurer une bonne stabilité de la struc-
ture, des renforts d’angles horizontaux sont • Poteaux 4”x4” aux angles, niveau des murs de refend et des ouvertures.
placés sur la lisse haute à tous les angles. Leur • Un poteau 4”x4” chaque 4 panneaux remplis maximum et chaque 2 panneaux
longueur intérieure est de 85 cm minimum. Au maximum pour le rez-de-chaussée du bâtiment à étage.
niveau d’un mur de refend, les renforts peuvent
La liaison des poteaux avec les lisses
être placés d’un seul côté.
basse et haute est assurée par du feuil-
Les assemblages à mi-bois doivent être de bonne qualité pour pouvoir repren- lard métallique (gauge 20, 18 ou 16) cloué
dre les efforts horizontaux notamment. en U sous ou sur les lisses et de part et
La mise en œuvre doit respecter les règles suivantes : d’autre des poteaux. Cette solution permet
• Longueur d’assemblage minimum de 35 cm pour du 4”x4” et de 25 cm d’éviter l’arrachement en cas de séisme ou
pour du 2”x4”. de cyclone et de donner une souplesse aux
liaisons. Selon le type de feuillard et le nom-
• Le positionnement des clous doit respecter le schéma ci-contre ;
bre de clous (4 clous 2” minimum), la lon-
• Pas d’assemblage au niveau : gueur minimale d’accroche du feuillard sur
-- des ancrages de la lisse basse (tiges) ; les poteaux peut être de 10 cm. Les poteaux
-- des poteaux et potelets ; sont maintenus sur les lisses basse et haute
-- des murs de séparation ; par des clous 3” à 5” selon la dimension du
poteau.
-- des assemblages des renforts d’angles. Longueur Diamètre
Gauge
(pouces) (mm)
La hauteur des poteaux dépend de la
1 1/2" 2.04 14
dimension maximale des croix (120 cm
2" 3.33 11
en hauteur) mais il est recommandé de
2 1/2" 3.33 10
ne pas aller au-delà de 3 m de hauteur
3" 3.77 9
pour les poteaux. Au-delà, il convient de
4" 4.95 6
5" 4.88 6
faire valider les choix par des organismes
Tableau de caractérisation des clous
compétents.

16
6.7.  Particularités de l’étage et plancher 6.8.  Ossature secondaire / Contreventement
intermédiaire
La structure doit être nécesairement contreventée
Pour réaliser un étage, le principe est de poser une boîte sur une autre boîte, re- dans les panneaux d’angle.
liées entre elles par une liaison flexible. Pour cela chaque niveau doit présent-
Ici, les panneaux sont tous constitués de croix de
er un chaînage haut et bas. La lisse basse de l’étage repose sur les poutres du
Saint-André (croix en forme de X) assurant le
plancher qui reposent elles-mêmes sur la lisse haute du
contreventement de la structure et la création
rez-de-chaussée. Il est recommandé que les poutres
de petits espaces confinés triangulaires per-
dépassent de 5 cm minimum à l’extérieur afin
de laisser une plus grande marge de mouvement au mettant le remplissage en maçonnerie de pierres ou
plancher. de débris de béton taillés.
Selon la hauteur des murs, les panneaux auront 2 ou
La liaison entre la lisse basse de l’étage et la lisse haute
3 croix superposées qui peuvent être de hauteurs
du rez-de-chaussée est assurée par des tiges filetée
variables.
Ø 3/8”. Le positionnement de ces tiges respecte les mêmes règles que les tiges
d’ancrage de la lisse basse (cf. § 6.4).
La section des poutres du plancher dépend de Les croix sont réalisées en planches 1”x4” et peuvent être
la portée, de l’entraxe des poutres et de la assemblées selon deux méthodes :
destination du bâtiment (poids des équipe- • Assemblage avec entaille à mi-bois : les deux di-
ments). Il est fortement recommandé d’aligner agonales sont continues. Cette solution demande une
les poutres avec les poteaux du premier certaine précision d’ajustement pour éviter les jeux
niveau, afin que les poteaux de l’étage soient aux angles et au croisement.
directement alignés avec les poteaux du rez-
de-chaussée. Les entretoises placées entre les • Assemblage avec une diagonale continue et
poutres permettent d’éviter leur flambement. une diagonale en deux morceaux : Les deux
Section des
Portée morceaux de diagonale sont assemblés au centre et
Pour des panneaux de largeur 90 cm, l’entraxe poutres
sont légèrement décalés pour permettre de les clouer.
recommandé entre poutres est de 45 cm (un demi- 4 m à 5,30 m 2"x8"
Cette solution est simple à réaliser et engendre moins
panneau) pour un plancher 1”. Le tableau ci-contre 2,50 m à 4 m 2"x6"
de risques de jeux.
donne une indication des sections minimales des < 2,50 m 2"x4"
poutres selon la portée. Des raidisseurs horizontaux (ou étrésillons) en planches 1”x4” séparent les
croix.
17
6.9.  Ossature de la galerie
De manière générale, il existe deux types de galerie :
• La galerie en perron, dont la toiture est continue avec la toiture principale.
La lisse haute du bâtiment est continue sur la galerie pour supporter la toiture
et ceinturer l’ensemble du bâtiment. Elle repose sur des poteaux 4”x4”, de
préférence, espacés tous les 2 à 3 m selon le type de contreventement.

• La galerie avec toiture en casquette, dont la toiture n’est pas solidaire


de la toiture principale. Une lisse haute repose sur les poteaux et reprend les
charges des chevrons de la toiture. On peut disposer des poteaux 4”x4” aux
angles, et des poteaux intermédiaires en 2”x4” espacés tous les 2 à 3 m selon
le type de contreventement..

Dans les deux cas, l’ossature de la galerie ne présente pas nécessairement de lisse
basse et les poteauxpeuvent être directement fixés au soubassement (cf. § 5.4).
Les poteaux de la galerie doivent être contreventés et plusieurs solutions sont
possibles. De simples renforts d’angles reliant les poteaux à la lisse haute suffisent.
Il est possible de placer des croix de Saint André entre les poteaux réalisées avec
des planches 1”x4”, d’une hauteur de 30 à 60 cm environ. Ces contreventements
peuvent être plus ou moins ouvragés.

18
7.  Remplissage des murs

La maçonnerie de pierres, de débris de béton taillés ou de briques est bloquée dans des
petits espaces triangulés offert par les croix de Saint André. Le remplissage assure la stabilité de
la structure en évitant aux pièces de bois de flamber en cas de secousses.

La maçonnerie de remplissage doit respecter certaines règles et recommandations :


• Des clous 1” à 2” sont disposés sur les diagonales en quinconce pour permettre l’accroche
du remplissage.
• Pour la maçonnerie réalisée au mortier de ciment, il est possible de placer du fil de fer barbelé
croisé pour retenir la maçonnerie et offrir plus de sécurité.
• La dimension des pierres ou débris ne doit pas être trop grande, autour de 10 à 15 cm.
• Les éléments doivent être maçonnés bien à plat.
• Les joints doivent être fins. La bonne proportion de mortier dans le remplissage se trouve aut-
our de ¾ de pierres ou débris pour ¼ de mortier.
• La maçonnerie peut être réalisée au mortier de terre fibré, de chaux ou au mortier ci-
ment faiblement dosé. De préférence, choisir un mortier de terre fibré car il permet de mieux
dissiper l’énergie du séisme par des frottements et les éléments se déliteront un à un et non pas
en un seul bloc.
Afin de faciliter la mise en œuvre, un coffrage est placé d’un côté du mur.

19
8.  Charpente

8.1.  Types de toiture / Principes paracycloniques • Types de couverture


En Haïti, la couverture en tôle est la solution la plus courante et souvent la plus
• Principes généraux économique. Une alternative est la couverture en tuile. La tuile de terre cuite
Pour réduire les forces d’aspiration sur la toiture, la pente du toit ne doit pas être est la plus durable mais la moins économique ; cette solution ne sera pas dévelop-
inférieure à 25° (≈ 47%) et de préférence autour de 30° (≈ 58%). Le choix d’une pée ici. La tuile micro béton est aussi produite en Haïti et offre une alternative
pente de 50 % (27°) permet un calcul plus simple et une assimilation plus aisée du intéressante car peu coûteuse.
concept par les artisans.
Les débords de toiture ne devraient pas dépasser 35 cm pour une couverture en
tôle et 45 cm pour une couverture en tuiles.
Afin de résister aux cyclones, l’ensemble des éléments de la toiture doivent être
correctement liés de façon à résister à l’arrachement.

• Forme de la toiture
• Toiture de la galerie
La toiture à 4 pans est plus recommandée car elle présente une meilleure sta-
bilité et un meilleur comportement face aux cyclones. La toiture de la galerie offre une grande prise au vent, c’est pourquoi il est recom-
mandé de la construire de manière indépendante au reste de la toiture ( “en cas-
La toiture à 2 pans est cependant plus économique avec une charpente plus
quette”) (cf. § 6.9).
simple mais elle nécessite un bon contreventement des fermes. Les murs pignons
sont aussi moins bien protégés de la pluie. Si le choix s’est porté sur une toiture “perron”, en continuité de la toiture princi-
pale, il est nécessaire de placer un faux-plafond horizontal permettant de réduire
La toiture plate en béton, lourde et rigide, est proscrite pour des constructions de
la prise au vent.
ce type en zone sismique.
• Planches de rives
Dans la culture locale haïtienne on rencontre régulièrement des planches de rives
larges et chantournées décoratives. Il est prouvé que ce détail participe à la réduc-
tion du risque d’arrachement de la toiture en cas de vents violents. Les découpes
permettent en effet de “casser” la turbulence du vent.

20
8.2.  Fermes
Il n’y a pas une méthode unique pour réaliser la charpente cependant le respect
de certaines recommandations permet d’offrir une bonne résistance parasismique
et paracyclonique.
• Pour des portées inférieures à 6,50 m, on peut réaliser des fermes simples en
bois 2”x4”. Une pente de 50 % est plus simple à réaliser (angle 27°)
• Si la portée est supérieure à 5,50 m, placer des contre-fiches (à 1/3 de la lon-
gueur du chevron depuis le faîtage).
• L’espacement des fermes dépend de la section des lattes, du poids de la cou-
verture et de la pression du vent. De manière générale, pour des lattes en
2”x2” préparées, on ne dépassera pas un entraxe entre fermes de 1,35 m pour
une toiture en tuiles micro-béton et de 1,80 m pour une toiture en tôle.
• Placer un renfort horizontal pour bien relier les chevrons au niveau du faîtage.
• Réaliser une entaille dans le chevron au niveau de la lisse haute afin d’offrir une
meilleure stabilité à la structure.
• Ancrer les fermes sur la lisse haute à l’aide d’éléments métalliques. Par exem-
ple, on peut placer du feuillard métallique reliant la traverse (l’entrait) à la lisse
haute et si possible au poteau.
• Pour une toiture à 2 pans, contreventer les fermes par des pièces de 1”x4”
(brut) ou 2”x2” minimum reliant les poinçons ou les contre-fiches entre elles.

21
8.3.  Lattes 8.4.  Charpente de la galerie
• Pour une toiture en tôles
Utiliser de préférence des lattes 2”x2” espacées de 85 cm maximum. La première Pour une galerie dont la toiture est en casquette de portée raisonnable, la char-
latte doit être à une distance du faîtage calculée selon la largeur de la tôle faîtière pente composée de chevrons de dimensions 2”x2” ou 2”x4” peut reposer et
(cf. § 9.1). On doit placer une latte au niveau du re- être fixée sur la lisse haute mais ne doit en aucun cas être clouée ou ligaturée à la
couvrement de deux tôles. Pour éviter l’arrachement, charpente principale du bâtiment. Les chevrons sont fixés en partie basse sur une
les lattes doivent être toutes ligaturées aux chevrons
lisse haute reposant sur les poteaux de la galerie.
avec du fil à ligature gauge 14 ou 16.
Des lattes de 1” d’épaisseur peuvent être utilisées,
dans ce cas, l’entraxe des fermes ne dépassera pas1,20
m.

• Pour une toiture en tuiles micro-béton (50 cm x 25 cm)


Utiliser des lattes 2”x2” espacées d’exactement 40 cm en commençant à 4 cm du
faîtage. La planche de rive larmier se cloue au bout du chevron à :
-- 36,5 cm du bord supérieur du 1er liteau si la planche de rive est per-
pendiculaire aux chevrons
-- 30 cm si la planche de rive est verticale.
-- 1 cm plus haut que les lattes.
La longueur des lattes dépend du nombre de tuiles. Les lattes sont ligaturées aux
chevrons en plusieurs points pour éviter l’arrachement.

22
9.  Couverture

9.1.  Couverture en tôle

Qualité des tôles : L’épaisseur minimum recom- Dénomination Epaisseur


mandée est de 0,35 mm (≈ 27 gauge). (AWG) (0,1mm)
24 51
Le tableau ci-contre donne les correspondances entre 25 45,5
les valeurs en gauge et l’épaisseur de la tôle. 26 40,4
27 36
Recouvrement des tôles : 20 cm dans le sens 28 32
de la pente ; 10 cm environ dans le sens horizontal 29 28,7
(une ondulation). 30 25,4
31 22,6
Pose et fixation des tôles : Elle commence du
côté opposé au sens des vents dominants.
Utiliser de préférence des vis à tôle plutôt que des clous à tôle. La pénétration des
vis dans les lattes doit être de 40 mm minimum, d’où la nécessité d’utiliser des vis
2 ½” ou 3”.
Placer des vis sur chaque latte au niveau des recouvrements. Ensuite cela dépend
du type de tôle, notamment :
-- tôle ondulée : toutes les 2 ondulations au niveau des rebords et de la
faîtière et toutes les 3 ondulations pour le reste.
-- tôle trapèze : toutes les ondulations au niveau des rebords et de la
faîtière et toutes les 2 ondulations pour le reste.
La tôle faîtière est de préférence de meilleure qualité que la tôle et doit mesurer
environ 30 à 40 cm de large. La fixation sur la première latte doit se faire à moins
de 7 cm du bord de la faîtière pour éviter l’arrachement. Le recouvrement entre
deux tôles faîtières doit être de 15 cm.

23
9.2.  Couverture en tuiles micro béton

La couverture en tuiles micro béton (ou tuile de mortier vibré) est une solution La pose des tuiles commence en bas à gauche. Les tuiles sont posées par “col-
intéressante à plusieurs niveaux : onne”. On utilise un cordeau, une règle métallique ou une pièce de bois bien droite
• Poids relativement faible : 2,7 kg / tuile – 34 kg / m² ; pour aligner les tuiles que l’on décale à chaque fois de 20 cm une fois la “colonne”
posée. Les tuiles sont fixées aux lattes avec du fil à ligaturer. Il est recommandé de
• Résiste aux tempêtes de vent (possibilité de fixer chaque tuile à la charpente,
fixer toutes les tuiles de rive et une tuile sur deux ensuite.
la fixation résiste à 20 kg de charge) ; un meilleur comportement face aux
cyclones (les tuiles supportent un certain mouvement permettant de dissiper
Les tuiles faîtières sont des tuiles en “V” de 25 cm de large. Avec un recouvrement
la pression du vent) ;
de 5 cm d’une tuile sur l’autre on compte 5 tuiles / ml. Les tuiles possédant un
• Bonne résiste aux chocs et aux charges ponctuelles ; tenon de fixation peuvent être directement posée et fixée avec du fil à ligaturer
• Durabilité, bonne étanchéité, bonne acoustique, bon confort thermique ; aux lattes supérieures. Les tuiles sans tenon sont posées au mortier de ciment.
• Facilité et rapidité de pose ; Elles peuvent êtres posées par chevauchement progressif (a) ou par chevauche-
ment double (b).
• Economique.

Les tuiles disponibles actuellement en Haïti présentent les caractéristiques


suivantes :
-- Dimensions : 25 cm x 50 cm
-- Surface utile : 20 cm x 40 cm
-- Environ 12,5 tuiles / m²

24
10.  Sol 11.  Revêtements des murs

10.1.  Remblai et sol intérieur du RdC 11. 1. Selon le mortier utilisé pour le remplissage (terre, chaux ou ciment),
il peut être utile de rejointoyer ou d’enduire à la chaux ou au ciment.
Le remblai intérieur doit être compacté en plusieurs couches de 20 cm maximum
de granulométrie dégressive (du remblai grossier au gravier). Une chape de ciment L’enduit n’est pas nécessaire mais permet de protéger le remplissage. Il peut
(300 kg/m3) de 5 cm environ est coulée ensuite. Elle pourra recevoir un éventuel être réalisé en terre, à la chaux ou au ciment.
revêtement de finition. Afin de prévenir les fissures naturelles entre l’ossature et l’enduit, il est
Il est recommandé de prévoir un joint de dilatation tous les 3 m. recommandé de passer la truelle à ce niveau en chanfreinant l’enduit.
Dans le cas d’un enduit recouvrant tout ou partie de l’ossature, un grillage
10.2.  Plancher de l’étage
galvanisé ou une toile sont recommandés pour prévenir des fissures au
Le plancher de l’étage est de préférence en bois (plancher en bois ou plywood ou niveau de l’ossature bois.
autre solution légère équivalente).
La structure décrite n’est pas adaptée à supporter une dalle en béton armé car son
poids important et sa rigidité est néfaste en cas de séisme.

10.3.  Sol extérieur / Abords / Trottoir


Le pavement extérieur d’une maison doit :
• Renforcer la protection du bas des murs et des fondations contre les éven-
tuelles infiltrations d’eau qui, à long terme, peuvent altérer la structure du mur
et fragiliser la construction.
• Canaliser et évacuer les eaux pluviales du toit et des abords le plus loin possible
du bâtiment.
L’aménagement des abords consiste à réaliser sur toute la périphérie du bâtiment :
• Un talutage selon une petite pente de drainage d’environ 2%.
• Une rigole située en bout de cette pente, destinée à évacuer les eaux de ruis-
sellement. La pente de cette rigole périphérique est réglée en fonction du point
le plus bas du terrain, le plus loin possible de la construction.
Ce système de drainage doit être entretenu régulièrement, si possible avant la sai-
son des pluies.
Il est possible de poser un pavement ou un dallage sur le remblai aux abords im-
médiats des murs (carreaux de terre cuite, pierres plates...). Cet aménagement doit
être perméable afin de permettre l’évaporation de l’humidité contenu dans le sol.

25
12.  Exemples de realisations

Pépinière d’entreprises à Corail, Croix-des-Bouquets


Achevée en janvier 2012

3 bâtiments destinés à loger des petites entreprises encadrées par Entrepreneurs du Monde

Technique constructive:
- ossature bois
- remplissage avec les débris du séisme+ mortier de terre stabilisée
- enduits de finition et peinture à la chaux
- deux toitures en tôles trapèze, une toiture en tuiles de mortier vibré

Point fort du projet:


- Ces 3 bâtiments, les premiers construits par Entrepreneurs du Monde en Haïti, ont permis
de former des artisans et de valider la qualité du mode de construction

Maison d’habitation à Carrefour-Feuilles, Port-au-Prince


Achevée en septembre 2012

Une pièce avec galerie, surface 22m²

Technique constructive:
- ossature bois
- remplissage avec les débris du séisme+ mortier et enduits ciment
- toiture en tuiles de mortier vibré

Point fort du projet:


Adaptation de la technique ossature bois au besoin de sécurité

26
Maison d’habitation à Croix-Deprez, Port-au-Prince
Achevée en octobre 2012

2 chambres avec galerie, surface intérieure 48,5m²

Technique constructive:
- ossature bois
- remplissage avec les débris du séisme + mortier et enduits ciment
- détails de finition de qualité supérieure (peinture, menuiserie)

Point fort du projet:


Une construction très qualitative en milieu urbain

27
3 bâtiments communautaires dans des quartiers
défavorisés de Port-au-Prince (projet PNUD)
Achevés début 2014

2 bâtiments à étage, un bâtiment de plain-pied, surface 50m² par bâtiment

Technique constructive:
- structure mixte ossature bois et maçonnerie chaînée pour les bâtiments à étage
- remplissage avec des roches et des matériaux de récupération
+ mortier et enduits ciment
- une toiture en tuiles de mortier vibré, 2 toitures en tôle trapèze

Points forts du projet:


- Diversification et complémentarité des techniques de constructions utilisées
- Construction sur des terrains difficiles (enclavés, forte pente)

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Ecole de Grand-Boulage, 4e section communale de Thomazeau
Achevée en septembre 2014

Une école à étage de 244m², comprenant 3 salles de classe, un pôle administratif et deux galeries

Technique constructive:
- ossature bois
- remplissage avec des petites pierres + mortier de terre fibrée
- enduits de finition à la chaux
- toitur en tuile de mortier vibré
- planchers incluant des caissons d’isolant fibreux (isolation phonique)

Point fort du projet:


Une construction de plus grande échelle incluant des détails techniques nouveaux (planchers isolés,
forme de la toiture, etc.)

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12.  Références Bibliographiques

• Calendriers 2011 et 2012, Quelques règles pour construire des maisons plus solides, Centre de Compétence Reconstruction (CCR) de la Direction
du Développement et de la Coopération Suisse (DDC) en Haïti.
• Compliance Catalogue: Guidelines for the Construction of Compliant Rural Houses, ERRA, Version 6 Mars 2008, Earthquake Reconstruction and
Rehabilitation Authority, 2008.
• Construire parasismique : risque sismique, conception parasismique des bâtiments, Zacek Milan, Ed. Parenthèses, 1996.
• Cyclone resistant buildinng architecture, Ankush Agarwal, UNDP, Disaster Risk Management Programme, 2007.
• Dhajji Conctruction for one and two storey earthquake resistant houses: A Guidebook for Technicians and Artisans, Tom Schacher, Dr. Qaisar Ali,
Direction du Developpement et de la Cooperation Suisse (DDC) / UN Habitat / Earthquake Reconstruction and Rehabilitation Authority ERRA, 2009.
• Enseignement de la construction à Haïti,Vol 2 Fiches techniques, Section S2-B : Mur en ossature bois et remplissage en pierre, clissage et bloc
de terre, CRAterre-ENSAG, 2011.
• Enseignement de la construction en zone tropicale humide,Vol 2 Fiches techniques Section S1 : Production des matériaux, CRAterre-ENSAG,
2004.
• Enseignement de la construction en zone tropicale humide,Vol 2 Fiches techniques, Section S2 : Maçonnerie en bloc de terre crue, CRAterre-
ENSAG, 2004.
• Guide de bonnes pratiques pour la construction en maçonnerie chaînée en Haïti, MTPTC - MICT, 2010.
• Guide de construction parasismique :Torchis, Wilfredo Carazas Aedo, Alba Rivero Olmos, MISEREOR,Villefontaine : CRATerre, 2002.
• Guidelines for earthquake resistant non-engineered construction, International Association for Earthquake Engeneering, NICEE, 2004.
• Guidelines for earthquake resistant reconstruction and new construction of masonry buildings in Jammu & Kashmir state,Anand S.Arya, UNDP
Disaster Risk Management Programme, 2005.
• La préservation des maisons de style gingerbread d’Haïti, Rapport de mission après le séisme de 2010, World Monuments Fund, 2010.
• Leepa - Guidelines for the compliant construction of Leepa-type timber post and beam houses, UN Habitat / Earthquake Reconstruction and Re-
habilitation Authority ERRA,
• Maçonnerie Chaînée pour maisons de un à deux niveaux : Guide pour techniciens et artisans, Tom Schacher, Direction du Developpement et de la
Cooperation Suisse (DDC), 2009.
• Série pédagogique TMV, outil n° 24, La Charpente, Paul Gut, SKAT, SKAT, Suisse, 1998.
• Tuiles en fibromortier : Procédé de production et pose en toiture, BIT, 1988

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Remerciements

Pour leurs apports techniques :


Ce guide technique a été élaboré par Le Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC)
Florie Dejeant et augmenté par l’équipe
Agence Nationale de la Recherche
Tulio Mateo et Carolyn Garcia, en col-
laboration avec CRATerre, dans le cadre Le laboratoire CRAterre de l’Ecole Nationale Supérieure dArchitecture de Grenoble, et particulière-
du programme Habitat d’Entrepreneurs ment Philippe Garnier, Olivier Moles, Alexandre Douline
du Monde Le laboratoire 3S-R de l’Université Joseph-Fourrier et spécialement Florent
Vieux-Champagne.

dernière mise à jour: novembre 2014 Misereor et en particulier les consultants Sophie Marongiu, Christian Belinga, Julien Hosta, Elsa
Cauderay.

Les organisations de la PADED (Plateforme d’Agro écologie et de Développement Durable) en Haïti


et notamment l’EMPPMH (Encadrement des petits Paysans des Morrnes et des Plaines d’Haïti).

La Direction du Développement et de la Coopération Suisse (DDC) en Haiti et particulièrement Tom


Schacher.

Pour leur soutien financier :


Le Programme des Nations Unies pour le Développement en Haïti (PNUD)

Le Crédit Agricole Solidarité Développement (CASD),

Le Bureau International du Travail en Haïti,

Le Secours Catholique Caritas France

La Fondation Abbé Pierre

Misereor

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