Ossature Bois
Ossature Bois
novembre 2014
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Introduction3
4. Fondations 9
5. Soubassement 12
8. Charpente 20
9. Couverture 23
10. Sol 25
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Introduction
Le mode constructif décrit dans ce manuel s’inspire de l’architecture tradition- Le mode constructif développé a été validé par le Ministère des Travaux Publics,
nelle haïtienne en ossature bois : les “kay peyi” des zones rurales ou les fameuses Transports et Communications (MTPTC) le 4 Mai 2012 conformément au dossier
maisons “gingerbread” plus luxueuses des grandes villes. De manière générale ces remis par Entrepreneurs du Monde le 20 avril 2012.
constructions ont beaucoup mieux résisté au séisme du 12 Janvier 2010 en Haïti,
Ce document constitue une première version destinée à évoluer afin de l’adapter
surtout, n’ont pas fait de victimes. Forts de ce constat, différents acteurs haïtiens
en fonction des utilisateurs et des conditions du terrain et à être discuttée en
(autorités, ONGs, professionnels, populations) ont manifesté un intérêt particulier
concertation avec les divers acteurs.
pour les filières et les techniques de construction valorisant ces cultures construc-
tives dans des programmes de reconstruction de bâtiments “parasinistres” con- Notamment, ce manuel devra tenir compte de l’avancement des recherches
tribuant à la relance des dynamiques socio-économiques locales. menées en France dans le cadre du projet ReparH (2010-2014), programme de
recherche ANR (Agence Nationale de la Recherche) sur la construction parasin-
La technique de construction en ossature bois traditionnelle a été adaptée au con- istre et la valorisation des cultures constructives en Haïti en partenariat avec les
texte économique haïtien actuel et améliorée en tenant compte des critères para- milieux scientifique et de la recherche en Haïti. Il est mis en place dans le cadre
sismiques et paracycloniques. Ce développement a été mené dans le cadre d’une d’une collaboration scientifique entre le laboratoire CRAterre de l’Ecole Nation-
collaboration entre Entrepreneurs du Monde et le laboratoire CRAterre-ENSAG. ale d’Architecture de Grenoble (ENSAG) et le laboratoire 3S-R de l’Université
Il a été conduit dans le contexte de projets pilotes menés par Entrepreneurs du Joseph Fourier (UJF) de Grenoble.
Monde depuis juin 2011, relatifs à la construction de divers bâtiments dans la zone
Ce manuel est basé sur des pratiques dont de nombreuses variantes peuvent être
de Port-au-Prince et à la formation d’artisans maçons et charpentiers à ce mode
envisagées et faire l’objet d’une validation par les organismes compétents.
de construction.
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1. Principe constructif
Le système constructif présenté dans ce manuel consiste en une structure en ossature bois, chaînée et contreventée, posée sur une base rigide constituée des fondations
et du soubassement. La technique tient compte des aléas sismiques et cycloniques présents en Haîti :
• La structure principale est en bois,
flexible, et capable de se déformer sans
s’effondrer en absorbant et dissipant
l’énergie transmise par le séisme. Les lisses
hautes et basses permettent de chaîner le bâti.
• Les détails de liaison entre les éléments
de la structure bois sont essentiels pour as-
surer à la fois la résistance paracyclonique et
la souplesse de la structure.
• La structure est contreventée par des
croix de Saint-André et des renforts d’angles
horizontaux au niveau de la lisse haute.
• L’ossature bois est ancrée aux fonda-
tions et la charpente à l’ossature bois.
• La maçonnerie de remplissage des murs
(pierres, débris de béton, briques) est confi-
née dans des petits triangles évitant la chute
dangereuse de pans entiers de murs.
Par ailleurs, la technique constructive tient
aussi compte du risque lié à l’utilisation du
bois (pourrissement et xylophages) en pro-
tégeant l’ossature bois de l’humidité à travers
plusieurs détails (surélévation de l’ossature,
solin pour éloigner l’eau de la structure).
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2. Principes parasismiques
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2.1. Choix du site
La plupart des gens n’ont pas d’autres alternatives que de construire dans des
zones qui ne sont pas toujours idéales. Cependant, lors du choix du terrain et du NON NON
lieu d’implantation du bâtiment, il convient de respecter certaines recom-
mandations en tenant compte des contraintes du site.
• Eviter de construire dans des zones inondables, dans des ravines ou sur des
pentes abruptes. La pente du terrain devrait être inférieure à 15 %.
• Eviter de construire trop près d’une forte pente, dans des zones d’éboulements,
ou au bord de falaise. Respecter une distance de 10 mètres entre le bâtiment OUI
et une pente abrupte. Si cela n’est pas possible envisager de stabiliser le talus
par un mur de soutènement.
• Vérifier que les murs de soutènement sont de bonne qualité et éviter de con-
struire trop près d’un mur de soutènement. Respecter une distance minimale
de la hauteur du mur depuis le mur de soutènement en contrebas et de 90 cm
depuis le mur de soutènement arrière.
• Eviter de construire sur des terrains instables, des sols meubles ou des zones
marécageuses.
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2.2. Conception architecturale
• Forme : Privilégier les formes de plan simples (carré, rectangle). Eviter les
formes en “L”, “U” ou autres formes complexes. Si nécessaire, subdiviser le CARRÉ RECTANGLE FORME EN “L” OU “U”
bâtiment en rectangles ou carrés indépendants.
• Proportion : La longueur du bâtiment ne doit pas dépasser trois fois sa OUI NON
largeur.
• Parois : Une paroi ne devrait pas être trop longue avant de croiser une paroi
perpendiculaire (< 5,50 m, distance indicative). Il est recommandé de subdi- OUI
viser le bâtiment en plusieurs pièces avec des murs de séparation porteurs en
les répartissant de manière équilibrée.
Des contreforts placés régulièrement et éventuellement des chaînages hauts JOINTS PARASISMIQUES
permettent de réaliser des pièces de plus grandes dimensions. Ces spécificités
techniques doivent être validées par les organismes compétents.
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3. Implantation du bâtiment
• Nettoyer le terrain de la végétation et des gravats et évacuer la couche su- ième ligne orthogonale et la dernière
perficielle du sol. Réaliser ceci aussi pour l’espace qui servira au brassage du ligne parallèle à la ligne de référence.
mortier. Vérifier les diagonales, les longueurs
des côtés opposés devant être égales.
• Repérer le niveau le plus bas, de préférence à l’aide d’un tuyau à eau.Vérifier la
pente du terrain et niveler le terrain. Une fois le cadre défini, installer les chaises en bois (“kwosbar”) de manière à
ce qu’elles soient bien stables et placer les ficelles délimitant les fondations.
Le tuyau à eau est le seul outil simple qui permette de reporter le niveau de
référence sur l’ensemble des chaises (ne pas utiliser le niveau à bulle sur la ficelle).
Le bâtiment ne doit pas être implanté sur un terrain en partie ou totalement rem-
blayé, mais sur la partie déblayée. Si cela est inévitable, compacter le remblai tous
les 20 cm et fouiller les fondations jusqu’au sol dur.
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4. Fondations
4.1. Fouilles
Réaliser l’excavation en creusant ver-
ticalement et en respectant bien
l’alignement des fondations pour ne
pas faire des fondations plus grandes qui
utiliseraient plus de matériaux. Un fil à
plomb permet de bien repérer les limites
sur le sol.
Ne creuser les fondations que si l’on est
sûr de les reboucher avant la pluie. Si cela
n’est pas possible, il faut alors protéger le
fond de fouille d’une couche de 2 cm de
béton de propreté, dosé à 150 kg / m3.
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4.3. Fondations en pierres
La fouille sert de coffrage. L’appareillage des pierres doit respecter certaines règles
de maçonnerie assurant une bonne stabilité du mur :
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4.4. Fondations en béton cyclopéen
Le béton cyclopéen consiste en un béton dans lequel sont noyées des pierres
de dimensions variées, permettant d’économiser du ciment. L’ensemble des
agrégats doit être enrobé de mortier. Les pierres ne doivent pas être en contact les
unes avec les autres. Les vides entre les pierres de plus grosses dimensions doivent
être au maximum occupés par des pierres et agrégats de plus petites dimensions.
La mise en œuvre se fait en plusieurs couches où l’on dispose les pierres pour
combler chaque espace vide et du béton entre chaque lit de pierres.
La fondation doit être arrosée pendant 3 jours pour assurer une bonne cure hu-
mide et prise du béton.
Il est aussi possible de couler le béton avec les pierres déjà noyées dans le béton.
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5. Soubassement
L’axe du mur posé sur le soubassement peut être excentré pour diminuer
l’encombrement du soubassement à l’intérieur mais le muret dépassera d’un mini-
mum de 5 cm à l’intérieur pour ne pas trop excentrer la charge.
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5.3. Soubassement en blocs béton 5.4. Soubassement de la galerie
Le soubassement en bloc est réalisé avec des blocs de béton creux de 15 ou 20 cm Le soubassement de la galerie peut être dans la con-
de large selon le type de bâtiment : tinuité du reste du soubassement et permettra
de supporter les poteaux de la galerie. Une autre so-
• Logements à 1 niveau : bloc 40 x 20 x 15 cm ou 40 x 20 x 20 cm
lution consiste à réaliser uniquement des plots en
• Logements à 2 niveaux : bloc 40 x 20 x 20 cm blocs, en pierres ou en terre cuite aux endroits des
• Bâtiments publics (1 ou 2 niveaux) : bloc 40 x 20 x 20 cm poteaux afin d’avoir une galerie plus ouverte.
Pour fixer les poteaux de la galerie au soubasse-
Soubassement en 2 ou 3 rangées, la lisse basse doit être au minimum à 20 cm au-
ment, placer sur la hauteur du soubassement ou des
dessus du niveau du sol fini intérieur.
plots un morceau de feuillard métallique (gauge
Afin de pourvoir réaliser l’arase du soubassement, les blocs sont remplis avec du 20, 18 ou 16) en U afin de laisser 15 cm au dessus de
béton faiblement dosé à 150 kg / m3.
l’arase pour fixer le poteau de chaque côté. D’autres
Pour réaliser le solin, on peut disposer des plots de mortier ou une bande de solutions sont envisageables, telle que des “sabots
mortier nivelée de largeur inférieure à la largeur de la lisse basse sur laquelle sera métalliques” que l’on peut trouver dans le commerce.
posée la lisse basse. Le solin peut être réalisé ensuite avec du mortier de ciment
Afin d’éloigner l’eau des poteaux, réaliser un solin à
en dégageant bien l’arête du bois avec la truelle.
4 pentes, en forme de pyramide, en veillant à ce que
L’axe du mur peut être excentré de manière à mettre au même nu intérieur le mur les arêtes du poteau soient bien dégagées.
et les blocs. Le solin aura une largeur de 5 à 10 cm.
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6. Ossature bois
6.1. Principe
La structure du bâtiment en ossature en bois offre une certaine souplesse au
bâti qui permet la dissipation de l’énergie du séisme. L’ossature peut bouger
et se déformer sans rompre si certaines règles sont respectées. Aussi, les liaisons
entre chaque élément doivent être faites de telle façon qu’elles doivent être suf-
fisamment « résistantes » pour ne pas s’arracher et avoir une certaine souplesse
Pour augmenter la longévité du bois utilisé dans la construction, les pièces de bois
pour autoriser les mouvements sans casser et s’effondrer.A contrario, vouloir trop
doivent être :
rigidifier la structure peut être néfaste pour le bâti, car on rend le système moins
souple et moins en capacité d’absorber et de dissiper l’énergie transmise par le • Bien sélectionnées (le moins de nœuds possible, pas de fente, pas voilées,
séisme. bon sens des fibres, humidité minimum) ;
Ce type de bâtiment parasismique doit obligatoirement présenter un chaînage • Bien stockées et protégées de manière à les faire sécher sans les voiler
(surface plane, lattes placées entre chaque rangée) ;
haut et un chaînage bas ceinturant le bâtiment pour assurer la stabilité de la
structure et empêcher l’ouverture des murs en cas de séisme. • Bien traitées pour éviter l’attaque des termites et autres insectes xylophages.
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6.4. Ancrage de la lisse basse
La lisse basse est un des éléments les plus importants de la structure. Elle permet Règles de positionnement et de mise en œuvre :
de ceinturer le bâti (hormis au niveau des portes) et de faire la liaison entre le
• Les tiges sont disposées à 60 cm des angles des murs et sont espacées de
soubassement et les murs. Posée sur le soubassement et ancrée aux fondations,
2,20 m maximum et 1,80 m de préférence ;
elle forme aussi chaînage pour le soubassement.
L’ancrage peut se faire par l’intermédiaire de tiges filetées métalliques ou de fers • Si les tiges ne sont pas galvanisées, les traiter avec de la peinture antirouille ;
à béton ancrés dans la fondation. D’autres solutions sont possibles, à faire valider • Les tiges sont repliées dans la fondation sur 20 à 30 cm formant un L ;
par les organismes compétents.
• Assurer un positionnement précis des tiges en plaçant une ficelle
Le diamètre de ces tiges dépend de la charge du bâti : d’alignement et vérifier leur aplomb pendant la mise en œuvre des fonda-
• Bâtiment à 1 niveau : Ø 3/8” tions et du soubassement ;
• Bâtiment à 2 niveaux : Ø 1/2” • Pour éviter la corrosion, les tiges ne doivent pas être en contact avec les
pierres, mais doivent bien être entourées de mortier ciment ;
• Pour les tiges filetées, fixation à la lisse basse avec une rondelle plate et un
écrou ;
• Pour les fers à béton, fixation à la lisse basse en repliant le fer sur le bois sur
5 cm environ.
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6.5. Lisse basse et lisse haute 6.6. Poteaux et potelets
Les lisses basse et haute relient l’ensemble des murs du bâtiment, périphériques L’ossature principale est constituée des ceintures basse et haute et des poteaux.
ou de refend. Les poteaux sont en 4”x4 et en 2x4” minimum.
Elles doivent être en pièces de bois de section 2”x4” brut minimum, de préfé- L’entraxe des poteaux définit la largeur des panneaux. La largeur standard des
rence en 4”x4” (brut ou préparé). panneaux est de 90 cm, la largeur maximale imposée est de 100 cm. L’ossature
doit respecter les règles de positionnement suivantes :
Pour assurer une bonne stabilité de la struc-
ture, des renforts d’angles horizontaux sont • Poteaux 4”x4” aux angles, niveau des murs de refend et des ouvertures.
placés sur la lisse haute à tous les angles. Leur • Un poteau 4”x4” chaque 4 panneaux remplis maximum et chaque 2 panneaux
longueur intérieure est de 85 cm minimum. Au maximum pour le rez-de-chaussée du bâtiment à étage.
niveau d’un mur de refend, les renforts peuvent
La liaison des poteaux avec les lisses
être placés d’un seul côté.
basse et haute est assurée par du feuil-
Les assemblages à mi-bois doivent être de bonne qualité pour pouvoir repren- lard métallique (gauge 20, 18 ou 16) cloué
dre les efforts horizontaux notamment. en U sous ou sur les lisses et de part et
La mise en œuvre doit respecter les règles suivantes : d’autre des poteaux. Cette solution permet
• Longueur d’assemblage minimum de 35 cm pour du 4”x4” et de 25 cm d’éviter l’arrachement en cas de séisme ou
pour du 2”x4”. de cyclone et de donner une souplesse aux
liaisons. Selon le type de feuillard et le nom-
• Le positionnement des clous doit respecter le schéma ci-contre ;
bre de clous (4 clous 2” minimum), la lon-
• Pas d’assemblage au niveau : gueur minimale d’accroche du feuillard sur
-- des ancrages de la lisse basse (tiges) ; les poteaux peut être de 10 cm. Les poteaux
-- des poteaux et potelets ; sont maintenus sur les lisses basse et haute
-- des murs de séparation ; par des clous 3” à 5” selon la dimension du
poteau.
-- des assemblages des renforts d’angles. Longueur Diamètre
Gauge
(pouces) (mm)
La hauteur des poteaux dépend de la
1 1/2" 2.04 14
dimension maximale des croix (120 cm
2" 3.33 11
en hauteur) mais il est recommandé de
2 1/2" 3.33 10
ne pas aller au-delà de 3 m de hauteur
3" 3.77 9
pour les poteaux. Au-delà, il convient de
4" 4.95 6
5" 4.88 6
faire valider les choix par des organismes
Tableau de caractérisation des clous
compétents.
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6.7. Particularités de l’étage et plancher 6.8. Ossature secondaire / Contreventement
intermédiaire
La structure doit être nécesairement contreventée
Pour réaliser un étage, le principe est de poser une boîte sur une autre boîte, re- dans les panneaux d’angle.
liées entre elles par une liaison flexible. Pour cela chaque niveau doit présent-
Ici, les panneaux sont tous constitués de croix de
er un chaînage haut et bas. La lisse basse de l’étage repose sur les poutres du
Saint-André (croix en forme de X) assurant le
plancher qui reposent elles-mêmes sur la lisse haute du
contreventement de la structure et la création
rez-de-chaussée. Il est recommandé que les poutres
de petits espaces confinés triangulaires per-
dépassent de 5 cm minimum à l’extérieur afin
de laisser une plus grande marge de mouvement au mettant le remplissage en maçonnerie de pierres ou
plancher. de débris de béton taillés.
Selon la hauteur des murs, les panneaux auront 2 ou
La liaison entre la lisse basse de l’étage et la lisse haute
3 croix superposées qui peuvent être de hauteurs
du rez-de-chaussée est assurée par des tiges filetée
variables.
Ø 3/8”. Le positionnement de ces tiges respecte les mêmes règles que les tiges
d’ancrage de la lisse basse (cf. § 6.4).
La section des poutres du plancher dépend de Les croix sont réalisées en planches 1”x4” et peuvent être
la portée, de l’entraxe des poutres et de la assemblées selon deux méthodes :
destination du bâtiment (poids des équipe- • Assemblage avec entaille à mi-bois : les deux di-
ments). Il est fortement recommandé d’aligner agonales sont continues. Cette solution demande une
les poutres avec les poteaux du premier certaine précision d’ajustement pour éviter les jeux
niveau, afin que les poteaux de l’étage soient aux angles et au croisement.
directement alignés avec les poteaux du rez-
de-chaussée. Les entretoises placées entre les • Assemblage avec une diagonale continue et
poutres permettent d’éviter leur flambement. une diagonale en deux morceaux : Les deux
Section des
Portée morceaux de diagonale sont assemblés au centre et
Pour des panneaux de largeur 90 cm, l’entraxe poutres
sont légèrement décalés pour permettre de les clouer.
recommandé entre poutres est de 45 cm (un demi- 4 m à 5,30 m 2"x8"
Cette solution est simple à réaliser et engendre moins
panneau) pour un plancher 1”. Le tableau ci-contre 2,50 m à 4 m 2"x6"
de risques de jeux.
donne une indication des sections minimales des < 2,50 m 2"x4"
poutres selon la portée. Des raidisseurs horizontaux (ou étrésillons) en planches 1”x4” séparent les
croix.
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6.9. Ossature de la galerie
De manière générale, il existe deux types de galerie :
• La galerie en perron, dont la toiture est continue avec la toiture principale.
La lisse haute du bâtiment est continue sur la galerie pour supporter la toiture
et ceinturer l’ensemble du bâtiment. Elle repose sur des poteaux 4”x4”, de
préférence, espacés tous les 2 à 3 m selon le type de contreventement.
Dans les deux cas, l’ossature de la galerie ne présente pas nécessairement de lisse
basse et les poteauxpeuvent être directement fixés au soubassement (cf. § 5.4).
Les poteaux de la galerie doivent être contreventés et plusieurs solutions sont
possibles. De simples renforts d’angles reliant les poteaux à la lisse haute suffisent.
Il est possible de placer des croix de Saint André entre les poteaux réalisées avec
des planches 1”x4”, d’une hauteur de 30 à 60 cm environ. Ces contreventements
peuvent être plus ou moins ouvragés.
18
7. Remplissage des murs
La maçonnerie de pierres, de débris de béton taillés ou de briques est bloquée dans des
petits espaces triangulés offert par les croix de Saint André. Le remplissage assure la stabilité de
la structure en évitant aux pièces de bois de flamber en cas de secousses.
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8. Charpente
• Forme de la toiture
• Toiture de la galerie
La toiture à 4 pans est plus recommandée car elle présente une meilleure sta-
bilité et un meilleur comportement face aux cyclones. La toiture de la galerie offre une grande prise au vent, c’est pourquoi il est recom-
mandé de la construire de manière indépendante au reste de la toiture ( “en cas-
La toiture à 2 pans est cependant plus économique avec une charpente plus
quette”) (cf. § 6.9).
simple mais elle nécessite un bon contreventement des fermes. Les murs pignons
sont aussi moins bien protégés de la pluie. Si le choix s’est porté sur une toiture “perron”, en continuité de la toiture princi-
pale, il est nécessaire de placer un faux-plafond horizontal permettant de réduire
La toiture plate en béton, lourde et rigide, est proscrite pour des constructions de
la prise au vent.
ce type en zone sismique.
• Planches de rives
Dans la culture locale haïtienne on rencontre régulièrement des planches de rives
larges et chantournées décoratives. Il est prouvé que ce détail participe à la réduc-
tion du risque d’arrachement de la toiture en cas de vents violents. Les découpes
permettent en effet de “casser” la turbulence du vent.
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8.2. Fermes
Il n’y a pas une méthode unique pour réaliser la charpente cependant le respect
de certaines recommandations permet d’offrir une bonne résistance parasismique
et paracyclonique.
• Pour des portées inférieures à 6,50 m, on peut réaliser des fermes simples en
bois 2”x4”. Une pente de 50 % est plus simple à réaliser (angle 27°)
• Si la portée est supérieure à 5,50 m, placer des contre-fiches (à 1/3 de la lon-
gueur du chevron depuis le faîtage).
• L’espacement des fermes dépend de la section des lattes, du poids de la cou-
verture et de la pression du vent. De manière générale, pour des lattes en
2”x2” préparées, on ne dépassera pas un entraxe entre fermes de 1,35 m pour
une toiture en tuiles micro-béton et de 1,80 m pour une toiture en tôle.
• Placer un renfort horizontal pour bien relier les chevrons au niveau du faîtage.
• Réaliser une entaille dans le chevron au niveau de la lisse haute afin d’offrir une
meilleure stabilité à la structure.
• Ancrer les fermes sur la lisse haute à l’aide d’éléments métalliques. Par exem-
ple, on peut placer du feuillard métallique reliant la traverse (l’entrait) à la lisse
haute et si possible au poteau.
• Pour une toiture à 2 pans, contreventer les fermes par des pièces de 1”x4”
(brut) ou 2”x2” minimum reliant les poinçons ou les contre-fiches entre elles.
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8.3. Lattes 8.4. Charpente de la galerie
• Pour une toiture en tôles
Utiliser de préférence des lattes 2”x2” espacées de 85 cm maximum. La première Pour une galerie dont la toiture est en casquette de portée raisonnable, la char-
latte doit être à une distance du faîtage calculée selon la largeur de la tôle faîtière pente composée de chevrons de dimensions 2”x2” ou 2”x4” peut reposer et
(cf. § 9.1). On doit placer une latte au niveau du re- être fixée sur la lisse haute mais ne doit en aucun cas être clouée ou ligaturée à la
couvrement de deux tôles. Pour éviter l’arrachement, charpente principale du bâtiment. Les chevrons sont fixés en partie basse sur une
les lattes doivent être toutes ligaturées aux chevrons
lisse haute reposant sur les poteaux de la galerie.
avec du fil à ligature gauge 14 ou 16.
Des lattes de 1” d’épaisseur peuvent être utilisées,
dans ce cas, l’entraxe des fermes ne dépassera pas1,20
m.
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9. Couverture
23
9.2. Couverture en tuiles micro béton
La couverture en tuiles micro béton (ou tuile de mortier vibré) est une solution La pose des tuiles commence en bas à gauche. Les tuiles sont posées par “col-
intéressante à plusieurs niveaux : onne”. On utilise un cordeau, une règle métallique ou une pièce de bois bien droite
• Poids relativement faible : 2,7 kg / tuile – 34 kg / m² ; pour aligner les tuiles que l’on décale à chaque fois de 20 cm une fois la “colonne”
posée. Les tuiles sont fixées aux lattes avec du fil à ligaturer. Il est recommandé de
• Résiste aux tempêtes de vent (possibilité de fixer chaque tuile à la charpente,
fixer toutes les tuiles de rive et une tuile sur deux ensuite.
la fixation résiste à 20 kg de charge) ; un meilleur comportement face aux
cyclones (les tuiles supportent un certain mouvement permettant de dissiper
Les tuiles faîtières sont des tuiles en “V” de 25 cm de large. Avec un recouvrement
la pression du vent) ;
de 5 cm d’une tuile sur l’autre on compte 5 tuiles / ml. Les tuiles possédant un
• Bonne résiste aux chocs et aux charges ponctuelles ; tenon de fixation peuvent être directement posée et fixée avec du fil à ligaturer
• Durabilité, bonne étanchéité, bonne acoustique, bon confort thermique ; aux lattes supérieures. Les tuiles sans tenon sont posées au mortier de ciment.
• Facilité et rapidité de pose ; Elles peuvent êtres posées par chevauchement progressif (a) ou par chevauche-
ment double (b).
• Economique.
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10. Sol 11. Revêtements des murs
10.1. Remblai et sol intérieur du RdC 11. 1. Selon le mortier utilisé pour le remplissage (terre, chaux ou ciment),
il peut être utile de rejointoyer ou d’enduire à la chaux ou au ciment.
Le remblai intérieur doit être compacté en plusieurs couches de 20 cm maximum
de granulométrie dégressive (du remblai grossier au gravier). Une chape de ciment L’enduit n’est pas nécessaire mais permet de protéger le remplissage. Il peut
(300 kg/m3) de 5 cm environ est coulée ensuite. Elle pourra recevoir un éventuel être réalisé en terre, à la chaux ou au ciment.
revêtement de finition. Afin de prévenir les fissures naturelles entre l’ossature et l’enduit, il est
Il est recommandé de prévoir un joint de dilatation tous les 3 m. recommandé de passer la truelle à ce niveau en chanfreinant l’enduit.
Dans le cas d’un enduit recouvrant tout ou partie de l’ossature, un grillage
10.2. Plancher de l’étage
galvanisé ou une toile sont recommandés pour prévenir des fissures au
Le plancher de l’étage est de préférence en bois (plancher en bois ou plywood ou niveau de l’ossature bois.
autre solution légère équivalente).
La structure décrite n’est pas adaptée à supporter une dalle en béton armé car son
poids important et sa rigidité est néfaste en cas de séisme.
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12. Exemples de realisations
3 bâtiments destinés à loger des petites entreprises encadrées par Entrepreneurs du Monde
Technique constructive:
- ossature bois
- remplissage avec les débris du séisme+ mortier de terre stabilisée
- enduits de finition et peinture à la chaux
- deux toitures en tôles trapèze, une toiture en tuiles de mortier vibré
Technique constructive:
- ossature bois
- remplissage avec les débris du séisme+ mortier et enduits ciment
- toiture en tuiles de mortier vibré
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Maison d’habitation à Croix-Deprez, Port-au-Prince
Achevée en octobre 2012
Technique constructive:
- ossature bois
- remplissage avec les débris du séisme + mortier et enduits ciment
- détails de finition de qualité supérieure (peinture, menuiserie)
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3 bâtiments communautaires dans des quartiers
défavorisés de Port-au-Prince (projet PNUD)
Achevés début 2014
Technique constructive:
- structure mixte ossature bois et maçonnerie chaînée pour les bâtiments à étage
- remplissage avec des roches et des matériaux de récupération
+ mortier et enduits ciment
- une toiture en tuiles de mortier vibré, 2 toitures en tôle trapèze
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Ecole de Grand-Boulage, 4e section communale de Thomazeau
Achevée en septembre 2014
Une école à étage de 244m², comprenant 3 salles de classe, un pôle administratif et deux galeries
Technique constructive:
- ossature bois
- remplissage avec des petites pierres + mortier de terre fibrée
- enduits de finition à la chaux
- toitur en tuile de mortier vibré
- planchers incluant des caissons d’isolant fibreux (isolation phonique)
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12. Références Bibliographiques
• Calendriers 2011 et 2012, Quelques règles pour construire des maisons plus solides, Centre de Compétence Reconstruction (CCR) de la Direction
du Développement et de la Coopération Suisse (DDC) en Haïti.
• Compliance Catalogue: Guidelines for the Construction of Compliant Rural Houses, ERRA, Version 6 Mars 2008, Earthquake Reconstruction and
Rehabilitation Authority, 2008.
• Construire parasismique : risque sismique, conception parasismique des bâtiments, Zacek Milan, Ed. Parenthèses, 1996.
• Cyclone resistant buildinng architecture, Ankush Agarwal, UNDP, Disaster Risk Management Programme, 2007.
• Dhajji Conctruction for one and two storey earthquake resistant houses: A Guidebook for Technicians and Artisans, Tom Schacher, Dr. Qaisar Ali,
Direction du Developpement et de la Cooperation Suisse (DDC) / UN Habitat / Earthquake Reconstruction and Rehabilitation Authority ERRA, 2009.
• Enseignement de la construction à Haïti,Vol 2 Fiches techniques, Section S2-B : Mur en ossature bois et remplissage en pierre, clissage et bloc
de terre, CRAterre-ENSAG, 2011.
• Enseignement de la construction en zone tropicale humide,Vol 2 Fiches techniques Section S1 : Production des matériaux, CRAterre-ENSAG,
2004.
• Enseignement de la construction en zone tropicale humide,Vol 2 Fiches techniques, Section S2 : Maçonnerie en bloc de terre crue, CRAterre-
ENSAG, 2004.
• Guide de bonnes pratiques pour la construction en maçonnerie chaînée en Haïti, MTPTC - MICT, 2010.
• Guide de construction parasismique :Torchis, Wilfredo Carazas Aedo, Alba Rivero Olmos, MISEREOR,Villefontaine : CRATerre, 2002.
• Guidelines for earthquake resistant non-engineered construction, International Association for Earthquake Engeneering, NICEE, 2004.
• Guidelines for earthquake resistant reconstruction and new construction of masonry buildings in Jammu & Kashmir state,Anand S.Arya, UNDP
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• La préservation des maisons de style gingerbread d’Haïti, Rapport de mission après le séisme de 2010, World Monuments Fund, 2010.
• Leepa - Guidelines for the compliant construction of Leepa-type timber post and beam houses, UN Habitat / Earthquake Reconstruction and Re-
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• Maçonnerie Chaînée pour maisons de un à deux niveaux : Guide pour techniciens et artisans, Tom Schacher, Direction du Developpement et de la
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• Série pédagogique TMV, outil n° 24, La Charpente, Paul Gut, SKAT, SKAT, Suisse, 1998.
• Tuiles en fibromortier : Procédé de production et pose en toiture, BIT, 1988
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Remerciements
dernière mise à jour: novembre 2014 Misereor et en particulier les consultants Sophie Marongiu, Christian Belinga, Julien Hosta, Elsa
Cauderay.
Misereor
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