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Cours Infarctus Enteromesenterique

L'ischémie intestinale aiguë est une pathologie vasculaire causée par l'interruption brutale du flux sanguin dans l'artère mésentérique supérieure, conduisant à la nécrose tissulaire. Le document décrit l'anatomie de l'artère mésentérique supérieure et explique la physiopathologie en plusieurs étapes, de l'adaptation initiale au développement d'un métabolisme anaérobique toxique en l'absence de reperfusion.
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Cours Infarctus Enteromesenterique

L'ischémie intestinale aiguë est une pathologie vasculaire causée par l'interruption brutale du flux sanguin dans l'artère mésentérique supérieure, conduisant à la nécrose tissulaire. Le document décrit l'anatomie de l'artère mésentérique supérieure et explique la physiopathologie en plusieurs étapes, de l'adaptation initiale au développement d'un métabolisme anaérobique toxique en l'absence de reperfusion.
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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ‎UNIVERSITE HADJ

LAKHDAR BATNA2 ‎ Faculté de Médecine

Ischémie intestinale aiguë


Infarctus entéro-mésentérique
I. Définitions

• D’abord,‎ il‎ faut‎ comprendre‎ que‎ l’infarctus enteromésentérique est‎ une complication‎
d’une‎maladie‎vasculaire‎du‎tube‎digestive ‎qui‎est‎:‎L’ischémie intestinale aigüe
• Donc‎pour‎‎d’éviter‎tout‎parachutisme,‎‎on‎‎‎‎exposera‎la‎maladie‎et‎sa‎complication.‎
• Tout‎d’abord,‎‎‎examinez‎‎les‎deux‎intitulés‎ou‎titres‎du‎cours.‎
• On‎ note‎ quatre‎ mots-clés‎ à‎ définir,‎ ‎ à‎ savoir: ischémie, infarctus, intestinal ou
entéromésentérique et aigue.
• L’ischémie,‎‎du‎grec‎ancien‎‎ískhô‎« tenir »‎et‎‎haîma‎« sang »,‎‎est‎l’interruption‎partielle‎
(diminution)‎ou‎totale‎(abolition)‎‎du‎débit‎sanguin‎artériel‎d’un‎organe.
• Ce‎ qui‎ va‎ induire,‎ des‎ lésions‎ ‎ tissulaires‎ ‎ réversibles‎ après‎ ‎ rétablissement‎ du‎ débit‎
sanguin‎normal‎(=‎revascularisation),
• En‎ absence‎ de‎ ‎ revascularisation,‎ ‎ les‎ lésions‎ évoluent‎ vers‎ la‎ nécrose‎ des‎ tissus‎ c’est‎
l’infarctus.‎
• Le‎ mot‎ aigue‎ ‎ traduit‎ l’urgence abdominale vitale et‎ le‎ début‎ brutal‎ d’apparition‎ des‎
symptômes‎<7 jours (entre‎7‎jours‎et‎15‎jours‎:‎subaiguë‎et‎>15‎jours:‎chronique).
• Les‎ trois‎ termes‎ intestinale, entéro- et mésentèrique‎ ‎ sont‎ en‎ rapport‎ avec‎ le‎ territoire‎‎‎
vascularisée‎par‎l’Artère‎‎mésentérique‎supérieure,‎
En‎somme,‎l’ischémie‎intestinale‎aiguë‎‎est‎l’interruption‎brutale‎partielle‎ou‎totale‎du‎débit‎
sanguin‎ ‎ artériel‎ dans‎ le‎ territoire‎ irrigué‎ par‎ l’artère‎ mésentérique‎ supérieur.‎ C’est‎ ‎ une‎
urgence‎ abdominale‎ car‎ son‎ évolution‎ spontanée‎ se‎ fait‎ vers‎ l’infarctus:‎ une‎ complication‎
fatale‎(mortelle).

II. Rappel Anatomique

1. Les branches de l’artère mésentérique supérieure


• l’ischémie‎intestinale‎aiguë‎est‎une‎pathologie vasculaire du‎tube‎digestive,‎‎on‎va‎donc‎
se‎focaliser‎‎sur‎l’anatomie de l’artère mésentérique supérieure (AMS).
• L’AMS,‎née‎de‎l’aorte‎abdominale,‎‎‎présente‎trois‎parties:‎‎
 l’ostium‎(l’origine‎de‎l’AMS‎‎sur‎l’aorte‎abdominale)
 Une‎partie‎rétro-pancréatique‎(l’AMS‎passe‎derrière‎le‎pancréas)‎
 Une‎partie‎‎mésentérique‎(l’AMS‎pénètre‎dans‎le‎mésentère)
• L’AMS‎donne‎successivement‎des‎branches‎collatérales:
 Artère‎‎pancréatico-duodénale‎inférieure
 Artères‎jéjunales‎
 Artères‎iléales
 Artère‎colique‎droite‎‎
 Artère‎colique‎moyenne‎

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• L’AMS‎‎se‎termine‎par‎l’artère‎iléo-colique‎en‎regard‎de‎l’iléon‎au‎niveau‎du‎vestige‎du‎
conduit‎vitellin‎(diverticule‎de‎Meckel).
• Elle‎‎vascularise‎l’intestin‎grêle‎(jéjunum‎et‎iléon),‎le‎colon‎droit‎et‎les‎deux‎tiers‎du‎colon‎
transverse.
• L’interruption‎ partielle‎ ou‎ totale‎ du‎ débit‎ sanguin‎ de‎ ‎ l’AMS‎ est‎ ‎ causée‎ par‎ une‎
obstruction‎‎de‎l’AMS.‎En‎fonction‎du‎siège‎de‎l’obstruction,‎on‎peut‎déterminer‎l’étendue‎
de‎l’ischémie:
 Souvent‎ ‎l’obstacle‎siège‎‎ ‎après‎l’origine‎de‎l’Artère‎ colique‎moyenne‎ et‎
des‎ premières‎ artères‎ jéjunales‎ et‎ provoque‎ une‎ ischémie‎ de‎ l’iléon‎ et‎ du‎
côlon‎droit.‎Rarement,‎l’obstacle‎est‎au‎niveau‎de‎‎l’origine‎de‎l’AMS‎(ou‎
l’ostium)‎ donnant‎ une‎ ischémie‎ de‎ l’ensemble‎ du‎ grêle,‎ du‎ côlon‎ droit‎ et‎
2/3‎du‎colon‎transverse.‎
 Une‎obstruction‎des‎branches‎jéjunales‎ou‎iléales‎provoque‎des‎ischémies‎
segmentaires‎jéjunales‎ou‎‎iléales.
2. Les anastomoses de l’AMS
• Le‎ tube‎ digestif‎ est‎ vascularisé‎ par‎ trois‎ artères‎ principales‎ qui‎ sont‎ des‎ branches‎ de‎
l’aorte‎abdominale‎qui‎‎donne‎successivement :
 Le‎tronc‎cœliaque
 L’AMS‎
 L’artère‎mésentérique‎inferieure‎(AMI)
• L’AMS‎‎présente‎‎des‎anastomoses‎‎avec‎le‎tronc‎cœliaque‎et‎l’AMI :
o Les‎‎anastomoses‎entre‎le‎tronc‎cœliaque‎et‎l’AMS‎s’effectuent‎entre‎l’artère‎
gastroduodénale‎ (branche‎ de‎ l’artère‎ hépatique‎ commune‎ qui‎ provient‎ du‎
tronc‎cœliaque)‎et‎l’artère‎pancréatico-duodénale‎inférieure‎(première‎branche‎
collatérale‎de‎l’AMS)‎réalisant‎deux‎arcades‎pancréatiques:
 L’arcade‎pancréatique‎antérieure‎et‎inférieure‎
 L’arcade‎pancréatique‎postérieure‎et‎supérieure
o L’anastomose‎ entre‎ l’AMS‎ et‎ l’AMI‎ ‎ se‎ fait‎ entre‎ l’artère‎ ‎ colique‎ droite‎ et‎
l’artère‎ colique‎ ‎ gauche‎ ‎ au‎ niveau‎ du‎ ‎ mésocôlon‎ transverse,‎ réalisant‎‎
L’arcade de Riolan,
• Est-ce‎que‎ces‎anastomoses‎‎assurent‎‎une‎suppléance‎‎efficiente,‎en‎ramenant‎‎‎‎de‎sang‎
artériel‎pour‎l’intestin‎et‎le‎colon‎en‎cas‎d’ischémie‎intestinale‎aiguë et ainsi‎prévenir‎la‎
survenue‎d’infarctus?
• Cette‎suppléance‎‎est‎‎inefficace‎en‎cas‎d’ischémie‎intestinale‎aiguë‎‎car‎l’interruption‎du‎
flux‎artériel‎est‎brutale‎et‎l’évolution‎vers‎la‎nécrose‎se‎fait‎en‎quelques‎heures.
• En‎ revanche,‎ dans‎ l’ischémie intestinale chronique,‎ ‎ cette‎ suppléance‎ est‎ ‎ efficace‎ et‎‎
l’évolution‎ vers‎ la‎ l’ischémie‎ intestinale‎ ‎ aiguë‎ ‎ et‎ donc‎ la‎ nécrose‎ requière‎ ‎ une‎‎
interruption‎ concomitante‎ (en‎ même‎ temps)‎ du‎ flux‎ sanguin‎ de‎ l’AMI‎ et/ou‎ du‎ tronc‎
cœliaque,‎‎c’est‎la‎règle‎‎de‎Mikkelsen.

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III. Physiopathologie:

• La paroi intestinale est constituée de quatre couches tissulaires: la muqueuse qui


présente des villosités au niveau du grêle, la sous muqueuse, la musculeuse et la séreuse,
voir le schéma,
• L’ischémie‎intestinale‎a‎une‎physiopathologie‎multi-étapes (plusieurs étapes):
1. L’étape initiale d’adaptation:
• La diminution brutale du débit sanguin artériel entraîne une baisse de l'oxygénation de
la muqueuse en dessous de ses besoins.
• Trois phénomènes adaptatifs vont tenter de maintenir une oxygénation satisfaisante
pour la muqueuse (La couche noble) par :
 Une redistribution du flux sanguin artériel vers la muqueuse au détriment de la
sous-muqueuse et de la musculeuse.
 L’extraction‎ muqueuse en‎ oxygène‎ va‎ augmenter‎ considérablement‎ jusqu’à‎ un‎
seuil‎critique‎de‎perfusion‎sanguine‎de‎l’ordre‎de‎30‎ml/min/100‎g‎ou‎l’extraction
devient‎impossible‎(Le‎débit‎sanguin‎normal‎au‎niveau‎de‎l’intestin‎grêle‎est‎de‎‎
75 ml/min/100 g contre 35 ml/min/100 g par minute pour le côlon).
Dans‎ ce‎ cas,‎ ‎ les‎ cellules‎ muqueuses‎ atteignent‎ le‎ stade‎ de‎ l’anoxie et la
déplétion‎énergétique‎(L’énergie‎est‎indispensable‎pour‎leur‎viabilité‎sinon‎c’est‎
la mort cellulaire), autrement dit, elles ne peuvent plus produire de‎l’énergie‎ à‎
partie‎de‎l’O2‎sous‎forme‎d’ATP‎
(L’adénosine 5¢ triphosphate cellulaire).
 À ce stade, les cellules muqueuses vont déclencher le métabolisme anaérobie:
La glycolyse anaérobie pour‎‎produire‎‎l’ATP.
2. L’étape du métabolisme anaérobique:

• La glycolyse anaérobie devient la principale‎ source‎ ‎ de‎ production‎ d’ATP‎ pour la


cellule muqueuse.
• Elle‎produit‎deux‎molécules‎d’ATP‎‎à‎partir‎d’une‎molécule de glucose, par contre,
la glycolyse‎ aérobie‎ ‎ produit‎ 16‎ molécules‎ d’ATP‎ ‎ par‎ molécule‎ de‎ glucose. En
conséquence, elle est peu rentable énergétiquement pour la cellule muqueuse.
• La glycolyse anaérobie produit également, en grande quantité, deux substances
toxiques en intra cellulaire: les lactates et le calcium.
• Les lactates entraînent une acidose intracellulaire par une surcharge intracellulaire
en protons (H+). Pour corriger son PH, la cellule muqueuse va favoriser la sortie des
protons en faisant entrer le sodium Na+ (par la pompe ionique Na+/K-). L’entrée‎
de Na+ dans la cellule déclenche la pompe Na+/Ca++ qui fait sortir du sodium et
entrer du calcium en intracellulaire.
• Le Ca++ est toxique et va induire des altérations des mitochondries.
• L’aggravation‎ de‎ l’acidose intracellulaire liée aux lactates finit par bloquer la
glycolyse anaérobie, induisant ainsi une déplétion énergétique considérable et

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accumulations‎ des‎ produits‎ ‎ toxiques‎ des‎ ‎ différentes‎ voies‎ métaboliques:‎ c’est‎ ‎ la‎‎
perte‎de‎l’homéostasie‎cellulaire.
• Les conséquences: un‎ gonflement‎ cellulaire‎ par‎ entrée‎ d’eau‎ et‎ une‎ atteinte‎ de‎
l’intégrité‎du‎cytosquelette‎dont‎la‎résultante‎finale‎est‎la‎nécrose‎‎cellulaire‎par‎son‎
éclatement.
• On distingue quatre stades histologiques de nécrose de la paroi intestinale:
o Stade I:‎‎‎une‎‎nécrose‎des‎cellules‎épithéliales‎‎qui‎tapissent‎la‎muqueuse‎
intestinale‎et‎leur‎desquamation‎‎au‎niveau‎de‎la‎lumière‎intestinale.
o Stade II:‎‎‎la‎nécrose‎de‎la‎sous-muqueuse‎avec‎infiltration‎‎œdémateuse‎et‎‎
hématique.‎L’eau‎et‎le‎sang‎‎vont‎‎passager‎dans‎la‎lumière‎intestinale‎et‎‎ça‎se‎
traduit‎cliniquement‎par‎des‎diarrhées‎sanglante,‎
‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎Les‎lésions‎de‎ces‎deux‎stades‎‎s’installent‎‎après‎trois‎à‎six‎heures‎d’ischémie‎‎‎et‎‎‎
‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎sont‎réversibles‎après‎revascularisation
o Stade III:‎une‎nécrose‎‎transpariétale:‎muqueuse,‎sous‎muqueuse,‎musculeuse‎
et‎séreuse,‎c’est‎l’infarctus.‎‎Les‎lésions‎évoluent‎vers‎l’infarctus‎‎après‎six‎à‎
24‎heures‎d’ischémie‎et‎sont‎irréversibles.‎
o Stade IV: Gangrène‎‎de‎la‎nécrose‎due‎à‎la‎surinfection‎bactérienne‎‎et‎
perforation‎(Les‎bactéries‎proviennent‎de‎la‎lumière‎intestinale).‎‎Elles‎
surviennent‎‎après‎24‎h‎d’ischémie
3. Étape de la réponse inflammatoire systémique et du choc septique:
• Elle survient entre‎12‎et‎24‎h‎de‎l’ischémie,
• D’une‎part,‎La‎nécrose‎de‎la‎muqueuse‎intestinale‎va‎favoriser‎le‎passage‎des‎bactéries‎
et des toxines depuis la lumière intestinale vers le système porte. Ceux-ci vont activer
la‎ libération‎ de‎ médiateurs‎ de‎ l’inflammation (les cytokines). Ces agents vont
déclencher‎ une‎ réponse‎ inflammatoire‎ systémique‎ impliquant‎ ‎ le‎ foie,‎ le‎ cœur,‎ les‎
reins‎et‎les‎poumons,‎L’atteinte‎de‎ces‎organes‎peut‎aller‎de‎la‎dysfonction‎transitoire‎
jusqu’à‎ la‎ défaillance‎ multi-viscérale (Insuffisance hépatique, insuffisance rénale,
insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire, coma,).
• Et‎ d’autre‎ part,‎ la‎ perforation‎ ‎ de‎ la‎ paroi‎ intestinale‎ gangrénée‎ engendre‎ ‎ ‎ une‎
péritonite stercorale et le choc septique.
• Le Choc septique et défaillance multiviscérale entrainent le décès du patient.

IV. Complications

L’ischémie‎intestinale‎aiguë‎non‎traitée‎va‎évoluer‎spontanément‎‎vers:‎
1. L’infarctus‎entéro-mésentérique.
2. La‎péritonite‎aigue‎généralisée‎par‎perforation‎‎de‎l’intestin‎nécrosé.

V. Étiologies

• Deux‎ ‎ mécanismes‎ physiopathologiques‎ peuvent‎ être‎ à‎ l’origine‎ de‎ ‎ l’interruption‎‎


du‎débit‎sanguin‎‎‎dans‎le‎territoire‎irrigué‎par‎l’AMS:‎

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 Une‎ obstruction‎ par‎ une embolie‎ ‎ ou‎ une thrombose artérielle‎ ou‎ ‎ une
dissection‎ entrainent‎ une ischémie mésentérique aiguë occlusive (80%‎ des‎
ischémies‎intestinales‎aigue‎sont‎occlusives).
 ‎Un‎ ‎ bas‎ débit‎ artériel‎ engendre‎ ‎ ‎ l’ischémie intestinale aiguë non occlusive
(20%):‎
o Lié‎ à‎ un‎ vasospasme‎ (vasoconstriction)‎ dans‎ le‎ territoire‎ mésentérique‎
supérieur.‎
o Se‎ voit‎ en‎ situation‎ de‎ bas‎ débit‎ artériel‎ global‎ (tel‎ les‎ états‎ de‎ choc)‎ et‎ le‎
vasospasme‎‎permet‎une‎‎‎redistribution‎‎du‎sang‎vers‎les‎territoires‎cardiaques‎
et‎cérébraux.‎
•‎Le‎ ‎ tableau‎ n°1‎ résume‎ les‎ principales‎ étiologies‎ ‎ ‎ des‎ embolies,‎ des‎ ‎ thromboses‎
artérielles,‎de‎la‎dissection,‎ainsi‎‎que‎les‎causes‎du‎vasospasme.‎
•‎Les‎pathologies‎‎emboligènes‎‎sont‎dominées‎par:
 Les‎ ‎ troubles‎ du‎ rythme‎ ‎ essentiellement‎ la‎ fibrillation‎ auriculaire‎
(les‎‎troubles‎du‎rythme‎ventriculaire‎ne‎sont‎pas‎emboligènes).
 L’infarctus‎du‎myocarde‎avec‎formation‎de‎thrombose‎ventriculaire‎
gauche.
 Les‎ ‎ valvulopathies‎ ‎ cardiaques‎ ‎ en‎ particulier‎ les‎ rétrécissements‎
mitrales.‎
 L’anévrysme‎de‎l’aorte.
 ‎La‎ plaque‎ d’athérome‎ aortique:‎ l’embole‎ se‎ détache‎ à‎ partir‎ d’une‎
thrombose‎ formée‎ au‎ niveau‎ d’une‎ ‎ plaque‎ athéromateuse‎ dont‎
l’épaisseur‎‎dépasse‎‎4‎mm‎.‎
• Les‎causes‎des‎thromboses‎artérielles‎sont‎dominées‎‎par:
 ‎La‎sténose‎athéromateuse‎au‎niveau‎de‎l’AMS,‎
 La‎ dissection‎ aortique:‎ la‎ dissection‎ aortique‎ se‎ complique‎
fréquemment‎ d’une‎ extension‎ vers‎ ses‎ branches‎ de‎ division‎ y‎
compris‎‎l’AMS.‎
 Les‎ coagulopathies‎ congénitales‎ ‎ (déficit‎ en‎ facteur‎ anti-‎
coagulation)‎ ou‎ acquises‎ avec‎ des‎ facteurs‎ de‎ risque‎ de‎ thrombose‎
tel‎ ‎ grossesse,‎ prise‎ de‎ contraceptifs‎ oraux,‎ maladie‎ de‎ Behcet,‎
cancers…‎
• L’IIA‎occlusive‎peut‎résulter :
 d’une‎ dissection‎ aortique :‎ c’est‎ la‎ rupture‎ longitudinale‎ du‎ média‎ de‎
l’aorte‎ et‎ l'irruption‎ de‎ sang‎ à‎ l'intérieur‎ de‎ sa‎ paroi‎ constituant‎ un‎
hématome‎ intramurale‎ et‎ une‎ thrombose.‎ ‎ la‎ dissection‎ aortique‎ se‎
complique‎fréquemment‎ d’une‎extension‎vers‎ses‎branches‎de‎division‎ y‎
compris‎‎l’AMS‎‎et‎une‎dissection‎isolée‎de‎l’AMS.
 La dissection isolée de l’AMS:
- La déchirure intimale se localise dans la portion
rétropancreatique‎‎de‎l’artère‎mésentérique‎supérieure‎

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- la‎ lumière‎ de‎ l’AMS‎ sera‎ comprimée‎ par‎ l’hématome‎ ‎ et‎ la‎
thrombose intramuraux
• ‎Le‎Vasospasme‎dans‎l’ischémie‎mésentérique‎occlusive‎est‎déclenché‎par‎:
 Les‎états‎de‎choc‎cardiogénique,‎hémorragique‎ou‎septique,‎
 La‎prise‎de‎médicaments‎‎tel‎que‎les‎digitaliques,‎les‎catécholamines…

Tableau n° 1:‎Les‎principales‎‎étiologies‎de‎l’ischémie‎intestinale‎aigue‎
Ischémie intestinale aiguë occlusive Ischémie intestinale
aiguë
non occlusive
Pathologie Embolies Thromboses Dissection Vasospasme :
artérielles artérielles – Etat de choc (septique,
cardiogénique,
Cardiaques – Troubles du - Sténoses - Dissection hypovolémique)
+++ rythme athéromateuses aortique – Médicamenteux
– Infarctus du - - Dissection (digitaliques,
myocarde Coagulopathie isolée de catécholamines...)
– l’AMS
valvulopathies
Aortiques - Anévrysme

–Plaque
d’athérome

VI. Diagnostic positif

1. Ischémie mésentérique aiguë occlusive


• L’ischémie‎intestinale‎aiguë occlusive est une maladie évolutive,
 Au stade de début,
o une douleur abdominale aigue intense
o un examen clinique normal
o une biologie normale,
 Au‎ stade‎ d’ischémie‎ aigue‎ correspond‎ ‎ le syndrome d’ischémie aiguë
mésentérique (SIAM):
o une douleur abdominale aigue intense
o des diarrhées sanglantes
o une augmentation du taux sanguin des lactates: hyperlactatémie
 Au‎stade‎tardif‎‎d’infarctus: Un tableau‎d’occlusion intestinale fonctionnelle :
o de douleurs abdominales
o des vomissements
o un arrêt des matières et des gaz
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o un météorisme
o une défaillance multi viscérale
o hyperlactatémie
 Après 24h, un tableau de péritonite aigue généralisée avec des signes de choc
septique
 Sans‎traitement,‎l’évolution‎se‎fait vers le décès du malade dans les 48 heures
2. Ischémie intestinale aiguë non occlusive
• L’ischémie‎ intestinale‎ aiguë‎ non‎ occlusive‎ ‎ touche des‎ patients‎ hospitalisés‎ en‎
soins‎ intensifs.‎ Mitsuyoshi ‎ a‎ défini‎ quatre‎ critères‎ cliniques‎ devant‎ faire‎
évoquer‎ce‎diagnostic :
 iléus‎paralytique‎‎avec‎des‎douleurs‎abdominales‎aigues‎intenses
 l’utilisation‎de‎catécholamines,‎
 un‎épisode‎d’hypotension,
 l’augmentation‎des‎transaminases‎(TGO,‎TGP).‎
3. ‎Dans‎les‎deux‎cas,‎l’ischémie‎occlusive‎ou‎non‎ occlusive,‎‎le‎diagnostic‎‎d’ischémie‎
intestinale‎ aigüe‎ est‎ envisagé‎ devant‎ une‎ douleur‎ abdominale‎ aigue‎ chez‎ un‎ sujet‎
présentant‎des‎facteurs‎de‎risque‎‎et‎la‎‎confirmation‎du‎diagnostic‎repose
L’angioscanner de l’abdomen.
4. Angio-scanner spiralé de l’abdomen est‎‎l’examen‎de‎référence‎
• Il‎est‎‎réalisé‎‎avec‎injection‎de‎produit‎de‎contraste‎iodé
• Cinq‎signes‎de‎l’ischémie‎intestinale‎aiguë‎à‎chercher:‎
 la‎visualisation‎d’un‎thrombus‎vasculaire‎ou‎embole
 la‎ modification‎ de‎ l’épaisseur‎ et‎ ‎ les‎ anomalies‎ de‎ rehaussement‎ de‎ la‎ paroi‎
intestinale
 la‎pneumatose‎pariétale‎et‎l’aéroportie,‎
 la‎dilatation‎des‎anses‎grêles‎
 Pneumopéritoine‎et‎‎l’épanchement‎intrapéritonéal.
• Résultats:
o l’obstacle‎et‎son‎niveau‎‎sur‎l’AMS‎‎sont‎visualisés‎sous‎forme:
‎‎‎‎‎‎‎‎-‎‎Une‎zone‎intraluminale‎‎hypodense‎ne‎prenant‎pas‎le‎contraste
‎‎‎‎‎‎‎‎-‎Un‎stop‎du‎produit‎de‎contraste‎en‎aval‎de‎la‎thrombose‎ou‎l’embole.
o Au‎stade‎d’ischémie:‎
‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎-‎Une‎diminution‎‎de‎la‎prise‎de‎contraste‎de‎la‎paroi‎intestinale‎(liée‎à‎‎
‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎une‎diminution‎du‎flux‎artériel)
‎‎‎‎‎‎‎‎-‎ Un‎ épaississement‎ pariétal‎ (>‎ 3mm‎ d’épaisseur)‎ (du‎ fait‎ d’un‎ œdème‎
associé‎à‎des‎remaniements‎hémorragiques‎au‎niveau‎de‎la‎paroi‎intestinale)‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎
o Au‎stade‎‎d’infarctus:‎‎
‎‎‎‎‎‎‎‎‎-‎‎Dilatation‎des‎anses‎grêles,‎
‎‎‎‎‎‎‎‎‎-‎Une‎paroi‎amincie‎(<‎3‎mm‎d’épaisseur)
‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎-‎Absence‎de‎prise‎de‎contraste‎de‎la‎paroi‎intestinale

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‎‎‎‎‎‎‎‎‎-‎ ‎ Une‎ pneumatose‎ pariétale‎ digestive‎ (correspond‎ à‎ des‎ bulles‎ d’air‎


piégées‎dans‎la‎paroi‎du‎grêle)‎associé‎à‎une‎aéroportie‎(présence‎de‎gaz‎dans‎
le‎système‎porte)
o en‎cas‎de‎péritonite‎par‎perforation‎intestinale:‎
‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎‎-‎Pneumopéritoine‎et‎épanchement‎péritonéale
VII. Traitement
• L’ischémie‎intestinale‎aiguë‎est‎‎une‎urgence‎thérapeutique‎
• Sa‎‎prise‎en‎charge‎est‎‎multidisciplinaire‎‎en‎milieu‎de‎soins‎intensifs‎(Le‎patient‎est‎
hospitalisé‎dans‎un‎service‎de‎soins‎intensifs‎et‎pris‎en‎charge‎par‎des‎médecins‎de‎
différentes‎spécialités)
1. En cas d’ischémie intestinale aiguë non compliquée (pas‎d’infarctus‎ni‎péritonite):‎
• une‎ revascularisation‎ par‎ désobstruction‎ vasculaire‎ ‎ grâce‎ à‎ la radiologie
interventionnelle lors‎‎d’une‎artériographie‎cœlio-mésentérique‎effectuée‎pour:‎‎‎
 Une‎ ischémie‎ intestinale‎ ‎ non‎ occlusive,‎ on‎ ‎ perfuse‎ un‎ vasodilatateur‎ au‎‎
niveau‎de‎l’AMS.‎
 Une‎ischémie‎intestinale‎‎aiguë‎embolique,‎‎on‎‎administre‎‎un‎‎fibrinolytique‎
in‎situ‎au‎niveau‎de‎l’AMS.
3. En cas d’infarctus et de péritonite:
• La‎chirurgie‎permet‎une‎résection‎(ablation)‎de‎l’intestin‎nécrosé‎et‎perforé
• ‎et‎ une‎ désobstruction‎ de‎ l’AMS‎ par‎ embolectomie‎ pour‎ une‎ ‎ embolie‎ ‎ ou‎ pontage‎‎
pour‎une‎‎‎thrombose‎‎(Un‎pontage‎‎consiste‎à‎un‎contourner‎un‎vaisseau‎en‎le‎reliant‎
à‎un‎autre‎vaisseau‎par‎l’intermédiaire‎d’une‎veine‎ou‎d’une‎prothèse‎implantées‎entre‎
les‎deux).
4. Les mesures de réanimation‎
• Pour‎corriger‎les‎défaillances‎multiviscérales‎et‎le‎choc‎septique.
5. Après‎ la‎ chirurgie,‎ il‎ faut‎ instaurer‎ le‎ traitement des‎ conséquences‎ de‎ l’ischémie-
reperfusion :
o En‎cas‎de‎revascularisation:‎la‎réintroduction‎brutale‎de‎l’oxygène‎en‎grande‎
quantité‎ ‎ va‎ générer‎ ‎ la‎ production‎ ‎ importante‎ des‎ radicaux‎ libres‎ de‎
l’oxygène‎(RLO)‎pendant‎4‎à‎12‎semaines.‎
o Les‎ RLO‎ sont‎ toxiques‎ pour‎ les‎ cellules‎ et‎ induisent‎ ‎ une‎ mort‎ cellulaire‎
(Apoptose‎cellulaire)‎‎et‎nécrose‎tissulaire.‎
o Les‎ médiateurs‎ de‎ l’inflammation‎ sont‎ libérés‎ et‎ déclenchent‎ ‎ une‎ réponse‎
inflammatoire‎systémique‎qui‎aboutit‎à‎une‎défaillance‎multiviscérale.
•‎Cette‎ situation‎ est‎ prévenue‎ par‎ ‎ l’administration‎ des‎ antioxydants‎ ‎ après‎ la‎
désobstruction‎chirurgicale.

Dr Sonia Medaregnarou Boubir


Maitre assistante en chirurgie générale
Module de gastroentérologie Page 8
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ‎UNIVERSITE HADJ
LAKHDAR BATNA2 ‎ Faculté de Médecine

‎Conclusion
o L’ischémie‎mésentérique‎est‎une‎urgence‎vitale‎‎rare.‎
o Elle‎est‎marquée‎par‎une‎mortalité‎élevée‎‎chez‎près‎de‎huit‎malades‎sur‎dix.‎
o Devant‎ toute‎ douleur‎ aiguë‎ de‎ l’abdomen,‎ il‎ faut‎ ‎ évoquer‎ systématiquement‎
l’ischémie‎ intestinale‎ aiguë‎ chez‎ tout‎ patient‎ âgé‎ de‎ plus‎ de‎ 60‎ ans‎ au‎ terrain‎
athéromateux‎connu‎ou‎traité‎pour‎arythmie‎par‎fibrillation‎auriculaire.
o L’ischémie‎mésentérique‎‎reste‎‎un‎défi‎diagnostique‎et‎thérapeutique‎pour‎le‎médecin.‎‎

Références

• Chambon,‎J.-P.‎et‎al,.‎(2012).‎Pathologie vasculaire du tube digestif.


[Link]
• Bartholin‎F.‎et‎al.‎,‎2001.‎Conduite à tenir devant une suspicion d’ischémie mésentérique
aiguë.‎Revue‎Réanimation,‎10‎:‎654-65.‎
‎[Link]
p654_665.pdf
• Delhom,‎E.‎et‎al.,‎(2011).‎Ischémie aiguë du mésentère : apports de l’imagerie en coupes.
Journal‎de‎Radiologie, 92(12), 1060–1071.‎
[Link]

Dr Sonia Medaregnarou Boubir


Maitre assistante en chirurgie générale
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