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Cours 18

Ce document présente les notions d'applications linéaires entre espaces vectoriels. Il définit ce qu'est une application linéaire et donne des exemples classiques. Il décrit ensuite les propriétés de composition, somme et produit scalaire d'applications linéaires. Finalement, il introduit la structure d'espace vectoriel de l'ensemble des applications linéaires.

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Ce document présente les notions d'applications linéaires entre espaces vectoriels. Il définit ce qu'est une application linéaire et donne des exemples classiques. Il décrit ensuite les propriétés de composition, somme et produit scalaire d'applications linéaires. Finalement, il introduit la structure d'espace vectoriel de l'ensemble des applications linéaires.

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Chapitre 18

Applications linéaires

18.1 Applications linéaires

18.1.1 Définitions
Une application linéaire est un morphisme d’espaces vectoriels .
Plus précisément,
si E, +, · et F, +, · 1 sont deux espaces vectoriels sur le même corps K,
 

f : E → F est linéaire si et seulement si


I ∀ x, y ∈ E, f (x + y) = f (x) + f (y)
I ∀ x ∈ E, ∀ λ ∈ K, f (λ x) = λ f (x)
Nous écrirons f ∈ L(E, F ) ou encore f ∈ L(E) si E = F .

L’application linéaire f est un endomorphisme si E = F


un isomorphisme si f est bijective
un automorphisme si E = F et f est bijective
une forme linéaire si F = K

Exemples Les applications suivantes sont des applications linéaires classiques :


L’application nulle u 7→ 0
L’application identique u 7→ u
L’ homothétie vectorielle de rapport λ u 7→ λ u (λ 6= 0)
Kn

→ K
La kème projection pk :
(x1 , · · · , xk , · · · , xn ) 7→ xk
La dérivation de D(I, R) vers F(I, R) (valable aussi avec C)

Dire pourquoi les applications suivantes ne sont pas linéaires :


(1) f : R → R avec f (x) = x 2
(2) f : R → R avec f (x) = x + 1
Test 497 (3) f : R → R avec f (x) = sin x
(4) f : R 2 → R avec f (x, y) = x · y
(5) f : Z → Z avec f (x) = 2 x

Les applications suivantes sont-elles linéaires ?


(1) f : R 2 → R 3 avec f (x, y) = (2 x , 0 , x − 3 y)
Test 498 (2) f : R 2 → R 2 avec f (x, y) = (2 x , y + 1)
(3) f : R[X] → R avec f (P ) = P (−1) (valeur de P pour x = −1)
(4) f : R2 [X] → R3 [X] avec f (a X 2 + b X + c) = c X 3 − b

1. Attention aux notations : il serait plus correct d’utiliser des notations différentes pour les lois des
deux espaces vectoriels. Conformément à l’usage, on utilise les même symboles, mais il convient de rester vigilant
et de se poser la question : ”dans quel espace se trouve-t-on ? ”

267
CHAPITRE 18. APPLICATIONS LINÉAIRES

18.1.2 Premières propriétés


Th. . Caractérisation d’une application linéaire
E et F sont deux K-espaces vectoriels.
f : E → F est linéaire si et seulement si
∀ u, v ∈ E, ∀ λ, µ ∈ K, f (λ u + µ v) = λ f (u) + µ f (v)
Note : on peut limiter la condition à un seul scalaire
∀(u, v, λ) ∈ E 2 × K, f (u + λ v) = f (u) + λ f (v)

Si f ∈ L(E, F ) alors
• f (0E ) = 0F
n
! n
X X 
• ∀ u1 , u2 , · · · , un ∈ E, ∀ λ1 , λ2 , · · · , λn ∈ K, f λk uk = λk f (uk )
k=1 k=1

18.1.3 Composition d’applications linéaires


Si E, F et G sont trois K-espaces vectoriels, alors
f ∈ L(E, F ) et g ∈ L(F, G) ⇒ g ◦ f ∈ L(E, G)

Si E et F sont deux K-espaces vectoriels, alors


f ∈ L(E, F ) bijective ⇒ f −1 ∈ L(F, E)

Linéarité de f 7→ u ◦ f et de f 7→ f ◦ u :
• Soit f, g ∈ L(E, F ), u ∈ L(F, G) et λ ∈ K .
Alors u ◦ (f + λ g) = u ◦ f + λ u ◦ g
• Soit u ∈ L(E, F ), f, g ∈ L(F, G) et λ ∈ K .
Alors (f + λ g) ◦ u = f ◦ u + λ g ◦ u
Notes : Dans ce dernier cas, la linéarité de u est inutile.
Dans les deux cas, la linéarité de f et g est inutile.
(Il suffit que les opérations f + g et λ g aient un sens.)
On peut dire que ◦ est distributive à droite par rapport à ”+”.

Le groupe linéaire GL(E) 2


Muni de la loi ◦ de composition des applications, l’ensemble des automorphismes du K-espace
vectoriel E a une structure de groupe non abélien.
C’est le groupe linéaire de E.

18.1.4 Structure de L(E, F ) et de L(E)


Si f, g ∈ L(E, F ) alors
• f + g ∈ L(E, F ) (la somme de deux AL est une AL.)
• ∀λ λ ∈ K ⇒ λ f ∈ L(E, F ) (le produit d’une AL par un scalaire est une AL)

Th. . Structures de L(E, F ) et de L(E)


E et F sont deux K-espaces vectoriels.
• L(E, F ) est un K-espace vectoriel (pour les lois + et ·)
• L(E) est un anneau non commutatif, non intègre (pour les lois + et ◦)
• L(E) est une K-algèbre (pour les lois +, ◦ et ·)
Intérêt : A condition de ne pas changer l’ordre ni de simplifier,
ceci permet de faire du calcul sur les applications linéaires
pratiquement comme du calcul dans R ou C

Soit f ∈ L(E) vérifiant f 2 = f + Id .


Montrer que f est bijective et calculer f −1 en fonction de f et Id.
Test 499
(on écrira la condition sous la forme f ◦ g = g ◦ f = Id )
Adapter ce test dans le cas f 3 = (f + 2 Id) 2

2. L’étude générale du groupe linéaire est hors programme

Lycée Châtelet Douai Page 268


18.1. APPLICATIONS LINÉAIRES

Soit f ∈ L(E) vérifiant f 2 = Id .


(1) Peut-on utiliser le binôme de Newton pour calculer (f + Id) n ?
Test 500
(2) En déduire ∀ n ∈ N, n > 2 ⇒ (f + Id) n = 2n−1 (f + Id)
(3) Retrouver ce résultat en utilisant une démonstration par récurrence.

18.1.5 Intérêt de ces structures


Ces structures permettent de travailler avec des endomorphismes et les opérations ”+ , · , ◦” un
peu comme on travaille avec des réels et les opérations ”+ , · , × .
|{z}
c’est le produit

Attention toutefois :
I on ne peut généralement pas commuter
(puisque la loi ◦ n’est pas commutative)
I Il faut rester très prudent avec la loi ◦ si ce ne sont pas des endomorphismes

Réfléchir à ce qui suit . . .


B Dans R nous avons (a + 2 b) × (3 a + 4 c) = 3 a 2 + 4 a c + 6 b a + 8 b c
= 3a2 + 4ac + 6ab + 8bc
Et dans L(E) : (f + 2 g) ◦ (3 f + 4 h) = 3 f 2 + 4 f ◦ h + 6 g ◦ f + 8 g ◦ h
mais attention 6= 3 f 2 + 4 f ◦ h + 6 f ◦ g + 8 g ◦ h
B Dans R nous avons (a + b) 2 = a 2 + 2 a b + b 2
Et dans L(E) : (f + g) 2 = f 2 + f ◦ g + g ◦ f + g 2
ne pas écrire f 2 + 2f ◦ g + g2
par contre (f + IdE ) 2 = f 2 + 2 f + IdE est correct
B Dans R nous avons a b + a = a (b + 1) (d’où
 vient le3 1 ?)
Et dans L(E) : f ◦g+f = f ◦ g+ ? (voir )

B Dans R nous avons pour a 6= 0 : ab = ac ⇒ b = c


Et dans L(E), attention en général f ◦ g = f ◦ h 6⇒ g = h
même si f 6= 0 (fonction nulle).
Quelle hypothèse sur f faut-il pour que l’implication soit vraie ? (voir 4 )

Test 501 Dans L(E), développer (f + g) ◦ (f − g) puis (f + 2 IdE ) ◦ (f − 2 IdE ) .

1
Test 502 Dans R nous avons a b = 1 ⇒ a = . Que devient ceci dans L(E) ?
b

Une technique classique à connaı̂tre :


Soit f ∈ L(E) qui vérifie f 2 + 3 f − IdE = 0 (application nulle).
Test 503
Montrer que f admet une application réciproque qu’on explicitera.
Même question si f vérifie f 2 + 2 f = f 3 − 3 IdE .

18.1.6 Image directe et réciproque de SEV


Th. . Image directe et réciproque d’un SEV
E et F sont deux K-espaces vectoriels, et f ∈ L(E, F ) .
• ∀ A A SEV de E ⇒ f (A) SEV de F
(par une application linéaire, l’image d’un SEV est un SEV )

• ∀B B SEV de F ⇒ f (B) SEV de E
(par une application linéaire, l’image réciproque d’un SEV est un SEV )

3. 1 est l’élément neutre pour ×. Le point d’interrogation est le neutre pour ◦, c’est-à-dire Id E .
1
4. Dans R, on simplifie par a en multipliant par (qui existe si a 6= 0). L’implication sera vraie dans L(E) si
a
−1
f existe, c’est-à-dire si f est bijective.

Page 269 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 18. APPLICATIONS LINÉAIRES

Cas particuliers importants : 


• Le noyau de f : Ker (f ) = u ∈ E | f (u) = 0F
◦ Ker (f ) est un sous-espace vectoriel de E

◦ f est injective ssi Ker (f ) = 0E

• L’ image de f : Im (f ) = v ∈ F | ∃ u ∈ E, v = f (u)
◦ Im (f ) est un sous-espace vectoriel de F
◦ f est surjective ssi Im (f ) = F

Th. . Famille génératrice et application linéaire


Si (xi )i∈I est une famille génératrice de E et si f ∈ L(E, F ), alors
Im (f ) = Vect(f (xi ), i ∈ I)

Les applications suivantes sont linéaires. Déterminer l’image, le noyau, et dire si l’appli-
cation est injective ou surjective :
Test 504 (1) f : R 2 → R 2 , f (x, y) = (x + y, x − y)
(2) f : R 2 → R 3 , f (x, y) = (x, x + y, y)

Déterminer un endomorphisme f de R 2 pour lequel


Test 505
Im (f ) = (x, y) ∈ R 2 | x = y et Ker (f ) = (x, y) ∈ R 2 | x = 0
 

18.1.7 Équations linéaires


Équation linéaire (cas général) :
• c’est une équation de la forme f (x) = b où f ∈ L(E, F ) et b ∈ F

• si S = u ∈ E | f (u) = b désigne l’ensemble des solutions :
◦ soit S = ∅ (si b 6∈ Im (f ) )
◦ soit S =
6 ∅ . Alors S est un sous-espace affine de E de direction Ker (f )
S = x0 + Ker (f ) où x0 ∈ S est une solution particulière.


4x + 6y = 2
Trouver la solution u0 de la forme (x, 0) du système
6x + 9y = 3
Test 506 2
Soit ϕ l’endomorphisme de R défini par ϕ(x, y) = (4 x + 6 y, 6 x + 9 y)
En déduire toutes les solutions du système.

Équation différentielle linéaire


• C’est une équation différentielle de la forme y (n) + an−1 y (n−1) + · · · + a0 y = b(x)
où a0 , a1 , · · · , an−1 et b sont des fonctions continues sur l’intervalle I.
• Cette équation entre dans le cadre général des équations linéaires (K = R ou C) :
 n
D (I, K) → F(I, K)
ϕ(y) = b où ϕ :
y 7→ y + an−1 y (n−1) + · · · + a0 y
(n)

• Voir le cours d’analyse pour les équations linéaires, soit d’ordre 1, soit d’ordre 2 à coefficients
constants

Suites récurrentes (un ) telles que ∀ n ∈ N, un+2 = a un+1 + b un


Notons ∆ le K-espace vectoriel des suites à coefficients dans le corps K (∆ = KN ).
• Les suites u recherchées sont les solutions de l’équation linéaire :

∆ → ∆
ϕ(u) = 0∆ où ϕ
(un ) 7→ (vn )
avec ∀ n ∈ N, vn = un+2 − aun+1 − bun

Lycée Châtelet Douai Page 270


18.2. APPLICATIONS LINÉAIRES ET BASES

18.2 Applications linéaires et bases

18.2.1 Détermination d’une application linéaire


Th. . Détermination par l’image d’une base
E et F sont deux K-espaces vectoriels,
B = (e1 , e2 , · · · , en ) est une base de E.
Pour toute famille (v1 , v2 , · · · , vn ) de vecteurs
 de F , il existe une application linéaire
ϕ et une seule qui vérifie ∀ k ∈ 1, n , ϕ(ek ) = vk
On résume en Une application linéaire est déterminée par l’image d’une base

18.2.2 Expression analytique


Si de plus B 0= (f1, f2 , · · · , fm ) est une base de F , chaque vecteur f (ek ) est déterminé par ses
a1,k
 a2,k 
coordonnées  .  relatives à B 0 .
 
.
 . 
am,k
X n Xm
Alors, l’image du vecteur u = xk ek est le vecteur u0 = f (u) = x0i fi
k=1
 0 i=1
x = a1,1 x1 + a1,2 x 2 + · · · + a1,n xn
 10


x2 = a2,1 x1 + a2,2 x2 + · · · + a2,n xn
avec
 ·········
 0

xm = am,1 x1 + am,2 x2 + · · · + am,n xn
n
X
x0i =
 
c’est-à-dire ∀ i ∈ 1, m , ai,k xk
k=1

Th. . Autre caractérisation d’une application linéaire


B = (e1 , e2 , · · · , en ) et B 0 = (f1 , f2 , · · · , fm ) sont des bases des deux K-espaces vecto-
riels E et F .
f : E → F est linéaire ssi son expression analytique est de la forme
 0  
  x1 a1,1 x1 + a1,2 x2 + · · · + a1,n xn
x1  x02   a2,1 x1 + a2,2 x2 + · · · + a2,n xn 
 x2   ..  
  
..


u  .  7→ f (u)  .  =  .
     
 ..   .   .

. .

 .   .
xn

x0m am,1 x1 + am,2 x2 + · · · + am,n xn

Dans R2 [X] rapporté à sa base canonique, donner l’expression analytique de f qui, à


Test 507 2
P (X) associe P 0 (X) . f est-elle linéaire ?

B = i, j = (1, 2), (2, 1) est une base de R 2 . Dans cette base, l’endomorphisme f a
 
 0
x =x−y
Test 508 pour expression analytique
y0 = x + 2 y
Calculer l’image des couples −1− (1, 2) −2− (2, 1) −3− (3, 3)

Page 271 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 18. APPLICATIONS LINÉAIRES

18.2.3 Matrices d’application linéaire


B = (e1 , e2 , · · · , en ) est une base de E, et B 0 = (f1 , f2 , · · · , fm ) une base de F . 
Toute application linéaire f ∈ L(E, F ) est déterminée par les n vecteurs f (ek ) 166n eux-
mêmes déterminés par leurs coordonnées ai,k 16i6m relativement à B 0 .


 f (e1 ) f (e2 ) · · · f (en ) 


a1,1 a1,2 ··· a1,n
a2,1 a2,2 a2,n
 
M = matB,B 0 (f ) = 
 . · · · 
 . .. .. 
 . . .


am,1 am,2 ··· am,n

Notes : • si n = m, on dit que la matrice est carrée.


• Si E = F , il est possible d’utiliser la même base dans l’espace de
départ et d’arrivée. On écrira alors M = matB (f ) .
 
1 2
Soit f ∈ L(E) de matrice relativement à la base B = (i, j) de E.
Test 509 3 4
Écrire les expressions analytiques de f et f ◦ f relativement à cette base.

Notation :
• on écrit les coordonnées d’un vecteur sous la forme d’une matrice colonne
 0
  x1
x1  x02 
 x2   .. 
 
0
u .  u =  . 
  
.
 .   . 
 .. 
xn
x0m
• On écrit l’égalité f (u) = u0 sous la forme d’un produit matriciel
   0
a1,1 a1,2 ··· a1,n   x1
 a2,1 a2,2 ··· a2,n  x1  x02 
 .. ..  x2  
..  
    . 
 . . .  .  = 
 .. 

 . .
.
 
.. ..   .. 
 ..
 
. . 
xn
 . 
am,1 am,2 ··· am,n x0m

18.2.4 Bases et injections - surjections


Th. . injections-surjections et image d’une base

f ∈ L(E, F ) et B = e1 , e2 , · · · , en est une base de E.
• f est injective ⇔ f (B) est une famille libre de F
• f est surjective ⇔ f (B) est une famille génératrice de F
• f est bijective ⇔ f (B) est une base de F

Soit f l’endomorphisme de R2 [X] qui à P (X) associe (X + 1) P 0 (X) .


Test 510
Utiliser l’image de la base canonique pour déterminer si f est injective ou surjective.

18.2.5 Utilisation de SEV supplémentaires


Th. . SEV supplémentaires et applications linéaires
Soit E1 , E2 des SEV de E tels que E = E1 ⊕ E2 .
Soient u1 ∈ L(E1 , F ) et u2 ∈ L(E2 , F ).
Il existe une unique application u∈ L(E, F ) coı̈ncidant avec u1 sur E1 et u2 sur E2 .

Lycée Châtelet Douai Page 272


18.3. PROJECTIONS, SYMÉTRIES, HOMOTHÉTIE

18.3 Projections, symétries, homothétie

18.3.1 Projection vectorielle


A et B sont deux sous-espaces vectoriels supplémentaires dans E : E = A ⊕ B Tout vecteur
u ∈ E admet une unique décomposition u = a + b, (a, b) ∈ A × B .
Le projecteur (ou projection ) sur A de direction 5 B est l’application

E =A⊕B → E
p: (a, b) ∈ A × B
u=a+b 7→ p(u) = a
A est la base de la projection
B est la direction de la projection

Propriétés : • p est une application linéaire


• A est l’ensemble des vecteurs invariants

A = u ∈ E | p(u) = u = Ker (p-Id)

• A = Im (p) et B = Ker (p)


• p est idempotente p◦p=p

Montrer que A = (x, y) ∈ R 2 | y = 0 et B = (x, y) ∈ R 2 | x = y sont deux es-


 

Test 511 paces supplémentaires dans R 2 .


Former les expressions analytiques de p projection sur A de direction B, et de q projection
sur B de direction A.

Th. . Caractérisation des projecteurs


Soit l’application p : E → E où E est un K-espace vectoriel :
p est un projecteur ⇔ p est linéaire et idempotente

Test 512 Montrer que p : (x, y, z) 7→ (x − z, y − z, 0) est un projecteur de R 3 dont on précisera


les éléments.

Si p est un projecteur, montrer que s = 2 p − Id est linéaire involutive.


Test 513
Que pensez-vous de la réciproque ?

2
Pour quelle valeur du paramètre réel a l’application de R dans lui-même définie par
Test 514 f (x, y) = (a + 1) x − a y , 3 x − 2 y est-elle une projection ?
Précisez-en alors les éléments.
Méthodes • Pour reconnaı̂tre un projecteur :
◦ Utiliser principalement ”linéaire idempotente”
◦ Éventuellement utiliser directement la définition
• Pour en déterminer les éléments
◦ Chercher invariants et noyau
◦ Éventuellement, utiliser l’image
• Pour obtenir l’expression analytique
◦ Utiliser une base de A : ces vecteurs sont invariants
Utiliser une base de B : ces vecteurs ont pour image 0
Résoudre le système vectoriel

B = (i, j, k) est une base du R-espace vectoriel E. On se propose de déterminer l’ex-


pression analytique de la projection p sur le plan d’équation x + z = 0 , de direction la
droite D engendrée par w = j + k .
Test 515 • Trouver une base (u, v) du plan P .
• Sans calculs, donner les images par p de u, v, w en fonction de u, v et w.
• Traduire ces égalités dans la base B et en déduire l’expression analytique de p.

5. On peut dire aussi ”parallèlement à”.

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CHAPITRE 18. APPLICATIONS LINÉAIRES

18.3.2 Symétries vectorielles


A et B sont deux sous-espaces vectoriels supplémentaires dans E : E = A ⊕ B Tout vecteur
u ∈ E admet une unique décomposition u = a + b, (a, b) ∈ A × B .
La symétrie par rapport à A de direction 6 B est l’application

E =A⊕B → E
s: (a, b) ∈ A × B
u=a+b 7→ s(u) = a − b

A est la base de la symétrie


B est la direction de la symétrie

Propriétés : • s est une application linéaire


• A est l’ensemble des vecteurs invariants

A = u ∈ E | s(u) = u = Ker (s-Id)
• B est l’ensemble des vecteurs transformés en leur opposé

B = u ∈ E | s(u) = −u = Ker (s+Id)
• s est involutive s ◦ s = Id

Reprendre le premier test du paragraphe 18.3.1 et donner l’expression analytique des


Test 516
deux symétries vectorielles

Th. . Caractérisation des symétries


soit l’application s : E → E où E est un K-espace vectoriel :
s est une symétrie ⇔ s est linéaire et involutive

Montrer que s(x, y, z) = (−2x + 2y + z , −x + y + z , −x + 2y) est une symétrie de R 3


Test 517
dont on précisera les éléments.

Test 518 Adapter le dernier test du paragraphe 18.3.1 aux symétries.

18.3.3 Homothétie vectorielle


L’ homothétie vectorielle de rapport k est l’application de E dans E définie par →
− 7 k→
u → −
u

On peut la noter k IdE .


Remarques • Une homothétie vectorielle est un endomorphisme de E.
• L’identité est une homothétie de rapport 1
• Si k 6= 0, une homothétie est bijective
1
• L’application réciproque est l’homothétie de rapport .
k
• Muni de la loi ◦, l’ensemble des homothétie de rapport non nul est un groupe
commutatif.

6. On peut dire aussi ”parallèlement à”.

Lycée Châtelet Douai Page 274


18.4. EXERCICES

18.4 Exercices

Exercice 1
Les applications suivantes E → F sont-elles linéaires ? Justifiez votre réponse. Lorsque c’est le
cas, déterminer leur noyau et leur image.
1. p : R3 → R2 , (x, y, z) 7→ (x + y, z + x)
2. q : R2 → R3 , (x, y) 7→ (x + y, y + 2x, 2y + x)
3. r : R3 → R2 , (x, x + y, y − x) 7→ (x, y)
4. D : E → F, f 7→ f 0 , avec E = C 1 (I, R), F = C 0 (I, R).
5. X : E → E, f 7→ (gf : x 7→ xf (x)), avec E = F(R, R).

Exercice 2
Soient E et F deux K-espaces vectoriels.
1. Soient U1 et U2 deux sous-espaces supplémentaires dans E (U1 ⊕ U2 = E). Soit u1 une
application linéaire de U1 dans F , et u2 une application linéaire de U2 dans F . Montrer
qu’il existe une unique application linéaire u de E dans F telle que u|U1 = u1 et u|U2 = u2 .
2. Soit H un sous-espace vectoriel de E et f un endomorphisme de E. On dit que H est un
sous-espace stable par f si f (H) ⊂ H, c’est-à-dire si f (x) ∈ H pour tout x ∈ H. Soient f
et g deux endomorphismes de E.
(a) On suppose que f et g commutent (g ◦ f = f ◦ g). Montrer que Im g et Ker g sont
deux sous-espaces stables par f .
(b) Réciproquement, on suppose que Im g et Ker g sont deux sous-espaces stables par f .
On suppose de plus que g est un projecteur. Montrer que f et g commutent.

Exercice 3
A connaı̂tre et à savoir utiliser
Soient E, F et G trois K-espaces vectoriels, u une application linéaire de E dans F , v une
application linéaire de F dans G. Montrer que

v ◦ u = 0L(E,G) si et seulement si Im u ⊂ Ker v

Exercice 4
Soit E et F deux espaces vectoriels, et f une application linéaire de E dans F .
1. Soit V un sous-espace vectoriel de E. Montrer que
(a) f −1 f (V ) = V + Ker f .


(b) f −1 f (V ) = V

si et seulement si Ker f ⊂ V
2. Soit W un sous-espace vectoriel de F . Montrer que
(a) f f −1 (W ) = W ∩ Im f .


(b) f f −1 (W ) = W si et seulement si W ⊂ Im f


3. Soit f ∈ L(E), et V un sous-espace vectoriel de E. Montrer que

f −1 f (V ) = f f −1 (V )
 
si et seulement si Ker f ⊂ V ⊂ Im f

Exercice 5
Montrer que chacune des applications suivantes est un projecteur ou une symétrie, et en
déterminer une base et une direction propre.
1. p : R2 → R2 , (x, y) 7→ (4x − 6y, 2x − 3y)

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CHAPITRE 18. APPLICATIONS LINÉAIRES

 y + z y + z
2. u : R3 → R3 , (x, y, z) 7→ x, ,
2 2 
3. τ : F(R, R) → F(R, R), f 7→ τf : x 7→ f (−x)
4. δ0 : F(R, R) → F(R, R), f 7→ f (0)1 : x 7→ f (0)


Exercice 6
Soient E et F deux K-espaces vectoriels, et g ∈ L(F, E). On définit
φ : E × F → E × F , (x, y) 7→ (x + g(y), y)
Montrer que φ est un automorphisme de E × F .

Exercice 7
Soient E, F et G trois K-espaces vectoriels, f ∈ L(E, F ) et g, h ∈ L(F, G). Montrer :
Ker (g ◦ f ) = Ker (h ◦ f ) si et seulement si Im (f ) ∩ Ker (g) = Im (f ) ∩ Ker (h)

Exercice 8
Soit E un K-espace vectoriel, et p, q des projecteurs de E. Montrer que p + q est un projecteur
si, et seulement si,
p◦q+q◦q =0
Si c’est le cas, montrer que
Ker (p + q) = Ker p ∩ Ker q Im (p + q) = Im p ⊕ Im q
en vous aidant des étapes suivantes :
1. Montrer que Im (p + q) ⊂ Im p + Im q.
2. Montrer que Im p ∩ Im q = 0E .
3. Montrer que Im p + Im q ⊂ Im (p + q).
4. Conclure : Im (p + q) = Im p ⊕ Im q.
5. Montrer que Ker p ∩ Ker q ⊂ Ker (p + q).
6. Montrer que Ker p ∩ Ker q ⊃ Ker (p + q).

Exercice 9
R3 [X] −→ R2
Soit a, b ∈ R. On définit ϕ : .
P 7−→ ϕ(P ) = (P (a), P (b))
1. Montrer que ϕ est une application linéaire, autrement dit prouver que ϕ ∈ L(R3 [X], R2 ).
2. On suppose que a = −1 et b = 3. Déterminer le noyau et l’image de ϕ.

Exercice 10
E −→ E
Soit E = C ∞ (R, R) et ϕ : .
f 7−→ ϕ(f ) = f 0 − 2f
1. Montrer que ϕ ∈ L(E).
2. Déterminer Kerϕ. Conclusion ?
3. Justifier que ϕ est surjective.

Exercice 11
Soit E un K-espace vectoriel, α et β deux scalaires distincts, et u un endomorphisme de E tel
que
(u − αIdE ) ◦ (u − βIdE ) = 0L(E)
On note v = u − αIdE et w = u − βIdE .

Lycée Châtelet Douai Page 276


18.4. EXERCICES

1. Simplifier v ◦ w, w ◦ v, v − w.
2. Montrer que E = Im v + Im w.
3. En déduire que E = Ker v ⊕ Ker w.
4. Montrer que pour tout n ∈ N∗ , il existe deux scalaires γn et δn tels que

un = γn u + δn IdE

On rappelle que
un = |u ◦ u ◦{z· · · ◦ u}
n fois

Exercice 12
On suppose que tout sous-espace vectoriel possède un supplémentaire
Soient E, F et G trois K-espaces vectoriels, et u et v deux endomorphismes de E
1. Soient u ∈ L(E, F ) et v ∈ L(E, G). Montrer que Ker u ⊂ Ker v si, et seulement si, il
existe w ∈ L(F, G) tel que v = w ◦ u.
2. Soient u ∈ L(E, G) et v ∈ L(F, G). Montrer que Im u ⊂ Im v si, et seulement si, il existe
w ∈ L(E, F ) tel que u = v ◦ w.

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CHAPITRE 18. APPLICATIONS LINÉAIRES

18.5 Exercices Complémentaires

Exercice 1
Les applications suivantes, entre R-ev, sont-elles linéaires ? :
1. f : R2 −→ R définie par f (x, y) = 2x + y − 1.
2. g : R2 −→ R définie par g(x, y) = xy.
3. h : R3 −→ R définie par h(x, y, z) = x − y + 2z.
4. k : R3 −→ R définie par k(x, y, z) = x − 2y.

Exercice 2
Soit f : R2 −→ R2 définie par f (x, y) = (x + y, 2x − y).
Montrer que f est un automorphisme de R2 , et déterminer son automorphisme réciproque.

Exercice 3
1. Soit ϕ : R2 → R2 , définie par ϕ(x, y) = (y, 0).
(a) Montrer que ϕ est linéaire.
(b) Déterminer Ker(ϕ) et Im(ϕ). Que peut-on dire de ϕ2 = ϕ ◦ ϕ ?
2. Soit ϕ : R2 → R, définie par ϕ(x, y) = 2x − 3y.
(a) Montrer que ϕ est une forme linéaire.
(b) Déterminer Ker(ϕ) et Im(ϕ).
3. Soit ϕ : R3 → R3 , définie par ϕ(x, y, z) = (x, x, x).
(a) Montrer que ϕ est linéaire.
(b) Déterminer Ker(ϕ) et Im(ϕ). Calculer ϕ2 . Conclusion ?

Exercice 4
Les applications suivantes E → F sont-elles linéaires ? Justifiez votre réponse. Lorsque c’est le
cas, déterminer leur noyau et leur image.
1. u : f 7→ f 2 , E = F = F(I, R).
2. δx : f 7→ f (x), E = C 0 (I, R), F = R.
3. h : f 7→ f , E = F = C 0 (I, R).
4. g : f 7→ IdI , E = F = C 0 (I, R).

Exercice 5
Soient E un K-espace vectoriel, et u un endomorphisme de E.
1. On suppose qu’il existe un unique endomorphisme v de E tel que u ◦ v = IdE . Montrer
que v ◦ u = IdE .
2. Donner un contre-exemple en cas de non-unicité de v.

Exercice 6
Soient E et F deux K-espaces vectoriels, et G1 et G2 deux sous-espaces supplémentaires de E.
On note
K = {u ∈ L(E, F ) | u|G2 = 0}
Montrer que K est un espace vectoriel isomorphe à L(G1 , F ).

Exercice 7
Soit E un K-espace vectoriel, et p, q des projecteurs de E. Montrer que

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18.5. EXERCICES COMPLÉMENTAIRES


p◦q = p
1. si et seulement si Ker p = Ker q.
q◦p = q

p◦q = q
2. si et seulement si Im p = Im q.
q◦p = p

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CHAPITRE 18. APPLICATIONS LINÉAIRES

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