Droits de Homme 2023
Droits de Homme 2023
Année universitaire :
2022-2023
Pr. Quaissi
Human Rights α Public Liberties
Préparé par : LYAKTINI. MY. Youssef.
Ils traduisent juridiquement les principes naturels de justice qui fondent la dignité humaine.
Ce sont les droits individuels, naturels, primitifs, absolus, primordiaux ou personnels. Ce sont
des facultés, des prérogatives morales que la nature confère à l'Homme en tant qu'être intelligent.
Enfin, les DH sont les prérogatives gouvernées par les règles reconnues par le droit
constitutionnel et le droit international (universalité) qui visent à défendre les droits de la
personne dans leurs relations avec le pouvoir de l'Etat et avec les autres personnes et qui tendent
à promouvoir l'établissement des conditions permettant de jouir effectivement de ces droits.
Le respect des DH est considéré comme un élément clé de la démocratie et de la justice sociale, et
est souvent considéré comme une valeur universelle à promouvoir et à protéger dans le monde
entier (une garantie constitutionnelle).
A retenir :
Les DH sont des droits inhérents à la nature humaine que chaque individu peut découvrir en lui-
même grâce à sa faculté raisonnante. Ils sont gouvernés par les règles d’ordre constitutionnel et
international qui à défendre les droits de la personne dans leurs relations avec le pouvoir de l'Etat
et avec les autres personnes.
I- Caractéristiques :
1. Inhérents à l’être humain : ne doivent pas être octroyés, achetés, gagnés ou obtenus par
héritage. Elle est intimement liée à l'idée de la dignité humaine, qui est considérée comme la
source et le fondement de tous les DH. La dignité humaine implique que chaque être humain
doit être traité avec respect et considération en raison de sa simple existence en tant qu'être
humain.
2. Universalité : Les DH s'appliquent à tous les êtres humains sans discrimination ou
considération raciale, religieuse, ethnique, culturelle ou autre. Ce principe est étroitement lié
à l'idée de la dignité humaine, qui affirme que tous les êtres humains ont une valeur
intrinsèque en raison de leur simple existence en tant qu'être humain.
L'universalité des DH est également reconnue dans la DIDH des Nations unies de 1948,
qui affirme que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits,
sans distinction. La nature humaine est partout la même, les DH sont en conséquence
communs à tous les Hommes.
Cependant, l'universalité des DH est souvent contestée par certains pays ou cultures
(réserves mentionnées dans les traites ratifies) qui soutiennent que certains droits ne sont
pas pertinents ou acceptables dans leur contexte.
6. Exigibilité : Les DH sont protégés par la loi et doivent être respectés et protégés par les
États et les autres acteurs, tels que les entreprises. Les DH ont un caractère obligatoire
même en absence de texte de droit et en dehors de toute consécration Etatique
8. Responsabilité : Les États et les autres acteurs ont la responsabilité de respecter, protéger
et promouvoir les DH, ainsi que de rendre compte de leur conduite à cet égard.
A retenir :
Les DH sont inhérents à l’être humain en sa faculté raisonnante universels (tous les êtres humains
naissent libres et égaux en dignité et en droits, sans distinction), indivisibles (interconnectés),
inaliénables (incessibles), inviolables et imprescriptibles (de la naissance à la mort). Ils
doivent être respectés et protégés par tous, y compris par les gouvernements.
II- Typologie :
Les origines des libertés et droits fondamentaux remontent à l’Europe du 13ème siècle (en
Angleterre) :
• Magna Charta de1215 ou la Grande Charte d’Angleterre : pour la 1ère fois, la bourgeoisie
montante réussit à arracher certains droits à la monarchie absolutiste. Parmi eux figure le
droit de tous les citoyens libres à posséder et à hériter des biens et à être protégés contre
des impôts excessifs.
• Petition of Rights de 1628 ou la petition des droits élaborée par le parlement anglais :
garantit aux sujets anglais pour la 1ère fois la sécurité de la personne et de la propriété
(abolition de la détention arbitraire, de l’atteinte arbitraire à la propriété, et de la loi martiale
en temps de paix).
• L’Acte de l’Habeas Corpus voté par le parlement anglais en 1679 protège des
arrestations arbitraires (Habeas Corpus est traduite par « sois maître de ton corps »).
Quant aux 1ères déclarations générales des DH, elles datent du 18èmesiècle :
Au niveau international, les libertés et droits fondamentaux ont un caractère juridique obligatoire
depuis :
Les DH sociaux visent à protéger l’individu contre l’exploitation et à lui donner le droit de participer
à la richesse sociale.
Ils ont été revendiqués pour la 1ère fois en réponse à l’industrialisation déséquilibrée de la 2nd moitié
du 19ème siècle.
Ils ont été définis au niveau international par :
Les droits collectifs sont représentés par « le droit à l’autodétermination des peuples » dans
l’article 1er des 2 pactes internationaux (le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et
le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels).
Ce sont principalement les défenseurs des DH du Sud qui, dans les années septante du 20 ème
siècle, ont demandé un élargissement des DH collectifs.
Les droits des peuples sont codifiés par les articles 20 à 24 de la Charte africaine et garantissent
notamment :
• Le droit des peuples à disposer de leurs richesses naturelles ;
• Le droit au développement, à la paix et à la sécurité ;
• Le droit à un environnement satisfaisant.
Cependant, la conception juridique de ces dispositions n’a pas encore été clarifiée à ce jour. Seul
le droit au développement jouit aujourd’hui d’une certaine reconnaissance puisqu’il est
régulièrement à l’ordre du jour de l’agenda des Nations unies.
NB : Les libertés et droits fondamentaux et les droits sociaux sont indivisibles et ne peuvent être
hiérarchisés. Leur séparation en 2 catégories s’explique par des raisons historiques et
idéologiques durant la guerre froide : l’Occident capitaliste orienté vers le marché favorisait les
libertés et droits fondamentaux, alors que les pays communistes étaient d’avis qu’il fallait donner
la priorité à la garantie des DH sociaux.
Il est important de noter que ces typologies ne sont pas mutuellement exclusives, et que de
nombreux DH peuvent relever de plusieurs catégories à la fois.
III- Protection :
Définition
La notion de la protection
Larousse :
La protection = l'action de prendre la défense de quelqu'un ou de quelque chose ; il est ainsi garanti
une certaine sécurité au sujet protégé.
Gérard Cornu :
La protection = une précaution qui consiste à prémunir une personne un bien contre un risque, à
garantir sa sécurité et son intégrité, etc., par des moyens juridiques ou matériels. Elle désigne aussi
bien l'action de protéger que le système de protection établi (mesure, régime, dispositif).
Brugnion :
Le concept de protection possède une dimension essentiellement pratique : protéger n'est ni dire ni
écrire, c'est aussi, essentiellement intervenir, agir.
La protection est une obligation à la charge de l'Etat en vertu de ses obligations en matière de DH.
L'Etat est tenu de protéger les détenteurs de droits contre d'autres individus, par la législation et la
mise à disposition de recours effectifs. Cette obligation requiert de l'Etat de prendre des mesures
pour protéger les bénéficiaires des droits protégés contre les ingérences politiques, économiques
et sociales. Enfin, la protection exige généralement la création et le maintien d'un climat ou d'un
cadre par une interaction effective des lois et règlements, de manière à ce que les individus puissent
exercer librement leurs droits et libertés.
De nombreux principes et directives non conventionnels (soft law) font aussi partie des normes
internationales des DH.
• Les Pactes internationaux relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels (1966) et aux
droits civils et politiques (1966) ;
• Les Conventions sur le génocide (1948), l’élimination de la discrimination raciale (1965), la
discrimination à l’égard des femmes (1979), la torture (1984) et les droits de l’enfant (1989).
C’est un organe de l’Assemblée Générale des Nations Unies, basé à Genève et composé de
délégations d’État.
1- Missions du CDH :
Ce sont des procédures par lesquelles des experts indépendants en matière de DH émettent des
recommandations sur les DH dans une perspective thématique ou dans le cadre d’un pays en
particulier.
Ce type de procédures est un élément central du système des Nations Unies et couvre tous les
droits humains.
Il existe aussi 14 mandats dans le cadre d’un pays particulier, par exemple sur :
Tout individu, groupe ou ONG estimant être victime d’une violation des DH ou ayant une
connaissance directe et sûre d’une violation des DH peut soumettre une plainte au CDH.
Ce mécanisme consiste à passer en revue les réalisations de l’ensemble des États membres de
l’ONU dans le domaine des DH.
Il fournit à chaque État l’opportunité de présenter les mesures qu’il a prises pour améliorer la
situation des DH et remplir ses obligations en la matière.
L’objectif ultime est d’améliorer la situation des DH dans tous les pays et de traiter les violations de
ceux-ci.
Par ce mécanisme, la situation des DH de tous les pays membres de l’ONU est examinée tous les
4 ans et demi.
Chaque gouvernement doit préparer un rapport national qui sera examiné par le Conseil.
Les organisations de la société civile sont autorisées à soumettre des rapports qui seront
également examinés par le Conseil.
A l’issue de chaque session, le Conseil émet des recommandations à l’État examiné qu’il devra
mettre en œuvre avant l’examen suivant, 4,5 ans plus tard.
Il existe plusieurs organes de traité des Nations Unies, qui sont composés d’experts
indépendants.
Chaque organe surveille la mise en œuvre d’un traité spécifique garantissant des droits humains.
En signant un traité, chaque État assume l’obligation légale de mettre en œuvre les droits reconnus
par ce traité.
En plus du rapport soumis par l’État partie, les organes de traité peuvent recevoir des informations
sur la situation des DH dans un pays par d’autres sources (Institutions nationales pour les DH, des
organisations de la société civile, des entités nationales ou internationales des Nations Unies,
d’autres ONG, ou des groupes professionnels et des institutions académiques).
Ces rapports sont appelés des rapports parallèles ou rapports alternatifs, et peuvent contenir
une analyse factuelle ou légale.
A la lumière des informations disponibles, l’organe de traité compétent examine le ou les rapports
en présence de la délégation de l’État partie.
b) Mécanismes de plainte :
Les individus peuvent soumettre des plaintes sur la scène internationale concernant la violation de
leurs droits.
Il existe 3 procédures pour soumettre une plainte devant un des Comités :
a) Plaintes individuelles
Dans le cas de certains traités, tout individu qui estime que ses droits garantis par un traité ont
été violés par un État partie à ce traité peut saisir le Comité compétent si :
b) Plaintes interétatiques
Dans le cas de plusieurs traités, un État partie à une convention peut soumettre une plainte à
l’organe du traité compétent concernant la violation alléguée d’un traité par un autre État partie.
c) Enquêtes
Plusieurs Comités peuvent, sous certaines conditions, initier des procédures d’enquêtes s’ils
reçoivent des informations contenant des indications fondées de violations graves, sérieuses, ou
systématiques de droits garantis par un traité dans un État partie.
Les organes des traités sont établis par les traités de Nations Unies en matière des DH.
But : surveiller l’application des dispositions (obligations conventionnelles) des traités par les États
parties.
- Crée par le Conseil économique et social afin de surveiller l’application du Pacte international
relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ;
- Il évalue les progrès de chaque pays sur la mise en œuvre des droits consacrés par le Pacte
par l’examen de rapports périodiques soumis par les gouvernements ;
- Il peut examiner les plaintes individuelles conformément au Protocole Facultatif du Pacte
;
- Il peut également, dans certaines circonstances, mener des enquêtes sur des violations
graves ou systématiques de n’importe quels droits protégés par le Pacte, et considérer des
plaintes interétatiques.
2- Le Comité des DH :
A) Au niveau européen
- Elle est aujourd’hui le modèle le plus perfectionné de garantie effective des DH, par le contrôle
judiciaire du respect de leurs droits devant la Cour Européenne des DH ;
- La Cour Européenne des DH (Instituée en 1959 et siégeant à Strasbourg) a été la 1ère juridiction
dont la mission spécifique est de contrôler le respect des engagements résultant de la Convention
pour les Etats contractants. ;
- Elle était composée d’un nombre de juges égal au nombre d’Etats membres du Conseil de l’Europe
et non à celui des Etats parties à la Convention ;
- Sa jurisprudence a eu un impact profond et bénéfique sur les systèmes juridiques et la réalité
sociale dans les Etats membres du Conseil de l'Europe.
B) Au niveau interaméricain :
- Ce système s’est renforcé par l’adoption de la Convention Américaine relative aux DH (aussi
appelée Pacte de San José) adoptée en 1969 et entrée en vigueur en 1978.
- Cette convention est applicable dans 23 des 35 États membres de l’OEA, à l'exception notable du
Canada et des États-Unis.
- De cette Convention, naîtra la Commission interaméricaine des DH, qui a pour tâche principale
de promouvoir l’observation et la défense des DH et la Convention américaine relative aux DH.
Elle sert d'organe consultatif en matière des DH pour l'OEA, mais recueille aussi des pétitions
soumises par toute personne ou des communications par un Etat membre, première étape
vers un dépôt de plainte devant la Cour interaméricaine des DH.
C) Au niveau africain
Le système africain de protection des DH est essentiellement sinon fondamentalement basé sur la
Charte africaine des DH et des peuples, inspirée expressément de la Déclaration universelle des
DH, adoptée en1981 et entrée en vigueur en 1986 ;
A la différence des autres textes à caractère régional, celui-ci proclame non seulement les droits,
mais aussi les devoirs de l’individu, ce qui est bien une originalité.
Le système africain de protection des DH est constitué de 2 organes de contrôle du respect des
DH :
Définition
- La liberté est l'aptitude des individus à exercer leur volonté avec la mise en avant de nuances
dont aucune n'épuise le sens intégral :
• Formulation négative :
• Formulation positive :
- Les comportements humains volontaires se fondent sur la liberté et sont qualifiés de libres.
• Formulation relative :
- La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui (art. 4 de la Déclaration des
DH) ;
- La possibilité de « faire tout ce qui n'est point interdit, comme ne pas faire ce qui n'est point
obligatoire » (art. 5),
- La « liberté de dire ou de faire ce qui n'est pas contraire à l'ordre public ou à la morale
publique » ;
- La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres » ;
- La liberté de l'individu doit être ainsi bornée : il ne doit pas se rendre nuisible aux autres.
- La liberté est la faculté reconnue à l’homme d’agir de manière autonome, c’est un pouvoir
d’autodétermination en vertu duquel l’homme choisit son comportement personnel.
Néanmoins, parce que l’homme vit en société, la liberté de chacun doit être conciliée avec
celle des autres. La liberté est une prise de conscience par l’individu à la fois des
nécessités sociales et également de sa propre responsabilité.
- Le qualificatif public exprime l’opposabilité de cette liberté à la puissance publique.
- Les libertés publiques sont des libertés (1) reconnues aux individus, (2) protégées par la
loi, et (3) garanties par l’État.
Traditionnellement, deux solutions peuvent exister dans les techniques d’aménagement des libertés
publiques d’un État de droit : soit reconnaître à la liberté la possibilité de s’exercer souverainement
dans un cadre de limites sous peine de sanction en cas de transgression dans le régime répressif ;
soit l’autorité publique subordonne à un contrôle préalable le jeu de la liberté dans le cadre du
régime préventif. Entre ces 2 solutions idéal-typiques, peut exister un régime intermédiaire : le
régime de la déclaration préalable.
Le régime répressif est celui qui laisse l'individu exercer sa liberté tout en lui assignant des limites
dont la transgression entraîne une sanction pénale prononcée par une juridiction répressive.
La liberté étant la règle, l'interdiction l'exception. On présente ce régime en général comme le plus
favorable aux libertés publiques par la sécurité juridique que confèrent (1) le principe fondamental
selon lequel : « tout ce qui n’est pas expressément interdit est permis » et (2) la prédictivité des
conséquences de ses actes au regard de la loi. En effet, ce régime juridique implique une certaine
stabilité des règles de droit, des interdictions et de leurs sanctions, publiées et (censées) connues
de tous (nul n’est censé ignorer la loi).
Par exemple : le citoyen peut exercer souverainement la liberté d'expression, sauf qu’en cas de
diffamation, sa responsabilité est engagée.
Un régime répressif se caractérise donc par une intervention de l'État après la commission d'une
infraction ou d'un trouble à l'ordre public. Il vise à réprimer les comportements ou les actes qui ont
déjà eu lieu, en appliquant des sanctions pénales ou administratives, telles que des amendes, des
peines d'emprisonnement ou des mesures d'expulsion. L'objectif est de sanctionner les auteurs
d'infractions et de prévenir leur récidive, ainsi que de restaurer l'ordre public perturbé.
Dans le régime préventif, l'exercice d'une liberté nécessite le consentement à priori d'une autorité
publique. Ce régime revêt plusieurs formes : l'interdiction, l'exigence d'une autorisation ou d’un
agrément préalable. De ce fait, le citoyen perd la possibilité d'agir spontanément. L’Etat intervient
avant la commission d’une infraction ou d’un trouble à l’ordre public. Il vise à prévenir les atteintes
aux libertés en amont, en prenant des mesures de contrôle et surveillance pour détecter les
comportements et les actes qui pourraient porter atteinte à la sécurité publique.
Même dans un régime dit libéral, l'exercice de toute liberté peut être interdit par une mesure de
police s'il y a des risques de troubles graves de l'ordre public que l'autorité responsable n'a pas
les moyens d'empêcher. Certes, une possibilité est ouverte au citoyen de demander au juge
l'annulation de la décision d'interdiction.
Dans le régime « préventif », tout ce qui n’est pas expressément autorisé est interdit. L’exercice
d’une liberté est soumis à une autorisation préalable. Le cadre juridique incertain, mouvant et
discrétionnaire, ne permet pas de savoir à l’avance si telle ou telle liberté pourra être exercée ni
d’avoir une suffisante prédictivité des conséquences des conduites. Ce régime, qui cherche à
prévenir à l’avance tout comportement de nature à mettre en cause l’ordre public, peut donc, dans
sa philosophie fondamentale, contenir une pente liberticide, qui peut dériver vers le totalitaire.
Régime préalable entre les deux précédents et susceptible de s'en approcher selon les cas, la
déclaration préalable consiste dans l'obligation faite aux personnes désireuses d'exercer certaines
activités d'en informer au préalable la puissance publique grâce à une déclaration précisant
l'objet et les modalités de l'activité envisagée. Si l'exercice du droit en cause est suspendu
jusqu'à la réponse de l'autorité compétente, le régime se rapproche de l'autorisation préalable et la
réponse peut être une interdiction.
La liberté autonome se réfère à la liberté individuelle qui est liée à la capacité d'agir
indépendamment, sans être contraint ou limité par les autres. Elle est donc centrée sur l'individu et
sa capacité à faire des choix et à agir sans l'interférence des autres. La liberté autonome est
généralement considérée comme une liberté négative, car elle implique l'absence de contraintes
externes qui pourraient empêcher l'individu d'agir comme il le souhaite.
En revanche, la liberté participation se réfère à la liberté collective qui est liée à la capacité de
participer à la prise de décisions et aux processus politiques qui affectent la vie de la communauté.
Elle est donc centrée sur la participation de l'individu dans la vie politique et publique de la
communauté. La liberté participation est généralement considérée comme une liberté positive, car
elle implique un droit d'accès aux ressources et aux moyens qui permettent la participation
citoyenne.
La distinction entre la liberté formelle et la liberté réelle est une autre distinction importante dans la
réflexion sur la liberté.
La liberté formelle est souvent définie comme la liberté négative ou la liberté de non-ingérence,
c'est-à-dire la liberté de ne pas être soumis à des contraintes extérieures ou à des limitations
imposées par l'État ou par d'autres acteurs. Cette liberté est centrée sur l'absence de contraintes et
de restrictions et est souvent associée à la notion de droits individuels, tels que la liberté
d'expression, la liberté de religion, la liberté de mouvement, etc.
En revanche, la liberté réelle est souvent définie comme la liberté positive ou la liberté d'opportunité,
c'est-à-dire la liberté d'avoir les moyens et les ressources nécessaires pour réaliser ses objectifs et
ses aspirations. Cette liberté est centrée sur la capacité à agir et à réaliser ses projets de vie, et est
souvent associée à la notion de droits sociaux, tels que le droit à l'éducation, le droit à la santé, le
droit à un emploi décent, etc.
La distinction entre la liberté formelle et la liberté réelle est souvent utilisée pour souligner que la
simple absence de contraintes et de restrictions ne garantit pas nécessairement la liberté effective
des individus, car il peut y avoir des obstacles structurels ou sociaux qui limitent la capacité des
individus à agir et à réaliser leurs aspirations. En ce sens, la liberté réelle est souvent considérée
comme une condition préalable à la liberté formelle, car les individus doivent disposer des
ressources et des moyens nécessaires pour exercer pleinement leurs droits et leurs libertés.
Qu’elles soient individuelles ou collectives les libertés sont multiples. Elles sont garanties par des
textes juridiques et se sont construites au fil du temps.
Liberté individuelle : liberté que chacun peut exercer séparément des autres citoyens.
Liberté collective : droit que l’on peut exercer dans le cadre de la vie collective, en société.
- La liberté naturelle : selon laquelle la nature autorise l'homme à employer l'ensemble de ses
facultés comme il l'entend.
- La liberté civile : elle s'inscrit dans le cadre d'un homme citoyen étant libre de ses actes, tant
que ceux-ci ne nuisent pas à autrui et ne sont contraires à aucune Loi. Cette liberté est très
délicate d'application, en particulier en ce qui concerne le droit de la concurrence, puisque
toute création de commerce nuit par principe aux commerces antérieurs existant dans le
voisinage. On y associe souvent la maxime suivante : « La liberté des uns s'arrête là où
commence celle des autres ».
- La liberté de circulation : dans la même optique que la précédente, elle reconnaît à l'homme
le droit d'aller et venir librement sur le territoire national, ce qui inclut la possibilité d'y entrer
ou d'en sortir. Cette liberté a été étendue en Europe grâce aux accords de Schengen,
permettant la libre circulation des personnes dans l'espace de la Communauté européenne.
- La liberté de culte ainsi que la liberté de conscience : la liberté de culte permet à chaque
individu de pratiquer la religion de son choix, la liberté de conscience permet de ne pas avoir
de croyance religieuse. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen en fixe pour limite
: l’absence de trouble à l'ordre public.
- La liberté d'opinion consiste en la liberté de pensée associée à la liberté d'expression : elle
permet à chacun de penser et d'exprimer ses pensées sans censure préalable, mais non
sans sanctions, si cette liberté porte préjudice à quelqu'un. Elle va de pair avec la liberté de
la presse, qui est celle d'un propriétaire de journal de dire ce qu'il veut dans son journal.
- La liberté économique : elle permet à chacun de percevoir des revenus de son travail et de
pouvoir affecter ces derniers librement : liberté de travailler et de consommer. Nul ne peut se
voir refuser par principe un emploi pour des considérations autres que de qualification
professionnelle (par exemple sexe, origine ethnique, âge ou religion).
- La liberté contractuelle : les individus doivent être libres de définir eux-mêmes les termes des
contrats qu'ils passent entre eux. La liberté n'est pas qu'individuelle, elle existe aussi à un
niveau global, plus collectif, avec par exemple la liberté de la presse, qui permet une libre
publication, sans subir de censure.
Les différentes libertés collectives :
- La liberté d'association
- La liberté de la presse : elle permet à chacun de publier librement ses pensées ou ses
opinions, sans être sujet à la censure ou à tout autre mesure arbitraire ou autoritaire ;
- La liberté de réunion : elle permet aux individus de se réunir librement pour débattre de
leurs opinions ;
- La liberté syndicale : elle permet aux salariés de former et d'adhérer ou non à des
organisations syndicales pour les représenter et faire valoir leurs droits et revendications.
En matière d'exercice des libertés collectives, la mise en œuvre concrète de la notion de liberté peut
parfois conduire à des situations paradoxales comme dans le cas de la liberté de la presse, par
exemple. Ainsi la concentration des moyens techniques et financiers importants, le soutien des
annonceurs publicitaires nécessaires aujourd'hui aux organes d'information, en particulier
radiophoniques ou audiovisuels, tend à restreindre le nombre des opérateurs disposant des moyens
nécessaires et suffisants pour agir.
La conséquence étant la formation de cartels qui, pour protéger leur situation, pratiquent de façon
« spontanée » et « plus ou moins consentie » l'autocensure en raison : des groupes de pression qui
exercent leur influence sur leur actionnariat de leurs liens avec les annonceurs publicitaires qui ne
souhaitent pas associer certaines prises de position avec leur image de marque, de la pression de
l'audimat.
La détention des moyens d'expression peut ainsi conduire à relativiser le pouvoir de contrôle et de
critique de l'individu sur ces vecteurs... L'abolition de la censure n'est donc plus un gage suffisant
de liberté : S'il est vrai que les publications ne sont plus soumises à des décisions arbitraires, les
vecteurs de l'information jouissent d'une marge de manœuvre conditionnée essentiellement par leur
actionnariat, leurs annonceurs et leur audience.
Dans ce difficile équilibre, il n'est pas certain que la richesse et la diversité des individus puisse
librement s'exprimer. La légitimité de l'information et des médias (présentés comme le quatrième
pouvoir, à l'instar des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire) est de ce point de vue en question.